La tresse ou le voyage de Lalita, Laeticia Colombani/ Clémence Pollet.

Couverture La tresse ou le voyage de Lalita


Synopsis: 

Comme chaque matin, Smita démêle les cheveux de sa fille Lalita.
Elle ne les a jamais coupés, ici les femmes gardent longtemps leurs cheveux de naissance, parfois toute leur vie.
Elle divise la chevelure en trois mèches, qu’elle entrelace délicatement pour en faire une tresse. Mais aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres.
Aujourd’hui, Lalita va entrer à l’école.


Ce que nous avons ressenti:

 

  • Surprise!

J’ai été très intriguée de voir adapté en album jeunesse, le roman La tresse de Laetitia Colombani. J’étais passé à côté, jusqu’à maintenant, de ce succès littéraire, et c’est finalement cette parution chez Grasset Jeunesse, qui m’aura amené vers cette lecture Coup de Coeur! En voyant cette illustration de Mère/Fille, je voulais absolument faire cette lecture avec la mienne, Jazzelfique, car j’ai senti qu’il y aurait un certain impact pour nous deux…Et quelle intuition! J’ai donc découvert en premier lieu, La Tresse ou Le voyage de Lalita et de Smita, deux indiennes Dalit, et j’ai eu un choc en découvrant le sort des Intouchables. Et, c’est comme cela que j’ai été courir me prendre le roman dont est tirée cette fameuse tresse…C’est important d’avoir aussi en jeunesse des histoires engagées telle que celle-ci, pour éveiller la jeune génération, au monde et ses différences, à de nouveaux horizons et de nouvelles croyances, à des problèmes majeurs et à l’espérance…

Dans peu de temps, elle pourra à nouveau les tresser. 

  • Bouleversant…

J’ai eu une peine immense en lisant certains passages, et pourtant, c’est un voyage nécessaire à faire découvrir, pour que les enfants comprennent la chance de pouvoir aller à l’école, en toute quiétude. Apprendre et savoir est un privilège qui reste encore un combat à gagner dans certains pays…On ne se rend pas compte à quel point, le chemin vers l’école peut être semé d’embûches…Mais Smita et Lalita se révèlent être un duo courageux, qui donneront, je l’espère, un élan d’espoir à d’autres. Elles vont fuir leurs conditions de vies atroces et grâce à leur foi et leur amour réciproque, effectuer un cheminement intérieur et un voyage risqué à travers l’Inde pour se donner les moyens d’avoir un avenir plus radieux. C’est un album très touchant, et j’ai beaucoup aimé la fin que nous propose l’auteure beaucoup plus douce et d’une certaine légèreté. Admirable, ce duo de mère/fille!

Alors elle désigne l’école et dit simplement: Va.

  • Merveille…

Cet album est une petite merveille! On découvre donc, l’Inde et ses castes, une autre culture et tout un folklore fait de couleurs vives et de formes pétillantes. Grâce à la sensibilité et au travail fabuleux d’illustratrice de Clémence Pollet : Que de vie et de beauté dans ses pages! Déjà, Laetitia Colombani m’avait touchée avec son roman tressé de destins féminins, mais avec cette collaboration pour le public Jeunesse, il a été, sublimé. Il est vecteur de tant de jolies valeurs et en même temps, si lumineux, que c’est un coup de cœur Mère/Fille…

Magnifique! Indispensable!

Lalita ne sait pas que sa tresse va faire un long voyage. 

 

Notre note Plaisir de Lecture  10/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Grasset Jeunesse pour l’envoi de cet album magnifique!

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La tresse, Laetitia Colombani

Couverture La tresse


Synopsis: 

Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.

Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.


Ce que j’ai ressenti:

Tresse: n.f Assemblage de trois mèches, de trois brins entrelacés.

Prendre entre ses mains, ces 3 brins de femmes et entrelacer leurs destins pour former une tresse splendide qui inspirera les femmes, les jeunes filles, celles qui font et feront le monde de demain…Laetitia Colombani tisse un ouvrage de toute beauté, avec des perles d’humanité et quelques pages de combats féminins à porter, avec élégance, sur ses épaules…Ces trois femmes, elles m’ont bouleversée, chacune à leur manière, avec leurs persévérances, leurs rage de vivre dignement, leurs résiliences. Différentes, mais si semblables, des sœurs de cœur. La violence des discriminations auxquelles elles doivent faire face, est ignoble…

  • Un brin de courage: Smita. 

Apprendre cette situation des Intouchables en Inde, c’est un choc! Déjà, on sait que les femmes ont toujours souffert, de tout temps et en tout lieux, des pires violences, mais là, c’est carrément une communauté qui est considérée comme moins que rien, qui doit s’effacer, se soumettre et souffrir dans l’indifférence la plus totale. Mourir souvent d’être nées « Dalit », ses femmes n’ont pas l’ombre d’un espoir de voir leurs conditions de vie s’améliorer. Mais Smita, puisque qu’elle n’a rien, même pas de la nourriture décente ou l’accès à l’eau potable, n’a donc rien à perdre…Alors viscéralement, elle ressent le besoin d’offrir à sa fille Lalita, un avenir plus prometteur…Son combat, il est tellement démesuré, titanesque, qu’on ne peut qu’admirer la force de son courage et de sa foi, pour contourner le système des castes. J’ai tremblé de peur pour ce duo Mère/Fille, si frêles et pourtant si fortes: j’ai été bouleversée par l’ampleur des violences qui leur sont infligées…C’est révoltant!

