La tête sous l’eau, Olivier Adam.


Synopsis:

Quand Léa a disparu, ils ont tous arrêté de respirer. La tête sous l’eau. D’un coup.
Elle s’ennuyait à Saint-Lunaire, Léa, c’est sûr. Quitter Paris pour ce bled breton, sur le coup de sang d’un père dépressif, ça n’a fait plaisir à personne. Mais de là à fuguer ? A-t-elle vraiment fugué d’ailleurs ? Son frère, Antoine, n’y croit pas. Ses parents non plus. Ils ont tout envisagé, même le pire.
Et puis comme la marée, Léa est revenue. En ramenant de loin des horreurs et des silences. On a sorti la tête de l’eau. Et la tempête est arrivée. Déferlante sur déferlante. La vie comme un esquif.


Ce que j’ai ressenti:

« Tout le monde a l’air heureux. La mer est belle. Qu’est-ce que j’en ai à foutre? »

Je suis d’humeur déferlante. À me plonger La tête sous l’eau. Ressentir le pouvoir de la mer. D’humeur à lire les mots de Olivier Adam, et découvrir l’histoire de Léa. Et j’écris pour ne pas oublier cette petite. Léa qui se prend une vague de tristesse, et dans son désespoir d’adolescente en mal de vivre, disparaît. Et quand elle revient de ses eaux troubles, son regard est mouillé. Et brisé. Alors j’écris, même si tu n’entends pas, que tu ne réponds pas. Pourquoi d’ailleurs, tu ne réponds pas?! Ça sent la mer et ça, j’adore. Mais tu ne réponds pas.

J’ai regardé Léa, aimer et souffrir. Et puis, j’ai suivi les péripéties d’une famille qui explose. Des liens qui claquent dans le vent. Des paroles de trop et des silences pesants. Et la mer, si belle, comme repère. J’ai même constaté comme le malheur peut frapper plus fort qu’un tsunami. Et puis, un frère face à la détresse et va mettre sa tête sous l’eau. Noyer son regard aussi dans la mer et l’amour. Alors j’ai laissé un peu d’émotions dans la mer. Je voulais me casser en mille morceaux. Et puis les vagues puissantes, ça soulage.

Mais il y a toujours toi qui répond pas. Toi qui obsède, toi que je devine, toi que j’essaye de saisir. Et dans le dernier rouleau de la vague de cette lecture, elle est là, cette vérité. Tranchante. Et puis la mer qui a réponse à tout. La mer qui apaise, la mer que je rêve, la mer qui prend tout.

C’est une histoire d’amour déçu et de drame horrible. C’est la spécialité de cet auteur de nous bousculer ainsi, et à chaque fois, je manque respirer. Mais là, j’ai volontairement mis La tête sous l’eau. Alors je ne vais pas me plaindre. Juste vous dire de ne plus me parler de ces histoires de filles qui disparaissent et qui reviennent avec des yeux éteints. La mer est belle. Et je n’en ai pas rien à foutre…

Kisses,

✨Stelphique✨

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Je suis le fleuve, T.E.Grau.

Je suis le fleuve par Grau


Synopsis:

Subir. Survivre.

Depuis la fin de la guerre du Vietnam, Israel Broussard survit tant bien que mal à Bangkok. Cinq ans plus tôt, il a participé à la mystérieuse opération Algernon, au cœur de la jungle laotienne. Ce qui s’est passé là-bas ? Il ne s’en souvient plus, il ne veut plus s’en souvenir.
Et pourtant, l’heure est venue de s’expliquer…
L’intensité et la crudité dérangeante de sa prose font de Je suis le fleuve une expérience de lecture à nulle autre pareille. Ce voyage halluciné et sans retour à travers les méandres d’une psyché dévastée évoque irrésistiblement Apocalypse Now.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Il est le Cauchemar…

C’est incroyable, le nombre de remords qui voudraient s’immiscer dans ses nuits…Ça prend des formes et des noms étranges, des consonances d’ailleurs et des odeurs de jungle. Je suis le fleuve, est un roman qui parle de soldats, de syndrome-post traumatique, de rancœurs et d’oublis. C’est l’histoire d’un homme hanté par le poids de la culpabilité et les horreurs de la guerre du Vietnam. Et au moment d’en parler, les souvenirs s’effacent, se confondent, de distordent, se superposent parce que la douleur est trop gigantesque. Elle emporte tout sur son passage et elle prend parfois, l’allure d’un fleuve en feu. L’enfer s’ouvre dans ses confidences. Israel Broussard n’est plus le même homme qu’au départ, il tente de réapprendre à vivre mais l’opération Algernon a laissé des impacts dans son esprit…Et le Molosse-Noir veille sa proie…

Tu ne crois pas que j’ai souffert chaque seconde de ma vie, depuis? Les morts ont le beau rôle. Ils se contentent de disparaître dans le néant. Ce sont les vivants qui écopent de toute la souffrance. 

▪️Il est le Noir Sublime…

C’est l’intensité de ce roman qui m’a renversée. Dès les premières pages, j’ai ressenti une force incroyable. Il est « habité » ce roman, non seulement par des fantômes et des anges furieux, mais par une prouesse poétique qui est venue me submerger comme un tsunami, à l’intérieur pour ne plus me lâcher. Ce n’est pas tant l’histoire qui est déjà en soi, est une bouleversante lecture, mais c’est dans la manière de la raconter avec une puissance dans les mots qui frappe au cœur. Il y a des passages absolument magnifiques et pourtant très sombres. Un mélange entre beauté et horreur qui s’entrelacent pour mieux perturber les sensations que j’imaginais dans la violence des combats. Des moments terribles où un enfer sans nom s’ouvre dans l’esprit du héros et rendent une atmosphère saisissante de Noir profond. Il laisse une forte impression ce roman, même une fois refermé, même quelques jours après…Mais au moment de la découverte, à l’instant même où je lisais ses lignes, c’est vraiment cette intensité et la force des mots posées que je retiendrais… Comme un vertige, un abysse sans fond. Qui aurait la fureur de toutes les eaux et de tous les feux du monde…Magnifique.

