Le chant de la Tamassee, Ron Rash.

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Synopsis:

Rivière protégée par une loi fédérale, la Tamassee est un lieu quasi sacré. Quand une jeune adolescente s’y noie et que son père veut faire installer un barrage pour dégager son corps, bloqué sous un rocher, les environnementalistes s’insurgent et les journalistes se déchaînent. Photographe originaire du coin, Maggie s’interroge : comment choisir entre le deuil d’un enfant et la protection de la nature ?

Ce que j’ai ressenti:

« Je refuse de croire que le monde est tellement triste, voilà tout. »

Je le refuse également, pourtant dans le roman noir de Ron Rash, on pourrait presque croire que le monde n’est que tristesse et désolation. Entre la mort accidentelle de Ruth, ce combat presque vain pour la protection de la nature, ces journalistes internationaux qui reviennent des champs de batailles avec le cœur cassé, et tous ces êtres perdus dans leurs ressentiments, ça donnerai presque envie de baisser les bras…Mais on ne le fait pas, heureusement…Avec d’aussi belles histoires et ceux qui se battent pour des causes justes, on garde un peu d’espoir, on essaye de moins voir cette tristesse. Et Ron Rash a de quoi nous éblouir les yeux avec Le chant de la Tamassee, parce qu’il trouve le mot juste pour nous parler d’écologie et le mot poésie pour sublimer la nature du lieu, mais on sent aussi dans sa plume toute la bienveillance de son humanité.

Lire son livre m’avait poussée à me demander – et ce n’était d’ailleurs pas la première fois dans ma vie – si voir trop de souffrances pouvait vous dévaster le coeur.

La Tamassee est une magnifique rivière, tout aussi belle que ce qu’elle est dangereuse. Elle prend des vies mais elle apporte aussi la vie. Peut-on donc reprocher à une rivière, les accidents qu’elle déclenchent? C’est tout le point fort de ce roman. Parce qu’il y a la nature d’un côté et ceux qui se battent pour elle, et puis il y a les gens endeuillés de l’autre, comme si la dynamique de ses deux partis pouvait être en réel conflit…Malgré la magnificence du lieu, les hommes sont encore là à prendre des décisions parfois insensées et souvent à l’encontre de leurs propres survies. Ron Rash nous fait voyager en Caroline du Sud, et met en scène un courant d’eau qui déclenche toutes les fureurs! Quel regard avisé, il porte sur ces contemporains et en même temps il donne à cette rivière protégée un pouvoir presque mystique. C’est remarquable cette manière de laisser au lecteur le soin de se faire sa propre opinion, de le laisser se choisir un camp ou pas. Et puis, cette plume si intense, si bouleversante, si poétique…Un régal!

Autrefois j’étais assez présomptueux pour croire que je pourrais sauver le monde, mais ça y est, j’ai compris. Le mieux qu’on puisse faire, c’est trouver une bonne cause, une seule, si infime soit-elle, et y consacrer toute son énergie.

C’est un roman noir puissant. Il m’a touchée autant par sa beauté que par son humanité. Le Chant de la Tamassee m’a traversée de part en part, malgré cette mélodie mélancolique et les fantômes qui l’accompagnent, il continue de diffuser ces notes sacrées en moi…

Le chagrin pouvait être purifié en se transformant en chanson …Tout comme un morceau de charbon est purifié en se transformant en diamant.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Les disparus de Pukatapu, Patrice Guirao.

Synopsis:

Pukatapu, c’est un paradis de sable blanc, de corail et de cocotiers perdu dans le Pacifique, à des milliers de kilomètres de Tahiti. Le long de ses eaux turquoise, une poignée de maisons colorées abritent quinze hommes, neuf femmes et, étrangement, pas un seul enfant. Lilith, photographe, et Maema, journaliste à La Dépêche de Papeete, y effectuent un reportage sur les conséquences du réchauffement climatique. Elles croient avoir trouvé l’éden, jusqu’au jour où, sur la plage, Lilith découvre une petite main coupée. Mais sur l’îlot, nulle trace d’un cadavre et personne ne manque à l’appel…

