1793, Niklas Natt och Dag

Couverture 1793


Synopsis:

1793. Le vent de la Révolution française souffle sur les monarchies du nord. Un an après la mort du roi Gustav III de Suède, la tension est palpable. Rumeurs de conspirations, paranoïa, le pays est en effervescence. C’est dans cette atmosphère irrespirable que Jean Michael Cardell, un vétéran de la guerre russo-suédoise, découvre dans un lac de Stockholm le corps mutilé d’un inconnu. L’enquête est confiée à Cecil Winge, un homme de loi tuberculeux. Celui-ci va bientôt devoir affronter le mal et la corruption qui règnent à tous les échelons de la société suédoise, pour mettre à jour une sombre et terrible réalité. Puissant, noir et fiévreux, 1793 évoque les univers de James Ellroy, de Tim Willocks et d’Umberto Eco. En tête des ventes dès sa sortie en Suède, célébré par une critique dithyrambique dans plus de trente pays, c’est un coup de maître. On n’a pas fini d’en entendre parler.


Ce que j’ai ressenti:

  • Une année de vents et de colères…

En quatre saisons, Niklas Natt och Dag rend avec grandeur, l’instabilité d’une année de violences en Suède. 1793. Ce thriller historique nous emmène dans une enquête sombre et tendue, au plus près, d’un monstre sanguinaire. 1793. Un climat de colère et de frustration bouillonne dans les rues de Stockholm…De l’automne avec un fantôme, à l’hiver avec des loups, le temps semble faire valser les furies, damner les papillons de nuits, piéger les lapins…Cecil Winge et Jean Michael Cardell, vont devoir apprendre à unir leurs forces et dissimuler leurs faiblesses pour mettre fin à cette vague de Mal dont souffre cette ville au bord du chaos et, qui ramène en son port, des ondes de colères révolutionnaires…1793 va marquer l’univers du polar! Il nous vient du Nord mais c’est une pépite brûlante, à aimer sans modération!

« Où irait le monde si même nous autres qui allons bientôt mourir ne nous serrions pas les coudes? »

  • Ivresse de rouge…

Ce qui rend ce thriller fascinant, c’est l’énergie palpitante de ces lignes. Sang versé. Sang perdu. Sang craché. Sang mêlé et liens du Sang viennent soulever toutes les fureurs de vie. L’auteur a une plume sensorielle qui donne des scènes d’actions absolument grandioses ou éprouvantes, presque vivante parfois! Ça pulse, ça saigne, mais qu’est-ce que c’est beau quand c’est écrit avec autant de passion. Cette lecture est hypnotisante. Cette atmosphère intrigante entre vie et mort, et le passage entre ses deux zones floues où les fantômes peuvent se faufiler, rend ce roman captivant! S’il vous reste un goût de fer en bouche, c’est que Niklas Natt och Dag a un don! Il m’a littéralement scotchée sur mon canapé, alors que j’ai vécu de l’intérieur, des violences et des tourments fiévreux…Ça vie, ça meurt, ça souffre: c’est tellement vibrant!

« Il ne devrait pas être enterré sans nom. C’est comme ça qu’on sème les revenants. »

  • Une rencontre fulgurante!

Maintenant, que je vous ai parlé du contexte historique et du travail de recherche que l’on sent monumental, ainsi que de cette plume fabuleuse et poétique d’un tout nouvel auteur qu’il faudra surveiller de très près, étant donné son talent incroyable , il me reste à vous dire, ô combien, ce duo de personnages est INOUBLIABLE et combien j’espère le revoir, un jour, dans un prochain roman (même si cela semble très peu probable). Entre Cecil Winge et sa maladie et Jean Michael Cardell et son infirmité, ce sont deux fortes têtes, épris de justice et dévoués à leurs victimes, que j’ai été ravie de rencontrer dans les couloirs du palais Indebetou. Ils ont su me toucher parce qu’ils ont toujours dans l’optique de ne pas laisser une victime mourir, sans nom ni sépulture convenable, aux dépens même de leurs problèmes de santé: ils se jettent à corps perdu dans cette enquête dangereuse, quitte à y laisser de leur personne. J’ai adoré leur intelligence, leur altruisme, leur bonté d’âme.

Ce livre, c’est une bombe! Tout y maîtrisé, de l’émotion aux rebondissements. La juste dose entre récit historique passionnant et thriller efficace. Petite et grande histoire se mêlent pour donner un moment de lecture exceptionnel. Gros Coup de Coeur!

« Haut les cœurs, que diable! »

Post-scriptum: Ce livre aura forcément, une saveur particulière, parce que j’ai pu rencontrer cet auteur, pendant ma lecture! Je l’ai fait dédicacer au festival Quais du Polar, le 31/3! Une rencontre magique, avec une touche de Love <3.

