Stone Junction, Jim Dodge.

Couverture Stone Junction

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai trouvé la couverture dynamique et plutôt accrocheuse à l’oeil, et quand on parle de magie, je ne sais pas résister…

Synopsis:

Après la mort dramatique de sa mère, le jeune Daniel Pearse est recueilli par une société secrète, l’AMO, alliance historique de criminels, d’anarchistes, de shamans, de magiciens, d’alchimistes, de scientifiques fêlés et autres marginaux et rebelles en tous genres.

Ceux-ci vont initier Daniel à quelques disciplines indispensables, de la méditation au casse de coffres-forts, en passant par le réajustement karmique, les subtilités du poker, l’art du déguisement ou encore les avantages et inconvénients des drogues.

Fort de ces connaissances, Daniel va s’employer à résoudre le mystère entourant la mort de sa mère tout en essayant de mener à bien la mission que lui a confiée l’AMO : tenter de dérober un étrange diamant détenu par le gouvernement, lequel pourrait bien être la fameuse pierre philosophale…

Les personnages:

Tout d’abord, grande affection pour cette A.M.O, Alliance des Magiciens et Outlaws! Tout comme Daniel Pearce, on se laisse séduire par l’esprit, les personnalités, les qualités de tous ses personnages, qui font de son enseignement, un enrichissement pétillant! Chacun dans son style, ils m’ont tous plu et c’est un enchantement de les découvrir au sein de cette aventure hors norme! Tous plus timbrés, déjantés et plus talentueux les uns que les autres, on se plaît à connaitre leurs spécificités qui flirtent avec l’illégalité, et qui jettent dans les hautes sphères de la poudre aux yeux scintillante pour mieux contrer l’influence du capitalisme, avec toujours à l’esprit, l’Art du jeu…Chaque coup, comme un défi, chaque action pour aiguiser la chance d’être hors du commun…Belle équipe de joyeux lurons qui s’entraident dans les mailles d’un filet qui défie les lois de la raison…

 « – HORS-LA-LOI, rectifia Smiling Jack. Pas des criminels, des HORS-LA-LOI. Mon ami Volta dit qu’il y a une différence de taille. Les hors-la-loi ne font le mal que lorsqu’ils estiment agir pour le bien ; alors que les criminels, eux, ne se sentent bien que lorsqu’ils font le mal. »

Ce que j’ai ressenti:…Un pour tous, et tous pour l’AMO!

J’ai trouvé la vérité, et elle est simple: la vie est étonnante.

Je dirai qu’un grand souffle de liberté souffle dans ses pages, et que ça fait du bien! En se mettant hors-la-loi, le duo Mère/Fils Pearce, s’offre une chance de vivre sans contraintes, sans limites, sans entraves…Il ne sont plus enfermés dans les codes de vies « classiques », du genre Métro-Boulot-Dodo, et s’enrichissent de ce fait, d’une autre forme d’apprentissage, de connaissances et de plaisir qui les tournent vers une autre façon d’appréhender le monde. Daniel Pearce deviendra donc un être malléable qui tend vers une Liberté absolue, et chaque rencontre avec les membres de L’AMO sera une leçon d’émerveillement, une puissance méditative et une conscience plus active sur les mystères de l’existence.

Disparaître est un outil, une technique, une autre manipulation de l’apparence. La magie est l’expropriation du réel.

Entre l’art de s’inventer, de réinventer, de faire sauter toutes les barrières physiques et morales, cette grande œuvrette alchimique souffle en 4 éléments , la plus fantasque des aventures et la plus magique des quêtes…Ce Diamant, entre trésor mystérieux et espoir de pierre philosophale, va mobiliser tous les talents cachés de cette association secrète! Et tout devient spectacle d’illusions, force d’invisibilité, pouvoir de transformation et don de disparition, pour notre plus grand bonheur de lecteur! 700 pages d’une audace magique, trempée dans une dynamique irrévérencieuse!

Ce que je suggère, si tant est que je suggère quoi que ce soit, c’est que nous sommes nés pour être étonnés.

J’ai adoré ce roman pour la douce folie qui le caractérise, pour son étonnante façon de briser les styles convenus, pour son originalité loufoque, pour sa pétillante Magie! C’est un moment de lecture très spécial, un genre presque inclassable, intense et divertissant, et incroyablement addictif! Je ne suis pas prête d’oublier cette Alliance de hors-la-loi bien sympathique, qui m’a donnée le temps de cette aventure, une énergie communicative!

Parce que si les souhaits étaient des ailes, on volerait tous dans le ciel, et si la crème comptait pour du beurre, y aurait pas à baratter pendant des heures.

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement le site Babelio ainsi que les éditions Super 8 pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture étonnante!

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Super 8 éditions

 

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Les enfants de Venise, Luca Di Fulvio

Couverture Les enfants de Venise

Pourquoi je l’ai choisi:

J’avais enfin hâte de me faire mon avis sur cet auteur qui a bouleversé tant de cœurs…Hâte d’embarquer vers Venise en ce début d’été, pour mieux voyager dans le temps et les émotions….

Synopsis:

« Quand Mercurio s’était jeté dans le canal, Giuditta avait eu la tentation de le retenir. Ou de s’y jeter avec lui. Elle ne voulait pas renoncer à la sensation de sa main dans la sienne. Elle ne voulait pas renoncer à lui. Déjà, les nuits précédentes, dans le chariot, elle avait senti une forte attraction pour les yeux de cet étrange garçon. Qui était-il ? Il n’était pas prêtre, il le lui avait avoué. Quels mots avait-il dits en sautant du bateau ? Elle se souvenait à peine. Sa tête se faisait légère. “Je te retrouverai”, voilà ce qu’il avait dit. »

Ce que j’ai ressenti: ♫Je te promets une histoire différente des autres, J’ai tant besoin d’y croire encore…♫

« Il n’y a pas de rêves trop grands… »

Drôle d’impression que de vouloir toujours rester dans un livre, avoir envie de le terminer et en même temps ne jamais vouloir qu’il se finisse…J’aurai voulu rester à voguer indéfiniment à Venise, ramasser mon cœur en miettes que j’ai dû sans doute perdre sur un pavé, prendre la main d’un enfant des rues et lui offrir la douceur d’un regard…Peut-être oserais-je même vous chuchoter que ce livre est un chef d’œuvre, qu’il m’a tellement émue que je peux affirmer que c’est un de mes plus grands coups de cœurs littéraires, que la plume de cet auteur est si emplie de passion, que j’ai cru défaillir lors de ce moment de lecture, mourir un peu plus pour mieux revivre l’instant d’après, et qu’en plus, elle monte en crescendo…Toute l’Italie est là: vivante, vibrante…

