Préférer l’Hiver, Aurélie Jeannin.

Synopsis:

À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au coeur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte.
Dans un rythme tendu et une langue concise et précise qui rend grâce à la Nature jusqu’à son extrémité la plus sauvage, Aurélie Jeannin, dont c’est le premier roman, signe un texte comme une mélancolie blanche, aussi puissant qu’envoûtant.

« Une aventure humaine, profonde, poétique, inoubliable.»

Ce que j’ai ressenti:

Tu es tout ce qu’il me reste, l’Hiver. En ville, c’est insupportable, alors je préfère… M’éloigner, me recentrer…Je me suis donc perchée sur la plus haute branche de l’arbre et j’ai contemplé la beauté d’une œuvre: Préférer L’Hiver.

Je ne savais pas qu’on pouvait mettre tout son être au bord de son cœur…Aurélie Jeannin m’y a invitée et aussi fou que cela puisse paraître, je dédie à son livre, cette déclaration d’amour…Je veux tellement être excessive, pour une fois. J’ai succombé à l’Hiver, juste pour éprouver la connexion, pour appréhender les émotions en dormance. Je me suis jetée contre les parois de mon âme pour deviner la force de mon Intérieur. En explorant les bienfaits de l’immobilité, j’ai touché un peu du froid, libéré les silences… Je me suis offerte à l’hibernation sans aucune retenue, j’ai connu la paix dans les marges, j’ai trouvé un trésor dans ces pages…

De toute façon, je n’aurais rien voulu de moins que tout ça. J’ai aimé démesurément les creux et les bosses, le blanc et le silence, les cicatrices et la toile interconnectée, le froid et les lectures du soir, les arbres et les racines, l’évidence et la résilience. J’ai même Préférer l’hiver, à toute autre saison. J’aurai voulu un petit coin dans leur cabane, et même le ragondin je l’aurais adopter… Je n’aurais rien voulu de moins que tous les mots splendides de Aurélie Jeannin, tout le sublime des émotions qu’elle nous communique. J’ai embrassé la forêt, embraser mes émois dans ceux de ces femmes. Je n’ai pas reculé devant la rage, ni le chagrin, je les ai accueilli à bras ouverts. De toute façon, je n’aurai rien voulu de moins que de me perdre dans leurs labyrinthes, faire coller le mien aux leurs, parce que le temps de cette lecture, l’hiver te saisit bien trop intensément, et il ne peut en être autrement. Je n’aurai rien voulu de moins que le coup de cœur que j’ai ressenti…

Je me suis épuisée au cœur de mon être à trop vouloir comprendre. Comprendre moi et puis Elles. Si semblables et si différentes. Si entières et si mystérieuses. Autant volcaniques, étonnamment hypersensibles. Mère et fille, femme et vivante, et quelque part dans tout ça, moi… Elles et moi, si profondément mères et femmes, écorchées dans nos écorces. J’ai attrapé des vérités de moi en elles, donné mes parts d’amour pour soigner leurs plaies, essayé de nous atténuer la douleur du deuil. Ensemble, souffrir en communion du manque. Force est de constater qu’il n’y avait rien à comprendre, juste à ressentir. J’étais là avec elles, et ce temps cristallisé devient précieux. C’est toute la puissance de ce livre, comme elle vient te percuter sans que tu puisses l’intellectualiser. C’est à prendre et à n’en rien laisser parce que des lectures envoûtantes comme ça, il y en a si peu…

Je me suis assise auprès de mon cœur, tout à côté du précipice et j’ai fait une traversée éprouvante mais je confirme que j’ai toujours Préférer l’Hiver.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

J’aurais pu devenir millionnaire j’ai choisi d’être vagabond Alexis Jenni.

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Synopsis:

Né en Écosse en 1838, débarqué à 10 ans dans la région des Grands Lacs, aux États-Unis, le jeune Muir s’échine chaque jour dans les champs et lève parfois la tête pour regarder la nature environnante qui l’émerveille. Le soir, il imagine et crée des objets mécaniques qu’il présente ensuite en ville comme, par exemple, cet appareil pour le sortir automatiquement du lit à l’heure du lever. Très vite, John Muir s’interroge sur le sens de cette vie de labeur, alors qu’il pourrait vivre en autonomie dans la nature. Il quitte le Wisconsin, sillonne le pays à pied du nord au sud et d’est en ouest, participe aux transhumances de bergers isolés, vit en ermite dans les bois, fasciné et nourri par la vie qui l’entoure. Dans la Californie de la ruée vers l’or, on fait fortune en creusant une dette écologique abyssale, que personne ne voit encore. Sauf Muir, qui la pressent grâce à son attention aux hommes et son amour du paysage. Figure mythique aux États-Unis, fondateur des parcs nationaux, sauveur du Yosemite, John Muir posa clairement la question du sens de la vie dans la nouvelle société industrielle et industrieuse et il y a répondu, par son mode de vie, en termes tout aussi clairs. Ancêtre du concept d’écologie, il fut, selon Roosevelt, « l’homme le plus libre que j’ai jamais rencontré ».

Ce que j’ai ressenti:

🌳John Muir, cet homme admirable.

