Métro 2035, Dmitry Glukhovsky.


Synopsis:

2035. VDNKh. Artyom, marié à Anna – fille du colonel Melnik –, est retourné vivre dans sa station natale.
Un souvenir l’obsède pourtant, celui de la voix qu’il a entendue sur une radio militaire, deux ans plus tôt, quand il était au sommet de la tour Ostankino avec les stalkers. Aussi, depuis son retour, remonte-t-il quotidiennement à la surface, escalade des gratte-ciel en ruines, pour tenter d’entrer en contact avec d’autres survivants. Tenu pour fou, la risée de certains, Artyom sombre peu à peu jusqu’à ce que l’arrivée d’Homère bouleverse la situation : le vieil homme prétend en effet que des contacts radio ont déjà été établis avec d’autres enclaves. C’est le début d’un nouveau périple dans un métro qui sombre dans la haine et la violence, où l’homme retourne à l’état bestial.


Ce que j’ai ressenti:

« Est-ce que tu veux vivre ou crever? »

Elle effleura le microphone intégré à son casque, le plaça devant ses lèvres et poussa le bouton surmonté d’un voyant lumineux.

-Ici, FairyStelphique. Vous m’entendez? Le métro de Moscou est vivant. Et il n’y fait pas bon vivre dans ces lieux. Je ne sais pas si vous m’aviez entendue avant…Quand je vous parlais de Métro 2033, de Métro 2034. Je suis arrivée au bout de la dernière ligne, celle de Métro 2035. Vous savez cet univers post-apocalyptique crée par Dmitry Glukhovsky. Je ne vous entendiez pas, moi, dans mon petit monde. J’étais au fin fond des tunnels. Dans les ténèbres. A me confronter à mes peurs. Je croyais qu’il n’y avait plus qu’une poignée de survivants avec moi (-Artyom. Homère. Melnik.- Et les 40000 personnes des boyaux moscovites.) Si peu de vivants, en somme. Si peu de perspectives d’avenir. Nous pensions qu’il n’y avait plus personne sur la planète. Nous sommes là…Dieu merci, vous avez survécu! Vous êtes là…

Des enflures avaient installé des brouilleurs. Ici à Fairystelphique. Ils vous ont dissimulés à mes oreilles. Voilà trois tomes que je vis en apnée dans un air vicié, à bouffer des champignons avariés et du faux thé! À crever à petit feu. A ramper comme un cafard dans le métro en n’ayant nulle part où aller. À essayer de donner un peu d’espoir à ces hommes égarés. A les écouter dans leurs tourments. À devenir folle devant divers dangers, Noirs ou Rouges. A me faire mordre par des rats enragés. A esquiver les chemins radioactifs. À faire éclater mon cœur en morceaux pour faire étinceler un peu de lumière. A mourir de faim. Dans l’indifférence de tous.

Et pourtant, nous vous cherchions, nous, sur les ondes, partout, tout le temps. Nous espérions. Comment allez-vous? Comme j’aimerai être chez vous, là où on chante et où on danse…Comment est l’air de votre région?

Voilà près de 2400 pages que je croupis dans le noir. Et que je suis là à en redemander. Complètement addict. À me dire que même dans l’obscurité, dans le béton, je me ferai bien encore une virée dans ce trou infect. Même si je dois y perdre tous mes cheveux parce que j’emprunterai la ligne de la Hanse. Même si je risque de perdre la raison, à force de vouloir remonter à la surface. A me demander inlassablement: qu’est-ce qui fait de nous des humains? À me rendre dingue à essayer de comprendre comment on a pu piéger des hommes sous terre, à leur faire croire à l’inadmissible???! Je suis à deux doigts de craquer, à réfléchir ainsi, sur la vie et la mort, sur les traces qu’il nous faut peut-être laisser avant de partir définitivement. Une seule option alors: vivre sous terre? J’en suis là, complètement addict…Et vous?

On me tuera sans doute pour de telles réflexions dans ce Métro 2035. Mais du temps: je suis vivante. Et être vivant, c’est tout ce qu’on a. Ce qui est important, c’est que vous ne vous fiiez pas aux apparences. N’allez pas mettre les pieds là-bas, sans un masque et une combinaison. Ni allez pas sans vos plus belles valeurs bien accrochées, à votre peau ainsi qu’à vos âmes. Parce que dans le noir, on a bien besoin de lumières. De quelques poètes aussi. J’aiderai Homère s’il le faut, pour son livre. Mais autant que vous soyez prévenus, cette saga est anxiogène, terriblement dangereuse, et frappe nos énergies profondes. Mais c’est aussi un pur moment d’adrénaline.

Je m’appelle Stelphique. Je suis bien réelle. Es-tu là, toi? Tu m’écoutes? Désormais…Désormais, je veux vivre tout simplement. Remonter à la surface et vivre. Comme il se doit. Vivre! Passionnément. Et vous parler de cette trilogie. Vous convaincre de la lire. Entendez-vous?

Elle coupa le micro.

« Qu’ils écoutent par eux-même, maintenant. Qu’ils écoutent parler le monde. »

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Le Livre de Poche Imaginaire de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Jackson Hole, Karel Gaultier


Synopsis:

A 40 ans, Matteo Andreani, surnommé Le Devin pour sa faculté à prédire le cours des marchés, est au faîte de sa gloire. Mais, sitôt nommé président de la Banque Centrale Européenne, des tensions internationales sur le marché de l’énergie précipitent une crise mondiale. Les marchés dégringolent, et l’affrontement entre les Chinois et les Américains fait les beaux jours de la Camorra et des crypto-monnaies. Derrière l’une d’elles se cache d’ailleurs l’énigmatique Tsarina, qui entretient avec Matteo une trouble relation…Dans le plus grand secret, une réunion de la dernière chance se tient à Jackson Hole, Wyoming. Dans ce village perdu des Montagnes Rocheuses, les banquiers ont 48 heures pour sauver l’économie mondiale. Un roman sombre et foisonnant, qui révèle les arcanes du pouvoir économique mondial, animé par la corruption et la soif de puissance.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Prédictions à Jackson Hole.

