Nirliit, Julianna Léveillé-Trudel

Couverture Nirliit


Synopsis: 

Une jeune femme du Sud qui, comme les oies, fait souvent le voyage jusqu’à Salluit, parle à Eva, son amie du Nord disparue, dont le corps est dans l’eau du fjord et l’esprit, partout. Le Nord est dur – «il y a de l’amour violent entre les murs de ces maisons presque identiques» – et la missionnaire aventurière se demande «comment on fait pour guérir son cœur». Elle s’active, s’occupe des enfants qui peuplent ses journées, donne une voix aux petites filles inuites et raconte aussi à Eva ce qu’il advient de son fils Elijah, parce qu’il y a forcément une continuité, une descendance, après la passion, puis la mort. Juliana Léveillé-Trudel livre un récit d’amour et d’amitié beau et rude comme la toundra. Nirliit partage la « beauté en forme de coup de poing dans le ventre » qu’exhale le Nord.


Ce que j’ai ressenti:

  • Jour et Nuit en peuple Inuit…

Eva est au centre du récit. Vivante et absente à la fois. Au cœur d’un peuple en souffrance et fantôme d’amitié. Incarnation d’un visage Inuit et disparition d’une culture ancestrale. Eva, jeune fille aimante…

Elijah est au centre des commérages. Père ou amant, qui saura vraiment? Au coeur de la vie et des tourments d’amour. Témoin de la vie et Effacement devant la peine. Elijah, future descendance…

Deux façons d’appréhender la vie du côté Nord, entre anthropologie et intimité des coeurs, nous voyageons jusqu’à Salluit. Là où la nuit ne vient pas, là où le froid rythme le quotidien, là où la toundra donne ses présents…

Julianna Léveillé-Trudel met beaucoup de coeur et de mystère dans son écriture, une sincérité désarmante, pour que l’on puisse ressentir toutes les qualités et les contradictions de cette population, entre la richesse des mots empruntés à la langue Inuit, l’Anglais et le Québécois, nous avons un joli panel qui nous emmène, tout simplement, en Evasion. Qu’il est doux de partir à l’autre bout du monde, de lire d’autres paysages éblouissants, de connaître d’autres mœurs…

« Vas-y, frappe, c’est rien à côté de ce que j’ai enduré. » 

  • Un coeur qui s’arrête et des oies qui s’envolent…

Je suis trop sensible, et ça me joue des tours…Des tours de sang, des loopings au coeur, des vertiges au corps…Il est difficile de lire que toute une jeunesse est désenchantée, que leur avenir se fracasse sur la violence, la drogue et l’alcool…Les seuls dérivatifs qu’on leur a proposé à leur culture, après leur avoir volé leurs terres…Du vent et de la superficialité contre la richesse de leur enseignement face à un climat rude…De la frivolité contre le froid.

J’ai trouvé Juliana Léveillé-Trudel avait une écriture incisive mais aussi une immense douceur…Un curieux mélange entre dénonciation et fascination. C’est un cri de détresse, un ultime cri d’amour et de déchirement pour que l’on prenne conscience au delà des frontières, d’une réalité brute. Et pourtant, au delà de la rudesse, il y a aussi de la tendresse, pour décrire l’enchantement qu’elle ressent à faire ses allers-retours en terre froide…Nirliit, où le vol au dessus des fjords…

« Tout le monde veut toujours entendre le sordide, le scandaleux, le juteux, le violent, le troublant. »

  • Ulluriaq is born…

J’ai mis du temps à écrire cette chronique, parce que l’impact de cette lecture a été plus intense que l’on aurait pu le croire…175 pages, et un coeur en miettes, c’est le résultat de ce bouleversement…Je suis à la fois révoltée et remplie d’une douceur protectrice envers ces enfants, ceux du village, ceux qui appartiennent à tout le monde, mais que personne ne protège…Tellement de peine à voir le sort de ses jeunes filles, tellement de mal à réaliser que, encore de nos jours, de telles pratiques soient commises…J’avais une appréhension à les quitter à leur triste sort…Mais, si vous découvrez cette histoire, il se peut aussi, que la glace réchauffe vos sangs…En tout cas, Julianna Léveillé-Trudel a captivée mon attention avec ce premier roman…

J’ai ressenti une myriade d’émotions, j’espère vous en avoir fait passer quelques unes, pour que vous preniez un envol prochain pour Salluit…

« Je manque toi » Eva, et je t’admire Nirliit, petit étoile mauve de cette rentrée littéraire…

 

« (…), mais peut-on empêcher un cœur d’aimer? »

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Sylvie Pereira ainsi que les éditions La Peuplade pour l’envoi de ce livre.

 

 

 

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Manuel de survie à l’usage des jeunes filles, Mick Kitson


Synopsis: 

Que font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville ?

Sal a préparé leur fuite pendant plus d’un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube. Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite sœur.

Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l’odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette sœur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins.

Un premier roman passionnant et tendre, qui parle de survie, de rédemption, et des vertus régénérantes de la nature. Une vraie réussite.