Ce titre, c’est la phrase de John Muir. La vie de John Muir est une inspiration. Vagabonder a été son leitmotiv, la liberté, sa compagne de vie. Il a une façon totalement différente de voir et d’appréhender le monde qui est tout à fait fascinante. Je comprends tellement Alexis Jenni qui lui rend hommage avec ce livre, parce qu’effectivement cet homme délaisse toutes les plus viles ambitions pour se consacrer à promouvoir l’utilité et la nécessité des forêts. Je ne crois pas qu’il y est plus beau combat sur terre. Plus je découvrais sa vie, plus je lisais ses poésies, plus je voyais sa bienveillance, et plus j’étais admirative. Surtout au vu de l’actualité de ces derniers mois, il me semble très important de mettre la lumière sur ces personnalités d’hier et d’aujourd’hui, qui font bouger les choses et nous pousse à mieux réfléchir à nos actions et comprendre l’impact qu’elles ont sur notre planète. Il a passé sa vie à arpenter les forêts, à défendre les espaces sauvages, il s’est battu pour faire comprendre que tout être végétal et animal doit être respecté au même titre qu’une vie humaine.

Le métier de Muir? Vagabond. Son activité? Vagabonder. Sa vocation? Le vagabondage.

🌳John Muir, cet homme aux multiples talents.

John Muir n’est pas seulement un vagabond illuminé et sensible à l’environnement. Non, c’est un homme avec une intelligence démesurée, avant-gardiste mais il est aussi profondément désintéressé. Il est naturaliste, poète, inventeur, artiste, contremaître, botaniste, ingénieur…Un génie qui se diversifie pour les attentes de la société, mais lui, ne voue qu’amour à la nature. Plus que tout, c’est un homme amoureux de tous les êtres vivants. Il n’a pas peur de se confronter aux déchaînements des éléments, à la faim, au danger, à la solitude pour vivre en harmonie avec le concept authentique de vie sauvage. Seul à marcher et dormir à même la terre, seul avec rien pour vivre, seul mais surtout libre. Libre de toute attache superficielle. Une philosophie spirituelle qu’il se plaît à mener naturellement, avec un courage exemplaire.

Le monde a besoin des forêts.

🌳John Muir ou l’émerveillement…

Cet homme a su tomber en amour devant le miracle de la création, sentir jusque dans son corps la connexion avec la nature et le transmettre dans ses écrits avec humour et passion. C’etait un homme émerveillé. Et l’émerveillement, par bonheur, ça se transmet. De l’admiration sans borne que Alexis Jenni nous démontre pour John Muir jusqu’à nous, prenez le temps de vous émerveiller aussi devant la beauté d’une forêt, sentir les vertiges des panoramas sauvages et entendre les murmures des séquoias…Attrapez l’émerveillement en allant en forêt, peut-être même qu’il vous apparaîtra au détour d’une clairière, sait-on jamais…Personnellement, j’ai été émerveillée par la façon démente et extraordinaire de vivre aussi libre que John Muir.

Comment dire un bonheur?

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Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Paulsen pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Editions Paulsen

Terres Fauves, Patrice Gain.


Synopsis:

« Quand le soleil est passé derrière les sommets et que les eaux de la baie sont devenues noires, j’ai compris que personne ne reviendrait me chercher. »
Missionné par son éditeur, David McCae, écrivain new-yorkais, se retrouve parachuté du jour au lendemain en Alaska pour terminer les mémoires du gouverneur de l’État de NY. Afin d’étoffer un chapitre élogieux, il doit recueillir les confidences d’un alpiniste de renommée mondiale et ami proche de l’homme politique. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Plus adepte du lever de coude que de l’amabilité, l’aventurier n’en est pas moins disert et David en apprend beaucoup. Trop. Seul et démuni, dans une nature austère et glaciale, le prête-plume va devoir apprendre à sauver sa peau…


Ce que j’ai ressenti:

Je suis d’humeur animale. D’humeur à réveiller l’ours qui sommeille en moi. En promenant mes ailes sur Terres Fauves, il y a eu un choc. Thermique et épidermique. J’ai bien dû crier. De l’homme à l’animal ou de l’animal à l’homme, il y a eu quelque chose de sauvage dans ces pages. Paralysée par la peur et pétrifiée par ces moments intenses de solitude, Valdez m’a donné l’impression d’être un lieu de tous les dangers. J’ai manqué défaillir sur des mots incisifs, devant l’élégance de cette nature hostile, et surtout face à la part animale en chaque homme. J’ai bien dû crier, mais je ne m’en souviens pas, parce que c’était le cauchemar de David McCae, mais c’est mon sang qui faisait des tours…La peur est transmissible. Hautement contagieuse, comme l’élan fou à se risquer sur les plus grands sommets. Il faut bien aller frôler les limites du corps et de l’esprit, pour voir s’éveiller le fauve…

Il débarque les gars ici et moi je regarde la nature les prendre. Des fois j’aide un peu.

Tant d’horreurs et de beautés en Alaska, c’est terriblement exaltant. Ce roman noir, c’est avant tout des sensations puissantes. C’est vraiment ce que je retiendrai de cette lecture intense. De l’homme face au vide, au froid, à la nature, au monde animal. Patrice Gain nous offre quelques instants d’émotions pures de vertige. J’ai bien dû crier. Essayer d’expulser cette part animale qui est venue se rappeler à moi, quand on s’approche de trop près de nos plus grandes angoisses…

-Des fois, les mots, ça venge.

