Le langage de la nuit, Ursula K. Le Guin

Couverture Le langage de la nuit : Essais sur la science-fiction et la fantasy / Le langage de la nuit

Pourquoi je l’ai choisi:

Par simple curiosité. Quand on a appris sa mort, j’ai vu que c’était une dame très respectée, et j’ai voulu découvrir ses écrits, car depuis quelques années, mes lectures prennent souvent le chemin de l’imaginaire et de la science-fiction…

Synopsis:

En 1979, Ursula K. Le Guin est au sommet de sa gloire : ses romans de science fiction et de fantasy se sont imposés comme des chefs d’œuvres et elle est une des romancières américaines les plus primées. Toutefois, parallèlement à ces succès publics, elle a la réputation d’être une théoricienne hors pair, et une oratrice remarquable. Elle parcourt alors universités, congrès, bibliothèques et librairies pour parler des sujets qui la passionnent : le féminisme, l’anarchisme, le rôle humaniste de la littérature, et, surtout, la fonction des littératures de l’imaginaire. Le Langage de la nuit est le recueil d’essais littéraires qui résument sa pensée et composent un manifeste pour l’imaginaire, car si nous pensons et parlons le jour, la moitié de notre vie se passe la nuit, où se réfugient la poésie et l’imaginaire. Pourquoi les littératures de l’imaginaire ont cessé, au vingtième siècle, d’être le cœur de la littérature ? Que permet la science-fiction ? Quelle est la place de la littérature jeunesse dans la littérature ? Autant de questions qui occupent les lecteurs depuis cinquante ans et qui trouvent des réponses dans ce volume, préfacé par le romancier Martin Winckler, fin connaisseur de la science-fiction, et grand admirateur de l’humanisme merveilleux de Le Guin.

Ce que j’ai ressenti:

Je me sens encore trop novice pour appréhender les points-clefs, les griefs et les thématiques qui touchent à la littérature de l’imaginaire, mais grâce à ce petit recueil de pensées sur la science-fiction et la fantasy écrit par Ursula K Le Guin, je comprends mieux les auteurs de ce genre bien particulier, dans leurs démarches, mais aussi dans leur façon d’être perçus dans le milieu littéraire. Cette dame n’avait clairement pas la langue dans sa poche, et sa passion pour cette littérature fait plaisir à lire! Que l’on partage ou pas ses opinions, c’est un essai réussi puisque il nous fait réfléchir et prendre conscience du rôle de ces lectures. Elle est passionnée et passionnante, j’ai vraiment eu plaisir à lire cet essai!

« Un enfant sait très bien que les licornes n’existent pas, mais il sait aussi qu’un livre qui parle de licornes, s’il est bien écrit, dit la vérité. »

De ce que j’en ai compris, c’est effectivement le PLAISIR qui prédomine, pour ceux qui les écrivent et, évidemment pour ceux qui les lisent. Lire de La SF et/ou de la Fantasy, est réjouissant qu’on se le dise! Il offre un moment d’évasion véritable pour l’esprit, loin des réalités plombantes de notre quotidien. Ursula Le Guin, pense même que c’est une nécessité, une nourriture pour nos esprits.  C’est une des plus jolies argumentations de ce livre, puisqu’elle parle de pouvoir de l’imagination qu’il faut entretenir et préserver, grâce à cette forme de lecture tournée vers l’inconnu…Si il y a bien une partie que j’ai adoré c’est celle de L’Enfant et l’Ombre. En parlant de contes, de beauté, de poésie, de psychanalyse et d’éveil intérieur, Ursula Le Guin m’a captivée, et mis en lumière Le langage de la nuit. Avec ses intenses réflexions, nous en savons plus sur sa manière d’écrire, sur son parcours d’écrivain, les difficultés mais aussi sur les prix prestigieux qu’elle a reçu.

« Après tout, comme nous l’ont affirmé les plus grands scientifiques, et comme le savent tous les enfants, l’imagination permet mieux que tout de percevoir, de compatir, et d’espérer. »

Composé de 10 parties distinctes, cet essai sur la science-fiction/fantasy offre des éclairages lumineux et un décodage intéressant sur les œuvres des plus grands auteurs de l’imaginaire. Déjà, que j’avais l’intention de lire Le seigneur des anneaux de Tolkien (Petit clin d’œil à ma binôme de lecture), je pense que, désormais, j’irai avec une meilleure compréhension de cette lecture, et sans doute aussi, plus perspicace sur mes autres incursions en littérature fantastique…. J’ai découvert, (trop tard hélas), cette auteure, et j’aurai sans doute adoré voir une de ses conférences, mais je vais maintenant me tourner vers ses grandes sagas qu’elles nous a laissées, comme des douceurs exquises pour nos imaginaires….

« L’art n’a jamais nourri personne-souvent elle ne nourrit même pas l’artiste. La moitié de la planète ne mange pas à sa faim, et l’art fournit à l’esprit seulement une substance immatérielle. Des mots. Des mots, encore des mots. J’ai bien peur que l’on me dise que je me paye de mots. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Léa des éditions Le livre de Poche Imaginaire pour sa confiance et l’envoi de ce livre.

Publicités

Hier, les oiseaux, Kate Wilhem.

Hier, les oiseaux

 

Synopsis:

La planète est exsangue, ravagée par la pollution, la guerre, la maladie. Les Sumner, de riches propriétaires terriens, pressentent que l’effondrement du monde est proche. Ils décident de construire à Bear Creek, dans leur domaine de Virginie, un centre de recherches scientifiques et d’y organiser la vie en autarcie. Après le cataclysme, les hommes et les femmes se révèlent stériles et disparaissent en quasi-totalité. Créer des bébés par clonage semble pallier la reproduction sexuée. Mais, au fil des générations, les clones sont-ils encore des humains  ? Le retour inflexible de la Nature va-t-il obliger une microsociété à bout de ressources à franchir les frontières pour explorer le monde  ?
Publié en 1976, Hier, les oiseaux, devenu un classique de la science-fiction, interroge avec une implacable acuité un avenir possible de l’humanité.
Prix Nebula et prix Hugo du meilleur roman.