« La vie est simple. Quand elle devient compliquée, ça veut dire qu’on se trompe quelque part. Ne l’oublie jamais. Si la vie devient compliquée, c’est parce que c’est nous qui la compliquons. Le bonheur et la souffrance, le désespoir et l’amour sont simples. Il n’y a rien de difficile. »

Il a ce goût du premier amour, celui de deux adolescents qui passent de l’enfance à l’âge adulte, et qui aime démesurément, presque avec cet élan si intense qu’il en devient dangereux, mais aussi qui va au delà de toute forme d’obstacle, qui combat dans un battement palpitant commun…L’amour tragique ou la tragédie de l’amour, en fait, peu importe c’est ce qui soulève les cœurs…En voici deux, de cœurs purs, qui d’un regard ouvre l’infiniment beau, l’infiniment romantique et qui même, cent fois contrarié se retrouvent toujours…Il y a comme une urgence à s’aimer ainsi, comme si cette intensité qui les submerge pouvait aussi bouleverser les mentalités…

« L’amour nourrit et engraisse. La haine consume et creuse. L’amour enrichit, la haine soustrait. »

Les enfants de Venise, et particulièrement ce quatuor de personnages apporte un souffle de candeur et de vie, pour mieux apprivoiser cette lumière d’innocence au milieu de cette misère écrasante. Mercurio est un magnifique personnage, ce petit arnaqueur vous volera aussi votre cœur, tant son intention de grandeur, est sincère. Il trompe avec panache, il se trompe avec naïveté , mais il a toujours cette flamme d’honneur qui l’anime envers et contre tout, et curieusement, il contamine dans le Bien, son entourage…Cette petite graine, est sûrement né, dans la boue fangeuse, mais il fleurit dans notre esprit, comme un petit trésor d’idéalisme…Avec ses quatre orphelins, on explore toutes les couches sociales de cette ville en expansion, et avec leur regard neuf, les failles sont encore plus perceptibles, plus malignes encore, peut être plus féroces pour notre esprit…Toute cette violence, cet éclat de chaos, cette misère, leur destin et les chemins qu’ils empruntent n’en sont que plus passionnant à suivre…

« Devenir riche, ça ne veut rien dire. Tu dois vouloir quelque chose qui nourrit le cœur. Ou tu mourras à l’intérieur. »

Luca Di Fulvio a su insuffler la passion dans cette Histoire, nous faire revivre avec émotion le Venise du XVIeme siècle, avec tout le cadre politique, religieux et social. Antisémitisme, jeux de pouvoirs, corruption, inégalités et injustices sont le quotidien de cette Italie en proie au fanatisme, et cette faille entre l’Etat et l’Eglise voit ses pires détracteurs…Arpenter ses pages, c’est revivre le poids de l’Inquisition, se confronter à la pauvreté, respirer de cette misère infâme et porter un regard sans doute plus profond dans ces eaux salies par le sang de l’intolérance. Autant vous le dire de suite avant que vous ouvriez ces pages: une lecture qui ne laisse pas indemne, tellement belle qu’elle vous renversera, tellement intense que vous voguerez au souffle de la Liberté…

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie pour l’envoi de ce livre! J’ai rarement lu, livre plus beau que celui ci! Merci de votre confiance, ce fut une révélation cet auteur…

Port d’âmes, Lionel Davoust.

Couverture Port d'âmes

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai trouvé la couverture magnifique, et quand on lit ce roman, on s’aperçoit qu’elle colle parfaitement à l’histoire. Bravo aux éditions Folio, pour cette très jolie représentation!  Chaque fois que je la regardais, je partais dans un voyage brumeux…

Synopsis:

Rhuys ap Kaledán a été condamné, adolescent, à huit ans de servitude dans la Marine. À vingt-deux ans il est toujours en vie mais a tout perdu : sa demeure, sa famille, ses titres de noblesse… Lorsqu’il débarque à Aniagrad, la Cité franche, il a la tête pleine d’idéaux et est bien décidé à se faire un nom et, qui sait, à retrouver la place qui aurait dû être la sienne. Mais la cité du mensonge va vite le faire déchanter. S’il veut survivre, Rhuys devra faire bien des concessions et, même, prendre les prédateurs qui le chassent à leurs propres pièges.

Ce que j’ai ressenti:… un souffle enchanteur…

Aniagrad , ville marchande par excellence. Tout se négocie des plus infâmes talents aux plus retorses pouvoirs, de la plus grande douceur à la plus pure des intentions,  cette ville portuaire a une vie propre et un fonctionnement qui étourdissent les curieux. Doté d’une philosophie et d’une Administration qui régissent son fonctionnement, elle exerce une forte attraction sur les voyageurs qui arpentent ses ruelles sombres. Sans compter que la ville cache des Anges. Une attraction de plus…En somme, une ville aux mille dangers pour qui, ne respecte ses règles…

« L’existence aurait probablement été plus simple avec des ailes. »

Du plus petit mensonge au plus audacieux stratagème, notre héros a de quoi trembler pour sa vie. Manipulations, jeux de pouvoirs, investissements et politique, ce jeune homme en quête d’identité et de justice, va devoir jouer très serré avec tous ses Prédateurs qui rôdent et tiennent la main mise sur sa bourse. J’ai beaucoup apprécié l’évolution de Ruys, de sa naïveté il en ressort grandit, grâce à son idéalisme. C’est un héros, plaisant à suivre, car au centre de toutes sortes d’attentions, mais aussi en proie à ces plus intimes épreuves personnelles. Entre ombres et lumière, désir et réalité, ce héros tient toute notre attention grâce à cette imbrication de faits et d’émotions.

« La liberté livrée à elle-même finit toujours par se dévorer toute seule. »

Port d’âmes, rien que le titre emmène de la poésie, une ouverture vers la beauté et une énigmatique quête de l’esprit…Et c’est bien là, ce que je retiens essentiellement de cette lecture: une enivrante plongée nébuleuse et vaporeuse que j’ai adoré emprunter avec la Vendeuse et Rhuys, dans cet échange très particulier. Tout le charme et le mystère du Transfert, m’ont laissé une forte impression, j’étais friande de tous ses fragments déposés dans ses lignes, voulant aussi les adopter, les faire miens, pour mieux vous convaincre de vous laisser guider par cette bien trop généreuse offre…Valeur inestimable et instant suspendu, on est presque du domaine de la méditation, comme une parenthèse de rêverie au milieu du chaos et de la corruption, c’est juste saisissant, ces petites touches de magie, cette douceur du souvenir, cette poétique vibration…

Peut-être était-ce là la première leçon du Transfert: chaque histoire était unique.

