La Voix des Vagues, Jackie Copleton.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est img_4051.jpg

Synopsis:

Lorsque par un froid matin d’hiver, un homme défiguré frappe à la porte d’Amaterasu Takahashi et lui annonce qu’il est son petit-fils, elle ne peut le croire…Tout le passé de la vieille dame pénètre à sa suite. Celui d’avant l’Amérique. Celui d’avant ce 9 août 1945, à Nagasaki où le feu du ciel lui prit sa fille, son petit-fils – cherchés sans répit dans le ruines, et jamais retrouvés.Quarante ans plus tard, l’inconnu au visage brûlé ravive les plaies qu’elle a tant voulu oublier. La culpabilité. Le mensonge. Les secrets. Qu’a-t-il à lui dire ? Qu’a-t-elle encore à lui offrir ?

Ce que j’ai ressenti:

À tous ceux qui liront cette lettre,

Tout d’abord, je dois vous dire que ce livre est une merveille. Un raz-de-marée aussi. Une découverte troublante et une beauté d’ailleurs. C’est l’histoire d’une famille brisée par un drame pulvérisant. Le monde a changé radicalement après « ça ». Jackie Copleton nous donne une vague de douceur en nous contant cette tragédie avec la puissance poétique de cette fiction.

Pikadon, c’est le terme qu’ils emploient pour parler de cette journée. Le jour où le cœur du Japon a explosé. Peu de mots permettent de décrire l’horreur de Nagasaki. Comment mettre des termes pour décrire une telle destruction? Tout ce qui n’a pas été anéanti, réduit en cendres, a fini en miettes. Les édifices, la nature, les peaux. La vie de milliers de gens en bing-bang.

Alors je vous dirai avec humilité, que le chagrin de ces survivants a quelque chose d’admirable. Il est fait de vœux, de donations, d’entraide et de résilience. Une inspiration en somme. Leurs arts comme leurs bontés sont des modèles à suivre…J’ai tellement aimé les définitions en japonais qui ouvrent les débuts de chapitres. C’est une invitation à mieux apprendre cette culture, et je lui trouve une musicalité exquise pour faire résonner la voix de ses vagues de mélancolie et d’amour.

Finalement, en écrivant cette lettre, je me rend compte que j’ai passé un doux moment, même si accompagné de beaucoup de tristesse, avec Amaterasu et sa famille. J’ai lu leurs mots, leurs confidences, leurs secrets inavoués, leurs doutes et leurs rêves…J’ai partagé un parapluie avec eux, le temps de 400 pages. Un rapprochement réconfortant au plus près de leurs intimités. Et même, si ce peuple est doté d’une grande pudeur, j’ai apprécié la force de leurs sentiments. L’amour est au centre de leurs vies. Même maladroit, même dissimulé, même monstrueux, il se lit comme une évidence au fond de leurs cœurs.

Je ne saurai que trop vous conseiller de découvrir à votre tour, cette perle littéraire…Féériquement vôtre, en toute sincérité,

Stelphique.

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est pocket.jpg

El Niño de Hollywood, Oscar et Juan José Martinez.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est img_3989.jpg

Synopsis:

Quelle est la relation entre le gouvernement de Ronald Reagan et un membre d’un gang en Amérique centrale qui a assassiné plus de 50 personnes ? Quel est le lien entre la Californie et le fait que le Salvador soit le pays le plus meurtrier au monde ? Comment un groupe d’immigrés à Los Angeles – fans absolus de heavy metal – est devenu l’embryon du gang le plus dangereux de monde ? Dans ce document poignant de réalité, les frères Óscar et Juan José Martínez – l’un reporter, l’autre anthropologue – racontent la vie de Miguel Ángel Tobar, dit El Niño de Hollywood, un tueur sanguinaire appartenant au seul gang faisant partie de la liste noire du département du Trésor aux Etats-Unis, la Mara Salvatrucha 13. Cette histoire brutale du Niño de Hollywood permet surtout aux auteurs de livrer les dynamiques sous-jacentes du phénomène des gangs aux États-Unis et en Amérique centrale, et de montrer comment des processus globaux construisent une infinité d’histoires microscopiques qui ont, elles, des conséquences bien réelles. Entre thriller, récit documentaire et enquête historique, les auteurs nous plongent au cœur des ténèbres – peuplées de mysticisme, codes d’honneur, tatouages et trahisons – pour essayer de déchiffrer les racines d’une violence qui semblerait inexplicable mais qui ne l’est pas. Des mauvaises décisions, des décisions stupides ont été prises et personne ne semble avoir conscience des erreurs. La fin d’une guerre n’est pas nécessairement le début de la paix. A travers des scènes d’une réalité féroce, nourries par des centaines d’heures d’interviews et de terrain, les frères Martínez font honneur à la terrible réponse qu’ils ont donné au Niño de Hollywood lorsque celui-ci leur a demandé pourquoi ils s’intéressaient à lui :  » Parce que, malheureusement, nous croyons que ton histoire est plus importante que ta vie… « 

Ce que j’ai ressenti:

▪️Pour certains, la paix est impossible…

« Je hais donc j’existe. »