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

 

Indian Psycho, Arun Krishnan

Indian psycho par Krishnan


Synopsis:

À New York, tout est possible. Depuis qu’il y vit, Arjun tâche d’oublier l’enfant qu’il a été. L’abandon et l’orphelinat en Inde, puis son adoption par le couple Clarkson. Avec quelques baratins bouddhistes et un soupçon de sémantique marketing, Arjun s’est hissé au top d’une grande agence de pub. Il a accompli son rêve : devenir un gentleman. Jusqu’au meurtre d’Emily. Pas son meilleur coup. Son business plan ? Noyer le poisson. Dans le flux. Quelques clics et jeunes cadres poignardés plus tard, le tueur de MyFace peut terroriser la Toile, la ville, et toute l’économie du pays… Tremble, Amérique !
« Un thriller délicieusement sardonique, doublé d’une habile satire des réseaux sociaux. » Macha Séry – Le Monde


Ce que j’ai ressenti:

 

  • L’Amérique des possibles…

Yes, we can! Oui, vous pouvez être ce que vous voulez en Amérique! Un publicitaire apprécié, un employé modèle au potentiel fructueux, et…un tueur en série. Cette histoire pourrait bien bouleverser certaines petites habitudes de posts et diffusions, d’envie de cuisine et de vêtements, de click et d’évasion. Une tornade de couleurs et un souffle de culture bouddhiste risque d’envahir votre espace polar, avec cette pointe d’humour noir qui saura vous séduire, assurément…La toile va connaître un de ses pires utilisateurs et, pas sûr que le réseau social Myface apprécie ce nouveau fléau…Quand l’audace et la paranoïa s’associe, cela donne un indien dans la ville avec un coup de couteau plutôt tranchant! New York n’a plus qu’à bien se tenir!

« Je deviendrais un individu américain d’exception. » 

  • Un thriller efficace!

Je l’ai dévoré en deux jours, parce qu’il avait un petit effet « déstabilisant » et addictif. Outre le personnage principal, qui devient malgré lui, un sérial-killer, Arjun est déconcertant et dans l’air du temps, et c’est ce qui le rend encore plus effrayant. Avec cette frustration de concilier intégration et identité culturelle, avec son passé trouble et cette violence sous-jacente, ce terrain virtuel en effervescence devient  l’espace de chasse d’un Indian Psycho. On devine en quelques pages, le danger de cette diffusion d’intimité et de la probabilité de tomber sur une personne malintentionnée, qui pourrait s’en servir à des fins tragiques. Et du virtuel, on passe au réel, avec des cadavres bien sanglants…En touchant ainsi,  ce nouveau phénomène de société, on ressent un étrange malaise que l’auteur, Arun Krishnan, accentue avec des pointes acérées sur cette tendance à l’hyper connexion. Intéressant!

« On peut tuer un homme de la même façon qu’on peut tuer un animal. »

  • MyFace et ses travers…

N’est pas gentleman qui veut, et sérial-killer non plus! Mais apparemment, Arun Krishnan pense qu’on peut être les deux, alors quittez vos écrans, le temps de cette lecture! Indian Psycho vous présente le profil d’un publicitaire complètement psychotique, accro aux réseaux sociaux et suivre ses aventures, laissera quelques traces, un ou deux autocollants « Je t’ai trouvé sur MyFace » comme signature, et des dialogues improbables hilarants…Une histoire qui a l’énergie communicative pour vous permettre de méditer sur certaines petites manies de dispersion de données personnelles aux quatre vents… Rythmé et intelligent, ce polar est bon divertissement!

« Le Bouddha a dit que si l’on contemplait les affronts avec une parfaite sérénité, ils finiraient par quitter notre être et se dissiper dans l’univers. Et notre esprit se laverait des pensées négatives. »

 

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

 

Une confession, John Wainwright

Couverture Une confession


Synopsis: 

À cinquante ans, John Duxbury est secrètement déçu par son existence. Son travail est devenu une routine, son mariage sombre dans la grisaille, il ne sait plus comment être heureux.
Bientôt, c’est un drame qui s’abat sur lui. Alors qu’il est en vacances avec sa femme, Maude, celle-ci fait une chute mortelle. Quelques temps plus tard, un homme se présente au commissariat. Il a été témoin des faits et prétend que c’est John qui a poussé sa femme dans le vide. L’inspecteur Harker, chargé de l’enquête, s’engage à corps perdu dans la recherche de la vérité, jusqu’à l’ultime face-à-face.


Ce que j’ai ressenti:

 

  • Les tourments de John Buxbury. 

Avec son journal intime, destiné à son fils Harry, John Buxbury, cinquantenaire moyennement heureux, revient sur sa vie, où il s’épanche sur son mariage qui part à va-l’eau, et son quotidien de routine pépère. Des confidences couchées sur le papier, tout en intimité, un échange interposé entre un père et son fils avec des secrets dévoilés et quelques mots d’amour. Des pages sans prétention, juste pour laisser une trace d’une vie ordinaire. Sauf, que le drame s’en mêle et frappe aussi soudainement qu’une mauvaise chute. Et c’est toute une cellule familiale qui éclate avec ce deuil foudroyant et les accusations qui tombent, comme une mauvaise pluie sur un chemin au bord d’une falaise…D’un point de vue à l’autre, qu’allez-vous penser de cet homme qui se confie à vous?

« Des gens chutent tout le temps d’une falaise. Beaucoup en décèdent. A croire que c’est la raison même des falaises. Elles sont là pour qu’on puisse en tomber. Pour qu’on puisse s’en faire précipiter. » 

  • Le calvaire de Harry Harker.