Ce que j’ai ressenti:

Ce matin, un ange est venu me parler de la Polynésie. Il m’a dit que je ferai un voyage immersif et passionnant dans ces îles…Je serai sans doute à l’étroit, pas tout à fait confinée, mais que je serai aussi, bien tranquille au soleil…Que j’allais rencontrer de nouvelles personnes, des artistes incroyables, de nouvelles façons de vivre. Alors, j’ai pris la navette vers Pukatapu et je suis allée marcher dans le sable blanc. Époustouflant de beauté. J’aurai voulu lui dire que ça ressemblait étrangement au paradis…

Puis, il y a eu la découverte.

Je lui ai fait part de mon angoisse quand j’ai vu ce morceau de main putréfiée, mais il m’a dit de ne pas m’en soucier, que le duo Lilith/Maema, allait s’en occuper, en temps voulu…Je n’étais pas vraiment rassurée mais bon, je n’allais pas contredire un ange…Et puis, je connaissais déjà ses deux femmes fortes et déterminées, et je leur faisais confiance pour lever le voile sur les mystères de cette petite île perdue…

Puis un autre morceau de corps est venu s’échouer sur le sable blanc, alors je lui ai parlé de diablerie. Il m’a dit, avec un calme et une sérénité poétique, que ce n’est pas tant la peine de s’en faire, les croyances étaient personnelles et puis de toute façon, je parlais bien aux anges, alors…Je n’ai pas su que répondre à cela, mais enfin, les peurs ont été quelque peu apaisées..

Il m’a raconté, par contre, des choses affreuses qui se déroulent dans l’océan Pacifique, au large, bien à l’abri des regards…Je n’osais croire à de telles horreurs, mais pourtant je sentais dans sa voix qu’il y avait des accents de vérités. Il n’a même pas tenté de me rassurer, il m’a dit tu sais les hommes, de tout temps, ils ont été irrespectueux envers la nature, l’écosystème, les animaux, les traditions culturelles, alors un peu plus ou un peu moins… Alors j’ai un peu chialé en pensant à ces disparitions en tout genre, que l’on cumulent au fil des années. Force est de constater que même au paradis, des larmes tombent, l’espoir en des jours meilleurs, aussi…Il m’a laissé là pourtant, pour que j’intègre bien cette prise de conscience…

Et puis, l’enquête a avancé et les tempêtes se sont déchaînées…Le deuxième soleil s’est levé sur les flots…En bref, ce fut sacrément mouvementé, mais il a fallu tenir le coup face la folie, à l’immonde, aux châtiments divins, à la solitude, aux dangers qui frappent de plein fouet, sans prévenir…

Il est revenu l’ange, et il m’a demandé comment étaient les disparus de Pukatapu…Je lui ai dit, vous savez, Patrice Guirao, votre roman noir azur, il m’a fait chavirer le cœur…Je l’ai tant aimé, tant aimé…

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Babelio ainsi que les éditions La Bête Noire/Robert Laffont de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux, Thomas Vinau.

Synopsis:

Le voyage géographique et intime d’un jeune homme.
Walther quitte la femme qu’il aime pour aller vagabonder du nord au sud, des Flandres laiteuses jusqu’à l’Espagne éclatante. Un voyage qui finira par le ramener presque par hasard à l’essentiel, vers celle qui a su le laisser partir et attendre leur enfant. Composé d’instantanés d’une grande délicatesse, ce roman est conçu en deux parties: les jours d’errance puis la vie à demeure, les lointains dépaysants et l’art des petits riens.

