Bienvenue dans mon univers!

Egérie de mon blog littéraire, elle sera la pour laisser une trace de poussière de fée au milieu de ma sélection de livres….Ne vous fiez pas à l’aspect enfantin, car mes préférences vont, le plus souvent, vers les thrillers…..

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« Chaque fois que quelqu’un dit: Je ne crois pas aux contes de fées, il y a une petite fée quelque part qui tombe raide morte. « 

J.M.Barrie, Peter Pan

Le temps de la haine, Rosa Montero


Synopsis:

Madrid 2110. Lorsque le commissaire Lizard disparaît, la réplicante Bruna Husky, détective privée, se lance éperdument à sa recherche. Elle découvre à la télévision qu’il est l’un des treize otages qui seront exécutés, un par un, par des terroristes très jeunes et dont les revendications sont bien accueillies pas ceux qui souffrent dans un monde où l’air et l’eau doivent s’acheter. Bruna, qui compte de façon obsessionnelle le nombre de jours qui la séparent de son obsolescence programmée de réplicante, se met à compter aussi le nombre de jours avant que Lizard soit décapité.

Dans son enquête elle découvre une colonie qui refuse la technologie ainsi qu’une structure du pouvoir qui remonte au xive siècle et pourrait dominer les technologies dont elle est elle-même issue. Dans ce monde secoué de convulsions multiples, les crispations populistes s’exaspèrent et une guerre civile devient inévitable. Tous se méfient de tous et ne restent que les liens anciens de l’amitié avec Yannis, le vieil archiviste dépressif, la farouche Gaby, les extraterrestres tendres et le boubi Bartolo, vorace et affectueux.

Dans ce troisième volet des aventures de Bruna Husky, son personnage le plus proche et le plus intime, Rosa Montero construit avec virtuosité un univers bigarré, insolite et familier, elle provoque les émotions du lecteur, le secoue tout en l’amenant à réfléchir sur notre présent comme prémices du monde qu’elle nous décrit.

Un roman intense à l’action trépidante sur les excès du pouvoir, l’horreur des dogmes, la mélancolie du passage inévitable du temps, la passion amoureuse.

La lauréate du Grand Prix national des Lettres construit une brillante métaphore des temps que nous vivons.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Et plus tard, l’amour et la haine…

Quelle belle surprise que ce polar teinté de SF! Je ne pensais pas plonger dans une histoire aussi captivante et futuriste, et je ressors donc complètement soufflée par Le temps de la haine. L’avenir est compromis par la corruption, la violence et le terrorisme. Le monde va de mal en pis: la moindre ressource élémentaire est tarie et surtaxée. Il ne fait plus bon vivre sur la Terre, et pas tellement mieux sur les autres planètes… Et pourtant…On s’accroche à l’amour comme à l’oxygène, on s’éprend d’amitiés pour ne pas succomber, on s’écorche à l’humanité pour ne pas tomber face à la barbarie, grâce à ces personnages qui ne se résignent pas. C’est d’une beauté exceptionnelle. Étrange et fascinante. C’est actuel et avant-gardiste, et en même temps, intemporel, parce que la violence des hommes a toujours fait des ravages. Alors ce n’est plus si important de savoir à quelle époque nous sommes, juste, il nous faut savoir que le temps de la haine a tout emporté, même l’innocence des enfants… La course à la technologie fait rage et emmène chaque fois plus loin, les limites de l’étique, pour toujours plus de profits… C’est un monde plus noir, plus haineux, plus opportuniste mais avec la plume de Rosa Montero, c’est étonnamment magnifique. Il subsiste un infime rayon d’amour, minuscule, mais elle a le talent de le faire briller au milieu de ce chaos…Grandiose!

Gardons espoir, même si en ce moment les étoiles sont noires et que nous traversons le temps de la haine.

▪️Un compte à rebours obsession.

Rosa Montero a su créer un personnage atypique et attachant. Bruna Husky. Belle, combative, amoureuse, androïde. Il y a dans ses pages, une tension permanente entre la haine et l’amour, la vie et la mort, l’espoir et l’anéantissement et en comptant, comme ça, désespérément, les derniers jours de la vie de cette réplicante, l’émotion est démultipliée. Mais en plus, avec cette prise d’otages avec les exécutions en direct, cela rajoute encore un effet d’urgence. Une urgence à se battre pour vivre. Pour mieux vivre. Plus intensément, plus consciemment, plus passionnément. Même en étant condamné, machine, ou miséreux, la force de vie des personnages est bouleversante. Bruna se démène pour sauver son amour, pour sauver sa famille, pour sauver quelques miettes d’humanité, en comptant obsessionnellement le temps, et ce qu’elle peut arracher à la haine. C’est très intense comme sensation de lecture.

—Sans amour la vie ne vaut pas la peine d’être vécue.