Les personnages: 

Parce qu’ils sont différents, David, Molly, et Mark sont les trois meneurs de cette histoire. Il faut croire que j’ai une préférence pour les marginaux, car ils ont une sensibilité artistique et une manière différente de voir le monde…A tous les trois, ils nous font voir la Nature, les Arts et l’Avenir avec plus de poésie, plus de passion, plus d’intérêt, les possibilités de notre environnement, en allant à chaque fois, au delà du cadre établi, même si eux, le payent en isolement et exil déchirant…

« Eux, ils ne peuvent pas entendre cet autre soi-même qui, sans cesse, murmure. »

Ce que j’ai ressenti:

Hier, les oiseaux est un roman qui nous plonge dans les temps. Publié d’abord en 1977, il nous revient ,enfin, en 2018 avec Le livre de Poche Imaginaire, avec une couverture rouge et inquiétante pour notre plus grand plaisir, car c’est un roman d’anticipation qui a reçu deux prix prestigieux dans le monde de la science-fiction, et pourtant, on dirait presque qu’il est passé inaperçu, depuis…C’est toujours intéressant d’avoir une approche près de 40 ans plus tard, et de voir que cette lecture visionnaire n’a pas vieillie, et heureusement, oserai-je dire, que nous sommes encore loin, d’un avenir aussi sombre…

-Nous sommes tous morts. Aujourd’hui ou demain. Pourquoi prolonger? 

Découpé en trois parties, il m’a semblé, malgré ce thème de clonage en masse, que le schéma traditionnel familial était bel et bien en filigrane, dans ce roman, comme un fil ténu dans l’intrigue. Certes, c’est une toute nouvelle forme de famille et de cellule sociale à cause de cette énigmatique maladie qui frappe l’humanité, mais j’ai ressenti comme dans cette découpe de chapitres, une partie « Père » avec David, « Mère » avec Molly et « Enfant » avec Mark, comme un idéal à atteindre… Trois personnages donc, qui se passent le relais pour appréhender un futur très controversé et des situations difficiles, mais qui éclairent, chacun à leur façon et grâce à leur différence, le nébuleux avenir…

« Un jour, tu monteras ici, et tu poseras ta main sur cet arbre, et reconnaîtras ton ami, exactement comme il a été le mien toute ma vie. »

Dans ce récit post-apocalyptique, on trouve un monde ravagé, sans espoir, sans amour, sans génie, sans passion…Cette lecture, elle nous touche dans toutes les réflexions d’éthiques qu’elles engendrent, plus que dans son histoire, je trouve… De pouvoir se projeter dans cette atmosphère dénuée de richesse culturelle, et complètement déstructurée dans ces structures sociales, est étonnamment dérangeante. C’est cela que j’aime retrouver dans la lecture de la science-fiction, c’est le danger possible des dérives poussées à l’extrême, et ici, Kate Wilhem survole un monde bien triste, ou la liberté n’a plus son envolée inspirante, et si Hier, les oiseaux étaient dans le ciel, dans cette lecture, les piqués sont vertigineux et catastrophiques…Mais, un espoir, même tout petit, pourrait quand même s’élever…

Comme des millions d’autres avant lui, il était impressionné par la complexité de la nature. 

A découvrir!

Pendant quelques minutes, il se permit de rêver, puis il s’assit. 

 

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Léa et les éditions Le Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre.

Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu, Karim Berrouka.

Couverture Celle qui n'avait pas peur de Chtulhu

Pourquoi je l’ai choisi: 

Quand je vois que Karim Berrouka sort un nouveau livre, je n’ai qu’une envie: me précipiter sur cette lecture car je sais à l’avance que je vais passer un super moment entre fous rires et traits d’esprits . Fan de ses univers déjantés, j’avais hâte de savoir où il allait m’emmener cette fois-ci, après Le club des punks contre l’apocalypse zombie et Fées Weed et Guillotines, que j’avais adoré.

Synopsis: 

Qu’est-ce qui est vert, pèse 120 000 tonnes, pue la vase, n’a pas vu le ciel bleu depuis quarante siècles et s’apprête à dévaster le monde ? Ingrid n’en a aucune idée. Et elle s’en fout. Autant dire que lorsque des hurluberlus lui annoncent qu’elle est le Centre du pentacle et que la résurrection de Cthulhu est proche, ça la laisse de marbre. Jusqu’à ce que les entités cosmiques frappent à sa porte… 

Après avoir réalisé une étude sociologique des fées (Fées, weed et guillotines, prix Elbakin.net) et converti les zombies au pogo (Le Club des punks contre l’apocalypse zombie, prix Julia Verlanger), Karim Berrouka revient pour relever un terrible défi : convaincre Ingrid d’aller éclater du Grand Ancien pour sauver l’humanité.

Ce que j’ai ressenti: 

Karim Berrouka nous revient encore plus déjanté et barré que jamais, et fait une jolie révérence à un monstre de l’univers SF: Cthulhu. Sauf que son héroïne Ingrid, elle ne le voit pas du même oeil, et aurait plutôt tendance à se détourner du grand mythe, au grand dam de ses adorateurs…Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu, se retrouve malgré elle, au centre de ses histoires venues d’ailleurs, voyage en Europe et explore des pointes de pentacles, et pourrait même en songes immergés, sauver l’humanité…Elle dépareille énormément au milieu de tous ses illuminés et « fana » absolus  de Cthulhu, et je reconnais bien là, le style de l’auteur, à prendre à rebrousse-écailles les légendes et les remettre à sa sauce façon « Berrouka ».

