J’irai tuer pour vous, Henri Loevenbruck.

Couverture J'irai tuer pour vous


Synopsis: 

1985, Paris est frappé par des attentats comme le pays en a rarement connu. Dans ce contexte, Marc Masson, un déserteur parti à l’aventure en Amérique du Sud, est soudain rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne… Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d’opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henry Loevenbruck raconte un moment de l’histoire de France qui résonne particulièrement aujourd’hui dans un roman d’une tension à couper le souffle. Pour écrire ce livre, il a conduit de longs entretiens avec « Marc Masson » et recueilli le récit de sa vie hors norme.


Ce que j’ai ressenti:

  • J’irai murmurer des secrets d’états…

Comme vous le savez, la politique et jeux de pouvoir, je n’y entends pas grand chose…Or, j’ai pris mon temps, beaucoup de temps et de concentration même, pour lire le nouveau livre de Henri Loevenbruck. Une attention que j’ai voulu très particulière étant donné le titre choc: J’irai tuer pour vous. Ce n’est pas anodin comme titre. J’étais impatiente de découvrir où il m’emmènerait cette fois-ci, et c’est rien de moins qu’au cœur des services secrets français, dans les années 80, au milieu de la tourmente des attentats terroristes. Alors forcément, c’est un roman qui réveille des douleurs profondes, et il est si intense qu’il ne se lit pas comme un thriller ordinaire, mais avec une certaine appréhension. On y entre à pas de loup, discret comme son héros des enfers, Hadès, pour mieux comprendre certains aspects des stratégies militaires, tout en ayant la crainte de voir resurgir toutes nos blessures. Etre un assassin pour le compte de l’état, c’est la mission de Marc Masson, et c’est une mission périlleuse, et on n’a pas forcément idée à quel point! C’est terrible comme vocation, mais l’auteur arrive à nous faire ressentir l’utilité de tels hommes en marge, pour garantir une certaine forme de sécurité dans un pays. Il nous entraîne donc en coulisses, dans ses métiers de l’ombre, où chaque mission est plus risquée que la précédente, où chaque sourire politique cache un bain de sang, quelque part dans le monde, et où un seul homme peut faire la différence.

Le danger, c’est de la liberté promise.

  • J’irai écrire des carnets d’émotions…

J’ai été touchée par le personnage de Marc Masson et surtout par ses extraits, intime et intense. Ce carnet apporte des bouffées d’humanité entre deux actes immondes. Hadès M.M est un homme empreint de brutalité, mais aussi, habité par une forme rare de justice. C’est plus fort que lui, cette violence, elle le dépasse et régit toute sa vie. Et pourtant, il contrebalance ses penchants noirs par une notion altruiste, celle de vouloir protéger son pays, à tout prix.  Sa vie aux dépens de celles des autres, son acuité au service de la nation. L’auteur s’est inspiré de la vie d’un agent secret, a recueilli ses impressions, et nous donne un personnage tellement attachant et presque fascinant, parce que l’on sent à travers la fiction, des pans de vérités terribles. Quand l’adrénaline est un leitmotiv et la douleur, une nécessité pour se rappeler que l’on est tout simplement vivant, les perspectives de ce métier prennent plus de sens et de profondeur, et on lit presque en apnée, les actions calibrées au millimètre près, on devient aussi tendu que le héros, on vibre à l’unisson face aux menaces. C’est un choix de carrière extrêmement difficile, il me semble: « J’irai tuer pour vous« : il faut avoir une certaine conviction pour accomplir ces demandes…Tuer sans poser de questions, tuer pour son pays, tuer pour maintenir la liberté. Autant de réflexions qui me hante encore…Pour moi, ces carnets ont été très importants dans cette lecture pour comprendre un tel personnage, mais aussi l’apprécier…

Comme un clochard céleste, plus pauvre que jamais, je n’ai pourtant manqué de rien. Quand vous ne rêvez que d’aventure et qu’enfin elle vous tend les bras, vous ne manquez jamais de rien. Tout est là qui vous attend.

  • J’irai crier pour vous, mon coup de coeur!

En cela, c’était un univers passionnant et instructif, j’ai été captivée de bout en bout. Et bien sûr, je note encore une rencontre fulgurante avec un personnage: Hadès a une aura très particulière. La plume de Loevenbruck est tellement exceptionnelle, que j’ai adhéré complètement à cette proposition, (il n’aurait pas un don d’ailleurs pour se réinventer à chaque roman???!) alors que ce sujet me paraissant de prime abord, assez délicat. Je suis totalement sortie de ma zone de confort, mais je ne regrette pas cette virée en ces temps troubles, j’ai appris tellement dans ce thriller…

Si Marc Masson prends les armes pour la France, en revanche, Henri Loevenbruck me désarme complètement. Je finis son roman, avec le sourire, les larmes aux yeux, et le cœur broyé. 630 pages qui m’ont bouleversée. A chaque fois, je suis conquise par les valeurs que met en avant, Henri Loevenbruck, comme l’amitié, la loyauté, le respect, mais surtout, la liberté. J’aime passionnément, sa façon de me conter ses histoires.

Je dois remplir une mission aujourd’hui, elle ne sera sans doute pas secrète mais, J’irai vous dire que j’ai adoré ce roman! Trop. Intensément.

Coup de coeur! ❤

« Néanmoins, chaque fois que j’ai eu un ami, je lui ai tout donné. Tout, comme si c’était une évidence. En amitié, ce qui n’est pas donné est perdu. Cela a toujours été une évidence. »

 

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

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Un avion sans elle, Michel Bussi (LC avec Cannibal Lecteur.)

