Dérive des âmes et des continents, Shubhangi Swarup.

Synopsis:

Magistral premier roman indien où le paysage, la terre, la mer, les montagnes et les personnages principaux (deux jeunes mariés, un yéti mélancolique, un géologue, une tortue…) semblent inventer un genre en soi : la fiction de la nature. Un roman tellurique, où les histoires semblent surgir organiquement le long d’une ligne de faille qui fait trembler la terre et tout ce qu’elle contient de l’océan Indien à l’Himalaya. Peut-être le premier roman où la nature s’exprime directement. Deux jeunes mariés s’installent dans une ancienne demeure coloniale, sur les îles Andaman, et tentent de s’apprivoiser. Ils savent qu’ils se sont déjà aimés dans d’autres vies. Girija Prasad est un scientifique fasciné par les volcans lilliputiens et les phénomènes naturels de l’archipel. Chanda Devi est un peu sorcière ; elle sait amadouer les éléphants en colère, prévoir les tremblements de terre et parler aux fantômes qui peuplent les îles (soldats japonais, lord anglais, mangeurs d’escargots, une chèvre bêlante). Plusieurs personnages plus loin (un jeune révolutionnaire, un trafiquant désabusé, un yéti mélancolique, une tortue, une strip-teaseuse…), on retrouve leur descendant le long de la ligne de faille sismique : un géologue chargé de s’assurer que le prochain sommet himalayen, prévu pour être plus haut que l’Everest, surgira bien dans le cadre des frontières de l’Inde, pour encourager le tourisme. Premier roman au souffle incroyable, Dérive des âmes et des continents surprend par sa puissance narrative, à la hauteur des tsunamis qu’il contient.

Ce que j’ai ressenti:

▪️Se rattacher aux âmes…

Un roman polyphonique ambitieux, poétique et onirique qui m’aura littéralement enchantée. Même s’il m’a fallu dériver aussi pour saisir toutes les nuances et les intentions de l’auteure, je me suis rattachée au pouvoir des mots. Et c’était magnifique. Certains passages m’ont bouleversée, d’autres moins, je dois l’avouer, parce que justement cette lecture possède plusieurs voix et que certaines vibrent plus que d’autres en nous. Il y a des âmes qui restent, des fantômes qui parlent et des poètes qui laissent des mots résistances. Plusieurs voix se succèdent, se répondent parfois, s’ignorent aussi, se retrouvent et se perdent. Elles dérivent…Il nous faut les entendre parce que chacune parle d’une souffrance particulière que ce soit le deuil, l’abandon, l’exil, la violence conjugale, la peur ou la folie. Alors on se rattache à leurs mots pour comprendre leurs histoires…

La vie est plus que la somme de ses souffles et de ses tremblements.

▪️Se rattacher aux continents…

Il y a des lignes de failles, des creux qu’on caressent et des fissures qu’on explorent. Il y a des temps de solitude, de contemplation et d’abandon. L’autre voix puissante qui nous parle c’est la nature elle-même, elle incarne ce roman. Les paysages se succèdent, la mer laisse la place à la neige, les îles sont continents, les fissures descendent jusqu’au cœur du monde…Les perroquets sont îles, les scolopendres mordent, et les chèvres parlent et pendant ce temps, les plantes communiquent avec les esprits ouverts et sensibles. Ce livre, c’est la communion avec les vivants, faune et flore, et les rêves des tendres fous. C’est une lecture évasion puissante. J’en reviens forcément éblouie et plus attentive encore à la beauté qui nous entoure.

Mettez tous les ingrédients de vos rêves dans cette bouteille et secouez vigoureusement.

