Les fantômes de Manhattan, R.J. Ellory.

Couverture Les fantômes de Manhattan

Pourquoi je l’ai choisi:

Ce n’est plus un secret, si vous suivez le blog, chaque nouveau livre de l’auteur R.J.Ellory est un grand événement en Féerie. Cette année encore, l’euphorie était au rendez-vous, peut être plus encore, en découvrant le synopsis…

Synopsis:

Annie O’Neill, 31 ans, est une jeune fille discrète. Elle tient une petite librairie en plein cœur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu’elle. Son existence est bouleversée par la visite d’un nommé Forrester, qui se présente comme un très bon ami de ses parents, qu’elle n’a pratiquement pas connus. L’homme est venu lui remettre un manuscrit. Celui-ci raconte l’histoire d’un certain Haim Kruszwica, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, devenu ensuite une des grandes figures du banditisme new-yorkais. Quel rapport avec l’histoire intime d’Annie ? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité ? Lorsqu’elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu’elle a pu imaginer.

Les personnages:

Annie O’Neil est une libraire paisible, qui voit son quotidien prendre une certaine effervescence et faire resurgir des souvenirs oubliés et de nouvelles passions. Peut être parce que c’est une femme, qu’elle a une certaine sensibilité et une passion pour les livres, j’ai eu un bon feeling avec cette héroïne.

Jack Sullivan est un ami extraordinaire, du genre de ceux, qu’on adorerait avoir dans la vie réelle….L’amitié qu’il éprouve envers Annie est jolie, pleine de tendresse et complètement désintéressée.

J’ai beaucoup aimé aussi les personnages de Harry Rose et son acolyte Johnnie Redbird dans leur duo d’escrocs « dignes »…

Ce que j’ai ressenti:…Hantée de passions…

Je ne me lasserai jamais de lire une histoire, racontée par R.J.Ellory. Tout simplement parce qu’il a l’art et la manière  d’écrire avec une poésie lumineuse de sombres romans noirs. Je suis conquise à chaque fois, parce qu’il a une façon bien particulière de connecter son imagination aux interrogations contemporaines, de faire revivre l’Histoire dans ses tragédies, et de voir encore, toute la beauté du monde et la simplicité de la vie…Les Fantômes de Manhattan est le deuxième roman écrit par cet auteur, et je me fais une joie de voir tous ses romans qui resurgissent de l’ombre, pour que nous puissions nous délecter du plaisir d’être emporté dans ses intenses lectures. Dixième roman de mon auteur favori publié par ma maison d’éditions Chouchou , Sonatine éditions , c’est une coïncidence heureuse puisqu’elle fête ses 10 ans, cette année. Alors, ça se fête en fanfare avec d’aussi belles publications, et je leur souhaite encore un bon anniversaire et pleins d’aussi jolies pépites à leur catalogue, (déjà bien riche!)…

« Elle les accueillait, tous autant qu’ils étaient, parce qu’il lui restait encore assez d’idéalisme pour croire qu’un livre avait le pouvoir de changer une vie. » p16 

Dans Les fantômes de Manhattan, les livres sont là, hantant les lieux, les pages, les personnages…Et puis, il y a les personnages de fiction dans la fiction, dansant autour du feu de l’intrigue…Les livres, encore et toujours, un moyen de mieux comprendre sa vie, de mieux se comprendre, mieux comprendre le monde qui nous entoure…Forrester, cet inconnu mystérieux, en apportant une histoire inachevée et inédite, et sous l’impulsion d’un Club de Lecture, va complètement réorienter le destin de Annie…Il arrive avec des lettres, qui viennent s’échouer sur des plages désertes de souvenirs personnels de cette jeune femme et ce manuscrit qui pèsent plus lourd en conséquences que l’idée de quelques feuilles volantes un peu noircies d’encre : en voilà un très bon départ vers des tourbillons d’émotions…Le pouvoir des mots et des histoires, qui racontent des morceaux d’Histoire, des destins mêlés, des horreurs et des beautés. La lecture au coeur de tout, ou tous nos amours dans les lectures: Annie va le vivre très intensément, à la lumière de la passion….

« Les fantômes s’en sont allés, se dit-elle. Enfin-et peut-être pour toujours-, les fantômes s’en sont allés. »

Ce que j’admire le plus dans les livres de R.J Ellory, et c’est d’autant plus vrai avec ce nouveau livre, c’est sa capacité à relier. Relier les événements, relier le monde, relier les histoires, relier les gens. Dans ses écrits, il s’efforce toujours de connecter ses intrigues dans un contexte historique et ici, on traverse le passé de l’Europe et de l’Amérique, dans ses parts sombres de violence, mais on retrouve également, cette petite étincelle d’espoir qui tend vers l’Autre. Cette Annie orpheline et solitaire, va au cours de ce roman , se rendre compte qu’elle fait partie de ce monde, qu’elle est la somme d’un amour, qu’elle n’est pas qu’un électron lambda, qu’elle est ici et maintenant sur la planète, et qu’il lui faut vivre sa vie, et non pas se laisser porter entre solitude et dépression…Elle n’est pas fantôme, mais bien vivante! C’est inspirant, mais sous la plume de cet auteur, c’est juste renversant…

« La femme que je suis maintenant aspire à un autre genre de vie. »p350

Pour la force de cette histoire et l’ingéniosité de cette intrigue, parce que cet auteur a un talent fou, ce livre est un Coup de Coeur.

