Maura Murray a disparu, James Renner.

Couverture Addict / Maura Murray a disparu


Synopsis:

Imaginez une jeune femme sur une route du Nord. Derrière elle, les montagnes de la Nouvelle-Angleterre et quelques tracas de la vie quotidienne : une rupture, des problèmes d’argent, et maintenant une sortie de route…
Un voisin lui demande si elle a besoin d’aide. La jeune fille refuse, elle a déjà appelé les secours. Saisi d’un doute, il prévient la police qui arrive sept minutes plus tard : la voiture est toujours là mais la conductrice, elle, s’est volatilisée.
Elle s’appelait Maura Murray ; elle avait 21 ans. On ne la reverra plus jamais.
De cette énigme absolue, impénétrable et ordinaire, James Renner va remonter cent pistes, recueillir des témoignages, échafauder des plans, jusqu’à l’obsession…


Ce que j’ai ressenti:

  • Quand un drame devient obsession…

James Renner se prend de passion pour la disparition d’une jeune fille. Il veut aider la famille à retrouver Maura Murray, 21 ans, qui s’est évaporée sur le bas-coté d’une route. 7 minutes pour effacer une jeune adulte de la surface de la terre. 7 minutes qui vont hanter, par contre pendant des années, James Renner, journaliste et addict de true crime. Il y a cette excitation à lever le voile sur ce mystère, et puis il y a un basculement… Celui où l’auteur ne sait plus prendre de recul face à cette affaire, qu’elle devient tellement envahissante, qu’il n’est plus possible de revenir en arrière…Bluffant autant qu’effrayant!

« J’ai achevé de m’enivrer et j’ai passé la nuit entouré d’ours en peluche, furieux contre moi-même d’avoir cru possible de jouer au plus fin avec l’univers. » 

  • Quand un fait divers devient fascinant…

Comme on dit, ce n’est pas tant la destination qui importe, mais le voyage. Et ici, le voyage-reportage-addiction est intéressant. Il nous parle des heures perdues auprès de sa famille pour récolter des centaines de témoignages, des minutes floues à troquer des vérités obscures, des journées entières à soustraire au bonheur pour s’enfoncer dans des ténèbres glissantes. J’ai aimé la manière dont James Renner mêle cette enquête à son propre quotidien. C’est juste stupéfiant de voir comment cette histoire entre dans sa vie et fout un chaos pas possible. J’ai été touchée par son honnêteté à mettre à nu, ses recherches autant que ses émotions. Journaliste, c’est une vocation, mais être humain, c’est apporter cette part de soi pour que l’on prenne en pleine figure, des raz-de-marrés de sensations auxquelles il est difficile de rester de marbre…Un page-turner fascinant.

Il y a quelque chose d’extrêmement exaltant à regarder un monstre dans les yeux et  lui montrer qu’on n’a pas peur. 

  • Quand un doute devient raisonnable…

J’ai bien compris que dans cette vie, les happy-end sont rares. Quand on referme ses pages, il nous reste des doutes et des questions sans réponses, parce que des disparitions inexpliquées, des meurtres non résolus, des actes honteux, il s’en passe tous les jours, malheureusement sur cette planète. Et même s’ils ne nous concernent pas directement, ils peuvent nous ébranler plus que de raison. La preuve en 400 pages et quelques addictions avec James Renner. J’ai été captivée. Maura Murray a disparu, mais est ce que c’était volontaire ou pas?

« Ça faisait du bien de pleurer. De ressentir les choses. Mais ça faisait peur, aussi. » 

 

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 9/10

Remerciements: 

Je tiens  remercier très chaleureusement Les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

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La Société des Rêveurs Involontaires, José Eduardo Agualusa.


Synopsis: 

Le journaliste Daniel Benchimol rêve de gens qu’il ne connaît pas mais reconnaît dans la mémoire de l’appareil photo qu’il retrouve sur une plage. Moira Fernandez, une artiste mozambicaine habitant Le Cap, met en scène et photographie ses rêves. Hélio de Castro, un neuroscientifique, les filme. Hossi Kaley, le patron de l’hôtel Arco-Iris, ancien guérillero au passé obscur et violent, se promène dans les rêves des autres, vêtu d’un costume violet, ce qui va donner à un service secret l’idée de l’utiliser pour manipuler les rêves de la population lors des élections, mais ne l’empêchera pas malgré tout de connaître un grand amour.
Les rêves rassemblent ces quatre personnages dans un pays totalitaire au bord de la destruction, où se réveillent aussi les rêves de liberté de la jeunesse.
Écrite dans un style éblouissant, cette Société des rêveurs involontaires est une histoire d’amour, un récit fantastique, un polar onirique et une vraie satire politique pleine d’humour, qui questionne la nature de la réalité tout en réhabilitant le rêve comme instrument de transformation du monde.