Ainsi va le monde, comme les hommes. Ils endurent, ils subissent . Puis, un jour , c’est le chaos.

En ce moment on le voit partout: Lovecraft est à l’honneur dans l’univers livresque, et pourtant, je n’ai pas encore lu une de ses œuvres. En bonne élève studieuse, je me suis procurée vite fait, Les contes et légendes du mythe Cthulhu, et j’ai essayé de lire en parallèle, mais faute de temps et de l’aspect très particulier, j’ai eu du mal à m’imprégner de cet univers. Tout est question de rendez-vous en littérature, et celui ci a sans doute été manqué, mais je retenterai à l’occasion, car je ne doute pas que Lovecraft pourrait envahir ma bibliothèque… Du coup, cela s’est ressenti dans ma lecture de ce nouvel opus de Karim Berrouka, je suis sans doute un peu passée à côté des subtilités et j’ai eu du mal à saisir les tentacules de ces références. C’est une belle introduction pour se familiariser avec cette grosse bête verte des profondeurs, mais ça n’a pas été le coup de foudre avec les abysses marines lovecraftiennes…Pas encore, du moins…

La puissance de l’amour est plus forte que les préceptes des univers, plus puissante que la physique des mondes, plus éternelle que la mort elle même.

Pour autant, Karim Berrouka nous  propose une histoire divertissante, pleine de pep’s et de rebondissements rafraîchissants. Il a une espièglerie enfantine et une intelligence vive dans sa plume, qui fait que chacun de ses livres, est un grand moment de plaisir. Encore une fois, il est arrivé à me faire rire, grâce à ses répliques piquantes, et je suis impatiente déjà de lire son prochain livre, en espérant que je sois plus réceptive à l’univers, que je ne l’ai été pour celui ci…

En bref, je suis fan du style de l’auteur, mais je suis passée à côté de l’ambiance, alors ça ne sera qu’une lecture en demi-teinte, même si je conseille quand même cette lecture.

Meilleur Moment du livre: 

  • Le passage sur la Mélopée. J’ai trouvé que l’auteur parlait avec beaucoup de poésie et de sensibilité sur les artistes…

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Babelio ainsi que les éditions ActuSF pour l’envoi de ce livre. Ce fut une découverte sympathique.

 Babelio 

 

 

Les perséides, Robert Charles Wilson.

Couverture Les perséides

Pourquoi je l’ai choisi:

Grâce aux bons conseils de Yvan, Robert Charles Wilson est devenu un auteur que j’adore particulièrement. Forcément, quand j’ai vu cette proposition de lecture dans le cadre du Club de l’Imaginaire Folio SF, je n’ai pas hésité un seul instant, ne tenant même pas compte du résumé, tellement je fais confiance à son talent! Je remercie d’ailleurs très chaleureusement les éditions Folio de leur confiance!

Synopsis:

Toronto. Cité pluriethnique où l’on peut croiser des centaines de personnes tout en restant terriblement seul. Ville tentaculaire que l’on sillonne chaque nuit en faisant de nouvelles découvertes et où l’indicible n’est jamais très loin. 
Au cœur de cette métropole se niche une petite librairie plutôt étrange : Finders. Vous y trouverez sans aucun doute les livres que vous cherchiez depuis toujours et aussi, qui sait?, certains que vous n’imaginiez même pas. Porte ouverte sur des mondes qui n’existent pas, ou pas encore, Finders est un endroit à nul autre pareil. Poussez la porte, si vous l’osez… 

Avec ce recueil de neuf nouvelles liées plus ou moins étroitement les unes aux autres, Robert Charles Wilson nous offre une œuvre très personnelle, ancrée dans le réel et pourtant véritable déclaration d’amour à la science-fiction, laboratoire de tous les possibles.

Ce que j’ai ressenti:…Elargir son horizon étoilé des possibles…

« L’univers mesure-t-il l’intention? »

Neufs nouvelles pour mieux appréhender la science-fiction, et le chemin des étoiles pour aller s’y perdre, avec la jolie plume de Robert Charles Wilson…Inutile de dire que ce livre, j’étais très impatiente de le commencer, car depuis que j’ai découvert cet auteur, je me régale de son imagination foisonnante, je suis admirative des mondes qu’il ouvre à ses lecteurs, et de la portée de ses écrits pour notre perception de la vie. Même le livre refermé, il me reste encore une impression très forte d’avoir confronté mon imaginaire au néant, de lui avoir laissé une chance de rentrer dans un quotidien toujours plus prenant…Étourdissant comme sensation…

« Est-ce que c’est l’univers qui se dilate ou l’observateur qui rétrécit?  » 

Lire des nouvelles est assez exceptionnel chez moi, mais quand c’est un auteur chouchou tel que RC Wilson, je fonce les yeux fermés, et bien sûr, la magie a encore opérée…Il arrive à me transporter à chaque fois, dans un espace parallèle de pure science-fiction avec une pointe de fantastique qui fait de ce moment, une boucle de plaisir de lecture…J’aime sa façon d’exploiter l’étrange, de décrire l’humain dans ses incroyables contradictions, de passer toutes les frontières pour mieux apprendre de notre monde…De l’infiniment grand à l’infiniment petit, des paradoxes possibles et impossibles, avec une finesse d’écriture, il nous réinvente Les Perséides, dans une pluie de mots étincelantes…

« Au bout d’un moment, on apprend à en tirer réconfort. Si nous ne sommes rien, alors il n’y a rien dont avoir peur. Nous n’intéressons pas les étoiles. »