Couverture Un avion sans elle


Synopsis: 

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.
Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…


Ce que j’ai ressenti:

 

  • Un vol plutôt réussi…

On peut dire que Michel Bussi m’a encore bien eu avec ce thriller! Cette histoire d’avions et les ailes de son intrigue m’ont transportée dans une affaire de famille fracassante. Ailes et Elle. ELLE, c’est une Libellule qu’on voudrait s’arracher. Elle, cet être fragile aux ailes abîmées, volette frénétiquement, d’un secret à un autre plus lourd encore…Elle qui cherche à se construire entre ses deux partis, qui se disputent la lumière au fond de ses yeux bleus. Elle, qui porte deux possibles, deux chemins diamétralement opposés, deux choix du cœur. Alors, cette expédition vers la Vérité ne se fera sans quelques heurts et sacrifices…Un page-turner efficace!

Oh, libellule
Toi, t’as les ailes fragiles,
Mais, moi, j’ai la carlingue froissée…

  • Des turbulences nommées Désir…

Le désir peut prendre plusieurs formes, et ne se contrôle pas, la plupart du temps…Michel Bussi explore toutes les lignes du désir, quitte à frôler des lignes ambiguës, qui pourrait mettre mal à l’aise. Des frontières dans les mœurs, entre les pays, au sein de la famille, au cœur de l’amour: un vol plané au dessus des sentiments humains qui n’était pas de tout repos… Et peut être à trop vouloir que le lecteur choisisse un « camp », j’ai trouvé que certains éléments manquaient de subtilités et tiraient beaucoup en longueurs…Et il a eu aussi des scènes qui m’ont un peu dérangée, même si elles servent l’intrigue, j’ai été un peu déçue par ses turbulences: Les riches trop riches avec le mauvais rôle, les pauvres trop pauvres avec le meilleur rôle, l’héroïne trop parfaite que tout le monde envie, les méchants trop méchants et prêts à tout…Finalement, on me l’avait fortement conseillé mais, ça ne sera pas le coup de cœur attendu de mon coté, sans doute parce que j’avais trop d’attentes…

« Ils auraient dû se méfier, il faut toujours se méfier des sourires. »

  • Heureusement, j’ai pris l’avion avec elle… 

Je parle bien sûr, de ma binômette, qui, comme de par hasard l’a lu sans escale, et à vitesse grand V! Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment de lecture puisqu’il était partagé, mais ça ne sera pas, un de ceux qui m’auront marqué. J’ai été surprise par le twist final, comme d’habitude, ça c’est l’élément qui caractérise les thrillers de cet auteur, et à chaque fois, je salue cette originalité. Il y avait quand même, une curiosité permanente pour cette petite libellule et des petits instants de poésie qui ont rendu ce voyage agréable…

« Le cerf-volant comme un fil tendu entre tous les enfants de la planète: juste un peu de vent, rien besoin d’autre. 
L’art d’apprivoiser le ciel, juste pour rire. »

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

 

Titre : Un avion sans elle

Auteur : Michel Bussi
Édition : Pocket (07/03/2013)

Résumé :
Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ?

Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule.

Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…

Critique de Belette2911: 
Si vous êtes à la recherche d’un bon page-turner, d’un roman qui vous colle aux doigts car vous ne pouvez plus le lâcher avant de savoir le mot de la fin, ce livre est fait pour vous.

Certes, on me dira que ce n’est pas un possible Goncourt, que c’est juste un thriller bien foutu, addictif, le genre qui est excellent pour emmener à la plage.

Effectivement, on ne va pas révolutionner la littérature et ci ce roman est parfait pour lire sur une plage, je préciserai, néanmoins, qu’il vaut mieux le lire de préférence là où il n’y a pas de marées, c’est plus prudent.

Je ne voudrais pas avoir sur la conscience la noyade de Babéliottes qui auraient suivi mon conseil et, plongés dans cette lecture, en auraient oublié que la mer, elle monte !

Ce qui joue sur l’addiciton, c’est la manière dont est construit le récit car dès les premiers moments, on se sent happé par le mystère avec les dernières lignes écrites par le détective, Crédule Grand-Duc, avant qu’il ne se tire une balle dans la tête.

Oui, moi aussi je trouve qu’il devrait y avoir des lois afin d’interdire à des auteurs de nommer leur personnage avec des noms qui ne font pas sérieux, qui ressemblent à un totem scout et qui, selon moi, enlève le caractère sérieux au récit en donnant au lecteur l’impression que le détective principal est un bouffon.

Tant que j’en suis à vous parler des personnages, mon autre coup de clavier ira au fait que certains étaient plus que caricaturaux (Malvina, Marc et Lylie, surtout) et trop figés dans leur comportement, comme si les événements, les faits, ne les changeaient pas un peu au fil de l’histoire.

De plus, on se retrouve avec un combat des méchants riches contre les gentils pauvres. D’accord, les riches ne sont pas des adorables Bisounours, ils n’ont pas fait leur fortune en bouffant des arc-en-ciel et en chiant des papillons, mais bon, un chouïa de modération et moins de clichés auraient apporté un peu plus de nuances aux personnages et à leurs situations sociales.

Anybref, je ne vais pas non plus bouder mon plaisir de ce triple looping sans les ceintures attachées et sans parachutes non plus car l’auteur a construit son récit de manière à nous tenir en haleine durant 570 pages, sans que l’on s’emmerde une seule seconde, jouant avec le suspense en coupant habillement le fil de l’histoire pour revenir sur un autre point, un autre protagoniste.

