D’ombre et de silence, Karine Giebel.

Couverture D'ombre et de silence


Synopsis:

Écrire une nouvelle, c’est tenter, en quelques lignes, de donner vie à un personnage, de faire passer au lecteur autant d’émotions qu’en plusieurs centaines de pages.
C’est en cela que la nouvelle est un genre littéraire exigeant, difficile et passionnant. » Karine Giebel 

Si les romans de Karine Giebel sont parmi les plus lus en France et ont fait le tour du monde, celle-ci excelle depuis quelques années dans un genre tout aussi exigeant : la nouvelle, où elle condense en quelques pages seulement toute la force de ses romans. D’OMBRE ET DE SILENCE réunit neuf textes, dont certains sont inédits et d’autres restés jusqu’à aujourd’hui très confidentiels. Voici l’occasion de la (re)découvrir intensément, grâce à ce recueil de nouvelles noires, humaines, engagées…


Ce que j’ai ressenti :

Il faut toujours une part de lumière pour voir mieux les ombres et c’est dans les silences, que les ténèbres emportent les étincelles de vie…Lire ces nouvelles de Karine Giebel, c’est toucher du doigt, le Noir. Sauf qu’évidemment, la fiction rend toujours compte de l’effroyable réalité que si, c’est si noir, c’est d’autant plus effrayant que ce sont des sujets d’actualités très sensibles…Une réalité où la violence peut prendre différentes formes, différents visages: les liens du sang sont troublés, les haines vivaces, les meurtres inévitables…

En deux mots, voilà ce qui vous attend…

  • Aleyna: Famille/Violence.
  • Aurore: Fratrie/Suicide
  • Ce que les blessures laissent au fond des yeux: Mères/Enfer.
  • J’ai appris le silence : Innocence/ Indifférence.
  • L’été se meurt: Admirateur/Folie.
  • L’homme en noir: Enfant/ Déni.
  • L’intérieur: Femme/ Emprise.
  • Le Printemps de Juliette: Amour/ Euthanasie.

8 nouvelles, et autant de coups de poings renversants, une vraie raclée qui se joue en pages et en mots, pour mieux nous atteindre. Et la reine du noir, Karine Giebel a concocté quelques échantillons de clair/obscur, des situations qui basculent, des scènes déchirantes pour que nous prenions conscience des difficultés qu’il y a en ce monde: à être femme au milieu des hommes, à être fragile face à des brutes, à être démuni au sein du chaos. Tellement de chemins à parcourir encore dans les mentalités alors il faut bien des textes chocs pour éveiller les esprits…

D’habitude, avec les nouvelles j’ai un peu plus de mal, mais cette auteure a réussi à me surprendre, et c’est heureux parce que je tenais à connaître mieux les écrits de cette dame que j’ai eu le plaisir de rencontrer sur un salon: elle m’a laissé une impression, si douce…

Ce format là, exige un choix de mots « impacts » et elle le fait avec brio, Karine Giebel. Je ne regrette qu’une infime chose, c’est que j’avais déjà lu certaines de ses nouvelles (dans les recueils 13 à table! au profit des Restaurants du cœur édité par les éditions Pocket que j’ai plaisir à m’offrir chaque année) donc l’effet de surprise a été moins intense, mais cela ne change pas la qualité des textes et, au moins je les retrouverai enfin dans un recueil entièrement dédié à son talent de nouvelliste!

D’ombre et de Silence frôle quelques ténèbres et des folies contemporaines et réussi son petit effet « Frissons »…8 fois…

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements :

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket pour l’envoi de ce livre! Ce fut une agréable découverte .

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Les perséides, Robert Charles Wilson.

Couverture Les perséides

Pourquoi je l’ai choisi:

Grâce aux bons conseils de Yvan, Robert Charles Wilson est devenu un auteur que j’adore particulièrement. Forcément, quand j’ai vu cette proposition de lecture dans le cadre du Club de l’Imaginaire Folio SF, je n’ai pas hésité un seul instant, ne tenant même pas compte du résumé, tellement je fais confiance à son talent! Je remercie d’ailleurs très chaleureusement les éditions Folio de leur confiance!

