La Fille aux Ciseaux, Jorge Franco.


Synopsis:

Antonio et Emilio sont amoureux de la même fille, Rosario, la fille aux ciseaux, la belle tueuse, la Vénus futuriste, fascinée par la violence et la mort. Elle a séduit les deux garçons et les a entraînés dans un triangle amoureux fait de plaisir, de vertige et de peur, entrecoupé par les missions mortelles qu’elle effectue pour “les hommes” du narcotrafic. Rosario aimait Emilio mais c’est avec Antonio qu’elle parlait, et c’est Antonio qu’elle a appelé à l’hôpital où elle est en train de mourir, exécutée par celui qu’elle pensait tuer. Roman noir des bas-fonds de la drogue, de la prostitution et du crime, avec en toile de fond la ville de Medellín, La Fille aux ciseaux est aussi un roman d’amour et d’apprentissage vibrant et poétique.


Ce que j’ai ressenti:

▪️ ♫Excuse-moi Partenaire, de te parler comme ça …Mais il va falloir éteindre la passion dans tes yeux, Partenaire. Reprendre tes esprits et ton cœur en miettes…Rosario se meurt et c’est dans un dernier baiser qu’elle reçoit le vertige…Tu l’as aimé Partenaire, oh ça oui! Aimer à te consumer de l’intérieur, à te brûler à des flammes toxiques, à basculer dans le vide…Car elle est comme ça, Rosario, Fatalement attirante, Fatalement mortelle. Et puis, tu la désires tellement Partenaire, mais tu restes dans l’ombre. À l’attendre. À te tuer d’amour quand elle embrasse tous les autres, sauf toi. Excuse-moi Partenaire, de te parler comme ça, mais va falloir l’oublier La fille aux ciseaux. C’est mieux pour toi…Excuse-moi Partenaire de te parler comme ça…

-C’est ça la connerie, dit-elle. Souffrir par amour.

▪️La vie n’est pas rose à Medellín. C’est un combat de tous les jours dans ces rues et ça, Rosario l’a compris intimement bien avant l’heure. Alors forcément, elle prend les armes dont elle dispose: sa beauté et ses ciseaux. Dans cette ville, on engloutit voracement les calories, la violence, la merde et la drogue. La mort aussi est suspendue à leurs lèvres, mais c’est sur celles de Rosario qu’une poignée d’hommes s’abîment…C’est absolument bouleversant cette visite de la ville parce que le crime est omniprésent, presque banal…Le cadre de cette histoire d’amour toxique est d’une violence extrême, et pourtant, dans la façon désespérée et inconditionnelle dont ses jeunes se perdent, il y a quelque chose de terriblement beau. Jorge Franco a soufflé des sorts dans ses mots, et même s’ils rimaient avec mort, j’ai été envoûtée de la première à la dernière phrase…

Rosario reçut en même temps une balle à bout portant et un baiser, et c’est pourquoi elle confondit la douleur de l’amour avec celle de la mort.

▪️C’est un roman court et intense. D’un genre ténébreux et violent, qui vient taillader mes illusions d’amour romantiques, mais donne en échange les couleurs blafardes et furieuses d’une passion vénéneuse… Un shoot de vibrations vertigineuses à la saveur si particulière…Il a la sensualité d’un baiser fougueux et le goût de la mort, ce roman noir. Et tout le charme en revient à l’héroïne, Rosario Ciseaux. Elle est fascinante, hypnotique même…Impossible de détourner les yeux d’elle…Et on comprend aisément que tant d’hommes brûlent d’amour dans ses bras. Elle est douce et dangereuse, Rosario. Comme la mort. Tellement qu’elles se confondent toutes les deux…Elle est La fille aux ciseaux, et faire sa rencontre pourrait à jamais changer votre vie.

-Je ne comprends rien à cette manie que tu as d’embrasser les morts!

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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La tête sous l’eau, Olivier Adam.


Synopsis:

Quand Léa a disparu, ils ont tous arrêté de respirer. La tête sous l’eau. D’un coup.
Elle s’ennuyait à Saint-Lunaire, Léa, c’est sûr. Quitter Paris pour ce bled breton, sur le coup de sang d’un père dépressif, ça n’a fait plaisir à personne. Mais de là à fuguer ? A-t-elle vraiment fugué d’ailleurs ? Son frère, Antoine, n’y croit pas. Ses parents non plus. Ils ont tout envisagé, même le pire.
Et puis comme la marée, Léa est revenue. En ramenant de loin des horreurs et des silences. On a sorti la tête de l’eau. Et la tempête est arrivée. Déferlante sur déferlante. La vie comme un esquif.


Ce que j’ai ressenti:

« Tout le monde a l’air heureux. La mer est belle. Qu’est-ce que j’en ai à foutre? »

Je suis d’humeur déferlante. À me plonger La tête sous l’eau. Ressentir le pouvoir de la mer. D’humeur à lire les mots de Olivier Adam, et découvrir l’histoire de Léa. Et j’écris pour ne pas oublier cette petite. Léa qui se prend une vague de tristesse, et dans son désespoir d’adolescente en mal de vivre, disparaît. Et quand elle revient de ses eaux troubles, son regard est mouillé. Et brisé. Alors j’écris, même si tu n’entends pas, que tu ne réponds pas. Pourquoi d’ailleurs, tu ne réponds pas?! Ça sent la mer et ça, j’adore. Mais tu ne réponds pas.