« Pour l’instant, tout va bien. Tant qu’on en parle pas, ça n’existe pas. » 

  • Un brin de volonté: Giulia 

L’adolescence est une période charnière dans l’accomplissement de la vie d’une femme. Giulia va devoir se défaire de l’emprise d’une société patriarcale et faire accepter ses choix tout en douceur, mais avec fermeté. A force de lectures et de son éveil à l’amour, elle prend un chemin inattendu, audacieux, pour sauver l’entreprise familiale. Même à contre-courant, elle brave les avis négatifs avec une grande ouverture d’esprit et cette passion qui lui tient à cœur: le tissage des cheveux. Munie de son savoir-faire et de sa patience, elle prend à bras le corps, avec une volonté farouche, les risques de faillites de sa petite entreprise sicilienne…Elle est touchante, cette Giulia, dans son éclosion de femme…

« Alors Giulia lit à voix haute, des heures durant, de la poésie de la prose des romans. » 

  • Un brin d’espoir: Sarah.

Déjà, que les ravages de cette maladie, sont gigantesques, ici, Sarah doit encore mener une bataille plus grande à essayer de, survivre aux autres…Et ce n’est pas une tâche facile, au milieu des requins…On touche de près les sujets sensibles comme la charge mentale et émotionnelle, le rôle de ses nouvelles femmes d’affaires qui doivent allier excellence et maternité de front, l’exclusion vicieuse suite au diagnostic du cancer…C’est ahurissant, même en étant la meilleure dans son domaine, elle devient vite une ombre, dans les yeux des autres…Elle passe de tout à rien, en un tour de main. Cette descente vertigineuse m’a fait mal au cœur…

« Le cancer lui aura donc tout pris son métier, son apparence, sa féminité. »

  • La tresse: solidarité féminine. 

Je comprends maintenant mieux l’engouement pour ce petit livre. C’est plus, qu’un livre beau et émouvant, une structure de roman originale et brillante, c’est carrément une réflexion sur les combats au féminin à travers le monde.Et on sait à quel point, les droits de la femme sont un problème majeur, à travers la planète, pour les faire reconnaître…Je ne le découvre que maintenant, parce que j’avais une certaine appréhension à lire sur le sujet des perruques et sa grande ombre effrayante qui se cache derrière: le crabe. Je n’avais pas saisi encore tous les enjeux possibles, ses trois destins de femmes courageuses, les avenirs plus lumineux qu’elles pourraient ouvrir, les perspectives de laisser briller plus encore l’idée de Liberté. Mais maintenant, si. Je l’ai lu et adoré…

Quand je tresserais les cheveux de ma fille, j’aurai une pensée pour ses trois brins de femmes fortes, et je lui parlerais pendant des heures, de solidarité et d’espoir…

Coup de cœur. A lire de toute urgence. Indispensable.

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10.

 

Au coeur de la folie, Luca D’andrea.


Synopsis:

Italie, hiver 1974. À bord d’une Mercedes crème, Marlene fuit à travers le Sud-Tyrol. Elle laisse derrière elle son mari, Herr Wegener, et emporte les saphirs qui lui avaient été confiés par la puissante mafia locale. Alors que, devenu fou, il retourne la région pour la retrouver, Marlene prend un mauvais virage et perd connaissance dans l’accident. Simon Keller, un Bau’r, un homme des montagnes, la recueille et la soigne. Marlene se remet petit à petit dans un chalet isolé, hors de portée de poursuivants pourtant infatigables, et fait un jour la connaissance de Lissy, le grand amour de Simon Keller. Entre huis clos des sommets et traque mafieuse en Italie, Au cœur de la folie nous entraîne dans une spirale de frayeur, à la suite de personnages d’une noirceur fascinante.


Ce que j’ai ressenti :

 

  • Au coeur…Des Légendes.

Les légendes ont une magie intemporelle qui interagissent avec nos rêves d’enfants, mais aussi nos plus grandes peurs…Les angoisses intangibles de cet age innocent, feront les adultes de demain…J’aime tellement quand une histoire mêlent la puissance évocatrice des contes à un thriller psychologique intense. Au Coeur de la Folie de Luca D’Andréa, est une histoire à couper le souffle, à vous glacer les sangs, à vous filer des sueurs froides. Une jolie réussite qui se confirme après le très bon roman de cet auteur: L’essence du Mal. On revisite, dans ses montagnes enneigées, deux légendes très fortes du Vulpendigen et des Kobolds. C’est à en trembler de peur…Et c’est forcément délicieux d’avoir des frissons d’angoisses remisnescentes avec des personnages aussi affreux qui ont su traverser les siècles…Dans ce petit maso, entre solitude et silence, les créatures fantastiques pourrait bien venir hanter plus ardemment, ces êtres perdus…Sans compter, que Lissy veille…

« L’homme ne désire pas ce qu’il voit.
L’homme désire ce qu’il imagine. »

  • Au coeur…du Cercle Parfait.