Je suis d’humeur animale. Un mot, c’est comme un cri. Et là, nous avons 254 pages de mots écrits. Donc je crie encore, avec force et détermination. Par instinct, par survie. Terres Fauves est rentré en moi par effraction. Et il en a laissé un peu de terre remuée avec quelques poussières d’os, et une porte ouverte sur ce qu’il y a de pire en l’homme. J’y ai même croisé un ours. Je ne saurai dire ce qui m’a effrayée le plus…À découvrir de toute urgence!

Dans la seconde, j’ai senti la terre vibrer et un éclair fauve a traversé l’espace. 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement William ainsi que les éditions Le Livre de Poche pour leur confiance et cet envoi spécial « Fauve ».

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Rouge Tango, Charles Aubert.


Synopsis:

Niels Hogan s’est retiré loin du monde, dans une cabane de pêcheurs, au cœur d’un Sud encore sauvage. Quarantenaire bourru, il n’a que peu d’amis : son voisin Vieux Bob, pêcheur lui aussi, la fille de Bob, la détonante Lizzie, et le jeune geek Malik. Alors, quand ce dernier est porté disparu, il n’en faut pas plus pour que notre héros ordinaire reprenne du service. Son enquête le conduira sur la piste d’une vieille affaire liée au grand banditisme marseillais. De dangereux personnages viendront s’inviter à la fête, et troubler la vie si paisible que Niels s’est choisie.


Ce que j’ai ressenti:

Danse le rouge, 

Soupire le temps

Et l’étang se calcine…

*Stelphique*

▪️On pourrait vivre tout simplement…

Dans une cabane, au bord de l’étang Moures, à fabriquer des leurres pour la pêche, on aimerait bien vivre aussi sereinement que Niels…Quelle joie de retrouver ce personnage dans une nouvelle enquête palpitante. Comme dans Bleu Calypso, il semblerait que le destin avait d’autres projets que de le laisser se prélasser dans son kayak, en solitaire…Les tornades et les cadavres viennent distraire la quiétude de Niels et c’est avec joie que je me suis replongée dans l’univers polar serein et poétique de Charles Aubert. Les descriptions sont sublimes et apaisantes tout comme l’énergie positive qui se dégage de cette atmosphère. C’est un plaisir de lire autant de douceur et de bienveillance, aux côtés de ces personnages attachants. Et puis que de révélations! On se plait à les suivre dans leurs histoires d’amitiés et de cœur, même si l’heure est grave et que la montre semble plus que redoutable…

Ce monde était désespérant. On aurait dit qu’il était plus attiré par l’obscurité que par la lumière.

▪️Coincé dans un entre-deux…

De Montpellier à Marseille, Niels et sa bande d’amis subissent les souvenirs du passé…Ils s’invitent tous dans le présent de manière intrusive et violente. Et que de rebondissements! Tic-tac. Pas le temps de se reposer ou de soigner un lumbago, de méditer ou de d’apprécier un rituel de thé, il va falloir retrouver un membre de la bande et dénicher quelques secrets dans un timing très serré, dans les bas-fonds du net ou ceux de Marseille. Et vous savez, comme j’aime cette ville plus que tout, alors je me suis régalée de bout en bout, parce qu’il y a un charme fou à lire des histoires dans sa ville préférée, à découvrir les lieux dans les yeux d’un autre. J’ai apprécié chaque minute de ce polar parce qu’il est maîtrisé, surprenant, rythmé jusqu’au final…Tic-tac. C’est l’heure de se dépêcher et vous précipiter pour mettre la main sur un leurre Rouge Tango!

Il faut penser à se ranger, à laisser derrière soi autre chose que du sang et des larmes.

▪️A regarder, un ciel s’embraser…

Il me la fallait cette reconnexion. Il me fallait la sérénité et la méditation contemplative que Charles Aubert a l’art d’installer dans ses lignes. Juste pour commencer en beauté cette année, ce polar est une belle pêche. C’était sans doute un des livres que j’attendais le plus pour cette rentrée 2020, et je suis comblée par cette suite. Si le meilleur reste encore à venir, alors j’ai vraiment hâte de voir du vert, Monsieur Aubert! D’une autre manière, mais tout aussi intensément, après le coup de cœur en Bleu, j’ai adoré le Rouge. En attendant, je m’en irai bien admirer un coucher de soleil sur l’étang Moures, pour être au plus près de cette philosophie apaisante qui anime Niels…

Ce paysage était invraisemblable, je n’arrivais pas à m’en lasser. De l’eau partout et un ciel très haut, très bleu. Ces jeux de miroirs et ces espaces infinis donnaient une impression de vertige.

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Marion ainsi que les éditions Slatkine et Compagnie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Au-delà de l’horizon et autres nouvelles, Franck Thilliez.

