Sympathie pour le démon, Bernardo Carvalho.


Synopsis: 

Ma vie s’est terminée il y a trois ans, à la veille de mes 53 ans, dans l’entrée d’un théâtre, à Berlin. Du moins, c’est là que j’ai commencé à mourir.” Murmurée à l’oreille d’un homme bardé d’explosifs, dans une chambre d’hôtel juste après un attentat à la bombe, cette phrase donne une idée de la tension qui tisse ce roman du début à la fin.

Envoyé au Moyen-Orient dans une zone de combat pour transporter la rançon d’un mystérieux otage, le Rat affronte les conséquences d’une crise déclenchée par une relation amoureuse destructrice. À la limite de la folie, mais raisonnant avec une rage froide, il essaye de comprendre ce qui a fait de lui la proie d’un amant toxique qui a transformé la soumission en puissante arme de guerre.

Une analyse impressionnante du mal, du pouvoir et du désir.


Ce que j’ai ressenti:

  • Et au milieu des décombres, le chaos…

Il s’ouvre comme cela ce roman, sur un champ de ruines, mais juste devant nous, un homme se tient encore debout…Pour autant, que durera ce moment…Un instant T où un Rat, se retrouve dans une mission suicide au fin fond d’une chambre sordide au Moyen-Orient. Un arrêt sur image de chaos avec un dôme de raisons obscures qui entoure cet homme brisé, à l’instar de cette vision de destruction…Bernardo Carvalho a concoctée une petite bombe littéraire d’une telle énergie violente qu’elle en devient juste fascinante. Attention, on en prend plein les yeux, l’écriture y est dure et sans artifices, mais les feux sont bel et bien là!  Cette lecture dynamite nos coeurs et nos têtes, parce que l’on touche de si près, le Mal, dans toute sa splendeur. Une attirance si destructrice…

L’illusion donne la force de continuer à vivre, pour aussi terrible que soit la vie.

  • …Trio infernal…

Bernardo Carvalho explore toutes les dynamiques qui anéantisse un homme. D’un triangle amoureux masculin, à une mission secrète en terre brûlée, en passant par cette tendance à la folie furieuse, on frôle tous les cercles vicieux des passions qui animent le coeur des hommes. Tant de séduction autour de la violence, tant de toxique autour de l’amour, que Sympathie pour le démon donne le vertige, le vertige des grandes émotions…Le lecteur devra trouver son interprétation face à la perdition, sa voie au milieu de ce fatras de mensonges, tenter de marcher sur les lignes d’ondes négatives sans se brûler aux flammes de l’enfer, se confronter à l’haleine fétide du diable…Lui résister.

« Pourquoi il y a tant de gens qui s’aiment? « 
« Pourquoi? » dit-il en souriant. je ne sais pas, parce que c’est bon, parce que ça fait du bien. »
« C’est tout? »
« Tu trouves que c’est peu? »

  • La passion brute.

Difficile de rester de marbre face à ces moments aussi intenses. Brut. Violent. Explosif. C’est ce que j’aime dans la littérature sud américaine, cette puissance dans les sentiments, l’énergie folle qui passe dans leurs mots, l’ampleur ravageuse que l’on devine derrière les lignes. Je suis bluffée. Même refermé, ce livre il continue de brûler sous les braises de son trop plein de passions. Je viens de me prendre un uppercut, mais là, tout de suite, ce que je voudrais , c’est lire le prochain et les précédents livres de cet auteur, car c’est impressionnant comme Bernardo Carvalho a cette façon très particulière de raconter avec autant perspicacité, la rage de vivre et sa compagne si sympathique, la fatalité de la mort…

Avant le déclic du détonateur, précipitez-vous vers cette lecture!

Alors, la mort ne meurt jamais? »

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Camille ainsi que les éditions Métailié de leur confiance. Ce fut une lecture explosive!

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Le mystère Van Gogh, Antoine George

Le mystère Van Gogh : Qui a volé ma gloire ? par George

Qui a volé ma gloire? 

 

Synopsis: 

Mise en situation des deux frères Van Gogh dans les dernières 48 heures précédant la mort de Vincent, alors que Théo a découvert des écrits dans la sacoche du peintre .A partir ce contexte, Antoine George établit un passionnant échange très documenté entre Théo et Vincent, dans lequel chacun défend son point de vue. Vincent tente de faire comprendre sa souffrance face à l’incompréhension et au jugement de sa famille depuis son adolescence tandis que Théo, revient sur l’aide financière et morale qu’il lui a apporté apportée tout en réalisant ce qu’il eut pu faire de plus. Dans ce huis-clos douloureux et fraternel, les deux frères avancent leurs arguments et la réponse se construit peu à peu dans un dialogue haletant.

Ce que j’ai ressenti: 

 

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J’ai toujours été intriguée par ce peintre : Vincent Van Gogh. Il faut dire que, quand tu entends qu’il s’est tranché l’oreille, et qu’il peignait sa chambre de l’asile psychiatrique où, il finit ses jours…Ça laisse une forte impression…En deux tableaux phares, on sent une très grande souffrance… Voilà, pourquoi j’ai poussé la curiosité vers cette lecture pour en savoir plus sur l’homme derrière l’aura de peintre mondialement reconnu…

Pour nous, le ciel est noir et les étoiles éteintes.

