La Fille aux Ciseaux, Jorge Franco.


Synopsis:

Antonio et Emilio sont amoureux de la même fille, Rosario, la fille aux ciseaux, la belle tueuse, la Vénus futuriste, fascinée par la violence et la mort. Elle a séduit les deux garçons et les a entraînés dans un triangle amoureux fait de plaisir, de vertige et de peur, entrecoupé par les missions mortelles qu’elle effectue pour “les hommes” du narcotrafic. Rosario aimait Emilio mais c’est avec Antonio qu’elle parlait, et c’est Antonio qu’elle a appelé à l’hôpital où elle est en train de mourir, exécutée par celui qu’elle pensait tuer. Roman noir des bas-fonds de la drogue, de la prostitution et du crime, avec en toile de fond la ville de Medellín, La Fille aux ciseaux est aussi un roman d’amour et d’apprentissage vibrant et poétique.


Ce que j’ai ressenti:

▪️ ♫Excuse-moi Partenaire, de te parler comme ça …Mais il va falloir éteindre la passion dans tes yeux, Partenaire. Reprendre tes esprits et ton cœur en miettes…Rosario se meurt et c’est dans un dernier baiser qu’elle reçoit le vertige…Tu l’as aimé Partenaire, oh ça oui! Aimer à te consumer de l’intérieur, à te brûler à des flammes toxiques, à basculer dans le vide…Car elle est comme ça, Rosario, Fatalement attirante, Fatalement mortelle. Et puis, tu la désires tellement Partenaire, mais tu restes dans l’ombre. À l’attendre. À te tuer d’amour quand elle embrasse tous les autres, sauf toi. Excuse-moi Partenaire, de te parler comme ça, mais va falloir l’oublier La fille aux ciseaux. C’est mieux pour toi…Excuse-moi Partenaire de te parler comme ça…

-C’est ça la connerie, dit-elle. Souffrir par amour.

▪️La vie n’est pas rose à Medellín. C’est un combat de tous les jours dans ces rues et ça, Rosario l’a compris intimement bien avant l’heure. Alors forcément, elle prend les armes dont elle dispose: sa beauté et ses ciseaux. Dans cette ville, on engloutit voracement les calories, la violence, la merde et la drogue. La mort aussi est suspendue à leurs lèvres, mais c’est sur celles de Rosario qu’une poignée d’hommes s’abîment…C’est absolument bouleversant cette visite de la ville parce que le crime est omniprésent, presque banal…Le cadre de cette histoire d’amour toxique est d’une violence extrême, et pourtant, dans la façon désespérée et inconditionnelle dont ses jeunes se perdent, il y a quelque chose de terriblement beau. Jorge Franco a soufflé des sorts dans ses mots, et même s’ils rimaient avec mort, j’ai été envoûtée de la première à la dernière phrase…

Rosario reçut en même temps une balle à bout portant et un baiser, et c’est pourquoi elle confondit la douleur de l’amour avec celle de la mort.

▪️C’est un roman court et intense. D’un genre ténébreux et violent, qui vient taillader mes illusions d’amour romantiques, mais donne en échange les couleurs blafardes et furieuses d’une passion vénéneuse… Un shoot de vibrations vertigineuses à la saveur si particulière…Il a la sensualité d’un baiser fougueux et le goût de la mort, ce roman noir. Et tout le charme en revient à l’héroïne, Rosario Ciseaux. Elle est fascinante, hypnotique même…Impossible de détourner les yeux d’elle…Et on comprend aisément que tant d’hommes brûlent d’amour dans ses bras. Elle est douce et dangereuse, Rosario. Comme la mort. Tellement qu’elles se confondent toutes les deux…Elle est La fille aux ciseaux, et faire sa rencontre pourrait à jamais changer votre vie.

-Je ne comprends rien à cette manie que tu as d’embrasser les morts!

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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La tête sous l’eau, Olivier Adam.


Synopsis:

Quand Léa a disparu, ils ont tous arrêté de respirer. La tête sous l’eau. D’un coup.
Elle s’ennuyait à Saint-Lunaire, Léa, c’est sûr. Quitter Paris pour ce bled breton, sur le coup de sang d’un père dépressif, ça n’a fait plaisir à personne. Mais de là à fuguer ? A-t-elle vraiment fugué d’ailleurs ? Son frère, Antoine, n’y croit pas. Ses parents non plus. Ils ont tout envisagé, même le pire.
Et puis comme la marée, Léa est revenue. En ramenant de loin des horreurs et des silences. On a sorti la tête de l’eau. Et la tempête est arrivée. Déferlante sur déferlante. La vie comme un esquif.


Ce que j’ai ressenti:

« Tout le monde a l’air heureux. La mer est belle. Qu’est-ce que j’en ai à foutre? »

Je suis d’humeur déferlante. À me plonger La tête sous l’eau. Ressentir le pouvoir de la mer. D’humeur à lire les mots de Olivier Adam, et découvrir l’histoire de Léa. Et j’écris pour ne pas oublier cette petite. Léa qui se prend une vague de tristesse, et dans son désespoir d’adolescente en mal de vivre, disparaît. Et quand elle revient de ses eaux troubles, son regard est mouillé. Et brisé. Alors j’écris, même si tu n’entends pas, que tu ne réponds pas. Pourquoi d’ailleurs, tu ne réponds pas?! Ça sent la mer et ça, j’adore. Mais tu ne réponds pas.

