Sauf, Hervé Commère.


Synopsis:

L’année de ses six ans, à l’été 1976, Mat a perdu ses parents dans l’incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n’a survécu aux flammes, pas le moindre objet.
Mat est aujourd’hui propriétaire d’un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congés, il passe en revue les dernières acquisitions. La veille, ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant…
Mat a toujours aimé se raconter des histoires, mais à quarante ans passés, il semblerait que la sienne lui ait échappé. De Montreuil à la pointe du Finistère, cherchant à comprendre quel message la vie veut lui adresser, il traquera les vérités, ses vérités, celles que recèle un album de famille resurgi brutalement des décombres.

Ce que j’ai ressenti:

▪️À brûler des intérieurs…

Mathieu est hanté par de sombres souvenirs. Sauf qu’il essaye de s’en sortir. Bien qu’il est une vie heureuse, il a été marqué par trop de drames et les flammes de la violence. Il lutte depuis, contre cette nature profonde, chaque jour…Jusqu’à ce que le passé se rappelle a lui. Sauf qu’il est virulent, cet impact. Il se glisse dans les pages d’un album photo comme si de rien n’était! Sauf qu’il bouleverse de beaucoup les illusions enfouies et renverse les convictions établies. Avec ses amis et sa douce, le petit Matelot va marcher sur les cendres de ses souvenirs, mais il ne sait pas encore que l’incendie le guette…

Mais nous n’avons plus le choix. Je n’ai plus le choix. Et puis les démons sont là, et bien là, ça n’est pas nous qui les réveillons.

▪️L’amour ou L’argent. Et le chiffre 6.

Les vérités sont aussi limpides que évidentes. Avec ce thriller ultra rythmé, on s’aperçoit encore plus que l’amour et l’argent mènent le monde dans une course folle…Mais lequel des deux est le plus fort?! Je vous laisse voir ça, mais sachez qu’il y a beaucoup de mystères et de profits à la clef, d’amours et d’amitiés, de paysages grandioses et le chiffre 6. C’est extrêmement troublant, je l’ai relevé à plusieurs reprises et comme l’auteur m’a posé une question dans sa dédicace, j’aimerai en faire de même pour savoir pourquoi ce chiffre en particulier revient comme une obsession? Pour vous, il vous reste à ouvrir ses pages pour tenter d’approcher les questions soulevées par cette histoire : Est-on prisonnier de son enfance? De son ADN? Des personnes qui nous aiment? Des perspectives d’argent? Mathieu va le découvrir au péril de sa vie et les réponses pourraient bien vous brûler les doigts aussi, comme elles l’ont fait pour moi. Mais j’ai adoré ça!

Il est six heures du matin et je n’ai pas le droit d’être là, il me l’a rappelé dans son bureau, puis dans sa voiture en roulant jusqu’ici.

▪️Sauf, que c’était génial!!!!

J’ai beaucoup aimé cette lecture. Elle est dynamique autant que passionnée, et les secrets s’enchaînent les uns après les autres. À la fin de chaque chapitre, le seul truc que je voulais faire , c’était lire la prochaine page! C’était fou, sauf que c’était génial! Bref, c’est un page-turner très efficace! Hervé Commère a une plume addictive et j’ai aimé les chemins sur lesquels il m’a mené en moto ou dans une vieille voiture, avec des personnages qui ont parfois dépasser les limites, mais qu’on se plait à suivre dans leurs cheminements personnels…J’ai d’ailleurs toujours eu un faible pour les histoires avec les manoirs, et celui-ci avec sa mer de travers et son ombre de mystères a réussi à me faire rêver aux falaises bretonnes et norvégiennes…Jusqu’à la vérité vertigineuse!

J’avais 6 ans quand c’est arrivé.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est sticker-fee-libellule.png
Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que toute la Team Pocket. J’ai eu la chance de recevoir ce roman avec une dédicace de l’auteur, j’étais Joie. Merci pour cette douce attention!

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est pocket.jpg

Chez Nous, Louise Candlish.

Synopsis:

Inconnu(e) à cette adresse.
 Fiona et Bram Lawson pensaient s’être séparés « intelligemment ». Ils avaient, en tout cas, trouvé un accord : ils habiteraient à tour de rôle avec leurs enfants dans leur belle demeure de Trinity Avenue, dans le sud de Londres. Mais l’histoire a mal tourné. Très mal tourné.
Un jour d’hiver, en rentrant chez elle, Fiona tombe sur des déménageurs. Tous ses meubles ont disparu, il y a des gens dans sa maison – un couple qu’elle n’a jamais vu lui annonce qu’il en est le nouveau propriétaire. Fiona essaie immédiatement de joindre Bram, mais son numéro est hors service. Et ses enfants, eux aussi, sont introuvables. Cauchemar éveillé ? Cela ne fait que commencer !
Entre Desperate Housewives et Les Apparences, Chez nous est un thriller redoutablement addictif, qui tient son lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Ce que j’ai ressenti:

▪️Un livre de circonstance…

Parce que la nouvelle vient de tomber, il va falloir qu’on reste Chez Nous. Mais ce thriller parle de foyer usurpé, de famille éclatée, le « Chez Nous » n’est plus qu’une illusion qui s’envole…La malchance de ce Vendredi 13 semble s’abattre sur les Lawson! Fi est éjectée de sa belle maison de Trinity Avenue et, elle vit très mal d’être dans cet inconfort. Mais qui lui a volé sa plus belle fierté, qui lui a enlevé ce Chez nous si cher à son cœur?…Et puis, où sont ses enfants? Où est son mari? Et pourquoi une nouvelle famille a pris possession de son Nid? Chez Nous, c’est une ambiance particulière, de faits et dires qui s’étiolent, sans maîtrise aucune, et pourtant il va bien falloir comprendre comment Chez Nous, on va pouvoir déterminer les circonstances de cette perte de leur Chez Eux…Tout est parti en vrille, entre les mensonges et les non-dits, et c’est Fi, La Victime. Et vous, que feriez-vous sans votre Chez-Vous? Vers qui, vous retourniez-vous pour faire face?