Dans un échange de lettres, deux frères se renvoient amour et colère, à demi-mots sous des couches de non-dits, et ce qui aurai pu faire le succès de chacun, se retrouve leur pire échec larvé sous les sourires. J’ai été éblouie par la noirceur brute de Vincent mais on comprend la position délicate de Théo… Alors que cette forme épistolaire vient panser les plaies de ses deux hommes, on en apprend plus sur le destin tragique de ce peintre prolixe, qui n’a jamais vu la reconnaissance arriver…C’est saisissant comme leur malheur en duo, ne tient à presque rien, mais comme il les a tous les deux, condamnés…Ses dernières lettres écrites, avec cette tragédie suspendue, ajoute un malaise supplémentaire à leurs culpabilités sourdes et pourtant, il y a encore une petite touche d’amour fraternel, qui les lient, jusqu’au bout de leurs souffles.

Lorsqu’on a le feu en soi, on ne peut pas le garder sous l’éteignoir-on préfère brûler qu’étouffer.

Fascinant Van Gogh. Un homme entier, sans concession, brûlant de mal-être et étincelant de génie. Asocial et dépressif, mais encore émerveillé par la beauté de la vie, il est en lutte perpétuelle: contre lui même en premier lieu, mais aussi contre sa famille, son entourage, ses pairs, la société…Il idéalise tout, et ne se plie à aucune règle, toujours dans la démesure, et hanté par une ombre tenace, qui lui cache la lumière, il est un homme malheureux toute sa vie, mais un artiste follement bouleversant. Fascinant Van Gogh. La gloire ne l’a pas touchée de son vivant, mais aujourd’hui, il brille telle une étoile, dans le cercle très fermé de l’art…

J’ai vécu debout : pauvre, humilié, méprisé, moqué, mais debout.

Antoine George dans ce roman épistolaire imaginaire, nous en apprend plus sur le quotidien d’un des peintres les plus connus au monde, Vincent Van Gogh, un homme en totale souffrance qui voulait juste vivre de sa peinture dans laquelle il y mettait tant de passions et d’acharnement artistique. Le contraste entre ses ombres intérieures et sa vivacité d’esprit nous fait comprendre que la vie d’artiste n’est pas sans difficultés…C’est une lecture qui a su me captiver entre cette vocation de peintre contrariée, et l’incompatibilité de cet homme à se faire valoir, à cause de son caractère sulfureux: c’était fort intéressant! Vincent Van Gogh n’a pas fini de me fasciner, bien au contraire….

Je ne suis que pesanteurs. Depuis l’origine, rien ne m’est simple. Ma vie est un chemin de croix que je parcours au plus profond de la douleur. Mon combat est sans fin.

 

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier Laure de C2laure Communication pour sa confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture intéressante.

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Battle Royale, Koushun Takami

Couverture Battle royale

Pourquoi je l’ai choisi:

Considéré comme une référence, je tenais absolument à découvrir cet ouvrage. Depuis la folie Hunger Games, je l’avais vu maintes fois cité comme le précurseur du genre, et puis je l’ai vu en coup de coeur recommandé par Le livre de Poche Imaginaire…J’ai succombé à la tentation….

Synopsis:

Dans un pays asiatique imaginaire existe un programme gouvernemental connu sous le nom de « Battle Royale ». Chaque année, une classe de 3ème est choisie au hasard, emmenée sur une île coupée du monde, et les collégiens doivent combattre entre eux jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un survivant…
Ceci afin de servir d’exemple à la population, à la jeunesse particulièrement, et aussi de recueillir des statistiques sur le temps mis par le champion à éliminer ses camarades.

Les personnages:

42 élèves. 42 enfants. 21 filles. 21 garçons.

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Le lieu :

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Ce que j’ai ressenti:…Foudroyante Battle de coeurs battants…

 

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Au final, il n’en restera qu’un…

Ceci n’est pas une mauvaise blague, ni la bande annonce de « The Voice »… Les « Battle » sont bel et bien mortels, cruellement réels, sauvagement sanglants. Cette classe de 3ème n’aurait jamais pensé être l’élue du Programme, et pourtant, il va falloir à ses jeunes gens beaucoup de courage et de détermination, pour ce réveil effroyable sur cette île retirée, terrain de jeu miné, il faudra survivre… Survivre aux autres.

