Les diables de Cardona, Matthew Carr.

Couverture Les diables de Cardona

 

Synopsis:

1584. Le prêtre de Belamar de la Sierra, un petit village d’Aragon à la frontière avec la France, est assassiné, son église profanée. Sur les murs : des inscriptions en arabe. Est-ce l’œuvre de celui qui se fait appeler le Rédempteur, dont tout le monde ignore l’identité, et qui a promis l’extermination de tous les chrétiens, avec la même violence que celle exercée sur les musulmans ? La plupart des habitants de la région sont en effet des morisques, convertis de force au catholicisme, et qui pratiquent encore l’islam en secret.

À la veille d’une visite royale, Bernardo de Mendoza, magistrat à Valladolid, soldat et humaniste, issu d’une famille juive, est chargé de l’enquête. Très vite, les tensions s’exacerbent entre les communautés, une véritable guerre de religion se profile. Et les meurtres continuent, toujours aussi inexplicables. Entre l’Inquisition et les extrémistes morisques et chrétiens, la tâche de Mendoza va se révéler ardue.

Ce que j’ai ressenti:…Thriller sous haute tension…

« Souviens-toi de ce jour, petit- c’est à ça que ressemble l’enfer. » 

Matthew Carr m’a captivée de bout en bout, avec son thriller historique parce qu’il a su y implanter une atmosphère forte, imprégnée de caractère et de violence, qui nous emporte en Espagne, au cœur de son Inquisition ravageuse.  Rien qu’avec son premier chapitre, j’ai ressenti une tension palpable, urgente, fébrile qui s’est maintenue, pendant toute la lecture, mais également une beauté sensationnelle dans cette plume, qui nous emporte au cœur des passions, dans les guerres de religion et les amours stratégiques…C’est impressionnant, comme j’ai eu l’impression de presque sentir les odeurs du feu et du sang, les déplacements d’air nimbés de haine, les regards durs sous les tissus, les ventres vides et avides de réconfort…On peut vraiment affirmer que l’auteur a soigné son décor, son intrigue, ses personnages, pour nous rendre cette histoire tellement vivante…

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1584, L’Eglise et l’Etat sont souvent de mèche, et avancent, main dans la main, pour imposer leurs lois, leurs impôts, leurs idéologies…Et s’il prenait l’envie à ses sujets de faire entendre un murmure contraire, on redoublerait d’efforts et de tortures barbares, pour leur faire regretter ses élans de révolte, en invoquant la volonté de Dieu(x) et/ou du Roi…Alors forcément, ce climat de peur est omniprésent dans ses pages, et déjà, qu’il y a cette crainte d’un tueur en série aux intentions floues, il règne une atmosphère encore plus poisseuse à cause de tous ces jeux de pouvoirs implacables et brutaux, ses mensonges calculateurs et ses trahisons cupides… Belamar de la Sierra devient une porte ouverte sur les enfers, un village obscurci par les ombres et la cendre, un territoire étouffé de rage et de désespoir, dévoré de convoitise malsaine…

« -Les gens ont peur, et la peur engendre la haine. »

Cette petite expédition de justice menée par le licenciado Mendoza et son petit groupe de mercenaires, en amont d’un déplacement royal, ne pourra se dérouler que sous tension, étant donné les heurts et la rage dissimulée sous couvert d’oppressions diverses. Ce Rédempteur, ombre insaisissable, qui allumera des feux aussi brûlants que les autodafés, viendra aussi jeter de l’huile sur les mésententes entre morisques et chrétiens, fera couler le sang des vierges, anéantira toute illusion de cordialité entre les parties adverses…Il veut la guerre, et se donne les moyens d’attiser toutes les braises ardentes de la foi. A force de perspicacité et d’approches stratégiques, l’équipe chapeautée par Bernado de Mendoza, paiera très cher, cette danse avec Les diables de Cardona.

« Chez certains hommes, la peur de la mort était inséparable de la peur des enfers, mais l’au-delà ne l’inquiétait pas. »

Non seulement, c’est un thriller impeccable, mené d’une main de maître, avec des rebondissements en retour de flamme avec un assassin bien retors, mais, toute sa force tient à la richesse de son Histoire. Avec un sujet aussi délicat, que la guerre entre les religions monothéistes, l’auteur nous recrée une période sombre du passé avec brio et un travail de recherche qu’on devine jusque dans les moindres détails. En voilà, un page-turner immersif et sacrément époustouflant!

« Chacun d’entre nous doit faire ce choix librement. Si nous n’avions pas ce choix, alors la vertu et le ciel perdraient tout leur sens. »

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance! Ce fut une lecture captivante!

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Noli me tangere Ne me touche pas, Andrea Camilleri

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai adoré cette couverture! Elle est très réussie, et attire le regard. Je craque souvent sur les couvertures à dominante rouge…

Synopsis:

« Je suis fille du vent et du désert. Et cette rose ne mourra jamais. »

Laura, belle et brillante épouse d’un grand écrivain, disparaît alors qu’elle était sur le point de finir son premier roman. Son mari s’inquiète, la presse s’emballe et toute une ribambelle d’amants en profitent pour dire tout le mal qu’ils pensent d’elle.

Mais Laura est-elle cette séductrice cruelle et sans cervelle, cette femme calculatrice et superficielle, ce monstre d’égoïsme que décrivent ses amants ? Ou bien un être tourmenté et absolu, avide de spiritualité, chroniquement affligé de crises de mélancolie, de ghibli, comme elle dit, qui l’obligent à se retrancher du monde et des hommes ?

Le subtil commissaire Maurizi mène une enquête discrète sur les traces d’une femme mystérieuse, fascinée par la fresque de Fra Angelico, Noli me tangere, qui a magistralement orchestré sa propre disparition.

Construit comme un kaléidoscope de dialogues, articles, lettres qui tentent tour à tour d’approcher l’insaisissable Laura, ce court roman est un formidable hommage à une femme libre et à la possibilité qu’a tout un chacun de se réinventer radicalement.

Ce que j’ai ressenti:…Quand le ghibli t’emporte…

Tu sais pourquoi le ghibli souffle sur toi? Parce que c’est toi, le désert. 