Jackson Hole est un petit village charmant dans les Montagnes Rocheuses. Vous ne connaissiez pas? Et pourtant, c’est aussi un lieu stratégique du pouvoir et de la finance mondiale. Pendant cette réunion de crise, les acteurs de l’économie planétaire vont devoir faire face à leur pire crainte, éviter les dangers, et user de simagrées pour remporter la partie dans leurs camps respectifs. Et dans la place, un petit « rooky » magicien, Matteo Andreani, qui prédit les variations des monnaies et se fait une place au milieu des requins impitoyables de la finance. C’est de la fiction mais on sent toute une tension bien réelle de chaos pressenti pour nos futurs proches. L’argent au centre de cette intrigue et l’avenir planétaire dans les mains de quelques puissants peut mener à une situation plus que catastrophique…Alors bienvenue à Jackson Hole, ce roman vous ouvre les portes d’un milieu ultra fermé, où tout peut changer en l’espace de 48 heures.

L’économie mondiale est entrée dans une récession non plus cyclique, mais structurelle.

 

▪️Séismes de victoires et défaites.

Les jeux d’argents et de pouvoir sont dangereux. Très dangereux. Et ils suscitent la convoitise autant qu’un défi pour les petits malins, un peu trop intelligents pour leur propre bien. Il faudra donc pour eux, se distinguer soit par la patience, soit par la fougue, et surtout, surtout, ne pas manquer d’audace pour faire briller les illusions d’une stratégie monétaire. Avoir un « devin » dans ses cartes, c’est jouer avec un jeu plus chanceux, et j’ai beaucoup aimé suivre l’évolution ainsi que les stratégies d’un tel personnage-clef. Dans ces lieux, ça se complaît en milliards, en dépit des vies et quitte à déclencher des tsunamis irréparables pour l’économie mondiale. C’est ahurissant comme ça se joue à presque rien. Karel Gaultier maîtrise son suspense jusqu’au final, et nous fait voir toutes les nuances de l’argent. De l’étalon-or aux monnaies nouvelles, il nous embarque au cœur des tensions sismiques internationales et c’est effrayant! On peut dire qu’il m’a carrément bluffée par cette entrée dans les coulisses de la finance.

Ton sang est une fleur, Matteo.

▪️Résister à tous les vents…

J’ai choisi volontairement ce livre, pour sortir de ma zone de confort. J’étais curieuse de voir ce que pourrait donner un thriller basé sur des stratégies économiques. Je l’ai trouvé très intéressant, je l’ai certes lu, à vitesse d’escargot, parce que mon cerveau ramait pour retrouver un semblant des connaissances de mes études (force est de constater que la mémoire si elle n’est pas stimulée et bien, perd de ses acquisitions), mais je me suis accrochée en prenant des notes et j’ai été contente de ne pas à avoir lâcher l’affaire, parce que c’était instructif autant que très efficace. C’est un thriller dense et sombre qui mérite qu’on prenne le temps de lire attentivement. On se prend vite dans l’engrenage de leurs marchés, de leurs petites magouilles et de leurs grands discours enflammés, mais la question essentielle est: qui régnera à la toute fin? Il y a beaucoup d’informations et de notions à appréhender et pour cela, le glossaire en fin de roman, est pratique. C’est sur que ça me change de mes lectures habituelles mais Karel Gaultier a su capter mon attention avec son personnage Matteo et son influence italienne, et cette proposition originale pour trembler de peur. C’est une peur différente mais ô combien plus sournoise! Si vous mettez la main sur Jackson Hole, je vous prédis un moment de lecture vertigineux.

Aujourd’hui, la probabilité d’un krach, ce n’est plus l’exception, c’est la norme. Tenons-en compte.

 

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie, de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Cauchemar, Paul Cleave.


Synopsis:

Un cauchemar qui va vous tenir éveillé toute la nuit.
Acacia Pine, États-Unis. Une petite fille, Alyssa Stone a mystérieusement disparu. Noah, un des flics du village fait irruption chez le principal suspect. Envahi par la colère, il le séquestre et le torture jusqu’à ce que l’homme lui révèle le lieu où Alyssa est captive. Noah file alors vers une vieille maison abandonnée, la ferme des Kelly, où il la retrouve enchaînée dans la cave, encore en vie. Fin de l’histoire ? Non, début de l’histoire. Dévoiler davantage la suite des événements serait criminel. Sachez seulement que ceux-ci se passent douze ans plus tard. Le jour où Alyssa est à nouveau portée disparue. Et que le cauchemar recommence. L’auteur d’Un Employé modèle et de Ne fais confiance à personne nous revient plus en forme que jamais avec ce thriller d’une efficacité rare, entêtant comme un cauchemar récurrent.


Ce que j’ai ressenti:

▪️« Tu vas aller dans un endroit d’où tu ne reviendras jamais. »

Un. Deux.Trois. Prépare-Toi. Acacia Pines est une ville dont on ne revient pas indemne: on peut y perdre des morceaux de soi, quelques amis, une réputation, des larmes et du sang. Se révéler aussi. Paul Cleave nous revient avec un nouveau thriller ultra dynamique, dans une nouvelle ville au charme apparent, et c’est bientôt ton prochain Cauchemar qui prend forme dans ses pages. Ce roman a les atouts pour t’enchaîner, jusqu’à la fin de la (torture), heu lecture…Une sombre histoire de séquestration et une promesse difficile à tenir, c’est à peu près le nœud de l’intrigue…Mais Paul Cleave est plus malin que ça, on le sait bien maintenant, et il adore se jouer de nous, pour notre plus grand plaisir. Prêts pour une petite ballade? Une randonnée, ça te branche?!

Il n’y a pas de vrai ou de faux. Il n’y a que le moment présent.

