L’Institut, Stephen King.

Synopsis:

Bienvenue à l’Institut.
Quand les enfants y entrent, ils n’en sortent plus. Au cœur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent dans la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent. Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques. Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ? Aussi angoissant que Charlie, d’une puissance d’évocation égale à Ça, L’Institut nous entraîne dans un monde totalitaire… qui ressemble étrangement au nôtre. Le nouveau chef-d’œuvre de Stephen King.

Ce que j’ai ressenti:

Bonjour. Vous m’entendez?

Je veille sur une bande de gamins, dans mes nuits. Pas n’importe lesquels de gamins, non. Une bande de gamins aux pouvoirs psychiques. Vous savez bien de quoi je parle si vous avez déjà lu du King. Il en a fait une spécialité depuis des années maintenant, et là, il nous revient en force, et peut être plus ancré encore dans la réalité que dans le fantastique, avec un Institut vraiment pas commun, et qui risque de bousculer sérieusement l’ordre du monde…Stephen King nous raconte, entre rétro et avant-garde, un enfer sans nom, où les enfants sont prisonniers dans un Avant-Arrière effroyable!

Holà? Me escuchas?

J’attends de recevoir leur appel.Je suis prête et déterminée à répondre à leur appel, parce que vous savez comme il est bon d’avoir des amis…Comme des personnages des fois, dépassent le cadre de la fiction, et comme on s’attache à eux. J’attends près du gros Téléfone. J’attends, j’attends, je me concentre pour le prochain synchronisme…Mais en attendant, j’essaye de vous transmettre mes tendres pensées et j’espère que vous serez près de vos téléphones pour entendre cet appel au ralliement: la puissance de la lecture. Parce que tout seul, on n’est rien, et encore une fois, ce livre là, et bien il nous le démontre avec cette histoire d’amitié et d’entraide! Avec ce qu’il faut d’horreur et de perspicacité, avec cette pointe de nostalgie et de mystère, avec ce talent inouï, forcément que l’appel du King a été pour moi une évidence…600 pages de pure évasion…

Ciao! Mi senti? MI SENTI?

Je ne sais pas si vous allez m’entendre, parce que j’ai plein de lumières dans les yeux, une migraine affreuse, des piqûres partout, encore un peu d’eau dans les poumons, et certainement, enfermée comme ça, sans même une fenêtre pour laisser échapper un appel à l’aide, je doute que vous entendrez quelque chose…Mais je décide de ne pas me lamenter sur mon sort malgré les douleurs…Certes, je n’ai pas l’intelligence de Luke ou le super pouvoir de L’avorton, mais je peux enfiler le Manteau de Griffin, et laisser comme une bouteille à la mer, un dernier message désespéré sur la toile, pour combattre avec eux dans la bataille de l’esprit… « LISEZ ce livre! ».

Hoor je me? Hoor je me? Vous m’entendez? Allô, vous m’entendez? Lisez L’Institut! Vous m’entendez? Lisez L’institut! Allô?!

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Je suis le fleuve, T.E.Grau.

Je suis le fleuve par Grau


Synopsis:

Subir. Survivre.

Depuis la fin de la guerre du Vietnam, Israel Broussard survit tant bien que mal à Bangkok. Cinq ans plus tôt, il a participé à la mystérieuse opération Algernon, au cœur de la jungle laotienne. Ce qui s’est passé là-bas ? Il ne s’en souvient plus, il ne veut plus s’en souvenir.
Et pourtant, l’heure est venue de s’expliquer…
L’intensité et la crudité dérangeante de sa prose font de Je suis le fleuve une expérience de lecture à nulle autre pareille. Ce voyage halluciné et sans retour à travers les méandres d’une psyché dévastée évoque irrésistiblement Apocalypse Now.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Il est le Cauchemar…

C’est incroyable, le nombre de remords qui voudraient s’immiscer dans ses nuits…Ça prend des formes et des noms étranges, des consonances d’ailleurs et des odeurs de jungle. Je suis le fleuve, est un roman qui parle de soldats, de syndrome-post traumatique, de rancœurs et d’oublis. C’est l’histoire d’un homme hanté par le poids de la culpabilité et les horreurs de la guerre du Vietnam. Et au moment d’en parler, les souvenirs s’effacent, se confondent, de distordent, se superposent parce que la douleur est trop gigantesque. Elle emporte tout sur son passage et elle prend parfois, l’allure d’un fleuve en feu. L’enfer s’ouvre dans ses confidences. Israel Broussard n’est plus le même homme qu’au départ, il tente de réapprendre à vivre mais l’opération Algernon a laissé des impacts dans son esprit…Et le Molosse-Noir veille sa proie…

Tu ne crois pas que j’ai souffert chaque seconde de ma vie, depuis? Les morts ont le beau rôle. Ils se contentent de disparaître dans le néant. Ce sont les vivants qui écopent de toute la souffrance. 

