Vagabond, Franck Bouysse.

Vagabond par Bouysse

Synopsis:

L’homme est traqué.
L’homme joue du blues chaque soir dans un obscur bar de la rue des Martyrs à Limoges.
Lorsqu’il dérive vers son hôtel, au milieu de la nuit, il lui arrive de dialoguer avec des clochards et autres esprits égarés.
Il lui arrive de s’effondrer sur les pavés des ruelles antiques et de s’endormir, ivre ou épuisé.
Il lui arrive aussi de ne jouer sur scène que pour une femme qu’il semble être le seul à voir.
Mais l’homme est traqué
Pas par un tueur. Ni par un flic. Quelque chose comme des ombres.

Ce que j’ai ressenti:

Le temps est au confinement. Il est à l’introspection. Mais surtout le temps est ouvert aux poètes. Et en ces temps, la poésie noire de Franck Bouysse m’est indispensable. Dans ce presque-silence, j’ai voulu ses mots et vagabonder sur quelques notes de musique…

J’ai voulu juste rester là, au milieu du carnage de ce vide, à attendre les mensonges de la nuit, et regarder sombrer un artiste dans ses pires passions…Vagabond, c’est les errances d’un homme, ni mauvais ni bon, même pas ange ni démon, juste un homme dans ses contradictions. Un homme amoureux, peut-être. Un homme malheureux plus vraisemblablement. Hanté de blues, déchu d’un amour trop puissant, accroché à sa guitare comme un forcené, victime d’une forme fantôme divine, il dégringole dans les ténèbres entre souvenirs douloureux et chagrins insurmontables…Il joue, il improvise, il invente…La musique, bouée indispensable, dans ses dérives…

Je pense au printemps et aux hommes qui se déracinent. Je pense au temps que les hommes déciment. Je pense à la mort entêtante. Je pense à la poésie, à la beauté d’un choix de mots, à la force qui vient te perforer, là où tu n’avais pas conscience, encore hier…Le temps que les hommes tue, les hommes qui se tuent dans le temps…Ce beau temps où les hommes écrivent, des chansons ou des romans, qui parleront de ces sombres temps-tourments.

Je pense à ses drames qui courent les rues. Aux minutes gagnées dans la création, aux heures perdues qu’il faut aussi compter, pour faire une œuvre aussi puissante. En près de 100 pages. Je pense au dépassement physique et mental qu’il faut pour trouver l’équilibre. Je pense à cet artiste maudit qui joue Rue des Martyrs. Je pense que des fois, un seul mot suffit. Merci.

Merci Franck Bouysse pour ce temps précieux que vous nous donnez à lire. J’adore chaque minute de ce temps passé avec vos romans. Un coup de cœur.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

El Niño de Hollywood, Oscar et Juan José Martinez.

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Synopsis:

Quelle est la relation entre le gouvernement de Ronald Reagan et un membre d’un gang en Amérique centrale qui a assassiné plus de 50 personnes ? Quel est le lien entre la Californie et le fait que le Salvador soit le pays le plus meurtrier au monde ? Comment un groupe d’immigrés à Los Angeles – fans absolus de heavy metal – est devenu l’embryon du gang le plus dangereux de monde ? Dans ce document poignant de réalité, les frères Óscar et Juan José Martínez – l’un reporter, l’autre anthropologue – racontent la vie de Miguel Ángel Tobar, dit El Niño de Hollywood, un tueur sanguinaire appartenant au seul gang faisant partie de la liste noire du département du Trésor aux Etats-Unis, la Mara Salvatrucha 13. Cette histoire brutale du Niño de Hollywood permet surtout aux auteurs de livrer les dynamiques sous-jacentes du phénomène des gangs aux États-Unis et en Amérique centrale, et de montrer comment des processus globaux construisent une infinité d’histoires microscopiques qui ont, elles, des conséquences bien réelles. Entre thriller, récit documentaire et enquête historique, les auteurs nous plongent au cœur des ténèbres – peuplées de mysticisme, codes d’honneur, tatouages et trahisons – pour essayer de déchiffrer les racines d’une violence qui semblerait inexplicable mais qui ne l’est pas. Des mauvaises décisions, des décisions stupides ont été prises et personne ne semble avoir conscience des erreurs. La fin d’une guerre n’est pas nécessairement le début de la paix. A travers des scènes d’une réalité féroce, nourries par des centaines d’heures d’interviews et de terrain, les frères Martínez font honneur à la terrible réponse qu’ils ont donné au Niño de Hollywood lorsque celui-ci leur a demandé pourquoi ils s’intéressaient à lui :  » Parce que, malheureusement, nous croyons que ton histoire est plus importante que ta vie… « 

Ce que j’ai ressenti:

▪️Pour certains, la paix est impossible…

« Je hais donc j’existe. »

Puisque on en est à parler épidémie, il faudrait que je vous parle aussi de celle-ci…L’épidémie du Salvador, le pays le plus meurtrier au monde…Ce livre est un choc. Je suis totalement sortie de ma zone de confort pour découvrir la violence extrême. Avec ce récit documentaire, les frères Martinez nous emmène au plus près du gang le plus dangereux du monde: la Mara Salvatrucha 13, et sur les traces de l’un de ses membres les plus terribles, El Niño de Hollywood. C’est un documentaire édifiant et terriblement choquant. Les chiffres et les statistiques s’affolent et défient tout entendement: autant de morts pour un si petit pays, ça fait froid dans le dos, et c’est pour cela que le mot Épidémie, lui est associé, avec ce nombre ahurissant de victimes. En retraçant ainsi, grâce aux entretiens et au travail d’enquête minutieux de ces deux auteurs sur les origines de la formation de ce gang, on s’aperçoit que pour certains, le mot paix n’a pas de place dans leurs vocabulaires. Miguel Angel Tobar est El Niño de Hollywood et son histoire est importante pour comprendre le fléau qui sévit au Salvador.