▪️Le temps d’une histoire…

Avec ce roman, j’ai voyagé dans un futur ravagé, dans la magnificence des étoiles, dans un Madrid apocalyptique, sur une autre planète…Et c’était une belle virée, enrichissante et émotionnelle. J’ai découvert une héroïne fascinante et j’aimerai beaucoup lire les précédents tomes, surtout que je suis tombée sous le charme de l’écriture de Rosa Montero. Elle a une plume sensationnelle, et j’ai adoré sa façon de mélanger les genres. Par le biais de la fiction et de la science-fiction, elle nous emmène à réfléchir sur nos problèmes de société actuels et futurs. C’est une réussite autant qu’un énorme coup de cœur, le temps précieux d’une belle lecture.

Un cœur métallique vous faisait-il moins humain qu’une jambe en titane?

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie pour leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut une très belle lecture, un coup de coeur intense!

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Plateau, Franck Bouysse.

Couverture Plateau


Synopsis:

Sur ce plateau de Haute-Corrèze, Virgile et Judith ne sont plus qu’un vieux couple de paysans. Auprès d’eux vit Georges, ce neveu dont les parents sont morts d’un accident de voiture et qu’ils ont élevé comme leur fils. Aujourd’hui, c’est Georges qui s’occupe de la terre. Mais lorsqu’une jeune femme qui fuit son passé vient se réfugier chez eux, lorsqu’un ancien boxeur tiraillé entre ses pulsions sexuelles et sa croyance en Dieu s’installe dans le hameau, lorsqu’un mystérieux chasseur commence à rôder alentour, le plateau devient le théâtre d’un huis clos où toutes les passions se déchaînent.
Prenant pour cadre ce territoire où la sauvagerie de la nature fait écho à l’apreté des hommes, Franck Bouysse nous livre une œuvre ciselée comme un joyau noir.


Ce que j’ai ressenti:

▪️La poésie du noir sur un Plateau…

Et dans « Cet endroit, on s’y jette avec dévotion »...Je dirai pour ma part, que moi, dans ses livres, je m’y jette aussi avec dévotion. Ces livres, c’est ceux de Franck Bouysse évidemment. Depuis les 30 premières lignes lues de Grossir le ciel, cet écrivain a fait chavirer mon cœur de lectrice avec sa façon bouleversante d’écrire la vie rurale. Sa manière singulière de réaliser la prouesse de nous décrire la lenteur et la vie des habitants sur le Plateau de Millevaches. La langueur de leurs amours, leurs rêves étouffés, leurs désirs enfouis, leurs espoirs fracturés, et leurs drames étouffants. Une poésie du noir fascinante. Je pourrai bien aller me balader sur un Plateau, entendre grossir le Ciel, Vagabonder sur les routes, aimer tendrement une Rose, m’engluer dans la Glaise, si c’est Franck Bouysse qui me le raconte, je m’y jette avec émotion…Que d’émotions d’ailleurs! C’est fou comme un morceau de terre peut faire ressortir comme merveille…

L’idée de la mort n’existe pas pour eux, et jamais ils ne feront le lien entre elle et la peur qu’ils ont du monde, avant qu’elle ne les prenne.

▪️Dans la souffrance, résister…

Que ce soit Judith et Virgile, avec cet amour qui se délite, Georges avec ces souvenirs hantés, Karl avec ses démons intérieurs, Cory et sa passion destructrice, les personnages de ce roman sont tourmentés. Très tourmentés. Et dans le silence du Plateau, et les non-dits de leurs souffrances, ils s’abîment un peu plus, s’enfonçant encore plus dans les profondeurs de leurs douleurs, et nous, on les regarde, impuissants, lutter. C’est triste et magnifique. Tu te prends un uppercut et un shoot de poésie, en même temps et avec la même puissance. Franck Bouysse mêle dans leurs histoires de famille, la beauté du Plateau et la rudesse de la vie, et ça t’éclate la tête et le cœur. KO de lyrisme et sonné par la fatalité, tu es obligé d’en tomber à la renverse…

Devenir une étoile morte. Devenir. Renaître. Enfin.

▪️Et boom, le coup de feu…

C’est brutal, un coup de feu. Mais un coup de cœur aussi. Ça commence certes, à devenir une habitude, mais c’est une habitude extraordinaire. D’être toujours aussi émerveillée par l’intensité et le talent de cet auteur. Et je voudrais cette habitude encore et encore, parce que c’est dingue et follement incroyable…Plateau a réussi à m’éblouir dans ses descriptions autant que me toucher par les sentiments qui se dévoilent au fil des pages…Ce sont des vies simples exposées, explosées, magnifiées dans ce roman noir. Et ça fait, boom dans mon cœur…

Georges avait fini par penser que son cœur battait par défaut, jusqu’à la perfection de ce moment. Ce sentiment en lui qui rend les actes plus légers, puisqu’ils prennent un sens dépassant leur simple cadre. Une sorte d’accord sublime, qui le ferait presque pleurer.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Célestopol, Emmanuel Chastellière.


