Lune Noire, Anthony Neil Smith.

Lune noire par Neil Smith

Noir. Bien frappé.


Synopsis: 

Une vision toute particulière de la justice et de la morale a valu à Billy Lafitte d’être viré de la police du Mississippi. Il végète aujourd’hui comme shérif adjoint dans les plaines sibériennes du Minnesota, avec l’alcool et les filles du coin pour lui tenir compagnie, les laboratoires clandestins de meth pour occuper ses journées. Si Billy franchit toutes les lignes, on peut néanmoins lui reconnaître une chose : il a un grand cœur. Ainsi, lorsqu’une amie lui demande de tirer d’affaire son fiancé, impliqué dans une sale affaire de drogue, c’est bien volontiers qu’il accepte. Quelques jours plus tard, Billy est arrêté par le FBI, enfermé dans une cellule au milieu de nulle part, et sommé de s’expliquer sur tous ces cadavres qui se sont soudain accumulés autour de lui. 


Ce que j’ai ressenti:

  • Noir, je t’aime…

Anthony Neil Smith nous a préparé une saga dans toutes les nuances du Noir. Ce premier tome, Lune Noire , nous présente Billy Lafitte, un personnage tout sauf, recommandable. Entre ses penchants pour tous les vices que l’humanité porte en elle, et une sacrée dose de malchance dans toutes les actions qu’il entreprend, ce flic déchu cumule les emmerdes, et au plus il en fait, et au plus il en vient…Un cercle vicieux en somme. Saupoudré de répliques incises, avec un style complètement déjanté, dopé de testostérones et de bastons musclées, ce livre est bien frappé! J’ai apprécié cette ambiance tendue à l’extrême et le thème abordé des terroristes, même s’il manquait de nuances et de profondeur. Sous le couvert d’humour noir et de thriller complètement barré, on sentait une dénonciation de toutes ces nouvelles violences qui s’installent dans les coins reculés de l’Amérique. Je ne sais pas si la Lune éclaire ces terres poussiéreuses mais dans Lune Noire, les ténèbres et le sang l’emporte sur tout le reste. Préparez-vous, ça va déménager, entre les courses-poursuites, la justice bafouée, les cadavres accumulés et une violence démesurée: un nouveau phénomène arrive chez Sonatine éditions et c’est du costaud!

Je m’étais fait quelques ennemis, certes, mais je n’étais jamais allé les emmerder chez eux à cette heure de la nuit. Ayez la même putain de courtoisie à mon égard. 

  • Je t’aime, moi non plus…

Même si j’aime les héros, enfin anti-héros plutôt, borderline et surprenant, (et en cela ce Billy Lafitte tient son rôle haut la main), cette lecture n’aura pas été pourtant, des plus fluides. Intéressant mais maladroit. Génial et l’instant d’après, décousu. Survolté puis sans punch. Ce roman noir ne m’a pas laissé de marbre. Nous avons joué à « Je t’aime moi non plus », des passages où je me suis dit, « J’adooooore », et d’autres, « ah non, mais sérieux?! » Je l’ai pris, je l’ai reposé, je l’ai aimé, j’ai détesté…Et puis, j’y suis arrivée, au bout de notre rendez-vous…Et finalement, je me suis dit, que ce que je recherche dans un livre, c’est avant tout l’émotion, les sensations. Alors, oui, je n’ai pas clairement adhéré à tout dans ce roman, mais j’ai aimé certains passages, vraiment hilarants. C’est aussi un premier roman, une certaine indulgence est donc de mise, et dans la mesure où j’ai eu mon éventail de ressentis (bons et mauvais), le contrat est rempli pour ma part. J’ai passé un bon moment.

« Je commence à me dire que tu es un super-héros.
– Ouais. Et mon pouvoir, c’est de pourrir le monde autour de toutes les personnes que je connais.
– Au moins tu ne t’envoles pas. Là, tu serais un vrai connard. »

  • Poursuivons l’histoire…

S’il est vrai, qu’on a pas eu une symbiose de tous les instants, la note d’émotion sur la fin et ce personnage au grand cœur m’a quand même plu dans son imperfection. Je serai curieuse de lire la suite de ses aventures, d’autant plus que je viens de voir que notre héros badass va se retrouver dans l’univers des bikers. Je serai plus exigeante aussi. Mais j’ai hâte de continuer l’histoire…A noter que le prochain tome est annoncé pour septembre, donc il nous reste peu de temps, avant de voir revenir en grande fanfare, l’énergie palpitante et controversée de Anthony Neil Smith.

