Nos souvenirs sont des fragments de rêves, Kjell WestÖ.

Couverture Nos souvenirs sont des fragments de rêve

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai adoré la poésie de son titre, complètement hypnotisée d’ailleurs… Il m’a semblé qu’il y avait là, quelques jolies promesses de bons moments…

Synopsis:

« La première fois où j’ai fait l’amour avec Stella, j’ai su que je ne pourrai jamais plus vivre sans : elle passera toujours avant les convenances, la carrière, avant même la morale. »
Helsinki, années 1970. Stella, Alex et leurs amis sont remplis d’ambitions et de hautes espérances. Dans la fougue de l’adolescence, ils font les quatre cent coups. Mais une passion dévorante vient troubler leur insouciance, et arrive le temps de l’âge adulte et des compromis. Mais oublie-t-on jamais son amour de jeunesse ?
Porté sur cinquante ans par un souffle irrésistible, ce roman est le portrait sensible d’un amour destructeur et de l’éveil au monde de toute une génération. Au sommet de son écriture, Kjell Westö tire avec brio les fils du destin et nous offre l’égal scandinave de Bienvenue au club de Jonathan Coe et des Intéressants de Meg Wolitzer.

Ce que j’ai ressenti:

J’ai toujours pensé que la sensation de déjà-vu n’est qu’une sorte d’angoisse face à l’irréalité de la vie. Comme le hiraeth. Nos souvenirs sont des fragments de rêves.

Et s’il vous prenait l’envie d’aller traverser la mer, pour découvrir un autre horizon?  S’il vous prenait l’envie de vous laisser charmer par la Finlande et ses auteurs? Parions que Nos souvenirs sont des fragments de rêves, saura vous séduire, et que l’écriture de Kjell WestÖ, pleine de délicatesse, saura vous caresser comme la douceur d’une vague en été…J’ai été emportée dans cette histoire qui s’étale sur plus de 50 ans, voguant sur les souvenirs imaginés  d’un enfant qui se lie à une famille charismatique, me berçant de jeux et d’amour passionnés, me prenant les pieds dans les rouleaux tumultueux  de leurs vies, tournant les pages avec délectation, pour connaître la douceur du rivage scandinave…

C’est l’amour qui fait que nous nous souvenons, c’est de l’amour que viennent les histoires.

Alex et Stella sont deux pôles d’attraction pour notre héros, et toute sa vie, il sera intimement lié à leur histoire, sans pour autant en faire complètement partie, mais jamais totalement exclu non plus. Il ère entre amitié et amour dans le prisme de cette famille aristocratique, où ses aspirations seront toujours mis à mal par l’écrasante emprise des Rabell. Mais qu’importe, on ne peut oublier ses amours de jeunesse, et c’est dans cette optique que cet homme vit au gré des caprices et des caresses de ses deux personnalités étourdissantes…Entre obsession et passion, ce trio toxique ne sait plus où donner de la tête, mais pour nous, lecteurs, c’est une foule d’émotions diverses qui nous surprend au gré de leurs rencontres. L’innocence de leur amitié commune se voit troubler par les influences du contexte social en plein bouleversement, les aléas des ambitions de chacun, les cœurs fêlés de leurs secrets de famille…

-Et je me suis demandé combien de gens sur cette terre vivaient ainsi, à épargner, a attendre, à désirer, et puis… trop tard, d’un coup c’était fini.

Il y a de la douceur et de la nostalgie, de la beauté et du rêve, des trahisons et des pardons, et c’est écrit avec une mélancolie poétique tout au long de ce petit pavé… Une histoire de vies qui se croisent, se déchirent, se charment. J’ai pris le temps de savourer cette belle fresque familiale sur les côtes de Helsinki et j’en ressors les yeux tout plein d’éclats, émerveillée encore par ces fragments de rêves qui se fracassent sur les rochers coupants de ses destins finlandais…Juste un grand plaisir à se jeter dans ses eaux salées d’espérances…

-Et donc c’est ici que tu traînes ta solitude?

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Sylvie Pereira ainsi que les éditions Autrement pour l’envoi de ce livre.

 

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Danser au bord de l’abîme, Grégoire Delacourt.

Danser au bord de l'abîme par Delacourt

Pourquoi je l’ai choisi:

J’en avais vu tellement de bons retours sur la blogosphère, que ce livre m’intriguait…J’ai trouvé le titre très attirant, j’ai succombé à la version poche, quand j’ai déambulé dans les rayons…

Synopsis:

« Moi, je crois au premier regard, maman. Je crois à la première impression. Je crois au langage de la chair. Au langage des yeux. Au vertige.
À la foudre.
— Ce à quoi tu crois, ma petite fille, cela aboutit au chagrin. »
Il y a les promesses que l’on se fait à vingt ans, et les rencontres que nous réserve le hasard. Il y a le bonheur que l’on croyait tenir, et celui après lequel on court. Il y a l’urgence à vivre.