« Aujourd’hui, mes petits amis, vous allez vous amuser à vous entre-tuer! »

Quand tu tiens en main ce beau volume de quelques 800 pages et que tu devines par avance, que ça ne va pas être de la guimauve: prévois-toi dans ton planning, une sacrée plage de moments dans lequel tu vas pouvoir te confronter à l’ignoble, à l’éventuel monde imaginaire de violence extrême , et appréhender une nouvelle façon de jouer. Je te mets juste en garde, ô toi le lecteur curieux,  parce que ça envoie niveau émotions diverses ainsi que mises en scènes atroces…Et pourtant, il y a une certaine addiction qui se crée, car tu ne peux laisser à leur triste sort, ses enfants…Jusqu’à la dernière page, tu espères : que le jeu s’enraye, que l’humanité triomphe…

Ni peur, ni doute, jamais…

Koushun Takami ne se contente pas de livrer une histoire morbide sans morale, non, il nous livre dans cette trame d’horreur, une étude psychologique de la peur, avec en exemple, des adolescents pleins de sentiments contraires dû à leur âge difficile, sur une aire prédéterminée, avec une règle du jeu implacable. Il nous fait réaliser à quel point le doute peut envahir les esprits fragiles, comme il s’insère insidieusement dans les comportements, jusqu’à quel point, il peut rendre fou…Une classe entière de gamins, plus ou moins unis dans le quotidien va être contrainte d’éliminer, un à un, ses camarades, au dépit de l’amitié, au détriment de l’amour…Il suffit d’une étincelle, parfois, pour que le carnage se déclenche…L’auteur réussit le pari à créer cette atmosphère de tension très particulière de confiance bafouée, au delà des volontés premières des participants. C’est le Jeu, parce que l’Autre le joue. C’est l’Instinct de survie qui domine parce que les règles sont ainsi. Toute l’horreur se tient là, toute l’intensité se joue là. Dans cet unique sentiment: la peur…

Parce que si tu commences à douter, alors oui, tu peux douter de tout, absolument de la moindre petite chose, tu peux douter. Mais si tu doutes de tout, il faudra que tu t’entoures de tellement de précautions que tu ne pourras bientôt plus bouger le petit doigt.

Si les minutes et l’espace de jeu se réduisent inexorablement pour ces petits héros malgré eux, pour toi aussi, lecteur, le temps prend soudain une autre forme, il s’étire aux souffles de vie qui se perdent… Te voilà confronté à un régime politique totalitaire, à une hécatombe d’innocents, à l’horreur de Battle Royale. J’ai lu ses pages, avec la gorge serrée, heureusement qu’il y avait des notes de douceur auxquelles se raccrocher parfois, mais clairement ce livre te hante. Cette folie t’accompagne dans ton espace intérieur, te déstabilise dans cette illusion de jeunesse candide, te frappe aussi sûrement que le plus déterminé des joueurs, t’atteint en plein cœur de tes convictions utopistes…

S’il n’en restait qu’une, pour vous convaincre de lire ce livre, je serai celle là…

Ma note Plaisir de Lecture  10/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier Ninon, adorable attachée de presse chez Le Livre de Poche Imaginaire, qui m’a fait parvenir cet ouvrage que j’ai cherché partout en librairie sans pouvoir mettre la main dessus. Merci de sa confiance, merci pour cette attention!

Aby, Histoire d’une LC Halloweenesque. Acte IIII: Coup N’Ame

Après la soupe au potiron partagée entre copines blogueuses, l’auteur vous invite à tester également, les spécialités Louisiane alcoolisées, sucrés et salées…Histoire de partager encore plus que le simple plaisir d’une lecture commune, on se lancerai presque dans un concours de cuisine inspiré par ABY…A vos fourneaux et pages noircies, il est temps de mettre un point final à ce grand Opéra Halloweenesque…

Le « hic » avec les Loas, c’est qu’une fois que l’on est marqué par les esprits, cela devient vite, envahissant…La malédiction n’est plus seulement dans la descendance, mais elle prend vite, et d’une manière inquiétante, les adeptes de cette force magnétique pour n’en faire que des pantins exécuteurs de leurs caprices…Aby n’est pourtant plus que l’ombre d’elle même, mais plus puissante que jamais…Et le quartier maudit de Harlem devient vite son terrain de jeu…Le clap de fin s’annonce et pourtant, son influence va vous hanter comme jamais, car ça y est, elle sort enfin de l’ombre….

Tremblez, maintenant!

Oui, tremblez maintenant!

Aby est à l’aube de sa vie

40 ans se sont écoulés depuis qu’elle est installée à New York

40 ans que le malheur frappe à la porte de l’immeuble aux briques rouges

Harlem change, mais Aby veille toujours sur ses ousmis

Harlem sort doucereusement de la crise

Mais le mal est fait.

Les tensions raciales plus que jamais sont ancrées dans ce quartier.

Aby a peur pour son fils

Aaron, le fruit de ses entrailles.

Aaron le fils du mal.

Aaron qui après Jaja et Aby portera le fardeau de la malédiction familiale.

Car à Harlem comme ailleurs, le passé a un prix

Et l’avenir doit le lui payer.

Il va falloir en finir avec l’éthéré…

Il faut que les Laos aident Aby a rompre ce cercle maléfique.

Tous vont devoir régler leurs comptes avec la vieille prêtresse vaudou.

Le désounien va commencer

Abigail Richardson a toute sa vie porté sa famille à bout de bras.

Aujourd’hui il va falloir en découdre avec cette marque d’infamie.

Et le passé et les éléments vont s’en mêler.

