Hope and Red, Jon Skovron.

Couverture L'empire des tempêtes, tome 1 : Hope & Red

L’empire des Tempêtes 1 

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai adoré cette couverture, en rouge et noir! Les destins troubles et leurs intentions plus intrigantes, encore…

J’ai lu cette lecture en LC avec l’adorable Elodie Universe, et je vous invite à passer voir son avis: ICI!

Synopsis:

Hope est l’unique survivante du massacre de son village, dévasté par les terrifiants biomanciens, serviteurs mystiques de l’empereur. Recueillie par un soldat vinchen, elle a suivi un entraînement secret, faisant d’elle une guerrière qui ne vit que pour la vengeance.
Red est un orphelin adopté par une ancienne mercenaire issue de la pègre. Il est devenu un voleur et un escroc au talent inégalé.
Quand un chef de bande sanguinaire passe un marché avec les biomanciens pour contrôler les bas-fonds de la dangereuse cité de Laven, les destins de Hope et de Red se croisent. Et leur alliance improbable va faire autant d’étincelles que de dégâts…

 

Ce que j’ai ressenti:

  • Hope, où quand tu as bon espoir…

Cela s’est joué dès le premier chapitre, c’est rare, et c’était presque magique…J’ai senti comme une affinité, une connexion entre mon envie d’évasion et cette promesse d’une lecture pleine d’aventures…En même temps, l’univers de la piraterie, j’adore…Donc, en peu de pages et avec la rencontre de Hope, puis de Red, j’ai eu un espoir exaucé…Mais évidemment, le charme ne s’est pas arrêté avec ses deux personnages principaux, qui vont voir leurs destins se croiser, mais bien avec tous! L’auteur réussi le pari de nous les faire tous aimer parce qu’ils ont de l’audace, de la personnalité, des noms originaux, des histoires passionnantes!  On est pris dans leurs tourments, leurs passés douloureux, leurs avenirs incertains, leurs présents dangereux…

« Celui qui est assez brave pour s’aventurer aveuglément dans les ténèbres disparaîtra dans les ténèbres et les ténèbres disparaîtront en lui. »

  • Red, où quand tu vois rouge…

Quand on rêve de vengeance ou de justice, il est comme un fléau qui l’accompagne presque fatalement: le sang versé…Et du rouge et du sang, il y en a dans ces pages: sur la couverture, dans les couchers de soleil, dans les levées d’épées, au fin fond d’une ruelle obscure, sur des pontons lessivés, derrière des portes de monastères, dans les villages isolés…On baigne dans une ambiance rougeoyante, poisseuse où règne de rouges colères et des brasiers de haine qui n’attendent qu’une étincelle pour s’embraser….Ce livre, c’est un condensé de vents et marées, de rébellions et de pudeur, de joies et de peines, de rivalités et d’amitiés, de combats et d’amours. Un diamant Rouge Passion! 

« Les Vinchens pensent qu’il est préférable de perdre avec honneur plutôt que de gagner dans la honte. Parce que si le nectar de la victoire est souillé, il laisse un goût amer dans la bouche. »

  • Hope et Red, où quand ça devient soleil…

C’est un univers Fantasy d’une richesse incroyable. Entre les complots politiques, les batailles en mer, les affronts de rues, les rixes de quartiers, il ne manque pas d’actions dans cet Empire des Tempêtes! Et pourtant, il y a aussi de la douceur, de la tendresse, du respect, de la tolérance et même une parité homme-femme éblouissante! J’aime le dynamisme de l’ensemble, ses personnages qui prennent leurs vies en main envoyant en l’air, les prédestinées étriquées dans lesquelles on a voulu les contraindre… Alors forcément, il souffle des tempêtes de rage, et des étincelles de liberté, et dans ses lignes noires, il en ressort une fantastique aventure!

« Un soupçon de chaos apporte le changement, et le changement est parfois salutaire. »

Les habitants de Cercle Paradis diront certainement que « C’est Soleil », mais moi, j’ajouterai que c’est:  « Coup de Coeur »!

En avant, toute! Foncez, vers Laven La Nouvelle!

 

Ma note plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Léa des éditions Le Livre de Poche Imaginaire! Ce fut une lecture passionnante!

 

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Hier, les oiseaux, Kate Wilhem.

Hier, les oiseaux

 

Synopsis:

La planète est exsangue, ravagée par la pollution, la guerre, la maladie. Les Sumner, de riches propriétaires terriens, pressentent que l’effondrement du monde est proche. Ils décident de construire à Bear Creek, dans leur domaine de Virginie, un centre de recherches scientifiques et d’y organiser la vie en autarcie. Après le cataclysme, les hommes et les femmes se révèlent stériles et disparaissent en quasi-totalité. Créer des bébés par clonage semble pallier la reproduction sexuée. Mais, au fil des générations, les clones sont-ils encore des humains  ? Le retour inflexible de la Nature va-t-il obliger une microsociété à bout de ressources à franchir les frontières pour explorer le monde  ?
Publié en 1976, Hier, les oiseaux, devenu un classique de la science-fiction, interroge avec une implacable acuité un avenir possible de l’humanité.
Prix Nebula et prix Hugo du meilleur roman.