On est au cœur d’une société secrète et de ses déploiements armés, au cœur de la violence et des esprits perturbés, au cœur de la corruption et d’un vol de saphirs maudits…Un thriller rythmé aux doux sons des vengeances et de la traque sans répit. Au cœur même des cercles vicieux de l’argent et de ses spirales exponentielles de conséquences fâcheuses…Avec une plume incisive et hypnotique, Luca D’Andréa maîtrise ses effets entre paranoïa et peur sourde, pour un huis-clos aux cercles concentriques qui vous prend aux tripes, pour ne plus vous lâcher. La peur et l’angoisse, comme seule compagnie…Et bizarrement, une faim tenace et terrible qui va vite devenir contagieuse… Vous dévorerez ce livre aussi goulûment que la douce Lissy…Je n’ai pas pu décrocher, une fois lancée, dans la fuite aux côtés de Marlene, j’étais captivée par le style et l’ambiance sombre, qui se dégage de cette histoire…

« Le monde grouille de signes, de miracles et de mystères. »

  • Au coeur… de la Folie.

Si l’auteur joue autant avec nos nerfs, qu’avec les petits lutins, il orchestre aussi, tout son roman autour des vertiges psychologiques. Il explore toutes les failles du conscient et de l’inconscient, des dérives de la solitude, des liens du sang empoisonnés, et des traumatismes qui régentent toute une vie…Un thriller bien plus puissant qu’une simple chasse à l’homme, bien plus fantastique qu’une histoire d’amour à l’agonie, bien plus mordant qu’un croc de truie, bien plus retors qu’une mafia déterminée…C’est cela, et bien plus…Tous les ingrédients d’une bonne recette étaient là, pour que je sois accro à ses lignes, aussi affamée que Lissy, et c’est sans doute dans un accès de folie, que je vous avoue, avec une voix très insistante, avoir eu, un coup de cœur pour Au coeur de la Folie

« Si on est vivant, c’est grâce au destin. Or on ne crache pas au visage du destin. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Clémence ainsi que les éditions Denoel pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture captivante!

 

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D’ombre et de silence, Karine Giebel.

Couverture D'ombre et de silence


Synopsis:

Écrire une nouvelle, c’est tenter, en quelques lignes, de donner vie à un personnage, de faire passer au lecteur autant d’émotions qu’en plusieurs centaines de pages.
C’est en cela que la nouvelle est un genre littéraire exigeant, difficile et passionnant. » Karine Giebel 

Si les romans de Karine Giebel sont parmi les plus lus en France et ont fait le tour du monde, celle-ci excelle depuis quelques années dans un genre tout aussi exigeant : la nouvelle, où elle condense en quelques pages seulement toute la force de ses romans. D’OMBRE ET DE SILENCE réunit neuf textes, dont certains sont inédits et d’autres restés jusqu’à aujourd’hui très confidentiels. Voici l’occasion de la (re)découvrir intensément, grâce à ce recueil de nouvelles noires, humaines, engagées…


Ce que j’ai ressenti :

Il faut toujours une part de lumière pour voir mieux les ombres et c’est dans les silences, que les ténèbres emportent les étincelles de vie…Lire ces nouvelles de Karine Giebel, c’est toucher du doigt, le Noir. Sauf qu’évidemment, la fiction rend toujours compte de l’effroyable réalité que si, c’est si noir, c’est d’autant plus effrayant que ce sont des sujets d’actualités très sensibles…Une réalité où la violence peut prendre différentes formes, différents visages: les liens du sang sont troublés, les haines vivaces, les meurtres inévitables…

En deux mots, voilà ce qui vous attend…

  • Aleyna: Famille/Violence.
  • Aurore: Fratrie/Suicide
  • Ce que les blessures laissent au fond des yeux: Mères/Enfer.
  • J’ai appris le silence : Innocence/ Indifférence.
  • L’été se meurt: Admirateur/Folie.
  • L’homme en noir: Enfant/ Déni.
  • L’intérieur: Femme/ Emprise.
  • Le Printemps de Juliette: Amour/ Euthanasie.