Ce que j’ai ressenti:

  • Des jeunes filles attendrissantes…

En plein coeur des Highlands, il se peut que vous entendiez une réminiscence d’écho de rires de jeunes filles, parce qu’une fois, que vous aurez découvert cette lecture, il est quasi certain que ces deux personnages vont continuer de hanter vos esprits. Elle s’appelle Sal, Salmarina Brown, elle a treize ans et un caractère bien trempé doublé d’une intelligence supérieure à la moyenne. C’est la grande soeur de Peppa, Paula Brown, dix ans, avec peut être un caractère encore plus pétillant et une langue bien pendue aux accents impétueux. Deux gamines, vivant au milieu des bois, à l’assaut de leurs aventures et qui tente de survivre dans le froid…Parce que la vie ne les a pas épargnées, elles se retrouvent à fuir leur quotidien cauchemardesque, mais elles n’ont rien perdu de leur malice. Alors on les regarde, ses deux enfants, avec de la tendresse au fond des yeux…

« Tu es magique Sal. »p168

« On n’oublie pas Peppa. » p217

  • …Mais qui, ne s’en laisse pas conter…

Mick Kitson a réussi à créer deux fillettes éblouissantes, sans doute pour illuminer le cadre bien noir dans lequel, elles évoluent entre violence et alcoolisme. Derrière les enfantillages, il y a une réalité difficile à vivre, à encaisser, à comprendre. Sal prend les rennes de sa vie et le destin de sa petite soeur, et devient une petite guerrière, débrouillarde et alerte, pour préserver ce qu’il leur reste d’innocence….Quand peu à peu, on découvre leur environnement familial, nos cœurs se serrent…Pourtant, à force de vidéos instructives, de lectures évasion et de respect envers la nature, le moment si délicat du passage de l’enfance à l’âge adulte se passe tout en douceur, presque sans fêlure irréversible…Elles sont fortes Sal-N-Peppa , avec un couteau et un Manuel de survie, elles trouvent la force intérieure de se construire un nouvel abri, un nouvel avenir, un petit éden…

« Et je croyais que ça marcherait parce que quand on croit que quelque chose va se produire alors ça se produit donc il faut faire attention à ce qu’on croit qu’il va se produire. »

  • …Bien cachées, au fin fond des bois…

J’ai particulièrement aimé que l’histoire se déroule en forêt et apprécié, que l’auteur ai saisi tout l’émerveillement des enfants devant la nature:  leur curiosité exacerbée par la faune et la flore en perpétuel mouvement, la force de leurs silences face à l’immensité, leurs colères éphémères devant les accrocs imprévus, l’amour naissant pour la Déesse Mère…Mick Kitson explore à sa manière et avec beaucoup de sensibilité, le Nature Writing dans son premier roman, et c’est plutôt époustouflant!

« En fait l’ensemble de la nature est la Déesse Mère elle-même et c’est elle qui crée et qui soigne toute forme de vie. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Camille et les éditions Metailié pour l’envoi de ce livre. Ce fut une bien jolie lecture.

 

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Balles Perdues, Jennifer Clement.

Balles perdues par Clement


Synopsis:

Sur le parking d’un camp de caravanes, en plein cœur de la Floride, Pearl vit à l’avant d’une Mercury avec sa mère Margot qui dort sur le siège arrière. Elles se sont créé un quotidien à deux, fait de chansons d’amour, de porcelaine de Limoges, d’insecticide Raid et de lait en poudre. Outre ce lien fusionnel, l’adolescente peut aussi compter sur sa meilleure amie, Avril May, avec qui elle fume des cigarettes volées au bord d’une rivière pleine d’alligators, et sur les autres personnages excentriques des caravanes voisines. Mais cet équilibre fragile bascule à mesure que Pearl prend conscience du trafic d’armes qui s’organise autour d’elle, tandis que sa mère s’abîme dans sa liaison avec Eli, un mystérieux Texan au passé trouble qui prend peu à peu sa place dans la Mercury. 

Dans Balles perdues, Jennifer Clement signe un nouveau roman au lyrisme engagé. À travers le regard d’une jeune fille à peine sortie de l’enfance, elle dénonce avec humour et poésie le sort imposé aux plus démunis et les ravages causés par le marché de l’armement aux États-Unis.


Ce que j’ai ressenti:

  • Balles Perdues, Filles aux vents…

Ce roman est une peinture contemporaine, en monochrome de sucre blanc et poudre noire, d’une Amérique confrontée à la montée en puissance du trafic d’armes. La violence et la vengeance à portée d’un doigt, viennent assombrir ce tableau idyllique de la fusion d’une mère célibataire et de sa fille étrangement diaphane. Margot et Pearl, perdues au milieu de rien, vivent de rêves et de chansons d’amour, au fin fond d’une Mercury Topaz, pendant que les tirs de fusils claquent à toutes heures. Une Perle demoiselle qui danse avec des fusils, et une Demoiselle Douceur se frottant à l’amour sifflant: il est des moments de grâce, qui ne dure qu’un temps…Et cette désynchronisation, s’appelle… Eli.

« -Pearl, mon bébé, a-t-elle dit, je crois au coup de foudre, à l’amour au premier regard. Alors fais bien attention à ce que tu regardes. »

  • Tant de douceur…

Jennifer Clement a une plume guimauve, elle panse avec de jolis mots, les pires traumatismes et, lire cette histoire, c’est sentir le pétillement des grains de saccharose fondre dans la bouche…J’ai adoré la douceur qu’il se dégage de ses pages, et même s’il n’en reste pas moins que l’auteure dénonce un vrai problème de société, cette vie de marginales parfumée au spray Raid et auréolée de souffle magique d’empathie, a su me toucher en plein coeur. Plus efficace encore, que le tir d’une balle meurtrière…J’ai aimé la sensibilité et la manière poétique de Jennifer Clement d’enrober de moelleux, l’énergie négative de ces vies, à l’orée de la société…Il y avait du charme dans ces vies singulières, et je me suis régalée de découvrir une autre façon de vivre, un peu moins commode certes, mais avec un sachet de plus, en liberté suave…