  • J’ai aimé ce roman parce qu’il est insaisissable, tout comme son personnage principal Laura…Elle tourbillonne dans le vent, voltige d’hommes en hommes, tournoie dans les musées, se couche avec le ghibli…Ô Laura, comme tu les as fait tourner les cœurs et les têtes, Ô Laura, comme tu les as rendu tous fous de toi, mais ô combien, ils ne t’ont jamais comprise…Parce que tu es une personne complexe, Laura, un de mes plus jolies rencontres féminines littéraires… Raffinée, séductrice, légère, belle, étrange, disparue, souriante, présente, sensuelle, apathique, aimante, intelligente, sensible, cruelle, indifférente, intéressée, Noli me tangere…Mais tout cela, les hommes ne le saisissent pas, alors ils parlent de toi avec véhémence ou douceur, violence ou candeur, mais toi Laura, tu vis dans l’air du temps, tu es même carrément le vent du désert, s’infiltrant entre les lignes que ses personnes ont écrites, en pensant à toi…Ô Fascinante Laura…

« Je suis fille du vent et du désert. Et cette rose ne mourra jamais. »

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  • En partant à la découverte de cette femme et de son inquiétante disparition, nous partons aussi au cœur de l’Art et des villes européennes…Un voyage initiatique pour comprendre les œuvres qui ont inspiré plus d’un artiste, autour d’une scène mythique de la Bible, Noli Me tangere. L’auteur a su créer une sorte d’affinité énigmatique entre Laura et la fresque de Fra Angelico, qui renforce le mystère de ce petit roman épistolaire. Entre intuition et étude, cette virée soufflée au plus près de la peinture, s’avère des plus intéressantes à découvrir en toile de fond pieuse, et forcément une envie de petit détour culturel se lève de cette plume esquissée par un auteur passionné…

 

  • Parce qu’il a cette aura impalpable, parce qu’il a aussi une forme et une originalité tellement mystérieuse, ce Noli me tangere/ Ne me touche pas de Andrea Camilleri m’a captivée tout en gardant, ses petits secrets…Et c’est ce qui fait tout son charme: ce souffle insaisissable et ses tourments fascinants…

« Ce qui est, à bien y penser, une forme d’absolu. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Metailié de leur confiance et pour l’envoi de ce livre!

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Possession, Paul Tremblay.

Couverture Possession

Pourquoi je l’ai choisi:

Essentiellement, parce que j’adore ce genre: l’Horreur. J’ai d’ailleurs pu constater que j’ai vu et/ou possède pas mal de la dvdthèque de Merry…Quand je vous dis que j’adore frissonner de peur…Et puis, cette couverture…Elle est juste incroyablement effrayante et réussie, et puisque Stephen King a eu peur, j’en tremblais déjà d’impatience à cette lecture!

Synopsis:

Après Rosemary’s Baby et L’Exorciste, le nouveau classique de l’horreur.
Malgré une mère alcoolique et un père au chômage, la famille Barrett tente de mener une vie ordinaire dans la tranquille banlieue de Beverly, Massachusetts, jusqu’au jour où leur fille de 14 ans, Marjorie, commence à manifester les symptômes d’une étrange schizophrénie. Alors que des événements de plus en plus angoissants se produisent, les Barrett décident de faire appel à un prêtre, qui ne voit qu’une seule solution : l’exorcisme. À court d’argent, la famille accepte l’offre généreuse d’une chaîne de télévision ; en contrepartie, elle suivra la guérison de Marjorie en direct. L’émission connaît un succès sans précédent. Pourtant, elle est interrompue du jour au lendemain sans explications. Que s’est-il passé dans la maison des Barrett ?

Avec ce thriller terrifiant d’une rare intelligence, Paul Tremblay réinvente l’horreur à l’ère des médias, de l’avènement de la télé-réalité et de la culture pop. Possession fait partie de ces quelques livres susceptibles de nous procurer des émotions nouvelles, qui continuent à nous hanter bien après la dernière page.

Ce que j’ai ressenti:

J’ai en ma Possession, un nouveau thriller terriblement addictif et j’aimerai vous assurer qu’il a le pouvoir terrible de faire resurgir vos plus intenses angoisses, de raviver des souvenirs de l’Exorciste, de créer une telle fébrilité quand vous tournez les pages qu’il vaudrait mieux avoir en votre Possession, un coeur bien accroché…

(…) mais nous sommes ferrés. Ferrés de chez ferrés. 

Entre construction d’une bonne frayeur et déconstruction explicite d’une Possession, ce livre tient son lecteur, par une sorte d’hypnose anxiogène sur des lignes troubles entre religion, démons et malheurs. La télé réalité prend une  forme encore plus intrusive et, s’immisce dans les revers des soutanes, où chaque caméra nous montre les reliefs d’un exorcisme…Ce double effet entre ce regard torturé de Marjorie et celui de ces voyeurs mal-intentionnés rajoute un sacré malaise à l’ambiance déjà bien pesante…Et au centre de toutes ces messes basses et hauts cris démoniaques, l’innocence de Merry…

« -Ne vous laissez pas tromper par les mensonges, dit le père Wanderly. » 

Derrière tous les artifices de compassion et autres fébrilités du gain de ce monde d’adulte, il y a deux soeurs qui s’aiment, qui jouent, et qui, surtout, se font confiance…Dans l’oeil de Merry, sa soeur c’est son apaisement. Dans l’oeil de Marjorie, sa soeur c’est sa rédemption. Leur relation est touchante. Même au creux de cette famille dysfonctionnelle, qui perd peu à peu ses piliers, cet amour est solide. Le fait de lire le point de vue de Merry, huit ans, sur cette période de bouleversements, amène un souffle de fraîcheur, mais n’enlève en rien, de l’effet terrifiant de ses pages…

« Des idées. Je suis possédée par des idées. »

Il se pourrait bien que Possession devienne votre nouveau cauchemar préféré , parce que l’ambiance est très réussie, et c’est plutôt intelligent comme proposition dans la forme du récit. Il a un côté « rétro » avec cette idée de Possession et d’exorcisme d’un autre temps, mais il possède aussi un côté très moderne, avec cette idée de telé-réalité de l’Horreur et le Blog d’une passionnée de l’Angoisse…J’ai été conquise par cette lecture horrifique parce que j’ai eu ce moment tant attendu de tremblements, mais en plus, j’ai aimé la manière dont Paul Tremblay laisse le lecteur répondre à ses démons, à ses questions, à ses peurs…

« Tu pourrais presque sentir les choses-qui-poussent se faufiler entre tes doigts de pied. » 

Meilleurs moments du livre:

  • La scène de la cabane. Franchement, elle est excellente…J’ai eu le frisson!