Ce Fleuve brûlant, à la surface jonchée de flammes.(…). Le voilà. Le noir vient m’emporter, et je suis trop épuisé pour continuer de lutter. Trop fatigué pour me servir encore de la peur. Le Fleuve tumultueux monte et m’engloutit, de plus en plus bruyant tandis que je m’enfonce. Trempé et froid.

▪️Il est la fabrique à émotions…

Vous le savez maintenant, j’ai un amour infini pour la poésie et j’aime quand mes émotions sont mises à l’épreuve, en lecture…Alors évidemment, avec cette expérience de lecture que fut Je suis le fleuve, c’est allé bien au-delà de mes attentes, et je reviens complètement éblouie par cette plume sensationnelle, puissante et imaginative. Mon cœur de ténèbres à moi se trouve là, dans ses pages, dans ce fleuve enflammé…Allier la beauté du noir à tant de lyrisme, c’est juste sublime. C’est un coup de cœur, comme on les espère: gigantesque et démesuré.

Son cœur des ténèbres à lui se trouvait en Afrique, mais nombreux sont les cœurs qui battent à l’intérieur de nombreuses teintes de ténèbres, certaines plus noires et plus froides que tout ce qu’un écrivain  pouvait concevoir ou expérimenter personnellement, pour ensuite y survivre et coucher cela sur le papier.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel et  les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Sauf que c’étaient des enfants, Gabrielle Tuloup.

Couverture Sauf que c'étaient des enfants


Synopsis:

Le roman émouvant d’un bouleversement intérieur chez une jeune femme, déclenché par un fait divers. Un matin, la police entre dans un collège de Stains. Huit élèves, huit garçons, sont suspectés de viol en réunion sur une fille de la cité voisine, Fatima. Leur interpellation fait exploser le quotidien de chacun des adultes qui entourent les enfants. En quoi sont-ils, eux aussi, responsables ? Il y a les parents, le principal, les surveillants, et une professeure de français, Emma, dont la réaction extrêmement vive surprend tout le monde.
Tandis que l’événement ravive en elle des souvenirs douloureux, Emma s’interroge : face à ce qu’a subi Fatima, a-t-elle seulement le droit de se sentir victime ? Car il est des zones grises où la violence ne dit pas toujours son nom…


Ce que j’ai ressenti:

▪️Sauf que c’étaient Eux, Elle et puis Toi…

On n’a pas idée des fois, comme un matin, tout peut changer. Comme dans une seule scène de vie, tout peut exploser en mille morceaux. Comme dans l’insouciance on peut vite basculer au drame, comme de l’enfance on peut passer au monde adulte, comme du silence on peut ressentir le poids des mots…Eux, c’est ces huit garçons qui ont commis ce crime immonde, mais Sauf que c’étaient des enfants. Elle, c’est Fatima, celle qui ne pourra jamais oublier, sauf qu’elle brise cette loi du silence en dépit de tout…Et Toi, c’est Emma, celle qui raconte tout en nuances son intérieur blessé, mais sauf que ça sent le vent de la révolte…Un matin, tout peut changer. On peut choisir de parler enfin pour réparer les blessures à l’intérieur…

L’enfance a une date de péremption, pas la même que celle indiquée sur les paquets. Elle pensait qu’elle avait le temps de voir venir. On ne voit jamais rien venir. 

▪️Sauf que c’était compliqué…

Gabrielle Tuloup écrit sur un sujet difficile, soumis à controverse, et pourtant, j’ai trouvé qu’elle nous donne à lire un texte fort, sensible et intelligent. Dans cette dénonciation, elle remue de multiples émotions, donne des voix et des réactions diverses. Les adultes face aux enfants, le corps enseignant face aux élèves, les adolescents avec leurs hormones exacerbées, les règles tacites de la cité, les familles et leurs traditions: en fait toute une communauté face à un acte odieux. En ayant comme cela un aperçu de l’ensemble des personnes touchées de près ou de loin par ce viol, Gabrielle Tuloup nous met face à une polyphonie de mots, de vies et de réactions. Elles éclatent sur le papier comme leurs quotidiens pour nous atteindre au plus profond de notre intimité. C’est très intense comme lecture, elle ne peut laisser indifférent. Je n’ai pas pu reposer le livre avant le point final, parce que c’est trop d’émotions et un sujet si sensible que ça me semblait trop terrible de les laisser, tous, mais surtout certaines, à leurs tourments…Alors j’ai écouté leurs cris silencieux et j’ai admiré leur courage à prendre la parole pour dénoncer la violence subie.

Le réel ne prend pas de gants.

▪️Sauf que c’était terriblement beau…

Et dans tout ça, la beauté de la plume de Gabrielle Tuloup. Les mots et le cœur sont peut-être à vif, le corps et l’esprit marqués profondément dans l’intime, il n’en reste pas moins que la poésie s’invite aussi dans ses pages. C’est une alchimie particulière qui se joue dans ce livre entre douleur et résilience, mais j’ai été touchée par cette façon originale de mener cette fiction. Dans le poids des mots, Emma va trouver sa propre enclume qui l’empêche d’avancer, dans un seul mot, la douleur qui l’anéantit…Alors peut-être bien, que l’écriture sera sa guérison…Je vous laisse découvrir cette très émouvante lecture, sauf que moi, j’ai le cœur un peu fêlé, maintenant…

Et on s’abîme à vouloir réparer. On s’érode encore et encore pour une miette d’intact. On s’essouffle à disperser la poussière, on ratte et griffe l’habitude pour retrouver l’avant et l’éclat. En vain, forcément.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Philippe Rey pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Basse Naissance, Kerry Hudson.