Les rêves de zombies étaient les pires. Chaque fois que j’en faisais un, je me réveillais le lendemain en me disant que le monde était plus dangereux que je ne l’avais initialement pensé.

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 7/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Des Hommes en Noir, Santiago Gamboa


Synopsis:

Le gamin perché dans son arbre a tout vu. Les trois véhicules aux vitres teintées attaqués à l’arme lourde, la riposte, les hommes qui tombent sous les balles, l’arrivée d’un hélicoptère qui évacue les passagers, deux femmes et un homme en noir. Le lendemain, la route a été nettoyée. Plus de cadavre, aucune trace de balles.
Le récit du gamin est pris au sérieux à Bogotá par Edilson Jutsiñamuy, le procureur d’origine indienne. Il demande de l’aide à une journaliste d’investigation, Julieta, qui part sur place avec son assistante Johana, une ex-guérillera des FARC. Leur enquête va dévoiler une inquiétante histoire entre la Colombie, le Brésil et la Guyane française, au coeur des puissantes Églises évangéliques qui ont envahi l’Amérique latine. La violence qui subsiste encore dans les bas-fonds de la société est prompte à jaillir et les enfants perdus, vestiges des histoires dramatiques que la fin de la guerre civile a révélées, n’ont pas fini de payer les pots cassés.
Sur cette toile de fond, l’auteur construit une intrigue musclée et spirituelle, avec une ironie et un humour dévastateurs, et deux héroïnes fortes, tendres et presque incorruptibles.
Un formidable polar dans les montagnes couvertes de jungle d’un pays magnifique.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Passion Gamboa.

J’adore cet auteur. Je dirai même que je suis tombée « amoureuse » de sa plume, tellement il a de passion et d’humanité, dans ses écrits. Et la passion alliée à la poésie, je ne pouvais que succomber. Forcément…Il maîtrise les mots, enjolive les récits,  joue avec la petite touche de lumière dans cette noirceur…A chaque lecture, il me renverse…Depuis que je l’ai découvert, avec ce roman fabuleux Retourner dans l’obscure vallée, il fait partie de mes auteurs préférés. Tout simplement, je l’adore parce que je sais qu’il a cette énergie puissante qui va directement me toucher au cœur. Et voilà, qu’il arrive en avril, avec un nouveau polar noir, au cœur d’une Colombie, ravagée de violence. Des hommes en noir. J’étais évidemment très impatiente de le découvrir…Et parce qu’il y aura toujours en ce monde, de l’amour et du silence, du désamour et de la souffrance, de l’abandon et des blessures, il y aura toujours des auteurs pour sublimer ses émotions. Santiago Gamboa, fait cela, à merveille. Ses polars sont d’une intensité folle, et cette virée en Amérique Latine, va nous plonger dans une sombre histoire de pouvoir, au sein des Eglises évangéliques.

En regardant le ciel, vous voyez des étoiles, vous les trouvez belles, mais moi je n’y vois que des blessures qui fourmillent et brillent, des brûlures au visage, des eczémas, des cicatrices, les miennes et celles des autres.

▪️Et un jour, un enfant…

Perché dans un arbre, un enfant assiste à une scène de carnage. Une scène, comme il y en a tant malheureusement trop, dans ce pays, coincé entre un passé de guerre civile et un présent dramatique de corruption. Un enfant perdu, orphelin, comme il y en a tant aussi dans ses rues, certains cachés dans les manguiers et d’autres, oubliés sur un banc…Santiago Gamboa nous parle de cette jeunesse soumise aux vents impétueux, victime de solitude, témoin des pires atrocités, arrachée à l’innocence parce que le contexte politique et social ne leur permet pas une enfance tranquille. Avec ce nouveau roman, il nous conte avec brio, ses vies tourmentées, ces enfants égarés et ces adultes qui se cherchent…La religion et le charisme d’un pasteur peuvent, peut être, les sauver, voire montrer un nouveau chemin de guérison…Mais si, dans la foi, certains s’y retrouvent, d’autres s’y perdent également…Ces nouvelles branches du christianisme n’ont pas fini de plier sous le poids des personnes aux mauvaises intentions ou briller à  l’aube d’un espoir éclatant…Alors sang ou lumière, au bout du chemin? Haine ou rédemption, à la fin du discours? C’est ce qu’il vous reste à découvrir…

Tout dans ce monde prodigieux est fait de paroles et c’est la seule façon de comprendre, d’aimer ou de haïr.