J’ai regardé Léa, aimer et souffrir. Et puis, j’ai suivi les péripéties d’une famille qui explose. Des liens qui claquent dans le vent. Des paroles de trop et des silences pesants. Et la mer, si belle, comme repère. J’ai même constaté comme le malheur peut frapper plus fort qu’un tsunami. Et puis, un frère face à la détresse et va mettre sa tête sous l’eau. Noyer son regard aussi dans la mer et l’amour. Alors j’ai laissé un peu d’émotions dans la mer. Je voulais me casser en mille morceaux. Et puis les vagues puissantes, ça soulage.

Mais il y a toujours toi qui répond pas. Toi qui obsède, toi que je devine, toi que j’essaye de saisir. Et dans le dernier rouleau de la vague de cette lecture, elle est là, cette vérité. Tranchante. Et puis la mer qui a réponse à tout. La mer qui apaise, la mer que je rêve, la mer qui prend tout.

C’est une histoire d’amour déçu et de drame horrible. C’est la spécialité de cet auteur de nous bousculer ainsi, et à chaque fois, je manque respirer. Mais là, j’ai volontairement mis La tête sous l’eau. Alors je ne vais pas me plaindre. Juste vous dire de ne plus me parler de ces histoires de filles qui disparaissent et qui reviennent avec des yeux éteints. La mer est belle. Et je n’en ai pas rien à foutre…

Kisses,

✨Stelphique✨

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Chauffer le dehors, Marie-Andrée Gill.


Synopsis:

Dans le blizzard d’une peine d’amour, un texte unique qui renoue avec la vie. Elle souhaiterait faire encore partie du décor, s’inscrire dans l’ordinaire de chaque jour avec lui, trouver un remède aux morsures de sa douceur. Elle a peur de le croiser au dépanneur du village et que leurs corps provoquent une perpétuelle dernière fois. Dans sa tête, une question joue en boucle : Comment se retrouver dans l’étendue de la fin ? Le dehors est posé comme seule réponse au dedans à broil. Pendant que la tempête gronde et que le temps panse lentement la déchirure, la voix de la forêt et des saisons donne à entendre quelque chose comme un début d’apaisement et de gratitude. Le coeur ouvert aux souffles des bélugas et des ski-doos, Marie-Andrée Gill se réfugie dans l’écriture pour accepter l’impossibilité de l’amour, pour exister quelque part, dans le rappel des moments fous.


Ce que j’ai ressenti:

Si vous vous demandez où je suis maintenant…

Comme si de rien n’était

Je lisais, un soir tantôt plus cendré

La poésie de Marie-Andrée Gill

Quelque chose de subtil…

Un petit espace en dedans

Pour faire éclater les blancs.

Imaginer, le Chauffer le dehors

Dans les lignes noires, et alors

J’ai vu le solfège des tempêtes

Le cœur anxieux des jours de fêtes

Qui n’en sont plus. Elle s’écrie

Des émeutes de sensations inouïes

Sur des paysages violines

Et des miettes de corps en abîme

Sur des forêts de promesses…

Dans les poèmes qu’elle nous laisse

Ça tourne, ça s’enflamme, ça crash

Dans des silences anthracite flash

Parle d’un futur qui hausse les épaules

Des nuits à peine plus sucrées folles

Qu’une femme laisse s’échapper

Par les fenêtres sans volets

Des petits instants de beauté

A qui voudra bien les attraper…

.

« Le dehors est la seule réponse que j’ai trouvé au dedans. »

.

Moi aussi, Marie-Andrée Gill, moi aussi. Et maintenant, j’essaye de réchauffer mon dedans avec les jolies couleurs que tu as mis dans ce recueil.

Des surchauffes en-dedans en regardant l’étrange en-dehors,

des émotions du-dedans à voir le calme du-dehors,

et je laisse s’accrocher des mots

sur des paysages nouveaux

où la douceur dévore les peaux.

.

Si vous me demandez où je suis maintenant,

C’est moi qui essaie d’écrire de quoi de beau avec les paillettes de ma féerie.

.

✨Stelphique✨

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

dix hivers à Venise, Valerio Mieli.


