Les fantômes de Manhattan, R.J. Ellory.

Couverture Les fantômes de Manhattan

Pourquoi je l’ai choisi:

Ce n’est plus un secret, si vous suivez le blog, chaque nouveau livre de l’auteur R.J.Ellory est un grand événement en Féerie. Cette année encore, l’euphorie était au rendez-vous, peut être plus encore, en découvrant le synopsis…

Synopsis:

Annie O’Neill, 31 ans, est une jeune fille discrète. Elle tient une petite librairie en plein cœur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu’elle. Son existence est bouleversée par la visite d’un nommé Forrester, qui se présente comme un très bon ami de ses parents, qu’elle n’a pratiquement pas connus. L’homme est venu lui remettre un manuscrit. Celui-ci raconte l’histoire d’un certain Haim Kruszwica, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, devenu ensuite une des grandes figures du banditisme new-yorkais. Quel rapport avec l’histoire intime d’Annie ? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité ? Lorsqu’elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu’elle a pu imaginer.

Les personnages:

Annie O’Neil est une libraire paisible, qui voit son quotidien prendre une certaine effervescence et faire resurgir des souvenirs oubliés et de nouvelles passions. Peut être parce que c’est une femme, qu’elle a une certaine sensibilité et une passion pour les livres, j’ai eu un bon feeling avec cette héroïne.

Jack Sullivan est un ami extraordinaire, du genre de ceux, qu’on adorerait avoir dans la vie réelle….L’amitié qu’il éprouve envers Annie est jolie, pleine de tendresse et complètement désintéressée.

J’ai beaucoup aimé aussi les personnages de Harry Rose et son acolyte Johnnie Redbird dans leur duo d’escrocs « dignes »…

Ce que j’ai ressenti:…Hantée de passions…

Je ne me lasserai jamais de lire une histoire, racontée par R.J.Ellory. Tout simplement parce qu’il a l’art et la manière  d’écrire avec une poésie lumineuse de sombres romans noirs. Je suis conquise à chaque fois, parce qu’il a une façon bien particulière de connecter son imagination aux interrogations contemporaines, de faire revivre l’Histoire dans ses tragédies, et de voir encore, toute la beauté du monde et la simplicité de la vie…Les Fantômes de Manhattan est le deuxième roman écrit par cet auteur, et je me fais une joie de voir tous ses romans qui resurgissent de l’ombre, pour que nous puissions nous délecter du plaisir d’être emporté dans ses intenses lectures. Dixième roman de mon auteur favori publié par ma maison d’éditions Chouchou , Sonatine éditions , c’est une coïncidence heureuse puisqu’elle fête ses 10 ans, cette année. Alors, ça se fête en fanfare avec d’aussi belles publications, et je leur souhaite encore un bon anniversaire et pleins d’aussi jolies pépites à leur catalogue, (déjà bien riche!)…

« Elle les accueillait, tous autant qu’ils étaient, parce qu’il lui restait encore assez d’idéalisme pour croire qu’un livre avait le pouvoir de changer une vie. » p16 

Dans Les fantômes de Manhattan, les livres sont là, hantant les lieux, les pages, les personnages…Et puis, il y a les personnages de fiction dans la fiction, dansant autour du feu de l’intrigue…Les livres, encore et toujours, un moyen de mieux comprendre sa vie, de mieux se comprendre, mieux comprendre le monde qui nous entoure…Forrester, cet inconnu mystérieux, en apportant une histoire inachevée et inédite, et sous l’impulsion d’un Club de Lecture, va complètement réorienter le destin de Annie…Il arrive avec des lettres, qui viennent s’échouer sur des plages désertes de souvenirs personnels de cette jeune femme et ce manuscrit qui pèsent plus lourd en conséquences que l’idée de quelques feuilles volantes un peu noircies d’encre : en voilà un très bon départ vers des tourbillons d’émotions…Le pouvoir des mots et des histoires, qui racontent des morceaux d’Histoire, des destins mêlés, des horreurs et des beautés. La lecture au coeur de tout, ou tous nos amours dans les lectures: Annie va le vivre très intensément, à la lumière de la passion….

« Les fantômes s’en sont allés, se dit-elle. Enfin-et peut-être pour toujours-, les fantômes s’en sont allés. »

Ce que j’admire le plus dans les livres de R.J Ellory, et c’est d’autant plus vrai avec ce nouveau livre, c’est sa capacité à relier. Relier les événements, relier le monde, relier les histoires, relier les gens. Dans ses écrits, il s’efforce toujours de connecter ses intrigues dans un contexte historique et ici, on traverse le passé de l’Europe et de l’Amérique, dans ses parts sombres de violence, mais on retrouve également, cette petite étincelle d’espoir qui tend vers l’Autre. Cette Annie orpheline et solitaire, va au cours de ce roman , se rendre compte qu’elle fait partie de ce monde, qu’elle est la somme d’un amour, qu’elle n’est pas qu’un électron lambda, qu’elle est ici et maintenant sur la planète, et qu’il lui faut vivre sa vie, et non pas se laisser porter entre solitude et dépression…Elle n’est pas fantôme, mais bien vivante! C’est inspirant, mais sous la plume de cet auteur, c’est juste renversant…

« La femme que je suis maintenant aspire à un autre genre de vie. »p350

Pour la force de cette histoire et l’ingéniosité de cette intrigue, parce que cet auteur a un talent fou, ce livre est un Coup de Coeur.

« Pourquoi fallait-il que la profondeur de l’amour ne se mesure qu’à l’aune du malheur de la perte? »

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel et les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fut un coup de coeur!

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Sauvez-moi, Jacques Expert.