Basse naissance par Hudson


Synopsis:

Kerry Hudson est née en 1980 dans les quartiers populaires d’Aberdeen, en Écosse, d’une mère vulnérable, isolée et sans emploi, et d’un père alcoolique et absent. De centres d’accueil en bed and breakfast, sa petite soeur, sa mère et elle ont connu pendant près de vingt ans la précarité extrême, les queues le lundi matin aux caisses d’allocation, la détresse et la violence familiale. Aujourd’hui, Kerry est une femme mariée de quarante ans, qui a écrit deux romans et a voyagé de par le monde. Mais elle n’oublie pas l’enfant qu’elle a été.
Dans cette autobiographie, Kerry Hudson revient avec humour et fierté sur les lieux où elle a grandi, puise dans ses souvenirs et pose un regard acéré sur les inégalités de classe actuelles et les moyens de s’élever. S’abstenant de tout jugement et sentimentalisme, elle cherche à comprendre, à donner voix aux exclus et aux invisibles dont elle a un jour fait partie.
Basse naissance est un texte courageux sur la pauvreté, un récit aussi drôle que bouleversant sur l’urgence.


Ce que j’ai ressenti:

💔Des mots qui fracassent les perspectives…

J’imagine que lorsque qu’on avance avec cette farandole de mots dans la tête, tels que « racaille, vaurien, voyou, délinquant déscolarisé, déclassé, basse naissance« , le chemin de sa vie doit être plus escarpé que pour d’autres…Pourtant, Kerry Hudson sort de ce cercle infernal de la pauvreté, non sans quelques blessures indélébiles, mais elle revient nous écrire d’autres mots, d’autres perspectives plus encourageantes avec cette autobiographie bouleversante. C’est touchant cette façon qu’elle a, de s’exposer ainsi entre confidences et souvenirs flous, cauchemars venimeux et douceur. Elle est toute en sensibilité dans chaque phrase, alors que sa vie n’est qu’une succession de traumatismes divers…Elle m’aura touchée par son authenticité et cette puissance dans sa plume.

J’ai échappé au désespoir. 

💔Des mots qui réveillent les souvenirs…

Cette lecture m’a été particulièrement éprouvante. L’auteure en allant chercher au plus profond de ses souvenirs et en s’approchant des lieux de son histoire fait resurgir des traumatismes de son enfance et la somme de ces quotidiens précaires. En allant gratter comme ça, dans ses blessures enfouies, ça a remué en moi, des émotions que je n’avais pas forcément envie de voir réapparaître…Mais cette lecture me laisse penser qu’il y a des chances que je guérisse de mon en-dedans en regard de la victoire personnelle de Kerry Hudson. Dans tous les cas, c’est une lecture qui va me rester en tête pendant un long moment, j’en suis certaine puisque elle a fait bouillir quelques sentiments en sommeil. Pour la première lecture de la rentrée littéraire 2020, c’est un choc émotionnel très fort et elle résonne en moi d’une manière particulière.

« Tu sais ton problème? Tu es trop sensible. Il faut t’endurcir. »

💔Des mots qui bougent les statistiques…

Plus qu’une autobiographie, l’auteure cherche à faire le parallèle, à partir de son expérience, sur les ravages de la pauvreté. La pauvreté, la vraie, celle qui discrimine, celle qui isole, celle qui affame les estomacs des enfants, celle qui détruit la cellule familiale, celle qui dénature les relations filiales…Celle ci, oui, celle qu’on préfère occulter, ne pas regarder, la pauvreté… Et ça fait mal de lire ça. C’est une réalité dont on n’a trop peu conscience, alors qu’elle peut arriver si vite dans nos propres vies. Kerry Hudson met toute une volonté, à contrario,  pour nous montrer que les mots peuvent sauver, que ce livre pourrait sans doute aider à mieux voir et à mieux comprendre ses autres vies en marge. Enfin voir la détresse et peut-être même, tendre la main vers eux. En cela, c’est une lecture lumineuse, Kerry Hudson ne garde aucun ressentiment envers cette inégalité des chances à son départ, au contraire. Elle se fait force et persévérance dans chaque page et c’est d’autant plus éclatant, quand on sait son parcours. C’est évidemment pour la puissance émotionnelle de l’écriture que je vous recommande Basse Naissance.

Et ce ne sont pas seulement les pauvres d’aujourd’hui qui en souffriront car, comme je le sais que trop bien, la pauvreté se transmet de génération en génération, la misère s’hérite par le sang.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Philippe Rey de leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture bouleversante.

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Sleeping Beauties, Stephen et Owen King.

Couverture Sleeping beauties


Synopsis:

Un phénomène inexplicable s’empare des femmes à travers la planète : une sorte de cocon les enveloppe durant leur sommeil et si l’on tente de les réveiller, on prend le risque de les transformer en véritables furies vengeresses.
Bientôt, presque toutes les femmes sont touchées par la fièvre Aurora et le monde est livré à la violence des hommes.
À Dooling, petite ville des Appalaches, une seule femme semble immunisée contre cette maladie. Cas d’étude pour la science ou créature démoniaque, la mystérieuse Evie échappera-t-elle à la fureur des hommes dans un monde qui les prive soudainement de femmes ?


Ce que j’ai ressenti:

🦋Salut, Beauté.

– “Dormir, c’est comme être mort.”

Salut à vous, mes beautés. Vous qui êtes derrière vos écrans, encore là bien réveillées. Pas encore frappées par le phénomène Aurora, pas encore victimes des cocons enveloppants. La fièvre a pourtant frappée la moitié déjà de la surface de la terre, mais il y a encore une petite ville qui résiste, Dooling. C’est là que je t’emmène…Salut, Beauté.

Pour toutes les femmes du monde, au Premier Jour d’Aurora, il n’y avait pas de temps à perdre.