▪️Des hommes en noir et des femmes lumineuses…

J’ai beaucoup apprécié de lire des héroïnes fortes et étonnantes dans ce nouveau roman. Julieta, Johanna, Wendy sont les atouts charme et elles ont, quelque chose de fascinant dans leurs failles, qui les rendent attachantes. Même écorchées, elles ont à coeur, de porter aux nues, la vérité et les valeurs du journalisme. Pendant ce temps, Des hommes en Noir, descendent toujours plus bas, dégringolent dans la violence et la corruption, sèment le trouble et le chaos, et font disparaître des scènes de crimes…

En bref, j’ai été, une fois de plus transportée par ce conteur hors pair. Une histoire noire et palpitante, pour mieux comprendre un pays, une vocation et, les humains, dans toutes leurs contradictions et leurs splendeurs. Certains passages sont magnifiques, et rien que pour le plaisir, je lis et relis ces moments de poésie incroyable…Fabuleux Santiago Gamboa. Encore, une fois, j’ai des étoiles plein les yeux…

Les amies écrivirent des phrases sur la vie, des idées optimistes et des vœux d’avenir.

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Métailié de leur confiance et pour l’envoi de ce livre.

 

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Filles de la Mer, Mary Lynn Bracht.


Synopsis:

Corée, 1943. Hana a vécu toute sa vie sous l’occupation japonaise. En tant que haenyeo, femme plongeuse en mer, elle jouit sur l’île de Jeju d’une indépendance que peu d’autres Coréennes peuvent encore revendiquer. Jusqu’au jour où Hana sauve sa sœur cadette, Emi, d’un soldat japonais et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d’autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie. Emi passera sa vie à chercher Hana et à essayer d’oublier le sacrifice que sa sœur a fait. Mais les haenyeo sont des femmes de pouvoir et de force…
Plus de soixante ans plus tard, Emi saura-t-elle affronter le passé et les horreurs de la guerre pour retrouver enfin la paix ?
« Un premier roman captivant et déchirant. » Booklist
*Prix coup de cœur Saint-Maur en poche 2018


Ce que j’ai ressenti:

  • Je n’étais pas prête…

Je n’étais pas prête à faire face à tant de souffrances, à la bestialité des hommes, à l’horreur d’une guerre. Je n’étais pas prête à voir des fleurs meurtries, à regarder en face la réalité de l’Histoire, à ressentir dans la chair la douleur des femmes. Filles de la mer est un roman déchirant qui dénonce le destin tragique des femmes coréennes, en pleine occupation japonaise. Des milliers de vies brisées, volées, violentées. Et le pire, c’est quand on les appelle « Femmes de réconfort », certaines n’étaient que des enfants…Derrière la douceur de ce titre, Filles de la mer , Mary Lynn Bracht revient sur un pan de l’histoire que certains essayent de camoufler, de renier, d’effacer comme si, ce phénomène n’avait jamais eu lieu…Alors, l’auteure ne nous épargne rien des violences et des scènes atroces, pour que le devoir de mémoire fasse entendre son chant malheureux, au-delà des frontières et des mers…Bouleversant. Je n’étais pas prête, mais comment aurais-je pu l’être?!

-Nous portions toutes des noms de fleur à la place de nos vrais prénoms.

  • La force de la mer…

Hana et Emi sont deux sœurs, unies par un lien fusionnel, élevées par une tradition aux valeurs fortes. Haenyeo, c’est une chance pour les femmes de ce pays, d’acquérir une certaine forme d’indépendance et d’entraide qui se transmet de mères en filles. Filles de la mer et femmes de cœur. Le charme de cette communauté matriarcale tient à ses rituels folkloriques et la beauté de leurs efforts à tirer le meilleur de la mer, à vivre en harmonie avec cet environnement insulaire. J’ai été fascinée par ses plongeuses et leurs vies faites de simplicité, mais plus encore par leurs forces de caractère. Malgré le thème difficile de ce temps de guerre en toile de fond, Mary Lynn Bracht apporte un esprit de liberté et des vents marins qui soufflent un peu de légèreté dans ses pages.