Synopsis:

Le «Quand Harry rencontre Sally» à l’italienne.
Lorsque Camilla et Silvestro se croisent pour la première fois, ils se regardent mais ne s’apprécient pas vraiment. Il est farceur et dilettante, elle est studieuse et solitaire.
Mais, désormais seuls sur un vaporetto sur les eaux brumeuses de Venise, l’alchimie opère. Et voilà, c’est parti pour dix années à se croiser, se revoir, se chercher, s’éviter, se perdre, se rater entre Venise et Moscou.
Des jeunes années pas forcément perdues, où chacun des personnages tente de devenir adulte, et où chante l’imperfection de la vraie vie qui ne tombe jamais juste. Entre hésitation et rendez- vous manqués, leurs chemins se scelleront-ils enfin ?
Un premier roman prometteur qui a pour but de faire connaître Valerio Mieli en France, mais qui est aussi un pari artistique.
Alors que de plus en plus de livres sont adaptés au cinéma, ici, c’est le film qui a donné lieu à un roman. Dix Hivers à Venise permet de faire un lien entre la littérature et le cinéma, l’écriture scénaristique et l’écriture romanesque, et offre déjà de riches discussions interdisciplinaires.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Se connaître…(Rendez-vous manqués)

Camilla et Silvestro, c’est une rencontre sur les eaux de Venise. Deux jeunes sur un bateau et une ville de tous les possibles. Un homme et une femme qui se raconte, en tandem. J’ai adoré cette façon d’écrire les sentiments de l’un et de l’autre avec deux polices différentes. Ce premier hiver, c’est le début d’une attirance mais ce n’est pas celui de l’amour. Pas encore, parce que l’on est loin de l’évidence. L’amour, il prendra son temps à les regarder de loin en souriant, à les voir se rejeter et s’assembler, vivre et se séparer mais revenir toujours dans ce petit cocon. Mais on est en Italie, et l’Italie, c’est le pays de toutes les passions, alors on attend avec une certaine complicité les grandes effusions de tendresse…Dix années pour qu’il se dégèle, cet amour transi…Dix hivers à Venise

Venise me plaît parce qu’on dirait un grand salon en désordre où rien de réellement grave ne peut arriver, où les gens ne souffrent et ne meurent jamais.

▪️S’apprivoiser…(Rendez-vous distendus)

C’est une jolie romance et pourtant, elle n’est pas mielleuse ou simple. C’est à mon sens, le gros point positif de cette histoire, étant donné que ce n’est pas dans mes habitudes de lire ce type de lecture. Elle a un petit quelque chose d’irrésistible qui fait qu’on voudrait voir Camilla et Silvestro s’unir mais que l’insouciance de l’âge les fait s’éloigner, l’un de l’autre. Comme si c’était, peut être, les bonnes personnes, mais pas le bon timing. Entre la distance ou les humeurs, ils ratent les meilleurs moments de vie, de leurs vies ensemble, en tout cas. J’ai aimé que le point de chute se trouve toujours à Venise, mais c’était sympa de visiter à travers leurs yeux aussi, la Russie, le temps d’une année. C’était beau de voir à travers leurs yeux, l’amour indécis et la neige en décor…

J’attendais qu’il m’embrasse, sur ce canapé orange couvert de poussière.

▪️S’aimer…(Rendez-vous lumineux)

En cette fin d’année, un peu de douceur et de romance réconfortante, c’est toujours agréable. Et Valerio Mieli a su capter toute la tendresse des premiers amours dans un environnement romantique à souhait. J’ai trouvé que faire durer cette attirance sur dix ans, ça donnait une profondeur plus grande à leurs sentiments, et qu’on s’attache d’autant plus à eux, du fait de cette pudeur et de leurs doutes communs. Tant d’épreuves et de complications pour en arriver là. Bien sûr, je ne vous dévoilerai rien, mais je peux vous dire que Venise est aussi belle en hiver qu’en été, et l’amour a de beaux jours en ces lieux…

« Pourquoi tu es redescendu du vaporetto? »

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Giulia ainsi que les éditions Massot de leur confiance et l’envoi de ce livre.

MASSOT ÉDITIONS

L’histoire d’un cœur qui apprit à battre, Allison.L.Kennedy.


Synopsis:

Marie grandit dans une ville merveilleuse où planent des cerfs-volants comme des oiseaux de paradis. Elle a pour ami Lanmò, un serpent doré aux yeux rubis qui terrifient les hommes. Lui n’a jamais aimé que cette enfant. Bientôt, la ville de Marie s’attriste, quand les bombes s’abattent et que le spectre de la guerre la dévore.
Le puissant Lanmò aurait-il commis une imprudence en s’attachant à un être si fragile ? Et si cette humaine au destin vacillant recélait un précieux mystère ?


Ce que j’ai ressenti:

Quand plus aucun cerf-volants ne voleront au-dessus des toits. Quand les rues seront devenues toutes silencieuses. Quand les buildings deviendront des tas de gravats abandonnés. Quand les villes et les nations seront tombées de la main de l’homme…

Alors, s’il te plaît, à ce moment là, raconte-moi une histoire de cœur.

S’il te plaît. Raconte-moi encore L’histoire d’un cœur qui apprit à battre. Je l’écouterai bien encore une fois, ce conte sensible et magnifique qui parle d’une ville empreinte au chaos, on ne sait où elle se trouve, mais quelle importance…C’est cette fable simple et fabuleuse que je voudrais réentendre puisqu’elle nous parle avec douceur, des aléas de la vie.

Parce que cette petite fille Marie et cet immensément beau Lanmò m’ont touché avec leur amitié non-conforme, avec leur exquise complicité, avec leur façon de s’apprivoiser l’un et l’autre, au fil du temps. Ils égayent de leurs présences, cette ville qui se meurt. Ils prennent une telle prestance dans nos cœurs, qui le font battre avec une, plus poétique intention.

