Plateau, Franck Bouysse.

Couverture Plateau


Synopsis:

Sur ce plateau de Haute-Corrèze, Virgile et Judith ne sont plus qu’un vieux couple de paysans. Auprès d’eux vit Georges, ce neveu dont les parents sont morts d’un accident de voiture et qu’ils ont élevé comme leur fils. Aujourd’hui, c’est Georges qui s’occupe de la terre. Mais lorsqu’une jeune femme qui fuit son passé vient se réfugier chez eux, lorsqu’un ancien boxeur tiraillé entre ses pulsions sexuelles et sa croyance en Dieu s’installe dans le hameau, lorsqu’un mystérieux chasseur commence à rôder alentour, le plateau devient le théâtre d’un huis clos où toutes les passions se déchaînent.
Prenant pour cadre ce territoire où la sauvagerie de la nature fait écho à l’apreté des hommes, Franck Bouysse nous livre une œuvre ciselée comme un joyau noir.


Ce que j’ai ressenti:

▪️La poésie du noir sur un Plateau…

Et dans « Cet endroit, on s’y jette avec dévotion »...Je dirai pour ma part, que moi, dans ses livres, je m’y jette aussi avec dévotion. Ces livres, c’est ceux de Franck Bouysse évidemment. Depuis les 30 premières lignes lues de Grossir le ciel, cet écrivain a fait chavirer mon cœur de lectrice avec sa façon bouleversante d’écrire la vie rurale. Sa manière singulière de réaliser la prouesse de nous décrire la lenteur et la vie des habitants sur le Plateau de Millevaches. La langueur de leurs amours, leurs rêves étouffés, leurs désirs enfouis, leurs espoirs fracturés, et leurs drames étouffants. Une poésie du noir fascinante. Je pourrai bien aller me balader sur un Plateau, entendre grossir le Ciel, Vagabonder sur les routes, aimer tendrement une Rose, m’engluer dans la Glaise, si c’est Franck Bouysse qui me le raconte, je m’y jette avec émotion…Que d’émotions d’ailleurs! C’est fou comme un morceau de terre peut faire ressortir comme merveille…

L’idée de la mort n’existe pas pour eux, et jamais ils ne feront le lien entre elle et la peur qu’ils ont du monde, avant qu’elle ne les prenne.

▪️Dans la souffrance, résister…

Que ce soit Judith et Virgile, avec cet amour qui se délite, Georges avec ces souvenirs hantés, Karl avec ses démons intérieurs, Cory et sa passion destructrice, les personnages de ce roman sont tourmentés. Très tourmentés. Et dans le silence du Plateau, et les non-dits de leurs souffrances, ils s’abîment un peu plus, s’enfonçant encore plus dans les profondeurs de leurs douleurs, et nous, on les regarde, impuissants, lutter. C’est triste et magnifique. Tu te prends un uppercut et un shoot de poésie, en même temps et avec la même puissance. Franck Bouysse mêle dans leurs histoires de famille, la beauté du Plateau et la rudesse de la vie, et ça t’éclate la tête et le cœur. KO de lyrisme et sonné par la fatalité, tu es obligé d’en tomber à la renverse…

Devenir une étoile morte. Devenir. Renaître. Enfin.

▪️Et boom, le coup de feu…

C’est brutal, un coup de feu. Mais un coup de cœur aussi. Ça commence certes, à devenir une habitude, mais c’est une habitude extraordinaire. D’être toujours aussi émerveillée par l’intensité et le talent de cet auteur. Et je voudrais cette habitude encore et encore, parce que c’est dingue et follement incroyable…Plateau a réussi à m’éblouir dans ses descriptions autant que me toucher par les sentiments qui se dévoilent au fil des pages…Ce sont des vies simples exposées, explosées, magnifiées dans ce roman noir. Et ça fait, boom dans mon cœur…

Georges avait fini par penser que son cœur battait par défaut, jusqu’à la perfection de ce moment. Ce sentiment en lui qui rend les actes plus légers, puisqu’ils prennent un sens dépassant leur simple cadre. Une sorte d’accord sublime, qui le ferait presque pleurer.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Estuaire, Lídia Jorge.


Synopsis:

Edmundo Galeano a 25 ans, il a parcouru le monde, participé à une mission humanitaire et est revenu dans la maison paternelle avec une main estropiée. Il est revenu pour écrire et passe ses jours à essayer d’élaborer littérairement son témoignage. Un roman qui expliquera le monde et l’empêchera de courir à sa perte.