J’ai regardé Léa, aimer et souffrir. Et puis, j’ai suivi les péripéties d’une famille qui explose. Des liens qui claquent dans le vent. Des paroles de trop et des silences pesants. Et la mer, si belle, comme repère. J’ai même constaté comme le malheur peut frapper plus fort qu’un tsunami. Et puis, un frère face à la détresse et va mettre sa tête sous l’eau. Noyer son regard aussi dans la mer et l’amour. Alors j’ai laissé un peu d’émotions dans la mer. Je voulais me casser en mille morceaux. Et puis les vagues puissantes, ça soulage.

Mais il y a toujours toi qui répond pas. Toi qui obsède, toi que je devine, toi que j’essaye de saisir. Et dans le dernier rouleau de la vague de cette lecture, elle est là, cette vérité. Tranchante. Et puis la mer qui a réponse à tout. La mer qui apaise, la mer que je rêve, la mer qui prend tout.

C’est une histoire d’amour déçu et de drame horrible. C’est la spécialité de cet auteur de nous bousculer ainsi, et à chaque fois, je manque respirer. Mais là, j’ai volontairement mis La tête sous l’eau. Alors je ne vais pas me plaindre. Juste vous dire de ne plus me parler de ces histoires de filles qui disparaissent et qui reviennent avec des yeux éteints. La mer est belle. Et je n’en ai pas rien à foutre…

Kisses,

✨Stelphique✨

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Suzanne, Frédéric Pommier.


Synopsis:

Suzanne est ma grand-mère, ou la vôtre. Suzanne est un symbole. Du haut de ses 95 ans, elle en a des choses à dire. Toute une vie bien remplie, dans la guerre ou la paix, dans les deuils ou la joie. Bébé, petite fille, adolescente, jeune mariée, femme, mère et maintenant vieille dame, elle raconte à son petit-fils ses souvenirs, mais aussi son quotidien. Elle lui dit que jamais elle n’a dérogé à son principe « SQM », Sourire Quand Même. Et ce n’est pas toujours simple. Surtout ces derniers temps. Alors elle veut du champagne, pour trinquer au temps qui passe, et au temps qui reste.
Sous la plume de Frédéric Pommier, entre rires et larmes, Suzanne devient une déclaration d’amour, une ode au respect, un plaidoyer pour faire de la vie une fête. SQM.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Sourire…

Suzanne, c’est la tendresse des lignes d’un sourire. Ce livre, c’est de la douceur et des instants de vie que cette héroïne vole au temps…Une vie avec des temps forts et surtout des moments heureux. Suzanne est une femme captivante et pleine d’énergie, qui sourie à la vie en toute circonstance. SQM. C’est beau de sourire comme ça, avec la famille, les amis et les rêves qui dansent. Sourire de connivence avec cette féministe dans l’âme, et belle dans les rôles que sa vie de 96 ans lui donne à jouer…De bébé à vieille dame, elle est une femme qui surprend son entourage et nous lecteurs, évidemment, par son caractère bien trempé. Une histoire de vie ordinaire, mais le sourire aux lèvres en plus sur son visage! Une femme à suivre et à connaître: Suzanne

« Je crois qu’on ne peut pas lutter contre un coup de foudre. »

▪️Quand même…

Parce que la vie, c’est aussi, remplie de drames et de larmes. Des actes ignobles et des manquements cruels. Des périodes sombres et des pas lents vers la vieillesse. Suzanne, c’est aussi une dénonciation des conditions de vie dans les Ehpad…Et c’est triste. D’une tristesse à pleurer. SQM, devient forcément plus dur à appliquer. Il faudrait sourire à quoi? Hein? À l’inhumanité? À cette fin de vie dans la souffrance et l’indifférence? À ce corps qui dépérit? Donc, oui, il faudrait sourire quand même…Même si, même si…Une histoire de vie ordinaire, mais le sourire défait quand même sur nos visages quand on lit ces pages…

« Vous pouvez me dire ce que c’est que ça? »

▪️Ainsi, va la vie…

En alternant, ces instants de vie entre joies et peines, nous avons une peinture de vie très émouvante, un portrait de femme intéressant. Frédéric Pommier arrive à mettre de la douceur et du drame avec une juste dose de mots, des petits bouts de quotidien qui brillent ou assombrissent nos impressions. C’est court et poignant. Quelque chose qui te fait sourire quand même, parce que ça ressemble étrangement à nos vies, à nos grands mères qui ont sur-vécues en ce siècle, et qui auraient tant à nous dire, si nous prenions le temps de les écouter…J’ai entendu celle de Suzanne, la tendresse de son petit-fils qui la raconte, ici, avec une délicatesse admirative.

Elle lui a appris que les livres, parfois, peuvent sauver la vie.

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Sauf que c’étaient des enfants, Gabrielle Tuloup.