La survie aussi provisoire quelle soit, tenait beaucoup à la compartimentation, et je commençais à devenir un expert dans l’art de rendre chaque joint de ces compartiments parfaitement étanche.

▪️Nouvelles formes de vies…

Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce thriller, c’est qu’il est très contemporain, tout en ayant un effet très rétro. Des nouvelles formes de communications avec les podcasts, à des confidences Word, le couple Lawson utilise les outils à leurs portées pour se défendre, mais la tourmente est lancée à trop vive allure pour esquiver le drame. Il y a toute une ambiance So British, avec ce charme indéniable de savoir poser une atmosphère lente, mystérieuse. On le sait pour ça, les auteurs anglais savent y faire pour créer un suspense sournois avec peu de choses et Louise Candlish est de cette trempe d’écrivaine qui maîtrise parfaitement ce talent puisque ce roman est complètement addictif! Et puis à côté de ça, il y a également une évolution dans les mœurs.On sent que l’époque a changée que les foyers sont au cœur des préoccupations. A l’heure d’aujourd’hui, être plus à l’écoute des besoins de la famille, gérer au mieux le bien-être des enfants lors d’une séparation comme le met en place Fiona Lawson nous démontre que la société tend vers plus de resserrements des liens familiaux. Et c’est tellement réconfortant de pouvoir lire ce genre d’intelligence protectrice. Mais ce thriller domestique fait éclater les vernis de cette illusion de famille parfaite, et c’est souvent au fond du jardin, que se délite leurs belles alliances…

Ce n’était pas que les mères avaient le monopole de la dévotion parentale, c’était juste qu’elles ressentaient plus profondément les choses.

▪️Keep calm and Restons Chez Nous…

En cette période de confinement, rester Chez Nous est essentiel. Prenez donc un bon livre, comme celui-ci par exemple, et prenez soin de vous et de vos proches. Que l’on soit Chez Nous, ne doit pas nous empêcher de rester vigilants face à ces nouvelles formes d’arnaques, de prendre soin de nos proches et plus particulièrement, les plus vulnérables…Restez dans vos nids. Les apparences peuvent être tellement trompeuses et dans le sud de Londres, près d’un magnolia, j’ai eu tellement de plaisir à passer du temps devant la façade de la belle demeure de Trinity Avenue. Je ne vais pas en dire plus sur cette intrigue efficace et réussie, je vous laisse la découvrir…Je retourne à mon confinement en vous envoyant mes plus douces pensées…

Le cœur a une mémoire comme tous les autres muscles et, je dois l’admettre, le mien s’est serré en le voyant ainsi.

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Le bûcher de Moorea, Patrice Guirao.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est img_3477.jpg

Synopsis:

Dans le lagon de Moorea, les eaux calmes et bleues bercent quelques voiliers tranquilles. Les cocotiers dansent au vent. Les tiarés exhalent leur parfum. Pourtant, à l’abri de la forêt, des flammes se fraient un chemin vers le ciel. Lilith Tereia, jeune photographe, tourne son appareil vers le bûcher. Devant son objectif, des bras, des jambes, des troncs se consument. Et quatre têtes.
Pour quels dieux peut-on faire aujourd’hui de tels sacrifices ? Avec Maema, journaliste au quotidien de Tahiti, Lilith est happée dans le tourbillon de l’enquête. Les deux vahinés croiseront le chemin d’un homme venu de France chercher une autre vie. Un homme qui tutoie la mort. Derrière chaque paradis, il y a un enfer. Bienvenue en Polynésie !

Ce que j’ai ressenti:

▪️Avant que j’oublie...

Il y a des magies qui se lovent dans le souffle de la terre.

Avant que j’oublie, j’aimerai vous dire que je me suis approchée d’un peu trop près des flammes. Et la conséquence, c’est que je me suis brûlée les ailes sur Le bûcher de Moorea. J’ai piqué un peu trop les fleurs de tiaré dans mes cheveux, j’ai couru un peu trop rapidement sur ses plages: je me suis étourdie de Polynésie. Et pourtant, le feu continuait de prendre des vies innocentes ou coupables dans la tombée du soir…

Avant que j’oublie, j’aimerai vous parler de la douceur de vivre de cette île. Un lieu que je n’aurai jamais voulu quitter. Même avec un charnier en plein milieu du paysage, même avec une jambe disparue ou des jeunes égarés, j’y serai bien restée. Pourtant, tout ne fait pas rêver, il y a des réalités que j’ai dû occulter pour n’y voir qu’un idéal fantasmé. Alors même si on me demandait à quoi ressemble le Paradis, j’aurai bien dit: oui, c’est ici.