🦋Salut, Beauté. Il se pourrait bien que si tu es dotée de sexe féminin, l’heure soit venue pour toi de faire de jolis rêves où la folie des hommes n’aurait plus lieu d’être. C’est ainsi que Stephen King et son fils Owen nous ont créé un tout nouveau tout beau, petit coin d’exil pour les dames, avec un choix important à faire…Le monde actuel dans cette histoire hors du commun, devra donc faire avec la violence des hommes, et la disparition des femmes…Quel rêve étrange, mes beautés. C’est presque fantastique et puis c’est aussi un peu horrifiant, non?! Qu’est-ce que t’en pense, hein, Beauté?

[…] le verbe aimer est un mot dangereux quand il sort de la bouche des hommes.

🦋Si certaines se sont endormies, en revanche, moi j’ai pris le temps de lire ce Stephen King, pendant mes heures d’insomnies. Et c’était délicieux. J’ai retrouvé de la saveur d’antan à lire avec plaisir mon auteur préféré, avec une lenteur exquise. Parce qu’avec le King, il y a toujours cette saveur particulière de savoir que tu lis un bon livre et de pouvoir développer ton imaginaire avec son pouvoir d’immersion inimitable. C’est presque magique, cette sensation. Et là, la magie a encore opérée. Il décrit à merveille ces tranches de vies, les gens et leurs comportements, que même une page ou deux par soir, c’est déjà une richesse de lecture. Même sur une scène, il me fascine, alors, imagine Beauté, sur un bouquin de 800 pages…Je te raconte même pas comme l’effet se décuple!

Même dans le sommeil il y avait des prisons, évidemment.

🦋En choisissant de parler de l’univers carcéral, Stephen King évoque des sentiments troubles comme la culpabilité, le regret, les dangers de l’amour et de la haine, mais surtout, la violence que tout un chacun porte en lui. Et c’est en cela que ça en devient passionnant, toutes ses émotions qui se mélangent. La violence au féminin n’est pas la même que celle au masculin, mais elles se répondent l’une et l’autre dans une danse infernale, s’alternent, s’enflamment toujours plus, pour en arriver à des grands moments de fureurs atroces. Cette prison pour femmes est le point stratégique de ce roman. Un lieu de passions et d’entraides, un refuge et une place à détruire…Ce n’est pas courant, (dans mes lectures du moins), que je rentre ainsi dans une prison pour femmes et l’effet a été assez déstabilisant mais j’aimerai bien en lire d’autres, pour me confronter à ce type de sujets forts en émotions…

Tu ne peux pas ne rien avoir à foutre d’un carré de lumière.

~ Reese Marie Dempster, détenue matricule 4602597-2 ~

*Centre de détention pour femmes de Dooling*

🦋Et tu sais pourquoi, j’ai adoré cette lecture, Beauté? Parce qu’elle est étonnamment féministe mais aussi intensément poétique. La délicatesse des ailes de papillons et la fragilité des mouchoirs de fées apporte une ambiance enchantée qui m’a beaucoup plu. Mais c’est cette solidarité féminine et la résilience de toutes ses femmes qui m’ont profondément touchée dans ces pages. Dans cette lecture, on voit encore que dans l’esprit collectif, le mythe de la « sorcière » est encore présent, le patriarcat touche encore trop les codes de pensées et la violence est un mode de vie pour certains. Stephen King nous parle des problèmes de sociétés avec beaucoup d’intelligence et de perspicacité, que ce soit de la violence faite aux femmes, de l’environnement qu’on néglige ou des problèmes de justices, il saisit dans ces scènes de vies troublantes, les subtilités de la psychologie humaine. En ayant comme ça, mis en lumière énormément de personnages dans ce roman, et donc autant de réactions et de comportements différents, on a un échantillon-témoin d’une ville face à une catastrophe éventuelle. Que serait donc le monde sans une femme pour l’apaiser?! Je te le demande Beauté…Je me le demande aussi très fort, avant de m’endormir…

-L’acceptation ce n’est pas la même chose que le renoncement.

🦋Alors, je ne sais pas si vous irez dormir mes Beautés, mais si jamais, vous vous gavez de caféine comme moi, et que vous vouliez un bon livre pour vos nuits agitées, pensez que Sleeping Beauties pourrait vous plaire plus que le baiser d’un pseudo-Prince. Laissez un peu de magie éveiller vos nuits, les papillons vous caresser, les fées vous toucher de leurs voiles et partez en direction de l’Arbre…Stephen et Owen King s’occuperont de vous envoûter dans une revisite effrayante du conte de La belle au Bois Dormant.

-Je suis une femme, écoutez-moi rugir.

🦋Salut, Beauté.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

 

Dolorès Claiborne, Stephen King.

Couverture Dolores Claiborne


Synopsis:

A Little Tall, on ne sait toujours pas exactement ce qui s’est passé il y a trente ans, et si l’accident, qui a coûté la vie au mari de Dolores Claiborne, le soir de l’éclipse, était vraiment un accident.

Aujourd’hui, la vieille dame indigne est à nouveau soupçonnée ; la riche et sénile Vera Donovan, dont elle est la gouvernante depuis des décennies, est découverte morte dans sa demeure.

Seul témoin et seule héritière, Dolores fait figure de coupable idéal.
Elle n’a désormais plus le choix ; elle doit passer aux aveux.
Raconter les étranges phobies qui habitaient sa maîtresse, ce souvenir.. Et l’horreur qu’elle a vécu il y a trente ans.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Qu’est ce que t’as demandé Dolorès? Si j’ai bien compris ce que tu m’as raconté?

Bon sang! Ma mère elle a pas fait une idiote, je te le dis moi. Oui, j’ai tout bien entendu Dolorès et compris, bien plus encore. Et je connais mes responsabilités. Mes responsabilités de lectrice et blogueuse. Dieu soit loué.

