Le Sans Dieu, Virginie Caillé-Bastide

Le Sans Dieu


Synopsis: 

En cette année 1709, c’est un hiver cruel qui s’installe, escorté par une famine plus cruelle encore, qui supplicie la Bretagne… Et emporte avec lui le dernier fils d’Arzhur de Kerloguen, brisant la foi dudit Seigneur et la santé mentale de sa femme.
Six ans plus tard, le Sans Dieu écume les mers des Caraïbes, semant la mort et la terreur. À son bord : la plus farouche assemblée de canailles, d’assassins, de réprouvés, menés par celui que ses hommes appellent l’Ombre. La prise d’un galion espagnol et le rapt d’un père jésuite, miraculeusement épargné, vont bientôt faire tanguer le bateau. Car entre l’homme de Dieu et l’incarnation du diable, une joute verbale des plus féroces s’engage…


Ce que j’ai ressenti:

  • Pirates!

Oyé, Oyé, les aventuriers! Je vous ai trouvé une embarcation orangée, sur laquelle souffle un vent démoniaque,  quelques relents de rudesse, et des cris de rage de vivre… Un navire redoutable, où l’Ombre tient bon la barre, et où son équipage n’a que vénération pour ce capitaine sans foi, ni loi. Il est grand temps de monter à bord de, Le Sans Dieu et de prendre la vie côté pirates, à chercher des trésors enfouis, piller les navires nantis de richesses, grappiller quelques heures douces à terre, se noyer dans des verres de rhum, mais surtout: prendre le large et se retrouver au milieu de l’immensité, démunis devant toute sa beauté grandiose et ses éléments déchaînés…Virginie Caillé-Bastiste nous embarque sur les mers des Caraïbes, avec une plume exquise, un brin rétro et carrément époustouflante, dans un galion rempli de canailles aux surnoms improbables, pour une aventure des plus euphorisantes!

« -Vous n’êtes qu’un misérable écumeur des mers et ne m’effrayez point. Alors, battez-vous! « 

  • Le Sans Dieu, où Dieu et sa présence…

J’ai particulièrement aimé cette virée aquatique, et les douces escales philosophiques. Dieu est là partout, même dans l’absence de foi…L’auteure malmène son capitaine, en lui envoyant des tempêtes d’eaux salines et des vagues de turbulences religieuses, ébranlant ainsi toutes ses convictions et le but même de son projet d’exil…Arzhur est un homme meurtri, cruellement blessé, fatalement athée, mais dans ses affrontements musclés et tactiques avec le Padre, il panse ses blessures purulentes et saccagées par le sel malin…Un duel au sommet des croyances, zébré d’éclairs de colères et d’accalmies ondoyantes, ses deux-là se livrent un combat virulent de mots acérés sur un plateau de noires terreurs et blanches rédemptions…Captivant!

Votre Dieu, mille diables!

  • Le Sans Dieu où la quête de liberté…

Parce qu’elle est pleine de rebondissements, de trahisons et d’amitiés, cette histoire m’a emportée. Virginie Caillé-Bastide, y met tellement de passions contraires, de forces exaltées, de port d’attaches historiques, que lire ce récit de piraterie ravive nos envies d’ailleurs et l’appel de la mer devient, plus que pressant…Même malmenée par des turbulences de grossièretés et des claquements de violences, ces flibustiers m’ont touché en plein cœur…Il y a dans ces vies de pirates, un absolu de liberté qui me fascine…C’est un coup de cœur flamboyant!

 

« Tous étaient devenus hommes du présent. Dès lors, l’action seule importait car leur choix de vie n’oscillait plus qu’entre liberté et potence. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et pour l’envoi de ce livre!

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Embruns, Louise Mey

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Synopsis:

Ils sont beaux, sportifs, complices. Mangent local. Achètent cher, mais pour durer. Un bon goût à toute épreuve. Monsieur et Madame Parfait et leurs enfants.
Quand les Moreau prennent possession, pour le week-end, d’une belle maison bretonne, sur cette île perdue en forme de haricot, tout annonce des vacances idéales. C’était compter sans la tempête, la disparition de Marion, le sang sur le couteau… Et l’étrange collaboration des habitants, pour lesquels « les Parisiens » font par-dessus tout un gibier parfait…


Ce que j’ai ressenti:

  • Coincés sur une île…

J’ai toujours adoré les histoires insulaires…Et les huis-clos salés. Embruns avait donc tout pour me séduire…

Louise Mey décide de faire partir la famille Moreau, en weekend détente, dans une maison au charme breton…Idyllique, la cellule familiale et cette perspective de vacances…Paradisiaque, le cadre…A MOINS QUE…

Il se pourrait bien que le charme perde de sa beauté, au fur et à mesure des heures qui passent, que le vent fasse disparaître les fillettes, que la terre avale le sang, que l’océan engloutisse les peurs…Ne laissant que dans le paysage, un brin de carnage…

ll se pourrait bien aussi, que les apparences soient plus que trompeuses, que les failles se craquellent, que les angoisses resurgissent, que les monstres se révèlent…

« -Commence plutôt à te creuser la tête pour trouver un moyen de se barrer d’ici. » 

  • Embruns…

Je reste sceptique sur le choix de ce titre. Avant ma lecture de ce roman, j’ai recherché la définition exacte de ce mot et j’ai entrevu une certaine promesse de poésie…Que je n’ai pas retrouvé dans les pages de ce polar…En revanche, on est vraiment dans un page-turner efficace, aux chapitres courts, tendus et tout aussi cinglants, que les vagues qui frappent cette île-Haricot. Il se lit à l’instar de la tempête qui fait rage, dans une ambiance de tension permanente, à essayer de cerner d’où le danger pourrait advenir…Tu t’en prend plein la figure, tu ne peux te raccrocher à rien, les éléments se déchaînent, les doutes t’emportent, même en tenant bon sur le rivage, la violence des impacts te saisit au fil de ses pages, dans un style sec et tranchant…

« Se cacher. Se cacher n’était pas faire quelque chose.« 

  • Ma doué, ça surprend!