Ce que j’ai ressenti:

Je voudrai t’écrire une lettre, Walther, parce que des fois, il n’y a que cela qui peut répondre à des mots qui font écho. Je regarde le ciel d’avril, et j’écris à bulle d’air, presque à ras de terre, en fait…Je te cherche Walther, dans tes dehors et puis, t’es dedans. Dans un train, une chambre ou entre deux bleus, près une baignoire, à te perdre dans des dehors éloignés, courant vers un Sud idéalisé… Je devine les grandes bourrasques, mais je ne sors pas de ma chambre, juste je t’écris et je te lis. J’observe comme toi toutes les nuances du ciel. Et si l’on regarde bien, il n’est pas si bleu. Il prend toutes les couleurs du printemps, et il déborde d’heures enfuies. C’est drôle, Walther, parce qu’on a le même avril, la même envie de partir, mais sans doute pas pour les mêmes raisons…

C’est dans tes observations perspicaces qu’on sait que tu es en mouvement Walther, mais c’est dans cette sorte de journal intime, entre cahier de poésie et carnet de voyage, qu’on peut lire tes plus belles envolées. Ni dehors ni dedans tu n’es bien, mais dans dedans sans dehors, on est rien. Il nous faut trouver du sens à nos riens qui sont tout, alors tu enfiles comme des perles, ces petits riens insignifiants pour qu’ils deviennent poésie pour que certains se perdent dedans…Je m’y suis perdue sans retenue, bousculant mon en-dedans…Mais qu’est-ce que je peux bien en faire moi, de tout ça?

On sent peut être le âpre et le doux, on sent surtout Walther, que tu es un homme dépassé par la grandeur du miracle de la vie. Trop conscient, que c’est dans cette vie qu’on est au plus près de la mort…Mais Walther, j’ose à peine balbutier, que dans mon en-dedans, je moissonne l’idée de poèmes, d’histoires et de mon prochain enfant…Et je développe une envie folle de lire tous les livres de Thomas Vinau, mais celui-ci, je vais le garder tout au fond de mon cœur…

Au revoir Walther, rendez-vous dans un autre ailleurs, ou le ciel sera débarrassé de ces cendres…

Ma Note Plaisir de Lecture 9/10.

De Pierre et d’Os, Bérengère Cournut.

Couverture De pierre et d'os

Synopsis:

Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur.
Deux ans après son roman Née contente à Oraibi, qui nous faisait découvrir la culture des indiens hopis, Bérengère Cournut poursuit sa recherche d’une vision alternative du monde avec un roman qui nous amène cette fois-ci dans le monde inuit. Empreint à la fois de douceur, d’écologie et de spiritualité, De pierre et d’os nous plonge dans le destin solaire d’une jeune femme eskimo.
Édition augmentée d’un cahier de photographies.

Ce que j’ai ressenti:

🤍De blanc et de froid…

Le peuple Inuit est un peuple nomade fascinant. Bérengère Cournut nous emmène à leur rencontre par le biais d’une fiction sublime. Nous nous retrouvons sur la banquise, transis de froid, à vivre à l’heure des jours et des nuits sans fin, avec parfois au ventre, des douleurs terribles. La neige à perte de vue, mais dans leurs yeux, des tas de couleurs perdues ou retrouvées dans des failles. Des tas d’émotions laissés dans la blancheur du paysage. En suivant les pas d’une ourse/hermine, la courageuse Uqsuralik, nous apprenons les beautés et tous les dangers de ces terres gelées…À chercher désespérément la nourriture, l’amour, le pardon, des vérités, un petit espace où s’abriter…Une aventure grandeur Nature, entendrez-vous aussi la mélancolie envoûtante du chant De pierre et d’os?

Même si en cette saison la mort n’est jamais très loin, il est bon d’être ensemble et de rire au creux de la nuit. Nous savons qu’il a été des temps plus difficiles que ceux que nous vivons.

❤️De sang et de légendes…

C’est une lecture magnifique, lente et empreinte de magie. C’est aussi une lecture emplie de violence impitoyable. Chaque pas est un pas qui peut faire chuter, un pas qui pourrait emporter soit vers le ciel, soit sous la mer. Et les esprits auraient tôt fait de prendre aussi tous ces égarés…C’est une survie quotidienne dans ce décor, même si la cohésion de groupe est primordiale. Mais dans ce climat de danger permanent, il y a aussi la poésie qui traîne dans les recoins de la banquise, autour des feux de camps, dans la tête et le corps des Inuits, dans la faune et la flore qui se devine, dans les histoires qu’ils se transmettent de génération en génération, dans les traditions de leurs gestes…Un lien puissant pour garder l’union. J’ai été touchée par cette poésie qui émane de cet endroit, Bérengère Cournut arrive à nous transporter jusque là entre songes et réalités bouleversantes, par un travail de recherche que l’on sent minutieux et un vrai contact avec ce peuple.