Couverture Sauvez-moi

Pourquoi je l’ai choisi:

On ne peut pas résister à un appel pareil…Sauvez-moi…Cette couverture autant que le message, interpelle énormément, et puis, on connaît bien le talent de Jacques Expert, à piéger ses lecteurs avec brio…Alors, forcément, je fonce sur cette nouvelle lecture Sonatine!

Synopsis:

Nicolas Thomas vient de fêter son cinquante-deuxième anniversaire lorsqu’il passe les portes de la centrale de Clairvaux. Après trente ans d’incarcération, il est enfin libre. Personne ne l’attend. Tous ceux qu’il connaissait l’ont abandonné depuis longtemps, depuis le jour où il a été reconnu coupable d’avoir sauvagement assassiné quatre jeunes femmes dans des conditions terribles. Sophie Ponchartrain est commissaire divisionnaire à Paris. Lorsqu’elle apprend la libération conditionnelle de Nicolas, elle se souvient de cette journée harassante de garde à vue où elle lui a arraché des aveux. C’est à elle seule, jeune recrue à la criminelle, qu’il avait confessé ses crimes avant de revenir soudainement sur sa déclaration. C’est en clamant son innocence qu’il a été condamné à la perpétuité. L’affaire ne tarde pas à la rattraper. En effet, quelques jours après sa libération, Nicolas disparaît. Et un nouveau meurtre est commis, en tous points semblable à ceux dont il a été accusé trente ans plus tôt. Sophie reçoit alors une nouvelle lettre de Nicolas, dans laquelle il nie être l’auteur des meurtres. Elle se conclut par ces mots : « Sauvez-moi ! » Au-delà de l’intrigue aux rebondissements saisissants et de personnages d’une terrifiante réalité, Jacques Expert, spécialiste reconnu des affaires judiciaires françaises, nous fait profiter ici d’une expérience qui donne à son récit une authenticité rare.

Les personnages: 

Pas d’histoire intéressante, s’il n’y a pas des personnages pour les incarner, et des chapitres à leur consacrer…Et à ce jeu là, Jacques Expert sait créer son petit lot des personnalités avec lesquelles, on passe par des montagnes russes d’interrogations et de suspicions…6 parties, et 5 personnages-clefs, qui ne cesseront de vous mettre mal à l’aise, avec leurs liens de dominant-dominé: c’est à qui aura le comportement le plus étrange, et à qui cachera le plus derrière le masque, de sombres secrets…Petite présentation en deux mots:

  1. Nicolas Thomas : Innocent ou Coupable?
  2. Sophie Ponchartrain : Téméraire ou Appliquée?
  3. Rachel Bachelard: Curieuse ou Dévouée?
  4. Guillaume Chambaraud: Dangereux ou Malchanceux?
  5. Nicolas Thomas: Coupable ou Innocent?
  6. André Laforgue: Samaritain ou Opportuniste?

 

Ce que j’ai ressenti:

Si vous vous lancez dans ce nouveau thriller trouble et efficace,

Attention, l’addiction et le malaise vous guette…

Un petit tour au cœur de la Justice et ses institutions:

Vous êtes tentés?

Expert Jacques vous a concocté un courrier piégé…

Zut… Vous croyiez détenir la clé? Vous vous croyiez plus malin?

Mais c’est sans compter sur le talent de cet auteur!

Oubliez vos certitudes et vos suppositions

Innocent ou Coupable : A vous de trancher…

Sauvez-Moi…Ou pas…Mais, lisez-moi.

 

Captivée, mais aussi dérangée par cette ambiance tendue, je n’ai pu lâcher ce roman.

Il est captivant, parce que j’ai senti qu’il y a plus profond derrière les évidences, et dérangeant parce que j’ai ressenti qu’il y a plus trouble devant les coïncidences.

« Ici ne peuvent survivre que des gens à la peine. » p125.

Jacques Expert sème le doute dès la première page, et tient son intrigue jusqu’à la fin, pour mieux nous surprendre mais surtout pour nous faire réfléchir plus intensément sur les failles d’un système, sans arrêt, tenu à des résultats…Et, à vouloir tout, trop vite, des grains de sables enrayent la machine judiciaire…

« On avançait, à pas de fourmis géantes. » p301 

Nous voulons tous savoir ce qui se cache derrière les portes des salles d’interrogatoires, connaître les petits secrets des modes opératoires des tueurs en série, déblayer un peu les dessous de ces métiers de la Justice, une curiosité, que Jacques étant un Expert dans ce domaine, assouvit avec une réalité effarante. Il nous glisse des appels et des cris de détresse venus du fin fond des cellules, et fait naître le doute sur ces prétendus innocents et ces reconnus coupables. A tort ou à raison, en présomption ou en conviction, à corps défendant ou à hurlements déchirants, avec ruse ou avec application, l’auteur nous fait explorer des chemins plus sombres, que ce qu’on veut bien nous faire croire, où l’Injustice se tapit dans les recoins.

Pendant toute cette lecture, l’auteur se joue de nous, et maîtrise son engrenage, pour nous faire douter sur les vérités et les coupables:

Qui est coupable de quoi? Qui dit la vérité?

Et toi, lecteur, tu n’as qu’une enveloppe froissée et un message : Sauvez-moi. Il est donc grand temps de te faire tes impressions sur cette lecture…

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture palpitante.

Une femme entre nous, Greer Hendricks/ Sarah Pekkanen

Couverture Une femme entre nous

Plus qu’un roman: un événement!