Et en un rien de temps, tu tournes la dernière page…Captivée par les révélations, remontant les brides du filet que l’auteure a noué spécialement pour un final explosif, en gerbe d’eau et de sang…Spectaculaire.

C’est toujours délicat de parler d’un huis-clos, parce qu’on a peur de trop en révéler, alors je n’en dirai pas plus, sinon que j’ai été agréablement surprise par cette fin en twist. Lisez-le!

Est-ce que vous êtes tous. Aussi. Furieux que moi?

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre! Cette lecture est réalisée dans le cadre du Prix des Nouvelles Voix du Polar 2018. 

 

L’archipel du Chien, Philippe Claudel.

Couverture L'archipel du chien

Pourquoi je l’ai choisi:

Ce choix de lecture a tenu aux avis de la blogosphère. J’ai essayé de lire à chaque fois en diagonale pour ne pas me spoiler l’intrigue, mais j’ai vu que ce livre a fait moult Coups de cœur, alors forcément, j’étais curieuse…Et, cette couverture est tellement jolie…

Synopsis:

« Le dimanche qui suivit, différents signes annoncèrent que quelque chose allait se produire. Ce fut déjà et cela dès l’aube une chaleur oppressante, sans brise aucune. L’air semblait s’être solidifié autour de l’île, dans une transparence compacte et gélatineuse qui déformait ça et là l’horizon quand il ne l’effaçait pas : l’île flottait au milieu de nulle part. Le Brau luisait de reflets de meringue. Les laves noires à nu en haut des vignes et des vergers frémissaient comme si soudain elles redevenaient liquides. Les maisons très vite se trouvèrent gorgées d’une haleine éreintante qui épuisa les corps comme les esprits. On ne pouvait y jouir d’aucune fraîcheur. Puis il y eut une odeur, presque imperceptible au début, à propos de laquelle on aurait pu se dire qu’on l’avait rêvée, ou qu’elle émanait des êtres, de leur peau, de leur bouche, de leurs vêtements ou de leurs intérieurs. Mais d’heure en heure l’odeur s’affirma. Elle s’installa d’une façon discrète, pour tout dire clandestine. »

Les personnages: 

Ils sont tous désignés selon leurs fonctions. Le Curé, le Maire, l’Instituteur…Et pourtant, malgré cette absence de personnalisation avec un nom/prénom, ils ont beaucoup de personnalité. Dans chacun, on pourra reconnaître les qualités et défauts des hommes, plus encore de cette manière, m’a t-il semblé, car ils incarnent les espérances dont ils sont tous revenus…Le curé dans sa foi, l’instituteur dans son enseignement, le Maire dans son pouvoir, le Commissaire dans sa mission…

Ils sont tous géniaux, mais j’ai eu une petite préférence cependant pour le Commissaire, parce qu’il est impossible d’être aussi odieux, mais de l’être, avec autant de panache….

Ce que j’ai ressenti:

 » Et je viens en un lieu où la lumière n’est plus. » Chant IV L’enfer de Dante. 

L’Archipel du Chien, c’est toute une poésie sombre, un ensemble d’îles où, l’ombre des poètes se glisse entre les pages et dorment tranquillement sur ses plages désertes et hostiles. Philippe Claudel saisit en plein vol toute une beauté infernale, et nous conte une grande histoire, avec une plume renversante de tremblements émotionnels intenses. Un roman magnifique! L’incipit de ce roman est sublime, vivant, vibrant, tellement bouleversant… Il donnera le ton, avec mystère et efficacité, pour une prise de conscience aiguë sur les maux de nos jours…Si j’ai mis cette citation de Dante, c’est parce que j’ai trouvé qu’il y avait dans cette ambiance, comme une réminiscence des premiers chants de La Divine Comédie. Je suis très sensible à la poésie, j’adore la dénicher dans les œuvres contemporaines, alors forcément, cette lecture est une fulgurante découverte. Elle est imprégnée de courants inspirés, insufflée de vents marins tempétueux, incandescente de vibrations terrestres et poisseuse de sentiments humains égarés…Un imbroglio entre beauté et drame contemporain.