▪️« J’aurai opté pour la mort. »

Noah Harper. L’effet Noah. En voilà un personnage qui n’a pas froid aux yeux. Il a une force de caractère impressionnante. Fougueux, Fort et Brut(e). Un homme qui est animé viscéralement par l’idée de Justice, la justice avec une majuscule, mais qui ne reculera pas devant la Loi, pour avoir un résultat final heureux. Forcément, ça coince entre l’idéalisme et la réalité, à coups de poings et de sang versé. Ce n’est même plus qu’il joue avec les limites , c’est qui les enfreint avec le cœur vaillant. Il se bat héroïquement, quitte à y perdre sa propre vie, pour des causes justes, mais dans une version quelque peu borderline. Un héros des temps modernes, super-héros même parfois, avec des méthodes plus ou moins répréhensibles. Mais face au Mal, comment faire le bien, sans franchir quelques frontières? Il a quoi comme marge de manœuvre, Noah, pour l’orpheline, la femme battue, les pires atrocités qui se passent dans ce monde? Un personnage qu’on aime ou qu’on déteste. Pas de juste milieu. Pas de tiédeur. Même lui, il vit comme ça, sans demi-mesure…Il opterai pour la mort, plutôt que pour l’injustice. Et c’est ce qui rend ce roman d’autant plus intéressant…

Seulement moi, je ne peux pas attendre.

▪️« Vastes cieux, vastes questions. »

Peut être que c’est le ciel, qui a les réponses. Peut-être. Peut-être qu’on aura les explications là-haut. Mais dans ce thriller mené tambour battant et à cœur sanglant, jusqu’à la toute dernière ligne, la réponse arrive à la dernière page…Alors, tiens bon, parce que des retournements de situations aux bastons musclées, ça dépote à tout va! En tout cas, j’ai aimé contempler le panaché des couleurs des cieux, tout en me passionnant, pour les problèmes de sociétés et d’étique que l’auteur nous dépeint dans ce thriller. Parce que tout le long, comme une addiction, la seule question qui nous obsède c’est: Qu’aurions-nous fait à leurs places?

Et j’ai lu et adoré. Dévoré même en deux nuits, donc bye-bye le Cauchemar qui me guettait pendant deux soirs … Cette folle énergie qui se dégage m’a tenue en haleine pendant ses heures de lecture. Le compte à rebours est lancé, je ne savais pas que ça allait nourrir de matière, de matière bien noire et poisseuse, mes futurs cauchemars, maintenant que je l’ai terminé…Je me suis juste laissée glisser dans le nouveau livre de Paul Cleave, et dieu sait comme j’aime cet auteur depuis son tout premier roman… Je le confesse devant vous: j’adore lire ses horreurs. J’A-DO-RE! Et celui-ci, encore plus, parce qu’il m’a mené sur des sentiers de conscience entre clair-obscur. Même s’il est peu probable que je prépare une future virée dans les hauteurs de Acacia Pines, je vous conseille de faire face à un Cauchemar. Celui de Paul Cleave.

-C’est quoi, ce monde où des trucs merdiques arrivent aux gens bien?
-Le seul que nous ayons.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Tout ce qui est sur Terre doit périr, Michel Bussi.

La Dernière Licorne


Synopsis:

Une masse sombre, inexpliquée, prise dans les glaces millénaires du mont Ararat.
Un livre interdit, gardé sous clé dans l’enfer du Vatican.
Un animal de bois, énigmatique, portant au front une corne unique.
Les indices sont là, éparpillés. Un gigantesque puzzle à reconstituer pour remonter à l’origine de toutes les religions du monde.
De Bordeaux à Hong Kong, en passant par l’Arménie, Zak Ikabi n’a qu’une obsession : en réunir toutes les pièces. Et trouver ainsi l’arche de Noé.
Embarquée malgré elle dans sa quête, la glaciologue Cécile Serval, aussi érudite que volcanique, se voit bientôt confrontée à un véritable déluge de questions. Et de balles de kalachnikovs…
Car pour garder ce secret, certains sont prêts à tous les sacrifices….
Un thriller ambitieux au rythme effréné. Une intrigue historique diaboliquement séduisante qui embarque le lecteur dans une course folle, de Bordeaux à Erevan en passant par le Vatican et Hong Kong, à la poursuite d’un secret qui n’est rien de moins que celui de l’humanité tout entière.
Tout ce qui est sur Terre doit périr a précédemment paru sous le titre La Dernière Licorne, sous le pseudonyme de Tobby Rolland.


Ce que j’ai ressenti:

▪️À sa plus noire aventure…

C’était la grande révélation de ce mois ci, il y a un nouveau Bussi! Dans un autre style, plus noir et plus mystérieux, publié sous un autre pseudo, mais un roman de Michel Bussi, c’est toujours un rendez-vous lecture très attendu! Alors, un thriller ésotérique, à l’assaut du plus légendaire bateau du monde, l’Arche de Noé, il ne m’en fallait pas plus pour que je sois partante pour l’aventure! Et quelle aventure! Partir comme ça dans des lieux mythiques, au cœur des secrets des religions et des mystères jalousement gardés, c’est vraiment exaltant et je n’ai pas pu lâcher ce petit pavé de plus de 700 pages, tellement c’est terriblement bien orchestré! Une mission périlleuse avec des Nephilim aux trousses, des acharnés des trésors cachés, des enfers étouffants, des guerres sans fin, des tueurs de sang-froid sur-entraînés, et des théorèmes à faire trembler d’effroi, Tout ce qui est sur terre doit périr? Je vous laisse résoudre ce dilemme, La Dernière Licorne m’attend. Vous n’aurez qu’à suivre les fragments de sa corne qu’elle aura laissée en chemin dans ses pages et embarquer avant que le Déluge ne tombe…Un petit conseil féerique: tenez bien la barre, c’est une traversée vertigineuse!

Tel est le véritable objectif des Nephilim, Cécile: protéger un secret qui fait tenir le monde en équilibre. Une clé de voûte. Enlevez cette pierre et tout s’effondre…

▪️À mon seul enchantement.

