Les harmoniques, Marcus Malte. Défi Cannibelfique.

Les harmoniques : Beau Danube Blues par Malte

Pourquoi je l’ai choisi:

Avec l’énorme coup de cœur pour Le Garçon du même auteur, j’ai voulu découvrir ses précédents romans…Et, bon, j’adore toujours autant déstabiliser le planning de ma binômette, et lui proposer des « oldies » en Lecture Commune…

Synopsis:

Vera est morte assassinée. Brûlée vive. Mister, le pianiste, l’aimait, comme elle aimait sa musique. Il veut comprendre : qui l’a tuée ? Pourquoi ? Avec son ami Bob, chauffeur de taxi philosophe et polyglotte, il cherche, tâtonne, interroge et remonte peu à peu le fil de la jeune vie de Vera, jusqu’aux rives lointaines du Danube, jusqu’aux charniers des Balkans… Rythmée par les grands standards du jazz, l’enquête des deux hommes fera ressurgir les notes cachées de ces crimes dont personne ne veut parler. Plus qu’un roman, c’est une ballade qui se joue ici. Un long blues nostalgique et envoûtant en même temps qu’un poignant chant d’amour et de rage. 

Ce que j’ai ressenti:…Comme le doux son d’un coup de coeur….

« Où se niche le génie? Où se niche la sagesse? Où se niche le merveilleux? »

Jazzy, ou comment la musique envahit l’espace d’écriture, fait des Harmoniques derrière le contexte d’un conflit européen, se retrouve entre les lignes d’une poésie noire envolée dans les esquisses d’un corbeau, se mêle au lent ronronnement d’un moteur lancé sur l’asphalte, se perd dans les arpèges d’une passion platonique…Tu l’entends ce Jazz qui se nourrit de nostalgie, de violence et de beauté?  Marcus Malte nous ballade sur des notes obscures, réveille des douleurs dissimulées et sublime son polar de lyrisme philosophique.

« Ensuite pour se persuader que l’humanité n’a pas engendré que des porcs et bouchers et ogres barbares, mais aussi quelques fées ou enchanteurs dotés du pouvoir de transformer le bruit en son, les cris en notes, les rafales en arpèges, les plaintes en mélodies, les sanglots longs en violons- la vie en harmonie. 
Pour continuer à croire qu’il existe autre chose, autre part. »

Cette enquête atypique menée par deux personnages « Black and White » dans une guimbarde jaune est un moment de lecture intense entre humour et drame. Le temps d’une playlist enivrante et de quelques jolies références littéraires, on se plaît à démêler une affaire sombre de meurtre impuni, d’une victime qui aurait pu disparaître de la surface de la terre sans bruit, mais la  passion de Vera pour la musique et l’adoration d’un homme  en voyant ses yeux, aura suffit à lui rendre un peu de son identité et mettre en lumière le temps de 400 pages, les accents slaves.

« Nul autre don que le don de soi. »

Plus que tout, j’adore l’écriture de cet auteur! Je la trouve expressive, sensorielle, magnifique…Elle s’embrase avec panache jusqu’au bouquet final…Encore une fois, je suis totalement conquise…Au delà de son intrigue menée admirablement jusqu’à la dernière note, on sent une volonté dans le style: la force des mots, le plaisir de rendre hommage à la musique et à l’Art. L’intensité qu’il met dans ses descriptions rend cette lecture bouleversante. Comme un air de musique, elle tourne dans ta tête, cette poésie, et tu lis et relis les passages, te délectant de tant de beauté d’écriture et tu t’envoles vers des courants de pensées essentielles… Marcus Malte, en grand géant, orchestre son histoire avec passion,  jouant des basses violentes des canons, d’un tempo plaintif d’un saxophone en mal d’amour, de l’harmonie d’une amitié infaillible…

Flambant Coup de Coeur.

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

 

Titre : Les harmoniques – Beau Danube Blues

Auteur : Marcus Malte
Édition : Gallimard (2013)

Résumé :
Une voiture quitte les rives de l’océan pour Paris à travers la nuit et des nappes de jazz qui s’échappent d’un autoradio.

A son bord, deux hommes. Mister est un pianiste de jazz. Un black amoureux de Trane et de Lady Day. Bob, son complice, son frère de coeur, est un ancien prof de philo reconverti en chauffeur de taxi. Encore plus que Monk ou Getz, lui vénère les classiques grecs et Schopenhauer.

Les deux hommes foncent vers la capitale mus par l’obsession de Mister : Vera, une jeune femme qu’il a récemment rencontrée, vient d’être retrouvée morte, brûlée vive.

Les coupables ont été arrêtés sur le champ, mais Mister ne croit pas à la version officielle. Il décide de mener sa propre enquête. Ses questions et sa curiosité vont les amener à lever le voile sur une histoire qu’il aurait mieux valu garder secrète, et à côtoyer une faune peu recommandable.

Composition virtuose, arpèges narratifs complexes et subtils, envolées lyriques… ce roman éblouissant de Marcus Malte avance, style en avant, sur la corde raide.

Entre l’ombre et la lumière, la violence et la mélancolie, Les harmoniques est un incroyable roman noir – clair-obscur plutôt.

Une mélopée déchirante qui mêle le politique, la passion, la révolte et le sexe. Comme tous les grands standards du blues.

Critique par Cannibal Lecteur  : 
On m’avait dit le plus grand bien de ce livre, notamment Domi, la moitié d’Yvan. Collectif Polar aussi. Bref, des gens à qui je fais confiance niveau littérature !