Au-delà de l'horizon et autres nouvelles par Thilliez


Synopsis:

Voilà quelques mois que Marc, un exobiologiste français, a intégré la mission Acheron II aux côtés de cinq autres scientifiques internationaux. Leur but ? Étudier la possibilité d’une vie en autosuffisance sur Mars. Ils ne peuvent compter que sur leur ingéniosité, leur bon sens et leur intelligence pour mener à bien leur mission. Mais très vite, ils se sentent observés et perdent peu à peu le fil de la raison…
Bienvenue dans l’univers de Franck Thilliez au pays des énigmes, du double, de l’anticipation, de la science et de la machination…


Ce que j’ai ressenti:

Clinique Elfique

2 Impasse de la lecture

8210013456 Air Bulle

                                                               Monsieur Thilliez,

Toute l’équipe Elfique vous adresse cette lettre en dernier recours. En effet, nous avons perdu à ce jour, notre plus scintillante fée Stelphique, Au-delà de l’horizon semble-t-il, et nous sommes sans nouvelles, d’elle. Peut être pourriez-vous faire quelque chose? Traverser le temps, créer une illusion, un autre tunnel imaginaire, que sais-je?! Un moyen pour qu’elle revienne parmi nous…

Tout c’était pourtant déroulé à merveille, nous étions heureux de la retrouver dans nos locaux et j’imagine que vous aussi. On aurait été heureux de vous transmettre l’expérience Nautilus avec toutes les notifications de ces impressions de lectures et les données sensorielles…

Or, il y a eu un basculement avec cette mission sur Mars…

D’un coup, la réalité c’est comme inversée dans son imaginaire. Elle a commencé à écrire un journal de bord et je vous laisse les pièces à convictions en pièce jointe. Voyez par vous même, comme c’est terriblement inquiétant!

Les nouvelles se sont faites de plus en plus sanglantes, Hostiles, récurrentes, frétillantes et sauvages, doubles et dangereuses, croisées et jusqu’au dernier tour, elle parlait de rouler jusqu’à la mort…Imaginez notre inquiétude! Et le Grand Voyage semble avoir pris toute son ampleur dans ses derniers mots…Je vous laisse constater par vous-même, cette page qui reste à peu près lisible, tellement on accuse des délires dans ses autres confidences, à son journal de bord, au jour 123….

Regardez ça! Elle dit qu’il n’y aura pas de « À demain! » Pourtant, on avait mis à son chevet une petite fée qui venait la réveiller chaque matin! Une petite fée pour être à ses petits soins et qui lui retirait même des lettres à son alphabet pour éviter les affections physiques et psychologiques que vous aviez déjà pu constater lors des précédents séjours dans cette clinique. (CFRêver/ Pandemia..)

Mais rien n’y a fait, le point Origines a été déplacé dans l’espace et le temps et les nouvelles agissent encore dans son esprit comme un Ourobouros. Elle criait et se tordait de douleurs pendant ses nuits. Elle nous disait voir des apparitions de gamins et des bulles qui prenaient forme et vie, dans un scintillement infernal. On aurait même cru pendant un moment, que notre amie Stelphique se serait même scarifiée, tellement elle paraissait anémiée. S’il vous plaît, Monsieur Thilliez, stoppez cette folie talentueuse que vous mettez dans vos lignes! Vous n’avez pas idée comme la passion peut atteindre notre fée! Si elle se délestait de son précieux sang féerique, ça serait un désastre!

Elle s’est envolée comme ça dans un éclair blanc. Avec la certitude que « si elle n’existait pas, alors nous non plus »!!!!Vous rendez-vous compte?!…Elle pouvait rêver ici. Elle était dans le terminal Imaginaire, persuadée de votre génie. Elle le criait sur tous les toits. Son cœur qu’elle disait, « son Coup de Cœur ». C’est à n’y rien comprendre…

Maintenant, elle a volé vers Au-delà de l’horizon et n’est pas revenue. 12 nouvelles, pas une d’elle. Pas une aile de fée en retour.

Maintenant, c’est le silence. Seul le silence.

Venez-nous en aide, Monsieur Thilliez, le monde elfique vous en supplie: refaites un recueil! Faites-la revenir de cet horizon qui nous l’a prise et pas encore rendue…Notre Stelphique a disparu entre Mars et Scylla. Retrouvez-là, Monsieur Thilliez, recréez un tunnel inverse qu’elle pourra emprunter pour nous revenir…Tout le monde elfique vous en serait éternellement reconnaissant…

Cordialement,

L’équipe Clinique Elfique.

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 10/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

pocket

Attraper les nuages, Anne Quéméré.

Attraper les nuages par Quéméré


Synopsis:

Anne Quéméré est devenue une habituée du Grand Nord canadien. Depuis 2014, elle retourne régulièrement dans les Territoires du Nord-Ouest et plus particulièrement à Tuktoyaktuk, petit hameau installé sur les rives de la mer de Beaufort. De ces nombreux séjours là-haut, aux confins du monde elle a rapporté une moisson de photographies. La Nature, la communauté inuvialuit qui y habite, la faune, la flore, tout est sujet à découverte et questionnement.

Les Inuits doivent aujourd’hui faire face à d’importants changements qui aussi bien climatiques que culturels. Les photos et les textes qui les accompagnent nous éclairent sur leur destin, qui est lié au nôtre : « Beaucoup pensent là-bas que Tuktoyaktuk n’existera plus d’ici 15 ou 20 ans… » dit-elle.


Ce que j’ai ressenti:

Tout d’abord, j’aimerai vous dire que j’ai choisi ce livre pour le titre…Avec ma fille qui voulait connaitre leurs noms et mon admiration pour le ciel et ses spectacles journaliers, j’étais curieuse de l’idée de pouvoir saisir un nuage. Je les ai cherché…J’ai essayé de voir si je pouvais maîtriser la technique pour les attraper enfin…Mais finalement, ce titre m’a fait miroiter un mirage que je n’ai pas vu dans ces pages…Une seule phrase pour évoquer l’idée, c’est un peu léger…

Là-haut, j’ai souvent tendu le bras pour attraper les nuages que la magie arctique déposait à portée de ma main.

