Les Vilaines, Camila Sosa Villada

Ce que j’ai ressenti:

▪️ « Nous sommes là pour qu’on écrive à notre sujet. Pour être éternelles. »

Tant qu’il y aura des ensorceleuses, comme Camila Sosa Villada, nous pourrons lire ce genre de livre flamboyant…Tant qu’il y aura des reines, la nuit et du désir, nous pourrons approcher la beauté féroce au détour d’un parc…Tant qu’il y aura des MAUNSTRES, des arbres et de l’amour, nous pourrons être transpercé par l’émotion…Tant qu’il y aura la liberté et la fête, nous pourrons danser sur les trottoirs de l’enfer…Tant qu’il y aura de la tendresse, nous pourrons entendre les confidences sans fard, de ces fleurs transformées…Qu’Elles soient Les Vilaines ou métamorphosées, nous pourrons toucher de près, la transparence et l’éblouissement…Et puisque l’art est capable de transcender la tristesse, alors nous pourrons saisir de la fulgurance de cette histoire…

▪️ « La lumière nous dénonce, nous expulse. »

Suivre Camila, c’est battre le pavé, entrer dans l’univers du travestisme, lever le voile sur les réalités de la prostitution, voir les ravages de la pauvreté…Mais suivre Camila, c’est aussi, rencontrer des femmes fortes, sentir une sororité puissante, accueillir une forme d’amour étonnante…En faisant le choix d’une fable, avec quelques notes de magies parsemées, mais aussi avec une sincérité désarmante sur leurs souffrances, ce premier roman fait jaillir l’éclat de nos yeux, quand ce n’est pas des larmes en abondance…Parce qu’il en faut de l’énergie pour être unique et différente, parce qu’il faut en offrir des sacrifices pour être soi-même, Camila nous ouvre les portes de la grande maison rose, et de toutes celles qui ont bien voulu nous laisser voir leurs intérieurs…Et c’est bouleversant, parce que c’est aussi beau que désespéré…Même parées de tous les atours, les reines ne rayonnent qu’un temps, avant de disparaître dans l’anonymat…Et alors, qui saura qu’elles auront été là, un jour, dans le Parc de Sarmiento? Qui saura que par pur altruisme, elles ont sauvé un enfant? Qui saura jusqu’où peut aller l’amour inconditionnel de ces femmes?

▪️ « Ce que la nature ne te donne pas, l’enfer te le prête. »

Je n’ai pas pu lâcher cette lecture. C’est vraiment ce genre de livre entre conte fantastique et plume sensorielle, qui me fout toujours le bordel dans le cœur…Et c’est pour cela, que j’aime passionnément la littérature argentine, pour l’explosion de sensations. Avec ce premier roman, Camila Sosa Villada et Les Vilaines m’ont appris l’ère des fleurs et la fête…Et même si c’est un chemin de ronces et de sang, meme si c’est éphémère et violent, elles m’ont touchées. Dans leurs recherches de liberté, dans leurs mots furieux, dans leurs résistances acharnées, elles sont fascinantes de bienveillance. Et forcément, j’en reviens pour vous dire que de cette lecture, a jailli un coup de cœur…

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Le dernier enfant, Philippe Besson

Ce que j’ai ressenti:

Avec le temps…Avec le temps, va, tout s’en va…

L’amour maternel est grandiose. Je le sais, je le vis et je le ressens…Mais qu’en reste-t-il une fois que Le dernier enfant s’en est allé? C’est avec beaucoup d’intérêt et de curiosité que j’ai lu ce livre, pour me confronter à l’après, au vertige du vide. Que devient une mère quand elle n’a plus d’enfants à protéger, à chérir, à câliner? Que reste t-il de nous quand ils sont devenus indépendants et qu’ils prennent leurs vies en main, alors que hier encore, ils nous tenaient la notre, avec leurs si petits doigts? J’étais curieuse de lire Philippe Besson dans un autre registre, après la découverte du titre Un certain Paul Darrigrand . Et voilà qu’il nous prépare pour cette rentrée littéraire, une surprise…Il est allé au cœur de l’amour. Et c’est ce qui m’a renversée…

