Les Somnambules, Chuck Wendig

Ce que j’ai ressenti:

« Peut-être que nous sommes vraiment remplaçables. »

Et si on allait marcher un peu pour en discuter, juste toi et moi…Je sais, les temps sont agités et le chaos s’emmène à n’importe quel coin de rue, on croirait l’Apocalypse arriver…Je sais, ça y ressemble, mais pour autant gardons la foi, jusqu’au bout de l’histoire…Et ne perds pas ton chemin, ni le sel, ni la lumière, la vérité sera bientôt accessible, à condition de pas avoir craindre l’investissement personnel qu’il faut déployer pour suivre Les Somnambules…

J’étais Moi, mais j’aurai pu être Eux, la seconde suivante, alors forcément, ça change les perspectives…Avec cette marche, il va te falloir revoir tes convictions, tes horizons, tes horaires, la façon même dont tu regardais le ciel aussi, et marcher, marcher, marcher, jusqu’à ce que les pieds t’en tombent…Ne t’inquiètes pas de trop, il y a une certaine solidarité auprès de la horde, et puis, l’aventure sera tellement grandiose que perdre un peu de confort à l’instar d’une plus grande liberté, est-ce que ça ne vaut pas mieux, au final? Je suis heureuse d’avoir pris ce risque quelque peu dément, et je ne le regrette pas un instant…

Parce que, des fois, tu le sais, une seule étoile peut tout changer. Des fois, un seul être humain aussi. Même si la fin du monde s’avance que t’as mille questions dans ta bouche qui ne franchiront pas le seuil de tes lèvres parce que les réponses seront dans tous les cas dissimulées, ne pas vivre cette expérience, ça serait se priver d’une émotion contagieuse d’admiration. De profonde admiration. Pour le génie et la prescience de cet auteur. Littéralement fabuleux. J’ai rarement fait lecture ou randonnée plus exceptionnelle que celle-ci. Par tous les diables, je pourrais la refaire dans la foulée, tellement j’ai été subjuguée.

Et c’est le cœur pur, que je te dirai que la clarté est passée dans mon sang, la laissant danser, être le feu…Je pourrai le chanter à tue-tête, par dessus les tempêtes et devenir la dissidence, si la comète ou Black Swan, le voulait…Toujours est-il que je vais mettre ce livre sur un piédestal. Parce qu’il est la puissance, la force, l’humanisme. En temps de pandémie mondiale, cette histoire est le kaléidoscope à plusieurs entrées d’une crise sociale, politique, intime, scientifique, religieuse mais il place toujours et, avec sensibilité, l’humain au cœur de la lumière. Un scintillement permanent qu’on retrouve à chaque page tournée. 1168 pages, et des gens. Des gens imparfaits qui s’aiment, qui marchent, qui doutent, qui évoluent, qui questionnent, qui se révèlent, qui s’éteignent, qui tuent, qui détruisent, qui réparent, qui luttent, qui exultent…Un feu d’artifices d’émotions!

« Au-dessus d’eux, le ciel commençait lentement à s’éclairer alors que le soleil leur envoyait la promesse – ou la menace- d’un jour nouveau. »

Je ne sais pas ce que nous réserve demain, quelle porte le futur va ouvrir et vers quelle direction ira l’humanité…Mais si jamais, tu voulais y réfléchir, avant de devenir fantôme, tu pourrais éventuellement commencer à marcher aux côtés des somnambules et ressentir l’éblouissement…L’amour que j’ai mis dans cette chronique devrait normalement suffire. J’ai foi en l’amour et en ce livre. Bonne route!

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Spleen détrempe 🌹

Abécédaire Joyeux et Décomplexé du Féminisme, Clarence Edgard-Rosa

Ce que j’ai ressenti:

Apparemment, « féminisme » est un gros mot. Il fait peur à certains, en irrite d’autres. Il y en a même qui voudraient donner au mouvement un nouveau nom.