Puisque on en est à parler épidémie, il faudrait que je vous parle aussi de celle-ci…L’épidémie du Salvador, le pays le plus meurtrier au monde…Ce livre est un choc. Je suis totalement sortie de ma zone de confort pour découvrir la violence extrême. Avec ce récit documentaire, les frères Martinez nous emmène au plus près du gang le plus dangereux du monde: la Mara Salvatrucha 13, et sur les traces de l’un de ses membres les plus terribles, El Niño de Hollywood. C’est un documentaire édifiant et terriblement choquant. Les chiffres et les statistiques s’affolent et défient tout entendement: autant de morts pour un si petit pays, ça fait froid dans le dos, et c’est pour cela que le mot Épidémie, lui est associé, avec ce nombre ahurissant de victimes. En retraçant ainsi, grâce aux entretiens et au travail d’enquête minutieux de ces deux auteurs sur les origines de la formation de ce gang, on s’aperçoit que pour certains, le mot paix n’a pas de place dans leurs vocabulaires. Miguel Angel Tobar est El Niño de Hollywood et son histoire est importante pour comprendre le fléau qui sévit au Salvador.

Ils naissent et ils meurent comme ça.

Mais ces morts étaient des morts pauvres. Des morts de règlements de comptes entre gangs. Morts de cette guerre entre miséreux.

▪️Sauf que c’étaient des gamins…

J’avais déjà entendu parler du phénomène des « baby-gang » en Italie avec la duologie Roberto Saviano (Piranhas et Baiser Féroce), mais même sur d’autres frontières, ce mal se répand aussi, malheureusement. Utiliser des enfants pour répandre la haine. La misère, bien sûr, a été le terreau de ce phénomène dévastateur…À force de recherches et d’entretiens, les deux frères Martinez nous démontrent que l’embrigadement se fait dès le plus jeune âge, et comme ce sont des « gamins de rien » livrés à eux-mêmes, qu’ils n’ont personne pour les protéger de ces figures manipulatrices, ils tombent vite sous la coupe des gangs…Et dans leurs totales inconsciences, dans leur total dévouement, ils font pire que les « grands », et n’ont de cesse de faire monter cette violence en escalade, jusqu’au bain de sang, pour nourrir la Bête. C’est la haine, leurs moteurs de vie. Parce qu’ils n’ont rien d’autre que ça, ces enfants perdus. Ils dévorent et se font dévorer pour cette idée d’appartenance à un clan. Et ils ne peuvent pas s’en sortir, une fois que La Bête les a marqués, c’est définitif. Aucune échappatoire possible. Souvent, ils prennent alors un nom avec une majuscule, pour faire courir la légende et semer la mort, partout. El Niño de Hollywood est un assassin avec plus de 50 meurtres à son actif. Un enfant-tueur, victime et bourreau de La Bête.

De la chair fraîche et agressive pour faire grossir la Mara Salvatrucha, La Bête.

▪️Comprendre la création du gang le plus dangereux du monde…

Bien que le sujet soit très difficile, c’est un livre que je recommande à qui voudrait comprendre l’histoire et la formation du gang de la Mara Salvatrucha 13. J’ai pris le temps de lire avec attention cette lecture. C’est un récit très documenté et fort en émotions parce que l’on voit à travers les yeux et les ressentis de El Niño de Hollywood.

La mort appelle la mort. Pas partout, mais au Salvador, si. La mort a la mort en héritage. Des petites histoires de famille à l’histoire récente du pays, le Salvador est construit sur des morts qui ont généré d’autres morts.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Editions Métailié : en novembre, on lit, on lit ! L'automne s ...

Furie, Grazyna Plebanek.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est img_3969.jpg

Synopsis:

Congolaise originaire de Kinshasa, Alia a cinq ans quand elle arrive à Bruxelles. C’est un nouveau monde, hostile, que découvre la petite fille. Son père, un fan de Mohamed Ali, l’initie à la boxe, qui devient pour elle le moyen de réprimer sa colère.
Devenue adulte, elle entre dans la police. Mais c’est un milieu machiste, et où une majorité de ses collègues sont atteints par un racisme viscéral. Car s’ils acceptent la jeune femme comme l’une des leurs, ils veulent éliminer les migrants, qu’ils torturent grâce à une milice de policiers qui ne sont pas d’origine belge. Débarrasser le pays des étrangers grâce aux étrangers, tel est le but de cette organisation. Et Alia en fait partie.
Pour s’imposer dans ce jeu de pouvoir, elle va commettre l’irréparable. Avec Furie, l’écrivaine Grazyna Plebanek nous offre un livre puissant et un inoubliable portrait de femme.

Ce que j’ai ressenti:

C’est l’histoire d’une femme forte, celle d’Alia. C’est moi, Stelphique, conteuse du monde Fairy, qui vous la raconte, cette rencontre avec la Furie Futée…

Un jour, dans un pays pas si lointain, à vrai dire, collé à nous autres, une petite fille a appris le poids des mots et la force de frappe, grâce à son père mais à cause de la vie aussi, qui s’est occupée de la faire grandir avec ses deux puissances au creux de ses mains. À coups de poings dans la gueule, à coups de pieds dans ses rêves, Alia s’endurcit. Elle ne s’est pas laissé abattre, la petite Futée, elle a déjoué les attaques et s’est forgé un mental d’acier…Je n’ai pas son talent à la Furie Futée pour conter ses exploits devant un public médusé, il vous faut donc, absolument l’écouter, parce qu’elle y met des mots sauvages et poétiques sur ces histoires urbaines, et c’est tellement fort que ça vient te frapper direct…Sept fois! Sept fois sous le plexus. Sept et encore sept fois plus. Crochet du droit, crochet du gauche, danses et rugissements, laissant son adversaire, chaos. Et nous, avec.