« Ne sois pas trop prudente. On n’est que de la poussière d’étoiles, tu sais. »

  • …Dans un monde de brutes…

On a pleinement conscience, malgré ses deux anges égarées qui voltigent sur la décharge, que la peur et la violence prennent leurs aises, que les accidents sont trop vite arrivés, que la haine envahie les paysages, que les armes font partie du quotidien. Omniprésentes. Clinquantes. Fatales. Le décor est saturé de poudre, d’yeux-revolvers, de détonations assourdissantes, elle est tellement là, cette banalisation de port d’armes, que même la jeunesse n’en mesure même plus les dangers, et se perdent dans ses affres…Cela en est désolant…

« La vie est toujours juste au bord de la mort. » 

Un cri d’alarme, une jolie rencontre féminine, je suis conquise…Il me tarde de lire d’autres livres de Jennifer Clement, et notamment, curieuse de découvrir ses poésies…

 

 

Ma note plaisir de Lecture  9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Flammarion pour leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture pleine de charme.

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L’enfant de poussière, Patrick K Dedney. (LC avec Cannibal Lecteur).

Couverture L'enfant de poussière


Synopsis:

La mort du roi et l’éclatement politique qui s’ensuit plongent les primeautés de Brune dans le chaos. Orphelin des rues qui ignore tout de ses origines, Syffe grandit à Corne-Brune, une ville isolée sur la frontière sauvage. Là, il survit librement de rapines et de corvées, jusqu’au jour où il est contraint d’entrer au service du seigneur local. Tour à tour serviteur, espion, apprenti d’un maître-chirurgien, son existence bascule lorsqu’il se voit accusé d’un meurtre. En fuite, il épouse le destin rude d’un enfant-soldat.


Pourquoi je l’ai choisi:

J’avais repéré cette lecture, chez une autre copinaute passionnée Dealer de lignes et elle m’a convaincue de découvrir cet auteur, puis quand ma binôme préférée adorée, Belette ET Cannibale,  a accepté ma demande de LC, j’étais encore plus motivée! Clairement cette couverture sublime, est la raison de mon attirance vers cette lecture! Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Le diable Vauvert qui m’ont permis de découvrir ce livre, via l’opération Masse critique!

 

Ce que j’ai ressenti:…Naître Poussière, et devenir Lumière…. 

  • Lune Tranquille: Syffe, L’enfant de Poussière vivote dans les rues de Corne-Brune, avec l’insouciance de l’enfance, accompagné de sa fratrie d’infortune: Cardou, Brindille et Merle. D’amitiés sincères en amour naissant, il grandit chichement, mais relativement heureux au sein de la ferme Tarron. Mais le temps de l’innocence va bientôt se finir et, à force de courir les rues et afficher une curiosité sans vergogne: les Lunes vont changer…

« L’espoir de jours meilleurs n’étaient pas une chose intangible, lorsqu’on attendait, comme nous, après de minuscules bonheurs. »

  • Lune des neiges: 4 livres/ 4 lunes changeantes, et autant d’étapes de vie difficile pour cet enfant syffelin un peu trop malin pour son propre bien…. Il va tour à tour, être sous l’influence de trois hommes charismatiques, (Hesse, Nahirsipal et Uldrick) qui vont tantôt l’initier, le former, le manipuler, mais l’aimer aussi, un peu, malgré les coups (durs) qui pleuvent…C’est un très beau roman d’apprentissage qui nous raconte avec une plume magnifique, le parcours d’un enfant miséreux. D’espion en apprenti chirurgien, à graine de guerrier, Syffe est un gamin attachant, au destin étrange, dans un Moyen-âge revisité où les conditions de vies sont rudes, mais pire encore, est cette atmosphère permanente de violences dans lequel, il essaye de se faire une place…

« Il y avait l’odeur aussi, l’odeur âcre de la civilisation, qui reniflait le feu et l’ordure et la merde moisie. »

  • Lune des labours: Dans ce premier tome de Fantasy, l’enseignement de Syffe est riche d’expériences et de savoirs, mais surtout il ouvre la voie sur la perspective de penser par soi-même. Il y a des graines lancées au vent, qui fleurissent dans son esprit, et il grandit, avide de leçons et de lectures, avec plus de perspicacité sur la religion, la politique, la notion de liberté. Malgré cette vie de rien, faite de trahisons blessantes et de pertes effroyables, l’intérêt de cette lecture se situe bel et bien, dans le lent cheminement du héros de pouvoir s’affranchir de la haine, de la servitude, de l’ignorance.

« Un bel esprit ne sert à rien, si on ne s’en sert pas. »

  • Lune glanante: S’il est vrai que ce livre recèle de richesses indéniables, on peut y sentir aussi quelques longueurs. Il y a une beauté exceptionnelle, des scènes de vies époustouflantes, des émotions bouleversantes, mais quelques fois, cela manque de dynamisme. Pour autant, je me suis attaché à cet enfant et il y a beaucoup de mystères encore à découvrir, (j’ai hâte d’en savoir plus sur Elle),alors je serai très curieuse de lire la suite de ce Cycle de Syffe…

« C’est une chose étrange, la vie. »(…). « Les certitudes changent. Même celles pour lesquelles on a donné le plus. » 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Titre : L’enfant de poussière

Auteur : Patrick K. Dewdney
Édition : Au diable Vauvert (17/05/2018)

Résumé :
La mort du roi et l’éclatement politique qui s’ensuit plongent les primeautés de Brune dans le chaos. Orphelin des rues qui ignore tout de ses origines, Syffe grandit à Corne-Brune, une ville isolée sur la frontière sauvage.