Ils naissent et ils meurent comme ça.

Mais ces morts étaient des morts pauvres. Des morts de règlements de comptes entre gangs. Morts de cette guerre entre miséreux.

▪️Sauf que c’étaient des gamins…

J’avais déjà entendu parler du phénomène des « baby-gang » en Italie avec la duologie Roberto Saviano (Piranhas et Baiser Féroce), mais même sur d’autres frontières, ce mal se répand aussi, malheureusement. Utiliser des enfants pour répandre la haine. La misère, bien sûr, a été le terreau de ce phénomène dévastateur…À force de recherches et d’entretiens, les deux frères Martinez nous démontrent que l’embrigadement se fait dès le plus jeune âge, et comme ce sont des « gamins de rien » livrés à eux-mêmes, qu’ils n’ont personne pour les protéger de ces figures manipulatrices, ils tombent vite sous la coupe des gangs…Et dans leurs totales inconsciences, dans leur total dévouement, ils font pire que les « grands », et n’ont de cesse de faire monter cette violence en escalade, jusqu’au bain de sang, pour nourrir la Bête. C’est la haine, leurs moteurs de vie. Parce qu’ils n’ont rien d’autre que ça, ces enfants perdus. Ils dévorent et se font dévorer pour cette idée d’appartenance à un clan. Et ils ne peuvent pas s’en sortir, une fois que La Bête les a marqués, c’est définitif. Aucune échappatoire possible. Souvent, ils prennent alors un nom avec une majuscule, pour faire courir la légende et semer la mort, partout. El Niño de Hollywood est un assassin avec plus de 50 meurtres à son actif. Un enfant-tueur, victime et bourreau de La Bête.

De la chair fraîche et agressive pour faire grossir la Mara Salvatrucha, La Bête.

▪️Comprendre la création du gang le plus dangereux du monde…

Bien que le sujet soit très difficile, c’est un livre que je recommande à qui voudrait comprendre l’histoire et la formation du gang de la Mara Salvatrucha 13. J’ai pris le temps de lire avec attention cette lecture. C’est un récit très documenté et fort en émotions parce que l’on voit à travers les yeux et les ressentis de El Niño de Hollywood.

La mort appelle la mort. Pas partout, mais au Salvador, si. La mort a la mort en héritage. Des petites histoires de famille à l’histoire récente du pays, le Salvador est construit sur des morts qui ont généré d’autres morts.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Editions Métailié : en novembre, on lit, on lit ! L'automne s ...

Furie, Grazyna Plebanek.

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Synopsis:

Congolaise originaire de Kinshasa, Alia a cinq ans quand elle arrive à Bruxelles. C’est un nouveau monde, hostile, que découvre la petite fille. Son père, un fan de Mohamed Ali, l’initie à la boxe, qui devient pour elle le moyen de réprimer sa colère.
Devenue adulte, elle entre dans la police. Mais c’est un milieu machiste, et où une majorité de ses collègues sont atteints par un racisme viscéral. Car s’ils acceptent la jeune femme comme l’une des leurs, ils veulent éliminer les migrants, qu’ils torturent grâce à une milice de policiers qui ne sont pas d’origine belge. Débarrasser le pays des étrangers grâce aux étrangers, tel est le but de cette organisation. Et Alia en fait partie.
Pour s’imposer dans ce jeu de pouvoir, elle va commettre l’irréparable. Avec Furie, l’écrivaine Grazyna Plebanek nous offre un livre puissant et un inoubliable portrait de femme.

Ce que j’ai ressenti:

C’est l’histoire d’une femme forte, celle d’Alia. C’est moi, Stelphique, conteuse du monde Fairy, qui vous la raconte, cette rencontre avec la Furie Futée…

Un jour, dans un pays pas si lointain, à vrai dire, collé à nous autres, une petite fille a appris le poids des mots et la force de frappe, grâce à son père mais à cause de la vie aussi, qui s’est occupée de la faire grandir avec ses deux puissances au creux de ses mains. À coups de poings dans la gueule, à coups de pieds dans ses rêves, Alia s’endurcit. Elle ne s’est pas laissé abattre, la petite Futée, elle a déjoué les attaques et s’est forgé un mental d’acier…Je n’ai pas son talent à la Furie Futée pour conter ses exploits devant un public médusé, il vous faut donc, absolument l’écouter, parce qu’elle y met des mots sauvages et poétiques sur ces histoires urbaines, et c’est tellement fort que ça vient te frapper direct…Sept fois! Sept fois sous le plexus. Sept et encore sept fois plus. Crochet du droit, crochet du gauche, danses et rugissements, laissant son adversaire, chaos. Et nous, avec.