Niveau mystère, on est servi comme en première classe, il n’y a pas de gras, pas trop de sucre, tout est dosé, même si Bussi rajoutera de la crème chantilly sur le final, juste pour nous voir y foutre nos doigts dedans et les relécher avec gourmandise. Il nous le devait bien, après nous avoir balancé dans des tas de trous d’air et de cabine dépressurisée.

Alors oui, ce ne sera pas la révolution dans la littérature, la plume de l’auteur étant « normale » (comme un ancien président, mais en mieux), sans fioritures, sans poésie. Une écriture simple qui ira droit au but, c’est déjà pas mal, je trouve.

Niveau construction, c’est bien agencé, le suspense est maintenu et les révélations fracassantes se feront au fur et à mesure, après quelques coups de mystères qui deviendront des coups de tonnerre lorsque nous en saurons plus.

Malgré le fait de la construction et du mystère bien caché, j’ai tout de même compris ce que l’auteur avait derrière la tête et ce que Crédule Grand-Duc avait vu, par le plus grand des hasards, après 18 ans d’enquête. Moi, je ne l’avais pas vu, n’ayant pas le journal sous les yeux, mais j’ai compris à un moment donné que…

Un livre que j’ai dévoré, tel Lance Armstrong lancé comme un fou dans le Mont Ventoux et qui n’a même pas remarqué que ça montait un peu. Ma pauvre binômette de LCma fée Stelphique, a fini sa lecture, dégoutée par mon rythme de malade (comme d’habitude) et pas aussi conquise par le roman qu’elle l’aurait souhaité. Nous avons les mêmes reproches…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Le collectionneur, Fiona Cummins.

Couverture Le collectionneur


Synopsis: 

Le Collectionneur mène une double vie. Monsieur Tout-le-monde dans l’une, il est, dans l’autre, le gardien d’un musée secret qu’ont constitué son père et son grand-père avant lui, une collection d’ossements humains.

Les collectionneurs cherchent toujours la rareté, l’objet unique. Et il y a à Londres deux enfants atteints d’une maladie génétique orpheline qui fait se dédoubler les cartilages puis pousser les os jusqu’à l’étouffement, la maladie de l’homme de pierre.

Avec un style-cutter aussi efficace que glaçant, Fiona Cummins plonge dans l’âme du psychopathe. Les Anglais ont adoré.


Ce que j’ai ressenti:

  • Bloody Bones.

Le croquemitaine, dans son antre, joue aux osselets. Ça fait un bruit étrange dans sa main, des os qui poussent et se frottent pour la prochaine partie d’horreur… Fiona Cummins apporte une originalité dans le monde des tordus et tueurs en série, que les fans de thrillers vont adorer! 500 pages de tensions et de frissons…Un Collectionneur à vous paralyser de peur…Un sérial killer redoutable avec une collection, pour le moins étonnante, voire carrément troublante…Un page-turner rythmé au compte-goutte, savamment découpé au scalpel, avec une ombre d’un monstre tapi là où, l’on ne s’y attend pas…

« L’espoir vous rend vulnérable. »

  • Une prison d’os…

Ce thriller est intéressant parce qu’il apporte sous couvert d’une fiction, une sensibilisation sur cette maladie rare, la maladie de L’homme de pierre. Elle est le fil conducteur d’une intrigue où la course contre la montre n’aura jamais autant tournée plus dramatiquement…Il faut en plus, du tueur qui rôde et des lapins qui suintent, prendre en compte, les effets irréversibles de ces heures de souffrances à l’intérieur de ces petits corps…Et du coup, avec ces chapitres d’heures en heures qui s’écoulent retient toute notre attention, et on ne peut lâcher ses pages, car, comment abandonner des enfants à leurs malheurs????! Impossible…Jakey est en plus, un enfant trop attendrissant, encore naïf: un vrai petit trésor qu’on aimerait serrer dans nos bras…

« Comme les vivants, les morts s’achètent. »

  • A coeur et à sang…

Fionna Cummins donne à son thriller, déjà bien efficace, une dimension plus profonde avec une psychologie des personnages soignée. Les liens du sang et les souffrances de la maternité interférent avec cette enquête, et viennent assombrir encore un peu plus, l’effet asphyxiant et d’angoisse terrible…Chacune de ses mères possèdent une fracture, la vie ne les pas épargnées, et Fiona Cummins raconte avec beaucoup de sensibilité, toutes les nuances de leurs douleurs. C’était un moment de lecture intense, touchant, frissonnant, passionnant, étonnant, bouleversant… J’imagine que je ne suis pas prête d’oublier Le Collectionneur…Et vous?!

 

« Il veut lui faire comprendre que les mots ne sont pas des confettis qu’on lance pour s’amuser et que le vent emporte, mais des blocs de béton qui peuvent terrasser un homme. »

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture fascinante!

 

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Au coeur de la folie, Luca D’andrea.


Synopsis:

Italie, hiver 1974. À bord d’une Mercedes crème, Marlene fuit à travers le Sud-Tyrol. Elle laisse derrière elle son mari, Herr Wegener, et emporte les saphirs qui lui avaient été confiés par la puissante mafia locale. Alors que, devenu fou, il retourne la région pour la retrouver, Marlene prend un mauvais virage et perd connaissance dans l’accident. Simon Keller, un Bau’r, un homme des montagnes, la recueille et la soigne. Marlene se remet petit à petit dans un chalet isolé, hors de portée de poursuivants pourtant infatigables, et fait un jour la connaissance de Lissy, le grand amour de Simon Keller. Entre huis clos des sommets et traque mafieuse en Italie, Au cœur de la folie nous entraîne dans une spirale de frayeur, à la suite de personnages d’une noirceur fascinante.