Couverture Sauf que c'étaient des enfants


Synopsis:

Le roman émouvant d’un bouleversement intérieur chez une jeune femme, déclenché par un fait divers. Un matin, la police entre dans un collège de Stains. Huit élèves, huit garçons, sont suspectés de viol en réunion sur une fille de la cité voisine, Fatima. Leur interpellation fait exploser le quotidien de chacun des adultes qui entourent les enfants. En quoi sont-ils, eux aussi, responsables ? Il y a les parents, le principal, les surveillants, et une professeure de français, Emma, dont la réaction extrêmement vive surprend tout le monde.
Tandis que l’événement ravive en elle des souvenirs douloureux, Emma s’interroge : face à ce qu’a subi Fatima, a-t-elle seulement le droit de se sentir victime ? Car il est des zones grises où la violence ne dit pas toujours son nom…


Ce que j’ai ressenti:

▪️Sauf que c’étaient Eux, Elle et puis Toi…

On n’a pas idée des fois, comme un matin, tout peut changer. Comme dans une seule scène de vie, tout peut exploser en mille morceaux. Comme dans l’insouciance on peut vite basculer au drame, comme de l’enfance on peut passer au monde adulte, comme du silence on peut ressentir le poids des mots…Eux, c’est ces huit garçons qui ont commis ce crime immonde, mais Sauf que c’étaient des enfants. Elle, c’est Fatima, celle qui ne pourra jamais oublier, sauf qu’elle brise cette loi du silence en dépit de tout…Et Toi, c’est Emma, celle qui raconte tout en nuances son intérieur blessé, mais sauf que ça sent le vent de la révolte…Un matin, tout peut changer. On peut choisir de parler enfin pour réparer les blessures à l’intérieur…

L’enfance a une date de péremption, pas la même que celle indiquée sur les paquets. Elle pensait qu’elle avait le temps de voir venir. On ne voit jamais rien venir. 

▪️Sauf que c’était compliqué…

Gabrielle Tuloup écrit sur un sujet difficile, soumis à controverse, et pourtant, j’ai trouvé qu’elle nous donne à lire un texte fort, sensible et intelligent. Dans cette dénonciation, elle remue de multiples émotions, donne des voix et des réactions diverses. Les adultes face aux enfants, le corps enseignant face aux élèves, les adolescents avec leurs hormones exacerbées, les règles tacites de la cité, les familles et leurs traditions: en fait toute une communauté face à un acte odieux. En ayant comme cela un aperçu de l’ensemble des personnes touchées de près ou de loin par ce viol, Gabrielle Tuloup nous met face à une polyphonie de mots, de vies et de réactions. Elles éclatent sur le papier comme leurs quotidiens pour nous atteindre au plus profond de notre intimité. C’est très intense comme lecture, elle ne peut laisser indifférent. Je n’ai pas pu reposer le livre avant le point final, parce que c’est trop d’émotions et un sujet si sensible que ça me semblait trop terrible de les laisser, tous, mais surtout certaines, à leurs tourments…Alors j’ai écouté leurs cris silencieux et j’ai admiré leur courage à prendre la parole pour dénoncer la violence subie.

Le réel ne prend pas de gants.

▪️Sauf que c’était terriblement beau…

Et dans tout ça, la beauté de la plume de Gabrielle Tuloup. Les mots et le cœur sont peut-être à vif, le corps et l’esprit marqués profondément dans l’intime, il n’en reste pas moins que la poésie s’invite aussi dans ses pages. C’est une alchimie particulière qui se joue dans ce livre entre douleur et résilience, mais j’ai été touchée par cette façon originale de mener cette fiction. Dans le poids des mots, Emma va trouver sa propre enclume qui l’empêche d’avancer, dans un seul mot, la douleur qui l’anéantit…Alors peut-être bien, que l’écriture sera sa guérison…Je vous laisse découvrir cette très émouvante lecture, sauf que moi, j’ai le cœur un peu fêlé, maintenant…

Et on s’abîme à vouloir réparer. On s’érode encore et encore pour une miette d’intact. On s’essouffle à disperser la poussière, on ratte et griffe l’habitude pour retrouver l’avant et l’éclat. En vain, forcément.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Philippe Rey pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Basse Naissance, Kerry Hudson.

Basse naissance par Hudson


Synopsis:

Kerry Hudson est née en 1980 dans les quartiers populaires d’Aberdeen, en Écosse, d’une mère vulnérable, isolée et sans emploi, et d’un père alcoolique et absent. De centres d’accueil en bed and breakfast, sa petite soeur, sa mère et elle ont connu pendant près de vingt ans la précarité extrême, les queues le lundi matin aux caisses d’allocation, la détresse et la violence familiale. Aujourd’hui, Kerry est une femme mariée de quarante ans, qui a écrit deux romans et a voyagé de par le monde. Mais elle n’oublie pas l’enfant qu’elle a été.
Dans cette autobiographie, Kerry Hudson revient avec humour et fierté sur les lieux où elle a grandi, puise dans ses souvenirs et pose un regard acéré sur les inégalités de classe actuelles et les moyens de s’élever. S’abstenant de tout jugement et sentimentalisme, elle cherche à comprendre, à donner voix aux exclus et aux invisibles dont elle a un jour fait partie.
Basse naissance est un texte courageux sur la pauvreté, un récit aussi drôle que bouleversant sur l’urgence.