Pourquoi je l’ai choisi: 

Une couverture aussi jolie et un synopsis qui promet d’aussi belles surprises, j’étais déjà impatiente de faire cette lecture! Mais partager ce moment avec une copinaute ElodieUniverse,  aussi passionnée qu’adorable, ça double les plaisirs! Vous pouvez retrouver sa chronique ICI!

Synopsis:

En lisant ce livre, vous allez faire beaucoup de suppositions. Vous allez croire que c’est l’histoire d’une femme jalouse, délaissée par son mari. Vous allez penser qu’elle est obsédée par la maîtresse de celui-ci, une femme plus jeune qu’elle. Vous allez vous dire que vous connaissez déjà toutes les facettes d’un tel triangle amoureux. Un conseil : laissez tomber toutes vos hypothèses. Jamais vous ne pourrez imaginer ce qui se cache derrière les apparences, ni anticiper les multiples rebondissements qui émaillent ce livre. À la façon de Gillian Flynn, Greer Hendricks et Sarah Pekkanen ont élaboré une construction inédite, littéralement diabolique, afin de nous faire éprouver l’espoir et le désespoir des femmes, l’usure du couple, l’amitié féminine, tout cela sous couvert d’une intrigue captivante et de personnages bouleversants. Best-seller depuis sa sortie aux États-Unis, bientôt traduit dans plus de trente pays, en cours d’adaptation cinématographique par la maison de production de Steven Spielberg, plus qu’un roman : un événement !

Ce que j’ai ressenti:…A célébrer! 

Image associée

Un mariage est toujours un grand événement dans la vie…Prenez Rob, tiens, il se marie bientôt… Vous pouvez donc aller vous choisir votre plus belle tenue, et surtout n’oubliez pas vos invitations!!!!Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à une union d’un Prince Charmant des Temps Modernes…Et de sa jeune et jolie Dulcinée…La date est fixée au 24 mai, le cadre est parfait, le moment semble idéal…

Tenez bien votre bouquet de feuilles blanches et rouges, la passion pourrait déferler dans ses pages…Et comme dans tout mariage, vous aurez :

  • Un vin d’honneur avec une commande spéciale de Raveneau…
  • Un parfum de roses flottant, pour stimuler les souvenirs…(avec une légère odeur de fer?!…).
  • Des bijoux étincelants pour briller de mille feux (Et dissimuler un peu de bleu…)
  • Du blanc et des dentelles…(Les femmes aiment trop les robes…C’est bien connu…).
  • Le sourire des familles (et leurs gènes à tendance obsessionnel(le)s…).
  • Une ouverture de bal avec des danses triangulaires…
  • La surprise des jeunes mariés…(Et il y en aura plusieurs, mais le spoiler n’est pas de bon ton…)
  • La tension à son paroxysme…(Ah l’Amour, l’Amour…Ses jalousies, ses obsessions, ses tentations…) ❤
  • Des alliances posées sur un coussin (ou des mésalliances sur l’oreiller).
  • Des twists endiablés, (histoires machiavéliques de vous maintenir éveillés…).
  • Un menu concocté avec soin (quelques mises en bouches sucrées/salées suivi d’un plat copieux de vengeance).
  • Une pièce montée délicatement préparée par Mesdames Hendricks et Pekkanen.
  • Un wedding-cake vertigineux avec des soupçons de sucre glace tombés sur la piste de danse (ou peut être bien un vertige et des soupçons à vous glacer l’ambiance…).
  • Du champagne pour vous étourdir de plaisir…
  • Et le feu d’artifice : Une femme entre nous. 

Du coup, je ne suis pas sûre que ce mariage-là, ait tous les ingrédients pour une longue et sereine longévité…Mais pour ce qui est du thriller, tout juste sorti chez Sonatine Editions, vous pouvez prendre place pour le grand événement! C’est une lecture infernale, rythmée, et addictive! Je n’ai pas réussi à quitter mon livre, tellement on est pris dans ces histoires entrelacées, ses amours contrariés, ses intrigues survoltées…Un page-turner comme on les adore!

Résolument féminin, irrésistiblement surprenant, l’alliance de ses deux écrivaines est une belle réussite!

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre!

Les diables de Cardona, Matthew Carr.

Couverture Les diables de Cardona

 

Synopsis:

1584. Le prêtre de Belamar de la Sierra, un petit village d’Aragon à la frontière avec la France, est assassiné, son église profanée. Sur les murs : des inscriptions en arabe. Est-ce l’œuvre de celui qui se fait appeler le Rédempteur, dont tout le monde ignore l’identité, et qui a promis l’extermination de tous les chrétiens, avec la même violence que celle exercée sur les musulmans ? La plupart des habitants de la région sont en effet des morisques, convertis de force au catholicisme, et qui pratiquent encore l’islam en secret.

À la veille d’une visite royale, Bernardo de Mendoza, magistrat à Valladolid, soldat et humaniste, issu d’une famille juive, est chargé de l’enquête. Très vite, les tensions s’exacerbent entre les communautés, une véritable guerre de religion se profile. Et les meurtres continuent, toujours aussi inexplicables. Entre l’Inquisition et les extrémistes morisques et chrétiens, la tâche de Mendoza va se révéler ardue.