▪️Il est le Noir Sublime…

C’est l’intensité de ce roman qui m’a renversée. Dès les premières pages, j’ai ressenti une force incroyable. Il est « habité » ce roman, non seulement par des fantômes et des anges furieux, mais par une prouesse poétique qui est venue me submerger comme un tsunami, à l’intérieur pour ne plus me lâcher. Ce n’est pas tant l’histoire qui est déjà en soi, est une bouleversante lecture, mais c’est dans la manière de la raconter avec une puissance dans les mots qui frappe au cœur. Il y a des passages absolument magnifiques et pourtant très sombres. Un mélange entre beauté et horreur qui s’entrelacent pour mieux perturber les sensations que j’imaginais dans la violence des combats. Des moments terribles où un enfer sans nom s’ouvre dans l’esprit du héros et rendent une atmosphère saisissante de Noir profond. Il laisse une forte impression ce roman, même une fois refermé, même quelques jours après…Mais au moment de la découverte, à l’instant même où je lisais ses lignes, c’est vraiment cette intensité et la force des mots posées que je retiendrais… Comme un vertige, un abysse sans fond. Qui aurait la fureur de toutes les eaux et de tous les feux du monde…Magnifique.

Ce Fleuve brûlant, à la surface jonchée de flammes.(…). Le voilà. Le noir vient m’emporter, et je suis trop épuisé pour continuer de lutter. Trop fatigué pour me servir encore de la peur. Le Fleuve tumultueux monte et m’engloutit, de plus en plus bruyant tandis que je m’enfonce. Trempé et froid.

▪️Il est la fabrique à émotions…

Vous le savez maintenant, j’ai un amour infini pour la poésie et j’aime quand mes émotions sont mises à l’épreuve, en lecture…Alors évidemment, avec cette expérience de lecture que fut Je suis le fleuve, c’est allé bien au-delà de mes attentes, et je reviens complètement éblouie par cette plume sensationnelle, puissante et imaginative. Mon cœur de ténèbres à moi se trouve là, dans ses pages, dans ce fleuve enflammé…Allier la beauté du noir à tant de lyrisme, c’est juste sublime. C’est un coup de cœur, comme on les espère: gigantesque et démesuré.

Son cœur des ténèbres à lui se trouvait en Afrique, mais nombreux sont les cœurs qui battent à l’intérieur de nombreuses teintes de ténèbres, certaines plus noires et plus froides que tout ce qu’un écrivain  pouvait concevoir ou expérimenter personnellement, pour ensuite y survivre et coucher cela sur le papier.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel et  les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Métro 2035, Dmitry Glukhovsky.


Synopsis:

2035. VDNKh. Artyom, marié à Anna – fille du colonel Melnik –, est retourné vivre dans sa station natale.
Un souvenir l’obsède pourtant, celui de la voix qu’il a entendue sur une radio militaire, deux ans plus tôt, quand il était au sommet de la tour Ostankino avec les stalkers. Aussi, depuis son retour, remonte-t-il quotidiennement à la surface, escalade des gratte-ciel en ruines, pour tenter d’entrer en contact avec d’autres survivants. Tenu pour fou, la risée de certains, Artyom sombre peu à peu jusqu’à ce que l’arrivée d’Homère bouleverse la situation : le vieil homme prétend en effet que des contacts radio ont déjà été établis avec d’autres enclaves. C’est le début d’un nouveau périple dans un métro qui sombre dans la haine et la violence, où l’homme retourne à l’état bestial.


Ce que j’ai ressenti:

« Est-ce que tu veux vivre ou crever? »

Elle effleura le microphone intégré à son casque, le plaça devant ses lèvres et poussa le bouton surmonté d’un voyant lumineux.

-Ici, FairyStelphique. Vous m’entendez? Le métro de Moscou est vivant. Et il n’y fait pas bon vivre dans ces lieux. Je ne sais pas si vous m’aviez entendue avant…Quand je vous parlais de Métro 2033, de Métro 2034. Je suis arrivée au bout de la dernière ligne, celle de Métro 2035. Vous savez cet univers post-apocalyptique crée par Dmitry Glukhovsky. Je ne vous entendiez pas, moi, dans mon petit monde. J’étais au fin fond des tunnels. Dans les ténèbres. A me confronter à mes peurs. Je croyais qu’il n’y avait plus qu’une poignée de survivants avec moi (-Artyom. Homère. Melnik.- Et les 40000 personnes des boyaux moscovites.) Si peu de vivants, en somme. Si peu de perspectives d’avenir. Nous pensions qu’il n’y avait plus personne sur la planète. Nous sommes là…Dieu merci, vous avez survécu! Vous êtes là…

Des enflures avaient installé des brouilleurs. Ici à Fairystelphique. Ils vous ont dissimulés à mes oreilles. Voilà trois tomes que je vis en apnée dans un air vicié, à bouffer des champignons avariés et du faux thé! À crever à petit feu. A ramper comme un cafard dans le métro en n’ayant nulle part où aller. À essayer de donner un peu d’espoir à ces hommes égarés. A les écouter dans leurs tourments. À devenir folle devant divers dangers, Noirs ou Rouges. A me faire mordre par des rats enragés. A esquiver les chemins radioactifs. À faire éclater mon cœur en morceaux pour faire étinceler un peu de lumière. A mourir de faim. Dans l’indifférence de tous.

Et pourtant, nous vous cherchions, nous, sur les ondes, partout, tout le temps. Nous espérions. Comment allez-vous? Comme j’aimerai être chez vous, là où on chante et où on danse…Comment est l’air de votre région?