« La plupart des hommes ne soupçonnent pas chez eux la part sombre que pourtant tous ils possèdent. Ce sont souvent les circonstances qui la révèlent, guerres, famines, catastrophes, révolutions, génocides. Alors quand ils la contemplent pour la première fois, dans le secret de leur conscience, ils en sont horrifiés et ils frissonnent. »

Parce qu’elle est intemporelle et perdue dans des mers oubliées, cette histoire peut se lire comme un conte moderne, une fable noire qui met en relief les flux migratoires du désespoir, et dénonce l’indifférence honteuse de ceux qui y en sont confrontés. Triste, sombre, magnifique, nécessaire, universel. Une histoire pour qu’enfin les mentalités changent, pour un devoir de mémoire plus investi, pour que chaque vie compte. L’Archipel du Chien a un environnement inhospitalier, une ambiance qui s’assombrit à l’instar de ses habitants, un lieu de perdition que Philippe Claudel nous décrit à force de tourments venteux et d’éruptions colériques. La Nature même devient le reflet de ses âmes sombres, et elle décide, dans un dernier souffle de rébellion, de déverser ses catastrophes climatiques, vomissant sa lave incandescente sur la lâcheté des hommes…

« Le Chien crache des saisons inhumaines. » 

Ce livre est un véritable coup de cœur, un coup de foudre dont chaque lecteur passionné espère, quand il se perd dans les mers de son imaginaire. L’Archipel du Chien est une belle destination, pour aller s’échouer sur ses plages noircies d’encre lyrique…Il m’a touchée par ses thèmes volcaniques et renversée par sa poésie sensible…Intelligent dans la forme et le fond, il se dégage de ses pages, une intensité sinistre d’avenir teinté de trop d’égoïsme tout autant, qu’un joli espoir utopique…Une lecture entre ombre et lumière, un petit diamant noir étincelant!  Peut être que si, plus de monde écoutait « la voix », on verrait venir un peu plus de clarté sur le squelette du Chien…On peut toujours aboyer, heu, rêver…

« Pourquoi dis-tu que c’est un rêve? » 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

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J’ai acheté et fait dédicacer ce livre lors de la manifestation littéraire de Oh les Beaux Jours! à Marseille. Il prend encore pus de valeur à mes yeux, ce coup de coeur, parce que cette journée était mon cadeau de fête des mères, et que cette rencontre littéraire, était un moment en famille…Un souvenir inoubliable.

A Marseille, se déroule un festival de littérature qui compte des manifestations musicales et artistiques, des entretiens avec des auteurs et autres réjouissances autour de la lecture. C’est la deuxième année que se déroule ces frictions littéraires, et cette fois-ci, je tenais à assister au grand entretien Les beaux jours avec Philippe Claudel, dans une des plus belles bibliothèques: L’alcazar.

Ce fût une conférence très intéressante qui nous présentait les problèmes des prisons, des droits et des devoirs de ses hommes condamnés, des migrants et des difficultés des associations à subvenir aux besoins humanitaires depuis la dissolution de la Jungle de Calais…C’était un entretien passionnant!

J’ai passé un super moment à écouter Philippe Claudel, il a une voix captivante. Quand il nous a lu les premières pages de son livre ou même son poème Golden Silence, qu’il a écrit à cette occasion, c’était un moment suspendu, magique. J’ai été ravie d’assister à cet entretien, et j’ai rencontré un homme généreux, tourné vers son prochain, sensible et peut être tout simplement, plein d’humanité.

Je n’ai pu faire qu’un seul rendez-vous sur la cinquantaine de proposés, mais quelle rencontre!  J’essaierai pour l’année prochaine de multiplier ses moments, car c’est toujours plus intéressant de voir et de parler avec des personnes aussi passionnantes que ce Monsieur.

 

Emma dans la nuit, Wendy WalKer

Couverture Emma dans la nuit

Pourquoi je l’ai choisi:

J’avais tellement été bluffée par son tout premier roman, que j’étais très impatiente de découvrir ce nouveau titre!

Synopsis:

Deux sœurs disparaissent. Trois ans plus tard, une seule revient. Dit-elle toute la vérité ?

Emma, 17 ans, et Cass, 15 ans, sont les sœurs Tanner, devenues tragiquement célèbres depuis leur inexplicable disparition. Après trois ans d’absence, Cass frappe à la porte de chez ses parents. Elle est seule. Elle raconte comment sa sœur et elle ont été victimes d’un enlèvement puis retenues captives sur une mystérieuse île. Emma y serait toujours. Mais la psychiatre qui suit cette affaire, le Dr Abigail Winter, doute de sa version des faits et s’intéresse de plus près aux Tanner. Elle finit par découvrir, sous le vernis des apparences, une famille dysfonctionnelle. Que s’est-il réellement passé trois ans auparavant ? Cass dit-elle toute la vérité ?

Passée maître dans l’art de tisser sa toile psychologique, l’auteur de Tout n’est pas perdu réussit une fois encore à nous emporter avec ce récit sombre et fort. Chaque personnage livre peu à peu sa personnalité, fascinante, trouble et complexe, et les liens familiaux deviennent bientôt comme un bâton de dynamite dont on aurait allumé la mèche.

Ce que j’ai ressenti:

Un thriller psychologique cuisiné aux petits oignons, des couches et des couches de mystères qui se dépiautent sous les confidences, une saveur salée qui se révèle en milieu de dégustation, et il vous restera en bouche, cet arrière goût amer de mensonges…Mais prenez place, la cuisinière vous prévoit une soirée de page-turner  réjouissant, et on en redemande de ses histoires qui nous prennent aux tripes, et brouillent nos nuits de sommeil…

« La vie est trop puissante en nous pour se retirer sans aucune souffrance. »

Deux sœurs disparues sans laisser de traces. Une seule revient, et lance un SOS pour l’autre. Emma Tanner, ce n’est plus qu’un cri lancé en l’air dans la nuit… Est-ce que vous l’entendrez cet appel ultime venu d’une île mystérieusement dissimulée? Il y a Cass aussi, l’autre soeur Tanner, pour nous murmurer des faits de trois ans de rapt, mais aussi des secrets de vie familiale…Il y a des surfaces qui se craquellent, où les cris et les murmures prennent leur place, dans les fissures d’une famille dysfonctionnelle… Des attirances et des répulsions qui, sans mot dire, font leurs torpilles venimeuses au sein de la cellule recomposée. Abigail Winter, psychologue au FBI, entend bien tous les sons des relations compliquées entre mère et fille, et se fait violence, pour saisir tous les grains qui enrayent la belle image de parfaite entente familiale. Étourdissant!

