Supermarché, José Falero

🍁Ce que j’ai ressenti:

« Ils marchèrent jusqu’aux ténèbres. »

Et si je vous proposais un marché? Un super marché? Si en lisant ce livre, vous n’avez pas compris le choix de Pedro et Marques, je mange de la soupe jusqu’à la fin de ma vie…

Être riche, super-riche, en deux temps trois mouvements, avouez que c’est tentant, mais vous est-ce que vous y seriez allé dans ce plan douteux? Comment est-ce qu’on se choisit, une vie de bandit? C’est tout l’enjeu subversif et drôle de ce livre: faire entendre que cette voie est (parfois) préférable à, l’autre…Ça m’est apparu d’une limpidité presque évidente, même si elle est répréhensible, dangereuse, « semée d’emmerdes »…

Jusqu’à maintenant, ce choix m’était incompréhensible, intangible, complètement inenvisageable…Il ne l’est guère plus, aujourd’hui, mais avec cette aventure dans les rayons de ce supermarché, j’ai compris. J’ai compris que c’est un faux-choix pour combattre la misère. Un choix terrible pour contrer la malchance, la survie, la souffrance, l’indifférence…J’ai compris que ce n’est pas un choix réfléchi, mais une erreur consciente statistiquement fatale…

Sous couvert de philosophie revisitée de mecs trop paumés pour comprendre que l’herbe n’est pas plus vert(ueus)e qu’un caillou ou de la poudre, ailleurs ou au coin de la rue, ils se lancent tous les deux, dans un trafic qui parait fructueux…Ils palpent de près, la drogue, la violence, la délinquance, l’argent sale. Ils sont juste à la frontière de la ligne jaune, mais…Pas du bon côté…Et voilà, comme ils se retrouvent à errer dans ce Supermarché avec leurs valeurs bafouées, leurs petits soucis techniques et leurs grandes ambitions de voyous misérables…

« Il n’y a aucun chant d’oiseau ni autre chose qui soit capable de mettre de la magie dans la précarité totale. »

Derrière l’humour et l’aventure trépidante de ces deux jeunes « entrepreneurs » de la weed, le constat social et politique, est extrêmement triste. La pénibilité de leurs existences est un crève-coeur, à lire. Ces familles, coincées dans les favelas de Porto Alegre, n’ont que peu de perspectives d’avenir, d’ascension ou de choix dignes. Ils vivent dans un environnement étouffant, violent, parfois toxique, parce que les chances de sortir de la Précarité, la grande la vraie, sont quasi inexistantes. Alors certes, ces deux-là mènent, pour un temps, la vie de « riches », mais la morale les rattrape bien vite, tout autant que les malfrats qui les surveillent…Et même en se servant allègrement des aliments à disposition, ça ne suffit pas à faire une bonne soupe…Alors de là, à la manger…

« C’est le moment de commencer à courir après la vie meilleure qui me fait tellement envie. »

J’ai beaucoup aimé l’humour et l’intelligence de ce jeune auteur, José Falero, pour traiter avec autant de perspicacité, la dure réalité des personnes invisibilisées. On ressent très intensément la chape qui les retient vers les bas-fond de la ville, ne leur laissant qu’un sale goût d’amertume et de pauvreté aigre, qui reste, trop en bouche…C’est très immersif, cette lecture. Le ton, les couleurs, le sel, l’énergie. On s’y croirait presque, à côté de ces deux-là, en train de (se) débattre dans leurs agissements avec leurs consciences…Ils rêvent d’une vie meilleure, sans saisir, que ce n’est pas en empruntant un chemin détourné qu’on peut décemment, y arriver…Mais au fond, qu’est-ce qui est, une vie meilleure? Est-ce qu’il leur est seulement, permis de la rêver, de la goûter ou de l’assaisonner, à leurs convenances? Est-ce qu’ils auront un jour droit à la liberté? Je vous laisse vous balader, entre ces pages, pour découvrir ce qu’il en est. Vous m’en dealerez des nouvelles?

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Tanka Voyelle

Un bon indien est un indien mort, Stephen Graham Jones

Ce que j’ai ressenti:

Qu’est-ce que j’entends? Demandez-vous.