Cet abécédaire contient des mots. Des grands, des petits, des expressions, des anglicismes, des sigles…Tout un tas de mots pour comprendre et aborder le Féminisme. Pour moi, cet abécédaire est un indispensable. Car Savoir, c’est pouvoir. Pouvoir parler de féminisme en ayant les bons mots et les bonnes notions peuvent permettre une meilleure action. Les notions abordées sont claires, instructives et nécessaires pour comprendre les courants de pensées de ce mouvement. La connaissance de tous ses mots permet de comprendre tous les maux qui se cachent derrière certains. Les souffrances sont visibles ou invisibles, mais elles sont bien réelles. Depuis quelque temps et grâce à l’émergence des hashtags sur les réseaux sociaux, la parole des victimes se libère (enfin), et les témoignages sont multiples. Preuve que les discriminations sont un vrai problème de société, et ce, partout dans le monde. Alors oui, le mot Féminisme interroge, bouleverse, hérisse ou exulte, mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’il n’est en aucun cas, un gros mot…

Sororité. Le mot peine à intégrer notre vocabulaire, et pour cause: tout est fait pour que sororité, il n’y ait point.

Les mots ont un pouvoir. Et si je prenais par exemple, un mot de cet abécédaire? Sororité. 8 lettres. Tout d’abord parce que je le trouve très beau, et en ce moment, c’est un mot qui me plait particulièrement, et qui justement me fait réfléchir à tous les mots qu’on retrouve dans cet ouvrage. Sororité, comme un espoir d’une communion puissante. Je l’aime parce que derrière ce mot finalement très récent, il y a plus que huit lettres alignées, c’est tout un ensemble d’envies et de rêves d’idéal que porte à lui tout seul, ce simple mot. Il est, cet élan au féminin de solidarités, d’entraides et de comportements à adopter pour faire de ce mot, une réalité. Même en ayant les acquis des deux générations d’avant, des combats restent encore à mener, aujourd’hui et demain, pour plus d’égalités dans nos sociétés. La condition féminine est à repenser et à améliorer, et on le voit clairement avec cette lecture, mais tout ça ne pourra se réaliser qu’avec les efforts et les encouragements de chacune d’entre nous, et les unes envers les autres. Bref, à petite ou grande échelle, je rêve que ce mot Sororité, rentre dans nos cœurs et nos vocabulaires, avec toute la bienveillance et la solidarité que ces huit lettres peuvent contenir d’empowerment…

Le féminisme est un mouvement multiple: il est donc plus exact d’en parler au pluriel.

En bref, ce livre est une bonne entrée en matière pour ceux et celles qui voudraient en apprendre plus sur le Féminisme et ses courants. À nous lectrices et lecteurs, de faire le choix d’approfondir les variations de ces féminismes, que l’auteure nous a fait découvrir dans ces pages d’une manière certes très ludique mais surtout avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité. Et pour multiplier le plaisir de cette lecture, Clarence Edgard-Rosa n’hésite pas à parsemer dans cet abécédaire, beaucoup d’humour, et ça, c’est vraiment le must! C’était une joie de découvrir 77 façons de se familiariser avec le féminisme, et je n’aurai aucun complexe à le sortir durant le prochain goûter littéraire entre amies qu’on fera, si le futur le permet, évidemment…

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

La Maison muette, John Burnside

Ce que j’ai ressenti:

« Qu’est-ce que tu fabriques? »

J’essaie de faire silence, de me rendre sourde, de rentrer à pas de loup, dans la Maison muette. J’ai le désir de vous écrire des mots, sans dénaturer le langage, sans écorcher l’âme de ce roman. Il s’y passe des choses affreuses et dans le même temps, une sorte de poésie en émane de toutes parts. Ca suinte. Ca suinte des fissures, des murs, des profondeurs, des marches d’escaliers, des rêves, du sous-sol, des crânes, des os de cadavres…La sensation est dérangeante mais étonnamment puissante. John Burnside m’a encore éblouie. L’éblouissement du Noir.