Ce que j’ai ressenti:…Un vertige…Un vertige de 280 pages…

Je lis très peu de romance, mais là, celui ci il m’appelait par son titre poétique et le mystère qui se cachait derrière…Peut-être, d’ailleurs pour cette raison là, je l’ai encore plus apprécié, parce que comme Emmanuelle, j’ai eu envie de l’idée du coup de foudre, le vrai, l’inexpliqué, l’absolu…Il était dans ce livre, avec 280 pages noircies de beauté et de souffrances, j’ai tout laissé tomber mon planning de lecture, mes obligations, et je me suis laissée prendre au jeu d’une danse d’abîmes, des souffles passionnés du désir, de l’amour et ses contradictions…

« Un coup de tonnerre, la foudre, un coup de tête, une vie qui se dilue, comme une aquarelle, une autre qui apparaît. C’était aussi simple que cela. Aussi beau. Aussi définitif. 
Et tellement déraisonnable – mais n’est-ce pas la déraison parfois qui a raison? »

Je l’ai lu quasiment d’une traite, tuant la moitié d’une nuit de sommeil, à lire et à me remplir de vertiges…Je ne vous raconterais pas les tonnes de mouchoirs froissés, je ne vous dirais pas non plus les paupières gonflées, les angoisses sombres qui se sont réveillées…Parce que tel est pris qui croyait prendre, ce livre ce n’est pas que de la romance, c’est juste la vie…Et Grégoire Delacourt m’a renversée par son talent, à raconter une femme avec tant de grâce, à saisir l’essentiel du quotidien avec ses douleurs fulgurantes, à caresser toutes les émotions intérieures…

« Je ne voulais pas d’un amant. Je voulais un vertige. »

Et comme si ça ne suffisait pas, il a eu le chic, (petite douceur que j’affectionne particulièrement), de faire un parallèle avec un conte célèbre: La chèvre de Monsieur Seguin. On le sait tous, du coup, comme cela va finir, mais il y a comme une espérance dans cette fatalité: celle de Combattre, même à armes inégales, même désespérément, mais Toujours

« C’est justement parce qu’on n’a pas le temps qu’on doit aimer, désespérément. »

Pour la douceur autant que pour les grandes ombres qui m’ont hantée durant cette soirée de lecture, j’ai adoré Danser au bord de l’abîme…Je ne suis pas passée loin du coup de coeur, mais il y a eu une ou deux scènes qui m’ont un peu fait « tiquer », j’aurai eu envie de les déchirer carrément, parce que du coup, elles brouillent un peu du charme de ce tourbillon dévastateur…

« Alors je courais dans la mer noyer mes larmes et je sais, depuis, pourquoi la mer est salée. » 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Les passeurs de livres de Daraya, Delphine Minoui.

Couverture Les passeurs de livres de Daraya

Pourquoi je l’ai choisi: 

La communauté Bookstagram est pleine de bonnes idées et de partages livresques…Ici, j’ai succombé à l’appel du coeur de @Steph_croqueuse_de_livres_ , je ne me voyais pas faire autrement…

Synopsis: 

De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd’hui d’étouffer. Ce récit, fruit d’une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.

Ce que j’ai ressenti:… Un Fulgurant Coup de Coeur…

Je n’entends rien en politique internationale, en conflits mondiaux, et en stratégies planétaires, mais j’ai entendu comme un murmure dans le chaos, un message de paix et d’espoir qui s’est élevé au dessus du bruit des bombes, qui a réussi à passer entre les barils d’explosifs, qui s’est envolé plus haut qu’une attaque au napalm…Ce murmure, il vient de Syrie, et il avait le doux son des pages qui se tournent, la force des mots qui apaisent, le pouvoir de la liberté de penser, la magie d’un livre ouvert…

Quand j’ai lu ce passage, j’ai senti comme un déchirement…(et ce n’était que la page 12…).