Avant que j’oublie Lilith, Naël ou Gaspard, et puis tous les autres…J’aimerai leur dire que j’ai fait de belles rencontres. J’ai aimé être à leurs côtés dans leurs aventures, être au plus près de leurs façons de penser. Pourtant, ils sont différents, fascinants, indépendants, dangereux, voire originaux. Mais je ne me suis pas lassée d’eux, de leurs particularités, de leurs manières d’aimer et de leurs façons de sombrer dans L’Enfer. Peut-être qu’ils sont juste, libres, en fait…

Avant que j’oublie que je me suis trop abîmé les yeux dans toutes les nuances de bleu, jusqu’à attendre le Noir…Alors que j’ai trop patienté de ressentir le mana dans ma peau, j’ai entraperçu ce qu’il y avait du charme de la Mort et de l’art de prendre la Vie. Tant de vie auprès de la mort, tant de morts reviennent à la vie, et dans le miroir, est-ce un visage qui me ressemble?! Et toujours, le ciel donne ses dégradés dans l’azur, mais les ancêtres continuent de murmurer des bruits affamés et pleurent l’infini.

En revanche, ce que je ne pourrais jamais oublier c’est la poésie qui est entrée par effraction, comme une boule de feu, dans le creux de mon ventre. Combien Patrice Guirao sait la mettre en valeur dans des passages tout à fait éblouissants, comme il a l’amour des mots et à l’art de les faire vibrer dans ce thriller. J’ai été soufflée, émerveillée même par moment. La rencontre avec cette plume a été un coup de foudre, et puis finalement, je me suis aperçue que je la connaissais déjà depuis des années, que je chantais ses mots avec un enthousiasme certain (à tue-tête et complètement faux dans les vocalises aussi, mais qu’importe…)…Alors ce n’est qu’un coup de foudre qui frappe deux fois au même endroit, il ne fait que Prendre Racine dans mon cœur. Je me suis brûlée les ailes dans Le Bûcher de Moorea, et je voudrais ne jamais l’oublier.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est sticker-fee-libellule.png
Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est pocket.jpg

La Cité de Feu, Kate Mosse.

La Cité de feu


Synopsis:

Une course haletante au cœur des guerres de Religion : le grand retour de la reine du roman historique.
France, 1562. Les tensions entre catholiques et protestants s’exacerbent, le royaume se déchire. Le prince de Condé et le duc de Guise se livrent un combat sans merci. Les huguenots sont persécutés, les massacres se succèdent. À Carcassonne, Marguerite Joubert, la fille d’un libraire catholique, fait la connaissance de Piet, un protestant converti dont la vie est en danger. Alors que la violence commence à se déchaîner dans la région, le couple se retrouve bientôt au centre d’un vaste complot lié à une sainte relique. Leur quête va les mener vers une ancienne forteresse, où sommeille un secret enterré depuis des décennies.
Après Labyrinthe, vendu à plusieurs millions d’exemplaires, Kate Mosse nous propose une nouvelle fresque érudite et captivante. Elle y donne la parole à ces figures féminines trop souvent oubliées par l’histoire officielle. D’une efficacité redoutable, La Cité de feu confirme l’inimitable maestria narrative de son auteur.

Ce que j’ai ressenti:

Le nouveau Kate Mosse est là. Dans le feu et les flammes, son nouveau titre en lettres noires: La Cité de Feu.

Il était temps!

À l’intérieur, des rêves de pouvoir, d’amour et d’émancipation. Des temps pour haïr et tuer. Des temps pour aimer et embrasser. Des temps pour bâtir et embraser. Des temps pour nourrir et faire mourir tous les feux.

Des voix me disent que vous allez adorer ce petit pavé de 600 pages!

Mais Dieu saura, lui. Il voit tout.

▪️Il y a un temps pour…Une belle joie!

Quand j’ai vu que Kate Mosse sortait un nouveau roman, vous ne pouvez pas savoir comme j’étais joie! Je suis passionnée par l’histoire des religions et pouvoir lire un thriller historique de sa plume, c’est un plaisir que je voulais vraiment apprécier à sa juste valeur. Alors j’ai pris le temps, beaucoup de temps même, pour me plonger dans une nouvelle aventure dans les rues de Carcassonne et Toulouse. Et quelle lecture! Dense, captivante et surtout, brûlante! Repartir comme ça dans un passé sulfureux et ressentir les feux de cette période tourmentée par des affrontements entre catholiques et protestants, c’est toucher de près, le carnage des guerres de religions qui sévissent dans le Sud de la France en 1562. Les scènes sont grandioses, le souci du détail très minutieux, bref, c’est un grand roman, et ce n’est que le début d’une prometteuse trilogie! Il était vraiment temps qu’elle nous revienne Kate Mosse!

Comme il est facile d’arrêter le battement d’un cœur.

▪️Il y a un temps pour…une grande histoire.

S’il est vrai qu’elle a un talent fou pour raviver les feux de l’Histoire, Kate Mosse sait aussi nous conter mille et une histoires avec des personnages auxquels on se lie passionnément. Que ce soit du côté des « gentils » ou des « méchants », ils sont tous agréables à suivre dans leurs cheminements personnels. D’ailleurs, j’ai tout autant adoré Minou que Blanche, alors qu’elles s’opposent dans ce conflit d’intérêts…Mais elles ont chacune à leur manière, une lumière qui les caractérise. Tous, autant qu’ils sont, vivent au plus près de leurs espoirs, leurs amours, leurs vengeances…On est dans un temps de révolte, et elles sont nombreuses à gronder dans les rues…Kate Mosse explore avec subtilité, les passions du cœur et de l’esprit et c’est qui fait de ce roman, un moment de lecture grandiose. De plus, j’ai vraiment adoré le vent de fraîcheur de féminisme qui souffle entre tous ses feux d’intolérances.

Lorsque l’amour tourne à la haine, c’est la plus puissante et la plus violente des émotions.