Bien sûr que je pourrais vous parler de ce livre jusqu’au bout de la nuit, mais je me doute que t’as d’autres choses à faire, ce soir. Alors, je veux que tu notes chaque foutu mot, à commencer par ceux là:

🔸Dolorès Claiborne de Stephen, c’est un grand moment de lecture! Une pépite. Je l’ai dévoré.🔸

Alors sans doute que tu vas penser que je suis une garce à te donner envie (encore) de lire cette nouvelle histoire, mais des garces, il n’y en aura jamais pire que Vera Donavan et Dolorès Claiborne! De vrais Garces. Tu vois, je mets même la majuscules et tout! Une riche héritière et sa gouvernante, usée de multiples douleurs, qui affrontent jour après jour, la rudesse de la vie. Et elle n’est pas facile la vie sur cette île de Little Tall.

Et pourtant, Dolorès Claiborne tient bon la barre et délie sa langue, bien pendue, lorsqu’elle est, à nouveau, soupçonnée de meurtre. Elle a de la verve et une force que personne ne soupçonne, et pendant cet interrogatoire, les enquêteurs auront du fil à retordre avec sa répartie! Et moi, d’adorer l’entendre dans ses excès de ras-le-bol et ses trop-pleins de rage contenue. Dès les premiers mots, tu es interpellé, au cœur de la problématique, et pris dans les tourments de cette jeune femme. Mais ne compte pas t’en tirer comme ça, à si bon compte, elle en a sous le pied, et sans doute les mains encore meurtries de froid, mais elle va te les arracher les émotions. Une par une, mais tu vas les lâcher, comme elle lâche son ressentiment, au gré de ses souvenirs douloureux.

Petit à petit, confidences après confidences, malheurs après malheurs, nous avons les aléas de leurs quotidiens entre ménage, folie et méchanceté. Un grand merdier à nettoyer et des ennuis-moutons de poussières à cacher sous le tapis. Et les scènes sont vivantes, tellement efficaces. Que tu ressens chaque sensation.

Sur cette île, c’est tout petit. Les gens parlent, cancanent, surveillent. Mais il ne faudrait pas éclipser les malheurs des uns au profit des autres. Alors Dolores et Vera se taisent et continue leurs vies de merde, attendant des jours meilleurs, des changements venus du ciel, une aide de la providence. Et puis, sérieusement, qui voudrait entendre cette souffrance féminine, les violences dans le foyer, les drames qui se jouent derrière les fenêtres? Qui voudrait entendre les coups et la honte, les espoirs qu’on achève avec une hache…?! Non mais qui, je vous le demande! Sur cette île, on laisse se gangrener le malheur, pour qu’il revienne sous d’autres formes plus sournoises et entêtantes. C’est cela que font les habitants de cette île. Laisser se jouer les tragédies. Mais pas Dolorès Claiborne. Et qu’importe le quand-dira-t-on. Au bout d’un moment, on a plus rien à foutre de leurs avis, surtout quand il s’agit de l’avenir de ses enfants, de leurs bonheurs, de leurs bien-être. Faudra faire ce qu’il faut. Il faudra la jouer fine, mais faudra le faire. Parce qu’au bout d’un moment, le bonheur, il faut aller le prendre, à coup de hache, s’il le faut. Bravo Dolorès Claiborne, ta mère n’a pas fait une idiote, c’est certain, et pas une lâche aussi. Tu nous as montré ton caractère, tes valeurs, ton dévouement, tes doutes et tes travers. Tu nous as parlé avec franchise et sans filtre, au risque de choquer, mais je peux t’assurer que c’était vraiment exaltant!

Clairement, j’ai adoré! Un Stephen King puissant,  toujours dans cette envie de nous faire vivre des tranches de vies, des humeurs passagères et de quotidiens malchanceux. Mais ici, avec cette sincérité si touchante de Dolorès, je pense que le message passe avec encore plus de force. Et puisque chaque mot est vrai, il ne vous reste plus qu’à lire cette version des faits, façon Dolorès Claiborne.

« En fin de compte c’est les garces qui survivent dans ce monde… »

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Ce que tu as fait de moi, Karine Giebel.

Ce que tu as fait de moi par Giebel


Synopsis:

Personne n’est assez fort pour la vivre.
Personne n’est préparé à l’affronter, même si chacun la désire plus que tout.
La passion, la vraie…
Extrême.
Sans limites.
Sans règles.

On se croit solide et fort, on se croit à l’abri. On suit un chemin jalonné de repères, pavé de souvenirs et de projets. On aperçoit bien le ravin sans fond qui borde notre route, mais on pourrait jurer que jamais on n’y tombera. Pourtant, il suffit d’un seul faux pas. Et c’est l’interminable chute.
Aujourd’hui encore, je suis incapable d’expliquer ce qui est arrivé. Si seulement j’avais plongé seul…
Cette nuit, c’est le patron des Stups, le commandant Richard Ménainville, qui doit confesser son addiction et répondre de ses actes dans une salle d’interrogatoire. Que s’est-il réellement passé entre lui et son lieutenant Laëtitia Graminsky ? Comment un coup de foudre a-t-il pu déclencher une telle tragédie ?
Si nous résistons à cette passion, elle nous achèvera l’un après l’autre, sans aucune pitié.
Interrogée au même moment dans la salle voisine, Laëtitia se livre. Elle dira tout de ce qu’elle a vécu avec cet homme. Leurs versions des faits seront-elles identiques ?
Si nous ne cédons pas à cette passion, elle fera de nous des ombres gelées d’effroi et de solitude.
Si nous avons peur des flammes, nous succomberons à un hiver sans fin.

La passion selon Karine Giebel… conduit forcément à l’irréparable.


Ce que j’ai ressenti:

  • Ne m’en veux pas, Karine Giebel, parce que Ce que tu as fait de moi, c’est une lectrice déboussolée et plutôt sceptique, à l’heure d’écrire cette chronique. Je peux t’assurer que j’ai pris le temps de lire et d’apprécier la force de ta plume. Elle m’a chamboulée cette lecture, c’est certain. Je n’étais pas prête à lire, sans doute, ce genre-là de « passion ». On m’a fait miroiter, avec la quatrième, un sentiment que j’ai cherché, mais ce n’était pas la Passion que j’ai lu dans ses pages. C’était autre chose. Quelque chose de vraiment perturbant. Ces sentiments-là, sont dérangeants, troublants. De voir un homme et une femme se déchirer d’une telle façon et appeler cela, de l’amour…De la passion?! Je les ai écouté tour à tour, et j’étais prise à leurs jeux des confidences, mais ce n’est pas le mot « passion » qui me venait en tête quand je les regardais peu à peu tomber dans une spirale infernale.