Une ville et une librairie comme point d’ancrage de cette série d’histoires toutes plus intéressantes les unes que les autres, car elle ouvre sur les champs des possibles intangibles, des probabilités anticipées dérangeante, voir même effrayantes. Un envol direct pour l’infini et au delà, avec des théories opaques qui prennent vie dans ses pages. Ce recueil de nouvelles est une plongée vertigineuse dans les rues de Toronto et ses recoins sombres et des portes de mots qui s’ouvrent sur des mondes insoupçonnés qui laisse des traces de vaporeuses angoisses dans nos nuits blanches. On en ressort forcément troublé, car derrière ses petits textes, se cachent les grandes questions existentielles, quand nous tournons notre regard vers le ciel étoilé…

« Les gens de la ville ne comprennent pas. En agglomération, le ciel est gris, vierge comme une ardoise et légèrement lumineux : on dirait un feu d’ordures qui couve. Les quelques corps célestes qu’on parvient à voir briller malgré la pollution sont à peu près aussi excitant qu’un poisson échoué sur la plage. Mais en s’éloignant suffisamment de la ville, on voit encore le ciel de la même manière que nos ancêtres, comme un abîme au-delà du bout du monde dans lequel les étoiles évoluent, aussi implacables et inabordables que les âmes des morts d’antan. »

J’ai bien entendu mes préférences en termes de textes qui m’ont plus touchée que d’autres, (comme La ville dans la ville et L’observatrice) , mais j’ai été agréablement surprise de la cohérence de ce recueil qui propose toujours une ligne conductrice entres ses nouvelles, même infime, dont l’incroyable fascination pour la librairie Finders…Robert Charles Wilson se plaît à prendre carrément l’univers comme espace de jeu, avec toutes les propositions originales ou frissonnantes qui peuvent nous atteindre, pour nous donner quelques matières à penser, lors de nos ballades nocturnes, au clair de lune.

« Au bout d’un moment, on apprend à en tirer réconfort. Si nous ne sommes rien, alors il n’y a rien dont avoir peur. Nous n’intéressons pas les étoiles. »

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

 

 

Annihilation, Jeff Vandermeer.

Couverture Le Rempart Sud, tome 1 : Annihilation

La trilogie du Rempart Sud

Pourquoi je l’ai choisi:

Je me suis laissée tenter par le synopsis. Totale découverte et curiosité titillée…J’étais impatiente de pénétrer dans la zone X..

Synopsis:

« Toute cette région était désertée depuis des décennies, pour des raisons qui ne sont pas faciles à raconter. Notre expédition était la première à entrer dans la Zone X depuis plus de deux ans et la majeure partie de l’équipement de nos prédécesseurs avait rouillé, leurs tentes et abris ne protégeant plus de grand-chose. En regardant ce paysage paisible, je ne pense pas qu’aucune d’entre nous n’en voyait encore la menace. »
La zone X est coupée du monde depuis des décennies. La nature y a repris ses droits. Quelques vestiges de civilisation subsistent dans une faune et une flore luxuriantes.
La première expédition décrit une contrée idyllique. La deuxième s’achève sur un suicide de masse. Les membres de la troisième expédition s’entretuent, ceux de la onzième reviennent amorphes et succombent à un cancer foudroyant. Nous suivons la douzième, composée de femmes. Leur mission : cartographier le terrain et ne pas se laisser contaminer par la zone X.

Les personnages:

Fait assez troublant:  elles ne portent pas de noms et seront seulement identifiées selon leurs professions. Il y a donc une psychologue, une linguiste, une géomètre et enfin une biologiste (qui donnera son ressenti de l’expédition sous forme de journal.) L’auteur choisit de les faire très peu interagir, et ne cherche pas à développer une osmose de groupe, plutôt même le contraire, d’ailleurs…Ce qui rend un rendu très détaché et presque dénué d’émotions humaines, même avec la biologiste, il est très difficile de s’attacher à son sort…C’est un pari risqué, mais bien intéressant…

Ce que j’ai ressenti:…Une première approche de la Zone X…

C’est ainsi que la folie du monde essaie de vous coloniser : de l’extérieur, en vous forçant à vivre dans sa réalité.

Il est quelques fois possible qu’un simple lieu puisse vous saisir par son atmosphère étrange…La zone X est une présence mystérieuse, envoûtante, effrayante qui n’est pas prête de vous livrer ses secrets. Elle vole à elle seule, toute la magie des personnages pour se faire maître des lieux et troubler tous vos sens…Ile perdue, Frontière floue, Faune et Flore luxuriante, elle a les atouts pour camoufler son aura sauvage et dangereuse…C’est à mon avis le gros point fort de ce premier tome de la Trilogie du Rempart Sud, il me tarde vraiment de pouvoir en lire la suite, car à la fin de cette lecture, le mystère reste entier, et les réponses à nos questions ne trouvent pas satisfaction…Mais il n’en reste pas moins qu’il nous reste cette ambiance oppressante, cette montée progressive de peur ancestrale qui te taraude, y compris une fois le livre refermé…

Connaître aussi intimement la signification des mots pouvait être trop pesant pour n’importe qui, je m’en aperçois, maintenant.

Même si j’admire l’originalité de Annihilation, il semblerait que je n’ai pas toujours été en symbiose avec cette lecture. Je pense que c’est dû à la forme du texte: il manque d’aération dans les chapitres et il y a eu comme de grosses longueurs qui restent encore opaques et des flash-backs qui s’enchaînent au récit sans transition. Ce qui fait que cette lecture n’est pas vraiment fluide, et déjà qu’il faut appréhender un nouveau lieu, un univers bien teinté de SF: j’aurai aimé, pour totalement être sous le charme, une structure plus nette.

