Ce que tu as fait de moi, Karine Giebel.

Ce que tu as fait de moi par Giebel


Synopsis:

Personne n’est assez fort pour la vivre.
Personne n’est préparé à l’affronter, même si chacun la désire plus que tout.
La passion, la vraie…
Extrême.
Sans limites.
Sans règles.

On se croit solide et fort, on se croit à l’abri. On suit un chemin jalonné de repères, pavé de souvenirs et de projets. On aperçoit bien le ravin sans fond qui borde notre route, mais on pourrait jurer que jamais on n’y tombera. Pourtant, il suffit d’un seul faux pas. Et c’est l’interminable chute.
Aujourd’hui encore, je suis incapable d’expliquer ce qui est arrivé. Si seulement j’avais plongé seul…
Cette nuit, c’est le patron des Stups, le commandant Richard Ménainville, qui doit confesser son addiction et répondre de ses actes dans une salle d’interrogatoire. Que s’est-il réellement passé entre lui et son lieutenant Laëtitia Graminsky ? Comment un coup de foudre a-t-il pu déclencher une telle tragédie ?
Si nous résistons à cette passion, elle nous achèvera l’un après l’autre, sans aucune pitié.
Interrogée au même moment dans la salle voisine, Laëtitia se livre. Elle dira tout de ce qu’elle a vécu avec cet homme. Leurs versions des faits seront-elles identiques ?
Si nous ne cédons pas à cette passion, elle fera de nous des ombres gelées d’effroi et de solitude.
Si nous avons peur des flammes, nous succomberons à un hiver sans fin.

La passion selon Karine Giebel… conduit forcément à l’irréparable.


Ce que j’ai ressenti:

  • Ne m’en veux pas, Karine Giebel, parce que Ce que tu as fait de moi, c’est une lectrice déboussolée et plutôt sceptique, à l’heure d’écrire cette chronique. Je peux t’assurer que j’ai pris le temps de lire et d’apprécier la force de ta plume. Elle m’a chamboulée cette lecture, c’est certain. Je n’étais pas prête à lire, sans doute, ce genre-là de « passion ». On m’a fait miroiter, avec la quatrième, un sentiment que j’ai cherché, mais ce n’était pas la Passion que j’ai lu dans ses pages. C’était autre chose. Quelque chose de vraiment perturbant. Ces sentiments-là, sont dérangeants, troublants. De voir un homme et une femme se déchirer d’une telle façon et appeler cela, de l’amour…De la passion?! Je les ai écouté tour à tour, et j’étais prise à leurs jeux des confidences, mais ce n’est pas le mot « passion » qui me venait en tête quand je les regardais peu à peu tomber dans une spirale infernale.

L’amour est un mystère, un dictateur sans merci qui impose sa loi et lève des armées d’esclaves.

Tout d’abord, je n’ai pas cru à leur « Nous ». Le couple Richard et Laetitia ne m’ont provoqué aucun attachement. C’est un Toi+Moi transformé en un « Nous » malsain. C’est deux êtres qui se désirent d’une drôle de façon. Si Incompréhensible et violente, à mes yeux. Je n’ai pas compris cette force destructrice qui les attire. Ils m’ont laissé une forte impression, mais je n’ai pas cru à cette histoire d’amour. Je l’ai cherché partout la passion, et ce n’est pas ce que j’ai vu. On me l’a déguisée sous de faux costumes et ça m’a mis très mal à l’aise. Je les regardais absolument horrifiée par leur type de relation anxiogène, à chercher comment on peut en arriver à de telles extrêmes…Et si c’est ça, la passion, c’est peut être, moi, qui n’était pas encore prête à saisir toutes les nuances d’une telle émotion.

  • Ne m’en veux pas Karine Giebel, parce que finalement, je vais devoir dire que je n’ai pas aimé ce livre. Alors certes, tu n’as pas ton pareil pour faire naître des flammes au milieu du noir, tu as cette facilité à  nous bousculer, à nous pousser dans nos retranchements, à nous faire voir d’autres façons de vivre, d’autres façons d’aimer. À contresens, à contre-courant, juste pour déstabiliser tes fans qui en redemande, encore et encore. Moi, y compris. C’est vrai qu’on a une histoire-obsession, impossible à lâcher et qui te hante encore longtemps, même après le livre refermé. C’est ta marque, et elle est encore présente avec ce nouvel opus. On a une lecture hautement addictive. Un thème qui nous remue les tripes. Une ambiance électrique. Une écriture sensitive. On touche du doigt, une de ces histoires passionnelles qui détruit tout sur son passage.

Avoir mal, c’est vivre.Vivre, c’est avoir mal.

On prend un vrai shoot d’adrénaline, que ça nous plaise ou non, faudra faire avec, jusqu’au point final. C’est comme ça avec toi, Karine Giebel. C’est d’une intensité folle, et plus si affinités…Faudra aller voir, de plus près, sur les terrains brûlants de la folie, ce que ça donne la passion au masculin et puis aussi, celle au féminin. Parce qu’à s’aimer plus loin que les limites ça laisse des traces. Des traces sur les corps. Des traces sur les âmes. Et puis après, dans nos esprits…Mais dans le mien, ça brûle trop, et tout le long, j’ai détesté Richard, je n’ai pu oublier son acte immonde. Je crois qu’en tant que femme, ça m’a d’autant plus révoltée.

  • Ne m’en veux pas, Karine Giebel. pas un seul instant, je n’ai douté de ton talent. Je suis persuadée que d’autres de tes romans vont plus me toucher. Juste avec ce livre, ça ne l’a pas fait avec moi, pourtant, j’ai eu ma dose de fortes émotions. Tout plein d’ébullitions et de colères enfouies, et puis l’attente déçue, de cette fameuse « passion ». J’en ressors désorientée, mais alors je repense à ma précédente lecture de toi avec, Toutes blessent, la dernière tue, et je me dis que ce n’est pas si grave, j’attendrais le prochain…Pour un nouveau tour dans les affres de la nature humaine…

 

 Si on ment à ceux que l’on aime, on risque de tout perdre.