Imaginez un peu ma joie de découvrir un thriller noir teinté de fantaisie…Des licornes et des anges, des géants et des légendes d’antan: je ressors de cette histoire avec des étoiles dans les yeux! Il y a cette touche de merveilleux qui a rendu ce roman, totalement addictif. C’est ce « petit quelque chose » d’enchanteur qui m’a conquise, cette façon d’aller mettre un peu de magie dans notre réalité empreinte de tant de violences, qui m’a tenue tout le long de cette ascension abrupte du mont Ararat, dans une sorte de rêve fabuleux. Et c’était beau autant que enrichissant. Ça déconnecte et puis ça laisse une impression de malice, une complicité d’âme d’enfant qu’on partage avec Michel Bussi, le temps d’une histoire extraordinaire. Mais derrière ce coté enchanteur, l’auteur n’oublie pas de nous rappeler qu’il y a, depuis la nuits des temps, tellement de drames, d’enjeux, de guerres, de profits autour de cette Arche. Une folie des hommes qui n’a hélas rien de bien merveilleux…

-Si vous espérez me faire croire aux légendes des licornes…

▪️À mon seul désir…

C’est avec tous les sens en éveil que l’on est plongé dans l’histoire des religions, et comme c’est ma passion, j’ai adoré faire des recherches supplémentaires autour des thèmes que Michel Bussi abordent, dans ses clins d’œil à la culture et à l’art. C’était instructif. Par le divertissement et une pincée de merveilleux, on est amené à réfléchir sur nos perceptions et nos convictions, et cela quelle que soit notre rapport à la foi parce que ce récit fait partie de la mémoire universelle, et c’est dans cette démarche que se trouve tout le charme de ce genre littéraire. Maintenant mon seul désir, ça serait de continuer de lire ce style de romans, imaginés par l’un de mes écrivains chouchous: Michel Bussi. J’ai passé un agréable moment en revisitant cette histoire de l’Arche de Noé. Captivant de la première à la dernière ligne, c’était une belle découverte autant qu’un voyage dépaysant.

Comment sauver le monde aujourd’hui sans internet?

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

 

Les Roses de la Nuit, Arnaldur Indridason.


Synopsis:

A la sortie d’un bal, un couple pressé se réfugie dans le vieux cimetière, mais au cours de leurs ébats la jeune femme voit un cadavre sur une tombe et aperçoit une silhouette qui s’éloigne. Elle appelle la police tandis que son compagnon, lui, file en vitesse. Le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli arrivent sur les lieux pour découvrir la très jeune morte abandonnée sur la tombe fleurie d’un grand homme politique originaire des fjords de l’Ouest.
La victime a 16 ans, personne ne la connaît, elle se droguait. Erlendur questionne sa fille Eva Lind, qui connaît bien les milieux de la drogue pour en dépendre. Elle lui fournit des informations précieuses et gênantes à entendre pour un père. Il s’intéresse aussi à la tombe du héros national et va dans les fjords de l’Ouest où il découvre une amitié enfantine et une situation sociale alarmante. La vente des droits de pêche a créé un grand chômage et une émigration intérieure massive vers Reykjavík, dont les alentours se couvrent d’immeubles modernes pour loger les nouveaux arrivants. Sigurdur Oli, lui, s’intéresse plutôt à la jeune femme qui les a appelés.
Le parrain de la drogue, vieux rocker américanisé et proxénète, est enlevé au moment où la police révèle ses relations avec un promoteur immobilier amateur de très jeunes femmes. 
Avec son duo d’enquêteur emblématique et classique, Erlendur, le râleur amoureux de l’Islande, et Sigurdur Oli, le jeune policier formé aux États-Unis, Indridason construit ses personnages et nous révèle leur passé, tout en développant une enquête impeccable dans laquelle on perçoit déjà ce qui fait l’originalité de ses romans : une grande tendresse pour ses personnages et une économie de l’intrigue exceptionnelle.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Dans les terres et mers islandaises…

Un cadavre dans un cimetière. C’est sa place, vous allez me dire…Et pourtant, non. Il dérange ce corps sans vie posé là sur la tombe du président Jon Sigurdsson. Le duo Erlendur/ Sigurdur Oli vont devoir élucider un meurtre atroce, celui d’une jeune fille dont tout le monde se fout totalement. Une paumée, une droguée, trop jeune, trop seule: une ombre abandonnée…Arnaldur Indridason nous revient avec une enquête sensible, opaque et alarmante au cœur des fjords islandais. Un moment encore unique de lecture entre charme et nostalgie qui m’a encore profondément touchée. Une danse d’âmes en peine, de jeunes qui s’autodétruisent, de violences et de corruptions, qui vont faire pâlir la couleur de nos jours et faner Les roses de la nuit

Mais ce qui fait le plus mal, c’est l’injustice.

▪️Toutes les couleurs du Noir…

Dans ce roman noir, les victimes se comptent par dizaines: c’est une qui meurent pour cents autres perdues…La jeunesse islandaise n’a que peu de perspectives d’avenirs, à cause de ces quotas de pêches et la montée du chômage dans leurs villages. Les jeunes doivent fuir leurs terres, parce qu’il n’y a plus grand chose à en tirer…Alors l’exode vers la ville est inévitable, mais aussi terriblement cruel avec cette génération qui vient des rêves pleins les yeux et se retrouvent avec rien pour les faire vivre. Les dangers de la ville sont donc à portée de main, dans de la poudre blanche, sur le gris du bitume, au fin fond des eaux noires…Un triste sort pour des adolescents en quête de sensations fortes et d’un semblant d’exaltation qu’ils n’ont pas trouver dans leurs foyers. C’est d’une tristesse…Ça m’a pris au cœur pour ne plus me lâcher, parce que Arnaldur Indridason y met une intensité bouleversante à te conter l’envers du décor. Il nous rend visible les oubliés de la rue, les victimes de la malchance, la réalité de cette jeunesse écorchée prise dans les fléaux de la course aux profits. C’est un roman dense qui détache ses pétales de noirceur dans les tourbillons de l’économie et son parfum tenace m’est resté sur les doigts. 250 pages qui me hantent encore…

Il se rappelait ce qu’il avait pensé: C’est ça, mourir?