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine pour l’envoi de ce titre et pour leur confiance!

Né un mardi, Elnathan John

Couverture Né un mardi

Pourquoi je l’ai choisi:

J’adore partir vers d’autres ailleurs…Né un mardi promettait un dépaysement total…

Synopsis:

Dantala vit dans la rue avec les voyous de Bayan Layi, fume la wee-wee sous le baobab, fait le coup de poing pour le Petit Parti. Souvent, les bagarres tournent mal mais, comme on dit, tout ce qui arrive est la volonté d’Allah. Un soir d’émeutes, pris en chasse par la police, il doit s’enfuir.
Sans famille, il trouve refuge à Sokoto auprès d’un imam salafiste. Il apprend l’anglais avec son ami Jibril, tombe amoureux, psalmodie l’appel à la prière, lit tout ce qu’il peut. Le gamin naïf mais curieux découvre l’étendue de ses contradictions et la liberté de la pensée, et gagne sa place et son nom dans un monde chaotique et violent. Alors que les tensions entre communautés ne cessent de croître, un imam irascible fait sécession et part à la campagne fonder une secte extrémiste.
Loin de l’exotisme et du tiers-mondisme bien-pensant, Elnathan John nous emmène dans une région dont on ignore presque tout : harmattan, poussière des routes, vendeurs de koko, et le goût du dernier morceau de canne à sucre – le meilleur. On brandit des machettes, on assiste à des matchs de lutte, on prend toutes sortes de transports, on marche, on court, on aime, on est Dantala de bout en bout, passionnément. Un formidable roman d’apprentissage, sensible et poignant, dont on sort complètement retourné.

Ce que j’ai ressenti:

Comme le vent soulève le rideau de la couverture, il souffle dans ses pages, un air chaud venu du Nigéria, empreint de ses expressions fulgurantes, de ses tourments sanglants, de ses relents nauséabonds, d’un goût sucré inoubliable…Un vent de passion et de violence qui fait voler en éclat  la poussière rougie de sang, et l’innocence de cette jeunesse désœuvrée. Dans ce premier roman, la fiction prend des airs de réalités troublantes et on vit les petites et grandes histoires de ses terres arides. Elnathan John nous emporte au coeur de l’Afrique, nous la raconte sans fard et artifices, déchirante et survoltée, au plus près de la foi et ses travers tourbillonnants.

Mais Umma disait que parfois les gens qu’on trouve méchants sont simplement idiots et que, s’il est facile de se repentir d’être méchant, il est difficile d’arrêter d’être idiot.

Dantala, c’est un gamin qui traîne dans les rues, et qui pourrait se faire entraîner sur des parkings de haine, mais qui choisit le chemin lumineux de la culture et de l’humilité devant Allah. A force de lire et d’apprendre les langues, à force de prosternations et de confiance, il se forge une opinion, ne se laissant plus guider par une fatalité lâche, mais avance sûrement sur la voie de la bonté et la liberté de penser.  C’est un personnage qui m’a émue dans cette quête noble du savoir, on le voit doucement se transformer au fil des pages et de ses expériences, jusqu’à l’audace de s’écrire : un roman d’apprentissage intense!

-S’il vous plaît, je veux quelque chose pour écrire. 

Elnathan John met dans ce livre une telle richesse, entre les troubles adolescents qu’il caresse avec sa plume, et la force d’une culture qu’il prend à bras le corps, il nous révèle, à travers le regard naïf d’un jeune homme, les dessous de la corruption et les chemins enténébrés de l’extrémisme religieux dans une région, où même la météo devient chaos…Une lecture au rythme des prières, où l’amitié inonde de clarté ces lignes noires, où les émotions nous submergent vers toujours plus de tolérance grâce au talent d’un conteur inspiré…

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Camille et les éditions Métailié de leur confiance! Ce fut une lecture bouleversante!

 

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Nécropolis 1209, Santiago Gamboa.

Pourquoi je l’ai choisi :

J’ai tellement adoré la plume de Santiago Gamboa, qu’il me tardait de découvrir, ses autres écrits. Je trouve aussi que la couverture est juste superbe!

Synopsis:

Au sortir d’une longue maladie, un écrivain est invité à un congrès de biographes à Jérusalem, métaphore d’une ville assiégée par la guerre et sur le point de succomber. Comme dans un moderne Decameron, les vies extraordinaires des participants laissent perplexe le héros de ce tour de force littéraire et stylistique. Parmi les participants de ce congrès, on croise le libraire bibliophile Edgar Miret Supervielle, l’actrice italienne de cinéma porno Sabina Vedovelli, l’entrepreneur colombien Moises Kaplan et surtout José Maturana, ex-pasteur évangélique, ex-forçat, ex-drogué, qui dans la langue puissante des rues les plus sordides raconte l’itinéraire de son sauveur, le charismatique Messie latino de Miami. Mais quelque temps après sa communication, José Maturana est retrouvé mort dans sa chambre. Tout semble indiquer un suicide, mais des doutes surgissent : qui était-il vraiment ? Ce roman débordant d’énergie explore les différentes versions d’une même histoire, qui varie sans cesse et nous incite à écouter, souvent avec stupéfaction, les récits surprenants des autres protagonistes de cette histoire qui veulent témoigner avant la fin du monde.

Ce que j’ai ressenti:…Si tu découvrais le mystère 1209…

Si je te faisais un brouillon de « Paroles écrites dans le creux du silence« , comme cet écrivain biographe, assurément que je vous parlerai de la poésie moderne et de la plume renversante de Santiago Gamboa. Je vous dirai qu’il y a tellement d’intensité dans ses écrits que tu as le cœur déchiré quand il te raconte toute la peine du monde, que tu ressens même le cri silencieux de toutes ses âmes en perdition, qu’il te reste gravé dans ton esprit, un tatouage d’émotions violentes tout en circonvolutions lyriques.