Voilà près de 2400 pages que je croupis dans le noir. Et que je suis là à en redemander. Complètement addict. À me dire que même dans l’obscurité, dans le béton, je me ferai bien encore une virée dans ce trou infect. Même si je dois y perdre tous mes cheveux parce que j’emprunterai la ligne de la Hanse. Même si je risque de perdre la raison, à force de vouloir remonter à la surface. A me demander inlassablement: qu’est-ce qui fait de nous des humains? À me rendre dingue à essayer de comprendre comment on a pu piéger des hommes sous terre, à leur faire croire à l’inadmissible???! Je suis à deux doigts de craquer, à réfléchir ainsi, sur la vie et la mort, sur les traces qu’il nous faut peut-être laisser avant de partir définitivement. Une seule option alors: vivre sous terre? J’en suis là, complètement addict…Et vous?

On me tuera sans doute pour de telles réflexions dans ce Métro 2035. Mais du temps: je suis vivante. Et être vivant, c’est tout ce qu’on a. Ce qui est important, c’est que vous ne vous fiiez pas aux apparences. N’allez pas mettre les pieds là-bas, sans un masque et une combinaison. Ni allez pas sans vos plus belles valeurs bien accrochées, à votre peau ainsi qu’à vos âmes. Parce que dans le noir, on a bien besoin de lumières. De quelques poètes aussi. J’aiderai Homère s’il le faut, pour son livre. Mais autant que vous soyez prévenus, cette saga est anxiogène, terriblement dangereuse, et frappe nos énergies profondes. Mais c’est aussi un pur moment d’adrénaline.

Je m’appelle Stelphique. Je suis bien réelle. Es-tu là, toi? Tu m’écoutes? Désormais…Désormais, je veux vivre tout simplement. Remonter à la surface et vivre. Comme il se doit. Vivre! Passionnément. Et vous parler de cette trilogie. Vous convaincre de la lire. Entendez-vous?

Elle coupa le micro.

« Qu’ils écoutent par eux-même, maintenant. Qu’ils écoutent parler le monde. »

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Le Livre de Poche Imaginaire de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Rouge Toxic, Morgane Caussarieu.


Synopsis:

Je m’appelle Faruk, et pour subsister, il me faut boire votre sang.
Je vivais tranquillement ma non-vie dans les bas-fonds de San Francisco, quand ce type a débarqué pour me confier une mission difficile à refuser.
Me voilà sur les bancs de Mission High School, à suivre comme une ombre Barbie, une orpheline aussi intrigante que réfractaire à mes charmes. Et croyez-moi, survivre dans la jungle du lycée, ce n’est pas de tout repos, même pour un vampire. Surtout pour un vampire…
Mais d’elle ou de moi, qui sera le plus toxique ?


Ce que j’ai ressenti:

🌹Rouge Sang.

Le rouge, encore et toujours. L’obsession et l’attraction. Le rouge Sang. La peur et le frisson. Il était temps que je retrouve Morgane Caussarieu, car elle a le chic pour nous rendre les vampires, mortellement attrayants. Avec ce nouveau roman, elle implante son décor dans un lycée et les jeunes n’ont qu’à bien se tenir! Un vampire traîne dans les couloirs et il a faim d’attentions et soif de leurs sangs, à moins que ce ne soit lui, la nouvelle attraction…?! Car il semble que ce Faruk est à croquer, et sème le désir partout où il passe….Toujours est-il que avec ce nouvel élève, les codes vont bientôt changer et l’adolescente rebelle Barbara, verra son sang faire des tours, plus d’une fois!

Il avait des yeux pas nets, des yeux de salopard, des yeux de fou. Dans ses iris, je crus distinguer une autre dimension, faite de fractales infinies, de paysages gris ensevelis sous des couches de glace.

❌Rouge Toxique.

Toute cette tension, c’est indécent! Il se passe quelque chose avec les sangs de Barbie et Faruk. Des rendez-vous san(g)s répulsions, des heures de cours san(g)s attractions et des relations toxiques san(g)s déplaisir. En chapitre alterné, nous avons les impressions de ce duo improbable que vont former, bon gré mal gré, Faruk et Barbie. Une jeune fille meurtrie et un jeune vampire meurtrier: nous avons là un duo des plus intéressants avec toutes les palettes émotionnelles de l’adolescence qui se fracassent sur cet âge charnier. La difficulté de devenir adulte en toute conscience mais soumis au poids du passé, Morgane Caussarieu crée deux personnages attachants, mais que tout oppose, jusqu’à leur nature. Et pourtant, l’attirance est là au dépit de la raison. Ils se jettent dans les crocs de l’amour tout en étant au coeur d’une affaire louche, de pouvoir et de scientifique dont ils ne soupçonnent même pas les conséquences effrayantes.

Je suis la mort, je suis l’excès. Je suis les travers des hommes. Je suis leurs addictions. Tu es à mon image. Ton irrépressible soif est un concentré de mes vices. De leurs vices.

❤️Rouge Passion.

Morgane Caussarieu nous embarque dans son univers et revisite les légendes urbaines, réveille les peurs ancestrales en invitant le folklore de la Louisiane et la mauvaise réputation des rues sombres de San Francisco. Elle ajoute quelques petits clins d’œil à ses précédents romans sulfureux, (Dans les veines et Je suis ton ombre), tout en créant une nouvelle saga de Young Adult bien trempée, et c’est délicieusement addictif. J’ai été contente de retrouver l’ombre de Gabriel, tout en étant séduite par le personnage complexe de Faruk. J’ai une passion pour les vampires de cette auteure et au vu de ce final explosif, elle risque d’encore de me surprendre avec sa manière de réinterpréter ce mythe.  Une très belle surprise, avec juste ce qu’il faut de frissons, d’amour et d’adrénaline.