L’amour est un mystère, un dictateur sans merci qui impose sa loi et lève des armées d’esclaves.

Tout d’abord, je n’ai pas cru à leur « Nous ». Le couple Richard et Laetitia ne m’ont provoqué aucun attachement. C’est un Toi+Moi transformé en un « Nous » malsain. C’est deux êtres qui se désirent d’une drôle de façon. Si Incompréhensible et violente, à mes yeux. Je n’ai pas compris cette force destructrice qui les attire. Ils m’ont laissé une forte impression, mais je n’ai pas cru à cette histoire d’amour. Je l’ai cherché partout la passion, et ce n’est pas ce que j’ai vu. On me l’a déguisée sous de faux costumes et ça m’a mis très mal à l’aise. Je les regardais absolument horrifiée par leur type de relation anxiogène, à chercher comment on peut en arriver à de telles extrêmes…Et si c’est ça, la passion, c’est peut être, moi, qui n’était pas encore prête à saisir toutes les nuances d’une telle émotion.

  • Ne m’en veux pas Karine Giebel, parce que finalement, je vais devoir dire que je n’ai pas aimé ce livre. Alors certes, tu n’as pas ton pareil pour faire naître des flammes au milieu du noir, tu as cette facilité à  nous bousculer, à nous pousser dans nos retranchements, à nous faire voir d’autres façons de vivre, d’autres façons d’aimer. À contresens, à contre-courant, juste pour déstabiliser tes fans qui en redemande, encore et encore. Moi, y compris. C’est vrai qu’on a une histoire-obsession, impossible à lâcher et qui te hante encore longtemps, même après le livre refermé. C’est ta marque, et elle est encore présente avec ce nouvel opus. On a une lecture hautement addictive. Un thème qui nous remue les tripes. Une ambiance électrique. Une écriture sensitive. On touche du doigt, une de ces histoires passionnelles qui détruit tout sur son passage.

Avoir mal, c’est vivre.Vivre, c’est avoir mal.

On prend un vrai shoot d’adrénaline, que ça nous plaise ou non, faudra faire avec, jusqu’au point final. C’est comme ça avec toi, Karine Giebel. C’est d’une intensité folle, et plus si affinités…Faudra aller voir, de plus près, sur les terrains brûlants de la folie, ce que ça donne la passion au masculin et puis aussi, celle au féminin. Parce qu’à s’aimer plus loin que les limites ça laisse des traces. Des traces sur les corps. Des traces sur les âmes. Et puis après, dans nos esprits…Mais dans le mien, ça brûle trop, et tout le long, j’ai détesté Richard, je n’ai pu oublier son acte immonde. Je crois qu’en tant que femme, ça m’a d’autant plus révoltée.

  • Ne m’en veux pas, Karine Giebel. pas un seul instant, je n’ai douté de ton talent. Je suis persuadée que d’autres de tes romans vont plus me toucher. Juste avec ce livre, ça ne l’a pas fait avec moi, pourtant, j’ai eu ma dose de fortes émotions. Tout plein d’ébullitions et de colères enfouies, et puis l’attente déçue, de cette fameuse « passion ». J’en ressors désorientée, mais alors je repense à ma précédente lecture de toi avec, Toutes blessent, la dernière tue, et je me dis que ce n’est pas si grave, j’attendrais le prochain…Pour un nouveau tour dans les affres de la nature humaine…

 

 Si on ment à ceux que l’on aime, on risque de tout perdre.

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette fachee

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Belfond pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Belfond

Toutes blessent, la dernière tue. Karine Giebel.


Synopsis:

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin…

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures. Un homme dangereux. Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique. Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Ce roman a reçu le Prix Plume d’Or du thriller francophone, le Prix Ėvasion, le Prix du Book d’or thriller du Prix Bookenstock et le Prix de l’Ėvêché.


Ce que j’ai ressenti:

▪️ »Porter un nom, ça veut dire qu’on existe. »

Elle a choisi de t’appeler Tama. C’est un si joli prénom, Tama. Mais derrière ces quatre lettres, se cache une réalité ignoble. Tu t’appelles Tama, tu es un personnage de fiction mais c’est tant de personnes réelles qui pourraient prendre ce prénom, qui connaissent cette douleur incommensurable, qui survivent dans des espaces réduits comme le tien, qui subissent la haine.

Elle a choisi de t’appeler Tama. Elle a choisi de te rendre forte, persévérante et courageuse. Ça n’enlève en rien, l’horreur. Mais ça te rend capable d’encaisser, d’apprendre et de nous faire ressentir à la puissance émotion, les temps forts de ta vie…

Elle a choisi de t’appeler Tama. Elle, c’est Karine Giebel. Et heureusement, c’est avec son talent qu’on va pouvoir se confronter à un sujet révoltant. Et ces heures passées dans son thriller, m’ont terriblement blessée, et à la dernière page tournée, ça aurait pu me tuer, tellement j’ai eu le cœur explosé quand j’ai lu ses mots… Mais sans doute qu’un ange veillait pendant que je dévorais littéralement ce pavé…Pendant que j’admirais la puissance de ce thriller signé en lettres de sang et de noir, celle de la reine du polar: Karine Giebel.