8 nouvelles, et autant de coups de poings renversants, une vraie raclée qui se joue en pages et en mots, pour mieux nous atteindre. Et la reine du noir, Karine Giebel a concocté quelques échantillons de clair/obscur, des situations qui basculent, des scènes déchirantes pour que nous prenions conscience des difficultés qu’il y a en ce monde: à être femme au milieu des hommes, à être fragile face à des brutes, à être démuni au sein du chaos. Tellement de chemins à parcourir encore dans les mentalités alors il faut bien des textes chocs pour éveiller les esprits…

D’habitude, avec les nouvelles j’ai un peu plus de mal, mais cette auteure a réussi à me surprendre, et c’est heureux parce que je tenais à connaître mieux les écrits de cette dame que j’ai eu le plaisir de rencontrer sur un salon: elle m’a laissé une impression, si douce…

Ce format là, exige un choix de mots « impacts » et elle le fait avec brio, Karine Giebel. Je ne regrette qu’une infime chose, c’est que j’avais déjà lu certaines de ses nouvelles (dans les recueils 13 à table! au profit des Restaurants du cœur édité par les éditions Pocket que j’ai plaisir à m’offrir chaque année) donc l’effet de surprise a été moins intense, mais cela ne change pas la qualité des textes et, au moins je les retrouverai enfin dans un recueil entièrement dédié à son talent de nouvelliste!

D’ombre et de Silence frôle quelques ténèbres et des folies contemporaines et réussi son petit effet « Frissons »…8 fois…

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements :

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket pour l’envoi de ce livre! Ce fut une agréable découverte .

Seule dans Raqqa, Hala Kodmani

Couverture Seule dans Raqqa


Synopsis: 

Syrie, 2011. Prise en étau entre les exactions d’un dictateur et la barbarie de l’État islamique, Raqqa souffre en silence. Sur Facebook, pourtant, une jeune femme prend la plume. C’est une résistante, une intellectuelle, une amoureuse. Elle raconte l’enfer d’un peuple, son quotidien de combats, de terreurs – son espoir aussi. Le symbole d’une ville, d’un pays tout entier. Antigone moderne, elle en partagera le destin : dénoncée en 2015, elle mourra exécutée dans les geôles de Daech.
Journal de bord et testament, Seule dans Raqqa est plus qu’un témoignage : un chant de liberté.

« Un témoignage digne de celui d’Anne Franck. » Daniel Cohn-Bendit – Europe 1
« Un livre bouleversant ! Lisez-le ! » Nicolas Demorand – France Inter
« Un témoignage poignant, entre espoir et désillusion, sur lequel Hala Kodmani a su poser les mots justes. » Delphine Minoui – Le Figaro


Ce que j’ai ressenti:

  • Un livre bouleversant…

Seule dans Raqqa. Seule avec un journal intime 2.0, seule avec Facebook comme fenêtre ouverte sur le monde, seule à chroniquer sur un enfer actuel. Difficile de poser les mots sur une telle lecture, parce qu’en fait il y aurait tant à dire, et en même temps si peu, parce que tout cela se passe, au delà des mots…Et pourtant, Nissan Ibrahim, se dévoile sur la toile, en étant aussi révoltée que douce, maladroite et avisée, engagée et prostrée, dans ce nouvel outil qui lui permet de parler de la situation intolérable de Raqqa: Facebook devient alors sa bouteille jetée à la mer, Facebook sera le témoin de son envie de liberté… Une jeune femme qui aiguise sa pensée, au fur et à mesure, que l’obscurantisme prend de l’ampleur…Édifiant!

  • Dans l’air du temps…

Hala Kodmani tisse, autour des posts de Nissan Ibrahim, tout un contexte politique et social, qui rendent compte des revirements des rues de Raqqa, en Syrie. C’est un témoignage en deux temps, puisque cette journaliste retrace le parcours de cette jeune femme, professeur de philosophie, qui lutte pour l’idée de LIBERTE. Mais il reste tout de même, une part de mystère, un voile sous les voiles noirs, des mots encore à décrypter, parce que Nissan est volontairement restée dans un anonymat « sécuritaire »…Pourtant, en une centaine de pages, qu’il est puissant, le choc de ses mots…C’est d’autant plus choquant, que c’est maintenant que ça se passe, maintenant, et sous le joug de la dictature…En 2015, que les messages de Nissan ont été stoppés nets. La démarche de Hala Kodmani s’inscrit dans un souci d’éveil, pour le reste du monde, de la souffrance d’une ville sous l’emprise de la barbarie. Raqqa blessée et Seule dans Raqqa: Un hommage tout en émotions.

…A la merci des loups noirs.

Nissan Ibrahim est à mon avis, une jeune femme admirable, un symbole d’une jeunesse audacieuse. Souffrant du syndrome de la chèvre de Mr Seguin, se jetant dans la gueule du loup, après avoir lutté toute la nuit, enivrée qu’elle était de liberté, Nissam a donné cet espoir, à travers ces chroniques intimement passionnées…Dans ses derniers posts, on sent bien qu’elle est consciente de se sacrifier pour cette idée, elle provoque même ses loups affamés…Et, eux, bien sûr, se sont empressés de la dévorer, à l’aurore…Il nous reste, tout de même, son courage à admirer et ce livre à lire et à recommander…Indispensable!

 

Ma note Plaisir de Lecture  INDISPENSABLE !

 

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Emmanuelle pour son conseil de lecture. Elle nous l’a tellement bien recommandée qu’il était franchement impossible de passer à côté, de cette lecture indispensable. Je remercie toute la Team des  éditions Pocket pour l’envoi de ce livre!

 

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On la trouvait plutôt jolie, Michel Bussi.