Synopsis:

Célestopol, cité lunaire de l’empire de Russie, est la ville de toutes les magnificences et de toutes les démesures. Dominée par un duc lui-même extravagant, mégalomane et ambitieux, elle représente, face à une Terre en pleine décadence, le renouveau des arts et la pointe du progrès technologique. On y suit des habitants en quête d’émancipation, rebelles, insoumis – à l’image de la métropole –, qui portent en eux des colères intimes et des fêlures profondes.
Dans ce volume de fantasy d’influence steampunk, l’auteur nous livre un hommage décalé et ambitieux au romantisme slave.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Et partir vers la Lune…

J’ai pris tout le mois d’août pour lire ce recueil de nouvelles, pour apprécier ce voyage hors du commun. Regarder la Terre de loin, voir des océans d’étoiles, marcher sur un sol de poussières de sélénium lunaire et se perdre dans une autre atmosphère…Et c’est génial de prendre le temps, pour découvrir une destination fabuleuse, dans une ambiance totalement dépaysante, naissant dans la poussière de lune…J’ai adoré ce voyage vers Célestopol, parce que dès les premières lignes, tu sais que tu es déjà Ailleurs, dans un lieu imaginaire entre rétro et futur avec une petite touche de folie Steampunk, mais en plus, Emmanuel Chastellière a une très belle plume. Une plume qui t’embarque vers la Lune, et te laissera des heures durant, un brin rêveur. Ce qui rend bien sûr, la découverte encore plus plaisante. Cette cité sous dôme a le potentiel de nous émerveiller, et on se laisse bercer par ses aventures extraordinaires…En avant toute vers Célestopol, vous ne le regretterez pas!

Il aimait les mots, leur patine, leur écrin.

▪️En 15 étapes…

15 nouvelles lunaires, lumineuses, brumeuses, hantées, merveilleuses pour faire le tour d’une ville qui use et abuse de démesures…Et lire ces histoires, c’est connaître les petits secrets de ses habitants, son duc extravagant, ses jeux politiques, ses enjeux économiques, les bruits de froufrous, les pleurs des fantômes…C’est aussi entrer dans les cœurs des hommes ambitieux, rencontrer les fous rêveurs égarés, danser avec les intelligences exacerbées, ramasser des trésors fauves brillants, se confronter aux automates, succomber aux charmes de volupté, écouter les légendes contées…Quand je vous dis que c’est un voyage fabuleux! Mais je ne vous dévoilerai pas tous les mystères de cette ville, il vous faudra prendre la prochaine fusée et vous laisser envoûter… Et peut être, aller vous décrocher la Lune…

Alors, une brume luminescente s’infiltrait entre les tombes, reliant des fantômes aux histoires diverses.

▪️Et rentrer les bras chargés de merveilles…

Pour ma part, c’est fait, je me suis envolée et je reviens avec des étoiles pleins les yeux, des panoramas de paysages lunaires plein la tête, et des émotions stellaires dans mon cœur. J’ai eu mes préférences de nouvelles, car c’est le jeu avec les recueils, mais toutes ont été joliment lumineuses et poétiques, pour que j’en revienne agréablement surprise et partante pour un nouveau tour dans les rues de Célestopol…Du pur plaisir que cette destination!

Promets-moi que tu ne renonceras pas à tes rêves.

 

  • Face cachée 🌙🌙. La chambre d’ambre 🌙🌙🌙. Dans la brume🌙🌙. Les lumières de la ville 🌙🌙🌙. Les jardins de la Lune. Oderint dum metuant🌙🌙. Une note d’espoir🌙🌙🌙. Le boudoir des âmes 🌙🌙🌙. La douceur du foyer 🌙🌙. La danse des libellules 🌙🌙🌙. Convoi 🌙🌙. Le chant de la Lune 🌙🌙. Fly me to the moon 🌙🌙. Tempus fugit 🌙🌙🌙. Le roi des mendiants🌙🌙🌙.

 

-Tu veux que l’on enquête sur ces fous qui ne trouvent plus le sommeil et qui prétendent que la Lune leur parle?

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement l’auteur de ce recueil, Emmanuel Chastellière, pour ce concours et l’envoi de ce livre. Merci pour la dédicace et j’espère voir d’autres mini-histoires enchantées qui me ramèneront vers Célestopol . C’était une belle destination littéraire.

Mon territoire, Tess Sharpe.

