La faille du temps, Jeanette Winterson

 

Couverture La faille du temps


Synopsis: 

Dans une ville américaine évoquant la Nouvelle-Orléans en proie à une terrible catastrophe naturelle, un afro-américain et son fils découvrent une terrible scène de crime et un nourrisson, qu’ils décident de sauver et qu’ils baptisent Perdita, la fille perdue. Mais comment ce bébé est-il arrivé là ? 
C’est ce que Jeanette Winterson, dans son style unique, s’applique à démêler dans cette adaptation de la tragédie shakespearienne Le conte d’hiver. Sous sa plume, le roi jaloux du Conte devient un odieux financier londonien paranoïaque et obsédé par la crise de 2008 ; son ami de toujours, le roi Polixenes, un doux rêveur ; Xeno, un créateur de jeux vidéo. Et MiMi, la femme de Leo, une chanteuse à succès. Lorsque Leo se persuade que MiMi et Xeno entretiennent une liaison et qu’il lui faut agir, tous les ressorts de la tragédie sont en place. Superbe réflexion sur l’avidité et le pouvoir destructeur de la jalousie et de l’envie, La faille du temps rappelle l’intemporalité du génie shakespearien et donne à voir l’immense talent de l’auteure.


Ce que j’ai ressenti:

  • Et le temps porte des failles…

Jeanette Winterson s’engouffre dans une oeuvre passée, et nous offre une réécriture captivante de Shakespeare et sa pièce de théâtre Le conte d’hiver. D’une histoire terrible et avec un orage tonitruant, une faille s’ouvre pour que renaisse à l’heure d’aujourd’hui, les protagonistes de cette injustice tragique. Une petite étoile perdue dans notre temps, arrive mystérieusement dans une boite à bébés…Et l’histoire est prête à se rejouer sur un air de jazz…Sauf que l’histoire a déjà été écrite et le destin n’aime pas trop qu’on vienne perturber ses lignes. La folie des hommes sera toujours une inspiration pour les auteurs, mais la romancière Jeanette Winterson apporte dans cette libre adaptation, une touche de poésie et un regain de modernité qui fait de cette lecture, un doux moment de plaisir.

D’après lui, tout l’intérêt du temps était qu’il allait prendre fin-s’il était infini, ça ne serait pas le temps si?

  • Et le temps joue avec les plumes…

Ce que j’ai adoré dans ce roman, c’est toute la magie angélique qui se dégage de ses pages. On plonge dans une version très contemporaine, mais dans une version aussi plus imaginaire, où les anges entrent en scène pour mieux nous éblouir. Déjà, en parlant de plume, celle de Jeanette Winterson est tout simplement magnifique, mais il y en aussi qui tombent du ciel, des plumes, et toute cette métaphore autour des anges déchus et la malédiction d’une vie trop étroite pour l’amour, m’a carrément touchée de ses ailes. Tous ses instants légers où le temps et les anges dansent ensemble, c’était d’une rare beauté et ça rend cette lecture presque méditative sur ce fameux temps qui passe…

-A quoi sert que le temps existe si on n’en a pas?

  • Et si vous preniez le temps…

…De lire cette petite merveille? Il y a de l’amour, de la vie et quelques scènes de tragédie. Nous le savons tous, le cœur à ses raisons que la raison ignore, donc il se peut que la folie de Léo/Léonte vous plonge dans quelques abîmes, que les billets fassent tourner quelques têtes, que la voix de Mimi vous perce le cœur, que la jalousie vous morde les doigts alors que vous tournerez ces pages, mais l’innocence d’une enfant devrait sans doute remédier à ces petits désagréments. Et puis le talent du grand Shakespeare mélangé à celui de Jeanette Winterson devrait bien  vous convaincre d’emprunter La faille du temps. Je suis bien heureuse qu’une tempête ait eu lieu à La Nouvelle-Bohème, si c’était pour lire la fabuleuse histoire de Perdita, et comprendre que le temps est réversible et le pardon, un futur possible.

Le passé est une grenade qui n’explose que quand on la lance. 

 

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Buchet Chastel pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Angry, Darren Bryte

Angry par Bryte


Synopsis: 

C’est une nuit comme les autres dans une petite ville de l’état de New York lorsque tout commence. 
Une femme pousse des hurlements de terreur : son chien vient de l’attaquer et de lui lacérer le cou. 
Ce n’est que le premier événement d’une étrange fureur animale qui se répand tel un virus. 
Quelques jours plus tôt, Paul, le vétérinaire local, a recueilli Angry, un bonobo provenant d’un laboratoire d’expérimentation. Avec une expression intense dans son regard, le grand singe semble vouloir communiquer silencieusement avec Paul. 
Alors que la terreur gagne la petite ville, Angry disparaît. Le primate s’est volatilisé, tout comme Ethan, un jeune garçon autiste qui ne parle pas, mais possède l’étrange faculté de comprendre les animaux. 
Aux yeux de Paul, tous ces événements sont liés. 
Et si c’était le début d’une nouvelle ère pour l’espèce humaine ?