Sa famille passe par une série de vicissitudes économiques qui mettent en danger la maison familiale, refuge de tous. Il y a l’aîné qui a mis sur pied un projet destiné à sauver la fortune de la famille en transformant deux bateaux, mais l’autorisation de l’administration se fait attendre depuis des années. Il a tenté de conjurer le sort et attend une bonne nouvelle. Un cadet avocat et dandy dont les affaires déclinent et qui essaie de sauver son cheval du naufrage de sa fortune. Le frère suivant qui réhabilite des immeubles vétustes pour les louer à des clandestins et est amoureux d’une belle Estonienne enceinte de lui et qui a besoin de place pour le bébé. La jeune sœur divorcée, avec un enfant de 8 ans fasciné par la baleine 52 Hertz, un enfant qui ne ressemble pas à son père mais au grand amour de sa mère. Et la tante Titi qui a sacrifié sa vie pour élever ses neveux et dont la vieillesse et la présence sont maintenant encombrantes. Lorsque le père de famille, armateur ruiné, baisse les bras, tout se précipite et chacun est confronté à ses échecs et à ses culpabilités. Edmundo prend alors conscience que ses aventures lointaines et son projet littéraire sont en relation directe avec les batailles privées qui se déroulent autour de lui.

Ce superbe roman choral nous montre, avec tendresse et ironie pour l’apprenti écrivain, le processus de la création littéraire, ses embûches, ce que représente le travail d’écriture. Il nous montre aussi comment les vies quotidiennes dépendent de ce qui se passe bien loin d’elles-mêmes et des décisions prises à d’autres échelles. Lídia Jorge, qui a toujours pratiqué un « réalisme aux portes ouvertes », nous trouble en introduisant des éléments fantastiques et irrationnels dans ses personnages et nous montre que la passion amoureuse va plus loin qu’on ne pourrait le penser. Elle montre le plus proche pour atteindre l’universel.

Après avoir exploré l’Histoire et les façons d’en rendre compte, Lídia Jorge revient à l’exploration des actions et des sentiments qui constituent les vies ordinaires et les abîmes qu’elles recouvrent. Un grand roman écrit par une très grande romancière.


Ce que j’ai ressenti:

💙Un Souffle de turbulences…

La famille Galeo connaît des jours nuageux et sombres. Dans la maison de leur enfance, la maison du Largo do Corpo Santo, ils se retrouvent, tous. Joâo. Silvio. Edmundo. Charlotte. David, Titi. Manuel. Un peu par dépit, beaucoup par commodité, mais surtout, dans le malheur d’un quotidien qu’il faut réévaluer à l’aube de la ruine familiale. Et forcément, ça crée des tensions pour les espaces de vies. Mais chacun, imagine un avenir radieux, auprès des siens, avec si possible, des petits bonheurs privés à atteindre, tout en faisant parti d’un tout. De la cellule familiale, de la vie en communauté, avec la beauté du paysage et des rêves-embruns, Lídia Jorge nous offre un roman choral sublime.

Là où il y avait des hommes, il y avait des perfidies, les perfidies étaient les fils de la toile d’araignée qui se tisse entre les hommes.

🔵 Et dans une sphère bleue…

Edmundo Galeano a une envie étourdissante d’écrire. D’écrire un livre. D’écrire « Le » livre. Avec cette folle audace en tête et la main mutilée fort impatiente, il regarde grossir une sphère bleue plutôt que sa famille…Il sent jaillir cette boule bleue en lui et l’entourer plus haut dans ses ambitions. Son foyer subissant multiples tempêtes pourtant, lui, il continue de chercher l’inspiration et l’appelle de toutes ses forces…Et à force d’écriture et d’introspection, il touche son rêve de ses doigts…

Lídia Jorge raconte la beauté ensoleillée de l’écriture créative, l’envie tenace de prendre la plume, les flux d’ardeur et de désespoir face au projet d’un livre à travers son personnage et c’est sublime. Le cœur de l’intention d’écriture. Tout en racontant, les peines de cette famille, elle nous démontre que c’est dans le quotidien parfois, qu’on peut puiser les idées, qu’on peut trouver avec un œil attentif, la richesse d’une belle histoire. J’ai adoré sa sensibilité d’écrivaine, sa façon de décrire avec des images fortes ou dans le plus infime détail, l’énergie qu’il faut déployer pour se dépasser avec la littérature.

La beauté. il savait qu’il devrait conquérir la beauté pour que son livre apporte une leçon. Ce qui lui semblait facile.

🌊Une ode à la mer…

Entre fleuve et océan, Estuaire est un roman qui t’embarque par sa beauté et son intensité. La plume de Lídia Jorge est puissante, suggestive, alarmante, poétique. Il y avait de la douceur dans les mots et puis d’un coup, des impacts tonitruants. J’ai adoré. Parce que c’était la vie avec ses coups durs, parce que c’était la mer avec sa magnificence , parce que c’était vrai, sincère dans chaque mot.