Alors j’avoue que j’ai été un peu désarçonnée lorsque j’entamai ma lecture et que je me retrouvai face à un meurtre à résoudre…

Heu ? Un simple meurtre à résoudre ? Un banal cas de Whodunit ? Un grand black qui cherche à en savoir plus sur l’assassinat violent d’une gentille fille qui venait s’accouder sur son piano ?

Ça commence ainsi, par un truc banal (si un assassinat par le feu peut être considéré comme banal) : le meurtre de la gentille Vera à qui on a fait le coup de Jeanne d’Arc.

Les flics ont même été super rapides et compétents sur le coup puisque trois jours plus tard (non, elle n’est pas ressuscitée comme l’autre) ils ont arrêté les coupables.

Mais Mister, le grand Black pianiste n’y croit pas du tout et aidé de Bob, son pote chauffeur d’un vieux taxi, il va mener l’enquête.

Oui, on commence avec un truc simple, mais j’avais oublié que nous étions avec Marcus Malte et qu’on n’allait pas se retrouver avec le Colonel Moutarde dans le vieux hangar avec l’essence et le briquet !

La petite histoire va s’inscrire dans la Grande… Rien n’est simple, rien n’est facile, rien n’est acquis, surtout pas la vérité que l’on va nous dévoiler au fur et à mesure que nous tournerons les pages.

De plus, l’écriture de Marcus Malte est toujours aussi poétique, lyrique, ses phrases m’emportent souvent très loin et croyez-moi, c’est le petit Jésus en culotte de velours, sa plume, maniant la philosophie et l’humour, même si elle ne se prive pas d’égratigner.

Oui, sa plume m’enchante, et elle chante car ce roman sent bon les airs de jazz et l’auteur a même inclus la play-list pour le cas où nous voudrions écouter les mêmes chansons que nos deux enquêteurs improbables : le grand noir et le petit blanc.

Les deux personnages que sont Mister et Bob sont des gens comme on aimerait avoir dans nos amis, surtout Bob qui est toujours là pour vous aider, lui, son vieux taxi, sa philosophie et ses cassettes audios remplies de vieux chanteurs de jazz.

Un roman qui commence de manière simple et qui devient plus dense ensuite, de par son scénario et de par l’Histoire qu’il nous conte, une que nous n’entendons pas souvent et dont nous ne savons pas grand-chose : l’x-Yougoslavie.

Un roman bourré d’émotions, une lecture magnifique, dense, belle, émotive, qui ne m’a pas laissée de marbre. J’en ai eu des frissons partout.

Un grand merci à celles qui me l’ont conseillée et à ma binômette de LC qui me l’a fait sortir de mes étagères surchargées !

— Qu’est-ce qu’il raconte, le centenaire ? siffla le barman.
— Lui, il dit que ours craindre le morsure de la belette, intervint Milosav.
— La belette ?… La belette !… La belette…
Renato testa le mot sur tous les modes, comme un acteur cherchant le ton juste.

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Miss Pook et les enfants de la lune, Bertrand Santini.

Pourquoi je l’ai choisi :

Cette magnifique couverture m’a tapée dans l’œil, et cet auteur Jeunesse, j’avais hâte de le découvrir enfin, étant donné les bons retours des lecteurs…

Synopsis:

Paris, 1907…
Miss Pook est une sorcière. Sous l’apparence trompeuse et charmante d’une jeune fille anglaise, elle se fait embaucher comme gouvernante par une riche famille parisienne. Manipulatrice hors pair, Miss Pook a le projet diabolique d’enlever les enfants dont elle a la charge. Sa nouvelle victime se prénomme Elise et Miss Pook parvient à convaincre cette fillette de dix ans de quitter la terre pour vivre avec elle dans son château, sur la lune. Elise découvrira bientôt que la lune est une « résidence d’âmes » et fera la rencontre de personnages de légendes tels que le Sphinx, le Faune, un dragon ou des Vampires…

Ce que j’ai ressenti:…Extraordinaire envolée enchanteresse…

Laissez votre imagination vagabonder dans les rues de Paris, en 1907, sous les pieds de la Tour Eiffel, et levez un peu vos yeux, vers le ciel…Est-ce qu’une excursion à dos de dragon ne serait pas la plus palpitante des aventures? Et cette destination lunaire, ne serait-elle pas la plus fabuleuse? Et si vous tentiez le temps d’une lecture, de replonger dans les plaisirs de l’enfance insouciante, est-ce que vous suivriez, vous aussi, l’extravagante Miss Pook?  Voudriez-vous bien connaître, vous aussi,  le secret des Enfants de la Lune?

Nous ne voulons plus faire partie d’un monde où règnent la cupidité et l’injustice. 

J’ai tenté ce voyage fantastique, et je dois dire que je reviens de cette expédition avec des étoiles plein les yeux, et quelques bonnes impressions dans le sac à dos, mais surtout avec un petit carnet bestiaire de créatures légendaires plutôt fourni! Cette première virée sur les anneaux de Goldorillon fût une enrichissante surprise, toute autant qu’un plaisir de faire la connaissance d’êtres de la Nuit, exilés sur la Lune, encrassé sous la poussière terrible de l’oubli…

J’ai adoré la sensibilité et la plume de Bertrand Santini, sa façon de revisiter les mythes et légendes pour émerveiller son jeune public, la portée philosophique et humaine qui se cache entre les lignes. Il a une folle imagination qui joue souvent entre ombres et lumières, balaie toutes les attentes d’un revers de queue de dragon, souffle sur le feu de l’intrépidité et envoie du rêve quand la réalité est trop brutale… Dans les failles de l’extraordinaire, il glisse de jolies pensées pertinentes, tout en injectant une bonne dose d’amour et fait la part belle à ses tourments intérieurs qui habitent la petite enfance…C’est un vrai souffle de fraîcheur que ce premier épisode de ses enfants perdus…Vite, vite la suite, je veux retourner sur la Lune…

La haine est une défaite, mes enfants. 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Madame Vanguelov ainsi que les éditions Grasset Jeunesse pour l’envoi de ce livre! Merci de leur confiance, ce fût une lecture féerique!