« N’aie pas peur de la douleur. »

Elle avait des racines, cette Furie, mais on les lui a arraché…Elle avait l’innocence, mais on le lui a subtilisé. Elle avait la peau noire, mais on lui a inculqué le blanc. Elle avait deux pays dans le cœur, mais on ne lui a laissé de la place, nulle part. Elle avait une famille mais on lui a éclatée aux quatre vents…Alors, il lui est resté, que de la colère…Des gants de boxe et la rue. Parce que dans ce monde qui ne va pas bien, elle a voulu essayer de le changer. Trop furieuse de voir le racisme, la misogynie, l’injustice, la cruauté, elle a laissé la fureur la submerger…Et a réussi à la transformer…Mais une menace plane sur elle, car il est dit qu’elle serait la suivante…

Fais quelque chose, Alia. Oppose-toi à ça!

La Furie est devenue une femme combattante dans un monde d’hommes. Sans artifice avec la rage au ventre, elle a troqué ses atouts de féminité pour se faire respecter sur le ring et dans les rues. Elle avait des multiples possibilités, elle choisit le chemin le plus ardu. Parce que c’est une guerrière, Alya, une petite légende des temps ordinaires qui vous apparaîtra sans doute extraordinaire, une fois, que vous découvrirez, je l’espère, qui se cache derrière les contes de la Furie Futée qui vient de partout…

Vivre dans la séparation, dans les marges, sentir que tu ne correspond à rien, qu’ils n’ont pas besoin de toi…personne ne veut ça.

Ainsi se termine ma rencontre avec la Furie Futée et il n’y a pas de morale à en tirer. Il y avait du mal et il y avait du vrai, tout cela, dans une certaine ébullition d’émotions. C’était tellement dur parfois de lire la violence et ses effets. Il est à découvrir ce roman!

Remerciements:

Je tiens à remercier William et les éditions Le livre de poche pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Le monde entre vos mains

Préférer l’Hiver, Aurélie Jeannin.

Synopsis:

À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au coeur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte.
Dans un rythme tendu et une langue concise et précise qui rend grâce à la Nature jusqu’à son extrémité la plus sauvage, Aurélie Jeannin, dont c’est le premier roman, signe un texte comme une mélancolie blanche, aussi puissant qu’envoûtant.

« Une aventure humaine, profonde, poétique, inoubliable.»

Ce que j’ai ressenti:

Tu es tout ce qu’il me reste, l’Hiver. En ville, c’est insupportable, alors je préfère… M’éloigner, me recentrer…Je me suis donc perchée sur la plus haute branche de l’arbre et j’ai contemplé la beauté d’une œuvre: Préférer L’Hiver.

Je ne savais pas qu’on pouvait mettre tout son être au bord de son cœur…Aurélie Jeannin m’y a invitée et aussi fou que cela puisse paraître, je dédie à son livre, cette déclaration d’amour…Je veux tellement être excessive, pour une fois. J’ai succombé à l’Hiver, juste pour éprouver la connexion, pour appréhender les émotions en dormance. Je me suis jetée contre les parois de mon âme pour deviner la force de mon Intérieur. En explorant les bienfaits de l’immobilité, j’ai touché un peu du froid, libéré les silences… Je me suis offerte à l’hibernation sans aucune retenue, j’ai connu la paix dans les marges, j’ai trouvé un trésor dans ces pages…

De toute façon, je n’aurais rien voulu de moins que tout ça. J’ai aimé démesurément les creux et les bosses, le blanc et le silence, les cicatrices et la toile interconnectée, le froid et les lectures du soir, les arbres et les racines, l’évidence et la résilience. J’ai même Préférer l’hiver, à toute autre saison. J’aurai voulu un petit coin dans leur cabane, et même le ragondin je l’aurais adopter… Je n’aurais rien voulu de moins que tous les mots splendides de Aurélie Jeannin, tout le sublime des émotions qu’elle nous communique. J’ai embrassé la forêt, embraser mes émois dans ceux de ces femmes. Je n’ai pas reculé devant la rage, ni le chagrin, je les ai accueilli à bras ouverts. De toute façon, je n’aurai rien voulu de moins que de me perdre dans leurs labyrinthes, faire coller le mien aux leurs, parce que le temps de cette lecture, l’hiver te saisit bien trop intensément, et il ne peut en être autrement. Je n’aurai rien voulu de moins que le coup de cœur que j’ai ressenti…

Je me suis épuisée au cœur de mon être à trop vouloir comprendre. Comprendre moi et puis Elles. Si semblables et si différentes. Si entières et si mystérieuses. Autant volcaniques, étonnamment hypersensibles. Mère et fille, femme et vivante, et quelque part dans tout ça, moi… Elles et moi, si profondément mères et femmes, écorchées dans nos écorces. J’ai attrapé des vérités de moi en elles, donné mes parts d’amour pour soigner leurs plaies, essayé de nous atténuer la douleur du deuil. Ensemble, souffrir en communion du manque. Force est de constater qu’il n’y avait rien à comprendre, juste à ressentir. J’étais là avec elles, et ce temps cristallisé devient précieux. C’est toute la puissance de ce livre, comme elle vient te percuter sans que tu puisses l’intellectualiser. C’est à prendre et à n’en rien laisser parce que des lectures envoûtantes comme ça, il y en a si peu…

Je me suis assise auprès de mon cœur, tout à côté du précipice et j’ai fait une traversée éprouvante mais je confirme que j’ai toujours Préférer l’Hiver.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Dévorer les ténèbres, Richard Lloyd Parry.

