La Zèbéléhyène, Gropapa/ Sonia Sans

La zèbéléhyène par Gropapa


Synopsis:

Une hyène dépressive cherche la cause de son chagrin dans son apparence. Déterminée à venir à bout de ses complexes, elle bat la savane et tente par tous les moyens de transformer son image. De situation cocasse en rebondissement inattendu, elle découvre que la clé est ailleurs… Et si le bonheur ne dépendait que d’un mot gentil ?
En voilà une belle et drôle d’histoire ! Celle d’une gentille hyène, qui manque cruellement de confiance en elle. La lecture est sportive – vous verrez ! – et les enfants hilares. Essayez donc de prononcer le nom de cet animal hétéroclite ou de ne pas rire devant cette improbable créature ! Sans compter la patte talentueuse et expressive de Sonia Sans, qui fait vibrer cet album haut en couleur. 


Ce que nous avons ressenti:

▪️Une histoire pleine d’humour.

S’il y a quelque chose à retenir, à la première lecture de ce joli album, c’est nos éclats de rires. Il est tellement bourré d’humour et de situations cocasses qui poussent à tourner les pages avec le sourire bien accroché et entre deux fous rires, essayer de lire la définition de ce nouvel animal qui se réinvente à force d’envie et de démesure. Nous allons suivre, au cours de cette histoire, une petite hyène toute chamboulée de rencontrer les animaux de la savane, et chaque rendez-vous animal se termine par un échange incongru. La qualité des illustrations aussi est une merveille: l’improbabilité de la situation laisse à l’artiste, un grand champ pour l’originalité du rendu et c’est très sympa de voir l’évolution de cette zébéléhyène.

▪️Une hyène dépressive…

C’est vrai que c’est une histoire très amusante, mais il y aussi derrière une vraie conscience psychologique pour une meilleure acceptation de soi. Cette petite hyène tachetée souffre d’un cruel manque de confiance en soi. Elle a un réel malaise qui la pousse à vouloir toujours plus, jusqu’à l’absurde…Mais avec le rire et beaucoup d’imagination, cet album montre que le bonheur n’est pas dans cette quête de chimères superficielles. C’est simple mais très efficace, et le message est essentiel. A mettre entre toutes les petites mains! Le petit plus de cette collection: la petite annotation sur la couverture qui parle du thème abordé. Ici L’acceptation de soi/quête d’identité. En un coup d’œil, on sait vers quelle problématique on va, et en tant que maman (ou même les bibliothécaires ou toute personne amenée à conseiller un livre), j’ai trouvé cela pratique et pertinent.

▪️Coup de foudre!

Si je vous dis que ma fille l’a lu 5 fois dans la même soirée… Est-ce que vous pensez, que le pari est gagné?! Et oui forcément, Maman et Fille sont ravies de cette nouvelle histoire du soir, où on peut parler de différences, d’amour et de confiance. A haute voix, c’est une vraie gymnastique, mais c’était génial, parce qu’on n’a pas fini de s’adapter à un nom, qu’il faut déjà intégrer une nouvelle façon de définir cette nouvelle petite hyène, tout en admirant la prouesse artistique.

Un vrai coup de foudre pour cette hyène attachante, et nous aussi, nous sommes tombées sous son charme au premier coup d’œil.

Notre Note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Evalou de leur confiance et l’envoi de ce livre. J’ai trouvé très agréable d’avoir un petit mot personnalisé du directeur de cette maison d’éditions ainsi que le catalogue de présentation.

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Filles de la Mer, Mary Lynn Bracht.


Synopsis:

Corée, 1943. Hana a vécu toute sa vie sous l’occupation japonaise. En tant que haenyeo, femme plongeuse en mer, elle jouit sur l’île de Jeju d’une indépendance que peu d’autres Coréennes peuvent encore revendiquer. Jusqu’au jour où Hana sauve sa sœur cadette, Emi, d’un soldat japonais et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d’autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie. Emi passera sa vie à chercher Hana et à essayer d’oublier le sacrifice que sa sœur a fait. Mais les haenyeo sont des femmes de pouvoir et de force…
Plus de soixante ans plus tard, Emi saura-t-elle affronter le passé et les horreurs de la guerre pour retrouver enfin la paix ?
« Un premier roman captivant et déchirant. » Booklist
*Prix coup de cœur Saint-Maur en poche 2018