Mes pores gorgés de vie s’ouvraient, le sang murmurait dans mon cerveau, irriguant mes muscles d’une pluie d’étincelles.  

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Charlotte ainsi que les éditions ActuSF pour l’envoi de ce livre!

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Angry, Darren Bryte

Angry par Bryte


Synopsis: 

C’est une nuit comme les autres dans une petite ville de l’état de New York lorsque tout commence. 
Une femme pousse des hurlements de terreur : son chien vient de l’attaquer et de lui lacérer le cou. 
Ce n’est que le premier événement d’une étrange fureur animale qui se répand tel un virus. 
Quelques jours plus tôt, Paul, le vétérinaire local, a recueilli Angry, un bonobo provenant d’un laboratoire d’expérimentation. Avec une expression intense dans son regard, le grand singe semble vouloir communiquer silencieusement avec Paul. 
Alors que la terreur gagne la petite ville, Angry disparaît. Le primate s’est volatilisé, tout comme Ethan, un jeune garçon autiste qui ne parle pas, mais possède l’étrange faculté de comprendre les animaux. 
Aux yeux de Paul, tous ces événements sont liés. 
Et si c’était le début d’une nouvelle ère pour l’espèce humaine ?


Ce que j’ai ressenti:

  • Son nom est Angry.

Tâchez de vous en souvenir…Elle s’appelle Angry. ANGRY. Et c’est bel et bien un être de colère. Elle est un singe bonobo femelle, un peu trop maligne, avec quelques dons très convoités, et certainement, mais ça reste encore à prouver: le déclencheur d’une révolte animale. Prenez garde à vos esprits et à vos animaux de compagnie, parce que elle pourrait bien les retourner contre vous! J’adore quand un des personnages est tellement charismatique qu’il porte le roman, mais lorsque c’est un animal, c’est d’autant plus fascinant. Tous les sens sont tournés vers elle, parce qu’elle émane la pensée Révolution, un futur de Transformation, une envie d’Amélioration. Même si cela passe par une période trouble de violence angryesque, elle sera le nouveau visage d’un avenir plus instinctif. Commencez à trembler de peur et surtout ne l’oubliez jamais…Elle s’appelle Angry. Intelligente. Dangereuse. Télépathe.

Lorsque la peur s’empare des hommes, elle les conduit au pire. 

  • L’amorce d’une tolérance.

Darren Bryte fait de ce premier tome, un roman ultra touchant, qui sensibilise sur la cause animale, l’autisme et l’homosexualité. Sous couvert de fantastique et de perceptions extra-sensorielles, avec une intelligence bienveillante, cet auteur offre une voix à tous ses animaux en souffrance et des vibrations de tolérance dans ses pages. Cette graine de folie qui touche la petite ville de Edmond, est une possibilité intéressante de voir un soulèvement animal organisé contre l’humanité. Je ne sais si c’est une intuition ou une réflexion, mais j’ai la sensation que ce diptyque a le potentiel de bouleverser certaines mentalités.  En tout cas, cette volonté de prendre, à cœur,  la défense des animaux, par le biais du thriller d’anticipation, a su me captiver pendant toute ma lecture. J’ai été très touchée par l’empathie de cet auteur, et ce livre se révèle être un moment de lecture passionnant. En jonglant ainsi avec les émotions et les sensations instinctives, Darren Bryte crée une ambiance sensorielle surprenante!

Ethan ne ressentait pas le besoin de communiquer. Tout au moins, il avait l’impression que les mots étaient inutiles et qu’ils corrompaient la pureté du message sensitif, intuitif, silencieux. 

  • Une nouvelle Gardienne pour Angry.

J’ai rassemblé tous les bouts de souvenirs. J’ai entendu des cris de détresse silencieux. Angry a pris sa place dans mon imaginaire. Certes, j’ai vu le carnage que peut faire ces animaux, mais je connais encore mieux la cruauté des hommes… J’ai une curiosité dévorante d’en savoir plus sur cette nouvelle ère, où hommes et animaux pourraient enfin s’entendre et communiquer. J’ai  des envies de militer pour ce roman. J’aimerai vous transférer l’empreinte émotionnelle qu’il m’a laissée. Voir où peut nous emmener cette étrange confrérie, connaître tous les dessous des mystères de cette transcendante perspective d’évolution, et surtout voir jusqu’où peut aller cette contamination…S’il faut une Gardienne pour soutenir le roman Angry, je veux bien me désigner! J’attends la suite avec impatience, parce que ce roman, c’est juste de la folie furieuse, un shoot d’émotions fortes!

J’ai longtemps pensé que les gens qui vivaient loin de leurs sentiments ne vivaient qu’à moitié.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier très chaleureusement l’auteur de ce roman, Darren Bryte, pour sa confiance et l’envoi de ce livre dans mon petit monde! Ce fut une lecture fascinante! Vivement la suite!