 

Chère Harley McKenna,

J’ai trente six ans la première fois que j’ai un coup de foudre pour toi, Harley. Tout comme toi, ma petite Harley, j’aime les bois, regarder le ciel et traîner dans mon jardin pour lire au calme, des romans noirs. Et je ne me remets pas encore de l’impact de Mon territoire, écrit avec brio par Tess Sharpe. Un roman qui continue de tourner en boucle dans Mon Territoire, ici en féerie, à me hanter par son émotion et sa puissance. Je ne m’attendais pas à un tel coup de cœur. C’est qu’il arrive direct. Bam. Comme une des balles que tu tires, Harley, toujours dans le mille. Bang dans ma tête, parce que c’est un Roman Noir intelligent et exaltant. Et bang dans mon cœur, parce que c’est une histoire palpitante et émouvante. Bang-Bang pour Mon Territoire qui bruisse des sons de la forêt, vibre aux coups de feux, et tremble de pures sensations. Bam.

J’aimerai serrer l’enfant en toi, parce que même si je n’ai jamais vu ma mère mourir ou mon père tuer un homme, que je n’ai pas eu un oncle qui a tenté de m’arracher à ce territoire de drogues et d’horreurs en tout genre, tes confidences, Harley, sur ton enfance me sont allées droit au cœur, l’ont un peu broyé mais j’essaierai, comme toi, de ne jamais montrer mes faiblesses.

J’aurai aimé aussi étreindre l’adolescente en toi, qui à force de regarder dans les yeux, la violence faite aux femmes, s’est vu hériter d’un rôle difficile à assumer pour une gamine de seize ans, mais tu l’as bien sûr, relevé, haut la main et les yeux furieux. Et armée jusqu’au dents. Les rubinettes auront donc un avenir plus radieux grâce à toi, ton nom, ta protection sans faille et ta détermination implacable.

Et quand j’ai vu ta manière de voir le monde, de le rendre meilleur, de le mener à ta façon, alors que tout te destinait, avec cet héritage et les liens du sang, à un futur sombre de violence et de dépendance, j’ai eu envie d’embrasser de toute la force de mes bras, la femme que tu es devenue. Forte, révolutionnaire, aimante, féministe, intelligente, époustouflante, tellement plus redoutable que le maître, et 100 fois plus meilleure…Le monde n’a plus qu’à bien se tenir.

Il est évident que je ne suis pas prête de t’oublier ma chère Harley, princesse de North County. Laisse ta marque partout où elle se doit. J’espère même qu’elle sera une inspiration pour d’autres princesses. Attise la confiance de ces âmes meurtries. Détruis la suffisance de ces esprits haineux. Sois la plus redoutable des reines. Construis un monde plus juste, mon Harley.

Si j’ai pris la plume aujourd’hui, ma chère Harley, c’est pour te laisser ce message d’admiration. Tu es un personnage de fiction, mais comme j’aimerai que tu sois vraie. Comme j’aimerai t’écrire ce genre de lettres, pour te persuader de continuer le combat. Tu disais « Je veux un putain de monde meilleur. » Et c’est peut être tout ce qu’on peut souhaiter, se souhaiter, te souhaiter ma chère Harley…Alors continue de toucher les cœurs. Contamine-les de ta ferveur, de ton amour, de ton audace. À cœur et à sang.

Merci pour l’émotion, ❤

Stelphique.

Peut-être que durcir un cœur est le problème . Pas la solution.


Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut un méga coup de coeur!

Estuaire, Lídia Jorge.


Synopsis:

Edmundo Galeano a 25 ans, il a parcouru le monde, participé à une mission humanitaire et est revenu dans la maison paternelle avec une main estropiée. Il est revenu pour écrire et passe ses jours à essayer d’élaborer littérairement son témoignage. Un roman qui expliquera le monde et l’empêchera de courir à sa perte.

Sa famille passe par une série de vicissitudes économiques qui mettent en danger la maison familiale, refuge de tous. Il y a l’aîné qui a mis sur pied un projet destiné à sauver la fortune de la famille en transformant deux bateaux, mais l’autorisation de l’administration se fait attendre depuis des années. Il a tenté de conjurer le sort et attend une bonne nouvelle. Un cadet avocat et dandy dont les affaires déclinent et qui essaie de sauver son cheval du naufrage de sa fortune. Le frère suivant qui réhabilite des immeubles vétustes pour les louer à des clandestins et est amoureux d’une belle Estonienne enceinte de lui et qui a besoin de place pour le bébé. La jeune sœur divorcée, avec un enfant de 8 ans fasciné par la baleine 52 Hertz, un enfant qui ne ressemble pas à son père mais au grand amour de sa mère. Et la tante Titi qui a sacrifié sa vie pour élever ses neveux et dont la vieillesse et la présence sont maintenant encombrantes. Lorsque le père de famille, armateur ruiné, baisse les bras, tout se précipite et chacun est confronté à ses échecs et à ses culpabilités. Edmundo prend alors conscience que ses aventures lointaines et son projet littéraire sont en relation directe avec les batailles privées qui se déroulent autour de lui.