En revanche, ici s’arrête ma déception sur cette attente qui se cachait derrière ce titre puisque je peux vous le dire, j’ai été touchée par cette aventure dans L’Arctique racontée et capturée en image par Anne Quéméré. Mais que de beauté et de sensibilité! Je ne pensais être aussi agréablement surprise par ce livre, et pourtant, il est tout simplement magnifique.

Je suis tombée en amour avec l’Arctique canadien. Un véritable coup de foudre. Inattendu, intense, irrésistible. Le cœur qui commence à battre fort, le regard qui s’illumine et cette soudaine sensation de comprendre que là se trouve enfin mon Graal…

Anne Quéméré entreprend un voyage qui sort complètement de l’ordinaire et nous le raconte entre souvenirs et émerveillement sincère. J’ai adoré sa plume, les citations qui guident son chemin, le cœur qu’elle met dans chacun de ses pas en ce pays froid, son intention de parler d’un peuple qui dépérit fatalement et d’un morceau de terre glacée qui disparaît à vue d’œil. C’est saisissant. Elle nous parle de la nature et ses éclatants dégradés de couleurs et nous fait voir aussi les conséquences du dérèglement climatique. C’est un livre d’aventure, la sienne, celle qu’elle a décidée de vivre dans les silences givrés mais aussi dans un souci de sensibilisation au monde: le grand Nord se métamorphose à une vitesse ahurissante et c’est toute la faune et la flore qui subissent les erreurs des hommes…

Les scènes se succèdent avec lenteur. Plaisir de l’observation, sensation d’une harmonie parfaite, d’un orchestre sans fausse note, devant moi, ce sont des couleurs, des lumières, des sons qui remplissent la spectatrice attentive que je suis. J’étais en quête d’authentique, je suis servie.

C’est un beau livre-objet. Au sens où les photographies sont sublimes et mette en lumière ce continent mystérieux. Quand on pense qu’elles ont été prises dans des conditions difficiles pour capturer un instant de la nature, ça force cet effet de contemplation et d’admiration. Il y a un calme et une magie qui se dégagent de ses photos qu’on sentirait presque le silence à travers le papier glacé.

C’était une belle découverte. Un livre à mettre entre toutes les mains, de l’aventurier en herbe aux fervents écologistes, du curieux aux amoureux de la nature, cette lecture est vraiment passionnante. Je vous le recommande vivement.

Les bouleversements climatiques actuels ne touchent pas uniquement l’environnement. Ils sont une réalité très préoccupante pour tous les Inuits qui voient leur pays fondre sous leurs yeux.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Locus Solus pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Babelio

Bretagne Locus Solus édition Edition éditions

Sleeping Beauties, Stephen et Owen King.

Couverture Sleeping beauties


Synopsis:

Un phénomène inexplicable s’empare des femmes à travers la planète : une sorte de cocon les enveloppe durant leur sommeil et si l’on tente de les réveiller, on prend le risque de les transformer en véritables furies vengeresses.
Bientôt, presque toutes les femmes sont touchées par la fièvre Aurora et le monde est livré à la violence des hommes.
À Dooling, petite ville des Appalaches, une seule femme semble immunisée contre cette maladie. Cas d’étude pour la science ou créature démoniaque, la mystérieuse Evie échappera-t-elle à la fureur des hommes dans un monde qui les prive soudainement de femmes ?


Ce que j’ai ressenti:

🦋Salut, Beauté.

– “Dormir, c’est comme être mort.”

Salut à vous, mes beautés. Vous qui êtes derrière vos écrans, encore là bien réveillées. Pas encore frappées par le phénomène Aurora, pas encore victimes des cocons enveloppants. La fièvre a pourtant frappée la moitié déjà de la surface de la terre, mais il y a encore une petite ville qui résiste, Dooling. C’est là que je t’emmène…Salut, Beauté.

Pour toutes les femmes du monde, au Premier Jour d’Aurora, il n’y avait pas de temps à perdre.

🦋Salut, Beauté. Il se pourrait bien que si tu es dotée de sexe féminin, l’heure soit venue pour toi de faire de jolis rêves où la folie des hommes n’aurait plus lieu d’être. C’est ainsi que Stephen King et son fils Owen nous ont créé un tout nouveau tout beau, petit coin d’exil pour les dames, avec un choix important à faire…Le monde actuel dans cette histoire hors du commun, devra donc faire avec la violence des hommes, et la disparition des femmes…Quel rêve étrange, mes beautés. C’est presque fantastique et puis c’est aussi un peu horrifiant, non?! Qu’est-ce que t’en pense, hein, Beauté?

[…] le verbe aimer est un mot dangereux quand il sort de la bouche des hommes.

🦋Si certaines se sont endormies, en revanche, moi j’ai pris le temps de lire ce Stephen King, pendant mes heures d’insomnies. Et c’était délicieux. J’ai retrouvé de la saveur d’antan à lire avec plaisir mon auteur préféré, avec une lenteur exquise. Parce qu’avec le King, il y a toujours cette saveur particulière de savoir que tu lis un bon livre et de pouvoir développer ton imaginaire avec son pouvoir d’immersion inimitable. C’est presque magique, cette sensation. Et là, la magie a encore opérée. Il décrit à merveille ces tranches de vies, les gens et leurs comportements, que même une page ou deux par soir, c’est déjà une richesse de lecture. Même sur une scène, il me fascine, alors, imagine Beauté, sur un bouquin de 800 pages…Je te raconte même pas comme l’effet se décuple!