La vie est faite d’arrivées et de départs déchirants. Elle est faite de derniers matins et d’instants vertigineux. Elle est faite de plénitude et de manque déstabilisant. En ce dimanche de septembre, Anne-Marie est une mère au bord de la rupture. Une mère forte et douce, mais qui va devoir regarder l’envol de son petit. Le dernier enfant. En s’occupant du déménagement de son fils, tout lui revient, les jours heureux et les peines, les doutes et les joies, mais surtout, elle ressent à l’intérieur d’elle-même, l’effondrement…

Philippe Besson nous raconte 24h de la vie d’une femme ordinaire. Un moment-clef de la vie: le départ du dernier enfant. Avec délicatesse, il nous plonge dans les pensées profondes de cette femme, dans les petits riens qui font une vie, dans les détails qui font l’amour infini…C’est une mère fébrile, face à cette nouvelle réalité qui se dévoile au fil des pages…C’est touchant et tellement juste. J’ai été émue par ce roman. J’ai été aussi agréablement surprise que l’auteur, prenne le parti-pris de rentrer dans l’intimité d’une femme en capturant avec autant de sensibilité, toutes les variations des émotions d’une mère. Et ça sonne vrai dans chaque mot. Le désarroi, le manque, l’amour, le silence, la nostalgie…Une petite pépite!

« Personne n’objecte. On ne va pas contre le chagrin inavouable d’une mère. »

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Alina Gurdiel ainsi que les éditions Juilliard pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Rivage de la colère, Caroline Laurent.

Ce que j’ai ressenti:

▪️ « Ne soyez pas impatients. »

Je suis impatiente. Impatiente de vous parler de ce livre et j’espère trouver les mots justes pour vous parler de Ladouceur. La douceur et la colère dans un duel, sur le rivage de l’Archipel des Chagos…Je suis impatiente de purger cette peine qui m’a saisie à cette lecture. J’aimerai trouver en moi l’espoir malgré tout. Ressentir la foi. Parce que la foi est puissante. Parce qu’il faut qu’elle le soit…Pour faire éclater l’injustice et le tort commis. Alors, oui, je suis impatiente autant que la famille Ladouceur, que les Chagossiens retournent sur leurs terres, dans leurs maisons, fleurir leurs tombes. Parce que c’est humain de faire un tel vœu, d’avoir ce type d’espoir… Parce que j’ai eu de la compassion pour ces personnes à qui, l’on a volé leurs identités, leurs racines, leurs foyers. Caroline Laurent nous raconte l’Histoire de ce petit bout de paradis, dans une fresque familiale époustouflante. Je serai toujours impatiente de voir la justice triompher, mais plus encore, maintenant que j’ai découvert la souffrance de ce peuple. Je serai Toujours impatiente de lire que certains ont pour leitmotiv : « Jamais on renonce. », et de voir leurs combats aboutir, à la hauteur de leurs sacrifices. Je ne serai qu’Impatience d’attendre que la Liberté se fasse une place de reine dans ce monde…Et je prierai pour cela, jusqu’à m’en faire saigner cinq fois, s’il le fallait…

▪️ « elle était tous les cyclones, la mer en furie, la révolte d’une île… »

Marie-Gros-Pieds ou la femme en colère…Marie Ladouceur. Marie, l’invincible. C’est une femme forte, libre et déterminée qu’on voit se révéler au fur et à mesure, dans ces pages. Avec ses pieds nus et sa splendeur, déjà elle était magnétique, mais elle devient un modèle de courage à suivre, une force de résilience, une puissance à l’état brut. Elle dégage une telle ardeur, qu’elle emporte tout sur son passage, comme un cyclone…Elle emporte, elle déborde, elle est Émotions… Il me semble que je pourrai l’aimer toujours…Et ce coup de cœur t’est dédié à toi, Marie-Pierre, à ton regard, à ce soleil noir, à ta détermination infaillible…Je sais maintenant, qu’une seule personne peut faire la différence. Que Ladouceur fait la Force…

▪️ « Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse… ».