▪️Et se fondre dans les fissures…

C’est un premier roman, et c’est une merveille. J’ai adoré la force évocatrice de la poésie qui fait vibrer ce roman. Dans les pulsions, on ressent une émotion. Dans les failles, on apprend les enseignements du vide. J’aurai du mal à décrire tous les sentiments qui me sont venus, je préfère en laisser dériver avec les âmes et les continents. J’aurai voulu vous dire que c’est un coup de cœur. Mais en fait, ce n’est pas ça, c’est des milliers de micro-fissures qui me restent, et j’imagine que dans une prochaine lecture, quand j’aurai plus de sagesse peut-être, il me viendra ce raz-de-marée qui saura tout emporter…

-Vous n’êtes ni un gazhal, ni un poème, ni une chanson, l’entendit-elle dire. Vous n’en êtes pas non plus la muse. Je vous connais. Vous êtes une poétesse.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Le nouveau western, Marc Fernandez.

Le nouveau western par Fernandez

Synopsis:

Rodrigo Díaz de Vivar, plus connu sous le nom du Cid, n’est pas que le héros d’une pièce de théâtre. Ce fut un chevalier. Un vrai. Banni par le roi Alphonse VI, il a traversé l’Espagne au XIe siècle. Il a gagné des batailles. Contre les Musulmans, et avec eux. Un mercenaire avant l’heure. Un combattant légendaire. Si le Cid voyageait à cheval, c’est sur son VTT – baptisé Tornado – que Marc Fernandez suit sa route de Burgos, ville natale du chevalier, jusqu’à Valence, où il mourut en 1099. Une épreuve et un défi pour l’auteur, à la découverte d’une partie méconnue de l’Espagne, médiévale, immensément vide. 900 kilomètres à vélo, 11 302 mètres de dénivelé positif dans un décor de western, pour retracer la vie extraordinaire d’une figure mythique digne d’un personnage de polar.

Ce que j’ai ressenti:

En avant, Tornado!

En ce moment, on ne va pas se mentir, toute aventure est bonne à prendre! Même virtuelle, même imaginaire, l’aventure a toujours ce pouvoir attractif. Une virée en vélo à travers l’Espagne sur les traces du Cid, je vous l’avoue ça me tente bien, là tout de suite! Mais bon, je dois me contenter, pour le moment, de pédaler sur mon vélo d’appartement et suivre la folle expédition de Marc Fernandez en lecture! Et quelle virée! On sent qu’il a adoré ce défi, même si ça ne c’est pas fait sans douleurs…900 kilomètres et un timing plutôt serré, c’est un parcours osé que l’auteur s’impose pour revivre un peu de la vie de ce grand héros qu’est Le Cid. Entre carnet de voyage personnel et revisite des œuvres littéraires autour de ce grand chevalier, on explore avec Marc Fernandez, la beauté des terres espagnoles, en 14 étapes. C’était intéressant, surtout que j’ignorais presque tout de ce combattant légendaire, donc cette virée à vélo, m’a apporté un espace d’évasion et encore plus de curiosité par rapport à ce héros qui en a inspiré plus d’un!

Nous repartons nous aussi et roulons quelques kilomètres dans un paysage qui nous renvoie mille ans en arrière.

Démarches aventurières.

Depuis quelques mois, j’ai plaisir à découvrir les parutions de la maison d’éditions Paulsen. Elles me permettent de voyager en lecture, en Corée ou en Amérique du Nord, et maintenant en Espagne avec celui-ci. À travers leurs écrits, les auteurs nous entraînent dans des défis complètement fous, et j’adore les suivre! Ce qui rend leurs voyages encore plus beaux, c’est leurs ouvertures d’esprits et leurs bienveillances. En ces temps compliqués, ces lectures sont de belles fenêtres ouvertes sur le monde et ses richesses, une manière différente de vivre par les Hommes, pour un temps…Je compte bien ne pas m’arrêter en si bon chemin, et j’ai hâte de pouvoir lire d’autres aventures Paulsen.

Une sensation de bien-être, que j’ai rarement ressenti, m’envahit. Ce voyage en vélo me procure un sentiment de liberté. Si le Cid chevauchait vers son rêve, nous faisons de même. Presque mille ans nous séparent, mais comment ne pas se sentir bien devant le spectacle que nous offre ce parc naturel de toute beauté?