« Je pense qu’il a deux sortes de personnes: celles qui ont un cri à l’intérieur et les autres.(…). Si vous n’avez pas le cri, vous ne pouvez pas comprendre. »

…Peut-être que j’ai le cri en moi, peut être que c’est pour cela que j’ai compris…

J’ai tant aimé, tant vibré aux voix de ses femmes… J’ai encore passé un super moment avec cette auteure de talent et j’aurai peur encore de trop vous en révéler, Wendy Walker sait y faire pour me captiver… J’adore sa manière de rendre ces romans toujours aussi palpitant, mais aussi dans sa manière bien à elle, de nous faire comprendre les failles psychologiques de l’esprit humain. Derrière l’aspect des jeux des vérités et mensonges à déceler au sein de l’intrigue, elle explore un comportement trouble et c’est irrésistiblement fascinant…J’ai adoré regarder au delà de la surface de l’étang, me perdre dans cette légende grecque revisitée à la sauce contemporaine, et voir l’eau se troubler de tant d’amour maternel toxique…

Mais à quoi ça sert de connaître l’avenir si on n’a pas le pouvoir de le changer? 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! ce fût une lecture bluffante!

 

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Troupe 52, Nick Cutter. (LC avec Cannibal Lecteur).

Pourquoi je l’ai choisi: 

Ce livre je l’avais repéré avant même sa sortie (vive les teasing de Denoel <3) et puis, on avait envie de se retrouver avec un livre bien effrayant avec ma binôme, histoire de renouer avec nos préférences livresques…Et puis, quoi de mieux que de se retrouver avec un livre recommandé par le grand, le King de l’horreur, notre cher Stephen King? Très heureuse d’avoir bousiller nos prévisions de planning en faisait entrer celui ci! Merci à ma binomette adorée de toujours m’attendre, de toujours dire oui à nos folies, de se laisser séduire par toutes ses tentations de lectures! Ceci est ♫Une déclaration, Ma déclaration♫ d’amitié à une femme adorable: Belette, Cannibale de lecture. 

(merci ma poulette, réciprocité de la déclaration © Cannibal) 

Synopsis: 

Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe. Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.
Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.
À mi-chemin entre Sa Majesté des mouches et 28 jours plus tard, ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Ce que j’ai ressenti: 

Ai-je tort de croire qu’il s’agit de l’endroit idéal pour un brin de diablerie?

Si l’on se rappelait ces soirées de camping entre amis, à se filer la frousse avec les histoires les plus effrayantes à se raconter auprès du feu, parions que cette histoire aurait eu une place de choix dans nos tremblements nocturnes. Lire Troupe 52, avec ma binôme, au fin fond de nos lits, sous la couette, nous a filé quelques sueurs froides et quelques nausées, mais elle a été un super moment de lecture!

Ce petit groupe dynamique et motivé va bien vite déchanter de leur virée du week-end! Les devises Scouts vont voler en éclats tout comme les liens d’amitié qui les unissent, ne laissant en bouche qu’un arrière gout amer et une féroce envie de dévorer la vie à pleine dents! Cauchemardesque à souhait et monstrueusement grouillante, la folle frénésie qui nous prend de lire ses pages est bien à l’image de cette intrigue: effrayante et affamée! Un page-turner hallucinant, dont on bouffe les lignes, jusqu’au point ultime de fin.

« C’est la nature de tout être vivant. On s’accroche à la vie jusqu’à ce qu’elle nous soit arrachée. Même s’il en reste que des lambeaux, on s’accroche tout de même. »

J’ai été agréablement surprise que l’horreur se tienne tout du long, qu’elle soit sourde et à la fois criante, froide et implacable, juste ce qu’il faut d’ecoeurante , admirablement ténue. Entre les petits problèmes d’adolescents et l’inertie des adultes devant ce spectacle de débâcle, j’ai été souvent au bord du vomissement, car les monstres sont d’une évidente frayeur, mais à voir se dessiner la folie pour vendre envers et contre tout, c’est peut encore plus immonde…

« La survie dépendait largement de la capacité de chacun à croire en la possibilité d’une fin heureuse. Vous étiez foutu à partir du moment où vous vous mettiez à imaginer le pire. »

Stephen King avait bien raison d’émettre des réserves pour les âmes sensibles, (je pense que je vais avoir du mal à me remettre de la scène de la tortue…) parce qu’il y a dedans un mélange d’horreur et de tenaces effets grouillants dans nos esprits, qui te tiennent toujours en alerte, toujours plus avec la faim au ventre, qui t’empêchent carrément de dormir tranquille, même à côté de tes amis…

« La seule manière de connaître réellement quelqu’un, c’est de le voir en situation de crise. Les gens s’infligent les pires sévices, Newton. Tu ne peux pas imaginer. Les amitiés, la famille, l’amour et la fraternité, tu peux balancer tout ça par la fenêtre… »