Ce superbe roman choral nous montre, avec tendresse et ironie pour l’apprenti écrivain, le processus de la création littéraire, ses embûches, ce que représente le travail d’écriture. Il nous montre aussi comment les vies quotidiennes dépendent de ce qui se passe bien loin d’elles-mêmes et des décisions prises à d’autres échelles. Lídia Jorge, qui a toujours pratiqué un « réalisme aux portes ouvertes », nous trouble en introduisant des éléments fantastiques et irrationnels dans ses personnages et nous montre que la passion amoureuse va plus loin qu’on ne pourrait le penser. Elle montre le plus proche pour atteindre l’universel.

Après avoir exploré l’Histoire et les façons d’en rendre compte, Lídia Jorge revient à l’exploration des actions et des sentiments qui constituent les vies ordinaires et les abîmes qu’elles recouvrent. Un grand roman écrit par une très grande romancière.


Ce que j’ai ressenti:

💙Un Souffle de turbulences…

La famille Galeo connaît des jours nuageux et sombres. Dans la maison de leur enfance, la maison du Largo do Corpo Santo, ils se retrouvent, tous. Joâo. Silvio. Edmundo. Charlotte. David, Titi. Manuel. Un peu par dépit, beaucoup par commodité, mais surtout, dans le malheur d’un quotidien qu’il faut réévaluer à l’aube de la ruine familiale. Et forcément, ça crée des tensions pour les espaces de vies. Mais chacun, imagine un avenir radieux, auprès des siens, avec si possible, des petits bonheurs privés à atteindre, tout en faisant parti d’un tout. De la cellule familiale, de la vie en communauté, avec la beauté du paysage et des rêves-embruns, Lídia Jorge nous offre un roman choral sublime.

Là où il y avait des hommes, il y avait des perfidies, les perfidies étaient les fils de la toile d’araignée qui se tisse entre les hommes.

🔵 Et dans une sphère bleue…

Edmundo Galeano a une envie étourdissante d’écrire. D’écrire un livre. D’écrire « Le » livre. Avec cette folle audace en tête et la main mutilée fort impatiente, il regarde grossir une sphère bleue plutôt que sa famille…Il sent jaillir cette boule bleue en lui et l’entourer plus haut dans ses ambitions. Son foyer subissant multiples tempêtes pourtant, lui, il continue de chercher l’inspiration et l’appelle de toutes ses forces…Et à force d’écriture et d’introspection, il touche son rêve de ses doigts…

Lídia Jorge raconte la beauté ensoleillée de l’écriture créative, l’envie tenace de prendre la plume, les flux d’ardeur et de désespoir face au projet d’un livre à travers son personnage et c’est sublime. Le cœur de l’intention d’écriture. Tout en racontant, les peines de cette famille, elle nous démontre que c’est dans le quotidien parfois, qu’on peut puiser les idées, qu’on peut trouver avec un œil attentif, la richesse d’une belle histoire. J’ai adoré sa sensibilité d’écrivaine, sa façon de décrire avec des images fortes ou dans le plus infime détail, l’énergie qu’il faut déployer pour se dépasser avec la littérature.

La beauté. il savait qu’il devrait conquérir la beauté pour que son livre apporte une leçon. Ce qui lui semblait facile.

🌊Une ode à la mer…

Entre fleuve et océan, Estuaire est un roman qui t’embarque par sa beauté et son intensité. La plume de Lídia Jorge est puissante, suggestive, alarmante, poétique. Il y avait de la douceur dans les mots et puis d’un coup, des impacts tonitruants. J’ai adoré. Parce que c’était la vie avec ses coups durs, parce que c’était la mer avec sa magnificence , parce que c’était vrai, sincère dans chaque mot.

Les hommes devaient ficher la paix à la mer, la mer et ses fonds et ses abîmes, ses jardins secrets, ses nappes d’algues, ses créatures d’une infinie variété, son eau pure avec sa pointe de sel.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Kintu, Jennifer Nansubuga Makumbi


Synopsis:

Les malédictions ont la vie dure. Depuis que Kintu, gouverneur d’une lointaine province du royaume du Buganda, a tué accidentellement son fils adoptif d’une malheureuse gifle, en 1750, un sort est lancé sur tous ses descendants, les vouant à la folie, à la mort violente, au suicide.

Et en effet, trois siècles plus tard, les descendants de Kintu semblent abonnés au tragique : Suubi harcelée par sa sœur jumelle qu’elle n’a jamais connue, Kanani, le « réveillé » évangéliste, fanatique mais lubrique, Isaac Newton, torturé par l’idée d’avoir transmis le sida à sa femme et à son fils. Et enfin, Miisi, le patriarche, l’intellectuel éduqué à l’étranger, harcelé par des visions et des rêves où s’invitent l’enfance, les esprits, l’histoire du clan et de la nation toute entière.