Caroline Laurent prend la plume pour laisser une trace. Laisser une trace de la résistance, de la colère, de la souffrance, de la colonisation britannique, de l’injustice, d’une certaine heure en janvier 1971… Elle laisse une trace et des mots aux îlois. Elle nous fait comprendre, le cri du cœur de ces gens démunis…En reprenant l’histoire de son passé personnel, et basé sur des témoignages, des coupures de presse, cette auteure nous laisse entre nos mains, un roman magnifique où toutes les passions se déchaînent…Rien ne nous est épargné, ni les ravages de l’amour, ni ceux des désastres. La puissance d’évocation de cette colère est intense. Elle est capable de libérer la parole, les corps, les vagues et les secrets dans les vents chauds de l’océan indien…Et ça laisse des traces d’eau sur les joues et fait lever des révoltes sur les cœurs…Mais ce n’est pas tant cette colère que je ramène de ce rivage et dans cette chronique, c’est la foi. Il est grand temps que leurs « Rend-nous Diego! » soit enfin une réalité…Alors, je laisse le désir ardent de leurs rêves de retrouvailles prendre forme dans mes prières…Et je suis impatiente que vous découvriez cette lecture, qui aura fait battre mon cœur, furieusement…

Ma note Plaisir de lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Pocket pou leur confiance et l’envoi de ce livre.Ce fut un immense coup de cœur!

13 à table 2021, Collectif

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Par amour. Par amour, parce qu’il ne devrait y avoir que ça dans nos vies. Par amour, parce que c’est tout ce qui compte vraiment…Par amour. Et un acte de solidarité. Parce que ca aussi ça compte…Les éditions Pocket réitèrent l’opération 13 à table pour la septième année consécutive, et je suis toujours fidèle à ce rendez-vous! Parce qu’il est nécessaire de dépasser le chacun-pour-soi…En plus, cette fois-ci, le thème de cette année, je le trouve inspirant et qu’il arrive comme un souffle de fraîcheur, après cette année éprouvante de 2020…Le Premier Amour.

Alors juste par amour de la littérature, j’ai relevé juste les citations de ce recueil de nouvelles qui me semblait parler le mieux de l’Amour…Et je vous laisse déguster ces histoires qui parlent du premier amour, dans l’imaginaire de ces auteurs talentueux et solidaires de la cause des Restaurants du Cœur…J’ai adoré et vive l’Amour! Qu’il n’en finisse pas de remplir nos vies, nos rêves et nos lendemains…

Un véritable coup de foudre qui la tétanise.

N’a-qu’un-œil
Françoise Bourdin.

De se sentir plus proche de son homme que jamais. Au point de se comprendre comme jamais. De s’aimer comme jamais.

Une si jolie nuit
Olivia Ruiz

Il avait la sensation enfantine d’être entré dans un magasin de bonbons par effraction où tout n’était que désir et volupté.

Éric Giacometti et Jacques Ravenne

Et qui sait, sans doute voulais-je garder d’elle l’image de sa splendeur, non celle de sa décadence.

Hier, à la même heure
Tonino Benacquista.

Ce n’était déjà plus dans l’air du temps de n’avoir qu’un amour pour la vie…

Des lettres oubliés
Agnès Martin-Lugand

À cet âge-là, quand on s’aime, c’est pour de vrai.

Un train d’avance
Franck Thilliez.

Il est plus amoureux que jamais.

Maxime Chattam
Big Crush ou le Sens de la vie

« Ce serait merveilleux », dit-elle.

