Le souffle de la nuit, Alexandre Galien

🌬Ce que j’ai ressenti

« Je sors. J’ai besoin de sentir la nuit… »

Sauf, que les nuits de Paris sont remplies de cris, de violences, d’ensorcellements et quelques fois, les nuits laissent des cadavres au petit matin. Sentir la nuit, c’est se confronter à l’économie souterraine, à la prostitution, aux légendes venues d’ailleurs, aux fantômes et aux bandits…Sentir la nuit, pour un flic du 36, c’est regarder bien en face la réalité de la vie et approcher de près, les forces obscures de la magie noire…Sentir la nuit, c’est également sentir le sang…Et quand c’est celui de ses pairs, la police a tout intérêt à mobiliser ses troupes et se tenir au courant du mal qui frappe Paris…

« Mais souvent tout est en nous. Les réponses et les raisons de nos colères. »

On aurait pu penser que ce qu’il vient du Nigeria, reste là-bas…Or, on le sait les esprits sont tenaces, les envoûtements aussi…Cette nouvelle enquête avec l’ancien flic du 36 Quai des Orfèvres, Philippe Valmy, va le projeter dans une sombre histoire de politique, de trafics et de magie noire, où le folklore de ce pays vient imprégner les scènes de crimes…. Il faut vite reprendre du service, oublier ses propres démons pour se mesurer à d’autres, et jouer finement avec la faune et flore parisienne…Autant dire une prouesse pour cet homme brisé mais avec son équipe, il va relever le défi…

C’est une enquête rythmée, efficace et prenante. J’ai aimé l’originalité et cette ambiance teintée de sorcellerie pour finalement arriver sur une histoire bien plus complexe qu’il n’y parait…Le souffle de la nuit est un polar réussi que je vous conseille si vous en avez dans le ventre!

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Ainsi Soient-Elles, Ema Martins

📸Ce que j’ai ressenti:

« Nous n’avons plus le temps pour les futilités. L’important est d’aller à l’essentiel. »

Je pense que c’est mon leitmotiv du moment, alors forcément cette phrase-là m’interpelle particulièrement, dans cet ouvrage sublime de photographies dédiées aux femmes. Elle m’accroche, elle me rappelle qu’il faut rester concentrée. Alors je me recentre sur un sujet féministe et essentiel, la visibilité et la mise en lumière de ces femmes exceptionnelles qui agissent. Elles sont fortes, entreprenantes, généreuses, actives, engagées, libres. C’est uniquement, ce que je vois, quand je tourne les pages…Je prends leurs expériences comme modèle, je compatis à leurs douleurs, je suis sensible à leurs parcours, j’apprends de mes pairs. C’est une bouffée d’optimisme. Plus je lis, plus je me remplis de bonnes ondes à les voir aussi, épanouies, confiantes, créatives…C’est euphorisant.

« On est belle parce que vivante. Un point c’est tout. »

Le temps qui passe, le temps qui prend, le temps qui profite, le temps qui répare…Le temps, le temps, le temps…On est, tou.te.s, souvent en questionnement face au temps. Démuni.e.s, reconnaissant.e.s ou étourdi.e.s face à cette réalité du temps, on est soumis.e.s au regard de l’autre et aux diktats de la société, comme si la beauté et l’apparence étaient la seule observation valable à leurs yeux…Or, certaines femmes arrivent à se délivrer de ces conditionnements et de leurs attentes pour se réinventer, plus affirmées et conquérantes que jamais…Et dans l’objectif bienveillant de Ema Martins, le potentiel et la maturité de ces femmes sont mis en valeur. Elles sont toutes magnifiques. Vraiment MAGNIFIQUES. Différentes, diverses, déesses. Ces femmes Silver sont une inspiration.

« Soyez-vous même, croyez en vous, rêvez, essayez, tombez, relevez-vous et allez toujours de l’avant. »

Vous l’aurez compris, ce livre est magique. À les voir ainsi s’exprimer, prendre position, aider la jeune génération, délivrer des messages de bienveillance, ces portraits de femmes sont prodigieux. Je suis de tout cœur avec la démarche militante et l’intention positive de Ema Martins de montrer des nouveaux modèles et exemples à suivre. Autant pour le plaisir des yeux que pour les rencontres avec ces femmes puissantes, je vous confirme que Ainsi Soient-Elles est un giga coup de cœur!

