L’appât, Daniel Cole.

L'Appât


Synopsis:

Sur les câbles métalliques qui soutiennent le pont de Brooklyn, à New York, une ombre est suspendue. Une poupée humaine. Un cadavre. À même sa poitrine nue, on a scarifié ce mot : « Appât ». Comme une mouche dans une toile d’araignée.
Promue inspecteur principal du Yard depuis l’affaire « Ragdoll », Emily Baxter reste perplexe. Devant les agents du FBI venus la consulter, elle peine à faire lien entre les deux affaires. Un vague copycat, peut-être ? Ou pire ? À cheval sur l’Atlantique, un marionnettiste d’un nouveau genre s’apprête à tirer les fils de l’horreur…


Ce que j’ai ressenti:

▪️Poupée et Fil-le Tendues.

Ragdoll a laissé des traces dans les esprits. Elle a laissée également en plus des traumatismes et des névroses, une jolie promotion à l’inspecteur Baxter. Elle sera d’autant plus, explosive et virulente dans cette nouvelle enquête! En effet, Emily Baxter voit ses cauchemars reprendre forme avec cette série de meurtres étrangement similaire à l’affaire Ragdoll, et son humeur massacrante va en foudroyer plus d’un. Bienvenue dans le tome 2 de la trilogie de Daniel Cole, où cette fois ci, les poupées-cadavres laissent place à des marionnettes toutes aussi inquiétantes…L’appât est lancé dans la sphère Thriller, et j’ai été  me suspendre à cette toile d’araignée, tissée de sang pour un moment de lecture intense!

Le ciel s’effondre.

▪️Thérapie, Religion et Fil-osophie.

En ayant pris un contexte sur fond de terrorisme, l’auteur met encore plus de poids à son intrigue. De Londres à New-york, les fils se relient, les blessures suintent, et l’horreur prend forme sur des lignes à toute vitesse. Daniel Cole explore toute la dynamique psychologique des traumatismes de ce type de victimes, fauchés par le deuil, meurtri dans les esprits, souvent enchaînés à leurs addictions. Et du coup, cette sombre enquête se révèle être encore plus profonde qu’une simple traque d’un serial-killer redoutable. On est amené à réfléchir sur des notions intéressantes et être sensibilisé sur des souffrances à multiple échelle.

-Dieu…n’existe…pas, articula-elle avec un rictus. 

▪️Rythme Et Feel-ing survoltés.

J’ai beaucoup plus apprécié ce tome. L’enchaînement des scènes sous tension, et l’équipe d’inspecteurs sous pression, tout est orchestré pour que l’on est pas le temps de s’ennuyer! Un très bon Page-Turner! Déjà dans le premier tome, j’avais noté la plume très cinématographique que j’ai eu plaisir à retrouver, mais avec ce tome ci, Daniel Cole a progressé encore et les bémols que j’avais relevé dans le tome 1, se sont envolés…Vivement le prochain tome de la trilogie! Alors, êtes-vous ferrés? Allez-vous jouez le jeu de L’appât ? Daniel Cole s’occupe des ficelles et fait danser vos peurs pour une lecture de haute voltige!

La peur n’était pas une mauvaise chose. Elle vous gardait en éveil. Elle vous rendait prudent. Elle vous protégeait.

Petit Plus: La scène de l’Eglise. Carrément flippante! 

 

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Émergence, Eric Tourville.


Synopsis:

France, 2020. Rien ne semblait destiner Michel Delpraz, chercheur en informatique, à rejoindre la start-up créée par Aurélien et Gérard, deux personnages que tout oppose. Pourtant, ensemble, ces trois pionniers vont développer la première entreprise mondiale dans le secteur de l’intelligence artificielle. Leur réussite ne passe pas inaperçue, et le gouvernement ne tarde pas à les approcher. Leur but : développer le premier ordinateur quantique, pour démultiplier le potentiel de calcul de leur système d’intelligence artificielle et ainsi créer la première intelligence artificielle générale. C’est-à-dire, un système capable d’apprentissage, de créativité, de raisonnements abstraits, bref, de résoudre n’importe quel problème. Émergence est l’histoire de ces hommes, de cette entreprise pionnière et de l’extraordinaire épopée scientifique et économique qui les conduit à cette révolution, au coeur de l’avenir de l’humanité et des relations internationales.


Ce que j’ai ressenti:

Je me rappelle encore l’énorme coup de cœur pour le précédent roman de Éric Tourville: Chimaeris . C’est donc avec une certaine impatience que j’attendais son nouveau roman, tellement il m’avait fait bonne impression et qu’il est dans mes petits papiers, avec l’appréciation « Auteur à suivre de très près »! Avec Émergence, on est plongé au cœur des sciences et des intelligences artificielles. Et tout comme son premier roman, il est juste époustouflant!

Le monde se transforme rarement de manière linéaire. Il procède par ruptures, par révolutions qui tracent des lignes de fractures entre les époques. Le plus souvent, ce n’est qu’a posteriori que l’Humanité est consciente de ces ruptures. 