Allez, on parie que tu vas en frémir d’horreur d’aller faire une ballade sur cette île?!!!Qu’il va se réveiller en toi, une furieuse envie de vivre et de manger les pages de ce thriller terrifiant??!  Bon appétit et bonne découverte…

« Le silence de la nuit s’étendait au dessus de l’immensité de l’océan. Un paysage d’une tranquillité inimaginable qui instilla la peur dans le coeur de Max. La mort serait-elle ainsi: un silence liquide infini? »

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

Critique de Cannibal Lecteur : 
Ceci sera sûrement ma dernière chronique car c’est sûr, j’ai été infestée… Je sens déjà la faim gronder en moi et je dois me retenir afin de ne pas mordre dans mon clavier pour le bouffer.

— J’AI FAIM !! TRÈÈÈS FAIM !!

Nous étions tranquilles sur la petite île de Falstaff Island, nous 5, les scouts de la Troupe 52, et notre chef, Tim Riggs, un adulte cool et médecin.

On se racontait des histoires qui font peur, on se chambrait, enfin, on chambrait surtout Newton, le petit gros de la bande, le geek, l’intello. On emmerde un peu moins Sheilley, car il est un peu bizarre, il fait peur.

Ephram, faut pas le chercher, il sait se servir de ses poings, son père est taulard, même. Son meilleur ami est Max, il le protège, ils sont ensemble depuis leur bas âge.

Kent, c’est le meneur, le fils du shérif, celui qui pique tout à tout le monde et que personne n’ose remettre à sa place. Celui qui tutoie les profs, le moniteur, celui qui n’obéit pas.

Ceci est donc ma dernière…

Tout est allé très vite après l’arrivée d’un type très malade, très maigre aussi, genre le type qui sort d’un camp de concentration après 10 ans de privations. Il foutait plus la trouille que toutes nos histoires « à faire peur » réunies.

Le pire est arrivé lorsqu’il est mort et que ce qu’il avait en lui est sorti… Argh, quelle horreur, jamais vu ça de ma life, le moniteur médecin non plus.

Je sens tout ça grouiller en moi, me déchirer, monter le long de ma colonne… arriver au cerveau… pas de bol pour eux, j’en ai pas ! Mhouhahahaha… *voix qui s’étrangle* Argh, tiens, si, j’avais bien un cerveau et ils l’ont bouffé.

Si vous voulez frissonner de peur, allez-y, plongez sur le roman et dévorez-le ! Mes amis ont beau être des gamins de 14 ans, chacun a sa petite personnalité et vous ne serez pas déçu de ce que vous lirez car nous n’avons rien à avoir avec les gentils gamins du Club Des Cinq.

Niveau suspense et tension, vous ne serez pas volé sur la marchandise, je vous garanti que votre médecin vous prescrira ensuite des pilules pour faire baisser la tension qui aura monté tout au long du récit.

Et puisque nous ne pouvons que vous conter l’horreur qui s’est produite sur l’île, notre auteur a eu la brillante idée de chiper une idée au King lui-même (Stephen, pas Elvis), celle qu’il avait utilisée dans la narration de Carrie, celle qui ♫ allumait le feu ♫ et dont on racontait une partie des exploits aux travers d’articles de journaux.

Dans notre histoire horrible, vous saurez tout grâce aux extraits de journaux, grâce aux témoignages de miliaires, de médecins, de scientifiques…

Et si vous voulez savoir si je vais m’en sortir et continuer d’écrire des bafouilles, vous devrez d’abord lire Troupe 52, car un scout, quoi qu’il arrive, est toujours prêt !

Prêt à servir, prêt à mourir…

 

Il n’en revint que trois, Gudbergur Bergsson

Il n'en revint que trois par Bergsson

Pourquoi je l’ai choisi:

J’aime à découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux auteurs…Depuis les énormes coup de cœurs de l’année 2017 dénichés chez les éditions Metailié , j’ai une totale confiance en leurs choix. Partir en Islande, en plein mois de Janvier, ça force l’ambiance…

Synopsis:

Une ferme perdue en Islande, à des kilomètres du premier village, entre un champ de lave, des montagnes et des rivages désolés. Le ciel est vide et les visiteurs sont rares.
Mais l’écho de la Deuxième Guerre mondiale ne va pas tarder à atteindre ses habitants. Soudain soldats, déserteurs, espions débarquent, mais aussi radio, route, bordels et dollars. Puis viendront les touristes. L’ordre ancien vacille et ne se relèvera jamais. 
Les personnages de Bergsson sont tout d’une pièce, rugueux et âpres comme la terre qui les a vus naître. Il y a ceux qui partent, ceux qui restent, ceux qui reviennent. Faut-il s’arracher à ce morceau de terre où rien ne pousse ? Ou guetter le renard en ignorant les secousses de l’histoire ? 
Un texte sec et fort qui décrit le basculement brutal de l’Islande dans la modernité, les bégaiements de l’histoire, la force magnétique de certains paysages, qui sont comme des gardiens de la tradition familiale : nul n’y échappe.

« Une histoire du peuple islandais du XXe siècle : le livre le plus fort et le plus remarquable de Gudbergur Bergsson. » Fréttabladid. 