Un par un, ils sont appelés par les anciens du clan, dans une forêt aux confins de l’Ouganda, dans une ultime tentative de conjurer le sort.

Mêlant les époques, les lieux, les ambiances avec une force narrative proprement époustouflante,  manœuvrant avec souplesse et humour dans les méandres de l’histoire, du mythe, des légendes populaires, déployant un incroyable casting de personnages, tous liés par le sang, tous condamnés, Kintu est un premier roman magistral, foisonnant, inattendu ; un répertoire shakespearien des turpitudes humaines tout autant qu’une formidable plongée dans un pays méconnu.

Dans une langue magnifique, sans céder un millimètre aux bons sentiments, Jennifer Nansubuga Makumbi dresse une épopée terriblement contemporaine, aussi puissante, profonde et impitoyable qu’un fleuve. Et fait une entrée fracassante dans la littérature universelle.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Parcourir le royaume de Buganda, entre risques et périls…

Les terres d’Afrique sont riches d’évasions, de prières, d’enfants, d’amours mais aussi de sangs et de légendes, et Jennifer Nansubuga Makumba nous en sculpte, un roman d’une beauté saisissante. VI livres comme autant de destins maudits. Des lundis 5 janvier 2004, comme points de départs pour ces vies en suspens. 470 pages pour nous emmener au cœur de la culture et des traditions africaines. Un voyage magnifique, intense, et dépaysant. Emballée dans une poésie renversante, parsemée des grains de mots venus de ces terres lointaines, cette histoire vibre aux sons de leurs cris d’amour, des liens du sang, des fol espoirs de ces personnages. La puissance de la vie face à la fatalité de la mort, et entre ces deux extrêmes: une famille tourmentée. Dans leurs souffrances, dans leurs errances, dans leurs croyances, dans leurs espérances, je les ai trouvé tous, fascinants.

On ne s’aperçoit pas qu’on est maudits jusqu’à ce qu’on soit exposé à cette autre façon de vivre.

▪️La puissance d’une malédiction.

Kintu, est un nom maudit. En effet, en ayant eu un geste malencontreux cet homme condamne toute sa descendance et la marque, à jamais, dans le drame…Même après 250 ans, elle est toujours là, cette malédiction.Tenace, inquiétante, puissante. Elle guette dans l’ombre, et fonce en piqué, sur le sang des Kintu, immanquablement. Kidda, Suubi, Isaac, Miisi, Baale, Kanani, Magda et tous les autres, m’ont captivée. Chacun à leur manière, ces personnages ont quelque chose à nous faire ressentir, à nous faire découvrir, à nous apprendre même…Et l’auteure réussit un tour de force impressionnant, en nous faisant vivre, viscéralement, cette malédiction. Il y a une multitude d’émotions, de mystères et de découvertes dans ces pages, et c’est pour cela que j’ai adoré suivre les Kintu dans leurs cheminements intérieurs, les voir se débattre avec leurs destinées sanglantes et leurs karmas malheureux. Il vous prend aux tripes, ce roman, parce qu’il est bouillonnant de sentiments. C’est un ailleurs qui a le pouvoir d’envoûter, littéralement. Et bien sûr, c’est comme une évidence, de se laisser charmer de la sorte…

-Quels sont les derniers mensonges du monde?

▪️Un premier roman magistral.

Jennifer Nansubuga Makumbi nous conte admirablement le poids des traditions, les transmissions familiales, la puissance des liens, des mystères venus d’ailleurs, les effets de la gémellité, la beauté d’un pays, le cœur battant d’un peuple. Et c’est magnifique. Autant l’écriture que les thèmes abordés, on est transporté par ce roman débordant de vie. J’ai passé un moment très fort avec les Kintu. Il était tellement dense et beau ce roman, que j’ai encore du mal à quitter les membres de cette famille. Coup de Cœur!

Il sourit en pensant à l’ironie de la chose. Pour lui, l’humanité était maudite, de toute façon.

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Métailié de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Quand viendra la vague, Alice Zeniter.

Synopsis:

Dystopie écologique, Quand viendra la vague est une comédie humaine aux allures de Jugement dernier. Le déferlement d’une vague bouleverse l’écosystème d’une petite île et menace de frapper de plus belle. Avec humour, la pièce oscille entre jeu réaliste et fiction eschatologique. Qui survivra à la mystérieuse crue ? Qui « mérite » d’être sauvé? 
Assis sur un rocher, Mateo et Letizia assistent à la montée des eaux et procèdent à la sélection des espèces. A l’heure du règlement de comptes et de l’effondrement de leur monde, ces maîtres du jeu sauront-ils pardonner aux fantômes du passé et se libérer de leur insularité? 