Ce que j’ai ressenti:

  • Je n’étais pas prête…

Je n’étais pas prête à faire face à tant de souffrances, à la bestialité des hommes, à l’horreur d’une guerre. Je n’étais pas prête à voir des fleurs meurtries, à regarder en face la réalité de l’Histoire, à ressentir dans la chair la douleur des femmes. Filles de la mer est un roman déchirant qui dénonce le destin tragique des femmes coréennes, en pleine occupation japonaise. Des milliers de vies brisées, volées, violentées. Et le pire, c’est quand on les appelle « Femmes de réconfort », certaines n’étaient que des enfants…Derrière la douceur de ce titre, Filles de la mer , Mary Lynn Bracht revient sur un pan de l’histoire que certains essayent de camoufler, de renier, d’effacer comme si, ce phénomène n’avait jamais eu lieu…Alors, l’auteure ne nous épargne rien des violences et des scènes atroces, pour que le devoir de mémoire fasse entendre son chant malheureux, au-delà des frontières et des mers…Bouleversant. Je n’étais pas prête, mais comment aurais-je pu l’être?!

-Nous portions toutes des noms de fleur à la place de nos vrais prénoms.

  • La force de la mer…

Hana et Emi sont deux sœurs, unies par un lien fusionnel, élevées par une tradition aux valeurs fortes. Haenyeo, c’est une chance pour les femmes de ce pays, d’acquérir une certaine forme d’indépendance et d’entraide qui se transmet de mères en filles. Filles de la mer et femmes de cœur. Le charme de cette communauté matriarcale tient à ses rituels folkloriques et la beauté de leurs efforts à tirer le meilleur de la mer, à vivre en harmonie avec cet environnement insulaire. J’ai été fascinée par ses plongeuses et leurs vies faites de simplicité, mais plus encore par leurs forces de caractère. Malgré le thème difficile de ce temps de guerre en toile de fond, Mary Lynn Bracht apporte un esprit de liberté et des vents marins qui soufflent un peu de légèreté dans ses pages.

Les mouettes crient dans le ciel, ignorant tout ce qui se joue en dessous d’elles. Comme Hana aimerait que des ailes lui poussent pour s’envoler avec elles.

  • Et l’amour dans le silence…

Le plus souvent, j’ai lu ces pages en apnée, comme un lien invisible avec ses haenyeo. De Emi à Hana, de ces sœurs de coeur, de ces femmes-fleurs,  j’ai été touchée par le message de paix et le silence résilient qui les anime. Les guerres, les souffrances, les violences n’auront pas de prises sur Elles, puisque l’amour triomphe de tout, et Mary Lynn Bracht , dans ce premier roman, nous touche en plein cœur, en leur rendant un si bel hommage. Maintenant, je suis prête. Je suis prête à vous dire que cette histoire est un coup de coeur, et mérite une attention particulière, pour que ce drame ne soit plus jamais nié ou reproduit…Et, ce matin, dans un moment de recueillement, j’ouvrirai bien mes bras pour recueillir tous ces pétales de fleurs froissées, et les disperserai dans les vagues du net, pour que l’histoire de Filles de la mer arrive jusqu’à vous…

Les mots sont un pouvoir, lui avait dit un jour son père après lui avoir récité l’un de ses poèmes au message politique. Plus tu en connaîtras, plus tu auras de pouvoir. C’est pour cette raison que les Japonais ont banni notre langue natale. Ils limitent notre pouvoir en limitant nos mots.

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les Éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre!

 

Manuel de survie à l’usage des jeunes filles, Mick Kitson


Synopsis: 

Que font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville ?

Sal a préparé leur fuite pendant plus d’un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube. Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite sœur.

Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l’odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette sœur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins.

Un premier roman passionnant et tendre, qui parle de survie, de rédemption, et des vertus régénérantes de la nature. Une vraie réussite.