Ce que j’ai ressenti:

  • Son nom est Angry.

Tâchez de vous en souvenir…Elle s’appelle Angry. ANGRY. Et c’est bel et bien un être de colère. Elle est un singe bonobo femelle, un peu trop maligne, avec quelques dons très convoités, et certainement, mais ça reste encore à prouver: le déclencheur d’une révolte animale. Prenez garde à vos esprits et à vos animaux de compagnie, parce que elle pourrait bien les retourner contre vous! J’adore quand un des personnages est tellement charismatique qu’il porte le roman, mais lorsque c’est un animal, c’est d’autant plus fascinant. Tous les sens sont tournés vers elle, parce qu’elle émane la pensée Révolution, un futur de Transformation, une envie d’Amélioration. Même si cela passe par une période trouble de violence angryesque, elle sera le nouveau visage d’un avenir plus instinctif. Commencez à trembler de peur et surtout ne l’oubliez jamais…Elle s’appelle Angry. Intelligente. Dangereuse. Télépathe.

Lorsque la peur s’empare des hommes, elle les conduit au pire. 

  • L’amorce d’une tolérance.

Darren Bryte fait de ce premier tome, un roman ultra touchant, qui sensibilise sur la cause animale, l’autisme et l’homosexualité. Sous couvert de fantastique et de perceptions extra-sensorielles, avec une intelligence bienveillante, cet auteur offre une voix à tous ses animaux en souffrance et des vibrations de tolérance dans ses pages. Cette graine de folie qui touche la petite ville de Edmond, est une possibilité intéressante de voir un soulèvement animal organisé contre l’humanité. Je ne sais si c’est une intuition ou une réflexion, mais j’ai la sensation que ce diptyque a le potentiel de bouleverser certaines mentalités.  En tout cas, cette volonté de prendre, à cœur,  la défense des animaux, par le biais du thriller d’anticipation, a su me captiver pendant toute ma lecture. J’ai été très touchée par l’empathie de cet auteur, et ce livre se révèle être un moment de lecture passionnant. En jonglant ainsi avec les émotions et les sensations instinctives, Darren Bryte crée une ambiance sensorielle surprenante!

Ethan ne ressentait pas le besoin de communiquer. Tout au moins, il avait l’impression que les mots étaient inutiles et qu’ils corrompaient la pureté du message sensitif, intuitif, silencieux. 

  • Une nouvelle Gardienne pour Angry.

J’ai rassemblé tous les bouts de souvenirs. J’ai entendu des cris de détresse silencieux. Angry a pris sa place dans mon imaginaire. Certes, j’ai vu le carnage que peut faire ces animaux, mais je connais encore mieux la cruauté des hommes… J’ai une curiosité dévorante d’en savoir plus sur cette nouvelle ère, où hommes et animaux pourraient enfin s’entendre et communiquer. J’ai  des envies de militer pour ce roman. J’aimerai vous transférer l’empreinte émotionnelle qu’il m’a laissée. Voir où peut nous emmener cette étrange confrérie, connaître tous les dessous des mystères de cette transcendante perspective d’évolution, et surtout voir jusqu’où peut aller cette contamination…S’il faut une Gardienne pour soutenir le roman Angry, je veux bien me désigner! J’attends la suite avec impatience, parce que ce roman, c’est juste de la folie furieuse, un shoot d’émotions fortes!

J’ai longtemps pensé que les gens qui vivaient loin de leurs sentiments ne vivaient qu’à moitié.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier très chaleureusement l’auteur de ce roman, Darren Bryte, pour sa confiance et l’envoi de ce livre dans mon petit monde! Ce fut une lecture fascinante! Vivement la suite!