C’est une expérience. Une expérimentation. Une expérience dénuée d’émotions. Une expérimentation dépouillée d’empathie. Une expérience qui se déroule sous nos yeux, sans que l’on puisse intervenir. Une expérimentation de lecture comme jamais encore je n’ai rencontré. C’est l’expérience d’un sociopathe. C’est l’expérimentation d’un récit amoral. C’est de la folie sublimée d’une poésie rare, et tu te détestes d’aimer, et tu regardes ça avec autant de répulsion que d’admiration pour cette forme originale de prise de vue. C’est une expérience funambule du Noir poétique. Une expérimentation de vertige indicible.

La Maison Muette, c’est une idée qui grandit dans le temps, devient une possibilité puis, une réalité…Faire silence prend d’autant plus de sens. Être muet devant cet esprit dérangé, est de circonstance. Être à l’intérieur de la Maison muette, c’est entendre un chant déchirant, méditer sur le langage et la divinité de la parole, réfléchir à l’irréversible, chercher inlassablement le siège de l’âme. La Maison muette c’est surtout un livre dont on ne sort pas tout à fait indemne. Une lecture que je ne suis pas prête d’oublier…

« Les choses arrivent rarement par hasard. »

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

La belle est la bête, Floriane Joseph

Ce que j’ai ressenti:

« -Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus monstrueuse d’entre toutes? »

Leila.Princesse défigurée, à l’acide.

Il est des histoires qui font peur, qui dressent les poils. Il est des souffrances indescriptibles et des douleurs profondes, que seule la nuit peut abriter…Il était mille et une fois, des monstruosités…Mais n’est pas monstre qui le veut, qui le croit ou encore qui voudrait le faire croire…La Bête fascine, la Belle aussi, mais est-ce que l’un peut être l’autre? Floriane Joseph nous raconte une histoire (des)enchantée, où le mythe de la beauté rencontre celui de la Bête, et aussi monstrueuse que soit la belle, la magie sera bel et bien de la partie…Parce que si la belle est la Bête, alors que restera-t-il de cette illusion du culte de la beauté au féminin? Est-ce qu’elle viendra hanter nos nuits de terreurs, cette princesse? Où sera-t-elle la nouvelle enchanteresse de vos soirées? Pour découvrir cela, il vous faudra découvrir cette lecture aux frontières du conte oriental, sans craindre de croiser la douleur extrêm(ist)e, ni quelques fous au détour des allées du Palais Royal…

Avec une plume sensible et poétique, Floriane Joseph fait danser la part d’ombre avec la part de féerie dans un conte revisité en trois tableaux, et nous présente une princesse pionnière, résiliente et artiste, Leïla. Même en ayant subi, l’atroce acte de barbarie d’un homme, elle reste Princesse grâce à la force de son esprit et à un choix fondamental. Celui du dépassement de la destruction par la création. Cette idée de spiritualité bienveillante est une ligne à suivre, un art de vivre même, mais surtout une façon de survivre, et Leila incarne cette vague chaleureuse d’amour et de confiance qui inondera son royaume, et débordera jusque dans nos yeux ébahis…Alors finalement, qui de la belle ou la bête sera la plus désirée? Qu’est-ce qui vous nourrira au cœur de la nuit?

Alors, finalement, Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle d’entre toutes?

Leila, princesse de la nuit.