Je vais vous répondre. Le bruit qui court. C’est ça que vous allez entendre. Toutes sortes de bruits qu’il va bien falloir que vous preniez en compte, avant qu’il ne soit trop tard. Mais même dans le Couloir de la mort, les bruits courent encore…Et puis, au pire, après, une entité sera là, pour vous réapprendre le mot, Vengeance…

« Donc les nouvelles circulent dans le Couloir de la mort. »

Le bruit des sabots, tout d’abord. Vous savez, les caribous courent, dans la brume rouge. C’est un bruit suffisamment persistant pour qu’un quatuor de jeunes, se laissent prendre à l’énergie de la chasse. Se laissent influencer par l’effet de groupe, allant jusqu’à s’en approcher d’un peu trop près, pour en avoir des idées de traque(s). Des idées de festins, des idées d’interdits, des idées puériles, et des idées qui collent à la peau. Mais l’action pousse au massacre, au nom d’une tradition enfumée, d’un passé nébuleux, d’une inadaptation sourde…Coincés entre deux cultures, deux modes de vies, ils perdent pied, ancrage et raison…Mais ils ne perdent rien pour attendre, on dirait bien puisque que l’outre-tombe s’est frayé un chemin dans le précipice…

« Tuer un petit est la pire chose qui soit, tu le sais. »

Le bruit des indiens, ensuite. Vous savez, les indiens ne courent plus si souvent la plaine rouge. C’est un bruit que certains essayent d’étouffer, d’éteindre, d’exterminer…Le bruit qui court, c’est qu’Un bon indien est un indien mort…Certains s’en donnent à cœur joie et fusils chargés… Le massacre ne fait que, se poursuivre. Les versions diffèrent mais le résultat est le même. UN INDIEN TUÉ.

Le bruit fantôme. Vous savez, les fantômes courent sur les blessures rouges. Rien ne hante plus qu’une douleur ancestrale. Rien ne tue plus, qu’une vengeance. Rien n’arrête un fantôme. Si vous ôtez le sang, il est fort probable qu’en face, ça implique des conséquences…À bon entendeur! Le massacre était prévisible car le bruit gronde, gronde, gronde…

« Ça fait d’elle un monstre? »

Alors des bruits, courent. Supposons que la nature décide enfin de se venger, pour défendre l’avenir: est-ce que ça serait vraiment fou? Est-ce qu’une femelle caribou qui vengerait les siens, de tant de souffrances, de tant de décès, de tant d’injustices, est-ce que ça serait vraiment fou? Est-ce qu’entendre enfin, son cri de détresse, ne serait pas nécessaire, pour eux, pour vous, pour Nous? Est-ce que, se servir d’une histoire d’horreur(s) pour faire passer un message de bienveillance, ce ne serait pas le meilleur remède pour tenter de sauver le Vivant? Est-ce qu’on aurait pas à apprendre auprès de la culture amérindienne, une relation plus intrinsèque avec la faune et la flore? Est-ce que c’est vraiment fou? Vous pensiez peut-être que le monde animal était sourd? Vous pensiez peut-être que la terre vous laisseriez faire?

« La terre réclame ce que vous laissez derrière vous.»

Laissez-moi vous dire, que si vous colliez vos oreilles aux revendications du monde qui nous entoure, il se pourrait que vous entendiez des bruits. Des bruits de colère. Des bruits effrayants. Et moi, j’entends. J’entends la douleur d’un peuple, le rebondissement d’un ballon de basket, les pleurs de la femme-caribou…Est-ce que vous, vous allez entendre alors, le coup de cœur rouge qui se ramène en courant, en ces lignes? Si c’est le cas, alors peut-être que tout n’est pas mort, tout n’est pas fou, tout n’est pas foutu…Je vous laisse donc, avec ce bruit palpitant, je vais aller tenter, l’expérience de la hutte…

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Rivages pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Galeux, Stephen Graham Jones

🍁Ce que j’ai ressenti:

« C’est à croire que le monde voulait faire de nous des monstres. Qu’il ne nous permettrait jamais de vivre une vie de citoyen lambda. »

Il est des histoires qui débutent étrangement. Et l’étrange, pour commencer l’automne, c’est euphorisant. Muni.e.s d’un plaid, je vous place l’ambiance, on va courir les routes, les forêts, l’Amérique. La belle, la grande, la sauvage. Tous ces grands espaces, où la nature prend le dessus, transforme et révèle. Parce que Galeux sent, autant le bitume que la mousse des bois, parce qu’être ou ne pas être, telle est bien la question: alors est-ce qu’une légende urbaine peut définir, la trajectoire d’une famille?