Il faut combattre l’ignominie

Alors Tremblez, les choses vont s’accélérer.

Le dénouement est proche

Et il va être griandiose

 

Bientôt la Fée Stelphique et la magicienne Ge viendront vers vous pour donner les clés de chez ABY.

Elles vous raconteront leur expérience au coté de la prêtresse vaudou.

La grande dame venue du Bayou.

Et si vous avez loupé le début, une séance de rattrapage est encore possible.
Vous trouverez ci desous la questions à vos réponses :

Aby, une histoire de LC haloweenesque

Aby, une histoire de LC haloweenesque :  L’Ouverture

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 1, Aby

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 2 Lwa Racine

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 3 Marinèt Bwa Chech

 

Entre deux mondes, Olivier Norek.

 

 

Couverture Entre deux mondes

Pourquoi je l’ai choisi:

Difficile de résister à la nouvelle sortie du livre d’un auteur chouchou, et encore plus, en voyant les Coups de Cœur qui s’enchaînent sur les blogs …

Synopsis:

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

Ce que j’ai ressenti :…Un coup de coeur ravageur…

Olivier Norek, avec son dernier roman bouleversant, explore l’idée de Frontière, de toutes formes de frontières. Des frontières physiques, morales, géographiques, entre le Bien et le Mal, entre l’enfant et l’adulte, entre l’acceptable et l’inacceptable: toutes sortes de lignes étroites qu’il se plaît à barbouiller dans ses pages noircies d’adrénaline et de violence, pour t’atteindre au plus sensible, à ce qui te touche le plus profondément, à ton humanité… Quand tu lis cet Entre Deux mondes, il te vient une boule d’angoisse, des élans de compassion, une foudroyante prise de conscience et ton cœur s’ouvre en deux…

Bastien,  comme le dernier bastion d’une intégrité  en perte de vitesse, et Adam, premier homme à tendre la main dans cette Jungle : ce duo improbable de policiers d’horizons différents s’unissent contre l’Innommable, luttant ensemble face au désarroi de Calais et sauver ce qu’il reste encore d’innocence chez le jeune Kilani. Deux nationalités dans une cause commune, deux hommes pour sauver un enfant. Dans cette vocation de flics investis, ils se retrouvent partenaires, unis dans les mêmes valeurs d’entraide et de justice, et affrontent les ahurissantes règles qui régissent un endroit où le meurtre est impuni, ici, en France…

C’est avec beaucoup d’émotions que l’on referme ce livre, des larmes pleins les yeux aussi, parce qu’il est dur d’affronter une réalité aussi cruelle, des injustices aussi grandes, des lois et un système inadaptés face à un phénomène de migration d’hommes et de femmes démunis. En s’infiltrant dans les méandres de cette Jungle, Olivier Norek nous livre un polar excellent, comme il a su si bien le faire avec sa trilogie Coste, mais dans celui ci, il y a une énergie nouvelle, plus humaine, plus intense, plus affirmée. J’aime sa façon de livrer ses messages, la force de sa franchise et la douceur de son idéalisme, cette manière bien à lui, d’être toujours plus proche d’une vérité même si elle dérange.

-Remarque, ça fait presque deux ans qu’on ferme les yeux, c’est pas pour les ouvrir aujourd’hui.

Entre deux mondes, c’est des milliers de cœurs perdus qui battent plein d’espoir vers un meilleur avenir, une Jungle Love qui te bercent de ses bras refluant une odeur de brûlé indéfectible, une forêt d’âmes sans identité qui te hantent dans tes nuits opaques, mais c’est aussi dans cet étrange lieu où j’ai adoré me perdre, et y laisser un authentique coup de cœur!

Ma note Plaisir de Lecture   10/10

Bourbon Kid, Anonyme.

Couverture Bourbon kid, tome 6

Pourquoi je l’ai choisi:

Encore la curiosité de savoir qui peut se cacher derrière ce fameux Anonyme, et cette couverture à tomber: je ne pouvais vraiment pas résister!

Synopsis:

Les Dead Hunters ont une morale très personnelle. C’est la moindre des choses pour une confrérie de tueurs sanguinaires. Ils ont aussi quelques menus défauts, se croire invincibles, par exemple. Un démon va néanmoins vite les détromper. Malin, fort et intelligent comme seuls les démons savent parfois l’être, il va tranquillement les décimer les uns après les autres. À une exception près. Un des membres des Hunters reste en effet introuvable, et non des moindres : le Bourbon Kid.

Notre démon va alors jeter toutes ses forces dans la bataille, depuis les quatre cavaliers de l’Apocalypse jusqu’à une armée de morts vivants, pour retrouver et anéantir définitivement notre tueur bien-aimé.

Après Le pape, le Kid et l’Iroquois, l’auteur toujours aussi anonyme du Livre sans nom se déchaîne littéralement dans cette nouvelle aventure du Bourbon Kid. Et il fait souffler toutes les forces maléfiques imaginables et inimaginables pour éprouver la capacité de résistance d’un héros que les feux de l’enfer chatouillent à peine.

Ce que j’ai ressenti:…Une chevauchée d’enfer!