Il est des histoires qui nous font réfléchir, qui nous touchent au cœur aussi, parce qu’à l’heure de lever le voile sur certaines cruautés, l’Art restera toujours le rempart ultime pour le dépassement de la douleur, que ce soit pour les belles ou pour les bêtes… Il est des admirations et des compliments élogieux qui se disent en plein jour. Floriane Joseph en méritent tellement avec ce premier roman! Il était mille et une fois, la beauté. Il était une fois, la beauté d’un conte moderne qu’on se plait à dévorer de nuit, pour que la magie fasse la part belle aux charmes et autres sortilèges que les djinns ne pourront plus défaire…

Coup de cœur.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Frison Roche Belles-lettres pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Je suis une fille sans histoire, Alice Zeniter

Ce que j’ai ressenti:

Allez, n’en faisons pas toute une histoire, asseyez-vous, Alice Zeniter saura vous mettre à l’aise et je parie même qu’elle vous fera rire! Donc, asseyez-vous, (dans un train ou pas) et profitez du spectacle (oui parce que cette lecture c’est un hybride entre un essai, du théâtre, un « one woman show », ou encore un moment complice entre filles sans histoires…) et écoutez-la déconstruire le modèle du héros, nous donner quelques notions utiles sur la sémiologie ou la narratologie ou encore parler sans aucune langue de bois des classiques de la littérature…Sans doute, parce qu’elle est d’une franchise rafraîchissante et qu’elle donne des exemples avec un humour décapant, j’ai été complètement embarquée par son argumentation! Que c’est bon de rire autant en lisant! Non seulement c’est instructif mais quand c’est aussi bien emmené, je dirai que c’est encore plus percutant!

Donc Alice Zeniter nous parle du récit, de la fiction, de nos affectations, un peu de politique, de la culture et de la chasse, et surtout des personnages masculins, vous savez, ces mecs-qui-font-des-trucs dans les histoires…Mais que font les femmes pendant ce temps-là?!!!? On se le demande encore, mais grâce à Alison Beshdel et son fameux test, nous en avons peut-être une vague idée…(??!!)…Bref, nous le savons la sur-représentation masculine est une constante dans la littérature et Alice Zeniter voudrait que ça change un peu, et du coup, elle n’hésite pas à le faire savoir avec une ironie délicieuse…

Par chance, nous sommes dimanche, et j’ai bien envie d’aller me faire une promenade en forêt, mais une forêt bien spéciale, celle que Alice rêve avec ces Guérillères….

Alors Je suis une fille sans histoire également, mais je vais m’assoir à table et prendre le temps d’écrire, d’abord, cette chronique pour vous convaincre de lire cet essai, mais peut-être aussi ensuite, une histoire où des nanas-font-des-trucs, si l’inspiration veut bien être de la balade…Mais ça, c’est une autre histoire….

💥Une petite bombe à lire d’urgence💥

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement L’Arche éditeur pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Une chambre à soi, Virginia Woolf

Ce que j’ai ressenti:

« Regardez, à la clarté du soleil printanier » cet essai de Virginia Woolf, Une chambre à soi, c’est méditer sur le ciel, les femmes et le roman, la littérature et la condition féminine, l’argent et les poètes…La création littéraire a-t-elle toujours été une affaire pour les hommes? Pourquoi les femmes sont aussi peu représentées dans ce domaine? Comment sortir du silence? Autant de questionnements et d’études qui permettent à Virginia Woolf de remonter et de pointer bien fort du doigt tous les mécanismes discriminants du patriarcat. Elle propose même quelques pistes et conseils éclairés pour les femmes qui voudraient se lancer dans l’écriture, tout en faisant l’éloge de ses femmes écrivains qui ont su braver les conventions sur leurs temps libres pour écrire des œuvres brillantes qui ont traversé le temps…Il y a une certaine douceur et poésie quand elle écrit son cheminement mais son argumentation est aussi audacieuse qu’avisée.