Ce n’est pas mon genre de faire des promesses. Mais je promets que je m’arrêterai dans ce petit bout de jardin, je n’y ferai même pas un pas, et je laisserai mes pensées vagabonder encore avec cette adorable enfant et son ami doré. J’apprendrai de leur sagesse et de leur innocence, je lancerai des rêves heureux et je pleurerai sur les écailles des serpents. Je laisserai l’amour terrible me prendre entière, je lui laisserai mon cœur s’il en veut bien. Ça serait étrange mais sait-on jamais, je lui laisserai quand même…Parce que sentir battre son cœur, c’est beaucoup trop extraordinaire pour passer à côté de cette sensation. Peut-être que j’essaierai de réapprendre à aimer les hommes malgré leurs défauts comme l’ont si bien fait Lanmò et Marie…

Et puisque certains mangent à leur faim quand d’autres non. Et puisque certains tuent pour de faux prétextes quand d’autres essayent de survivre avec de faux espoirs. Et puisque les villes ne conviennent qu’aux oiseaux et non plus aux gens…Mais aussi puisque, tant qu’il y aura des enfants pour regarder le monde avec amour. Mais tant qu’il y aura des animaux pour s’entourer à leurs petites mains. Mais tant qu’il naîtra des amitiés hors du commun pour dépasser les torts de la vie…Alors peut être que…

Alors il sera sûrement venu, le temps d’aller apprendre à faire battre son cœur, quand penses-Tu?

Allez, s’il te plaît, raconte-moi L’histoire d’un coeur qui apprit à battre…Juste comme ça. Par pur plaisir. Elle est tellement jolie. Dessine-moi même un monde meilleur, Allison.L. Kennedy avec un serpent qui parle et une petite fille aventurière…Et n’oublies pas d’y mettre ce petit quelque chose de merveilleux, terrible et étrange qui en fait toute la magie.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Je te suivrai en Sibérie, Irène Frain.

Je te suivrai en Sibérie par Frain


Synopsis:

Pauline est de ces femmes qui brisent les obstacles. Risque-tout, elle quitte sa Lorraine natale à la fin de l’épopée napoléonienne pour rejoindre Moscou où, simple vendeuse de mode, elle est courtisée par un richissime aristocrate. Ivan Annenkov est un fervent admirateur de la France des Lumières et un farouche adversaire du servage. Il appartient à une société secrète qui rêve de renverser le tsar. Le complot échoue, les décabristes sont déportés en Sibérie. Ivan serait mort dans l’oubli le plus total si Pauline, comme sept autres femmes de condamnés, n’avait décidé de le rejoindre. La petite bande, qui deviendra légendaire, soutient si bien les conjurés qu’ils relèvent la tête et fondent, derrière les murs de leur prison, une minirépublique à la française… Qui était au juste cette Pauline qui croisa les hommes les plus célèbres de son temps, de Dumas à Dostoïevski, qu’elle fascina ? Irène Frain a suivi ses traces depuis la Lorraine jusqu’à la Transbaïkalie. Elle ressuscite son équipée et brosse avec feu et sensibilité le portrait d’une amoureuse endiablée.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Par amour…

Suivre Irène Frain, c’est partir en voyage déjà…Peu importe le lieu, je le savais que j’allais partir loin, ailleurs…J’ai découvert cette auteure avec un de ces précédents romans qui m’avait beaucoup marquée: La Forêt des 29. Elle a la particularité de se lancer à la recherche d’un secret d’Histoire, d’aller sur le terrain débusquer des petites et grandes histoires qui vont changer notre monde et elle vient nous les faire revivre dans ses livres-émotions. J’aime beaucoup sa façon de puiser son inspiration autour de personnes extraordinaires. Avec un carnet de brouillon et une légende venue du froid, elle nous fait découvrir le destin incroyable d’une jeune française, Pauline Geuble. Cette expérience de lecture, c’est une sorte de carnet de voyage, de reportage et de mémoire que Irène Frain a, à cœur de ranimer. C’est dans les pas de Pauline, qui elle-même va suivre son amoureux emprisonné, jusqu’à Tchita, au fin fond de la Sibérie que nous découvrons, pourquoi cette histoire vaut le détour. Je te suivrai en Sibérie prend donc une double dimension avec ce titre. C’est fou d’ailleurs, ce que l’on peut accomplir par passion. Comment on peut défier toutes les autorités, tous les obstacles et s’épanouir dans l’adversité. C’est beau quand on peut retransmettre tout ça, par écrit. Ça pourrait être une fiction mais tout est réel, bien réel même, et encore plus bouleversant par la force des mots et des souffrances qui palpitent de nouveau dans ces pages-souvenirs. Pouvoir lire ce portrait de femme et ces quelques secrets d’Histoire ravivés, c’est déjà partir dans une grande aventure… De l’oppression aux enfers des prisons russes, dans le froid et le noir, cette virée en Russie est plutôt saisissante. Je te suivrai en Sibérie est une lecture enrichissante.