En bref, il me reste de cette aventure, la poésie de Emmanuel de Saint-Albin, une envie de rencontre avec le Cid, quelques courbatures et des images de paysages que je ne verrai sans doute pas dans l’immédiat…Il me reste une bouffée d’air frais avec Le Nouveau Western. Et puis, cette soif d’aventures et de liberté…Merci Marc Fernandez d’avoir fait la route pour nous…

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Muriel ainsi que les éditions Paulsen pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Editions Paulsen

La servante écarlate, Margaret Atwood.

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Synopsis:

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

Ce que j’ai ressenti:

▪️Avant que cela ne devienne ordinaire…

Parce que sans doute que cela le deviendra, alors je reprends mes nuits. Parce que je me le dois, et parce que je le fais pour Elles. Parce que je crois en nos nuits.

J’effeuillerai les mots dans mon lit. J’effeuillerai les pétales de pissenlit aussi. À moins que ce ne soit des marguerites…Je prendrai chaque mot, et je les ferai éternité…Un pétale pour chaque servante. Une pensée pour Alma, Janine, Dolorès, Moira, June.

Pendant ce temps infini- Pendant cette quantité de temps qui nous est offert-Pendant tout ce temps qui tient dans nos mains et qui j’espère ne sera plus vain.

Sans doute que l’on s’habituera à ces nuits stériles, immobiles…Peut-être qu’on s’habituera à ce confinement. Sans doute, qu’on sera là bien chez nous, à apprécier Nuits…Toute en intimité. En minimalisme. Je me contenterai de rester à la maison.

J’écrirai des lettres à Toi. Des lettres où tu te reconnaîtras…Des milliers de lettres que tu ne verras pas mais qui auraient nos résonances…Des lettres avec tant de nos résiliences. Des poèmes comme des alliances.

Je blanchirai mes nuits et je me parerai de rouge. L’écarlate sera notre étendard avec tatoué de nos cris silencieux, cette phrase d’un temps ancien « Nolite te salopardes exterminum ». Et désormais, ces Nuits-là me seront précieuses…

Ça ne me fera même pas mal de ne plus dormir et de me nourrir de solitude. Ça ne me fera même plus peur tout ce temps à perdre. L’heure des lunes sera ma prière…

J’inscrirai à mes nuits et aux siennes, tous nos amours contenus. Je délivrerai vos mutismes et je soufflerai sur vos désirs des étincelles de passion. Je déchiffrerai vos sourires de sang. Je leur offrirai la douceur…Je trouverai du sens au vide…Et je volerai des libertés quand enfin, je rêverai avec mes sœurs…Tout cela dans mes nuits.

Et J’aurai espoir. Je jure que j’aurai espoir…

▪️-Cela deviendra ordinaire-

Mais avant cela, il y aura eu des milliers de lecteurs qui se sont lancés dans la découverte de la Servante Écarlate et ce qui est extraordinaire, c’est qu’elle continue de fasciner avec autant de force, même trois décennies après…J’ai lu à mon tour, dans mes nuits confinées, ce chef d’œuvre dystopique. Comme vous pouvez le constater, il m’a fait forte impression. Je me suis dirigée vers lui, spontanément. J’ai laissé parler mon intuition. Je voulais tellement quelque chose de spécial pour cette période trouble de notre actualité, alors j’ai mis la main sur les pages écarlates. Une inspiration. J’ai été troublée qu’il y ait tellement de profondeur et de similitudes dans les nuits de Gilead, et dans les miennes. J’ai tellement tremblé de peur pour ces femmes mais j’ai adoré me confronter à leurs manières de chercher du sens dans leurs actions. C’était presque extraordinaire, ce temps partagé…Et je ne voudrais pas que cela devienne ordinaire, ce Coup de Coeur Écarlate.