Entendez le bruit assourdissant des sabots, Sentez les effluves d’alcool étourdissantes, Touchez la panoplie de cuir affriolante mais surtout Voyez, le petit dernier cocktail explosif déjanté que vous a concocté avec génie, par un Anonyme d’auteur de talent: Bourbon Kid, de son titre évocateur! Voyez un peu cette magnifique couverture, tout en relief et en sobriété, le petit indispensable, tout en noir, de cette rentrée littéraire.

Tôt ou tard, tout le bien que nous avons accompli pour l’humanité sera détruit. C’est pour cette raison que nous devons libérer les anges, avant qu’il ne soit trop tard.

J’ai adoré la dynamique de folie et l’ambiance pré-apocalyptique qui donne à ce thriller, l’énergie nécessaire pour être un page-turner incroyable! Entre la légende des fameux quatre cavaliers et l’armée de morts vivants, l’urgence de la fin du monde s’accélère, et même les enfers, n’ont jamais paru aussi près de déferler sur notre monde…Les Dead Hunters, sombre équipe de personnages intrépides, aux talents plus ou moins prononcés, se retrouvent en mauvaise posture pour contrer le premier meurtrier de l’histoire du temps. Et tout cela, servi avec un humour mordant et plus que décadent, qui nous entraîne dans cette aventure totalement survoltée…Vraiment cet auteur Anonyme, malmène ses petits protégés plus que de raison, et nous donne un roman explosif et un plaisir immense de lecture!

« Si Dieu avait l’intention d’envoyer qui que ce soit pour empêcher cette apocalypse, il l’aurait déjà fait. S’il n’a envoyé personne, c’est qu’il en avait assez de l’humanité. Il veut la fin du monde. « 

Bourbon Kid va être désiré, attendu, craint, et toujours, follement enragé…Ses amis ne seront bien sûr pas en reste, et c’est un bonheur de retrouver la fureur de ce groupe! J’adore le ton décalé, les situations loufoques, l’humour permanent qu’il faut prendre à tous les degrés d’alcool avec lequel ils sont tous arrosés, les odeurs fétides que l’on a de la chance de lire plutôt que de sentir, l’ultime cavalcade biblique revisitée façon démentiellement cinématographique. Même avec ce souffle de fantaisie déjantée, il n’en reste pas moins que l’auteur sait maîtriser son suspense, et que dans ce grand flacon noir de Bourbon, il y a le secret de la boisson: la terrible addiction! Alors, vous en prendre bien un verre, non?

 

Ma note Plaisir de Lecture  9.5/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture addictive!

-Etes-vous psychopathe? , Jon Ronson.

Couverture Êtes-vous psychopathe ?

Pourquoi je l’ai choisi:

Au premier coup d’œil, j’ai adoré cette couverture! Je la trouve juste géniale, et j’étais curieuse de voir ce qu’elle cachait derrière!

Synopsis:

Voyage d’un candide au pays des désordres mentaux.
Jon Ronson, l’auteur reconnu des Chèvres du Pentagone s’aventure dans un voyage rocambolesque au pays des désordres mentaux pour essayer de savoir si notre société n’est pas animée au final, plus par la folie que par la raison, par les névroses que par l’intelligence.
Pour ce faire, il rencontre des psychopathes remarquables, des psychiatres un peu cinglés, des hommes d’affaires qui, du narcissisme à l’asociabilité, doivent leur réussite à leurs névroses. Cette épopée aussi loufoque qu’éclairante le conduit chez le célèbre psychologue canadien Robert D. Hare, l’inventeur du test du psychopathe, moyen infaillible de mesurer notre degré de folie.
Entre Woody Allen et Hunter S. Thompson, Jon Ronson se promène dans l’antichambre de la démence avec une autodérision et un humour caustique et pose des questions dérangeantes sur nos désordres. Pouvons-nous échapper à l’un des 374 types de troubles mentaux répertoriés ? Sommes-nous tous fous ? Dans cette exploration aussi désopilante qu’irrévérencieuse, il questionne la notion de normalité dans notre société et la façon dont cette notion floue a donné lieu à une économie florissante.

Ce que j’ai ressenti:…Etonnant voyage au sein de la folie.

« Ce livre traite de la folie. »

Oubliez toutes vos certitudes, branchez-vous sur l’humour et l’auto-dérision, et visitons ensemble, les joies de nos névroses! Voici comme l’auteur aurait pu présenter son nouveau livre, ou plutôt sa passionnante enquête au sein des psychopathes reconnus, (ou pas)…

« Il est terriblement plus difficile, m’a expliqué Tony, de convaincre les gens qu’on est sain d’esprit que de les convaincre qu’on est fou. »

En se basant sur son expérience et ses rencontres, Jon Ronson, parle de maladie mentale. Se basant sur un véritable test de pshychologie, il chemine des prisons, en passant par des hôpitaux psychiatriques, les hautes sphères du pouvoir, et même parfois en introspection pour mieux appréhender, le concept de cette étiquette utilisée à tort et travers: Psychopathe.