« Écrire, c’est résister. »

▪️Laisser une trace…

Qu’elles soient visibles ou bien cachées, le mystère des traces nous fascine. Irene Frain tient à suivre celles des « dekabristki » , ses huit femmes, qui ont tout quitté pour un homme. Une légende qui mérite d’être plus reconnue de ce côté du monde, parce qu’il y a déjà des poètes du grand froid, qui se sont emparés de ce mythe pour parler de ces princesses et femmes de cœur, qui se sont dépossédés de leurs richesses volontairement, pour faire naître l’Espoir au milieu de rien, dans le cœur de quelques hommes. Une histoire inspirante, de l’amour bienfaisant et ce désir intense de lutter contre l’oubli et des valeurs de liberté. Nous découvrons donc ce passé trouble, les décembristes, la dictature en Russie, la réalité de l’emprisonnement et les rêves de grandeur d’une jeunesse oppressée. Des traces de sang. Des traces de pleurs. Des traces de fer. Et de l’émotion brute qui nous parvient comme une bise glaciale par delà les frontières. Je les ai suivies, toutes les deux, jusqu’en Sibérie et c’était Magnifique et vraiment passionnant comme lecture. Dépaysement assuré mais aussi de jolis clins d’œil à la France. J’adore la manière de Irène Frain de mêler ses recherches sur Pauline, à sa propre expérience aventurière. Dans les petits détails ou dans les grandes lignes, elle retrace un joli destin de femme.

« J’aime les traces. Oui, elles finissent par s’effacer. Mais pas toutes. Et la mémoire, lorsqu’elle triomphe de l’oubli, est féroce. »

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Paulsen de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Editions Paulsen

La source de l’amour-propre, Toni Morrison.

La source de l'amour-propre par Morrison


Synopsis:

La Source de l’amour-propre réunit une quarantaine de textes écrits par Toni Morrison au cours des dernières décennies, où se donne à lire, dans toute son évidence, sa généreuse intelligence.
Elle s’implique, débat, ou analyse des thèmes aussi variés que le rôle de l’artiste dans la société, la question de l’imagination en littérature, la présence des Afro-Américains dans la culture américaine ou encore les pouvoirs du langage. On retrouve dans ces essais ce qui fait également la puissance de ses romans : l’examen des dynamiques raciales et sociales, sa grande empathie, et son pragmatisme politique.
La Source de l’amour-propre est à la fois une porte d’entrée dans l’œuvre de Toni Morrison et une somme où se donne à lire l’acuité combative de son autrice. C’est aussi, dans un style dont la vigueur ne cesse de nous éblouir, un puissant appel à l’action, au rêve, à l’espoir.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Une source d’inspiration.

S’il y a une chose qui se démarque de ces textes réunis dans ce recueil, c’est qu’il est une grande source d’inspiration et de sagesse. J’ai lu avec beaucoup d’attention chaque mot, avec le respect immense qu’elle y met elle-même en les posant sur une feuille blanche. Et c’était lumineux et instructif. Un moment de méditation et de réflexions profondes sur les maux de notre temps, sur la culture américaine et sur le travail d’artiste. Être écrivain est une grande responsabilité et elle a pris certaines valeurs très à cœur pour en faire des textes puissants, qui continuent d’influencer et d’inspirer une nouvelle génération. La source de l’amour-propre, c’est une quarantaine de textes qui réunit les moments forts de sa vie, ses combats de femme, son talent et son intelligence qu’elle a mis au service de l’écriture. Sa générosité est immense et elle enveloppe de douceur.

La vie et l’oeuvre d’un écrivain ne sont pas un don fait à l’humanité: ils sont sa condition nécessaire.

▪️De l’Amour Ressource…

J’ai eu l’impression de trouver une véritable source d’amour en lisant ses pages. Des mots intenses, choisis avec soin, et qui soignent des plaies ouvertes. Ce livre est un outil pour saisir tous les obstacles et les fléaux de notre société qui entrave la tolérance et l’amour. Elle nous envoie de l’amour à la puissance de sa résilience, elle dépasse par la force de sa conviction les concepts destructeurs du racisme, du machisme, de la jalousie, de l’ignorance…Elle se fait Voix, d’un peuple ignoré et elle y met tout son cœur pour leur donner enfin une place dans la littérature. C’est une ambition tellement émouvante. J’ai été très touchée par tous ces messages. C’est une femme de cœur assurément, et ça se ressent dans ses mots. 400 pages de cœur battant et de pulsations inspirantes. Du cœur vers nos cœurs…Et c’est pour ce don d’amour, que ce livre est un coup de cœur.

Il n’y a plus d’excuses pour un cœur qui saigne quand son contraire est pas de cœur du tout. C’est avec plus d’humanité qu’il faut faire face au danger de perdre notre humanité.

▪️Conversation avec une auteure éblouissante.