« Pourquoi fallait-il que la profondeur de l’amour ne se mesure qu’à l’aune du malheur de la perte? »

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel et les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fut un coup de coeur!

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Une femme entre nous, Greer Hendricks/ Sarah Pekkanen

Couverture Une femme entre nous

Plus qu’un roman: un événement!

Pourquoi je l’ai choisi: 

Une couverture aussi jolie et un synopsis qui promet d’aussi belles surprises, j’étais déjà impatiente de faire cette lecture! Mais partager ce moment avec une copinaute ElodieUniverse,  aussi passionnée qu’adorable, ça double les plaisirs! Vous pouvez retrouver sa chronique ICI!

Synopsis:

En lisant ce livre, vous allez faire beaucoup de suppositions. Vous allez croire que c’est l’histoire d’une femme jalouse, délaissée par son mari. Vous allez penser qu’elle est obsédée par la maîtresse de celui-ci, une femme plus jeune qu’elle. Vous allez vous dire que vous connaissez déjà toutes les facettes d’un tel triangle amoureux. Un conseil : laissez tomber toutes vos hypothèses. Jamais vous ne pourrez imaginer ce qui se cache derrière les apparences, ni anticiper les multiples rebondissements qui émaillent ce livre. À la façon de Gillian Flynn, Greer Hendricks et Sarah Pekkanen ont élaboré une construction inédite, littéralement diabolique, afin de nous faire éprouver l’espoir et le désespoir des femmes, l’usure du couple, l’amitié féminine, tout cela sous couvert d’une intrigue captivante et de personnages bouleversants. Best-seller depuis sa sortie aux États-Unis, bientôt traduit dans plus de trente pays, en cours d’adaptation cinématographique par la maison de production de Steven Spielberg, plus qu’un roman : un événement !

Ce que j’ai ressenti:…A célébrer! 

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Un mariage est toujours un grand événement dans la vie…Prenez Rob, tiens, il se marie bientôt… Vous pouvez donc aller vous choisir votre plus belle tenue, et surtout n’oubliez pas vos invitations!!!!Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à une union d’un Prince Charmant des Temps Modernes…Et de sa jeune et jolie Dulcinée…La date est fixée au 24 mai, le cadre est parfait, le moment semble idéal…

Tenez bien votre bouquet de feuilles blanches et rouges, la passion pourrait déferler dans ses pages…Et comme dans tout mariage, vous aurez :

  • Un vin d’honneur avec une commande spéciale de Raveneau…
  • Un parfum de roses flottant, pour stimuler les souvenirs…(avec une légère odeur de fer?!…).
  • Des bijoux étincelants pour briller de mille feux (Et dissimuler un peu de bleu…)
  • Du blanc et des dentelles…(Les femmes aiment trop les robes…C’est bien connu…).
  • Le sourire des familles (et leurs gènes à tendance obsessionnel(le)s…).
  • Une ouverture de bal avec des danses triangulaires…
  • La surprise des jeunes mariés…(Et il y en aura plusieurs, mais le spoiler n’est pas de bon ton…)
  • La tension à son paroxysme…(Ah l’Amour, l’Amour…Ses jalousies, ses obsessions, ses tentations…) ❤
  • Des alliances posées sur un coussin (ou des mésalliances sur l’oreiller).
  • Des twists endiablés, (histoires machiavéliques de vous maintenir éveillés…).
  • Un menu concocté avec soin (quelques mises en bouches sucrées/salées suivi d’un plat copieux de vengeance).
  • Une pièce montée délicatement préparée par Mesdames Hendricks et Pekkanen.
  • Un wedding-cake vertigineux avec des soupçons de sucre glace tombés sur la piste de danse (ou peut être bien un vertige et des soupçons à vous glacer l’ambiance…).
  • Du champagne pour vous étourdir de plaisir…
  • Et le feu d’artifice : Une femme entre nous. 

Du coup, je ne suis pas sûre que ce mariage-là, ait tous les ingrédients pour une longue et sereine longévité…Mais pour ce qui est du thriller, tout juste sorti chez Sonatine Editions, vous pouvez prendre place pour le grand événement! C’est une lecture infernale, rythmée, et addictive! Je n’ai pas réussi à quitter mon livre, tellement on est pris dans ces histoires entrelacées, ses amours contrariés, ses intrigues survoltées…Un page-turner comme on les adore!

Résolument féminin, irrésistiblement surprenant, l’alliance de ses deux écrivaines est une belle réussite!

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre!

Hier, les oiseaux, Kate Wilhem.