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Elya ainsi que les éditions Kiwi de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Que le diable l’emporte, Anonyme

▪️Ce que j’ai ressenti:

« Maintenant écoutez bien tout ce que je vais vous dire, et mémorisez-le, parce que des l’instant où nous aurons raccroché, j’oublierai que nous avons jamais eu cette conversation. »

Déjà, qu’on se le dise, l’enfer existe et sa horde de mécréants qui va avec, aussi! Partant de ce principe-là, vous n’aurez aucune peine à imaginer qu’on puisse discuter avec des vampires, négocier avec le diable, détourner les gens du bon chemin, voir apparaître quelques bonnes et mauvaises surprises, suivre des traces obscures et malodorantes… Avec cette saga, on n’est pas dans le politicalement correct, on n’est pas dans la complaisance, on n’est pas dans le monde des bisounours! C’est le moins que l’on puisse dire, et c’est bien pour ça qu’on l’aime! On est dans le délire et l’humour décalé, à fond la caisse…Il va falloir vous y faire, le Bourbon Kid revient avec sa bande de Dead Hunters, pour notre plus grand plaisir mais peut-être pas celui de tout le monde…

Déjà, on emprunte des chemins, des espaces-temps, des tunnels pour aller dans des endroits obscurs, ténébreux, remplis d’êtres tous plus exécrables les uns que les autres…Mais ça pourrait encore aller, sauf que, quand on est dans un monastère et que ce sont des nonnes et des ninjas, qui vous poursuivent, ce n’est plus du goût de notre JD…Et vous n’aurez pas besoin d’une boule de cristal pour comprendre qu’ils sont tous, déterminés, à lui mener la vie dure, (celle d’après aussi), même s’il a peut-être mérité que l’enfer se déchaîne…Mais…

Mais, de les voir, tous autant qu’ils sont, s’accrocher, se battre, réfléchir, anticiper, s’entraider, se vanner à la moindre occasion, se sortir des pièges tendus, -etc-, reste pour nous, un grand moment de fou rires garantis!

J’aime le côté loufoque, décalé, irrévérencieux très assumé de ce fameux auteur Anonyme. Même si, des fois, c’est un humour très douteux, et aux bornes de toutes les limites, je suis souvent surprise de me marrer de voir dans quelles situations impossibles et rocambolesques, il emmène ses personnages. Il explore tous les possibles avec cette bande de déjantés, tout en faisant de jolis clins d’œil à la culture cinématographique internationale, en remuant avec une attitude très rock’n’roll, tous les clichés dans l’eau en partance des toilettes, mais en maîtrisant son thriller de bout en bout, avec brio…

Bref, « Souviens-toi de mes derniers mots », je vais aller de ce pas, à Santa Mondega, parce que rire, c’est la vie!

« Bien sûr! On a qu’à se faire un road-trip! »

American Predator, Maureen Callahan

▪️Ce que j’ai ressenti:

« Si un tueur comme Israel Keyes existe, cela signifie que quelqu’un de plus diabolique encore suivra. »

Qu’on se le tienne donc pour dit!

Personne ne connaît vraiment son nom, encore moins les mécanismes de son esprit, et on ignore le nombre exact de ses victimes, puisque il aura emporté avec lui, la plupart de ces mystères. Qui est vraiment Israel Keyes, et pourquoi il décide de se livrer au FBI, reste une énigme, et pourtant, cette enquête de Maureen Callahan est de loin La meilleure que j’ai lu jusqu’à maintenant. Je m’intéresse depuis longtemps, à la criminologie et la psychologie de ces esprits déviants, et ce livre, avec sa ligne claire et son ambitieux « True Crime » haletant, retrace le parcours d’un véritable prédateur impitoyable.

Que ce soit, la retranscription des entretiens ou le travail minutieux de recherche autour de ce serial-killer, on sent qu’on a affaire à un phénomène encore jamais vu. Que ce soit les enquêteurs, la famille, les proches, les victimes, la justice: ils sont démunis face à ce tueur en série hors-norme parce qu’il échappe à tout entendement… Parce que cet homme n’a pas été soumis aux conditionnements de la société, qu’il a appris à vivre en se passant de confort, qu’on soupçonne une rupture irrémédiable chez lui, qu’il n’a ni règles ni scrupules, il se perfectionne, seul, pour devenir un super-Predator, au-delà de tout soupçon…C’est terrifiant cette approche de si près, de la violence pure et de ses mécanismes qui s’engrangent jusqu’à l’escalade extrême. C’est sidérant qu’un tel humain puisse avoir déjoué ainsi, le sytème…