Nous devons maintenant inventer la nuit qui vient.

💗De force et de féminité…

Uqsuralik, c’est une jeune femme qui va au-delà des limites de son corps et de son esprit. Au-delà des conventions et des lieux communs. C’est une femme qui apprend à se connaître, à survivre seule face à ce climat extrême, à se confronter aux autres. Elle est ourse et hermine, donne la vie à un être ailé, fréquente les esprits, danse avec les siens et apprends chaque jour à respirer au rythme de la nature. C’est ce parcours initiatique enrichissant,violent et énigmatique qui nous tient en haleine pendant ces deux cents pages. Et c’est magnifique, plein de sagesse et d’émerveillements! Je recommande chaudement si vous avez envie d’évasion, cette escapade est captivante!

Tu es déjà quelqu’un d’étrange, à mi-chemin entre l’homme et la femme, l’orpheline et le chasseur, l’ours et l’hermine. …Qui sait ce que tu peux encore devenir?

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Vagabond, Franck Bouysse.

Vagabond par Bouysse

Synopsis:

L’homme est traqué.
L’homme joue du blues chaque soir dans un obscur bar de la rue des Martyrs à Limoges.
Lorsqu’il dérive vers son hôtel, au milieu de la nuit, il lui arrive de dialoguer avec des clochards et autres esprits égarés.
Il lui arrive de s’effondrer sur les pavés des ruelles antiques et de s’endormir, ivre ou épuisé.
Il lui arrive aussi de ne jouer sur scène que pour une femme qu’il semble être le seul à voir.
Mais l’homme est traqué
Pas par un tueur. Ni par un flic. Quelque chose comme des ombres.

Ce que j’ai ressenti:

Le temps est au confinement. Il est à l’introspection. Mais surtout le temps est ouvert aux poètes. Et en ces temps, la poésie noire de Franck Bouysse m’est indispensable. Dans ce presque-silence, j’ai voulu ses mots et vagabonder sur quelques notes de musique…

J’ai voulu juste rester là, au milieu du carnage de ce vide, à attendre les mensonges de la nuit, et regarder sombrer un artiste dans ses pires passions…Vagabond, c’est les errances d’un homme, ni mauvais ni bon, même pas ange ni démon, juste un homme dans ses contradictions. Un homme amoureux, peut-être. Un homme malheureux plus vraisemblablement. Hanté de blues, déchu d’un amour trop puissant, accroché à sa guitare comme un forcené, victime d’une forme fantôme divine, il dégringole dans les ténèbres entre souvenirs douloureux et chagrins insurmontables…Il joue, il improvise, il invente…La musique, bouée indispensable, dans ses dérives…

Je pense au printemps et aux hommes qui se déracinent. Je pense au temps que les hommes déciment. Je pense à la mort entêtante. Je pense à la poésie, à la beauté d’un choix de mots, à la force qui vient te perforer, là où tu n’avais pas conscience, encore hier…Le temps que les hommes tue, les hommes qui se tuent dans le temps…Ce beau temps où les hommes écrivent, des chansons ou des romans, qui parleront de ces sombres temps-tourments.

Je pense à ses drames qui courent les rues. Aux minutes gagnées dans la création, aux heures perdues qu’il faut aussi compter, pour faire une œuvre aussi puissante. En près de 100 pages. Je pense au dépassement physique et mental qu’il faut pour trouver l’équilibre. Je pense à cet artiste maudit qui joue Rue des Martyrs. Je pense que des fois, un seul mot suffit. Merci.

Merci Franck Bouysse pour ce temps précieux que vous nous donnez à lire. J’adore chaque minute de ce temps passé avec vos romans. Un coup de cœur.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Le bûcher de Moorea, Patrice Guirao.