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette fachee

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Belfond pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Belfond

Toutes blessent, la dernière tue. Karine Giebel.


Synopsis:

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin…

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures. Un homme dangereux. Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique. Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Ce roman a reçu le Prix Plume d’Or du thriller francophone, le Prix Ėvasion, le Prix du Book d’or thriller du Prix Bookenstock et le Prix de l’Ėvêché.


Ce que j’ai ressenti:

▪️ »Porter un nom, ça veut dire qu’on existe. »

Elle a choisi de t’appeler Tama. C’est un si joli prénom, Tama. Mais derrière ces quatre lettres, se cache une réalité ignoble. Tu t’appelles Tama, tu es un personnage de fiction mais c’est tant de personnes réelles qui pourraient prendre ce prénom, qui connaissent cette douleur incommensurable, qui survivent dans des espaces réduits comme le tien, qui subissent la haine.

Elle a choisi de t’appeler Tama. Elle a choisi de te rendre forte, persévérante et courageuse. Ça n’enlève en rien, l’horreur. Mais ça te rend capable d’encaisser, d’apprendre et de nous faire ressentir à la puissance émotion, les temps forts de ta vie…

Elle a choisi de t’appeler Tama. Elle, c’est Karine Giebel. Et heureusement, c’est avec son talent qu’on va pouvoir se confronter à un sujet révoltant. Et ces heures passées dans son thriller, m’ont terriblement blessée, et à la dernière page tournée, ça aurait pu me tuer, tellement j’ai eu le cœur explosé quand j’ai lu ses mots… Mais sans doute qu’un ange veillait pendant que je dévorais littéralement ce pavé…Pendant que j’admirais la puissance de ce thriller signé en lettres de sang et de noir, celle de la reine du polar: Karine Giebel.

▪️ »Est-ce qu’on a mal quand on rêve? »

Elle a choisi d’explorer des sentiments aussi fort, que la haine et l’amour. De les mélanger, de force, pour en faire une œuvre sombre parsemée de lumières éphémères. Un livre inoubliable. Un livre qui te blesse, un livre qui te tue. Elle a choisi de ne pas nous épargner. Vraiment pas. C’est un pari risqué mais il lui fallait sans doute faire ça, dans l’extrême et la tension permanente, pour que l’on prenne conscience, que l’esclavage est encore bel et bien là, en France. Qu’il a pris une nouvelle forme, mais garde toutes ses lettres de souffrances extrêmes. SERVITUDE. ESCLAVAGE. Et voilà comment on en vient à rester comme ça, pétrifiés et bouleversés, parce que même dans le désespoir, il reste peut être une toute petite flamme. Elle a choisi de l’écrire comme ça, notre chère Karine Giebel. Avec assez d’amour pour qu’on soit porté, mais avec des coups qui pleuvent à tout va pour qu’on soit touché. Histoire de fracasser nos illusions aux pieds bleuis de froid de la petite Tama et de laisser s’écouler nos espoirs par le trou béant de sa main meurtrie. Et puis, ça ne s’arrête pas. Aucun de temps mort, pas de répit. Le corps ravagé mais avec le cœur ouvert, elle lutte cette enfant. Tama se console dans les quelques lignes écrites, qu’elle grappille à l’ignoble. Ça fait Mal à l’intérieur quand j’ai lu tout ça. Et comme elles, on aimerait croire aux anges gardiens…Qu’il y en ai un, enfin, qui vienne la sortir de cet enfer…

▪️ »Vulnerant omnes, ultima necat. At eae quas ad vos consumpsi me delectaverunt. »

J’ai choisi de passer ces heures avec Tama et Karine Giebel. Des heures de lectures effroyables. Et, j’ai aimé ces heures parce qu’elles m’ont appris aussi que, même si la haine est là, l’amour est bien plus fort et la force au féminin est grandiose. Je les remercie pour ce moment de courage admirable. C’est un livre qui laisse des marques, un livre qui nous dit que c’est réel, que l’enfer est caché derrière une porte de cagibi. Je te conseille de ne rien attendre des anges, ils sont tous tombés quand ils vont vu la noirceur des âmes humaines…A nous de faire le nécessaire, maintenant.

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Métro 2035, Dmitry Glukhovsky.


Synopsis:

2035. VDNKh. Artyom, marié à Anna – fille du colonel Melnik –, est retourné vivre dans sa station natale.
Un souvenir l’obsède pourtant, celui de la voix qu’il a entendue sur une radio militaire, deux ans plus tôt, quand il était au sommet de la tour Ostankino avec les stalkers. Aussi, depuis son retour, remonte-t-il quotidiennement à la surface, escalade des gratte-ciel en ruines, pour tenter d’entrer en contact avec d’autres survivants. Tenu pour fou, la risée de certains, Artyom sombre peu à peu jusqu’à ce que l’arrivée d’Homère bouleverse la situation : le vieil homme prétend en effet que des contacts radio ont déjà été établis avec d’autres enclaves. C’est le début d’un nouveau périple dans un métro qui sombre dans la haine et la violence, où l’homme retourne à l’état bestial.


Ce que j’ai ressenti:

« Est-ce que tu veux vivre ou crever? »

Elle effleura le microphone intégré à son casque, le plaça devant ses lèvres et poussa le bouton surmonté d’un voyant lumineux.