Hier, les oiseaux

 

Synopsis:

La planète est exsangue, ravagée par la pollution, la guerre, la maladie. Les Sumner, de riches propriétaires terriens, pressentent que l’effondrement du monde est proche. Ils décident de construire à Bear Creek, dans leur domaine de Virginie, un centre de recherches scientifiques et d’y organiser la vie en autarcie. Après le cataclysme, les hommes et les femmes se révèlent stériles et disparaissent en quasi-totalité. Créer des bébés par clonage semble pallier la reproduction sexuée. Mais, au fil des générations, les clones sont-ils encore des humains  ? Le retour inflexible de la Nature va-t-il obliger une microsociété à bout de ressources à franchir les frontières pour explorer le monde  ?
Publié en 1976, Hier, les oiseaux, devenu un classique de la science-fiction, interroge avec une implacable acuité un avenir possible de l’humanité.
Prix Nebula et prix Hugo du meilleur roman.

Les personnages: 

Parce qu’ils sont différents, David, Molly, et Mark sont les trois meneurs de cette histoire. Il faut croire que j’ai une préférence pour les marginaux, car ils ont une sensibilité artistique et une manière différente de voir le monde…A tous les trois, ils nous font voir la Nature, les Arts et l’Avenir avec plus de poésie, plus de passion, plus d’intérêt, les possibilités de notre environnement, en allant à chaque fois, au delà du cadre établi, même si eux, le payent en isolement et exil déchirant…

« Eux, ils ne peuvent pas entendre cet autre soi-même qui, sans cesse, murmure. »

Ce que j’ai ressenti:

Hier, les oiseaux est un roman qui nous plonge dans les temps. Publié d’abord en 1977, il nous revient ,enfin, en 2018 avec Le livre de Poche Imaginaire, avec une couverture rouge et inquiétante pour notre plus grand plaisir, car c’est un roman d’anticipation qui a reçu deux prix prestigieux dans le monde de la science-fiction, et pourtant, on dirait presque qu’il est passé inaperçu, depuis…C’est toujours intéressant d’avoir une approche près de 40 ans plus tard, et de voir que cette lecture visionnaire n’a pas vieillie, et heureusement, oserai-je dire, que nous sommes encore loin, d’un avenir aussi sombre…

-Nous sommes tous morts. Aujourd’hui ou demain. Pourquoi prolonger? 

Découpé en trois parties, il m’a semblé, malgré ce thème de clonage en masse, que le schéma traditionnel familial était bel et bien en filigrane, dans ce roman, comme un fil ténu dans l’intrigue. Certes, c’est une toute nouvelle forme de famille et de cellule sociale à cause de cette énigmatique maladie qui frappe l’humanité, mais j’ai ressenti comme dans cette découpe de chapitres, une partie « Père » avec David, « Mère » avec Molly et « Enfant » avec Mark, comme un idéal à atteindre… Trois personnages donc, qui se passent le relais pour appréhender un futur très controversé et des situations difficiles, mais qui éclairent, chacun à leur façon et grâce à leur différence, le nébuleux avenir…

« Un jour, tu monteras ici, et tu poseras ta main sur cet arbre, et reconnaîtras ton ami, exactement comme il a été le mien toute ma vie. »

Dans ce récit post-apocalyptique, on trouve un monde ravagé, sans espoir, sans amour, sans génie, sans passion…Cette lecture, elle nous touche dans toutes les réflexions d’éthiques qu’elles engendrent, plus que dans son histoire, je trouve… De pouvoir se projeter dans cette atmosphère dénuée de richesse culturelle, et complètement déstructurée dans ces structures sociales, est étonnamment dérangeante. C’est cela que j’aime retrouver dans la lecture de la science-fiction, c’est le danger possible des dérives poussées à l’extrême, et ici, Kate Wilhem survole un monde bien triste, ou la liberté n’a plus son envolée inspirante, et si Hier, les oiseaux étaient dans le ciel, dans cette lecture, les piqués sont vertigineux et catastrophiques…Mais, un espoir, même tout petit, pourrait quand même s’élever…

Comme des millions d’autres avant lui, il était impressionné par la complexité de la nature. 

A découvrir!

Pendant quelques minutes, il se permit de rêver, puis il s’assit. 

 

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Léa et les éditions Le Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre.

Noli me tangere Ne me touche pas, Andrea Camilleri

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai adoré cette couverture! Elle est très réussie, et attire le regard. Je craque souvent sur les couvertures à dominante rouge…

Synopsis:

« Je suis fille du vent et du désert. Et cette rose ne mourra jamais. »

Laura, belle et brillante épouse d’un grand écrivain, disparaît alors qu’elle était sur le point de finir son premier roman. Son mari s’inquiète, la presse s’emballe et toute une ribambelle d’amants en profitent pour dire tout le mal qu’ils pensent d’elle.

Mais Laura est-elle cette séductrice cruelle et sans cervelle, cette femme calculatrice et superficielle, ce monstre d’égoïsme que décrivent ses amants ? Ou bien un être tourmenté et absolu, avide de spiritualité, chroniquement affligé de crises de mélancolie, de ghibli, comme elle dit, qui l’obligent à se retrancher du monde et des hommes ?

Le subtil commissaire Maurizi mène une enquête discrète sur les traces d’une femme mystérieuse, fascinée par la fresque de Fra Angelico, Noli me tangere, qui a magistralement orchestré sa propre disparition.

Construit comme un kaléidoscope de dialogues, articles, lettres qui tentent tour à tour d’approcher l’insaisissable Laura, ce court roman est un formidable hommage à une femme libre et à la possibilité qu’a tout un chacun de se réinventer radicalement.