Synopsis:

Toronto. Cité pluriethnique où l’on peut croiser des centaines de personnes tout en restant terriblement seul. Ville tentaculaire que l’on sillonne chaque nuit en faisant de nouvelles découvertes et où l’indicible n’est jamais très loin. 
Au cœur de cette métropole se niche une petite librairie plutôt étrange : Finders. Vous y trouverez sans aucun doute les livres que vous cherchiez depuis toujours et aussi, qui sait?, certains que vous n’imaginiez même pas. Porte ouverte sur des mondes qui n’existent pas, ou pas encore, Finders est un endroit à nul autre pareil. Poussez la porte, si vous l’osez… 

Avec ce recueil de neuf nouvelles liées plus ou moins étroitement les unes aux autres, Robert Charles Wilson nous offre une œuvre très personnelle, ancrée dans le réel et pourtant véritable déclaration d’amour à la science-fiction, laboratoire de tous les possibles.

Ce que j’ai ressenti:…Elargir son horizon étoilé des possibles…

« L’univers mesure-t-il l’intention? »

Neufs nouvelles pour mieux appréhender la science-fiction, et le chemin des étoiles pour aller s’y perdre, avec la jolie plume de Robert Charles Wilson…Inutile de dire que ce livre, j’étais très impatiente de le commencer, car depuis que j’ai découvert cet auteur, je me régale de son imagination foisonnante, je suis admirative des mondes qu’il ouvre à ses lecteurs, et de la portée de ses écrits pour notre perception de la vie. Même le livre refermé, il me reste encore une impression très forte d’avoir confronté mon imaginaire au néant, de lui avoir laissé une chance de rentrer dans un quotidien toujours plus prenant…Étourdissant comme sensation…

« Est-ce que c’est l’univers qui se dilate ou l’observateur qui rétrécit?  » 

Lire des nouvelles est assez exceptionnel chez moi, mais quand c’est un auteur chouchou tel que RC Wilson, je fonce les yeux fermés, et bien sûr, la magie a encore opérée…Il arrive à me transporter à chaque fois, dans un espace parallèle de pure science-fiction avec une pointe de fantastique qui fait de ce moment, une boucle de plaisir de lecture…J’aime sa façon d’exploiter l’étrange, de décrire l’humain dans ses incroyables contradictions, de passer toutes les frontières pour mieux apprendre de notre monde…De l’infiniment grand à l’infiniment petit, des paradoxes possibles et impossibles, avec une finesse d’écriture, il nous réinvente Les Perséides, dans une pluie de mots étincelantes…

« Au bout d’un moment, on apprend à en tirer réconfort. Si nous ne sommes rien, alors il n’y a rien dont avoir peur. Nous n’intéressons pas les étoiles. »

Une ville et une librairie comme point d’ancrage de cette série d’histoires toutes plus intéressantes les unes que les autres, car elle ouvre sur les champs des possibles intangibles, des probabilités anticipées dérangeante, voir même effrayantes. Un envol direct pour l’infini et au delà, avec des théories opaques qui prennent vie dans ses pages. Ce recueil de nouvelles est une plongée vertigineuse dans les rues de Toronto et ses recoins sombres et des portes de mots qui s’ouvrent sur des mondes insoupçonnés qui laisse des traces de vaporeuses angoisses dans nos nuits blanches. On en ressort forcément troublé, car derrière ses petits textes, se cachent les grandes questions existentielles, quand nous tournons notre regard vers le ciel étoilé…

« Les gens de la ville ne comprennent pas. En agglomération, le ciel est gris, vierge comme une ardoise et légèrement lumineux : on dirait un feu d’ordures qui couve. Les quelques corps célestes qu’on parvient à voir briller malgré la pollution sont à peu près aussi excitant qu’un poisson échoué sur la plage. Mais en s’éloignant suffisamment de la ville, on voit encore le ciel de la même manière que nos ancêtres, comme un abîme au-delà du bout du monde dans lequel les étoiles évoluent, aussi implacables et inabordables que les âmes des morts d’antan. »

J’ai bien entendu mes préférences en termes de textes qui m’ont plus touchée que d’autres, (comme La ville dans la ville et L’observatrice) , mais j’ai été agréablement surprise de la cohérence de ce recueil qui propose toujours une ligne conductrice entres ses nouvelles, même infime, dont l’incroyable fascination pour la librairie Finders…Robert Charles Wilson se plaît à prendre carrément l’univers comme espace de jeu, avec toutes les propositions originales ou frissonnantes qui peuvent nous atteindre, pour nous donner quelques matières à penser, lors de nos ballades nocturnes, au clair de lune.