Il est des histoires qui hurlent à la lune. Je sais déjà que vous voyez venir, la bête. Et pourtant, Stephen Graham Jones remodèle la légende du loup-garou. Exit les clichés, cette histoire réinvente le genre, l’identité, la condition d’un jeune homme en devenir. Ce n’est pas seulement le canidé qui se fait attendre, mais bel et bien, une société qui regarde de haut, ces êtres en marge. Faute de ne pouvoir dompter leurs essences mêmes, elle bride leurs espaces, leurs capacités, leurs natures profondes. Les réduisants à n’être que des Galeux, menant des vies de chiens errants. La voilà, la belle Amérique, celle qui rejette les différents, les trop sauvages, les trop instinctifs, les trop anormaux, les trop hurlants, les trop libres…Ça la dérange, la belle Amérique, tous ces êtres fantastiques…

Il est des histoires qui se transmettent de génération en génération. Des histoires qui portent en elle, le germe de la liberté, de la survie, de la persévérance. Des histoires fabuleuses racontées par les Anciens qui soudent des familles, qui créent le lien, la légende, la force. Des histoires qui s’écrivent dans le sang, dans l’encre, dans l’Histoire. Parce que des fois, il ne reste plus que les mots pour témoigner d’une souffrance ancestrale. Parce qu’il est nécessaire de trouver dans les récits, même imaginaires, surtout imaginaires d’ailleurs, le hurlement puissant pour contrer l’asservissement. Alors n’est pas loup qui veut, mais qui voudrait être mouton?

Tout comme eux, dévorent plus vite que leurs ombres, j’ai lu et dévoré, ce roman extraordinaire. Je me suis attachée à ce jeune, à sa faim, à sa famille, à sa souffrance, à son folklore. Je ne sais pas ce qui fait le garou, mais j’ai ressenti le loup à l’intérieur, il était là et bien vivant, l’œil vif et gueule ouverte, ayant à cœur de protéger les siens. Et si pour éviter de serrer les poings lors de l’écriture de ces ressentis, c’est quand même le cœur mu par l’émotion, que je vous livre cette chronique. Ne brûlez jamais ces lignes.

La Lionne du barreau, Clarisse Serre

💥Ce que j’ai ressenti:

« Je me dis que c’est peut-être ça ma marque de fabrique dans le monde des avocats: je détonne. »

C’est certain, Clarisse Serre, vous détonnez. Mais moi, j’adore ça, les nanas qui ouvrent leurs gueules, telles des lionnes dans l’arène. Une lionne du barreau, ce n’est pas banal. Rien ne l’est, d’ailleurs dans votre parcours, mais c’est sans doute cela, qui fait qu’aujourd’hui, vous soyez aussi influente, admirée, reconnue. Vous n’avez jamais choisi la facilité, le confort, la complaisance. Vous vous êtes révélée dans la difficulté. Vous vous êtes battue, vous êtes restée, votre voix est audible, le rugissement, perceptible, le travail, indéniable…. Alors laissez-moi vous dire: détonnez encore ainsi, Clarisse! Qu’est-ce que j’ai aimé l’entrain que vous mettez partout en ces lignes, dans vos plaidoiries, ou encore dans vos choix!

Que vous puissiez imposer votre détermination dans ce monde de brutes, montrer que seule, la persévérance est un leitmotiv, que vous ne lâchiez rien ni personne, que vous vous battiez comme ça, telle une Lionne, c’est puissant. Être avocate, on a tôt fait de comprendre en lisant vos mots, que c’est une vocation chronophage, mais vous vous y exercez avec brio, jour après jour, à force de travail et de ténacité. Il faut être intransigeante, continuellement, parce que c’est nécessaire. Parce que c’est ainsi, ce métier exige de la trempe et des tripes. Mais peut-être que finalement, c’est cela votre marque de fabrique, celle que vous allez réussir, à laisser… Ce chemin que certaines vont emprunter parce qu’elles vous auront eu, vous, La Lionne du barreau, comme modèle…Une femme qui n’a pas peur d’y aller! D’aller au devant de la pénibilité, de la controverse, du changement…

Vous lire, c’est se rendre compte des difficultés du métier, des sacrifices, des préjugés, des menaces, des échecs, des failles du système…Mais c’est aussi voir, le respect, la confiance, les victoires, l’honnêteté et l’honneur qui vous anime. Défendre est une belle cause. Vous vous y êtes investie, à fond, dans cette mission et c’est vraiment beau à voir. Vous y avez mis du cœur à l’ouvrage, c’est ce qui m’a touchée. Même dans l’adversité, vous gardez l’étincelle, le rugissement, le lien, l’envie…

J’ai trouvé ces pages pleines de passions. Et dans l’ère actuelle, regarder une femme de notre temps, réussir et briller avec autant de panache dans l’art oratoire, c’est très inspirant! Bonne continuation, Clarisse!