Les personnages:

Il y a « Le vieux » « Les gamines » « La grand-mère » « Le fils » « le gamin »…Un choix original de pronoms pour désigner ses personnages, et sans doute une volonté de l’auteur de nous relier d’une façon plus  familière avec leurs émotions. Et c’est réussi, ils sont tous attachants dans leur manières: taiseux et résignés, mais également aimants et résilients, tout cela dans une pudeur savoureuse…

J’ai eu une petite préférence pour La grand-mère avec, sa volonté d’instruire ses protégées avec son livret, et  son immense détermination à le faire seule, même si les avenirs sont incertains, elle se bat contre l’ignorance…

Ce que j’ai ressenti:

J’ai une fascination pour les paysages enneigés…Une sorte d’attraction, que j’adore pouvoir ressentir en lecture. Cette fois-ci, je suis partie vers un horizon qui m’est encore inconnu, voir un peu les mentalités de ces fermiers qui vivent loin de tout… Si on se laisse séduire incontestablement par le panorama époustouflant du lieu dans laquelle la ferme se situe, la solitude tient quand même une grande place, et c’est sur ses habitants qu’elle abattra, son ombre mordante…Car, vivre dans en ces lieux, implique des sacrifices  qui se mesurent en pertes et en retrouvailles, en deuils et naissances, en fuites et retour aux racines. Un espace nourri en attentes interminables et petites joies éphémères, un temps qui s’étire en longueur, une nature impitoyable, et puis soudain, le grondement de la Seconde Guerre Mondiale qui vient perturber encore plus, cet équilibre fragile…Une ligne temporelle de monotonie qui joue des boucles, et aux points reliés, continue son Histoire: cette guerre redistribue les rôles, régurgite des objets nouveaux, et l’Islande se modernise lentement…L’auteur raconte avec finesse, les bouleversements de cette petite communauté, reculée…

On a besoin d’énergie qu’on soit en guerre ou en paix, la vie se nourrit de notre énergie et de celle de la nature, répondit le vieux, épuisé.

J’ai trouvé l’écriture de Gudbergur Bergsson très sensible et aussi, très riche. Un roman noir dans la blancheur des neiges, des destins sombres imbriqués dans l’âtre d’une ferme isolée. Dans cet espace réduit et une vie de labeur sans fin, il nous capte intensément avec le poids écrasant de cette continuelle patience inconsciente de « ceux qui restent »…Une patience aiguisée dans leurs contemplations de la faune et de la flore qui les bousculent, nourrie de la sagesse de ses temps de respect, rompue aux trop nombreux abandons de « ceux qui s’en vont »…Finalement, la magie de la  plume de Bergsson nous raconte milles trésors d’enseignements d’humilité,  et illumine dans leurs yeux, la joie de voir « ceux qui s’en reviennent » et…Il n’en revint que trois.

« Parce que être libre signifie à la fois jouir de certains droits et être garant de la liberté et des droits d’autrui. »

Une lecture qui ne se laisse pas apprivoiser facilement, à l’image de cette renarde blanche qui gambade autour de ses lignes et d’une grotte mystérieuse… Toute beauté se mérite, c’est bien connu, et ici, elle prend forme dans les reliefs escarpés de l’Islande… La patience sera une vertu nécessaire pour l’ultime récompense: le plaisir de saisir toute la poésie de ce nouveau roman fraîchement sorti pour cette rentrée littéraire de Janvier 2018.

Les lecteurs comme toi aiment les histoires qui sentent la poussière d’os.

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Métailié de leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture intéressante.

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Sucre Noir, Miguel Bonnefoy.

Sucre Noir

 

Sur des terres brûlées au sucre
Une légende fait des remous de passions…
Capitaine Henry Morgan, veuillez dévoiler vos trésors
Réfléchissant la lumière ambrée du rhum
Et faire tomber en poussière, la douleur du deuil!

Ne cherchez plus le livre qui vous fera vibrer!
Oubliez la fièvre vaine des chercheurs d’or!
Incarnez plutôt, la fortune des cœurs enflammés!
Revivez la folle ambition des boucaniers!

Bon voyage au sein de ses pages,
Où, trois générations se succèdent,
N‘en déplaise au Destin, qui
Non content, de leur imposer une peine immense,
Emmène aussi le feu conquérant sur les plantations,
Festoyant gaiement à la soif de l’avarice, et
Oblitérant, dans l’écume des vagues, les larmes perdues…
Yoho, Matelot, en avant pour une belle histoire embrasée de pirates!

 

Remerciements:

Je remercie PriceMinister et son défi des Matchs de la Rentrée littéraire pour m’avoir sélectionnée pour ce livre qui se révèle être, une belle lecture. Pour remplir la mission de création, j’ai fait une chronique en acrostiche…Merci encore de leur confiance, et pour l’envoi rapide de ce livre!

 

 

Royaume de vent et de colères, Jean-Laurent Del Socorro.

Couverture Royaume de vent et de colères

Pourquoi je l’ai choisi:

J’avais repéré ce livre sur Babélio, où les avis sont tous plus enthousiastes les uns que les autres…Et puis, il a été proposé en Masse Critique…J’ai été ravie d’être sélectionnée pour cette lecture! Merci donc à l’équipe Babélio et aux éditions J’ai lu pour l’envoi de ce livre!

Synopsis:

1596. Deux ans avant l’édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s’oppose à Henri IV, l’ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi. À La Roue de Fortune se croisent des passés que l’on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s’essaie à un métier sans arme. Les pions sont en place. Le mistral se lève. La pièce peut commencer.