-Ici, FairyStelphique. Vous m’entendez? Le métro de Moscou est vivant. Et il n’y fait pas bon vivre dans ces lieux. Je ne sais pas si vous m’aviez entendue avant…Quand je vous parlais de Métro 2033, de Métro 2034. Je suis arrivée au bout de la dernière ligne, celle de Métro 2035. Vous savez cet univers post-apocalyptique crée par Dmitry Glukhovsky. Je ne vous entendiez pas, moi, dans mon petit monde. J’étais au fin fond des tunnels. Dans les ténèbres. A me confronter à mes peurs. Je croyais qu’il n’y avait plus qu’une poignée de survivants avec moi (-Artyom. Homère. Melnik.- Et les 40000 personnes des boyaux moscovites.) Si peu de vivants, en somme. Si peu de perspectives d’avenir. Nous pensions qu’il n’y avait plus personne sur la planète. Nous sommes là…Dieu merci, vous avez survécu! Vous êtes là…

Des enflures avaient installé des brouilleurs. Ici à Fairystelphique. Ils vous ont dissimulés à mes oreilles. Voilà trois tomes que je vis en apnée dans un air vicié, à bouffer des champignons avariés et du faux thé! À crever à petit feu. A ramper comme un cafard dans le métro en n’ayant nulle part où aller. À essayer de donner un peu d’espoir à ces hommes égarés. A les écouter dans leurs tourments. À devenir folle devant divers dangers, Noirs ou Rouges. A me faire mordre par des rats enragés. A esquiver les chemins radioactifs. À faire éclater mon cœur en morceaux pour faire étinceler un peu de lumière. A mourir de faim. Dans l’indifférence de tous.

Et pourtant, nous vous cherchions, nous, sur les ondes, partout, tout le temps. Nous espérions. Comment allez-vous? Comme j’aimerai être chez vous, là où on chante et où on danse…Comment est l’air de votre région?

Voilà près de 2400 pages que je croupis dans le noir. Et que je suis là à en redemander. Complètement addict. À me dire que même dans l’obscurité, dans le béton, je me ferai bien encore une virée dans ce trou infect. Même si je dois y perdre tous mes cheveux parce que j’emprunterai la ligne de la Hanse. Même si je risque de perdre la raison, à force de vouloir remonter à la surface. A me demander inlassablement: qu’est-ce qui fait de nous des humains? À me rendre dingue à essayer de comprendre comment on a pu piéger des hommes sous terre, à leur faire croire à l’inadmissible???! Je suis à deux doigts de craquer, à réfléchir ainsi, sur la vie et la mort, sur les traces qu’il nous faut peut-être laisser avant de partir définitivement. Une seule option alors: vivre sous terre? J’en suis là, complètement addict…Et vous?

On me tuera sans doute pour de telles réflexions dans ce Métro 2035. Mais du temps: je suis vivante. Et être vivant, c’est tout ce qu’on a. Ce qui est important, c’est que vous ne vous fiiez pas aux apparences. N’allez pas mettre les pieds là-bas, sans un masque et une combinaison. Ni allez pas sans vos plus belles valeurs bien accrochées, à votre peau ainsi qu’à vos âmes. Parce que dans le noir, on a bien besoin de lumières. De quelques poètes aussi. J’aiderai Homère s’il le faut, pour son livre. Mais autant que vous soyez prévenus, cette saga est anxiogène, terriblement dangereuse, et frappe nos énergies profondes. Mais c’est aussi un pur moment d’adrénaline.

Je m’appelle Stelphique. Je suis bien réelle. Es-tu là, toi? Tu m’écoutes? Désormais…Désormais, je veux vivre tout simplement. Remonter à la surface et vivre. Comme il se doit. Vivre! Passionnément. Et vous parler de cette trilogie. Vous convaincre de la lire. Entendez-vous?

Elle coupa le micro.

« Qu’ils écoutent par eux-même, maintenant. Qu’ils écoutent parler le monde. »

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Le Livre de Poche Imaginaire de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Jackson Hole, Karel Gaultier


Synopsis:

A 40 ans, Matteo Andreani, surnommé Le Devin pour sa faculté à prédire le cours des marchés, est au faîte de sa gloire. Mais, sitôt nommé président de la Banque Centrale Européenne, des tensions internationales sur le marché de l’énergie précipitent une crise mondiale. Les marchés dégringolent, et l’affrontement entre les Chinois et les Américains fait les beaux jours de la Camorra et des crypto-monnaies. Derrière l’une d’elles se cache d’ailleurs l’énigmatique Tsarina, qui entretient avec Matteo une trouble relation…Dans le plus grand secret, une réunion de la dernière chance se tient à Jackson Hole, Wyoming. Dans ce village perdu des Montagnes Rocheuses, les banquiers ont 48 heures pour sauver l’économie mondiale. Un roman sombre et foisonnant, qui révèle les arcanes du pouvoir économique mondial, animé par la corruption et la soif de puissance.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Prédictions à Jackson Hole.

Jackson Hole est un petit village charmant dans les Montagnes Rocheuses. Vous ne connaissiez pas? Et pourtant, c’est aussi un lieu stratégique du pouvoir et de la finance mondiale. Pendant cette réunion de crise, les acteurs de l’économie planétaire vont devoir faire face à leur pire crainte, éviter les dangers, et user de simagrées pour remporter la partie dans leurs camps respectifs. Et dans la place, un petit « rooky » magicien, Matteo Andreani, qui prédit les variations des monnaies et se fait une place au milieu des requins impitoyables de la finance. C’est de la fiction mais on sent toute une tension bien réelle de chaos pressenti pour nos futurs proches. L’argent au centre de cette intrigue et l’avenir planétaire dans les mains de quelques puissants peut mener à une situation plus que catastrophique…Alors bienvenue à Jackson Hole, ce roman vous ouvre les portes d’un milieu ultra fermé, où tout peut changer en l’espace de 48 heures.

L’économie mondiale est entrée dans une récession non plus cyclique, mais structurelle.

 

▪️Séismes de victoires et défaites.

Les jeux d’argents et de pouvoir sont dangereux. Très dangereux. Et ils suscitent la convoitise autant qu’un défi pour les petits malins, un peu trop intelligents pour leur propre bien. Il faudra donc pour eux, se distinguer soit par la patience, soit par la fougue, et surtout, surtout, ne pas manquer d’audace pour faire briller les illusions d’une stratégie monétaire. Avoir un « devin » dans ses cartes, c’est jouer avec un jeu plus chanceux, et j’ai beaucoup aimé suivre l’évolution ainsi que les stratégies d’un tel personnage-clef. Dans ces lieux, ça se complaît en milliards, en dépit des vies et quitte à déclencher des tsunamis irréparables pour l’économie mondiale. C’est ahurissant comme ça se joue à presque rien. Karel Gaultier maîtrise son suspense jusqu’au final, et nous fait voir toutes les nuances de l’argent. De l’étalon-or aux monnaies nouvelles, il nous embarque au cœur des tensions sismiques internationales et c’est effrayant! On peut dire qu’il m’a carrément bluffée par cette entrée dans les coulisses de la finance.