La mort, je commençais à le comprendre, n’était pas la même des deux côtés de la frontière.

Comme je le disais, il n’en reste pas moins que j’ai hâte de retrouver les petits secrets que referment cette zone X avec cet entremêlement de mots et de verdure, d’illuminer les zones d’ombres de la tour, de soulever un peu les roseaux pour découvrir la bête, de creuser un peu du côté du Rempart voir quel genre de violence il pourrait déclencher, et surtout, surtout, lire les autres carnets…Il est annoncé d’ailleurs une prochaine adaptation cinématographique, et à lire la force hypnotique de cette nature, je suis sûre que ça pourrait donner un très beau rendu visuel. Affaire à suivre en 2018!

La curiosité peut être une puissante distraction .

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Le livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture intéressante.

Le paradoxe de Fermi, Jean-Pierre Boudine.

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai craqué sur cette très jolie couverture de Aurélien Police et souvent, je ne résiste pas à une aventure post-apocalyptique.

Synopsis:

Dans son repaire situé quelque part à l’est de l’arc alpin, Robert Poinsot écrit. Il raconte la crise systémique dont il a été témoin : d’abord le salaire qui n’arrive pas, les gens qui retirent leurs économies, qui s’organisent pour trouver de quoi manger, puis qui doivent fuir la violence des grandes villes et éviter les pilleurs sur les principaux axes routiers. Robert se souvient de sa fuite à Beauvais, de son séjour dans une communauté humaniste des bords de la mer Baltique et des événements qui l’ont ramené plus au sud, dans les Alpes. Quelque part dans le récit de sa difficile survie se trouve peut-être la solution au paradoxe de Fermi, à cette célèbre énigme scientifique : dans un univers aussi vaste que le nôtre, l’espèce humaine ne peut pas être la seule douée d’intelligence ; alors où sont les autres, où sont les traces radio de leur existence? Jamais auparavant l’effondrement de notre civilisation ne fut décrit de façon plus réaliste.

Ce que j’ai ressenti:…Ultime regard vers les étoiles…

La route est fatale au désespéré.

Un livre qui fait froid dans le dos! Le chaos a ravagé la planète, et un homme décide de prendre un cahier et un crayon pour laisser une trace…Eventuellement…Juste une dernière trace, juste un journal intime…Un ultime témoignage…Je ne saurai dire si c’est un roman, ni même lui coller une étiquette de genre. Il est. C’est tout. J’admire cette construction de cette histoire en angle aigu, qui part d’un homme seul pour tendre vers une région, une poignée de pays, la planète entière et enfin, l’univers dans son infinité…C’est une histoire prenante, qui te file le frisson, petit à petit , insidieusement, tu te retrouves à trembler devant cet avenir réinventé, presque prophétique…

Le dynamisme (tellement admiré) de la civilisation moderne a balayé les modes de vie plus simples. Et lorsque la civilisation s’est effondrée, nous n’avons pu vivre ni comme des barbares saxons, ni comme des Indiens guaranis, ni comme des chimpanzés. Nous sommes devenus des riens, errants, furieux, cruels, peureux et haineux…

On peut être assez déstabilisé par contre, par ce ton froid et détaché de la narration adopté dans ses pages. L’auteur choisit de faire par anticipation, une analyse du désordre mondial qui mène à une crise sans précédent, et où l’on devine l’extinction de la population humaine…Nous avons donc des passages scientifiques, économiques et sociaux passionnants, et des théories très intéressantes à suivre dans leurs portées philosophiques. Pourtant, malgré une ambiance sombre et pessimiste de cet avenir, nous avons quelques petites perles de lumière et d’espoir appréciables, qui te permettent de souffler un peu dans cette énumération de faits catastrophiques.

Tant qu’il y a de la vie, ça parle d’espoir, mais c’est une raison de faire taire la vie.

200 pages, qui te donne matière à réflexion, qui t’ouvre un champ de possible et une réponse probable au Paradoxe de Fermi: cette lecture est une bien jolie découverte. Inclassable. Surprenant. Enrichissant. Un petit OLNI dans l’univers de la science fiction. Une petite curiosité à découvrir, car comme on le sait, la curiosité emmène toujours plus loin…Ici, il se pourrait qu’elle t’emmène à voir (et peut être entendre) , différemment le ciel étoilé et ta propre place d’humain face à l’immensité…

L’homme ne vit pas de pain, il vit de sens.

En conclusion, j’ai beaucoup aimé son originalité, il m’a manqué un poil d’émotions et de fluidité, mais je le recommande chaudement à tout amateur de science fiction, car c’est un beau tremplin vers un cheminement de pensée intérieure.

Nous ne pensons pas forcément la réalité. Nous pensons ce que nous pouvons penser.

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Folio pour leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture intéressante!

 

Cœurs Artificiels, Laura Lam.

Couverture Coeurs artificiels

Pourquoi je l’ai choisi:

Je dirais que tout s’est joué au premier coup d’œil: je trouve la couverture superbe, et à la fin de cette lecture on voit bien qu’elle illustre à merveille, ce roman!

Synopsis:

Élevées dans une secte refusant toute technologie, les soeurs siamoises Taema et Tila rêvent d’une vie libre. À seize ans, elles fuient à San Francisco, où elles sont séparées et dotées chacune d’un coeur artificiel.
Dix ans plus tard, Tila rentre un soir chez sa jumelle, terrifiée et couverte de sang. Elle est arrêtée pour meurtre – le premier commis par un civil depuis des années. Tila est soupçonnée de frayer avec le Ratel, organisation criminelle impliquée dans le trafic d’une drogue interdite. Une substance permettant d’assouvir les pulsions les plus violentes… dans les rêves. Taema a la possibilité de se faire passer pour sa soeur afin de l’innocenter mais, autrefois incapables de se mentir, les jumelles vont découvrir le véritable prix des secrets…

Ce que j’ai ressenti:

  • Cœurs Artificiels mais grand Amour Fraternel.