 


Synopsis: 

On la trouvait plutôt jolie, Leyli. Tout charme et tout sourire. Leyli Maal fait le ménage dans les hôtels à Port-de-Bouc, près de Marseille. Malienne, mère célibataire de trois enfants, Bamby, 21 ans, Alpha, 17 ans, Tidiane, 10 ans, Leyli nourrit un rêve immense et cache un grand secret. Leyli raconte sa vie à qui veut bien l’écouter, mais peut-elle avouer toute la vérité ? Peut-elle empêcher ses enfants de dévoiler ce qu’elle a caché ? Une vengeance ? Un trésor ? Un père ? François Valioni travaille pour une importante association d’aide aux migrants à Port-de-Bouc. Il est retrouvé au petit matin assassiné dans un hôtel. Dans sa poche, un bracelet de couleur et six coquillages. Julo Flores est un jeune lieutenant de police zélé, hyperconnecté. Méfiant envers son commandant et un peu trop sentimental, il ne peut pas croire que Bamby Maal, que tout accuse, soit la coupable. Surtout lorsque survient un second crime. En quatre jours et trois nuits, du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, Michel Bussi nous offre un suspense de haut vol, dans lequel, comme toujours, priment l’humain, l’émotion, l’universel. Jusqu’au stupéfiant twist final.


Ce que j’ai ressenti:

 

  • Et par temps de mistral…

Dans son anémogamie, les bourrasques de vent pourrait bien vous souffler aussi, le récit de Leyli,  l’odeur sucrée de sa peau, la sueur de ses heures de travail, le sel de ses larmes, et le sang de ses rêves évanouis…On la trouvait plutôt jolie, Leyli, mais si on écoute dans les langueurs océanes de la ville de Port-de-Bouc, on pourrait aussi entendre le cri désespéré d’une chouette et les derniers souffles des migrants qui se noient, dans la Méditerranée… Michel Bussi nous offre une poignée de destins qui crissent, comme l’écho des frottements des cauris, et,  il nous fait tenir dans nos mains, près de 500 pages, d’un thriller aux embruns humanistes…

« La poussière se pose plus vite sur nos cœurs que sur les meubles. »

  • Les jours et les nuits se délitent…

On la trouvait plutôt jolie notre paire de lunettes…Mais est-il certain que cela nous cachera la réalité affreuse? Ou encore, nous protégera-t-elle de l’éclat lumineux de nos rêves éveillés? Il y a dans ses pages, un antagonisme fort qui se dispute nos élans du coeur…Les jours sont de sang et les nuits d’ancre, mais la souffrance n’a pas de frontières, elle n’a pas de limites elle se fout bien de vos lignes imaginaires… Elle prend juste différentes couleurs, différents courants, toujours de tragiques chemins qui floutent les regards de ces champions…Et la lumière aveuglante du soleil du désert se frotte à l’obscurité des rues grises de la ville pour déstructurer toutes les attentes…Repères et remous émotionnels dans le tourment des tempêtes, une famille au centre: Leyli, Bamby, Alpha, Tidiane.

« Tu comprends, Bamby, on veut juste notre part de rêve! »

  • …Le sortilège est lancé.

Michel Bussi a le charmant pouvoir de nous surprendre à chaque thriller, dans un dernier twist. C’est son petit tour de magie:  on le trouvait plutôt talentueux, Monsieur Bussi, et il confirme tous ses effets…Je suis, bien sûr attentive à cette connivence de final qu’il a su installer avec ses lecteurs, mais, si j’ai adoré cette lecture, c’est avant tout pour son impact humain. La famille, les secrets bien gardés, les trésors enfouis, l’épopée des migrants, c’est toute une recette d’ingrédients qui a su me toucher, d’une bien chouette manière…

« C’est une sensation étrange, croyez moi, de voir ainsi le monde partir dans le néant, basculer, disparaître alors que vous, vous allez rester. »

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier encore l’équipe formidable du Gang Pocket, pour cette belle soirée et cette  très jolie lecture!

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pocket

Les illusions, Jane Robins.

Couverture Les Illusions


Synopsis: 

Jusqu’où peut-on s’immiscer dans la vie de ses proches ?

Callie a toujours vécu dans l’ombre de sa sœur, Tilda, à qui tout réussit. Celle-ci est actrice et forme un couple heureux avec Felix, un riche banquier, alors que Callie vit seule et végète dans la librairie où elle travaille. Si elle admire toujours autant sa sœur, elle ne peut néanmoins s’empêcher de penser que quelque chose se cache sous ce vernis de perfection. Tilda ne serait-elle pas sous l’emprise de Felix, dont les comportements obsessionnels sont de plus en plus inquiétants ? Ou bien Callie se fait-elle des illusions ? N’est-ce pas plutôt elle qui a un problème avec la réussite de Tilda ? Lorsque Felix décède d’une crise cardiaque, les relations entre les deux sœurs prennent un tour complètement inattendu.