Les hommes devaient ficher la paix à la mer, la mer et ses fonds et ses abîmes, ses jardins secrets, ses nappes d’algues, ses créatures d’une infinie variété, son eau pure avec sa pointe de sel.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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les ronces, Cécile Coulon.

 

🌿Je lis Les Ronces. Et c’est bien.

Je découvre Cécile Coulon avec ce recueil de poésie et il me pousserai presque des ronces à l’intérieur et des poèmes vagabonds, à laisser s’envoler dans le vent de l’été.

🌿Je lis Les Ronces. Et c’est bien.

Je n’aime rien tant de moins que le mistral, et comme il souffle pendant ma lecture, ça se marie bien avec les mots épineux de Cécile. Entre fureur et douceur, les poèmes resplendissent, la créativité se glisse, les mots guérissent. J’ai soif de sa force, je me repère dans ces champs lexicaux, je m’accroche à ses piquants, je sourie à son abandon.

🌿Je lis Les Ronces. Et c’est bien.

Je laisse le calme de l’après-midi mourir un peu, en vibrant au doux son de Poésie, en crevant un temps-Soi peu, juste un peu…Je rêve un peu plus grand, je pense à la fragilité, je visualise son petit coin du monde tranquille.

🌿Je lis Les Ronces. Et c’est bien.

Et il y a des moments que l’on doit partager. Des moments de fluidité, où s’évade la sensation de liberté, de touts petits instants de sérénité parfaite où l’émotion prend sa place, des micro-secondes de bonheur où Les Ronces ont l’audace de te griffer.

🌿J’ai lu Les Ronces. Et c’était bien.

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« Mes poèmes sont cannibales

mais ils ne mentent pas »

Cécile Coulon, Les Ronces.

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Que passe l’hiver, David Bry.

Couverture Que passe l'hiver


Synopsis:

« Un fil du destin se brise. Un autre se renforce. » 

Stig, cadet du clan Feyren, se réjouit de participer pour la première fois aux festivités du solstice au sommet du Wegg, demeure du roi de l’hiver, signe de son passage à l’âge adulte. Le jeune homme au pied bot, difformité qui lui vaut le mépris son père, observe avec candeur et enthousiasme les conteurs, danses, ripailles et conversations, n’osant encore se mêler aux membres des trois autres clans. Mais lorsque le seigneur des Dewe s’écroule brutalement, la fête se teinte de la couleur du deuil. Et l’atmosphère glacée se fait plus étouffante.
Au cœur de la Clairière, les bûchers mortuaires brûlent et signent déjà la fin d’un monde.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Des fils et des flocons par milliers…

Que passe l’hiver mais que reste le charmant souvenir de cette histoire, une fois la féerie rencontrée au pied de la montagne du Wegg… Quel roman mais quel roman! Tout un univers de blanc et de magie qui prend vie en tournant les pages, et que de tragédies dans la pureté de ce paysage! C’est un roman Fantasy enchanteur et mystérieux qui tisse son intrigue au cœur de la fête du Solstice d’hiver, quand les flocons tombent tellement drus, que la force des traditions et des contes oraux prennent enfin tout leurs sens. Des liens et des destins qui s’entrelacent au cœur de la Clairière. Des fils d’amour, d’amitié mais aussi de haine et de pouvoir féroce qui prennent leurs origines dans un lieu secret. Des Clans réunis pour perpétuer les souvenirs et les promesses d’engagements. Stig Feyren assiste à sa première cérémonie et se réjouit déjà de mêler son fil de destin à son clan, si tordu soit-il…Mais il ne se doutait pas que c’est lui, le cœur du nœud, et d’un battement d’ailes, il nous fera voyager dans cette communauté étrange et lointaine…

-Tout est dans le cœur des hommes, Stig, le pire comme le meilleur.

▪️Des fils et des ailes déployées…

David Bry nous entraîne dans une histoire envoûtante au milieu de clans aux pouvoirs magiques, avec des croyances et prophéties d’un autre temps. Des êtres capables de se transformer, de disparaître, de passer au travers des frontières, de deviner les futurs. Et le temps Que passe l’hiver, je me suis laissée allée avec plaisir dans cet environnement glacé. J’aurai aimé voler juste à côté du corbeau et de l’aigle, caresser le roi-cerf, me mesurer à la force de l’ours, me perdre dans les yeux des prophétesses…La magie d’un conte tient à celui qui le raconte. Et David Bry le fait avec tant de passion et d’enchantement, que ce moment de lecture a quelque chose de merveilleux. On part à l’aventure, et on y croit parce que l’atmosphère est là, givrée et teintée de danger, lumineuse autant que sombre. J’ai adoré son héros, Stig. Attendrissant, en transition vers son destin d’adulte, c’est un personnage très réussi, avec ses doutes et son idéalisme. Je me suis prise aux jeux de cette symbolique de fils qui viennent se mêler autour de ces augures néfastes et c’était juste fascinant, à vous en faire pulser vos points cardinaux…

-Et que certains d’entre nous devront sans doute disparaître, avant que passe l’hiver.