Ce que j’ai ressenti:

🌊Quand viendra la vague…

Il sera peut-être temps de se poser les bonnes questions. De repenser la mer. L’environnement. De se pencher sur la présente, de méditer sur nos comportements dévastateurs… Il sera peut être temps de re-panser la mer. De regarder en arrière et au devant de l’horizon. De mettre les pieds dans l’eau, de faire valdinguer la dînette, de repousser les importuns, de voir un défilé de peluches…Quand viendra la vague...Tu entendras des mots, des vacarmes sourds et des vérités criantes. Et tu auras des choix à faire…

🌊Quand la vague aura englouti…

Les souvenirs. Les lieux. Les familles. L’amour. L’abject. La terre. Le confort. Les vaches. La haine. Le bonheur. L’île. L’avenir. Il te restera sans doute quelques larmes salées à joindre à la vague. Des larmes de désespoir. Des larmes d’espoir. Et les poissons rigoleront…Je les entends d’ici, quand je tourne les pages…J’entends les poissons rire et les mouflons parler…

Et seuls, sur le Rocher…

Alors comme Letizia et Mateo, tu regarderas du haut de ton rocher au sommet, ce que tu voudrais mettre dans ton prochain monde, Quand viendra la vague...Comme si, tu détenais le pouvoir…Comme si, et si seulement…Je te regarderai régenter un monde où tu pourrais effacer, remplacer, mériter, tronquer, évoluer, transformer…Je te regarderai devenir pénible et j’aurai mal de te voir devenir monstre…

🎭 Et comme on baisse le rideau…

Alice Zeniter met une certaine urgence dans cette pièce de théâtre mais aussi une distance sereine dans cette scène apocalyptique, et ce roulement rappelle étrangement, les mouvements de la mer. Ses fracas autant que ces bercements, la vague nous emporte dans ses creux et ses sommets. Alors, il ne tient qu’à nous d’en regarder sa beauté et de prendre conscience. Il ne tient qu’à toi, de saisir L’Arche et commencer les pages de Quand viendra la vague…Les mots se balancent et plongent en plein tourments, mais l’humour tient cette dérive dystopie et cet arrêt contemplatif sur le Rocher, est un doux moment de lecture. Prends la vague Zeniter et tu verras le jeu de l’amour et de la sélection, le chaos des débris et l’ordre d’une catastrophe annoncée. C’est joliment écrit, et ça claque comme une voile dans le vent déchaîné. Et au moment où le rideau tombe, tu ne peux qu’applaudir de tout ton plus bel enthousiasme, parce que cette pièce est un rayon de soleil, dans cette tempête écologique pressentie.

Nous sommes des fossiles vivants.

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Claire ainsi que L’arche éditeur pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Complot, Nicolas Beuglet.


Synopsis:

Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps d’une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux.
Quand l’inspectrice Sarah Geringën, escortée par les Forces spéciales, apprend l’identité de la victime, c’est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre. Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d’une terrifiante série meurtrière. Dans son enquête, curieusement, quelqu’un semble toujours la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées. Le soupçon d’un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas…
« Envoûtant. » Michel Primault – Femme actuelle
« Un thriller féministe et haletant. » Adeline Fleury – Le Parisien


Ce que j’ai ressenti:

 

Chère lectrice et cher lecteur,

Je vous prie de bien vouloir suivre sur-le-champ le talentueux Nicolas Beuglet jusqu’à la destination où il vous conduira.

Votre émotion y est requise avec la plus grande urgence.

Pour des raisons de transparence et de sécurité, la raison de votre collaboration vous sera demandée une fois sur place.

Mes plus respectueuses salutations.

Stelphique, Commandante des Forces Elfiques.

Qu’un Complot se dessine au sein des affaires d’Etats, ce n’est guère étonnant…Alors quand le cadavre de la Première Ministre de la Norvège est retrouvé sur le bord de la falaise de Vardo, la scène internationale va trembler d’effroi, et les suspicions de complots vont pleuvoir…Et ce n’est que le début d’une série de mystères, tous plus étranges les uns que les autres, plongeant dans les profondeurs du temps…

Nicolas Beuglet voit les choses en grand, en très grand. Le Complot de plus de 500 pages aura des allures de sacré. De féminin sacré…Cette histoire plus que toutes les autres va vibrer en moi, pendant très longtemps je pense et, c’est presque magique de voir un thriller avec cet engagement à l’heure actuelle…Une lecture avec autant de tolérance, de bienveillance, tout en gardant l’étincelle de suspense haletante qui te fait tourner les pages avec ardeur, je ne pouvais qu’adhérer…Il y a l’histoire et l’Histoire, et c’est ce qui fait le charme de cette lecture, parce qu’elle te pousse à des réflexions et des recherches intéressantes. Nicolas Beuglet nous a comploté un roman époustouflant, brillant.