Ce que j’ai ressenti:

💔Des mots qui fracassent les perspectives…

J’imagine que lorsque qu’on avance avec cette farandole de mots dans la tête, tels que « racaille, vaurien, voyou, délinquant déscolarisé, déclassé, basse naissance« , le chemin de sa vie doit être plus escarpé que pour d’autres…Pourtant, Kerry Hudson sort de ce cercle infernal de la pauvreté, non sans quelques blessures indélébiles, mais elle revient nous écrire d’autres mots, d’autres perspectives plus encourageantes avec cette autobiographie bouleversante. C’est touchant cette façon qu’elle a, de s’exposer ainsi entre confidences et souvenirs flous, cauchemars venimeux et douceur. Elle est toute en sensibilité dans chaque phrase, alors que sa vie n’est qu’une succession de traumatismes divers…Elle m’aura touchée par son authenticité et cette puissance dans sa plume.

J’ai échappé au désespoir. 

💔Des mots qui réveillent les souvenirs…

Cette lecture m’a été particulièrement éprouvante. L’auteure en allant chercher au plus profond de ses souvenirs et en s’approchant des lieux de son histoire fait resurgir des traumatismes de son enfance et la somme de ces quotidiens précaires. En allant gratter comme ça, dans ses blessures enfouies, ça a remué en moi, des émotions que je n’avais pas forcément envie de voir réapparaître…Mais cette lecture me laisse penser qu’il y a des chances que je guérisse de mon en-dedans en regard de la victoire personnelle de Kerry Hudson. Dans tous les cas, c’est une lecture qui va me rester en tête pendant un long moment, j’en suis certaine puisque elle a fait bouillir quelques sentiments en sommeil. Pour la première lecture de la rentrée littéraire 2020, c’est un choc émotionnel très fort et elle résonne en moi d’une manière particulière.

« Tu sais ton problème? Tu es trop sensible. Il faut t’endurcir. »

💔Des mots qui bougent les statistiques…

Plus qu’une autobiographie, l’auteure cherche à faire le parallèle, à partir de son expérience, sur les ravages de la pauvreté. La pauvreté, la vraie, celle qui discrimine, celle qui isole, celle qui affame les estomacs des enfants, celle qui détruit la cellule familiale, celle qui dénature les relations filiales…Celle ci, oui, celle qu’on préfère occulter, ne pas regarder, la pauvreté… Et ça fait mal de lire ça. C’est une réalité dont on n’a trop peu conscience, alors qu’elle peut arriver si vite dans nos propres vies. Kerry Hudson met toute une volonté, à contrario,  pour nous montrer que les mots peuvent sauver, que ce livre pourrait sans doute aider à mieux voir et à mieux comprendre ses autres vies en marge. Enfin voir la détresse et peut-être même, tendre la main vers eux. En cela, c’est une lecture lumineuse, Kerry Hudson ne garde aucun ressentiment envers cette inégalité des chances à son départ, au contraire. Elle se fait force et persévérance dans chaque page et c’est d’autant plus éclatant, quand on sait son parcours. C’est évidemment pour la puissance émotionnelle de l’écriture que je vous recommande Basse Naissance.

Et ce ne sont pas seulement les pauvres d’aujourd’hui qui en souffriront car, comme je le sais que trop bien, la pauvreté se transmet de génération en génération, la misère s’hérite par le sang.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Philippe Rey de leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture bouleversante.

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Attraper les nuages, Anne Quéméré.

Attraper les nuages par Quéméré


Synopsis:

Anne Quéméré est devenue une habituée du Grand Nord canadien. Depuis 2014, elle retourne régulièrement dans les Territoires du Nord-Ouest et plus particulièrement à Tuktoyaktuk, petit hameau installé sur les rives de la mer de Beaufort. De ces nombreux séjours là-haut, aux confins du monde elle a rapporté une moisson de photographies. La Nature, la communauté inuvialuit qui y habite, la faune, la flore, tout est sujet à découverte et questionnement.

Les Inuits doivent aujourd’hui faire face à d’importants changements qui aussi bien climatiques que culturels. Les photos et les textes qui les accompagnent nous éclairent sur leur destin, qui est lié au nôtre : « Beaucoup pensent là-bas que Tuktoyaktuk n’existera plus d’ici 15 ou 20 ans… » dit-elle.


Ce que j’ai ressenti:

Tout d’abord, j’aimerai vous dire que j’ai choisi ce livre pour le titre…Avec ma fille qui voulait connaitre leurs noms et mon admiration pour le ciel et ses spectacles journaliers, j’étais curieuse de l’idée de pouvoir saisir un nuage. Je les ai cherché…J’ai essayé de voir si je pouvais maîtriser la technique pour les attraper enfin…Mais finalement, ce titre m’a fait miroiter un mirage que je n’ai pas vu dans ces pages…Une seule phrase pour évoquer l’idée, c’est un peu léger…

Là-haut, j’ai souvent tendu le bras pour attraper les nuages que la magie arctique déposait à portée de ma main.

En revanche, ici s’arrête ma déception sur cette attente qui se cachait derrière ce titre puisque je peux vous le dire, j’ai été touchée par cette aventure dans L’Arctique racontée et capturée en image par Anne Quéméré. Mais que de beauté et de sensibilité! Je ne pensais être aussi agréablement surprise par ce livre, et pourtant, il est tout simplement magnifique.