On lit ce livre, comme un thriller, or, on est obligé de garder en tête, que tout est vrai. Les faits, les meurtres, la traque, les questionnements,l’impunité, les victimes reconnues ou pas. Dans l’inconscient collectif, ce genre de tueur est une peur récurrente, or, on a l’exemple type, que ça peut exister, avec cette enquête passionnante. Donc, je peux vous certifier que plus jamais, je n’oublierai cet American Predator, je sais son nom, son mode opératoire et c’est sans doute le pire tueur en série que le monde ait porté, à ce jour…

C’est un coup de cœur, parce qu’on sent l’investissement colossal, journalistique et humain, de Maureen Callahan, avec cette investigation au cœur du mal absolu.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

La Ville dans le Ciel, Chris Brookmyre

Ce que j’ai ressenti:

« Quoi que ce soit, insiste-t-elle, j’ai vu ce que j’ai vu. Vous l’avez dit vous-même: vous ne pouvez pas effacer mes souvenirs réels. »

Vous ne pouvez donc pas douter de ce que je vais developer dans cette chronique, même si je vais manquer de grabación et de preuves tangibles. Ils auront tout fait de toute façon, pour que les fichiers s’envolent…Bienvenue à la Ciudad del Cielo! Ça aurait pu être la destination idéale, mais il ne sert à rien de se mentir entre nous, cette ville dans le ciel, ressemble beaucoup à un bouge permanent. Nous avons donc, la lutte acharnée de la corruption, la problématique de la prostitution, et que des malheureux qui se promènent dans ces rues…Mais, point positif, il n’y a pas de criminalité…

Jusqu’à ce qu’on retrouve un cadavre en morceaux…Et puis, plusieurs autres dans la foulée…

Si je devais garder quelque chose en mémoire de cette virée dans le cosmos, c’est l’extrême gravité, de l’espace et des actes. En fait, vous n’avez pas idée de là, où vous allez mettre les pieds et votre esprit, mais il est clair que ça vous posera quelques problèmes de conscience…En suivant Nikki et Alice, et leurs côtés rigides sur leurs façons de suivre les règles, il n’en tiendra qu’à un fil de l’effroyable filet mis en place par l’instance qui gouverne cette ville du futur…Je ne tiens pas à vous en dire trop, pour ne pas vous refiler le baiser de la mort, mais toujours est-il, qu’il est nécessaire de se positionner sur les questions de surveillance et de contrôle des populations tout en ayant à réfléchir sur les avancées technologiques à venir…Je vous laisse le libre arbitre d’en faire comme bon vous semble…Je vais aller boire un bon mojito en attendant, avec mes deux nouvelles complices, on vous attendra dans le secteur, si jamais…

J’adore l’auteur Christopher Brookmyre, ces polars sont excellents et j’étais curieuse de le voir dans un nouveau genre littéraire. Et bien, force est de constater qu’il m’a encore bluffée avec ce nouveau roman SF. Il mélange les codes de ces deux genres pour nous donner une enquête époustouflante au fin fond du ciel! C’était une histoire complexe et très rythmée, qui m’aura captivée et balancée dans un futur opaque et très violent, mais j’en reviens avec une connexion instantanée et plus lucide sur les dérives du pouvoir…Je recommande évidemment cette excursion dans La ville dans le Ciel…

« C’est quoi, un raccourci? »

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Denoël de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Mamma Roma, Luca di Fulvio

💚🤍❤️Ce que j’ai ressenti:

« Vous êtes pires que des ennemis. Vous êtes…les indifférents. »

Comment rester indifférente quand c’est Luca di Fulvio qui nous raconte l’Italie, la naissance d’une nation, la chair et le sang, le désir et l’éveil du patriotisme? Je ne peux pas, je suis obligée de m’enflammer d’amour et de ferveur parce que c’est un sujet qui brûle et que Luca a ce don, de transmettre sa passion, au travers de ces histoires qui font L’Histoire, au travers de sa plume qui fait toute la magie, au travers de son cœur qui fait l’union…Rester indifférente est donc impossible et puis, vous le savez, parce que c’est Lui et parce que c’est Moi, je serai toujours aussi admirative de son talent à me faire vivre dans ces livres, un moment précieux d’émotions…