Ce que j’ai ressenti:

 

  •  J’ajoute à mes nuits, un peu de cette énergie artistique que j’ai saisi dans ces pages, pour peindre des aquarelles d’orchidées bleutées sur des lignes de rêves. J’enfile une veste violette et je vous emmène en Afrique découvrir l’étrange enquête de Daniel Benchimol… Et si des funambules s’invitent dans vos songes pastels, c’est sûrement que vous êtes vous aussi, touchés par cette histoire fantastique. Pour ma part, je l’ai été plus que de raison, et peut être que la folie me guette, mais avant, j’aimerai vous dire que j’ai adoré me perdre dans d’autres ailleurs…Je nage encore dans un océan aérien d’euphorie et je lance des vœux au ciel:

-Exercez-vous à rêver. Croyez à vos rêves. Et maintenant réveillez-vous, mon ami! 

 

  • J’ajoute à mon temps, un moment de lecture particulier, singulier, onirique où les métaphores s’incarnent et se répondent en miroir. L’envol d’un oiseau se reflète dans l’épanouissement d’une jeune femme combative, la naissance d’une fleur à l’instar d’une artiste qui se révèle par son talent, un arbre qui s’enracine contre des souvenirs qui s’étiolent, des observateurs de rêves qui font face à l’œil avisé d’un journaliste engagé. Dans la forme et dans le style, José Eduardo Agualusa réalise une prouesse littéraire où rêves et réalités se réinventent dans une histoire plurielle ou l’amour, l’art et les songes dansent sur les cendres de la barbarie. Derrière l’insoutenable atmosphère d’un pays totalitaire, quelques esprits s’éveillent… Surprendre une jeunesse qui se révolte face à la dictature, dépeindre un pays au bord du gouffre et éclairer nos consciences, c’est le pari fou de La société des rêveurs involontaires.

 

« Le pacifisme, mon frère, c’est comme les sirènes: hors de la mer de l’imagination il ne respire pas, il a du mal avec la réalité. Encore moins avec la nôtre, cette réalité si cruelle. » 

 

  • J’ajoute à mes carnets, des dizaines de citations poétiques et de réflexions méditatives. Des échos de mots et des éclats d’images pour nager dans l’infini de l’idée même de Liberté. Elle brillait de mille façons, Liberté dans ses pages: dans la lumière d’un clair de lune, sur les murs des galeries, dans le viseur d’un appareil photo, sur la surface d’un écran, dans l’obscurité d’une cellule, sur la mer imaginaire, dans la profondeur de l’inconscient, sur le crane d’une enfant, dans la grandeur des souhaits. La voir ainsi prendre multiples facettes, cela donne envie de déplier nos ailes et s’envoler vers elle…

« Je suis tombé par terre comme un pétale de fleur. » 

  • J’ajoute à mes coups de cœur, ce livre, La société des rêveurs involontaires, comme un des plus beaux livres que j’ai eu le plaisir de lire, parce qu’il contait à mon inconscient, une vérité intime. Et ce matin, c’est en toute conscience, que je vous dévoile la vague déferlante de mes émotions…Magnifique!

 

« Tous les rêves sont inquiétants, parce qu’ils sont intimes. Ils sont ce qu’on a de plus intime. L’intimité est inquiétante. »

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule10/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Métailié de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Le Pays des oubliés, Michael Farris Smith

Couverture Le Pays des oubliés


Synopsis: 

Une prose intense, lyrique pour le portrait d’une Amérique exsangue et désespérée. 
Plongez avec le nouveau roman de Michael Farris Smith au coeur du delta du Mississipi.

Abandonné à la naissance, Jack est passé d’orphelinats en foyers, avant que Maryann, une lesbienne mise à l’écart par la bonne société de Louisiane, le prenne sous son aile. Aujourd’hui celle-ci vit ses derniers jours et sa propriété est menacée par les banques. Jack, qui veut à tout prix conserver cet héritage, doit trouver l’argent nécessaire. Mais, le corps cassé par une vie de combats, ravagé par de multiples addictions, il ne se sent plus la force d’avancer. D’autant plus qu’il doit aussi affronter Big Momma Sweet, qui règne sur cet empire du vice qu’est le delta du Mississippi.

Michael Farris Smith écrit mieux que personne sur le désespoir américain. Après Nulle part sur la terre, il s’impose ici définitivement comme la voix des exclus, des survivants, des combattants, aussi. Si le portrait est noir, l’écriture est d’une poésie rare, et le lecteur ne peut lâcher ce livre, qui oscille peu à peu de l’ombre vers la lumière.