 

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Les buveurs de lumière, Jenni Fagan.

Couverture Les buveurs de lumière

 

Synopsis:

Le monde entre dans l’âge de glace, il neige à Jérusalem et les icebergs dérivent le long des côtes. Pour les jours sombres qui s’annoncent, il faut faire provision de lumière – neige au soleil, stalactites éclatantes, aurores boréales.
Dylan, géant barbu et tatoué, débarque au beau milieu de la nuit dans la petite communauté de Clachan Fells, au nord de l’Écosse. Il a vécu toute sa vie dans un cinéma d’art et essai à Soho, il recommence tout à zéro. Dans ce petit parc de caravanes, il rencontre Constance, une bricoleuse de génie au manteau de loup dont il tombe amoureux, et sa fille Stella, ex-petit garçon, en pleine tempête hormonale, qui devient son amie. Autour d’eux gravitent quelques marginaux, un taxidermiste réac, un couple de satanistes, une star du porno.

Les températures plongent, les journaux télévisés annoncent des catastrophes terribles, mais dans les caravanes au pied des montagnes, on résiste : on construit des poêles, on boit du gin artisanal, on démêle une histoire de famille, on tente de s’aimer dans une lumière de miracle.

Dans ce roman éblouissant au lyrisme radical, peuplé de personnages étranges et beaux, Jenni Fagan distille une tendresse absolue qui donne envie de hâter la fin du monde.

Ce que j’ai ressenti:…Coup de cœur cristallisé…

-C’est juste une saloperie d’ère glaciaire, camarade, c’est ça, la une d’aujourd’hui!

Le monde décline, le soleil se divise, le froid s’installe…Jenni Fagan nous conte la fin du monde avec poésie et fracas. Les paysages se cristallisent de beauté sous sa plume, alors que des blocs de grossièretés viennent se fracturer sur les lignes, et l’Ecosse devient plus belle encore, dans ce silence absolu, qui prend tout l’espace…Dans ses pages, on sent que la vie se suspend, et cette auteure lui apporte la grâce d’une écriture lyrique qui t’illumine de l’ultime aurore, avant l’extinction du monde…Le temps s’étire vers l’apocalypse, mais ce décor a des allures de magnificences, et les dernières lumières se boivent avec ivresse…La synergie de ce livre tient à cette fascination à voir un dernier spectacle naturel magique, fait d’aurores boréales, de parhélie, de chutes de neiges éblouissantes, tout en ayant, une infinie tendresse d’une humanité qui ne veut pas s’éteindre, alors même que l’instant fatal se profile…

Le soleil descend en spirale à travers la cime des arbres, révélant des sédiments de poussière argentée et ambrée. Un étang gelé. Des boucles de glace forment une fleur de givre sur une branche tombée. Chaque pétale glacé est parfaitement recourbé et transparent. L’hiver les a sculpté pendant la nuit. Les a placé là.

Parhélie…Si le soleil se triple, les personnages aussi…L’ombre d’une descendance sur trois générations, rencontre un trio éclaté d’un noyau de famille et tente de devenir une nouvelle cellule triangulaire. Chiens de soleils et fantômes de vie…Dylan le géant est hanté par le souvenir de sa mère et sa grand-mère, tandis que Constance l’hyperactive est tiraillée entre les deux hommes de sa vie, tandis que Stella l’adolescente erre entre les aspects de son hermaphrodisme. Tout comme le vent qui s’infiltre sous la glace laisse des traces noires, au plus on creuse dans le passé de ses habitants de Clachan Fells au plus on voit les destins qui comptent, leurs parts d’ombres…Lentement, les secrets craquent sous leur poids écrasant, dans ce compte à rebours glacial, pour se fondre en un nouvel environnement familial réinventé par la destinée…

-L’amour est ce qui donne un sens aux choses les plus étranges.

Jenni Fagan m’a enchantée avec cette anticipation enneigée et verglaçante de mystères. On sent qu’elle a maîtrisé, de bout en bout, la construction de son intrigue qui va de pair avec l’évolution de ses personnages atypiques. Petit à petit, le cercle social et géographique se rétrécit pour laisser place à l’essentiel: le miracle de la tolérance. Les buveurs de lumière est un roman d’une rare beauté, un texte expressif  avec une poésie moderne qui m’a bouleversée. C’est un énorme coup de cœur! J’ai encore du mal à quitter cet endroit, ces personnages, cette plume…Cela fait une semaine que je lis et que je relis ces pages, que je m’enivre des splendeurs, des vertiges, des lumières, peut être suis-je devenue, une buveuse de lumière aussi…

Tous les humains sont des pèlerins de la lumière.

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Métailié pour l’envoi de ce livre! Ce fut une magnifique découverte!

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Retourner dans l’obscure vallée, Santiago Gamboa.