 

Little Heaven, Nick Cutter

Couverture Little heaven


Synopsis: 

Le passé est un molosse qui vous poursuit à travers champs et collines, tenaillé par une faim dévorante, vous pistant jusqu’à ce que, une nuit, vous l’entendiez gratter à la porte. Le mal ne meurt jamais ; il sommeille. Parlez-en à Minerva, à Micah et à Ebenezer, chasseurs de primes, mercenaires dans l’âme mais aux dons inégaux. La première fois qu’ils font équipe, en 1966, c’est pour retrouver un enfant qui a été enlevé par une secte obscure oeuvrant au Nouveau-Mexique, dans un endroit nommé Little Heaven. C’est là que le révérend Amos, qui reçoit ses ordres de Dieu directement, rassemble ses fidèles pour un culte des plus sombres. Quinze ans plus tard, la fille de Micah est enlevée, et le trio devra s’armer pour le débarquement de l’Enfer à Little Heaven. Avec un plaisir manifeste et sa perversité habituelle, Nick Cutter (Troupe 52) démontre dans ce western sanglant et nerveux qu’il a su dompter les codes du roman d’épouvante.


Ce que j’ai ressenti:

 

  • Un territoire fait d’ombres…

Attention, Little Heaven exerce une forte attraction! Ce petit village qui se voulait retiré, à l’abri des regards, caché au fin fond de la forêt, va devenir le théâtre de nos pires cauchemars! ….Croyez-moi, je ne me suis pas remise encore de la plume puissante et terrifiante de Nick Cutter, avec son côté sombre et cette poésie ténébreuse, il m’a hypnotisée. Sans compter, la qualité des illustrations de Adam Gorham, qui se glissent parfois entre les pages, ce roman m’a captivée, de bout en bout…Déjà, avec Troupe 52, l’auteur avait joué de tous les codes de l’horreur, mais avec Little Heaven, il nous emmène encore plus loin, dans un enfer peuplé de créatures démoniaques, et il le fait avec un malin plaisir…C’est tellement addictif et brillant, que c’est le genre de livre qu’on veut vite finir, et en même temps, ne jamais terminer…Le lire et le relire sans fin, mais toujours avec une faim insatiable…

« Le cœur désire, l’esprit résiste. Le cœur l’emporte. Toujours. »
  • La terreur comme compagne…

♫Promenons nous dans les bois, pendant que le diable n’y est pas, mais s’il y était, il nous mangerait ♫
♫Diable, y es-tu? Oui. (Regarde bien, je suis mille formes). M’entends-tu? Oui. (Mais toi aussi, écoute bien le son de ma flûte en os dentelé). Que fais-tu? C’est bon, j’arrive, j’arrive (dévorer la chair fraîche).♫

Rien n’est plus monstrueux, qu’une peur d’enfant, mais quand c’est l’enfant qui devient terreur, l’effet est encore plus perturbant…. Les terreurs nocturnes risquent de vous guetter au coin d’une clairière, et prendre mille aspects…Si ma petite comptine revisitée et inspirée de Little Heaven vous a plu, elle n’en est pas moins l’avant-garde de cette virée western et cauchemardesque que, nos intrépides personnages, Micah, Ebenezer et Minerva, des mercenaires frappadingues et surtout bien maudits, vont devoir affronter pour sauver la fille de l’un deux. Ils vivent en marge de tout, ne se déplacent que pour une somme bien sonnante, et s’exercent à des activités pour le moins morbides, mais pour la vie d’une enfant, ils remballent vite fait leurs désaccords et affrontent leurs pires démons…Leurs interactions sont d’un humour noir, mais, on ne peut plus, délicieux…

« -La fortune sourit aux audacieux, murmura-t-il. Où sourit-elle plutôt aux fous furieux? Dans tous les cas, Ebenezer, tu as une chance sur deux de t’en sortir. » 
  • Des croyances et autres réjouissances…

Si l’on ressent un plaisir certain de l’auteur à nous filer une frousse de tous les diables, j’ai encore plus aimé la force de ses thèmes. On frôle de près la mort, la vie, la religion, la peur, l’amour, la foi. Il entoure son roman d’une certaine aura inquiétante mais il a une finesse fantastique, pour faire ressortir les envoûtements d’un gourou. Entre fascination et manipulation, on est happé par le charme foudroyant de Little Heaven et tous les secrets de cette étrange communauté…Derrière toutes les mises en scènes grouillantes, incarnées et démoniaques, se cache un mal bien pire, et sans doute encore plus terrifiant: le fanatisme.

« -Mon souhait n’est pas trop difficile à deviner. Je voulais voir le visage de Dieu. »
  • Un coup de coeur en noir…

Pour toute cette noirceur et cette poésie enivrante, pour la revisite ensorcelante du joueur de flûte de Hamelin, pour la richesse d’un récit d’épouvante et pour toutes ses nuits dévorantes à lire le Prince Noir Nick Cutter, j’aimerai accompagner la musique qui hante encore ses pages , d’une louange d’adoration…J’ai eu un tel coup de cœur, que je lis et relis des passages, des chapitres entiers..Et je ressens encore toute l’énergie et le bonheur d’avoir passé un grand moment de lecture. Un roman fascinant!

« L’enfer est une boîte, l’enfer est une boîte, l’enfer est une… »

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Clémence des éditions Denoel pour sa confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture addictive, un énorme coup de cœur!

 

Image associée

 

Celle qui a tous les dons, M.R. Carey.