Ce que j’ai ressenti :

 

  • Au coeur…Des Légendes.

Les légendes ont une magie intemporelle qui interagissent avec nos rêves d’enfants, mais aussi nos plus grandes peurs…Les angoisses intangibles de cet age innocent, feront les adultes de demain…J’aime tellement quand une histoire mêlent la puissance évocatrice des contes à un thriller psychologique intense. Au Coeur de la Folie de Luca D’Andréa, est une histoire à couper le souffle, à vous glacer les sangs, à vous filer des sueurs froides. Une jolie réussite qui se confirme après le très bon roman de cet auteur: L’essence du Mal. On revisite, dans ses montagnes enneigées, deux légendes très fortes du Vulpendigen et des Kobolds. C’est à en trembler de peur…Et c’est forcément délicieux d’avoir des frissons d’angoisses remisnescentes avec des personnages aussi affreux qui ont su traverser les siècles…Dans ce petit maso, entre solitude et silence, les créatures fantastiques pourrait bien venir hanter plus ardemment, ces êtres perdus…Sans compter, que Lissy veille…

« L’homme ne désire pas ce qu’il voit.
L’homme désire ce qu’il imagine. »

  • Au coeur…du Cercle Parfait.

On est au cœur d’une société secrète et de ses déploiements armés, au cœur de la violence et des esprits perturbés, au cœur de la corruption et d’un vol de saphirs maudits…Un thriller rythmé aux doux sons des vengeances et de la traque sans répit. Au cœur même des cercles vicieux de l’argent et de ses spirales exponentielles de conséquences fâcheuses…Avec une plume incisive et hypnotique, Luca D’Andréa maîtrise ses effets entre paranoïa et peur sourde, pour un huis-clos aux cercles concentriques qui vous prend aux tripes, pour ne plus vous lâcher. La peur et l’angoisse, comme seule compagnie…Et bizarrement, une faim tenace et terrible qui va vite devenir contagieuse… Vous dévorerez ce livre aussi goulûment que la douce Lissy…Je n’ai pas pu décrocher, une fois lancée, dans la fuite aux côtés de Marlene, j’étais captivée par le style et l’ambiance sombre, qui se dégage de cette histoire…

« Le monde grouille de signes, de miracles et de mystères. »

  • Au coeur… de la Folie.

Si l’auteur joue autant avec nos nerfs, qu’avec les petits lutins, il orchestre aussi, tout son roman autour des vertiges psychologiques. Il explore toutes les failles du conscient et de l’inconscient, des dérives de la solitude, des liens du sang empoisonnés, et des traumatismes qui régentent toute une vie…Un thriller bien plus puissant qu’une simple chasse à l’homme, bien plus fantastique qu’une histoire d’amour à l’agonie, bien plus mordant qu’un croc de truie, bien plus retors qu’une mafia déterminée…C’est cela, et bien plus…Tous les ingrédients d’une bonne recette étaient là, pour que je sois accro à ses lignes, aussi affamée que Lissy, et c’est sans doute dans un accès de folie, que je vous avoue, avec une voix très insistante, avoir eu, un coup de cœur pour Au coeur de la Folie

« Si on est vivant, c’est grâce au destin. Or on ne crache pas au visage du destin. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Clémence ainsi que les éditions Denoel pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture captivante!

 

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Allez tous vous faire foutre, Aidan Truhen.

 

Couverture Allez tous vous faire foutre


Synopsis:

Sauvage, déjanté, sans pitié. On vous présente Jack Price.

« Ceci n’est pas un polar pour votre grand-mère, avec des gentils et des méchants. C’est un bouquin pour adulte. Et honnêtement, je dois dire qu’il est moralement répréhensible. Vous allez l’adorer, et à cause de cela, vous allez vous sentir coupable. Mieux vaudra ne pas le laisser traîner : les gens vous regarderont comme si quelque chose ne tournait pas très rond chez vous. Le mieux, c’est peut-être de le glisser dans un autre livre, avec des fleurs sur la couverture. Comme ça quand vous rirez personne ne se fera une piètre opinion de l’état de votre âme.

Jack Price est à la cocaïne ce qu’Über est au transport. C’est un criminel en col blanc, parfaitement organisé, avec une force de vente décentralisée et un produit de marque. Quand sa voisine du dessous se fait tuer, façon exécution, Jack doit savoir pourquoi. C’est une simple question de business et de sécurité personnelle, mais quelqu’un n’aime pas qu’il la pose. La preuve : les Sept Démons, probablement les sept personnes les pires de la terre, ont été engagées pour le liquider.
Grosse erreur.
Énorme erreur.
Parce que maintenant Jack n’est plus obligé de se contenir. Il n’a plus aucune raison de faire profil bas, aucune raison d’obéir aux règles.

Cette histoire raconte donc ce qui se passe quand un groupe de mercenaires internationaux s’en prend à un type relax et du genre bavard qui est en fait complètement barje.
Je suis Aidan Truhen. Merci »


Ce que j’ai ressenti :

  • Absolument Déjanté!