Synopsis:

L’histoire vraie d’une jeune femme disparue dans les rues de Tokyo et du démon qui l’a engloutie.Lucie Blackman est grande, blonde et sévèrement endettée. En 2000, l’été de ses 21 ans, cette jeune Anglaise travaille dans un bar à hôtesses de Roppongi – quartier chaud de Tokyo – lorsqu’elle disparaît sans laisser de traces. Ses parents lancent alors une vaste campagne de mobilisation pour la retrouver. Bien vite, l’enquête des autorités japonaises devient sujette à caution : veut-on vraiment savoir ce qui s’est passé ?

Journaliste, Richard Lloyd Parry se passionne pour l’affaire. Voulant savoir ce qui est arrivé à Lucie, il s’immerge  dans le Tokyo interlope, où il ira de surprise en surprise. De l’industrie du sexe au fonctionnement sidérant de la justice, il lève ainsi le voile sur une ville hantée par le mal, aussi fascinante qu’effrayante. Au cœur de cette toile invraisemblable, un mystérieux millionnaire, véritable figure du vice, sur lequel vont se porter tous les les soupçons. Espionné, menacé, attaqué en justice, Richard Lloyd Parry ne laissera rien l’arrêter dans sa recherche de la vérité.

Ce que j’ai ressenti:

▪️Tokyo et ses mystères…

Ce que j’ai aimé avant tout, c’est cette visite inédite de Tokyo, avec tout ce qui en fait son charme mais aussi, toute sa partie sombre. C’est une ville fascinante à bien des égards, et ses habitants ont une culture tellement différente de la nôtre, que c’est intéressant de découvrir les comportements, les us et les coutumes de ces hommes et femmes à l’autre bout de la planète. Nous en apprenons beaucoup sur les mentalités et j’ai apprécié de connaître un peu mieux leur histoire, les conflits qui les opposent aux coréens, et être plongé dans leurs réalités. Sentir l’odeur et l’ambiance de la ville. S’immiscer dans leurs quotidiens pour mieux comprendre. Dans cette recherche de vérité, on se retrouve au cœur d’un quartier chaud de la ville, Roppongi, où il ne fait pas bon s’égarer dans ses ruelles, et ça, la jeune Lucie Blackman va l’apprendre à ses dépens…C’est elle, la disparue de Tokyo sur laquelle Richard Lloyd Parry, va mener l’enquête. Parce qu’elle s’est évaporée un peu trop facilement de la surface de la terre, un peu trop mystérieusement pour pas éveiller l’intérêt d’une grande majorité, un peu trop tragiquement pour laisser indifférent ce journaliste. C’est une histoire vraie. Et nous allons voir ce qui se cache derrière le titre Dévorer les ténèbres…À quel point, il prend tout son sens…Je vous préviens de suite, on en ressort pas tout à fait indemne…

Roppongi émerge de son sommeil de vampire. Dès le milieu de la soirée, tout s’est transformé- le son, l’odeur, le regard, le toucher.

▪️Une enquête passionnante et hors norme.

C’est une lecture difficile et pourtant, très intéressante dans son approche. Sincèrement, je suis très sensible et plonger dans une histoire aussi sordide, ça laisse des traces, mais c’est aussi une enquête minutieuse menée par un journaliste investi qui va au-delà de l’aspect professionnel. Il s’efforce de reprendre le contexte personnel et familial, les circonstances du drame, les répercussions sur les médias, les failles judiciaires, et c’est ça qui est louable dans son intention, c’est d’être le plus objectif possible pour lever le voile sur cette disparition terrible. Dans ce livre, on a cette jeune fille, Lucie Blackman, belle et lumineuse mais qui nous livre dans ses derniers mots, un mal-être évident à se retrouver ainsi dans une « baraque de merde ». On ressent dans son journal intime, une détresse émotionnelle qui m’a fait mal de lire, sans compter qu’elle exerce un boulot d’hôtesse qui n’a pas l’air de lui convenir totalement. Ensuite, il y a cette famille éplorée qui va exploser sous nos yeux. Et puis, tout le contexte de l’enquête et du procès qui m’a hérissé les poils plus d’une fois…Bref, non seulement c’est dense, parce que l’auteur ne nous épargne aucun détail mais en plus, c’est assez difficile à lire tellement on va s’approcher au plus près de la noirceur. Et c’est cela, qui a mon avis, fait tout l’intérêt de cette lecture, c’est de vivre, presque en temps réel, au cœur de ce drame.

C’est ça, le pire: ne pas savoir. Ne pas savoir quelle émotion ressentir. Tu as tellement d’émotions en toi-tu dois en choisir une.

