Nulle part sur la terre, Mickael Farris Smith.

Couverture Nulle part sur la terre

Pourquoi je l’ai choisi:

Je me suis laissée tenter par les retours de lecture plus que positifs pour ce roman, piochés ça et là sur la toile…J’ai une confiance presque aveugle quant à la qualité des parutions de la maison d’éditions Sonatine, alors c’est presque une évidence de découvrir leur dernier petit chouchou…

Synopsis:

Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n’a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe.

Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d’arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C’est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l’attendent.

Dans les paysages désolés de la campagne américaine, un meurtre va réunir ces âmes perdues, dont les vies vont bientôt ne plus tenir qu’à un fil.

Ce que j’ai ressenti:…Cap vers la Route du Désespoir…

« Fais ce que tu as envie de faire et ne regarde pas en arrière, se dit-il. »

Je m’en vais suivre ce conseil pour aller Nulle part sur la terre…Et je n’aurai voulu être nulle part d’autre sur la terre, que dans ma bulle d’air, pour apprécier au mieux cette petite pépite…

« Le soir parfois je m’asseyais sur la véranda et ce que j’entendais c’était comme si la fin du monde avait eu lieu et qu’il y avait plus personne sur terre. »

Le gros point fort de ce roman, c’est son ambiance. Pesante. Poussiéreuse. Couleur d’asphalte…Il règne dans ses pages, un temps presque arrêté, un espace temps suspendu, et il nous faut prendre le temps d’en apprécier toute sa richesse. A l’heure où tourne le monde, avec sa folle frénésie de course contre le temps, cet effet « lenteur » est salvateur: les mots appuyés, le rythme maîtrisé…Juste ce qu’il faut pour en faire un roman noir prenant, nourri de lumière grise…

Mississipi, un lac…Cette étendue d’eau a des effets apaisants incroyables, comme si elle pouvait sonder la profondeur des âmes et peut être enfouir les plus noirs secrets, tout en gardant son hypnotisante beauté. Entre son calme et les bouillonnantes émotions de ce village perdu au milieu de rien, ce lieu devient le rendez vous des désespoirs lumineux, des lumières imperceptibles…Un cadre naturel pour le théâtre vivant des plus destructrices querelles passées et ses répercussions présentes…

Regarder le mal en face, pour rester à l’écart du mal. Autant que possible.

Maben tirant sa fille Annalee, avec l’énergie de la fatalité, luttant contre l’inactivité, pour ne pas que le monde l’avale, pour éviter les mauvaises rencontres du destin. Elle avance envers et contre tout, pour ne pas tomber, en essayant de remplir ses journées d’un amour maternel instinctif, comme on se raccroche à une bouée au milieu du néant…Tandis que Russel voudrait un semblant de calme, qu’il pense ne pas mériter, et se perd dans les routes américaines aux heures les plus sombres, pour essayer de trouver la paix. En vain…Ce trio de personnages, qui nous éclaire de leurs espoirs, nous inonde de leurs sentiments contraires est des plus intéressant à suivre car la route de la rédemption et de la culpabilité dévorante sera semée de plus d’épreuves que prévues, de virages inopinés qui laissera voir un panorama intense de violence et de douceur combinés…

« S’asseoir sur la véranda, regarder le jour décliner et le soir tomber sur la terre comme une couverture descendue la border pour la nuit. »

En ayant choisi des personnages complexes qui touchent le fond mais qui gardent une petite lueur d’espérance,  Michael Farris Smith, nous offre un roman magnifique car il explore toutes les lignes floues entre le bien et le mal, tout en laissant son lecteur, maître de ses émotions face à ces contradictions humaines. On est, peut être Nulle part sur la Terre, mais on est très bien accompagné si on tient entre ces mains, cette belle lecture pleine d’humanité…

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les Editions Sonatine de leur confiance, et de l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture intense!

 

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Le diable, tout le temps Donald Ray Pollock

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai vu le nom de cet auteur lors de ma lecture percutante dans Le verger de marbre, et j’avais envie de voir ce que donnait l’écriture de cet auteur qui a l’air de faire sensation.

Synopsis:

De l’Ohio à la Virginie-Occidentale, de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 60, les destins de plusieurs personnages se mêlent et s’entrechoquent. Williard Russell, rescapé de l’enfer du Pacifique, revient au pays hanté par des visions d’horreur. Lorsque sa femme Charlotte tombe gravement malade, il est prêt à tout pour la sauver, même s’il ne doit rien épargner à son fils, Arvin. Carl et Sandy Henderson forment un couple étrange qui écume les routes et enlève de jeunes auto-stoppeurs qui connaîtront un sort funeste. Roy, un prédicateur convaincu qu’il a le pouvoir de réveiller les morts, et son acolyte Théodore, un musicien en fauteuil roulant, vont de ville en ville, fuyant la loi et leur passé.

Les personnages:

Arvin, c’est  le seul personnage qui a su me toucher, mais j’ai eu vraiment du mal avec tous les autres(et pour cause! ). C’est un pari difficile de faire détester ses personnages, de ne proposer que de la noirceur à suivre. Nous avons donc un sacré pataquès de gens qui sont passé de l’autre côté de la faille, sans aucune valeur, ni lumière, souffrant d’absence de culture et douceur…

« Les gens sont comme les chiens: une fois qu’ils ont commencé à creuser, ils n’ont aucune envie de s’arrêter. »

Ce que j’ai ressenti: …Une drôle d’impression incertaine…

Ce livre, c’est un condensé d’horreurs, tout ce que l’humain comprend de dérives et d’immondices, et suivre cette folle aventure laisse juste une perplexité sur l’avenir de l’Homme. Je crois qu’on a dans ses pages , tout ce que la religion peut avoir de travers et d’espoirs vains, une sorte de sombre chemin aléatoire, empreint de sang poisseux, que les humains empruntent, pour on ne sait quelle raison…

Le Diable profite donc de ses âmes perdues, les ramassent dans ses champs immenses, dont seule l’Amérique en possède…Il est là comme une ombre emportant chaque fois plus,  de ses ouailles. On devient spectateur passif de ce continent, nous prenant en pleine face la violence de cette population rurale, en mal de tout.