Toute la tache difficile de cet inspecteur, sera de déterminer si, la chute de Maude, est un accident ou un meurtre. Et là, tout le génie de l’auteur est d’avoir su créer une ambiance électrique, basée sur le doute raisonnable, la présomption d’innocence, la crédibilité des témoins, les inimitiés et Une confession d’un homme veuf. Il marche sur un fil tendu, Harry Harker, mais il a à cœur de faire son boulot, on ne peut lui retirer cette qualité…De fil en aiguille, à force de patience et de colères, il recueille des mots soufflés et des pistes vertigineuses, et j’ai été scotchée par cette récolte de minis cailloux blancs qui le guide vers cette confrontation finale. D’un plan de vue à l’autre, qu’allez-vous penser de cet homme obstiné?

« Tout homme est un perpétuel menteur, un perpétuel acteur. »

  • Le journal d’émotions de Stelphique.

J’ai connu un moment de plaisir. De bonheur, même, à lire Une confession, un roman oublié depuis des années, mais réédité cette année, par la géniale maison d’édition Sonatine. C’était maîtrisé de bout en bout, jusqu’au final étincelant. J’ai été bluffée par l’aspect psychologique et toute la finesse de cette intrigue. L’intelligence dans la simplicité et le petit air rétro délicieux dans cette atmosphère tendue, c’était génial! John Wainwright joue avec nos nerfs, nos certitudes, nos sentiments pour nous déstabiliser et nous emmener au plus près d’une vérité qu’on ne peut voir venir. J’ai adoré! Après une telle chute, qu’allez-vous penser de ce formidable roman inconnu?

Tout ce qui est vivant meurt un jour. Chaque homme. Chaque femme. Dans une immense majorité, ils s’éteignent de mort naturelle. D’autres périssent accidentellement. 

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture électrisante.

Ça ne coûte rien de demander,Sara LÖvestam.

Couverture Ça ne coûte rien de demander


Synopsis: 

« Si la police ne peut rien pour vous, n’hésitez pas à faire appel à moi. » Kouplan, détective sans-papiers. 
Ça y est, l’autoproclamé « détective » Kouplan, immigré iranien à Stockholm, n’a plus un rond. Il en est réduit à collecter des canettes vides pour les revendre contre quelques pièces. 
En fouillant dans les poubelles du quartier huppé de Lidingö, il croise le chemin de Jenny Svärd, conseillère municipale aux dents longues, dont il surprend la conversation : Jenny vient de se faire escroquer par son amante, qui a disparu dans la nature avec deux cent mille couronnes. 
Puisque ça ne coûte rien de demander, Kouplan saute sur l’occasion pour lui proposer ses services d’enquêteur…


Ce que j’ai ressenti:

Il me semble que ça ne coûte rien de dire que j’ai adoré cette deuxième enquête de l’inspecteur Kouplan. Que j’ai été très heureuse de le retrouver, parce que finalement, c’est bien à ce personnage que l’on s’attache. On l’avait laissé sur une révélation inattendue en twist final dans Chacun sa vérité, et Sara Lovestam approfondit plus encore cette identité floue en donnant un caractère plus intime à ce roman. En brouillant ainsi les pistes, cette auteure bouscule les mentalités vers plus de tolérance. Certains passages sont bouleversants, et tout le long de cette intrigue, c’est dans cette fragilité qu’est la grande force de ce polar. Je suis totalement conquise par son style, son engagement pour les problèmes de société actuels, sa sensibilité. Au delà, d’une simple enquête à lire sous nos plaids, je pense que Sara Lovestam peut marquer l’univers du polar grâce à ce personnage atypique.

« Les circonstances nous rendent complexes, songe Kouplan. Comment se catégoriserait-il lui-même? Comment associer son passé, son corps et ses actes sous une seule et unique étiquette? » 

Le détective Kouplan  se voit confier une nouvelle mission dans l’ombre et puisque ça ne coûte rien de demander, il aborde lui même, Jenny Svard qui s’est vue délestée de deux cent mille couronnes par son amante. Toujours la peur et la faim au ventre, et sans doute d’autres bouleversements hormonaux, il avance dans les rues à couvert, et plonge dans le grand bain de la politique. Petit à petit, on est saisi par la force des mensonges énoncés et des vérités tues, par les révélations étranges et les actions volontaires, et par cette vengeance de femmes.

« En se consacrant au faux, on est en contradiction avec la vie qui est dans le vrai. Chaque mensonge est un instant volé à sa propre vie. »

Ça ne coûte rien de demander…la suite des aventures de Kouplan! Je suis tellement impatiente de découvrir l’évolution de ce personnage. Dans ce tome-ci, vérités et mensonges jouent encore sur les failles humaines et tout ce qu’il parait n’est jamais totalement ce qui est. Et c’est ce que j’adore! Etre déstabilisée, ne pas prévoir le prochain rebondissement, me laisser surprendre par des émotions nouvelles. Avec Sara Lovestam, je sais que j’aurai ces moments de doutes délicieux, où chacun peut ressentir sa vérité.

Ça ne coûte rien de demander, Kouplan. Il n’y a qu’à demander, l’univers te répondra. Sois ce que tu veux être, nous sommes les metteurs en scènes de nos propres vies. 

 

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Emmanuelle des éditions Pocket pour sa confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture passionnante!

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pocket

Requiem, Tony Cavanaugh.