Là, il survit librement de rapines et de corvées, jusqu’au jour où il est contraint d’entrer au service du seigneur local. Tour à tour serviteur, espion, apprenti d’un maître-chirurgien, son existence bascule lorsqu’il se voit accusé d’un meurtre.

En fuite, il épouse le destin rude d’un enfant-soldat.

Critique de Cannibal Lecteur
Une petite incursion dans le monde de la Fantasy, ça ne fait jamais de mal quand on apprécie le genre.

Je pense que même ceux qui n’ont pas l’habitude de ce style là trouveront à boire et à manger dans ce roman car l’univers décrit est plus proche du Moyen-Âge que de la fantasy pure et dure, car ici, pas de magie.

Commençons par ce qui m’a plu dans le roman, notamment les personnages, surtout celui de Syffe, jeune orphelin de dix ans, plus habitué à recevoir des insultes (il est « teinté ») ou la menace de se faire couper la main, que de recevoir de l’aide ou des marques d’amitié.

Syffe n’a rien d’un héros, il est maigrichon, grognon (parfois), faible, se laisse emporter par ses émotions et dans ce monde qui ne fait pas de cadeau, ce monde où il faut essayer de survivre, les enfants doivent vite passer au stade « adultes » et Syffe devra le devenir, lui aussi, à l’âge de dix ans.

L’écriture de Dewdey m’a enchanté, c’est un excellent conteur, mais, et c’est là que le bât a blessé, j’ai trouvé que ce pavé de 625 pages avaient un peu trop de longueurs et j’ai eu du mal à en venir à bout tant certaines parties étaient longues.

Ajoutons à cela que durant trois jours, je n’ai pas eu le temps de lire une seule ligne (réanimez-en certains, c’est violent ce que je viens de confesser), vous comprendrez que j’étais contente d’en venir à bout, surtout que le côté politique de l’histoire m’a un peu barbé (pour une fois que la politique me barbe dans un roman !!).

C’est donc fort mitigée que j’ai terminé ce roman. Pas de regrets de l’avoir découvert, d’avoir rencontré des personnages intéressants (Syffe, Uldrick le guerrier Var, le première-lame Hesse, le chirurgien Nahirsipal Eil Asshuri), d’avoir fait un long voyage semé d’embûches et de quelques réflexions philosophique.

Oui, j’ai apprécié le voyage, l’aventure, ainsi que les révélations qui parsèment le roman, quand notre jeune Syffe reçoit la lumière de Sherlock Holmes et comprend ce que nous n’avions pas toujours soupçonné, mais purée, que c’était long et même sur la fin, alors que ça bougeait beaucoup plus, j’avais du mal à terminer, un peu comme un cheval qui a marché trop longtemps et qui peine à arriver à l’écurie.

Dommage parce que ce roman trônait en haut de ma PAL et qu’il avait reçu des bons échos de la part de copinautes.

À voir maintenant si je continuerai la route avec Syffe, afin de ne pas rester sur cet insoutenable suspense, ou si je passerai mon tour.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book (auteur anglais).

 

Sirius, Stéphane Servant.

Pourquoi je l’ai choisi:

Je suis attentive aux retours de la blogosphère, surtout quand c’est un livre « moins » en vue, alors quand j’ai vu que les coups de coeur s’accumulaient autour de cette nouveauté Jeunesse, j’ai eu envie de pousser la curiosité, jusqu’à le découvrir aussi….

Synopsis:

Alors que le monde se meurt, Avril, une jeune fille, tente tant bien que mal d’élever Kid. Entre leurs expéditions pour trouver de la nourriture et les leçons données au petit garçon, le temps s’écoule doucement… jusqu’au jour où le mystérieux passé d’Avril les jette brutalement sur la route. Il leur faut maintenant survivre sur une terre stérile pleine de dangers. Stéphane Servant, avec tout son talent de conteur, nous plonge dans un univers post-apocalyptique aussi fascinant que vénéneux. Une lecture addictive !

Ce que j’ai ressenti: « Nous sommes lé zétoiles de la Constellation. » 

« -Moi, en attendant d’être mort, j’espère qu’on sera vivants. »

Il est temps de rallumer les zétoiles et d’aller en direction de Sirius avec l’adorable Kid et sa grande soeur Avril. En plus Kid, lé un garçon trop attendrissant, hyper sensible, et surtout un des derniers enfants à naître sur Terre. Alors le suivre, c’est suivre encore un peu d’innocence dans un monde en déclin. En effet, un terrible virus inexpliqué a tué la vie autant que l’espoir. Plus rien ne pousse, plus rien ne naît, plus rien de bon n’arrive. Reste le chaos. Alors mû par un courage et une étincelle de volonté, ses deux enfants traqués entame un long chemin vers ce qui leur parait, comme un eldorado possible, aller au devant de leurs souvenirs dans une quête d’illusion utopique, que la Montagne sera leur nouveau foyer…Mais le monde se meurt, les étoiles tombent du ciel, et l’humanité semble être pris dans une tourmente de folie….