▪️Une nouvelle ère se prépare…

Dans un futur pas si éloigné que cela, un nouveau phénomène va bouleverser le quotidien des français, et rien de moins, que le monde entier. En effet, une société, la Turing Technologie, a mis au point une forme d’intelligence multi-performante qui révolutionne toutes les sphères économiques, artistiques, politiques et sociales! Et c’est autant une avancée phénoménale que le début d’un chaos sans nom: une nouvelle donne 2.0 à prendre en compte pour tous les êtres humains de cette planète… Éric Tourville crée un thriller futuriste alarmant et intelligent, pour une virée sensationnelle au cœur des chiffres et dans les ondes d’un avenir troublant.

Pour accéder à la célébrité, mieux valait poster une vidéo amusante de chat sur YouTube qu’écrire une somme sur l’existentialisme. L’époque était au facile, au jetable.


▪️Une nouvelle rencontre: InGA.

InGA c’est le prénom-sigle de cette AI, mais c’est surtout, la création de Michel Depraz, un bébé-invention qui va repousser les frontières de la conscience en s’épanouissant dans le terreau vicié du Net…Une création qui est à même de bouleverser quelques milliards de vies, et ce n’est pas pour plaire à tout le monde… Dans ce roman, on touche de près les perspectives d’une telle évolution sur le plan émotionnel, économique, philosophique et stratégique. Et c’est en cela, que ce thriller d’anticipation est génial, c’est parce que l’on se rend compte en quelques pages, des conséquences positives ou négatives que cette Intelligence Artificielle peut engendrer dans plusieurs secteurs.

Il faut à l’Homme des certitudes…Quitte à se réveiller un matin en découvrant que le cauchemar a déjà commencé.

▪️Un nouveau thriller à couper le souffle!

Un peu moins de 500 pages et une foule d’informations à appréhender, c’est le grand défi de cette lecture! C’est carrément passionnant! Pourtant, on ne peut pas dire que ce soient mes thèmes de prédilections, les mathématiques, la science, l’informatique et les intelligences artificielles…Mais l’auteur arrive, avec brio, à rendre ses notions accessibles, même si, il faut rester très attentif pendant cette lecture. Pour ma part, elle m’a pris beaucoup de temps et de concentration, ce n’est pas une lecture fluide, mais c’est une lecture très enrichissante! Entre ce que j’ai tremblé de peur, ce que j’ai eu comme compassion ou encore ce qu’elle m’a permis d’apprendre ou de réfléchir, je ressors de cette Émergence,  plus que conquise!

Quelle serait la nature des intelligences qui peupleraient la terre des millions d’années après la mort du dernier humain?

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Demain c’est loin, Jacky Schwartzmann

Synopsis:

Tête de beur, nom juif et chanteur homonyme : François Feldman était mal barré dès le début. Et ça ne s’est pas amélioré. Sa banquière BCBG, Juliane, lui refuse un nouvel emprunt et Saïd, qui règne sur la cité, cesse de l’aider. Mais grâce à un terrible accident, François tient enfin sa chance : Juliane tue le cousin de Saïd et a besoin de son aide pour fuir les caïds et la police. S’ils s’en sortent, il sera en bonne position pour négocier. Encore faut-il s’en sortir.


Ce que j’ai ressenti:

À la manière d’un portrait chinois, voici un peu de ce qu’il vous attend dans ses quelques 200 pages ultra dynamiques et foncièrement corrosives! Un coup d’éclat…D’éclats de rires et d’éclats de Noir! Sensationnel!

▪️Si j’étais…Un personnage…

Je serai François Feldman. Non pas le chanteur, l’autre! Celui inventé par Jacky Schwartzmann, un « mec de cité », français avec une tête de beur et un drôle de nom homonyme, un commerce louche et un petit souci de communication avec sa banquière Juliane Bacardi. Autant vous dire que ça n’aide pas trop dans la vie, mais François a de la ressource et du répondant, et suivre ses péripéties nous emmène aujourd’hui à découvrir pourquoi son futur à lui et bien, il se résume à: Demain c’est loin.

Je m’appelle François Feldman, comme l’aut’ con. Mais je suis pas chanteur. Et je suis pas juif. Depuis toujours quand je dis mon nom on me demande : « Comme le chanteur?» Quand je suis énervé je réponds : « Pis ta mère, tapette ? » Et quand je suis calme je dis que oui, c’est mon oncle. 

▪️Si j’étais… Témoin d’un meurtre…

Et bien, je serai bien dans la mouise! Et c’est ce qu’il va arriver à ce quadragénaire…Et ce qui va nous pousser à voir se former, sous nos yeux ébahis, un duo improbable mais attachant qui s’arrache in extremis, d’un sacré bourbier. C’est parti pour une cavalcade d’enfer! Rien ne les destinait à ce qu’ils s’entendent ces deux-là, mais on adore les voir enchaîner les situations cocasses et les répliques salées! La banquière Bacardi et le loser Felman, au volant de la voiture incriminée, vont apprendre l’impitoyable loi des cités et celle corrompue de la bourgeoisie. On ne sait pas laquelle est la pire…Une explosion de vie et de clichés, qui fera voler en éclats le vernis des apparences! Juste génial, tellement c’est barré et criant de vérités!