Synopsis:

Quelques mots prononcés dans la panique au téléphone :  » Darian, il faut que tu viennes. Tu es le seul à pouvoir nous aider. Il y a tant de corps !  » … puis plus rien. L’appel vient d’Ida, une jeune fille que Darian Richards, ex-flic des homicides de Melbourne, a sauvé quelques mois plus tôt d’une sale affaire. Si Richards a décidé d’abandonner un métier trop éprouvant pour ceux qui, comme lui, prennent les choses trop à cœur, il ne peut pas laisser Ida sans réponse. Son appel de détresse ayant été localisé, Darian gagne la Gold Coast, région des plages d’Australie, où les étudiants se retrouvent pour fêter la fin de leurs examens. Il est alors loin de se douter que la disparition d’Ida n’est presque qu’un détail dans une enquête qui va bientôt se transformer en véritable cauchemar. 

On a beaucoup comparé Tony Cavanaugh à Michael Connelly, on compare maintenant de jeunes auteurs à Tony Cavanaugh. Avec ce thriller encore plus sombre que ses précédents, l’auteur de L’Affaire Isobel Vine et de La Promesse confirme tout son talent et sa place de maître absolu du genre. 


Ce que j’ai ressenti:

  • Regarde-moi dans les yeux…

Tu ne pourras pas y échapper. Les yeux revolver de Darian. Le regard enflammé de Starlight. Ou les yeux des cadavres. Fais bien gaffe ou tu laisses traîner tes yeux… Plonge avec les C. Admire Vic et ses camarades patchwork. Électrise-toi dans un appart au soixante-dixième. Regarde et vois le charme de ce Requiem. Ne glisse pas sur les courbes, ne tombe pas dans les ténèbres. Laisse moi voir dans le fond de tes yeux, les abîmes…Regarde-moi. Requieme-moi. Re-Aime moi. Relis-moi. Et fais ta prière, il se pourrait que des morts soient de sortie…Je n’ai pas pu lâcher ni les yeux vides, ni les pages de ce nouveau thriller! Quelle énergie! Tony Cavanaugh a une plume efficace et addictive, un humour à tomber et une fin de contes de fées. Un thriller noir comme je les aime, le talent en surbrillance!

« Ne les regarde pas dans les yeux, m’avait-il prévenu. Parce que si tu le fais, tu vas te connecter. »

  • Appelle-moi…

Une jeune fille, Ida, appelle un drôle de chevalier servant: Darian Richards. Est-il possible d’incarner autant le prince que le brigand?! J’ai adoré ce personnage, anti-héros et terriblement attachant, pour son impertinence, son intelligence et son côté « fonceur », mais pas sûr que son côté « ingérable » soit du goût de ses collègues. Pas du tout même. Ce qui donne forcément, des dialogues savoureux. Décalés et cyniques. A mourir de rire. Sauf que c’est bien beau de rigoler, mais des tas de nanas, jeunes et jolies, disparaissent pendant les schoolies, et Darian est déterminé à mettre un peu d’ordre au milieu de ce carnage, à moins de mettre encore plus de chaos. Tout est question de perception…Et Pendant ce temps, les appels et les cadavres tombent en pluie. De jeux à île et de « il » à « je », moi, je suis addict à ce rythme endiablé de lecture et je cherche un numéro dans mon répertoire…D, Darian…

« Darian, il faut venir. Vous seul pouvez m’aider. Il y a tellement de corps… » 

  • Vis un cauchemar éveillé …

Tony Cavanaugh nous plonge dans le décor australien, mais plus encore dans l’envers du décor. Au plus sombre, sous la surface, dans les ténèbres…Et à prendre les pistes du bush, les virages glissants du trafic, ou les lignes de la toile d’araignée, l’auteur nous sensibilise sur les réseaux du Dark Net et c’est encore plus effrayant que ce qu’on pouvait imaginer! Du kidnapping de princesses aux meurtres étouffés, c’est souvent à une transaction près. Pas de repos pour les braves, mais un petit Requiem pour les victimes, c’est toujours appréciable. Il me tarde de retrouver bien vite une autre enquête! Tony Cavanaugh m’a bluffée par son style et son audace! J’ai A-DO-RÉ!

 

« Tu danses avec le diable une fois, tu es marqué pour la vie. »

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture addictive!

Ce que savait la Nuit, Arnaldur Indridason.

Couverture Ce que savait la nuit


Synopsis:

Les touristes affluent en Islande et les glaciers reculent lentement. Le cadavre d’un homme d’affaires disparu depuis trente ans émerge du glacier de Langjökull. Son associé de l’époque est de nouveau arrêté et Konrad, policier à la retraite, doit reprendre bien malgré lui une enquête qui a toujours pesé sur sa conscience, en partie sabotée par la négligence d’un policier toujours en service.

Au moment où il pensait vivre sa douleur dans la solitude – le meurtre de son père n’a jamais été élucidé et sa femme vient de mourir d’un cancer –, Konrad doit reprendre ses recherches, malgré les embûches et la haine. Seul le témoignage d’une femme qui vient lui raconter l’histoire de son frère tué par un chauffard et le supplie de trouver ce qui s’est passé pourrait l’aider à avancer…

Ce nouvel enquêteur, jumeau littéraire d’Erlendur, permet à Indridason de développer le spectre de son talent. Konrad est né en ville, il a eu une enfance difficile, il vient de perdre l’amour de sa vie, il est en train de renoncer à lui-même. Arnaldur Indridason se place ici dans la lignée de Simenon, avec la construction d’un environnement social et affectif soigné et captivant. Un beau roman noir sensible aux rebondissements surprenants.