Ce que j’ai ressenti:…Quand le ghibli t’emporte…

Tu sais pourquoi le ghibli souffle sur toi? Parce que c’est toi, le désert. 

  • J’ai aimé ce roman parce qu’il est insaisissable, tout comme son personnage principal Laura…Elle tourbillonne dans le vent, voltige d’hommes en hommes, tournoie dans les musées, se couche avec le ghibli…Ô Laura, comme tu les as fait tourner les cœurs et les têtes, Ô Laura, comme tu les as rendu tous fous de toi, mais ô combien, ils ne t’ont jamais comprise…Parce que tu es une personne complexe, Laura, un de mes plus jolies rencontres féminines littéraires… Raffinée, séductrice, légère, belle, étrange, disparue, souriante, présente, sensuelle, apathique, aimante, intelligente, sensible, cruelle, indifférente, intéressée, Noli me tangere…Mais tout cela, les hommes ne le saisissent pas, alors ils parlent de toi avec véhémence ou douceur, violence ou candeur, mais toi Laura, tu vis dans l’air du temps, tu es même carrément le vent du désert, s’infiltrant entre les lignes que ses personnes ont écrites, en pensant à toi…Ô Fascinante Laura…

« Je suis fille du vent et du désert. Et cette rose ne mourra jamais. »

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  • En partant à la découverte de cette femme et de son inquiétante disparition, nous partons aussi au cœur de l’Art et des villes européennes…Un voyage initiatique pour comprendre les œuvres qui ont inspiré plus d’un artiste, autour d’une scène mythique de la Bible, Noli Me tangere. L’auteur a su créer une sorte d’affinité énigmatique entre Laura et la fresque de Fra Angelico, qui renforce le mystère de ce petit roman épistolaire. Entre intuition et étude, cette virée soufflée au plus près de la peinture, s’avère des plus intéressantes à découvrir en toile de fond pieuse, et forcément une envie de petit détour culturel se lève de cette plume esquissée par un auteur passionné…

 

  • Parce qu’il a cette aura impalpable, parce qu’il a aussi une forme et une originalité tellement mystérieuse, ce Noli me tangere/ Ne me touche pas de Andrea Camilleri m’a captivée tout en gardant, ses petits secrets…Et c’est ce qui fait tout son charme: ce souffle insaisissable et ses tourments fascinants…

« Ce qui est, à bien y penser, une forme d’absolu. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Metailié de leur confiance et pour l’envoi de ce livre!

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Passage des ombres, Arnaldur Indridason

 

Synopsis:

Un vieil homme solitaire est retrouvé mort dans son lit. Il semble avoir été étouffé sous son oreiller. Dans ses tiroirs, des coupures de presse sur la découverte du corps d’une jeune couturière dans le passage des Ombres en 1944, pendant l’occupation américaine.

Pourquoi cet ancien crime refait-il surface après tout ce temps ? La police a-t-elle arrêté un innocent ?

Soixante ans plus tard, l’ex-inspecteur Konrad décide de mener une double enquête. Jumeau littéraire d’Erlendur, il a grandi en ville, dans ce quartier des Ombres si mal famé, avec un père escroc, vraie brute et faux spirite. Il découvre que l’Islande de la « situation » n’est pas tendre avec les jeunes filles, trompées, abusées, abandonnées, à qui on souffle parfois, une fois l’affaire consommée, « tu diras que c’était les elfes ».

Un polar prenant qui mêle avec brio deux époques et deux enquêtes dans un vertigineux jeu de miroirs. Où l’on découvre que les elfes n’ont peut-être pas tous les torts et que les fééries islandaises ont bon dos…

 

Ce que j’ai ressenti:…Le souffle des elfes…

Et dans la bise glaciale, un elfe m’a soufflé
Les secrets de l’Islande, et ses contes populaires…
Il m’a raconté ses jeunes filles téméraires
Qui se mettent dans la situation, et après,
Divaguent, se laissent bercer de légendes insulaires
En perdant d’elles-même, au détour d’une aire…

Et dans le froid hivernal, un elfe m’a soufflé
L’horreur des passages hantés par des drames violents
Les tables et les vautours qui tournent inlassablement
Autour de la peine et des disparitions éhontées…
Il m’a parlé de destins brisés, il a plus de 65 ans,
Et de la culpabilité qui s’enracine dans le temps…

Et dans cette nature hostile, un elfe m’a soufflé
La puissance des liens du sang, l’odeur ferreuse
Qui suinte de ses histoires de Guerre désastreuses…
Il m’a conté dans les coulisses d’un Théâtre abandonné
Que les musiques des orgues basaltiques, fiévreuses,
Résonnaient de concert, avec les plaintes des malheureuses…

Tu diras que c’était les elfes qui t’ont soufflé
De te précipiter sur ce polar islandais…
Le Passage des Ombres s’ouvre sur deux enquêtes noires
Mais où, la féerie s’immisce et laisse croire
Que les phénomènes surnaturels sont de la partie…
Tu diras que c’était les elfes qui t’ont soufflé
Qu’il y a eu un coup de cœur chez la fée!