Même dans le sommeil il y avait des prisons, évidemment.

🦋En choisissant de parler de l’univers carcéral, Stephen King évoque des sentiments troubles comme la culpabilité, le regret, les dangers de l’amour et de la haine, mais surtout, la violence que tout un chacun porte en lui. Et c’est en cela que ça en devient passionnant, toutes ses émotions qui se mélangent. La violence au féminin n’est pas la même que celle au masculin, mais elles se répondent l’une et l’autre dans une danse infernale, s’alternent, s’enflamment toujours plus, pour en arriver à des grands moments de fureurs atroces. Cette prison pour femmes est le point stratégique de ce roman. Un lieu de passions et d’entraides, un refuge et une place à détruire…Ce n’est pas courant, (dans mes lectures du moins), que je rentre ainsi dans une prison pour femmes et l’effet a été assez déstabilisant mais j’aimerai bien en lire d’autres, pour me confronter à ce type de sujets forts en émotions…

Tu ne peux pas ne rien avoir à foutre d’un carré de lumière.

~ Reese Marie Dempster, détenue matricule 4602597-2 ~

*Centre de détention pour femmes de Dooling*

🦋Et tu sais pourquoi, j’ai adoré cette lecture, Beauté? Parce qu’elle est étonnamment féministe mais aussi intensément poétique. La délicatesse des ailes de papillons et la fragilité des mouchoirs de fées apporte une ambiance enchantée qui m’a beaucoup plu. Mais c’est cette solidarité féminine et la résilience de toutes ses femmes qui m’ont profondément touchée dans ces pages. Dans cette lecture, on voit encore que dans l’esprit collectif, le mythe de la « sorcière » est encore présent, le patriarcat touche encore trop les codes de pensées et la violence est un mode de vie pour certains. Stephen King nous parle des problèmes de sociétés avec beaucoup d’intelligence et de perspicacité, que ce soit de la violence faite aux femmes, de l’environnement qu’on néglige ou des problèmes de justices, il saisit dans ces scènes de vies troublantes, les subtilités de la psychologie humaine. En ayant comme ça, mis en lumière énormément de personnages dans ce roman, et donc autant de réactions et de comportements différents, on a un échantillon-témoin d’une ville face à une catastrophe éventuelle. Que serait donc le monde sans une femme pour l’apaiser?! Je te le demande Beauté…Je me le demande aussi très fort, avant de m’endormir…

-L’acceptation ce n’est pas la même chose que le renoncement.

🦋Alors, je ne sais pas si vous irez dormir mes Beautés, mais si jamais, vous vous gavez de caféine comme moi, et que vous vouliez un bon livre pour vos nuits agitées, pensez que Sleeping Beauties pourrait vous plaire plus que le baiser d’un pseudo-Prince. Laissez un peu de magie éveiller vos nuits, les papillons vous caresser, les fées vous toucher de leurs voiles et partez en direction de l’Arbre…Stephen et Owen King s’occuperont de vous envoûter dans une revisite effrayante du conte de La belle au Bois Dormant.

-Je suis une femme, écoutez-moi rugir.

🦋Salut, Beauté.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

 

Aslak et les gloutons, Florence Marguerie.


Synopsis:

Embarquement immédiat pour Rovaniemi, l’incroyable ville du Père Noël en Laponie finlandaise !
Avec ses amis Sunniva et Aslak, Victor y découvre un monde féerique et peuplé d’animaux où le soleil brille à minuit. Des rennes sauvages, un raton-laveur, des ours bruns et de redoutables gloutons, les rencontres étonnantes ne vont pas manquer.
Es-tu assez intrépide pour te joindre à eux ? Comme Aslak, ce voyage pourrait bien te transformer…
Ce roman te propose de découvrir la culture des Sames, éleveurs de rennes en Laponie. Des explications te permettront d’en savoir plus sur ce peuple et sa langue. Tu auras même la recette d’un plat à déguster en famille !


Ce que j’ai ressenti:

J’ai toujours rêvé de partir en Laponie, pour aller voir les paysages enneigés et surtout la maison du Père Noël. En choisissant cette lecture, j’espérais accentuer « l’effet magique » de ces périodes de fêtes avec notre complicité Mère/Fille, autour de cette aventure au Grand Froid avec Aslak, Sunniva et Victor. Et quelle belle surprise!

Je suis vraiment étonnée de la richesse de ce livre pour enfants, car on a vraiment une mine d’informations sur les habitants de la Laponie Finlandaise, avec leurs cultures, leurs croyances, leurs faunes et flores et même leurs cuisines. C’était très intéressant d’en apprendre plus sur le peuple des Sames et de découvrir un animal que nous ne connaissions pas encore: le glouton. Et puis, il y a aussi une sensibilisation sur les dérèglements climatiques, je trouve que c’est vraiment super de pouvoir en parler, avec des mots simples, à nos enfants.