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Synopsis:

Dans le lagon de Moorea, les eaux calmes et bleues bercent quelques voiliers tranquilles. Les cocotiers dansent au vent. Les tiarés exhalent leur parfum. Pourtant, à l’abri de la forêt, des flammes se fraient un chemin vers le ciel. Lilith Tereia, jeune photographe, tourne son appareil vers le bûcher. Devant son objectif, des bras, des jambes, des troncs se consument. Et quatre têtes.
Pour quels dieux peut-on faire aujourd’hui de tels sacrifices ? Avec Maema, journaliste au quotidien de Tahiti, Lilith est happée dans le tourbillon de l’enquête. Les deux vahinés croiseront le chemin d’un homme venu de France chercher une autre vie. Un homme qui tutoie la mort. Derrière chaque paradis, il y a un enfer. Bienvenue en Polynésie !

Ce que j’ai ressenti:

▪️Avant que j’oublie...

Il y a des magies qui se lovent dans le souffle de la terre.

Avant que j’oublie, j’aimerai vous dire que je me suis approchée d’un peu trop près des flammes. Et la conséquence, c’est que je me suis brûlée les ailes sur Le bûcher de Moorea. J’ai piqué un peu trop les fleurs de tiaré dans mes cheveux, j’ai couru un peu trop rapidement sur ses plages: je me suis étourdie de Polynésie. Et pourtant, le feu continuait de prendre des vies innocentes ou coupables dans la tombée du soir…

Avant que j’oublie, j’aimerai vous parler de la douceur de vivre de cette île. Un lieu que je n’aurai jamais voulu quitter. Même avec un charnier en plein milieu du paysage, même avec une jambe disparue ou des jeunes égarés, j’y serai bien restée. Pourtant, tout ne fait pas rêver, il y a des réalités que j’ai dû occulter pour n’y voir qu’un idéal fantasmé. Alors même si on me demandait à quoi ressemble le Paradis, j’aurai bien dit: oui, c’est ici.

Avant que j’oublie Lilith, Naël ou Gaspard, et puis tous les autres…J’aimerai leur dire que j’ai fait de belles rencontres. J’ai aimé être à leurs côtés dans leurs aventures, être au plus près de leurs façons de penser. Pourtant, ils sont différents, fascinants, indépendants, dangereux, voire originaux. Mais je ne me suis pas lassée d’eux, de leurs particularités, de leurs manières d’aimer et de leurs façons de sombrer dans L’Enfer. Peut-être qu’ils sont juste, libres, en fait…

Avant que j’oublie que je me suis trop abîmé les yeux dans toutes les nuances de bleu, jusqu’à attendre le Noir…Alors que j’ai trop patienté de ressentir le mana dans ma peau, j’ai entraperçu ce qu’il y avait du charme de la Mort et de l’art de prendre la Vie. Tant de vie auprès de la mort, tant de morts reviennent à la vie, et dans le miroir, est-ce un visage qui me ressemble?! Et toujours, le ciel donne ses dégradés dans l’azur, mais les ancêtres continuent de murmurer des bruits affamés et pleurent l’infini.

En revanche, ce que je ne pourrais jamais oublier c’est la poésie qui est entrée par effraction, comme une boule de feu, dans le creux de mon ventre. Combien Patrice Guirao sait la mettre en valeur dans des passages tout à fait éblouissants, comme il a l’amour des mots et à l’art de les faire vibrer dans ce thriller. J’ai été soufflée, émerveillée même par moment. La rencontre avec cette plume a été un coup de foudre, et puis finalement, je me suis aperçue que je la connaissais déjà depuis des années, que je chantais ses mots avec un enthousiasme certain (à tue-tête et complètement faux dans les vocalises aussi, mais qu’importe…)…Alors ce n’est qu’un coup de foudre qui frappe deux fois au même endroit, il ne fait que Prendre Racine dans mon cœur. Je me suis brûlée les ailes dans Le Bûcher de Moorea, et je voudrais ne jamais l’oublier.

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Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Inconditionnelles, Kate Tempest.