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Camille ainsi que les éditions Métailié de leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture féerique!

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Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu, Karim Berrouka.

Couverture Celle qui n'avait pas peur de Chtulhu

Pourquoi je l’ai choisi: 

Quand je vois que Karim Berrouka sort un nouveau livre, je n’ai qu’une envie: me précipiter sur cette lecture car je sais à l’avance que je vais passer un super moment entre fous rires et traits d’esprits . Fan de ses univers déjantés, j’avais hâte de savoir où il allait m’emmener cette fois-ci, après Le club des punks contre l’apocalypse zombie et Fées Weed et Guillotines, que j’avais adoré.

Synopsis: 

Qu’est-ce qui est vert, pèse 120 000 tonnes, pue la vase, n’a pas vu le ciel bleu depuis quarante siècles et s’apprête à dévaster le monde ? Ingrid n’en a aucune idée. Et elle s’en fout. Autant dire que lorsque des hurluberlus lui annoncent qu’elle est le Centre du pentacle et que la résurrection de Cthulhu est proche, ça la laisse de marbre. Jusqu’à ce que les entités cosmiques frappent à sa porte… 

Après avoir réalisé une étude sociologique des fées (Fées, weed et guillotines, prix Elbakin.net) et converti les zombies au pogo (Le Club des punks contre l’apocalypse zombie, prix Julia Verlanger), Karim Berrouka revient pour relever un terrible défi : convaincre Ingrid d’aller éclater du Grand Ancien pour sauver l’humanité.

Ce que j’ai ressenti: 

Karim Berrouka nous revient encore plus déjanté et barré que jamais, et fait une jolie révérence à un monstre de l’univers SF: Cthulhu. Sauf que son héroïne Ingrid, elle ne le voit pas du même oeil, et aurait plutôt tendance à se détourner du grand mythe, au grand dam de ses adorateurs…Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu, se retrouve malgré elle, au centre de ses histoires venues d’ailleurs, voyage en Europe et explore des pointes de pentacles, et pourrait même en songes immergés, sauver l’humanité…Elle dépareille énormément au milieu de tous ses illuminés et « fana » absolus  de Cthulhu, et je reconnais bien là, le style de l’auteur, à prendre à rebrousse-écailles les légendes et les remettre à sa sauce façon « Berrouka ».

Ainsi va le monde, comme les hommes. Ils endurent, ils subissent . Puis, un jour , c’est le chaos.

En ce moment on le voit partout: Lovecraft est à l’honneur dans l’univers livresque, et pourtant, je n’ai pas encore lu une de ses œuvres. En bonne élève studieuse, je me suis procurée vite fait, Les contes et légendes du mythe Cthulhu, et j’ai essayé de lire en parallèle, mais faute de temps et de l’aspect très particulier, j’ai eu du mal à m’imprégner de cet univers. Tout est question de rendez-vous en littérature, et celui ci a sans doute été manqué, mais je retenterai à l’occasion, car je ne doute pas que Lovecraft pourrait envahir ma bibliothèque… Du coup, cela s’est ressenti dans ma lecture de ce nouvel opus de Karim Berrouka, je suis sans doute un peu passée à côté des subtilités et j’ai eu du mal à saisir les tentacules de ces références. C’est une belle introduction pour se familiariser avec cette grosse bête verte des profondeurs, mais ça n’a pas été le coup de foudre avec les abysses marines lovecraftiennes…Pas encore, du moins…

La puissance de l’amour est plus forte que les préceptes des univers, plus puissante que la physique des mondes, plus éternelle que la mort elle même.

Pour autant, Karim Berrouka nous  propose une histoire divertissante, pleine de pep’s et de rebondissements rafraîchissants. Il a une espièglerie enfantine et une intelligence vive dans sa plume, qui fait que chacun de ses livres, est un grand moment de plaisir. Encore une fois, il est arrivé à me faire rire, grâce à ses répliques piquantes, et je suis impatiente déjà de lire son prochain livre, en espérant que je sois plus réceptive à l’univers, que je ne l’ai été pour celui ci…

En bref, je suis fan du style de l’auteur, mais je suis passée à côté de l’ambiance, alors ça ne sera qu’une lecture en demi-teinte, même si je conseille quand même cette lecture.

Meilleur Moment du livre: 

  • Le passage sur la Mélopée. J’ai trouvé que l’auteur parlait avec beaucoup de poésie et de sensibilité sur les artistes…

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Babelio ainsi que les éditions ActuSF pour l’envoi de ce livre. Ce fut une découverte sympathique.

 Babelio 

 

 

Le prince charmant , c’est vous! Isabelle Saporta.

Couverture Le prince charmant, c'est vous !

Pourquoi je l’ai choisi:

Une belle surprise, arrivée sur son destrier dans mon petit monde féerique…Une bien charmante attention de Sylvie Pereira et des éditions Fayard que je remercie très chaleureusement!