Heureux au jeu
Leila Slimani

Ce sentiment lui déchirait toujours l’âme.

L’Amour volé
Romain Puertolas

Il est le seul que j’aie voulu épouser.

Mon premier amour
Veronique Ovaldé

Que sa passion avait tout dévoré.

Le correspondant autrichien
Alexandra Lapierre.

C’est là que, pour la dernière fois, j’ai vu mon tout premier amour.

1973, 7 B
François D’epenoux

Elle me manquera toujours.

Une belle vie avec Charlie
Jean-Paul Dubois.

Puisqu’il faut être deux pour faire une histoire.

Un film de Douglas Sirk
Philippe Besson.

La Poudre, Lauren Bastide

Ce que j’ai ressenti:

La poudre, cela peut être beaucoup de choses…On le voit bien avec cette série d’entretiens menés par Lauren Bastide. Les réponses sont variées, intéressantes, surprenantes…Et si l’on m’aurait posé cette question, j’aurai immédiatement pensé à la poudre de fées. Or, maintenant je sais, que La Poudre, c’est de l’engagement, de l’ « empouvoirement », un espace qui fait vibrer les voix…Un espace pour les femmes, dans lequel elles sont libres de parler, défendre, argumenter, se remémorer, donner de l’élan, expliquer, faire connaître…Un espace qu’elles peuvent incarner. Un espace où chacune peuvent se répondre, s’exprimer avec liberté. Et comme par magie, nous tenons entre nos mains, l’archivage de toutes ces voix féminines qui font écho dans le monde, que ce soit en musique ou en littérature, en politique ou dans l’intimité, elles contribuent à faire changer les mentalités en empruntant des voies différentes…Prodigieuse, La Poudre. J’ai été éblouie par cette féminité. Chacune à leur manière, ces artistes sont fascinantes, inspirantes, admirables…

Avec cette série d’entretiens, on aborde des thèmes très forts comme la maternité, l’intimité, l’Art, le féminisme. Mais pas seulement. On y voit toutes les formes de passions et de persévérances, le pouvoir du désir et de la fragilité, l’écho des tabous, les appels sombres, la question du genre, les nouvelles formes de sororité, les futures libertés à conquérir…Autant de sujets passionnants qu’on retrouve dans leurs parcours par la force des choses ou par conviction profonde. Et Elles le retransmettent dans leurs voix et leurs écrits, au quotidien ou sur les scènes publiques…Des combats engagés qu’il est utile de faire valoir. Et en leur prêtant le micro, pendant ces podcasts, Lauren Bastide leur rend un hommage puissant. Un acte qui compte. Un acte qui marque les esprits. Un acte de sorority. Alors vive La Poudre!

Tous ses entretiens m’ont permis d’apprendre. D’en apprendre plus sur les artistes que j’admire. D’en apprendre plus sur le mouvement féministe. D’en apprendre plus sur l’Art. D’en apprendre plus sur la féminité. D’en apprendre plus sur les revendications de l’histoire des droits de la femme. D’apprendre de nouveaux mots, de nouveaux concepts, des nouvelles thématiques…En somme, La Poudre, c’est bel et bien magique! Je vous recommande vivement ce premier tome! Je suis déjà impatiente de lire les prochains entretiens…Je suis admirative de cette belle initiative de Lauren Bastide et je lui souhaite de pouvoir encore longtemps faire entendre les voix du féminin. C’était passionnant, édifiant et divinement poudré à souhait…J’ai fait rentrer de La Poudre dans ma vie, et j’ai à cœur de la disperser aux quatre vents et à qui voudra l’entendre, que ce livre est un indispensable!