▪️Des fils et des vers sublimes…

Et s’il ne faudrait ne retenir qu’une chose, c’est la poésie qui surgit de ses pages. La poésie qui s’impose entre les strates de pouvoirs, celle qui resplendit de beauté dans les paysages réinventés, celle qui dynamise un héros dans son complexe d’infériorité…La poésie, qui commence chaque nouveau chapitre, qui fait le lien entre tous ses multiples personnages et leurs destins. La poésie comme fil tenu qui tient toute une histoire, grâce à son pouvoir élévateur. Il est peut être temps maintenant pour vous d’allez découvrir cette folle histoire d’un jeune poète au pied bot, et n’attendez pas Que passe l’hiver pour vous laisser charmer par les festivités de ce solstice…Une très belle découverte et une ambiance que je ne suis pas prête d’oublier…

 

Les rêves ne meurent jamais
Seuls, emportent avec eux
Les cœurs et les âmes;
N’y laissent que des larmes.

 

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Charlotte ainsi que les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre!

le soleil et ses fleurs, rupi kaur

Couverture The sun and her flowers


Synopsis: 

c’est la recette de la vie 
disait ma mère
lorsqu’elle me tenait dans ses bras quand je pleurais
pense à ces fleurs que tu plantes
dans le jardin chaque année
elles vont t’apprendre
que les gens eux aussi
doivent se faner
tomber
pourrir
se redresser
pour fleurir 

rupi kaur


Ce que j’ai ressenti:

  • sois ton propre soleil et deviens une de ses fleurs

Trouve la lumière en toi, resplendis autant qu’un astre, répands un parfum de bienveillance…C’est ainsi que j’interprète le message de Rupi Kaur à travers la poésie qu’elle diffuse au monde. Des mots et des illustrations qui s’épanouissent à chaque lecture dans nos cœurs. Des textes qu’elle lit et met en scène pour atteindre les esprits. Des mots pour apaiser. Des mots pour célébrer. Des mots pour nourrir. Des mots pour faire rayonner les femmes d’aujourd’hui et celles de demain.

le premier jour d’amour
tu m’as enveloppée du mot exquise

  • se faner et fleurir

Quand l’amour n’arrose plus les cœurs, les sentiments se fanent, alors il faut trouver les mots-pansements et les icônes inspirantes pour avoir l’envie et la force de refleurir. Rupi Kaur est de cette trempe-là, avec ses lignes douces et ses poèmes sensibles, elle a la lumière incandescente pour insuffler de l’espoir et l’eau nécessaire pour les fleurs de cette planète. Chaque page te touche, chaque ligne t’emporte dans une situation, au plus proche d’un sentiment que l’on a pu, tous ressentir à un moment…Parce que cette poétesse parle d’amour et de désir, de traumatisme et de guérison, elle brasse des bouquets d’émotions universelles et offre ses lumineuses éclosions.

  • tomber et se redresser

Ce recueil est une représentation artistique d’un voyage intérieur vers l’acceptation de soi. Il faut savoir intégrer le fait de tomber mais arriver à se redresser chaque fois plus fort de ses expériences. La transformation ne pourra se faire qu’une fois intégré, que la vie est un miracle et notre corps, une richesse. Elle nous rappelle qu’il est essentiel de prendre soin de nous, de la terre, et le rayonnement ensuite, sera notre avenir…

  • pourrir

C’est sans doute la partie de ce recueil qui m’a le plus touché parce que l’auteure aborde des thèmes sensibles comme l’immigration, le sort des réfugiés ou encore la douleur d’être née femme, sur cette terre. Grâce à son engagement, elle influence la condition féminine. Avec ses poèmes, la femme et la féminité explose de mille et une senteurs venues du monde et éclaire les yeux de celles qui les respirent dans les plus secrètes de leurs nuits, pour que le lendemain, elles s’en aspergent avec courage.

  • déguster lait et miel 

Son précédent recueil, Lait et Miel, est devenu mon livre de chevet, un coup de coeur absolu, et le soleil et ses fleurs est bien parti pour rejoindre le même chemin. Ce qui fait la force de ses textes, c’est cette bienveillance assumée et revendiquée. Rupi Kaur a une grande place dans mon cœur de lectrice. Dans les eaux de mes émotions, elle est une fleur éternelle qui illumine et apaise mes torrents intérieurs.

le dernier jour d’amour
mon cœur se brisa à l’intérieur de mon corps

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Emmanuelle des éditions Pocket ainsi que les éditions Nil pour leur confiance et l’envoi de ce colis spécial Rupi Kaur. Quand je l’ai reçu, mon coeur a explosé de bonheur!

lu-en-part-avec-la-me

pocketNil

Fracassés, Kate Tempest.