Celle qui a tous les dons par Carey

Pourquoi je l’ai choisi: 

J’ai adoré cette couverture, qui attire l’oeil, autant que ce titre intrigant…

Synopsis: 

Tous les dons ne sont pas une bénédiction.
Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu’on l’emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu’elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire.
Melanie est une petite fille très particulière…
Le roman de M. R. Carey a été adapté au cinéma en 2016 sous le titre The Last Girl, réalisé par Colm McCarthy.
Adrénaline et émotion alternent subtilement dans ce thriller d’une redoutable efficacité. La meilleure lecture de l’année. L’Écho.
Un bijou. Joss Whedon.

Ce que j’ai ressenti:…Don de Surprise! 

Le danger, tout le danger, réside dans le fait de l’ignorer. 

Quand l’effet de surprise tient toutes ses promesses. Je ne l’avais vu nulle part ce livre avant, n’en avait rien lu sur la blogosphère, et rien pour influencer ce choix de lecture, sauf peut être, cet attrait de la nouveauté!  C’est juste extraordinaire de mettre la main et se faire les dents pour donner envie aux lecteurs, avides d’émotions intenses, et de les lancer vers cette histoire très originale….Avec un titre pareil, et un synopsis flou, j’ai avancé un peu, à tâtons dans  cette intrigue, plus que curieuse, pour finir carrément ravie d’avoir été bluffée sur mes suppositions de départ…Je vais essayer de garder moi aussi, comme notre adorable personnage Mélanie, une certaine muselière pour ne pas trop laisser échapper  de sa boîte, les petits secrets de cette lecture… Tout ce que je vous dirais, c’est que j’ai dévoré ce livre, avec une sorte de frénésie, et le plaisir d’être repue d’un thriller post-apocalyptique bien appétissant d’adrénaline! Addict et Affam, j’ai juste adoré!

Si c’est là que réside le dernier espoir de l’humanité, mieux vaut sans doute le désespoir.

Mike Carey maîtrise son petit effet à la perfection: la minute d’avant nous sommes dans un thriller fantastique, celle d’après dans une ambiance d’horreur. Tout du long , il s’amuse à bousculer nos attentes… Même avec les personnages, il varie ses effets: N’est pas tout blanc qui veut, alors quand ce quatuor improbable  se retrouve en situation de crise, les monstres ne sont pas toujours ce que l’on croit… Et puis, cette atmosphère de fin du monde en veine d’idées scientifiques  est truffée de petites bombes à retardements en myciculture pour nos esprits, autant que pour ces derniers survivants…. J’ai beaucoup aimé ce cocktail énergique! On est vraiment dans la force d’un page-turner efficace, le but étant de captiver son lecteur par une ribambelle d’actions dynamiques et de dialogues pêchus, mais l’auteur y emmène aussi, par le biais de ces moments de tension extrême, à de jolies réflexions sur notre rapport en société et envers la planète…

« Personne ne sait. Pas plus qu’elle, personne ne sait où il va vraiment. »

En bref, je me suis régalée, mais voulant absolument vous maintenir le plaisir de cette découverte, je n’en dévoile pas plus, mais je suis d’hors et déjà impatiente de lire la suite de cet univers très particulier! Je ne serai jamais Celle qui a tous les dons, mais j’espère avoir eu, un peu le don, de vous orienter vers cette lecture captivante!

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier Léa ainsi que la maison d’éditions Le Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture addictive!

Possession, Paul Tremblay.

Couverture Possession

Pourquoi je l’ai choisi:

Essentiellement, parce que j’adore ce genre: l’Horreur. J’ai d’ailleurs pu constater que j’ai vu et/ou possède pas mal de la dvdthèque de Merry…Quand je vous dis que j’adore frissonner de peur…Et puis, cette couverture…Elle est juste incroyablement effrayante et réussie, et puisque Stephen King a eu peur, j’en tremblais déjà d’impatience à cette lecture!

Synopsis:

Après Rosemary’s Baby et L’Exorciste, le nouveau classique de l’horreur.
Malgré une mère alcoolique et un père au chômage, la famille Barrett tente de mener une vie ordinaire dans la tranquille banlieue de Beverly, Massachusetts, jusqu’au jour où leur fille de 14 ans, Marjorie, commence à manifester les symptômes d’une étrange schizophrénie. Alors que des événements de plus en plus angoissants se produisent, les Barrett décident de faire appel à un prêtre, qui ne voit qu’une seule solution : l’exorcisme. À court d’argent, la famille accepte l’offre généreuse d’une chaîne de télévision ; en contrepartie, elle suivra la guérison de Marjorie en direct. L’émission connaît un succès sans précédent. Pourtant, elle est interrompue du jour au lendemain sans explications. Que s’est-il passé dans la maison des Barrett ?

Avec ce thriller terrifiant d’une rare intelligence, Paul Tremblay réinvente l’horreur à l’ère des médias, de l’avènement de la télé-réalité et de la culture pop. Possession fait partie de ces quelques livres susceptibles de nous procurer des émotions nouvelles, qui continuent à nous hanter bien après la dernière page.

Ce que j’ai ressenti:

J’ai en ma Possession, un nouveau thriller terriblement addictif et j’aimerai vous assurer qu’il a le pouvoir terrible de faire resurgir vos plus intenses angoisses, de raviver des souvenirs de l’Exorciste, de créer une telle fébrilité quand vous tournez les pages qu’il vaudrait mieux avoir en votre Possession, un coeur bien accroché…

(…) mais nous sommes ferrés. Ferrés de chez ferrés. 