Les personnages: 

Parce qu’ils sont différents, David, Molly, et Mark sont les trois meneurs de cette histoire. Il faut croire que j’ai une préférence pour les marginaux, car ils ont une sensibilité artistique et une manière différente de voir le monde…A tous les trois, ils nous font voir la Nature, les Arts et l’Avenir avec plus de poésie, plus de passion, plus d’intérêt, les possibilités de notre environnement, en allant à chaque fois, au delà du cadre établi, même si eux, le payent en isolement et exil déchirant…

« Eux, ils ne peuvent pas entendre cet autre soi-même qui, sans cesse, murmure. »

Ce que j’ai ressenti:

Hier, les oiseaux est un roman qui nous plonge dans les temps. Publié d’abord en 1977, il nous revient ,enfin, en 2018 avec Le livre de Poche Imaginaire, avec une couverture rouge et inquiétante pour notre plus grand plaisir, car c’est un roman d’anticipation qui a reçu deux prix prestigieux dans le monde de la science-fiction, et pourtant, on dirait presque qu’il est passé inaperçu, depuis…C’est toujours intéressant d’avoir une approche près de 40 ans plus tard, et de voir que cette lecture visionnaire n’a pas vieillie, et heureusement, oserai-je dire, que nous sommes encore loin, d’un avenir aussi sombre…

-Nous sommes tous morts. Aujourd’hui ou demain. Pourquoi prolonger? 

Découpé en trois parties, il m’a semblé, malgré ce thème de clonage en masse, que le schéma traditionnel familial était bel et bien en filigrane, dans ce roman, comme un fil ténu dans l’intrigue. Certes, c’est une toute nouvelle forme de famille et de cellule sociale à cause de cette énigmatique maladie qui frappe l’humanité, mais j’ai ressenti comme dans cette découpe de chapitres, une partie « Père » avec David, « Mère » avec Molly et « Enfant » avec Mark, comme un idéal à atteindre… Trois personnages donc, qui se passent le relais pour appréhender un futur très controversé et des situations difficiles, mais qui éclairent, chacun à leur façon et grâce à leur différence, le nébuleux avenir…

« Un jour, tu monteras ici, et tu poseras ta main sur cet arbre, et reconnaîtras ton ami, exactement comme il a été le mien toute ma vie. »

Dans ce récit post-apocalyptique, on trouve un monde ravagé, sans espoir, sans amour, sans génie, sans passion…Cette lecture, elle nous touche dans toutes les réflexions d’éthiques qu’elles engendrent, plus que dans son histoire, je trouve… De pouvoir se projeter dans cette atmosphère dénuée de richesse culturelle, et complètement déstructurée dans ces structures sociales, est étonnamment dérangeante. C’est cela que j’aime retrouver dans la lecture de la science-fiction, c’est le danger possible des dérives poussées à l’extrême, et ici, Kate Wilhem survole un monde bien triste, ou la liberté n’a plus son envolée inspirante, et si Hier, les oiseaux étaient dans le ciel, dans cette lecture, les piqués sont vertigineux et catastrophiques…Mais, un espoir, même tout petit, pourrait quand même s’élever…

Comme des millions d’autres avant lui, il était impressionné par la complexité de la nature. 

A découvrir!

Pendant quelques minutes, il se permit de rêver, puis il s’assit. 

 

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Léa et les éditions Le Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre.

Les intrus, Lauren Oliver.

Couverture Les intrus

Pourquoi je l’ai choisi:

Je ne sais pas résister à une bonne histoire de revenants, et je connaissais déjà la plume de Lauren Oliver en Jeunesse et pour laquelle, j’avais déjà bien succombé au charme de son imagination…J’étais donc curieuse de la découvrir dans un autre genre…

Synopsis:

À la mort de Richard Walker, un vieil homme solitaire, acariâtre et très riche, son ex-femme, ses deux enfants et sa petite-fille retournent dans la maison familiale pour la succession. Mais la bâtisse est hantée. Hantée par des souvenirs d’enfance qui ressurgissent à mesure que les nouveaux arrivants se réapproprient les lieux. Hantée également par de vrais fantômes qui observent et commentent les agissements de chacun, en espérant qu’un jour, enfin, ils pourront quitter les lieux à tout jamais. La très guindée Alice et la cynique Sandra, toutes deux mortes depuis longtemps, sont peu disposées à laisser la place aux nouveaux occupants. Les deux fantômes jouent des coudes pour rester maîtresses de leur propriété au travers de laquelle elles communiquent : escalier qui grince, radiateur qui siffle et ampoules qui grésillent remplacent les mots pour communiquer avec les nouveaux locataires. Mais bientôt, les vivants comme les morts seront confrontés à leur passé et à des vérités douloureuses…

Les personnages:

Je me suis beaucoup attachée aux deux fantômes féminins de cette maison, Alice et Sandra, sensible à leurs peines et tracas de leurs conditions, pour finalement être bouleversée par leurs histoires vécues dans leurs autres vies. D’ailleurs, c’est bel et bien les ombres qui prennent toute la lumière dans cette intrigue avec leurs mystères secrets…Fascinée par leurs échanges et petits apartés, entre les non-dits des vivants de la famille Walker…

C’est peut être le petit bémol de ce livre : c’est que j’ai eu un peu de mal avec la famille Walker. Ils m’ont paru bien fades, comparé à la consistance des fantômes, un poil dérangée aussi, par leurs petites afflictions puériles…

Ce que j’ai ressenti:

Quelle langue parlons- nous? Celle des craquements et des murmures, des grognements et des frémissements. Mais vous le savez. Vous nous avez entendus. Simplement , vous n’avez pas su interpréter ces sons.