▪️Au revoir, Lucie Blackman…

Je pense que cette histoire va encore me hanter pendant très longtemps. Elle a de quoi réveiller nos plus grandes peurs. Les ténèbres ont ce pouvoir effrayant, elles peuvent te rester en mémoire un certain temps et obscurcir ta vision du monde. Et c’est parce que ce drame est bien réel que l’impact sur nous lecteurs, est d’autant plus grand. Pour autant, je recommande cette lecture avec certes une réserve pour les âmes sensibles, mais elle me semble nécessaire. Pour qu’il n’y ait plus de disparues, pour qu’on connaisse mieux les démons qui peuplent notre monde, pour ne pas oublier. Repose en paix, Lucie, c’est ma seule prière: envole-toi loin de ce monde maintenant…

Où allions-nous la trouver désormais, notre prochaine petite lueur d’espoir?

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

La Cité de Feu, Kate Mosse.

La Cité de feu


Synopsis:

Une course haletante au cœur des guerres de Religion : le grand retour de la reine du roman historique.
France, 1562. Les tensions entre catholiques et protestants s’exacerbent, le royaume se déchire. Le prince de Condé et le duc de Guise se livrent un combat sans merci. Les huguenots sont persécutés, les massacres se succèdent. À Carcassonne, Marguerite Joubert, la fille d’un libraire catholique, fait la connaissance de Piet, un protestant converti dont la vie est en danger. Alors que la violence commence à se déchaîner dans la région, le couple se retrouve bientôt au centre d’un vaste complot lié à une sainte relique. Leur quête va les mener vers une ancienne forteresse, où sommeille un secret enterré depuis des décennies.
Après Labyrinthe, vendu à plusieurs millions d’exemplaires, Kate Mosse nous propose une nouvelle fresque érudite et captivante. Elle y donne la parole à ces figures féminines trop souvent oubliées par l’histoire officielle. D’une efficacité redoutable, La Cité de feu confirme l’inimitable maestria narrative de son auteur.

Ce que j’ai ressenti:

Le nouveau Kate Mosse est là. Dans le feu et les flammes, son nouveau titre en lettres noires: La Cité de Feu.

Il était temps!

À l’intérieur, des rêves de pouvoir, d’amour et d’émancipation. Des temps pour haïr et tuer. Des temps pour aimer et embrasser. Des temps pour bâtir et embraser. Des temps pour nourrir et faire mourir tous les feux.

Des voix me disent que vous allez adorer ce petit pavé de 600 pages!

Mais Dieu saura, lui. Il voit tout.

▪️Il y a un temps pour…Une belle joie!

Quand j’ai vu que Kate Mosse sortait un nouveau roman, vous ne pouvez pas savoir comme j’étais joie! Je suis passionnée par l’histoire des religions et pouvoir lire un thriller historique de sa plume, c’est un plaisir que je voulais vraiment apprécier à sa juste valeur. Alors j’ai pris le temps, beaucoup de temps même, pour me plonger dans une nouvelle aventure dans les rues de Carcassonne et Toulouse. Et quelle lecture! Dense, captivante et surtout, brûlante! Repartir comme ça dans un passé sulfureux et ressentir les feux de cette période tourmentée par des affrontements entre catholiques et protestants, c’est toucher de près, le carnage des guerres de religions qui sévissent dans le Sud de la France en 1562. Les scènes sont grandioses, le souci du détail très minutieux, bref, c’est un grand roman, et ce n’est que le début d’une prometteuse trilogie! Il était vraiment temps qu’elle nous revienne Kate Mosse!

Comme il est facile d’arrêter le battement d’un cœur.

▪️Il y a un temps pour…une grande histoire.

S’il est vrai qu’elle a un talent fou pour raviver les feux de l’Histoire, Kate Mosse sait aussi nous conter mille et une histoires avec des personnages auxquels on se lie passionnément. Que ce soit du côté des « gentils » ou des « méchants », ils sont tous agréables à suivre dans leurs cheminements personnels. D’ailleurs, j’ai tout autant adoré Minou que Blanche, alors qu’elles s’opposent dans ce conflit d’intérêts…Mais elles ont chacune à leur manière, une lumière qui les caractérise. Tous, autant qu’ils sont, vivent au plus près de leurs espoirs, leurs amours, leurs vengeances…On est dans un temps de révolte, et elles sont nombreuses à gronder dans les rues…Kate Mosse explore avec subtilité, les passions du cœur et de l’esprit et c’est qui fait de ce roman, un moment de lecture grandiose. De plus, j’ai vraiment adoré le vent de fraîcheur de féminisme qui souffle entre tous ses feux d’intolérances.

Lorsque l’amour tourne à la haine, c’est la plus puissante et la plus violente des émotions.

▪️Il y a un temps pour…Vous dire…

Qu’il serait bien temps que vous alliez frôler les feux du passé, que vous alliez mieux découvrir les secrets de ces villes qui se sont enflammées sous des brasiers de haine. Qu’il serait plus que temps que vous vous risquiez à lire un livre d’une puissance narrative bouleversante. Il serait temps pour vous de regarder au fin fond de leurs yeux, les drames de l’inquisition et les ravages d’une guerre religieuse. Kate Mosse a réussi avec brio, à me captiver pendant ces 600 pages flamboyantes, et je vous passe maintenant le feu, pour que vous le passiez à votre tour! Tant de passions, ça se partage, alors je vous invite au cœur des pages de La Cité de Feu…Une lecture exceptionnelle. Amen.