Faire deux personnages aussi atypiques et aussi liés, presque en symbiose, c’était intense comme découverte. Semblables et si différentes. Siamoises et si contraires. Présentes et effacées dans l’ombre de l’autre. J’ai trouvé que cette découpe de chapitres, avec la personnalité de chacune des T, rend superbement, cet amour qui les unit, sans compter que cet effet cranté d’émotions rajoute à notre attachement à ces jeunes filles, qui n’ont pas eu une vie paisible…

« J’ai souvent rêvé de ressembler davantage à ma sœur, d’être plus forte, plus courageuse, plus sûre de moi, au lieu de toujours douter. »

  • Cœurs Artificiels mais  Rêve Futuriste.

J’ai été agréablement surprise de trouver dans cette histoire autant de science-fiction. C’est un San Francisco revisité, une vision futuriste et chimérique des potentialités de la drogue et de l’asservissement par les pouvoirs de l’esprit. C’était immersif et étrangement inquiétant. On intègre un nouveau monde, de nouveaux modes de communications. Le cerveau comme nouvelle exploitation de possibilités, les rêves comme vecteurs de soupapes à la violence: ces thèmes ouvrent la voie sur de bien jolies réflexions intérieures…Cette lecture se fait le cœur palpitant et l’esprit bien ouvert, pour en saisir toutes les voies de la Méditation…

« Que ressent-on, quand on est inconscient dans un monde irréel? »

  • Cœurs Artificiels mais Dynamique Thriller.

En intégrant presque malgré elles, un réseau criminel, on se retrouve spectateur d’une mission à haut risque d’infiltration dans la pire des sphères du pouvoir, et c’est juste un page-turner incroyable! Peu de temps mort dans cette mafia stratégique, une course poursuite vers la vérité au prix de dangers réels et irééls, tout cela en tempo des battements de cœurs, on ressent un sacré flot d’adrénaline!

« Le monde est tout autour de toi. Tu peux le changer. Deviens ce changement. »

En bref, Cœurs Artificiels, c’est une Lecture Sensationnelle, avant-gardiste mélange de corps et d’esprits…

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Les éditions Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture palpitante!

Accueil

 

Morwenna, Jo Walton. (LC avec Cannibal Lecteur).

Couverture Morwenna

Pourquoi je l’ai choisi:

Il me fallait un peu honorer mon petit Challenge Printemps Elfique, et il m’aura aussi fallu entraîner ma binomette avec moi, sous peine *de ne plus jamais lui parler*, pour lire ensemble ce livre que l’on décrit comme une merveille avec plein de fées dans ses pages….Mission réussie et timing parfait avant la clôture, nous finissons donc en beauté ce trimestre féerique!

Synopsis:

Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghust, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privé à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Loin de son pays de Galles natal, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres, notamment des livres de science-fiction. Samuel Delany, Roger Zelazny, James Tiptree Jr, Ursula K. Le Guin et Robert Silverberg peuplent ses journées, la passionnent. Alors qu’elle commence à reprendre du poil de la bête, elle reçoit une lettre de sa folle de mère : une photo sur laquelle Morganna est visible et sa silhouette à elle brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est sa mère ? Elle peut chercher dans les livres le courage de se battre.

Ce que j’ai ressenti:…Une envolée toute en pages et en ailes féériques…

« Qui pourrait vouloir d’un monde de marionnettes? »

Je me suis sentie très proche de ce personnage, dans sa manière de s’abandonner totalement dans ses lectures, en cette période critique de l’adolescence…J’ai trouvé que l’auteure arrivait à nous faire ressentir cette langueur qui empoisonne le quotidien de cette jeune fille, à subir la lenteur des jours sans enthousiasme, à ressentir le poids écrasant de cet enfermement dans ce pensionnat. Et finalement, sa liberté se trouve dans les livres, dans ce genre si particulier qu’est la Science-Fiction, qui lui ouvre les portes vers un imaginaire débordant…

« Ce qui m’a toujours plu dans la science-fiction, c’est qu’elle vous fait réfléchir et regarder les choses sous des angles auxquels vous n’auriez jamais penser. »

C’est très beau cette manière d’aimer autant la littérature, d’aller explorer d’autres univers, d’apprécier autant  le poids des mots, de rendre hommage aux plus grandes œuvres écrites…Chaque piste de lecture est à noter soigneusement et je serai bien partante pour m’en faire quelques unes, notamment Le Seigneur des Anneaux, puisque cette jeune fille le connait par cœur! Morwenna adore lire, et ça fait plaisir à voir! On se sent un peu complice de ses envolées, intéressée par toute cette ronde d’auteurs qu’elle nomme comme les plus passionnants, et j’aurai bien aimé participer à ce Karass/Club de Lecture entièrement animé au nom de la SF…

« J’avais des livres, de nouveaux livres, et je peux tout supporter tant que j’en ai. « 

Les fées que l’on découvre au sein de ses pages m’ont vraiment charmée. Dans cette façon d’être tangible sans l’être tout à fait, d’être imparfaites mais empreintes de merveilleux , d’illuminer le quotidien sans être lumineuses, d’avoir du pouvoir magique mais dépendante du monde humain…J’ai beaucoup aimé l’idée de l’auteure de faire un parallèle entre fées et fantômes, de ce besoin de se raccrocher au fantastique pour appréhender la douleur, de créer une sorte d’échappatoire féerique qui soulage de la souffrance du monde réel…

« Quoi qu’il en soit , si la plupart des gens ne voient pas les fées parce qu’ils n’y croient pas, les voir n’est pas une mauvaise chose. Certains des plus beaux êtres que j’ai jamais vus sont des fées. »

« Si vous aimez suffisamment les livres, les livres vous aimeront en retour. »

Dans ce journal intime, l’héroïne se dévoile, grandit, mûrit, guérit ses plus grandes blessures, affronte son passé bancal, mais garde farouchement son âme d’enfant, un pont indestructible vers l’imaginaire…Cette jeune adulte en devenir, nous offre ses plus intimes cheminements ainsi que de jolies réflexions, pour un moment de lecture tout en charme et en féerie.