Forte de sa propre expérience, elle réalise au fil de ses balades et autres repas mondains, que le génie artistique se révèle bien souvent dans Une Chambre à soi, et surtout lorsque l’esprit est délesté de toute charge mentale et dépendances multiples…

Toujours sous le soleil printanier, je médite et je pense « aux choses en elles-mêmes », à la créativité, à la pauvreté, à l’esprit rebelle, à l’étendue du ciel bleu, à la poésie, à toutes ces lectures qui m’ont influencé aussi. Et puis, à celle-ci. Une chambre à soi. Que je vais garder bien précieusement sur ma table de chevet pendant un long moment, tellement j’ai adoré. Je ne songe même pas à vous influencer. Non, je vous laisse découvrir ce livre par vous-même…

« Elle vit en vous et en moi, et en nombre d’autres femmes qui ne sont pas présentes ici ce soir, car elles sont en train de laver la vaisselle et de coucher leurs enfants. »

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Les femmes n’ont pas d’histoire, Amy Jo Burns

Ce que j’ai ressenti:

Je suis née femme aussi, et il me faudra raconter ce ressenti mieux que personne, pour que cette histoire de femmes-là, reste. Reste avec peut-être un goût de moonshine sur les lèvres, mais au pire avec la saveur suave du secret partagé entre filles…Parce que naître femme, des fois, empêche les histoires de s’écrire, surtout si ces mêmes femmes rêvent de libertés et d’évasions…Amy Jo Burns nous offre un roman noir superbe, où l’échappatoire est un vœu qui flamboie dans le cœur de ces dames…Et en tant que femme, ce récit d’émotions au féminin, a réussi à m’hypnotiser…

Alors pour commencer cette histoire, il faut que je vous replace le décor: la région des Appalaches, ses montagnes, l’isolement et la désolation… Et puis, il y avait des hommes et des dimanches. Des hommes égarés, imbibés, qui recherchaient Dieu un peu partout, dans les bois ou à l’Eglise, dans un fond de verre ou dans l’Oeil-Blanc, mais quand même des hommes déchirés et convaincus de leurs suprématies sur la nature et les femmes…Et des dimanches qui revenaient, inlassablement…

Et puis, il y a eu le feu, le pain, le buisson ardent, la guérison miraculeuse, et même des serpents. La foi est au cœur de leurs vies, mais le désarroi aussi….Et toujours, les hommes qui veulent que les femmes ne leur fasse surtout pas trop d’histoires, sinon ils deviendront vite fous…Je n’en dirai pas plus, je laisse les confessions et les murmures des fantômes faire leurs chemins jusqu’à vous…

Amy Jo Burns nous distribue une histoire chorale intense enivrante, où les destins se tortillent, les yeux se blessent et les luttes sont multiples…Elle a l’art de raconter, le cœur de la déchéance des laissés-pour comptes tout en laissant passer une certaine lumière de bienveillance…Si certains hommes peuvent saisir des serpents, il semblerait que les femmes manipulent les chants d’amours malheureux, mieux que personne…Mais même dans un monde de ténèbres et de solitudes, il en ressortira toujours, une histoire…

Il faut que je vous dise…Laissez-vous charmer par celle-ci…

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

S’abandonner, Isabelle Desesquelles

Ce que j’ai ressenti:

J’ai quelque chose à te dire. C’était certainement écrit quelque part, dans le sang…

Les traumatismes du corps et de l’esprit creusent, s’infiltrent, rongent, abîment…Et pour contrer, une envie d’évasion…Une envie de désert, d’immensité, de silence, de réparer son intérieur…Comme une envie de devancer le soleil, les sorts et le Temps…Parce que les secrets sont lourds, les blessures tellement profondes, qu’il faut bien à un moment, arrêter de retenir tous ses magmas de souffrances…Mais Ailleurs ou Ici, quand le sang a coulé, le mal est fait. Reste plus qu’à défaire…Mais trouver cette volonté en soi peut se révéler plus difficile, qu’il n’y parait…

J’ai quelque chose à te dire. C’était certainement écrit quelque part, dans le sable…