Synopsis:

Elle vient d’avoir quarante ans. Elle est journaliste et sillonne la France pour ses enquêtes. Elle a deux adorables petites filles. Et un mari qui, bien heureusement, ne travaille pas et s’occupe de leurs enfants. Enfin, « bien heureusement », c’est ce qu’elle se raconte à elle-même, parce qu’au fond elle est au bord du burn-out. « Mais comment ça ? lui clame son entourage. Tu as tout pour être heureuse ! Des enfants fabuleux, un mari attentionné, un travail passionnant ! » Oui, mais voilà. Shiva en a plein les bras. De ce mari adorable mais glandeur. De sa culpabilité abyssale de mère qui travaille. De la pression qu’elle se met sur les épaules pour faire bouillir la marmite. Sans compter les mille et une choses du quotidien qui incombent toujours aux femmes… Elle n’en peut plus et rêve d’une nouvelle vie. Sous le regard attentif de son psy à l’érudition désuète, de son meilleur ami homosexuel rosse et drôle, de sa tante sexagénaire gentiment indigne et d’une copine un peu loufoque, elle met tout en œuvre – et souvent le pire ! – pour s’en sortir. Elle se cogne contre tous les murs et rêve d’un être miraculeux seul capable, croit-elle, de la sauver. Jusqu’au jour où, enfin, elle comprend que… le prince charmant, c’est elle.

Ce que j’ai ressenti:…Un humour bien charmant…

Une lecture pleine de pep’s! Notre héroïne est dynamique et survoltée, et cette lecture l’est tout autant! Grâce à l’humour, Isabelle Saporta pose une petite couronne bien charmante sur nos têtes de femmes modernes, et ça fait plaisir à lire!Une plume bien enjouée pour une comédie où le prince charmant prend une autre forme et envoie valser un peu plus loin, les discours culpabilisants. Être femme, maman et avoir une jolie carrière professionnelle, c’est possible, si on sait jongler avec tous ses rôles, et qu’on arrive à dénicher un peu d’aide de l’entourage…Un psychologue compréhensif, un ami gay attentionné, une amie adorable et une famille unie…Sauf, qu’eux leurs rôles, ils vont vite en changer, et du coup, ça sera d’autant plus dur à gérer pour cette dame carrément débordée….

« Lui seul sait que la femme prétendument forte qui lui fait face n’est qu’un bric-à-brac instable de névroses. »

De fous rires en situations cocasses, cette auteure nous régale de situations improbables qui s’accumulent autant que les petits soucis de cette quadragénaire. Et pourtant, derrière cet incessant jeu de zygomatiques, Isabelle Saporta nous parle de sujets sensibles tels que la charge mentale et des nouveaux rôles au sein de la cellule familiale, de cette pression que la société impose à ses femmes bosseuses, des attentes plus ou moins claires et restrictives de l’entourage. Une jolie façon de dire en souriant, qu’il est grand temps que ça change dans les mentalités, pour équilibrer et tendre vers plus de parité.

« Ben, ma foi, on a connu des psychopathes heureux, non? Si, si, cherche, il doit bien y en avoir. Chez les artistes, non…? »

Un chick-lit agréable à découvrir, avec des personnages drôles et décalés, mais surtout, terriblement toxiques…Alors forcément, Le prince charmant, c’est vous!  Puisque dans la vraie vie, les princes ça ne court plus les rues, les chevaux blancs non plus, Hissons donc nos couronnes, Mesdames, Isabelle Saporta, nous souffle un rafraîchissement bleuté de pages hilarantes!

 

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

 

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Ectasy and Me, la folle autobiographie d’Hedy Lamarr.

Ecstasy and me : La folle autobiographie d'Hedy Lamarr par Lamarr

 

Synopsis:

Beauté vénéneuse, filmographie fournie et amants célèbres : Hedy Lamarr avait tout pour figurer au panthéon des reines d’Hollywood. Mais, quoiqu’elle fût sacrée « plus belle femme du monde », tournât aux côtés de Clark Gable et Spencer Tracy, et inventât le système de télécommunications à l’origine du wifi, Hedy Lamarr semble avoir joué de malchance. Sans doute était-elle trop sulfureuse pour l’Amérique des années 1940. Elle accède à la notoriété en mimant pour la première fois un orgasme au cinéma ; fuit son premier époux, déguisée en femme de chambre ; se marie six fois ; revendique sa bisexualité ; prend pour amants les plus grandes stars ; abuse de la chirurgie esthétique ; dilapide sa fortune ; se retire de la vie publique à 40 ans, ne réapparaissant qu’au gré de ses condamnations pour vol à l’étalage. Dans cette autobiographie controversée, elle livre les détails de son ascension spectaculaire, brossant un portrait décadent de l’âge d’or d’Hollywood.

Récit au style incisif, Ecstasy and Me retrace le destin d’une femme qui s’épuisa à essayer d’être libre.