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Marabout pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Le Sanctuaire, Laurine Roux

🦅 « Où étais-je cette nuit? »

J’étais dans le Sanctuaire avec Gemma et sa famille. J’étais dans un coin de monde, à part…Un espace-temps de survie. J’étais dans un endroit où l’on craint les oiseaux, les autres et soi-même. J’étais avec un vieux, un aigle, une rivière. J’étais une enfant, une mère, une hypothèse. J’étais des règles et des prodiges. J’étais silence, amour, cabri. J’étais plus forte que la peur. J’étais sauvage et redoutable. J’étais spectatrice d’une nature intransigeante. J’étais nuit et froid. J’étais dans le Sanctuaire, à croire à un futur meilleur. J’étais dans le Sanctuaire, à constater que le monde n’est qu’un sale et pourrissant merdier…J’étais là-bas cette nuit à craindre pour la vie de ces enfants…

🦅 « Cette seule idée menace tout ce que je sais. »

Parce qu’on parle de mesures, j’invite aussi les mots qui lui font ricochet Démesure et Demeure, parce que ce Sanctuaire, c’est la consécration du fol amour d’un père et du foyer qu’il essaie de sauvegarder…C’est un monde créé, recréé, fait de protections et de limites, accessibles uniquement à cette famille. Mais on le sait, dans ce monde, rien ne demeure jamais, surtout dans une ambiance post-apocalyptique aussi menaçante…Alors que va-t-il rester de ces mesures patriarcales, de cette garantie de refuge, de cette « mise à part » qui rend ce Sanctuaire tellement étrange? C’est à vous de le découvrir en suivant, les pas de Gemma, une vaillante petite fille qui ne s’en laisse pas compter dans la vie, n’en déplaise à certains…C’est qu’il en faut du courage pour tout remettre en question, pour se donner les moyens de ressentir sans les diktats de l’éducation, pour s’éveiller forte d’un nouvel élan bienveillant…Et que c’est beau de lire cela, cette forme de transcendance…

🦅 « La vie ça doit être comme ça. Parfois on plonge sans savoir ni où ni quand on émergera. »

Cette lecture, c’est un plongeon dans l’inconnu, au plus près de l’état sauvage, dans un monde qui se meurt en force feux…. L’épidémie est en fond de décor, la peur qui va avec, est au premier plan. Mais dans l’âpreté de cette ambiance, il plane la beauté. Un aigle. Entre fascination et symbolique, c’est le point fort de ce roman. L’envergure. L’envergure de ce rapace qui reflète en symbiose, l’ouverture d’esprit de cette petite fille…Mon cœur y croit. Gloria!

Ma note de Lecture 9/10

La Femme qui replantait des mots, Florence Deville-Patte

Ce que j’ai ressenti:

C’est un essai très enrichissant qui te donne des envies de mots et de jardins fleuris, d’étymologies et de forêts foisonnantes…Florence Deville-Patte en appelle aux mots, 24 pour être précis, et leur donne du sens et de la couleur…Elle jardine autour en contant leurs histoires, en fait des boutures pour en faire sortir tout leur pouvoir, et, c’est une vraie source d’inspiration! En prenant quelques de ses mots préférés, on voyage, on apprend, on s’interroge sur le pourquoi et le comment d’une expression et le choix de certains termes…On réfléchit sur le besoin d’avoir à sa portée du vocabulaire en ces mains pour déployer toute la richesse du langage, et j’ai trouvé ça, vraiment magique…

« On a les forêts et l’imagination que l’on mérite. »

Entre désir, douceur, être et culture, nous faisons des tours et des détours dans le vivant des mots, chaque mot en appellant un autre, on se déplace à travers le temps et les origines d’autrefois, pour comprendre les mots qui font ceux d’aujourd’hui…Et à l’intérieur, un grand jardin diversifié de mots: les désuets, les erreurs qui sont devenues beautés, ceux qu’on pourrait inventer, ceux qu’on devrait saisir, ceux qu’on devrait réapprendre, ceux qui nous feront toujours rêver, et ceux qu’on devrait utiliser à bon escient…Ceux qu’on devrait cultiver…J’ai beaucoup aimé sa façon de planter des graines parce que je pense aussi que cultiver, c’est aimer…