Ton sang est une fleur, Matteo.

▪️Résister à tous les vents…

J’ai choisi volontairement ce livre, pour sortir de ma zone de confort. J’étais curieuse de voir ce que pourrait donner un thriller basé sur des stratégies économiques. Je l’ai trouvé très intéressant, je l’ai certes lu, à vitesse d’escargot, parce que mon cerveau ramait pour retrouver un semblant des connaissances de mes études (force est de constater que la mémoire si elle n’est pas stimulée et bien, perd de ses acquisitions), mais je me suis accrochée en prenant des notes et j’ai été contente de ne pas à avoir lâcher l’affaire, parce que c’était instructif autant que très efficace. C’est un thriller dense et sombre qui mérite qu’on prenne le temps de lire attentivement. On se prend vite dans l’engrenage de leurs marchés, de leurs petites magouilles et de leurs grands discours enflammés, mais la question essentielle est: qui régnera à la toute fin? Il y a beaucoup d’informations et de notions à appréhender et pour cela, le glossaire en fin de roman, est pratique. C’est sur que ça me change de mes lectures habituelles mais Karel Gaultier a su capter mon attention avec son personnage Matteo et son influence italienne, et cette proposition originale pour trembler de peur. C’est une peur différente mais ô combien plus sournoise! Si vous mettez la main sur Jackson Hole, je vous prédis un moment de lecture vertigineux.

Aujourd’hui, la probabilité d’un krach, ce n’est plus l’exception, c’est la norme. Tenons-en compte.

 

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie, de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Cauchemar, Paul Cleave.


Synopsis:

Un cauchemar qui va vous tenir éveillé toute la nuit.
Acacia Pine, États-Unis. Une petite fille, Alyssa Stone a mystérieusement disparu. Noah, un des flics du village fait irruption chez le principal suspect. Envahi par la colère, il le séquestre et le torture jusqu’à ce que l’homme lui révèle le lieu où Alyssa est captive. Noah file alors vers une vieille maison abandonnée, la ferme des Kelly, où il la retrouve enchaînée dans la cave, encore en vie. Fin de l’histoire ? Non, début de l’histoire. Dévoiler davantage la suite des événements serait criminel. Sachez seulement que ceux-ci se passent douze ans plus tard. Le jour où Alyssa est à nouveau portée disparue. Et que le cauchemar recommence. L’auteur d’Un Employé modèle et de Ne fais confiance à personne nous revient plus en forme que jamais avec ce thriller d’une efficacité rare, entêtant comme un cauchemar récurrent.


Ce que j’ai ressenti:

▪️« Tu vas aller dans un endroit d’où tu ne reviendras jamais. »

Un. Deux.Trois. Prépare-Toi. Acacia Pines est une ville dont on ne revient pas indemne: on peut y perdre des morceaux de soi, quelques amis, une réputation, des larmes et du sang. Se révéler aussi. Paul Cleave nous revient avec un nouveau thriller ultra dynamique, dans une nouvelle ville au charme apparent, et c’est bientôt ton prochain Cauchemar qui prend forme dans ses pages. Ce roman a les atouts pour t’enchaîner, jusqu’à la fin de la (torture), heu lecture…Une sombre histoire de séquestration et une promesse difficile à tenir, c’est à peu près le nœud de l’intrigue…Mais Paul Cleave est plus malin que ça, on le sait bien maintenant, et il adore se jouer de nous, pour notre plus grand plaisir. Prêts pour une petite ballade? Une randonnée, ça te branche?!

Il n’y a pas de vrai ou de faux. Il n’y a que le moment présent.

▪️« J’aurai opté pour la mort. »

Noah Harper. L’effet Noah. En voilà un personnage qui n’a pas froid aux yeux. Il a une force de caractère impressionnante. Fougueux, Fort et Brut(e). Un homme qui est animé viscéralement par l’idée de Justice, la justice avec une majuscule, mais qui ne reculera pas devant la Loi, pour avoir un résultat final heureux. Forcément, ça coince entre l’idéalisme et la réalité, à coups de poings et de sang versé. Ce n’est même plus qu’il joue avec les limites , c’est qui les enfreint avec le cœur vaillant. Il se bat héroïquement, quitte à y perdre sa propre vie, pour des causes justes, mais dans une version quelque peu borderline. Un héros des temps modernes, super-héros même parfois, avec des méthodes plus ou moins répréhensibles. Mais face au Mal, comment faire le bien, sans franchir quelques frontières? Il a quoi comme marge de manœuvre, Noah, pour l’orpheline, la femme battue, les pires atrocités qui se passent dans ce monde? Un personnage qu’on aime ou qu’on déteste. Pas de juste milieu. Pas de tiédeur. Même lui, il vit comme ça, sans demi-mesure…Il opterai pour la mort, plutôt que pour l’injustice. Et c’est ce qui rend ce roman d’autant plus intéressant…

Seulement moi, je ne peux pas attendre.

▪️« Vastes cieux, vastes questions. »

Peut être que c’est le ciel, qui a les réponses. Peut-être. Peut-être qu’on aura les explications là-haut. Mais dans ce thriller mené tambour battant et à cœur sanglant, jusqu’à la toute dernière ligne, la réponse arrive à la dernière page…Alors, tiens bon, parce que des retournements de situations aux bastons musclées, ça dépote à tout va! En tout cas, j’ai aimé contempler le panaché des couleurs des cieux, tout en me passionnant, pour les problèmes de sociétés et d’étique que l’auteur nous dépeint dans ce thriller. Parce que tout le long, comme une addiction, la seule question qui nous obsède c’est: Qu’aurions-nous fait à leurs places?