Je suis tombée en amour avec l’Arctique canadien. Un véritable coup de foudre. Inattendu, intense, irrésistible. Le cœur qui commence à battre fort, le regard qui s’illumine et cette soudaine sensation de comprendre que là se trouve enfin mon Graal…

Anne Quéméré entreprend un voyage qui sort complètement de l’ordinaire et nous le raconte entre souvenirs et émerveillement sincère. J’ai adoré sa plume, les citations qui guident son chemin, le cœur qu’elle met dans chacun de ses pas en ce pays froid, son intention de parler d’un peuple qui dépérit fatalement et d’un morceau de terre glacée qui disparaît à vue d’œil. C’est saisissant. Elle nous parle de la nature et ses éclatants dégradés de couleurs et nous fait voir aussi les conséquences du dérèglement climatique. C’est un livre d’aventure, la sienne, celle qu’elle a décidée de vivre dans les silences givrés mais aussi dans un souci de sensibilisation au monde: le grand Nord se métamorphose à une vitesse ahurissante et c’est toute la faune et la flore qui subissent les erreurs des hommes…

Les scènes se succèdent avec lenteur. Plaisir de l’observation, sensation d’une harmonie parfaite, d’un orchestre sans fausse note, devant moi, ce sont des couleurs, des lumières, des sons qui remplissent la spectatrice attentive que je suis. J’étais en quête d’authentique, je suis servie.

C’est un beau livre-objet. Au sens où les photographies sont sublimes et mette en lumière ce continent mystérieux. Quand on pense qu’elles ont été prises dans des conditions difficiles pour capturer un instant de la nature, ça force cet effet de contemplation et d’admiration. Il y a un calme et une magie qui se dégagent de ses photos qu’on sentirait presque le silence à travers le papier glacé.

C’était une belle découverte. Un livre à mettre entre toutes les mains, de l’aventurier en herbe aux fervents écologistes, du curieux aux amoureux de la nature, cette lecture est vraiment passionnante. Je vous le recommande vivement.

Les bouleversements climatiques actuels ne touchent pas uniquement l’environnement. Ils sont une réalité très préoccupante pour tous les Inuits qui voient leur pays fondre sous leurs yeux.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Locus Solus pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Babelio

Bretagne Locus Solus édition Edition éditions

Chauffer le dehors, Marie-Andrée Gill.


Synopsis:

Dans le blizzard d’une peine d’amour, un texte unique qui renoue avec la vie. Elle souhaiterait faire encore partie du décor, s’inscrire dans l’ordinaire de chaque jour avec lui, trouver un remède aux morsures de sa douceur. Elle a peur de le croiser au dépanneur du village et que leurs corps provoquent une perpétuelle dernière fois. Dans sa tête, une question joue en boucle : Comment se retrouver dans l’étendue de la fin ? Le dehors est posé comme seule réponse au dedans à broil. Pendant que la tempête gronde et que le temps panse lentement la déchirure, la voix de la forêt et des saisons donne à entendre quelque chose comme un début d’apaisement et de gratitude. Le coeur ouvert aux souffles des bélugas et des ski-doos, Marie-Andrée Gill se réfugie dans l’écriture pour accepter l’impossibilité de l’amour, pour exister quelque part, dans le rappel des moments fous.


Ce que j’ai ressenti:

Si vous vous demandez où je suis maintenant…

Comme si de rien n’était

Je lisais, un soir tantôt plus cendré

La poésie de Marie-Andrée Gill

Quelque chose de subtil…

Un petit espace en dedans

Pour faire éclater les blancs.

Imaginer, le Chauffer le dehors

Dans les lignes noires, et alors

J’ai vu le solfège des tempêtes

Le cœur anxieux des jours de fêtes

Qui n’en sont plus. Elle s’écrie

Des émeutes de sensations inouïes

Sur des paysages violines

Et des miettes de corps en abîme

Sur des forêts de promesses…

Dans les poèmes qu’elle nous laisse

Ça tourne, ça s’enflamme, ça crash

Dans des silences anthracite flash

Parle d’un futur qui hausse les épaules

Des nuits à peine plus sucrées folles

Qu’une femme laisse s’échapper

Par les fenêtres sans volets

Des petits instants de beauté

A qui voudra bien les attraper…

.

« Le dehors est la seule réponse que j’ai trouvé au dedans. »

.

Moi aussi, Marie-Andrée Gill, moi aussi. Et maintenant, j’essaye de réchauffer mon dedans avec les jolies couleurs que tu as mis dans ce recueil.

Des surchauffes en-dedans en regardant l’étrange en-dehors,

des émotions du-dedans à voir le calme du-dehors,

et je laisse s’accrocher des mots

sur des paysages nouveaux

où la douceur dévore les peaux.

.

Si vous me demandez où je suis maintenant,

C’est moi qui essaie d’écrire de quoi de beau avec les paillettes de ma féerie.

.

✨Stelphique✨

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Sleeping Beauties, Stephen et Owen King.