« Kid alors compris que la beauté ne pouvait se départir de la liberté. Ce que l’on possède finit par perdre tout éclat. Comme si la liberté était l’essence même de la beauté. »

Avec une plume magnifique, Stéphane Servant nous conte un monde post-apocalyptique effrayant et désenchanté, mais dans la douceur et la naïveté de ses deux enfants, ce livre Jeunesse devient une étoile resplendissante, aussi brillante que son nom l’indique: Sirius. C’est un road-trip d’une beauté ravageuse, un livre qui sensibilise sur l’environnement, et une formidable histoire de fratrie. Il est dans ce livre des instants de poésie pure et une connexion avec la Nature qui redonne un souffle de vie dans ce panorama où règne le désespoir et la violence. Cette lecture, elle m’a bouleversée parce qu’il y a cet espoir candide mélangé à un désespoir infini, et cette histoire va longtemps résonner en moi…

 A quoi pourrait bien ressembler le monde si le ciel se vidait de ses étoiles? A quoi pourrait bien ressembler la vie si plus jamais on ne pouvait faire un vœu?

Cet auteur sublime l’anticipation de son récit avec l’idée d’un lien plus « instinctif » avec la Nature mais, aussi dans son antagonisme avec la « communication » entre les espèces vivantes.  J’ai trouvé cela magnifique, d’autant plus que ces pages bien « spéciales » sont d’une beauté lyrique lumineuse et viennent enrichir le compte à rebours des chapitres allant decrescendo vers une fin où, l’avenir est incertain…Il y a une certaine bienveillance dans ces pages, sans doute, parce qu’il est classé en Jeunesse, mais cette étiquette ne doit pas en refréner certains, parce que ce livre offre de puissantes émotions et réflexions sur nos comportements irréfléchis envers notre chère planète, mais je dirai aussi que l’auteur possède un œil plutôt avisé sur les relations humaines. En abordant des thèmes forts comme le fanatisme et la folie du désespoir, l’altruisme et la transmission du savoir, Stéphane Servant montre les deux facettes de l’espèce humaine et finalement, le monde qu’il réinvente dans Sirius, est un idéal intéressant à atteindre…

« Depuis que la vie s’était tue, le monde n’était que silence. »

En bref, c’était une très belle lecture! Si jamais, vous voyiez une étoile turquoise briller sur les étals, n’oubliez de la prendre entre vos mains, il se pourrait que vous alliez bientôt faire partie de la Constellation…Sirius a éclairé mon p’tit monde, et y laissera une traînée scintillante dans mon cœur de lectrice…

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Hope and Red, Jon Skovron.

Couverture L'empire des tempêtes, tome 1 : Hope & Red

L’empire des Tempêtes 1 

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai adoré cette couverture, en rouge et noir! Les destins troubles et leurs intentions plus intrigantes, encore…

J’ai lu cette lecture en LC avec l’adorable Elodie Universe, et je vous invite à passer voir son avis: ICI!

Synopsis:

Hope est l’unique survivante du massacre de son village, dévasté par les terrifiants biomanciens, serviteurs mystiques de l’empereur. Recueillie par un soldat vinchen, elle a suivi un entraînement secret, faisant d’elle une guerrière qui ne vit que pour la vengeance.
Red est un orphelin adopté par une ancienne mercenaire issue de la pègre. Il est devenu un voleur et un escroc au talent inégalé.
Quand un chef de bande sanguinaire passe un marché avec les biomanciens pour contrôler les bas-fonds de la dangereuse cité de Laven, les destins de Hope et de Red se croisent. Et leur alliance improbable va faire autant d’étincelles que de dégâts…

 

Ce que j’ai ressenti:

  • Hope, où quand tu as bon espoir…

Cela s’est joué dès le premier chapitre, c’est rare, et c’était presque magique…J’ai senti comme une affinité, une connexion entre mon envie d’évasion et cette promesse d’une lecture pleine d’aventures…En même temps, l’univers de la piraterie, j’adore…Donc, en peu de pages et avec la rencontre de Hope, puis de Red, j’ai eu un espoir exaucé…Mais évidemment, le charme ne s’est pas arrêté avec ses deux personnages principaux, qui vont voir leurs destins se croiser, mais bien avec tous! L’auteur réussi le pari de nous les faire tous aimer parce qu’ils ont de l’audace, de la personnalité, des noms originaux, des histoires passionnantes!  On est pris dans leurs tourments, leurs passés douloureux, leurs avenirs incertains, leurs présents dangereux…

« Celui qui est assez brave pour s’aventurer aveuglément dans les ténèbres disparaîtra dans les ténèbres et les ténèbres disparaîtront en lui. »

  • Red, où quand tu vois rouge…

Quand on rêve de vengeance ou de justice, il est comme un fléau qui l’accompagne presque fatalement: le sang versé…Et du rouge et du sang, il y en a dans ces pages: sur la couverture, dans les couchers de soleil, dans les levées d’épées, au fin fond d’une ruelle obscure, sur des pontons lessivés, derrière des portes de monastères, dans les villages isolés…On baigne dans une ambiance rougeoyante, poisseuse où règne de rouges colères et des brasiers de haine qui n’attendent qu’une étincelle pour s’embraser….Ce livre, c’est un condensé de vents et marées, de rébellions et de pudeur, de joies et de peines, de rivalités et d’amitiés, de combats et d’amours. Un diamant Rouge Passion! 

« Les Vinchens pensent qu’il est préférable de perdre avec honneur plutôt que de gagner dans la honte. Parce que si le nectar de la victoire est souillé, il laisse un goût amer dans la bouche. »

  • Hope et Red, où quand ça devient soleil…

C’est un univers Fantasy d’une richesse incroyable. Entre les complots politiques, les batailles en mer, les affronts de rues, les rixes de quartiers, il ne manque pas d’actions dans cet Empire des Tempêtes! Et pourtant, il y a aussi de la douceur, de la tendresse, du respect, de la tolérance et même une parité homme-femme éblouissante! J’aime le dynamisme de l’ensemble, ses personnages qui prennent leurs vies en main envoyant en l’air, les prédestinées étriquées dans lesquelles on a voulu les contraindre… Alors forcément, il souffle des tempêtes de rage, et des étincelles de liberté, et dans ses lignes noires, il en ressort une fantastique aventure!