Ce que j’ai ressenti:

  • Et s’envoler au dessus de la terre des oubliés…

Jack est un accidenté de la vie, meurtri de coups et de désillusions, il mène un quotidien de combats à mains nues. Déglingué et culpabilisant, il avance sur les routes au gré de son étrange gagne-pain, pour sauver tant bien que mal, (plus mal que bien d’ailleurs), la maison de sa mère adoptive. Mais Jack est marqué par le sang et les addictions diverses, oublié des destins heureux, il ne sait que prendre de mauvais chemins…Michael Farris Smith nous éblouit avec ces destins de poussières et de violences, dans un étonnant vol au dessus des terres d’Amérique, Le Pays des oubliés, comme des ténèbres bouillonnantes où les âmes se débattent dans un désert de solitude…

« Je sais que tu as une histoire. Nous avons tous une histoire mais certaines sont meilleures que d’autres, et toi et moi nous savons tous deux qu’il y a un récit caché en toi. »

  • Planer sur des ailes de poésie…

Il y a une poésie envoûtante entre ombre et lumières, une ambiance prégnante qui m’a pris aux tripes. C’était fort et intense. Une plume presque comme une respiration, saccadée, rythmée avec des ratés sous l’émotion… Une solitude et un désespoir transpirent de ces pages, et pourtant, il reste une petite lueur, et c’est ce qui me fait fondre…Michael Farris Smith donne des élans de vie à ses personnages paumés, mais la fatalité les tient ardemment dans son poing…Toutes les volutes d’encre et les gerbes de sang vont courir sur leurs corps écorchés, et c’est au plus près de la nuit, que les démons se réveillent, assoiffés de vices et de culpabilités…A force de combats et de détermination, à coups d’audace et contorsions, l’espoir d’un futur meilleur se profile, mais encore faut-il, pour Jack le Boucher et Annette la splendeur tatouée, fassent enfin les bons choix…

« Et après il passait quelques jours dans la maison. Se rappelait les choses simples qu’elle avait essayé de lui inculquer. Se rappelait les couchers du soleil et les cieux illuminés d’étoiles et le réconfort de l’espace. »

  • Et descendre en piqué vers son coup de cœur…

Ce roman noir est d’une justesse impeccable. Violent, sombre, envoûtant. J’ai été subjuguée par cette histoire. La plume de Michael Farris Smith se fait velours, encore plus dans ce roman-ci. Le titre est peut-être bien, Le Pays des oubliés, mais il est certain, que moi, je ne pourrai oublier cette virée dans l’Amérique profonde. Tant d’humanité dans ces clairs-obscurs, il a vraiment, quelque chose de rare, cet auteur pour nous transcrire ces êtres en perdition.

Je virevolte encore, aux côtés d’un faucon, et je suis descendue des cieux infinis, pour vous écrire que ce livre est un coup de cœur.

« Des centaines de kilomètres plats. Des repaires d’esclaves et de soldats. Une terre d’oubliés couverte de cieux infinis. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre!

 

 

Seule dans Raqqa, Hala Kodmani

Couverture Seule dans Raqqa


Synopsis: 

Syrie, 2011. Prise en étau entre les exactions d’un dictateur et la barbarie de l’État islamique, Raqqa souffre en silence. Sur Facebook, pourtant, une jeune femme prend la plume. C’est une résistante, une intellectuelle, une amoureuse. Elle raconte l’enfer d’un peuple, son quotidien de combats, de terreurs – son espoir aussi. Le symbole d’une ville, d’un pays tout entier. Antigone moderne, elle en partagera le destin : dénoncée en 2015, elle mourra exécutée dans les geôles de Daech.
Journal de bord et testament, Seule dans Raqqa est plus qu’un témoignage : un chant de liberté.

« Un témoignage digne de celui d’Anne Franck. » Daniel Cohn-Bendit – Europe 1
« Un livre bouleversant ! Lisez-le ! » Nicolas Demorand – France Inter
« Un témoignage poignant, entre espoir et désillusion, sur lequel Hala Kodmani a su poser les mots justes. » Delphine Minoui – Le Figaro


Ce que j’ai ressenti:

  • Un livre bouleversant…

Seule dans Raqqa. Seule avec un journal intime 2.0, seule avec Facebook comme fenêtre ouverte sur le monde, seule à chroniquer sur un enfer actuel. Difficile de poser les mots sur une telle lecture, parce qu’en fait il y aurait tant à dire, et en même temps si peu, parce que tout cela se passe, au delà des mots…Et pourtant, Nissan Ibrahim, se dévoile sur la toile, en étant aussi révoltée que douce, maladroite et avisée, engagée et prostrée, dans ce nouvel outil qui lui permet de parler de la situation intolérable de Raqqa: Facebook devient alors sa bouteille jetée à la mer, Facebook sera le témoin de son envie de liberté… Une jeune femme qui aiguise sa pensée, au fur et à mesure, que l’obscurantisme prend de l’ampleur…Édifiant!