« Et si tu sais cultiver la rose de ton jardin, tu l’apprivoiseras… »

Si je devais choisir quels ont été mes mots préférés dans ce livre, je choisirai Culture-Babel-Alpha, parce que j’ai beaucoup aimé le chemin de pensée où l’auteure nous emmène…Mais il y a aussi et je dirai presque avec évidence, que j’ai aimé Méditerranée, parce que c’est mon amour à jamais…Et Fatale, parce qu’il y a de jolies références aux fées…Bref, en fait non, ce n’est pas vraiment possible de choisir puisque chaque mot est un voyage à sa manière et que c’est à nous d’en faire l’exploration…Je vous invite juste à lire cet ouvrage et à cueillir les mots-fleurs…

« il est grand temps de replanter des mots et d’en arroser les racines… »

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions L’Autre Regard pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Défaite des maîtres et possesseurs, Vincent Message

Un jour, entre Vincent Message et moi, il y a eu une rencontre…C’est un souvenir heureux que je garde précieusement…

Allez. Maintenant. Il faut que mon cœur s’affole pour ne pas que l’angoisse me prenne. Que je ne tombe pas dans la boue. Je demande aux mots de m’aider. Je les implore de me donner conseil pour combattre ses fous qui ont cru pouvoir impunément dévorer le vivant. Agir et participer à la Défaite des maîtres et possesseurs. Je veux croire au chaos de la vie, au silence, au soleil et aux mots décidés. Je veux enrayer la pandémie, l’hostilité de l’univers, le terne du monde, la disparition effarante de la faune et la flore…Être quelqu’un, avec ou sans-papiers, avec ou sans identités, de compagnie agréable ou pas, mais quelqu’un capable de penser et rêver un avenir meilleur. Être quelqu’un qui reste malgré les risques. Je veux avoir conscience d’être vivante et revendiquer ce fait, quand bon me semble. Être un cœur qui bat. Un cœur qui bat follement pour la vie. C’est de l’émotion pure. Juste ce cœur qui bat. Et c’est cela qui est dans cette lecture, l’intelligence et la perception du vivant, pour sauver ce qui peut l’être encore…

C’est une histoire forte, philosophique, engagée et poétique. D’une férocité puissante, dévorante, démoniaque…On sent l’urgence. L’urgence écologique, avec cette ombre noire qui menace la nature, mais aussi une menace terrible sur les hommes, devenus à l’instar de leurs comportements envers les animaux, les dominés…En prenant ce fond de science-fiction et de violences, Vincent Message peut se permettre l’originalité d’une histoire terriblement dérangeante mais également de nous sensibiliser de ce fait, sur les dérives du pouvoir…Il y a une pandémie mondiale aussi, donc il est des échos avec notre situation actuelle qui font sens…Mais c’est aussi une remarquable histoire d’un être vivant aidant un autre, parce que c’est ce qu’il est juste, de faire…Derrière la fable et la poésie, malgré les bains de sangs et l’horreur des carnages, on sent dans cette lecture, une volonté de déconstruire l’idée de ces codes politiques, économiques et socials de suprématie désastreuse pour tendre vers un futur plus lumineux.

Maintenant, que j’ai laissé mon cœur s’emballer pour Malo et Iris, je m’en retourne sous les étoiles. À espérer que les hommes vont enfin comprendre leurs attitudes voraces et destructrices. Et parce que je suis sous les étoiles, j’ai l’audace de faire un voeu. Que la défaite des maîtres et possesseurs est bien lieu. Et que vous lisiez ce livre. Le plus tôt serait le mieux, parce qu’après, il est fort possible que ce soit trop tard…Et moi, et moi pourtant, j’aurai voulu que mon cœur continue, de battre insupportablement…

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du Blanc, Lilian Bathelot.