« Un soupçon de chaos apporte le changement, et le changement est parfois salutaire. »

Les habitants de Cercle Paradis diront certainement que « C’est Soleil », mais moi, j’ajouterai que c’est:  « Coup de Coeur »!

En avant, toute! Foncez, vers Laven La Nouvelle!

 

Ma note plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Léa des éditions Le Livre de Poche Imaginaire! Ce fut une lecture passionnante!

 

Une femme entre nous, Greer Hendricks/ Sarah Pekkanen

Couverture Une femme entre nous

Plus qu’un roman: un événement!

Pourquoi je l’ai choisi: 

Une couverture aussi jolie et un synopsis qui promet d’aussi belles surprises, j’étais déjà impatiente de faire cette lecture! Mais partager ce moment avec une copinaute ElodieUniverse,  aussi passionnée qu’adorable, ça double les plaisirs! Vous pouvez retrouver sa chronique ICI!

Synopsis:

En lisant ce livre, vous allez faire beaucoup de suppositions. Vous allez croire que c’est l’histoire d’une femme jalouse, délaissée par son mari. Vous allez penser qu’elle est obsédée par la maîtresse de celui-ci, une femme plus jeune qu’elle. Vous allez vous dire que vous connaissez déjà toutes les facettes d’un tel triangle amoureux. Un conseil : laissez tomber toutes vos hypothèses. Jamais vous ne pourrez imaginer ce qui se cache derrière les apparences, ni anticiper les multiples rebondissements qui émaillent ce livre. À la façon de Gillian Flynn, Greer Hendricks et Sarah Pekkanen ont élaboré une construction inédite, littéralement diabolique, afin de nous faire éprouver l’espoir et le désespoir des femmes, l’usure du couple, l’amitié féminine, tout cela sous couvert d’une intrigue captivante et de personnages bouleversants. Best-seller depuis sa sortie aux États-Unis, bientôt traduit dans plus de trente pays, en cours d’adaptation cinématographique par la maison de production de Steven Spielberg, plus qu’un roman : un événement !

Ce que j’ai ressenti:…A célébrer! 

Image associée

Un mariage est toujours un grand événement dans la vie…Prenez Rob, tiens, il se marie bientôt… Vous pouvez donc aller vous choisir votre plus belle tenue, et surtout n’oubliez pas vos invitations!!!!Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à une union d’un Prince Charmant des Temps Modernes…Et de sa jeune et jolie Dulcinée…La date est fixée au 24 mai, le cadre est parfait, le moment semble idéal…

Tenez bien votre bouquet de feuilles blanches et rouges, la passion pourrait déferler dans ses pages…Et comme dans tout mariage, vous aurez :

  • Un vin d’honneur avec une commande spéciale de Raveneau…
  • Un parfum de roses flottant, pour stimuler les souvenirs…(avec une légère odeur de fer?!…).
  • Des bijoux étincelants pour briller de mille feux (Et dissimuler un peu de bleu…)
  • Du blanc et des dentelles…(Les femmes aiment trop les robes…C’est bien connu…).
  • Le sourire des familles (et leurs gènes à tendance obsessionnel(le)s…).
  • Une ouverture de bal avec des danses triangulaires…
  • La surprise des jeunes mariés…(Et il y en aura plusieurs, mais le spoiler n’est pas de bon ton…)
  • La tension à son paroxysme…(Ah l’Amour, l’Amour…Ses jalousies, ses obsessions, ses tentations…) ❤
  • Des alliances posées sur un coussin (ou des mésalliances sur l’oreiller).
  • Des twists endiablés, (histoires machiavéliques de vous maintenir éveillés…).
  • Un menu concocté avec soin (quelques mises en bouches sucrées/salées suivi d’un plat copieux de vengeance).
  • Une pièce montée délicatement préparée par Mesdames Hendricks et Pekkanen.
  • Un wedding-cake vertigineux avec des soupçons de sucre glace tombés sur la piste de danse (ou peut être bien un vertige et des soupçons à vous glacer l’ambiance…).
  • Du champagne pour vous étourdir de plaisir…
  • Et le feu d’artifice : Une femme entre nous. 

Du coup, je ne suis pas sûre que ce mariage-là, ait tous les ingrédients pour une longue et sereine longévité…Mais pour ce qui est du thriller, tout juste sorti chez Sonatine Editions, vous pouvez prendre place pour le grand événement! C’est une lecture infernale, rythmée, et addictive! Je n’ai pas réussi à quitter mon livre, tellement on est pris dans ces histoires entrelacées, ses amours contrariés, ses intrigues survoltées…Un page-turner comme on les adore!

Résolument féminin, irrésistiblement surprenant, l’alliance de ses deux écrivaines est une belle réussite!

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre!

Les nouveaux anciens, Kate Tempest.

Les nouveaux anciens par Tempest

 

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Synopsis:

Fable urbaine contemporaine, entre rap, poésie et épopée dramatique, Les nouveaux anciens renoue avec la ballade antique en embrassant toutes ces formes dans une magistrale et puissante unité. Kevin, Jane, Mary, Brian, Thomas et Clive, héros ordinaires, dieux d’aujourd’hui, ignorent tout de leurs liens de parenté et s’illustrent par leurs espoirs et désillusions, jalousie, bravoure et trivialité. Les anciens mythes résonnent dans ces vies désenchantées, où surgit la beauté de l’humain loin de l’indifférence cynique du monde contemporain.