C’était une lecture douce avec trois enfants qui se découvrent, chacun avec une histoire personnelle, et qui se voient vivre un moment exceptionnel de communion avec la nature. Il reste encore de l’émerveillement à se confronter à un paysage, une scène privilégiée avec un animal dans son environnement naturel, à comprendre le cycle de la vie, à attendre patiemment, le spectacle que nous offre ces terres du froid. Et bien sûr, le petit tour dans le village du Père Noël, avec ses lutins et ses sculptures de glaces, est un petit plaisir exquis!

Je recommande cette histoire pour rajouter de la féerie en attendant, Rudolphe au nez rouge et ses copains volants dans le ciel…

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions In Octavo ainsi que Babelio et sa Masse critique.

Babelio

L’écart, Amy Liptrot.

L'Écart


Synopsis:

Dans l’oubli hypnotique des nuits londoniennes, une jeune femme noie sa solitude grâce à l’alcool. Mais au bout de dix ans de fêtes tristes, dix ans d’excès, dix ans perdus, elle est épuisée. Elle retourne alors sur son île natale, au sein de cet archipel des Orcades isolé au nord de l’Écosse. Elle échange la bouteille assassine pour la Thermos de café, la contemplation de la faune interlope pour celle des étoiles et des nuages. Elle se découvre assoiffée de grand large, de grand air, de grande beauté.
Et si le fragile râle des genêts, cet oiseau en voie d’extinction aussi farouche qu’elle, était plus fort qu’il n’y paraît ?

« L’Écart est une oeuvre lumineuse, combative, rocailleuse. Elle tend vers l’espérance. » Marie-Laure Delorme – Le Journal du Dimanche
« Un voyage splendide au bout des nuits blanches de l’addiction, des désirs insatisfaits. » Yann Perreau – Les Inrockuptibles.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Intempéries intérieures.

Je ne connais pas l’ivresse. À peine le goût de l’alcool. Mais avec ce livre, je me suis saoulée jusqu’à plus soif des mots et des sensations d’une alcoolique. Ce n’était pas agréable, loin de là. Ce n’était ni festif, ni cool, et le dérapage paraît si facile. Les tempêtes de ce personnage féminin sont vertigineuses, son manque désarmant, sa détresse étourdissante et elle nous l’envoie avec un « je » rempli d’émotions. En étant comme cela, au plus près de ses tourments, on se prend une claque monumentale. On se rend compte avec cette lecture sensible, que l’on peut perdre comme ça, 10 ans de vie. 10 ans d’errances à se noyer dans un verre, au fin fond des bouteilles à divers degrés. Mais on constate surtout que L’Alcool peut virer à l’obsession: être là, partout, tout le temps, même dans son absence. Amy Liptrot trouve le ton juste pour parler de ce fléau, entre intimité et réalisme, et c’est déstabilisant.

« Que vais-je faire de moi-même, maintenant que je ne bois plus? »

▪️Les Orcades: îles aux merveilles.

En prenant l’initiative de se soigner, elle revient vers son passé, vers plus de conscience et vers la beauté de son île natale. L’Ecosse offre mille merveilles à voir, à ressentir, à faire valoir. On en prend plein les yeux avec les magnifiques descriptions de la faune et la flore des Orcades, à chercher comme ça, l’oiseau rare, la vague fracassante, l’aurore boréale ou encore, le trésor du ciel « tullimentan », dont ses îles regorgent… Et l’héroïne pousse toujours plus loin cette curiosité, elle s’investit dans les mouvements et cycles des saisons, ce qui nous donne des moments magiques où le spectacle de la nature nous éblouit à travers les pages, où l’on sent presque le froid dans nos propres corps, et l’instant suspendu qu’elle veut nous faire partager. Et c’est incroyable. Que de merveilles, que de beautés! À lire, c’est doux et enrichissant. Après le néant et la solitude qu’elle a pu vivre à cause de l’alcool, on assiste à sa résilience et son regard apaisant sur le paysage qui l’entoure. Magnifique.

J’ai pris une profonde inspiration pour emplir mes poumons d’air-et compris qu’il me manquait une partie du ciel.

▪️J’aimerai faire un Écart…

J’aimerai maintenant me faire une promesse, faire un écart dans mon quotidien. J’ai une envie nouvelle de voyage pour découvrir : Les Orcades. La vie des insulaires m’a toujours fascinée, mais là, il y a eu comme un coup de foudre avec ses terres froides et sauvages et un désir soudain d’aller voir par moi-même toute cette splendeur que Amy Liptrot a fait rejaillir de ce roman magnifique. Elle m’a convaincue que l’Ecosse pouvait être une destination extraordinaire et j’ai savouré chaque élément authentique qu’elle m’a donné à lire dans une poésie exceptionnelle. Je rêve de voir de mes yeux, des nuages « noctulescents » et les mirages supérieurs. Je veux tout voir de ce qu’elle a vu, je veux tout voir des vertiges qu’elle m’a décrit, je veux les secousses et la sérénité, je veux voir les secrets des Orcades et ce qu’elle a compris dans les silences, puis le ressentir…

Je me promets L’écart dans l’archipel des Orcades…Merci Amy Liptrot, pour l’ivresse de ce beau roman.

 

N’est-il pas merveilleux de vivre constamment au bord du monde?

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle pour ce super conseil lecture, et toute la Team Pocket pour leur confiance.

Le dernier grenadier du monde, Bakhtiar Ali.