Mais de quel ciel est tombé cet ange?

Si je te faisais une brève esquisse de ses personnages, je te peindrais des êtres déchus qui ont voulu s’envoler mais reviennent avec des ailes brûlées dans les affres de la drogue, des anges aux regards flous, pétris de décadence humaine qui ne se révèlent que dans la douleur. Chaque intervenant, plus meurtri dans sa chair et son esprit, par les aléas d’une vie dissolue sans lumière, mais qui possède une fureur de vivre bouleversante. Entre le mystère du suicide ou le meurtre honteux, Santiago Gamboa nous met au défi se confronter à l’importance d’une vie, aussi insignifiante soit-elle, et pourtant fondamentalement précieuse…

« Le hasard, le hasard est l’encrier dans lequel Dieu trempe sa plume pour tracer les destins. »

Si je te faisais écouter le doux son d’une conférence littéraire, tu entendrais malgré tout, le contexte de guerre et le chaos qui se déroule derrière les vitres. Même en entendant la poésie du thème de congrès « L’âme des mots« , tu entendrais la mort qui se joue dans les ruelles de Jérusalem. De l’importance de s’accrocher à la littérature internationale, au pouvoir du Verbe pour contrer les affrontements de violence extrême dans cette ville ancestrale assiégée…Santiago Gamboa est un amoureux de la littérature, et cela se sent, il peut te conter les merveilles du monde, comme te dépeindre l’obscurité fiévreuse, sans un tabou: il est tout simplement un auteur exceptionnel avec un talent immense.

L’idée de mourir d’amour ne peut être comprise que lorsqu’on est sur le point de mourir d’amour.

Santiago Gamboa, avec Nécropolis 1209, nous dévoile une fresque tourmentée, un roman noir puissant, un kaléidoscope de vies fracturées. Il a le génie de barbouiller de sang et de larmes amères chacune de ses histoires, mais de leur insuffler aussi, toute une lumière poétique intemporelle. Inconditionnellement, je suis fan de cet auteur, il me ravage le cœur à chaque lecture, il m’emporte dans des tourbillons d’abîmes bouillonnantes,  mais me ramène toujours au port de la beauté, grâce à l’énergie bienfaitrice de sa prose stylistique.

Indispensable, Incontournable, Magnifique…C’est le genre de Coup de Cœur, comme il en arrive si peu souvent, une révélation qui se vérifie, un auteur qui entre direct dans mon Top Personnel ! Tout simplement, je l’adore…

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Métailié pour l’envoi de ce livre. Ce fût une lecture bouleversante!

Bourbon Kid, Anonyme.

Couverture Bourbon kid, tome 6

Pourquoi je l’ai choisi:

Encore la curiosité de savoir qui peut se cacher derrière ce fameux Anonyme, et cette couverture à tomber: je ne pouvais vraiment pas résister!

Synopsis:

Les Dead Hunters ont une morale très personnelle. C’est la moindre des choses pour une confrérie de tueurs sanguinaires. Ils ont aussi quelques menus défauts, se croire invincibles, par exemple. Un démon va néanmoins vite les détromper. Malin, fort et intelligent comme seuls les démons savent parfois l’être, il va tranquillement les décimer les uns après les autres. À une exception près. Un des membres des Hunters reste en effet introuvable, et non des moindres : le Bourbon Kid.

Notre démon va alors jeter toutes ses forces dans la bataille, depuis les quatre cavaliers de l’Apocalypse jusqu’à une armée de morts vivants, pour retrouver et anéantir définitivement notre tueur bien-aimé.

Après Le pape, le Kid et l’Iroquois, l’auteur toujours aussi anonyme du Livre sans nom se déchaîne littéralement dans cette nouvelle aventure du Bourbon Kid. Et il fait souffler toutes les forces maléfiques imaginables et inimaginables pour éprouver la capacité de résistance d’un héros que les feux de l’enfer chatouillent à peine.

Ce que j’ai ressenti:…Une chevauchée d’enfer!

Entendez le bruit assourdissant des sabots, Sentez les effluves d’alcool étourdissantes, Touchez la panoplie de cuir affriolante mais surtout Voyez, le petit dernier cocktail explosif déjanté que vous a concocté avec génie, par un Anonyme d’auteur de talent: Bourbon Kid, de son titre évocateur! Voyez un peu cette magnifique couverture, tout en relief et en sobriété, le petit indispensable, tout en noir, de cette rentrée littéraire.

Tôt ou tard, tout le bien que nous avons accompli pour l’humanité sera détruit. C’est pour cette raison que nous devons libérer les anges, avant qu’il ne soit trop tard.

J’ai adoré la dynamique de folie et l’ambiance pré-apocalyptique qui donne à ce thriller, l’énergie nécessaire pour être un page-turner incroyable! Entre la légende des fameux quatre cavaliers et l’armée de morts vivants, l’urgence de la fin du monde s’accélère, et même les enfers, n’ont jamais paru aussi près de déferler sur notre monde…Les Dead Hunters, sombre équipe de personnages intrépides, aux talents plus ou moins prononcés, se retrouvent en mauvaise posture pour contrer le premier meurtrier de l’histoire du temps. Et tout cela, servi avec un humour mordant et plus que décadent, qui nous entraîne dans cette aventure totalement survoltée…Vraiment cet auteur Anonyme, malmène ses petits protégés plus que de raison, et nous donne un roman explosif et un plaisir immense de lecture!

« Si Dieu avait l’intention d’envoyer qui que ce soit pour empêcher cette apocalypse, il l’aurait déjà fait. S’il n’a envoyé personne, c’est qu’il en avait assez de l’humanité. Il veut la fin du monde. « 

Bourbon Kid va être désiré, attendu, craint, et toujours, follement enragé…Ses amis ne seront bien sûr pas en reste, et c’est un bonheur de retrouver la fureur de ce groupe! J’adore le ton décalé, les situations loufoques, l’humour permanent qu’il faut prendre à tous les degrés d’alcool avec lequel ils sont tous arrosés, les odeurs fétides que l’on a de la chance de lire plutôt que de sentir, l’ultime cavalcade biblique revisitée façon démentiellement cinématographique. Même avec ce souffle de fantaisie déjantée, il n’en reste pas moins que l’auteur sait maîtriser son suspense, et que dans ce grand flacon noir de Bourbon, il y a le secret de la boisson: la terrible addiction! Alors, vous en prendre bien un verre, non?