Ce que j’ai ressenti :

  • Tu te rappelleras le souffle de l’elfe…

Quelle joie de pouvoir me replonger dans les eaux froides de l’Islande, et retrouver l’ex-inspecteur Konrad. Je me rappelle l’immense coup de cœur pour Passage des Ombres et j’étais contente que ce nouveau tome soit dans la continuité de la Trilogie des Ombres. Ce personnage est particulièrement touchant, et grâce à cette nouvelle enquête et le cadavre sorti du glacier de Langjökull, j’ai pu retrouver de la magie de mon précédent ressenti, tout en découvrant encore des facettes intéressantes du personnage de Konrad. Les elfes ne sont plus, mais il n’en reste pas moins qu’il y a quelque chose de fascinant à se plonger dans les romans de Arnaldur Indridason.

« -Et dire qu’il y a encore des gens pour douter des effets de l’activité humaine sur le climat, avait déploré le glaciologue dans l’émission matinale. »

  • Tu entendras les vibrations de la Lune.

Arnaldur Indridason m’a encore conquise avec sa plume, un mélange de poésie et de force tranquille. Il conte avec une douce mélancolie, les affres de la culpabilité, tout en déclinant les sonorités des appels silencieux des coupables et des innocents. La Lune, témoin des drames, éclaire d’une douce lumière les pires douleurs. Il y a eu un moment magique avec cette éclipse de lune, qui m’a énormément touchée…De manière posée et efficace, ce roman noir est à la fois un passionnant engrenage d’interrogatoires et une contemplation d’une beauté stupéfiante. Maintenant, je rêve de voir L’Islande au clair de Lune, c’est dire, son pouvoir de persuasion….

« La lune était décrite ainsi dans un poème : elle était la boucle de la nuit. L’antique amie des amants. »

  • Tu diras…Ce que savait la nuit…

La nuit, les secrets sont toujours plus lourds à porter, alors Konrad récolte les confidences, les souffrances, les aveux terribles… Même à 30 ans du drame, les mots ressortent, les souvenirs resurgissent, les ombres reviennent…Les fragments de vies se collent un à un, et doucement le puzzle de ce meurtre sordide, prend forme dans le regard hanté de cet inspecteur à la retraite…Le rouge et le noir s’épousent sur un fond blanc glacé, et c’est magnifique…

« La seule manière de vaincre la mort est de l’accepter. »

Le petit +: La couverture sublime!

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Metailie pour leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une très belle lecture.

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Dans la Neige, Danya Kukafka.


Synopsis:

Au milieu de l’hiver glacé du Colorado, ce portrait d’une communauté traumatisée est noir, intense, poignant : une révélation ! Dans cette petite ville du Colorado, on adore ou on déteste Lucinda Hayes, mais elle ne laisse personne indifférent. Surtout pas Cameron, qui passe son temps à l’épier, ni Jade, qui la jalouse terriblement. Encore moins Russ, qui enquête sur sa mort brutale On vient en effet de retrouver le corps de Lucinda dans la neige. 
Chacun leur tour, Cameron, Jade et Russ évoquent la jeune fille, leurs rapports, leurs secrets. Vite, ce drame tourne à l’obsession : tous trois savent en effet que la vérité peut les sauver ou les détruire. Ce tableau d’une petite communauté provinciale en forme de traversée des apparences est un portrait saisissant d’une Amérique bien-pensante travaillée par des pulsions obscures, dont tous les repères sont en train de voler en éclats. 
Avec ce premier roman, salué par une critique unanime comme un véritable tour de force littéraire Danya Kukafka, exprime cette vulnérabilité, avec une grâce et un talent infinis.


Ce que j’ai ressenti:…Sans doute, des signes de l’au-delà…

  • Et sur un tourniquet: l’Image.

Lucinda Hayes est en pleine lumière. Dans la neige. Elle est épiée, jalousée, dessinée, admirée, aimée…Mais surtout: assassinée…L’image: Une colombe fracassée sur un tourniquet…

Voilà, tout ce qu’il reste de cette jeune fille, un crime à élucider, mais la communauté se souvient d’elle, et dans ce roman choral à 3 voix, tente de raviver son lumineux souvenir…Pourtant, l’ombre de Lucinda hante trois personnages: Cameron/ Jade/ Russ, presque obsessionnellement. Une tragédie et trois manières de l’appréhender…Trois façons de revivre le drame entre désir et attraction, amour et répulsion, traumatisme et fascination. Ce thriller psychologique laisse des traces sur le lent chemin blanc de cette intrigue, alors que l’enquête autour de ce meurtre ignoble même, se fait discrète, mais les secrets inavouables veulent sortir de la nuit…Toujours, et en dépit des gènes…

« Mais la vie réelle ne fonctionne pas comme ça, elle ne se déroule pas en vagues dont on peut anticiper les creux et les crêtes. L’amour non plus d’ailleurs. A vrai dire je ne sais pas au juste comment procède l’amour, mais je dirais que c’est de façon bien différente. A la manière d’une avalanche. »

  • Et Dans la neige: le Rêve.