Plongez deux ennemis jurés dans une situation bien bordélique, mettez-les en danger, forcez-les à devoir s’en sortir ensemble, et ils développeront une nouvelle relation basée sur la confiance.

▪️Si j’étais…Une impression…

Je serai sans nul doute un éclat de rire. Avant même la page 30, je m’étais déjà marrée comme une dingue et bien sûr, la magie a duré tout le long du livre! J’ai tellement rigolé que j’ai failli m’étouffer. C’était juste hilarant, et je le verrai trop adapté en spectacle…C’est délicat en plus, l’humour, et quand c’est dosé genre « survitaminé », et bien ça donne un pur moment de plaisir! Si l’intrigue est relativement classique, tout est dans l’art et la manière de conduire l’histoire! Et là, Jacky Schwartzmann gère la tenue de route et les virages serrés de son road-trip, grâce à une intelligence fine et une délicatesse acide! Entre humour noir/blanc/beur et cynisme ensoleillé, entre piques acérées et critique sociale béton, ce livre est un petit condensé d’énergie positive! A partager sans modération! J’ai A-DO-RÉ! Et je rigole encore…

Elle avait d’ailleurs les yeux qui pétillaient et un petit sourire autosatisfait qui lui faisait ses petites fossettes marrantes. Le second degré venait de rentrer dans sa vie et, visiblement, elle n’était pas contre.

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Léatouchbook ainsi que  les éditions Points de leur confiance. Merci pour l’envoi de ce colis Découvrez Toutes les Couleurs du Noir. Je suis ravie de soutenir la couleur Rose et les romans Noirs.

Le cercle Points - Créateurs de lecteurs

La Fleur de Dieu, Jean-Michel Ré.

La Fleur de Dieu, tome 1 par Ré


Synopsis:

An 10996. Dans les déserts suspendus de la planète sacrée Sor’Ivanyia, un des dix-huit mille mondes de l’Empire, pousse la Fleur de Dieu. Ce remède à de nombreux maux est aussi un vecteur privilégié pour accéder au divin. Grâce à la Fleur de Dieu, l’Homme sait désormais ce qui advient de la mémoire après la mort. Alors qu’un impitoyable seigneur de la guerre fomente un coup d’état, la formule chimique de la Fleur de Dieu est dérobée par une organisation anarchiste paradoxalement très organisée. Au même moment, l’apparition sur Sor’Ivanyia d’un enfant aux pouvoirs extraordinaires bouleverse toutes les certitudes scientifiques et religieuses de l’Empire. Qui est cet enfant ? Est-il seulement humain ? Est-il ce Messie que certaines religions ont cessé d’attendre ?


Ce que j’ai ressenti:

J’étais très enthousiaste au vu de ce synopsis de découvrir cette histoire, parce que c’était exactement le type de lecture que j’adore particulièrement entre SF et réflexion sur les religions. Je ressors de cette lecture très mitigée et en me demandant si je ne serai pas un peu passée à côté…

« Quels mots le monde chuchote-t-il, maître? « 

Tout d’abord, il y avait un certain nombre de données à appréhender du fait de ce saut dans le temps. Un glossaire assez conséquent en fin d’histoire était heureusement là pour nous aider… On arrive dans un futur très lointain, en l’an 10996, dans de nouvelles planètes très éloignées de la nôtre, et où le 21ème siècle sur terre est le point de départ du chaos ayant mené à ce futur nébuleux. De nouveaux enjeux politiques et religieux, avec des clones par milliers et des mots venus d’un autre monde qui semblent, tous converger et tendre vers une fameuse fleur: La Fleur de Dieu. Et puis, un Enfant mystérieux apparaît aussi, défiant toutes les données connues…Serait-il le nouveau Messie, un unificateur, un nouveau genre humain???? Tant de mystères encore à découvrir…Donc, il faut une certaine concentration pour se plonger dans cette lecture, et j’ai eu du mal à m’attacher, ne serait-ce qu’à un des personnages…

L’appât du gain était une des constantes de la psychologie humaine, voire un des moteurs de l’humanité.

Ce livre avait un gros potentiel, entre cette envie utopiste de vivre en harmonie avec la Nature, la Foi et l’Après-vie. Ça aurait pu être passionnant si seulement ça avait été plus fluide. Autant il y a des passages fabuleux, avec une poésie très agréable et des instants de méditations intenses sur nos vies actuelles, autant il y a des moments où j’ai décroché tellement que c’était difficile de saisir le sens ou l’intrigue. C’est assez étrange la sensation mais c’était ça: très inégal comme lecture. Donc en fait, je ne saurai dire si j’ai aimé ou pas. J’ai retenu de très belles citations mais il y des chapitres ou je suis restée très dubitative, et c’est juste dommage.