Couverture Retourner dans l'obscure vallée

Pourquoi je l’ai choisi:

Tout d’abord, j’ai complètement craqué sur cette magnifique couverture et quand j’ai vu que ce livre abordait le thème de la poésie, j’ai tout de suite voulu en savoir plus…

Synopsis:

Ils étaient venus en Europe pour échapper au chaos et pouvoir vivre et penser, mais le monde a tourné, les crises et le terrorisme ont changé les gens et les perspectives. Il y a Manuela qui fuit son enfance saccagée dans la poésie et les livres, Tertuliano, le fils du Pape, philosophe messianique, populiste et violent, créateur d’une théologie de l’harmonie des Maîtres Anciens, le prêtre Palacios à l’obscur passé paramilitaire qui aspire au pardon, le consul et Juana l’aventureuse qui se poursuivent, se désirent, liés par des sentiments indéfinis. Parmi eux, l’ombre de Rimbaud, poète précoce et génial qui marche et se cherche dans des voyages sans répit. Ils se rencontrent, se racontent, décident d’une vengeance et d’un retour vers la Colombie où la paix s’est installée. Vagabonds insatiables, blessés, épuisés, tous cherchent à retourner quelque part, les mondes qu’ils ont quittés ont disparu, tous savent que revenir est impossible, sauf peut-être dans la littérature. Et pourquoi pas à Harar. Roman polyphonique vital et plein d’énergie, ce retour à l’intrigue haletante et magistralement construite nous fait voyager dans les êtres, les sociétés et au plus profond de nous-mêmes.

Ce que j’ai ressenti:…Marcher dans l’ombre de Rimbaud…

« Je suis quelqu’un dont personne ne s’attend à ce qu’il existe ».

Poète de génie et vagabond dans l’âme, suivre les traces de Rimbaud, c’est un peu comprendre ses textes, la puissance de ses mots, le vertige de ses frasques…En toile de fond, sa vie et son œuvre, comme inspiration et une jolie invitation au voyage…On parcourt dans ses lignes les routes européennes, on s’éloigne en Afrique, on se retrouve en Colombie…Santiago Gamboa nous éclaire les chemins sombres de la haine, en tournoyant dans les recoins obscurs des intérieurs humains ravagés, mais qui nous fait la grâce d’y mettre toute une poésie lumineuse, grâce à une plume d’une sensibilité étonnante…Un grand moment de lecture, tout en multiples références littéraires, hommage aux poètes français et respect envers les plus grands textes…

Quand l’ouragan de la réalité rencontre des âmes fracassées et nous font Retourner dans l’obscure vallée: la Poésie, comme catalyseur à la violence, le dernier rempart face au souffle venteux du fanatisme, ultime bouclier contre l’obscurantisme…Pour ceux qui sont sensible à son chant, cette invitation est un flux de remous contraire d’émotions fortes qui sublime tout en beauté, mais malmène ses plus grands adeptes de cette forme de création…On sent que c’est un art qui se mérite, qui prend au cœur, qui, presque, déchire les âmes qu’Elle emprisonne dans des tourments intenses…Santiago Gamboa a saisi toute la fureur qui anime ces artistes, toute cette vibration au son des mots et, bien souvent, le fatal tourbillon qui en résulte…

Il y a dans la poésie un besoin d’absolu , un appel mystique qui donne à la réalité un certain éclat symbolique, car Rimbaud voulait passionnément croire en quelque chose. Son unique foi était la poésie, donc devait se dilater et donner toutes les réponses. Il avait déjà perçu qu’elle lui permettait une curieuse alchimie: transformer les souffrances et la pourriture de la vie en un métal précieux.

J’ai été sacrement bouleversée par deux des personnages dans ce roman. Manuela, et sa façon de vivre la poésie et Tertuliano,  et sa façon de voir le monde. Leur parcours est tellement jonché de violences, qu’il nous faut apprivoiser cette haine qui entoure leurs esprits, essayer de comprendre leurs souffrances, se confronter à leurs cheminements intérieurs…Et de ce fait, le lecteur devient plus actif car, poussé vers une réflexion plus profonde, il y a comme un devoir de mémoire devant ce passé hanté par le terrorisme et les guerres. Ce sont des passages très difficiles, mais heureusement, que ces blessures vont guérir avec le temps et qu’elles ont connues Les Illuminations des poètes: pour ne plus jamais tomber dans les pièges de l’intolérance et que la puissance de leur génie créatif traverse les siècles pour ne jamais oublier cet élan d’espoir qu’ils sont allé chercher aux fins fonds d’eux mêmes, après Une saison en enfer

« L’oubli est aussi nécessaire que l’espoir, mec, seul celui qui oublie peut croire en quelque chose et aller de l’avant. »

C’est une lecture toute en intensité, cet écrivain a le talent fou de nous envoyer un vent d’émotions fortes, tout en intelligence…Tout ce que j’adore et ce que je recherche en fait, et ici, on est servi quant à ces attentes…Ce livre, c’est redécouvrir Rimbaud,( et d’ailleurs, relire sa poésie, pendant cette lecture, est un plaisir immense,) mais ce livre c’est aussi une incroyable aventure humaine qui mène un quatuor de personnages vers un rêve, un désir fou de voyage, un port d’espoir…L’ombre d’une liberté sans limites…

Si au bout du chemin il n’y a rien, qu’est-ce qui peut éclairer le cœur d’un homme?

Un coup de cœur littéraire d’une rare intensité, et un auteur que je m’empresse de noter dans mes futures découvertes tellement l’énergie et l’intensité de ses écrits m’ont captivée…

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Alina Gurdiel pour sa confiance ainsi que les éditions Métailié pour l’envoi de ce livre ! Ce fût une lecture enrichissante!

 

Le pays des rêves oubliés, Lavinia Petti.

Couverture Le pays des rêves oubliés

Pourquoi je l’ai choisi :

J’ai eu l’immense chance de gagner ce titre par le biais d’un concours Instagram  lancé par la maison d’éditions du  Seuil, j’avoue que j’ai complètement craqué sur cette couverture et le titre évocateur…Merci pour ce concours, j’ai découvert de ce fait, une de mes plus jolies lectures de 2017!