« N’aie pas peur de la douleur. »

Elle avait des racines, cette Furie, mais on les lui a arraché…Elle avait l’innocence, mais on le lui a subtilisé. Elle avait la peau noire, mais on lui a inculqué le blanc. Elle avait deux pays dans le cœur, mais on ne lui a laissé de la place, nulle part. Elle avait une famille mais on lui a éclatée aux quatre vents…Alors, il lui est resté, que de la colère…Des gants de boxe et la rue. Parce que dans ce monde qui ne va pas bien, elle a voulu essayer de le changer. Trop furieuse de voir le racisme, la misogynie, l’injustice, la cruauté, elle a laissé la fureur la submerger…Et a réussi à la transformer…Mais une menace plane sur elle, car il est dit qu’elle serait la suivante…

Fais quelque chose, Alia. Oppose-toi à ça!

La Furie est devenue une femme combattante dans un monde d’hommes. Sans artifice avec la rage au ventre, elle a troqué ses atouts de féminité pour se faire respecter sur le ring et dans les rues. Elle avait des multiples possibilités, elle choisit le chemin le plus ardu. Parce que c’est une guerrière, Alya, une petite légende des temps ordinaires qui vous apparaîtra sans doute extraordinaire, une fois, que vous découvrirez, je l’espère, qui se cache derrière les contes de la Furie Futée qui vient de partout…

Vivre dans la séparation, dans les marges, sentir que tu ne correspond à rien, qu’ils n’ont pas besoin de toi…personne ne veut ça.

Ainsi se termine ma rencontre avec la Furie Futée et il n’y a pas de morale à en tirer. Il y avait du mal et il y avait du vrai, tout cela, dans une certaine ébullition d’émotions. C’était tellement dur parfois de lire la violence et ses effets. Il est à découvrir ce roman!

Remerciements:

Je tiens à remercier William et les éditions Le livre de poche pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Le monde entre vos mains

Chez Nous, Louise Candlish.

Synopsis:

Inconnu(e) à cette adresse.
 Fiona et Bram Lawson pensaient s’être séparés « intelligemment ». Ils avaient, en tout cas, trouvé un accord : ils habiteraient à tour de rôle avec leurs enfants dans leur belle demeure de Trinity Avenue, dans le sud de Londres. Mais l’histoire a mal tourné. Très mal tourné.
Un jour d’hiver, en rentrant chez elle, Fiona tombe sur des déménageurs. Tous ses meubles ont disparu, il y a des gens dans sa maison – un couple qu’elle n’a jamais vu lui annonce qu’il en est le nouveau propriétaire. Fiona essaie immédiatement de joindre Bram, mais son numéro est hors service. Et ses enfants, eux aussi, sont introuvables. Cauchemar éveillé ? Cela ne fait que commencer !
Entre Desperate Housewives et Les Apparences, Chez nous est un thriller redoutablement addictif, qui tient son lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Ce que j’ai ressenti:

▪️Un livre de circonstance…

Parce que la nouvelle vient de tomber, il va falloir qu’on reste Chez Nous. Mais ce thriller parle de foyer usurpé, de famille éclatée, le « Chez Nous » n’est plus qu’une illusion qui s’envole…La malchance de ce Vendredi 13 semble s’abattre sur les Lawson! Fi est éjectée de sa belle maison de Trinity Avenue et, elle vit très mal d’être dans cet inconfort. Mais qui lui a volé sa plus belle fierté, qui lui a enlevé ce Chez nous si cher à son cœur?…Et puis, où sont ses enfants? Où est son mari? Et pourquoi une nouvelle famille a pris possession de son Nid? Chez Nous, c’est une ambiance particulière, de faits et dires qui s’étiolent, sans maîtrise aucune, et pourtant il va bien falloir comprendre comment Chez Nous, on va pouvoir déterminer les circonstances de cette perte de leur Chez Eux…Tout est parti en vrille, entre les mensonges et les non-dits, et c’est Fi, La Victime. Et vous, que feriez-vous sans votre Chez-Vous? Vers qui, vous retourniez-vous pour faire face?

La survie aussi provisoire quelle soit, tenait beaucoup à la compartimentation, et je commençais à devenir un expert dans l’art de rendre chaque joint de ces compartiments parfaitement étanche.

▪️Nouvelles formes de vies…

Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce thriller, c’est qu’il est très contemporain, tout en ayant un effet très rétro. Des nouvelles formes de communications avec les podcasts, à des confidences Word, le couple Lawson utilise les outils à leurs portées pour se défendre, mais la tourmente est lancée à trop vive allure pour esquiver le drame. Il y a toute une ambiance So British, avec ce charme indéniable de savoir poser une atmosphère lente, mystérieuse. On le sait pour ça, les auteurs anglais savent y faire pour créer un suspense sournois avec peu de choses et Louise Candlish est de cette trempe d’écrivaine qui maîtrise parfaitement ce talent puisque ce roman est complètement addictif! Et puis à côté de ça, il y a également une évolution dans les mœurs.On sent que l’époque a changée que les foyers sont au cœur des préoccupations. A l’heure d’aujourd’hui, être plus à l’écoute des besoins de la famille, gérer au mieux le bien-être des enfants lors d’une séparation comme le met en place Fiona Lawson nous démontre que la société tend vers plus de resserrements des liens familiaux. Et c’est tellement réconfortant de pouvoir lire ce genre d’intelligence protectrice. Mais ce thriller domestique fait éclater les vernis de cette illusion de famille parfaite, et c’est souvent au fond du jardin, que se délite leurs belles alliances…

Ce n’était pas que les mères avaient le monopole de la dévotion parentale, c’était juste qu’elles ressentaient plus profondément les choses.