« Il n’y a de matière qui ne soit pensée de Dieu. »

En bref, c’est un premier tome et peut être pour cela, il y a des éléments qui prendront sens par la suite, mais cette lecture n’aura pas été à la hauteur de mes attentes bien que j’ai adoré certains passages et toute l’atmosphère autour de cet enfant, mais quand je l’ai refermé, j’ai eu la nette impression d’avoir eu une certaine déception…A voir, si en poursuivant cette trilogie, cette impression demeure…Je reste quand même curieuse parce que il y a eu de très jolis passages.

L’humanité approche d’un nexus tel qu’elle n’en a jamais connu auparavant. Un nexus au-delà duquel il peut ne plus y avoir d’humanité et où l’Univers entier serait même menacé.

Ma note Plaisir de Lecture 6/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement le site Babelio ainsi que les éditions Albin Michel pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Que passe l’hiver, David Bry.

Couverture Que passe l'hiver


Synopsis:

« Un fil du destin se brise. Un autre se renforce. » 

Stig, cadet du clan Feyren, se réjouit de participer pour la première fois aux festivités du solstice au sommet du Wegg, demeure du roi de l’hiver, signe de son passage à l’âge adulte. Le jeune homme au pied bot, difformité qui lui vaut le mépris son père, observe avec candeur et enthousiasme les conteurs, danses, ripailles et conversations, n’osant encore se mêler aux membres des trois autres clans. Mais lorsque le seigneur des Dewe s’écroule brutalement, la fête se teinte de la couleur du deuil. Et l’atmosphère glacée se fait plus étouffante.
Au cœur de la Clairière, les bûchers mortuaires brûlent et signent déjà la fin d’un monde.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Des fils et des flocons par milliers…

Que passe l’hiver mais que reste le charmant souvenir de cette histoire, une fois la féerie rencontrée au pied de la montagne du Wegg… Quel roman mais quel roman! Tout un univers de blanc et de magie qui prend vie en tournant les pages, et que de tragédies dans la pureté de ce paysage! C’est un roman Fantasy enchanteur et mystérieux qui tisse son intrigue au cœur de la fête du Solstice d’hiver, quand les flocons tombent tellement drus, que la force des traditions et des contes oraux prennent enfin tout leurs sens. Des liens et des destins qui s’entrelacent au cœur de la Clairière. Des fils d’amour, d’amitié mais aussi de haine et de pouvoir féroce qui prennent leurs origines dans un lieu secret. Des Clans réunis pour perpétuer les souvenirs et les promesses d’engagements. Stig Feyren assiste à sa première cérémonie et se réjouit déjà de mêler son fil de destin à son clan, si tordu soit-il…Mais il ne se doutait pas que c’est lui, le cœur du nœud, et d’un battement d’ailes, il nous fera voyager dans cette communauté étrange et lointaine…

-Tout est dans le cœur des hommes, Stig, le pire comme le meilleur.

▪️Des fils et des ailes déployées…

David Bry nous entraîne dans une histoire envoûtante au milieu de clans aux pouvoirs magiques, avec des croyances et prophéties d’un autre temps. Des êtres capables de se transformer, de disparaître, de passer au travers des frontières, de deviner les futurs. Et le temps Que passe l’hiver, je me suis laissée allée avec plaisir dans cet environnement glacé. J’aurai aimé voler juste à côté du corbeau et de l’aigle, caresser le roi-cerf, me mesurer à la force de l’ours, me perdre dans les yeux des prophétesses…La magie d’un conte tient à celui qui le raconte. Et David Bry le fait avec tant de passion et d’enchantement, que ce moment de lecture a quelque chose de merveilleux. On part à l’aventure, et on y croit parce que l’atmosphère est là, givrée et teintée de danger, lumineuse autant que sombre. J’ai adoré son héros, Stig. Attendrissant, en transition vers son destin d’adulte, c’est un personnage très réussi, avec ses doutes et son idéalisme. Je me suis prise aux jeux de cette symbolique de fils qui viennent se mêler autour de ces augures néfastes et c’était juste fascinant, à vous en faire pulser vos points cardinaux…

-Et que certains d’entre nous devront sans doute disparaître, avant que passe l’hiver.

▪️Des fils et des vers sublimes…

Et s’il ne faudrait ne retenir qu’une chose, c’est la poésie qui surgit de ses pages. La poésie qui s’impose entre les strates de pouvoirs, celle qui resplendit de beauté dans les paysages réinventés, celle qui dynamise un héros dans son complexe d’infériorité…La poésie, qui commence chaque nouveau chapitre, qui fait le lien entre tous ses multiples personnages et leurs destins. La poésie comme fil tenu qui tient toute une histoire, grâce à son pouvoir élévateur. Il est peut être temps maintenant pour vous d’allez découvrir cette folle histoire d’un jeune poète au pied bot, et n’attendez pas Que passe l’hiver pour vous laisser charmer par les festivités de ce solstice…Une très belle découverte et une ambiance que je ne suis pas prête d’oublier…

 

Les rêves ne meurent jamais
Seuls, emportent avec eux
Les cœurs et les âmes;
N’y laissent que des larmes.