Ce que j’ai ressenti:…Thriller sous haute tension…

« Souviens-toi de ce jour, petit- c’est à ça que ressemble l’enfer. » 

Matthew Carr m’a captivée de bout en bout, avec son thriller historique parce qu’il a su y implanter une atmosphère forte, imprégnée de caractère et de violence, qui nous emporte en Espagne, au cœur de son Inquisition ravageuse.  Rien qu’avec son premier chapitre, j’ai ressenti une tension palpable, urgente, fébrile qui s’est maintenue, pendant toute la lecture, mais également une beauté sensationnelle dans cette plume, qui nous emporte au cœur des passions, dans les guerres de religion et les amours stratégiques…C’est impressionnant, comme j’ai eu l’impression de presque sentir les odeurs du feu et du sang, les déplacements d’air nimbés de haine, les regards durs sous les tissus, les ventres vides et avides de réconfort…On peut vraiment affirmer que l’auteur a soigné son décor, son intrigue, ses personnages, pour nous rendre cette histoire tellement vivante…

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1584, L’Eglise et l’Etat sont souvent de mèche, et avancent, main dans la main, pour imposer leurs lois, leurs impôts, leurs idéologies…Et s’il prenait l’envie à ses sujets de faire entendre un murmure contraire, on redoublerait d’efforts et de tortures barbares, pour leur faire regretter ses élans de révolte, en invoquant la volonté de Dieu(x) et/ou du Roi…Alors forcément, ce climat de peur est omniprésent dans ses pages, et déjà, qu’il y a cette crainte d’un tueur en série aux intentions floues, il règne une atmosphère encore plus poisseuse à cause de tous ces jeux de pouvoirs implacables et brutaux, ses mensonges calculateurs et ses trahisons cupides… Belamar de la Sierra devient une porte ouverte sur les enfers, un village obscurci par les ombres et la cendre, un territoire étouffé de rage et de désespoir, dévoré de convoitise malsaine…

« -Les gens ont peur, et la peur engendre la haine. »

Cette petite expédition de justice menée par le licenciado Mendoza et son petit groupe de mercenaires, en amont d’un déplacement royal, ne pourra se dérouler que sous tension, étant donné les heurts et la rage dissimulée sous couvert d’oppressions diverses. Ce Rédempteur, ombre insaisissable, qui allumera des feux aussi brûlants que les autodafés, viendra aussi jeter de l’huile sur les mésententes entre morisques et chrétiens, fera couler le sang des vierges, anéantira toute illusion de cordialité entre les parties adverses…Il veut la guerre, et se donne les moyens d’attiser toutes les braises ardentes de la foi. A force de perspicacité et d’approches stratégiques, l’équipe chapeautée par Bernado de Mendoza, paiera très cher, cette danse avec Les diables de Cardona.

« Chez certains hommes, la peur de la mort était inséparable de la peur des enfers, mais l’au-delà ne l’inquiétait pas. »

Non seulement, c’est un thriller impeccable, mené d’une main de maître, avec des rebondissements en retour de flamme avec un assassin bien retors, mais, toute sa force tient à la richesse de son Histoire. Avec un sujet aussi délicat, que la guerre entre les religions monothéistes, l’auteur nous recrée une période sombre du passé avec brio et un travail de recherche qu’on devine jusque dans les moindres détails. En voilà, un page-turner immersif et sacrément époustouflant!

« Chacun d’entre nous doit faire ce choix librement. Si nous n’avions pas ce choix, alors la vertu et le ciel perdraient tout leur sens. »

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance! Ce fut une lecture captivante!

Celle qui a tous les dons, M.R. Carey.

Celle qui a tous les dons par Carey

Pourquoi je l’ai choisi: 

J’ai adoré cette couverture, qui attire l’oeil, autant que ce titre intrigant…

Synopsis: 

Tous les dons ne sont pas une bénédiction.
Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu’on l’emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu’elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire.
Melanie est une petite fille très particulière…
Le roman de M. R. Carey a été adapté au cinéma en 2016 sous le titre The Last Girl, réalisé par Colm McCarthy.
Adrénaline et émotion alternent subtilement dans ce thriller d’une redoutable efficacité. La meilleure lecture de l’année. L’Écho.
Un bijou. Joss Whedon.

Ce que j’ai ressenti:…Don de Surprise! 

Le danger, tout le danger, réside dans le fait de l’ignorer. 

Quand l’effet de surprise tient toutes ses promesses. Je ne l’avais vu nulle part ce livre avant, n’en avait rien lu sur la blogosphère, et rien pour influencer ce choix de lecture, sauf peut être, cet attrait de la nouveauté!  C’est juste extraordinaire de mettre la main et se faire les dents pour donner envie aux lecteurs, avides d’émotions intenses, et de les lancer vers cette histoire très originale….Avec un titre pareil, et un synopsis flou, j’ai avancé un peu, à tâtons dans  cette intrigue, plus que curieuse, pour finir carrément ravie d’avoir été bluffée sur mes suppositions de départ…Je vais essayer de garder moi aussi, comme notre adorable personnage Mélanie, une certaine muselière pour ne pas trop laisser échapper  de sa boîte, les petits secrets de cette lecture… Tout ce que je vous dirais, c’est que j’ai dévoré ce livre, avec une sorte de frénésie, et le plaisir d’être repue d’un thriller post-apocalyptique bien appétissant d’adrénaline! Addict et Affam, j’ai juste adoré!

Si c’est là que réside le dernier espoir de l’humanité, mieux vaut sans doute le désespoir.