Les mouettes crient dans le ciel, ignorant tout ce qui se joue en dessous d’elles. Comme Hana aimerait que des ailes lui poussent pour s’envoler avec elles.

  • Et l’amour dans le silence…

Le plus souvent, j’ai lu ces pages en apnée, comme un lien invisible avec ses haenyeo. De Emi à Hana, de ces sœurs de coeur, de ces femmes-fleurs,  j’ai été touchée par le message de paix et le silence résilient qui les anime. Les guerres, les souffrances, les violences n’auront pas de prises sur Elles, puisque l’amour triomphe de tout, et Mary Lynn Bracht , dans ce premier roman, nous touche en plein cœur, en leur rendant un si bel hommage. Maintenant, je suis prête. Je suis prête à vous dire que cette histoire est un coup de coeur, et mérite une attention particulière, pour que ce drame ne soit plus jamais nié ou reproduit…Et, ce matin, dans un moment de recueillement, j’ouvrirai bien mes bras pour recueillir tous ces pétales de fleurs froissées, et les disperserai dans les vagues du net, pour que l’histoire de Filles de la mer arrive jusqu’à vous…

Les mots sont un pouvoir, lui avait dit un jour son père après lui avoir récité l’un de ses poèmes au message politique. Plus tu en connaîtras, plus tu auras de pouvoir. C’est pour cette raison que les Japonais ont banni notre langue natale. Ils limitent notre pouvoir en limitant nos mots.

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les Éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre!

 

Requiem, Tony Cavanaugh.


Synopsis:

Quelques mots prononcés dans la panique au téléphone :  » Darian, il faut que tu viennes. Tu es le seul à pouvoir nous aider. Il y a tant de corps !  » … puis plus rien. L’appel vient d’Ida, une jeune fille que Darian Richards, ex-flic des homicides de Melbourne, a sauvé quelques mois plus tôt d’une sale affaire. Si Richards a décidé d’abandonner un métier trop éprouvant pour ceux qui, comme lui, prennent les choses trop à cœur, il ne peut pas laisser Ida sans réponse. Son appel de détresse ayant été localisé, Darian gagne la Gold Coast, région des plages d’Australie, où les étudiants se retrouvent pour fêter la fin de leurs examens. Il est alors loin de se douter que la disparition d’Ida n’est presque qu’un détail dans une enquête qui va bientôt se transformer en véritable cauchemar. 

On a beaucoup comparé Tony Cavanaugh à Michael Connelly, on compare maintenant de jeunes auteurs à Tony Cavanaugh. Avec ce thriller encore plus sombre que ses précédents, l’auteur de L’Affaire Isobel Vine et de La Promesse confirme tout son talent et sa place de maître absolu du genre. 


Ce que j’ai ressenti:

  • Regarde-moi dans les yeux…

Tu ne pourras pas y échapper. Les yeux revolver de Darian. Le regard enflammé de Starlight. Ou les yeux des cadavres. Fais bien gaffe ou tu laisses traîner tes yeux… Plonge avec les C. Admire Vic et ses camarades patchwork. Électrise-toi dans un appart au soixante-dixième. Regarde et vois le charme de ce Requiem. Ne glisse pas sur les courbes, ne tombe pas dans les ténèbres. Laisse moi voir dans le fond de tes yeux, les abîmes…Regarde-moi. Requieme-moi. Re-Aime moi. Relis-moi. Et fais ta prière, il se pourrait que des morts soient de sortie…Je n’ai pas pu lâcher ni les yeux vides, ni les pages de ce nouveau thriller! Quelle énergie! Tony Cavanaugh a une plume efficace et addictive, un humour à tomber et une fin de contes de fées. Un thriller noir comme je les aime, le talent en surbrillance!