« Au bout d’un moment, on apprend à en tirer réconfort. Si nous ne sommes rien, alors il n’y a rien dont avoir peur. Nous n’intéressons pas les étoiles. »

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

 

 

Fées dans la ville, Collectif

Couverture Fées dans la ville

Pourquoi je l’ai choisi:

Rien que ce titre, il est intriguant, et laisse présager une sympathique revisite du mythe ailé!

Synopsis:

Cachées dans les gouttières, les pots de fleurs, les lézardes des murs… les fées partagent discrètement avec nous les villes, tantôt ravies, tantôt désespérées de l’agitation des hommes. rnrnHuit auteurs ont parcouru les rues pavées pour les débusquer, elles et leurs compagnons du petit peuple.Un recueil de fantasy urbaine, dans l’imaginaire des cités.

Ce que j’ai ressenti:

Les fées se nourriraient-elles de la poésie de la nuit urbaine, du gris métallique des pavés, de ces moments de solitude extatique que seuls les citadins connaissent, de cette impression d’infini dans des rues aux immeubles tellement hauts qu’il faut trouver des buttes pour voir le ciel? (Anne Fakhouri ).

Enfin, j’ai trouvé un recueil de nouvelles qui m’a enthousiasmée, charmée, émue! Enfin….Et bien dis donc, c’est pas trop tôt!!!!! Souvent, je reste sur ma faim avec les nouvelles, car leur format très court, m’empêche de ressentir pleinement les émotions: ici ce n’est pas le cas! Je vais le garder bien précieusement, et me dire que j’ai bien fait de poursuivre dans ce genre de lectures!

Parce qu’il est complètement décalé, et hautement inspiré, parce que les fées qu’on trouve ici, sont inattendues, et surtout parce que cette réunion d’auteurs de talents sont regroupés dans cette anthologie, la magie opère…

J’ai aimé l’originalité de ses textes, leurs forces, leurs engagements. Les fées dans la ville, ont leur pouvoir certain, n’en doutez plus, même entourée de grisaille, elles savent faire naitre un petit coté enchanteur. Le gros point positif de cette lecture, c’est leur touche vivante de contemporain, on se prend en pleine poire nos problèmes de sociétés, on souffre de voir dans l’intelligence de ces écrits, les dangers criants d’aujourd’hui…

  • Magie Verte, Jack Vance, nous emmène dans un monde parallèle où l’intelligence et le savoir sont infinis. Cette plongée ne se fera pas sans conséquence, mais cette virée, pourrait être plus enrichissante et au delà même de ce qu’un humain peut supporter…
  • Le Mur des Lilas, Tony ‘Nym’ Robillard nous fait prendre conscience que la Magie protège ses portes, même en milieu urbain. Ce n’est pas parce que le macadam l’entoure qu’elle veut y perdre tout son charme!
  • A la croisée, Eric Holstein, c’est souvent aux carrefours, que joue le destin, mais surtout les acteurs de la vie aux dents carnassières.
    —-} J’ai adoré celle ci, car il y a une atmosphère tenace et envoutante, et j’en ai eu les larmes aux yeux sur la fin…
  • Le sceau d’Alphonse, Jeanne-A- Débats nous ouvrira sur un monde de superstitions et de dieux vengeurs, avec pour décor une décharge. Ce mix nous donne un fantastique conte ou magie et urbanisme font un ménage en couches culotte.
    —-}Magique!
  • L’histoire commence à Falloujah, Karim Berrouka, Un Djinn qui apparait au milieu des décombres en temps de guerre. De la noirceur et des cendres nait la poésie et la compassion.
    —-}Superbe!!!!Gros coup de cœur pour celle ci!
  • J’veux un dragon, Olivier Getcher, on est loin des fées, mais pas de la féerie! Ce dragon incroyable né d’un vœu d’une enfant aura une existence un peu spéciale, autant que sa nourriture.
  • La fée du miroir, Marie-Lé Camillle, cette fée là, est loin d’être elfique, et pourtant, elle protège de sa magie, cette petite fille des mauvais filets.
    —-} Dérangeante et triste, mais j’ai aimé l’originalité du texte et sa fée!
  • Fée des râles, Laurent Fetis, une envolée marrante entre fée et poudre.

En bref, je les ai toutes aimé ces nouvelles, mais celles que j’ai commenté après les flèches auront ma préférence dans cette belle anthologie.

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

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Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Charlotte Volper des éditions ActuSF pour l’envoi de ce livre! Merci de leur confiance!

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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