Et j’ai lu et adoré. Dévoré même en deux nuits, donc bye-bye le Cauchemar qui me guettait pendant deux soirs … Cette folle énergie qui se dégage m’a tenue en haleine pendant ses heures de lecture. Le compte à rebours est lancé, je ne savais pas que ça allait nourrir de matière, de matière bien noire et poisseuse, mes futurs cauchemars, maintenant que je l’ai terminé…Je me suis juste laissée glisser dans le nouveau livre de Paul Cleave, et dieu sait comme j’aime cet auteur depuis son tout premier roman… Je le confesse devant vous: j’adore lire ses horreurs. J’A-DO-RE! Et celui-ci, encore plus, parce qu’il m’a mené sur des sentiers de conscience entre clair-obscur. Même s’il est peu probable que je prépare une future virée dans les hauteurs de Acacia Pines, je vous conseille de faire face à un Cauchemar. Celui de Paul Cleave.

-C’est quoi, ce monde où des trucs merdiques arrivent aux gens bien?
-Le seul que nous ayons.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Tout ce qui est sur Terre doit périr, Michel Bussi.

La Dernière Licorne


Synopsis:

Une masse sombre, inexpliquée, prise dans les glaces millénaires du mont Ararat.
Un livre interdit, gardé sous clé dans l’enfer du Vatican.
Un animal de bois, énigmatique, portant au front une corne unique.
Les indices sont là, éparpillés. Un gigantesque puzzle à reconstituer pour remonter à l’origine de toutes les religions du monde.
De Bordeaux à Hong Kong, en passant par l’Arménie, Zak Ikabi n’a qu’une obsession : en réunir toutes les pièces. Et trouver ainsi l’arche de Noé.
Embarquée malgré elle dans sa quête, la glaciologue Cécile Serval, aussi érudite que volcanique, se voit bientôt confrontée à un véritable déluge de questions. Et de balles de kalachnikovs…
Car pour garder ce secret, certains sont prêts à tous les sacrifices….
Un thriller ambitieux au rythme effréné. Une intrigue historique diaboliquement séduisante qui embarque le lecteur dans une course folle, de Bordeaux à Erevan en passant par le Vatican et Hong Kong, à la poursuite d’un secret qui n’est rien de moins que celui de l’humanité tout entière.
Tout ce qui est sur Terre doit périr a précédemment paru sous le titre La Dernière Licorne, sous le pseudonyme de Tobby Rolland.


Ce que j’ai ressenti:

▪️À sa plus noire aventure…

C’était la grande révélation de ce mois ci, il y a un nouveau Bussi! Dans un autre style, plus noir et plus mystérieux, publié sous un autre pseudo, mais un roman de Michel Bussi, c’est toujours un rendez-vous lecture très attendu! Alors, un thriller ésotérique, à l’assaut du plus légendaire bateau du monde, l’Arche de Noé, il ne m’en fallait pas plus pour que je sois partante pour l’aventure! Et quelle aventure! Partir comme ça dans des lieux mythiques, au cœur des secrets des religions et des mystères jalousement gardés, c’est vraiment exaltant et je n’ai pas pu lâcher ce petit pavé de plus de 700 pages, tellement c’est terriblement bien orchestré! Une mission périlleuse avec des Nephilim aux trousses, des acharnés des trésors cachés, des enfers étouffants, des guerres sans fin, des tueurs de sang-froid sur-entraînés, et des théorèmes à faire trembler d’effroi, Tout ce qui est sur terre doit périr? Je vous laisse résoudre ce dilemme, La Dernière Licorne m’attend. Vous n’aurez qu’à suivre les fragments de sa corne qu’elle aura laissée en chemin dans ses pages et embarquer avant que le Déluge ne tombe…Un petit conseil féerique: tenez bien la barre, c’est une traversée vertigineuse!

Tel est le véritable objectif des Nephilim, Cécile: protéger un secret qui fait tenir le monde en équilibre. Une clé de voûte. Enlevez cette pierre et tout s’effondre…

▪️À mon seul enchantement.

Imaginez un peu ma joie de découvrir un thriller noir teinté de fantaisie…Des licornes et des anges, des géants et des légendes d’antan: je ressors de cette histoire avec des étoiles dans les yeux! Il y a cette touche de merveilleux qui a rendu ce roman, totalement addictif. C’est ce « petit quelque chose » d’enchanteur qui m’a conquise, cette façon d’aller mettre un peu de magie dans notre réalité empreinte de tant de violences, qui m’a tenue tout le long de cette ascension abrupte du mont Ararat, dans une sorte de rêve fabuleux. Et c’était beau autant que enrichissant. Ça déconnecte et puis ça laisse une impression de malice, une complicité d’âme d’enfant qu’on partage avec Michel Bussi, le temps d’une histoire extraordinaire. Mais derrière ce coté enchanteur, l’auteur n’oublie pas de nous rappeler qu’il y a, depuis la nuits des temps, tellement de drames, d’enjeux, de guerres, de profits autour de cette Arche. Une folie des hommes qui n’a hélas rien de bien merveilleux…

-Si vous espérez me faire croire aux légendes des licornes…

▪️À mon seul désir…

C’est avec tous les sens en éveil que l’on est plongé dans l’histoire des religions, et comme c’est ma passion, j’ai adoré faire des recherches supplémentaires autour des thèmes que Michel Bussi abordent, dans ses clins d’œil à la culture et à l’art. C’était instructif. Par le divertissement et une pincée de merveilleux, on est amené à réfléchir sur nos perceptions et nos convictions, et cela quelle que soit notre rapport à la foi parce que ce récit fait partie de la mémoire universelle, et c’est dans cette démarche que se trouve tout le charme de ce genre littéraire. Maintenant mon seul désir, ça serait de continuer de lire ce style de romans, imaginés par l’un de mes écrivains chouchous: Michel Bussi. J’ai passé un agréable moment en revisitant cette histoire de l’Arche de Noé. Captivant de la première à la dernière ligne, c’était une belle découverte autant qu’un voyage dépaysant.

Comment sauver le monde aujourd’hui sans internet?