« Des heures durant, il évoque en détail ce projet de sauvetage du patrimoine culturel, né sur les cendres d’une cité insoumise. Puis il me parle des bombardements incessants. Des ventres qui se vident. Des soupes de feuilles pour conjurer la faim. Et de toutes ses lectures effrénées pour se nourrir l’esprit. Face aux bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes d’instruction massive. » 

Je suis admirative qu’un tel témoignage ait pu franchir les frontières, la barbarie, l’intolérable…Ce n’est pas une lecture comme les autres, elle est de loin la plus difficile que j’ai pu lire, et pourtant, c’est un coup de coeur violent et nécessaire qui m’a bouleversée plus que ce que je pouvais imaginer…C’est avec une grande émotion que j’écris ce retour de lecture…Malgré l’état de siège asphyxiant, un petit groupe d’hommes décident de privilégier l’amour de la littérature, l’amour des mots, l’amour de la poésie comme un souffle d’espoir… C’était tellement désespéré, désintéressé et fondamentalement altruiste que cet élan vous chavire au plus profond…Au delà des larmes que tu verses au fil des pages, il te vient un respect serein qui t’unit à cette incroyable bibliothèque, petite bulle pacifiste cachée sous les décombres…

Le livre ne domine pas. Il donne. Il ne castre pas. Il épanouit. 

S’il y a des passeurs de livres à Daraya, nous pouvons bien nous, lecteurs et blogueurs, faire passer aussi ce témoignage d’une force et d’une luminosité éblouissante…A vous, maintenant, de faire passer…Pour ma part, c’est fait, et je m’en vais lire encore une fois, L’alchimiste de Paulo Coelho et Le petit Prince de Antoine de Saint-Exupéry mais découvrir aussi La coquille de Moustapha Khalifé puisque ce sont ceux là, qui ont été leur port d’attache au milieu de cet océan déchaîné de violence…Ceux là, et tous les autres, qui les ont tenu debout, et plus fort contre la haine…

Lire pour s’évader. Lire pour se retrouver. Lire pour exister…

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

 

Né un mardi, Elnathan John

Couverture Né un mardi

Pourquoi je l’ai choisi:

J’adore partir vers d’autres ailleurs…Né un mardi promettait un dépaysement total…

Synopsis:

Dantala vit dans la rue avec les voyous de Bayan Layi, fume la wee-wee sous le baobab, fait le coup de poing pour le Petit Parti. Souvent, les bagarres tournent mal mais, comme on dit, tout ce qui arrive est la volonté d’Allah. Un soir d’émeutes, pris en chasse par la police, il doit s’enfuir.
Sans famille, il trouve refuge à Sokoto auprès d’un imam salafiste. Il apprend l’anglais avec son ami Jibril, tombe amoureux, psalmodie l’appel à la prière, lit tout ce qu’il peut. Le gamin naïf mais curieux découvre l’étendue de ses contradictions et la liberté de la pensée, et gagne sa place et son nom dans un monde chaotique et violent. Alors que les tensions entre communautés ne cessent de croître, un imam irascible fait sécession et part à la campagne fonder une secte extrémiste.
Loin de l’exotisme et du tiers-mondisme bien-pensant, Elnathan John nous emmène dans une région dont on ignore presque tout : harmattan, poussière des routes, vendeurs de koko, et le goût du dernier morceau de canne à sucre – le meilleur. On brandit des machettes, on assiste à des matchs de lutte, on prend toutes sortes de transports, on marche, on court, on aime, on est Dantala de bout en bout, passionnément. Un formidable roman d’apprentissage, sensible et poignant, dont on sort complètement retourné.

Ce que j’ai ressenti:

Comme le vent soulève le rideau de la couverture, il souffle dans ses pages, un air chaud venu du Nigéria, empreint de ses expressions fulgurantes, de ses tourments sanglants, de ses relents nauséabonds, d’un goût sucré inoubliable…Un vent de passion et de violence qui fait voler en éclat  la poussière rougie de sang, et l’innocence de cette jeunesse désœuvrée. Dans ce premier roman, la fiction prend des airs de réalités troublantes et on vit les petites et grandes histoires de ses terres arides. Elnathan John nous emporte au coeur de l’Afrique, nous la raconte sans fard et artifices, déchirante et survoltée, au plus près de la foi et ses travers tourbillonnants.

Mais Umma disait que parfois les gens qu’on trouve méchants sont simplement idiots et que, s’il est facile de se repentir d’être méchant, il est difficile d’arrêter d’être idiot.

Dantala, c’est un gamin qui traîne dans les rues, et qui pourrait se faire entraîner sur des parkings de haine, mais qui choisit le chemin lumineux de la culture et de l’humilité devant Allah. A force de lire et d’apprendre les langues, à force de prosternations et de confiance, il se forge une opinion, ne se laissant plus guider par une fatalité lâche, mais avance sûrement sur la voie de la bonté et la liberté de penser.  C’est un personnage qui m’a émue dans cette quête noble du savoir, on le voit doucement se transformer au fil des pages et de ses expériences, jusqu’à l’audace de s’écrire : un roman d’apprentissage intense!