… Dum spiro spero – « Tant que je respire, j’espère » …

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

 

Couverture Morwenna Editions Denoël (Lunes d'encre) 2014Titre : Morwenna

Auteur : Jo Walton
Édition : Denoël (10/04/2014) – Folio SF (2 mai 2016)

Résumé :
Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa sœur jumelle, Morganna.

Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.

Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée.

Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.

Critique de Cannibal Lecteur :
Morwenna n’est pas ce que l’on peut appeler un page-turner que l’on ne peut reposer tant qu’on ne l’a pas terminé.

Ce n’est pas non plus un roman où l’on dévore 200 pages d »un coup, mais plus un roman où l’on picore des pages, se laissant même aller à en lire un autre livre durant sa lecture.

Non pas qu’il n’est pas intéressant ou que l’on s’ennuie durant sa lecture, non, que du contraire, on le lit avec plaisir.

Malgré le fait que l’intrigue soit inexistante et qu’il ne se passe pas grand-chose… hormis quelques rencontres avec des fées.

Ben malgré ça, j’ai passé un bon moment de lecture, pas impérissable, mais agréable.

Gardez à l’esprit que c’est un roman dont il faut prendre le temps de s’imprégner des personnages, des atmosphères, des légendes, des non-dits, des secrets de famille et surtout, ne vous attendez pas à avoir des retournements de situations ou des événements de folie.

Nous sommes en train de lire le journal intime de Morwenna, jeune fille de 15 ans qui a un lien privilégié avec les fées, qui les voit, leur parle. Une jeune fille renfermée depuis le décès de sa jumelle, une jeune fille qui a bien du mal à s’intégrer dans sa nouvelle école.

Morwenna adore la lecture, et plus particulièrement la SF. C’est une véritable serial-lectrice, une cannibale lectrice, car elle en lit plus que moi…

L’auteure, en faisant de son personnage principal une férue de littérature SF, a sans doute eu peur qu’on ne la prenne pas au sérieux, et de ce fait, elle nous balance des tonnes de références littéraires, par l’entremise de Morwenna qui nous donnera tous les titres de ses lectures.

Ça ne m’a pas trop dérangée durant ma lecture, mais je suis d’accord avec ma collègue Babeliotte (Boudicca) qui trouve que citer toutes les lectures de Morwenna, c’est exagéré.

Ça va, on a tout de suite compris que l’auteure connaissait son sujet, contrairement à d’autres qui font de leur héroïne des étudiantes en littératures et qui sont en fait des quiches (et pas des fatales).

Le personnage de Morwenna est complexe, difficile à cerner, au départ, et je pensais même que ses références à la magie et aux fées n’étaient que des élucubrations de son esprit pour justifier le comportement des adultes envers elle.

C’est un personnage touchant, comme bon nombre de personnes qui gravitent autour d’elle. Des portraits tout en finesse, réalistes, réussis.

Les choses que j’ai le plus apprécié, ce sont ses réflexions sur la lecture, sur les livres, sur sa compréhension du monde et des gens.

Elle est très mature pour une jeune fille de 15 ans et, tout comme moi, elle ne se trouve pas dans le groupe des filles populaires à l’école, passe plus de temps à lire qu’à avoir des contacts sociaux avec les autres étudiantes… qui, disons-le de suite, sont des pétasses crétines débiles. Ça valait pour les filles de ma classe aussi !

Anybref, ce n’est pas un roman que l’on dévore en bouffant les pages, il ne se passe rien de révolutionnant, ça se lit avec plaisir, mais je pense que d’ici quelques temps, il ne me restera pas grand-chose comme souvenirs marquants de cette lecture.

Pas de regrets de l’avoir lu, d’ailleurs, j’aurais pas osé ne pas le lire, ma binômette de lecture étant très persuasive pour me proposer de switcher la LC prévue en juin avec celle-ci qui comptera pour son challenge elfique.

Et vous le savez bien, j’ai peur !!! PTDR (mille pardons, ma Stelphique, ce fut un plaisir de faire ce switch, mais pas sûr qu’on va faire remonter le bazar chez Lord Arsenik ! – Je parle bien entendu de faire remonter ce livre dans sa PAL).

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda et le Challenge Printemps Elfique 2017 chez Stelphique.

Suréquipée, Grégoire Courtois.

Couverture Suréquipée

Pourquoi je l’ai choisi:

Quelle jolie couverture et un synopsis qui laisse pas mal de mystères…Bien sûr que je fonce à toute vitesse sur cette nouveauté Folio!!!!

Synopsis:

Lorsque la BlackJag a été mise en vente, il était évident qu’elle allait révolutionner le marché de l’automobile. Constitué uniquement de matériaux organiques, qui en font pour ainsi dire une voiture vivante, ce nouveau modèle a tout pour plaire. Le prototype qui a servi aux séances de démonstration devant la presse est aujourd’hui revenu en atelier : son propriétaire a disparu ; peut-être la BlackJag a-t-elle gardé en mémoire des éléments qui permettront de le retrouver. Écoutons-la nous raconter son histoire.