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

 

Les Roses de la Nuit, Arnaldur Indridason.


Synopsis:

A la sortie d’un bal, un couple pressé se réfugie dans le vieux cimetière, mais au cours de leurs ébats la jeune femme voit un cadavre sur une tombe et aperçoit une silhouette qui s’éloigne. Elle appelle la police tandis que son compagnon, lui, file en vitesse. Le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli arrivent sur les lieux pour découvrir la très jeune morte abandonnée sur la tombe fleurie d’un grand homme politique originaire des fjords de l’Ouest.
La victime a 16 ans, personne ne la connaît, elle se droguait. Erlendur questionne sa fille Eva Lind, qui connaît bien les milieux de la drogue pour en dépendre. Elle lui fournit des informations précieuses et gênantes à entendre pour un père. Il s’intéresse aussi à la tombe du héros national et va dans les fjords de l’Ouest où il découvre une amitié enfantine et une situation sociale alarmante. La vente des droits de pêche a créé un grand chômage et une émigration intérieure massive vers Reykjavík, dont les alentours se couvrent d’immeubles modernes pour loger les nouveaux arrivants. Sigurdur Oli, lui, s’intéresse plutôt à la jeune femme qui les a appelés.
Le parrain de la drogue, vieux rocker américanisé et proxénète, est enlevé au moment où la police révèle ses relations avec un promoteur immobilier amateur de très jeunes femmes. 
Avec son duo d’enquêteur emblématique et classique, Erlendur, le râleur amoureux de l’Islande, et Sigurdur Oli, le jeune policier formé aux États-Unis, Indridason construit ses personnages et nous révèle leur passé, tout en développant une enquête impeccable dans laquelle on perçoit déjà ce qui fait l’originalité de ses romans : une grande tendresse pour ses personnages et une économie de l’intrigue exceptionnelle.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Dans les terres et mers islandaises…

Un cadavre dans un cimetière. C’est sa place, vous allez me dire…Et pourtant, non. Il dérange ce corps sans vie posé là sur la tombe du président Jon Sigurdsson. Le duo Erlendur/ Sigurdur Oli vont devoir élucider un meurtre atroce, celui d’une jeune fille dont tout le monde se fout totalement. Une paumée, une droguée, trop jeune, trop seule: une ombre abandonnée…Arnaldur Indridason nous revient avec une enquête sensible, opaque et alarmante au cœur des fjords islandais. Un moment encore unique de lecture entre charme et nostalgie qui m’a encore profondément touchée. Une danse d’âmes en peine, de jeunes qui s’autodétruisent, de violences et de corruptions, qui vont faire pâlir la couleur de nos jours et faner Les roses de la nuit

Mais ce qui fait le plus mal, c’est l’injustice.

▪️Toutes les couleurs du Noir…

Dans ce roman noir, les victimes se comptent par dizaines: c’est une qui meurent pour cents autres perdues…La jeunesse islandaise n’a que peu de perspectives d’avenirs, à cause de ces quotas de pêches et la montée du chômage dans leurs villages. Les jeunes doivent fuir leurs terres, parce qu’il n’y a plus grand chose à en tirer…Alors l’exode vers la ville est inévitable, mais aussi terriblement cruel avec cette génération qui vient des rêves pleins les yeux et se retrouvent avec rien pour les faire vivre. Les dangers de la ville sont donc à portée de main, dans de la poudre blanche, sur le gris du bitume, au fin fond des eaux noires…Un triste sort pour des adolescents en quête de sensations fortes et d’un semblant d’exaltation qu’ils n’ont pas trouver dans leurs foyers. C’est d’une tristesse…Ça m’a pris au cœur pour ne plus me lâcher, parce que Arnaldur Indridason y met une intensité bouleversante à te conter l’envers du décor. Il nous rend visible les oubliés de la rue, les victimes de la malchance, la réalité de cette jeunesse écorchée prise dans les fléaux de la course aux profits. C’est un roman dense qui détache ses pétales de noirceur dans les tourbillons de l’économie et son parfum tenace m’est resté sur les doigts. 250 pages qui me hantent encore…

Il se rappelait ce qu’il avait pensé: C’est ça, mourir?

▪️Tombent comme les nuits…

Arnaldur Indridason est en passe de devenir, un auteur incontournable de mon petit monde. J’aime sa manière d’écrire sur des sujets difficiles, de nous sensibiliser sur des réalités sociales tout en y laissant des instants de poésie éblouissants. Tout en douceur et par la profondeur de ses thèmes, il vient colorer mes nuits de beautés et de conscience éclairée. Rien que pour cela, je lui enverrai bien un bouquet de roses aux couleurs des nuits d’automnes…Et je m’en vais collectionner toutes les autres enquêtes de ce duo d’enquêteurs. Depuis que les elfes m’ont soufflé le pouvoir enchanteur de ces polars islandais, je ne me lasse pas de découvrir les légendes de ce pays, et j’adore!

Quand on veut mentir, il faut réfléchir et se préparer, vous comprenez?

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut une très belle lecture.

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L’alchimie de la pierre, Ekaterina Sedia.

L'Alchimie de la pierre


Synopsis:

Une immense et sombre ville-État, dirigée par un duc auprès duquel les sociétés rivales des Mécaniciens et des Alchimistes se livrent une lutte d’influence acharnée, a été construite par les gargouilles, des êtres minéraux menacés d’extinction par un étrange mal. Dans la cité où la révolte gronde, leur unique chance de salut semble venir de Mattie, une automate douée de conscience établie comme Alchimiste, émancipée, mais contrôlée par son ancien maître qui détient la clé lui permettant d’être remontée.
« Roman subtil et d’une belle inventivité, steampunk féministe qui traite tout autant des fondements de la société que de l’avenir de celle-ci. Un très beau livre. » Bifrost


Ce que j’ai ressenti:

▪️L’alchimie comme passion.