-S’il vous plaît, je veux quelque chose pour écrire. 

Elnathan John met dans ce livre une telle richesse, entre les troubles adolescents qu’il caresse avec sa plume, et la force d’une culture qu’il prend à bras le corps, il nous révèle, à travers le regard naïf d’un jeune homme, les dessous de la corruption et les chemins enténébrés de l’extrémisme religieux dans une région, où même la météo devient chaos…Une lecture au rythme des prières, où l’amitié inonde de clarté ces lignes noires, où les émotions nous submergent vers toujours plus de tolérance grâce au talent d’un conteur inspiré…

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Camille et les éditions Métailié de leur confiance! Ce fut une lecture bouleversante!

 

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Taqawan , Eric Plamondon

Taqawan par Plamondon

 

Synopsis:

« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »
Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Emeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort.
Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source…
Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits.

Ce que j’ai ressenti:…Une très bonne pêche…

En langue mi’gmaq, on nomme taqawan un saumon qui revient dans sa rivière natale pour la première fois. 

J’ai remonté la rivière du temps, tel un taqawan pour m’imprégner d’un conflit qui a fait de moult remous sanguinolents, dans les années 80 au Québec. Avec cette lecture, j’ai redécouvert la culture indienne, ressenti la puissance de ses transes, entendu la Nature me parler à travers leurs traditions, mais plus que tout, j’ai vu tout ce sang versé et des droits bafoués…A frétiller ainsi dans ses eaux troubles, on ressent tellement d’injustices, tellement de violences, elles nous frappent aussi sûrement que des flèches en plein coeur. L’Homme Blanc encore et toujours dans sa folle conquête en vient à vouloir rayer toute une communauté de ses terres, à bannir tout un savoir générationnel, à tuer envers et contre toute logique. Un peuple parqué, déraciné, humilié: les Indiens d’Amérique. Des lois biscornues, des ordres incohérents, des actes impardonnables…Eric Plamondon redessine la toile de cet affrontement en un patchwork de textes, et d’histoires qui nous explique les causes et les conséquences des émeutes de la réserve de Restigouche.

Avec elle, Océane avait commencé à comprendre que le pouvoir des uns reposait sur la résignation des autres.

Ce polar original dans sa forme est aussi une très belle histoire humaine avec des personnages  en marge de ces deux cultures qui s’affrontent…J’ai trouvé ce quatuor touchant, avec chacun leurs passés, leurs failles, leurs différences mais qui choisissent l’Essentiel avant leurs cultures, les valeurs de la Vie avant le sang dans les veines, la Protection avant les batailles…Derrière tous les points de vues politiques et sociaux, l’auteur nous montre que les frontières entre les deux opposants sont parfois floues, et c’est ce qui rend ce récit si bouleversant : il laisse le lecteur, se faire sa propre opinion, tout en lui faisant ressentir une flopée d’émotions…

« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »

J’ai lu cette nouveauté quasiment d’une traite, tellement le sujet était passionnant! J’ai adoré partir en ces lieux, découvrir les petites habitudes et astuces de la pêche aux saumons, m’enivrer encore de ses grands espaces de nature, comprendre ce conflit. Instructif et à la fois sensible, Eric Plamondon a su m’emporter dans ses filets de pages!

 

Ma note Plaisir de lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Muriel ainsi que les éditions Quidam pour l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture très intéressante!

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Il n’en revint que trois, Gudbergur Bergsson

Il n'en revint que trois par Bergsson

Pourquoi je l’ai choisi:

J’aime à découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux auteurs…Depuis les énormes coup de cœurs de l’année 2017 dénichés chez les éditions Metailié , j’ai une totale confiance en leurs choix. Partir en Islande, en plein mois de Janvier, ça force l’ambiance…

Synopsis:

Une ferme perdue en Islande, à des kilomètres du premier village, entre un champ de lave, des montagnes et des rivages désolés. Le ciel est vide et les visiteurs sont rares.
Mais l’écho de la Deuxième Guerre mondiale ne va pas tarder à atteindre ses habitants. Soudain soldats, déserteurs, espions débarquent, mais aussi radio, route, bordels et dollars. Puis viendront les touristes. L’ordre ancien vacille et ne se relèvera jamais. 
Les personnages de Bergsson sont tout d’une pièce, rugueux et âpres comme la terre qui les a vus naître. Il y a ceux qui partent, ceux qui restent, ceux qui reviennent. Faut-il s’arracher à ce morceau de terre où rien ne pousse ? Ou guetter le renard en ignorant les secousses de l’histoire ? 
Un texte sec et fort qui décrit le basculement brutal de l’Islande dans la modernité, les bégaiements de l’histoire, la force magnétique de certains paysages, qui sont comme des gardiens de la tradition familiale : nul n’y échappe.