  • Dans l’air du temps…

Hala Kodmani tisse, autour des posts de Nissan Ibrahim, tout un contexte politique et social, qui rendent compte des revirements des rues de Raqqa, en Syrie. C’est un témoignage en deux temps, puisque cette journaliste retrace le parcours de cette jeune femme, professeur de philosophie, qui lutte pour l’idée de LIBERTE. Mais il reste tout de même, une part de mystère, un voile sous les voiles noirs, des mots encore à décrypter, parce que Nissan est volontairement restée dans un anonymat « sécuritaire »…Pourtant, en une centaine de pages, qu’il est puissant, le choc de ses mots…C’est d’autant plus choquant, que c’est maintenant que ça se passe, maintenant, et sous le joug de la dictature…En 2015, que les messages de Nissan ont été stoppés nets. La démarche de Hala Kodmani s’inscrit dans un souci d’éveil, pour le reste du monde, de la souffrance d’une ville sous l’emprise de la barbarie. Raqqa blessée et Seule dans Raqqa: Un hommage tout en émotions.

…A la merci des loups noirs.

Nissan Ibrahim est à mon avis, une jeune femme admirable, un symbole d’une jeunesse audacieuse. Souffrant du syndrome de la chèvre de Mr Seguin, se jetant dans la gueule du loup, après avoir lutté toute la nuit, enivrée qu’elle était de liberté, Nissam a donné cet espoir, à travers ces chroniques intimement passionnées…Dans ses derniers posts, on sent bien qu’elle est consciente de se sacrifier pour cette idée, elle provoque même ses loups affamés…Et, eux, bien sûr, se sont empressés de la dévorer, à l’aurore…Il nous reste, tout de même, son courage à admirer et ce livre à lire et à recommander…Indispensable!

 

Ma note Plaisir de Lecture  INDISPENSABLE !

 

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Emmanuelle pour son conseil de lecture. Elle nous l’a tellement bien recommandée qu’il était franchement impossible de passer à côté, de cette lecture indispensable. Je remercie toute la Team des  éditions Pocket pour l’envoi de ce livre!

 

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Le poids du monde, David Joy.

Couverture Le Poids du monde


Synopsis:

Après avoir quitté l’armée et l’horreur des champs de bataille du Moyen-Orient, Thad Broom revient dans son village natal des Appalaches. N’ayant nulle part où aller, il s’installe dans sa vieille caravane près de la maison de sa mère, April, qui lutte elle aussi contre de vieux démons. Là, il renoue avec son meilleur ami, Aiden McCall. Après la mort accidentelle de leur dealer, Thad et Aiden se retrouvent soudain avec une quantité de drogue et d’argent inespérée. Cadeau de Dieu ou du diable ?

Après Là où les lumières se perdent (Sonatine Éditions, 2016), unanimement salué par la critique, David Joy nous livre un nouveau portrait saisissant et désenchanté de la région des Appalaches, d’un réalisme glaçant. Un pays bien loin du rêve américain, où il est devenu presque impossible d’échapper à son passé ou à son destin. Plus encore qu’un magnifique « rural noir », c’est une véritable tragédie moderne, signée par l’un des plus grands écrivains de sa génération.


Ce que j’ai ressenti:

  • …Un nuage de désespoir…

Parce que le ciel est d’un gris sinistre et que la pluie de malchance a déjà déversée plusieurs fois son lot de désolations sur le destin de ces deux paumés des Appalaches, tout Le poids du monde m’est tombé dessus, comme un seau d’eau glacée. A vivre ainsi, dans une caravane, au gré des intempéries et des tumultes de la vie, Aiden et Thad, deviennent des frères de misère, pour lutter contre l’acharnement des cieux. Quelle est triste leur vie, à en pleurer des larmes de sang, parce qu’il n’est pas concevable que cette agonie d’immobilité forcée et tous ses rêves étouffés soit, le quotidien de jeunes de 24 ans…

Troublant. Electrique. Désespérant.

On le voit s’amonceler ce mauvais temps, ce maudit karma des laisser-pour-comptes. On aimerait leur tendre un parapluie de mille couleurs, pour contrer un tant soit peu, cette tempête de noirceur qui semble s’accrocher à eux…Mais malheureusement, pour certains, la vie est un rebut de l’enfer…

« La seule chose qui différenciait une personne d’une autre, c’était le fait d’avoir quelqu’un pour sauter à l’eau et vous empêcher de vous noyer. »

  • …Et le ciel s’obscurcit encore…

« L’argent ne fait pas le bonheur, mais il contribue…« …Foutaises, que ce dicton! Si le sang t’a marqué et que l’argent tombe du ciel, il est plus que probable que c’est encore un mauvais tour du destin, une bonne vieille blague du diable, tiens! Déjà qu’ils les accumulaient les emmerdes, Aiden et Thad dans un effet boule de neige dramatique, alors là, ça ne va pas s’arranger de sitôt, avec cette malchance poisseuse…La malédiction du sang entache irrémédiablement leurs galères et même, s’ils sont si près de toucher un peu du doigt cet espoir d’envol, la chute n’en sera que plus lourde, plus fracassante encore que tous les coups de tonnerre du monde.