Synopsis :

« Il faut du courage pour oublier. Mais se souvenir… se souvenir, c’est le vrai supplice des êtres humains. Je me suis toujours demandé comment un homme peut vivre avec le fantôme de tout ce qu’il a été et le spectre de tout ce qu’il ne sera jamais. Il ne peut pas, voilà pourquoi il meurt. Nous ne vieillissons pas à force de vivre notre vie, mais à force de nous en souvenir. »

Les personnages:

Antonio Maria Fonte est un personnage qu’on adore détester, pour finalement, détester de l’adorer autant…Désagréable au possible, voire même irrespectueux, il n’attend plus rien de la vie, des relations sociales et encore moins de l’avenir…A presque 50 ans, il voudrait se laisser dépérir dans son petit « chez-soi », et surtout qu’on lui fiche une paix royale pour laisser courir son imagination d’écrivain…Mais quand l’imaginaire décide de lui jouer un tour, il n’a pas fini de lier et délier tous les fils qui tissent, toute une vie…

« Un homme sans passé, sans une histoire, est pire que mort. Il n’a jamais existé. »

Ce que j’ai ressenti:…Un émerveillement!

J’ai emprunté un chemin de brume sur des lignes de poésie et quand le brouillard s’est dissipé, il m’est resté un coup de cœur pour cette merveilleuse histoire…J’ai voulu retenir mes souvenirs d’oubli en prenant un temps exquis de patience pour cette lecture, juste pour ne pas sortir de ce Pays des rêves oubliés…Un mois presque à me délecter de cette ambiance entre onirisme et fantastique, entre réalité et imaginaire, entre écriture et néant enfoui, pour mieux apprécier l’univers riche que nous ouvre Lavinia Petti. Tout n’est que beauté et mystères dans ses pages, mais plus encore une belle quête d’identité avec de très jolies portes dérobées sur des questionnements intérieurs qu’on se plait à traverser tellement le voyage et le panorama imaginaire est époustouflant de métaphores…

-Il est toujours tard. Un océan d’or ne peut pas acheter une goutte de temps.

Il est des livres comme cela, qu’on se plaît à savourer, à arrêter volontairement pendant une période, pour ouvrir notre champ intérieur à recevoir, une belle histoire…Oublier, pendant un temps que le monde tourne à mille à l’heure et apprécier cet instant de lecture: où le regret est au centre de l’intrigue comme force et faiblesse, où les souvenirs deviennent perdus ou négociables comme un banal objet, où un vampire tente de capturer un voleur de brume, où même le nom qui nous définit peut disparaître…Tirnail, c’est le Pays des choses perdues, de toutes choses perdues…Du simple objet à nos plus grands espoirs déchus, d’une larme oubliée à nos plus intimes pensées inavouables, d’une lettre d’amour égarée à notre passé le plus douloureux…L’auteure a su créer un endroit unique, remarquable.

Si l’histoire prend son temps, pour mieux nous perdre dans ses illusions fantasmagoriques, j’ai été enchantée par cette expédition dans cet autre monde! Et puis, forcément, vient le point final de ce petit pavé réjouissant, et tu te rend compte que l’auteure a géré aussi bien, l’histoire personnelle de son personnage que l’univers parallèle qui s’ouvre subitement à lui, et qu’elle l’a fait avec brio, comme une magicienne, maître de son talent. Le réel embrasse l’irréel, et tu t’aperçois que tout est magie de mots, que raconter une histoire c’est aussi enchanter son public, que derrière le rideau pailleté se cache une réalité moins belle mais plus intéressante,  que l’on peut doser son degré d’imaginaire selon nos propres perceptions. En bref, qu’il était juste bon de se prendre dans les filets de ce Pays des Rêves Oubliés..

A lire et à relire, juste pour le plaisir!

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu.

Couverture Journal d'un vampire en pyjama

Pourquoi je l’ai choisi:

J’adore la plume et l’univers de cet auteur, quand je l’ai vu à la bibliothèque, je me suis jetée dessus, impatiente de lire son nouveau livre et totalement ignorante de ce qu’il pouvait renfermer…

Synopsis:

« Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue. »

Ce que j’ai ressenti:…Au vent mauvais, un Coup au Cœur…

 » Je viens de traverser l’enfer en stop. Le véritable enfer. Pas celui avec du feu et des types à cornes qui écoutent du heavy métal, non, celui où tu ne sais plus si ta vie va continuer. »

Etre une Fée Lectrice, c’est voleter dans les mondes imaginaires de tous ses auteurs…Aujourd’hui, j’ai traversé l’enfer avec un Vampire en Pyjama, embarquer sur un vaisseau de poésie, et admirer des nymphes guérisseuses…Journal d’un Vampire en Pyjama, c’est un journal de bord tenu par un bout-en-train roux, qui ne connaît pas le repos : un « Dragon qui fait le con en skateboard »…Un témoignage vibrant, émouvant, hypnotisant.

« Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts. Nous abîme aussi parfois. »

Je ne sais pas résister à la poésie de cet auteur, à l’enchantement de ses histoires. Même, ici, alors qu’il se bat contre la maladie, il nous délivre encore du rêve et de la féérie. Rien que pour cela, je me suis promis de ne pas pleurer en lisant ses lignes, parce qu’il combat l’implacable, avec panache! Il continue de créer , voir le monde en couleurs, distribuer de l’espoir…Alors, en tant que ElfeLectrice, on admire cet homme qui a gardé son âme d’enfant, on voudrait lui offrir de la poudre de fée pour qu’il s’envole encore plus haut avec son Œuf, on souhaite juste ne pas perdre cet illusionniste de l’amour!