▪️Tombent comme les nuits…

Arnaldur Indridason est en passe de devenir, un auteur incontournable de mon petit monde. J’aime sa manière d’écrire sur des sujets difficiles, de nous sensibiliser sur des réalités sociales tout en y laissant des instants de poésie éblouissants. Tout en douceur et par la profondeur de ses thèmes, il vient colorer mes nuits de beautés et de conscience éclairée. Rien que pour cela, je lui enverrai bien un bouquet de roses aux couleurs des nuits d’automnes…Et je m’en vais collectionner toutes les autres enquêtes de ce duo d’enquêteurs. Depuis que les elfes m’ont soufflé le pouvoir enchanteur de ces polars islandais, je ne me lasse pas de découvrir les légendes de ce pays, et j’adore!

Quand on veut mentir, il faut réfléchir et se préparer, vous comprenez?

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut une très belle lecture.

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Une famille presque normale, M.T. Edvardsson.

Une famille presque normale par Edvardsson


Synopsis:

Faites connaissance avec la famille Sandell. Le père, Adam, est un pasteur respecté dans la petite ville de Lund, en Suède. Sa femme, Ulrika est une brillante avocate. Leur fille, Stella, dix-neuf ans, s’apprête à quitter le foyer pour un road trip en Asie du Sud-Est. C’est une famille normale, une famille comme les autres. Et comme toutes les autres familles de la ville, les Sandell sont horrifiés quand un important homme d’affaires, Christopher Olsen est retrouvé assassiné. Ils le sont plus encore quand, quelques jours plus tard la police vient arrêter Stella. Comment pouvait-elle connaître Olsen, et quelles raisons auraient pu la pousser à le tuer ? Il ne peut s’agir que d’une erreur judiciaire.
Dans ce récit en trois parties, chacun des membres de la famille tente à son tour de recomposer un puzzle dont il n’a pas toutes les pièces. C’est d’abord Adam qui s’exprime, puis Stella, et enfin Ulrika. Chaque fois, de nouvelles perspectives se font jour, la version précédente est remise en question, la vérité s’échappe. La seule évidence qui s’impose très vite, c’est qu’il n’existe aucune famille « normale ».
Plus qu’un thriller, une découverte exceptionnelle.


Ce que j’ai ressenti:

▪️La souffrance d’une famille.

La famille Sandell est Une famille presque normale. Un père pasteur, Adam, une mère avocate, Ulrika, et leur fille Stella. Et tout porte à croire que l’avenir devant eux, sera radieux. Sauf, que…La famille normale, on le sait bien, ça n’existe pas, et leur petit cocon est sur le point d’éclater, après l’arrestation de Stella, pour le meurtre d’un homme d’affaires, Christopher Olsen. Face à leurs désarrois devant cette nouvelle, nous allons entendre la version de chacun, les vérités et les mensonges, qu’ils vont décider de dire pour sauver leur famille. Oui, car la question que l’on peut se poser, et elle tient pour eux, mais elle s’insinue en catimini pour nous, et ce qui rend ce thriller terriblement prenant: jusqu’où seront-ils prêts à aller, pour sauver leur famille? Et là, M.T. Edvardsson joue avec nos nerfs pour notre plus grand plaisir! Cette histoire sous tension permanente, fait grincer toutes nos certitudes, et insinue le doute à chaque révélation…Alors est-ce vraiment une famille normale? Et nous, qu’aurions nous fait à leur place?!

Il faut longtemps pour construire une vie, mais un instant seulement pour la détruire.

▪️La vérité d’un procès.

Justice et Injustices. Défendre ou condamner, c’est tout l’enjeu de ce thriller. En ayant les trois points de vue de chacun, il nous est donné de saisir toutes les nuances des souffrances et des dires de cette famille Sandell. On s’attache à eux forcément, parce qu’elle semble si « normale » cette petite famille, avec leurs petites tracas et leurs petites joies de la vie, qu’il nous paraît complètement fou, que cette jeune fille puisse subir une telle accusation. M.T. Edvardsson maîtrise son sujet et le mène exactement, où il l’a décidé: à cette minute fatidique du jugement. Il nous donne matière à réfléchir sur les failles de la justice, sur le déroulement d’un procès avec les jeux des avocats et surtout, sur les répercussions qu’une telle tension, peut engendrer dans le cœur d’une famille. Toutes les couleurs de la douleur de cellule familiale, du rouge sang à la noire culpabilité. Ne leur restera que la foi face au doute…Et nous, nous sommes plus accro que jamais à lire leurs petits secrets!

Mentir est un art que peu de gens maîtrisent complètement.

▪️L’ingéniosité du thriller.

J’ai dévoré ce roman, littéralement. C’est un pavé de plus de 500 pages, mais il n’a pas traîné. Impossible de le lâcher! Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu cette sensation de frénésie de lecture, et ça c’est la preuve indéniable d’un très bon thriller. Il me fallait savoir. Pendant deux jours, j’ai vécu au cœur de cette famille presque normale, dans leur intimité et leurs émotions. J’ai explosé une de mes nuits de sommeil, pour connaitre la vérité. J’aurai trop peur de dévoiler en vous expliquant encore, pourquoi ce livre est une superbe découverte…Alors je vous donne un petit indice, mais oserez-vous me croire?! La tension est maintenue jusqu’au point final. Du doute raisonnable aux accusations déraisonnables, la vérité ne se dévoile pas aussi facilement. Elle se mérite cette vérité. Mais allez-vous seulement l’imaginer?! A lire de toute urgence! J’ai adoré!

L’amour est la tâche la plus ardue de l’homme.

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

 

Danses du destin, Michel Vittoz.

Danses du destin par Vittoz


Synopsis:

« J’ai tiré, il est tombé dans le caniveau. Je me souviens du bruit. Sourd. Un sac de terre sur le pavé. Je ne savais même pas qui c’était. Après je lui ai encore donné des coups de pied. La haine. Je ne croyais pas que c’était possible, haïr à ce point. Haïr un inconnu qu’on vient de tuer. Haïr un mort. Je ne sais pas combien de fois il aurait fallu que je le tue pour cesser de le haïr.
Mes coups de pied l’ont fait rouler jusqu’au bord du quai. Il est tombé dans le canal entre deux bateaux. Je l’ai vu disparaître dans l’eau noire.»