Fracassés par Tempest


Synopsis:

Sismographe d’une génération à la dérive, Fracassés oscille avec rage entre lutte et renoncement. Esclaves de jobs insatisfaisants et de vies étriquées, Danny, Charlotte et Ted se battent pour donner un sens à leur existence. Emprisonnés dans un purgatoire où nul ne peut s’évader sans perdre la raison, ils se consument dans une fuite infinie. Le jour de l’anniversaire de la mort de leur ami Tony, survenue dix ans plus tôt, ils décident de se donner un nouvel élan. Voix intérieures, scènes dialoguées, partitions chorales et slams au réalisme brut s’entremêlent et confèrent à ce texte une puissance incantatoire.


Ce que j’ai ressenti:

  • A Choeur multiple…

Kate Tempest se prend au jeu du théâtre et fait résonner UN. les choeurs. DEUX. les coeurs. TROIS. les rêves effondrés.  En une valse de slam et de scènes de vies embrumées, elle fait vibrer en trois voix, les aspirations de Charlotte, Dany, et Ted. Trois jeunes trentenaires égarés dans la vie, fracassés par le décès de leur ami Tony parti dix ans plus tôt, encore vaseux des substances illicites de la veille, et frileux sur leurs avenirs incertains. J’aime cette artiste qui se réinvente à chaque écrit. Toujours, la même fureur passionnée et sa poésie vibrante, Kate Tempest réussit encore à me surprendre et à me cueillir, quelques soient les genres où elle m’emmène.

TROIS. Nos yeux ont
UN. Rétréci
TROIS. Et nos rêves ont 
UN. Failli. 
DEUX. On a vieilli, quoi.

  • A cœurs fracassés…

Kate Tempest a, à cœur de se soucier des rêves des jeunes. De tous les jeunes, qu’importe leurs horizons. Elle voudrait leur donner l’impulsion nécessaire pour que les passions et les vocations jaillissent. C’est un thème récurrent dans ses écrits, et à chaque fois cela me touche. Elle trouve toujours des personnages avec du potentiel mais rompus à des désillusions. Fracassés sur un quotidien morne. Elle se fait voix pour une génération, qui n’a pas encore saisi sa chance, et nous chante Londres et ses sirènes d’alarmes…Et j’aime comme ça sonne, comme ça vibre, comme ça dérange…

UN. Nos yeux fermés
DEUX. Mais nos consciences éveillées –
UN. Et ce vieux mantra obsédant et envahissant – 
TROIS. L’espoir fait vivre, mais pas longtemps.

  • A pleurs perdus…

90 pages. Des rêves à faire jaillir derrière les paupières. Des larmes naissantes au fond des yeux. Et un sursaut d’envie furieuse, d’y croire encore, un peu, avant le néant, avant la fin de la nuit…Elle me fracasse. A tous les coups. A chaque vers. Dans sa rage et son intention. Kate, quand je te lis, j’ai des tempêtes au bord des cils.

Mes yeux et mon cœur, fracassés. Reste que les émotions.

UN. J’aime. Deux J’adore. TROIS. Coup de Coeur.

TROIS. Et qu’importent ce que nos cerveaux exigent de nous,
UN. Nos cœurs sont prêts à tout risquer. 

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Né d’aucune Femme, Franck Bouysse.


Synopsis: 

 » Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose. »
Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.


Ce que j’ai ressenti:

 

Il était une fois…Rose. Un bien joli prénom pour une fleur des champs, un de ceux qui deviennent inoubliables, un prénom d’héroïne de conte. Rose. Sauf, que Rose n’a pas voulu incarner, ce rôle de jeune fille de conte de fées, mais elle a dû s’y résoudre, soumise à l’autorité des hommes. Condamnée à suivre un homme-ogre, emmenée contre son gré dans un château des ombres, arrachée au jardin de son enfance, sacrifiée pour une poignée de pièces sonnantes…Le Conte et le Roman Noir n’ont jamais fait plus belle affaire, puisque c’est un véritable diamant brut, taillé de reflet de poésie que nous propose Franck Bouysse et son Né d’aucune femme.

-Rose, elle s’appelait Rose, c’est tout ce que je sais. 