« Je me suis demandé si parfois la différence entre un psychopathe en hôpital et un psychopathe à Wall Street était que l’un avait eu la chance de naître dans une famille stable et aisée. »

Le mot est bien souvent lancé, quand un comportement déviant est observé, mais selon le lieu ou le domaine, il ne sera pas perçu de la même manière. C’est cette étrangeté et ses jeux de vocabulaires, autant que d’interprétations hasardeuses que l’auteur veut  mettre en lumière, et c’est bien tout l’intérêt de ce livre, c’est qu’il devient passionnant autant qu’intéressant, car tout est question de perception. La réponse est aux lecteurs: Etes-vous psychopathe? Etes-vous, entouré de, psychopathes? Saurez-vous simplement les reconnaître, si seulement vous en croisiez un?

S’il est vrai que Jon Ronson utilise l’humour dans ce sujet délicat, on s’aperçoit aussi en allant dénicher, les multiples références sur le Net, que l’auteur a fait un sacré travail de recherche! C’est bien plus agréable d’apprendre en s’amusant, et du coup, on admire d’autant plus sa démarche. J’ai été ravie d’en apprendre plus sur la psychologie, la médecine, et les moyens parfois douteux, de guérir des patients.

Une lecture enrichissante!

-Oh, vous savez comment sont les blogueurs. Ils passent leur temps à écrire. Je me demande pourquoi, vu qu’ils ne sont pas payés pour.

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Merci de leur confiance, ce fût une lecture passionnante!

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Les Geôliers, Serge Brussolo.

Couverture Les geôliers

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai trouvé la couverture superbe, et assez inquiétante pour vouloir à tout prix savoir ce qui se cachait derrière cette forêt!

Synopsis:

Il y a quinze ans, Debbie Fevertown s’échappait de Dipton après avoir tué sans pitié son mari et ses deux fils. Aujourd’hui, Jillian Caine est engagée par le réalisateur Dieter Jürgen pour écrire le scénario d’un biopic retraçant la vie de la meurtrière. Jill rencontre des gens qui ont connu Debbie et ont partagé son quotidien, se rend sur les lieux du crime et découvre que la réalité n’est peut-être pas celle que les médias ont décrite à l’époque. Quels mystères recèle l’étrange ville de Dipton ? Que cache ce culte insolite dédié aux arbres ? Et qui sont ces mystérieux gardiens que l’on nomme – à voix basse – les Geôliers ?

Ce que j’ai ressenti:…Une autre façon de regarder la végétation…

« Je ne suis pas expert en botanique, mais je suis sûr d’un truc, des arbres comme ça, j’en ai jamais vu nulle part. »

S’il vous prend l’envie de vous promener en forêt, et pour une quelconque raison, vous apercevez un chêne au feuillage noir: Fuyez à toutes jambes… Courrez de toutes vos forces vers la lumière, car il se pourrait que cet arbre soit un éclaireur de Dipton. Et dans ce village, qui fleure l’obscurantisme, règne un secret ancestral gardé par des Geôliers, qui prennent leur mission, fanatiquement, au sérieux…

« Les gens en ont marre du factice, ils veulent qu’on leur montre la vérité. »

Les Geôliers, C’est:

  •   Un thriller qui se transforme en science-fiction. Par un talent magique, Serge Brussolo emmène son roman vers des frontières inconnues, dangereuses, oniriques, spectaculaires. Il métamorphose l’horreur en bataille ultime surréaliste, il construit une intrigue tentaculaire qui prend racine aux origines du monde, il jongle avec les codes pour époustoufler ses lecteurs. C’est incroyable cette force d’imagination d’une scène d’accroche haletante, l’auteur nous entraîne dans des méandres d’une intrigue noire et profonde, à l’image des racines de ses arbres…Fascinant!
  •  De fabuleux personnages à découvrir. Du cinéaste fantasque à une scénariste aux abois, en passant par une tueuse redoutable, l’aventure promet d’être mouvementée! Chaque nouvelle rencontre est surprenante! Ce qui semblait superficiel, prend peu à peu consistance, nous entraîne plus loin vers la connaissance des comportements humains, et l’inévitable déviance qui en découle…Passionnant!
  • Une ambiance sensationnelle, où la peur vous saisit à chaque coin de pages, ou peut être même, derrière l’arbre centenaire, qui se plante là, avec ses racines envahissantes. Elle vous étreint cette atmosphère de mystères, et vous fait perdre la notion de réalité. Il règne comme une sombre apesanteur irrespirable, malgré la chlorophylle de ses géants chênes verts, que vous risqueriez presque de finir absorber comme le dioxyde de carbone lors de la future photosynthèse….Hypnotique!
  • Une super lecture, et puis c’est tout! Un véritable maelström d’émotions vous attends dans ce superbe Inédit de Folio SF,  et vous auriez tort de vous priver de découvrir la folle aventure, qui se cache derrière Les Geôliers…

« Tu voulais toucher l’impossible du doigt. Un besoin impérieux. »

C’est le tout premier Serge Brussolo que je lis, et je dois dire que la rencontre avec sa plume fut une très agréable surprise! Ce thriller fantastique était tellement fascinant, que je suis certaine d’en lire d’autres très prochainement, mais en attendant, je vous invite fortement à découvrir cette lecture envoûtante…

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Les Editions Folio SF, pour l’envoi de ce livre! Merci infiniment de leur confiance !