Couverture Sleeping beauties


Synopsis:

Un phénomène inexplicable s’empare des femmes à travers la planète : une sorte de cocon les enveloppe durant leur sommeil et si l’on tente de les réveiller, on prend le risque de les transformer en véritables furies vengeresses.
Bientôt, presque toutes les femmes sont touchées par la fièvre Aurora et le monde est livré à la violence des hommes.
À Dooling, petite ville des Appalaches, une seule femme semble immunisée contre cette maladie. Cas d’étude pour la science ou créature démoniaque, la mystérieuse Evie échappera-t-elle à la fureur des hommes dans un monde qui les prive soudainement de femmes ?


Ce que j’ai ressenti:

🦋Salut, Beauté.

– “Dormir, c’est comme être mort.”

Salut à vous, mes beautés. Vous qui êtes derrière vos écrans, encore là bien réveillées. Pas encore frappées par le phénomène Aurora, pas encore victimes des cocons enveloppants. La fièvre a pourtant frappée la moitié déjà de la surface de la terre, mais il y a encore une petite ville qui résiste, Dooling. C’est là que je t’emmène…Salut, Beauté.

Pour toutes les femmes du monde, au Premier Jour d’Aurora, il n’y avait pas de temps à perdre.

🦋Salut, Beauté. Il se pourrait bien que si tu es dotée de sexe féminin, l’heure soit venue pour toi de faire de jolis rêves où la folie des hommes n’aurait plus lieu d’être. C’est ainsi que Stephen King et son fils Owen nous ont créé un tout nouveau tout beau, petit coin d’exil pour les dames, avec un choix important à faire…Le monde actuel dans cette histoire hors du commun, devra donc faire avec la violence des hommes, et la disparition des femmes…Quel rêve étrange, mes beautés. C’est presque fantastique et puis c’est aussi un peu horrifiant, non?! Qu’est-ce que t’en pense, hein, Beauté?

[…] le verbe aimer est un mot dangereux quand il sort de la bouche des hommes.

🦋Si certaines se sont endormies, en revanche, moi j’ai pris le temps de lire ce Stephen King, pendant mes heures d’insomnies. Et c’était délicieux. J’ai retrouvé de la saveur d’antan à lire avec plaisir mon auteur préféré, avec une lenteur exquise. Parce qu’avec le King, il y a toujours cette saveur particulière de savoir que tu lis un bon livre et de pouvoir développer ton imaginaire avec son pouvoir d’immersion inimitable. C’est presque magique, cette sensation. Et là, la magie a encore opérée. Il décrit à merveille ces tranches de vies, les gens et leurs comportements, que même une page ou deux par soir, c’est déjà une richesse de lecture. Même sur une scène, il me fascine, alors, imagine Beauté, sur un bouquin de 800 pages…Je te raconte même pas comme l’effet se décuple!

Même dans le sommeil il y avait des prisons, évidemment.

🦋En choisissant de parler de l’univers carcéral, Stephen King évoque des sentiments troubles comme la culpabilité, le regret, les dangers de l’amour et de la haine, mais surtout, la violence que tout un chacun porte en lui. Et c’est en cela que ça en devient passionnant, toutes ses émotions qui se mélangent. La violence au féminin n’est pas la même que celle au masculin, mais elles se répondent l’une et l’autre dans une danse infernale, s’alternent, s’enflamment toujours plus, pour en arriver à des grands moments de fureurs atroces. Cette prison pour femmes est le point stratégique de ce roman. Un lieu de passions et d’entraides, un refuge et une place à détruire…Ce n’est pas courant, (dans mes lectures du moins), que je rentre ainsi dans une prison pour femmes et l’effet a été assez déstabilisant mais j’aimerai bien en lire d’autres, pour me confronter à ce type de sujets forts en émotions…

Tu ne peux pas ne rien avoir à foutre d’un carré de lumière.

~ Reese Marie Dempster, détenue matricule 4602597-2 ~

*Centre de détention pour femmes de Dooling*

🦋Et tu sais pourquoi, j’ai adoré cette lecture, Beauté? Parce qu’elle est étonnamment féministe mais aussi intensément poétique. La délicatesse des ailes de papillons et la fragilité des mouchoirs de fées apporte une ambiance enchantée qui m’a beaucoup plu. Mais c’est cette solidarité féminine et la résilience de toutes ses femmes qui m’ont profondément touchée dans ces pages. Dans cette lecture, on voit encore que dans l’esprit collectif, le mythe de la « sorcière » est encore présent, le patriarcat touche encore trop les codes de pensées et la violence est un mode de vie pour certains. Stephen King nous parle des problèmes de sociétés avec beaucoup d’intelligence et de perspicacité, que ce soit de la violence faite aux femmes, de l’environnement qu’on néglige ou des problèmes de justices, il saisit dans ces scènes de vies troublantes, les subtilités de la psychologie humaine. En ayant comme ça, mis en lumière énormément de personnages dans ce roman, et donc autant de réactions et de comportements différents, on a un échantillon-témoin d’une ville face à une catastrophe éventuelle. Que serait donc le monde sans une femme pour l’apaiser?! Je te le demande Beauté…Je me le demande aussi très fort, avant de m’endormir…

-L’acceptation ce n’est pas la même chose que le renoncement.