Je ne laisserai pas fleurir l’hérésie.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

La Fille aux Ciseaux, Jorge Franco.


Synopsis:

Antonio et Emilio sont amoureux de la même fille, Rosario, la fille aux ciseaux, la belle tueuse, la Vénus futuriste, fascinée par la violence et la mort. Elle a séduit les deux garçons et les a entraînés dans un triangle amoureux fait de plaisir, de vertige et de peur, entrecoupé par les missions mortelles qu’elle effectue pour “les hommes” du narcotrafic. Rosario aimait Emilio mais c’est avec Antonio qu’elle parlait, et c’est Antonio qu’elle a appelé à l’hôpital où elle est en train de mourir, exécutée par celui qu’elle pensait tuer. Roman noir des bas-fonds de la drogue, de la prostitution et du crime, avec en toile de fond la ville de Medellín, La Fille aux ciseaux est aussi un roman d’amour et d’apprentissage vibrant et poétique.


Ce que j’ai ressenti:

▪️ ♫Excuse-moi Partenaire, de te parler comme ça …Mais il va falloir éteindre la passion dans tes yeux, Partenaire. Reprendre tes esprits et ton cœur en miettes…Rosario se meurt et c’est dans un dernier baiser qu’elle reçoit le vertige…Tu l’as aimé Partenaire, oh ça oui! Aimer à te consumer de l’intérieur, à te brûler à des flammes toxiques, à basculer dans le vide…Car elle est comme ça, Rosario, Fatalement attirante, Fatalement mortelle. Et puis, tu la désires tellement Partenaire, mais tu restes dans l’ombre. À l’attendre. À te tuer d’amour quand elle embrasse tous les autres, sauf toi. Excuse-moi Partenaire, de te parler comme ça, mais va falloir l’oublier La fille aux ciseaux. C’est mieux pour toi…Excuse-moi Partenaire de te parler comme ça…

-C’est ça la connerie, dit-elle. Souffrir par amour.

▪️La vie n’est pas rose à Medellín. C’est un combat de tous les jours dans ces rues et ça, Rosario l’a compris intimement bien avant l’heure. Alors forcément, elle prend les armes dont elle dispose: sa beauté et ses ciseaux. Dans cette ville, on engloutit voracement les calories, la violence, la merde et la drogue. La mort aussi est suspendue à leurs lèvres, mais c’est sur celles de Rosario qu’une poignée d’hommes s’abîment…C’est absolument bouleversant cette visite de la ville parce que le crime est omniprésent, presque banal…Le cadre de cette histoire d’amour toxique est d’une violence extrême, et pourtant, dans la façon désespérée et inconditionnelle dont ses jeunes se perdent, il y a quelque chose de terriblement beau. Jorge Franco a soufflé des sorts dans ses mots, et même s’ils rimaient avec mort, j’ai été envoûtée de la première à la dernière phrase…

Rosario reçut en même temps une balle à bout portant et un baiser, et c’est pourquoi elle confondit la douleur de l’amour avec celle de la mort.

▪️C’est un roman court et intense. D’un genre ténébreux et violent, qui vient taillader mes illusions d’amour romantiques, mais donne en échange les couleurs blafardes et furieuses d’une passion vénéneuse… Un shoot de vibrations vertigineuses à la saveur si particulière…Il a la sensualité d’un baiser fougueux et le goût de la mort, ce roman noir. Et tout le charme en revient à l’héroïne, Rosario Ciseaux. Elle est fascinante, hypnotique même…Impossible de détourner les yeux d’elle…Et on comprend aisément que tant d’hommes brûlent d’amour dans ses bras. Elle est douce et dangereuse, Rosario. Comme la mort. Tellement qu’elles se confondent toutes les deux…Elle est La fille aux ciseaux, et faire sa rencontre pourrait à jamais changer votre vie.

-Je ne comprends rien à cette manie que tu as d’embrasser les morts!

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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La tête sous l’eau, Olivier Adam.


Synopsis:

Quand Léa a disparu, ils ont tous arrêté de respirer. La tête sous l’eau. D’un coup.
Elle s’ennuyait à Saint-Lunaire, Léa, c’est sûr. Quitter Paris pour ce bled breton, sur le coup de sang d’un père dépressif, ça n’a fait plaisir à personne. Mais de là à fuguer ? A-t-elle vraiment fugué d’ailleurs ? Son frère, Antoine, n’y croit pas. Ses parents non plus. Ils ont tout envisagé, même le pire.
Et puis comme la marée, Léa est revenue. En ramenant de loin des horreurs et des silences. On a sorti la tête de l’eau. Et la tempête est arrivée. Déferlante sur déferlante. La vie comme un esquif.


Ce que j’ai ressenti:

« Tout le monde a l’air heureux. La mer est belle. Qu’est-ce que j’en ai à foutre? »

Je suis d’humeur déferlante. À me plonger La tête sous l’eau. Ressentir le pouvoir de la mer. D’humeur à lire les mots de Olivier Adam, et découvrir l’histoire de Léa. Et j’écris pour ne pas oublier cette petite. Léa qui se prend une vague de tristesse, et dans son désespoir d’adolescente en mal de vivre, disparaît. Et quand elle revient de ses eaux troubles, son regard est mouillé. Et brisé. Alors j’écris, même si tu n’entends pas, que tu ne réponds pas. Pourquoi d’ailleurs, tu ne réponds pas?! Ça sent la mer et ça, j’adore. Mais tu ne réponds pas.