▪️ »Est-ce qu’on a mal quand on rêve? »

Elle a choisi d’explorer des sentiments aussi fort, que la haine et l’amour. De les mélanger, de force, pour en faire une œuvre sombre parsemée de lumières éphémères. Un livre inoubliable. Un livre qui te blesse, un livre qui te tue. Elle a choisi de ne pas nous épargner. Vraiment pas. C’est un pari risqué mais il lui fallait sans doute faire ça, dans l’extrême et la tension permanente, pour que l’on prenne conscience, que l’esclavage est encore bel et bien là, en France. Qu’il a pris une nouvelle forme, mais garde toutes ses lettres de souffrances extrêmes. SERVITUDE. ESCLAVAGE. Et voilà comment on en vient à rester comme ça, pétrifiés et bouleversés, parce que même dans le désespoir, il reste peut être une toute petite flamme. Elle a choisi de l’écrire comme ça, notre chère Karine Giebel. Avec assez d’amour pour qu’on soit porté, mais avec des coups qui pleuvent à tout va pour qu’on soit touché. Histoire de fracasser nos illusions aux pieds bleuis de froid de la petite Tama et de laisser s’écouler nos espoirs par le trou béant de sa main meurtrie. Et puis, ça ne s’arrête pas. Aucun de temps mort, pas de répit. Le corps ravagé mais avec le cœur ouvert, elle lutte cette enfant. Tama se console dans les quelques lignes écrites, qu’elle grappille à l’ignoble. Ça fait Mal à l’intérieur quand j’ai lu tout ça. Et comme elles, on aimerait croire aux anges gardiens…Qu’il y en ai un, enfin, qui vienne la sortir de cet enfer…

▪️ »Vulnerant omnes, ultima necat. At eae quas ad vos consumpsi me delectaverunt. »

J’ai choisi de passer ces heures avec Tama et Karine Giebel. Des heures de lectures effroyables. Et, j’ai aimé ces heures parce qu’elles m’ont appris aussi que, même si la haine est là, l’amour est bien plus fort et la force au féminin est grandiose. Je les remercie pour ce moment de courage admirable. C’est un livre qui laisse des marques, un livre qui nous dit que c’est réel, que l’enfer est caché derrière une porte de cagibi. Je te conseille de ne rien attendre des anges, ils sont tous tombés quand ils vont vu la noirceur des âmes humaines…A nous de faire le nécessaire, maintenant.

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Métro 2035, Dmitry Glukhovsky.


Synopsis:

2035. VDNKh. Artyom, marié à Anna – fille du colonel Melnik –, est retourné vivre dans sa station natale.
Un souvenir l’obsède pourtant, celui de la voix qu’il a entendue sur une radio militaire, deux ans plus tôt, quand il était au sommet de la tour Ostankino avec les stalkers. Aussi, depuis son retour, remonte-t-il quotidiennement à la surface, escalade des gratte-ciel en ruines, pour tenter d’entrer en contact avec d’autres survivants. Tenu pour fou, la risée de certains, Artyom sombre peu à peu jusqu’à ce que l’arrivée d’Homère bouleverse la situation : le vieil homme prétend en effet que des contacts radio ont déjà été établis avec d’autres enclaves. C’est le début d’un nouveau périple dans un métro qui sombre dans la haine et la violence, où l’homme retourne à l’état bestial.


Ce que j’ai ressenti:

« Est-ce que tu veux vivre ou crever? »

Elle effleura le microphone intégré à son casque, le plaça devant ses lèvres et poussa le bouton surmonté d’un voyant lumineux.

-Ici, FairyStelphique. Vous m’entendez? Le métro de Moscou est vivant. Et il n’y fait pas bon vivre dans ces lieux. Je ne sais pas si vous m’aviez entendue avant…Quand je vous parlais de Métro 2033, de Métro 2034. Je suis arrivée au bout de la dernière ligne, celle de Métro 2035. Vous savez cet univers post-apocalyptique crée par Dmitry Glukhovsky. Je ne vous entendiez pas, moi, dans mon petit monde. J’étais au fin fond des tunnels. Dans les ténèbres. A me confronter à mes peurs. Je croyais qu’il n’y avait plus qu’une poignée de survivants avec moi (-Artyom. Homère. Melnik.- Et les 40000 personnes des boyaux moscovites.) Si peu de vivants, en somme. Si peu de perspectives d’avenir. Nous pensions qu’il n’y avait plus personne sur la planète. Nous sommes là…Dieu merci, vous avez survécu! Vous êtes là…

Des enflures avaient installé des brouilleurs. Ici à Fairystelphique. Ils vous ont dissimulés à mes oreilles. Voilà trois tomes que je vis en apnée dans un air vicié, à bouffer des champignons avariés et du faux thé! À crever à petit feu. A ramper comme un cafard dans le métro en n’ayant nulle part où aller. À essayer de donner un peu d’espoir à ces hommes égarés. A les écouter dans leurs tourments. À devenir folle devant divers dangers, Noirs ou Rouges. A me faire mordre par des rats enragés. A esquiver les chemins radioactifs. À faire éclater mon cœur en morceaux pour faire étinceler un peu de lumière. A mourir de faim. Dans l’indifférence de tous.

Et pourtant, nous vous cherchions, nous, sur les ondes, partout, tout le temps. Nous espérions. Comment allez-vous? Comme j’aimerai être chez vous, là où on chante et où on danse…Comment est l’air de votre région?

Voilà près de 2400 pages que je croupis dans le noir. Et que je suis là à en redemander. Complètement addict. À me dire que même dans l’obscurité, dans le béton, je me ferai bien encore une virée dans ce trou infect. Même si je dois y perdre tous mes cheveux parce que j’emprunterai la ligne de la Hanse. Même si je risque de perdre la raison, à force de vouloir remonter à la surface. A me demander inlassablement: qu’est-ce qui fait de nous des humains? À me rendre dingue à essayer de comprendre comment on a pu piéger des hommes sous terre, à leur faire croire à l’inadmissible???! Je suis à deux doigts de craquer, à réfléchir ainsi, sur la vie et la mort, sur les traces qu’il nous faut peut-être laisser avant de partir définitivement. Une seule option alors: vivre sous terre? J’en suis là, complètement addict…Et vous?