Ce que j’ai ressenti:

  • Des jeunes filles attendrissantes…

En plein coeur des Highlands, il se peut que vous entendiez une réminiscence d’écho de rires de jeunes filles, parce qu’une fois, que vous aurez découvert cette lecture, il est quasi certain que ces deux personnages vont continuer de hanter vos esprits. Elle s’appelle Sal, Salmarina Brown, elle a treize ans et un caractère bien trempé doublé d’une intelligence supérieure à la moyenne. C’est la grande soeur de Peppa, Paula Brown, dix ans, avec peut être un caractère encore plus pétillant et une langue bien pendue aux accents impétueux. Deux gamines, vivant au milieu des bois, à l’assaut de leurs aventures et qui tente de survivre dans le froid…Parce que la vie ne les a pas épargnées, elles se retrouvent à fuir leur quotidien cauchemardesque, mais elles n’ont rien perdu de leur malice. Alors on les regarde, ses deux enfants, avec de la tendresse au fond des yeux…

« Tu es magique Sal. »p168

« On n’oublie pas Peppa. » p217

  • …Mais qui, ne s’en laisse pas conter…

Mick Kitson a réussi à créer deux fillettes éblouissantes, sans doute pour illuminer le cadre bien noir dans lequel, elles évoluent entre violence et alcoolisme. Derrière les enfantillages, il y a une réalité difficile à vivre, à encaisser, à comprendre. Sal prend les rennes de sa vie et le destin de sa petite soeur, et devient une petite guerrière, débrouillarde et alerte, pour préserver ce qu’il leur reste d’innocence….Quand peu à peu, on découvre leur environnement familial, nos cœurs se serrent…Pourtant, à force de vidéos instructives, de lectures évasion et de respect envers la nature, le moment si délicat du passage de l’enfance à l’âge adulte se passe tout en douceur, presque sans fêlure irréversible…Elles sont fortes Sal-N-Peppa , avec un couteau et un Manuel de survie, elles trouvent la force intérieure de se construire un nouvel abri, un nouvel avenir, un petit éden…

« Et je croyais que ça marcherait parce que quand on croit que quelque chose va se produire alors ça se produit donc il faut faire attention à ce qu’on croit qu’il va se produire. »

  • …Bien cachées, au fin fond des bois…

J’ai particulièrement aimé que l’histoire se déroule en forêt et apprécié, que l’auteur ai saisi tout l’émerveillement des enfants devant la nature:  leur curiosité exacerbée par la faune et la flore en perpétuel mouvement, la force de leurs silences face à l’immensité, leurs colères éphémères devant les accrocs imprévus, l’amour naissant pour la Déesse Mère…Mick Kitson explore à sa manière et avec beaucoup de sensibilité, le Nature Writing dans son premier roman, et c’est plutôt époustouflant!

« En fait l’ensemble de la nature est la Déesse Mère elle-même et c’est elle qui crée et qui soigne toute forme de vie. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Camille et les éditions Metailié pour l’envoi de ce livre. Ce fut une bien jolie lecture.

 

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Trois fois la fin du monde, Sophie Divry.

 

Trois fois la fin du monde par Divry


Synopsis:

Après un braquage avec son frère qui se termine mal, Joseph Kamal est jeté en prison. Gardes et détenus rivalisent de brutalité, le jeune homme doit courber la tête et s’adapter. Il voudrait que ce cauchemar s’arrête. Une explosion nucléaire lui permet d’échapper à cet enfer. Joseph se cache dans la zone interdite. Poussé par un désir de solitude absolue, il s’installe dans une ferme désertée. Là, le temps s’arrête, il se construit une nouvelle vie avec un mouton et un chat, au cœur d’une nature qui le fascine.

Trois fois la fin du monde est une expérience de pensée, une ode envoûtante à la nature, l’histoire revisitée d’un Robinson Crusoé plongé jusqu’à la folie dans son îlot mental. L’écriture d’une force poétique remarquable, une tension permanente et une justesse psychologique saisissante rendent ce roman crépusculaire impressionnant de maîtrise.