 

le soleil et ses fleurs, rupi kaur

Couverture The sun and her flowers


Synopsis: 

c’est la recette de la vie 
disait ma mère
lorsqu’elle me tenait dans ses bras quand je pleurais
pense à ces fleurs que tu plantes
dans le jardin chaque année
elles vont t’apprendre
que les gens eux aussi
doivent se faner
tomber
pourrir
se redresser
pour fleurir 

rupi kaur


Ce que j’ai ressenti:

  • sois ton propre soleil et deviens une de ses fleurs

Trouve la lumière en toi, resplendis autant qu’un astre, répands un parfum de bienveillance…C’est ainsi que j’interprète le message de Rupi Kaur à travers la poésie qu’elle diffuse au monde. Des mots et des illustrations qui s’épanouissent à chaque lecture dans nos cœurs. Des textes qu’elle lit et met en scène pour atteindre les esprits. Des mots pour apaiser. Des mots pour célébrer. Des mots pour nourrir. Des mots pour faire rayonner les femmes d’aujourd’hui et celles de demain.

le premier jour d’amour
tu m’as enveloppée du mot exquise

  • se faner et fleurir

Quand l’amour n’arrose plus les cœurs, les sentiments se fanent, alors il faut trouver les mots-pansements et les icônes inspirantes pour avoir l’envie et la force de refleurir. Rupi Kaur est de cette trempe-là, avec ses lignes douces et ses poèmes sensibles, elle a la lumière incandescente pour insuffler de l’espoir et l’eau nécessaire pour les fleurs de cette planète. Chaque page te touche, chaque ligne t’emporte dans une situation, au plus proche d’un sentiment que l’on a pu, tous ressentir à un moment…Parce que cette poétesse parle d’amour et de désir, de traumatisme et de guérison, elle brasse des bouquets d’émotions universelles et offre ses lumineuses éclosions.

  • tomber et se redresser

Ce recueil est une représentation artistique d’un voyage intérieur vers l’acceptation de soi. Il faut savoir intégrer le fait de tomber mais arriver à se redresser chaque fois plus fort de ses expériences. La transformation ne pourra se faire qu’une fois intégré, que la vie est un miracle et notre corps, une richesse. Elle nous rappelle qu’il est essentiel de prendre soin de nous, de la terre, et le rayonnement ensuite, sera notre avenir…

  • pourrir

C’est sans doute la partie de ce recueil qui m’a le plus touché parce que l’auteure aborde des thèmes sensibles comme l’immigration, le sort des réfugiés ou encore la douleur d’être née femme, sur cette terre. Grâce à son engagement, elle influence la condition féminine. Avec ses poèmes, la femme et la féminité explose de mille et une senteurs venues du monde et éclaire les yeux de celles qui les respirent dans les plus secrètes de leurs nuits, pour que le lendemain, elles s’en aspergent avec courage.

  • déguster lait et miel 

Son précédent recueil, Lait et Miel, est devenu mon livre de chevet, un coup de coeur absolu, et le soleil et ses fleurs est bien parti pour rejoindre le même chemin. Ce qui fait la force de ses textes, c’est cette bienveillance assumée et revendiquée. Rupi Kaur a une grande place dans mon cœur de lectrice. Dans les eaux de mes émotions, elle est une fleur éternelle qui illumine et apaise mes torrents intérieurs.

le dernier jour d’amour
mon cœur se brisa à l’intérieur de mon corps

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Emmanuelle des éditions Pocket ainsi que les éditions Nil pour leur confiance et l’envoi de ce colis spécial Rupi Kaur. Quand je l’ai reçu, mon coeur a explosé de bonheur!

lu-en-part-avec-la-me

pocketNil

Une confession, John Wainwright

Couverture Une confession


Synopsis: 

À cinquante ans, John Duxbury est secrètement déçu par son existence. Son travail est devenu une routine, son mariage sombre dans la grisaille, il ne sait plus comment être heureux.
Bientôt, c’est un drame qui s’abat sur lui. Alors qu’il est en vacances avec sa femme, Maude, celle-ci fait une chute mortelle. Quelques temps plus tard, un homme se présente au commissariat. Il a été témoin des faits et prétend que c’est John qui a poussé sa femme dans le vide. L’inspecteur Harker, chargé de l’enquête, s’engage à corps perdu dans la recherche de la vérité, jusqu’à l’ultime face-à-face.


Ce que j’ai ressenti:

 

  • Les tourments de John Buxbury. 

Avec son journal intime, destiné à son fils Harry, John Buxbury, cinquantenaire moyennement heureux, revient sur sa vie, où il s’épanche sur son mariage qui part à va-l’eau, et son quotidien de routine pépère. Des confidences couchées sur le papier, tout en intimité, un échange interposé entre un père et son fils avec des secrets dévoilés et quelques mots d’amour. Des pages sans prétention, juste pour laisser une trace d’une vie ordinaire. Sauf, que le drame s’en mêle et frappe aussi soudainement qu’une mauvaise chute. Et c’est toute une cellule familiale qui éclate avec ce deuil foudroyant et les accusations qui tombent, comme une mauvaise pluie sur un chemin au bord d’une falaise…D’un point de vue à l’autre, qu’allez-vous penser de cet homme qui se confie à vous?