Entre l’effet dynamique de ses jeux de pouvoirs, et cette ouverture mystique sur une nouvelle méthode d’échanges, Port d’âmes possède beaucoup d’atouts pour porter durant ses 600 pages, toute notre âme d’enfant en soif d’aventures et de nouveaux horizons, grâce à la plume très inspirée de cet auteur…

« J’ai parlé à la nuit et la nuit m’a répondu. »

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Folio SF, pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture envoûtante!

Cœurs Artificiels, Laura Lam.

Couverture Coeurs artificiels

Pourquoi je l’ai choisi:

Je dirais que tout s’est joué au premier coup d’œil: je trouve la couverture superbe, et à la fin de cette lecture on voit bien qu’elle illustre à merveille, ce roman!

Synopsis:

Élevées dans une secte refusant toute technologie, les soeurs siamoises Taema et Tila rêvent d’une vie libre. À seize ans, elles fuient à San Francisco, où elles sont séparées et dotées chacune d’un coeur artificiel.
Dix ans plus tard, Tila rentre un soir chez sa jumelle, terrifiée et couverte de sang. Elle est arrêtée pour meurtre – le premier commis par un civil depuis des années. Tila est soupçonnée de frayer avec le Ratel, organisation criminelle impliquée dans le trafic d’une drogue interdite. Une substance permettant d’assouvir les pulsions les plus violentes… dans les rêves. Taema a la possibilité de se faire passer pour sa soeur afin de l’innocenter mais, autrefois incapables de se mentir, les jumelles vont découvrir le véritable prix des secrets…

Ce que j’ai ressenti:

  • Cœurs Artificiels mais grand Amour Fraternel.

Faire deux personnages aussi atypiques et aussi liés, presque en symbiose, c’était intense comme découverte. Semblables et si différentes. Siamoises et si contraires. Présentes et effacées dans l’ombre de l’autre. J’ai trouvé que cette découpe de chapitres, avec la personnalité de chacune des T, rend superbement, cet amour qui les unit, sans compter que cet effet cranté d’émotions rajoute à notre attachement à ces jeunes filles, qui n’ont pas eu une vie paisible…

« J’ai souvent rêvé de ressembler davantage à ma sœur, d’être plus forte, plus courageuse, plus sûre de moi, au lieu de toujours douter. »

  • Cœurs Artificiels mais  Rêve Futuriste.

J’ai été agréablement surprise de trouver dans cette histoire autant de science-fiction. C’est un San Francisco revisité, une vision futuriste et chimérique des potentialités de la drogue et de l’asservissement par les pouvoirs de l’esprit. C’était immersif et étrangement inquiétant. On intègre un nouveau monde, de nouveaux modes de communications. Le cerveau comme nouvelle exploitation de possibilités, les rêves comme vecteurs de soupapes à la violence: ces thèmes ouvrent la voie sur de bien jolies réflexions intérieures…Cette lecture se fait le cœur palpitant et l’esprit bien ouvert, pour en saisir toutes les voies de la Méditation…

« Que ressent-on, quand on est inconscient dans un monde irréel? »

  • Cœurs Artificiels mais Dynamique Thriller.

En intégrant presque malgré elles, un réseau criminel, on se retrouve spectateur d’une mission à haut risque d’infiltration dans la pire des sphères du pouvoir, et c’est juste un page-turner incroyable! Peu de temps mort dans cette mafia stratégique, une course poursuite vers la vérité au prix de dangers réels et irééls, tout cela en tempo des battements de cœurs, on ressent un sacré flot d’adrénaline!

« Le monde est tout autour de toi. Tu peux le changer. Deviens ce changement. »

En bref, Cœurs Artificiels, c’est une Lecture Sensationnelle, avant-gardiste mélange de corps et d’esprits…

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Les éditions Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture palpitante!

Accueil

 

L’ombre du pouvoir, Fabien Cerutti.

Couverture Le bâtard de Kosigan, tome 1 : L'ombre du pouvoir

Pourquoi je l’ai choisi:

J’avoue que la couverture accroche bien l’œil par son dynamisme mais quand j’ai vu que le synopsis annonçait des princesses elfiques, j’étais plus que partante de me lancer dans cette découverte! Une lecture qui rentre dans mon petit challenge!

Synopsis:

Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe.

En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis.

À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel…

Ce que j’ai ressenti:…Jeux d’ailes et d’épées…

Autant vous le dire tout de suite, j’ai adoré le personnage principal! Le Bâtard de Kosigan est un filou de première, quasi irrespectueux des conventions, secret et manipulateur, charmeur et irrésistible, plus intelligent que ce que ses adversaires peuvent croire!  Donc, à suivre un bout-en-train avec une épée à la main et de sacrées cartes dissimulées dans son jeu de pouvoir, cela nous donne une lecture énergique et pleine de rebondissements chevaleresques!

« Plus grands sont les pouvoirs que l’on cherche à contrôler et plus grandes sont les contreparties que l’on doit être prêts à concéder pour les obtenir. »

Mercenaire émérite, et sacré adversaire en joute, ce Bâtard à la réputation sulfureuse, va séduire les femmes, mais va mener la vie dure aux hommes! Surtout qu’il possède quelques jolis avantages attribués par la Nature et, en fricotant avec les Elfes, il se peut que ces pouvoirs en seront sûrement augmentés, mais cela il faudra sans doute le vérifier avec la suite que je suis déjà impatiente de découvrir! En tout cas, c’est lui qui mène la danse, et même en situation délicate, il sort son épingle du jeu, grâce à son équipe tout aussi truffée de talents que son chef!

« Dieu est au cœur de chaque homme, apparemment. Mais, la plupart du temps, il demeure trop bien caché pour qu’on puisse le trouver. »

J’ai une passion pour le Moyen-Age et ici, je trouve que l’auteur rend bien cet esprit de stratégies et de complots en ces périodes troubles de lutte pour le Pouvoir et le Règne, avec ses mariages arrangés, ses trahisons et meurtres commandités. Ces jeux d’honneur et ses duels à l’arme blanche auront toujours ce charme particulier qui rende palpitante cette lecture. Les scènes de combats sont vivantes, les alliances se font et se défont au gré du son trébuchant de l’or des bourses, mais la victoire reste incertaine et tout est question de timing, très serré…

« Celui qui vit par l’épée finit presque toujours par s’en prendre une dans le ventre. Il y a là comme une sorte de règle. »

J’ai bien sûr été agréablement surprise de trouver dans cette revisite historique, une pointe féérique! Parmi les bassesses humaines, ses elfes donnent une certaine envolée pleine de charme et de magie. Je suis enchantée du projet de la Comtesse Elfique Catherine, et il me tarde d’en savoir plus…

La Magie est de ses pages, le Féérique tournoie en robe aussi à ses tournois de croisées d’épées, sans compter que l’impertinence pétillante des dialogues et la croisade fantastique nous donne un spectacle en mille mots et couleurs. Un roman d’aventure comme on les aime!