Avec une entrée en matière aussi forte, on sent d’avance que ça va être une lecture « spéciale ». Une de celles que l’on adore ou que l’on déteste mais qui ne laisse pas indifférent! Fermez les yeux si ça pique un peu trop, ou ajouter des fleurs, comme le conseille l’auteur…Autant l’annoncer de suite, je serai de celles qui ont A-Do-Ré! Sans doute parce que j’adore l’audace et ici, elle prend une forme bien irrévérencieuse et pourtant… Il y a des pointes bien senties qui dénotent une belle forme d’intelligence à saluer, de cet auteur bien mystérieux…. Mais surtout, cette lecture a un petit côté déjanté absolument mordant, qui a su me cueillir derrière tout le côté fleuri de cette plume…J’étais morte de rire, et rire en lecture: c’est rare et précieux.

« Rien de tout ça n’a d’importance car comme j’ai dit: un homme doit tenir ses promesses sinon le monde brûle, c’est comme ça. » 

  • Absolument génial!

Jack Price a une personnalité…Comment dire…Il est important de savoir trouver ses mots quand lui, te les balance à la figure, sans aucun filtre…Je dirai qu’il est parfois borderline, doublé d’un c***, avec un sérieux problème de la gâchette. Jack Price est un personnage aux antipodes du Charmant, presque détestable, un criminel invétéré, mais contre toute attente, il se pourrait bien que pour une raison obscure, vous allez l’adorer, autant que moi…Jack Price nous confie ses pensées douteuses, ses actes répréhensibles , ses stratégies scabreuses, son énergie débordante, son franc-parler odieux, ses pires attaques destructrices…Et il vaut mieux pour tout le monde, qu’il dirige sa rage sur l’armée de Sept Démons bien déterminés, à lui faire payer sa curiosité…

« Je suis un type qui a saisi le message et j’ai des mots. J’ai des mots et j’ai des réponses et des émotions à exprimer, à formuler, comme de la poésie. » 

  • Absolument addictif!

Il y a certes ce personnage complètement barje qui nous hypnotise mais, il y a surtout, une intrigue qui tient toutes ses promesses. Les pages défilent à toute allure, tout comme ce thriller noir explosif. Aucun temps mort, mais des morts à la pelle, de l’action et des injonctions fleuries, et surtout, surtout, un humour à prendre au deuxième degré, voire plus si affinités…Vous l’aurez compris, ce n’est pas une lecture recommandable, mais bon, je vais le faire quand même: lisez-le! C’est complètement barré, et c’est hilarant!

« je ne suis pas sûr qu’être dans le même espace mental et émotionnel que M. Price soit une victoire. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture addictive!

 

D’ombre et de silence, Karine Giebel.

Couverture D'ombre et de silence


Synopsis:

Écrire une nouvelle, c’est tenter, en quelques lignes, de donner vie à un personnage, de faire passer au lecteur autant d’émotions qu’en plusieurs centaines de pages.
C’est en cela que la nouvelle est un genre littéraire exigeant, difficile et passionnant. » Karine Giebel 

Si les romans de Karine Giebel sont parmi les plus lus en France et ont fait le tour du monde, celle-ci excelle depuis quelques années dans un genre tout aussi exigeant : la nouvelle, où elle condense en quelques pages seulement toute la force de ses romans. D’OMBRE ET DE SILENCE réunit neuf textes, dont certains sont inédits et d’autres restés jusqu’à aujourd’hui très confidentiels. Voici l’occasion de la (re)découvrir intensément, grâce à ce recueil de nouvelles noires, humaines, engagées…


Ce que j’ai ressenti :

Il faut toujours une part de lumière pour voir mieux les ombres et c’est dans les silences, que les ténèbres emportent les étincelles de vie…Lire ces nouvelles de Karine Giebel, c’est toucher du doigt, le Noir. Sauf qu’évidemment, la fiction rend toujours compte de l’effroyable réalité que si, c’est si noir, c’est d’autant plus effrayant que ce sont des sujets d’actualités très sensibles…Une réalité où la violence peut prendre différentes formes, différents visages: les liens du sang sont troublés, les haines vivaces, les meurtres inévitables…

En deux mots, voilà ce qui vous attend…

  • Aleyna: Famille/Violence.
  • Aurore: Fratrie/Suicide
  • Ce que les blessures laissent au fond des yeux: Mères/Enfer.
  • J’ai appris le silence : Innocence/ Indifférence.
  • L’été se meurt: Admirateur/Folie.
  • L’homme en noir: Enfant/ Déni.
  • L’intérieur: Femme/ Emprise.
  • Le Printemps de Juliette: Amour/ Euthanasie.

8 nouvelles, et autant de coups de poings renversants, une vraie raclée qui se joue en pages et en mots, pour mieux nous atteindre. Et la reine du noir, Karine Giebel a concocté quelques échantillons de clair/obscur, des situations qui basculent, des scènes déchirantes pour que nous prenions conscience des difficultés qu’il y a en ce monde: à être femme au milieu des hommes, à être fragile face à des brutes, à être démuni au sein du chaos. Tellement de chemins à parcourir encore dans les mentalités alors il faut bien des textes chocs pour éveiller les esprits…

D’habitude, avec les nouvelles j’ai un peu plus de mal, mais cette auteure a réussi à me surprendre, et c’est heureux parce que je tenais à connaître mieux les écrits de cette dame que j’ai eu le plaisir de rencontrer sur un salon: elle m’a laissé une impression, si douce…

Ce format là, exige un choix de mots « impacts » et elle le fait avec brio, Karine Giebel. Je ne regrette qu’une infime chose, c’est que j’avais déjà lu certaines de ses nouvelles (dans les recueils 13 à table! au profit des Restaurants du cœur édité par les éditions Pocket que j’ai plaisir à m’offrir chaque année) donc l’effet de surprise a été moins intense, mais cela ne change pas la qualité des textes et, au moins je les retrouverai enfin dans un recueil entièrement dédié à son talent de nouvelliste!