Ce que j’ai ressenti:

❄️J’en garderai, le souvenir du peuple Inuit❄️

Parce qu’à un moment, il faut bouger. Soit parce que les loups se ramènent, soit parce que le ciel s’écroule ou que le froid te glace jusqu’aux os…Essayer l’Esquive ou la Chasse, mais faire quelque chose, avant que l’arrêt fatal enlève le Blanc. Se sentir vivant. Être relié au vivant, ressentir le vivant, le voir et le sentir, être le Vivant. C’est ce que vont nous démontrer Kisimiipunga et Diaz à travers cette course de la dernière chance, quitte à tout y perdre. Pourtant, ils ne sont pas du même milieu, même pas parents, même pas amis, et pourtant, reliés. Dans un décor magnifique et dangereux, nous les suivons avec une certaine appréhension, dans leur combat juste et nécessaire. Entre thriller et science-fiction, cette lecture donne matière à réfléchir sur notre rapport à la nature et aux dérives de l’hyper-contrôle des grandes instances. Captivant, j’ai été enchantée d’en apprendre encore plus sur la culture Inuit…

Comprend-on pourquoi on aime?

❄️Et j’aimerai Immensément l’Uumajuit ❄️

2089. C’est un peu flou, vaporeux et froid. C’est rempli de fantômes et de vieilles traditions ancestrales précieuses. C’est aussi le futur anticipé avec de la technologie de pointe. C’est notre monde qui a mal. Encore plus, forcément, parce que, les hommes sont ainsi, voraces et destructeurs. Mais, dans le secret du grand froid groenlandais, il se prépare une résistance…Une résistance à ces entraves de surveillances accrues, à cette main-mise des gouvernements planétaires. Vivants, forts, connectés à l’Uumajuit, le peuple Inuit s’enflamme aux idées de libertés et de grands espaces…C’est un roman terriblement beau, avec ces contraires qui se répondent et l’urgence de la prise de conscience écologique. Je ne sais pas qui gardera le souvenir du Blanc, mais quoi qu’il en soit, je garderai le plaisir d’une lecture étonnante, intelligente et dépaysante à souhait.

Comment, sans l’énergie d’Uumajuit, le monde pourrait-il être monde?

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Pocket Imaginaire de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Vers les étoiles, Brandon Sanderson

Début de la communication interstellaire.

✨Nous sommes des guerriers. Pour le moment, nous ne sommes que des guerriers à terre, mais comme tout Rebelle qui se respecte, ça ne va pas durer! Nous allons relever un défi…Aujourd’hui, il sera de partir à bord d’un vaisseau, le Skyward I, avec comme chef d’escadrille Brandon Sanderson, et notre destination: Vers les Étoiles

Pilote 12: Zombie d’étoiles. Confirmation.

( Maksunbouquinsinonrien)

Pilote 13: Boucan d’étoiles. Confirmation.

(Stelphique)

I.A Rebelle: M-Bot. Confirmation.

M-Bot: « Vous êtes peut-être tout ce qui reste de l’humanité, pilotes 12 et 13, et l’univers aimerait entendre votre expérience Vers les étoiles, pour la retranscrire et mettre en orbite sur les plateformes du net. Faites vite avant que mes données ne soient définitivement corrompues et que les champignons aient raison de moi. »

Boucan d’Étoiles: « Je laisserai la fureur brûler en moi, et ils ne la verront pas, jusqu’à ce que l’enfer s’ouvre sur eux…Salve! En tant que pilote « défaillante », je ne peux pas partir vers le ciel et ils m’empêchent d’entendre les étoiles, donc je vais vous en dire ce que j’en pense de ce défi! Ah pour sûr, que vous allez m’entendre! Aussi vrai que je m’appelle Boucan et que mon cœur est Rebelle, je vous dirai tout de cette expédition sur cette planète étrange perdue dans l’univers à subir les bombardements d’extraterrestres acharnés…