 

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Charlotte ainsi que les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre!

Avis de décès, Zhou Haohui.


Synopsis:

18 avril 1984. Une série de meurtres inexpliqués dans la ville de Chengdu, incite la police à mettre sur pied une unité spéciale, la 4/18. Parmi ses membres, Zheng Haoming, un flic d’élite et Pei Tao, major de l’académie de police. Échouant à trouver le coupable, l’unité est dissoute.
Vingt-deux ans plus tard, Zheng Haoming est toujours obsédé par cette affaire. Mais au moment où il pense enfin tenir un indice majeur, il est assassiné. L’Unité 4/18 renaît alors de ses cendres. C’est le début d’un jeu du chat et de la souris avec un tueur aussi intelligent qu’insaisissable.
Ce premier tome d’une trilogie consacrée à la police de Chengdu est un véritable phénomène éditorial et à sa lecture, on comprend vite pourquoi. Une ambiance à la Seven, un tueur digne de Keyser Söze dans Usual Suspect… Si Zhou Haohui emprunte toutes les figures traditionnelles du thriller dans le premier tome de sa trilogie, c’est pour mieux les subvertir et déjouer les conclusions trop hâtives du lecteur. Il nous offre, en outre, un portrait de la société chinoise contemporaine inattendu et passionnant.


Ce que j’ai ressenti:

Avis de Lecture

ACCUSÉ: Zhou Haohui

CRIMES: Violence psychologique et abus de tension sur son lectorat.

DATE DU CHÂTIMENT: 19 Juin 2019

EXÉCUTRICE: Stelphique.

 

▪️Je te vois lisant cette chronique. Je te vois lisant prochainement Avis de décès, un thriller chinois impeccablement mené par Zhou Haohui. Je sens déjà ton impatience pour savoir qui est, ce tueur en série qui se permet de narguer la police en envoyant des avis de décès, avec le nom de la future victime, son crime, la date de son châtiment et surtout le fameux Exécuteur: Euménide. Je te vois trembler d’ici. Et tu auras bien raison! Parce que Euménide, c’est l’insaisissable. Un tueur machiavélique et retors échappant à la logique, à la police. Un tueur obligé de contourner la loi pour ses exécutions « justes ». Un tueur en série effroyable défiant le temps et l’espace. Une mission périlleuse pour toute une cellule policière, l’unité 4/18 reformée à l’occasion d’une nouvelle exécution. Cette équipe sera dans l’obligation d’unir leurs forces pour contrer ces menaces écrites en lettres calligraphiées.

Veux-tu danser avec moi, mon vieil ami? Je sais que tu n’as que trop attendu.

▪️Entre sombre histoire de drogue et vengeance tenace, ce thriller nous mène en plein cœur de la délinquance chinoise. Cette virée dans la ville de Chengdu ne sera pas de tout repos. C’est très intéressant de pouvoir suivre une enquête au sein d’un nouvel environnement, avec ses codes, ses existences et le folklore d’une culture. Le plaisir reste le même pourtant, quand c’est un bon thriller, peu importe le lieu, c’est cette sensation qui a le pouvoir de te faire tourner les pages, qui est euphorisante! J’ai adoré la psychologie des personnages, autant les policiers qui se donnent à corps perdu dans cette traque, que le serial-killer, qui garde cette aura de mystère…Et puisque c’est le premier tome d’une trilogie, j’ai hâte d’en connaître la suite! A mon avis, les Avis de décès n’ont pas fini de pleuvoir!

La société a besoin d’une autre forme de justice.
Je rendrai cette justice.
Je purifierai le monde du mal.
La liste des malfaisants, toutefois, reste à écrire.
Vous avez l’occasion d’y participer.

▪️Une vraie bombe à retardement! L’auteur m’aura bien surprise avec ses retournements de situations, ses timings millimétrés, et cette double enquête à plusieurs années d’intervalles. Zhou Haoui nous tient en haleine, du début à la fin, nous entraînant dans des jeux politiques et arrangements aux frontières de la loi, dans les failles du système et l’idéologie de la justice qui font de ce roman, un excellent moment de lecture. Je ne vous enverrai pas un Avis de décès si jamais vous ne le lisiez pas, mais ça ne serait que justice si vous vous laissiez tenter! J’espère que cet Avis de lecture, vous en aura convaincu d’aller voir de plus près l’art du thriller chinois.

 

Allons ensemble au bout de cette dernière manche. Malgré l’élégance des coups précédents, la partie ne sera vraiment belle que si elle se termine sur la note juste.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Le karaté est un état d’esprit, Harry Crews.

Couverture Le karaté est un état d'esprit


Synopsis:

Après avoir vagabondé à travers les États-Unis, John Kaimon arrive en Floride, où il fait la connaissance d’une petite communauté de karatékas fanatiques. Ceux-ci exercent leur art dans la piscine vide du motel désaffecté où ils ont élu résidence.