Ce que j’ai ressenti:…Un souffle de tempête, un raz-de-marée poétique fulgurant…

 

Puisque les dieux nous ressemblent,
Puisque les mots nous rassemblent,
Il te reste à écouter les larmes des poètes…

(Infinitésimale sensibilité)

Puisque de tout temps, les histoires sont là,
Puisque les légendes pèsent leurs poids,
Il te reste à entendre la ballade Tempest…

(Ecoute la ville tomber)

Puisque Les nouveau anciens inspirent,
Puisque les anciens nouveaux expirent,
Il te reste à respirer le « flow » de Kate…

(Dieux Ordinaires d’Éternité) 

 

Et comme la beauté se saisit dans les instants,

(Indifférence) 

Et comme l’amour se cache dans les présents,

(Violence)

Et comme les illusions se nourrissent de moments,

(Déchéance)

Kate Tempest illumine de passion, et de talent

(Transe)

La scène Slam, embrasse les dieux, en tournoyant…

(Puissance)

Stelphique

Dans cette chronique, je réponds à ce poème par un poème, parce que le coup de coeur était là.

Palpitant. Rougeoyant. Dynamisant.

Je n’ai fait que lire et relire ce texte contemporain, aux encablures lyriques, jeté aux vents tempétueux, libre de voguer sur nos scènes de vies dramatiques, et divinement inspiré pour une bouleversante épopée…

J’ai aimé, j’ai adoré, j’ai sombré au cœur de la tempête, au cœur de Tempest, aux larmes de Kate…

stef livre jasmine 029

 

Remerciements: 

Je tiens à remercier chaleureusement Claire ainsi que L’Arche Editeur  pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture inspirante!

lu-en-part-avec-la-me

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Noli me tangere Ne me touche pas, Andrea Camilleri

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai adoré cette couverture! Elle est très réussie, et attire le regard. Je craque souvent sur les couvertures à dominante rouge…

Synopsis:

« Je suis fille du vent et du désert. Et cette rose ne mourra jamais. »

Laura, belle et brillante épouse d’un grand écrivain, disparaît alors qu’elle était sur le point de finir son premier roman. Son mari s’inquiète, la presse s’emballe et toute une ribambelle d’amants en profitent pour dire tout le mal qu’ils pensent d’elle.

Mais Laura est-elle cette séductrice cruelle et sans cervelle, cette femme calculatrice et superficielle, ce monstre d’égoïsme que décrivent ses amants ? Ou bien un être tourmenté et absolu, avide de spiritualité, chroniquement affligé de crises de mélancolie, de ghibli, comme elle dit, qui l’obligent à se retrancher du monde et des hommes ?

Le subtil commissaire Maurizi mène une enquête discrète sur les traces d’une femme mystérieuse, fascinée par la fresque de Fra Angelico, Noli me tangere, qui a magistralement orchestré sa propre disparition.

Construit comme un kaléidoscope de dialogues, articles, lettres qui tentent tour à tour d’approcher l’insaisissable Laura, ce court roman est un formidable hommage à une femme libre et à la possibilité qu’a tout un chacun de se réinventer radicalement.

Ce que j’ai ressenti:…Quand le ghibli t’emporte…

Tu sais pourquoi le ghibli souffle sur toi? Parce que c’est toi, le désert. 

  • J’ai aimé ce roman parce qu’il est insaisissable, tout comme son personnage principal Laura…Elle tourbillonne dans le vent, voltige d’hommes en hommes, tournoie dans les musées, se couche avec le ghibli…Ô Laura, comme tu les as fait tourner les cœurs et les têtes, Ô Laura, comme tu les as rendu tous fous de toi, mais ô combien, ils ne t’ont jamais comprise…Parce que tu es une personne complexe, Laura, un de mes plus jolies rencontres féminines littéraires… Raffinée, séductrice, légère, belle, étrange, disparue, souriante, présente, sensuelle, apathique, aimante, intelligente, sensible, cruelle, indifférente, intéressée, Noli me tangere…Mais tout cela, les hommes ne le saisissent pas, alors ils parlent de toi avec véhémence ou douceur, violence ou candeur, mais toi Laura, tu vis dans l’air du temps, tu es même carrément le vent du désert, s’infiltrant entre les lignes que ses personnes ont écrites, en pensant à toi…Ô Fascinante Laura…

« Je suis fille du vent et du désert. Et cette rose ne mourra jamais. »

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  • En partant à la découverte de cette femme et de son inquiétante disparition, nous partons aussi au cœur de l’Art et des villes européennes…Un voyage initiatique pour comprendre les œuvres qui ont inspiré plus d’un artiste, autour d’une scène mythique de la Bible, Noli Me tangere. L’auteur a su créer une sorte d’affinité énigmatique entre Laura et la fresque de Fra Angelico, qui renforce le mystère de ce petit roman épistolaire. Entre intuition et étude, cette virée soufflée au plus près de la peinture, s’avère des plus intéressantes à découvrir en toile de fond pieuse, et forcément une envie de petit détour culturel se lève de cette plume esquissée par un auteur passionné…

 

  • Parce qu’il a cette aura impalpable, parce qu’il a aussi une forme et une originalité tellement mystérieuse, ce Noli me tangere/ Ne me touche pas de Andrea Camilleri m’a captivée tout en gardant, ses petits secrets…Et c’est ce qui fait tout son charme: ce souffle insaisissable et ses tourments fascinants…

« Ce qui est, à bien y penser, une forme d’absolu. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Metailié de leur confiance et pour l’envoi de ce livre!