« Ne les regarde pas dans les yeux, m’avait-il prévenu. Parce que si tu le fais, tu vas te connecter. »

  • Appelle-moi…

Une jeune fille, Ida, appelle un drôle de chevalier servant: Darian Richards. Est-il possible d’incarner autant le prince que le brigand?! J’ai adoré ce personnage, anti-héros et terriblement attachant, pour son impertinence, son intelligence et son côté « fonceur », mais pas sûr que son côté « ingérable » soit du goût de ses collègues. Pas du tout même. Ce qui donne forcément, des dialogues savoureux. Décalés et cyniques. A mourir de rire. Sauf que c’est bien beau de rigoler, mais des tas de nanas, jeunes et jolies, disparaissent pendant les schoolies, et Darian est déterminé à mettre un peu d’ordre au milieu de ce carnage, à moins de mettre encore plus de chaos. Tout est question de perception…Et Pendant ce temps, les appels et les cadavres tombent en pluie. De jeux à île et de « il » à « je », moi, je suis addict à ce rythme endiablé de lecture et je cherche un numéro dans mon répertoire…D, Darian…

« Darian, il faut venir. Vous seul pouvez m’aider. Il y a tellement de corps… » 

  • Vis un cauchemar éveillé …

Tony Cavanaugh nous plonge dans le décor australien, mais plus encore dans l’envers du décor. Au plus sombre, sous la surface, dans les ténèbres…Et à prendre les pistes du bush, les virages glissants du trafic, ou les lignes de la toile d’araignée, l’auteur nous sensibilise sur les réseaux du Dark Net et c’est encore plus effrayant que ce qu’on pouvait imaginer! Du kidnapping de princesses aux meurtres étouffés, c’est souvent à une transaction près. Pas de repos pour les braves, mais un petit Requiem pour les victimes, c’est toujours appréciable. Il me tarde de retrouver bien vite une autre enquête! Tony Cavanaugh m’a bluffée par son style et son audace! J’ai A-DO-RÉ!

 

« Tu danses avec le diable une fois, tu es marqué pour la vie. »

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture addictive!

Dans la Neige, Danya Kukafka.


Synopsis:

Au milieu de l’hiver glacé du Colorado, ce portrait d’une communauté traumatisée est noir, intense, poignant : une révélation ! Dans cette petite ville du Colorado, on adore ou on déteste Lucinda Hayes, mais elle ne laisse personne indifférent. Surtout pas Cameron, qui passe son temps à l’épier, ni Jade, qui la jalouse terriblement. Encore moins Russ, qui enquête sur sa mort brutale On vient en effet de retrouver le corps de Lucinda dans la neige. 
Chacun leur tour, Cameron, Jade et Russ évoquent la jeune fille, leurs rapports, leurs secrets. Vite, ce drame tourne à l’obsession : tous trois savent en effet que la vérité peut les sauver ou les détruire. Ce tableau d’une petite communauté provinciale en forme de traversée des apparences est un portrait saisissant d’une Amérique bien-pensante travaillée par des pulsions obscures, dont tous les repères sont en train de voler en éclats. 
Avec ce premier roman, salué par une critique unanime comme un véritable tour de force littéraire Danya Kukafka, exprime cette vulnérabilité, avec une grâce et un talent infinis.


Ce que j’ai ressenti:…Sans doute, des signes de l’au-delà…

  • Et sur un tourniquet: l’Image.

Lucinda Hayes est en pleine lumière. Dans la neige. Elle est épiée, jalousée, dessinée, admirée, aimée…Mais surtout: assassinée…L’image: Une colombe fracassée sur un tourniquet…

Voilà, tout ce qu’il reste de cette jeune fille, un crime à élucider, mais la communauté se souvient d’elle, et dans ce roman choral à 3 voix, tente de raviver son lumineux souvenir…Pourtant, l’ombre de Lucinda hante trois personnages: Cameron/ Jade/ Russ, presque obsessionnellement. Une tragédie et trois manières de l’appréhender…Trois façons de revivre le drame entre désir et attraction, amour et répulsion, traumatisme et fascination. Ce thriller psychologique laisse des traces sur le lent chemin blanc de cette intrigue, alors que l’enquête autour de ce meurtre ignoble même, se fait discrète, mais les secrets inavouables veulent sortir de la nuit…Toujours, et en dépit des gènes…

« Mais la vie réelle ne fonctionne pas comme ça, elle ne se déroule pas en vagues dont on peut anticiper les creux et les crêtes. L’amour non plus d’ailleurs. A vrai dire je ne sais pas au juste comment procède l’amour, mais je dirais que c’est de façon bien différente. A la manière d’une avalanche. »

  • Et Dans la neige: le Rêve.