Ce que j’ai ressenti:…Quand le Mistral souffle de colère…

Un royaume mis à sac par la guerre de religion, un saut dans le temps conséquent, une ville d’indépendance, un brin de magie: autant dire que le cocktail avait de quoi m’attirer!

« Les plaies se referment et les os se ressoudent, mais enlève-moi l’honneur et je ne vaudrai guère plus qu’un chien. »

Marseille, la belle…Marseille, la rebelle…C’était presque une évidence de lire ce livre de Jean-Laurent Del Socorro! Il nous la rend tour à tour charmante, dangereuse, mystique, magique, colérique. 5 adjectifs comme les doigts d’une main, et cette main se referme sur un complot qui refoule des odeurs nauséabondes politiques et religieuses. Inutile de dire que ça gronde pas mal dans les rues du Panier, et Marseille vibre, et n’aura pas peur de faire couler le sang jusqu’au port, qu’il en ferait changer la couleur de ses eaux…Marseille, l’insoumise…

« Oui, demain Marseille deviendra folle, la tempête soufflera plus fort encore pour abattre ses murs comme un château de cartes. »

Les personnages sont la partie immergée de ce conflit, les acteurs de l’ombre. 5 comme les doigts d’une main, qui feront justement changer la Main du Destin, en enrayant tels des grains de sables, les rouages du pouvoir français. Ils sont aussi forts que le mistral, d’une froideur à couper à couper au couteau, mais le cœur bouillonnant…Tour à tour mis en lumière, leurs petits talents personnels nous éblouissent au milieu de ses ténèbres…La Roue de la Fortune livre sa plus belle galerie rotative de personnages forts et attachants…

« Lire et écrire, ça sert à être libre Axelle. Moi, j’sais pas lire. Toi, tu n’auras besoin de personne pour déchiffrer les mots. Tu feras seule tes propres choix. »

De par sa construction originale, ce roman est un vrai plaisir de lecture! C’est à la fois court, percutant et précis, bourré d’humour aussi, mais l’auteur arrive surtout à saisir toute une époque, à retranscrire toute une ambiance de sang et de chaos saisissante! Et si on se réjouit d’en savoir plus le contexte de guerre qui ont fait rage en ces temps anciens, il n’en reste pas moins que l’on a aussi une touche de magie qui nous ensorcelle…La force du Tarot de Marseille va battre ses cartes sur l’échiquier politique, et ses figures ont plus d’un tour dans leur sac, et les mains armées…

Il ne faut qu’une main, 5 doigts pour tenir cette petite pépite de science-fiction, et vous dire au cas, où il vous manquerait encore une bonne raison, que c’est un coup de cœur!!!

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

 

Jours Barbares, William Finnegan

Couverture Jours Barbares

Pourquoi je l’ai choisi:

Avec ce synopsis et une folle envie de voyage, je ne pouvais pas passer à côté de cette histoire…Belle pioche trouvée sur les réseaux sociaux…

Synopsis:

Le surf ressemble à Un sport, un passe-temps. Pour ses initiés, c’est bien plus : une addiction merveilleuse, une initiation exigeante, un art de vivre. Élevé en Californie et à Hawaï, William Finnegan a commencé le surf enfant. Après l’université, il a traqué les vagues aux quatre coins du monde, errant des îles Fidji à l’Indonésie, des plages bondées de Los Angeles aux déserts australiens, des townships de Johannesburg aux falaises de l’île de Madère. D’un gamin aventureux, passionné de littérature, il devint un écrivain, un reporter de guerre pour le New Yorker. À travers ses mémoires, il dépeint une vie à contre-courant, à la recherche d’une autre voie, au-delà des canons de la réussite, de l’argent et du carriérisme ; et avec une infinie pudeur se dessine le portrait d’un homme qui aura trouvé dans son rapport à l’océan une échappatoire au monde et une source constante d’émerveillement. Ode à l’enfance, à l’amitié et à la famille, Jours Barbares formule une éthique de vie, entre le paradis et l’enfer des vagues, où l’océan apparaît toujours comme un purgatoire. Un livre rare dont on ne ressort pas tout à fait indemne, entre Hell’s Angels de Hunter S. Thompson et Into The Wild de Jon Krakauer.

William Finnegan a acquis ses galons de journaliste lors de la guerre civile au Soudan, en Afrique du Sud pendant l’Apartheid, dans les Balkans ou à Mogadiscio. Ses reportages sur les théâtres d’opérations sont le fruit de longues immersions et de patientes observations, ou, comme il aime à le résumer : “Je fouine, je parle aux gens, j’attends.” Il a reçu en 2016 pour Jours Barbares le prestigieux Prix Pulitzer.

Ce que j’ai ressenti:… Screamer de coup de cœur

« Les surfeurs sont des fétichistes de la perfection. »

Imaginez… Fermez les yeux… Et laissez la Vague Finnegan vous emporter…Il n’est lecture plus immersive, tempétueuse, dangereuse, mais aussi, plus follement addictive et sensationnelle…Du moment, où tu ouvres ces pages, tes pieds se posent sur la planche de surf de ce jeune gamin, et elle t’envoie dans les tourments de l’océan, te valdingue dans les déchaînements du temps, te transportent au delà des continents…Tu retiens ta respiration, tu vibres d’une fureur fébrile, tu ressens un vent de liberté, tu t’en prends plein la vue…Un voyage à l’intérieur des tubes et une splendeur extérieure à couper le souffle, racontés au rythme du reflux d’une vie épanouie, au contact de la mer…Génialissime!