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Le ciel est à nous, Luke Allnutt.

Couverture Le ciel est à nous

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai adoré la poésie du titre, et quand j’ai vu le mot Ciel, j’ai de suite pensé à mon amie Sany-Lee, qui lui voue une passion infinie…. Et ni une ni deux, l’idée de la lecture commune s’est imposée…Très joli moment partagé qu’on espère renouveler au plus vite!

Synopsis:

Rob Coates vit en Cornouailles et partage son existence solitaire entre l’alcool et les aventures d’un soir. La brume ne se lève que lors de ses promenades aux airs de pèlerinages : Rob retourne sur les lieux où il a emmené son jeune fils Jack. Il prend alors des photos panoramiques qu’il poste sur son site, baptisé  » Le ciel est à nous « . Derrière ces rares moments de grâce se dévoile, par instantanés, ce que cache la détresse de Rob : l’amour avec Anna, son ex-femme, la réussite professionnelle, un fils chéri, leur complicité partagée. Et puis le drame, et un champ de ruines. 
Rob fait de son mieux pour se détruire à petit feu, mais une découverte va le forcer à se remettre en question. Il lui faudra revenir aux sources de sa peine et projeter une lumière nouvelle sur son histoire. Au-delà du chagrin et de la culpabilité, pourra-t-il trouver la paix et se réconcilier avec le monde ?
Le ciel est à nous a été écrit alors que Luke Allnutt, époux et père de famille, débutait une chimiothérapie. Dans ce voyage jusqu’au bout de la peine et de l’acceptation, c’est pourtant la beauté de la vie qu’Allnutt nous donne à voir au travers d’une écriture hyperréaliste profondément émouvante. Cette voix est celle d’un homme ordinaire, confronté au défi immense de se pardonner pour réapprendre à aimer. Comparé à Nos étoiles contraires et Un jour, le manuscrit a été vendu à une vingtaine d’éditeurs à travers le monde lors d’enchères fiévreuses.

Les personnages:

Rob. Anna. Jack: Petite cellule familiale qui nous ouvre les portes de leur foyer et nous fait lever les yeux vers l’immensité bleutée…

Dans ce roman nous avons le point de vue du père, Rob. Il nous raconte sous forme de flash-back, la relation qu’il a avec sa femme Anna. Des avants/après qui nous évoque leur complicité, la solidité de leur couple et enfin Jack, fruit de leur amour, après les vents contraires…

« Nous n’étions pas juste tombés amoureux, nous avions sombré. »

Ce que j’ai ressenti:

Parce qu’elle m’aura marquée cette lecture, voici une chronique en ping-pong Citations/Émotions:

« Je suis désolée, je ne voulais pas te faire pleurer. »

Cette phrase est adressée à Rob, à un moment charnière de cette histoire, mais elle vient cueillir la lectrice que je suis me surprenant tout autant que le personnage, à verser des larmes presque malgré nous. Pleurer en même temps que les personnages, crée une sorte d’alchimie complice, un lien intime avec le livre. Ce livre est émouvant de par son drame, mais finalement, on se rend compte que c’est dans l’instantané des petites choses de la vie qu’il arrive à nous renverser. Ce père qui se déraisonne, qui s’emprisonne dans son chagrin, mais qui cherche encore obstinément  la beauté de la vie, est un souffle de fraîcheur dans la noirceur de sa dépression. C’est touchant, et c’est le passage le plus intense de ce livre, car ses deux personnages qui s’aiment mais encore déchirés, arrivent à passer par dessus les difficultés, et à se dire encore mille merveilles intimes…

« Le ciel aussi, il est à nous? »

Peut être que dans cette simple question enfantine, se cache l’idée fédératrice d’union, sous une même voûte, sous le même toit. Sans doute qu’un peu plus de tolérance et de mains tendues vers son prochain, profiter de la vie aussi dans chaque instant, est la philosophie qui se dégage derrière les lignes de ce livre et du blog artistique de Rob… L’art est un moyen de mettre en valeur la beauté du monde, et avec cette intuition qui le traverse au delà de la peine immense et violente qu’il ressent, Rob se préoccupe encore de photographier le ciel, dans le flou opaque de son quotidien, et de l’offrir aux autres…Le ciel est à nous…Comme une bouée de sauvetage, comme un devoir de mémoire, il s’évertue à trouver les nuances de lumières et d’éclats, les petits bouts de souvenirs qui le feront triompher, à force de temps et de patience, de la tragédie.

« C’est possible en rêve. C’est possible tout court. »

Les rêves sont plus forts que la maladie. Ils ont cette force incroyable de nous emmener, au delà de la douleur. L’auteur a écrit ce livre en étant en chimiothérapie, et je dirais que l’on ressent dans ses pages à quel point cette plume est réaliste, comme chaque choc et espoir incertain, est palpable. Pour autant, Luke Allnutt tend vers un message de paix et de résilience, pour des cieux plus doux et des amours apaisés…Parce que l’on sait que de telles tempêtes peut frapper n’importe qui, et n’importe quand, j’ai eu des orages au cœur et des pluies torrentielles dans les yeux, mais quand je me tourne vers le bleu, je sais que Le ciel est à nous

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement le site Babelio et ses opérations Masses Critiques, qui nous permettent de faire toujours de très belles découvertes livresques. Merci aussi infiniment à la maison d’éditions Cherche-Midi éditeur pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture très émouvante qui va me marquer longtemps.

Babelio

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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