 

Ma note Plaisir de Lecture  9.5/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture addictive!

Metro 2033, Dmitry Glukhovsky – Défi CannibElfique- LC.

Couverture Métro 2033

Pourquoi je l’ai choisi:

J’étais très curieuse de partir à la découverte d’un nouveau territoire…J’ai reçu les appels de phares , et je n’ai pu résister à l’attraction du post-apocalyptique de ce métro russe…Je suis très contente d’avoir convaincue ma binômette de se lancer dans ces tunnels, parce que seule, j’avais un peu la frousse….

Synopsis:

2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inha­bitable, est désor­mais livrée à des monstruo­sités mutantes. Moscou est une ville aban­don­née. Les survi­vants se sont réfu­giés dans les pro­fon­deurs du métro­politain, où ils ont tant bien que mal orga­nisé des micro­sociétés de la pénurie. Dans ce monde réduit à des stations en déli­quescence reliées par des tunnels où rôdent les dan­gers les plus insolites, le jeune Artyom entre­prend une mission qui pour­rait le conduire à sauver les derniers hommes d une menace obscure… mais aussi à se découvrir lui-même à travers les rencontres improbables qui l’attendent.

Les personnages:

C’est bien la première fois, que je me lie autant à un lieu, et pas forcément, aux personnages. Finalement, la force de ce roman, c’est que c’est le Métro lui même qui devient le personnage principal, et non pas les êtres qui crapahutent en ces tunnels…On a du mal à s’attacher à ses personnages sans élan héroïque, ils leur manquent un pointe de luminosité, même si je pense que c’est intentionnel, pour faire mieux briller ce lieu de ténèbres…C’est très original!

« L’important c’est de reste le même au fond de son cœur, ne pas renoncer, ne pas s’avilir… »

Ce que j’ai ressenti:…Une terrifiante traversée souterraine…

« Est-ce qu’un être humain qui n’a jamais vu d’étoiles peut imaginer l’infini? »

Bienvenue dans l’antichambre de l’Enfer, heu, dans le Métro russe, version post-apocalyptique!!! Comment vous dire?! Il ne fait pas bon vivre dans ses tunnels obscurs, avec l’ombre de la menace des Noirs, continuellement enfermés dans les ténèbres…Peu de place pour la rêverie, les bons sentiments et l’hospitalité…Il règne en ces lieux, une ambiance oppressante qui ne vous lâche plus! Saisissante, asphyxiante, viciée, chaque inspiration est une souffrance autant pour ses personnages que pour nous, lecteurs. Cette ballade dans ce Moscou revisité, est empreinte d’une menace sourde, presque surnaturelle, affreusement anxiogène…Tous nos sens sont aux aguets: le danger réel et irréel se glisse dans ses lignes, chaque détour est un abysse profond, chaque intersection, une angoisse supplémentaire…

« Maintenant qu’il mesurait l’ampleur de la déchéance humaine, sa foi dans les lendemains radieux s’était évanouie . »

De tous les romans dans ce genre, je crois que celui ci, se distingue vraiment par cette atmosphère plombée par cette peur ancestrale du noir, mais pas seulement le Noir, presque le Néant…Absence de lumière, de beauté, et a fortiori d’espoir… Le Metro devient le héros ténébreux, et  il nous dévoile ses pires recoins entre ses ombres monstrueuses, ses pièges nébuleux, ses inquiétantes voies, ses pires détracteurs…Ce qui m’a vraiment plu, c’est cette manière d’aborder le post-apocalyptique,  il ne reste Rien: rien à sauver, rien à valoriser, (presque plus) rien à Croire. On sent vraiment que c’est la Fin de tout, du monde mais aussi des moindres valeurs…Ici l’auteur se penche sur l’aspect spirituel de l’humain face à l’inéluctable, il nous donne matière à réfléchir sur les questions existentielles, et en même temps dresse un portrait peu reluisant de la nature humaine, la balance entre le Bien et le Mal penche affreusement d’un côté, et du coup offre un incroyable thriller d’une noirceur poisseuse…Avec cette intrigue, la claustrophobie te saisit au détour d’un rail, et elle ne te lâche plus jusqu’à la fin du voyage…

« Celui qui trouvera en lui-même assez de patience et de courage pour scruter toute sa vie les ténèbres sera le premier à y apercevoir un éclat de lumière. »

En suivant Artyom, jeune homme qui se lance dans une mission quasi suicidaire, on fait le tour des stations et des pires travers humains. Chaque voie empruntée par ce personnage, nous offre un panorama des violences  dans lequel l’Homme peut s’illustrer en tant de crise, autant psychologique que physique…En plus de l’absence de luminosité du lieu, cette excursion emprunte tous les cercles du vice et de la cruauté, se nourrit du sang et de l’incrédulité des plus faibles, et il parait, (selon une légende), qu’en creusant un peu, les Enfers seraient au centre de la Terre: on s’en approche dangereusement dans ses pages…

« Mais le diable a de ces blagues parfois! »

Un premier tome qui pose bien ses bases: On voyage dans les bas-fonds de la Russie, la philosophie prend le pas sur nos peurs les plus primales,  l’horreur rencontre un lieu parfait de perdition, on se délecte de cette tension de tous les instants…Alors bien sûr, on se jette sur la suite de ses aventures souterraines, histoire de se faire encore plus peur que nécessaire…Vite Metro 2034!

« Ce n’est pas la mort qui effraie. C’est son attente. »

Le petit plus: Le plan du Metro moscovite en couleurs! Déjà, il rend super à l’oeil, mais surtout, il est absolument nécessaire, pour cette lecture étant donné, la complexité des noms russes des stations. A chaque chapitre, on sait où l’on est, et c’est vraiment appréciable pour la visualisation de la progression…

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Titre : Métro 2033

Auteur : Dmitry Glukhovsky
Édition : Livre de Poche (11/01/2017)

Résumé :
2014. Une guerre nucléaire a ravagé la Terre. 2033. Quelques dizaines de milliers de Moscovites survivent tant bien que mal dans le métro. Ils sont organisés en microsociétés qui habitent une ou plusieurs stations de métro, se dotent de diverses formes de gouvernement et de croyances.