Une atmosphère glaçante et des tempêtes d’émotions adolescentes que l’auteure, dans son premier roman, saisit avec brio. J’étais au cœur de leurs rêves, de leurs sentiments obscurs, de leurs angoisses, de tout ce qu’il vaut mieux cacher aux autres, sous peine de passer vite fait, pour un des suspects…Leurs talents aussi bien que leurs tourments, mis à nu et comme une avalanche, créent des nœuds à l’intérieur de nous… Et le Rêve se fait cauchemar, puisque le mal s’est glissé dans la pureté du décor enneigé…Avec cette sensibilité exacerbée propre à cet âge charnière, les doutes et les suspicions sont omniprésents, et m’ont captivé, parce que tous les possibles sont envisageables…

« Et puis, comme par miracle, la neige . La plus belle façon pour le ciel de pleurer un être humain . »

  • Et au cœur du Royaume: le Symbole.

Danya Kukafka crée un thriller d’ambiance, où la neige s’invite dans le paysage et recouvre sereinement les secrets les plus noirs de ses habitants. Plus les pages tournent, plus les mystères crissent…Plus les ténèbres s’avancent et plus les Nuits-Statues se collectionnent, et plus l’art se modèle, plus les ombres se noircissent de fusain…Le Symbole: un labyrinthe et autant de chemins-Violence et de failles psychologiques à explorer, le temps de 340 pages… J’ai adoré la part de mystères et d’art qui apporte à cette lecture, une tension permanente et une beauté saisissante, qui se maintient tout au long de ce roman…Bravo à cette jeune auteure pour ce coup d’éclat!

« La mémoire du cœur élimine les mauvais souvenirs pour embellir les bons. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et pour l’envoi magique de ce roman accompagné de goodies floconneux. Ce fut une belle surprise!

 

 

Lincoln Au Bardo, George Saunders

Couverture Lincoln au Bardo


Synopsis: 

Washington, nuit du 25 février 1862. Dans le paisible cimetière de Oak Hill, non loin de la Maison-Blanche, quelque chose se prépare… Un peu plus tôt ce même jour, on a enterré un petit garçon prénommé Willie, qui n’est autre que le fils du Président des Etats-Unis. Ce soir-là, Abraham Lincoln, dévasté de chagrin, s’échappe de son bureau pour venir se recueillir en secret sur la sépulture de son enfant.
Il croit être seul – il ne l’est pas. Bientôt, des voix se font entendre, et voici que jaillit des caveaux tout un peuple d’âmes errantes, prises au piège entre deux mondes, dans une sorte de purgatoire (le fameux Bardo de la tradition tibétaine). L’arrivée du jeune Willie va déclencher parmi eux un immense charivari – une bataille épique, reflet d’outre-tombe de la guerre de Sécession qui, au même moment, menace de déchirer la nation américaine.


Ce que j’ai ressenti:

  • Vie et Mort près d’un caisson de souffrances…

A trop vouloir s’ignorer, les êtres en oublient leurs conditions… Le Bardo, lieu d’errance dans la religion bouddhiste, s’anime face à l’inconcevable: la mort d’un enfant. Ce petit être qui arrive comme cela, en ce lieu maudit entre la vie et la mort, déclenche un  cataclysme d’émotions et sème vite une tornade de consciences éclairées. Un phénomène de substanluminéclosion dans une ambiance spectrale. De ces âmes égarées surgissent, des réflexions et des gueulantes féroces, contre les dynamiques de l’existence…George Saunders nous inonde de ressentis fantômes, de peines et d’amours larvées au fin fond d’une crypte, d’espoirs et de mots qui tendent vers une liberté à conquérir, par delà la vie ou bien au delà même de la mort…Un moment rare de lecture, où les suicidés, les amoureux, les célibataires, les torturés, les impolis, les irréprochables, les damnés se retrouvent pour une même cause.

 « Nous sommes prêts, monsieur; nous sommes pleins de colère, et de valeur, le ressort de nos espoirs est si tendu qu’il pourrait bien se révéler fatal, ou sacré: lâcher la détente, monsieur et laissez-nous montrer ce dont nous sommes capables. »  

  •  Audace littéraire…

George Saunders nous offre un roman choral avec une force incroyable. Un récit quelque peu déstabilisant de par sa forme, et pourtant d’une originalité remarquable.  Des cascades de dialogues et des moments de méditations, des ombres vengeance et des lumières rédemption, des passions dévorantes et des amours véritables : des émotions grandioses à saisir, capturées dans la vie de gens simples ou dans les plus hautes sphères…Jaillies d’outre-tombe ou d’ailleurs, elles nous traversent le corps et bousculent les codes d’écritures mais touchent leur point d’impact: nos cœurs! 