Éclair de feu. Tempête d’adrénaline. Brouillard de blanche.

Jouer avec les démons n’a jamais été aussi dangereux et ne pas suivre le bon chemin dans ces montagnes, peut vous emmener vite, sur les chemins de la perdition….Il sonne comme une urgence dans ce roman, mais face aux résonances de l’alcool, de la violence et de la drogue, rien ne semble pouvoir laisser entendre les plaintes dissimulées dans les failles de chacun…Et il te reste, à la fin de ses pages, un goût de fer en bouche…

« Au bout du compte , c’est toujours le sang qui parle. »

  • …Pour un roman des plus Noirs…

C’était Le roman que j’attendais avec le plus d’impatience en cette rentrée littéraire! Le roman que je souhaitais lire le plus ardemment, après l’excellent  Là où les lumières se perdent. Et c’est donc Le roman qui m’aura le plus captivée pendant ses derniers jours, tellement il a une aura de désespérance, une noirceur pesante qui annihile tout futur lumineux…Alors, il ne tient qu’à nous de lire ce roman, parce que ensemble et unis, porter Le poids du monde, ne devrait plus être un si lourd fardeau…. Enjoy for David Joy! Faites tourner l’immense talent de cet auteur, portez le aux nues!

« J’essaie juste de survivre chaque jour sans me tirer une balle. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et pour l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture saisissante!

 

 

 

Sympathie pour le démon, Bernardo Carvalho.


Synopsis: 

Ma vie s’est terminée il y a trois ans, à la veille de mes 53 ans, dans l’entrée d’un théâtre, à Berlin. Du moins, c’est là que j’ai commencé à mourir.” Murmurée à l’oreille d’un homme bardé d’explosifs, dans une chambre d’hôtel juste après un attentat à la bombe, cette phrase donne une idée de la tension qui tisse ce roman du début à la fin.

Envoyé au Moyen-Orient dans une zone de combat pour transporter la rançon d’un mystérieux otage, le Rat affronte les conséquences d’une crise déclenchée par une relation amoureuse destructrice. À la limite de la folie, mais raisonnant avec une rage froide, il essaye de comprendre ce qui a fait de lui la proie d’un amant toxique qui a transformé la soumission en puissante arme de guerre.

Une analyse impressionnante du mal, du pouvoir et du désir.


Ce que j’ai ressenti:

  • Et au milieu des décombres, le chaos…

Il s’ouvre comme cela ce roman, sur un champ de ruines, mais juste devant nous, un homme se tient encore debout…Pour autant, que durera ce moment…Un instant T où un Rat, se retrouve dans une mission suicide au fin fond d’une chambre sordide au Moyen-Orient. Un arrêt sur image de chaos avec un dôme de raisons obscures qui entoure cet homme brisé, à l’instar de cette vision de destruction…Bernardo Carvalho a concoctée une petite bombe littéraire d’une telle énergie violente qu’elle en devient juste fascinante. Attention, on en prend plein les yeux, l’écriture y est dure et sans artifices, mais les feux sont bel et bien là!  Cette lecture dynamite nos coeurs et nos têtes, parce que l’on touche de si près, le Mal, dans toute sa splendeur. Une attirance si destructrice…

L’illusion donne la force de continuer à vivre, pour aussi terrible que soit la vie.

  • …Trio infernal…

Bernardo Carvalho explore toutes les dynamiques qui anéantisse un homme. D’un triangle amoureux masculin, à une mission secrète en terre brûlée, en passant par cette tendance à la folie furieuse, on frôle tous les cercles vicieux des passions qui animent le coeur des hommes. Tant de séduction autour de la violence, tant de toxique autour de l’amour, que Sympathie pour le démon donne le vertige, le vertige des grandes émotions…Le lecteur devra trouver son interprétation face à la perdition, sa voie au milieu de ce fatras de mensonges, tenter de marcher sur les lignes d’ondes négatives sans se brûler aux flammes de l’enfer, se confronter à l’haleine fétide du diable…Lui résister.

« Pourquoi il y a tant de gens qui s’aiment? « 
« Pourquoi? » dit-il en souriant. je ne sais pas, parce que c’est bon, parce que ça fait du bien. »
« C’est tout? »
« Tu trouves que c’est peu? »

  • La passion brute.