« Y a-t-il des questions? »

Noir Volcan, Cécile Coulon.

Ce que j’ai ressenti:

Je veux écrire à peine, à volcan explosif. Les nerfs secoués. Je veux écrire à peine, pour dire que l’angoisse passe en lisant de la poésie. C’est la seule chose qui me calme, mais ce n’est qu’un volcan endormi…Parfois, la terre tremble juste à deux pas de chez-soi mais aux abords des frontières, un mal a marché en nos lieues. Ce peut être le debut de quelque chose, confiné comme ça, un temps pour soi, un printemps plutôt étrange, une étreinte timide vers le bonheur? Ce peut être juste la voix de la douceur. Merci Cécile pour ce moment de frisson Nature.

Je veux écrire à peine, à volcan explosif. La tête plein de ronces. Je veux écrire à peine, pour dire que le Noir ne fait plus peur, que la poésie veille sur nos trajets, les granges et les fleurs. C’est un peu de quotidien, des naissances de matins, des pardons du soir qui s’ouvrent par ma fenêtre…Parfois le désir prend le dessus et envoie des baisers aux géants, puisent l’essence dans nos campagnes. Ce peut être l’orangeraie, un coin de foin, des tranches de vies qui inspirent…Ce peut être juste un fameux nouveau monde, et après…Merci Mademoiselle pour ces fureurs de douceurs.

Je veux écrire à peine, à volcan explosif. Mon cœur reconnecté. Je veux écrire à peine pour dire le bien-être de trouver en ces lignes, un peu d’éclats noirs et de magie volcanique. C’est tellement beau ce nouveau courant de lyrisme. Je ramasse en morceau de ce qu’elle a laissé tombé entre nos mains. Des couleurs pour nos journées confinées, des mots pour apaiser les efforts piétinés. Ce peut être de la tendresse ou des joies retrouvées, un peu de câlins silencieux. Ce peut être des appels en une syllabes. Merci Noir Volcan d’avoir réveiller les feux en-dedans.

Je veux écrire à peine, à volcan explosif. Je ne peux rien faire sinon être en Love total devant ce recueil de poésie. Ma main dans un mouvement énergique, trouvera bien quoi écrire demain.

L’envers du décor, Tatiana de Rosnay.

Synopsis:

Le vrai, le faux. Le décor, son envers. La vie comme un théâtre. Il y a celles qui cachent, sous leurs grands airs d’actrices, d’horribles et noirs secrets. D’autres dont la mémoire en friche court après un regret, un remords, une minute adorée – abhorrée.
Alors on joue. La même scène, encore et encore. Jusqu’à la rupture. Un grain de sel et tout chancelle. Un nom à la radio, le roman d’une inconnue, un mot d’amour, une rue d’avant, un basculement, et la comédie s’arrête. Avec son sens aigu de la chute, son écriture romanesque et son talent pour créer des atmosphères uniques, Tatiana de Rosnay, à travers ces nouvelles, nous plonge dans son univers, alliant fiction et souvenirs personnels, anecdotes enfantines et pulsions adultes. Un régal.

Ce que j’ai ressenti:

Je ne sais pas vraiment où on est. Dans quel cercle ou heure trouble, bleue ou contaminée, mais tant qu’à être dans le confinement total, je vous conseille d’aller caresser les voiles couleurs pastel de L’envers du décor. 12 nouvelles pour découvrir la douceur au féminin…Et que dire de cette sublime couverture avec cet espoir de lumière à portée de main? Une femme à la fenêtre, c’est un peu comme nous toutes, en ce moment…Alors, j’ai quitté ce carré d’évasion pour apprécier la grâce d’une plume, enveloppée dans un plaid, et j’ai lu les réalités sont en « stand by » pour le moment: celles où l’on pouvait encore jouer la comédie devant des spectateurs, celles où l’on pouvait embrasser à pleine bouche dans les rues…Mais ça, c’était avant…Avant que l’on soit tous, confinés…

-Hello, beauté, comment vas-tu ce matin?