Mike Carey maîtrise son petit effet à la perfection: la minute d’avant nous sommes dans un thriller fantastique, celle d’après dans une ambiance d’horreur. Tout du long , il s’amuse à bousculer nos attentes… Même avec les personnages, il varie ses effets: N’est pas tout blanc qui veut, alors quand ce quatuor improbable  se retrouve en situation de crise, les monstres ne sont pas toujours ce que l’on croit… Et puis, cette atmosphère de fin du monde en veine d’idées scientifiques  est truffée de petites bombes à retardements en myciculture pour nos esprits, autant que pour ces derniers survivants…. J’ai beaucoup aimé ce cocktail énergique! On est vraiment dans la force d’un page-turner efficace, le but étant de captiver son lecteur par une ribambelle d’actions dynamiques et de dialogues pêchus, mais l’auteur y emmène aussi, par le biais de ces moments de tension extrême, à de jolies réflexions sur notre rapport en société et envers la planète…

« Personne ne sait. Pas plus qu’elle, personne ne sait où il va vraiment. »

En bref, je me suis régalée, mais voulant absolument vous maintenir le plaisir de cette découverte, je n’en dévoile pas plus, mais je suis d’hors et déjà impatiente de lire la suite de cet univers très particulier! Je ne serai jamais Celle qui a tous les dons, mais j’espère avoir eu, un peu le don, de vous orienter vers cette lecture captivante!

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier Léa ainsi que la maison d’éditions Le Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture addictive!

Glacé, Bernard Minier.

Couverture Glacé

Pourquoi je l’ai choisi :

Comme ça faisait trèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèès longtemps qu’il traînait dans nos PAL, nous nous sommes motivées à trois, cette fois ci pour faire enfin un sort à ce pavé Glacé. On sentait bien qu’il serait bien de le lire en hiver, pour rester dans l’ambiance, mais bon, le printemps n’a pas voulu s’installer… Donc c’est bien les pieds gelés et le plaid sur le corps que nous nous sommes jetées dans la poudreuse, en ouvrant ce livre….

Lu avec :

 

Synopsis:

Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée. Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d’altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ? Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l’extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !

Ce que j’ai ressenti:

*G*ooooooooo! Le top départ a été lancé, et bien sûr, il vaut mieux se dépêcher de lire avec ces copinautes de lecture! En plus, Bernard Minier, maîtrise bien l’effet page-turner, alors finalement, ça a bien carburé dans les chaumières pour dégommer en un clin d’oeil ce petit pavé de 720 pages…Il est grand temps de se réchauffer au plaisir de lire ensemble, le premier tome qui met en scène le Commandant Servaz, personnage récurrent de ses thrillers de grands frissons…Le premier de la série qu’on compte bien faire passer dans nos grilles d’émotions, et certainement pas le dernier, au vu de nos ressentis communs!

A quoi rêvaient ces monstres, la nuit, dans leurs cellules? Quelles créatures glissantes, quels fantasmes nourrissaient leur sommeil?

*L*a petite touche de plaisir exquis a été sans aucun doute, cette ambiance teintée de féerie. Ça a été pour moi, la crème de la crème.  L’auteur réussi à non seulement créer une ambiance glacée de beauté cristallisée, tout en y insérant, de la fantaisie de conte de fées. Ici ou là, se glisse dans le décor  une Alice, un Perrault, un Grimm un Chaperon, qui renforce en atmosphère mi-inquiétante/ mi-fabuleuse des montagnes pyrénéennes. J’ai été époustouflée devant les descriptions de ces paysages silencieux et blancs, et de retrouver autour de ces lieux inquiétants, un reste de magie ancestrale inspirée de ces références enfantines…

Il se demanda s’il existait une ivresse des cimes. La beauté et la sauvagerie du site le frappèrent. Cette solitude minérale, ce désert lumineux et blanc.

*A*vec l’originalité de ce premier meurtre, je dois dire que cela intrigue fortement… On se rend bien compte que la cruauté n’a pas de limites en ce monde et j’ai trouvé les scènes de crimes saisissantes. Il y avait un vrai jeu de mise en scène et de « spectacle » carrément glaçant d’effroi. Le temps est comme arrêté face à l’horreur de ses crimes violents, et il reste toujours ce soupçon de malaise avec l’ombre de cet hôpital psychiatrique et ses dangereux pensionnaires…On galope de pistes en pistes, certaines plus abruptes que d’autres, et les cordes ne sont pas loin de se resserrer pour les deux protagonistes qui évoluent dans leurs domaines de compétences…Le danger est partout, de tous les instants, et la paranoïa est intimement liée à ces étrangetés surgies du grand froid…

« Le monde était devenu un immense champ d’expérimentations de plus en plus démentes que Dieu, le diable ou le hasard brassaient dans leurs éprouvettes. »

« *C*herchez le blanc« , c’est ce que Servaz découvre dans cette enquête, mais nous, en tant que lecteurs, ce sont les ombres noires qu’il nous faudra dénicher. Celles qui s’immisce dans les esprits, celles qui s’invitent dans la nuit, celles qui pourrissent les liens, celles qui détruisent les empires, celles qui brisent l’innocence…La richesse de ce roman est dans tous les éclats de lumières sur des phénomènes de société et quelques dérives politiques mais aussi dans les failles encaissées des domaines de la santé. La pureté du blanc est salie par une avalanche d’êtres sombres, et c’est ce qui rend ce thriller proprement effrayant!

Ces jeunes, on leur vendait du rêve et du mensonge à longueur de journée. On les leur vendait: on ne les leur donnait pas. Des marchands cyniques avaient fait de l’insatisfaction adolescente leur fonds de commerce. Médiocrité, pornographie, violence, mensonge, haine, alcool, drogue – tout était à vendre dans les vitrines clinquantes de la société de consommation de masse, et les jeunes étaient une cible de choix. 

*E*t, voilà…C’est la fin de cette lecture commune! Nous avons tremblé de peur, nous avons frissonné de froid mais nous avons surtout été bluffé par la plume et le talent de cet auteur! Il était grand temps que nous découvrions ce Bernard Minier que la blogosphère nous vantait tant!  Elle est quand alors, la prochaine lecture commune???! Même plus peur de ces pavés de plus de 700 pages, puisque nous avons adoré en coulisses faire mille et une hypothèses et pousser quelques coups de gueules ou cris d’angoisse…Trop impatiente de refaire un partage aussi intense, et une lecture aussi captivante!