Une atmosphère glaçante et des tempêtes d’émotions adolescentes que l’auteure, dans son premier roman, saisit avec brio. J’étais au cœur de leurs rêves, de leurs sentiments obscurs, de leurs angoisses, de tout ce qu’il vaut mieux cacher aux autres, sous peine de passer vite fait, pour un des suspects…Leurs talents aussi bien que leurs tourments, mis à nu et comme une avalanche, créent des nœuds à l’intérieur de nous… Et le Rêve se fait cauchemar, puisque le mal s’est glissé dans la pureté du décor enneigé…Avec cette sensibilité exacerbée propre à cet âge charnière, les doutes et les suspicions sont omniprésents, et m’ont captivé, parce que tous les possibles sont envisageables…

« Et puis, comme par miracle, la neige . La plus belle façon pour le ciel de pleurer un être humain . »

  • Et au cœur du Royaume: le Symbole.

Danya Kukafka crée un thriller d’ambiance, où la neige s’invite dans le paysage et recouvre sereinement les secrets les plus noirs de ses habitants. Plus les pages tournent, plus les mystères crissent…Plus les ténèbres s’avancent et plus les Nuits-Statues se collectionnent, et plus l’art se modèle, plus les ombres se noircissent de fusain…Le Symbole: un labyrinthe et autant de chemins-Violence et de failles psychologiques à explorer, le temps de 340 pages… J’ai adoré la part de mystères et d’art qui apporte à cette lecture, une tension permanente et une beauté saisissante, qui se maintient tout au long de ce roman…Bravo à cette jeune auteure pour ce coup d’éclat!

« La mémoire du cœur élimine les mauvais souvenirs pour embellir les bons. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et pour l’envoi magique de ce roman accompagné de goodies floconneux. Ce fut une belle surprise!

 

 

Bleu Calypso, Charles Aubert.

Couverture Bleu Calypso


Synopsis: 

Niels Hogan, quarantenaire bourru, a rompu les amarres. Profitant d’un plan social, il s’est installé – comme l’auteur – dans une cabane au sud de Montpellier, où il fabrique des leurres pour la pêche au bar. La vie simple, la douceur du temps… L’ermite n’a qu’un ami, son voisin Vieux Bob, qui attend la visite de sa fille journaliste, Lizzie. A l’occasion d’une partie de pêche, Niels découvre un cadavre. D’abord suspecté, Niels décide de mener l’enquête avec Lizzie.


Ce que j’ai ressenti:

Scintille le Bleu,
Jaillit Calypso,
Et fendre l’étang Polar.

*Stelphique*. 

 

  • Une plongée étourdissante…

La rentrée littéraire nous prépare de belles surprises, allez, allez, il faut se jeter à l’eau et découvrir la beauté d’un leurre Bleu Calypso, le temps suspendu, l’esprit décroissant. Vite, vite, une reconnexion avec la nature et une philosophie à pêcher avec habileté, dans l’étang Moures. Sauf, que les cadavres et les suspicions vont vite polluer les lieux…Et Niels, de voir sa tranquillité, si fièrement acquise, se troubler…Pourquoi est-il si difficile de se couper de ce monde avide? N’est-il pas idéal de vivre de solitude et d’eaux fraîches, dans une cabane? Et qui est, ce fameux tueur en série, au pied marin? Niels et Lizzie vont s’improviser enquêteurs des bacs à sable, jouer avec les rayons du désir, dénicher quelques trésors, s’attirer un peu les foudres…

« J’aimais beaucoup les couleurs saturées qui arrivaient avec l’orage. C’était comme si la vie gagnait en intensité. De mémoire, il n’y avait que les orages et l’amour pour donner cette sensation-là. Mais je n’étais plus vraiment sûr en ce qui concerne l’amour. »

  • Et le polar- *étang* -sa sérénité…

A tendre ainsi vers le calme des lignes. Attendre dans les eaux salines. Étendre le fil de l’intrigue. Fendre en douceur l’étang Polar. Troubler le temps. Etre et ne plus avoir…

L’auteur m’a fascinée, avec cet univers de la pêche… Subjuguée en contemplation, emmenée à la méditation, déclenché l’admiration…

J’ai passé un doux moment de lecture, très apaisant. C’est tellement rare de voir se mêler le frisson avec le recueillement, c’est une alchimie qui fonctionne parce que Charles Aubert, y met toute une sagesse intelligente et une subtilité rafraîchissante. J’ai été plus que charmée par ce courant de pensée, cette étonnante manière de vivre et clairement, il y a un fil magique qui s’est créé avec Niels. C’est un personnage tout en pudeur, attachant et bienveillant, malgré les tornades qui viennent frapper à sa porte…

« Moi, j’étais le type qui vivait en marge de la société, ivre de liberté et de soleil, celui qui s’était débarrassé de ses chaînes et je voyais bien que ça les faisait disjoncter. Parler cinq minutes avec moi remettait en cause trop de choses, trop de choix contraints, trop de mensonges faits à soi-même. » 

  • Entre poésie et polar, Bleu Calypso.

Il flotte dans cette lecture, un petit air de zen asiatique accompagné d’un soleil chaleureux du sud de la France. Avec des  haiku sublimes qui illuminent les débuts de chapitres, il n’en reste pas moins, que c’est un polar maîtrisé de bout en bout. C’est comme une partie de pêche réussie, car la récompense se mérite, après la patience, l’auteur nous emmène à son rythme, au final pétillant… Nous avons là, une histoire palpitante, toute en finesse, sans aucune éclaboussure ou démesure, et pourtant son pouvoir est incroyable. Une quiétude s’empare de nous et elle nous gagne au fil des pages,

Il m’a tellement plu ce personnage de Niels que j’adopterai bien la technique de « catch and release »…J’ai attrapé un coup de soleil, un coup de cœur, et je relâche, dans les vagues du net, toutes les ondes positives que j’ai ressenti à cette lecture, qui j’espère, arriveront jusqu’à vous…

 

Sans savoir pourquoi
J’aime ce monde
Où nous venons pour mourir

Natsume Sôseki. 