« Moi qui ai tant rêvé de chimères, géants, monstres amoureux et autres sirènes, me voici au combat pour un retour à la normalité. Le plus intense des contes de fées. « 

« Faire le con poétiquement est un métier formidable. »

Je me rappelle l’euphorie de découvrir Jack et la mécanique du cœur au cinéma, et avoir voulu absolument lire La mécanique du cœur, avant ce visionnage, c’est drôle la vie, quand on y pense, pendant que ce doux rêveur nous donnait un de ses plus jolis cadeaux d’artiste, lui vivait le carcan, presque en revivant comme une prémonition, ses plus intenses histoires…

« Ils ont raison au fond. C’est d’ailleurs exactement parce qu’ils ont raison qu’ils ne prennent pas en compte la passion. »

Quand le corps ne suit plus cet esprit hyperactif, La mécanique de mon petit cœur connaît un petit raté, les larmes coulent dans l’autre sens, mais j’ai encore le sourire aux lèvres car ce Journal, c’est une bouffée d’optimisme, une transfusion de magie, une greffe d’amour…C’est certainement le plus personnel de ces écrits, le plus touchant parce qu’il sonne plus urgent, plus pressant, que l’on sent avec plus d’ardeur que la vie a un compte à rebours fatal…Donner un peu de sang à ce vampire là, et il le transforme en pétillante joie de vivre, nous offre une arme de rage constructive face à cette Dame, nous montre un chemin de paix électrisée au quotidien extraordinaire…

« Je croise mon reflet dans le miroir des toilettes, je suis plus pâle que Dracula. »

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Port d’âmes, Lionel Davoust.

Couverture Port d'âmes

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai trouvé la couverture magnifique, et quand on lit ce roman, on s’aperçoit qu’elle colle parfaitement à l’histoire. Bravo aux éditions Folio, pour cette très jolie représentation!  Chaque fois que je la regardais, je partais dans un voyage brumeux…

Synopsis:

Rhuys ap Kaledán a été condamné, adolescent, à huit ans de servitude dans la Marine. À vingt-deux ans il est toujours en vie mais a tout perdu : sa demeure, sa famille, ses titres de noblesse… Lorsqu’il débarque à Aniagrad, la Cité franche, il a la tête pleine d’idéaux et est bien décidé à se faire un nom et, qui sait, à retrouver la place qui aurait dû être la sienne. Mais la cité du mensonge va vite le faire déchanter. S’il veut survivre, Rhuys devra faire bien des concessions et, même, prendre les prédateurs qui le chassent à leurs propres pièges.

Ce que j’ai ressenti:… un souffle enchanteur…

Aniagrad , ville marchande par excellence. Tout se négocie des plus infâmes talents aux plus retorses pouvoirs, de la plus grande douceur à la plus pure des intentions,  cette ville portuaire a une vie propre et un fonctionnement qui étourdissent les curieux. Doté d’une philosophie et d’une Administration qui régissent son fonctionnement, elle exerce une forte attraction sur les voyageurs qui arpentent ses ruelles sombres. Sans compter que la ville cache des Anges. Une attraction de plus…En somme, une ville aux mille dangers pour qui, ne respecte ses règles…

« L’existence aurait probablement été plus simple avec des ailes. »

Du plus petit mensonge au plus audacieux stratagème, notre héros a de quoi trembler pour sa vie. Manipulations, jeux de pouvoirs, investissements et politique, ce jeune homme en quête d’identité et de justice, va devoir jouer très serré avec tous ses Prédateurs qui rôdent et tiennent la main mise sur sa bourse. J’ai beaucoup apprécié l’évolution de Ruys, de sa naïveté il en ressort grandit, grâce à son idéalisme. C’est un héros, plaisant à suivre, car au centre de toutes sortes d’attentions, mais aussi en proie à ces plus intimes épreuves personnelles. Entre ombres et lumière, désir et réalité, ce héros tient toute notre attention grâce à cette imbrication de faits et d’émotions.

« La liberté livrée à elle-même finit toujours par se dévorer toute seule. »

Port d’âmes, rien que le titre emmène de la poésie, une ouverture vers la beauté et une énigmatique quête de l’esprit…Et c’est bien là, ce que je retiens essentiellement de cette lecture: une enivrante plongée nébuleuse et vaporeuse que j’ai adoré emprunter avec la Vendeuse et Rhuys, dans cet échange très particulier. Tout le charme et le mystère du Transfert, m’ont laissé une forte impression, j’étais friande de tous ses fragments déposés dans ses lignes, voulant aussi les adopter, les faire miens, pour mieux vous convaincre de vous laisser guider par cette bien trop généreuse offre…Valeur inestimable et instant suspendu, on est presque du domaine de la méditation, comme une parenthèse de rêverie au milieu du chaos et de la corruption, c’est juste saisissant, ces petites touches de magie, cette douceur du souvenir, cette poétique vibration…

Peut-être était-ce là la première leçon du Transfert: chaque histoire était unique.

Entre l’effet dynamique de ses jeux de pouvoirs, et cette ouverture mystique sur une nouvelle méthode d’échanges, Port d’âmes possède beaucoup d’atouts pour porter durant ses 600 pages, toute notre âme d’enfant en soif d’aventures et de nouveaux horizons, grâce à la plume très inspirée de cet auteur…

« J’ai parlé à la nuit et la nuit m’a répondu. »

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Folio SF, pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture envoûtante!

De sang et de lumière, Laurent Gaudé

Couverture De Sang et de Lumière

Pourquoi je l’ai choisi:

Petit emprunt bibli, poussé par la curiosité de connaître enfin cet auteur, et puis j’ai vu le mot Poésie…Occasion idéale pour une première fois avec cet auteur….