Une histoire d’amour qui aurait pu être de l’art, aurait du sentir un peu plus fort l’odeur étourdissante des roses, connaître plus de bonheur encore…Mais il glisse entre les doigts, l’amour, comme des grains de sables, c’est tellement pas grand chose les souvenirs, alors peut-être que si on les écrivait encore, et encore, et encore sur des toiles ou des pages blanches, il en resterait un tout petit peu pour ceux qui restent…Parce que, tout compte. L’eau, les cieux, les roses de Jéricho, les dunes, la nuit et le jour, une femme et un homme, le bleu et le désir, l’amer et l’écume, le tambour et les ensorcèlements… Tout se noue et se dénoue au cœur du désert, mais ne craint pas cette incandescence, parce que ce n’est que du plaisir…

J’ai quelque chose à te dire. C’était écrit maintenant, dans mon petit monde féerique…

Il faut oser S’abandonner. Il faut oser se retrouver dans le sable et dans le sang, quelque part où les secrets s’écrivent en lettres invisibles et qu’un jour, on découvre avec l’impact foudroyant de l’évidence. Rien ne m’emporte plus que ces histoires de désert et d’infini, la magie du Sahara sans doute, qui agit sur mon imagination. Vous savez bien que le pouvoir des rêves est puissant et, en s’abandonnant en ces pages, on trouve, tressés, ces brins d’amour de beauté et de chaleur, qui font les idéaux de nos vies. Peut-être qu’un jour, j’irai à Akaraba, manger une étoile en espérant que cette lumière absorbée, me permette l’abandon total…

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

SCUM Manifesto, Valerie Solanas.

Ce que j’ai ressenti:

« Car personne n’a jamais su comment aborder le texte de Solanas. » Lauren Bastide

Donc, moi, encore moins que personne, je ne le saurai aussi…J’imagine que si, c’est tant difficile, c’est certainement dû au fait, que ce texte est un pamphlet. De par sa nature donc, c’est un texte virulent, accusateur, violent. C’est la première fois que je lis ce genre littéraire, donc ça a été un énorme choc, mais dans le même temps, une découverte intéressante. Pour être tout à fait honnête, je ne pensais pas en faire un retour de lecture, mais plus les jours passent, et plus je me rend compte que ce manifesto ne peut pas laisser indifférent, et c’est exactement ce qu’on recherche quand on est lectrice…En fait, toutes les émotions y passent, puisque ce texte dérange…Avec ce mois de Mars au féminin, j’étais dans l’optique de lire et de me confronter justement, aux écrits et aux émotions des autrices. Voir à travers leurs yeux, sentir au travers de leurs sensibilités, le monde qui nous entoure et jusqu’où leurs imaginations peuvent aller…Valérie Solanas a été jusqu’à éradiquer les hommes de notre société. C’est extrême et presque du domaine de la science-fiction, et on ne sait trop jamais s’il faut le prendre au premier ou au second degré tout le long de cette lecture…Le SCUM Manifesto est un texte résolument féministe. Valérie Solanas repense un monde sans la domination des hommes, sans argent et sans le capitalisme. C’est aussi révolutionnaire qu’utopiste. Mais pour être honnête, ça me parait tellement fou que j’ai eu du mal à me projeter dans un tel avenir, même si ça donne matière à réflexion, et c’est pour cela, qu’il y a un malaise à se positionner par rapport à ses idées aussi vindicatives. Par contre, avec la postface de Lauren Bastide, on arrive mieux à remettre cet écrit dans son contexte, et à comprendre pourquoi il y a tant de colère chez cette autrice. Les hommes lui ont tout enlevé, que ce soit son innocence, son argent, son talent, sa liberté, alors finalement, derrière ses mots ultra violents, il y a juste une femme blessée dans son intime, et c’est ce que j’ai lu aussi, entre ces lignes: une femme qui lance un cri de détresse auprès de ses sœurs…

Previous Older Entries

En Féérie, il brille quelques poussières…

Enter your email address to follow this blog and receive notifications of new posts by email.

Rejoignez 236 autres abonnés