Publié en 1971, Le karaté est un état d’esprit est le quatrième roman d’Harry Crews. On retrouve dans ce récit irrésistible, plein de compassion et d’ironie, les obsessions de l’auteur pour la sexualité carnivore, les freaks, la violence, mais aussi toute sa tendresse pour les âmes perdues qui tentent de survivre dans une société qui leur est contraire.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Respiration Iboki.

Le karaté est un état d’esprit. Rien de plus vrai dans ce titre et cette affirmation. Alors respire et entrevois la sérénité qui se cache derrière l’écriture survoltée de Harry Crews, le karaté comme filet de sauvetage en cas de chute vertigineuse. Cette discipline implique un contrôle de soi et de son esprit, et ses personnages en marge de la société essayent de saisir son pouvoir apaisant. C’est une interprétation très spéciale de cet enseignement ancestral, et dans cette histoire, l’état d’esprit est au dépassement de toutes les limites du corps et des codes de la société. Autant vous prévenir tout de suite, il vous faudra maîtriser votre respiration pendant cette lecture…Violent. Déjanté. Sulfureux. Il ne vous laissera pas indemne…

La respiration.Tout est dans la respiration. Inspirez le monde et expirez-le…

▪️Pousser un kiai.

John Kaimon en a, des cris à pousser, et il se jette donc à corps perdu dans cette petite communauté de karatékas, au fin fond de cette piscine vide, pour essayer de calmer ses ardeurs et la puissance de ses souffrances. Tous les personnages de ce roman énergique, sont des êtres torturés, abîmés, des Freaks, des marginaux, tellement en souffrance, que plus qu’un choix de vivre autrement, c’est une destinée. Une destinée de losers, chaotique et sublimée par une poésie vibrante que Harry Crews nous déploie pour nous faire apprécier ces monstres humains, en trop plein de fractures diverses. L’auteur met de l’intensité violente et une passion dévorante dans ces mots. Tellement qu’il m’a été difficile de quitter ses pages. Il y a des cris qu’on pousse, des larmes qu’on perd, des obsessions qu’on gère plus ou moins, et du sang qu’on est obligé de laisser couler dans cette piscine…A vous de voir, jusqu’où vous irez à suivre cette communauté… »Rai! »

-Pour croire ce qui est ici, vous devez cesser de croire le reste du monde.

▪️Frapper le makiwara.

Avec ce roman inédit, les éditions sonatine frappe fort! Je découvre un nouvel auteur avec une plume forte, poétique et torturée. Très torturée. Il n’a pas peur des mots et des étiquettes, il les fait saigner à coup de poing, les brise dans un cri de fureur, pour en sortir tout un mal-être d’une génération, celle des seventies, et cela donne une lecture karaté-ment intense!

Avez-vous déjà mis le nez dans un livre? Je veux dire vraiment mis le nez? Tous ses petits mots qu’il y a dedans. Toutes ses lettres. Vous êtes-vous jamais demandé ce que ça implique pour un homme?

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel et les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre!

La Zèbéléhyène, Gropapa/ Sonia Sans

La zèbéléhyène par Gropapa


Synopsis:

Une hyène dépressive cherche la cause de son chagrin dans son apparence. Déterminée à venir à bout de ses complexes, elle bat la savane et tente par tous les moyens de transformer son image. De situation cocasse en rebondissement inattendu, elle découvre que la clé est ailleurs… Et si le bonheur ne dépendait que d’un mot gentil ?
En voilà une belle et drôle d’histoire ! Celle d’une gentille hyène, qui manque cruellement de confiance en elle. La lecture est sportive – vous verrez ! – et les enfants hilares. Essayez donc de prononcer le nom de cet animal hétéroclite ou de ne pas rire devant cette improbable créature ! Sans compter la patte talentueuse et expressive de Sonia Sans, qui fait vibrer cet album haut en couleur. 


Ce que nous avons ressenti:

▪️Une histoire pleine d’humour.

S’il y a quelque chose à retenir, à la première lecture de ce joli album, c’est nos éclats de rires. Il est tellement bourré d’humour et de situations cocasses qui poussent à tourner les pages avec le sourire bien accroché et entre deux fous rires, essayer de lire la définition de ce nouvel animal qui se réinvente à force d’envie et de démesure. Nous allons suivre, au cours de cette histoire, une petite hyène toute chamboulée de rencontrer les animaux de la savane, et chaque rendez-vous animal se termine par un échange incongru. La qualité des illustrations aussi est une merveille: l’improbabilité de la situation laisse à l’artiste, un grand champ pour l’originalité du rendu et c’est très sympa de voir l’évolution de cette zébéléhyène.

▪️Une hyène dépressive…

C’est vrai que c’est une histoire très amusante, mais il y aussi derrière une vraie conscience psychologique pour une meilleure acceptation de soi. Cette petite hyène tachetée souffre d’un cruel manque de confiance en soi. Elle a un réel malaise qui la pousse à vouloir toujours plus, jusqu’à l’absurde…Mais avec le rire et beaucoup d’imagination, cet album montre que le bonheur n’est pas dans cette quête de chimères superficielles. C’est simple mais très efficace, et le message est essentiel. A mettre entre toutes les petites mains! Le petit plus de cette collection: la petite annotation sur la couverture qui parle du thème abordé. Ici L’acceptation de soi/quête d’identité. En un coup d’œil, on sait vers quelle problématique on va, et en tant que maman (ou même les bibliothécaires ou toute personne amenée à conseiller un livre), j’ai trouvé cela pratique et pertinent.