Ce que j’ai ressenti:

  • Onde de choc fois trois/Onde de choc trois fois…

Perdre son frère, sa liberté, sa dignité pour une seule journée d’erreur de jeunesse, c’est le lourd fardeau que Joseph Kamal va payer, maintenant, entre les murs de cette prison. Condamné à subir la haine, démuni face à cette violence insensée. Sophie Divry nous emmène au coeur de ces cellules où les comportements sont désaxés, les relations déstructurées, l’air nauséabond, l’atmosphère irrespirable, et même, toi, lecteur, tu te prends en pleine face, la violence démesurée de ces établissements de l’ombre…C’est le premier uppercut qu’elle va t’infliger, et si, jamais tu te relèves encore, malgré la douleur, les blessures ouvertes, les failles béantes dans l’inconscient, elle ne s’arrêtera pas en si bon chemin…Elle te contera les enfers: trois fois. Trois fois trop bouleversant, trois fois trop bien, trois fois trop intense. A coups de plume percutante, à coups de caresse poétique, à coups de maux déchirants. Les mots justes, pour le dire…Que la fin du monde, peut prendre tellement de formes…

« Mais comment est-il fait celui qui laisserait perdre son frère sans prendre le risque de se perdre avec lui? »

  • Solitude et Mal-être…

Lecture en trois temps, mais juste le temps de retenir ma respiration, entre ses pages, je me suis perdue, avec plaisir, dans ces fins du monde, dans le monde des hommes, dans un monde sans hommes, dans le monde de Sophie Divry qui y sublime la Nature, et raconte la vie d’un homme égaré, ses états d’esprits, ses coups du sort. Dans le bruit ou dans le silence, c’est la solitude qui asphyxie Joseph : seul face aux autres, seul face à la catastrophe, seul face à l’environnement. Jamais bien tout seul, jamais bien seul, jamais bien…Une souffrance intime, un vide à combler, une vie aux multiples fractures. C’est une robinsonnade moderne qui touche de près, nos plus profondes angoisses…

« La peur s’efface, une ivresse la remplace. »

  • Retour aux sources…

J’ai beaucoup aimé la sensibilité et la plume de Sophie Divry. Elle peut décrire aussi bien la violence que les instants suspendus, la beauté d’un paysage que la virulence d’une échauffourée. Elle tend toujours vers un espoir, comme s’il était à portée de main, peu importe le lieu, le temps, la personne…Magnifique et époustouflant dans sa singularité, j’ai adoré cette lecture. A l’aube d’une des fins du monde, une si belle histoire contée avec délicatesse, ça promet encore quelques jolis instants à vivre, sur Terre….

 

« Oui c’est cela. Que les étoiles le prennent, que les étoiles l’aspirent, qu’il sombre dans le ciel. »

 

Ma note Plaisir de Lecture   9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Alina Gurdiel, Talya Chaumont, ainsi que les éditions Noir sur Blanc pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture bouleversante.

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Il n’en revint que trois, Gudbergur Bergsson

Il n'en revint que trois par Bergsson

Pourquoi je l’ai choisi:

J’aime à découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux auteurs…Depuis les énormes coup de cœurs de l’année 2017 dénichés chez les éditions Metailié , j’ai une totale confiance en leurs choix. Partir en Islande, en plein mois de Janvier, ça force l’ambiance…

Synopsis:

Une ferme perdue en Islande, à des kilomètres du premier village, entre un champ de lave, des montagnes et des rivages désolés. Le ciel est vide et les visiteurs sont rares.
Mais l’écho de la Deuxième Guerre mondiale ne va pas tarder à atteindre ses habitants. Soudain soldats, déserteurs, espions débarquent, mais aussi radio, route, bordels et dollars. Puis viendront les touristes. L’ordre ancien vacille et ne se relèvera jamais. 
Les personnages de Bergsson sont tout d’une pièce, rugueux et âpres comme la terre qui les a vus naître. Il y a ceux qui partent, ceux qui restent, ceux qui reviennent. Faut-il s’arracher à ce morceau de terre où rien ne pousse ? Ou guetter le renard en ignorant les secousses de l’histoire ? 
Un texte sec et fort qui décrit le basculement brutal de l’Islande dans la modernité, les bégaiements de l’histoire, la force magnétique de certains paysages, qui sont comme des gardiens de la tradition familiale : nul n’y échappe.