« Des gens chutent tout le temps d’une falaise. Beaucoup en décèdent. A croire que c’est la raison même des falaises. Elles sont là pour qu’on puisse en tomber. Pour qu’on puisse s’en faire précipiter. » 

  • Le calvaire de Harry Harker.

Toute la tache difficile de cet inspecteur, sera de déterminer si, la chute de Maude, est un accident ou un meurtre. Et là, tout le génie de l’auteur est d’avoir su créer une ambiance électrique, basée sur le doute raisonnable, la présomption d’innocence, la crédibilité des témoins, les inimitiés et Une confession d’un homme veuf. Il marche sur un fil tendu, Harry Harker, mais il a à cœur de faire son boulot, on ne peut lui retirer cette qualité…De fil en aiguille, à force de patience et de colères, il recueille des mots soufflés et des pistes vertigineuses, et j’ai été scotchée par cette récolte de minis cailloux blancs qui le guide vers cette confrontation finale. D’un plan de vue à l’autre, qu’allez-vous penser de cet homme obstiné?

« Tout homme est un perpétuel menteur, un perpétuel acteur. »

  • Le journal d’émotions de Stelphique.

J’ai connu un moment de plaisir. De bonheur, même, à lire Une confession, un roman oublié depuis des années, mais réédité cette année, par la géniale maison d’édition Sonatine. C’était maîtrisé de bout en bout, jusqu’au final étincelant. J’ai été bluffée par l’aspect psychologique et toute la finesse de cette intrigue. L’intelligence dans la simplicité et le petit air rétro délicieux dans cette atmosphère tendue, c’était génial! John Wainwright joue avec nos nerfs, nos certitudes, nos sentiments pour nous déstabiliser et nous emmener au plus près d’une vérité qu’on ne peut voir venir. J’ai adoré! Après une telle chute, qu’allez-vous penser de ce formidable roman inconnu?

Tout ce qui est vivant meurt un jour. Chaque homme. Chaque femme. Dans une immense majorité, ils s’éteignent de mort naturelle. D’autres périssent accidentellement. 

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture électrisante.

Ça ne coûte rien de demander,Sara LÖvestam.

Couverture Ça ne coûte rien de demander


Synopsis: 

« Si la police ne peut rien pour vous, n’hésitez pas à faire appel à moi. » Kouplan, détective sans-papiers. 
Ça y est, l’autoproclamé « détective » Kouplan, immigré iranien à Stockholm, n’a plus un rond. Il en est réduit à collecter des canettes vides pour les revendre contre quelques pièces. 
En fouillant dans les poubelles du quartier huppé de Lidingö, il croise le chemin de Jenny Svärd, conseillère municipale aux dents longues, dont il surprend la conversation : Jenny vient de se faire escroquer par son amante, qui a disparu dans la nature avec deux cent mille couronnes. 
Puisque ça ne coûte rien de demander, Kouplan saute sur l’occasion pour lui proposer ses services d’enquêteur…


Ce que j’ai ressenti:

Il me semble que ça ne coûte rien de dire que j’ai adoré cette deuxième enquête de l’inspecteur Kouplan. Que j’ai été très heureuse de le retrouver, parce que finalement, c’est bien à ce personnage que l’on s’attache. On l’avait laissé sur une révélation inattendue en twist final dans Chacun sa vérité, et Sara Lovestam approfondit plus encore cette identité floue en donnant un caractère plus intime à ce roman. En brouillant ainsi les pistes, cette auteure bouscule les mentalités vers plus de tolérance. Certains passages sont bouleversants, et tout le long de cette intrigue, c’est dans cette fragilité qu’est la grande force de ce polar. Je suis totalement conquise par son style, son engagement pour les problèmes de société actuels, sa sensibilité. Au delà, d’une simple enquête à lire sous nos plaids, je pense que Sara Lovestam peut marquer l’univers du polar grâce à ce personnage atypique.

« Les circonstances nous rendent complexes, songe Kouplan. Comment se catégoriserait-il lui-même? Comment associer son passé, son corps et ses actes sous une seule et unique étiquette? » 

Le détective Kouplan  se voit confier une nouvelle mission dans l’ombre et puisque ça ne coûte rien de demander, il aborde lui même, Jenny Svard qui s’est vue délestée de deux cent mille couronnes par son amante. Toujours la peur et la faim au ventre, et sans doute d’autres bouleversements hormonaux, il avance dans les rues à couvert, et plonge dans le grand bain de la politique. Petit à petit, on est saisi par la force des mensonges énoncés et des vérités tues, par les révélations étranges et les actions volontaires, et par cette vengeance de femmes.