Dompteur d’anges, Claire Favan.

Couverture Dompteur d'anges

Pourquoi je l’ai choisi:

Une lecture magiquement arrivée dans mon monde grâce à Yvan, d’Emotions, blog littéraire et musical.  Un Merci elfique, évidemment!!!!;) Sa chronique passionnée pour Dompteur d’anges.

Synopsis:

On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur…
Condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l’ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu’il est reconnu innocent et libéré, ce n’est plus le même homme. Il n’a désormais plus qu’une seule idée en tête : se venger de cette société qu’il hait par-dessus tout.
Pour frapper ses bourreaux au coeur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu’à ce qu’une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature…

Ce que j’ai ressenti:…Trop d’émotions pour une fée sensible…

On peut vraiment dire que Claire Favan sait y faire en tant que provocatrice d’émotions…Son nouveau thriller va vous en faire vivre de ses montagnes russes de sentiments et ressentiments contradictoires qu’il vous sera difficile de quitter ses pages…Efficace et puissant jusqu’à la dernière ligne…

Elle joue avec son lecteur pour lui faire un jeu de manège tourbillonnant intense…

  • Première partie abrupte avec Le dompteur. Une mise en bouche déjà bien dérangeante et un personnage avec lequel on tisse un lien d’empathie…Montée lente mais vertigineuse, dans cette fameuse machine infernale…
  • Deuxième partie asphyxiante avec les Anges. Naissance d’une ligue spéciale et virages à 90° degré avec cette découpe du lien fraternel…On n’arrête plus la course folle de ce manège, lancé à toute berzingue, et le flot d’intenses variations de chutes et de soulèvements du palpitant…

Comme je l’ai dit, c’est un super thriller psychologique et noir à souhait pour les amateurs de sensations fortes…J’ai trouvé cette vengeance totalement folle, rudement bien menée, et le titre qui colle parfaitement à cette intrigue sanglante…Elle est suffisamment dérangeante pour attiser cette frénésie de tourner la page suivante, mais les répercussions sur nos esprits, sont autant de marques au fer rouge….

La pauvre a eu le temps de voir la mort rôder tout près d’elle et picorer son âme.

Il n’empêche que pour moi, j’ai « presque » failli laisser de coté cette lecture, pas parce qu’elle n’était pas bien , mais peut être trop bien écrite justement, trop suggestive à mon imaginaire … A un certain moment, mon cœur de mère d’un petit bout’chou, justement de cinq ans, a sur-réagi à une certaine scène, et il m’a fallu un certain temps pour passer l’horreur et toutes ses images toxiques qu’elle a fait naître en moi.

Je t’ai choisi pour que tu deviennes plus fort que tu ne l’aurais jamais été sans mon aide. Je vais t’apprendre à voir la société telle qu’elle est vraiment : corrompue, profondément injuste, autodestructrice, mauvaise… Grâce à moi, tu sauras éviter ses pièges et frapper avant qu’on ne te fasse du mal. Je vais te transformer en un super-prédateur apte à survivre.

Tout cela pour dire, que cette auteure a du talent et le pouvoir de vous bouleverser avec ses romans, qu’il n’est pas anodin de choisir ces histoires de tueurs qu’elle vous concocte avec passion: la passion du thriller…A bon entendeur, bonne lecture!

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Les infâmes, Jax Miller (LC avec Cannibal Lecteur ).

Pourquoi je l’ai choisi:

Ce livre nous tentait depuis sa sortie avec ma chère binôme, mais faute de temps, et toujours plus de tentations livresques chaque jour passant, on ne lui a pas trouvé une place avant, dans notre planning….Réparation faite…;)

Synopsis:

Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère. En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger.

Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux, son périple tourne à l’odyssée.

Ce que j’ai ressenti:…Une fureur contagieuse…

Freedom… Sentez un peu ce brin de liberté dans votre face…Ah, mais vous allez me dire qu’il y a un certain relent de vapeur nauséabonde, et je vous répondrai « mais à quoi tu t’attendais avec un titre pareil??!!!!Exit la féérie, bienvenue au Kentucky! Une plongée spectaculaire dans les bas-fond de la nature humaine, et prends toi un bon verre pour accompagner le tout, c’est un sacré rodéo d’émotions fortes qui t’attend en ouvrant ses pages….

-Est-ce qu’il y a encore des gens normaux?

Les infâmes : mais que de promesses tenues avec ce titre évocateur…Ils ont tous un grain, sont tous difficilement appréciables et forcement tous un peu bourrés, voire sacrement barrés….Pas vraiment une ballade calme en ces lieux perdus de l’Oregon, ni de rencontres charmantes sont au programme…Infamies, affamés, fin fanatique, forme fatale de folie : un bien sombre panorama de l’Amérique profonde…Jax Miller nous fait un tour d’horizon sociétal américain avec une certaine fureur, un grand talent,  et une belle dose d’humour noir, et on comprend ce titre gagné pour ce premier roman dynamique et déjanté!