Bienvenue dans le manoir des Walker, où les secrets et les morts se murmurent, dans les salles de cette grande demeure. Les Pièces deviennent Personnages car elles sont remplies d’histoires hantées, d’êtres coincés dans leur déni passé, et le Manoir a bien des choses à dire… Ces fantômes tiennent à se manifester d’une manière ou d’une autre, et tant pis, pour les vivants qui se murent dans leurs chagrins à coups de névroses honteuses…Ouvrez bien les oreilles, il se pourrait que vous les entendiez ces esprits frappeurs au détour d’une canalisation, ou d’une page écrite d’un temps révolu…Les Intrus souhaitent un embrasement, et mettent le feu aux poudres de ses habitants toxiques…

Le passé remue sous les cendres, ses pétales soulèvent la poussière.

Tout d’abord, j’ai adoré la plume de cette auteure, c’est fou cette poésie et cette façon si sensible de décrire ces sensations si fugaces, et pourtant bel et bien humaines, qui nous relie à ce monde. C’est le gros point fort de ce livre, cette sensibilité à fleur de mots. En prenant le choix de faire parler ses fantômes, Lauren Oliver embellit toutes nos petites habitudes qui leur sont maintenant inaccessibles, et rend ces petits instants intimes précieux. Et, puis cette façon particulière de nous mener de pièces en pièces,  pour nous présenter des scènes de vies et de tourments intérieurs qui jouent toujours sur la ligne très sensible entre la vie et la mort. C’est un roman trouble, opaque de secrets et de fractures que l’on pressent entre les lignes, et qui te hante encore longtemps après que tu aies refermé ces pages…Il me reste encore une impression de voile poétique de pensées noires, à avoir traversé ainsi les souffrances de ses énergies prisonnières des murs…

Parce qu’au bout du compte, immanquablement, l’infini gagne.

J’ai passé un agréable moment avec cette histoire et encore une fois, cette auteure me bluffe par tant d’imagination et de petits détails qui font que cet incroyable version « Rooms haunted » a de quoi vous faire dresser les poils…Jusqu’à la fin, elle maintient un suspense et une ambiance oppressante, fait de révélations en apparitions, qui vous maintiennent une bonne partie de la nuit, éveillés et presque médium, le temps de la visite des lieux…

Chaque fois qu’un cœur se brise, une luciole naît.

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Léa des éditions Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre. Ce fût une découverte envoûtante…

Les Ferrailleurs, tome 1: Le Château, Edward Carey.

Couverture Les ferrailleurs, tome 1 : Le château

Pourquoi je l’ai choisi:

J’avais repéré ce livre depuis sa sortie, parce que je me doutais qu’avec les avis de la blogospère, il pourrait vraiment me plaire…En plus, j’adore cette couverture, avec son coté monochrome et le relief gondolé au toucher.

Synopsis:

Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, assemblage hétéroclite d’objets trouvés et de bouts d’immeubles prélevés à la capitale, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, dont il devra prendre soin toute sa vie. Clod, notre jeune héros, a ainsi reçu une bonde universelle – et, pour son malheur, un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets, qui ne cessent de répéter des noms mystérieux…
Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît ; les murmures des objets se font de plus en plus insistants ; dehors, une terrible tempête menace ; et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…

Ce que j’ai ressenti:…Un univers incroyablement fascinant!…

Dès les premières pages, j’ai été envoûtée par cette ambiance sombre et originale…Tous ses mystères autour de ses objets qui parlent, ses deux adolescents qui se racontent, tour à tour, au sein de cette décharge, la puissance de l’imagination de l’auteur…Bienvenue dans une nouvelle saga : les Ferrailleurs! En plein dans un Londres revisité et très empreint de dangers grisâtres, on explore un lieu atypique fait de bric et broc. Totalement dépaysant et surprenant, on se perd avec un certain plaisir dans cette avalanche d’immondices, de montagnes de noms, de destins parlants qui régissent les Ferrayor.

« Nous étions comme des puces, des abeilles, des moucherons ou des scarabées bourdonnant, des cancrelats, des fourmis-scarabées, des phalènes cornues, qui tous vivent peu de temps, battent des ailes, s’affolent, rampent, mangent, vivent, aiment puis meurent, un petit tour et puis s’en vont, tout ce petit monde périt, et il n’en reste qu’une salissure. »

J’ai lu ce livre en plein mois de décembre, autant dire que j’étais dans l’ambiance de noël, et voir une bonde ou encore un sofa murmurer, ça force la magie…Il y avait ce qu’il faut de gothique et de féerie pour que je sois emportée dans cette tempête bien particulière, que je veuille découvrir tous les recoins sombres du Château, et que je m’émeuve devant la naïveté touchante de Lucy et Clod. Clairement, il y a des rendez-vous réussi, et cette lecture en périodes de fêtes, c’était le bon timing…

As-tu jamais désiré jouer le rôle principal dans ta propre histoire?

Je suis d’ors et déjà impatiente de poursuivre les aventures de ces lieux lugubres, et de ressentir les envolées lumineuses de nos deux héros maladroits et voir s’épanouir les paraboles de Edward Carey. J’ai été très touchée par la sensibilité que l’auteur met dans cet océan de vies et de déchets, enchantée par l’étincelle qu’il peut faire jaillir pour ses vies effacées, troublée par la douceur candide de cet amour naissant.