« En se consacrant au faux, on est en contradiction avec la vie qui est dans le vrai. Chaque mensonge est un instant volé à sa propre vie. »

Ça ne coûte rien de demander…la suite des aventures de Kouplan! Je suis tellement impatiente de découvrir l’évolution de ce personnage. Dans ce tome-ci, vérités et mensonges jouent encore sur les failles humaines et tout ce qu’il parait n’est jamais totalement ce qui est. Et c’est ce que j’adore! Etre déstabilisée, ne pas prévoir le prochain rebondissement, me laisser surprendre par des émotions nouvelles. Avec Sara Lovestam, je sais que j’aurai ces moments de doutes délicieux, où chacun peut ressentir sa vérité.

Ça ne coûte rien de demander, Kouplan. Il n’y a qu’à demander, l’univers te répondra. Sois ce que tu veux être, nous sommes les metteurs en scènes de nos propres vies. 

 

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Emmanuelle des éditions Pocket pour sa confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture passionnante!

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pocket

Ma chérie, Laurence Peyrin.

Couverture Ma chérie


Synopsis:

Née dans un village perdu du sud des États-Unis, Gloria était si jolie qu’elle est devenue Miss Floride 1952, et la maîtresse officielle du plus célèbre agent immobilier de Coral Gables, le quartier chic de Miami.
Dans les belles villas et les cocktails, on l’appelle « Ma Chérie ». Mais un matin, son amant est arrêté pour escroquerie. Le monde factice de Gloria s’écroule : rien ne lui appartient, ni la maison, ni les bijoux, ni l’amitié de ces gens qui s’amusaient avec elle hier encore.
Munie d’une valise et de quelques dollars, elle se résout à rentrer chez ses parents. Dans le car qui l’emmène, il ne reste qu’une place, à côté d’elle. Un homme lui demande la permission de s’y asseoir. Gloria accepte.
Un homme noir à côté d’une femme blanche, dans la Floride conservatrice de 1963…Sans le savoir, Gloria vient de prendre sa première vraie décision et fait ainsi un pas crucial sur le chemin chaotique qui donnera un jour un sens à sa nouvelle vie…


Ce que j’ai ressenti: 

  • Gloire et beauté…

Gloria est pour tout le monde, Ma chérie. Elle est au centre des attentions, parce qu’elle fricote avec Gerry Grayson, un homme très influent. Belle, chouchoutée, admirée et petite poupée entretenue, recevant des cadeaux hors de prix, voilà la douce vie de cette jeune femme ayant tout plaqué pour vivre de paillettes et d’amour reclus…Mais cette vie bascule du jour au lendemain, quand le prince ne se trouve pas aussi charmant qu’il paraissait être…Laurence Peyrin nous raconte la vie d’une jeune femme, naïve et touchante, qui va enfin ouvrir les yeux, une fois tombée de son rêve éveillé de princesse gâtée, sur les vraies souffrances de l’Amérique.

Ma Chérie vivait dans une vie où il lui suffisait de demander, mais elle savait que ce qui était concret, cher et lourd était plus facile à obtenir qu’un désir à combler.

  • Et sur la route…

Laurence Peyrin aborde des sujets sensibles comme la ségrégation raciale ou le stress post-traumatique après la guerre de Corée, pendant les années 60 dans une Amérique conservatrice. Elle place son intrigue dans un contexte historique très intéressant avec de jolis clins d’oeil aux personnalités qui ont fait l’Histoire. On sent dans ces pages, son métier de journaliste et l’envie de coller au plus près de la réalité, avec ce que ça comporte comme difficultés pour son héroïne. Mais voilà, j’ai quand même un bémol à relever… Dans le synopsis, on nous dévoile une scène de bus que j’espérais aussi forte en émotion que celle de Rosa Parks, et finalement, je n’ai pas eu ce déchirement prévu. J’avais sans doute trop d’attentes avec ce résumé, et du coup, j’ai été un peu frustrée de n’avoir pas été plus saisie au vu des thèmes rencontrés.

Quand même. Gloria n’aurait jamais imaginé qu’un homme noir osât s’asseoir à coté d’une femme blanche. 