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Folio SF pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture palpitante!

 

-Etes-vous psychopathe? , Jon Ronson.

Couverture Êtes-vous psychopathe ?

Pourquoi je l’ai choisi:

Au premier coup d’œil, j’ai adoré cette couverture! Je la trouve juste géniale, et j’étais curieuse de voir ce qu’elle cachait derrière!

Synopsis:

Voyage d’un candide au pays des désordres mentaux.
Jon Ronson, l’auteur reconnu des Chèvres du Pentagone s’aventure dans un voyage rocambolesque au pays des désordres mentaux pour essayer de savoir si notre société n’est pas animée au final, plus par la folie que par la raison, par les névroses que par l’intelligence.
Pour ce faire, il rencontre des psychopathes remarquables, des psychiatres un peu cinglés, des hommes d’affaires qui, du narcissisme à l’asociabilité, doivent leur réussite à leurs névroses. Cette épopée aussi loufoque qu’éclairante le conduit chez le célèbre psychologue canadien Robert D. Hare, l’inventeur du test du psychopathe, moyen infaillible de mesurer notre degré de folie.
Entre Woody Allen et Hunter S. Thompson, Jon Ronson se promène dans l’antichambre de la démence avec une autodérision et un humour caustique et pose des questions dérangeantes sur nos désordres. Pouvons-nous échapper à l’un des 374 types de troubles mentaux répertoriés ? Sommes-nous tous fous ? Dans cette exploration aussi désopilante qu’irrévérencieuse, il questionne la notion de normalité dans notre société et la façon dont cette notion floue a donné lieu à une économie florissante.

Ce que j’ai ressenti:…Etonnant voyage au sein de la folie.

« Ce livre traite de la folie. »

Oubliez toutes vos certitudes, branchez-vous sur l’humour et l’auto-dérision, et visitons ensemble, les joies de nos névroses! Voici comme l’auteur aurait pu présenter son nouveau livre, ou plutôt sa passionnante enquête au sein des psychopathes reconnus, (ou pas)…

« Il est terriblement plus difficile, m’a expliqué Tony, de convaincre les gens qu’on est sain d’esprit que de les convaincre qu’on est fou. »

En se basant sur son expérience et ses rencontres, Jon Ronson, parle de maladie mentale. Se basant sur un véritable test de pshychologie, il chemine des prisons, en passant par des hôpitaux psychiatriques, les hautes sphères du pouvoir, et même parfois en introspection pour mieux appréhender, le concept de cette étiquette utilisée à tort et travers: Psychopathe.

« Je me suis demandé si parfois la différence entre un psychopathe en hôpital et un psychopathe à Wall Street était que l’un avait eu la chance de naître dans une famille stable et aisée. »

Le mot est bien souvent lancé, quand un comportement déviant est observé, mais selon le lieu ou le domaine, il ne sera pas perçu de la même manière. C’est cette étrangeté et ses jeux de vocabulaires, autant que d’interprétations hasardeuses que l’auteur veut  mettre en lumière, et c’est bien tout l’intérêt de ce livre, c’est qu’il devient passionnant autant qu’intéressant, car tout est question de perception. La réponse est aux lecteurs: Etes-vous psychopathe? Etes-vous, entouré de, psychopathes? Saurez-vous simplement les reconnaître, si seulement vous en croisiez un?

S’il est vrai que Jon Ronson utilise l’humour dans ce sujet délicat, on s’aperçoit aussi en allant dénicher, les multiples références sur le Net, que l’auteur a fait un sacré travail de recherche! C’est bien plus agréable d’apprendre en s’amusant, et du coup, on admire d’autant plus sa démarche. J’ai été ravie d’en apprendre plus sur la psychologie, la médecine, et les moyens parfois douteux, de guérir des patients.

Une lecture enrichissante!

-Oh, vous savez comment sont les blogueurs. Ils passent leur temps à écrire. Je me demande pourquoi, vu qu’ils ne sont pas payés pour.

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Merci de leur confiance, ce fût une lecture passionnante!

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La fin de l’histoire, Luis Sepulveda.

Couverture La fin de l'histoire

Pourquoi je l’ai choisi:

C’était une totale surprise qui était dans ma boite aux lettres…Merveilleuse surprise: Un auteur et une maison d’éditions que je voulais tenter depuis un moment…Merci infiniment à Alina Gurdiel pour sa confiance et l’envoi de ce livre…

Synopsis:

Juan Belmonte a mené toutes les batailles de la fin du xxe siècle sur le continent sud-américain, d’abord aux côtés d’Allende, puis des sandinistes au Nicaragua. Depuis des années il a déposé les armes et vit en Patagonie près de la mer avec sa compagne, Verónica, qui ne s’est pas encore complètement relevée des tortures qu’elle a subies sous la dictature de Pinochet.Mais son passé le rattrape, et les services secrets russes qui connaissent ses talents d’agent clandestin et de sniper vont le forcer à leur prêter main forte.À l’autre bout du monde, un groupe de cosaques nostalgiques a décidé de libérer le descendant du dernier ataman, Miguel Krassnoff. Fils des cosaques russes qui ont participé à la Deuxième Guerre mondiale dans les régiments ss, Krassnoff est devenu général de l’armée de Pinochet, avant d’être emprisonné à Santiago pour sa participation à la répression et à la torture pendant la dictature militaire.Et Belmonte a de bons motifs de haïr “le cosaque”, des motifs très personnels.

Ce que j’ai ressenti:…Une fin d’histoire sous haute tension…

Avec ce livre , je découvre un auteur avec une plume magnifique, qui nous raconte toute la noirceur du monde. Ce polar, on ne peut plus sombre, nous transporte d’une contrée à une autre, dans les plus grands conflits du XXe siècle. Les pires horreurs sont commises pendant les guerres, de génocides en tortures, tout est prétexte à la violence inouïe,  et c’est sur ce fond d’Histoire, que Luis Sepulveda nous livre La fin de l’histoire. Avec talent, il intègre la fiction dans ce lourd passé qui oppose le Chili à la Russie, et nous livre dans ce court roman, une puissance d’écriture et un tour d’horizon sanglant, dans une ultime mission d’espionnage palpitante.