Il y a des nuances de nostalgie, des notes de passions et quelques fragrances de souvenirs dans ce recueil, et puis au centre de tout ça, l’énergie de lire et d’écrire…Une énergie douce et bienveillante que Tatiana de Rosnay possède et qu’elle insuffle à ces personnages…Et forcément ça vient nous toucher comme une caresse…De Conversation impossible avec un zouave ou un trouble fête, des mots-prisons à l’envers du décor, il y a des textes qui viennent te parler au creux de l’oreille, des scènes de vies qui prennent forme sous nos yeux et des éclats de rires qui sonnent comme un espoir…Et puis certaines nouvelles qui viennent te frapper ou te mordre comme un jaguar…Mais ce moment de lecture, se déguste avec délice, et finalement c’est parfait, parfait, parfait…

Tu t’esquintes les yeux, mais tu t’en moques. Les livres sont ta drogue. Impossible d’y renoncer.

Ce que j’en retiendrais, c’est l’élégance de cette plume. Tout est dans la suggestion, le charme et la douceur…12 nouvelles de tailles variables qui parle de féminité, d’ailleurs, d’évasions ou de bibliothèques…Un tas de trésors que l’on peut encore découvrir en ouvrant un livre…Et puis, le souvenir de ce parfum que j’ai tant aimé qu’elle me rappelle…Je veux de L’heure Bleue encore à mes poignets…Et je m’en retourne à la fenêtre, où les voiles se soulèvent dans le vent…

Pour la première fois, depuis longtemps, j’ai ressenti de l’espoir. Un espoir timide, fragile, si beau. J’ai eu envie de pleurer. De rire, aussi. Un sourire et des larmes. Comme un arc-en-ciel qui prenait son envol.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Les femmes et le pouvoir. Un manifeste, Mary Beard.

Les Femmes et le pouvoir par Beard

Synopsis:

« Mère, retourne dans tes appartements, reprends tes travaux […] discourir est l’affaire des hommes. » Ainsi dans l’Odyssée d’Homère, Télémaque s’adresse-t-il à Pénélope. Révolte adolescente ou misogynie systémique ?
Pour mieux cerner la violence exercée sur les femmes afin de leur intimer le silence, Mary Beard puise dans l’histoire de Méduse, d’Elizabeth Ire ou d’Hillary Clinton. Elle revisite ainsi, avec humour, la question de l’égalité des sexes et explique pourquoi, depuis deux mille ans, l’on a des femmes qui s’expriment et revendiquent le pouvoir une image détestable.

Ce que j’ai ressenti:

▪️L’envie d’en savoir plus sur notre Histoire au féminin…

Dans le cadre des challenges qui fleurissent en ce mois de mars sur Instagram, avec #marsaufeminin et #femmesdelettresalhonneur , et par un heureux hasard, mon hashtag aussi #lireetcelebrerlesfemmes, j’ai pioché cette mini-lecture pour en savoir plus sur cette vague de féminisme, et sans doute être plus attentive à leurs voix, plus compréhensive face à leurs engagements. Mary Beard s’appuie sur des textes antiques, aiguille notre regard sur la peinture et ses plus grands chef-d’œuvres pour étayer son manifeste: Les femmes et le pouvoir, et on sent qu’elle a à cœur de défendre le droit des femmes. C’est un essai très intéressant qui pousse ma curiosité à en apprendre plus sur la place des femmes dans l’Histoire, et rien que ça, c’est déjà un bel objectif personnel pour les semaines à venir…

▪️Deux grandes lignes sur la scène…

Les deux grands points que Mary Beard abordent sont la voix publique des femmes et leurs pouvoirs. On voit bien que la voix des femmes est particulièrement difficile à faire entendre, et si jamais elles y arrivent, c’est très limité dans leur influence…- ou alors elles sont carrément poussées vers la sortie, comme notre chère Pénélope-. Il en est de même pour leur place dans la sphère politique et sociale tout au long de l’Histoire. Les hommes au cours des siècles, ont tellement empreint de leur autorité virile et leur sexisme ravageur tous les domaines, qu’il est encore aujourd’hui, quasi mission impossible pour les femmes de se sortir de ce silence imposé. Avec des références au travers de tous les arts, nous entrevoyons combien, les femmes, même les plus érudites, ont du mal à avoir accès au plaisir de discourir et celui de prendre des mesures nécessaires pour plus d’équité.