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie de leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture enrichissante.

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Un avion sans elle, Michel Bussi (LC avec Cannibal Lecteur.)

Couverture Un avion sans elle


Synopsis: 

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.
Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…


Ce que j’ai ressenti:

 

  • Un vol plutôt réussi…

On peut dire que Michel Bussi m’a encore bien eu avec ce thriller! Cette histoire d’avions et les ailes de son intrigue m’ont transportée dans une affaire de famille fracassante. Ailes et Elle. ELLE, c’est une Libellule qu’on voudrait s’arracher. Elle, cet être fragile aux ailes abîmées, volette frénétiquement, d’un secret à un autre plus lourd encore…Elle qui cherche à se construire entre ses deux partis, qui se disputent la lumière au fond de ses yeux bleus. Elle, qui porte deux possibles, deux chemins diamétralement opposés, deux choix du cœur. Alors, cette expédition vers la Vérité ne se fera sans quelques heurts et sacrifices…Un page-turner efficace!

Oh, libellule
Toi, t’as les ailes fragiles,
Mais, moi, j’ai la carlingue froissée…

  • Des turbulences nommées Désir…

Le désir peut prendre plusieurs formes, et ne se contrôle pas, la plupart du temps…Michel Bussi explore toutes les lignes du désir, quitte à frôler des lignes ambiguës, qui pourrait mettre mal à l’aise. Des frontières dans les mœurs, entre les pays, au sein de la famille, au cœur de l’amour: un vol plané au dessus des sentiments humains qui n’était pas de tout repos… Et peut être à trop vouloir que le lecteur choisisse un « camp », j’ai trouvé que certains éléments manquaient de subtilités et tiraient beaucoup en longueurs…Et il a eu aussi des scènes qui m’ont un peu dérangée, même si elles servent l’intrigue, j’ai été un peu déçue par ses turbulences: Les riches trop riches avec le mauvais rôle, les pauvres trop pauvres avec le meilleur rôle, l’héroïne trop parfaite que tout le monde envie, les méchants trop méchants et prêts à tout…Finalement, on me l’avait fortement conseillé mais, ça ne sera pas le coup de cœur attendu de mon coté, sans doute parce que j’avais trop d’attentes…

« Ils auraient dû se méfier, il faut toujours se méfier des sourires. »

  • Heureusement, j’ai pris l’avion avec elle… 

Je parle bien sûr, de ma binômette, qui, comme de par hasard l’a lu sans escale, et à vitesse grand V! Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment de lecture puisqu’il était partagé, mais ça ne sera pas, un de ceux qui m’auront marqué. J’ai été surprise par le twist final, comme d’habitude, ça c’est l’élément qui caractérise les thrillers de cet auteur, et à chaque fois, je salue cette originalité. Il y avait quand même, une curiosité permanente pour cette petite libellule et des petits instants de poésie qui ont rendu ce voyage agréable…

« Le cerf-volant comme un fil tendu entre tous les enfants de la planète: juste un peu de vent, rien besoin d’autre. 
L’art d’apprivoiser le ciel, juste pour rire. »

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

 

Titre : Un avion sans elle

Auteur : Michel Bussi
Édition : Pocket (07/03/2013)

Résumé :
Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ?

Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule.

Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…

Critique de Belette2911: 
Si vous êtes à la recherche d’un bon page-turner, d’un roman qui vous colle aux doigts car vous ne pouvez plus le lâcher avant de savoir le mot de la fin, ce livre est fait pour vous.

Certes, on me dira que ce n’est pas un possible Goncourt, que c’est juste un thriller bien foutu, addictif, le genre qui est excellent pour emmener à la plage.

Effectivement, on ne va pas révolutionner la littérature et ci ce roman est parfait pour lire sur une plage, je préciserai, néanmoins, qu’il vaut mieux le lire de préférence là où il n’y a pas de marées, c’est plus prudent.

Je ne voudrais pas avoir sur la conscience la noyade de Babéliottes qui auraient suivi mon conseil et, plongés dans cette lecture, en auraient oublié que la mer, elle monte !

Ce qui joue sur l’addiciton, c’est la manière dont est construit le récit car dès les premiers moments, on se sent happé par le mystère avec les dernières lignes écrites par le détective, Crédule Grand-Duc, avant qu’il ne se tire une balle dans la tête.

Oui, moi aussi je trouve qu’il devrait y avoir des lois afin d’interdire à des auteurs de nommer leur personnage avec des noms qui ne font pas sérieux, qui ressemblent à un totem scout et qui, selon moi, enlève le caractère sérieux au récit en donnant au lecteur l’impression que le détective principal est un bouffon.

Tant que j’en suis à vous parler des personnages, mon autre coup de clavier ira au fait que certains étaient plus que caricaturaux (Malvina, Marc et Lylie, surtout) et trop figés dans leur comportement, comme si les événements, les faits, ne les changeaient pas un peu au fil de l’histoire.

De plus, on se retrouve avec un combat des méchants riches contre les gentils pauvres. D’accord, les riches ne sont pas des adorables Bisounours, ils n’ont pas fait leur fortune en bouffant des arc-en-ciel et en chiant des papillons, mais bon, un chouïa de modération et moins de clichés auraient apporté un peu plus de nuances aux personnages et à leurs situations sociales.