La souffrance de cette jeune fille est telle, que l’on est vite submergé par l’émotion. C’est presque viscéral, comme j’ai ressenti cette douleur et que j’aurai voulu pouvoir la soulager, Rose. A pleurer avec elle, un peu, parce que la souffrance des femmes se partage en larmes. A crier avec elle en mots, contre l’injustice  et se servir de l’encre pour apaiser ses tourments. Rose en prenant la plume, met du pouvoir dans ses mots et rend réelle son histoire, parce que l’écriture devient son pansement, sa résilience qu’elle offre au monde. Et tout d’un coup, l’objet magique de ce conte-là, devient ses deux carnets…Les mots s’inventent, la douleur se surmonte, les messages passent, l’avenir s’ouvre…Et même si elle ne vécut jamais heureuse et n’eut qu’un seul enfant, son histoire mérite votre plus vive attention et son auteur, les plus élogieux compliments. Franck Bouysse a écrit un chef-d’œuvre, intemporel et sublime. Noir et Hypnotique.

Qui pourrait m’en vouloir de fendre ma douleur en deux pour essayer de vivre un peu mieux?

Franck Bouysse a une plume fabuleuse, poétique, émotionnelle, vibrante, magnifique. Je suis éblouie à chaque fois que je me replonge dans un passage. Je ne me lasse pas et surtout, je n’arrive pas laisser Rose à son destin. C’est le genre de livres qui devienne précieux, usé de relectures et que tu gardes auprès de toi, sur la table de chevet pour retrouver un peu de cette beauté au cœur de la nuit. Je n’aurai même pas les mots pour dire, à quel point, cet auteur me touche parce que c’est une sensation trop intense. Mon cœur a littéralement explosé. Et je ramasse encore les mots-morceaux éparpillés , et j’écris, avec dans les yeux la plus passionnée des admirations dans mon petit carnet: Coup de Coeur ! Merci Monsieur Bouysse pour ce grand moment de lecture!

La seule chose qui me rattache à la vie, c’est de continuer à écrire, ou plutôt à écrier, même si je crois pas que ce mot existe il me convient. Au moins, les mots, eux, ils ne me laissent pas tomber. Je les respire les mots-monstres et tous les autres. 

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

La Société des Rêveurs Involontaires, José Eduardo Agualusa.


Synopsis: 

Le journaliste Daniel Benchimol rêve de gens qu’il ne connaît pas mais reconnaît dans la mémoire de l’appareil photo qu’il retrouve sur une plage. Moira Fernandez, une artiste mozambicaine habitant Le Cap, met en scène et photographie ses rêves. Hélio de Castro, un neuroscientifique, les filme. Hossi Kaley, le patron de l’hôtel Arco-Iris, ancien guérillero au passé obscur et violent, se promène dans les rêves des autres, vêtu d’un costume violet, ce qui va donner à un service secret l’idée de l’utiliser pour manipuler les rêves de la population lors des élections, mais ne l’empêchera pas malgré tout de connaître un grand amour.
Les rêves rassemblent ces quatre personnages dans un pays totalitaire au bord de la destruction, où se réveillent aussi les rêves de liberté de la jeunesse.
Écrite dans un style éblouissant, cette Société des rêveurs involontaires est une histoire d’amour, un récit fantastique, un polar onirique et une vraie satire politique pleine d’humour, qui questionne la nature de la réalité tout en réhabilitant le rêve comme instrument de transformation du monde.


Ce que j’ai ressenti:

 

  •  J’ajoute à mes nuits, un peu de cette énergie artistique que j’ai saisi dans ces pages, pour peindre des aquarelles d’orchidées bleutées sur des lignes de rêves. J’enfile une veste violette et je vous emmène en Afrique découvrir l’étrange enquête de Daniel Benchimol… Et si des funambules s’invitent dans vos songes pastels, c’est sûrement que vous êtes vous aussi, touchés par cette histoire fantastique. Pour ma part, je l’ai été plus que de raison, et peut être que la folie me guette, mais avant, j’aimerai vous dire que j’ai adoré me perdre dans d’autres ailleurs…Je nage encore dans un océan aérien d’euphorie et je lance des vœux au ciel:

-Exercez-vous à rêver. Croyez à vos rêves. Et maintenant réveillez-vous, mon ami! 

 

  • J’ajoute à mon temps, un moment de lecture particulier, singulier, onirique où les métaphores s’incarnent et se répondent en miroir. L’envol d’un oiseau se reflète dans l’épanouissement d’une jeune femme combative, la naissance d’une fleur à l’instar d’une artiste qui se révèle par son talent, un arbre qui s’enracine contre des souvenirs qui s’étiolent, des observateurs de rêves qui font face à l’œil avisé d’un journaliste engagé. Dans la forme et dans le style, José Eduardo Agualusa réalise une prouesse littéraire où rêves et réalités se réinventent dans une histoire plurielle ou l’amour, l’art et les songes dansent sur les cendres de la barbarie. Derrière l’insoutenable atmosphère d’un pays totalitaire, quelques esprits s’éveillent… Surprendre une jeunesse qui se révolte face à la dictature, dépeindre un pays au bord du gouffre et éclairer nos consciences, c’est le pari fou de La société des rêveurs involontaires.