« Une histoire du peuple islandais du XXe siècle : le livre le plus fort et le plus remarquable de Gudbergur Bergsson. » Fréttabladid. 

Les personnages:

Il y a « Le vieux » « Les gamines » « La grand-mère » « Le fils » « le gamin »…Un choix original de pronoms pour désigner ses personnages, et sans doute une volonté de l’auteur de nous relier d’une façon plus  familière avec leurs émotions. Et c’est réussi, ils sont tous attachants dans leur manières: taiseux et résignés, mais également aimants et résilients, tout cela dans une pudeur savoureuse…

J’ai eu une petite préférence pour La grand-mère avec, sa volonté d’instruire ses protégées avec son livret, et  son immense détermination à le faire seule, même si les avenirs sont incertains, elle se bat contre l’ignorance…

Ce que j’ai ressenti:

J’ai une fascination pour les paysages enneigés…Une sorte d’attraction, que j’adore pouvoir ressentir en lecture. Cette fois-ci, je suis partie vers un horizon qui m’est encore inconnu, voir un peu les mentalités de ces fermiers qui vivent loin de tout… Si on se laisse séduire incontestablement par le panorama époustouflant du lieu dans laquelle la ferme se situe, la solitude tient quand même une grande place, et c’est sur ses habitants qu’elle abattra, son ombre mordante…Car, vivre dans en ces lieux, implique des sacrifices  qui se mesurent en pertes et en retrouvailles, en deuils et naissances, en fuites et retour aux racines. Un espace nourri en attentes interminables et petites joies éphémères, un temps qui s’étire en longueur, une nature impitoyable, et puis soudain, le grondement de la Seconde Guerre Mondiale qui vient perturber encore plus, cet équilibre fragile…Une ligne temporelle de monotonie qui joue des boucles, et aux points reliés, continue son Histoire: cette guerre redistribue les rôles, régurgite des objets nouveaux, et l’Islande se modernise lentement…L’auteur raconte avec finesse, les bouleversements de cette petite communauté, reculée…

On a besoin d’énergie qu’on soit en guerre ou en paix, la vie se nourrit de notre énergie et de celle de la nature, répondit le vieux, épuisé.

J’ai trouvé l’écriture de Gudbergur Bergsson très sensible et aussi, très riche. Un roman noir dans la blancheur des neiges, des destins sombres imbriqués dans l’âtre d’une ferme isolée. Dans cet espace réduit et une vie de labeur sans fin, il nous capte intensément avec le poids écrasant de cette continuelle patience inconsciente de « ceux qui restent »…Une patience aiguisée dans leurs contemplations de la faune et de la flore qui les bousculent, nourrie de la sagesse de ses temps de respect, rompue aux trop nombreux abandons de « ceux qui s’en vont »…Finalement, la magie de la  plume de Bergsson nous raconte milles trésors d’enseignements d’humilité,  et illumine dans leurs yeux, la joie de voir « ceux qui s’en reviennent » et…Il n’en revint que trois.

« Parce que être libre signifie à la fois jouir de certains droits et être garant de la liberté et des droits d’autrui. »

Une lecture qui ne se laisse pas apprivoiser facilement, à l’image de cette renarde blanche qui gambade autour de ses lignes et d’une grotte mystérieuse… Toute beauté se mérite, c’est bien connu, et ici, elle prend forme dans les reliefs escarpés de l’Islande… La patience sera une vertu nécessaire pour l’ultime récompense: le plaisir de saisir toute la poésie de ce nouveau roman fraîchement sorti pour cette rentrée littéraire de Janvier 2018.

Les lecteurs comme toi aiment les histoires qui sentent la poussière d’os.

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Métailié de leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture intéressante.

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Une vie sans fin, Frédéric Beigbeider.

Une vie sans fin

Pourquoi je l’ai choisi : 

J’étais très curieuse de connaître enfin cet auteur. J’adore la couverture, mais à réception, quelle joie de voir une édition avec la couverture cartonnée: toujours un plaisir d’avoir un livre tout spécial…

Synopsis:

«  La vie est une hécatombe. 59 millions de morts par an. 1,9 par seconde. 158  857 par jour. Depuis que vous lisez ce paragraphe, une vingtaine de personnes sont décédées dans le monde – davantage si vous lisez lentement. L’humanité est décimée dans l’indifférence générale.
Pourquoi tolérons-nous ce carnage quotidien sous prétexte que c’est un processus naturel  ? Avant je pensais à la mort une fois par jour. Depuis que j’ai franchi le cap du demi-siècle, j’y pense toutes les minutes.
Ce livre raconte comment je m’y suis pris pour cesser de trépasser bêtement comme tout le monde. Il était hors de question de décéder sans réagir.  »
  F.  B.