« La littérature raconte ce que l’histoire officielle dissimule. »

Juan Belmonte, est un guérillero, plus qu’un torero, mais il est retranché maintenant en Patagonie, essayant de réparer les blessures indéfectibles de sa bien aimée…Mais quand on est maître dans son domaine, et que votre ombre vous poursuit, fatalement, les vautours se rappellent à votre souvenir, et il est obligé de rempiler pour une dernière mission…C’est un personnage  fort, auquel on se lie, malgré son passé sombre… Il a cette petite lumière, ce brin d’humanité qui nous fait trembler à ses côtés, même s’il a le coup sûr du sniper aguerri…

« Quelles que soient les routes que l’on prend, l’ombre de ce que nous avons été nous poursuit avec la ténacité d’une malédiction. « 

Je pense que si cette lecture a été aussi percutante, c’est que l’on sent entre les lignes, un certain vécu, une déchirure à parler de ce climat chilien irrespirable, à subir la tyrannie et la folie de certains hommes enivrés de pouvoir. Krassnof, c’est l’ombre noire aux mains rougies de tout ce sang versé, et Luis Sepulveda, attire notre regard dans cette lunette de sniper, pour dénoncer les agissements d’un dictateur sans scrupule. Il se fait un devoir de mettre en lumière l’horrible réalité historique, avec un humour noir et une ritournelle poétique, et cette lecture devient de ce fait, une étonnante plongée dans les services secrets russes et un polar noir captivant.

-La vérité, c’est qu’on va se faire un petit plaisir que l’Histoire semblait nous avoir refusé pour toujours, tovaritch. On va écrire la fin de l’histoire.

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

Winter People, Jennifer McMahon

Couverture Les visiteurs de l'autre rive / Winter people

Pourquoi je l’ai choisi:

Recevoir le jour de la St Valentin , ce livre qui parle d’amour et d’hiver, j’ai trouvé que c’était le timing parfait…

Synopsis:

« J’avais aussi compris qu’il valait mieux éviter de la contrarier. Tantine s’emportait vite et n’appréciait guère qu’on la contredise. Quand quelqu’un refusait de la payer, elle versait une poudre noire tirée d’une de ses bourses en cuir sur sa maison en marmonnant d’étranges incantations. (…)
— S’il te plaît, réponds-moi, Tantine. Est-ce qu’on peut faire revenir les morts ? ai-je insisté en jetant une poignée de têtes-de-violon dans son panier.
Elle m’a dévisagée longuement de ses petits yeux noirs, la tête penchée.
— Oui, il y a bien un moyen. Les rares qui le connaissent le transmettent à leurs enfants. Et puisque tu es ce que j’ai de plus proche d’une fille, je te transmettrai le secret. »
 
Et si l’amour était vraiment plus fort que la mort ? Et si l’on avait la possibilité de ramener de l’au-delà l’être qu’on aime le plus au monde ?
Un suspense terrifiant pour un sujet grave. Une histoire qu’on ne peut lâcher et qui nous plonge dans l’effroi.

Les personnages:

Des personnages en pleine détresse, fracassés de douleurs, hantés par leur amour: toute la puissance de ce roman vient de là…Une sphère de quatre points de vue qui raconte, l’impensable, l’incommensurable chagrin…Et Gertie, qui court dans la neige…

« Ah la folie! Quelle belle excuse quand on veut infliger d’horribles choses à quelqu’un, a dit Tantine avec un sourire mauvais. »

Ce que j’ai ressenti:…Quand tu ne fermes plus l’œil de la nuit…

Quand les revenants grattent à votre porte, vous ouvrez, ou pas??!

Je suis de celle qui leur ouvre bien grand, mon imaginaire et je me régale toujours de voir ce gouffre qui s’amenuise entre vivants et morts, dans la plume de ses écrivains inspirés, qui jouent de la douleur de ses personnages, pour ouvrir une brèche entre réalité et surnaturel. Jusqu’où peut-on aller par amour? Toute la question se trouve là, dans ce déchirement de perdre l’être qu’on aime le plus au monde, et de se voir offrir une chance,  même folle de passer encore quelques heures avec lui. Mais ça ne se fera pas sans conséquences, on s’en doute, car jouer avec les fantômes, c’est un cache-cache dangereux…

Jennifer McMahon nous ouvre le passage de La Main du Diable, où une génération se voit quelque peu, gênée par la malédiction des Winter People. Elle arrive à créer une ambiance forte, un nœud de tension et pouvoirs occultes, qui n’a de cesse de vous agripper  dans vos nuits, lorsque vos yeux se ferment…Une rare intensité vous happe dans ses lignes, et ce que j’ai adoré c’est qu’elle ne vous lâche pas jusqu’à la dernière page, et peut être aussi, au-delà…Nous, lecteurs, nous retrouvons aussi détenteurs de ce manuscrit mystérieux, possesseurs de ce savoir envahissant, presque membre de cette chasse aux sorcières… La construction de son récit, rend cette histoire passionnante, avec ce qu’il faut de terrifiant, pour trembler de plaisir à suivre Sara et Les visiteurs de l’autre rive, dans ce bout de terre, qui a de drôles de façons de faire sortir ce qu’il y a de plus profond en nous…

« Autant souhaiter l’impossible. »

J’adore plus que tout, ses romans, où l’ambiance noire et mystérieuse, vous enveloppe comme une brume inquiétante, où l’on peut presque sentir l’odeur de la terre retournée, le silence de la forêt, presque saisir l’ombre qui se glisse dans votre champ de vision, sursauter au moindre bruit de la nuit…La magie de cette histoire tient à ce jeu d’apparitions et de disparitions soudaines, à cette pesanteur sombre qui se glisse au fur et à mesure de l’intrigue, à ce talent de laisser planer un doute raisonnable sur les dormeurs

Je vous laisse à vos cauchemars, et je vais maintenant essayer de retrouver, un semblant de quiétude, tout en vous chuchotant, histoire de ne pas réveiller les ombres obscures,  que ce livre est un beau coup de cœur…

 

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 10/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Le livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Merci infiniment de leur confiance, ce fut une lecture Coup de Cœur!

Les chemins de Damas, Pierre Bordage (LC avec Cannibal Lecteur.)

Couverture La Trilogie des Prophéties, tome 3 : Les Chemins de Damas

Pourquoi je l’ai choisi:

On se devait de finir en binôme cette trilogie noire mais très intéressante : une lecture commune de plus qui nous aura bien remuée avec Cannibal Lecteur! On doit être un peu cinglées sur les bords, à se faire peur, toujours plus….

Synopsis:

Après la grande guerre contre les nations musulmanes, l’Europe est dominée par les mouvements évangéliques venus des Etats-Unis. Délocalisations, prolifération des milices et des bandes, misère et corruption généralisées : le vieux continent s’enfonce dans la crise. Divorcée, Jemma vit dans une résidence protégée au cœur de Paris. Un jour, sa fille disparaît, comme des milliers d’autres enfants avant elle. Désemparée, la jeune femme part à sa recherche aux côtés de l’énigmatique Luc, vers ce Moyen-Orient diabolisé, impénétrable…

Les personnages:

Ils sont nombreux, parfois éphémères, mais donnent toujours des petites touches d’éclairages sur les ténèbres de ce monde d’après-guerre.