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

La Femme du deuxième étage, Jurica Pavicic

🌃Ce que j’ai ressenti:

Peut-être que comme chanson de rencontre, Killing me softly, n’était pas de bonne augure…Peut-être que ça a joué dans l’histoire de leur amour…Peut-être que la coïncidence est trop énorme, pour ne pas y voir une prédestination tragique…

« Une fois, bien plus tard, Suzana lui a dit: tout aurait été différent si on n’était pas allées là-bas ce jour-là. »

Sauf qu’on ne change pas une trajectoire. Ce qui est fait, est fait, et ne peut être défait. En plus, Bruna, aurait raté un coup de foudre, la tendresse d’un homme, l’opportunité d’un idéal social…Oui, mais peut-être qu’elle n’en serai pas là non plus, à nous raconter les circonstances de son incarcération…Et puis, c’est trop facile, de dire « et si… », une fois, que tout est bouclé…

Parce qu’elle y a cru, Bruna, à son beau marin, à cette belle vie qui lui ouvrait les bras, au confort d’un cocon familial…À son rôle de femme mariée…

Certes, elle a vite déchanté, la belle Bruna. Et c’est cela, qui nous est donné à lire, la lente désillusion…

Tout est, en subtilité. L’auteur Jurica Pavicic nous dresse les circonstances d’un fait divers. Il rentre dans l’intimité d’un foyer, d’une famille, d’une jeune femme. Il raconte l’ennui, la solitude, la charge mentale. Il met en condition, l’enfermement, réel ou perçu. Il se place du côté de La Femme du deuxième étage, tandis que de l’autre, le poison de la routine, l’étouffement de la monotonie, le piège infernal de la précarité, prend toute la place…Jusqu’au drame…

Tout est, sous contrôle. Savamment distillé, impeccablement, cuisiné: le suspense, l’attente, l’emprise psychologique…Le Killing me Softly imprègne les pages, le quotidien, les repas…L’emprisonnement est palpable, inévitable…Obstinément, présent…

Toujours est-il que cette lecture laisse une forte impression…Cette Femme ne peut laisser nous laisser, indifférent.e.s…Parce que cette violence sourde est trop à portée de main, qu’elle est trop ordinaire, trop proche de notre réalité domestique…Et peut-être que cette lente agonie pourrait tuer aussi, doucement, autour de nous, si nous oublions de demander « est-ce que ca va? », plutôt que de laisser ce silence indifférent faire son œuvre dramatique…

Allez, je vous laisse, je dois préparer le repas de ce soir…With his song…

Rouge Doc > Anne Carson

❣️Ce que j’ai ressenti:

Il est des histoires ROUGES. Rouges souvenirs. Rouges passions. Rouges désespoirs. Rouges romances. Des monstres rouges. Des patiences rouges. Des vers rouges. Autobiographie du rouge. Des exubérances en rouge. De la légèreté en rouge.

Il est des poèmes LOVE(S>)LAVE. Des histoires avec des rimes, du rythme, du feu, de l’action. Des histoires avec des mots qui peuvent tuer, avec des gens coincés dans de vieux clichés. Des histoires avec des détails et des flottements. Des histoires avec des 4NO/ avec de l’essentiel/ de l’émotion/ des choses Visibles/ quelque chose qui apporte l’incandescence/ essaye de suivre/ de l’ordre rebelle/ et de l’incroyable désordre dans lequel se mêle l’amour.

Il est des histoires de vérités qui claquent, qui perforent, qui enflamment. Ça blesse, mais le cerveau fête les noces. Que la scène peut s’ouvrir, s’effondrer, il restera le cap et l’envolée. Comme de la lave, c’est de l’amour fou. Salut bien le talent, parce qu’il est là. Applaudis l’homme en feu, mais plus encore la femme qui tire. La poésie est vague(s>) rougeoyante.