 

« Le pacifisme, mon frère, c’est comme les sirènes: hors de la mer de l’imagination il ne respire pas, il a du mal avec la réalité. Encore moins avec la nôtre, cette réalité si cruelle. » 

 

  • J’ajoute à mes carnets, des dizaines de citations poétiques et de réflexions méditatives. Des échos de mots et des éclats d’images pour nager dans l’infini de l’idée même de Liberté. Elle brillait de mille façons, Liberté dans ses pages: dans la lumière d’un clair de lune, sur les murs des galeries, dans le viseur d’un appareil photo, sur la surface d’un écran, dans l’obscurité d’une cellule, sur la mer imaginaire, dans la profondeur de l’inconscient, sur le crane d’une enfant, dans la grandeur des souhaits. La voir ainsi prendre multiples facettes, cela donne envie de déplier nos ailes et s’envoler vers elle…

« Je suis tombé par terre comme un pétale de fleur. » 

  • J’ajoute à mes coups de cœur, ce livre, La société des rêveurs involontaires, comme un des plus beaux livres que j’ai eu le plaisir de lire, parce qu’il contait à mon inconscient, une vérité intime. Et ce matin, c’est en toute conscience, que je vous dévoile la vague déferlante de mes émotions…Magnifique!

 

« Tous les rêves sont inquiétants, parce qu’ils sont intimes. Ils sont ce qu’on a de plus intime. L’intimité est inquiétante. »

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule10/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Métailié de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Ce que savait la Nuit, Arnaldur Indridason.

Couverture Ce que savait la nuit


Synopsis:

Les touristes affluent en Islande et les glaciers reculent lentement. Le cadavre d’un homme d’affaires disparu depuis trente ans émerge du glacier de Langjökull. Son associé de l’époque est de nouveau arrêté et Konrad, policier à la retraite, doit reprendre bien malgré lui une enquête qui a toujours pesé sur sa conscience, en partie sabotée par la négligence d’un policier toujours en service.

Au moment où il pensait vivre sa douleur dans la solitude – le meurtre de son père n’a jamais été élucidé et sa femme vient de mourir d’un cancer –, Konrad doit reprendre ses recherches, malgré les embûches et la haine. Seul le témoignage d’une femme qui vient lui raconter l’histoire de son frère tué par un chauffard et le supplie de trouver ce qui s’est passé pourrait l’aider à avancer…

Ce nouvel enquêteur, jumeau littéraire d’Erlendur, permet à Indridason de développer le spectre de son talent. Konrad est né en ville, il a eu une enfance difficile, il vient de perdre l’amour de sa vie, il est en train de renoncer à lui-même. Arnaldur Indridason se place ici dans la lignée de Simenon, avec la construction d’un environnement social et affectif soigné et captivant. Un beau roman noir sensible aux rebondissements surprenants.


Ce que j’ai ressenti :

  • Tu te rappelleras le souffle de l’elfe…

Quelle joie de pouvoir me replonger dans les eaux froides de l’Islande, et retrouver l’ex-inspecteur Konrad. Je me rappelle l’immense coup de cœur pour Passage des Ombres et j’étais contente que ce nouveau tome soit dans la continuité de la Trilogie des Ombres. Ce personnage est particulièrement touchant, et grâce à cette nouvelle enquête et le cadavre sorti du glacier de Langjökull, j’ai pu retrouver de la magie de mon précédent ressenti, tout en découvrant encore des facettes intéressantes du personnage de Konrad. Les elfes ne sont plus, mais il n’en reste pas moins qu’il y a quelque chose de fascinant à se plonger dans les romans de Arnaldur Indridason.

« -Et dire qu’il y a encore des gens pour douter des effets de l’activité humaine sur le climat, avait déploré le glaciologue dans l’émission matinale. »

  • Tu entendras les vibrations de la Lune.

Arnaldur Indridason m’a encore conquise avec sa plume, un mélange de poésie et de force tranquille. Il conte avec une douce mélancolie, les affres de la culpabilité, tout en déclinant les sonorités des appels silencieux des coupables et des innocents. La Lune, témoin des drames, éclaire d’une douce lumière les pires douleurs. Il y a eu un moment magique avec cette éclipse de lune, qui m’a énormément touchée…De manière posée et efficace, ce roman noir est à la fois un passionnant engrenage d’interrogatoires et une contemplation d’une beauté stupéfiante. Maintenant, je rêve de voir L’Islande au clair de Lune, c’est dire, son pouvoir de persuasion….