Je tue mon père sans le savoir. Tu veux comprendre pourquoi. Elle, Il devait la tuer.  Nous n’en savons pas plus. Vous non plus. Ils se demandent ce qui a bien pu se passer.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Je. Tu. Il. Nous. Vous. Ils.

Des pronoms pour chapitres. Des pronoms pour des violences sans nom. La folie haineuse de Je. La mission périlleuse de Tu. Il et Elle dans une danse telle, qu’Il valse avec le Serpent. L’intimité parfaite du Nous. Les vérités des clins d’œil du Vous. Ils et Elles qui nous entraînent dans un polar noir des plus singuliers, à travers l’Histoire, au milieu des petites histoires qui se sont déroulées pendant la Seconde Guerre Mondiale. Et Eux, dans les nœuds du Serpent, dans différentes voix, dans plusieurs styles de plumes. Eux, dans la Résistance. Ça siffle et ça persifle dans ce roman au rythme troublant. Il y a des temps de haines et des tempos désynchronisés. Danses du destin nous entraîne dans des dossiers sombres et des manipulations venimeuses, pour une danse qu’on ne risque pas d’oublier parce qu’elle réveille le passé douloureux de la France.

Si c’était ça la vie fallait être fou pour vivre, oui, il fallait que je devienne fou.

▪️Du fils au père…De père en fils.

Un fils qui tue son père par accident. C’est une vague impression de tragédie, et puis, c’est autre chose de plus noir. Des secrets d’histoires qui n’aurait jamais dû sortir des profondeurs, des mémoires et des vengeances qu’il aurait mieux valu laisser au passé, des petits arrangements de famille qui devaient rester dans la sphère privée. Une histoire vieille comme le monde, et des tragédies de notre siècle, par encore guéries. Lowenstein, de père en fils. Et un fils animé par un sentiment si destructeur, et celle d’un père qui laisse sa marque. Et la question qui revient comme un ouroboros: la haine est-elle héréditaire? Et nous, qui sommes spectateurs de ces drames, nous cherchons à savoir qui remue les cendres, qui réanime les braises? C’est qui? Nous? Vous? Ils? Elles sont étranges ces questions…Mais qu’est-ce qu’il est bien mené ce polar! Juste ce qu’il faut d’affect, un beau travail de recherche, et une petite dose de punchline venimeux pour relever le tout! Une lecture particulière et bouleversante quand certains pronoms prennent le pouvoir.

Ils sont nombreux, tous les personnages possibles, les morts et les vivants qui viendront ou ne viendront pas dans cette histoire.

Elles sont nombreuses les histoires qui nous hantent à travers celle ci.

▪️Danse dans le Noir.

Michel Vittoz nous régale d’un roman polyphonique original. En un seul chapitre, il a capté toute mon attention, et ça continue ainsi jusqu’au point final, parce qu’il y a une énergie qu’on veut saisir et un petit quelque chose d’intrigant dans la plume, qui nous pousse à dévorer ces pages. C’est tantôt une enquête rétro avec un certain charme de la lenteur, tantôt un théâtre contemporain plein d’éclats de voix: c’est vivant même si les morts s’invitent. Un mélange doux et empoisonné qui sert une intrigue d’espionnage et c’est tellement prenant parfois, que je me suis surprise à apprécier le personnage le plus fou de cette histoire. À l’attendre sur le quai ou au détour des chapitres, pour lire ses tirades de mal-être et essayer de comprendre cette rage qui l’anime. C’est dire tout le talent de l’auteur, d’avoir su trouver le bon ton, pour que l’on soit ainsi mordu de son histoire.

J’ai dansé sur les lignes, dansé sur les cendres, dansé avec le passé. J’ai aimé les Danses du destin. Et vous? Allez-vous danser maintenant? Oui, Toi. Nous. Vous. Eux. Elles. Danser sur nos mémoires pour ne plus oublier les moments haineux de l’Histoire…

« Nous ne voit rien. Chacun voit. »

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement  Quidam éditeur de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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La source de l’amour-propre, Toni Morrison.

La source de l'amour-propre par Morrison


Synopsis:

La Source de l’amour-propre réunit une quarantaine de textes écrits par Toni Morrison au cours des dernières décennies, où se donne à lire, dans toute son évidence, sa généreuse intelligence.
Elle s’implique, débat, ou analyse des thèmes aussi variés que le rôle de l’artiste dans la société, la question de l’imagination en littérature, la présence des Afro-Américains dans la culture américaine ou encore les pouvoirs du langage. On retrouve dans ces essais ce qui fait également la puissance de ses romans : l’examen des dynamiques raciales et sociales, sa grande empathie, et son pragmatisme politique.
La Source de l’amour-propre est à la fois une porte d’entrée dans l’œuvre de Toni Morrison et une somme où se donne à lire l’acuité combative de son autrice. C’est aussi, dans un style dont la vigueur ne cesse de nous éblouir, un puissant appel à l’action, au rêve, à l’espoir.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Une source d’inspiration.

S’il y a une chose qui se démarque de ces textes réunis dans ce recueil, c’est qu’il est une grande source d’inspiration et de sagesse. J’ai lu avec beaucoup d’attention chaque mot, avec le respect immense qu’elle y met elle-même en les posant sur une feuille blanche. Et c’était lumineux et instructif. Un moment de méditation et de réflexions profondes sur les maux de notre temps, sur la culture américaine et sur le travail d’artiste. Être écrivain est une grande responsabilité et elle a pris certaines valeurs très à cœur pour en faire des textes puissants, qui continuent d’influencer et d’inspirer une nouvelle génération. La source de l’amour-propre, c’est une quarantaine de textes qui réunit les moments forts de sa vie, ses combats de femme, son talent et son intelligence qu’elle a mis au service de l’écriture. Sa générosité est immense et elle enveloppe de douceur.

La vie et l’oeuvre d’un écrivain ne sont pas un don fait à l’humanité: ils sont sa condition nécessaire.