Difficile de rester de marbre face à ces moments aussi intenses. Brut. Violent. Explosif. C’est ce que j’aime dans la littérature sud américaine, cette puissance dans les sentiments, l’énergie folle qui passe dans leurs mots, l’ampleur ravageuse que l’on devine derrière les lignes. Je suis bluffée. Même refermé, ce livre il continue de brûler sous les braises de son trop plein de passions. Je viens de me prendre un uppercut, mais là, tout de suite, ce que je voudrais , c’est lire le prochain et les précédents livres de cet auteur, car c’est impressionnant comme Bernardo Carvalho a cette façon très particulière de raconter avec autant perspicacité, la rage de vivre et sa compagne si sympathique, la fatalité de la mort…

Avant le déclic du détonateur, précipitez-vous vers cette lecture!

Alors, la mort ne meurt jamais? »

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Camille ainsi que les éditions Métailié de leur confiance. Ce fut une lecture explosive!

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Passage des ombres, Arnaldur Indridason

 

Synopsis:

Un vieil homme solitaire est retrouvé mort dans son lit. Il semble avoir été étouffé sous son oreiller. Dans ses tiroirs, des coupures de presse sur la découverte du corps d’une jeune couturière dans le passage des Ombres en 1944, pendant l’occupation américaine.

Pourquoi cet ancien crime refait-il surface après tout ce temps ? La police a-t-elle arrêté un innocent ?

Soixante ans plus tard, l’ex-inspecteur Konrad décide de mener une double enquête. Jumeau littéraire d’Erlendur, il a grandi en ville, dans ce quartier des Ombres si mal famé, avec un père escroc, vraie brute et faux spirite. Il découvre que l’Islande de la « situation » n’est pas tendre avec les jeunes filles, trompées, abusées, abandonnées, à qui on souffle parfois, une fois l’affaire consommée, « tu diras que c’était les elfes ».

Un polar prenant qui mêle avec brio deux époques et deux enquêtes dans un vertigineux jeu de miroirs. Où l’on découvre que les elfes n’ont peut-être pas tous les torts et que les fééries islandaises ont bon dos…

 

Ce que j’ai ressenti:…Le souffle des elfes…

Et dans la bise glaciale, un elfe m’a soufflé
Les secrets de l’Islande, et ses contes populaires…
Il m’a raconté ses jeunes filles téméraires
Qui se mettent dans la situation, et après,
Divaguent, se laissent bercer de légendes insulaires
En perdant d’elles-même, au détour d’une aire…

Et dans le froid hivernal, un elfe m’a soufflé
L’horreur des passages hantés par des drames violents
Les tables et les vautours qui tournent inlassablement
Autour de la peine et des disparitions éhontées…
Il m’a parlé de destins brisés, il a plus de 65 ans,
Et de la culpabilité qui s’enracine dans le temps…

Et dans cette nature hostile, un elfe m’a soufflé
La puissance des liens du sang, l’odeur ferreuse
Qui suinte de ses histoires de Guerre désastreuses…
Il m’a conté dans les coulisses d’un Théâtre abandonné
Que les musiques des orgues basaltiques, fiévreuses,
Résonnaient de concert, avec les plaintes des malheureuses…

Tu diras que c’était les elfes qui t’ont soufflé
De te précipiter sur ce polar islandais…
Le Passage des Ombres s’ouvre sur deux enquêtes noires
Mais où, la féerie s’immisce et laisse croire
Que les phénomènes surnaturels sont de la partie…
Tu diras que c’était les elfes qui t’ont soufflé
Qu’il y a eu un coup de cœur chez la fée!

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Camille ainsi que les éditions Métailié de leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture féerique!

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Coupable[s], Samuel Sutra.

Coupable[s] par Sutra

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai eu une sorte de coup de foudre pour la couverture…Les yeux sans doute…Une couverture vraiment réussie, et encore plus jolie de près avec la finesse des détails…Elle est fascinante.

Synopsis:

HAÏTI. 12 janvier 2010 – 16 h 50.
Le pays est frappé par le plus meurtrier tremblement de terre de son histoire.
L’aide humanitaire afflue de partout.
PARIS. Aujourd’hui.
Une série de meurtres secoue la ville.
Quatre personnes sont retrouvées sauvagement assassinées.
Toutes sont liées à un projet baptisé « Kenscoff » .
Un cinquième individu est recherché.
Pour prêter main-forte à la Brigade criminelle dans cette enquête particulière, un jeune policier rejoint l’équipe.
Haïti, il connaît bien.
Il y est né.

Ce que j’ai ressenti:

Y a eu des morts? Et après. En Haïti , y a toujours des morts. Là-bas, la mort, c’est la vie.