J’ai été touchée par la douleur de Jemma, même si dès fois, elle est assez énervante dans son incapacité à prendre sa vie en main, je me dis que ce n’est pas évident de trouver sa place dans cette configuration d’avenir. Je ne saurai pas quelle serait mes propres réactions, alors je ne la blâme pas, mais je lui aurai bien tendu au moins une arme blanche à travers les pages, ça me semble le minimum…Pacifique, mais pas naïve la fée…^^

Luc garde un poil trop de mystères, on ne sait pratiquement pas ses réelles motivations. C’est peut être le plus intéressant des personnages, mais c’est dommage qu’on en sache pas plus sur lui….

Ce que j’ai ressenti:…Au bout du tunnel enténébré , la lumière, et au-delà….

L’humanité a un besoin urgent de rêveurs.

Nous finissons une trilogie qui nous parle des dangers et dérives que peuvent faire les hommes de la religion et la foi. C’était une lecture visionnaire, actuelle, et riche de pistes sur les enjeux politiques de ce monde. On ressort rincés, plus critique sur notre société. Cet auteur arrive à mettre en fiction, dans un avenir proche, toutes les failles de notre système de lois qui régissent le capitalisme, des aspirations sombres que projettent des dizaines d’années à l’avance les puissants de ce monde, l’immense désarroi auquel les individus lambda de cette planète se retrouve confrontés. Quand on vous disait que cette lecture fait peur, c’est parce qu’elle est trop réaliste, trop prévisible, trop effrayante…

– Je crois que l’Europe n’a plus d’avenir, reprit Flamand. Le libéralisme avait entrepris de démanteler ses structures, la guerre les a définitivement rasées. Il faudrait pour les relever une vraie volonté politique. Des visionnaires. Pas une clique de politiciens vendus aux grandes entreprises. Tant que les intérêts des capitaux l’emporteront sur les intérêts humains, l’Europe poursuivra sa descente aux enfers.

Nous, revoici, dans la chronologie du temps, quelques années après la guerre, et elle n’est pas annonciatrice de glorieuse période…Les hommes sont encore plus esclaves, plus pauvres, plus résignés, plus contrits…L’espoir n’est pas de mise, et en plus, un grand fléau frappe toutes les contrées du monde: la disparition des enfants…Pfiou…. Envolés, sans laisser de traces….Ca laisse perplexe, mais c’est diablement addictif, car c’est bien connu, les enfants sont l’avenir, et sans eux, et déjà que ce présent là est ténébreux, on frôle la catastrophe ultime…

La guerre avait opéré une sélection des espèces à rebours : les meilleurs avaient péri sur le Front, il ne restait plus que les médiocres, les planqués et les crétins.

Avec cette quête désespérée , on est happé dans les routes inhospitalières où chaque pas est un danger sous-jacent et l’horizon qui s’ouvre à nous, pas beaucoup plus nauséabond, que sous la bâche où se trouve ce duo de personnages, déterminés à lever le voile sur un phénomène inexplicable…Là, encore dans ce tome, peu de place, à la lumière, si ce n’est, un peu cette fin, presque surnaturelle, pour essayer de contrer le Mal de notre temps…

L’amour n’est pas un sentiment qu’on marchande, c’est un état, une intelligence en action, la merveilleuse intelligence de l’univers.

Au sortir de cette lecture, je me dis que j’ai grandement apprécié l’univers que sait créer cet auteur, sa façon de voir sans artifices, le monde qui nous entoure… J’ai hâte de lire une autre de ses aventures, et j’espère que j’aurai encore plus de plaisir à lire, le prochain qui m’attend dans ma PAL…Pour une première approche, je pense que ces tomes sont un peu inégaux, mais que dans l’ensemble, ça reste une lecture très instructive! La trilogie des Prophéties porte presque trop bien son nom, et je suis bien contente que ma binôme m’est tenue la main pendant cette traversée chaotique d’un avenir possible…. (La binôme signale qu’elle avait la trouille aussi !!! – Cannibal)

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 7/10

 

Titre : Les chemins de Damas

Auteur : Pierre Bordage
Édition : Le Livre De Poche (2007)

Résumé :
Après la grande guerre contre les nations musulmanes, l’Europe est dominée par les mouvements évangéliques venus des Etats-Unis.

Délocalisations, prolifération des milices et des bandes, misère et corruption généralisées : le vieux continent s’enfonce dans la crise.

Divorcée, Jemma vit dans une résidence protégée au cœur de Paris. Un jour, sa fille disparaît, comme des milliers d’autres enfants avant elle.

Désemparée, la jeune femme part à sa recherche aux côtés de l’énigmatique Luc, vers ce Moyen-Orient diabolisé, impénétrable…

trilogie-des-propheties-t3-les-chemins-de-damas-t3-bordage-pierre-lpCritique :
Et c’est repartit pour un roman où toute la Terre est dévastée ! Toute ? Oui, toute, personne n’a aperçu l’ombre d’un village gaulois qui résisterait encore et toujours… Hélas.

Allez, disons que c’est moins grave dans la patrie de Donald Trump (j’aurais toujours du mal à le dire), mais pour y arriver, c’est Tintin et Milou avec car l’océan Atlantique est gelé, rapport au Gulf Stream en grève…

Bref, la Terre a été dévastée par une guerre imbécile (comme elles le sont souvent) qui a eu lieu entre les différentes religions. La plupart des gens, qui vivent dans la misère ou tirent le diable par la queue, s’en sortent tant bien que mal, vivant de délits, d’expédients ou se laissant glisser dans la misère la plus noire.

Il lui arrivait de plus en plus souvent d’envier les hommes fauchés par la mitraille sous ses yeux, leur étrange sérénité dans la mort, eux dont les traits se tordaient d’épouvante quelques secondes avant l’assaut. Leur vie s’était brisée à l’âge de dix-huit ou vingt ans, mais ils ne subissaient plus la tragique imbécillité humaine, ils flottaient, libres, aériens, au-dessus du cul-de-basse-fosse où les hommes, sous le vernis civilisateur, s’abandonnaient à leurs instincts les plus vils. […] C’était pire depuis que les partis évangéliques avaient conquis l’Europe, de l’amour plein la bouche et de la merde plein le cœur.