« Nul n’a jamais rien accompli qui valait la peine de l’être sans essuyer le feu des critiques. »

  • Un pan d’Histoire qui se dévoile…

En rentrant dans l’intimité du Président des États-Unis,  on touche de près les problématiques de l’époque. Même s’il est dévasté par le chagrin de la perte de son enfant, Abraham Lincoln doit faire face à ses responsabilités et aux menaces diverses de la guerre de Sécession. On sent une très grande tension, faite de violences et de rancoeurs dans ses pages, et pourtant, malgré cette ombre qui pèse sur la nation américaine, Lincoln reste une figure emblématique, un homme inspirant. Sans cesse dans la lumière des projecteurs et soumis aux pires railleries, il ne peut se laisser aller à la douleur, alors la nuit, devient son refuge pour faire le deuil de ce fils adoré, et Lincoln au Bardo apporte une certaine paix bienfaitrice. 

Tout simplement, une pépite de la rentrée littéraire à découvrir! Touchant.

« Amour, amour, je sais ce que tu es. » 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 9/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier très chaleureusement Alina Gurdiel ainsi que les éditions Fayard pour leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une fascinante lecture.

 

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D’ombre et de silence, Karine Giebel.

Couverture D'ombre et de silence


Synopsis:

Écrire une nouvelle, c’est tenter, en quelques lignes, de donner vie à un personnage, de faire passer au lecteur autant d’émotions qu’en plusieurs centaines de pages.
C’est en cela que la nouvelle est un genre littéraire exigeant, difficile et passionnant. » Karine Giebel 

Si les romans de Karine Giebel sont parmi les plus lus en France et ont fait le tour du monde, celle-ci excelle depuis quelques années dans un genre tout aussi exigeant : la nouvelle, où elle condense en quelques pages seulement toute la force de ses romans. D’OMBRE ET DE SILENCE réunit neuf textes, dont certains sont inédits et d’autres restés jusqu’à aujourd’hui très confidentiels. Voici l’occasion de la (re)découvrir intensément, grâce à ce recueil de nouvelles noires, humaines, engagées…


Ce que j’ai ressenti :

Il faut toujours une part de lumière pour voir mieux les ombres et c’est dans les silences, que les ténèbres emportent les étincelles de vie…Lire ces nouvelles de Karine Giebel, c’est toucher du doigt, le Noir. Sauf qu’évidemment, la fiction rend toujours compte de l’effroyable réalité que si, c’est si noir, c’est d’autant plus effrayant que ce sont des sujets d’actualités très sensibles…Une réalité où la violence peut prendre différentes formes, différents visages: les liens du sang sont troublés, les haines vivaces, les meurtres inévitables…

En deux mots, voilà ce qui vous attend…

  • Aleyna: Famille/Violence.
  • Aurore: Fratrie/Suicide
  • Ce que les blessures laissent au fond des yeux: Mères/Enfer.
  • J’ai appris le silence : Innocence/ Indifférence.
  • L’été se meurt: Admirateur/Folie.
  • L’homme en noir: Enfant/ Déni.
  • L’intérieur: Femme/ Emprise.
  • Le Printemps de Juliette: Amour/ Euthanasie.

8 nouvelles, et autant de coups de poings renversants, une vraie raclée qui se joue en pages et en mots, pour mieux nous atteindre. Et la reine du noir, Karine Giebel a concocté quelques échantillons de clair/obscur, des situations qui basculent, des scènes déchirantes pour que nous prenions conscience des difficultés qu’il y a en ce monde: à être femme au milieu des hommes, à être fragile face à des brutes, à être démuni au sein du chaos. Tellement de chemins à parcourir encore dans les mentalités alors il faut bien des textes chocs pour éveiller les esprits…

D’habitude, avec les nouvelles j’ai un peu plus de mal, mais cette auteure a réussi à me surprendre, et c’est heureux parce que je tenais à connaître mieux les écrits de cette dame que j’ai eu le plaisir de rencontrer sur un salon: elle m’a laissé une impression, si douce…

Ce format là, exige un choix de mots « impacts » et elle le fait avec brio, Karine Giebel. Je ne regrette qu’une infime chose, c’est que j’avais déjà lu certaines de ses nouvelles (dans les recueils 13 à table! au profit des Restaurants du cœur édité par les éditions Pocket que j’ai plaisir à m’offrir chaque année) donc l’effet de surprise a été moins intense, mais cela ne change pas la qualité des textes et, au moins je les retrouverai enfin dans un recueil entièrement dédié à son talent de nouvelliste!