 Mais elle, c’est une pensée, la plus belle des pensées. Les meilleures pensées que j’aie jamais eues sont mes pensées pour Lucy Pennant.

Le petit Plus: Les illustrations de l’auteur en début de chapitres. 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Le Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture fascinante.

La ménagerie de papier, Ken Liu.

Couverture La ménagerie de papier

Pourquoi je l’ai choisi:

Je me suis laissée tenter ça et là, par les critiques élogieuses sur la blogosphère…

Synopsis:

Serait-il possible de décrypter les algorithmes de l’amour ? Peut-être les tentaculaires compagnies de l’Internet y parviendront-elles un jour ? Elles sauraient, alors, dire si deux personnes sont vraiment faites pour être ensemble. Et si l’immortalité nous était offerte, quelle trajectoire serions-nous amenés à suivre ? Sans doute la route vers les étoiles s’ouvrirait-elle à nous ? D’immenses vaisseaux se dirigeraient vers 61 Virginis pour y trouver… quoi ? Mais les plus beaux des voyages sont peut-être ceux que l’on fait grâce à la mémoire, à l’aide de jouets nés des mains et de l’amour d’une mère : une merveilleuse ménagerie de papier.

Ce recueil de dix-neuf nouvelles, récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire en 2016, révèle le talent d’un auteur avec lequel il faudra compter à l’avenir. Abordant indifféremment la science-fiction ou la fantasy, Ken Liu a réussi un triplé historique pour le texte qui donne son titre au recueil : prix Hugo, prix Nebula et World Fantasy Award.

Ce que j’ai ressenti:

J’ai de suite adhéré à l’intention de Ken Liu avec son avant-propos, qui offre une connexion entre l’auteur et ses lecteurs. Il a une manière très singulière de rendre ce moment magique, et pour une première découverte du style de cet auteur, on dirait bien que le charme a bien pris…C’est toujours très intéressant de partir à la découverte d’une culture différente, à travers les sensibilités dans les écrits, car on se rend mieux compte des modes de pensées et de ses jolis folklores.

« Le chagrin est un sentiment puissant qui modifie notre regard sur le monde. »

La magie a été là dans son ensemble…Mais, pas à tous les coups, pas à tous les textes. Dans ce recueil de nouvelles, il en est qui m’ont touchée et d’autres plus ou moins ennuyée, parce que ce format de textes est trop aléatoire dans ses longueurs pour vraiment susciter l’émotion chez moi… Elles ouvrent quand même pour beaucoup sur une autre manière d’appréhender les grandes dynamiques de notre monde, et s’emparent des plus grands rêves un peu fous des humains mais laisse toujours la part belle aux lecteurs, de s’en faire sa propre expérience…En cela, c’est une richesse puisque nous avons des thèmes abordés tels que l’amour, l’immortalité, la liberté, la connaissance du futur, la fatalité,  et l’éphémère de nos existences…Toutes ses nouvelles nous en parlent avec douceur, poésie, paraboles: tout en mots et étoiles où se perdre…Un plaisir de lecture comme un paquet de sucreries variées.

Le bateau, suspendu à cette enveloppe, prit son envol pour descendre lentement le long du bord du monde.

En terme de préférence, la nouvelle qui donne son nom au recueil, vaut clairement le détour! J’ai été émue par l’univers poétique et fantastique qui se joue dans cette ménagerie de papier, la force de son pouvoir imaginatif, l’art de l’origami dans la délicatesse d’une plume sensible: Juste Magnifique! J’ai beaucoup aimé aussi Le Golem au GMS et La trajectoire et Faits pour être ensemble. Lire des nouvelles restent encore une exception dans mes habitudes de lectures, mais ce recueil fût une très jolie surprise, même si je suis dès fois passée à côté de certaines, on devine quand même un auteur à suivre, et j’ai hâte de me plonger dans un de ses romans, qui j’en suis certaine saura m’emporter sur des terres encore inconnues entre science-fiction et fantastique…

Le corps humain, c’est une merveille à récréer. L’esprit par contre, n’est qu’une vaste blague. Croyez-moi, je m’y connais.

 

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement l‘équipe Folio de leur confiance pour m’avoir intégrer dans son Club de l’Imaginaire. Ce fût une lecture  bien intéressante.

Battle Royale, Koushun Takami

Couverture Battle royale

Pourquoi je l’ai choisi:

Considéré comme une référence, je tenais absolument à découvrir cet ouvrage. Depuis la folie Hunger Games, je l’avais vu maintes fois cité comme le précurseur du genre, et puis je l’ai vu en coup de coeur recommandé par Le livre de Poche Imaginaire…J’ai succombé à la tentation….

Synopsis:

Dans un pays asiatique imaginaire existe un programme gouvernemental connu sous le nom de « Battle Royale ». Chaque année, une classe de 3ème est choisie au hasard, emmenée sur une île coupée du monde, et les collégiens doivent combattre entre eux jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un survivant…
Ceci afin de servir d’exemple à la population, à la jeunesse particulièrement, et aussi de recueillir des statistiques sur le temps mis par le champion à éliminer ses camarades.