La jalousie, la culpabilité, le remords… dans ce roman au suspense hitchcockien, Jane Robins joue sur tous les registres des liens familiaux. D’une étonnante acuité psychologique, elle dessine des personnages à l’humanité poignante, jusque dans leurs failles et leurs excès, pris dans une intrigue où il est impossible jusqu’à la fin de démêler le vrai du faux.


Ce que j’ai ressenti:

  • Illusions d’enfance…

Callie et Tilda sont deux sœurs jumelles avec une relation fusionnelle…Avec tout ce que cela implique…Un lien tellement fort, tellement intense qui est à la limite de la normalité. L’amour les unit, l’admiration les déchire. Des flash-back disséminés dans ce thriller redoutable, viennent ajouter des touches de frissons désagréables, mais impossible de saisir réellement quelque chose…Tout nous échappe, les souvenirs, les actes déraisonnables…Vent de folie, vent d’adoration, leur fratrie est une bourrasque détonante…

Et puis, entre dans la ronde des sœurs: Félix.

« -Non, petite soeur. Bien sûr que non. Tu es une prolongation de moi-même…Tu le sais bien. »

  • Illusions de couple…

Tilda et Felix ont tout pour eux. Amour Gloire et Beauté. Tellement ressemblants. Tellement lumineux. Attirant tous les regards. Alors forcément, la soeur un peu « collante », Callie, il faut qu’elle laisse place au nouvel amour de sa trop belle jumelle, Tilda…Mais Suspicion vient se glisser dans l’équation, grignotant petit à petit, les ententes, doucement s’immiscer dans chaque rencontre, fracturant le vernis de façade de tout un chacun…Et cela fait des crics et des cracks. Ça raconte beaucoup de cracks, ça explore des forums douteux… Mais le mot Mariage est prononcé…Tilda et Félix vivent un amour passionnel, n’en déplaise aux rumeurs….

Et puis, entre dans la ronde des amoureux: Fatalité.

« Je suis la presque mort, le précurseur de la mort, et je lui dis de la fermer. »

  • Les illusions, ou le thriller rondement mené!

C’est terriblement bien orchestré. Tu fermes le livre, et tu dis « Elle est douée, cette Jane Robins ». Premier roman et déjà, une réussite! C’est avec beaucoup d’appréhension que je tente d’en parler sans rien dévoiler, car c’est toujours à un détail que se joue souvent tout l’édifice d’un thriller psychologique. Il y a des mots-clefs que je pourrai évoquer, mais cela serait tellement dommage…

En revanche, je peux vous dire que j’ai été bluffée, dérangée, étonnée, fortement surprise…Les thèmes sont actuels, avec toute la nouvelle donne de l’Internet et ses petits lieux de rencontres privées, les nouvelles névroses dû à ce nouvel environnement surexposé: toujours à un clic du basculement, à un clic du drame, à un clic de l’irresponsabilité. Un écran toujours plus présent, toujours plus intrusif, et de là, viennent toutes les failles des illusions…C’est passionnant et très édifiant.

Je vous laisse d’ailleurs méditer sur les mots de notre héroïne resplendissante Tilda, ou même noter dans votre dossier:

« -C’est sur Internet que les tarés se retrouvent. »p18 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre. Merci de leur confiance!

La fille du cryptographe, Pablo de Santis.


Synopsis: 

Miguel Dorey est atteint d’un défaut d’audition qui l’amène à mettre en doute la réalité de ce qu’il entend. Il est obsédé par les langages secrets des civilisations oubliées tout autant que par les codes de l’espionnage. Avec ses camarades du cours du professeur Colina Ross, il fonde un Cercle des cryptographes qui gagne une petite réputation internationale. 
L’agitation étudiante de 1968 va permettre à Miguel de rencontrer Eleonora, une jeune fille pleine de secrets. Mais l’instauration de la dictature dans les années 70 et l’irruption de Victor Crámer, un vieil ennemi du professeur, transforment le paisible Cercle en une organisation proche de la lutte armée qui finira par tomber aux mains des militaires. 
Emprisonnés, isolés du monde, les étudiants sont chargés de déchiffrer tous les écrits confisqués par l’armée, et Miguel découvre des secrets qu’il doit cacher. 
Pour la première fois Pablo de Santis crée un monde ancré dans une époque historique, bien réelle, où son héros lunaire finit par agir sur la vraie vie. Une trame solide et dense nous raconte de façon magistrale le climat sombre, les amours complexes de Miguel et Eleonora, la rivalité, le soupçon et la délation.


Ce que j’ai ressenti:

 

  • Fallait-il être sourd pour entendre les secrets?

Doté d’un don, plus qu’un handicap, Miguel Dorey est un passionné de cryptologie, tellement obnubilé par les mondes enfouis, les mots perdus, les messages cachés, qu’il prend la décision de créer un groupe, Le Cercle des Cryptographes. Un cercle d’intellectuels où les rivalités font rage, où les secrets font et défont l’énergie de cohésion. Et en plus, la beauté et le mystère de La fille du cryptographe vont emmener les membres les plus investis sur des chemins de traverse obscurs…Entre amitiés opportunistes et jalousies dissimulées, la magie des secrets n’aura jamais autant briller…

« La cryptographie nous intéresse parce que nous ne savons pas ce que pensent ceux qui nous entourent et parce que souvent nous ne savons pas ce que nous même nous pensons. »

  • Fallait-il être fasciné pour s’y entendre en cryptographie?