« Une histoire du peuple islandais du XXe siècle : le livre le plus fort et le plus remarquable de Gudbergur Bergsson. » Fréttabladid. 

Les personnages:

Il y a « Le vieux » « Les gamines » « La grand-mère » « Le fils » « le gamin »…Un choix original de pronoms pour désigner ses personnages, et sans doute une volonté de l’auteur de nous relier d’une façon plus  familière avec leurs émotions. Et c’est réussi, ils sont tous attachants dans leur manières: taiseux et résignés, mais également aimants et résilients, tout cela dans une pudeur savoureuse…

J’ai eu une petite préférence pour La grand-mère avec, sa volonté d’instruire ses protégées avec son livret, et  son immense détermination à le faire seule, même si les avenirs sont incertains, elle se bat contre l’ignorance…

Ce que j’ai ressenti:

J’ai une fascination pour les paysages enneigés…Une sorte d’attraction, que j’adore pouvoir ressentir en lecture. Cette fois-ci, je suis partie vers un horizon qui m’est encore inconnu, voir un peu les mentalités de ces fermiers qui vivent loin de tout… Si on se laisse séduire incontestablement par le panorama époustouflant du lieu dans laquelle la ferme se situe, la solitude tient quand même une grande place, et c’est sur ses habitants qu’elle abattra, son ombre mordante…Car, vivre dans en ces lieux, implique des sacrifices  qui se mesurent en pertes et en retrouvailles, en deuils et naissances, en fuites et retour aux racines. Un espace nourri en attentes interminables et petites joies éphémères, un temps qui s’étire en longueur, une nature impitoyable, et puis soudain, le grondement de la Seconde Guerre Mondiale qui vient perturber encore plus, cet équilibre fragile…Une ligne temporelle de monotonie qui joue des boucles, et aux points reliés, continue son Histoire: cette guerre redistribue les rôles, régurgite des objets nouveaux, et l’Islande se modernise lentement…L’auteur raconte avec finesse, les bouleversements de cette petite communauté, reculée…

On a besoin d’énergie qu’on soit en guerre ou en paix, la vie se nourrit de notre énergie et de celle de la nature, répondit le vieux, épuisé.

J’ai trouvé l’écriture de Gudbergur Bergsson très sensible et aussi, très riche. Un roman noir dans la blancheur des neiges, des destins sombres imbriqués dans l’âtre d’une ferme isolée. Dans cet espace réduit et une vie de labeur sans fin, il nous capte intensément avec le poids écrasant de cette continuelle patience inconsciente de « ceux qui restent »…Une patience aiguisée dans leurs contemplations de la faune et de la flore qui les bousculent, nourrie de la sagesse de ses temps de respect, rompue aux trop nombreux abandons de « ceux qui s’en vont »…Finalement, la magie de la  plume de Bergsson nous raconte milles trésors d’enseignements d’humilité,  et illumine dans leurs yeux, la joie de voir « ceux qui s’en reviennent » et…Il n’en revint que trois.

« Parce que être libre signifie à la fois jouir de certains droits et être garant de la liberté et des droits d’autrui. »

Une lecture qui ne se laisse pas apprivoiser facilement, à l’image de cette renarde blanche qui gambade autour de ses lignes et d’une grotte mystérieuse… Toute beauté se mérite, c’est bien connu, et ici, elle prend forme dans les reliefs escarpés de l’Islande… La patience sera une vertu nécessaire pour l’ultime récompense: le plaisir de saisir toute la poésie de ce nouveau roman fraîchement sorti pour cette rentrée littéraire de Janvier 2018.

Les lecteurs comme toi aiment les histoires qui sentent la poussière d’os.

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Métailié de leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture intéressante.

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Loups Solitaires, Serge Quadruppani.

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai une fascination pour le loup, et associé au plaisir de lire un polar contemporain de la collection Métailié Noir, ce choix me paraissait évident! Je trouve cette couverture juste magnifique.