« A l’instar des roses ou des diamants, les vagues sont des objets immuables de la nature. »

Tout l’enchantement de cette lecture tient à cette force d’écriture, au pouvoir incroyable qui te rend palpable toutes les sensations de ce sport exigeant. Même vertigineuses, ses descriptions sont époustouflantes! William Finnegan rend fabuleuses ses mémoires, avec cette passion de tous les dangers, cette invitation au voyage, cette petite porte ouverte pour comprendre cette envie démentielle de se confronter toujours, aux forces maritimes de la nature. Dans le ride, l’émerveillement , au top-turn, l’adrénaline, au Pull-out, la douleur...On fait le tour des émotions de ses hommes qui n’ont pas peur de se mouiller, qui osent défier les lois de la gravité avec leurs planches sur des hauteurs instables, qui affrontent vents et marées…Plus de 500 pages, pour saisir toute l’immensité d’une addiction aux chocs des vagues…

« Le nouvel idéal émergeant était la solitude, la pureté, la perfection des vagues, loin de la civilisation.(…) C’était une piste qui nous éloignait de la citoyenneté au sens archaïque du terme, pour nous conduire vers une frontière à demi effacée où nous pourrions vivre comme des barbares de la fin des temps. »

Journaliste de guerre, nous avons presque en vision trouble, le théâtre des pires conflits mondiaux cachés derrière ses lignes. On devine la violence, elle est là, sous-jacente, mais l’auteur décide de nous parler que de beauté. C’est un homme avant tout, qui se frotte au danger, autant dans son métier que dans sa passion : il a comme une urgence dans sa manière de vivre, il a en lui, une fureur tranquille à louvoyer aux quatre coins du monde et affronter les aléas de la vie. Chaque vague se teinte du panorama d’une ville, chaque article s’empreinte des larmes versées, mais toujours le plaisir salvateur de la glisse…C’est un fascinant tour de force que de rendre ses océans démontés, un lieu de rendez-vous d’amitié et de félicité…

« On ne peut que haïr la façon dont le monde tourne. »

C’est une lecture qui ouvre sur le monde, ses joyaux et ses atrocités. Un récit de vie intense et mouvementé…Un roman qui te tient éveillé la nuit, et qui t’attire irrésistiblement vers les flots, le jour. L’appel du large devient violent et libérateur…Jours Barbares est un coup de cœur!

« L’enchantement me porterait là où il voudrait. »

Petit plus: Merci pour le glossaire du surf à la fin!

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements :

Je tiens à remercier chaleureusement Les éditions du Sous-Sol pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture captivante!

 

logo-Editions-du-sous-sol

 

 

Te laisser partir, Clare Mackintosh

Couverture Te laisser partir

Pourquoi je l’ai choisi:

Suite à une proposition de Masse Critique Privilégiée de la part de Babélio, je me suis vue sélectionner avec grand plaisir pour ce thriller psychologique! Ravie et empressée de découvrir ce qui se cachait derrière ses lignes, je souhaitais également remercier ce site pour sa confiance!

Synopsis:

Une mère accablée par la mort de son enfant. Un capitaine de police déterminé à lui faire justice, jonglant entre tensions familiales et obligations professionnelles.
Une femme fuyant son passé, résolue à construire une nouvelle vie.

Ce que j’ai ressenti:…Un bel uppercut livresque!

Cher Lecteur,

Si jamais tu  te laisses tenter par ce thriller, il faudra t’attendre à:

  • Te laisser Percuter par un drame qui te fera monter les larmes aux yeux.
  • Te Laisser Partir sur une plage pleine de charme, une contrée ou le ciel et la mer se ligue dans les remous écumeux de ton esprit. Le froid saura rentrer à l’intérieur de ton corps, tout autant que les grains de sable. Un thé sera toujours bienvenu pour réchauffer une atmosphère glaciale.
  • Te laisser Prendre un coup de poing en pleine figure, une fois que le monstre se révèle au fil des pages. La dureté de cet uppercut tient à la qualité d’un thriller qui prend son temps, pour mieux te bousculer.
  • Te laisser Pourrir dans ta culpabilité, car tu as jugé trop vite un fait divers insupportable, sans en avoir les tenants et les aboutissants. Bravo à l’auteure d’avoir mis en lumière le comportement de deux femmes, impliquées de façon très différente dans le même accident. Je trouve le résultat très réussi, et je lui dis « Chapeau bas pour un premier roman! », il tient la route, nous surprend, nous enivre, nous bouleverse. Les émotions nous submergent tellement qu’il nous est impossible de lâcher ce livre de toute la nuit.
  • Te laisser Poudrer les yeux, et apprécier la construction de l’intrigue. Elle t’emmènera vers une fin à couper le souffle.
  • Te laisser Porter par une équipe de flics pour laquelle ton empathie va les faire rentrer dans ton estime. Des comportements humains bien mis en scène, dans lesquels,  on ressent le vécu de l’auteure.

J’espère t’avoir convaincu, cher lecteur, de pousser ta curiosité vers cette nouveauté 2016!

Ma note Plaisir de lecture fee clochette 8/10

 

 

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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