▪️De l’Amour Ressource…

J’ai eu l’impression de trouver une véritable source d’amour en lisant ses pages. Des mots intenses, choisis avec soin, et qui soignent des plaies ouvertes. Ce livre est un outil pour saisir tous les obstacles et les fléaux de notre société qui entrave la tolérance et l’amour. Elle nous envoie de l’amour à la puissance de sa résilience, elle dépasse par la force de sa conviction les concepts destructeurs du racisme, du machisme, de la jalousie, de l’ignorance…Elle se fait Voix, d’un peuple ignoré et elle y met tout son cœur pour leur donner enfin une place dans la littérature. C’est une ambition tellement émouvante. J’ai été très touchée par tous ces messages. C’est une femme de cœur assurément, et ça se ressent dans ses mots. 400 pages de cœur battant et de pulsations inspirantes. Du cœur vers nos cœurs…Et c’est pour ce don d’amour, que ce livre est un coup de cœur.

Il n’y a plus d’excuses pour un cœur qui saigne quand son contraire est pas de cœur du tout. C’est avec plus d’humanité qu’il faut faire face au danger de perdre notre humanité.

▪️Conversation avec une auteure éblouissante.

« Il ne s’agit seulement de « vous »: il s’agit aussi de vous et moi. Rien que nous deux. »

Avoir entre ses mains ces textes, c’est un moment précieux de lecture. C’est comme si, elle était encore un peu avec nous, à discuter encore de ce qui divise dans notre monde. Un cadeau qu’elle nous aurait laissé juste avant de partir…Un monologue intime pour comprendre une femme au grand cœur. Elle nous offre ses plus belles pensées, ses plus jolis projets, sa passion et son talent, ses convictions et sa générosité. Pour qu’on puisse s’y référer en cas de doute, dans les moments sombres, et alors tout s’éclaire. C’est avec beaucoup d’humilité que j’ai lu ce recueil, intimidée par autant d’intelligence , de respect envers la littérature, d’amour pour l’humanité. Je sais aussi, que c’est ma première lecture du recueil mais que ce ne sera pas la dernière. Je sais déjà que l’objet livre sera « abîmé » de lectures et relectures…Parce que il y avait des sujets qu’il me faut approfondir, faire plus de recherches sur la littérature américaine et afro-américaine pour vraiment m’imprégner des notions qu’elles développent dans ces argumentations, mais déjà, ces textes là sont d’une grande richesse et éveille beaucoup d’élan artistique et suscite des envies de lectures. Je comptais ce mois-ci, justement lire Beloved, et dans ce recueil, elle m’en a encore plus convaincue. Toute une collection de ses romans est à prévoir dans les prochains jours, tellement j’ai aimé les intentions de cette auteure éblouissante.

Pour moi, ça sera un indispensable, parce que j’ai compris l’état d’esprit et les messages de paix qu’elle a voulu laisser au monde, et c’était magnifique. Merci, Toni Morrison.

« Ce ne sont pas vos parents qui vous ont rêvés: c’est vous. Je ne fais que vous inciter à poursuivre le rêve que vous avez commencé. Car rêver n’est pas irresponsable: c’est une activité humaine de premier ordre. Ce n’est pas du divertissement: c’est du travail. Quand Martin Luther King a dit : « Je fais un rêve. », il ne jouait pas, il était sérieux. Quand il l’a imaginé, visualisé, crée dans son propre esprit, ce rêve a commencé à exister, et nous aussi devons faire ce rêve, afin de lui donner le poids, l’étendue de la longévité qu’il mérite. Ne laissez personne, personne, vous persuadez que le monde est ainsi fait et que, par conséquent, c’est ainsi qu’il doit être. »

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Christian Bourgois pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Editions Christian Bourgois

Sujet Inconnu, Loulou Robert.

Sujet inconnu


Synopsis:

Je. Tu. Elle. Sujet : inconnu. Au fond, elle ne sait pas qui elle est. Une gamine bizarre, grandie sans amis au fin fond du Grand Est. Ici, rien ne se passe jamais. Le vide, l’absurde. Alors il faut partir. Partir pour survivre, partir pour ressentir. Paris. La fac en solitaire. Et soudain, c’est lui. C’est toi. La peau pâle, jean noir et marinière : l’amour comme une urgence. L’urgence d’apprendre. Détruire, dit-elle. Écrire, enfin – car son sujet c’est elle, c’est lui.
Et dans la perte, se trouver.
« Elle confirme son style : abrupt, saccadé, urgent… irrésistible. » Sophie Rosemont – Vogue


Ce que j’ai ressenti:

  • Je.Tu.Elle.Nous.Vous.Ils.

Elle tue moi. Il tue Elle. Elle se Tu. Je Tu Elle. Sujet Verbe Complément. Nous, direct dans son chaos. Nous, direct dans son amour. Nous, dans les flots de ses mots. Eux, dans les fléaux de leurs maux.

Sujet Inconnu. Ils sont fracassants, les mots de cette jeune fille. Et dans ses points, alors c’est pire. Ce sont des coups de poings. Tous des gouffres, tous des bleus. C’est sans doute dans cette ponctuation que sont les plus fortes percussions. Inconnue et maintenant Sujet, à écrire.

Quand j’ai lu ce livre, ma respiration s’est arrêtée. Plus ça allait, et moins ça allait. En apnée, jusqu’au point final. C’est un style d’écriture puissant. À vif. Carrément écorché. Profondément urgent. Chaque point devient souffrances, et ces silences deviennent des instants de ressentis intenses. J’ai adoré Elle. Parce que c’est de l’intime et de l’émotion à l’état brut.

« Je » n’a pas de prénom. « Tu » n’as pas de prénom. Elle se meure de lui. Il arrache tout d’elle. Quand c’est, que ça va s’arrêter? Cancer, que tu dégages de nos vies? Et puis, c’est quoi l’amour? Un Nous inconnu, un Sujet tabou? Sujet Inconnu et part en vrille…

Mais Elle, cette histoire, elle devient oppressante au fil des pages. Elle prend tout l’espace, s’infiltre dans les cris et les murmures, prends vie dans les silences et se remplit dans l’abîme. C’est toxique. C’est violent. Une « Bad » romance.