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Coupable[s], Samuel Sutra.

Coupable[s] par Sutra

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai eu une sorte de coup de foudre pour la couverture…Les yeux sans doute…Une couverture vraiment réussie, et encore plus jolie de près avec la finesse des détails…Elle est fascinante.

Synopsis:

HAÏTI. 12 janvier 2010 – 16 h 50.
Le pays est frappé par le plus meurtrier tremblement de terre de son histoire.
L’aide humanitaire afflue de partout.
PARIS. Aujourd’hui.
Une série de meurtres secoue la ville.
Quatre personnes sont retrouvées sauvagement assassinées.
Toutes sont liées à un projet baptisé « Kenscoff » .
Un cinquième individu est recherché.
Pour prêter main-forte à la Brigade criminelle dans cette enquête particulière, un jeune policier rejoint l’équipe.
Haïti, il connaît bien.
Il y est né.

Ce que j’ai ressenti:

Y a eu des morts? Et après. En Haïti , y a toujours des morts. Là-bas, la mort, c’est la vie.

Si la catastrophe de Janvier 2010 a dévasté Haïti, elle a permis aussi aux vautours financiers de tournoyer au dessus de ses terres de chaos, et leurs ombres faites de mensonges et de courses aux profits, ont engendré plus de catastrophes qu’il était encore possible après celle, naturelle, de ce tremblement de terre dévastateur…C’est donc au milieu de ce fatras que Samuel Sutra pose son décor pour un thriller sombre et vibrant aux magnitudes de Richter… Haïti, c’est l’ombre d’une menace sourde mettant en lumière des Coupable[s] sans scrupules et qui réveillera une vengeance effroyable venue de ses décombres…

« Avec les autres, on est toujours au milieu de quelque chose, mais jamais au cœur de rien. »

Dans son rêve de justice, la mythique Brigade Criminelle du 36 Quai des Orfèvres est l’ultime but de ce jeune policier, Jean Raph’, et quand il se voit donner la chance d’intégrer la fameuse équipe à titre de consultant, il ne touche plus terre…Quel plaisir de le suivre dans ses couloirs et cette enquête retorse, où ses racines haïtiennes deviennent une aide précieuse pour mieux comprendre le folklore et les traditions de ce pays lointain…Pour autant, ça ne sera pas une promenade de santé pour ce novice des enquêtes de terrain puisque, les meurtres sont d’une violence inouïe et que ça prend vite la forme d’une frénésie…Au 36, l’équipe de flics est sur les dents et font appel à toutes les branches du métier pour résoudre les mystères, parfois un peu trop empreint de sorcellerie, au goût de certains…

« A dix-sept ans, tu tues pour une cause. A trente pour une femme. Après, y’a que l’oseille qui te fait bouger le cul. »

Efficace, maîtrisé, surprenant. Ce sont les trois mots que j’associe à cette lecture, au delà de l’intérêt d’avoir découvert les dessous des « petites affaires » de l’aide humanitaire…Dans ses pages, on creuse des pistes sanglantes, on déblaie des dossiers terreux, on fouille parmi les décombres poisseuses et on déterre des secrets de famille palpitants…De Paris en Haïti, Samuel Sutra nous façonne un polar noir avec un cœur brûlant entre sang et vengeance…Les dagydes n’ont qu’à bien se tenir, parce que l’envoûtement n’est pas loin avec ses deux cents et quelques pages intenses et captivantes que cet auteur nous a concocté!

« On n’aime pas parler pognon en France, c’est sale. Quand on est pauvre, on est feignant, quand on est riche, on est voleur. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Nathalie des éditions Flamant Noir pour sa confiance et l’envoi de ce livre!

 

Jesse le Héros, Lawrence Millman

Couverture Jesse le héros

Pourquoi je l’ai choisi: 

Forcément le synopsis attire…L’irrésistible envie de trouver des trésors passés et la curiosité de voir comment vieilli une oeuvre littéraire…Celle ci garde bel et bien toute sa force et son intensité, une trentaine d’années plus tard…

Synopsis: 

1968, Hollinsford, New Hampshire. Élevé par son père, Jesse a toujours été un outsider au comportement inquiétant, rejeté par les autres enfants du village. Avec l’adolescence, les choses ne s’arrangent pas. On l’accuse aujourd’hui d’avoir violé une jeune fille, on le menace d’un placement en institution spécialisée. Mais tout ce qui préoccupe Jesse, ce sont les images du Vietnam, qu’il suit obsessionnellement à la télévision, celles de cette guerre où est parti son frère Jeff, qu’il idolâtre. Lorsque celui-ci, démobilisé, revient au pays, rien ne se passe comme Jesse l’espérait. Et c’est pour notre héros le début d’une escalade meurtrière à la noirceur extrême.

Entre le Holden Caulfield de L’Attrape-cœur et le Patrick Bateman d’American Psycho, Jesse est difficile à situer. Est-il la victime d’un handicap mental, d’un contexte familial perturbé, d’une société où fleurissent les images violentes, ou bien un tueur en série sans empathie, capable d’éliminer ses contemporains aussi facilement que ces rats sur lesquels il aime tirer ? Lawrence Millman nous abandonne entre ces hypothèses perturbantes, jusqu’aux dernières pages du livre et leur étonnante conclusion.

Un chef-d’œuvre du noir enfin extirpé de l’oubli.