Synopsis:

Pierre Dhiboun, membre des forces spéciales françaises infiltré dans un groupe djihadiste au nord du Mali, a disparu à son retour en France. Manifestement, il a déserté. Mais de quelle armée ? Beaucoup de monde aimerait le savoir : sa supérieure directe – une générale de gendarmerie qui ne rend compte qu’au président –, une mystérieuse organisation d’anciens contractants de toutes les guerres d’Orient et tous les services secrets français. Dhiboun est-il un loup solitaire ?
Or voici qu’il réapparaît près d’une base où les armées occidentales mènent d’étranges opérations à distance, aux côtés d’une rousse piquante et de son amant chirurgien en rupture de chirurgie.
Ce qui semblait une classique affaire de terrorisme cantonnée à des déserts lointains va muter brusquement en rencontrant le Limousin profond, ses marginaux foldingues, ses gendarmes clochemerlesques, et surtout ses animaux bien décidés à n’en faire qu’à leur tête.
Car un loup, un vrai, pénètre sur le plateau de Millevaches.

Ce que j’ai ressenti:…Une belle chasse contemporaine…

Entends-tu ce trot cadencé? Non, forcément, car c’est à pas de loup que Serge Quadruppani se déplace dans la forêt obscure du terrorisme, et qu’il traque sous couvert des arbres, l’ombre des djihadistes. Dans ce polar contemporain, aux thèmes plus que sensibles de l’actualité, il trottine avec la douceur de ses coussinets, mais la rage au ventre,  sur les territoires internationaux, devine les intentions des hautes sphères politiques, s’infiltre dans les réseaux sombres. Une petite touche d’audace par ci et, un humour mordant par là, c’est un réel plaisir de suivre ses Loups Solitaires.

J’ai beaucoup aimé le parallèle Nature/Humanité qui se dégage de ses pages. Entre la sauvagerie fascinante du loup, l’attachement des blaireaux, l’œil avisé du faucon ou les abeilles nerveuses, la faune nous étonnera toujours! Derrière cette apparence d’observation, on peut voir en miroir la complexité des comportements humains et Serge Quadruppani adore déstabiliser son lecteur à force de métaphores et de clins d’œil appuyés. Il joue de notre attention, de nos impressions, de notre concentration comme le ferait sans doute le chat Piano avec sa proie, mais l’auteur peut se faire Scorpion aussi, et balancer un dard de confusion dans vos esprits…

-Tu sais que la panique , ça vient de Pan, la divinité qui incarne les forces invisibles et mystérieuses de la nature?

Entre traque instinctive et chasse à l’homme, ce polar noir est un condensé d’énergie! L’auteur maîtrise , à coup de rebondissements hargneux, son intrigue explosive! En s’infiltrant dans l’ombre, il enchaîne les actions, les enjeux, les stratégies, et nous sert un roman d’espionnage vibrant, et dans ce jeu de dupes, ou les trahisons sont pléthores et les promesses rompues, il ne nous reste plus qu’à discerner le vrai du faux…Et c’est bien tout le plaisir du lecteur de chasser les doutes, pour espérer approcher de près la beauté du Loup.

« Je crois au besoin de croire. Je crois à la poésie qui exprime ce besoin. Je crois au besoin de règle. Mais je crois aussi à la règle du besoin. Et j’ai besoin de toi. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Métailié de leur confiance et pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture fascinante!

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Petit Renard, Nicolas Gouny

Couverture Petit Renard

Pourquoi nous l’avons choisi:

La couverture attire l’œil, et nous étions curieuses de voir où ce Petit Renard allait nous emmener….

Synopsis:

Petit Renard sort de son terrier et part à l’aventure.
Qui rencontrera-t-il ?

Ce que nous avons ressenti:…La Nature au service de la créativité…

En voilà, un très joli album! Toutes en feuilles automnales, et en petites explorations essentielles au développement de la curiosité…Un bonheur de lecture!!!!

Nous avons adoré cette petite histoire de découverte, d’aventure et de beauté artistique! Quel plaisir de voir ainsi la Nature sublimée, terrain de création et souffle d’imagination…J’ai adoré cette proposition d’illustration originale et colorée, tandis que Jazzelfique s’est beaucoup amusée à deviner les animaux cachés derrière ces feuilles…Je pense que c’est un bon moyen de sensibiliser les enfants au décor qui nous entoure, à l’image de ce Petit Renard, qui s’éloigne de son petit terrier…Notre Planète est belle, continuez à la mettre en valeur!!!