Les tunnels sont laissés aux parias, aux rats et à tout ce qui rode dans les ténèbres.

Artème est l’un de ces survivants. Une menace plane de l’extérieur, sa portée est connue par quelques-uns, Artème est chargé de transmettre cette information et doit atteindre Polis – une communauté de stations qui préservent les derniers vestiges de la civilisation humaine. Il est le dernier espoir de survie de l’humanité.

Commence alors une quête homérique, une odyssée dans le métro moscovite, où il va croiser tour à tour trafiquants, mystiques, néo-nazis et leur quatrième Reich, la première brigade « interstationnale », des religieux, des sectaires.

Il baignera dans les légendes urbaines du métropolitain.

Critique de Cannibal Lecteur :
Toi qui ouvre ce livre, n’oublies pas de prendre avec toi un AK 47, des chargeurs avec des balles à profusion car dans ce monde souterrain, ce sera ta survie, mais aussi ta monnaie d’échange car les billets ne servent plus à rien, ou alors, à se torcher le cul.

Ça, c’est ce qu’il te faut si tu décides de te balader dans les tunnels du métro moscovite… On ne sait jamais qui on peut croiser dans les coursives.

Si tu désires aller prendre l’air dehors, pauvre fou, n’oublies pas d’enfiler une combinaison étanche et de te munir d’un masque à gaz ! Et d’un bazooka !

Tant que j’y suis, je te donne un conseil d’initié : si un mec commence à faire dans son froc en bégayant qu’il y a des Noirs dans le tunnel, tire à vue ! Non, ce n’est pas un acte raciste mais de survie car ces espèces de trucs n’ont rien d’humains.

Tant que vous y êtes, tirez aussi à vue sur les chiens et surtout sur les bibliothécaires ! Ces derniers sont des abominations et rien à voir avec vos livres rentrés en retard. Devant eux, un seul mot d’ordre « Fuyez, pauvres fous, mais en silence »… Ben oui, il est déconseillé d’être bruyant dans les biblios et paraît que le bruit attire ces sales trucs.

Ah, au fait, pas besoin d’abonnement du métro, votre passeport suffira et prévoyez assez bien de munitions, c’est le plus important.

Le post-apocalyptique n’est pas mon genre de prédilection, mais de temps en temps, j’aime sortir de ma zone de confort et m’encanailler ailleurs que dans des polars. Surtout quand l’idée vient de ma binôme de lecture.

Niveau angoisses, j’ai été plus que servie et je ne regarderai plus les stations de métro du même œil, dorénavant.

Après une guerre nucléaire qui a ravagé toute la terre (toute ?), les survivants se terrent dans le métro de Moscou, reproduisant à petite échelle les différentes sociétés telles qu’on les connait à grande échelle : entre les stations gouvernées par des nazis, des communistes, des Rouges, des mystiques, des tarés, des mafiosis, des commerçants, faites votre choix.

Le personnage principal, Artyom, est un jeune homme qui n’est jamais sorti de sa station et qui se voit confier une quête qui va lui faire traverser une partie du métro.

En se mettant en route, notre jeune homme, qui n’a rien d’un héros, ne sait pas qu’il va vivre sa plus fabuleuse aventure de toute sa life. Accroche tes mains à sa taille, pour pas que la chenille déraille… Et n’oublies pas de tirer à vue (et de bien viser) si jamais tu croises un truc pas net !

L’écriture est facile à suivre, agréable, elle vous entraîne dans les méandres du métro Moscovite, qui a tout d’un enfer, et heureusement qu’il y a un plan en première page, sinon, je m’y serais perdue, vu les nom des stations assez compliqué.

Là où j’ai tiqué, c’est que notre Artyom aurait pu mourir 20 fois et qu’à chaque fois, il a été tiré d’affaire pas la Providence qui a mis la bonne personne sur son chemin afin de le sauver… Bon, une fois, ça passe, deux fois, ça fait lourd, mais trois fois, faut arrêter car ça devient répétitif et moins plausible.

Autre chose que j’ai trouvée dommage, c’est que durant sa quête, les compagnons de marche d’Artyom ne fassent que de passer… Je ne dis pas qu’il fallait nous faire une fraternité de la quête de l’anneau, mais bon, j’aurais aimé voyager plus longtemps avec certains, dont Khan, et ne pas me contenter de les voir durant quelques chapitres avant qu’ils ne disparaissent en faisant pchiiitttt.

Tant que je suis dans l’énumération des petites choses qui dérangent, je me demande aussi où sont passées les femmes ?? Putain, on en croise pas des masses dans les couloirs, à croire qu’il ne reste plus que des mâles. La Nature a inversé les choses, ou alors c’est à cause de l’apocalypse, car après lecture, j’ai l’impression qu’on a 90% de bistouquettes pour 10% de nibards.

Malgré ces petits points noirs, le reste est passé comme une rame de métro sur des rails bien huilés : le voyage était intéressant, rempli de rencontres bizarres ou intéressantes, avec une bonne louche de mysticisme et d’ésotérisme, mâtiné de religions toutes plus folles les unes que les autres.

Avec quelques réflexions profondes et pas dénuées d’intérêts pour qui voudrait y réfléchir plus fort après sa lecture.

Je me suis attachée à Artyom, j’ai aimé son côté un peu adolescent, paumé, couard, pas très sûr de lui, et qui, malgré ses peurs, continue d’avancer en se tapant des kilomètres et des kilomètres de tunnels sombres de métros, avec tout les dangers qui s’y cachent, tapis dans l’ombre.

Si le début est un peu lent, s’il y a quelques passages un peu moins intéressants, je peux vous dire que les 200 dernières pages se lisent à la vitesse du TGV roulant sur des pelures de bananes ! Cours, Artyom, cours !! Mon cœur a palpité.

Alors oui, ce n’est pas de la toute grande littérature, ce n’est pas du post-apocalypse avec un message à la clé (le message est juste un peu plus long que 3 tweet de Donald), on a des moments de réflexions profondes, mais l’action ou la marche à pied sont plus présentes dans le récit que la philosophie. De plus, la succession des régimes politiques dans les stations pourraient devenir indigeste pour certains…

S’il y a du réalisme dans ce roman, il y a aussi une dose de fantastique ou de SF, à vous de voir dans quelle catégorie vous classerez le bestiaire des animaux qui ont mutés suite aux radiations nucléaires.