Chercher les lettres, deviner les mots, inventer les codes…Une activité qui peut susciter tellement de convoitise en temps trouble…Pablo de Santis nous embarque en Argentine, aux frontières d’une dictature et d’une révolution naissante, et place son petit groupe de passionnés au centre de toutes les attentions. Des services secrets à la politique, ils veulent tous exploiter, leurs talents…Mais jusqu’où peut-on aller en temps de crise? Et les décryptages ont-ils la même valeur? Jusqu’à quel point un secret peut t-il hanter? Autant de questions, qui laissera à Miguel, un curieux goût de sel…

(…) mais la vie est si prolixe et si changeante que ce qui n’était pas continûment présent s’évaporait dans l’air.

  • Fallait-il être subjugué pour adorer La fille du cryptographe? 

Ceci est une lecture des plus intéressantes, une lecture qu’il faut apprécier, lire et relire pour en saisir toute la symbolique cachée. Prendre des notes, relever toutes les citations, faire des recherches personnelles sur le contexte, se laisser prendre aux jeux des secrets, cela fait deux semaines, que je l’ai fini, et  je n’arrivais pas à quitter cet univers, pour justement en saisir toute l’essence…Tellement riche qu’une première lecture ne peut suffire, il faut extraire le sens premier pour deviner la portée, plus intense, de cette intrigue…C’est rare quand un livre fait ce genre d’impression forte…Alors, j’ai apprécié ce moment…Subjuguée, par l’évanescence de La fille du cryptographe.

Il n’y a pas de message secret dans cette affirmation: Initiez-vous à la cryptographie, lisez cette nouveauté Metailié!

« La folie, c’est poursuivre dans le temps ce qui n’a plus la moindre suite. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Camille ainsi que les éditions Métailié pour l’envoi de ce livre!

 

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Nirliit, Julianna Léveillé-Trudel

Couverture Nirliit


Synopsis: 

Une jeune femme du Sud qui, comme les oies, fait souvent le voyage jusqu’à Salluit, parle à Eva, son amie du Nord disparue, dont le corps est dans l’eau du fjord et l’esprit, partout. Le Nord est dur – «il y a de l’amour violent entre les murs de ces maisons presque identiques» – et la missionnaire aventurière se demande «comment on fait pour guérir son cœur». Elle s’active, s’occupe des enfants qui peuplent ses journées, donne une voix aux petites filles inuites et raconte aussi à Eva ce qu’il advient de son fils Elijah, parce qu’il y a forcément une continuité, une descendance, après la passion, puis la mort. Juliana Léveillé-Trudel livre un récit d’amour et d’amitié beau et rude comme la toundra. Nirliit partage la « beauté en forme de coup de poing dans le ventre » qu’exhale le Nord.


Ce que j’ai ressenti:

  • Jour et Nuit en peuple Inuit…

Eva est au centre du récit. Vivante et absente à la fois. Au cœur d’un peuple en souffrance et fantôme d’amitié. Incarnation d’un visage Inuit et disparition d’une culture ancestrale. Eva, jeune fille aimante…

Elijah est au centre des commérages. Père ou amant, qui saura vraiment? Au coeur de la vie et des tourments d’amour. Témoin de la vie et Effacement devant la peine. Elijah, future descendance…

Deux façons d’appréhender la vie du côté Nord, entre anthropologie et intimité des coeurs, nous voyageons jusqu’à Salluit. Là où la nuit ne vient pas, là où le froid rythme le quotidien, là où la toundra donne ses présents…

Julianna Léveillé-Trudel met beaucoup de coeur et de mystère dans son écriture, une sincérité désarmante, pour que l’on puisse ressentir toutes les qualités et les contradictions de cette population, entre la richesse des mots empruntés à la langue Inuit, l’Anglais et le Québécois, nous avons un joli panel qui nous emmène, tout simplement, en Evasion. Qu’il est doux de partir à l’autre bout du monde, de lire d’autres paysages éblouissants, de connaître d’autres mœurs…

« Vas-y, frappe, c’est rien à côté de ce que j’ai enduré. » 

  • Un coeur qui s’arrête et des oies qui s’envolent…

Je suis trop sensible, et ça me joue des tours…Des tours de sang, des loopings au coeur, des vertiges au corps…Il est difficile de lire que toute une jeunesse est désenchantée, que leur avenir se fracasse sur la violence, la drogue et l’alcool…Les seuls dérivatifs qu’on leur a proposé à leur culture, après leur avoir volé leurs terres…Du vent et de la superficialité contre la richesse de leur enseignement face à un climat rude…De la frivolité contre le froid.