Synopsis:

Muzafari, officier supérieur des Peshmergas, n’a jamais connu son fils qui n’avait que quelques jours au moment où il sauve la vie de son meilleur ami, célèbre chef révolutionnaire kurde. Cette action lui vaut vingt et un ans de captivité à l’isolement dans le désert.
Quand il retrouve la liberté, il s’embarque pour un voyage dans le champ de mines qu’est devenu son pays, qu’il ne reconnaît plus. Un voyage, à la recherche de son fils, dans les histoires de ses amis et leurs secrets. Il va y découvrir l’existence de trois fragiles grenades de verre, qui le guideront dans sa quête, écouter chanter deux sœurs énigmatiques et fortes, apprendre l’histoire cruelle de la “guerre des charrettes” du bazar et de leur jeune Maréchal. Comprendre jusqu’où peut aller la trahison des puissants et l’insoutenable douleur de la guerre. Un voyage qui l’amène à faire ce que des milliers d’autres ont fait avant lui : traverser la Méditerranée, pour aller en Europe.
Dans ce texte magnifiquement poétique, Muzafari apprend à écouter le désert, le vent et le sable qui sont ses seuls interlocuteurs pendant sa captivité. Mais le retour à la réalité se fait aussi par un récit plein de maisons enchantées, de personnages fantastiques et touchants, qui emportent le lecteur dans un autre Orient. Toutefois entièrement impliqué dans l’époque moderne.


Ce que j’ai ressenti:

▪️L’émotion à l’état brut.

J’ai beaucoup hésité à faire cette chronique, parce que ce livre a été réveiller des émotions profondes à l’intérieur de moi et de mon imaginaire. C’est tellement puissant que ça me laisse un peu confuse pour raconter cette sensation. Ce livre t’envoie en méditation intense, dans un espace de solitude où pousse Le dernier grenadier du monde, et où la poésie éblouit tout le paysage. C’est de l’émotion à l’état brut. Un voyage à l’intérieur de soi, dans une intimité épurée, un temps d’arrêt pour repenser à notre place, maintenant, dans cet instant si court entre la vie et la mort. Un vide nécessaire, apaisant et riche. Un néant à atteindre. C’est vertigineux comme sensation, parce que tu te délestes de tout, comme Mouzaffar. Tu deviens Tout et Rien. L’infini et le néant. Et juste là, tu vois à travers les yeux de ce personnage, le dernier grenadier du monde, qui lui même, voit venir auprès de son ombre, les tourments des gamins de « rien », des enfants avec tout l’avenir devant eux, et une grenade de verre dans leurs mains…C’est sublime.

« Heure après heure, son cœur se fracture davantage. Entre les éclats de verre de son cœur, les failles se creusent. Au lever du soleil, il s’endort au milieu du sang, de la pluie et des larmes et, dans son sommeil, il rêve d’un arbre qui a pour nom « le dernier grenadier du monde ». « 

▪️A travers le verre…

Ce roman extraordinaire, c’est l’histoire d’un homme qui cherche son fils après 21 ans de captivité, qui se cherche aussi, parce qu’il a tout laissé au désert et dans les murs de sa prison. C’est la seule chose qui lui reste de cet enfermement, l’espoir de trouver son fils. Toute l’ingéniosité de ce roman noir, c’est de ressentir un climat étouffant de guerre civile, de massacres et de violences extrêmes mais de ne jamais en voir la couleur, parce que Bakhtiar Ali, en mettant une telle force dans ces mots, une telle fantaisie dans ces métaphores, une telle magie dans son histoire, arrive avec délicatesse à t’épargner des scènes ignobles, pour ne garder que l’essentiel: la beauté. C’est renversant. Tu n’as que la grâce d’une plume brillante et l’élégance d’une poésie envoûtante pendant 300 pages. Ce livre, c’est la beauté.

« Il existe deux sortes de secrets, ceux qui assombrissent le monde et nous aveuglent et ceux qui nous emmènent plus loin et plus profond. »

▪️Plus qu’un coup de cœur…

Parce que cette lecture apporte une poésie venue d’ailleurs, une puissance de sérénité et la magie d’une belle histoire, ce livre va me marquer longtemps et je sais qu’il sera lu et relu…Parce que on ne peut se passer de beauté. Il y a parfois des coups de foudres, comme ça qui viennent te surprendre…Ça fait des étincelles en toi, des feux d’artifices même, et c’est juste incroyable. Que de richesse comma ça, à aller découvrir les lectures du monde. Mon premier essai avec la littérature kurde est un coup de cœur fulgurant! J’aimerai maintenant m’abriter auprès du dernier grenadier du monde, enfiler une robe blanche et chanter comme les sœurs Spi envers et contre tout, méditer et me réinventer en grain de sable, tenter de connaître les secrets de l’univers, perdre mon nom et le retrouver dans des légendes, jouer avec les clefs de Mohammad Delchoucha, ressentir l’énergie de la nature. C’est cela, oui, aller m’asseoir près de cet arbre extraordinaire, et essayer de saisir toute la beauté que Bakhtiar Ali nous fait passer dans ce roman très dense.

« Oui, c’était le dernier grenadier du monde, sur ce sommet où la terre prenait fin et où commencer les vastes contrées magiques de Dieu. C’était un endroit qui faisait naître en toi une sensation infiniment étrange de finitude et d’infinitude à la fois. Ce grenadier avait poussé à la lisière de deux royaumes, le royaume de la vérité et le royaume de l’imagination, la terre de la réalité et le ciel des contes. »

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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