▪️Coup de foudre!

Si je vous dis que ma fille l’a lu 5 fois dans la même soirée… Est-ce que vous pensez, que le pari est gagné?! Et oui forcément, Maman et Fille sont ravies de cette nouvelle histoire du soir, où on peut parler de différences, d’amour et de confiance. A haute voix, c’est une vraie gymnastique, mais c’était génial, parce qu’on n’a pas fini de s’adapter à un nom, qu’il faut déjà intégrer une nouvelle façon de définir cette nouvelle petite hyène, tout en admirant la prouesse artistique.

Un vrai coup de foudre pour cette hyène attachante, et nous aussi, nous sommes tombées sous son charme au premier coup d’œil.

Notre Note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Evalou de leur confiance et l’envoi de ce livre. J’ai trouvé très agréable d’avoir un petit mot personnalisé du directeur de cette maison d’éditions ainsi que le catalogue de présentation.

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Charles Manson par lui même, Propos recueillis par Nuel Emmons.


Synopsis:

« À ce stade, je n’ai rien à perdre ou à gagner en racontant mon histoire. »

Tout semblait avoir été dit sur les crimes de cet été 1969 et leur commanditaire, Charles Manson, devenu l’un des pires cauchemars de l’Amérique… tout, sauf bien sûr la version du criminel. Jusqu’à ce qu’en 1979, Nuel Emmons, l’un de ses anciens compagnons de prison, lui soumette le projet d’une autobiographie où Manson se raconterait sans détour. Le résultat, écrit à la première personne, est le seul récit jamais livré par l’homme de sa furieuse existence : brut de décoffrage, dénué de tout romantisme et presque entièrement crédible. 
« Mec, fallait pas écrire tout ce que je t’ai raconté ! », réalisa plus tard Manson. « Tu me mets à poil, carrément. Tout ce qu’a dit le procureur au monde entier, ça me faisait comme une carapace, ça me protégeait, ça m’immortalisait. » 
Emmons avait donc vu juste en avançant dans son introduction que « le mythe de Charles Manson » ne pourrait survivre à ce livre.
Ce mythe, c’est l’accumulation des chansons, des films, des livres, des pages Web qui, en l’espace de cinquante ans, ont forgé une sorte de légende noire du leader de la « Famille ». Autant de projections fantasmatiques, d’images-écrans superposées au réel, à travers lesquelles Manson – mort en 2017 – court toujours. 
Comment l’un des plus dangereux criminels de l’histoire est-il devenu une icône sombre de la pop-culture ? Qui était vraiment l’homme derrière le masque grimaçant de psychopathe ? Une partie des réponses, à n’en pas douter, se trouve dans le labyrinthe de ces pages glaçantes, longtemps confinées au silence et maintenant traduites en français. 


Ce que j’ai ressenti:

▪️La curiosité avant tout…

Je lis très peu de biographie. En revanche, quand j’ai vu celle-ci, j’ai été de suite interpellée. La curiosité d’en savoir plus sur cette personne intrigante, son histoire de gourou à l’esprit dérangé, parce que finalement j’avais déjà vu passer, ici ou là, la folle réputation de Charles Manson, et j’ai voulu aller un peu plus loin, juste pour comprendre comment on en arrive à une telle aura d’horreur.

50 ans après, que peut-il bien rester à dire sur cet homme? Tout simplement, sa vérité. Et ça pourrait bien casser le mythe…Nuel Emmons, un ancien co-détenu devenu journaliste, a récolté ses dires et impressions, en interviewant cet homme incarcéré: Charles Manson. Et de là, nous tenons entre les mains, une autobiographie qui fait froid dans le dos.

Car même le diable, si toutefois il existe, a commencé quelque part.

▪️Une haine profonde…

De par son histoire personnelle, la rage qu’il a en lui, est compréhensible -pas excusable-mais compréhensible. Entre une mère qui n’a, ni les moyens ni l’envie, d’assumer son enfant et le cercle familial dysfonctionnel qui entoure l’enfant Charles Manson, il est compréhensible de saisir la colère qui l’habite. Et de ce terrain de misère et d’absence d’amour, son passage dans les maisons de redressement pour jeunes aura scellé le déséquilibre psychologique de cet adulte en devenir (soit dit en passant il est carrément inconcevable de lire de telles horreurs sur les pratiques au sein de ses murs). Il a passé quasiment toute sa vie dans des prisons, subissant maintes et maintes violences. On comprend donc comment il en arrive à ressentir une telle haine envers le monde qui l’entoure.