Quel joli moment passé à cette lecture, et bien sur, nous étions impatiente de nous mettre nous aussi à jouer le jeu proposé en fin d’album par l’auteur…Le duo Mère/Fille s’est donc lancé au ramassage de feuilles et de fleurs de la colline environnante…Donc voilà, je pense que ce petit livre a été une jolie impulsion: non seulement à la lecture et relecture, à la création artistique et à un très joli partage en famille …Pari réussi donc pour l’auteur!!!

Le petit plus de cet album: la qualité du papier! Nous sommes donc ravies de voir que Balivernes Editions apporte autant de soin à ses petits albums destinés aux tout-petits! C’est aussi agréable à la vue qu’au toucher de tourner ses pages! Merci de leur confiance et de ce partenariat!

Voici le résultat de la création de Jazzelfique et sa proposition d’ami à ce Petit Renard…

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La foret des 29, Irene Frain

Couverture La Forêt des 29

Pourquoi je l’ai choisi:

Qu’il est bon parfois de réarrangé sa bibliothèque personnelle….On tombe sur des merveilles oubliées…

Synopsis:

Cela se passait en Inde, il y a plus de cinq siècles. Dans ce pays aimé des poètes, les puissants ont tout saccagé. Pour leurs constructions mirifiques, ils ont déboisé les forêts, méprisé les forces de la terre et du ciel. Le vent s’engouffre dans les villages, la sécheresse s’installe, le fossé entre les riches et les pauvres devient intolérable, la misère rôde, la vie est en danger. Pourtant chacun courbe l’échine… Un jeune paysan va refuser la fatalité. Rejeté par les siens, Djambo a rejoint le peuple des Errants, connu la faim, la soif, la passion et l’inanité des rêves d’abondance. Avec quelques vagabonds, il fonde une communauté dont la survie tient à 29 principes simples. Leur ligne directrice : le respect de la Nature et de tous les êtres humains. Ces principes vont permettre au Pays de la Mort de ressusciter.

Les personnages:

Djambo, est un homme qui mérite notre respect, toute notre admiration. Son destin hors du commun, était passionnant à lire. Pas tout à fait, un prophète, pas totalement un maître spirituel, mais un homme qu’il nous faut suivre sans aucun doute. Je pense que ces résonances devraient être appliquées par chacun des humains vivants sur notre si belle planète bleue, et que de suite, le monde s’en porterait mieux.

Il s’est relevé et a regagné la route.En simple passager de la vie, comme il se savait désormais. Convaincu qu’il n’était pas grand chose. Le simple maillon d’une chaîne de vivants. Mais qui était mortelle, elle aussi. p275

Ce que j’ai ressenti…Une sérénité spirituelle….

Si tu n’imagines rien, ta vie reste comme elle est, immobile. p197

Ce livre a été pour moi, une grande découverte, autant qu’une formidable expérience de conscience de la Nature. Déjà, ultra sensible à l’environnement, et essayant de respecter autant que possible toutes directives qui ne nuirait pas à la planète, je pense que l’Enseignement des 29 a de quoi nous faire culpabiliser. Leurs 29 principes des Bishnois sont si limpides, si logiques et tellement spirituels, que s’y confronter nous éveille à un état de conscience accrue, voire même de méditation active.

Recommençons, comme avant, à nous mettre à l’écoute du ciel, des animaux, des nuages, des arbres, des insectes, des serpents, des fleurs, des plantes. Et puisque la vie et l’eau sont les seules vérités qui tiennent, occupons nous de la vie et de l’eau. p294.

Quand on y pense, ce n’est pas si dur, de vivre en harmonie avec la Nature, ce n’est pas si dur de choisir la Vie, sauf que pour cela, il faut se battre, défendre les Arbres au péril de sa vie. C’est ce qui m’a le plus fait mal physiquement autant qu’émotionnellement: le massacre des KheJarli. Le monde d’aujourd’hui court à sa perte, s’autodétruit à l’échelle grand V, toujours plus avide d’argent, n’ayant pas saisi que la seule vraie valeur de la Terre c’est : l’EAU. Je pleure aujourd’hui pour tous ses morts, ses sacrifiés, ses innocents défenseurs de l’évidence d’une vie. J’ai pleuré certes à ma lecture mais, je pleure encore aujourd’hui, car malheureusement le combat n’est jamais fini. Djambo, c’était il y a cinq siècles, mais à l’heure actuelle, un autre homme se bat pour les arbres d’Amazonie: Raoni. Son combat est loin d’être gagné , je vous laisse aller voir son site.