J’ai trouvé Juliana Léveillé-Trudel avait une écriture incisive mais aussi une immense douceur…Un curieux mélange entre dénonciation et fascination. C’est un cri de détresse, un ultime cri d’amour et de déchirement pour que l’on prenne conscience au delà des frontières, d’une réalité brute. Et pourtant, au delà de la rudesse, il y a aussi de la tendresse, pour décrire l’enchantement qu’elle ressent à faire ses allers-retours en terre froide…Nirliit, où le vol au dessus des fjords…

« Tout le monde veut toujours entendre le sordide, le scandaleux, le juteux, le violent, le troublant. »

  • Ulluriaq is born…

J’ai mis du temps à écrire cette chronique, parce que l’impact de cette lecture a été plus intense que l’on aurait pu le croire…175 pages, et un coeur en miettes, c’est le résultat de ce bouleversement…Je suis à la fois révoltée et remplie d’une douceur protectrice envers ces enfants, ceux du village, ceux qui appartiennent à tout le monde, mais que personne ne protège…Tellement de peine à voir le sort de ses jeunes filles, tellement de mal à réaliser que, encore de nos jours, de telles pratiques soient commises…J’avais une appréhension à les quitter à leur triste sort…Mais, si vous découvrez cette histoire, il se peut aussi, que la glace réchauffe vos sangs…En tout cas, Julianna Léveillé-Trudel a captivée mon attention avec ce premier roman…

J’ai ressenti une myriade d’émotions, j’espère vous en avoir fait passer quelques unes, pour que vous preniez un envol prochain pour Salluit…

« Je manque toi » Eva, et je t’admire Nirliit, petit étoile mauve de cette rentrée littéraire…

 

« (…), mais peut-on empêcher un cœur d’aimer? »

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Sylvie Pereira ainsi que les éditions La Peuplade pour l’envoi de ce livre.

 

 

 

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Manuel de survie à l’usage des jeunes filles, Mick Kitson


Synopsis: 

Que font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville ?

Sal a préparé leur fuite pendant plus d’un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube. Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite sœur.

Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l’odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette sœur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins.

Un premier roman passionnant et tendre, qui parle de survie, de rédemption, et des vertus régénérantes de la nature. Une vraie réussite.


Ce que j’ai ressenti:

  • Des jeunes filles attendrissantes…

En plein coeur des Highlands, il se peut que vous entendiez une réminiscence d’écho de rires de jeunes filles, parce qu’une fois, que vous aurez découvert cette lecture, il est quasi certain que ces deux personnages vont continuer de hanter vos esprits. Elle s’appelle Sal, Salmarina Brown, elle a treize ans et un caractère bien trempé doublé d’une intelligence supérieure à la moyenne. C’est la grande soeur de Peppa, Paula Brown, dix ans, avec peut être un caractère encore plus pétillant et une langue bien pendue aux accents impétueux. Deux gamines, vivant au milieu des bois, à l’assaut de leurs aventures et qui tente de survivre dans le froid…Parce que la vie ne les a pas épargnées, elles se retrouvent à fuir leur quotidien cauchemardesque, mais elles n’ont rien perdu de leur malice. Alors on les regarde, ses deux enfants, avec de la tendresse au fond des yeux…

« Tu es magique Sal. »p168

« On n’oublie pas Peppa. » p217

  • …Mais qui, ne s’en laisse pas conter…

Mick Kitson a réussi à créer deux fillettes éblouissantes, sans doute pour illuminer le cadre bien noir dans lequel, elles évoluent entre violence et alcoolisme. Derrière les enfantillages, il y a une réalité difficile à vivre, à encaisser, à comprendre. Sal prend les rennes de sa vie et le destin de sa petite soeur, et devient une petite guerrière, débrouillarde et alerte, pour préserver ce qu’il leur reste d’innocence….Quand peu à peu, on découvre leur environnement familial, nos cœurs se serrent…Pourtant, à force de vidéos instructives, de lectures évasion et de respect envers la nature, le moment si délicat du passage de l’enfance à l’âge adulte se passe tout en douceur, presque sans fêlure irréversible…Elles sont fortes Sal-N-Peppa , avec un couteau et un Manuel de survie, elles trouvent la force intérieure de se construire un nouvel abri, un nouvel avenir, un petit éden…

« Et je croyais que ça marcherait parce que quand on croit que quelque chose va se produire alors ça se produit donc il faut faire attention à ce qu’on croit qu’il va se produire. »

  • …Bien cachées, au fin fond des bois…

J’ai particulièrement aimé que l’histoire se déroule en forêt et apprécié, que l’auteur ai saisi tout l’émerveillement des enfants devant la nature:  leur curiosité exacerbée par la faune et la flore en perpétuel mouvement, la force de leurs silences face à l’immensité, leurs colères éphémères devant les accrocs imprévus, l’amour naissant pour la Déesse Mère…Mick Kitson explore à sa manière et avec beaucoup de sensibilité, le Nature Writing dans son premier roman, et c’est plutôt époustouflant!

« En fait l’ensemble de la nature est la Déesse Mère elle-même et c’est elle qui crée et qui soigne toute forme de vie. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Camille et les éditions Metailié pour l’envoi de ce livre. Ce fut une bien jolie lecture.

 

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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