Si la catastrophe de Janvier 2010 a dévasté Haïti, elle a permis aussi aux vautours financiers de tournoyer au dessus de ses terres de chaos, et leurs ombres faites de mensonges et de courses aux profits, ont engendré plus de catastrophes qu’il était encore possible après celle, naturelle, de ce tremblement de terre dévastateur…C’est donc au milieu de ce fatras que Samuel Sutra pose son décor pour un thriller sombre et vibrant aux magnitudes de Richter… Haïti, c’est l’ombre d’une menace sourde mettant en lumière des Coupable[s] sans scrupules et qui réveillera une vengeance effroyable venue de ses décombres…

« Avec les autres, on est toujours au milieu de quelque chose, mais jamais au cœur de rien. »

Dans son rêve de justice, la mythique Brigade Criminelle du 36 Quai des Orfèvres est l’ultime but de ce jeune policier, Jean Raph’, et quand il se voit donner la chance d’intégrer la fameuse équipe à titre de consultant, il ne touche plus terre…Quel plaisir de le suivre dans ses couloirs et cette enquête retorse, où ses racines haïtiennes deviennent une aide précieuse pour mieux comprendre le folklore et les traditions de ce pays lointain…Pour autant, ça ne sera pas une promenade de santé pour ce novice des enquêtes de terrain puisque, les meurtres sont d’une violence inouïe et que ça prend vite la forme d’une frénésie…Au 36, l’équipe de flics est sur les dents et font appel à toutes les branches du métier pour résoudre les mystères, parfois un peu trop empreint de sorcellerie, au goût de certains…

« A dix-sept ans, tu tues pour une cause. A trente pour une femme. Après, y’a que l’oseille qui te fait bouger le cul. »

Efficace, maîtrisé, surprenant. Ce sont les trois mots que j’associe à cette lecture, au delà de l’intérêt d’avoir découvert les dessous des « petites affaires » de l’aide humanitaire…Dans ses pages, on creuse des pistes sanglantes, on déblaie des dossiers terreux, on fouille parmi les décombres poisseuses et on déterre des secrets de famille palpitants…De Paris en Haïti, Samuel Sutra nous façonne un polar noir avec un cœur brûlant entre sang et vengeance…Les dagydes n’ont qu’à bien se tenir, parce que l’envoûtement n’est pas loin avec ses deux cents et quelques pages intenses et captivantes que cet auteur nous a concocté!

« On n’aime pas parler pognon en France, c’est sale. Quand on est pauvre, on est feignant, quand on est riche, on est voleur. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Nathalie des éditions Flamant Noir pour sa confiance et l’envoi de ce livre!

 

Jesse le Héros, Lawrence Millman

Couverture Jesse le héros

Pourquoi je l’ai choisi: 

Forcément le synopsis attire…L’irrésistible envie de trouver des trésors passés et la curiosité de voir comment vieilli une oeuvre littéraire…Celle ci garde bel et bien toute sa force et son intensité, une trentaine d’années plus tard…

Synopsis: 

1968, Hollinsford, New Hampshire. Élevé par son père, Jesse a toujours été un outsider au comportement inquiétant, rejeté par les autres enfants du village. Avec l’adolescence, les choses ne s’arrangent pas. On l’accuse aujourd’hui d’avoir violé une jeune fille, on le menace d’un placement en institution spécialisée. Mais tout ce qui préoccupe Jesse, ce sont les images du Vietnam, qu’il suit obsessionnellement à la télévision, celles de cette guerre où est parti son frère Jeff, qu’il idolâtre. Lorsque celui-ci, démobilisé, revient au pays, rien ne se passe comme Jesse l’espérait. Et c’est pour notre héros le début d’une escalade meurtrière à la noirceur extrême.

Entre le Holden Caulfield de L’Attrape-cœur et le Patrick Bateman d’American Psycho, Jesse est difficile à situer. Est-il la victime d’un handicap mental, d’un contexte familial perturbé, d’une société où fleurissent les images violentes, ou bien un tueur en série sans empathie, capable d’éliminer ses contemporains aussi facilement que ces rats sur lesquels il aime tirer ? Lawrence Millman nous abandonne entre ces hypothèses perturbantes, jusqu’aux dernières pages du livre et leur étonnante conclusion.

Un chef-d’œuvre du noir enfin extirpé de l’oubli.

Ce que j’ai ressenti:…Un trouble Noir…

Jesse est un adolescent attardé, mi-enfant mi-adulte mais surtout, il est mi-ange mi-démon : un innocent confronté à trop de violences, trop de mensonges, trop d’images perturbantes que son cerveau n’est pas en mesure de synthétiser, un être doué de pulsions et de mal-être que sa conscience n’intellectualise pas…Jesse le Héros est un anti-héros terrifiant que Lawrence Millman met brillamment en scène dans une quête vaine et trouble de fuite au soleil…

Il se dit que , vu l’heure , les gens étaient sûrement couchés. Seul un fantôme ou un monstre nocturne seraient debout à cette heure-ci. 