Anybref, je ne vais pas non plus bouder mon plaisir de ce triple looping sans les ceintures attachées et sans parachutes non plus car l’auteur a construit son récit de manière à nous tenir en haleine durant 570 pages, sans que l’on s’emmerde une seule seconde, jouant avec le suspense en coupant habillement le fil de l’histoire pour revenir sur un autre point, un autre protagoniste.

Niveau mystère, on est servi comme en première classe, il n’y a pas de gras, pas trop de sucre, tout est dosé, même si Bussi rajoutera de la crème chantilly sur le final, juste pour nous voir y foutre nos doigts dedans et les relécher avec gourmandise. Il nous le devait bien, après nous avoir balancé dans des tas de trous d’air et de cabine dépressurisée.

Alors oui, ce ne sera pas la révolution dans la littérature, la plume de l’auteur étant « normale » (comme un ancien président, mais en mieux), sans fioritures, sans poésie. Une écriture simple qui ira droit au but, c’est déjà pas mal, je trouve.

Niveau construction, c’est bien agencé, le suspense est maintenu et les révélations fracassantes se feront au fur et à mesure, après quelques coups de mystères qui deviendront des coups de tonnerre lorsque nous en saurons plus.

Malgré le fait de la construction et du mystère bien caché, j’ai tout de même compris ce que l’auteur avait derrière la tête et ce que Crédule Grand-Duc avait vu, par le plus grand des hasards, après 18 ans d’enquête. Moi, je ne l’avais pas vu, n’ayant pas le journal sous les yeux, mais j’ai compris à un moment donné que…

Un livre que j’ai dévoré, tel Lance Armstrong lancé comme un fou dans le Mont Ventoux et qui n’a même pas remarqué que ça montait un peu. Ma pauvre binômette de LCma fée Stelphique, a fini sa lecture, dégoutée par mon rythme de malade (comme d’habitude) et pas aussi conquise par le roman qu’elle l’aurait souhaité. Nous avons les mêmes reproches…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Le collectionneur, Fiona Cummins.

Couverture Le collectionneur


Synopsis: 

Le Collectionneur mène une double vie. Monsieur Tout-le-monde dans l’une, il est, dans l’autre, le gardien d’un musée secret qu’ont constitué son père et son grand-père avant lui, une collection d’ossements humains.

Les collectionneurs cherchent toujours la rareté, l’objet unique. Et il y a à Londres deux enfants atteints d’une maladie génétique orpheline qui fait se dédoubler les cartilages puis pousser les os jusqu’à l’étouffement, la maladie de l’homme de pierre.

Avec un style-cutter aussi efficace que glaçant, Fiona Cummins plonge dans l’âme du psychopathe. Les Anglais ont adoré.


Ce que j’ai ressenti:

  • Bloody Bones.

Le croquemitaine, dans son antre, joue aux osselets. Ça fait un bruit étrange dans sa main, des os qui poussent et se frottent pour la prochaine partie d’horreur… Fiona Cummins apporte une originalité dans le monde des tordus et tueurs en série, que les fans de thrillers vont adorer! 500 pages de tensions et de frissons…Un Collectionneur à vous paralyser de peur…Un sérial killer redoutable avec une collection, pour le moins étonnante, voire carrément troublante…Un page-turner rythmé au compte-goutte, savamment découpé au scalpel, avec une ombre d’un monstre tapi là où, l’on ne s’y attend pas…

« L’espoir vous rend vulnérable. »

  • Une prison d’os…

Ce thriller est intéressant parce qu’il apporte sous couvert d’une fiction, une sensibilisation sur cette maladie rare, la maladie de L’homme de pierre. Elle est le fil conducteur d’une intrigue où la course contre la montre n’aura jamais autant tournée plus dramatiquement…Il faut en plus, du tueur qui rôde et des lapins qui suintent, prendre en compte, les effets irréversibles de ces heures de souffrances à l’intérieur de ces petits corps…Et du coup, avec ces chapitres d’heures en heures qui s’écoulent retient toute notre attention, et on ne peut lâcher ses pages, car, comment abandonner des enfants à leurs malheurs????! Impossible…Jakey est en plus, un enfant trop attendrissant, encore naïf: un vrai petit trésor qu’on aimerait serrer dans nos bras…

« Comme les vivants, les morts s’achètent. »

  • A coeur et à sang…

Fionna Cummins donne à son thriller, déjà bien efficace, une dimension plus profonde avec une psychologie des personnages soignée. Les liens du sang et les souffrances de la maternité interférent avec cette enquête, et viennent assombrir encore un peu plus, l’effet asphyxiant et d’angoisse terrible…Chacune de ses mères possèdent une fracture, la vie ne les pas épargnées, et Fiona Cummins raconte avec beaucoup de sensibilité, toutes les nuances de leurs douleurs. C’était un moment de lecture intense, touchant, frissonnant, passionnant, étonnant, bouleversant… J’imagine que je ne suis pas prête d’oublier Le Collectionneur…Et vous?!

 

« Il veut lui faire comprendre que les mots ne sont pas des confettis qu’on lance pour s’amuser et que le vent emporte, mais des blocs de béton qui peuvent terrasser un homme. »

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture fascinante!

 

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