Les personnages:

42 élèves. 42 enfants. 21 filles. 21 garçons.

Image associée

 

Le lieu :

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Ce que j’ai ressenti:…Foudroyante Battle de coeurs battants…

 

Image associée

Au final, il n’en restera qu’un…

Ceci n’est pas une mauvaise blague, ni la bande annonce de « The Voice »… Les « Battle » sont bel et bien mortels, cruellement réels, sauvagement sanglants. Cette classe de 3ème n’aurait jamais pensé être l’élue du Programme, et pourtant, il va falloir à ses jeunes gens beaucoup de courage et de détermination, pour ce réveil effroyable sur cette île retirée, terrain de jeu miné, il faudra survivre… Survivre aux autres.

« Aujourd’hui, mes petits amis, vous allez vous amuser à vous entre-tuer! »

Quand tu tiens en main ce beau volume de quelques 800 pages et que tu devines par avance, que ça ne va pas être de la guimauve: prévois-toi dans ton planning, une sacrée plage de moments dans lequel tu vas pouvoir te confronter à l’ignoble, à l’éventuel monde imaginaire de violence extrême , et appréhender une nouvelle façon de jouer. Je te mets juste en garde, ô toi le lecteur curieux,  parce que ça envoie niveau émotions diverses ainsi que mises en scènes atroces…Et pourtant, il y a une certaine addiction qui se crée, car tu ne peux laisser à leur triste sort, ses enfants…Jusqu’à la dernière page, tu espères : que le jeu s’enraye, que l’humanité triomphe…

Ni peur, ni doute, jamais…

Koushun Takami ne se contente pas de livrer une histoire morbide sans morale, non, il nous livre dans cette trame d’horreur, une étude psychologique de la peur, avec en exemple, des adolescents pleins de sentiments contraires dû à leur âge difficile, sur une aire prédéterminée, avec une règle du jeu implacable. Il nous fait réaliser à quel point le doute peut envahir les esprits fragiles, comme il s’insère insidieusement dans les comportements, jusqu’à quel point, il peut rendre fou…Une classe entière de gamins, plus ou moins unis dans le quotidien va être contrainte d’éliminer, un à un, ses camarades, au dépit de l’amitié, au détriment de l’amour…Il suffit d’une étincelle, parfois, pour que le carnage se déclenche…L’auteur réussit le pari à créer cette atmosphère de tension très particulière de confiance bafouée, au delà des volontés premières des participants. C’est le Jeu, parce que l’Autre le joue. C’est l’Instinct de survie qui domine parce que les règles sont ainsi. Toute l’horreur se tient là, toute l’intensité se joue là. Dans cet unique sentiment: la peur…

Parce que si tu commences à douter, alors oui, tu peux douter de tout, absolument de la moindre petite chose, tu peux douter. Mais si tu doutes de tout, il faudra que tu t’entoures de tellement de précautions que tu ne pourras bientôt plus bouger le petit doigt.

Si les minutes et l’espace de jeu se réduisent inexorablement pour ces petits héros malgré eux, pour toi aussi, lecteur, le temps prend soudain une autre forme, il s’étire aux souffles de vie qui se perdent… Te voilà confronté à un régime politique totalitaire, à une hécatombe d’innocents, à l’horreur de Battle Royale. J’ai lu ses pages, avec la gorge serrée, heureusement qu’il y avait des notes de douceur auxquelles se raccrocher parfois, mais clairement ce livre te hante. Cette folie t’accompagne dans ton espace intérieur, te déstabilise dans cette illusion de jeunesse candide, te frappe aussi sûrement que le plus déterminé des joueurs, t’atteint en plein cœur de tes convictions utopistes…

S’il n’en restait qu’une, pour vous convaincre de lire ce livre, je serai celle là…

Ma note Plaisir de Lecture  10/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier Ninon, adorable attachée de presse chez Le Livre de Poche Imaginaire, qui m’a fait parvenir cet ouvrage que j’ai cherché partout en librairie sans pouvoir mettre la main dessus. Merci de sa confiance, merci pour cette attention!

Les perséides, Robert Charles Wilson.

Couverture Les perséides

Pourquoi je l’ai choisi:

Grâce aux bons conseils de Yvan, Robert Charles Wilson est devenu un auteur que j’adore particulièrement. Forcément, quand j’ai vu cette proposition de lecture dans le cadre du Club de l’Imaginaire Folio SF, je n’ai pas hésité un seul instant, ne tenant même pas compte du résumé, tellement je fais confiance à son talent! Je remercie d’ailleurs très chaleureusement les éditions Folio de leur confiance!

Synopsis:

Toronto. Cité pluriethnique où l’on peut croiser des centaines de personnes tout en restant terriblement seul. Ville tentaculaire que l’on sillonne chaque nuit en faisant de nouvelles découvertes et où l’indicible n’est jamais très loin. 
Au cœur de cette métropole se niche une petite librairie plutôt étrange : Finders. Vous y trouverez sans aucun doute les livres que vous cherchiez depuis toujours et aussi, qui sait?, certains que vous n’imaginiez même pas. Porte ouverte sur des mondes qui n’existent pas, ou pas encore, Finders est un endroit à nul autre pareil. Poussez la porte, si vous l’osez… 

Avec ce recueil de neuf nouvelles liées plus ou moins étroitement les unes aux autres, Robert Charles Wilson nous offre une œuvre très personnelle, ancrée dans le réel et pourtant véritable déclaration d’amour à la science-fiction, laboratoire de tous les possibles.