  • L’espoir au bout du chemin…

Pour autant, j’ai dévoré cette histoire en une seule soirée. Ça se lit tout seul, tellement c’est fluide et agréable. J’ai aimé l’évolution de l’héroïne, qui passe de la superficialité à l’authenticité grâce à cette rencontre fortuite avec Marcus. Il m’a manqué de l’émotion, mais le contexte historique était tellement passionnant que cette virée avec Ma Chérie se révèle une sympathique découverte.

Quel était ce pays où l’on abattait l’espoir comme au tir au pigeon? 

 

 

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Calmann Levy et les éditions Pocket pour ce colis surprise spécial Laurence Peyrin.

Le problème avec les femmes, Jacky Fleming.

Couverture Le problème avec les femmes


Synopsis:

Les femmes peuvent-elles être des génies, ou leurs bras sont-ils trop courts ?
Pourquoi n’avons-nous entendu parler que de deux, trois femmes à l’école ?
Que faisaient toutes les autres ?


Ce que j’ai ressenti:

« Autrefois, les femmes n’existaient pas et c’est pour cette raison qu’elles sont absentes des livres d’histoire. »

Au hasard de mes recherches pour ce mois de Mars au féminin, et des Femmes de Lettres à l’honneur, je suis tombée sur ce drôle de livre…Un documentaire graphique hilarant et passionnant. Un livre qui va hérisser les poils féminins…Quelques Hommes de l’Histoire, des soi-disant « Génies », ont fait des corrélations entre intelligence et parties du corps féminin, réduisant celles-ci à des rôles domestiques et niant même leur capacité de penser…Jacky Fleming revient sur ce passé douloureux qui ont empêché les femmes de réaliser une carrière brillante, sous prétexte qu’elles portaient des jupes.

Au cours des 700 années qui séparent Hildegarde de Bingen de Jane Austen, les femmes écrivaines étaient mal vues, car pour cela il fallait réfléchir, ce qui interféraient avec l’accouchement. 

J’ai beaucoup aimé le ton et l’audace de cette auteure:

  • comme elle met des coups des pieds à leurs phrases sexistes avec des dessins nerveux en noir et blanc.
  • comme elle dénonce 2000 ans de frustrations féminines, avec dérision.
  • Comme elle tourne avec humour, les inconforts de tenues ou l’hypocrisie des hommes, avec le sourire.
  • Comment elle explique avec élégance, le début du courant féministe et fait des clins d’oeil à ses femmes de caractères.

Les femmes qui s’aventuraient à l’extérieur de la Sphère Domestique étaient appelées les Femmes Déchues.
Il y avait plusieurs façons d’être Déchues, comme porter la raie sur le côté, avoir ses propres opinions, les dire à voix haute au lieu de les garder pour soi, ne plus être vierge après l’accouchement.
Seules les femmes pouvaient être Déchues.

En bref, j’ai adoré! C’était une jolie piqûre de rappel pour que Le problème avec les femmes soit enfin le lien qui les unissent toutes, afin d’accéder à un avenir où le mot Parité serait la solution.

 

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 9/10

 

Oyana, Eric Plamondon.

Oyana par Plamondon


Synopsis: 

« S’il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d’expliquer sa vie. »
Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu’à la rupture. Elle est née au pays Basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore jusqu’où les mots la mèneront, elle écrit à l’homme de sa vie pour tenter de s’expliquer et qu’il puisse comprendre. Il y a des choix qui changent des vies. Certains, plus définitivement que d’autres. Elle n’a que deux certitudes : elle s’appelle Oyana et l’ETA n’existe plus.


Ce que j’ai ressenti:

  • Et s’échouer sur la page…

Oyana se livre et se délivre pour écrire une lettre d’adieu à l’homme qui a partagé sa vie pendant plus de 23 ans. Entre roman épistolaire et documentaire , Eric Plamondon nous emmène dans les remous politiques de l’ETA et les eaux troubles du cœur d’une femme. De par sa forme originale, j’ai été surprise par cette proposition de roman, peut être encore plus intime que Taqawan avec cette femme qui cherche à trouver les mots pour raconter ce passé trop lourd, les fautes et les erreurs de jeunesse. Une femme déboussolée qui essaye de se pardonner un peu, sur le papier, afin d’apaiser la culpabilité mordante…

« J’ai simplement besoin de t’écrire, d’écrire, de parler avec quelqu’un. Maintenant que je t’ai quitté, il ne reste plus que toi. »