Synopsis:

Des textes poétiques et engagés qui voyagent dans les interstices de l’œuvre romanesque de Laurent Gaudé, dénonçant le sort que les homme font aux opprimés, hier esclaves assujettis au commerce triangulaire des pays riches, aujourd’hui migrants économiques et réfugiés en quête d’une introuvable terre d’accueil.

Ce que j’ai ressenti:…Eclat d’un monde de douleurs…

« Les mots sont
Vieux
Comme la souffrance des peuples. « 

Il m’a fallu du temps pour digérer cette lecture…A peine une centaine de pages, et pourtant, un raz-de-marée émotionnel dans ses 8 poèmes…Quelques jours pour me poser, quelques jours pour réfléchir, quelques jours pour me rappeler que l’esclavage fait partie de notre Histoire, que des vies sont insignifiantes sur d’autres continents, que le sang a coulé en Europe dans des attentats, que certains vivent l’enfer en nos jours…

« Nous avons besoin des mots du poète, parce que ce sont les seuls à être clairs et obscurs à la fois. Eux seuls, posés sur ce que nous vivons, donnent couleurs à nos vies et nous sauvent, un temps, de l’insignifiance et du bruit. « 

Déjà rien qu’avec l’introduction, l’auteur m’avait déjà conquise! Elle a une force et une intention qui défie le temps et l’espace. De sang et de lumière, c’est tout ce qu’on découvre dans ses vers, parce que notre monde est ainsi fait, il saigne de la noirceur des hommes, mais il resplendit aussi dans l’œil des poètes…Avec ses poésies engagées, Laurent Gaudé rend hommage aux victimes, aux laissés pour comptes, aux réfugiés, aux opprimés…

Les étoiles tombent
Et les souvenirs aussi.

Ce recueil, c’est une poésie qui nous parle de voyage, de misère et d’écorchures. L’envers du décor. Une poésie qui grouille de vie, qui suinte, qui nous confronte à une réalité quotidienne violente, qui dérange…Derrière la beauté des mots, se cache les maux et la douleur, mais en étant posée, écrite, cette poésie reste le témoignage contre l’indifférence, contre l’obscurantisme, contre l’insignifiance…

Si jamais un jour tu nais,
Ne crois pas que le monde se serrera contre toi

Excellent moment de lecture, même si j’ai encore la déchirure au cœur pour le poème Et si un jour tu nais, et Le serment de Paris rajoute encore du sel sur notre blessure à vif …Tous plus beaux que les autres en fait, cette poésie a ceci de magique, c’est qu’en quelques mots soigneusement comptés, spécialement choisis dans la multitude, généreusement donné, elle te bouscule au plus profond…

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

101 poèmes et quelques contre le racisme, Collectif.

101 poèmes et quelques contre le racisme par Combes

Pourquoi je l’ai choisi:

J’avais repéré ce livre dans le flot d’Instagram, avec cette couverture superbe et ce titre évocateur, je savais que j’aurai envie de le lire!

Synopsis:

« Je te suis bien plus proche qu’étranger ». Andrée Chedid.

Poèmes de · Mumia Abu-Jamal · Antonin André-Réquéna · Bernard Ascal · Olivier Barbarant · André Benedetto · Claude Ber · John Berger · Alexis Bernaut · Claudine Bertrand · Michel Besnier · Zéno Bianu · Daniel Biga · Roger Bordier · Yves Boudier · Yves-Jacques Bouin · Pascal Boulanger · Pierre Bourgeade · Christophe Bregaint · Michel Butor · Christian Guémy – C215 · Jean-Claude Caër · Gérard Cartier · Andrée Chedid · Georges-Emmanuel Clancier · Sylvestre Clancier · Geneviève Clancy & Philippe Tancelin · Francis Combes · Michel Cosem · Françoise Coulmin · Maurice Cury · Juliette Darle · Christophe Dauphin · Michel Deguy · Julien Delmaire · Marc Delouze · Henri Deluy · Jean Desmeuzes · René Depestre · Alain Desnoyers · Jean-Luc Despax · Charles Dobzynski · Hélène Dorion · Bruno Doucey · David Dumortier · Jean-Pierre Faye · Laurent Fourcaut · Pierre Gamarra · Pierre Garnier · Jacques Gaucheron · Dominique Grandmont · Jean-Paul Guedj · Alain Guérin · Georges Guillain · Guillevic · Salah Al-Hamdani · Georges Hassomeris · Claude Held · Jacqueline Held · Jack Hirschman · Jeudinéma · Yves Jouan · Eliot Katz · Vénus Khoury-Ghata · Marie-Laure Koutsaftis · Abdellatif Laâbi · Jean L’Anselme · Yvon Le Men · Alain (Georges) Leduc · Alain Marc · Jean Marcenac · Jean-Claude Martin · Maram al-Masri · Olivier Mayer · Bernard Mazo · Rouben Melik · Saïd Mohamed · Armand Monjo · Gérard Mordillat · Emmanuel Moses · José Muchnik · Gérard Noiret · Serge Pey · Pierre Philibert · Eric Piette · Marc Porcu · Jean Portante · Jacques Réda · Jean-Claude Renard · Michel Ronchin · Jacques Roumain · James Sacré · Joël Sadeler · Jeanine Salesse · Moe Seager · Wally Mongane Serote · Jean-Pierre Siméon · Salah Stétié · Lyonel Trouillot · René Trusses · Claude Vercey · André Verdet · Jean Verdure · Christian Viguié · Jean-Claude Villain · Lucien Wasselin ·

Ce que j’ai ressenti:…Comme une envie de poésie…

La poésie comme un étendard face au racisme…101 poèmes engagés pour abattre l’intolérance, la peur de l’autre, la barbarie, les pires horreurs qui se cache derrière ce gros mot…Il me semble nécessaire de se rappeler que l’humanité a perdu des hommes dans cette forme cruelle de rejet, meurent encore aujourd’hui, et mourront sans doute demain…A travers ces quelques textes, on sent le désir d’un monde meilleur, un élan du cœur, un espoir…

« La maison de tolérance est une joyeuse demeure
ouverte à tous les vents »

(Maurice Cury).