Synopsis:

Dans une prison pour femmes, Chess et Serena partagent la même cellule. Elles s’aiment. Quand Serena obtient sa libération conditionnelle, les deux femmes sont dévastées. Pour s’évader, Chess chante et écrit des chansons. Elle pense à son crime et sa blessure, et compose une chanson pour sa fille. Dans sa quête de rédemption par la musique, elle n’aurait jamais imaginé être rattrapée par son propre passé.

Ce que j’ai ressenti:

J’aime inconditionnellement cette poétesse, Kate Tempest. Encore une fois, elle a su me toucher au plus près, déclencher la tempête sous le plexus. Avec cette pièce de théâtre, elle mélange musique et poésie, pour que la condition des femmes en prison évolue. A chaque fois, elle m’emporte parce qu’elle réveille les braises des rêves éteints. Pour les raviver, tel un incendie.

Inconditional Love, Kate Tempest

.

Elle s’échauffe, je cherche le tempo

Elle s’emmure, je cherche le ciel

Elle cherche son souffle derrière les barreaux

Je cherche mon rythme dans Inconditionnelles

▪️

J’attrape sa scène ouverte, quelques mots

J’attrape le manque et des notes à Elle

J’attrape son Kids, des silences nouveaux

J’attrape de la liberté avec conditionnel…

▪️

❤️-Rien ne me manque en vrai-❤️

Qu’importe les murs, si sous la peau,

Si dans le cœur, ça tempête vrai…

▪️

Certes. Kate nous chante des rêves brisés

Une histoire de femmes enfermées

Des cris de douleurs et des cœurs enclavés

Des heures vides et des jours bétonnés.

▪️

❤️-Rien ne me manque en vrai-❤️

Qu’importe les murs, si sous la peau,

Si dans le cœur, ça Tempest vrai.

▪️

Puisque elle met aussi des fenêtres d’espoir

Des couleurs musicales au milieu du noir

Des samples tournoyant dans le soir

Des notes libératrices pour y croire…

▪️

❤️-Rien ne me manque en vrai-❤️

Mais j’aimerai chantonner pour Elles.

Chanter « Be Braver » pour Chess et Serena

Les gardiennes, Silver et aussi Kayla

Pour toutes ces femmes, qui ont perdu

derrière les portes closes, le feu ténu

A l’intérieur. Putain. Donnez-leur des ailes.

.

✨Stelphique✨

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Claire ainsi que L’arche éditeur de leur confiance et l’envoi de ce livre!

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Boire le temps, Stéphan Causse.

Boire le temps par Causse


Synopsis:

Juste le constat lucide de la disparition
Du temps, il en fout.
Du temps, on en veut tant.
Une illusion de plus ?
Qui soit ?
Lisons, écrivons un peu,
vivons beaucoup.
C’est moins la vérité qui importe, que la fuite de celle-ci. Et bien sûr, lui courir après comme un dératé ne sert à rien. Les poètes le savent bien.
Éclairons la cheminée avant de retrouver le berceau anonyme de notre vie. Le secret ne doit pas être totalement aboli pour les orphelins du feu.
Point d’amertume.
Juste le constat lucide de la disparition.
Au milieu de cet imbroglio métaphysique : la vérité est absente, pas la volupté. C’est pourquoi la lumière vespérale souvent, la lumière aurorale parfois baignent la plupart des poèmes du recueil. Une invite à la rêverie pour explorer le temps.
Au Fond, un poète est un astrophysicien, comme lui amoureux de la matière noire et de la lueur des étoiles.


Ce que j’ai ressenti:

La poésie, c’est une émotion. Que l’on ressent ou pas. C’est tellement propre à chacun. J’ai été attirée immédiatement par le synopsis, il me fallait en savoir plus. À la première lecture de ce recueil, il m’a manqué la connexion, et puis finalement j’ai pris le temps. De boire un peu. De Boire le temps, peut-être…Et il en est resté ceci…Sans doute, écrit sur un morceau de sable, et peut-être à lire avant que la vague l’emporte…Un poème qui répond à un recueil de poèmes, c’est ma façon de dire en émotions ce qui vous attend…

 

À l’heure ordinaire de lire

La poésie de Stéphan Causse

Il me vient l’envie de dire

Que les temps se gaussent

Des vers débordants d’eau-

De vie, mer et autres pinots

À contresens pour la chute

À contre-ciel pour l’exulte

Les vérités se boivent, s’aiment

Les vagues décuvent les peines.