Contrairement aux apparences, ceci n’est pas un roman de science-fiction.

Ce que j’ai ressenti: 

La mort est une image fractale: on plonge dans une figure mathématique qui se démultiplie à l’infini. 

Si la perspective de l’immortalité vous branche, Frédéric Beigbeder se fera votre guide dans cette quête incroyable, et Une vie sans fin, prend soudain des airs de vérités stupéfiantes. Derrière une peur atroce de son extinction, il explore toutes les options dont la science dispose pour enrayer un phénomène irrévocable, avec une tendresse touchante. Un homme revenu de ses frasques, effrayé, plus sage, amoureux et père aimant, qui veut tenir une promesse utopiste faite à sa fille: celle de ne pas mourir…S’ouvre ainsi des voyages de par le monde, et des rencontres totalement incroyables: Une expédition aux frontières du réel…

« La mort est un truc de paresseux, il n’y a que les fatalistes pour la croire inéluctable. »

Ce que je retiendrais de cette lecture, c’est la folle avancée de la science et mes éclats de rires. J’ai adoré l’humour de cet homme, et c’était un sacré baume en voyant les vertigineuses possibilités aux limites très floues de la morale, qui dépassent carrément la science-fiction. L’auteur nous ouvre un espace très privé des chercheurs, où le transhumanisme s’invite à la table, où leurs projets deviennent fous presque insensés, il met la lumière sur leurs travaux en cours et les futures possibilités pour la santé…Les recherches sur l’ADN, les études de pointes des gènes et du sang, les essais de greffes et des implants: toutes ses expériences donne quelque peu le tournis, surtout que l’on sait qu’elles ne sont pas toutes légales à l’heure d’aujourd’hui, mais seront bel et bien le futur de demain…Une virée très enrichissante, mais avec l’impertinence de ce Monsieur Beidbeder en prime, cela donne un cocktail explosif détonnant pour encore plus de plaisir de lecture!

Aurais-je perdu le goût du vide?

Pour une première découverte de cet auteur, c’est une belle surprise! J’ai eu mon compte d’émotions fortes entre rires, douceur, et frissons.  Flirtant étrangement entre fiction et science-fiction, cette lecture lève le voile sur une infinité de possibilités futures pour troubler la fatalité de la mort, et c’est fascinant!  Souhaitons à cet homme, un poil névrosé mais terriblement touchant, le succès d’Une vie sans fin

Depuis que chaque être humain est un média, tout le monde veut exercer cette domination sur son prochain. Partout. 

Meilleurs moments du livre:

  • La théorie pertinente sur Le Selfisme. Frédéric Beigbeder m’a bluffée par tant de perspicacité sur ce phénomène de société actuel, qu’il illustre d’exemples et d’arguments avec une grande intelligence.
  • Les listes glissées dans l’intrigue qui viennent rajouter une touche de fraîcheur décalée.

 

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

 

Remerciements: 

Je tiens à remercier Alina Gurdiel ainsi que les éditions Grasset pour l’envoi de ce livre! ce fut une lecture enrichissante.

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Lait et miel, Rupi Kaur

Lait et miel par Kaur

Pourquoi je l’ai choisi:

Je le voyais beaucoup passé sur le réseau social Instagram, et déclencher de méga coup de coeur…Il est arrivé, ce petit recueil Lait et Miel, avec le bonhomme en rouge, et la magie de Noël a été éclairé d’une poésie sensible, qui a illuminé ma journée…Depuis, je suis cette jeune artiste sur le réseau social qui l’a révélée et qui a rendu possible l’édition et la traduction de ses post inspirés et inspirants…

Synopsis:

voici le voyage d’une
survie grâce à la poésie
voici mes larmes, ma sueur et mon sang
de vingt et un ans
voici mon coeur
dans tes mains
voici la blessure
l’amour
la rupture
la guérison

– rupi kaur –

Ce que j’ai ressenti:

Parce que ouvrir ses cadeaux de Noël, est une sensation euphorisante et qu’une envie de poésie n’attend pas, j’ai lu ce recueil dans un moment magique: en étant entourée des miens dans la chaleur de Noël, bercée aux sons de leurs rires, de leurs jeux et des cris de joies. Mon moment à moi de Lait et Miel. Je souhaitais pour ses fêtes, un livre spécial: il était idéal…