On me tuera sans doute pour de telles réflexions dans ce Métro 2035. Mais du temps: je suis vivante. Et être vivant, c’est tout ce qu’on a. Ce qui est important, c’est que vous ne vous fiiez pas aux apparences. N’allez pas mettre les pieds là-bas, sans un masque et une combinaison. Ni allez pas sans vos plus belles valeurs bien accrochées, à votre peau ainsi qu’à vos âmes. Parce que dans le noir, on a bien besoin de lumières. De quelques poètes aussi. J’aiderai Homère s’il le faut, pour son livre. Mais autant que vous soyez prévenus, cette saga est anxiogène, terriblement dangereuse, et frappe nos énergies profondes. Mais c’est aussi un pur moment d’adrénaline.

Je m’appelle Stelphique. Je suis bien réelle. Es-tu là, toi? Tu m’écoutes? Désormais…Désormais, je veux vivre tout simplement. Remonter à la surface et vivre. Comme il se doit. Vivre! Passionnément. Et vous parler de cette trilogie. Vous convaincre de la lire. Entendez-vous?

Elle coupa le micro.

« Qu’ils écoutent par eux-même, maintenant. Qu’ils écoutent parler le monde. »

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Le Livre de Poche Imaginaire de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Jackson Hole, Karel Gaultier


Synopsis:

A 40 ans, Matteo Andreani, surnommé Le Devin pour sa faculté à prédire le cours des marchés, est au faîte de sa gloire. Mais, sitôt nommé président de la Banque Centrale Européenne, des tensions internationales sur le marché de l’énergie précipitent une crise mondiale. Les marchés dégringolent, et l’affrontement entre les Chinois et les Américains fait les beaux jours de la Camorra et des crypto-monnaies. Derrière l’une d’elles se cache d’ailleurs l’énigmatique Tsarina, qui entretient avec Matteo une trouble relation…Dans le plus grand secret, une réunion de la dernière chance se tient à Jackson Hole, Wyoming. Dans ce village perdu des Montagnes Rocheuses, les banquiers ont 48 heures pour sauver l’économie mondiale. Un roman sombre et foisonnant, qui révèle les arcanes du pouvoir économique mondial, animé par la corruption et la soif de puissance.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Prédictions à Jackson Hole.

Jackson Hole est un petit village charmant dans les Montagnes Rocheuses. Vous ne connaissiez pas? Et pourtant, c’est aussi un lieu stratégique du pouvoir et de la finance mondiale. Pendant cette réunion de crise, les acteurs de l’économie planétaire vont devoir faire face à leur pire crainte, éviter les dangers, et user de simagrées pour remporter la partie dans leurs camps respectifs. Et dans la place, un petit « rooky » magicien, Matteo Andreani, qui prédit les variations des monnaies et se fait une place au milieu des requins impitoyables de la finance. C’est de la fiction mais on sent toute une tension bien réelle de chaos pressenti pour nos futurs proches. L’argent au centre de cette intrigue et l’avenir planétaire dans les mains de quelques puissants peut mener à une situation plus que catastrophique…Alors bienvenue à Jackson Hole, ce roman vous ouvre les portes d’un milieu ultra fermé, où tout peut changer en l’espace de 48 heures.

L’économie mondiale est entrée dans une récession non plus cyclique, mais structurelle.

 

▪️Séismes de victoires et défaites.

Les jeux d’argents et de pouvoir sont dangereux. Très dangereux. Et ils suscitent la convoitise autant qu’un défi pour les petits malins, un peu trop intelligents pour leur propre bien. Il faudra donc pour eux, se distinguer soit par la patience, soit par la fougue, et surtout, surtout, ne pas manquer d’audace pour faire briller les illusions d’une stratégie monétaire. Avoir un « devin » dans ses cartes, c’est jouer avec un jeu plus chanceux, et j’ai beaucoup aimé suivre l’évolution ainsi que les stratégies d’un tel personnage-clef. Dans ces lieux, ça se complaît en milliards, en dépit des vies et quitte à déclencher des tsunamis irréparables pour l’économie mondiale. C’est ahurissant comme ça se joue à presque rien. Karel Gaultier maîtrise son suspense jusqu’au final, et nous fait voir toutes les nuances de l’argent. De l’étalon-or aux monnaies nouvelles, il nous embarque au cœur des tensions sismiques internationales et c’est effrayant! On peut dire qu’il m’a carrément bluffée par cette entrée dans les coulisses de la finance.

Ton sang est une fleur, Matteo.

▪️Résister à tous les vents…

J’ai choisi volontairement ce livre, pour sortir de ma zone de confort. J’étais curieuse de voir ce que pourrait donner un thriller basé sur des stratégies économiques. Je l’ai trouvé très intéressant, je l’ai certes lu, à vitesse d’escargot, parce que mon cerveau ramait pour retrouver un semblant des connaissances de mes études (force est de constater que la mémoire si elle n’est pas stimulée et bien, perd de ses acquisitions), mais je me suis accrochée en prenant des notes et j’ai été contente de ne pas à avoir lâcher l’affaire, parce que c’était instructif autant que très efficace. C’est un thriller dense et sombre qui mérite qu’on prenne le temps de lire attentivement. On se prend vite dans l’engrenage de leurs marchés, de leurs petites magouilles et de leurs grands discours enflammés, mais la question essentielle est: qui régnera à la toute fin? Il y a beaucoup d’informations et de notions à appréhender et pour cela, le glossaire en fin de roman, est pratique. C’est sur que ça me change de mes lectures habituelles mais Karel Gaultier a su capter mon attention avec son personnage Matteo et son influence italienne, et cette proposition originale pour trembler de peur. C’est une peur différente mais ô combien plus sournoise! Si vous mettez la main sur Jackson Hole, je vous prédis un moment de lecture vertigineux.

Aujourd’hui, la probabilité d’un krach, ce n’est plus l’exception, c’est la norme. Tenons-en compte.

 

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie, de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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