▪️Il y a un temps pour…Vous dire…

Qu’il serait bien temps que vous alliez frôler les feux du passé, que vous alliez mieux découvrir les secrets de ces villes qui se sont enflammées sous des brasiers de haine. Qu’il serait plus que temps que vous vous risquiez à lire un livre d’une puissance narrative bouleversante. Il serait temps pour vous de regarder au fin fond de leurs yeux, les drames de l’inquisition et les ravages d’une guerre religieuse. Kate Mosse a réussi avec brio, à me captiver pendant ces 600 pages flamboyantes, et je vous passe maintenant le feu, pour que vous le passiez à votre tour! Tant de passions, ça se partage, alors je vous invite au cœur des pages de La Cité de Feu…Une lecture exceptionnelle. Amen.

Je ne laisserai pas fleurir l’hérésie.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Je suis le fleuve, T.E.Grau.

Je suis le fleuve par Grau


Synopsis:

Subir. Survivre.

Depuis la fin de la guerre du Vietnam, Israel Broussard survit tant bien que mal à Bangkok. Cinq ans plus tôt, il a participé à la mystérieuse opération Algernon, au cœur de la jungle laotienne. Ce qui s’est passé là-bas ? Il ne s’en souvient plus, il ne veut plus s’en souvenir.
Et pourtant, l’heure est venue de s’expliquer…
L’intensité et la crudité dérangeante de sa prose font de Je suis le fleuve une expérience de lecture à nulle autre pareille. Ce voyage halluciné et sans retour à travers les méandres d’une psyché dévastée évoque irrésistiblement Apocalypse Now.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Il est le Cauchemar…

C’est incroyable, le nombre de remords qui voudraient s’immiscer dans ses nuits…Ça prend des formes et des noms étranges, des consonances d’ailleurs et des odeurs de jungle. Je suis le fleuve, est un roman qui parle de soldats, de syndrome-post traumatique, de rancœurs et d’oublis. C’est l’histoire d’un homme hanté par le poids de la culpabilité et les horreurs de la guerre du Vietnam. Et au moment d’en parler, les souvenirs s’effacent, se confondent, de distordent, se superposent parce que la douleur est trop gigantesque. Elle emporte tout sur son passage et elle prend parfois, l’allure d’un fleuve en feu. L’enfer s’ouvre dans ses confidences. Israel Broussard n’est plus le même homme qu’au départ, il tente de réapprendre à vivre mais l’opération Algernon a laissé des impacts dans son esprit…Et le Molosse-Noir veille sa proie…

Tu ne crois pas que j’ai souffert chaque seconde de ma vie, depuis? Les morts ont le beau rôle. Ils se contentent de disparaître dans le néant. Ce sont les vivants qui écopent de toute la souffrance. 

▪️Il est le Noir Sublime…

C’est l’intensité de ce roman qui m’a renversée. Dès les premières pages, j’ai ressenti une force incroyable. Il est « habité » ce roman, non seulement par des fantômes et des anges furieux, mais par une prouesse poétique qui est venue me submerger comme un tsunami, à l’intérieur pour ne plus me lâcher. Ce n’est pas tant l’histoire qui est déjà en soi, est une bouleversante lecture, mais c’est dans la manière de la raconter avec une puissance dans les mots qui frappe au cœur. Il y a des passages absolument magnifiques et pourtant très sombres. Un mélange entre beauté et horreur qui s’entrelacent pour mieux perturber les sensations que j’imaginais dans la violence des combats. Des moments terribles où un enfer sans nom s’ouvre dans l’esprit du héros et rendent une atmosphère saisissante de Noir profond. Il laisse une forte impression ce roman, même une fois refermé, même quelques jours après…Mais au moment de la découverte, à l’instant même où je lisais ses lignes, c’est vraiment cette intensité et la force des mots posées que je retiendrais… Comme un vertige, un abysse sans fond. Qui aurait la fureur de toutes les eaux et de tous les feux du monde…Magnifique.

Ce Fleuve brûlant, à la surface jonchée de flammes.(…). Le voilà. Le noir vient m’emporter, et je suis trop épuisé pour continuer de lutter. Trop fatigué pour me servir encore de la peur. Le Fleuve tumultueux monte et m’engloutit, de plus en plus bruyant tandis que je m’enfonce. Trempé et froid.

▪️Il est la fabrique à émotions…

Vous le savez maintenant, j’ai un amour infini pour la poésie et j’aime quand mes émotions sont mises à l’épreuve, en lecture…Alors évidemment, avec cette expérience de lecture que fut Je suis le fleuve, c’est allé bien au-delà de mes attentes, et je reviens complètement éblouie par cette plume sensationnelle, puissante et imaginative. Mon cœur de ténèbres à moi se trouve là, dans ses pages, dans ce fleuve enflammé…Allier la beauté du noir à tant de lyrisme, c’est juste sublime. C’est un coup de cœur, comme on les espère: gigantesque et démesuré.

Son cœur des ténèbres à lui se trouvait en Afrique, mais nombreux sont les cœurs qui battent à l’intérieur de nombreuses teintes de ténèbres, certaines plus noires et plus froides que tout ce qu’un écrivain  pouvait concevoir ou expérimenter personnellement, pour ensuite y survivre et coucher cela sur le papier.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel et  les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Rouge Tango, Charles Aubert.