Ici l’auteure met en l’eau toute la richesse évidente, mais aussi, en parallèle,  une valeur plus métaphorique. C’est donc abreuvé de cette source qu’on suit le destin d’un homme hors du commun. Notre âme s’éveille, notre esprit est régénéré, nos sens s’accélèrent. Bref, notre corps est sensible à cet enseignement et en la beauté d’une telle Vérité.

Si l’on a pas bu l’Eau du Passé, si l’on n’est pas allé se désaltérer aux récits des Vieilles époques, on ne sait rien des hommes ni de la vie. p17

Vous l’aurez compris, ce livre a été une révélation. Non seulement il était intéressant de par son Histoire, mais il y avait dedans une grande poésie, une puissance narrative qui touche au cœur, un enjeu qu’il nous faudrait saisir avant le point de non retour.

Ma note Plaisir de lecture fee clochette 10/10

Le Journal intime d’un arbre, Didier Van Cauwelaert

Couverture Le Journal intime d'un arbre

Pourquoi je l’ai choisi:

Je sors ce livre des profondeurs de ma PAL grâce au challenge du Baccalauréat Littéraire auquel je m’éclate!!!

Synopsis:

« On m’appelle Tristan, j’ai trois cents ans et j’ai connu toute la gamme des émotions humaines.
Je suis tombé au lever du jour. Une nouvelle vie commence pour moi – mais sous quelle forme ? Ma conscience et ma mémoire habiteront-elles chacune de mes bûches, ou la statuette qu’une jeune fille a sculptée dans mon bois ? Ballotté entre les secrets de mon passé et les rebondissements du présent, lié malgré moi au devenir des deux amants dont je fus la passion commune, j’essaie de comprendre pourquoi je survis.
Ai-je une utilité, une mission, un moyen d’agir sur le destin de ceux qui m’ont aimé ? »

Les personnages:

Tristan, quel bel arbre, quel fantastique personnage !!!!Ce poirier est devenu un être magique a part entière ….J’aurais apprécié que sa relation avec Isolde soit plus exploitée, je les trouvais trop mignons…..

Ce que j’ai ressenti:

Je pense que ce livre est une lecture plaisante avec une idée de départ très originale. Cependant, j’ai trouvé que les meilleures idées n’étaient pas assez exploitées …Quel dommage! L’écriture est tout de même assez fluide, donc ça reste une lecture été divertissante…

Je parlerai du point le plus positif du livre: la personnification de cet arbre, ses moyens de communication, ses pensées…Donner la parole à un arbre, une voix à la nature et un réel pouvoir qui agissent sur les humains étaient de loin l’aspect le plus intéressant de ce livre…J’ai aimé entendre cet arbre, ses ressentis, son besoin d’être un compagnon de vie , son envie de partager avec les humains…Lui aussi veut échapper au néant de l’après vie, il se sent concerné par le destin des êtres qui l’ont entouré, mais surtout aimerai faire passer  le message que la Nature et les humains doivent agir main dans la main.

Malgré cela , j’ai été déçue de ce journal, car a mon avis, on est loin du journal intime, ce n’est pas tout a fait les impressions d’un arbre mais plutôt un fil de l’imagination De Yannis qui extrapole beaucoup sur des événements marquants de l’histoire mais c’est trop survole, pas assez approfondi…Peut être aurait-il fallu mettre moins de faits mais les rendre plus vivants?….J’ai vraiment eu du mal avec les personnages qui gravitent autour de Tristan avec leur morale un peu déviante: je ne m’étendrai pas sur le sujet car je préfère les êtres de valeurs….

 

Ma note fee clochette 5/10

 

En Féérie, il brille quelques poussières…

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