💧

À l’heure ordinaire de lire

Les poèmes de Stéphan Causse

Me vient l’envie bleutée de dire

Que les corps se dévoilent

Dans les instants fugaces et voile

Toute dehors, la brise rehausse

Les tutoiements des temps suspendus

Et l’émotion d’une heure parfois trop bue.

💧

À l’heure ordinaire de la poésie

Me vient l’enivrante envie

De vers-mer et de proses de vie

D’admirer le ciel et d’écrire

Un ressenti poétique et relire

Encore une fois, dans le vent

À contresens et, Boire le temps…

Stelphique

Finalement, on dirait bien qu’en féerie, ce soit une lecture réussie. C’est un recueil de poésie à découvrir. D’abord, à laisser décanter et à appréciez avec le temps…

 

Ma note Plaisir de Lecture 7/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que Jacques André Éditeur pour l’envoi de ce recueil de poésie.

Je suis le fleuve, T.E.Grau.

Je suis le fleuve par Grau


Synopsis:

Subir. Survivre.

Depuis la fin de la guerre du Vietnam, Israel Broussard survit tant bien que mal à Bangkok. Cinq ans plus tôt, il a participé à la mystérieuse opération Algernon, au cœur de la jungle laotienne. Ce qui s’est passé là-bas ? Il ne s’en souvient plus, il ne veut plus s’en souvenir.
Et pourtant, l’heure est venue de s’expliquer…
L’intensité et la crudité dérangeante de sa prose font de Je suis le fleuve une expérience de lecture à nulle autre pareille. Ce voyage halluciné et sans retour à travers les méandres d’une psyché dévastée évoque irrésistiblement Apocalypse Now.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Il est le Cauchemar…

C’est incroyable, le nombre de remords qui voudraient s’immiscer dans ses nuits…Ça prend des formes et des noms étranges, des consonances d’ailleurs et des odeurs de jungle. Je suis le fleuve, est un roman qui parle de soldats, de syndrome-post traumatique, de rancœurs et d’oublis. C’est l’histoire d’un homme hanté par le poids de la culpabilité et les horreurs de la guerre du Vietnam. Et au moment d’en parler, les souvenirs s’effacent, se confondent, de distordent, se superposent parce que la douleur est trop gigantesque. Elle emporte tout sur son passage et elle prend parfois, l’allure d’un fleuve en feu. L’enfer s’ouvre dans ses confidences. Israel Broussard n’est plus le même homme qu’au départ, il tente de réapprendre à vivre mais l’opération Algernon a laissé des impacts dans son esprit…Et le Molosse-Noir veille sa proie…

Tu ne crois pas que j’ai souffert chaque seconde de ma vie, depuis? Les morts ont le beau rôle. Ils se contentent de disparaître dans le néant. Ce sont les vivants qui écopent de toute la souffrance. 

▪️Il est le Noir Sublime…

C’est l’intensité de ce roman qui m’a renversée. Dès les premières pages, j’ai ressenti une force incroyable. Il est « habité » ce roman, non seulement par des fantômes et des anges furieux, mais par une prouesse poétique qui est venue me submerger comme un tsunami, à l’intérieur pour ne plus me lâcher. Ce n’est pas tant l’histoire qui est déjà en soi, est une bouleversante lecture, mais c’est dans la manière de la raconter avec une puissance dans les mots qui frappe au cœur. Il y a des passages absolument magnifiques et pourtant très sombres. Un mélange entre beauté et horreur qui s’entrelacent pour mieux perturber les sensations que j’imaginais dans la violence des combats. Des moments terribles où un enfer sans nom s’ouvre dans l’esprit du héros et rendent une atmosphère saisissante de Noir profond. Il laisse une forte impression ce roman, même une fois refermé, même quelques jours après…Mais au moment de la découverte, à l’instant même où je lisais ses lignes, c’est vraiment cette intensité et la force des mots posées que je retiendrais… Comme un vertige, un abysse sans fond. Qui aurait la fureur de toutes les eaux et de tous les feux du monde…Magnifique.