Il est des histoires de temps. De temps qu’on utilise, perd ou gagne. Des temps qu’on éprouve, qu’on imprègne, qu’on prend de court. Un temps pour moi, précieux. Un temps d’espoir et d’interrogation, un temps de passions et de flammes. Un temps rouge d’amour, un temps rouge volcan.

Il est des histoires qu’on a dans la peau. Je me suis encore embrasée au contact de l’audace poétique et ❤️‍🔥FIRE❤️‍🔥d’Anne Carson. Je fais le voeu qu’elle arrive jusqu’à vous. J’ai lu et adoré cette nouvelle aventure de Geryon.

Le Champion nu, Barry Graham

🥊Ce que j’ai ressenti:

Je pourrais prendre quelques notes très personnelles sur le futur combat de ce Champion nu, vous les partagez, même, mais faudrait quand même, que vous, de votre côté, vous restiez focus sur cette nouveauté. Que vous ne perdiez pas de vue, cette couverture rouge bordeaux, du plus bel effet…Que vous alliez vous mesurer à ce rendez-vous littéraire Pocket.

Je suis loin d’être une journaliste sportive comme Billy, ou d’y connaître quoi que ce soit en boxe, mais les vibrations ne trompent pas. L’écriture bastogne. C’est brut, sans fioriture. Impactant. J’ai lu ça, d’une traite. Spectatrice d’une préparation au combat, et admirative, d’y trouver de la profondeur derrière la violence des coups portés…

Se préparer au combat pour le plus grand titre de champion du monde de boxe, ça crée des tensions. Des doutes. Des peurs. Des certitudes, aussi. Rien de pire comme combo pour cette occasion…

Je peux sentir la nervosité, l’envie de victoire, la violence, le défi exaltant…Je peux me rendre compte aussi, que le sport remplit une vie, mais peut, en détruire d’autres. Que l’amour, reste une option dans ce monde de brutes…Des fois, même pas, un temps de refuge…

Si je devais résumer mes impressions sur Billy Piers et Ricky Mallon, c’est que leurs chances de perdre sont minimes, parce que ce sont des hommes habitués à distribuer des coups, à se battre, à gagner sur les rings…La boxe a, ceci d’attractif, c’est le dépassement…Frapper, se relever, essayer encore, frapper, danser, tomber, se relever, frapper…Frapper, frapper, frapper. Ne rien lâcher. Et ils ne lâchent rien. Mais sur quels terrains vont-ils lâcher du leste?

Parce que la vie a tôt fait de te rattraper en toutes circonstances, la tragédie, les embrouilles, les poètes aussi, qu’est-ce qu’on fait quand le sort s’acharne? Qu’est-ce qu’on fait de la malchance? On la frappe aussi?!

Est-ce qu’un boxeur, dépose ne serait-ce qu’une fois ces gants? Est-ce un affront? Est-ce qu’il s’accorde le droit de la vulnérabilité?

Je suis très interrogative sur ce sujet, en revanche, ce dont je ne doute pas, c’est de l’efficacité de la plume de Barry Graham, et je suis curieuse de le voir défendre un autre titre avec autant de punch!

Je vous laisse découvrir cette lecture bourrée d’adrénaline…

Rêves de femmes, Virginia Woolf

💋Chronique de Rêves de femmes Virginia Woolf

« C’est sûrement une femme qui a écrit ça »

Je ne sais pas ce qu’on lègue, je ne sais pas bien, ce qui fait, une société…

Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il y a toujours des tragédies dans les histoires de femmes, alors je me demande, souvent, de quoi leurs rêves sont faits..

En six nouvelles, Virginia Woolf, nous donne de la matière à réfléchir à ces fameux, Rêves de femmes…Peut-être qu’elles rêvent de fictions, peut-être qu’elles rêvent de vergers…Mais pour cela, il faudrait (se) questionner…

Questionner l’Histoire, les hommes, le monde, le temps, le silence, la nuit, le lieu, la possibilité, l’aiguille, la critique, le stylo, le futur, l’enfant, la politique, la maternité, peut-être même sa Majesté…

Questionner le sens, la finalité, la tâche ardue, la lecture, l’écriture…Parce que c’est une question à ne pas prendre à la légère, d’enfanter des œuvres, de peupler le monde d’imagination, d’apporter un présent au futur…

C’est une grande responsabilité, de rêver. Rêver un monde, où les femmes ne seraient pas cantonnées à des Madame Lapinova, où les femmes n’occuperaient pas une place invisible, n’auraient pas à se soucier des affaires de maisons…