« Il ne s’agit seulement de « vous »: il s’agit aussi de vous et moi. Rien que nous deux. »

Avoir entre ses mains ces textes, c’est un moment précieux de lecture. C’est comme si, elle était encore un peu avec nous, à discuter encore de ce qui divise dans notre monde. Un cadeau qu’elle nous aurait laissé juste avant de partir…Un monologue intime pour comprendre une femme au grand cœur. Elle nous offre ses plus belles pensées, ses plus jolis projets, sa passion et son talent, ses convictions et sa générosité. Pour qu’on puisse s’y référer en cas de doute, dans les moments sombres, et alors tout s’éclaire. C’est avec beaucoup d’humilité que j’ai lu ce recueil, intimidée par autant d’intelligence , de respect envers la littérature, d’amour pour l’humanité. Je sais aussi, que c’est ma première lecture du recueil mais que ce ne sera pas la dernière. Je sais déjà que l’objet livre sera « abîmé » de lectures et relectures…Parce que il y avait des sujets qu’il me faut approfondir, faire plus de recherches sur la littérature américaine et afro-américaine pour vraiment m’imprégner des notions qu’elles développent dans ces argumentations, mais déjà, ces textes là sont d’une grande richesse et éveille beaucoup d’élan artistique et suscite des envies de lectures. Je comptais ce mois-ci, justement lire Beloved, et dans ce recueil, elle m’en a encore plus convaincue. Toute une collection de ses romans est à prévoir dans les prochains jours, tellement j’ai aimé les intentions de cette auteure éblouissante.

Pour moi, ça sera un indispensable, parce que j’ai compris l’état d’esprit et les messages de paix qu’elle a voulu laisser au monde, et c’était magnifique. Merci, Toni Morrison.

« Ce ne sont pas vos parents qui vous ont rêvés: c’est vous. Je ne fais que vous inciter à poursuivre le rêve que vous avez commencé. Car rêver n’est pas irresponsable: c’est une activité humaine de premier ordre. Ce n’est pas du divertissement: c’est du travail. Quand Martin Luther King a dit : « Je fais un rêve. », il ne jouait pas, il était sérieux. Quand il l’a imaginé, visualisé, crée dans son propre esprit, ce rêve a commencé à exister, et nous aussi devons faire ce rêve, afin de lui donner le poids, l’étendue de la longévité qu’il mérite. Ne laissez personne, personne, vous persuadez que le monde est ainsi fait et que, par conséquent, c’est ainsi qu’il doit être. »

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Christian Bourgois pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Editions Christian Bourgois

Sujet Inconnu, Loulou Robert.

Sujet inconnu


Synopsis:

Je. Tu. Elle. Sujet : inconnu. Au fond, elle ne sait pas qui elle est. Une gamine bizarre, grandie sans amis au fin fond du Grand Est. Ici, rien ne se passe jamais. Le vide, l’absurde. Alors il faut partir. Partir pour survivre, partir pour ressentir. Paris. La fac en solitaire. Et soudain, c’est lui. C’est toi. La peau pâle, jean noir et marinière : l’amour comme une urgence. L’urgence d’apprendre. Détruire, dit-elle. Écrire, enfin – car son sujet c’est elle, c’est lui.
Et dans la perte, se trouver.
« Elle confirme son style : abrupt, saccadé, urgent… irrésistible. » Sophie Rosemont – Vogue


Ce que j’ai ressenti:

  • Je.Tu.Elle.Nous.Vous.Ils.

Elle tue moi. Il tue Elle. Elle se Tu. Je Tu Elle. Sujet Verbe Complément. Nous, direct dans son chaos. Nous, direct dans son amour. Nous, dans les flots de ses mots. Eux, dans les fléaux de leurs maux.

Sujet Inconnu. Ils sont fracassants, les mots de cette jeune fille. Et dans ses points, alors c’est pire. Ce sont des coups de poings. Tous des gouffres, tous des bleus. C’est sans doute dans cette ponctuation que sont les plus fortes percussions. Inconnue et maintenant Sujet, à écrire.

Quand j’ai lu ce livre, ma respiration s’est arrêtée. Plus ça allait, et moins ça allait. En apnée, jusqu’au point final. C’est un style d’écriture puissant. À vif. Carrément écorché. Profondément urgent. Chaque point devient souffrances, et ces silences deviennent des instants de ressentis intenses. J’ai adoré Elle. Parce que c’est de l’intime et de l’émotion à l’état brut.

« Je » n’a pas de prénom. « Tu » n’as pas de prénom. Elle se meure de lui. Il arrache tout d’elle. Quand c’est, que ça va s’arrêter? Cancer, que tu dégages de nos vies? Et puis, c’est quoi l’amour? Un Nous inconnu, un Sujet tabou? Sujet Inconnu et part en vrille…

Mais Elle, cette histoire, elle devient oppressante au fil des pages. Elle prend tout l’espace, s’infiltre dans les cris et les murmures, prends vie dans les silences et se remplit dans l’abîme. C’est toxique. C’est violent. Une « Bad » romance.

« Tu » ne laisse pas de place à « Je ». « Je » ne peux se passer de « Tu ». Et Elle a choisi de tout dire, le choix de se donner corps et âme dans le Ressentir. Sans filtre. Sans concession. Une écrivaine est née. Dans la douleur. Dans l’abandon. Dans l’émotion. Une fulgurance. Et Je l’aime tant pour ça.