Ce que j’ai ressenti:…Sous le charme…

« Hedy: Pour moi, la beauté est avant tout intérieure. La beauté extérieure comme vous le savez, ne dure qu’un temps. Elle vous donne un temps d’avance au départ de la course à l’échalote, mais il faut savoir la conserver. »

C’est rare que je lise des autobiographies mais, celle ci, je l’ai trouvé passionnante! Hedy Lamarr m’a captivée, déjà avec cette photo superbe, en noir et blanc de la couverture, et forcément, je me suis précipitée pour en savoir plus sur le film Extase qui a fait connaître celle qu’on nommera plus tard « La plus belle femme du monde« . Ecstasy and Me, c’est les mémoires d’une femme qui a touché les étoiles, qui a révolutionné son temps, et qui est retournée dans les ombres, un peu, comme une héroïne de cinéma sur toute une vie, s’éteignant silencieusement, après avoir brillé de mille feux…Une star sublime désenchantée…

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Avec cette lecture, j’ai découvert une femme forte, sulfureuse, libre, avant-gardiste, et surtout avec un caractère bien trempé! Elle défraye la chronique avec Extase, bouscule les mentalités, attire tous les regards, et toutes les caméras sont braquées sur elle: et ça tombe bien, parce que Hedy veut devenir actrice et désirable…Déterminée et audacieuse, elle va se faire sa place à Hollywood, tenir la tête aux plus grands de ces lieux mythiques, et tourner aux côtés des plus célèbres acteurs de sa génération…Une vie de strass et paillettes faite de joies étincelantes et de déceptions amères…Une dame qui ne s’en laisse pas compter, qui dépense son énergie sans calculer, qui multiplie les plaisirs, mais qui paye aussi cette image de beauté de marbre, dans sa vie privée et professionnelle…

Être bien informé, être sensible, être conscient sont souvent la source de beaucoup de malheurs. 

En fait, ce que j’ai le plus apprécié, c’est cette sincérité avec laquelle elle écrit sa vie, où l’intimité de son rôle de femme se mélange avec ses rôles de cinéma, où l’effervescence de la célébrité se conjugue avec sa vie familiale. J’ai été surtout stupéfaite par ces entretiens retranscrits avec son psychologue, comme ses mots résonnent encore, et pourraient être écrits de nos jours, alors qu’ils ont été enregistrés il a près de 60 ans. C’est sans doute mon passage préféré, plus que ses frasques maritales, c’est cette pensée libre qui la caractérise: détonante!…Intelligente, belle et sensible, ce livre retrace une partie de sa vie sans faux-semblants, avec quelques levers de rideaux sur les « petits secrets » de cette industrie du cinéma: un regard féminin et acéré dans les coulisses d’Hollywood…

Passionnante et folle autobiographie d’Hedy Lamarr!

J’aime les gens, mais je me rends compte que plus je leur donne, moins je reçois, plutôt que l’inverse.  

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Alina Gurdiel ainsi que les éditions Seguier pour l’envoi de ce livre!

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Ne tournez pas la page, Seray Sahiner.

Ne tournez pas la page : Révolte d'une femme turque contre la violence ordinaire par Sahiner

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai eu l’immense chance d’être contactée par cette belle maison d’éditions pour lire en avant-première, ce livre engagé. Un livre dans l’air du temps d’une femme aux multiples talents et féministe dans l’âme, qui raconte des femmes en d’autres lieux…Il avait, donc, tout pour me plaire, et je remercie encore les Dames de la maison d’éditions Belleville, qui m’ont accordées leur confiance pour mettre en lumière, cette lecture.

Synopsis:

« Aujourd’hui, Leyla Tasçı est morte. Prise d’un accès de démence, elle s’est jetée de son balcon avec sa fille. Une enquête a été ouverte contre son mari. »

Pourtant, en arrivant à İstanbul il y a quelques années, Leyla était pleine d’espoir. Elle s’était dégoté un petit boulot dans un atelier de textile, et le bel Ömer qui régnait dans le cœur des ouvrières l’avait élue. Mais un soir, son patron lui a arraché son innocence en même temps que son chemisier. C’est là que tout a basculé.

Leyla retrace son histoire, malheureusement trop ordinaire, de femme battue et violée en toute impunité. Elle nous lance un défi : tourner la page, pour découvrir qu’une autre issue est possible. Celle de la révolte.

Ce que j’ai ressenti:

J’ai beaucoup aimé la démarche et l’intention de cette auteure de mettre en scène des histoires plus profondes, avec plus d’émotions, après (ou avant selon le temps où on les lit) les quelques phrases impersonnelles d’un fait divers dans les quotidiens… Elle apporte des mots, des baumes, des confrontations sous un nouvel éclairage: Seray Sahinar rentre dans l’intimité des maisons, observe et raconte le quotidien de ces femmes de l’Orient, victimes de violences conjugales, et nous démontre que derrière ses drames, il y avait des signes avant-coureurs qui pourrait être évités, si tant est que le monde y soit, un peu plus attentif…Alors, elle invente un personnage féminin touchant, Leyla, avec deux possibles fatalités futures, dans une jolie originalité de récit qui nous interpelle…Mais, surtout l’auteure donne voix à une femme forte et fragile, qui même abîmée et meurtrie dans sa chair, ose briser le cercle vicieux d’un mariage aux turbulences fracassantes…Et mon sang n’a fait qu’un tour, alors Ne tournez pas la page, à ses blessures qui suintent dans l’ombre…

Ne tournez pas la page ! Alors que les faits divers de la page trois tiennent en quatre ou cinq lignes, leurs histoires ne sont-elles pas bien plus tortueuses ?