Ce que j’ai ressenti:…Elargir son horizon étoilé des possibles…

« L’univers mesure-t-il l’intention? »

Neufs nouvelles pour mieux appréhender la science-fiction, et le chemin des étoiles pour aller s’y perdre, avec la jolie plume de Robert Charles Wilson…Inutile de dire que ce livre, j’étais très impatiente de le commencer, car depuis que j’ai découvert cet auteur, je me régale de son imagination foisonnante, je suis admirative des mondes qu’il ouvre à ses lecteurs, et de la portée de ses écrits pour notre perception de la vie. Même le livre refermé, il me reste encore une impression très forte d’avoir confronté mon imaginaire au néant, de lui avoir laissé une chance de rentrer dans un quotidien toujours plus prenant…Étourdissant comme sensation…

« Est-ce que c’est l’univers qui se dilate ou l’observateur qui rétrécit?  » 

Lire des nouvelles est assez exceptionnel chez moi, mais quand c’est un auteur chouchou tel que RC Wilson, je fonce les yeux fermés, et bien sûr, la magie a encore opérée…Il arrive à me transporter à chaque fois, dans un espace parallèle de pure science-fiction avec une pointe de fantastique qui fait de ce moment, une boucle de plaisir de lecture…J’aime sa façon d’exploiter l’étrange, de décrire l’humain dans ses incroyables contradictions, de passer toutes les frontières pour mieux apprendre de notre monde…De l’infiniment grand à l’infiniment petit, des paradoxes possibles et impossibles, avec une finesse d’écriture, il nous réinvente Les Perséides, dans une pluie de mots étincelantes…

« Au bout d’un moment, on apprend à en tirer réconfort. Si nous ne sommes rien, alors il n’y a rien dont avoir peur. Nous n’intéressons pas les étoiles. »

Une ville et une librairie comme point d’ancrage de cette série d’histoires toutes plus intéressantes les unes que les autres, car elle ouvre sur les champs des possibles intangibles, des probabilités anticipées dérangeante, voir même effrayantes. Un envol direct pour l’infini et au delà, avec des théories opaques qui prennent vie dans ses pages. Ce recueil de nouvelles est une plongée vertigineuse dans les rues de Toronto et ses recoins sombres et des portes de mots qui s’ouvrent sur des mondes insoupçonnés qui laisse des traces de vaporeuses angoisses dans nos nuits blanches. On en ressort forcément troublé, car derrière ses petits textes, se cachent les grandes questions existentielles, quand nous tournons notre regard vers le ciel étoilé…

« Les gens de la ville ne comprennent pas. En agglomération, le ciel est gris, vierge comme une ardoise et légèrement lumineux : on dirait un feu d’ordures qui couve. Les quelques corps célestes qu’on parvient à voir briller malgré la pollution sont à peu près aussi excitant qu’un poisson échoué sur la plage. Mais en s’éloignant suffisamment de la ville, on voit encore le ciel de la même manière que nos ancêtres, comme un abîme au-delà du bout du monde dans lequel les étoiles évoluent, aussi implacables et inabordables que les âmes des morts d’antan. »

J’ai bien entendu mes préférences en termes de textes qui m’ont plus touchée que d’autres, (comme La ville dans la ville et L’observatrice) , mais j’ai été agréablement surprise de la cohérence de ce recueil qui propose toujours une ligne conductrice entres ses nouvelles, même infime, dont l’incroyable fascination pour la librairie Finders…Robert Charles Wilson se plaît à prendre carrément l’univers comme espace de jeu, avec toutes les propositions originales ou frissonnantes qui peuvent nous atteindre, pour nous donner quelques matières à penser, lors de nos ballades nocturnes, au clair de lune.

« Au bout d’un moment, on apprend à en tirer réconfort. Si nous ne sommes rien, alors il n’y a rien dont avoir peur. Nous n’intéressons pas les étoiles. »

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

 

 

Trois oboles pour Charon, Franck Ferric.

Pourquoi je l’ai choisi:

Au premier coup d’œil, pour la couverture! Il faut dire aussi que ce synopsis avec cet homme qui dupe les dieux a attisé ma curiosité…

Synopsis:

Pour avoir offensé les dieux et refusé d’endurer ma simple vie de mortel, je suis condamné à perpétuellement subir ce que j’ ai cherché à fuir : l’absurdité de l’existence et les vicissitudes de l’Humanité. Rendu amnésique par les mauvais tours de Charon – le Passeur des Enfers qui lui refuse le repos -, je traverse les âges du monde, auquel je ne comprend rien, fuyant la guerre qui finit toujours par me rattraper, tandis que les dieux s’effacent du ciel et que le sens même de ma malédiction disparaît avec eux. Dans une ambiance proche du premier Highlander de Russel Malcahy, Trois oboles pour Charon nous fait traverser l’Histoire, des racines mythologiques de l’Europe jusqu’à la fin du monde, en compagnie du seul mortel qui ait jamais dupé les dieux.