🦋Alors, je ne sais pas si vous irez dormir mes Beautés, mais si jamais, vous vous gavez de caféine comme moi, et que vous vouliez un bon livre pour vos nuits agitées, pensez que Sleeping Beauties pourrait vous plaire plus que le baiser d’un pseudo-Prince. Laissez un peu de magie éveiller vos nuits, les papillons vous caresser, les fées vous toucher de leurs voiles et partez en direction de l’Arbre…Stephen et Owen King s’occuperont de vous envoûter dans une revisite effrayante du conte de La belle au Bois Dormant.

-Je suis une femme, écoutez-moi rugir.

🦋Salut, Beauté.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

 

Dolorès Claiborne, Stephen King.

Couverture Dolores Claiborne


Synopsis:

A Little Tall, on ne sait toujours pas exactement ce qui s’est passé il y a trente ans, et si l’accident, qui a coûté la vie au mari de Dolores Claiborne, le soir de l’éclipse, était vraiment un accident.

Aujourd’hui, la vieille dame indigne est à nouveau soupçonnée ; la riche et sénile Vera Donovan, dont elle est la gouvernante depuis des décennies, est découverte morte dans sa demeure.

Seul témoin et seule héritière, Dolores fait figure de coupable idéal.
Elle n’a désormais plus le choix ; elle doit passer aux aveux.
Raconter les étranges phobies qui habitaient sa maîtresse, ce souvenir.. Et l’horreur qu’elle a vécu il y a trente ans.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Qu’est ce que t’as demandé Dolorès? Si j’ai bien compris ce que tu m’as raconté?

Bon sang! Ma mère elle a pas fait une idiote, je te le dis moi. Oui, j’ai tout bien entendu Dolorès et compris, bien plus encore. Et je connais mes responsabilités. Mes responsabilités de lectrice et blogueuse. Dieu soit loué.

Bien sûr que je pourrais vous parler de ce livre jusqu’au bout de la nuit, mais je me doute que t’as d’autres choses à faire, ce soir. Alors, je veux que tu notes chaque foutu mot, à commencer par ceux là:

🔸Dolorès Claiborne de Stephen, c’est un grand moment de lecture! Une pépite. Je l’ai dévoré.🔸

Alors sans doute que tu vas penser que je suis une garce à te donner envie (encore) de lire cette nouvelle histoire, mais des garces, il n’y en aura jamais pire que Vera Donavan et Dolorès Claiborne! De vrais Garces. Tu vois, je mets même la majuscules et tout! Une riche héritière et sa gouvernante, usée de multiples douleurs, qui affrontent jour après jour, la rudesse de la vie. Et elle n’est pas facile la vie sur cette île de Little Tall.

Et pourtant, Dolorès Claiborne tient bon la barre et délie sa langue, bien pendue, lorsqu’elle est, à nouveau, soupçonnée de meurtre. Elle a de la verve et une force que personne ne soupçonne, et pendant cet interrogatoire, les enquêteurs auront du fil à retordre avec sa répartie! Et moi, d’adorer l’entendre dans ses excès de ras-le-bol et ses trop-pleins de rage contenue. Dès les premiers mots, tu es interpellé, au cœur de la problématique, et pris dans les tourments de cette jeune femme. Mais ne compte pas t’en tirer comme ça, à si bon compte, elle en a sous le pied, et sans doute les mains encore meurtries de froid, mais elle va te les arracher les émotions. Une par une, mais tu vas les lâcher, comme elle lâche son ressentiment, au gré de ses souvenirs douloureux.

Petit à petit, confidences après confidences, malheurs après malheurs, nous avons les aléas de leurs quotidiens entre ménage, folie et méchanceté. Un grand merdier à nettoyer et des ennuis-moutons de poussières à cacher sous le tapis. Et les scènes sont vivantes, tellement efficaces. Que tu ressens chaque sensation.

Sur cette île, c’est tout petit. Les gens parlent, cancanent, surveillent. Mais il ne faudrait pas éclipser les malheurs des uns au profit des autres. Alors Dolores et Vera se taisent et continue leurs vies de merde, attendant des jours meilleurs, des changements venus du ciel, une aide de la providence. Et puis, sérieusement, qui voudrait entendre cette souffrance féminine, les violences dans le foyer, les drames qui se jouent derrière les fenêtres? Qui voudrait entendre les coups et la honte, les espoirs qu’on achève avec une hache…?! Non mais qui, je vous le demande! Sur cette île, on laisse se gangrener le malheur, pour qu’il revienne sous d’autres formes plus sournoises et entêtantes. C’est cela que font les habitants de cette île. Laisser se jouer les tragédies. Mais pas Dolorès Claiborne. Et qu’importe le quand-dira-t-on. Au bout d’un moment, on a plus rien à foutre de leurs avis, surtout quand il s’agit de l’avenir de ses enfants, de leurs bonheurs, de leurs bien-être. Faudra faire ce qu’il faut. Il faudra la jouer fine, mais faudra le faire. Parce qu’au bout d’un moment, le bonheur, il faut aller le prendre, à coup de hache, s’il le faut. Bravo Dolorès Claiborne, ta mère n’a pas fait une idiote, c’est certain, et pas une lâche aussi. Tu nous as montré ton caractère, tes valeurs, ton dévouement, tes doutes et tes travers. Tu nous as parlé avec franchise et sans filtre, au risque de choquer, mais je peux t’assurer que c’était vraiment exaltant!