À la puissance Cœur. À la puissance Chair. À l’urgence d’écrire. À l’urgence de survivre. Insolente de vie. Insolente devant l’injustice de la vie. Folle d’amour. Folle de douleur. Elle a pris la plume parce que c’était ce qu’il fallait, pour la sortir de ses drames à répétitions. Tout plutôt l’ennui, tout plutôt que la morosité. Elle fait le choix de la passion. De L’émotion. Du danger aussi, mais elle y allait consciente. Tout plutôt que rien. Tout plutôt que le vide. À ses risques et périls, certes, mais, pour ressentir intensément. Écrire comme Survie.

Et pour nous, c’est un moment de lecture incroyable. Envoûtant et dérangeant. Mais un moment aussi, bouleversant. Et une plume sensationnelle, sensorielle, hypnotisante. Elle nous a tout donné dans ses lignes. Son cœur, son sang, ses tripes, son Moi, et je la remercie pour cela. Pour l’intensité. Pour cette folle intensité. Cette sensibilité à fleur de peau. Pour la vérité nue de ses maux. « A la fin du livre, ma vie continue ». La mienne aussi, mais elle aura eu quelques heures de lectures ressenties à la puissance 1000. Tu m’as déglingué le cœur et mon souffle, Sujet Inconnu...

Une écrivaine est née. J’aimerai beaucoup vous rencontrer, Loulou Robert.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Une bête au Paradis, Cécile Coulon


Synopsis: 

La vie d’Émilienne, c’est le Paradis. Cette ferme isolée au bout d’un chemin de terre. C’est là qu’elle élève seule, avec pour uniques ressources son courage et sa terre, ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Les saisons défilent, les petits grandissent. Jusqu’à ce que l’adolescence arrive, et, avec elle, le premier amour de Blanche, celui qui ravage tout sur son passage.
Il s’appelle Alexandre.
Leur couple se forge. Mais devenus adultes, la passion que Blanche voue au travail de la ferme, à la terre, à la nature, la contraint, la corsète, la domine. Quand Alexandre, dévoré par l’ambition, veut partir, attiré par la ville, alors, leurs deux mondes se fracassent.


Ce que j’ai ressenti:

Ça sent la terre, et ça sent l’orage…Une ambiance électrique pour un moment unique. Et puis, il y a la sensibilité de Cécile Coulon…Et ça, c’est comme une fleur sortant de terre. C’est de la magie.

Vous êtes arrivés au Paradis.

▪️Ça fait mal comme…L’Enfer…

Protéger. Tuer. Observer.

La vie au Paradis, c’est un petit enfer. Des heures de labeur et de journées harassantes. Émilienne, Blanche, Gabriel, Louis tournent dans une danse infernale, dans cette ferme, pour faire éclater un bout de terre. Tant de malheurs sur cette parcelle, et tant de beautés aussi. Il ne faut plus que la résignation et l’habitude pour donner sens à ce travail d’agriculteurs, une certaine rudesse dans la chair et l’esprit pour survivre. Ça sent la terre, et ça sent l’oubli. L’oubli de soi, l’oubli des autres pour de la terre. Mais grâce à Cécile Coulon, l’oubli s’éloigne, et laisse place à un moment d’intimité avec une famille recomposée de frêles assonances, décomposée de malheurs assourdissants: de la matière à orages.

Construire. Surmonter. Continuer.

Et deux femmes qui se donnent corps et âme dans ce domaine, parce que c’est leur Paradis. Leur raison de vivre. C’est ici qu’est leur amour, et c’est beau de les voir aimer avec autant de désespoir et de renoncement. De voir la vie jaillir de leurs mains travailleuses, de ressentir leurs dévouements sans faille.

▪️Ça fait mal comme… L’Amour…

Avoir faim. Aimer encore. Y croire.

Blanche et Alexandre. Ça pourrait ressembler à un amour inconditionnel, fait de jeunesse et de rapprochements physiques…Un amour si grand qu’il emporte tout, un sentiment si fort qu’il dure au delà de la raison. Une passion faite de caresses et de tendresse. Et puis, il y a Louis. L’épouvantail de cette terre Paradis. La pierre angulaire de l’amour. Ici et absent. Présent et distant. Spectateur impuissant.

Frapper. Pleurer. Venger.

Ça sent la terre, et ça sent le drame. Parce que dans l’amour, rien n’est tout à fait simple, rien n’est écrit d’avance, et rien ne se passe comme prévu. Ça fait toujours mal, l’amour. Parce que l’on est sur Terre, et non pas, au Paradis…Que les êtres se déchirent, se désirent, se détruisent. Cécile Coulon nous conte une histoire d’amour, ni belle, ni laide. Une histoire d’attirance comme tant d’autres, mais avec des personnages qui changent, qui se changent, qui se dérangent. Un trio improbable, mais qui se racontent comme une belle histoire dans les mots sensibles de Cécile Coulon.

▪️Ça fait mal comme…La Vie…

Vieillir. Soigner. Se tordre.