D’ombre et de Silence frôle quelques ténèbres et des folies contemporaines et réussi son petit effet « Frissons »…8 fois…

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements :

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket pour l’envoi de ce livre! Ce fut une agréable découverte .

Trop Humains, Sylvain Neuvel.

 

Couverture Les dossiers Thémis, tome 3 : Trop humains


Synopsis:

Neuf ans se sont écoulés depuis que Rose a sauvé l’Humanité du peuple Ekt, les créateurs de Thémis. Coincée sur leur planète en compagnie de Vincent et de sa fille Eva, elle cherche désespérément une solution pour rentrer chez eux. Mais sur Terre, rien n’est plus comme avant. Un nouvel ordre mondial s’est installé. De nouvelles alliances se sont formées et les anciennes divisions se sont renforcées alors que la troisième guerre mondiale menace d’éclater. Le monde est au bord de l’implosion… Rose, Vincent et Eva devront bientôt choisir leur camp et accomplir un ultime sacrifice.


Ce que j’ai ressenti:

Dossier EE1.0 et EE2.0
Journal de coup de cœur archivé.
Lieu: Top Secret.

Le Sommeil des Géants.

L’Eveil des Dieux.

Dossier EE3.0
Journal Personnel de Stelphique
Lieu: quelque part sur la Terre.

« Toujours faire attention à ce que l’on souhaite. » (p19 Trop humains.)

En Janvier 2017, j’ai vu entrer dans mon monde, une super nova littéraire, un coup de cœur fantastique pour le premier tome d’une saga de géants: Les Dossiers Thémis. Et j’ai souhaité la lire au plus vite , connaître tous les secrets de cette aventure mystérieuse à la croisée du thriller et de la science-fiction…Octobre 2018, j’ai fini le troisième tome avec autant de frénésie que pour le tout premier. 24 h pour lire les 450 pages…Alors quitte à souhaiter encore, lancer dans les étoiles un petit vœu de lectrice passionnée , j’aimerais que cette trilogie soit juste le premier cycle d’une longue saga…Parce qu’il est inconcevable de quitter cet univers…Je suis devenue Themisophile, et j’ai adoré ça! Eyesunt yesk!

Dossier EE0I
Dossier personnel D’esat Ekt
Entretien entre Thémis et Stelphique .
Lieu inconnu.

Déclinez moi votre nom et votre grade, s’il vous plaît.( p29 Le Sommeil des Géants)

Stelphique , Fée lectrice.

-Rappelez-moi les conclusions de votre rapport.( p25 Le Sommeil des géants )

-C’est simple, je sais quand un livre va me plaire quand j’arrête tout, pour le lire, que je grignote une nuit de sommeil pour suivre mes personnages préférés , quand je me couche les yeux piquants de fatigue et mouillés de larmes d’émotions vers 2h du matin…Tel fut mon expérience avec le dernier tome, Trop Humains de Sylvain Neuvel…Seuls, les lecteurs passionnés peuvent comprendre cette sensation. Là, je savais intimement qu’il y a eu cette connexion et une passion non feinte de féru de lecture SF, pour cette histoire pas comme les autres, une de celles qui résonnera toujours dans ma tête parce que, trois fois je suis partie dans les étoiles, et trois fois, mon cœur a pulvérisé les records de pulsations cardiaques. Une mission réussie!

Et qu’avez-vous fait après avoir rendu votre rapport? (P26 Le Sommeil des Géants)

-J’ai tenu à garder pour moi, un peu de ce plaisir, presque égoïstement pendant un temps , parce que je savais que j’avais mis le point final à une trilogie qui a su me transporter vers d’autres situations géo-politiques intéressantes, un éventuel envahissement extra-terrestre à faire trembler le monde, un voyage à l’intérieur d’un géant au delà des étoiles, un futur sombre fait de tensions armées…En somme, une expédition extraordinaire dans le temps et dans l’espace…J’avais envie de faire un au revoir temporaire à Kara, Vincent, Rose, Eva, Thémis parce qu’ils ont accompagné mes nuits d’insomnie, et remplie de leur joie de vivre, un peu de mon imagination, mais je sais qu’il me reste encore , le plaisir exquis de la relecture…Je ne pouvais tenir ce dossier indéfiniment dissimulé, alors j’ai rendu mon rapport au service secret qui saura le placer habilement dans ses archives, au rayon Coup de Cœur!

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Claire ainsi que les éditions Le Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Merci de leur confiance, ce fut une lecture addictive!

 

On la trouvait plutôt jolie, Michel Bussi.

 


Synopsis: 

On la trouvait plutôt jolie, Leyli. Tout charme et tout sourire. Leyli Maal fait le ménage dans les hôtels à Port-de-Bouc, près de Marseille. Malienne, mère célibataire de trois enfants, Bamby, 21 ans, Alpha, 17 ans, Tidiane, 10 ans, Leyli nourrit un rêve immense et cache un grand secret. Leyli raconte sa vie à qui veut bien l’écouter, mais peut-elle avouer toute la vérité ? Peut-elle empêcher ses enfants de dévoiler ce qu’elle a caché ? Une vengeance ? Un trésor ? Un père ? François Valioni travaille pour une importante association d’aide aux migrants à Port-de-Bouc. Il est retrouvé au petit matin assassiné dans un hôtel. Dans sa poche, un bracelet de couleur et six coquillages. Julo Flores est un jeune lieutenant de police zélé, hyperconnecté. Méfiant envers son commandant et un peu trop sentimental, il ne peut pas croire que Bamby Maal, que tout accuse, soit la coupable. Surtout lorsque survient un second crime. En quatre jours et trois nuits, du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, Michel Bussi nous offre un suspense de haut vol, dans lequel, comme toujours, priment l’humain, l’émotion, l’universel. Jusqu’au stupéfiant twist final.