Ce que j’ai ressenti:…Un trouble Noir…

Jesse est un adolescent attardé, mi-enfant mi-adulte mais surtout, il est mi-ange mi-démon : un innocent confronté à trop de violences, trop de mensonges, trop d’images perturbantes que son cerveau n’est pas en mesure de synthétiser, un être doué de pulsions et de mal-être que sa conscience n’intellectualise pas…Jesse le Héros est un anti-héros terrifiant que Lawrence Millman met brillamment en scène dans une quête vaine et trouble de fuite au soleil…

Il se dit que , vu l’heure , les gens étaient sûrement couchés. Seul un fantôme ou un monstre nocturne seraient debout à cette heure-ci. 

Cette lecture est dérangeante, perturbante mais Lawrence Millman a su tellement bien travailler son personnage principal, que j’ai lu son livre sans pouvoir arrêter de suivre cette longue virée en enfer…En étant à l’intérieur du corps et de l’esprit de Jesse, on est plus à même de comprendre ses actes effroyables, mais surtout toutes les influences néfastes de son entourage. Il ne peut pas bien se construire malgré l’amour d’un père et le modèle du frère, parce que l’environnement social tend vers une crise où la violence est le maître mot. Entre l’ombre de la guerre du Vietnam et le manque cruel d’aide à la personne face à toutes les maladies mentales, Jesse n’a pas les armes pour se défendre, mais il les prend quand même, Héros de son inconscient, parce que son intuition instinctive lui dicte que le Mal est bien là, et qu’il faut l’éliminer…Et dans ses rêves, la vengeance fait rage alors que, le carnage,lui, sera bien réel…

C’est tout? Je veux dire, t’es mort et c’est tout. Rien que de la cervelle et du sang, on est rien d’autre. 

C’est un roman noir, très sombre qui m’a bouleversée. C’est un panorama de l’Amérique qui fait froid dans le dos, parce qu’il s’abreuve d’intolérance, de chaos et d’alcool, et fatalement des monstres se lèvent et frappent, presque malgré eux. Psychologiquement, j’ai pris un bel uppercut, mais je suis restée fascinée par tant de maîtrise de ses lignes floues entre bien et mal, entre cet environnement malsain aussi perturbé que l’esprit de ce jeune homme et les culpabilités qui rongent ses hommes…Une lecture intense pleine de noirceur et de malaise saisissant, qui n’a pu me laisser indifférente…

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture fascinante.

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Une autre histoire, Sarah J. Naughton

Couverture Une autre histoire

 

Synopsis:

Élevée par un père violent et une mère soumise, Mags a fui l’Angleterre dès qu’elle a pu pour devenir une brillante avocate à Las Vegas. Lorsqu’elle apprend que son jeune frère, Abe, a été victime d’un accident et se trouve dans le coma, elle revient pour la première fois depuis longtemps à Londres. Là, elle a la surprise de rencontrer sa petite amie, Jody, dont il ne lui avait jamais parlé. Elle est plus surprise encore quand Jody, inconsolable, lui révèle qu’il ne s’agit pas d’un accident mais d’un suicide. Dépressif, Abe s’est jeté par la fenêtre. Peu à peu, la version officielle semble néanmoins présenter d’étranges incohérences. Jody dit-elle toute la vérité ? Était-elle vraiment la petite amie d’Abe ou une experte en manipulation ?
À ce stade du résumé, votre opinion est sans doute déjà faite. Jody est coupable, elle a d’une façon ou d’une autre participé à la chute d’Abe, Mags va découvrir la vérité. C’est du tout cuit : un thriller de plus parmi tant d’autres. Eh bien, détrompez-vous. Si les apparences sont en effet trompeuses, vous n’imaginez pas à quel point. Vous êtes surtout loin de vous douter avec quelle maestria Sarah Naughton vous manipule.

Vous croyez lire une histoire et c’en est une autre, bien plus captivante, qui va se dévoiler.

Les personnages:

Un trio de choc féminin: Mags, Jody, Mira. Elles veulent la vérité, voire des vérités, mais se cachent derrière des portes de mensonges. Entre force et faiblesse, intimité et paraître, elles vont se dévoiler tour à tour, et nous montrer toutes leurs failles secrètes. Des histoires de femmes, des blessures internes bien dissimulées sous des couches de paroles. Bouleversantes, chacune à leur façon. Des personnages très réussis.

« -On ne peut pas trop aimer quelqu’un. » p122

Ce que j’ai ressenti:…Véritablement surprenant! 

« Par contre, je crois aussi que les histoires peuvent nous aider à comprendre l’incompréhensible. » p163

Un corps étendu par terre, en sang, et trois possibilités: accident,  tentative de meurtre ou suicide.Il est là ce Abe, corps inanimé, entre la vie et la mort, sans pouvoir parler, sans pouvoir raconter sa version des faits donc notre imagination, et surtout celle de Mags sa soeur, galope vers ses trois hypothèses… Sarah J. Naughton nous pousse de ce quatrième étage à aller voir plus loin que nos certitudes, à aller jusqu’au bout des secrets inavouables de ces locataires mystérieux, pour sans doute, toucher de près Une Autre Histoire.