Cette lecture est dérangeante, perturbante mais Lawrence Millman a su tellement bien travailler son personnage principal, que j’ai lu son livre sans pouvoir arrêter de suivre cette longue virée en enfer…En étant à l’intérieur du corps et de l’esprit de Jesse, on est plus à même de comprendre ses actes effroyables, mais surtout toutes les influences néfastes de son entourage. Il ne peut pas bien se construire malgré l’amour d’un père et le modèle du frère, parce que l’environnement social tend vers une crise où la violence est le maître mot. Entre l’ombre de la guerre du Vietnam et le manque cruel d’aide à la personne face à toutes les maladies mentales, Jesse n’a pas les armes pour se défendre, mais il les prend quand même, Héros de son inconscient, parce que son intuition instinctive lui dicte que le Mal est bien là, et qu’il faut l’éliminer…Et dans ses rêves, la vengeance fait rage alors que, le carnage,lui, sera bien réel…

C’est tout? Je veux dire, t’es mort et c’est tout. Rien que de la cervelle et du sang, on est rien d’autre. 

C’est un roman noir, très sombre qui m’a bouleversée. C’est un panorama de l’Amérique qui fait froid dans le dos, parce qu’il s’abreuve d’intolérance, de chaos et d’alcool, et fatalement des monstres se lèvent et frappent, presque malgré eux. Psychologiquement, j’ai pris un bel uppercut, mais je suis restée fascinée par tant de maîtrise de ses lignes floues entre bien et mal, entre cet environnement malsain aussi perturbé que l’esprit de ce jeune homme et les culpabilités qui rongent ses hommes…Une lecture intense pleine de noirceur et de malaise saisissant, qui n’a pu me laisser indifférente…

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture fascinante.

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Le temps des hyènes, Carlo Lucarelli.

Le temps des hyènes par Lucarelli

Pourquoi je l’ai choisi:

Principalement pour en savoir plus sur l’histoire italienne, et puis, le voyage vers d’autres contrées…

Synopsis:

Une épidémie de suicides s’empare de la colonie italienne d’Érythrée : le sort des indigènes n’intéresse guère, mais quand on découvre le corps du marquis Sperandio, propriétaire des terres et pionnier enthousiaste, pendu au plus haut sycomore d’Afelba, les autorités s’émeuvent. Aussitôt le capitaine des carabiniers royaux Colaprico et Ogbà, son Sherlock Holmes abyssin, accourent. Nos deux enquêteurs s’égarent dans des fausses pistes à dos de mulet, du port de Massaoua aux hauts plateaux d’Asmara : il faudra bien scruter la terre rouge. Une vieille sorcière, un étrange chien féroce, une princesse noire, d’anciennes amitiés, deux sales types qui cachent bien leur jeu et des métaphores à base de piment viennent épaissir le mystère. Les agioteurs mafieux ne sont pas loin, le temps des hyènes a commencé. Cupidité des colons, hostilité des soldats, racisme crasse font de ce court polar un petit bijou du genre, drôle, efficace et diablement sensuel. Il n’y manque ni le recours aux langues locales de la corne de l’Afrique et de la botte italienne, ni la morale finale comme on l’aime. Une réussite. 

Ce que j’ai ressenti:… L’étrange sensation de Aini berberè zeb’hi

-Le temps des rêves est fini, murmura-t-il, maintenant c’est le temps des hyènes. 

Le temps des hyènes, c’est un temps de violences qui se cache au pied d’un sycomore…Sous une chaleur étouffante, des vies brisées, des morceaux d’Histoire,des tessons de légendes, des crocs sauvages, des débris de poussières de rêves…Un polar mosaïque aux couleurs chaudes: des pièces de faïences rougies de sang vengeurs, d’autres de couleurs d’or floues, certaines de terres pimentées…Et en fond sonore, un rire carnassier…

Nos deux enquêteurs auront bien du mal à lever le voile sur cette vague de mystères qui entourent ses suicides, mais un peu de génie de Sherlock Holmes semble habiter instinctivement l’un des deux alors, à force de détails et de situations incongrues, tous les petits secrets enfouis dans la terre rouge vont prendre forme dans ce patchwork de cupidité. On se plaît à suivre ce duo improbable, qui dans leur différences, ont toujours au fond des yeux, une marque de respect et la même envie de résoudre les équations que la mafia dissimule dans les sombres recoins…

Il n’y a rien de plus trompeur que l’évidence. 

Dans cette lecture, j’ai aimé l’authenticité. Ce mélange des langues et des expressions non traduit, cette effervescence bouillonnante du choc des cultures, la ronde des mots aux consonances d’ailleurs…Une bonne rasade savoureuse de chianti italien ainsi qu’un mélange de dialecte africain pimenté qui relève le roman noir de Carlo Lucarelli, pour mieux nous raconter les failles d’une colonisation sur les bords de l’Érythrée. Rien n’est évident dans ses relations entre les deux nationalités, mais l’auteur nous le fait ressentir avec une ardeur passionnée et teintée d’une touche de magie noire ensorcelante…

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Camille ainsi que les éditions Métailié pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture envoûtante…

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