▪️Keep calm and Restons Chez Nous…

En cette période de confinement, rester Chez Nous est essentiel. Prenez donc un bon livre, comme celui-ci par exemple, et prenez soin de vous et de vos proches. Que l’on soit Chez Nous, ne doit pas nous empêcher de rester vigilants face à ces nouvelles formes d’arnaques, de prendre soin de nos proches et plus particulièrement, les plus vulnérables…Restez dans vos nids. Les apparences peuvent être tellement trompeuses et dans le sud de Londres, près d’un magnolia, j’ai eu tellement de plaisir à passer du temps devant la façade de la belle demeure de Trinity Avenue. Je ne vais pas en dire plus sur cette intrigue efficace et réussie, je vous laisse la découvrir…Je retourne à mon confinement en vous envoyant mes plus douces pensées…

Le cœur a une mémoire comme tous les autres muscles et, je dois l’admettre, le mien s’est serré en le voyant ainsi.

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Richesse Oblige, Hannelore Cayre.

Synopsis:

Dans les petites communautés, il y en a toujours un par génération qui se fait remarquer par son goût pour le chaos. Pendant des années l’engeance historique de l’île où je suis née, celle que l’on montrait du doigt lorsqu’un truc prenait feu ou disparaissait, ça a été moi, Blanche de Rigny. C’est à mon grand-père que je dois un nom de famille aussi singulier, alors que les gens de chez moi, en allant toujours au plus près pour se marier, s’appellent quasiment tous pareil. Ça aurait dû m’interpeller, mais ça ne l’a pas fait, peut-être parce que notre famille paraissait aussi endémique que notre bruyère ou nos petits moutons noirs… Ça aurait dû pourtant…Au XIXe siècle, les riches créaient des fortunes et achetaient même des pauvres afin de remplacer leurs fils pour qu’ils ne se fassent pas tuer à la guerre. Aujourd’hui, ils ont des petits-enfants encore plus riches, et, parfois, des descendants inconnus toujours aussi pauvres, mais qui pourraient légitimement hériter ! La famille de Blanche a poussé tel un petit rameau discret au pied d’un arbre généalogique particulièrement laid et invasif qui s’est nourri pendant un siècle et demi de mensonges, d’exploitation et de combines. Qu’arriverait-il si elle en élaguait toutes les branches pourries ?

Ce que j’ai ressenti:

▪️Talent oblige…

Hannelore Cayre nous revient en ce mois de mars, avec encore des personnages féminins très forts. Elle a vraiment le chic cette auteure pour faire briller les femmes, toutes les femmes. Et plus particulièrement, elle fait sortir de l’ombre ces femmes qu’on oublie, ces femmes ordinaires que l’on regarde à peine, mais qui sont pourtant tellement fabuleuses pour un peu qu’on s’y intéresse…Je trouve qu’elle a un super pouvoir cette Hannelore Cayre, celui de magnifier les femmes dites « invisibles ». Lire son roman noir pendant ce Mars au féminin, c’est de régaler d’avoir à vivre le temps d’une lecture avec des personnalités bien campées et hautes en couleurs et de rire à leurs côtés de leurs audaces… Donc que je vous présente: Blanche de Rigny, son amie Hildegarde et leur petite protégée Juliette dans leur sillage, des femmes fortes et déglinguées, avec un redoutable sens de l’efficacité et déterminées plus que jamais, à sauver le monde…Toutes différentes qu’elles sont, ce duo de nanas, qui a l’art et la manière de « faire chier », donne un sacré coup de pied, là où ça fait bien mal et nous, lecteurs, on en redemande forcément!

-C’est bien la jeunesse, ça, de courtiser le désastre!

▪️Généalogie oblige…

En point de départ, un nom de famille pour le moins étrange. De Rigny. C’est vrai, que ça résonne bizarrement comme un nom de la noblesse, alors Blanche s’interroge et va se concentrer sur son arbre généalogique et faire bouger les branches en secouant bien fort pour faire tomber les fruits pourris…Vous savez ce genre de secrets de famille qu’on planque sous les tapis à coups de pots-de-vins et autres petites « arrangements » que les riches peuvent se permettre pour un peu qu’on y mette le prix?!…C’est la toute première fois que j’entends parler de « remplacement militaire », et je dois dire que je ressors choquée, outrée même qu’on puisse acheter une vie, switcher son destin parce qu’on a l’argent et le pouvoir, pour le faire, mais ce n’est pas le seul thème que cette auteure aborde, pour nous faire bondir de nos chaises… Elle en a sous le pied Hannelore!!… Avec ces sauts dans le temps de 1870 à nos jours, on s’aperçoit que les histoires passées ont toujours l’emprise sur nos présents, et que le futur ne pourra changer que si l’on se bouge, même à notre petite échelle, même entravé, avec des idéaux plus sains que ce que la Richesse oblige

Un prix des hommes existe toujours, mais son calcul ne répond plus aussi directement à la loi de l’offre et la demande.