Je suis meute, je suis entière, je suis chair de l’Italie alors ce livre, je l’ai ressenti jusque dans mes tripes. J’étais là-bas, tour à tour, orpheline, comtesse, acrobate, louve capitoline, pauvre, féroce, sœur, fébrile, mamma, mais surtout miséreuse, avec rien à perdre…Et ça, c’est la puissance, car on n’a plus qu’à lutter. Lutter avec Pietro, Martha, Nella, un capitaine et des Loups, un drapeau et des soldats, un appareil photo et quelques fous idéalistes. Lutter contre l’injustice, contre l’oppression, contre le destin. Lutter pour la liberté, pour la jeunesse, pour Rome. J’ai voulu éprouver cette douleur, j’ai voulu rêver, j’ai voulu me confondre avec leurs combats. Et en ne me préservant pas, j’ai aussi eu la joie qui remplit les espaces vides, la joie qui pousse à l’intérieur du cœur, la joie qui repousse les ennemis, la joie qui grandit d’elle-même et resplendit sur son prochain…Je t’ai aimé, Rome, je t’aime passionnément, et je sais que je t’aimerai de toute mon âme, tous les jours qui viendront…

S’il en est ainsi, alors je vous dirai que ce livre est un coup de cœur! Et ne m’obligez pas à dire des gros mots, ni à vous cuisinez des bucatoni all’amtriciana, pour vous convaincre de lire, ce roman fabuleux, parce que vous pourriez être surpris! Allez, je vous laisse choisir, je fais voeu à Luca di Fulvio, de nous écrire des romans aussi exceptionnels qui nous inspirent, qui nous bouleversent, qui nous traversent de part et d’autre de notre chair! Merci déjà pour les précédents, et bonne chance pour le prochain que j’attends avec impatience!!!!!!

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Le Sel de tous les oublis, Yasmina Khadra

Ce que j’ai ressenti:

« Tu crois qu’on peut sécher la mer? »

Je ne sais pas, mais je sais que certains hommes peuvent avoir le cœur desséché, se mettre du sel, encore et encore, sur la plaie et sombrer dans des eaux troubles. Je sais aussi qu’on peut arriver à s’enfermer tout seul, même en étant libre. J’imagine très bien l’oubli. L’oubli de soi, des autres, de tout, de l’essentiel. Je sais que la solitude et la négativité font des héros taciturnes, et pourtant, Adem Naît-Gacem restera dans ma mémoire.

Parce que des fois, ils s’en vont tout simplement. Par manque de courage, d’intérêt, d’amour, les jours heureux s’en vont. Les êtres humains, aussi. Reste alors le vide, le sel sur la plaie, la fuite en avant…Adem Naït-Gacem est un homme brisé. En perdant sa femme, il perd l’envie d’être, de donner, de recevoir. Je l’ai donc suivi jusqu’au bout de son errance et ses interrogations sur un chemin très sombre, peuplé de chimères et de fantômes. Il ne reste, certes, plus rien des jours heureux, mais en devenant un vagabond aigri, il fera des rencontres étonnantes et me mettra face à mes propres questionnements. Il est des jours comme ça, où la rencontre se fait. Comme un appel, une évidence. La rencontre avec un livre, un personnage, un auteur, et ça marche. Parce que c’est le bon moment…Parce que sur la route de l’errance, ce bout de chemin ensemble, c’est mettre des mots sur l’amertume et réfléchir sur la volonté d’agir ou pas. De parler ou pas. De ruminer ou pas. Et c’est bien. Ce temps d’arrêt, ça permet de voir les mains tendues, les coups de pouces du destin, l’importance de la culture, l’ivresse de la poésie, l’essentiel de la vie.

J’ai aimé ce conte initiatique, parce qu’il s’éloignait du merveilleux, qu’il racontait ces moments compliqués qu’on traverse, à un moment ou à un autre et qu’il faut affronter. J’ai aimé la résonance de la poésie et l’étrange écho de la marginalité. Et j’ai aimé le voyage. L’Algérie fragile, fébrile, belle, vivante, possible. Il y avait quelque chose dans cette histoire de mystérieux et d’intense, comme si, sous la douleur, il allait jaillir de l’eau ou du feu. Qu’il n’en tenait souvent à pas grand-chose, que d’un seul être souvent…Peut-être, celui qui tient en main, son destin ou le livre…Je vous laisse méditer là-dessus, et je vais voir si je peux pomper la mer ou ramener sur la rive, les quelques rêves que j’aurai laissé tomber à l’eau ou Le Sel de tous les oublis…