Il est temps, que dans nos fictions et dans les Rêves de femmes, leurs propres intérêts soient mis au centre de leurs réalités…

Vous vous doutez bien, que ces six nouvelles et l’essai « Les femmes et le roman », sont du nectar…Cette façon, qu’elle a de vouloir défendre l’émancipation des femmes, de leur faire réaliser que leurs rêves de femmes autonomes sont possibles avec trois fois, « un peu », d’affirmer haut et fort, qu’elles peuvent désirer une vie meilleure avec plus de libertés en leur montrant le chemin, est délectable…

« Mais combien de temps dure un tel bonheur? »

À peine 100 pages.

Le seul regret: c’est court. C’est intense, 100 pages mais quand on aime, c’est presque frustrant, surtout quand on parle de désirs au féminin…Je me régale tant de lire, Virginia Woolf. J’en voudrais encore, mais c’est indéniable qu’elle reste une penseuse, une écrivaine, une poétesse de génie…Je réaffirme que c’est ma Queen, mon plus beau coup de foudre littéraire, et que grâce à elle, mes propres rêves prennent les couleurs de la passion, piquées de fleurs aux feux pâles des étoiles…

Je pense. Je pense être fidèle à moi-même, quand je vous dis que c’est un coup de cœur. Parce que je vous lègue une vérité et un rêve de femme….

Bien à vous,

Stelphique✨🧚🏻‍♀️

Caboche, Joshua Hale Fialkov-Noel Tuazon

-Oh! Ça va pas bien dans ta caboche,là?

-Non, le temps est fluide. C’est un symptôme.

-Il y a quelque chose à faire?

-Réussir à rattraper le temps…

Franck, ta douleur est réelle. J’imagine que perdre l’esprit, les pédales, sa femme, son temps, ça doit être compliqué à gérer, mais il va bien falloir t’y faire, quelqu’un a besoin de toi…Répares le temps, les erreurs, les injustices, mais fais quelque chose, avant, avant l’extinction des feux…

Tu sais, Franck, que je connais cette foutue maligne, alors je t’observe te débattre, te réorienter, te reprendre mais je le sais, il te reste peu de temps. Le temps, c’est juste de l’eau qui s’écoule, tu ne vas plus pouvoir le retenir longtemps: la fluidité est plus rapide qu’un vieux corps enchaîné par ses remords…Mais le temps c’est ta richesse, maintenant. Reprends-toi, vieux! Ne laisse pas le Mal, gagner…Ce n’est pas grave, si le funiculaire disparaît, si la puanteur s’installe, si les crises foudroient, aucune histoire ne se ressemble, tout à fait, tu sais. Tu peux encore jouer ton rôle, redevenir utile, mais je sais que quand tu n’as aucune prise sur le temps ou ta propre fluidité de mouvement, c’est compliqué, mais dans cette caboche, je sais qu’il y a, la volonté, trouve-la, vieux, trouve-la…

Le Noir a besoin de lumières pour se révéler, pour se dissocier, pour toucher. Lutte, Franck. Lutte, le finito c’est pour après, sur une autre feuille, sur une autre page blanche…Fais ressortir de leurs bouches, les mensonges et les incohérences, jette les tiens au néant, et redeviens ce justicier au grand cœur, même si c’est très difficile.

Je te vois, et dans ma caboche, il y a toi, Franck. Parce que j’ai aimé la fluidité. Ô, comme je l’ai aimé! La fluidité visuelle et artistique. L’intention, aussi. Le lien ténu qui nous unit, dans nos caboches respectives. L’effraction que ça crée, et le plaisir de te connaître, un peu, à travers cette maligne, me prouve, que dans le flou, la désorientation, il reste encore de l’espoir, de l’amour…C’était une expérience que je ne suis pas prête d’oublier…

Et voilà. Je ne sais pas ce qu’on rate ou ce qu’on peut réussir dans le temps fluide, mais dans mon espace-temps, je te dis merci. J’ai eu un gros coup de cœur pour toi et ta caboche en vrille…

C’est fou, ce qu’on peut faire avec un crayon, du Noir, et un grand coup de pied dans les clichés! Je bulle de bonheur. Chapeau-bas sur vos caboches les artistes, Joshua Hale Fialkov et Noël Tuazon ! C’est très réussi!

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce superbe roman graphique!

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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