▪️Karma oblige…

Après le détonant roman noir et son personnage inoubliable de La Daronne, je confirme que Hannelore Cayre fait partie de mon paysage du polar. Elle a une plume énergique, incisive et avec du caractère! Pour moi, une incontournable! Elle dénonce avec un sacré bagout, les problèmes de sociétés d’hier et d’aujourd’hui et nous surprend avec un humour noir et brillant de mille feux. Loin de moi, l’idée de vous obliger à quoi que ce soit, mais je vous conseille de découvrir cette auteure parce qu’en fait, elle est tout simplement, géniale!

Croche dedans si tu peux, il n’y en aura pas pour toutes!

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Résultat de recherche d'images pour "métailié editions"

J’aurais pu devenir millionnaire j’ai choisi d’être vagabond Alexis Jenni.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est img_3804.jpg

Synopsis:

Né en Écosse en 1838, débarqué à 10 ans dans la région des Grands Lacs, aux États-Unis, le jeune Muir s’échine chaque jour dans les champs et lève parfois la tête pour regarder la nature environnante qui l’émerveille. Le soir, il imagine et crée des objets mécaniques qu’il présente ensuite en ville comme, par exemple, cet appareil pour le sortir automatiquement du lit à l’heure du lever. Très vite, John Muir s’interroge sur le sens de cette vie de labeur, alors qu’il pourrait vivre en autonomie dans la nature. Il quitte le Wisconsin, sillonne le pays à pied du nord au sud et d’est en ouest, participe aux transhumances de bergers isolés, vit en ermite dans les bois, fasciné et nourri par la vie qui l’entoure. Dans la Californie de la ruée vers l’or, on fait fortune en creusant une dette écologique abyssale, que personne ne voit encore. Sauf Muir, qui la pressent grâce à son attention aux hommes et son amour du paysage. Figure mythique aux États-Unis, fondateur des parcs nationaux, sauveur du Yosemite, John Muir posa clairement la question du sens de la vie dans la nouvelle société industrielle et industrieuse et il y a répondu, par son mode de vie, en termes tout aussi clairs. Ancêtre du concept d’écologie, il fut, selon Roosevelt, « l’homme le plus libre que j’ai jamais rencontré ».

Ce que j’ai ressenti:

🌳John Muir, cet homme admirable.

Ce titre, c’est la phrase de John Muir. La vie de John Muir est une inspiration. Vagabonder a été son leitmotiv, la liberté, sa compagne de vie. Il a une façon totalement différente de voir et d’appréhender le monde qui est tout à fait fascinante. Je comprends tellement Alexis Jenni qui lui rend hommage avec ce livre, parce qu’effectivement cet homme délaisse toutes les plus viles ambitions pour se consacrer à promouvoir l’utilité et la nécessité des forêts. Je ne crois pas qu’il y est plus beau combat sur terre. Plus je découvrais sa vie, plus je lisais ses poésies, plus je voyais sa bienveillance, et plus j’étais admirative. Surtout au vu de l’actualité de ces derniers mois, il me semble très important de mettre la lumière sur ces personnalités d’hier et d’aujourd’hui, qui font bouger les choses et nous pousse à mieux réfléchir à nos actions et comprendre l’impact qu’elles ont sur notre planète. Il a passé sa vie à arpenter les forêts, à défendre les espaces sauvages, il s’est battu pour faire comprendre que tout être végétal et animal doit être respecté au même titre qu’une vie humaine.

Le métier de Muir? Vagabond. Son activité? Vagabonder. Sa vocation? Le vagabondage.

🌳John Muir, cet homme aux multiples talents.

John Muir n’est pas seulement un vagabond illuminé et sensible à l’environnement. Non, c’est un homme avec une intelligence démesurée, avant-gardiste mais il est aussi profondément désintéressé. Il est naturaliste, poète, inventeur, artiste, contremaître, botaniste, ingénieur…Un génie qui se diversifie pour les attentes de la société, mais lui, ne voue qu’amour à la nature. Plus que tout, c’est un homme amoureux de tous les êtres vivants. Il n’a pas peur de se confronter aux déchaînements des éléments, à la faim, au danger, à la solitude pour vivre en harmonie avec le concept authentique de vie sauvage. Seul à marcher et dormir à même la terre, seul avec rien pour vivre, seul mais surtout libre. Libre de toute attache superficielle. Une philosophie spirituelle qu’il se plaît à mener naturellement, avec un courage exemplaire.

Le monde a besoin des forêts.

🌳John Muir ou l’émerveillement…

Cet homme a su tomber en amour devant le miracle de la création, sentir jusque dans son corps la connexion avec la nature et le transmettre dans ses écrits avec humour et passion. C’etait un homme émerveillé. Et l’émerveillement, par bonheur, ça se transmet. De l’admiration sans borne que Alexis Jenni nous démontre pour John Muir jusqu’à nous, prenez le temps de vous émerveiller aussi devant la beauté d’une forêt, sentir les vertiges des panoramas sauvages et entendre les murmures des séquoias…Attrapez l’émerveillement en allant en forêt, peut-être même qu’il vous apparaîtra au détour d’une clairière, sait-on jamais…Personnellement, j’ai été émerveillée par la façon démente et extraordinaire de vivre aussi libre que John Muir.

Comment dire un bonheur?