J’ai regardé Léa, aimer et souffrir. Et puis, j’ai suivi les péripéties d’une famille qui explose. Des liens qui claquent dans le vent. Des paroles de trop et des silences pesants. Et la mer, si belle, comme repère. J’ai même constaté comme le malheur peut frapper plus fort qu’un tsunami. Et puis, un frère face à la détresse et va mettre sa tête sous l’eau. Noyer son regard aussi dans la mer et l’amour. Alors j’ai laissé un peu d’émotions dans la mer. Je voulais me casser en mille morceaux. Et puis les vagues puissantes, ça soulage.

Mais il y a toujours toi qui répond pas. Toi qui obsède, toi que je devine, toi que j’essaye de saisir. Et dans le dernier rouleau de la vague de cette lecture, elle est là, cette vérité. Tranchante. Et puis la mer qui a réponse à tout. La mer qui apaise, la mer que je rêve, la mer qui prend tout.

C’est une histoire d’amour déçu et de drame horrible. C’est la spécialité de cet auteur de nous bousculer ainsi, et à chaque fois, je manque respirer. Mais là, j’ai volontairement mis La tête sous l’eau. Alors je ne vais pas me plaindre. Juste vous dire de ne plus me parler de ces histoires de filles qui disparaissent et qui reviennent avec des yeux éteints. La mer est belle. Et je n’en ai pas rien à foutre…

Kisses,

✨Stelphique✨

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Je suis le fleuve, T.E.Grau.

Je suis le fleuve par Grau


Synopsis:

Subir. Survivre.

Depuis la fin de la guerre du Vietnam, Israel Broussard survit tant bien que mal à Bangkok. Cinq ans plus tôt, il a participé à la mystérieuse opération Algernon, au cœur de la jungle laotienne. Ce qui s’est passé là-bas ? Il ne s’en souvient plus, il ne veut plus s’en souvenir.
Et pourtant, l’heure est venue de s’expliquer…
L’intensité et la crudité dérangeante de sa prose font de Je suis le fleuve une expérience de lecture à nulle autre pareille. Ce voyage halluciné et sans retour à travers les méandres d’une psyché dévastée évoque irrésistiblement Apocalypse Now.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Il est le Cauchemar…

C’est incroyable, le nombre de remords qui voudraient s’immiscer dans ses nuits…Ça prend des formes et des noms étranges, des consonances d’ailleurs et des odeurs de jungle. Je suis le fleuve, est un roman qui parle de soldats, de syndrome-post traumatique, de rancœurs et d’oublis. C’est l’histoire d’un homme hanté par le poids de la culpabilité et les horreurs de la guerre du Vietnam. Et au moment d’en parler, les souvenirs s’effacent, se confondent, de distordent, se superposent parce que la douleur est trop gigantesque. Elle emporte tout sur son passage et elle prend parfois, l’allure d’un fleuve en feu. L’enfer s’ouvre dans ses confidences. Israel Broussard n’est plus le même homme qu’au départ, il tente de réapprendre à vivre mais l’opération Algernon a laissé des impacts dans son esprit…Et le Molosse-Noir veille sa proie…

Tu ne crois pas que j’ai souffert chaque seconde de ma vie, depuis? Les morts ont le beau rôle. Ils se contentent de disparaître dans le néant. Ce sont les vivants qui écopent de toute la souffrance. 

▪️Il est le Noir Sublime…

C’est l’intensité de ce roman qui m’a renversée. Dès les premières pages, j’ai ressenti une force incroyable. Il est « habité » ce roman, non seulement par des fantômes et des anges furieux, mais par une prouesse poétique qui est venue me submerger comme un tsunami, à l’intérieur pour ne plus me lâcher. Ce n’est pas tant l’histoire qui est déjà en soi, est une bouleversante lecture, mais c’est dans la manière de la raconter avec une puissance dans les mots qui frappe au cœur. Il y a des passages absolument magnifiques et pourtant très sombres. Un mélange entre beauté et horreur qui s’entrelacent pour mieux perturber les sensations que j’imaginais dans la violence des combats. Des moments terribles où un enfer sans nom s’ouvre dans l’esprit du héros et rendent une atmosphère saisissante de Noir profond. Il laisse une forte impression ce roman, même une fois refermé, même quelques jours après…Mais au moment de la découverte, à l’instant même où je lisais ses lignes, c’est vraiment cette intensité et la force des mots posées que je retiendrais… Comme un vertige, un abysse sans fond. Qui aurait la fureur de toutes les eaux et de tous les feux du monde…Magnifique.

Ce Fleuve brûlant, à la surface jonchée de flammes.(…). Le voilà. Le noir vient m’emporter, et je suis trop épuisé pour continuer de lutter. Trop fatigué pour me servir encore de la peur. Le Fleuve tumultueux monte et m’engloutit, de plus en plus bruyant tandis que je m’enfonce. Trempé et froid.