Ce troisième roman est différent des deux autres de par le fait que la Guerre est terminée, que les pays tentent, tant bien que mal, de se reconstruire, que les populations sont dans la merde, et ceux qui ont encore de la chance d’avoir un job vivent quasi retranché dans des quartiers ou des cités protégés.

La guerre avait opéré une sélection des espèces à rebours : les meilleurs avaient péri sur le Front, il ne restait plus que les médiocres, les planqués et les crétins.

Il est différent aussi car il y a une multitude de personnages qui vont croiser notre route, rendant par là un attachement à l’un où l’autre plus difficile, même si, dans l’absolu, nous suivrons plus le périple de Jemma, dont sa fille a disparu mystérieusement et de Luc, venu l’aider. Eux, on risque grandement de s’y attacher, même si j’avais parfois envie de baffer Jemma.

Les autres personnages ne seront que de passage pour nous montrer la vie telle qu’elle est maintenant à Paris où ailleurs : pas rose, morose avec des personnes engluées dans des nouvelles croyances frisant le fanatisme. Ces personnes passeront dans le roman et nous ne saurons pas toujours ce qu’elles sont advenues.

La force du récit se trouve, une fois de plus, dans le réalisme. Lorsque les mots percutent notre esprit, les images arrivent en bloc – souvenirs de films ou de reportages – et de suite, le récit devient plus oppressant car on sait, au fond de nous, que ce genre d’horreur nous pend sans doute au nez…

Avantage aussi, c’est que l’auteur ne sombre pas dans le grand n’importe quoi, il reste cohérent dans ses personnages et dans le message qu’il tente de nous faire passer, message qui n’est jamais que la vérité dans toute sa nudité.

Nous avons beau avoir passé le 20ème siècle et posséder tout sous la main afin de vérifier les infos qu’on nous donne à ruminer, les gens ne possèdent plus (ou pas) d’esprit critique et gobent tout, tel des ânes mangeant leur foin et répétant ce qu’ils ont entendu ou ce qu’on leur a laissé entendre.

— Ceux qui vantent les mérites de la mort sont toujours les derniers à partir, vous avez remarqué ?

Les gens ont toujours tendance à suivre la masse et à crier haro sur le baudet, cherchant plus volontiers des boucs émissaires que les véritables coupables, cherchant plus à apaiser, vite fait bien fait, leurs colères et leurs douleurs que de tenter de comprendre comment cela a pu se produire et QUI nous a manipulé pour tenter de nous emmener là où on voulait que l’on aille. Cherchons à qui profite le crime…

Plus la population serait inquiète, plus elle accepterait les solutions radicales imposées par les extrémistes religieux, le retour à un ordre moral strict, l’abandon de la liberté individuelle, la fin de l’utopie démocratique.

— Les extrémistes que vous, les Européens, appeliez les terroristes islamiques se sont servis de l’islam pour impliquer l’ensemble des populations musulmanes, mais leur but principal était de virer les régimes mis en place par les Occidentaux. La seule façon d’unir le monde arabe et, plus largement le monde musulman, c’était de les agréger autour de la religion et, donc, de faire monter un peu partout dans le monde, le sentiment islamophobe, de séparer l’humanité en deux camps ennemis, de stimuler le vieux réflexe grégaire.

— Il faut toujours chercher à qui profite le crime, n’est-ce pas, et le crime, ici, a fait plus de cinquante millions de morts. Deux puissances ont volé en éclats, l’Europe et la grande nation musulmane en cours de formation, trois, si on classe l’ONU dans la catégorie des puissances. Les bénéficiaires de l’opération : les États-Unis, et j’inclus ici Israël, que je considère comme un État américain, la Chine, qui poursuit tranquillement sa croissance et dont les États-Unis sont devenus les fournisseurs et les clients principaux, l’Inde, qui vient de rompre son autarcie pour signer les accords commerciaux du Trident.

Dans ce roman, la critique de notre société est cruelle, mais véridique. Celle des politiques/politiciens aussi. Ça cogne juste là où il faut, en plein dans le plexus, les médias ne seront pas épargnées non plus, tout comme nos Sociétés bien pensantes qui croient que c’est chez les autres qu’on ne respecte pas l’autre moitié de l’humanité (la femme) ou que c’est l’autre, le barbare…

— Ne croyez pas tout ce que les médias vous chantent, ne confondez pas fanatisme religieux et tactique insurrectionnelle […] Les extrémistes se sont emparés de l’islam parce qu’ils avaient besoin d’une bannière fédératrice, incontestable, mais il s’agissait d’une action politique, d’une lutte d’influence, d’une course au pouvoir. Ils cherchaient avant tout à se débarrasser des dynasties mises en place par les Occidentaux pour ménager les intérêts occidentaux.

Elles la mettaient au défi, elle, la femme européenne, la femme libre, de passer dans l’autre pièce et de rapporter la semence d’un homme sans attirer l’attention des autres. Elles lui signifiaient qu’elles, les femmes condamnées au silence et au secret, faisaient ce qu’elles voulaient des mâles vaniteux et bornés, qu’elles pouvaient aller avec n’importe lequel d’entre eux sans que leur mari ou leur père ne s’en aperçoivent. Les hommes imposaient aux femmes la virginité, la fidélité, la soumission, croyant ainsi garantir leur paternité, marquer leur territoire génétique, mais elles étaient les maîtresses absolues des corps et des plaisirs, elles les trompaient et les bafouaient quand bon leur semblait, c’était leur revanche, la vengeance des ombres.

C’est un récit assez violent, cru, sans concession, réaliste, écrit avec une plume acérée, une plume qui écrit, noir sur blanc, des vérités jamais belles à entendre. On ne sort jamais tout à fait indemne de ces romans aux relents trop réalistes qui nous dresse les poils sur les bras (et partout ailleurs) tant il fiche les chocottes.

La vision cyclique, la perspective historique auraient dû nous enseigner l’humilité, mais l’homme est pétri d’orgueil, il s’estime l’égal de Dieu, il veut immortels les monuments érigés à sa gloire et les frontières de ses empires, il espère dompter la matière et suspendre le temps, il oublie qu’il est aussi éphémère qu’un insecte ou une fleur, un grain de poussière qui retournera à la poussière.

L’auteur ne tire pas à boulets rouges sur les religions, mais sur ceux qui les utilisent à mauvais escient, pour leur besoins personnels, pour des fins politiques, toujours pour leurs profits à eux, jamais pour aider les autres, le tout sous les regards de la masse qui n’a rien compris et hurle sur des textes au lieu de se révolter sur les mauvais utilisateurs.

Mon Dieu, avaient-ils donc oublié que Jésus prônait l’humilité, le renoncement, l’abolition du jugement et l’amour du prochain ? Que le mal qu’on faisait au plus petit de ses frères, c’était au Christ lui-même qu’on le faisait ?