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est sticker-fee-libellule.png
Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Paulsen pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Editions Paulsen

Les femmes et le pouvoir. Un manifeste, Mary Beard.

Les Femmes et le pouvoir par Beard

Synopsis:

« Mère, retourne dans tes appartements, reprends tes travaux […] discourir est l’affaire des hommes. » Ainsi dans l’Odyssée d’Homère, Télémaque s’adresse-t-il à Pénélope. Révolte adolescente ou misogynie systémique ?
Pour mieux cerner la violence exercée sur les femmes afin de leur intimer le silence, Mary Beard puise dans l’histoire de Méduse, d’Elizabeth Ire ou d’Hillary Clinton. Elle revisite ainsi, avec humour, la question de l’égalité des sexes et explique pourquoi, depuis deux mille ans, l’on a des femmes qui s’expriment et revendiquent le pouvoir une image détestable.

Ce que j’ai ressenti:

▪️L’envie d’en savoir plus sur notre Histoire au féminin…

Dans le cadre des challenges qui fleurissent en ce mois de mars sur Instagram, avec #marsaufeminin et #femmesdelettresalhonneur , et par un heureux hasard, mon hashtag aussi #lireetcelebrerlesfemmes, j’ai pioché cette mini-lecture pour en savoir plus sur cette vague de féminisme, et sans doute être plus attentive à leurs voix, plus compréhensive face à leurs engagements. Mary Beard s’appuie sur des textes antiques, aiguille notre regard sur la peinture et ses plus grands chef-d’œuvres pour étayer son manifeste: Les femmes et le pouvoir, et on sent qu’elle a à cœur de défendre le droit des femmes. C’est un essai très intéressant qui pousse ma curiosité à en apprendre plus sur la place des femmes dans l’Histoire, et rien que ça, c’est déjà un bel objectif personnel pour les semaines à venir…

▪️Deux grandes lignes sur la scène…

Les deux grands points que Mary Beard abordent sont la voix publique des femmes et leurs pouvoirs. On voit bien que la voix des femmes est particulièrement difficile à faire entendre, et si jamais elles y arrivent, c’est très limité dans leur influence…- ou alors elles sont carrément poussées vers la sortie, comme notre chère Pénélope-. Il en est de même pour leur place dans la sphère politique et sociale tout au long de l’Histoire. Les hommes au cours des siècles, ont tellement empreint de leur autorité virile et leur sexisme ravageur tous les domaines, qu’il est encore aujourd’hui, quasi mission impossible pour les femmes de se sortir de ce silence imposé. Avec des références au travers de tous les arts, nous entrevoyons combien, les femmes, même les plus érudites, ont du mal à avoir accès au plaisir de discourir et celui de prendre des mesures nécessaires pour plus d’équité.

C’est un essai assez bref, dynamique et illustré. Mais c’est surtout un manifeste pour les femmes pour qu’elles aient le droit à la parole, comme tout un chacun. J’ai beaucoup aimé, c’était instructif et aussi révélateur du malaise qui se fait sentir en ce moment même dans notre actualité.

A découvrir et parlez-en!

Par définition, dans la plupart des circonstances, une femme parlant en public n’était pas une femme.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Trois heures du matin, Gianrico Carofiglio.

Synopsis:

En juin 1983, un Italien de dix-sept ans se retrouve à Marseille avec son père. Pour finaliser un traitement médical, on préconise au jeune homme de ne pas dormir durant quarante-huit heures et de prendre à intervalles réguliers des amphétamines. Son père l’accompagne. Un livre initiatique aussi fin qu’émouvant. La rencontre que vous n’avez jamais eue avec votre père.

Ce que j’ai ressenti:

« Qui se serait douté qu’à Marseille il y avait des endroits aussi beau? a fait remarquer mon père au bout d’un demi heure de navigation.

Avant que le temps ne passe tout seul, avant que les heures de la nuit s’étirent, avant que Trois heures du matin vienne vous prendre, allez voir Marseille et étonne-vous encore du pouvoir d’attraction de cette ville. Marseille, mon amour, ma ville. Alors, il est question de temps, et mieux encore de 48 heures de libertés offertes à un père et son fils, pour apprendre à mieux se connaître, apprendre à devenir un père et aussi un fils, des heures à se perdre dans une ville pour se découvrir enfin. Alors pourquoi dormir?! Profitez plutôt de la douceur de vivre de ces lieux… Je connais trop la folle façon d’aimer à l’italienne, entre ardeur démesurée et pudeur des sentiments avoués, et Gianrico Carofiglio nous le décrit avec tellement de justesse et de simplicité, qu’il nous touche en plein cœur, grâce à ce rendez-vous imprévu qu’un médecin arrive à prescrire. C’était agréable de se perdre avec l’un et l’autre, au cœur de la ville et dans leur intimité- Antonio, parce qu’il se retrouve entre deux âges difficiles tandis que son père s’abandonne à ses rêves oubliés- et cette escapade leur donne la place d’en parler…Et nous, de s’émouvoir dans leurs confidences…

-Il se produit des courts-circuits, dans la tête et dans l’âme des gens, que personne ne parviendra jamais à saisir. Si on essaye de les élucider, on devient fou.