Ce Fleuve brûlant, à la surface jonchée de flammes.(…). Le voilà. Le noir vient m’emporter, et je suis trop épuisé pour continuer de lutter. Trop fatigué pour me servir encore de la peur. Le Fleuve tumultueux monte et m’engloutit, de plus en plus bruyant tandis que je m’enfonce. Trempé et froid.

▪️Il est la fabrique à émotions…

Vous le savez maintenant, j’ai un amour infini pour la poésie et j’aime quand mes émotions sont mises à l’épreuve, en lecture…Alors évidemment, avec cette expérience de lecture que fut Je suis le fleuve, c’est allé bien au-delà de mes attentes, et je reviens complètement éblouie par cette plume sensationnelle, puissante et imaginative. Mon cœur de ténèbres à moi se trouve là, dans ses pages, dans ce fleuve enflammé…Allier la beauté du noir à tant de lyrisme, c’est juste sublime. C’est un coup de cœur, comme on les espère: gigantesque et démesuré.

Son cœur des ténèbres à lui se trouvait en Afrique, mais nombreux sont les cœurs qui battent à l’intérieur de nombreuses teintes de ténèbres, certaines plus noires et plus froides que tout ce qu’un écrivain  pouvait concevoir ou expérimenter personnellement, pour ensuite y survivre et coucher cela sur le papier.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel et  les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Chauffer le dehors, Marie-Andrée Gill.


Synopsis:

Dans le blizzard d’une peine d’amour, un texte unique qui renoue avec la vie. Elle souhaiterait faire encore partie du décor, s’inscrire dans l’ordinaire de chaque jour avec lui, trouver un remède aux morsures de sa douceur. Elle a peur de le croiser au dépanneur du village et que leurs corps provoquent une perpétuelle dernière fois. Dans sa tête, une question joue en boucle : Comment se retrouver dans l’étendue de la fin ? Le dehors est posé comme seule réponse au dedans à broil. Pendant que la tempête gronde et que le temps panse lentement la déchirure, la voix de la forêt et des saisons donne à entendre quelque chose comme un début d’apaisement et de gratitude. Le coeur ouvert aux souffles des bélugas et des ski-doos, Marie-Andrée Gill se réfugie dans l’écriture pour accepter l’impossibilité de l’amour, pour exister quelque part, dans le rappel des moments fous.


Ce que j’ai ressenti:

Si vous vous demandez où je suis maintenant…

Comme si de rien n’était

Je lisais, un soir tantôt plus cendré

La poésie de Marie-Andrée Gill

Quelque chose de subtil…

Un petit espace en dedans

Pour faire éclater les blancs.

Imaginer, le Chauffer le dehors

Dans les lignes noires, et alors

J’ai vu le solfège des tempêtes

Le cœur anxieux des jours de fêtes

Qui n’en sont plus. Elle s’écrie

Des émeutes de sensations inouïes

Sur des paysages violines

Et des miettes de corps en abîme

Sur des forêts de promesses…

Dans les poèmes qu’elle nous laisse

Ça tourne, ça s’enflamme, ça crash

Dans des silences anthracite flash

Parle d’un futur qui hausse les épaules

Des nuits à peine plus sucrées folles

Qu’une femme laisse s’échapper

Par les fenêtres sans volets

Des petits instants de beauté

A qui voudra bien les attraper…

.

« Le dehors est la seule réponse que j’ai trouvé au dedans. »

.

Moi aussi, Marie-Andrée Gill, moi aussi. Et maintenant, j’essaye de réchauffer mon dedans avec les jolies couleurs que tu as mis dans ce recueil.

Des surchauffes en-dedans en regardant l’étrange en-dehors,

des émotions du-dedans à voir le calme du-dehors,

et je laisse s’accrocher des mots

sur des paysages nouveaux

où la douceur dévore les peaux.

.

Si vous me demandez où je suis maintenant,

C’est moi qui essaie d’écrire de quoi de beau avec les paillettes de ma féerie.

.

✨Stelphique✨

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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