Entre construction d’une bonne frayeur et déconstruction explicite d’une Possession, ce livre tient son lecteur, par une sorte d’hypnose anxiogène sur des lignes troubles entre religion, démons et malheurs. La télé réalité prend une  forme encore plus intrusive et, s’immisce dans les revers des soutanes, où chaque caméra nous montre les reliefs d’un exorcisme…Ce double effet entre ce regard torturé de Marjorie et celui de ces voyeurs mal-intentionnés rajoute un sacré malaise à l’ambiance déjà bien pesante…Et au centre de toutes ces messes basses et hauts cris démoniaques, l’innocence de Merry…

« -Ne vous laissez pas tromper par les mensonges, dit le père Wanderly. » 

Derrière tous les artifices de compassion et autres fébrilités du gain de ce monde d’adulte, il y a deux soeurs qui s’aiment, qui jouent, et qui, surtout, se font confiance…Dans l’oeil de Merry, sa soeur c’est son apaisement. Dans l’oeil de Marjorie, sa soeur c’est sa rédemption. Leur relation est touchante. Même au creux de cette famille dysfonctionnelle, qui perd peu à peu ses piliers, cet amour est solide. Le fait de lire le point de vue de Merry, huit ans, sur cette période de bouleversements, amène un souffle de fraîcheur, mais n’enlève en rien, de l’effet terrifiant de ses pages…

« Des idées. Je suis possédée par des idées. »

Il se pourrait bien que Possession devienne votre nouveau cauchemar préféré , parce que l’ambiance est très réussie, et c’est plutôt intelligent comme proposition dans la forme du récit. Il a un côté « rétro » avec cette idée de Possession et d’exorcisme d’un autre temps, mais il possède aussi un côté très moderne, avec cette idée de telé-réalité de l’Horreur et le Blog d’une passionnée de l’Angoisse…J’ai été conquise par cette lecture horrifique parce que j’ai eu ce moment tant attendu de tremblements, mais en plus, j’ai aimé la manière dont Paul Tremblay laisse le lecteur répondre à ses démons, à ses questions, à ses peurs…

« Tu pourrais presque sentir les choses-qui-poussent se faufiler entre tes doigts de pied. » 

Meilleurs moments du livre:

  • La scène de la cabane. Franchement, elle est excellente…J’ai eu le frisson!

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine pour l’envoi de ce titre et pour leur confiance!

Jesse le Héros, Lawrence Millman

Couverture Jesse le héros

Pourquoi je l’ai choisi: 

Forcément le synopsis attire…L’irrésistible envie de trouver des trésors passés et la curiosité de voir comment vieilli une oeuvre littéraire…Celle ci garde bel et bien toute sa force et son intensité, une trentaine d’années plus tard…

Synopsis: 

1968, Hollinsford, New Hampshire. Élevé par son père, Jesse a toujours été un outsider au comportement inquiétant, rejeté par les autres enfants du village. Avec l’adolescence, les choses ne s’arrangent pas. On l’accuse aujourd’hui d’avoir violé une jeune fille, on le menace d’un placement en institution spécialisée. Mais tout ce qui préoccupe Jesse, ce sont les images du Vietnam, qu’il suit obsessionnellement à la télévision, celles de cette guerre où est parti son frère Jeff, qu’il idolâtre. Lorsque celui-ci, démobilisé, revient au pays, rien ne se passe comme Jesse l’espérait. Et c’est pour notre héros le début d’une escalade meurtrière à la noirceur extrême.

Entre le Holden Caulfield de L’Attrape-cœur et le Patrick Bateman d’American Psycho, Jesse est difficile à situer. Est-il la victime d’un handicap mental, d’un contexte familial perturbé, d’une société où fleurissent les images violentes, ou bien un tueur en série sans empathie, capable d’éliminer ses contemporains aussi facilement que ces rats sur lesquels il aime tirer ? Lawrence Millman nous abandonne entre ces hypothèses perturbantes, jusqu’aux dernières pages du livre et leur étonnante conclusion.

Un chef-d’œuvre du noir enfin extirpé de l’oubli.

Ce que j’ai ressenti:…Un trouble Noir…

Jesse est un adolescent attardé, mi-enfant mi-adulte mais surtout, il est mi-ange mi-démon : un innocent confronté à trop de violences, trop de mensonges, trop d’images perturbantes que son cerveau n’est pas en mesure de synthétiser, un être doué de pulsions et de mal-être que sa conscience n’intellectualise pas…Jesse le Héros est un anti-héros terrifiant que Lawrence Millman met brillamment en scène dans une quête vaine et trouble de fuite au soleil…

Il se dit que , vu l’heure , les gens étaient sûrement couchés. Seul un fantôme ou un monstre nocturne seraient debout à cette heure-ci. 

Cette lecture est dérangeante, perturbante mais Lawrence Millman a su tellement bien travailler son personnage principal, que j’ai lu son livre sans pouvoir arrêter de suivre cette longue virée en enfer…En étant à l’intérieur du corps et de l’esprit de Jesse, on est plus à même de comprendre ses actes effroyables, mais surtout toutes les influences néfastes de son entourage. Il ne peut pas bien se construire malgré l’amour d’un père et le modèle du frère, parce que l’environnement social tend vers une crise où la violence est le maître mot. Entre l’ombre de la guerre du Vietnam et le manque cruel d’aide à la personne face à toutes les maladies mentales, Jesse n’a pas les armes pour se défendre, mais il les prend quand même, Héros de son inconscient, parce que son intuition instinctive lui dicte que le Mal est bien là, et qu’il faut l’éliminer…Et dans ses rêves, la vengeance fait rage alors que, le carnage,lui, sera bien réel…

C’est tout? Je veux dire, t’es mort et c’est tout. Rien que de la cervelle et du sang, on est rien d’autre. 