Ce que j’ai ressenti:

 

  • Et par temps de mistral…

Dans son anémogamie, les bourrasques de vent pourrait bien vous souffler aussi, le récit de Leyli,  l’odeur sucrée de sa peau, la sueur de ses heures de travail, le sel de ses larmes, et le sang de ses rêves évanouis…On la trouvait plutôt jolie, Leyli, mais si on écoute dans les langueurs océanes de la ville de Port-de-Bouc, on pourrait aussi entendre le cri désespéré d’une chouette et les derniers souffles des migrants qui se noient, dans la Méditerranée… Michel Bussi nous offre une poignée de destins qui crissent, comme l’écho des frottements des cauris, et,  il nous fait tenir dans nos mains, près de 500 pages, d’un thriller aux embruns humanistes…

« La poussière se pose plus vite sur nos cœurs que sur les meubles. »

  • Les jours et les nuits se délitent…

On la trouvait plutôt jolie notre paire de lunettes…Mais est-il certain que cela nous cachera la réalité affreuse? Ou encore, nous protégera-t-elle de l’éclat lumineux de nos rêves éveillés? Il y a dans ses pages, un antagonisme fort qui se dispute nos élans du coeur…Les jours sont de sang et les nuits d’ancre, mais la souffrance n’a pas de frontières, elle n’a pas de limites elle se fout bien de vos lignes imaginaires… Elle prend juste différentes couleurs, différents courants, toujours de tragiques chemins qui floutent les regards de ces champions…Et la lumière aveuglante du soleil du désert se frotte à l’obscurité des rues grises de la ville pour déstructurer toutes les attentes…Repères et remous émotionnels dans le tourment des tempêtes, une famille au centre: Leyli, Bamby, Alpha, Tidiane.

« Tu comprends, Bamby, on veut juste notre part de rêve! »

  • …Le sortilège est lancé.

Michel Bussi a le charmant pouvoir de nous surprendre à chaque thriller, dans un dernier twist. C’est son petit tour de magie:  on le trouvait plutôt talentueux, Monsieur Bussi, et il confirme tous ses effets…Je suis, bien sûr attentive à cette connivence de final qu’il a su installer avec ses lecteurs, mais, si j’ai adoré cette lecture, c’est avant tout pour son impact humain. La famille, les secrets bien gardés, les trésors enfouis, l’épopée des migrants, c’est toute une recette d’ingrédients qui a su me toucher, d’une bien chouette manière…

« C’est une sensation étrange, croyez moi, de voir ainsi le monde partir dans le néant, basculer, disparaître alors que vous, vous allez rester. »

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier encore l’équipe formidable du Gang Pocket, pour cette belle soirée et cette  très jolie lecture!

lu-en-part-avec-la-me

pocket

La mort selon Turner, Tim Willocks.

Couverture La Mort selon Turner


Synopsis: 

Après La Religion et Les Douze Enfants de Paris, le nouvel opéra noir de Tim Willocks.

Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s’en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu’il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.

Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu’hypnotique. On retrouve dans ce tableau au couteau de l’Afrique du Sud tout le souffle et l’ampleur du romancier, allié à une exceptionnelle force d’empathie. Loin de tout manichéisme, il nous fait profiter d’une rare proximité avec ses personnages, illustrant de la sorte la fameuse phrase de Jean Renoir : « Sur cette Terre, il y a quelque chose d’effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons. »


Ce que j’ai ressenti: 

  • Rencontre explosive!

C’est rare, mais je tenais à le dire: je veux revoir, à tout prix, Radebe Turner! Il incarne cette idée de justice dans sa plus noble définition, envers et contre tout, en dépit de tout…Et ça, c’est précisément, tout ce que j’aime. Bref, j’ai adoré ce personnage, j’ai eu un coup de foudre pour cet homme de valeur, de sagesse, et sacrément déterminé. Un héros taillé, démesurément, pour les causes perdues…Un flic qui mène sa propre défense pour les êtres de « rien », ceux qu’on oublie au détour d’un carrefour, ceux qu’on laisse mourir à côté d’une poubelle, ceux dont personne ne se soucie…Lui, il va en faire son « leitmotiv », et je peux vous le dire que cette mission ne se fera pas dans la dentelle, ni dans les sourires entendus et hypocrites pour la hiérarchie …Un feu incroyable anime cet inspecteur, et il brûlera tout sur son passage…

« -Que justice soit faite même si les cieux dégringolent… »

  • A feu et à soif…

Le décor est planté en Afrique, Lankopf, Cap-Nord. L’air est irrespirable de trop de poussière, de trop de pouvoir empoisonné. Entre la chaleur abrutissante et la corruption imprégnée, difficile de se sentir bien sur ce petit bout de terre, à quelques pas d’un no man’s land de perdition…En partant, comme cela, bille en tête pour rendre justice à cette jeune fille sans nom, contre la famille Le Roux, dirigeante sur des kilomètres à la ronde, Turner n’avait pas idée des lourdes conséquences qu’il va engendrer. L’auteur plonge son héros en plein enfer, mais il le fait avec panache,lui donnant une assurance surdimensionnée et une soif de justice incompressible, qui ne va plaire à la reine des lieux…La descente policière n’est qu’un apocalyptique chaos à l’image de l’édifice de puissance de Margot Le Roux:  un western des temps modernes en terre africaine, avec fusillades et actes de violences en tout genre…

« Trouve la force du fer dans ton âme. Si le fer n’est pas là, c’est qu’il n’y a plus rien. »

 

  • Une plume flamboyante!