Certes, Seray Sahinar nous parle de certaines mentalités turques coincées dans un schéma patriarcal étriqué, nous dépeint des hommes aux esprits restreints et à la main leste, mais étonnamment, c’est toujours le même souci, peu importe les frontières: le fléau de la violence ordinaire faite aux femmes fait trop rage, où que l’on soit… C’est un sujet quotidien malheureusement trop présent, et sans doute avec ce livre, c’est déjà un pas vers une dénonciation, avant peut être, une révolte salvatrice…Seray Sahinar se fait le temps de quelques pages la plume émouvante pour ses anonymes dans ces souffrances muettes, une trace écrite pour panser les plaies féminines, une bouteille à la mer dans ces océans d’horreurs, une main tendue vers plus de solidarité…Ce témoignage fictif est vivant parce que l’auteure y amène une sensibilité à fleur de peau, qu’il nous parle avec simplicité d’amour et de haine, et qu’il sonne vrai comme un uppercut en pleine face. Une fenêtre ouverte sur un pays du monde, une porte entrouverte pour ses femmes démunies et un combat encore à mener, tous ensemble, dans l’avenir…Peut être qu’il serait bien que vous alliez tourner ses quelques pages, pour une plus grande immersion dans la vie de ses femmes d’un autre horizon…

Quand ils n’ont pas à se soucier de leur panse, les hommes s’inventent des chagrins pour s’occuper.

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Belleville de leur confiance et pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture intéressante.

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La saison des feux, Celeste Ng.

Couverture La saison des feux

 

Synopsis:

À Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l’image de l’existence parfaitement réglée d’Elena Richardson, femme au foyer exemplaire. Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s’installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d’abord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence commence à mettre en péril l’entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights.

Les personnages:

Mia, j’ai eu un gros coup de coeur pour ce personnage bohème, dans sa manière d’être aussi artiste, aussi passionnée, aussi intense en menant de front sa vie, sa vocation et l’éducation de sa  fille. J’ai adoré sa sensibilité, sa témérité, son esprit libre…

Et du coup, son exact inverse en ce personnage d’Elena, m’a aussi bouleversée puisque elle a aussi sa façon d’être aussi lisse, aussi parfaite, aussi rangée. Certes, opposées en apparence, et pourtant si, femmes, si mères…

Elles sont toutes, en fait, troublantes et attachantes.

Ce que j’ai ressenti:…Instantané de féminité…

Clic!  L’air ambiant est saturé de monoxyde de carbone, et une chaleur suspecte se fait sentir dans la petite ville de Shaker Heights. Le départ de ce feu est une incohérence dans ces lieux idylliques. Ça ne cadre pas avec l’atmosphère si pleine de disciplines et de réglementations utopistes des Shakers. Il est grand temps de déblayer les cendres et les secrets enfouis sous les décombres nés de La saison des feux. L’objectif fait une mise au point, et nous passons en mode zoom pour mettre plus de profondeur à cette scène de désastre carbonisé, grâce à la plume émotionnelle de Celeste Ng. Et nos coeurs de brûler, avec ses instantanés perdus aux flammes…Mais que se passe t-il vraiment dans cette ville où tout y est planifié jusqu’aux moindres détails?

« Toute sa vie elle avait appris que la passion, comme le feu, était une chose dangereuse. Elle devenait si facilement incontrôlable. Elle escaladait les murs et bondissait par-dessus les tranchées. »

Clic! Intime et féminin, rien ne laissait paraître que ce roman noir partirait vers ses eaux instables des relations Mère/Fille, et j’ai donc été agréablement surprise parce que c’est un thème que j’aime particulièrement retrouvé en lecture.  Au fur et à mesure, les dames prennent les rennes de cette intrigue, et nous emmène à repenser les différentes formes d’éducation, de filiation, d’amour, de schéma familial. Le pouvoir de donner la vie, le devoir de donner de l’affection viennent attiser les feux des liens du sang et c’est toute une couche de mensonges et de sombres mystères que, nous lecteurs, devront observer avec pudeur, derrière les fenêtres de ces maisons à l’apparence si tranquilles…Mères, filles, amantes, amies, voisines, sœurs dans un tourbillon de sentiments souvent déstructuré et volubile, parasite ou fusionnel. Chacune d’entre elles chamboulant la cellule de l’autre, pour donner d’autres vents terribles qui animeront avec plus de force, les passions…

(On en revenait, encore et encore, à la question suivante: qu’est-ce qu’il faisait de quelqu’un une mère? Etait-ce la biologie seule, ou était-ce l’amour?). 

Clic! Il y a toute une dualité électrisante dans La Saison des Feux qui est, comme une braise ardente sur le point de s’embraser… Des pôles d’énergies contraires qui se disputent les regards, entre richesse et pauvreté, liberté et contrôle, entraide et indifférence, superficialité et compassion. Tant de différences, de divergences, de cultures qui se racontent dans les sangs, dans l’oeil de l’artiste, dans les lignes de ce roman noir aux rougeoyantes étincelles de ses phénomènes de sociétés délicats. Celeste Ng, tout comme Mia, aime à toucher aux clichés et les transformer de manière artistique, pour nous faire monter les larmes aux yeux…

Ils ne gâchaient rien, surtout pas leur temps. 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre. Ce fût une lecture bouleversante!

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