Ce que j’ai ressenti :…Un voyage tourbillonnant de poésie…

 « Toi qui arrives au Froid Pays : trois oboles pour le Passeur, ou bien une éternité de langueur ? »

♫ Il faut laisser le temps au temps ♫… Pour le Géant de cette histoire, il sera sa pire malédiction, sa némésis, sa torpeur… Une éternité à subir les violences, à se retrouver au milieu des pires conflits de l’Histoire, à chercher les réponses à ses questions…Toujours aux frontières de la vie et de la mort, essayant de saisir la déraison ou comprendre la raison d’un tel châtiment, à voguer sur le fleuve de Léthé indéfiniment, à s’acquitter d’une dette de passage mystérieuse…Cet homme aux multiples surnoms se balade sur le fil du temps, retombe chaque fois dans le chaos, et se relève dans un néant sans but…

« Il n’est de punition plus terrible qu’une éternité de travail sans but ni espoir. »

Je fais un petit aparté spécial pour signaler que je préfère le synopsis de Folio, car du coup, j’ai pu apprécier à sa juste valeur, la surprise de l’identité de cet homme maudit par les dieux, et donc encore plus aimé la pertinence de la construction de l’intrigue. Franck Ferric réinterprète la légende d’un personnage de la mythologie grecque, joue des effets de répétition qui sont le propre de cette spirale infernale, mais en plus, il le fait avec une poésie moderne expressive qui fait un joli clin d’oeil à l’oeuvre originale.

Mais attention à vous. La poésie, parfois, ça griffe, ça mord, ça cogne. 
Et c’est même un peu sale.

Nous avons dans ce roman des scènes de bataille époustouflantes, et une compréhension de l’Humanité qui mène à de belles réflexions philosophiques. Une lecture des plus intéressantes avec une beauté lyrique qui nous emporte au sein de l’Histoire, des histoires et des mythes légendaires. Je suis encore admirative de la proposition originale de cet auteur! Un moment suspendu dans le cycle infernal de la vie, une jolie vogue de lecture avec une réinterprétation intelligente, qui en fait, un petit trésor personnel, mais qui ne vous sera d’aucune utilité devant votre passage devant Charon…A moins que…

« Avec nos armes et nos passions nous taillons nos vies à nos mesures. Je crains qu’il ne faille bien plus , à ceux qui viendront après nous, pour élargir les vies qu’on voudra bien leur donner. »

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Folio pour l’envoi de ce livre et de leur confiance pour faire partie de leur Club de l’Imaginaire.

Annihilation, Jeff Vandermeer.

Couverture Le Rempart Sud, tome 1 : Annihilation

La trilogie du Rempart Sud

Pourquoi je l’ai choisi:

Je me suis laissée tenter par le synopsis. Totale découverte et curiosité titillée…J’étais impatiente de pénétrer dans la zone X..

Synopsis:

« Toute cette région était désertée depuis des décennies, pour des raisons qui ne sont pas faciles à raconter. Notre expédition était la première à entrer dans la Zone X depuis plus de deux ans et la majeure partie de l’équipement de nos prédécesseurs avait rouillé, leurs tentes et abris ne protégeant plus de grand-chose. En regardant ce paysage paisible, je ne pense pas qu’aucune d’entre nous n’en voyait encore la menace. »
La zone X est coupée du monde depuis des décennies. La nature y a repris ses droits. Quelques vestiges de civilisation subsistent dans une faune et une flore luxuriantes.
La première expédition décrit une contrée idyllique. La deuxième s’achève sur un suicide de masse. Les membres de la troisième expédition s’entretuent, ceux de la onzième reviennent amorphes et succombent à un cancer foudroyant. Nous suivons la douzième, composée de femmes. Leur mission : cartographier le terrain et ne pas se laisser contaminer par la zone X.

Les personnages:

Fait assez troublant:  elles ne portent pas de noms et seront seulement identifiées selon leurs professions. Il y a donc une psychologue, une linguiste, une géomètre et enfin une biologiste (qui donnera son ressenti de l’expédition sous forme de journal.) L’auteur choisit de les faire très peu interagir, et ne cherche pas à développer une osmose de groupe, plutôt même le contraire, d’ailleurs…Ce qui rend un rendu très détaché et presque dénué d’émotions humaines, même avec la biologiste, il est très difficile de s’attacher à son sort…C’est un pari risqué, mais bien intéressant…

Ce que j’ai ressenti:…Une première approche de la Zone X…

C’est ainsi que la folie du monde essaie de vous coloniser : de l’extérieur, en vous forçant à vivre dans sa réalité.

Il est quelques fois possible qu’un simple lieu puisse vous saisir par son atmosphère étrange…La zone X est une présence mystérieuse, envoûtante, effrayante qui n’est pas prête de vous livrer ses secrets. Elle vole à elle seule, toute la magie des personnages pour se faire maître des lieux et troubler tous vos sens…Ile perdue, Frontière floue, Faune et Flore luxuriante, elle a les atouts pour camoufler son aura sauvage et dangereuse…C’est à mon avis le gros point fort de ce premier tome de la Trilogie du Rempart Sud, il me tarde vraiment de pouvoir en lire la suite, car à la fin de cette lecture, le mystère reste entier, et les réponses à nos questions ne trouvent pas satisfaction…Mais il n’en reste pas moins qu’il nous reste cette ambiance oppressante, cette montée progressive de peur ancestrale qui te taraude, y compris une fois le livre refermé…

Connaître aussi intimement la signification des mots pouvait être trop pesant pour n’importe qui, je m’en aperçois, maintenant.