« La lune était décrite ainsi dans un poème : elle était la boucle de la nuit. L’antique amie des amants. »

  • Tu diras…Ce que savait la nuit…

La nuit, les secrets sont toujours plus lourds à porter, alors Konrad récolte les confidences, les souffrances, les aveux terribles… Même à 30 ans du drame, les mots ressortent, les souvenirs resurgissent, les ombres reviennent…Les fragments de vies se collent un à un, et doucement le puzzle de ce meurtre sordide, prend forme dans le regard hanté de cet inspecteur à la retraite…Le rouge et le noir s’épousent sur un fond blanc glacé, et c’est magnifique…

« La seule manière de vaincre la mort est de l’accepter. »

Le petit +: La couverture sublime!

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Metailie pour leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une très belle lecture.

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Le Pays des oubliés, Michael Farris Smith

Couverture Le Pays des oubliés


Synopsis: 

Une prose intense, lyrique pour le portrait d’une Amérique exsangue et désespérée. 
Plongez avec le nouveau roman de Michael Farris Smith au coeur du delta du Mississipi.

Abandonné à la naissance, Jack est passé d’orphelinats en foyers, avant que Maryann, une lesbienne mise à l’écart par la bonne société de Louisiane, le prenne sous son aile. Aujourd’hui celle-ci vit ses derniers jours et sa propriété est menacée par les banques. Jack, qui veut à tout prix conserver cet héritage, doit trouver l’argent nécessaire. Mais, le corps cassé par une vie de combats, ravagé par de multiples addictions, il ne se sent plus la force d’avancer. D’autant plus qu’il doit aussi affronter Big Momma Sweet, qui règne sur cet empire du vice qu’est le delta du Mississippi.

Michael Farris Smith écrit mieux que personne sur le désespoir américain. Après Nulle part sur la terre, il s’impose ici définitivement comme la voix des exclus, des survivants, des combattants, aussi. Si le portrait est noir, l’écriture est d’une poésie rare, et le lecteur ne peut lâcher ce livre, qui oscille peu à peu de l’ombre vers la lumière.


Ce que j’ai ressenti:

  • Et s’envoler au dessus de la terre des oubliés…

Jack est un accidenté de la vie, meurtri de coups et de désillusions, il mène un quotidien de combats à mains nues. Déglingué et culpabilisant, il avance sur les routes au gré de son étrange gagne-pain, pour sauver tant bien que mal, (plus mal que bien d’ailleurs), la maison de sa mère adoptive. Mais Jack est marqué par le sang et les addictions diverses, oublié des destins heureux, il ne sait que prendre de mauvais chemins…Michael Farris Smith nous éblouit avec ces destins de poussières et de violences, dans un étonnant vol au dessus des terres d’Amérique, Le Pays des oubliés, comme des ténèbres bouillonnantes où les âmes se débattent dans un désert de solitude…

« Je sais que tu as une histoire. Nous avons tous une histoire mais certaines sont meilleures que d’autres, et toi et moi nous savons tous deux qu’il y a un récit caché en toi. »

  • Planer sur des ailes de poésie…

Il y a une poésie envoûtante entre ombre et lumières, une ambiance prégnante qui m’a pris aux tripes. C’était fort et intense. Une plume presque comme une respiration, saccadée, rythmée avec des ratés sous l’émotion… Une solitude et un désespoir transpirent de ces pages, et pourtant, il reste une petite lueur, et c’est ce qui me fait fondre…Michael Farris Smith donne des élans de vie à ses personnages paumés, mais la fatalité les tient ardemment dans son poing…Toutes les volutes d’encre et les gerbes de sang vont courir sur leurs corps écorchés, et c’est au plus près de la nuit, que les démons se réveillent, assoiffés de vices et de culpabilités…A force de combats et de détermination, à coups d’audace et contorsions, l’espoir d’un futur meilleur se profile, mais encore faut-il, pour Jack le Boucher et Annette la splendeur tatouée, fassent enfin les bons choix…

« Et après il passait quelques jours dans la maison. Se rappelait les choses simples qu’elle avait essayé de lui inculquer. Se rappelait les couchers du soleil et les cieux illuminés d’étoiles et le réconfort de l’espace. »

  • Et descendre en piqué vers son coup de cœur…

Ce roman noir est d’une justesse impeccable. Violent, sombre, envoûtant. J’ai été subjuguée par cette histoire. La plume de Michael Farris Smith se fait velours, encore plus dans ce roman-ci. Le titre est peut-être bien, Le Pays des oubliés, mais il est certain, que moi, je ne pourrai oublier cette virée dans l’Amérique profonde. Tant d’humanité dans ces clairs-obscurs, il a vraiment, quelque chose de rare, cet auteur pour nous transcrire ces êtres en perdition.

Je virevolte encore, aux côtés d’un faucon, et je suis descendue des cieux infinis, pour vous écrire que ce livre est un coup de cœur.

« Des centaines de kilomètres plats. Des repaires d’esclaves et de soldats. Une terre d’oubliés couverte de cieux infinis. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre!

 

 

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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