Tim Willocks m’a conquise dès le premier chapitre…Il a une écriture sensitive, furieuse, poétique, palpitante, empathique, magistrale qui fait que l’on ressent l’intensité de ces drames, la misère de cet environnement, la chaleur extrême, les inégalités honteuses, et la douleur intime de Turner. Je suis restée scotchée dans la scène du désert de sel, c’est presque insoutenable, et cela prouve bien que l’auteur a un immense talent. On a l’impression d’y être, de voir carrément l’horreur sous nos yeux, de sentir les effets de la déshydratation, de goûter le sel de ses scènes de violences, de toucher de près, la poisseuse main mise de la corruption, d’entendre la mort, à pas fracassant…Avec un tel personnage qui pousse cette envie de justice vers son idéal ultime et cette plume incroyablement sensible et bouleversante, j’ai eu un coup de coeur pour ce thriller noir. Stupéfiant, inattendu et puissant, mais vraiment, un énorme coup de coeur!

 

« Je suis donc assis dans une voiture avec un homme mort, mort avec de la poésie aux lèvres. »

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 10/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine, pour leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture addictive!

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Les illusions, Jane Robins.

Couverture Les Illusions


Synopsis: 

Jusqu’où peut-on s’immiscer dans la vie de ses proches ?

Callie a toujours vécu dans l’ombre de sa sœur, Tilda, à qui tout réussit. Celle-ci est actrice et forme un couple heureux avec Felix, un riche banquier, alors que Callie vit seule et végète dans la librairie où elle travaille. Si elle admire toujours autant sa sœur, elle ne peut néanmoins s’empêcher de penser que quelque chose se cache sous ce vernis de perfection. Tilda ne serait-elle pas sous l’emprise de Felix, dont les comportements obsessionnels sont de plus en plus inquiétants ? Ou bien Callie se fait-elle des illusions ? N’est-ce pas plutôt elle qui a un problème avec la réussite de Tilda ? Lorsque Felix décède d’une crise cardiaque, les relations entre les deux sœurs prennent un tour complètement inattendu.

La jalousie, la culpabilité, le remords… dans ce roman au suspense hitchcockien, Jane Robins joue sur tous les registres des liens familiaux. D’une étonnante acuité psychologique, elle dessine des personnages à l’humanité poignante, jusque dans leurs failles et leurs excès, pris dans une intrigue où il est impossible jusqu’à la fin de démêler le vrai du faux.


Ce que j’ai ressenti:

  • Illusions d’enfance…

Callie et Tilda sont deux sœurs jumelles avec une relation fusionnelle…Avec tout ce que cela implique…Un lien tellement fort, tellement intense qui est à la limite de la normalité. L’amour les unit, l’admiration les déchire. Des flash-back disséminés dans ce thriller redoutable, viennent ajouter des touches de frissons désagréables, mais impossible de saisir réellement quelque chose…Tout nous échappe, les souvenirs, les actes déraisonnables…Vent de folie, vent d’adoration, leur fratrie est une bourrasque détonante…

Et puis, entre dans la ronde des sœurs: Félix.

« -Non, petite soeur. Bien sûr que non. Tu es une prolongation de moi-même…Tu le sais bien. »

  • Illusions de couple…

Tilda et Felix ont tout pour eux. Amour Gloire et Beauté. Tellement ressemblants. Tellement lumineux. Attirant tous les regards. Alors forcément, la soeur un peu « collante », Callie, il faut qu’elle laisse place au nouvel amour de sa trop belle jumelle, Tilda…Mais Suspicion vient se glisser dans l’équation, grignotant petit à petit, les ententes, doucement s’immiscer dans chaque rencontre, fracturant le vernis de façade de tout un chacun…Et cela fait des crics et des cracks. Ça raconte beaucoup de cracks, ça explore des forums douteux… Mais le mot Mariage est prononcé…Tilda et Félix vivent un amour passionnel, n’en déplaise aux rumeurs….

Et puis, entre dans la ronde des amoureux: Fatalité.

« Je suis la presque mort, le précurseur de la mort, et je lui dis de la fermer. »

  • Les illusions, ou le thriller rondement mené!

C’est terriblement bien orchestré. Tu fermes le livre, et tu dis « Elle est douée, cette Jane Robins ». Premier roman et déjà, une réussite! C’est avec beaucoup d’appréhension que je tente d’en parler sans rien dévoiler, car c’est toujours à un détail que se joue souvent tout l’édifice d’un thriller psychologique. Il y a des mots-clefs que je pourrai évoquer, mais cela serait tellement dommage…

En revanche, je peux vous dire que j’ai été bluffée, dérangée, étonnée, fortement surprise…Les thèmes sont actuels, avec toute la nouvelle donne de l’Internet et ses petits lieux de rencontres privées, les nouvelles névroses dû à ce nouvel environnement surexposé: toujours à un clic du basculement, à un clic du drame, à un clic de l’irresponsabilité. Un écran toujours plus présent, toujours plus intrusif, et de là, viennent toutes les failles des illusions…C’est passionnant et très édifiant.

Je vous laisse d’ailleurs méditer sur les mots de notre héroïne resplendissante Tilda, ou même noter dans votre dossier:

« -C’est sur Internet que les tarés se retrouvent. »p18 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre. Merci de leur confiance!

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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