Synopsis:

Niels Hogan s’est retiré loin du monde, dans une cabane de pêcheurs, au cœur d’un Sud encore sauvage. Quarantenaire bourru, il n’a que peu d’amis : son voisin Vieux Bob, pêcheur lui aussi, la fille de Bob, la détonante Lizzie, et le jeune geek Malik. Alors, quand ce dernier est porté disparu, il n’en faut pas plus pour que notre héros ordinaire reprenne du service. Son enquête le conduira sur la piste d’une vieille affaire liée au grand banditisme marseillais. De dangereux personnages viendront s’inviter à la fête, et troubler la vie si paisible que Niels s’est choisie.


Ce que j’ai ressenti:

Danse le rouge, 

Soupire le temps

Et l’étang se calcine…

*Stelphique*

▪️On pourrait vivre tout simplement…

Dans une cabane, au bord de l’étang Moures, à fabriquer des leurres pour la pêche, on aimerait bien vivre aussi sereinement que Niels…Quelle joie de retrouver ce personnage dans une nouvelle enquête palpitante. Comme dans Bleu Calypso, il semblerait que le destin avait d’autres projets que de le laisser se prélasser dans son kayak, en solitaire…Les tornades et les cadavres viennent distraire la quiétude de Niels et c’est avec joie que je me suis replongée dans l’univers polar serein et poétique de Charles Aubert. Les descriptions sont sublimes et apaisantes tout comme l’énergie positive qui se dégage de cette atmosphère. C’est un plaisir de lire autant de douceur et de bienveillance, aux côtés de ces personnages attachants. Et puis que de révélations! On se plait à les suivre dans leurs histoires d’amitiés et de cœur, même si l’heure est grave et que la montre semble plus que redoutable…

Ce monde était désespérant. On aurait dit qu’il était plus attiré par l’obscurité que par la lumière.

▪️Coincé dans un entre-deux…

De Montpellier à Marseille, Niels et sa bande d’amis subissent les souvenirs du passé…Ils s’invitent tous dans le présent de manière intrusive et violente. Et que de rebondissements! Tic-tac. Pas le temps de se reposer ou de soigner un lumbago, de méditer ou de d’apprécier un rituel de thé, il va falloir retrouver un membre de la bande et dénicher quelques secrets dans un timing très serré, dans les bas-fonds du net ou ceux de Marseille. Et vous savez, comme j’aime cette ville plus que tout, alors je me suis régalée de bout en bout, parce qu’il y a un charme fou à lire des histoires dans sa ville préférée, à découvrir les lieux dans les yeux d’un autre. J’ai apprécié chaque minute de ce polar parce qu’il est maîtrisé, surprenant, rythmé jusqu’au final…Tic-tac. C’est l’heure de se dépêcher et vous précipiter pour mettre la main sur un leurre Rouge Tango!

Il faut penser à se ranger, à laisser derrière soi autre chose que du sang et des larmes.

▪️A regarder, un ciel s’embraser…

Il me la fallait cette reconnexion. Il me fallait la sérénité et la méditation contemplative que Charles Aubert a l’art d’installer dans ses lignes. Juste pour commencer en beauté cette année, ce polar est une belle pêche. C’était sans doute un des livres que j’attendais le plus pour cette rentrée 2020, et je suis comblée par cette suite. Si le meilleur reste encore à venir, alors j’ai vraiment hâte de voir du vert, Monsieur Aubert! D’une autre manière, mais tout aussi intensément, après le coup de cœur en Bleu, j’ai adoré le Rouge. En attendant, je m’en irai bien admirer un coucher de soleil sur l’étang Moures, pour être au plus près de cette philosophie apaisante qui anime Niels…

Ce paysage était invraisemblable, je n’arrivais pas à m’en lasser. De l’eau partout et un ciel très haut, très bleu. Ces jeux de miroirs et ces espaces infinis donnaient une impression de vertige.

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Marion ainsi que les éditions Slatkine et Compagnie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Anamnèse, Salvatore Minni


Synopsis:

ANAMNESE, n.f. (du grec anamnêsis)      1° Psychiatrie : Évocation de son passé par le patient 2° Liturgie : Prières à la mémoire.

Chaque nuit, elle fait le même rêve d’une femme en sang qui la supplie. Le lendemain, elle reçoit ses patients. Marie est psychanalyste. En écoutant l’inconscient des autres, elle tente de convoquer son passé. Mais quel est ce secret qu’elle ne veut plus entendre ? Un polar glaçant, aux frontières de l’inconscient.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Dans l’obscurité…

Fais tes prières avant de dormir, parce que c’est toujours au cœur de la nuit que l’on affronte ses plus grands démons. Marie, Jack, Paul, Rosalie, Sophie vont l’apprendre à leurs dépens. C’est la nuit qui révèle les peurs et les traumatismes enfouis et ces personnages ont quelques soucis de sommeil qui ne vont cesser de s’empirer…Les cauchemars commencent à empiéter sur les jours, l’obscurité gagne du terrain et les inconscients se réveillent. Jour et Nuit deviennent de plus en plus mouvementés et étrangement hantés. Anamnèse de Salvatore Minni explore les limites de l’inconscient et nous balance de sanglants cauchemars à faire ou à refaire, chaque nuit…

▪️ »N’oublie jamais qui tu es… »

Oui, c’est vrai, n’oubliez pas qui vous êtes. Il se pourrait que la folie ou l’horreur viennent perturber vos perceptions. Mais s’il ne faut pas oublier qui nous sommes, en revanche, je me suis un peu perdue dans la multitude de personnages et de liens qui interagissent dans cette histoire bien sombre. Les twists-révélations m’ont semblé quelque peu maladroits. Alors que l’idée de départ était prometteuse, que c’est vraiment ce genre particulier de thriller psychologique que j’affectionne habituellement, je me dis que mes attentes étaient sans doute trop fortes, et je regrette de ne pas avoir plus accroché à l’univers de Anamnèse.