« – Je bois pas d’eau . Les poissons baisent dedans. »

S’il est évident qu’on ne se prend pas beaucoup d’affection de prime abord avec cette dame (cf, le prologue bien frappé ), avec le temps, j’ai été souvent fan de ses répliques, et je me suis attachée à ce bout de femme, qui décide d’avancer coûte que coûte, au mépris des lois, du danger, ou de la raison…L’auteure ne prend pas le parti de créer une simple intrigue policière avec un enquêteur plus ou moins lisse, non, elle envoie une mère folle furieuse, complètement désaxée, et avec cet instinct presque animal de protéger sa progéniture  dans un road-trip qui vous retourne à peu près chaque particule de votre corps et de votre esprit! Et avec sa détermination, on la suit dans ses dangereuses péripéties, sur sa moto, bravant même l’univers pour retrouver sa fille, et même si le voyage est une horreur de tension et d’angoisse pour Freedom, nous, pauvres lecteurs, on se laisse prendre par ce roman d’une noirceur infamante, avec cette plume impertinente…Un régal à lire!!!

 « Tout ce que je sais, c’est qu’il faut que je reste en mouvement; que je bouge. Sinon, je sauterai. Je m’écraserai. Je mourrai. » 

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

infames-les-jax-millerTitre : Les infâmes

Auteur : Jax Miller
Édition : Ombres Noires (2015)

Résumé :
Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère.

En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger.

SKULL - Game OverCritique de Cannibal Lecteur :
Quand noir c’est noir et qu’il te reste même plus l’espoir, moi j’ai du mal à croire au gris de l’ennui…

Ami lecteur, si tu veux du bonheur, n’ouvre pas ce roman, il est rempli de noir, de désespoir, de violence et d’alcool pour aider à oublier le gris de la vie, de vies de merde et tout ce qui fait que la vie est vraiment pourrie pour certains.

Freedom Olivier à décroché le gros lot à la loterie merdique de la vie : de jeune fille bien qui a terminé ses études major de sa promotion, là voilà serveuse dans un bouge infâme pour motards roulant les mécaniques et éclusant l’alcool comme d’autres boivent de la flotte.

Freddom, tu t’en doutes, ce n’est pas son vrai nom. Le programme de protection des témoins lui a changé et elle a choisi celui-là, tu sauras plus tard pourquoi. Mais quand je te dis que sa vie est pourrie de misère, d’envie de suicide et d’alcool, je suis encore gentille. Sa vie est une horreur depuis de nombreuses années.

D’entrée de jeu, Freedom frappe fort puisqu’elle se présente et qu’elle t’envoie dans les gencives un uppercut maousse kosto « J’ai tué ma fille ».

Comment tu veux arriver à apprécier un personnage principal qui te balance ça dans les incisives ? Et bien, en vérité je te le dis, Freedom Oliver, tu vas l’apprécier, même dans ses délires de femme bourrée, même dans son côté borderline, dans tout, tu vas apprécier cette bonne femme qui a été brisée par la vie, mais surtout, par des êtres humains et des mauvais choix.

Après, pour elle, tout est parti en couille.

De toute façon, quand tu vois les personnages qui hantent ces pages, tu te dis que Freedom Oliver, c’est un ange, un agneau, comparée à certains, dont ses beaux-frères qui  n’ont de beaux et de frères que le nom. Quant à la mère de ces bâtards, l’espèce de grosse truie de 300 kg, on se surprend à avoir envie qu’elle s’étrangle avec son cubi de vin.

Que du sombre dans ces pages, que du désespoir, des vies de merde, et pourtant, dans le fond de ce putain de tunnel sans fin, tout au bout, brille une loupiote : l’espoir qui a réussi à se faufiler dans toute cette noircitude (néologisme offert en cadeau).

Un roman noir, très noir, où trainent en effet des paumés magnifiques, des flics indélicats et véreux, des dégénérés de mecs et, pire que tout ça, un dangereux fanatique religieux qui a tourné les Écritures dans son sens… À se demander si le plus pire ce n’est pas Virgil Paul, le prédicateur qui dit que Dieu lui parle.

Freedom va devoir accomplir un putain de dangereux périple pour retrouver ses enfants qui sont adultes… Ses enfants qu’elle a dû abandonner. Une véritable odyssée sans véritables héros pour l’aider..

Et toi, pauvre lecteur, tu la suivras dans son périple fou, dans son odyssée flamboyante, dans sa quête, dans son envie de rédemption, dans sa rage de mère qui ne veut que la vengeance.

Tu la suivras dans ses combats, tu prieras pour qu’elle y arrive, tu remercieras l’auteur d’avoir pensé à lui envoyer des gens pour l’aider dans sa tâche et à la fin, tu poseras le livre, secoué, laminé, mais avec cette lueur d’espoir qui brillera aux fonds de tes yeux.

Étoile 4

 

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