Et dans ses pages, il y a la vie. La vie tout simplement. Une vie de bêtes, une vie de rien, une vie de possibles. De la matière pour de l’amour et des trahisons, de l’amitié et des répulsions, de la jeunesse et de la mort, de l’émerveillement et de la vengeance. Un cycle de vies, des cycles de saisons qui prennent des mots dans la poésie et des racines dans la terre du Paradis.

Lire. Vaincre. Vivre.

J’avais lu Les Ronces et les mots m’avaient griffés. J’ai lu Une bête au Paradis, et la poésie s’est enracinée. Ça sent la terre, et ça sent le Coup de Coeur. Merveilleuse Cécile Coulon, merci pour ce joli roman. Je marche sur tes braises avec le cœur frappé…

« Ça fait mal comme de marcher sur une braise »

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 10/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions L’Iconoclaste pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Babelio

L’alchimie de la pierre, Ekaterina Sedia.

L'Alchimie de la pierre


Synopsis:

Une immense et sombre ville-État, dirigée par un duc auprès duquel les sociétés rivales des Mécaniciens et des Alchimistes se livrent une lutte d’influence acharnée, a été construite par les gargouilles, des êtres minéraux menacés d’extinction par un étrange mal. Dans la cité où la révolte gronde, leur unique chance de salut semble venir de Mattie, une automate douée de conscience établie comme Alchimiste, émancipée, mais contrôlée par son ancien maître qui détient la clé lui permettant d’être remontée.
« Roman subtil et d’une belle inventivité, steampunk féministe qui traite tout autant des fondements de la société que de l’avenir de celle-ci. Un très beau livre. » Bifrost


Ce que j’ai ressenti:

▪️L’alchimie comme passion.

En ce Mois de l’Imaginaire, pourquoi ne pas se laisser tenter par une histoire fabuleuse, mélange de Steampunk et de magie? L’univers de ce monde, qui prend vie sous nos yeux grâce à l’imagination débordante de Ekaterina Sedia, est soumis à la dualité des Alchimistes et des Mécaniciens, dans une ville où les gargouilles veillent à travers la pierre et nous parlent en confidences italiques, où le pouvoir fait rage et complots, où la robotique est quotidienne et prend une place prépondérante… C’est une ville peuplée d’ombres et de lumières, de machines et de fantômes, et il y règne un climat électrique de tensions diverses. Mattie est une automate suréquipée et sur le point, d’être émancipée. Elle se passionne pour l’alchimie, et par ce biais, elle sera l’espoir de tant d’âmes. Mais ce ne sera pas du goût de tout le monde…Autant vous le dire maintenant, c’est fantastique et carrément dément de lire une histoire aussi dense dans une ambiance gothique mystérieuse! Quelle imagination et que de beautés dans la plume de Ekaterina Sedia! Elle nous envoûte avec de très jolies descriptions et une poésie voluptueuse. J’ai aimé l’atmosphère prégnante qui se dégage de ce roman, avec toutes les petites touches de fabuleux qui viennent égayer la noirceur de la vie politique de cette cité.

Du coup, je m’interroge: faut-il un désastre pour nous rassembler? Sommes-nous si égoïstes, si recroquevillés sur nos petites vies personnelles? Cette société a-t-elle encore une raison d’exister?

▪️La féminité comme envol.

Mattie, c’est mon atout Cœur. Ni humaine, ni robot écervelé, elle est un personnage qui incarne la différence, l’avant-garde, le féminisme et le renouveau. Tant de qualités dans ce bout de femme, et pourtant, elle n’est à sa place dans aucune dynamique sociale ou politique, elle est une étrangeté qui dérange. Elle est unique. Avec cette sensibilité et cette capacité à ressentir la douleur, que son inventeur, Loharri, lui a programmé, son cœur qui tictacte et sa volonté de fer, Elle comprend le monde mieux qu’une machine, peut être plus intensément qu’une humaine, et de ce fait, elle se révèle être une femme plus forte. Ses atouts sont sa force et sa faiblesse. Et à trop laisser entendre son cœur, certains pourraient avoir envie de le faire taire…A jamais…C’est une jolie rencontre, avant tout. Cette Mattie, c’est le cœur de ce roman, et elle est aussi, mon « crush » du moment.

Je vous jure que ma féminité est aussi enracinée que la vôtre.

▪️Et chercher encore, la clef…

La clef du bonheur se trouve peut être là: dans une histoire hors du commun, avec une héroïne hors-norme, et le plaisir exquis d’avoir une si belle plume au service de cet imaginaire. Mattie court après sa clef, la clef de son indépendance et c’est une quête noble. J’étais de tout cœur avec cette fille mécanique pour qu’elle atteigne ses objectifs et quelle arrive enfin à détenir ce trésor. Un rêve de liberté, c’est toujours beau à lire, surtout s’il est emballé dans une poésie virevoltante. J’ai adoré toute ces étapes de transformations, les chuchotements des gargouilles, le cheminement du personnage principal. J’ai été sous le charme de la première à la dernière ligne.

Faute d’ustensile, elle écrasa tant bien que mal les figues avec ses doigts en murmurant les mots secrets appris d’Ogdéla-des mots qui, selon sa tutrice, guérirait le cœur du monde à condition de les prononcer avec une conviction suffisante.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Charlotte ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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