C’est un roman noir, très sombre qui m’a bouleversée. C’est un panorama de l’Amérique qui fait froid dans le dos, parce qu’il s’abreuve d’intolérance, de chaos et d’alcool, et fatalement des monstres se lèvent et frappent, presque malgré eux. Psychologiquement, j’ai pris un bel uppercut, mais je suis restée fascinée par tant de maîtrise de ses lignes floues entre bien et mal, entre cet environnement malsain aussi perturbé que l’esprit de ce jeune homme et les culpabilités qui rongent ses hommes…Une lecture intense pleine de noirceur et de malaise saisissant, qui n’a pu me laisser indifférente…

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture fascinante.

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Chimaeris, Eric Tourville.

Couverture Chimaeris

Pourquoi je l’ai choisi:

Voyez-vous cette belle couverture intrigante? Je ne pouvais pas résister….Vraiment pas…Elle m’attirait trop…

Synopsis:

« La première chose qu’il vit, ce fut le symbole en rouge au-dessus de la porte d’entrée. Une étoile à cinq branches dans un cercle dont le lieutenant ignorait la signification. L’impression angoissante d’être devant les portes de l’Enfer. »

Burlington, Vermont. Le lieutenant Frémont s’apprête à passer une journée comme les autres dans sa petite bourgade de province, lorsque son téléphone sonne. L’histoire s’ouvre de manière assez classique, comme un excellent thriller, dans le Vermont, pas très loin de Salem : une maison abandonnée, quatre cadavres de petites filles détruits au phosphore, un des corps qui manque, la poursuite qui commence… mais, insensiblement, l’auteur entraîne le lecteur bien au-delà du genre, dans une fiction qui tutoie la métaphysique.

Ce que j’ai ressenti:

Quand je referme ses 500 pages, il ne me vient qu’une impression: j’ai rarement lu un roman aussi intense, aussi addictif, aussi passionnant. Encore pleine de vertiges des souffles de phosphore et des clins d’oeil du Diable, je me dis que Eric Tourville vient de nous offrir un des plus maîtrisés des thrillers. Il nous tourmente sur des sentiers de sorcellerie, pour mieux nous déstabiliser sur des escarpements d’exobiologie, et ce double contraste entre croyance et science va pousser ses enquêteurs sur des zones de limbes infernales.

D’abord, il y a eu l’odeur, puissante, répugnante: un mélange de viande carbonisée, de merde et de produits chimiques, l’impression d’avoir forcé l’arrière-cuisine du Diable.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que l’équipe de flics est crédible. Elle est une force de travail, de patience, de coïncidences et de recoupements qui montrent la réalité de ce métier. Suivre l’enquête, c’est sentir l’odeur de la mort, ressentir l’impatience des planques, chercher inlassablement le détail dans la fourmilière d’informations et même se battre pour ses intuitions. L’auteur nous le raconte avec minutie, tous ses aspects de la profession et il le fait avec une intelligence harmonique qui rendent, ce thriller rythmé et réaliste.

Sur la base de ce que j’observe, les preuves de l’existence du Démon me semblent nettement plus établies que celles de l’existence de Dieu. 

Ensuite, j’ai adoré les branches ténébreuses que l’auteur nous donne à aller sillonner pendant cette enquête. Il ne se tient pas à un thriller basique, il va jusqu’au genre Scientifique, voire bascule en Science-Fiction , et Eric Tourville le fait brillamment avec force et preuves à l’appui. C’est ce qui fait tout son charme irrésistible de page-turner: cette passionnante traversée dans les univers! On va de pays en pays, de la Terre vers l’Univers, d’un complot à l’autre, d’une théorie possible à une plausible…Chaque sentier mène vers quelque chose de toujours plus grand, jusqu’à l’infiniment grand, pour encore plus de vertiges et de possibilités…Cette sensation est chimériquement délicieuse pour tous fans d’émotions fortes…

S’accepter lui semblait être le premier pas vers une forme d’apaisement et d’humanité.

Parions aussi que Dawn vous fasse aussi craquer…Au delà, de l’aspect pointilleux de l’intrigue et des théories grandioses et transhumanistes sur le devenir de l’humanité, l’auteur nous a concocté des personnages touchants, attachants. Il a su nous les bichonner, de telle sorte que tous prennent leurs places, qu’ils nous émeuvent dans leur pudeur, nous bouleversent dans leurs  fêlures personnelles.

A soixante-trois ans, Jackson avait compris depuis longtemps que , pour que le monde soit vivable, il avait plus besoin de mensonges que de vérités.

J’ai été soufflée, bluffée, et conquise par ce premier roman. Oserais-je dire jusqu’à: Parfait…Il se pourrait bien…En tout cas, parfaitement maîtrisé, adorablement touchant, et effrayant à souhait. Pour moi, un Coup de Coeur!

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Slatkine et Compagnie pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture ô combien passionnante!

 

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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