Même si j’admire l’originalité de Annihilation, il semblerait que je n’ai pas toujours été en symbiose avec cette lecture. Je pense que c’est dû à la forme du texte: il manque d’aération dans les chapitres et il y a eu comme de grosses longueurs qui restent encore opaques et des flash-backs qui s’enchaînent au récit sans transition. Ce qui fait que cette lecture n’est pas vraiment fluide, et déjà qu’il faut appréhender un nouveau lieu, un univers bien teinté de SF: j’aurai aimé, pour totalement être sous le charme, une structure plus nette.

La mort, je commençais à le comprendre, n’était pas la même des deux côtés de la frontière.

Comme je le disais, il n’en reste pas moins que j’ai hâte de retrouver les petits secrets que referment cette zone X avec cet entremêlement de mots et de verdure, d’illuminer les zones d’ombres de la tour, de soulever un peu les roseaux pour découvrir la bête, de creuser un peu du côté du Rempart voir quel genre de violence il pourrait déclencher, et surtout, surtout, lire les autres carnets…Il est annoncé d’ailleurs une prochaine adaptation cinématographique, et à lire la force hypnotique de cette nature, je suis sûre que ça pourrait donner un très beau rendu visuel. Affaire à suivre en 2018!

La curiosité peut être une puissante distraction .

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Le livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture intéressante.

Le paradoxe de Fermi, Jean-Pierre Boudine.

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai craqué sur cette très jolie couverture de Aurélien Police et souvent, je ne résiste pas à une aventure post-apocalyptique.

Synopsis:

Dans son repaire situé quelque part à l’est de l’arc alpin, Robert Poinsot écrit. Il raconte la crise systémique dont il a été témoin : d’abord le salaire qui n’arrive pas, les gens qui retirent leurs économies, qui s’organisent pour trouver de quoi manger, puis qui doivent fuir la violence des grandes villes et éviter les pilleurs sur les principaux axes routiers. Robert se souvient de sa fuite à Beauvais, de son séjour dans une communauté humaniste des bords de la mer Baltique et des événements qui l’ont ramené plus au sud, dans les Alpes. Quelque part dans le récit de sa difficile survie se trouve peut-être la solution au paradoxe de Fermi, à cette célèbre énigme scientifique : dans un univers aussi vaste que le nôtre, l’espèce humaine ne peut pas être la seule douée d’intelligence ; alors où sont les autres, où sont les traces radio de leur existence? Jamais auparavant l’effondrement de notre civilisation ne fut décrit de façon plus réaliste.

Ce que j’ai ressenti:…Ultime regard vers les étoiles…

La route est fatale au désespéré.

Un livre qui fait froid dans le dos! Le chaos a ravagé la planète, et un homme décide de prendre un cahier et un crayon pour laisser une trace…Eventuellement…Juste une dernière trace, juste un journal intime…Un ultime témoignage…Je ne saurai dire si c’est un roman, ni même lui coller une étiquette de genre. Il est. C’est tout. J’admire cette construction de cette histoire en angle aigu, qui part d’un homme seul pour tendre vers une région, une poignée de pays, la planète entière et enfin, l’univers dans son infinité…C’est une histoire prenante, qui te file le frisson, petit à petit , insidieusement, tu te retrouves à trembler devant cet avenir réinventé, presque prophétique…

Le dynamisme (tellement admiré) de la civilisation moderne a balayé les modes de vie plus simples. Et lorsque la civilisation s’est effondrée, nous n’avons pu vivre ni comme des barbares saxons, ni comme des Indiens guaranis, ni comme des chimpanzés. Nous sommes devenus des riens, errants, furieux, cruels, peureux et haineux…

On peut être assez déstabilisé par contre, par ce ton froid et détaché de la narration adopté dans ses pages. L’auteur choisit de faire par anticipation, une analyse du désordre mondial qui mène à une crise sans précédent, et où l’on devine l’extinction de la population humaine…Nous avons donc des passages scientifiques, économiques et sociaux passionnants, et des théories très intéressantes à suivre dans leurs portées philosophiques. Pourtant, malgré une ambiance sombre et pessimiste de cet avenir, nous avons quelques petites perles de lumière et d’espoir appréciables, qui te permettent de souffler un peu dans cette énumération de faits catastrophiques.

Tant qu’il y a de la vie, ça parle d’espoir, mais c’est une raison de faire taire la vie.

200 pages, qui te donne matière à réflexion, qui t’ouvre un champ de possible et une réponse probable au Paradoxe de Fermi: cette lecture est une bien jolie découverte. Inclassable. Surprenant. Enrichissant. Un petit OLNI dans l’univers de la science fiction. Une petite curiosité à découvrir, car comme on le sait, la curiosité emmène toujours plus loin…Ici, il se pourrait qu’elle t’emmène à voir (et peut être entendre) , différemment le ciel étoilé et ta propre place d’humain face à l’immensité…

L’homme ne vit pas de pain, il vit de sens.

En conclusion, j’ai beaucoup aimé son originalité, il m’a manqué un poil d’émotions et de fluidité, mais je le recommande chaudement à tout amateur de science fiction, car c’est un beau tremplin vers un cheminement de pensée intérieure.

Nous ne pensons pas forcément la réalité. Nous pensons ce que nous pouvons penser.

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Folio pour leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture intéressante!

 

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