Pour rappeler le contexte du drame et le début du mythe: Charles Manson vit en marge de la société, dans un van entouré de jeunes paumés, en pleine période hippie, entre sexe, drogue, et rock’n’roll. Il s’enorgueillit de vivre en harmonie avec la nature , se repentant de ses erreurs de jeunesse, et voulant percer dans le monde de la musique. Il nous raconte donc, comment tout bascule, du jour au lendemain…

C’est terriblement effrayant de lire ses ressentis qui ne parlent que d’amour et d’échanges, de liens forts avec sa communauté basés sur l’entraide, sa « Famille ». On dirait qu’il ne se rend pas compte de ses failles psychologiques et de ses comportements déviants et c’est là que ses confessions deviennent affreusement dérangeantes parce qu’on entre dans sa psyché fragile et complètement détraquée.

C’est tellement choquant, que je n’ai pas pu lâcher ce livre.

▪️L’homme derrière la légende.

Charles Manson, c’est « un des pires cauchemars de l’Amérique » et l’un des « plus dangereux criminels de l’histoire » …Comment en arrive-t-on à de tels titres? En laissant libre cours à la presse à sensations. C’est elle qui a fait naître ce monstre que tout le monde redoute, à force de gros titres toujours plus fort que le précédent. Cette autobiographie est intéressante dans la mesure où elle s’éloigne de ces clichés et autres potins accrocheurs pour nous dévoiler l’homme derrière la légende.

« Les psychiatres de la prison ont diagnostiqué Manson comme paranoïaque et schizophrène, ce qu’il reconnait volontiers. »

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Alina Gurdiel ainsi que les éditions Séguier pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

 

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La Daronne, Hannelore Cayre.


Synopsis:

Patience Portefeux, 53 ans, deux filles, un chien, un fiancé flic et une vieille mère en EHPAD. Patience trime, Patience est traductrice de l’arabe pour le ministère de la Justice. Des milliers d’heures à transcrire des écoutes entre petits dealers et grands bandits. Puis Patience franchit la ligne jaune : elle détourne une montagne de cannabis issue d’un Go Fast. Sans culpabilité ni effroi. Simplement une petite entorse morale. Et encore.

Et Patience devient la Daronne.

GRAND PRIX DE LITTÉRATURE POLICIÈRE

PRIX LE POINT DU POLAR EUROPÉEN


Ce que j’ai ressenti:

▪️L’histoire d’un karma…

« Pour nous, vous n’existez même pas. »

Pour le ministère de la Justice, elle n’existe pas. Traductrice de l’ombre, payée au noir, elle retranscrit de l’arabe au français, les conversations téléphoniques des dealers. Elle, c’est Patience Portefeux. Veuve éplorée , Mère débordée et Fille ingrate, mais c’est surtout une femme de cinquante ans, qui n’arrive pas à joindre les deux bouts, qui subit son karma de descendance véreuse et qui un jour, à force de pression, devient une dealeuse de cannabis. Elle se fait reine d’un réseau de drogue, grâce à sa faculté d’écoute. Elle, c’est la Daronne. Elle n’existe pas pour le ministère mais heureusement pour nous, lecteurs, Elle devient une figure incontournable dans le monde du polar. Et on adore sa langue bien pendue!

-Dans l’immeuble nous appeler vous le fantôme. Mais vous moins fantôme qu’avant. Beaucoup moins. 

▪️Une collectionneuse atypique.

Petite fille, c’était la collectionneuse de feux d’artifices…Avec sa sensibilité particulière, elle se met à goûter les saveurs de la misère mais, depuis quelque temps, sa vie devient une telle galère, son avenir un tel néant, qu’elle en est réduite à son âge, à collectionner surtout les emmerdes. Mais le feu de son caractère l’emporte sur un éventuel apitoiement. Et nous lecteurs, nous avons la chance de voir ses explosions d’humeur et d’humour, son point de vue acéré et sa colère face aux incohérences du système politique et social de la France. Et nous aussi, on devient collectionneurs de ses feux de fureur, de ses feux de détresse, de ses feux de compassion, de ses feux de couleurs et d’émotions qui illumine ce polar noir.

« Collectionner les feux d’artifices, et bien ça serait comme être au centre d’un gang bang géant avec tout l’univers.« 

▪️Les couleurs de l’Endless Summer.

La Daronne goûte donc au risque brun, au blanchiment d’argent et à la couleur effacée de l’honnêteté. Si vous ne deviez lire qu’un roman cet été, pensez à celui ci! Il est court, impactant, efficace. En à peine 175 pages, il nous encanaille à passer la ligne jaune, le temps d’une lecture! C’était une chouette découverte, un polar aux mille couleurs et aux saveurs amères et pourtant, il y avait une belle palette d’émotions qui font de cette histoire surprenante et audacieuse, un pur moment de délice!

On devrait carrément manger de l’argent, le hacher et en faire un complément alimentaire de luxe, comme la gélée royale me suis-je dit en me faisant rire toute seule. 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Léatouchbook ainsi que  les éditions Points de leur confiance. Merci pour l’envoi de ce colis Découvrez Toutes les Couleurs du Noir. Je suis ravie de soutenir la couleur Rose et les romans noirs.

Le cercle Points - Créateurs de lecteurs

 

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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