Bien sûr, que lorsque j’ai vu que cette histoire s’ancrait dans les rues de la belle Massilia, j’ai tout lâché pour partir avec Gianrico Carofiglio et ce duo père/fils. Je m’en suis épuisée de joie et je n’en ai rien laissé: j’ai aimé toutes les sensations que cette ballade a réveillé en moi. Je ne regrette pas cette lecture qui fleure bon le parfum des souvenirs et de la mélancolie, tout cela enrobé dans un doux son de jazz et quelques strophes de poésie. Je vous aurai bien confié d’ailleurs que la pensée magique m’a touchée comme un porte-bonheur grâce à cette belle histoire de complicité, et qu’il y avait plein de petits détails de dates et de petites étincelles qui font que cette lecture sera mon petit « crush » de ce mois-ci…Et puis, surtout, qu’il vous faut absolument visiter Marseille à toutes les heures du jour et de la nuit…C’est une ville incroyablement époustouflante.

il faut épuiser la joie, c’est la seule façon de ne pas la gâcher, après elle disparaît.

Balikwas! À vous, maintenant de bondir sur cette lecture!

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Le bûcher de Moorea, Patrice Guirao.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est img_3477.jpg

Synopsis:

Dans le lagon de Moorea, les eaux calmes et bleues bercent quelques voiliers tranquilles. Les cocotiers dansent au vent. Les tiarés exhalent leur parfum. Pourtant, à l’abri de la forêt, des flammes se fraient un chemin vers le ciel. Lilith Tereia, jeune photographe, tourne son appareil vers le bûcher. Devant son objectif, des bras, des jambes, des troncs se consument. Et quatre têtes.
Pour quels dieux peut-on faire aujourd’hui de tels sacrifices ? Avec Maema, journaliste au quotidien de Tahiti, Lilith est happée dans le tourbillon de l’enquête. Les deux vahinés croiseront le chemin d’un homme venu de France chercher une autre vie. Un homme qui tutoie la mort. Derrière chaque paradis, il y a un enfer. Bienvenue en Polynésie !

Ce que j’ai ressenti:

▪️Avant que j’oublie...

Il y a des magies qui se lovent dans le souffle de la terre.

Avant que j’oublie, j’aimerai vous dire que je me suis approchée d’un peu trop près des flammes. Et la conséquence, c’est que je me suis brûlée les ailes sur Le bûcher de Moorea. J’ai piqué un peu trop les fleurs de tiaré dans mes cheveux, j’ai couru un peu trop rapidement sur ses plages: je me suis étourdie de Polynésie. Et pourtant, le feu continuait de prendre des vies innocentes ou coupables dans la tombée du soir…

Avant que j’oublie, j’aimerai vous parler de la douceur de vivre de cette île. Un lieu que je n’aurai jamais voulu quitter. Même avec un charnier en plein milieu du paysage, même avec une jambe disparue ou des jeunes égarés, j’y serai bien restée. Pourtant, tout ne fait pas rêver, il y a des réalités que j’ai dû occulter pour n’y voir qu’un idéal fantasmé. Alors même si on me demandait à quoi ressemble le Paradis, j’aurai bien dit: oui, c’est ici.

Avant que j’oublie Lilith, Naël ou Gaspard, et puis tous les autres…J’aimerai leur dire que j’ai fait de belles rencontres. J’ai aimé être à leurs côtés dans leurs aventures, être au plus près de leurs façons de penser. Pourtant, ils sont différents, fascinants, indépendants, dangereux, voire originaux. Mais je ne me suis pas lassée d’eux, de leurs particularités, de leurs manières d’aimer et de leurs façons de sombrer dans L’Enfer. Peut-être qu’ils sont juste, libres, en fait…

Avant que j’oublie que je me suis trop abîmé les yeux dans toutes les nuances de bleu, jusqu’à attendre le Noir…Alors que j’ai trop patienté de ressentir le mana dans ma peau, j’ai entraperçu ce qu’il y avait du charme de la Mort et de l’art de prendre la Vie. Tant de vie auprès de la mort, tant de morts reviennent à la vie, et dans le miroir, est-ce un visage qui me ressemble?! Et toujours, le ciel donne ses dégradés dans l’azur, mais les ancêtres continuent de murmurer des bruits affamés et pleurent l’infini.

En revanche, ce que je ne pourrais jamais oublier c’est la poésie qui est entrée par effraction, comme une boule de feu, dans le creux de mon ventre. Combien Patrice Guirao sait la mettre en valeur dans des passages tout à fait éblouissants, comme il a l’amour des mots et à l’art de les faire vibrer dans ce thriller. J’ai été soufflée, émerveillée même par moment. La rencontre avec cette plume a été un coup de foudre, et puis finalement, je me suis aperçue que je la connaissais déjà depuis des années, que je chantais ses mots avec un enthousiasme certain (à tue-tête et complètement faux dans les vocalises aussi, mais qu’importe…)…Alors ce n’est qu’un coup de foudre qui frappe deux fois au même endroit, il ne fait que Prendre Racine dans mon cœur. Je me suis brûlée les ailes dans Le Bûcher de Moorea, et je voudrais ne jamais l’oublier.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est sticker-fee-libellule.png
Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est pocket.jpg

Dévorer les ténèbres, Richard Lloyd Parry.