Rupi Kaur est une jeune fille de 21 ans qui nous propose une série de poèmes destructurés, sur fond de noir et blanc. Sa sensibilité à fleur de peau, toute en délicatesse et graphisme artistique vient nous cueillir, gratte où ça fait bien mal, apaise d’une caresse, insuffle une nouvelle étincelle, illumine nos yeux de bienveillance…Une femme qui parle de féminité, qui la fait rejaillir sur toutes ses formes, qui la porte aux nues, qui l’entoure d’une telle douceur que l’on devient toutes des sœurs, fières d’être si femme, si sensible, si résiliente, si extraordinaire…

En quatre parties: Souffrir. Aimer. Rompre. Guérir. Cette jeune poète, nouvelle génération, dévoile, se dévoile et dévoilera sans doute, une artiste aux talents multiples à suivre de près. En mots et en images, elle offre des petites pépites, une nouvelle forme de poésie, des moments bouleversants, des instants magiques, d’atroces blessures, des faits et méfaits révoltants, une envolée féministe, de l’amour tout simplement…

La poésie, on y vient et on y revient, longtemps encore je lirai ses pages car la poésie a ce pouvoir : elle te berce, elle te hante, elle revient te réveiller la nuit, elle t’emporte sur d’autres rivages…J’aimerai bien qu’elle dérive jusqu’à vous, que vous sentiez l’incroyable effet mielleux et lacté de la poésie résolument contemporaine de Rupi Kaur.

Petit Aparté: Je n’ai pas mis volontairement de citations parce que cela ne rendrait pas grâce à son talent, mais je peux partager avec ceux qui possèdent ce recueil, mes pages préférées…P87, 171, 153, 45, 199. Et celles qui m’ont le plus touchée: P140, 179, 109…

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Les Ferrailleurs, tome 1: Le Château, Edward Carey.

Couverture Les ferrailleurs, tome 1 : Le château

Pourquoi je l’ai choisi:

J’avais repéré ce livre depuis sa sortie, parce que je me doutais qu’avec les avis de la blogospère, il pourrait vraiment me plaire…En plus, j’adore cette couverture, avec son coté monochrome et le relief gondolé au toucher.

Synopsis:

Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, assemblage hétéroclite d’objets trouvés et de bouts d’immeubles prélevés à la capitale, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, dont il devra prendre soin toute sa vie. Clod, notre jeune héros, a ainsi reçu une bonde universelle – et, pour son malheur, un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets, qui ne cessent de répéter des noms mystérieux…
Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît ; les murmures des objets se font de plus en plus insistants ; dehors, une terrible tempête menace ; et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…

Ce que j’ai ressenti:…Un univers incroyablement fascinant!…

Dès les premières pages, j’ai été envoûtée par cette ambiance sombre et originale…Tous ses mystères autour de ses objets qui parlent, ses deux adolescents qui se racontent, tour à tour, au sein de cette décharge, la puissance de l’imagination de l’auteur…Bienvenue dans une nouvelle saga : les Ferrailleurs! En plein dans un Londres revisité et très empreint de dangers grisâtres, on explore un lieu atypique fait de bric et broc. Totalement dépaysant et surprenant, on se perd avec un certain plaisir dans cette avalanche d’immondices, de montagnes de noms, de destins parlants qui régissent les Ferrayor.

« Nous étions comme des puces, des abeilles, des moucherons ou des scarabées bourdonnant, des cancrelats, des fourmis-scarabées, des phalènes cornues, qui tous vivent peu de temps, battent des ailes, s’affolent, rampent, mangent, vivent, aiment puis meurent, un petit tour et puis s’en vont, tout ce petit monde périt, et il n’en reste qu’une salissure. »

J’ai lu ce livre en plein mois de décembre, autant dire que j’étais dans l’ambiance de noël, et voir une bonde ou encore un sofa murmurer, ça force la magie…Il y avait ce qu’il faut de gothique et de féerie pour que je sois emportée dans cette tempête bien particulière, que je veuille découvrir tous les recoins sombres du Château, et que je m’émeuve devant la naïveté touchante de Lucy et Clod. Clairement, il y a des rendez-vous réussi, et cette lecture en périodes de fêtes, c’était le bon timing…

As-tu jamais désiré jouer le rôle principal dans ta propre histoire?