Clairement, j’ai adoré! Un Stephen King puissant,  toujours dans cette envie de nous faire vivre des tranches de vies, des humeurs passagères et de quotidiens malchanceux. Mais ici, avec cette sincérité si touchante de Dolorès, je pense que le message passe avec encore plus de force. Et puisque chaque mot est vrai, il ne vous reste plus qu’à lire cette version des faits, façon Dolorès Claiborne.

« En fin de compte c’est les garces qui survivent dans ce monde… »

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Je voudrais que la nuit me prenne, Isabelle Desesquelles

Je voudrais que la nuit me prenne par Desesquelles


Synopsis:

Loin du bruit du monde, Clémence grandit auprès de parents rivalisant de fantaisie. Mais elle n’a pas la voix d’une petite fille et ses mots sont ceux d’un mystère cruel. Que s’est-il passé pour que l’innocence se borde ainsi de noir ?
Plongée vertigineuse et poétique dans l’univers de l’enfance, Je voudrais que la nuit me prenne raconte le danger du bonheur. Entre troubles et éclairs de joie, ce roman explore le lien fragile et inaltérable qui nous unit à nos plus proches. Et la redoutable force du souvenir.

Cet ouvrage a reçu le Prix Femina les Lycéens

« Porté par la sublime plume d’Isabelle Desesquelles, ce roman prend aux tripes autant qu’il éblouit. » Amandine Cirez – Version Femina

« Lumineux et fort, d’une gravité bouleversante. » Michel Abescat – Télérama

« Ce roman mystérieux et poétique est une ode à la magie de la littérature, à sa capacité de retenir l’enfance, de ressusciter le passé, de vaincre la nuit. » Claire Julliard – L’Obs


Ce que j’ai ressenti:

 

✨Je voudrais que le vœu ne soit pas malheureux…Et pour toujours.

Clémence, c’est cette petite fille émerveillée par les beautés du jour et sensible aux étincelles de la nuit. Elle a cette capacité à nous conter les souvenirs de sa vie entre poésie et fantaisie. Elle a en elle, ce pouvoir de nous émouvoir au bord des larmes. Une sorte de tendresse qu’elle fait naître dans son néant. Pour jamais. Je voudrais que le voeu me prenne moi aussi.

✨Je voudrais que le jour lui donne…

Encore un peu de lumière pour son Edelweiss. Qu’il éclaire encore son « ombilicoeur » et fasse éclore son « Passionnaliter » dans tous les dictionnaires du monde. Qu’il éblouisse encore les recoins de sa vie et éclater de paillettes toute la fantaisie de son innocence d’enfant. Qu’il traverse l’éternité. Pour jamais. Je voudrais que le jour me prenne moi aussi.

✨Je voudrais que le bonheur s’emmêle…

Dans ses cheveux, dans ses yeux, dans ses désirs, dans les petits riens qui font tout. Qu’il lui remplisse encore plus ses bras de souvenirs, tous plus heureux, les uns que les autres. Qu’il pousse encore et encore, le bonheur, parce qu’on l’aura planté avec une belle graine, et beaucoup d’attentions. Qu’il la porte jusqu’au rivage, ou rien n’est impossible. Pour jamais. Je voudrais que le bonheur me prenne moi aussi.

✨Je voudrais que l’amour l’inonde…

Qu’il lui fasse pousser des nageoires ou une queue de sirène. Qu’il lui ouvre tellement grand les yeux, que son cœur se remplirait de passions qu’elle devine dans les gestes de Lise et Just ou dans les chants de sa maman folle. Que chaque partage resplendisse dans le creux de ses mains. Qu’il l’a guide dans toutes les vagues de l’enfance vers des plages paisibles. Pour jamais. Je voudrais que l’amour me prenne moi aussi.

✨Je voudrais que le ciel l’illumine…

De mille feux. Qu’il lui montre un chemin d’étoiles pour revenir sur la plage. Qu’il éloigne les orages, et fasse ressortir toute la signification de  la beauté de son prénom. Qu’il scintille de mille espoirs et implose en lueurs d’éternité. Qu’il fasse éclore tous les vœux que tous, ont accrochés candidement, dans le noir. Pour Jamais. Je voudrais que le ciel me prenne moi aussi.

✨Je voudrais que la littérature lui parle…

Encore avec cette immense douceur. Qu’elle lui dise les mots qui apaisent et qu’elle s’amuse avec elle, sur des parterres d’expressions. Qu’elle l’inspire pour chercher toujours à aller plus loin, plus vite et plus confiante encore quand les silences lui viennent. Pour jamais. Je voudrais que la littérature me prenne moi aussi.

✨J’ai fait des vœux, en vain. Des vœux heureux à l’éternité. Parce qu’à attraper la mort, à la soustraire de nos vies, elle nous revient encore plus fort. Je voudrais que la nuit me prenne moi aussi, pour ne jamais avoir à vivre un tel drame. Je voudrais que la nuit s’éloigne maintenant. Pour ne voir plus que la vie. Je veux un edelweiss à mes doigts.

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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