« Tout ce que tu vois, c’est que du bruit et du vent, des turbulences qu’on ne fait que traverser pour aller à l’air libre. »

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Les Derniers enfants cachés, Sophie Nahum

▪️Ce que j’ai ressenti:

« Comment a-t-on pu laisser faire ça? Aujourd’hui encore, je n’arrive pas à comprendre. » Arlette

Peut-être, que parce que c’est incompréhensible. Peut-être que parce que c’était tellement démesuré que certains n’ont pas compris, eux non plus, de part et d’autre, ce qu’était la haine. En même temps, qui aurait pu imaginer cela? C’était sans précédent.

Sauf que maintenant, avec les témoignages, on sait. On sait l’enfer, la rafle, la persécution, la peur, l’antisémitisme, la rupture, la déchirure, les tueries…

Grâce au travail de recherche de Sophie Nahum, mais surtout à son intention de ne plus nier ce pan d’Histoire, elle est allée, avant qu’il ne soit trop tard, à la rencontre de ces enfants cachés, Les Derniers. Les derniers témoins d’une période sombre qui nous racontent l’indicible, le manque, la douleur…Il s’en est fallu de peu, que certains secrets s’évanouissent dans le néant, puisque certains se sont résignés au silence, quand d’autres se sont déjà éteints…C’est les enfants cachés, une poignée qui en ont réchappés d’un funeste destin et qui ont eu la force de se rappeler… C’est les derniers souvenirs qu’il nous faut prendre comme une opportunité de voir et de comprendre, (peut-être), jusqu’où peut aller la haine…

« Moi, « marche ou crève », je l’ai connu très tôt. » Jacques I.

À ces enfants cachés, on leur a volé leurs enfances. Avant même qu’ils conscientisent ce que c’est que d’être d’une appartenance, ils ont été rejetés et stigmatisés. Bien souvent, ils sont restés bloqués là-bas, entre le passé et leurs émotions, la culpabilité et l’incompréhension d’être encore en vie, quand tant d’autres de leurs familles/amis/voisins/proches sont morts. Le plus dur, c’est de lire la rupture qu’il y en a en eux. En se livrant, en délivrant leurs douleurs, on comprend que tous, ont un manque cruel de réponses, d’envies, de liens. Ce n’étaient que des enfants, et ils ont été traumatisés à leur insu. Ce n’étaient que des enfants, et ils ont vécu, en plus de l’horreur de la guerre, la peur, avant, pendant et après…

« Les jours sont passés, comme en enfer. » Jean

J’ai lu ce recueil de témoignages, d’une traite. Ce fut une absorption. Lire toutes les phases de ces années terribles, c’est tenter de comprendre combien la liberté est fragile, combien il est difficile de réapprendre à vivre après l’horreur, combien c’est nécessaire et primordial de donner la parole à ces personnes. C’est un devoir de mémoire et j’ai été très touchée par la démarche bienveillante et humaine de Sophie Nahum de mettre en lumière ces derniers souvenirs, ces derniers enfants cachés, ces photos et les mots qui racontent une blessure incommensurable. Ce sont des documents précieux, des histoires, des vies, des images qui rendent compte d’une réalité terrible. Je ne saurai dire combien je vous conseille évidemment cette lecture, et combien je remercie ces femmes et ces hommes de sortir, ainsi, du silence…

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. » Albert Einstein

Remerciements:

Je remercie très chaleureusement les éditions Alisio de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Fille, Femme, Autre Bernardine Evaristo

💐Ce que j’ai ressenti:

« on a tous une âme sœur dans ce monde »

si douze femmes nous racontent leurs vies, leurs émois, leurs combats, leurs intimités, leurs façons de voir la vie, leurs victoires et leurs espoirs

peux-t-on dire qu’on les aime comme des sœurs

est-ce que le mot Sororité va enfin résonner en nous

nous les femmes d’abord, mais nous, surtout humains, dans sa globalité avec ce que ça comporte de tolérance envers l’Autre, les autres

la différence en général

cela fait un moment que ce mot Sororité m’interpelle, m’attire, et que j’y projette de grandes espérances