« Tu » ne laisse pas de place à « Je ». « Je » ne peux se passer de « Tu ». Et Elle a choisi de tout dire, le choix de se donner corps et âme dans le Ressentir. Sans filtre. Sans concession. Une écrivaine est née. Dans la douleur. Dans l’abandon. Dans l’émotion. Une fulgurance. Et Je l’aime tant pour ça.

À la puissance Cœur. À la puissance Chair. À l’urgence d’écrire. À l’urgence de survivre. Insolente de vie. Insolente devant l’injustice de la vie. Folle d’amour. Folle de douleur. Elle a pris la plume parce que c’était ce qu’il fallait, pour la sortir de ses drames à répétitions. Tout plutôt l’ennui, tout plutôt que la morosité. Elle fait le choix de la passion. De L’émotion. Du danger aussi, mais elle y allait consciente. Tout plutôt que rien. Tout plutôt que le vide. À ses risques et périls, certes, mais, pour ressentir intensément. Écrire comme Survie.

Et pour nous, c’est un moment de lecture incroyable. Envoûtant et dérangeant. Mais un moment aussi, bouleversant. Et une plume sensationnelle, sensorielle, hypnotisante. Elle nous a tout donné dans ses lignes. Son cœur, son sang, ses tripes, son Moi, et je la remercie pour cela. Pour l’intensité. Pour cette folle intensité. Cette sensibilité à fleur de peau. Pour la vérité nue de ses maux. « A la fin du livre, ma vie continue ». La mienne aussi, mais elle aura eu quelques heures de lectures ressenties à la puissance 1000. Tu m’as déglingué le cœur et mon souffle, Sujet Inconnu...

Une écrivaine est née. J’aimerai beaucoup vous rencontrer, Loulou Robert.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Une bête au Paradis, Cécile Coulon


Synopsis: 

La vie d’Émilienne, c’est le Paradis. Cette ferme isolée au bout d’un chemin de terre. C’est là qu’elle élève seule, avec pour uniques ressources son courage et sa terre, ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Les saisons défilent, les petits grandissent. Jusqu’à ce que l’adolescence arrive, et, avec elle, le premier amour de Blanche, celui qui ravage tout sur son passage.
Il s’appelle Alexandre.
Leur couple se forge. Mais devenus adultes, la passion que Blanche voue au travail de la ferme, à la terre, à la nature, la contraint, la corsète, la domine. Quand Alexandre, dévoré par l’ambition, veut partir, attiré par la ville, alors, leurs deux mondes se fracassent.


Ce que j’ai ressenti:

Ça sent la terre, et ça sent l’orage…Une ambiance électrique pour un moment unique. Et puis, il y a la sensibilité de Cécile Coulon…Et ça, c’est comme une fleur sortant de terre. C’est de la magie.

Vous êtes arrivés au Paradis.

▪️Ça fait mal comme…L’Enfer…

Protéger. Tuer. Observer.

La vie au Paradis, c’est un petit enfer. Des heures de labeur et de journées harassantes. Émilienne, Blanche, Gabriel, Louis tournent dans une danse infernale, dans cette ferme, pour faire éclater un bout de terre. Tant de malheurs sur cette parcelle, et tant de beautés aussi. Il ne faut plus que la résignation et l’habitude pour donner sens à ce travail d’agriculteurs, une certaine rudesse dans la chair et l’esprit pour survivre. Ça sent la terre, et ça sent l’oubli. L’oubli de soi, l’oubli des autres pour de la terre. Mais grâce à Cécile Coulon, l’oubli s’éloigne, et laisse place à un moment d’intimité avec une famille recomposée de frêles assonances, décomposée de malheurs assourdissants: de la matière à orages.

Construire. Surmonter. Continuer.

Et deux femmes qui se donnent corps et âme dans ce domaine, parce que c’est leur Paradis. Leur raison de vivre. C’est ici qu’est leur amour, et c’est beau de les voir aimer avec autant de désespoir et de renoncement. De voir la vie jaillir de leurs mains travailleuses, de ressentir leurs dévouements sans faille.

▪️Ça fait mal comme… L’Amour…

Avoir faim. Aimer encore. Y croire.

Blanche et Alexandre. Ça pourrait ressembler à un amour inconditionnel, fait de jeunesse et de rapprochements physiques…Un amour si grand qu’il emporte tout, un sentiment si fort qu’il dure au delà de la raison. Une passion faite de caresses et de tendresse. Et puis, il y a Louis. L’épouvantail de cette terre Paradis. La pierre angulaire de l’amour. Ici et absent. Présent et distant. Spectateur impuissant.

Frapper. Pleurer. Venger.

Ça sent la terre, et ça sent le drame. Parce que dans l’amour, rien n’est tout à fait simple, rien n’est écrit d’avance, et rien ne se passe comme prévu. Ça fait toujours mal, l’amour. Parce que l’on est sur Terre, et non pas, au Paradis…Que les êtres se déchirent, se désirent, se détruisent. Cécile Coulon nous conte une histoire d’amour, ni belle, ni laide. Une histoire d’attirance comme tant d’autres, mais avec des personnages qui changent, qui se changent, qui se dérangent. Un trio improbable, mais qui se racontent comme une belle histoire dans les mots sensibles de Cécile Coulon.

▪️Ça fait mal comme…La Vie…

Vieillir. Soigner. Se tordre.

Et dans ses pages, il y a la vie. La vie tout simplement. Une vie de bêtes, une vie de rien, une vie de possibles. De la matière pour de l’amour et des trahisons, de l’amitié et des répulsions, de la jeunesse et de la mort, de l’émerveillement et de la vengeance. Un cycle de vies, des cycles de saisons qui prennent des mots dans la poésie et des racines dans la terre du Paradis.

Lire. Vaincre. Vivre.

J’avais lu Les Ronces et les mots m’avaient griffés. J’ai lu Une bête au Paradis, et la poésie s’est enracinée. Ça sent la terre, et ça sent le Coup de Coeur. Merveilleuse Cécile Coulon, merci pour ce joli roman. Je marche sur tes braises avec le cœur frappé…

« Ça fait mal comme de marcher sur une braise »

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 10/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions L’Iconoclaste pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Babelio

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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