▪️Il est la fabrique à émotions…

Vous le savez maintenant, j’ai un amour infini pour la poésie et j’aime quand mes émotions sont mises à l’épreuve, en lecture…Alors évidemment, avec cette expérience de lecture que fut Je suis le fleuve, c’est allé bien au-delà de mes attentes, et je reviens complètement éblouie par cette plume sensationnelle, puissante et imaginative. Mon cœur de ténèbres à moi se trouve là, dans ses pages, dans ce fleuve enflammé…Allier la beauté du noir à tant de lyrisme, c’est juste sublime. C’est un coup de cœur, comme on les espère: gigantesque et démesuré.

Son cœur des ténèbres à lui se trouvait en Afrique, mais nombreux sont les cœurs qui battent à l’intérieur de nombreuses teintes de ténèbres, certaines plus noires et plus froides que tout ce qu’un écrivain  pouvait concevoir ou expérimenter personnellement, pour ensuite y survivre et coucher cela sur le papier.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel et  les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Sauf que c’étaient des enfants, Gabrielle Tuloup.

Couverture Sauf que c'étaient des enfants


Synopsis:

Le roman émouvant d’un bouleversement intérieur chez une jeune femme, déclenché par un fait divers. Un matin, la police entre dans un collège de Stains. Huit élèves, huit garçons, sont suspectés de viol en réunion sur une fille de la cité voisine, Fatima. Leur interpellation fait exploser le quotidien de chacun des adultes qui entourent les enfants. En quoi sont-ils, eux aussi, responsables ? Il y a les parents, le principal, les surveillants, et une professeure de français, Emma, dont la réaction extrêmement vive surprend tout le monde.
Tandis que l’événement ravive en elle des souvenirs douloureux, Emma s’interroge : face à ce qu’a subi Fatima, a-t-elle seulement le droit de se sentir victime ? Car il est des zones grises où la violence ne dit pas toujours son nom…


Ce que j’ai ressenti:

▪️Sauf que c’étaient Eux, Elle et puis Toi…

On n’a pas idée des fois, comme un matin, tout peut changer. Comme dans une seule scène de vie, tout peut exploser en mille morceaux. Comme dans l’insouciance on peut vite basculer au drame, comme de l’enfance on peut passer au monde adulte, comme du silence on peut ressentir le poids des mots…Eux, c’est ces huit garçons qui ont commis ce crime immonde, mais Sauf que c’étaient des enfants. Elle, c’est Fatima, celle qui ne pourra jamais oublier, sauf qu’elle brise cette loi du silence en dépit de tout…Et Toi, c’est Emma, celle qui raconte tout en nuances son intérieur blessé, mais sauf que ça sent le vent de la révolte…Un matin, tout peut changer. On peut choisir de parler enfin pour réparer les blessures à l’intérieur…

L’enfance a une date de péremption, pas la même que celle indiquée sur les paquets. Elle pensait qu’elle avait le temps de voir venir. On ne voit jamais rien venir. 

▪️Sauf que c’était compliqué…

Gabrielle Tuloup écrit sur un sujet difficile, soumis à controverse, et pourtant, j’ai trouvé qu’elle nous donne à lire un texte fort, sensible et intelligent. Dans cette dénonciation, elle remue de multiples émotions, donne des voix et des réactions diverses. Les adultes face aux enfants, le corps enseignant face aux élèves, les adolescents avec leurs hormones exacerbées, les règles tacites de la cité, les familles et leurs traditions: en fait toute une communauté face à un acte odieux. En ayant comme cela un aperçu de l’ensemble des personnes touchées de près ou de loin par ce viol, Gabrielle Tuloup nous met face à une polyphonie de mots, de vies et de réactions. Elles éclatent sur le papier comme leurs quotidiens pour nous atteindre au plus profond de notre intimité. C’est très intense comme lecture, elle ne peut laisser indifférent. Je n’ai pas pu reposer le livre avant le point final, parce que c’est trop d’émotions et un sujet si sensible que ça me semblait trop terrible de les laisser, tous, mais surtout certaines, à leurs tourments…Alors j’ai écouté leurs cris silencieux et j’ai admiré leur courage à prendre la parole pour dénoncer la violence subie.

Le réel ne prend pas de gants.

▪️Sauf que c’était terriblement beau…

Et dans tout ça, la beauté de la plume de Gabrielle Tuloup. Les mots et le cœur sont peut-être à vif, le corps et l’esprit marqués profondément dans l’intime, il n’en reste pas moins que la poésie s’invite aussi dans ses pages. C’est une alchimie particulière qui se joue dans ce livre entre douleur et résilience, mais j’ai été touchée par cette façon originale de mener cette fiction. Dans le poids des mots, Emma va trouver sa propre enclume qui l’empêche d’avancer, dans un seul mot, la douleur qui l’anéantit…Alors peut-être bien, que l’écriture sera sa guérison…Je vous laisse découvrir cette très émouvante lecture, sauf que moi, j’ai le cœur un peu fêlé, maintenant…

Et on s’abîme à vouloir réparer. On s’érode encore et encore pour une miette d’intact. On s’essouffle à disperser la poussière, on ratte et griffe l’habitude pour retrouver l’avant et l’éclat. En vain, forcément.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Philippe Rey pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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