C’est un essai assez bref, dynamique et illustré. Mais c’est surtout un manifeste pour les femmes pour qu’elles aient le droit à la parole, comme tout un chacun. J’ai beaucoup aimé, c’était instructif et aussi révélateur du malaise qui se fait sentir en ce moment même dans notre actualité.

A découvrir et parlez-en!

Par définition, dans la plupart des circonstances, une femme parlant en public n’était pas une femme.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Santa Muerte, Gabino Iglésias

Santa muerte par Iglesias

Synopsis:

Santa Muerte, protegeme…

Austin, Texas. Tu t’appelles Fernando, et tu es mexicain. Immigré clandestin. Profession ? Dealer. Un beau jour… Non, oublie « beau ». Un jour, donc, tu es enlevé par les membres d’un gang méchamment tatoué qui ont aussi capturé ton pote Nestor. Pas ton meilleur souvenir, ça : tu dois les regarder le torturer et lui trancher la tête. Le message est clair. Ici, c’est chez eux. Fernando croit en Dieu, et en plein d’autres trucs. Fernando jure en espagnol, et il a soif de vengeance. Avec l’aide d’une prêtresse Santeria, d’un chanteur portoricain cinglé et d’un tueur à gages russe, il se résout à déchaîner l’enfer. Écartelé entre deux pays, deux cultures, deux traditions, Fernando est un héros des temps modernes. Quand toutes les frontières se brouillent, géographiques, morales, spirituelles, seul un nouveau genre littéraire peut dessiner le paysage. Gabino Iglesias invente donc ici le barrio noir. Il y conjugue à merveille douleur et violence de l’exil, réalisme social et mysticisme survolté, mélancolie et humour dévastateur.

Ce que j’ai ressenti:

☠️À Toi qui va lire ceci- parce que crois-moi, foi de Santísima Muerte, tu vas lire ce barrio noir-je disais donc, à Toi qui va lire ceci, prends une bonne respiration, tu n’as encore aucune idée de ce qui t’attends, et je te le dis dans un murmure solennel, ce livre est mortel!

🌹Je t’apprendrais le folklore mexicain et une novena ou deux…Je t’écrirais des prières pour la Santa Muerte, que tu réciteras pendant neuf jours d’affilée pour qu’elle veuille bien prendre soin de ton âme…En revanche, moi, je me fous bien de ton petit confort et je ne vais pas te ménager et Gabino Iglesias, encore moins!

☠️De décapitation en sang versé, de règlement de comptes aux vengeances musclées, il va te falloir des tripes bien accrochées à ton corps, car tu vas vite être malmené avec cette lecture! Il se pourrait même que tu y perdes un doigt en tournant les pages, tellement la violence de ce roman noir est d’une efficacité tranchante.

🌹Je t’apprendrais à craindre la Dame Blanche. Je saurai meme te faire rencontrer une personne qui ne cligne pas des yeux. Je te mettrai face au chaos et à la lumière. Mais je serai aussi irrévérencieuse que Fernando, tout aussi ingérable, et je jurerai comme un diable…Tu n’auras de cesse de souhaiter que ça s’arrête, mais je ne ferai jamais ça…Je t’apprendrais à aimer la Dame noire et bientôt, tu auras peut-être , comme dans mon propre exemplaire, des fleurs qui se tatoueront au cœur des pages… J’ai laissé la Santa Muerte m’inspirer et les ouragans d’émotions me faire valdinguer dans le néant.