▪️Et à la fin, le bout du tunnel?

Heureusement, j’ai trouvé que la fin venait relever un peu cette sensation de demi-teinte. C’est un domaine tellement intéressant et plein de possibles, et sur les dernières pages, l’auteur a réussi à me surprendre avec ces revirements de l’esprit. J’ai compris quelques ombres qui s’étaient glissées dans ses pages, mais il y en a encore qui m’ont laissée perplexe. Le mieux étant de vous en faire votre propre avis, d’aller voir de plus près si des envies de cauchemars vous tenteraient, et si vous aimez réveiller votre passé à coups de sang…A vos prières, maintenant! Je m’en vais voir si j’arrive maintenant à dormir sereinement…

Ma note Plaisir de Lecture 6/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Dolorès Claiborne, Stephen King.

Couverture Dolores Claiborne


Synopsis:

A Little Tall, on ne sait toujours pas exactement ce qui s’est passé il y a trente ans, et si l’accident, qui a coûté la vie au mari de Dolores Claiborne, le soir de l’éclipse, était vraiment un accident.

Aujourd’hui, la vieille dame indigne est à nouveau soupçonnée ; la riche et sénile Vera Donovan, dont elle est la gouvernante depuis des décennies, est découverte morte dans sa demeure.

Seul témoin et seule héritière, Dolores fait figure de coupable idéal.
Elle n’a désormais plus le choix ; elle doit passer aux aveux.
Raconter les étranges phobies qui habitaient sa maîtresse, ce souvenir.. Et l’horreur qu’elle a vécu il y a trente ans.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Qu’est ce que t’as demandé Dolorès? Si j’ai bien compris ce que tu m’as raconté?

Bon sang! Ma mère elle a pas fait une idiote, je te le dis moi. Oui, j’ai tout bien entendu Dolorès et compris, bien plus encore. Et je connais mes responsabilités. Mes responsabilités de lectrice et blogueuse. Dieu soit loué.

Bien sûr que je pourrais vous parler de ce livre jusqu’au bout de la nuit, mais je me doute que t’as d’autres choses à faire, ce soir. Alors, je veux que tu notes chaque foutu mot, à commencer par ceux là:

🔸Dolorès Claiborne de Stephen, c’est un grand moment de lecture! Une pépite. Je l’ai dévoré.🔸

Alors sans doute que tu vas penser que je suis une garce à te donner envie (encore) de lire cette nouvelle histoire, mais des garces, il n’y en aura jamais pire que Vera Donavan et Dolorès Claiborne! De vrais Garces. Tu vois, je mets même la majuscules et tout! Une riche héritière et sa gouvernante, usée de multiples douleurs, qui affrontent jour après jour, la rudesse de la vie. Et elle n’est pas facile la vie sur cette île de Little Tall.

Et pourtant, Dolorès Claiborne tient bon la barre et délie sa langue, bien pendue, lorsqu’elle est, à nouveau, soupçonnée de meurtre. Elle a de la verve et une force que personne ne soupçonne, et pendant cet interrogatoire, les enquêteurs auront du fil à retordre avec sa répartie! Et moi, d’adorer l’entendre dans ses excès de ras-le-bol et ses trop-pleins de rage contenue. Dès les premiers mots, tu es interpellé, au cœur de la problématique, et pris dans les tourments de cette jeune femme. Mais ne compte pas t’en tirer comme ça, à si bon compte, elle en a sous le pied, et sans doute les mains encore meurtries de froid, mais elle va te les arracher les émotions. Une par une, mais tu vas les lâcher, comme elle lâche son ressentiment, au gré de ses souvenirs douloureux.

Petit à petit, confidences après confidences, malheurs après malheurs, nous avons les aléas de leurs quotidiens entre ménage, folie et méchanceté. Un grand merdier à nettoyer et des ennuis-moutons de poussières à cacher sous le tapis. Et les scènes sont vivantes, tellement efficaces. Que tu ressens chaque sensation.

Sur cette île, c’est tout petit. Les gens parlent, cancanent, surveillent. Mais il ne faudrait pas éclipser les malheurs des uns au profit des autres. Alors Dolores et Vera se taisent et continue leurs vies de merde, attendant des jours meilleurs, des changements venus du ciel, une aide de la providence. Et puis, sérieusement, qui voudrait entendre cette souffrance féminine, les violences dans le foyer, les drames qui se jouent derrière les fenêtres? Qui voudrait entendre les coups et la honte, les espoirs qu’on achève avec une hache…?! Non mais qui, je vous le demande! Sur cette île, on laisse se gangrener le malheur, pour qu’il revienne sous d’autres formes plus sournoises et entêtantes. C’est cela que font les habitants de cette île. Laisser se jouer les tragédies. Mais pas Dolorès Claiborne. Et qu’importe le quand-dira-t-on. Au bout d’un moment, on a plus rien à foutre de leurs avis, surtout quand il s’agit de l’avenir de ses enfants, de leurs bonheurs, de leurs bien-être. Faudra faire ce qu’il faut. Il faudra la jouer fine, mais faudra le faire. Parce qu’au bout d’un moment, le bonheur, il faut aller le prendre, à coup de hache, s’il le faut. Bravo Dolorès Claiborne, ta mère n’a pas fait une idiote, c’est certain, et pas une lâche aussi. Tu nous as montré ton caractère, tes valeurs, ton dévouement, tes doutes et tes travers. Tu nous as parlé avec franchise et sans filtre, au risque de choquer, mais je peux t’assurer que c’était vraiment exaltant!