Certains poèmes m’ont été plus parlant que d’autres, mais un recueil se lit et se relit dans le temps au gré de nos expériences pour mieux nous imprégner de ses mots posés par des auteurs qui ont eu le courage de prendre la plume, de ressentir ces émotions violentes et qui nous les offrent comme un cadeau…Nous croisons ici, en hommage, les plus grands poètes, tels que Rimbaud, Victor Hugo ou Senghor, mais aussi tous ces poètes contemporains qui comprennent la force des mots, la beauté du Verbe, l’engagement humain pour cette forme d’écrits…A l’heure d’aujourd’hui, j’ai vraiment eu un coup de cœur pour le poème de Armand Monjo, Partout des ponts, celui de Jean-Luc Despax m’a ébranlée, et j’ai adoré La maison de la tolérance de Maurice Cury,  j’ai trouvé aussi que le poème d’ouverture à cette anthologie de Mumia Abu-Jamal vibre avec une certaine urgence, à l’ombre de ce couloir…

« Lancer un pont est un travail d’amour,
de patience et de volonté. » Armand Monjo. 

Finalement, lire de la poésie engagée, ça réveille quelque fois, l’inspiration…J’aimerai joindre à ces textes, très humblement, ce que cette lecture m’a fait ressentir…

Candide Poème.

Quand j’entends Racisme, je voudrais…

Prendre une feuille blanche
Réinventer le mot Tolérance
Offrir des jours meilleurs à
Cette Liberté d’exister.

Quand j’entends Barbarie, je voudrais…

Prendre un rêve blanc
Réinventer le mot Aimer
Offrir un sourire à
Toute l’Humanité.

Quand j’entends Haine, je voudrais…

Prendre une idée blanche
Réinventer un monde de couleurs
Offrir un arc-en-ciel
Comme une promesse de Bonheur.

Quand je ne comprends que ce n’est qu’un Candide Poème…

Stelphique.

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement le site Babélio ainsi que les éditions Le Temps des cerises pour l’envoi de ce livre! J’ai particulièrement apprécié aussi de recevoir les petits goodies qui vont bien avec ce superbe livre!

 

 

 

Mieux que dix fées, Lenia Major/ Cathy Delanssay

Pourquoi nous l’avons choisi:

Un livre qui parle de fées??!!!On adore nous, et d’autant plus quand il rentre dans le Challenge Printemps Elfique!

Synopsis:

Dix fées se succèdent avec chacune un don particulier. La première fée sème des petits bisous partout, la deuxième est la reine des chatouilles, la cinquième super forte en rangement… Mais quelqu’un possède tous ces dons réunis : une maman. Commentaire : Blonde, brune, châtain, les yeux bleus, verts ou marron, dix fées toutes différentes et plus jolies les unes que les autres sont dessinées dans leur univers de douceur aux couleurs tendres et définissent toutes les qualités d’une maman. Jouant sur les couleurs, la tenue de la ligne et la taille des caractères, le texte simple souligne le don décrit. Un petit livre enchanteur, au format très agréable, pour dire combien on aime sa maman. Couverture rigide, cahiers cousus.

Ce que nous avons ressenti:…Un joli Coup de baguette magique…

Nous avons adoré ce petit album! La douceur qui se dégage, la tendresse du texte, et l’époustouflante mise en illustration! Depuis plus d’une semaine, c’est le livre TOP 1 de notre petit moment complice: l’Histoire du Soir. Jazzelfique le connaît déjà par cœur, et il a, et de loin, sa préférence, face à la multitude….

A la première lecture, déjà, elle a repéré la poésie « -Oh Maman, ça rime »….Bien sur, mes yeux de maman se sont illuminé de fierté…Lenia Major nous régale de mots tout doux, de mots doudoux, de mots trop chou qui appellent aux bisous…C’est une belle invitation aux câlins et à entretenir la complicité entre une mère et ses enfants…

Ensuite, nous nous sommes laissé surprendre par l’histoire et la particularité de toutes ses fées, pour tomber en amour, devant cette fin tout simplement adorable…

Chaque page, est une illustration splendide d’une fée. Chacune avec son style, toutes plus jolies les unes que les autres! Cathy Delanssay a une incroyable touche artistique! Nous avons adoré chaque détail, ses visages pleins de rondeurs et de magie, joliment mise en valeur dans une situation donnée. Jazzelfique a eu un coup de foudre pour la sixième qui danse alors que Maman Stelphique préfère la Dix qui ouvre sur le Pays des contes, mais en fait, c’est tout l’album qui est une richesse de plaisir des yeux!

Jazzelfique s’attarde toujours sur des petits détails, et ici, c’est la petite coccinelle qui apparaît, une page sur deux, qui a attiré son attention. De minuscules touches d’humour posés, ici ou là, qu’elle se régale toujours de découvrir à chaque relecture…

Nous sommes d’accord toutes les deux, pour mettre en Coup de Cœur, ce joli petit livre, et nous vous invitons à découvrir ce qui est Mieux que Dix Fées….

Notre note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les Editions Balivernes pour l’envoi de ce livre!

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