-Seul le Diable a besoin de trucs.

J’ai dévoré ce livre certes en très peu de temps, mais au final, je remarque que je ne me suis attachée à presque aucun de ses personnages, ressenti quelques trop peu d’émotions, à part un malaise de voir toutes ses horreurs se déroulaient, sans temps mort. J’ai bien conscience que c’est un roman noir, peut être l’était-il trop pour moi…J’ai peut être trop attendu l’ultime lumière qui n’est jamais venue, peut être eu trop d’attente, ou peut être d’être tout le temps à côté du Diable, je ne m’y suis pas trop plu….Donc oui, une qualité sans contexte d’écriture, mais pour mes attentes de lectrice, le contenu est sans doute trop décadent pour que je l’apprécie à sa juste valeur…Mais tant d’autres l’ont aimé, puisqu’il a eu plusieurs distinctions, que je vous invite à vous faire votre avis!

 

 

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 6/10

Là où les lumières se perdent, David Joy

Couverture Là où les lumières se perdent

Pourquoi je l’ai choisi:

Ce livre m’a tapé dans l’œil, avant tout, pour cette sublime couverture et le titre. Il y a dès fois des coups de foudre juste visuel, et j’avais hâte de savoir ce qui se cachait derrière ses lumières…

Synopsis:

L’histoire sombre, déchirante et sauvage d’un jeune homme en quête de rédemption.

Caroline du Nord. Dans cette région perdue des Appalaches, McNeely est un nom qui fait peur, un nom qui fait baisser les yeux. Plus qu?un nom, c’est presque une malédiction pour Jacob, dix-huit ans, fils de Charly McNeely, baron de la drogue local, narcissique, violent et impitoyable. Amoureux de son amie d’enfance, Maggie Jenkins, Jacob préfère garder ses distances. Il est le dauphin, il doit se faire craindre et respecter, régler les affaires de son père de la façon la plus expéditive qui soit. Après un passage à tabac qui tourne mal, Jacob se trouve confronté à un dilemme : doit-il prendre ses responsabilités et payer pour ses actes ou bien suivre la voie paternelle ? Alors que le filet judiciaire se resserre autour de lui, Jacob a encore l’espoir de sauver son âme pour mener une vie normale avec Maggie. Mais cela ne pourra se faire sans qu’il affronte son père, bien décidé à le retenir près de lui.

Ce que j’ai ressenti:…La lueur d’un roman noir…

Jacob est un jeune homme, pris entre deux feux: il va lutter donc contre son sang, son lieu de naissance, sa destinée. Faire mentir coûte que coûte les statistiques qui le condamnent à cette vie entravée par la violence et le désespoir. Il va se prendre à rêver très fort, pour se sortir de son lot de misère de départ, et c’est cette volonté qu’on admire, cette petite lueur qui vacille souvent, mais qui a le mérite de ne jamais disparaître…L’Amour sera son île, son phare, son ultime lieu de repos…

« Le sang est plus épais que l’eau, et je me noyais dedans. Je sombrais dans ce sang, et une fois que j’aurais touché le fond personne ne me retrouverait. » p162

Toutes les lumières ne sont pas perdues, non, dans cette histoire pourtant très sombre…Certaines s’allument dans ce grand tunnel ténébreux entaché de sang poisseux. Personnellement, j’en ai vu deux, de lumières, qui sont très importantes à mes yeux c’est: Poésie et Espoir. L’auteur nous offre quelques jolis moments de douceur et de rêve dans son écriture pourtant abrupte et féroce. Le quotidien dans ces contrées profondes n’est pas à envier, on sent comme un fatalisme indélébile, mais quelque fois, le ciel s’ouvre et on aperçoit une étincelle dans ce roman Noir, à moins que ce ne soit une lumière fantôme qui sorte, inexplicablement du sommet d’une montagne…

David Joy nous fait cadeau d’un roman puissant, avec un personnage qui nous ouvre son intimité, ses doutes, ses attentes. C’est un jeune avec une certaine destinée malléable, il est au seuil de son passage à l’âge adulte et de la voie qu’il est encore en mesure de choisir…La force de ce livre est là, dans cet éventail de possibilités. Son avenir se tient là dans ses lignes, entre nos mains…

Et regarder en arrière vous ralentit. Regarder en arrière vous empêche de voir clairement. Regarder en arrière peut signer votre arrêt de mort.p155

J’ai adoré cette lecture pour ce qu’elle nous emmène à réfléchir. Et je voulais juste dire que le final est juste MAGNIFIQUE. Un auteur à suivre, sans aucun doute, avec un talent déjà certain. Pour un premier roman, j’ai trouvé qu’il en connaissait déjà un rayon sur les âmes en perdition…

Je me disais que certaines âmes n’étaient pas dignes d’être sauvées. Il est des âmes auxquelles même le diable ne veut rien avoir affaire.p162

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Merci de leur confiance ce fut une lecture enivrante!

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