Clairement, j’ai adoré! Un Stephen King puissant,  toujours dans cette envie de nous faire vivre des tranches de vies, des humeurs passagères et de quotidiens malchanceux. Mais ici, avec cette sincérité si touchante de Dolorès, je pense que le message passe avec encore plus de force. Et puisque chaque mot est vrai, il ne vous reste plus qu’à lire cette version des faits, façon Dolorès Claiborne.

« En fin de compte c’est les garces qui survivent dans ce monde… »

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Ce que tu as fait de moi, Karine Giebel.

Ce que tu as fait de moi par Giebel


Synopsis:

Personne n’est assez fort pour la vivre.
Personne n’est préparé à l’affronter, même si chacun la désire plus que tout.
La passion, la vraie…
Extrême.
Sans limites.
Sans règles.

On se croit solide et fort, on se croit à l’abri. On suit un chemin jalonné de repères, pavé de souvenirs et de projets. On aperçoit bien le ravin sans fond qui borde notre route, mais on pourrait jurer que jamais on n’y tombera. Pourtant, il suffit d’un seul faux pas. Et c’est l’interminable chute.
Aujourd’hui encore, je suis incapable d’expliquer ce qui est arrivé. Si seulement j’avais plongé seul…
Cette nuit, c’est le patron des Stups, le commandant Richard Ménainville, qui doit confesser son addiction et répondre de ses actes dans une salle d’interrogatoire. Que s’est-il réellement passé entre lui et son lieutenant Laëtitia Graminsky ? Comment un coup de foudre a-t-il pu déclencher une telle tragédie ?
Si nous résistons à cette passion, elle nous achèvera l’un après l’autre, sans aucune pitié.
Interrogée au même moment dans la salle voisine, Laëtitia se livre. Elle dira tout de ce qu’elle a vécu avec cet homme. Leurs versions des faits seront-elles identiques ?
Si nous ne cédons pas à cette passion, elle fera de nous des ombres gelées d’effroi et de solitude.
Si nous avons peur des flammes, nous succomberons à un hiver sans fin.

La passion selon Karine Giebel… conduit forcément à l’irréparable.


Ce que j’ai ressenti:

  • Ne m’en veux pas, Karine Giebel, parce que Ce que tu as fait de moi, c’est une lectrice déboussolée et plutôt sceptique, à l’heure d’écrire cette chronique. Je peux t’assurer que j’ai pris le temps de lire et d’apprécier la force de ta plume. Elle m’a chamboulée cette lecture, c’est certain. Je n’étais pas prête à lire, sans doute, ce genre-là de « passion ». On m’a fait miroiter, avec la quatrième, un sentiment que j’ai cherché, mais ce n’était pas la Passion que j’ai lu dans ses pages. C’était autre chose. Quelque chose de vraiment perturbant. Ces sentiments-là, sont dérangeants, troublants. De voir un homme et une femme se déchirer d’une telle façon et appeler cela, de l’amour…De la passion?! Je les ai écouté tour à tour, et j’étais prise à leurs jeux des confidences, mais ce n’est pas le mot « passion » qui me venait en tête quand je les regardais peu à peu tomber dans une spirale infernale.

L’amour est un mystère, un dictateur sans merci qui impose sa loi et lève des armées d’esclaves.

Tout d’abord, je n’ai pas cru à leur « Nous ». Le couple Richard et Laetitia ne m’ont provoqué aucun attachement. C’est un Toi+Moi transformé en un « Nous » malsain. C’est deux êtres qui se désirent d’une drôle de façon. Si Incompréhensible et violente, à mes yeux. Je n’ai pas compris cette force destructrice qui les attire. Ils m’ont laissé une forte impression, mais je n’ai pas cru à cette histoire d’amour. Je l’ai cherché partout la passion, et ce n’est pas ce que j’ai vu. On me l’a déguisée sous de faux costumes et ça m’a mis très mal à l’aise. Je les regardais absolument horrifiée par leur type de relation anxiogène, à chercher comment on peut en arriver à de telles extrêmes…Et si c’est ça, la passion, c’est peut être, moi, qui n’était pas encore prête à saisir toutes les nuances d’une telle émotion.

  • Ne m’en veux pas Karine Giebel, parce que finalement, je vais devoir dire que je n’ai pas aimé ce livre. Alors certes, tu n’as pas ton pareil pour faire naître des flammes au milieu du noir, tu as cette facilité à  nous bousculer, à nous pousser dans nos retranchements, à nous faire voir d’autres façons de vivre, d’autres façons d’aimer. À contresens, à contre-courant, juste pour déstabiliser tes fans qui en redemande, encore et encore. Moi, y compris. C’est vrai qu’on a une histoire-obsession, impossible à lâcher et qui te hante encore longtemps, même après le livre refermé. C’est ta marque, et elle est encore présente avec ce nouvel opus. On a une lecture hautement addictive. Un thème qui nous remue les tripes. Une ambiance électrique. Une écriture sensitive. On touche du doigt, une de ces histoires passionnelles qui détruit tout sur son passage.

Avoir mal, c’est vivre.Vivre, c’est avoir mal.