Ce que j’ai ressenti:…Emergence d’un nouveau concept…

La voiture…En voilà une possession qui n’est pas anodine pour certains êtres masculins…Prolongement de leur attribut et de leur réussite sociale, elle se doit d’être la plus féline, la plus séduisante dans ces courbes, la plus accrocheuse pour la vue. Forcement féminine, et diablement sexy… Grégoire Courtois réinvente cette attirance de l’homme envers sa voiture, dans un thriller qui flirte avec la science-fiction…

S’installer au volant de la BlackJag, c’est ronronner de plaisir à découvrir toutes les spécificités qui sont Elle, explorer de nouvelles lignes de conduites, caresser un nouveau mode de déplacement, aimer avec encore plus de passion…Nous faisons un saut dans le temps et dans les progrès génétiques, pour voir apparaître cette nouvelle génération de véhicule, Suréquipée de qualités organiques et presque vivantes, aux frontières du réel, et frôlant avec séduction toutes les notions d’éthique…Reine de la route, la BlackJag a tous les atouts pour vous séduire, hommes de peu de foi et accro aux nouvelles technologies, elle saura remplir toutes vos exigences…

A toute berzingue, le pied, enfoncé sur l’accélérateur, vous ne pourrez plus vous passez de ce rugissement de volupté qui saura vous accompagner pendant cette lecture qui fleure la sensualité, et l’enivrant danger de la conduite…Attention aux virages déviants…

Sous une forme originale de récit, on suit la route des indices qu’elle aura bien voulu enregistrer… Cette voiture Suréquipée ouvre la voie vers une réflexion consciente des potentiels de l’union entre la mécanique et la génétique, qu’il fait toujours bien d’emprunter avant le dernier voyage, cheveux au vent…

Ma note Plaisir de lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les Editions Folio pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture survoltée!

Les Geôliers, Serge Brussolo.

Couverture Les geôliers

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai trouvé la couverture superbe, et assez inquiétante pour vouloir à tout prix savoir ce qui se cachait derrière cette forêt!

Synopsis:

Il y a quinze ans, Debbie Fevertown s’échappait de Dipton après avoir tué sans pitié son mari et ses deux fils. Aujourd’hui, Jillian Caine est engagée par le réalisateur Dieter Jürgen pour écrire le scénario d’un biopic retraçant la vie de la meurtrière. Jill rencontre des gens qui ont connu Debbie et ont partagé son quotidien, se rend sur les lieux du crime et découvre que la réalité n’est peut-être pas celle que les médias ont décrite à l’époque. Quels mystères recèle l’étrange ville de Dipton ? Que cache ce culte insolite dédié aux arbres ? Et qui sont ces mystérieux gardiens que l’on nomme – à voix basse – les Geôliers ?

Ce que j’ai ressenti:…Une autre façon de regarder la végétation…

« Je ne suis pas expert en botanique, mais je suis sûr d’un truc, des arbres comme ça, j’en ai jamais vu nulle part. »

S’il vous prend l’envie de vous promener en forêt, et pour une quelconque raison, vous apercevez un chêne au feuillage noir: Fuyez à toutes jambes… Courrez de toutes vos forces vers la lumière, car il se pourrait que cet arbre soit un éclaireur de Dipton. Et dans ce village, qui fleure l’obscurantisme, règne un secret ancestral gardé par des Geôliers, qui prennent leur mission, fanatiquement, au sérieux…

« Les gens en ont marre du factice, ils veulent qu’on leur montre la vérité. »

Les Geôliers, C’est:

  •   Un thriller qui se transforme en science-fiction. Par un talent magique, Serge Brussolo emmène son roman vers des frontières inconnues, dangereuses, oniriques, spectaculaires. Il métamorphose l’horreur en bataille ultime surréaliste, il construit une intrigue tentaculaire qui prend racine aux origines du monde, il jongle avec les codes pour époustoufler ses lecteurs. C’est incroyable cette force d’imagination d’une scène d’accroche haletante, l’auteur nous entraîne dans des méandres d’une intrigue noire et profonde, à l’image des racines de ses arbres…Fascinant!
  •  De fabuleux personnages à découvrir. Du cinéaste fantasque à une scénariste aux abois, en passant par une tueuse redoutable, l’aventure promet d’être mouvementée! Chaque nouvelle rencontre est surprenante! Ce qui semblait superficiel, prend peu à peu consistance, nous entraîne plus loin vers la connaissance des comportements humains, et l’inévitable déviance qui en découle…Passionnant!
  • Une ambiance sensationnelle, où la peur vous saisit à chaque coin de pages, ou peut être même, derrière l’arbre centenaire, qui se plante là, avec ses racines envahissantes. Elle vous étreint cette atmosphère de mystères, et vous fait perdre la notion de réalité. Il règne comme une sombre apesanteur irrespirable, malgré la chlorophylle de ses géants chênes verts, que vous risqueriez presque de finir absorber comme le dioxyde de carbone lors de la future photosynthèse….Hypnotique!
  • Une super lecture, et puis c’est tout! Un véritable maelström d’émotions vous attends dans ce superbe Inédit de Folio SF,  et vous auriez tort de vous priver de découvrir la folle aventure, qui se cache derrière Les Geôliers…

« Tu voulais toucher l’impossible du doigt. Un besoin impérieux. »

C’est le tout premier Serge Brussolo que je lis, et je dois dire que la rencontre avec sa plume fut une très agréable surprise! Ce thriller fantastique était tellement fascinant, que je suis certaine d’en lire d’autres très prochainement, mais en attendant, je vous invite fortement à découvrir cette lecture envoûtante…

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Les Editions Folio SF, pour l’envoi de ce livre! Merci infiniment de leur confiance !

Previous Older Entries

Enter your email address to follow this blog and receive notifications of new posts by email.

Rejoignez 198 autres abonnés