Durant toute la lecture, tu es attentif, car le synopsis te l’a annoncé, tu vas te faire avoir… Et en lecture, c’est terriblement exaltant d’être surpris…Donc, tu lis, et plus tu lis, plus cette sensation prend toute sa signification, car tu le pressens qu’il y a des secrets, des mensonges, des non-dits, mais tu te fais piéger comme le bleu de la couverture, perdu aux milieux de ses rebondissements incessants et intrusifs, car Sarah J Naughton l’a bien préparé son intrigue, et une fois la dernière page tournée, tu te rends encore plus compte de l’étendue de sa toile arachnéenne de suspense qu’elle s’est échiné à dresser pour te laisser, sans voix…Et c’est bien ça, les nœuds du problème, c’est entendre ce qui est dit, comprendre ce qui ne l’est pas, avoir le poids des mots, saisir la crédibilité d’un témoignage. Sarah Naughton te donne les frissons et te fait arracher quelques cheveux, tellement il est difficile de discerner le vrai du faux, en ces voix entremêlées…

La vérité n’est jamais là où on l’attend.

Toute vérité n’est pas bonne à dire, et dès fois, les mensonges valent mieux que certaines vérités…Les lignes entre les deux faits sont extrêmement ténues, et l’auteure a su maîtriser avec brio, toutes les petits points de discordances faisant de ce thriller psychologique, un bon moment de lecture ! Orchestrées de scènes déstabilisantes à peine murmurées dans un souffle et de petits rouages crantés criants qui prennent leur place pour un final grandiose, l’heure a sonné de vous dire de vous précipiter vers ce thriller rondement bien mené, Une Autre Histoire pourrait fortement vous surprendre!

« Toute une industrie qui s’appuie sur le malheur d’autrui pour tâcher de rendre ses lecteurs fiers de leurs petites vies minables et de leurs relations ternes. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture électrisante!

Chimaeris, Eric Tourville.

Couverture Chimaeris

Pourquoi je l’ai choisi:

Voyez-vous cette belle couverture intrigante? Je ne pouvais pas résister….Vraiment pas…Elle m’attirait trop…

Synopsis:

« La première chose qu’il vit, ce fut le symbole en rouge au-dessus de la porte d’entrée. Une étoile à cinq branches dans un cercle dont le lieutenant ignorait la signification. L’impression angoissante d’être devant les portes de l’Enfer. »

Burlington, Vermont. Le lieutenant Frémont s’apprête à passer une journée comme les autres dans sa petite bourgade de province, lorsque son téléphone sonne. L’histoire s’ouvre de manière assez classique, comme un excellent thriller, dans le Vermont, pas très loin de Salem : une maison abandonnée, quatre cadavres de petites filles détruits au phosphore, un des corps qui manque, la poursuite qui commence… mais, insensiblement, l’auteur entraîne le lecteur bien au-delà du genre, dans une fiction qui tutoie la métaphysique.

Ce que j’ai ressenti:

Quand je referme ses 500 pages, il ne me vient qu’une impression: j’ai rarement lu un roman aussi intense, aussi addictif, aussi passionnant. Encore pleine de vertiges des souffles de phosphore et des clins d’oeil du Diable, je me dis que Eric Tourville vient de nous offrir un des plus maîtrisés des thrillers. Il nous tourmente sur des sentiers de sorcellerie, pour mieux nous déstabiliser sur des escarpements d’exobiologie, et ce double contraste entre croyance et science va pousser ses enquêteurs sur des zones de limbes infernales.

D’abord, il y a eu l’odeur, puissante, répugnante: un mélange de viande carbonisée, de merde et de produits chimiques, l’impression d’avoir forcé l’arrière-cuisine du Diable.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que l’équipe de flics est crédible. Elle est une force de travail, de patience, de coïncidences et de recoupements qui montrent la réalité de ce métier. Suivre l’enquête, c’est sentir l’odeur de la mort, ressentir l’impatience des planques, chercher inlassablement le détail dans la fourmilière d’informations et même se battre pour ses intuitions. L’auteur nous le raconte avec minutie, tous ses aspects de la profession et il le fait avec une intelligence harmonique qui rendent, ce thriller rythmé et réaliste.

Sur la base de ce que j’observe, les preuves de l’existence du Démon me semblent nettement plus établies que celles de l’existence de Dieu. 

Ensuite, j’ai adoré les branches ténébreuses que l’auteur nous donne à aller sillonner pendant cette enquête. Il ne se tient pas à un thriller basique, il va jusqu’au genre Scientifique, voire bascule en Science-Fiction , et Eric Tourville le fait brillamment avec force et preuves à l’appui. C’est ce qui fait tout son charme irrésistible de page-turner: cette passionnante traversée dans les univers! On va de pays en pays, de la Terre vers l’Univers, d’un complot à l’autre, d’une théorie possible à une plausible…Chaque sentier mène vers quelque chose de toujours plus grand, jusqu’à l’infiniment grand, pour encore plus de vertiges et de possibilités…Cette sensation est chimériquement délicieuse pour tous fans d’émotions fortes…

S’accepter lui semblait être le premier pas vers une forme d’apaisement et d’humanité.

Parions aussi que Dawn vous fasse aussi craquer…Au delà, de l’aspect pointilleux de l’intrigue et des théories grandioses et transhumanistes sur le devenir de l’humanité, l’auteur nous a concocté des personnages touchants, attachants. Il a su nous les bichonner, de telle sorte que tous prennent leurs places, qu’ils nous émeuvent dans leur pudeur, nous bouleversent dans leurs  fêlures personnelles.

A soixante-trois ans, Jackson avait compris depuis longtemps que , pour que le monde soit vivable, il avait plus besoin de mensonges que de vérités.

J’ai été soufflée, bluffée, et conquise par ce premier roman. Oserais-je dire jusqu’à: Parfait…Il se pourrait bien…En tout cas, parfaitement maîtrisé, adorablement touchant, et effrayant à souhait. Pour moi, un Coup de Coeur!

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Slatkine et Compagnie pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture ô combien passionnante!

 

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