— Christ juger. Christ revenir et décider.
— Si c’est à lui de décider, pourquoi le faites-vous à sa place ?

— […] Dans une église stupide où l’on parle sans cesse du Christ mais où on n’aime pas le Christ !

— Ne croyez pas tout ce que les médias vous chantent, ne confondez pas fanatisme religieux et tactique insurrectionnelle […]

Comme disait l’autre « On ne nous dit pas tout » et j’ajouterai qu’on nous dit ce qu’on veut bien entendre et que la réalité est déformée par un prisme ou par cette course folle de celui qui sera le premier à poster l’info, vraie ou fausse, tout le monde s’en moque.

Malgré tout ce cynisme et celle plume trempée dans de l’acide, tout au fond de ce récit noir, j’ai entrevu une lueur d’espoir… Une belle lueur d’espoir.

Une trilogie qui vaut la peine d’être découverte et que je suis contente d’avoir lue ! Des romans différents, chacun ayant quelque chose à nous apporter.

— Je crois que l’Europe n’a plus d’avenir, reprit Flamand. Le libéralisme avait entrepris de démanteler ses structures, la guerre les a définitivement rasées. Il faudrait pour les relever une vraie volonté politique. Des visionnaires. Pas une clique de politiciens vendus aux grandes entreprises. Tant que les intérêts des capitaux l’emporteront sur les intérêts humains, l’Europe poursuivra sa descente aux enfers.

— […] L’autre nous paraît hostile parce qu’il n’appartient pas à la même race, au même peuple, à la même religion, à la même histoire, au même sexe, au même âge que nous. Nous ne le percevons qu’à travers nos filtres, chrétien, juif, musulman, hindouiste, bouddhiste, animiste, athée, homme, femme, vieux, jeune, beau, laid, nous ne lui accordons pas de vraie légitimité, l’autre nous regarde au travers de ses filtres et ne nous accorde pas de vraie légitimité. [..]

Ceux qui parlent en mon nom voient le diable dans mes œuvres et me voient dans les œuvres du diable.

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Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), , Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (504 pages).

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Le cycle clandestin, I , DOA.

Couverture Le cycle clandestin, I

Pourquoi je l’ai choisi:

Je tenais absolument à découvrir cet auteur, car je le vois beaucoup passer sur la blogosphère, et j’avais hâte de découvrir un autre style de policier.

Synopsis:

Ce volume contient : Citoyens clandestins – Le serpent aux mille coupures.

Une véritable petite saloperie chimique se balade dans la nature et il ne s’agit plus seulement de sauver des vies. L’État français ou certains de ses représentants sont prêts à tout pour éviter ce qui pourrait déclencher une hécatombe et un formidable scandale. La journaliste Amel Balhimer ou l’apprenti djihadiste Karim ne le savent pas encore mais leurs destins sont liés et pourraient devenir matière à gros titres. Ailleurs, un homme braque la lunette de son fusil high-tech sur la fenêtre d’une ferme. Démarre alors un effrayant compte à rebours… …Six heures après l’heure H, à Moissac, paisible bourgade viticole du Quercy, trois criminels sud-américains sont tués. Pour le lieutenant-colonel de gendarmerie Massé du Réaux, aucun doute, c’est le travail d’un professionnel. Règlement de comptes ou drame du hasard, le mauvais endroit au mauvais moment?

Les personnages:

C’est le seul bémol que je noterais: il y en a trop! J’ai eu du mal à fixer toute mon attention avec autant de personnages, autant de sigles et de spécificités à retenir. Quand je lis, j’ai besoin d’apprendre autant que de me détendre, du coup, ce trop-plein d’informations, et cette succession de paragraphes, m’a un peu dérangée… En fait, je pense qu’il fallait prendre des notes ou faire un organigramme pour mieux appréhender l’intrigue, mais je ne suis pas ce genre de lectrice, donc il y a forcément des éléments qui m’ont échappé….

Pour autant, chacun des personnages reste très intéressant à suivre, et je pense qu’ils sont tous nécessaires pour rendre cette intrigue aussi palpitante, mais cette forme là, de présentation, n’est pas la plus facile à appréhender.

Ce que j’ai ressenti:…Une plongée immersive dans un conflit complexe…

« La chance repasse rarement deux fois les plats. »

Malgré cette gène , dû aux multiples personnages que l’on suit dans leurs missions, j’ai adoré en apprendre plus sur un conflit actuel et brûlant qui se joue sur la planète. Au lendemain du 11 Septembre, et avec la peur des attentats possibles, cette fiction prend vite des airs de couperet étouffant. Elle sonne tellement juste , et comme, c’est encore une blessure ouverte, les petits rappels de cette actualité sont, du sel que l’on frotte dessus, mais ils sont à mon sens, indispensable pour mieux comprendre les enjeux de cette guerre de l’ombre…

« Parce qu’à ce moment là , il n’y a que la peur. Ou la folie. Furieuse, meurtrière, celle qui appelle la fin des choses , l’entropie. »

J’aime à découvrir de nouveaux styles de policier, et là, renter dans les méandres de la politique et des services secrets m’a vraiment bluffée. Toutes ses visions polyphoniques qui nous donnent un ensemble dense et prenant, devient un grand moment de lecture, puisqu’il nous en apprend plus sur les différents réseaux qui luttent contre les djihadistes et  personne ne sera épargné dans ses pages: que ce soit la petite journaliste naïve, au discret infiltré djihadiste, en passant par tous les acteurs de la Défense, il semblerait que peu d’espoir soit à prévoir dans cette lutte du nouveau millénaire. Le réalisme de tous ses conflits dissimulés, manœuvres cachées, et double jeux de ses grandes institutions nous rend ce polar remarquable!

Il fut un temps où ce décalage avec la normalité l’amusait. Fendre des foules inconscientes, savoir ce que les autres ignorent, participer d’une réalité dissimulée à l’homme du commun, éternel dommage collatéral d’une guerre clandestine, permanente et violente. Tout cela paraissait très excitant. Il avait souscrit au mythe de la caste des seigneurs, une belle histoire. Une excuse pratique.

J’ai apprécié l’écriture nerveuse de l’auteur, on sent qu’il a fait un super travail de documentation. C’est tout à fait saisissant! Une bombe française apparaît dans cette intrigue , mais il semblerait qu’elle soit aussi dans le nouveau paysage policier…DOA nous offre un pavé intense de 900 pages aussi vivant, vibrant, dérangeant mais qui annonce que les prémices de son talent…Un auteur à suivre, donc!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 7/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement le site Livraddict ainsi que les éditions Folio pour ce joli partenariat! Ce fut une lecture palpitante !

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