  • Vivre en apnée…

Suite à la dissolution de l’ETA, Oyana revient sur ses souvenirs, ses origines et cette partie sombre qui la lie à ce groupe révolutionnaire. Parler de terrorisme et d’idéologies, souffrir d’appartenance et de fuites, ressentir l’exil et les amours perdus…C’est très sensible de par son sujet, et aussi parce que c’est vécu de l’intérieur, par une femme qui s’est noyée dans un océan de remords…En apprenant cette nouvelle, Oyana ressent comme une puissante envie de remonter à la surface, de faire jaillir celle qui s’est cachée trop longtemps dans les profondeurs… Elle brûle d’un besoin de reprendre son souffle, quitte à se mettre à nue sur ses agissements…

« A chacune son séisme. »

 

  • Et voir, le cycle de la vie…

Ce qui est extraordinaire avec cet auteur, c’est qu’avec une simplicité étonnante mais une intelligence fine, il nous parle des tourments de la vie, de la douleur du deuil et de la beauté de la nature. J’adore sa manière de présenter ses sujets, avec des chapitres courts et intenses, certains instructifs et d’autres plus romancés. Avec Oyana, Eric Plamondon nous sensibilise sur un phénomène dramatique de l’environnement: la pêche et l’exploitation des cachalots. En faisant un parallèle avec la violence faite à ses animaux et ces actes de terrorismes, c’est toute une vague d’émotions qui viennent nous submerger. Un très joli moment de lecture!

« Il y a des moments dans la vie où la question du choix ne se pose pas. On ne choisit pas: on agit. »

Le petit plus: La couverture est superbe!

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Muriel ainsi que Quidam éditeur pour  leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture très intéressante.

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Fracassés, Kate Tempest.

Fracassés par Tempest


Synopsis:

Sismographe d’une génération à la dérive, Fracassés oscille avec rage entre lutte et renoncement. Esclaves de jobs insatisfaisants et de vies étriquées, Danny, Charlotte et Ted se battent pour donner un sens à leur existence. Emprisonnés dans un purgatoire où nul ne peut s’évader sans perdre la raison, ils se consument dans une fuite infinie. Le jour de l’anniversaire de la mort de leur ami Tony, survenue dix ans plus tôt, ils décident de se donner un nouvel élan. Voix intérieures, scènes dialoguées, partitions chorales et slams au réalisme brut s’entremêlent et confèrent à ce texte une puissance incantatoire.


Ce que j’ai ressenti:

  • A Choeur multiple…

Kate Tempest se prend au jeu du théâtre et fait résonner UN. les choeurs. DEUX. les coeurs. TROIS. les rêves effondrés.  En une valse de slam et de scènes de vies embrumées, elle fait vibrer en trois voix, les aspirations de Charlotte, Dany, et Ted. Trois jeunes trentenaires égarés dans la vie, fracassés par le décès de leur ami Tony parti dix ans plus tôt, encore vaseux des substances illicites de la veille, et frileux sur leurs avenirs incertains. J’aime cette artiste qui se réinvente à chaque écrit. Toujours, la même fureur passionnée et sa poésie vibrante, Kate Tempest réussit encore à me surprendre et à me cueillir, quelques soient les genres où elle m’emmène.

TROIS. Nos yeux ont
UN. Rétréci
TROIS. Et nos rêves ont 
UN. Failli. 
DEUX. On a vieilli, quoi.

  • A cœurs fracassés…

Kate Tempest a, à cœur de se soucier des rêves des jeunes. De tous les jeunes, qu’importe leurs horizons. Elle voudrait leur donner l’impulsion nécessaire pour que les passions et les vocations jaillissent. C’est un thème récurrent dans ses écrits, et à chaque fois cela me touche. Elle trouve toujours des personnages avec du potentiel mais rompus à des désillusions. Fracassés sur un quotidien morne. Elle se fait voix pour une génération, qui n’a pas encore saisi sa chance, et nous chante Londres et ses sirènes d’alarmes…Et j’aime comme ça sonne, comme ça vibre, comme ça dérange…

UN. Nos yeux fermés
DEUX. Mais nos consciences éveillées –
UN. Et ce vieux mantra obsédant et envahissant – 
TROIS. L’espoir fait vivre, mais pas longtemps.

  • A pleurs perdus…

90 pages. Des rêves à faire jaillir derrière les paupières. Des larmes naissantes au fond des yeux. Et un sursaut d’envie furieuse, d’y croire encore, un peu, avant le néant, avant la fin de la nuit…Elle me fracasse. A tous les coups. A chaque vers. Dans sa rage et son intention. Kate, quand je te lis, j’ai des tempêtes au bord des cils.

Mes yeux et mon cœur, fracassés. Reste que les émotions.