On prend un vrai shoot d’adrénaline, que ça nous plaise ou non, faudra faire avec, jusqu’au point final. C’est comme ça avec toi, Karine Giebel. C’est d’une intensité folle, et plus si affinités…Faudra aller voir, de plus près, sur les terrains brûlants de la folie, ce que ça donne la passion au masculin et puis aussi, celle au féminin. Parce qu’à s’aimer plus loin que les limites ça laisse des traces. Des traces sur les corps. Des traces sur les âmes. Et puis après, dans nos esprits…Mais dans le mien, ça brûle trop, et tout le long, j’ai détesté Richard, je n’ai pu oublier son acte immonde. Je crois qu’en tant que femme, ça m’a d’autant plus révoltée.

  • Ne m’en veux pas, Karine Giebel. pas un seul instant, je n’ai douté de ton talent. Je suis persuadée que d’autres de tes romans vont plus me toucher. Juste avec ce livre, ça ne l’a pas fait avec moi, pourtant, j’ai eu ma dose de fortes émotions. Tout plein d’ébullitions et de colères enfouies, et puis l’attente déçue, de cette fameuse « passion ». J’en ressors désorientée, mais alors je repense à ma précédente lecture de toi avec, Toutes blessent, la dernière tue, et je me dis que ce n’est pas si grave, j’attendrais le prochain…Pour un nouveau tour dans les affres de la nature humaine…

 

 Si on ment à ceux que l’on aime, on risque de tout perdre.

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette fachee

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Belfond pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Belfond

Toutes blessent, la dernière tue. Karine Giebel.


Synopsis:

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin…

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures. Un homme dangereux. Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique. Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Ce roman a reçu le Prix Plume d’Or du thriller francophone, le Prix Ėvasion, le Prix du Book d’or thriller du Prix Bookenstock et le Prix de l’Ėvêché.


Ce que j’ai ressenti:

▪️ »Porter un nom, ça veut dire qu’on existe. »

Elle a choisi de t’appeler Tama. C’est un si joli prénom, Tama. Mais derrière ces quatre lettres, se cache une réalité ignoble. Tu t’appelles Tama, tu es un personnage de fiction mais c’est tant de personnes réelles qui pourraient prendre ce prénom, qui connaissent cette douleur incommensurable, qui survivent dans des espaces réduits comme le tien, qui subissent la haine.

Elle a choisi de t’appeler Tama. Elle a choisi de te rendre forte, persévérante et courageuse. Ça n’enlève en rien, l’horreur. Mais ça te rend capable d’encaisser, d’apprendre et de nous faire ressentir à la puissance émotion, les temps forts de ta vie…

Elle a choisi de t’appeler Tama. Elle, c’est Karine Giebel. Et heureusement, c’est avec son talent qu’on va pouvoir se confronter à un sujet révoltant. Et ces heures passées dans son thriller, m’ont terriblement blessée, et à la dernière page tournée, ça aurait pu me tuer, tellement j’ai eu le cœur explosé quand j’ai lu ses mots… Mais sans doute qu’un ange veillait pendant que je dévorais littéralement ce pavé…Pendant que j’admirais la puissance de ce thriller signé en lettres de sang et de noir, celle de la reine du polar: Karine Giebel.

▪️ »Est-ce qu’on a mal quand on rêve? »

Elle a choisi d’explorer des sentiments aussi fort, que la haine et l’amour. De les mélanger, de force, pour en faire une œuvre sombre parsemée de lumières éphémères. Un livre inoubliable. Un livre qui te blesse, un livre qui te tue. Elle a choisi de ne pas nous épargner. Vraiment pas. C’est un pari risqué mais il lui fallait sans doute faire ça, dans l’extrême et la tension permanente, pour que l’on prenne conscience, que l’esclavage est encore bel et bien là, en France. Qu’il a pris une nouvelle forme, mais garde toutes ses lettres de souffrances extrêmes. SERVITUDE. ESCLAVAGE. Et voilà comment on en vient à rester comme ça, pétrifiés et bouleversés, parce que même dans le désespoir, il reste peut être une toute petite flamme. Elle a choisi de l’écrire comme ça, notre chère Karine Giebel. Avec assez d’amour pour qu’on soit porté, mais avec des coups qui pleuvent à tout va pour qu’on soit touché. Histoire de fracasser nos illusions aux pieds bleuis de froid de la petite Tama et de laisser s’écouler nos espoirs par le trou béant de sa main meurtrie. Et puis, ça ne s’arrête pas. Aucun de temps mort, pas de répit. Le corps ravagé mais avec le cœur ouvert, elle lutte cette enfant. Tama se console dans les quelques lignes écrites, qu’elle grappille à l’ignoble. Ça fait Mal à l’intérieur quand j’ai lu tout ça. Et comme elles, on aimerait croire aux anges gardiens…Qu’il y en ai un, enfin, qui vienne la sortir de cet enfer…

▪️ »Vulnerant omnes, ultima necat. At eae quas ad vos consumpsi me delectaverunt. »

J’ai choisi de passer ces heures avec Tama et Karine Giebel. Des heures de lectures effroyables. Et, j’ai aimé ces heures parce qu’elles m’ont appris aussi que, même si la haine est là, l’amour est bien plus fort et la force au féminin est grandiose. Je les remercie pour ce moment de courage admirable. C’est un livre qui laisse des marques, un livre qui nous dit que c’est réel, que l’enfer est caché derrière une porte de cagibi. Je te conseille de ne rien attendre des anges, ils sont tous tombés quand ils vont vu la noirceur des âmes humaines…A nous de faire le nécessaire, maintenant.

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Previous Older Entries

En Féérie, il brille quelques poussières…

Enter your email address to follow this blog and receive notifications of new posts by email.

Rejoignez 229 autres abonnés