D’ombre et de Silence frôle quelques ténèbres et des folies contemporaines et réussi son petit effet « Frissons »…8 fois…

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements :

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket pour l’envoi de ce livre! Ce fut une agréable découverte .

My Absolute Darling, Gabriel Tallent

Couverture My absolute darling

Pourquoi je l’ai choisi:

Je le voyais passer régulièrement sur la blogosphère ou sur Instagram, et déclencher beaucoup de coups de coeur.  La dernière impulsion pour le découvrir à mon tour, a été qu’il a été élu Meilleur roman par le Magazine América.

Synopsis:

A quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

Les Personnages:

Turtle Alveston est une jeune fille stupéfiante. Turtle, tellement forte avec cette carapace indestructible, mais aussi tellement fragile à l’intérieur: une petite Julia, timide qui a du mal à se faire sa place en société. A mon sens, il fallait un personnage très fort pour incarner cette histoire et, en la créant presque invincible, Gabriel Tallent, réussi à en faire une « super » héroïne.

Martin Alveston: le Monstre dans toute son horreur. Immonde, Pourri jusqu’à la moelle, Immense dans sa noirceur.

Jacob et Brett apporte un peu de fraîcheur avec leurs imaginations débordantes et leurs discours absurdes.

Ce que j’ai ressenti:…Un choc…

Une lecture choc! Mon coeur en a pris un coup, ma sensibilité ne va pas s’en remettre de sitôt…Et pourtant, Gabriel Tallent a écrit un roman Absolument intense. Ni plus, ni moins que bouleversant. Dérangeant, vitriolé, grandiose. My Absolute Darling est l’histoire d’un amour malsain, déséquilibré, et absolument destructeur. Comme il m’a été difficile de lire certains passages… Il y a une violence omniprésente qui écorche, faites de gestes impardonnables, de paroles d’une vulgarité éhontée, de comportements cruels banalisés…Et pourtant…

« Elle pense, Non, bien sûr que non. Evidemment qu’elle ne comprendrait pas. Personne ne comprend jamais les autres. »

Gabriel Tallent a une plume magnifique. Au milieu de cette nature sauvage, vivent, dans les coins reculés de la civilisation, des personnages, boules d’énergies se consumant de haine et de violence, exacerbées par cette solitude, et des tonnes de désamour… Mais l’auteur arrive à imprégner cette Amérique profonde d’une maigre lueur d’espoir et de rédemption possible, ainsi qu’à saisir toute la beauté des paysages de ses lieux immenses. En fait, ce livre, c’est de l’émotion à l’état brut et un voyage en terre hostile, mais dans ses pages, c’est absolument fascinant…Un roman d’apprentissage où l’urgence de la survie est implacable et se fera, comme elle est venue, dans la violence…

« C’est ça, le courage. Prendre ta putain de vie en main, quand ça semble la chose la plus difficile à faire. »

Il est difficile pour moi de savoir vous expliquer, si je l’ai aimé ou pas, je ne saurai le dire… C’est un livre qui ne laisse pas indifférent, ça c’est certain. Je n’ai pas pu rester de marbre, j’ai été peut être trop bouleversée justement par l’ampleur de cette histoire. C’est typiquement le genre de livres que j’évite habituellement, et pourtant, je l’ai lu jusqu’au bout, parce qu’on croit à ce personnage de Turtle, parce qu’on voit la jeune fille derrière la carapace et, qu’on voudrait lui tendre la main, on a toujours cet espoir qu’elle s’en sorte, envers et contre tout…Ce qui est certain, c’est que cet auteur a un talent fou, alors certes, l’histoire qu’il m’a contée était trop violente pour moi, mais je guetterai ses futures sorties avec attention…

« La tristesse a trouvé des recoins entiers d’elle-même dont elle ne soupçonnait pas l’existence. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

En Féérie, il brille quelques poussières…

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