Un roman post-apocalypse qui n’a rien de la lecture de l’année, pourtant, j’ai apprécié la lecture, j’ai ressenti de l’effroi dans les tunnels sombres et habités par on ne sait pas trop quoi, j’ai eu de l’empathie pour ce brave Artyom, j’ai tremblé pour lui, j’ai armé ma Kalachnikov en même temps que lui et je compte bien redescendre sous terre pour les deux tomes suivants !!

Les enfants de Venise, Luca Di Fulvio

Couverture Les enfants de Venise

Pourquoi je l’ai choisi:

J’avais enfin hâte de me faire mon avis sur cet auteur qui a bouleversé tant de cœurs…Hâte d’embarquer vers Venise en ce début d’été, pour mieux voyager dans le temps et les émotions….

Synopsis:

« Quand Mercurio s’était jeté dans le canal, Giuditta avait eu la tentation de le retenir. Ou de s’y jeter avec lui. Elle ne voulait pas renoncer à la sensation de sa main dans la sienne. Elle ne voulait pas renoncer à lui. Déjà, les nuits précédentes, dans le chariot, elle avait senti une forte attraction pour les yeux de cet étrange garçon. Qui était-il ? Il n’était pas prêtre, il le lui avait avoué. Quels mots avait-il dits en sautant du bateau ? Elle se souvenait à peine. Sa tête se faisait légère. “Je te retrouverai”, voilà ce qu’il avait dit. »

Ce que j’ai ressenti: ♫Je te promets une histoire différente des autres, J’ai tant besoin d’y croire encore…♫

« Il n’y a pas de rêves trop grands… »

Drôle d’impression que de vouloir toujours rester dans un livre, avoir envie de le terminer et en même temps ne jamais vouloir qu’il se finisse…J’aurai voulu rester à voguer indéfiniment à Venise, ramasser mon cœur en miettes que j’ai dû sans doute perdre sur un pavé, prendre la main d’un enfant des rues et lui offrir la douceur d’un regard…Peut-être oserais-je même vous chuchoter que ce livre est un chef d’œuvre, qu’il m’a tellement émue que je peux affirmer que c’est un de mes plus grands coups de cœurs littéraires, que la plume de cet auteur est si emplie de passion, que j’ai cru défaillir lors de ce moment de lecture, mourir un peu plus pour mieux revivre l’instant d’après, et qu’en plus, elle monte en crescendo…Toute l’Italie est là: vivante, vibrante…

« La vie est simple. Quand elle devient compliquée, ça veut dire qu’on se trompe quelque part. Ne l’oublie jamais. Si la vie devient compliquée, c’est parce que c’est nous qui la compliquons. Le bonheur et la souffrance, le désespoir et l’amour sont simples. Il n’y a rien de difficile. »

Il a ce goût du premier amour, celui de deux adolescents qui passent de l’enfance à l’âge adulte, et qui aime démesurément, presque avec cet élan si intense qu’il en devient dangereux, mais aussi qui va au delà de toute forme d’obstacle, qui combat dans un battement palpitant commun…L’amour tragique ou la tragédie de l’amour, en fait, peu importe c’est ce qui soulève les cœurs…En voici deux, de cœurs purs, qui d’un regard ouvre l’infiniment beau, l’infiniment romantique et qui même, cent fois contrarié se retrouvent toujours…Il y a comme une urgence à s’aimer ainsi, comme si cette intensité qui les submerge pouvait aussi bouleverser les mentalités…

« L’amour nourrit et engraisse. La haine consume et creuse. L’amour enrichit, la haine soustrait. »

Les enfants de Venise, et particulièrement ce quatuor de personnages apporte un souffle de candeur et de vie, pour mieux apprivoiser cette lumière d’innocence au milieu de cette misère écrasante. Mercurio est un magnifique personnage, ce petit arnaqueur vous volera aussi votre cœur, tant son intention de grandeur, est sincère. Il trompe avec panache, il se trompe avec naïveté , mais il a toujours cette flamme d’honneur qui l’anime envers et contre tout, et curieusement, il contamine dans le Bien, son entourage…Cette petite graine, est sûrement né, dans la boue fangeuse, mais il fleurit dans notre esprit, comme un petit trésor d’idéalisme…Avec ses quatre orphelins, on explore toutes les couches sociales de cette ville en expansion, et avec leur regard neuf, les failles sont encore plus perceptibles, plus malignes encore, peut être plus féroces pour notre esprit…Toute cette violence, cet éclat de chaos, cette misère, leur destin et les chemins qu’ils empruntent n’en sont que plus passionnant à suivre…

« Devenir riche, ça ne veut rien dire. Tu dois vouloir quelque chose qui nourrit le cœur. Ou tu mourras à l’intérieur. »

Luca Di Fulvio a su insuffler la passion dans cette Histoire, nous faire revivre avec émotion le Venise du XVIeme siècle, avec tout le cadre politique, religieux et social. Antisémitisme, jeux de pouvoirs, corruption, inégalités et injustices sont le quotidien de cette Italie en proie au fanatisme, et cette faille entre l’Etat et l’Eglise voit ses pires détracteurs…Arpenter ses pages, c’est revivre le poids de l’Inquisition, se confronter à la pauvreté, respirer de cette misère infâme et porter un regard sans doute plus profond dans ces eaux salies par le sang de l’intolérance. Autant vous le dire de suite avant que vous ouvriez ces pages: une lecture qui ne laisse pas indemne, tellement belle qu’elle vous renversera, tellement intense que vous voguerez au souffle de la Liberté…

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie pour l’envoi de ce livre! J’ai rarement lu, livre plus beau que celui ci! Merci de votre confiance, ce fut une révélation cet auteur…

L’ombre du pouvoir, Fabien Cerutti.

Couverture Le bâtard de Kosigan, tome 1 : L'ombre du pouvoir

Pourquoi je l’ai choisi:

J’avoue que la couverture accroche bien l’œil par son dynamisme mais quand j’ai vu que le synopsis annonçait des princesses elfiques, j’étais plus que partante de me lancer dans cette découverte! Une lecture qui rentre dans mon petit challenge!