Chaque jour, que j’ai passé dans ce cockpit, j’ai regardé ces cadets prometteurs et je me suis prise d’affection pour eux. Surtout Spenza. C’est une héroïne au caractère bien trempé, avec une langue bien acérée et d’une détermination à toute épreuve! D’ailleurs que l’on s’abstienne de la traiter de « lâche » sinon, elle s’énerve de manière explosive! J’ai adoré suivre cet enseignement de pilotage auprès de Cobb, sur la planète Détritus. On sent comme une urgence avec ces retombées spéciales et ces attaques incessantes des Krell, mais j’ai été de suite embarquée dans cette aventure hors-norme et qui fleure bon la liberté! Sanderson est un chef d’escadrille brillant, et ce vaisseau de presque 700 pages est juste époustouflant de virevoltes et de batailles gigantesques qui nous en jettent plein la vue! Qu’on entende ou pas les étoiles, il est évident qu’elles ont quelque chose de fascinant et sont matière à rêves démesurés! Et c’est bien le kiff de ce voyage…Vers les étoiles!

Je coupe et laisse la parole à mon ailier, Zombie d’étoiles, un coéquipier génial qui assure mes arrières quand je m’enflamme et fais des étincelles dans le ciel d’une autre galaxie…

Ici pilote 12: Zombie d’étoiles !

J’ai apprécié la bataille et trouvé les combats épiques et bien développés, tout comme les entraînements, et ce, malgré un instructeur assez dur.

Ça tirait dans tous les sens, un maelström de figures acrobatiques et de manœuvres astucieuses, malheureusement certains pilotent n’ont pas supportés la pression et on rendu leur dernier souffle, moi « Zombie » regrette vraiment la disparition de deux de mes camarades.

Le rapport de l’héroïne à son père et notamment à sa réputation de lâche est bien mené par l’auteur malgré quelques répétitions de ce côté, mais c’est aussi l’attrait principal et la justification de la pilote « Spenza », vraiment bien construite, intéressante, un peu badass, pleine de peps et de hargne, prête à tout pour voler parmi l’élite, c’est un des points fort du récit.

Les autres pilotes également mais moins développés et moins présent, si ce n’est l’instructeur « Cobb » qui est juste parfait entre son ton rigide, taiseux, mais aussi empathique et juste.

Un zeste de romance s’immisce dans la mission, mais finalement elle ne se développe pas, certainement que cet aspect est prêt pour une évolution dans le deuxième tome à paraître.

Les ennemis sont coriaces et font penser à de gros essaims de frelons, ça rigole pas de ce côté, les Krells sont vifs et dangereux, lourdement armés, décidés à exterminer notre race, l’humanité, à tout prix.

Les décors et paysages sont comme il faut, pas beaux (hey on est sur la planète « Détritus » quand même), mais intelligemment imaginés, des environnements au sol qui correspondent bien à l’histoire et évidement cette merveilleuse limite entre ciel et espace, là où chantent les étoiles, juste magique.

Les technologies sont originales et donnent un bon plus à l’ensemble.

Ici pilote 12 « Zombie », je vous conseille cette lecture et attend la suite avec impatience mais je regrette tout de même d’avoir vu la note baisser car la formation pour adulte attendue est en définitive une formation « Young Adult », et ça personne ne nous l’a dit pendant le briefing.

Vous mettrez donc ce manuel de préparation au vol sous le sapin pour les futurs pilotes à partir de 13 ans environ.

Allo, allo, contact perdu. M-Bot, je ne vous reçois plus, rendez-vous au prochain tome.

M-Bot: « Avant qu’ils ne voient ce qui va leur tomber dessus. Avant que le calme ne revienne. Je vais éteindre mes fonctions et laisser patienter ses deux braves pilotes jusqu’à la prochaine expédition… »

Fin de la communication.✨

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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