Je suis d’ors et déjà impatiente de poursuivre les aventures de ces lieux lugubres, et de ressentir les envolées lumineuses de nos deux héros maladroits et voir s’épanouir les paraboles de Edward Carey. J’ai été très touchée par la sensibilité que l’auteur met dans cet océan de vies et de déchets, enchantée par l’étincelle qu’il peut faire jaillir pour ses vies effacées, troublée par la douceur candide de cet amour naissant.

 Mais elle, c’est une pensée, la plus belle des pensées. Les meilleures pensées que j’aie jamais eues sont mes pensées pour Lucy Pennant.

Le petit Plus: Les illustrations de l’auteur en début de chapitres. 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Le Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture fascinante.

Ariane, Myriam Leroy.

Ariane par Leroy

 

Synopsis:

« Quand j’ai eu douze ans, mes parents m’ont inscrite dans une école de riches. J’y suis restée deux années. C’est là que j’ai rencontré Ariane. Il ne me reste rien d’elle, ou presque. Trois lettres froissées, aucune image. Aucun résultat ne s’affiche lorsqu’on tape son nom sur Google. Ariane a vécu vingt ans et elle n’apparaît nulle part. Quand j’ai voulu en parler, l’autre jour, rien ne m’est venu. J’avais souhaité sa mort et je l’avais accueillie avec soulagement. Elle ne m’avait pas bouleversée, pas torturée, elle ne revient pas me hanter. C’est fini. C’est tout. » 

Elles sont collégiennes et s’aiment d’amour dur. L’une vient d’un milieu modeste et collectionne les complexes. L’autre est d’une beauté vénéneuse et mène une existence légère entre sa piscine et son terrain de tennis. L’autre, c’est Ariane, jeune fille incandescente avec qui la narratrice noue une relation furieuse, exclusive, nourrie par les sévices qu’elles infligent aux autres. Mais leur histoire est toxique et porte en elle un poison à effet lent, mais sûr. 
Premier roman sur une amitié féroce, faite de codes secrets et de signes de reconnaissance, à la vie à la mort. 

Ce que j’ai ressenti:…Un tourbillon…

« J’ai intégré que l’amour était une humeur hormonale utile à la perpétuation de l’espèce, le désir soluble dans l’habitude et l’amitié une disposition occupationnelle. « 

Un roman d’amitié intense, passionnel, empoisonné de destructeurs « Je t’aime, moi non plus ». Deux jeunes adolescentes qui se frottent aux relents nauséabonds d’une amitié déchirante, où chaque jour, elles s’enfoncent toujours plus loin dans les tourments d’une relation toxique. Une amitié forte , née d’une furieuse envie de contrer la banalité, d’exister plus intensément, d’explorer dangereusement tous les sentiments fusionnels qui unissent deux êtres…Une amitié empoisonnée qui se compose et se décompose sous nos yeux mais plus encore dans les deux coeurs de ses jeunes filles…

Ariane, c’est la Belle, la beauté vénéneuse qui prend dans ses filets, les âmes innocentes. Elle saura aussi vous subjuguer dans ses affres, avant d’entraîner dans un tourbillon de galères, sa meilleure amie qui la bade. Autant vous dire, que ce roman contemporain est tout dans l’émotion et qu’il a une force d’attraction intense. Myriam Leroy nous décrit toutes les contradictions de cet âge difficile entre urgence de vivre et vertige de mort, dans les fracas d’amour et de haine. L’auteure met une telle puissance dans ses mots, qu’il m’a été impossible de quitter ses jeunes filles pendant ses 200 pages, en suivant presque en apnée, leurs pied-de-nez à leur quotidien qu’elles ressentent sans saveurs, inventant presque autant de façons de se confronter à tous les ressacs que le destin peut mettre sur leur route, en le défiant avec toujours plus d’effronterie…

En plus, de l’effet captivant de cette amitié hors-norme, il y a eu dans cette lecture, tout un spectre de résonance des références de ma génération. J’ai eu comme une sorte de connivence avec cette jeune auteure qui me précède d’un an, et qui m’ont rappelée avec ces petits clins d’oeil, ma propre adolescence. Que c’est doux, le souvenir…

Les dernières pages du livre m’ont bouleversée, car elle nous parle d’une jeunesse fracassée, en mal de vivre et d’adaptation, un rappel d’un morceau de vie charnière, où tous les possibles sont envisageables, et c’est avec une certaine nostalgie que l’on quitte les remous bouillonnants de cette adolescence, tout en se disant que cette Myriam Leroy a su nous conter avec justesse une histoire d’amitié étonnamment violente, et incroyablement vibrante…

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier Muriel ainsi que les éditions Don Quichotte pour l’envoi de ce livre! Merci de leur confiance.

 

 

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