☠️Ne te donne pas la peine de montrer ta peur. Je sais déjà que tu es mort de trouille à l’idée de voir des esprits malins, de subir la vengeance des cartels de la drogue, mais qu’en sera-t-il de ses frayeurs s’il te fallait, même avec l’aide du Russe ou d’El Principe, d’aller tuer un demon? En quelle divinité t’en remettra-tu? J’espère que tu feras le bon choix, car il n’y a qu’Elle qui puisse te sauver dans l’obscurité infinie.

🌹Je t’apprendrais à te méfier des frontières. À voir combien Mexico est un lieu dangereux, peuplé de spectres et de monstres en tout genre. Gabino Iglesias te le racontera mieux que moi, parce qu’il a sans doute vu, le Mal dans le fin fond des yeux. Et les secrets qu’il m’en a dévoilé m’ont pétrifiée d’horreur.Et il ne te restera plus qu’à prier la Dame aux multiples noms pour qu’elle te protège, à l’orée de toutes les terres…

☠️Je t’apprendrai que tu n’as qu’une seule option possible, celle de sombrer dans les ténèbres…Celle de lire immédiatement cette lecture. Celle de succomber au charme absolu de la Santa Muerte.

🌹À toi qui va lire ceci, remercie le talent complètement barré et génialissime de Gabino Iglesias et vénère de tout ton cœur, la Santa Muerte! Pour ma part, c’est déjà fait, et ma novena lui est dédiée autant que ce coup de cœur!

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre!

Le ciel à bout portant, Franco Jorge.

Synopsis:

Si une des grandes questions de la littérature est comment “tuer” le père, que faire quand son propre père a été le bras droit de l’un des plus grands assassins du pays ? Larry arrive à Medellín douze ans après la disparition de son père, un mafieux proche de Pablo Escobar. À son arrivée, ce n’est pas sa mère, l’ex-Miss Medellín, qui l’attend, mais Pedro, son ami d’enfance, qui vient le chercher pour le plonger dans l’Alborada, une fête populaire de pétards, de feux d’artifice et d’alcool où tous perdent la tête. Larry retrouve son passé familial et une ville encore marquée par l’époque la plus sombre de l’histoire du pays. Il ne pense qu’à fuir son enfance étrange liée au monde de la drogue. Mais il cherche aussi une jeune fille en pleurs rencontrée dans l’avion et dont il est tombé amoureux. Entrecroisant des plans différents, Jorge Franco, étonnant de maîtrise narrative, fait le portrait de la génération des enfants du narcotrafic, qui sont de fait les victimes de leurs pères, et nous interroge sur l’importance de la mémoire pour que l’histoire ne se répète pas. Une construction impeccable et des personnages ambigus et captivants : un roman qui ne vous laisse aucune trêve et qu’on dévore, fasciné.

Ce que j’ai ressenti:

▪️Un rendez-vous avec le ciel de Medellín…

Les feux d’artifices explosent, l’Alborada bat son plein, et la Colombie se raconte dans un tourbillon de vie et de mort et Le ciel à bout portant est magnifique…Ce roman noir, c’est des histoires entrelacées, d’amitiés et de familles qui éclatent avec grand bruit dans l’euphorie de cette fête populaire…On prend conscience de la réalité effroyable des cartels, des grammes de drogues qui s’échangent, de la peur au ventre, des litres de sang versés, des plaintes vers le ciel et de l’odeur réconfortante du café, grâce à la plume bouleversante de Jorge Franco. Encore une fois, je me retrouve sous le ciel de Medellín en 2020, et j’aime l’ambiance de cette ville que l’auteur arrive avec brio à faire ressortir. Il a quelque chose de dangereux et en même temps, de profondément vivant qui est venu me toucher, et j’aimerai maintenant voir de mes yeux, ce ciel rempli de ces couleurs explosives!

-Plutôt mourir d’une balle que mourir de tristesse.