Synopsis:

L’histoire vraie d’une jeune femme disparue dans les rues de Tokyo et du démon qui l’a engloutie.Lucie Blackman est grande, blonde et sévèrement endettée. En 2000, l’été de ses 21 ans, cette jeune Anglaise travaille dans un bar à hôtesses de Roppongi – quartier chaud de Tokyo – lorsqu’elle disparaît sans laisser de traces. Ses parents lancent alors une vaste campagne de mobilisation pour la retrouver. Bien vite, l’enquête des autorités japonaises devient sujette à caution : veut-on vraiment savoir ce qui s’est passé ?

Journaliste, Richard Lloyd Parry se passionne pour l’affaire. Voulant savoir ce qui est arrivé à Lucie, il s’immerge  dans le Tokyo interlope, où il ira de surprise en surprise. De l’industrie du sexe au fonctionnement sidérant de la justice, il lève ainsi le voile sur une ville hantée par le mal, aussi fascinante qu’effrayante. Au cœur de cette toile invraisemblable, un mystérieux millionnaire, véritable figure du vice, sur lequel vont se porter tous les les soupçons. Espionné, menacé, attaqué en justice, Richard Lloyd Parry ne laissera rien l’arrêter dans sa recherche de la vérité.

Ce que j’ai ressenti:

▪️Tokyo et ses mystères…

Ce que j’ai aimé avant tout, c’est cette visite inédite de Tokyo, avec tout ce qui en fait son charme mais aussi, toute sa partie sombre. C’est une ville fascinante à bien des égards, et ses habitants ont une culture tellement différente de la nôtre, que c’est intéressant de découvrir les comportements, les us et les coutumes de ces hommes et femmes à l’autre bout de la planète. Nous en apprenons beaucoup sur les mentalités et j’ai apprécié de connaître un peu mieux leur histoire, les conflits qui les opposent aux coréens, et être plongé dans leurs réalités. Sentir l’odeur et l’ambiance de la ville. S’immiscer dans leurs quotidiens pour mieux comprendre. Dans cette recherche de vérité, on se retrouve au cœur d’un quartier chaud de la ville, Roppongi, où il ne fait pas bon s’égarer dans ses ruelles, et ça, la jeune Lucie Blackman va l’apprendre à ses dépens…C’est elle, la disparue de Tokyo sur laquelle Richard Lloyd Parry, va mener l’enquête. Parce qu’elle s’est évaporée un peu trop facilement de la surface de la terre, un peu trop mystérieusement pour pas éveiller l’intérêt d’une grande majorité, un peu trop tragiquement pour laisser indifférent ce journaliste. C’est une histoire vraie. Et nous allons voir ce qui se cache derrière le titre Dévorer les ténèbres…À quel point, il prend tout son sens…Je vous préviens de suite, on en ressort pas tout à fait indemne…

Roppongi émerge de son sommeil de vampire. Dès le milieu de la soirée, tout s’est transformé- le son, l’odeur, le regard, le toucher.

▪️Une enquête passionnante et hors norme.

C’est une lecture difficile et pourtant, très intéressante dans son approche. Sincèrement, je suis très sensible et plonger dans une histoire aussi sordide, ça laisse des traces, mais c’est aussi une enquête minutieuse menée par un journaliste investi qui va au-delà de l’aspect professionnel. Il s’efforce de reprendre le contexte personnel et familial, les circonstances du drame, les répercussions sur les médias, les failles judiciaires, et c’est ça qui est louable dans son intention, c’est d’être le plus objectif possible pour lever le voile sur cette disparition terrible. Dans ce livre, on a cette jeune fille, Lucie Blackman, belle et lumineuse mais qui nous livre dans ses derniers mots, un mal-être évident à se retrouver ainsi dans une « baraque de merde ». On ressent dans son journal intime, une détresse émotionnelle qui m’a fait mal de lire, sans compter qu’elle exerce un boulot d’hôtesse qui n’a pas l’air de lui convenir totalement. Ensuite, il y a cette famille éplorée qui va exploser sous nos yeux. Et puis, tout le contexte de l’enquête et du procès qui m’a hérissé les poils plus d’une fois…Bref, non seulement c’est dense, parce que l’auteur ne nous épargne aucun détail mais en plus, c’est assez difficile à lire tellement on va s’approcher au plus près de la noirceur. Et c’est cela, qui a mon avis, fait tout l’intérêt de cette lecture, c’est de vivre, presque en temps réel, au cœur de ce drame.

C’est ça, le pire: ne pas savoir. Ne pas savoir quelle émotion ressentir. Tu as tellement d’émotions en toi-tu dois en choisir une.

▪️Au revoir, Lucie Blackman…

Je pense que cette histoire va encore me hanter pendant très longtemps. Elle a de quoi réveiller nos plus grandes peurs. Les ténèbres ont ce pouvoir effrayant, elles peuvent te rester en mémoire un certain temps et obscurcir ta vision du monde. Et c’est parce que ce drame est bien réel que l’impact sur nous lecteurs, est d’autant plus grand. Pour autant, je recommande cette lecture avec certes une réserve pour les âmes sensibles, mais elle me semble nécessaire. Pour qu’il n’y ait plus de disparues, pour qu’on connaisse mieux les démons qui peuplent notre monde, pour ne pas oublier. Repose en paix, Lucie, c’est ma seule prière: envole-toi loin de ce monde maintenant…

Où allions-nous la trouver désormais, notre prochaine petite lueur d’espoir?

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Previous Older Entries

En Féérie, il brille quelques poussières…

Enter your email address to follow this blog and receive notifications of new posts by email.

Rejoignez 229 autres abonnés