En ce Mois de l’Imaginaire, pourquoi ne pas se laisser tenter par une histoire fabuleuse, mélange de Steampunk et de magie? L’univers de ce monde, qui prend vie sous nos yeux grâce à l’imagination débordante de Ekaterina Sedia, est soumis à la dualité des Alchimistes et des Mécaniciens, dans une ville où les gargouilles veillent à travers la pierre et nous parlent en confidences italiques, où le pouvoir fait rage et complots, où la robotique est quotidienne et prend une place prépondérante… C’est une ville peuplée d’ombres et de lumières, de machines et de fantômes, et il y règne un climat électrique de tensions diverses. Mattie est une automate suréquipée et sur le point, d’être émancipée. Elle se passionne pour l’alchimie, et par ce biais, elle sera l’espoir de tant d’âmes. Mais ce ne sera pas du goût de tout le monde…Autant vous le dire maintenant, c’est fantastique et carrément dément de lire une histoire aussi dense dans une ambiance gothique mystérieuse! Quelle imagination et que de beautés dans la plume de Ekaterina Sedia! Elle nous envoûte avec de très jolies descriptions et une poésie voluptueuse. J’ai aimé l’atmosphère prégnante qui se dégage de ce roman, avec toutes les petites touches de fabuleux qui viennent égayer la noirceur de la vie politique de cette cité.

Du coup, je m’interroge: faut-il un désastre pour nous rassembler? Sommes-nous si égoïstes, si recroquevillés sur nos petites vies personnelles? Cette société a-t-elle encore une raison d’exister?

▪️La féminité comme envol.

Mattie, c’est mon atout Cœur. Ni humaine, ni robot écervelé, elle est un personnage qui incarne la différence, l’avant-garde, le féminisme et le renouveau. Tant de qualités dans ce bout de femme, et pourtant, elle n’est à sa place dans aucune dynamique sociale ou politique, elle est une étrangeté qui dérange. Elle est unique. Avec cette sensibilité et cette capacité à ressentir la douleur, que son inventeur, Loharri, lui a programmé, son cœur qui tictacte et sa volonté de fer, Elle comprend le monde mieux qu’une machine, peut être plus intensément qu’une humaine, et de ce fait, elle se révèle être une femme plus forte. Ses atouts sont sa force et sa faiblesse. Et à trop laisser entendre son cœur, certains pourraient avoir envie de le faire taire…A jamais…C’est une jolie rencontre, avant tout. Cette Mattie, c’est le cœur de ce roman, et elle est aussi, mon « crush » du moment.

Je vous jure que ma féminité est aussi enracinée que la vôtre.

▪️Et chercher encore, la clef…

La clef du bonheur se trouve peut être là: dans une histoire hors du commun, avec une héroïne hors-norme, et le plaisir exquis d’avoir une si belle plume au service de cet imaginaire. Mattie court après sa clef, la clef de son indépendance et c’est une quête noble. J’étais de tout cœur avec cette fille mécanique pour qu’elle atteigne ses objectifs et quelle arrive enfin à détenir ce trésor. Un rêve de liberté, c’est toujours beau à lire, surtout s’il est emballé dans une poésie virevoltante. J’ai adoré toute ces étapes de transformations, les chuchotements des gargouilles, le cheminement du personnage principal. J’ai été sous le charme de la première à la dernière ligne.

Faute d’ustensile, elle écrasa tant bien que mal les figues avec ses doigts en murmurant les mots secrets appris d’Ogdéla-des mots qui, selon sa tutrice, guérirait le cœur du monde à condition de les prononcer avec une conviction suffisante.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Charlotte ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Bête Noire, Anthony Neil Smith.


Synopsis:

Noir comme la vengeance.

L’agent du FBI Franklin Rome a juré la perte de Billy Lafitte, ex-shérif adjoint dans le Minnesota. À n’importe quel prix. Il est vrai que, pour un homme de loi, l’existence de Billy ressemble à une insulte perpétuelle. Celui-ci a en effet à peu près tous les vices imaginables. Aussi, après quelques tracas avec sa hiérarchie, Billy a-t-il quitté les forces de l’ordre pour entrer dans un groupe de bikers, comme on entre en religion. Là, sous les ordres de l’impitoyable Steel God, il peut enfin mener une existence à peu près tranquille. Mais s’il pense avoir tiré un trait sur son passé, celui-ci le rattrape lorsque l’agent Rome décide de s’en prendre à son ex-femme et à ses enfants. Tragique erreur : il ne fait pas bon chercher Billy Lafitte. Et l’affrontement entre les deux hommes promet d’être impitoyable.

Après Lune Noire, Anthony Neil Smith nous convie à une véritable équipée sauvage aux côtés de son anti-héros, plus teigneux et plus drôle que jamais.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Une virée à moto, ça vous tente?

J’avais hâte de retrouver Billy Lafitte! Vous savez ce personnage, tout sauf recommandable (mais avec un peu de cœur, si on cherche vraiment bien), que nous avions découvert dans Lune Noire?! Lafitte, l’anti-héros en puissance, victime de malchance, recherché par toutes les polices du pays…Et bien, il nous revient en forme dans un deuxième tome plus déjanté encore, dans une autre nuance: Bête Noire. La vengeance se fait carrément rage, prend de multiples visages et notre héros est en mauvaise posture…Mais vous auriez tort de vous inquiéter, il traîne avec un gang de bikers, avec un chef nommé Steel God- ça en dit long sur le style de ce gang- et puis notre Billy a de la ressource…Frissons, sensualité, bagarres, courses poursuites, carambolages, testostérones et bitume chauffé garantis! Ça envoie les gaz et ça fait un bien fou! Lâchez prise, et foncez vers ce roman 💯% adrénaline!

Le roi d’un royaume en perdition était tout de même un roi. 