alors avoir en main cette lecture c’est explorer la pluralité de ce courant féministe, l’afro-féminisme et d’en comprendre les enjeux ainsi que les douleurs de certaines souvent invisibilisées

ce roman est une révélation

un rythme et un poème

une alerte

quelque chose entre un battement de cœur audible et une émotion pure de la souffrance féminine tue

douze versions d’être une Fille Femme Autre c’est mettre en lumière une polyphonie vibrante de mots et d’idées sur un défi prioritaire contemporain

c’est également nous présenter de belles histoires de femmes qui entrecroisent leurs destins, et sont en quête de liberté et d’affirmation de soi

c’est également faire entendre les voix de ces femmes noires qui nous interpellent sur des questions existentielles, humaines et émotionnelles avant même, d’être des courants de pensées engagés

ce livre c’est une vague d’amour

une vague de douceur mais de colères dénonciatrices aussi

une vague d’entraide et d’intentions bienveillantes

une vague magnétique avec des questionnements sur le genre, le rôle et la condition féminine

une vague de poésie très contemporaine et originale qui touche direct les âmes

une lame de fond en Fille Femme Autre

-alors-

si douze femmes entrent dans le cercle de mes sœurs à la fin de cette lecture

est-qu’on peut dire que j’ai trouvé mon Autre?

« si nous ne les aidons pas, qui le fera »

Code 612, Qui a tué le Petit Prince? Michel Bussi

Ce que j’ai ressenti:

« Des énigmes, toujours des énigmes! Ce conte en fourmille. »

Et forcément, pour un auteur de thriller, comme Michel Bussi, c’est incroyablement stimulant! Forcément, irrésistible même! Le Petit Prince est une œuvre mondialement connue, mais et si, en fait, personne ne l’avait véritablement bien comprise, si derrière les énigmes se cachaient bien plus, que la douceur d’un conte de fée?…Code 612, c’est une autre lecture du Petit Prince, une autre manière d’approcher la légende, c’est une enquête passionnante autour du personnage charismatique et de son auteur Antoine de Saint-Exupery. Code 612, Qui a tué le Petit Prince, c’est plonger au cœur de l’histoire, décrypter l’invisible, soulever des mystères et des passions, et puis peut-être, un peu toucher les étoiles…

« On est responsable de ce que l’on apprivoise. »

Je voudrais être sûre que je puisse réellement être responsable de l’amour inconditionnel que je porte à cette histoire, mais on le sait bien, les sentiments sont fluctuants, et puis surtout, « on ne sait jamais qui apprivoise ». Et pourtant, quand je pense au Petit Prince, il me vient au cœur, comme une grande vague de tendresse et de nostalgie qui réconforte. Je voudrais être sûre que si réellement je relisais maintenant Le Petit Prince, après la lecture de Code 612, Qui a tué le Petit Prince, il me restait encore intact, la magie de son enchantement, je sais que j’aurai aussi, il me semble, un œil avisé sur les multiples détails et phrases à double sens qui peuvent m’emmener sur d’autres rives. C’est drôle parce que le chemin du Petit Prince à Marseille, je l’ai emprunté il n’y a pas si longtemps, et encore une fois cette histoire de vagues, est venue faire son écho en moi, la nostalgie et la tendresse mêlée, qui vient et qui repart, à l’instar du roulement de la mer qui aurait emporté cet écrivain emblématique…Mais qu’est-ce qu’il va me rester, à la fin? L’énigme résolue ou la liberté d’y croire? Je préfère encore laisser au vide et au silence, cette réponse…

« On ne signe qu’avec son sang. »

Je signe donc avec le mien de sang, que ce livre est un coup de cœur. Merci Michel Bussi, d’avoir réveillé la passion, l’intérêt, la curiosité, le mystère, toutes ses choses intimes qui nous rappellent que la vie est précieuse. Je voudrais faire partie du Club, rejoindre tous ses passionnés-collectionneurs, être à nouveau émerveillé par la beauté d’une rose ou celle d’une étoile, avoir encore au cœur, la mer qui monte, et savoir dessiner à un enfant, la trace d’un Essentiel…Je suis encore émue par le souvenir et le secret d’Antoine, mais peut-être encore plus, par votre manière de réactiver la magie. Merci encore pour ce petit bonheur que vous nous donnez à lire, la beauté révélée, merci Monsieur Michel Bussi…

Aimer, c’est regarder ensemble

Dans la même direction.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Presses de la Cité de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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