Synopsis:

Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe.

En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis.

À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel…

Ce que j’ai ressenti:…Jeux d’ailes et d’épées…

Autant vous le dire tout de suite, j’ai adoré le personnage principal! Le Bâtard de Kosigan est un filou de première, quasi irrespectueux des conventions, secret et manipulateur, charmeur et irrésistible, plus intelligent que ce que ses adversaires peuvent croire!  Donc, à suivre un bout-en-train avec une épée à la main et de sacrées cartes dissimulées dans son jeu de pouvoir, cela nous donne une lecture énergique et pleine de rebondissements chevaleresques!

« Plus grands sont les pouvoirs que l’on cherche à contrôler et plus grandes sont les contreparties que l’on doit être prêts à concéder pour les obtenir. »

Mercenaire émérite, et sacré adversaire en joute, ce Bâtard à la réputation sulfureuse, va séduire les femmes, mais va mener la vie dure aux hommes! Surtout qu’il possède quelques jolis avantages attribués par la Nature et, en fricotant avec les Elfes, il se peut que ces pouvoirs en seront sûrement augmentés, mais cela il faudra sans doute le vérifier avec la suite que je suis déjà impatiente de découvrir! En tout cas, c’est lui qui mène la danse, et même en situation délicate, il sort son épingle du jeu, grâce à son équipe tout aussi truffée de talents que son chef!

« Dieu est au cœur de chaque homme, apparemment. Mais, la plupart du temps, il demeure trop bien caché pour qu’on puisse le trouver. »

J’ai une passion pour le Moyen-Age et ici, je trouve que l’auteur rend bien cet esprit de stratégies et de complots en ces périodes troubles de lutte pour le Pouvoir et le Règne, avec ses mariages arrangés, ses trahisons et meurtres commandités. Ces jeux d’honneur et ses duels à l’arme blanche auront toujours ce charme particulier qui rende palpitante cette lecture. Les scènes de combats sont vivantes, les alliances se font et se défont au gré du son trébuchant de l’or des bourses, mais la victoire reste incertaine et tout est question de timing, très serré…

« Celui qui vit par l’épée finit presque toujours par s’en prendre une dans le ventre. Il y a là comme une sorte de règle. »

J’ai bien sûr été agréablement surprise de trouver dans cette revisite historique, une pointe féérique! Parmi les bassesses humaines, ses elfes donnent une certaine envolée pleine de charme et de magie. Je suis enchantée du projet de la Comtesse Elfique Catherine, et il me tarde d’en savoir plus…

La Magie est de ses pages, le Féérique tournoie en robe aussi à ses tournois de croisées d’épées, sans compter que l’impertinence pétillante des dialogues et la croisade fantastique nous donne un spectacle en mille mots et couleurs. Un roman d’aventure comme on les aime!

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Folio SF pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture palpitante!

 

Royaume de vent et de colères, Jean-Laurent Del Socorro.

Couverture Royaume de vent et de colères

Pourquoi je l’ai choisi:

J’avais repéré ce livre sur Babélio, où les avis sont tous plus enthousiastes les uns que les autres…Et puis, il a été proposé en Masse Critique…J’ai été ravie d’être sélectionnée pour cette lecture! Merci donc à l’équipe Babélio et aux éditions J’ai lu pour l’envoi de ce livre!

Synopsis:

1596. Deux ans avant l’édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s’oppose à Henri IV, l’ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi. À La Roue de Fortune se croisent des passés que l’on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s’essaie à un métier sans arme. Les pions sont en place. Le mistral se lève. La pièce peut commencer.

Ce que j’ai ressenti:…Quand le Mistral souffle de colère…

Un royaume mis à sac par la guerre de religion, un saut dans le temps conséquent, une ville d’indépendance, un brin de magie: autant dire que le cocktail avait de quoi m’attirer!

« Les plaies se referment et les os se ressoudent, mais enlève-moi l’honneur et je ne vaudrai guère plus qu’un chien. »

Marseille, la belle…Marseille, la rebelle…C’était presque une évidence de lire ce livre de Jean-Laurent Del Socorro! Il nous la rend tour à tour charmante, dangereuse, mystique, magique, colérique. 5 adjectifs comme les doigts d’une main, et cette main se referme sur un complot qui refoule des odeurs nauséabondes politiques et religieuses. Inutile de dire que ça gronde pas mal dans les rues du Panier, et Marseille vibre, et n’aura pas peur de faire couler le sang jusqu’au port, qu’il en ferait changer la couleur de ses eaux…Marseille, l’insoumise…

« Oui, demain Marseille deviendra folle, la tempête soufflera plus fort encore pour abattre ses murs comme un château de cartes. »

Les personnages sont la partie immergée de ce conflit, les acteurs de l’ombre. 5 comme les doigts d’une main, qui feront justement changer la Main du Destin, en enrayant tels des grains de sables, les rouages du pouvoir français. Ils sont aussi forts que le mistral, d’une froideur à couper à couper au couteau, mais le cœur bouillonnant…Tour à tour mis en lumière, leurs petits talents personnels nous éblouissent au milieu de ses ténèbres…La Roue de la Fortune livre sa plus belle galerie rotative de personnages forts et attachants…

« Lire et écrire, ça sert à être libre Axelle. Moi, j’sais pas lire. Toi, tu n’auras besoin de personne pour déchiffrer les mots. Tu feras seule tes propres choix. »

De par sa construction originale, ce roman est un vrai plaisir de lecture! C’est à la fois court, percutant et précis, bourré d’humour aussi, mais l’auteur arrive surtout à saisir toute une époque, à retranscrire toute une ambiance de sang et de chaos saisissante! Et si on se réjouit d’en savoir plus le contexte de guerre qui ont fait rage en ces temps anciens, il n’en reste pas moins que l’on a aussi une touche de magie qui nous ensorcelle…La force du Tarot de Marseille va battre ses cartes sur l’échiquier politique, et ses figures ont plus d’un tour dans leur sac, et les mains armées…

Il ne faut qu’une main, 5 doigts pour tenir cette petite pépite de science-fiction, et vous dire au cas, où il vous manquerait encore une bonne raison, que c’est un coup de cœur!!!

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

 

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