▪️A compter chaque minute de chagrin…

À naître comme ça, dans un noyau familial fait violences, on ne peut que récolter des tragédies toutes plus sombres les unes que les autres. Larry est le fils d’un narco-trafiquant redoutable, et sa vie est un champ de ruines qu’il a préféré fuir…Dans l’avion qui le ramène au pays, il rencontre Charlie, elle aussi, toute juste orpheline de père, et dans ce drame qui les réunit simultanément, il entrevoit une possibilité d’amour. Mais que peut bien vouloir dire cette petite étincelle face à la mort? Personne n’imagine l’ampleur de la douleur de perdre un père. Chaque minute de désarroi qu’il faut pour intégrer l’idée de l’absence. Larry tout comme Charlie, comptent chaque minute écoulée sans la figure paternelle. Et c’est dans cette douleur cruelle, que Larry va devoir revivre à travers ses souvenirs, le passé sulfureux de Librario, ce père mafieux. De flash-back en minutes solennelles, on est confronté à la dérive d’une génération broyée par le monde de la drogue. C’est saisissant!

Il ferma les yeux pour réfléchir à la possibilité d’acheter des minutes faites de temps, de passé et de futur,des minutes à garder comme des souvenirs ou à jeter à la poubelle et à oublier complètement. Des minutes sous la main en cas de besoin, pour les utiliser à un moment urgent, pour quand la dernière minute viendra, pensa Larry.

▪️ Quand ton cœur pulse avec les pétards…

J’ai adoré cette nouvelle virée en Colombie, je ne me lasse pas de la plume immersive de Jorge Franco. Je lui trouve une émotion particulière et des moments de poésie qu’il arrache, avec une étrange élégance, à ses vies de violences…J’aime la délicatesse et la puissance qu’il sait mettre dans ses mots pour nous parler de son pays. Je suis totalement sous le charme des vibrations de la littérature sud-américaine, et cette histoire restera là, à briller encore de mille feux dans ma mémoire, comme le charme d’une nuit volée à l’Alborada.

-Au fait, mec, je t’ai souhaité la bienvenue en enfer?

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Interview Livre de Chevet.

Claire Bauchart m’a fait l’immense plaisir d’une interview spéciale du Livre de Chevet.

Un échange d’ondes positives, un peu de magie et quelques mots de poésie plus tard…

Quel est votre livre de chevet par excellence?

L'incontournable livre de chevet de… Stéphanie alias stelphique

N’hésitez pas à passer voir son blog, pour d’autres interviews toutes aussi passionnantes de blogueurs littéraires…

sticker-fee-libellule En attendant, je remercie Claire pour ce moment de partage.

 

Bonne et Heureuse Année 2020.

Tout d’abord, je tiens à vous souhaiter mes plus sincères vœux de bonheur pour cette nouvelle année 2020!

Que cette année vous soit douce et heureuse!

Merci d’être là à venir partager vos impressions de lectures et vos émotions! Ces moments me sont précieux.

Et comme vous le savez, il n’y a rien qui m’importe plus que l’amitié.

L’amitié est partage. Et la passion nous réunit. C’est les valeurs essentielles de nos blogs et en ce début d’année, il prend tout son sens avec ces posts…

Alors aujourd’hui, je suis heureuse de participer et de faire partie du Top 10 de Yvan sur son blog littéraire Émotions, entouré de tous mes blogopotes préférés! Ça se passe par ici⬇️

Regards croisés sur mon Top 10 des romans lus en 2019

Merci cher Yvan. Ton amitié est une lumière. Merci de m’avoir fait une si jolie place dans ce Top 10. J’ai été ravie de répondre présente encore cette année à ce feu d’artifice littéraire et émotionnel.

N’hésitez à partager et à venir nous parler de vos émotions autour de ce Top 10!

Encore tous mes vœux et une bonne année autour de la lecture!

Amicalement,

✨Stelphique✨

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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