UN. J’aime. Deux J’adore. TROIS. Coup de Coeur.

TROIS. Et qu’importent ce que nos cerveaux exigent de nous,
UN. Nos cœurs sont prêts à tout risquer. 

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Filles de la Mer, Mary Lynn Bracht.


Synopsis:

Corée, 1943. Hana a vécu toute sa vie sous l’occupation japonaise. En tant que haenyeo, femme plongeuse en mer, elle jouit sur l’île de Jeju d’une indépendance que peu d’autres Coréennes peuvent encore revendiquer. Jusqu’au jour où Hana sauve sa sœur cadette, Emi, d’un soldat japonais et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d’autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie. Emi passera sa vie à chercher Hana et à essayer d’oublier le sacrifice que sa sœur a fait. Mais les haenyeo sont des femmes de pouvoir et de force…
Plus de soixante ans plus tard, Emi saura-t-elle affronter le passé et les horreurs de la guerre pour retrouver enfin la paix ?
« Un premier roman captivant et déchirant. » Booklist
*Prix coup de cœur Saint-Maur en poche 2018


Ce que j’ai ressenti:

  • Je n’étais pas prête…

Je n’étais pas prête à faire face à tant de souffrances, à la bestialité des hommes, à l’horreur d’une guerre. Je n’étais pas prête à voir des fleurs meurtries, à regarder en face la réalité de l’Histoire, à ressentir dans la chair la douleur des femmes. Filles de la mer est un roman déchirant qui dénonce le destin tragique des femmes coréennes, en pleine occupation japonaise. Des milliers de vies brisées, volées, violentées. Et le pire, c’est quand on les appelle « Femmes de réconfort », certaines n’étaient que des enfants…Derrière la douceur de ce titre, Filles de la mer , Mary Lynn Bracht revient sur un pan de l’histoire que certains essayent de camoufler, de renier, d’effacer comme si, ce phénomène n’avait jamais eu lieu…Alors, l’auteure ne nous épargne rien des violences et des scènes atroces, pour que le devoir de mémoire fasse entendre son chant malheureux, au-delà des frontières et des mers…Bouleversant. Je n’étais pas prête, mais comment aurais-je pu l’être?!

-Nous portions toutes des noms de fleur à la place de nos vrais prénoms.

  • La force de la mer…

Hana et Emi sont deux sœurs, unies par un lien fusionnel, élevées par une tradition aux valeurs fortes. Haenyeo, c’est une chance pour les femmes de ce pays, d’acquérir une certaine forme d’indépendance et d’entraide qui se transmet de mères en filles. Filles de la mer et femmes de cœur. Le charme de cette communauté matriarcale tient à ses rituels folkloriques et la beauté de leurs efforts à tirer le meilleur de la mer, à vivre en harmonie avec cet environnement insulaire. J’ai été fascinée par ses plongeuses et leurs vies faites de simplicité, mais plus encore par leurs forces de caractère. Malgré le thème difficile de ce temps de guerre en toile de fond, Mary Lynn Bracht apporte un esprit de liberté et des vents marins qui soufflent un peu de légèreté dans ses pages.

Les mouettes crient dans le ciel, ignorant tout ce qui se joue en dessous d’elles. Comme Hana aimerait que des ailes lui poussent pour s’envoler avec elles.

  • Et l’amour dans le silence…

Le plus souvent, j’ai lu ces pages en apnée, comme un lien invisible avec ses haenyeo. De Emi à Hana, de ces sœurs de coeur, de ces femmes-fleurs,  j’ai été touchée par le message de paix et le silence résilient qui les anime. Les guerres, les souffrances, les violences n’auront pas de prises sur Elles, puisque l’amour triomphe de tout, et Mary Lynn Bracht , dans ce premier roman, nous touche en plein cœur, en leur rendant un si bel hommage. Maintenant, je suis prête. Je suis prête à vous dire que cette histoire est un coup de coeur, et mérite une attention particulière, pour que ce drame ne soit plus jamais nié ou reproduit…Et, ce matin, dans un moment de recueillement, j’ouvrirai bien mes bras pour recueillir tous ces pétales de fleurs froissées, et les disperserai dans les vagues du net, pour que l’histoire de Filles de la mer arrive jusqu’à vous…

Les mots sont un pouvoir, lui avait dit un jour son père après lui avoir récité l’un de ses poèmes au message politique. Plus tu en connaîtras, plus tu auras de pouvoir. C’est pour cette raison que les Japonais ont banni notre langue natale. Ils limitent notre pouvoir en limitant nos mots.

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les Éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre!

 

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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