▪️Sur les chapeaux de roues…

La vie n’est jamais une autoroute tranquille, rectiligne, parfaite pour une accélération de vitesse débridée. La vie, c’est autre chose. Elle est pleine de nuances de noir, de chagrins-cambouis, de ruptures de routes, de vengeances sanglantes, de jalousies éhontées, de deuils irréparables et d’aventures musclées aussi, d’expériences inédites à faire. En cela, Anthony Neil Smith sort de ces routes monotones et conventionnelles et emprunte des chemins sulfureux et sombres qu’il est intéressant d’aller voir le temps d’une lecture à toute berzingue. C’est une virée hors norme, juste ce qu’il faut en marge pour rire et s’éclater, et j’ai bien aimé le ton et l’humour décalé de cet auteur. Derrière ce côté déjanté, il aborde des sujets sensibles de manière décomplexée et c’est un petit vent de fraîcheur (nauséabonde) qui souffle dans ses pages, pour mieux nous surprendre et nous divertir. Vrooooooooooooom!

Alors…Pars. Va là où est l’action. Mets les mains dans le cambouis. Plus de temps à perdre.

▪️Et sur un chopper turquoise…

Finalement, après un premier tome avec un avis plutôt mitigé, ce second tome m’a nettement plus convaincue. Sans doute, que l’acharnement contre Lafitte me fait trop rire, et les situations cocasses auront eu raison de mes premières impressions plus nuancées. C’est un tome aussi plus fluide, plus énergique, et la dynamique des personnages est plus intéressante, donc, oui, je vais poursuivre cette saga complètement barge, juste pour le plaisir et le fun.

En bref, c’est donc, cheveux aux vents et avec l’esprit 1%, que j’ai été heureuse de prendre la route sur un chopper turquoise, (de toute beauté et du meilleur goût, qui en doute par ici?! Le turquoise c’est hyper tendance, et je rêve de cette moto…), pour un autre tronçon de route en Noir, avec Anthony Neil Smith…Et j’ai adoré ce moment!

Toujours vivant-c’était déjà ça-, mais à peine. Merde, qu’ils le tuent, ce n’était pas un souci. Il se foutait de crever. Lorsque le moment approchait, vous résistiez, évidemment, mais c’était purement instinctif. Quand il réfléchissait vraiment, mourir en soi n’était pas le problème. Le problème, c’était sa situation dans ce sous-sol. Impuissant était pire que la mort.

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Histoire d’une baleine blanche, Luis Sepúlveda.


Synopsis:

Au large de la Patagonie une baleine blanche est chargée de protéger les morts mapuches puis, lorsque la fin des temps sera venue, de guider toutes les âmes au-delà de l’horizon. Tout est prévu et écrit dans le temps des mythologies. Cependant l’homme vit dans un monde où tout bouge et, au xixe siècle, la chasse à la baleine se développe. La baleine blanche va devoir défendre son monde immobile contre ces prédateurs, en particulier le baleinier Essex du capitaine Achab. Elle va livrer une guerre sans merci aux baleiniers et devenir un grand mythe de la littérature.
Luis Sepúlveda nous raconte cette histoire du point de vue de la baleine blanche qui nous explique comment elle vit et s’intègre dans l’ordre du monde, ce qu’elle découvre des hommes, sa mission secrète, puis sa guerre et les mystères qu’elle protège. Enfin, c’est la mer qui nous parle.
Un texte beau et fort, avec un souffle épique. Du grand Sepúlveda.
Les images superbes de Joëlle Jolivet magnifient cette histoire.


Ce que j’ai ressenti:

▪️La Fée parle de sa rencontre avec la Baleine Blanche.

Un soir de l’été 2019, j’ai décidé de faire une rencontre exceptionnelle. Elle nous vient de loin cette histoire, du sud du bout du monde. Elle prend vie dans les eaux de la Patagonie, et emprunte la voix d’un cachalot, couleur de lune…

J’avais envie d’extraordinaire…D’ouvrir les pages de cette histoire, me laisser charmer par les illustrations de Joëlle Jolivet, et j’avais hâte de découvrir le mystère et les mémoires d’une baleine blanche. Ce n’est pas commun en plus, une baleine blanche, et ce qu’elle ressent non plus, alors j’ai écouté la beauté de cette âme de cétacé. Même si elle s’en est allée, il va me rester son message d’amour pour la mer, pour les hommes, pour ses semblables…

C’était une belle rencontre. Quand une telle créature marine te parle avec tant de douceur, de sa vie, de son expérience et de ses combats, il ne peux en être autrement, tu t’assoies, tu fais silence, et tu admires la grandeur de cet animal. Elle a des choses à nous apprendre cette baleine blanche, une philosophie à transmettre, des contrées à nous faire visiter…Si seulement, vous la rencontriez aussi, sur des pages blanches ou pourfendant les flots, peut être que vous aussi, vous seriez émerveillés…

Je voulais de l’extraordinaire. Et j’ai eu l’Histoire d’une baleine blanche. On raconte beaucoup d’histoires au sud du monde. Des histoires extraordinaires.

« Moi, la baleine couleur de lune, j’habite la mer limitée par la terre où commence la clarté du jour et par l’horizon où le soleil s’enfonce pour laisser la place aux étoiles. »

▪️La Fée parle de ce qu’elle appris de la plume de Luis Sepúlveda.

C’est le premier roman que je lis de cet auteur, et quelle surprise! C’est joli, simple, efficace et en même temps, c’est engagé. Sous des airs de conte, il y a des alertes intenses, des flash-backs qui crèvent le cœur, un avenir orageux, si la folie des hommes continue encore…Ces Hommes qui ne respectent pas l’équilibre de la Nature. D’histoires en Histoire, il n’y a souvent qu’une vague de sang innocent versé au nom du profit et de l’ignorance. C’est triste et c’est beau, comme il écrit cet auteur, j’ai été très touchée. C’est sans doute le meilleur moyen de faire passer le message, cette simplicité…Et l’avantage de cette collaboration avec cette artiste, c’est que c’est joliment mis en valeur, et qu’on peut le lire en famille…J’ai adoré.

On raconte beaucoup d’histoires au sud du monde, mais celle ci, il vous faut la lire de toute urgence, l’admirer dans ses dessins monochromes, la ressentir dans vos cœurs.

Oui, on raconte beaucoup d’histoires au sud du monde, mais celle ci, elle est extraordinaire. Parole de fée.

« Et sous le ciel gris du sud du monde une voix m’a parlé dans le vieux langage de la mer. »

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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