Déjà avec Le Cri, il avait poussé loin les limites de son intrigue mais avec ce roman fraîchement sorti en Pocket et planté dans le décor norvégien, le choc glacial va se faire sentir dans toutes les strates de cette intrigue, bousculant jusqu’à nos convictions les plus profondes, déstabilisant toutes les manigances de ceux qui détiennent le Pouvoir. Totalement addictif et grisant.

Et, bien sûr, j’ai adoré ça. D’une enquête retorse à ce final grandiose, j’ai encore une fois, été bluffée par cet auteur. C’est intense, argumenté, rythmé, passionnant. Au cœur de l’action, en suivant Sara Geringën, j’ai été balayée par des vents violents, soulevée par des vagues déferlantes, fracassée des révélations bouleversantes. Et c’est bien pour ça, que je peux vous confier sur le promontoire de mon blog féerique, que ce livre est un coup de cœur. Un énorme coup de cœur.

« Et pourtant c’était l’exploit que les femmes accomplissaient chaque jour depuis des milliers d’années: se battre, mais sans effusion de sang. »

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

La bibliothèque enchantée, Mohammad Rabie

Couverture La Bibliothèque enchantée


Synopsis:

Chaher, jeune fonctionnaire du ministère des “Biens de mainmorte”, se voit confier une mission inhabituelle : rédiger pour la forme un rapport sur une bibliothèque oubliée du Caire que l’État veut raser pour faire passer une nouvelle ligne de métro. Il se décide pourtant à mener sérieusement son enquête et, peu à peu, tout un monde mystérieux et labyrinthique s’ouvre à lui dans cette bâtisse délabrée et poussiéreuse où les ouvrages sont entassés sans cotation ni indexation et où l’on trouve des traductions dans toutes les langues imaginables. Fasciné par l’étrange bibliothèque, il ne l’est pas moins par la poignée d’originaux qui la fréquentent, comme Ali, célèbre traducteur ayant perdu toute foi en son métier, ou “Jean le copiste”, homme mutique ayant passé sa vie à photographier des livres page après page et, surtout, Sayyid, vieil intellectuel nihiliste, cynique et truculent, qui connaît la bibliothèque comme sa poche mais n’est pas prompt à divulguer ses secrets.
Dans ce roman surprenant, Mohammad Rabie tisse d’une main de maître une double trame narrative. Entre la voix de Chaher et celle de Sayyid, son récit dévoile des franges de marginalité, loin de l’étau suffocant de la bureaucratie, et des strates de rêves et de légendes sous l’épiderme racorni de la ville.


Ce que j’ai ressenti:

  • Un lieu charmant…

Qu’on ne me demande pas pourquoi ce titre m’a interpellée…Tout est là: La Bibliothèque Enchantée. Une invitation en somme et la curiosité de lire de la littérature égyptienne, je l’ai attrapé avec un certain plaisir dans les rayons de la bibliothèque. Et le voyage fut agréable…

Entrer dans « La bibliothèque de Kawkab Ambar », c’est sentir les odeurs des livres, se reposer dans le puits de lumière et découvrir un rangement loufoque. Un lieu avec une empreinte forte, que l’on découvre dans les yeux de Chaher, qui se retrouve à faire, un peu par hasard, un rapport sur son utilité, sa fonction et son influence avant sa destruction. Et l’enchantement opère bien sur, sur nous lecteurs, comme s’il était possible de découvrir un tel endroit aussi fabuleux…

« (…)elle demanda à son époux de bâtir une bibliothèque portant son nom et de la doter d’ouvrages qui en feraient le point de mire de tous les férus de savoir et de culture. Rien d’autre n’eût pu la satisfaire. (…) Et il la baptisa selon son souhait: « La bibliothèque de Kawkab Ambar « .

  • Mais qui ne se dévoile pas totalement…

Bien sûr, que le cadre est dépaysant et cette bibliothèque intrigante, et c’est ce qui m’a tenue pour lire et finir ce roman. Je regrette qu’il n’y ai pas eu plus de reliefs dans l’histoire. C’est très contemplatif et finalement, il ne se passe pas grand-chose au niveau de l’intrigue. Et puis, sur la fin…On saisit la magie. Elle était là, bien planquée. Encore fallait-il pousser la curiosité un petit peu plus loin, aller tout au bout de ces pages sans flancher, y croire, tout simplement. Le détour en valait la peine…Et puis déambuler dans les rayons d’une bibliothèque n’est pas désagréable, alors j’ai suivi sans déplaisir, cette petite communauté cairote.

Reste que, dans l’histoire de l’humanité, toutes les bibliothèques ont fini dans l’eau ou dans les flammes.

  • Retour à la réalité…

En bref, c’était une jolie découverte. Surtout pour La Bibliothèque, mais ce lieu avait, à mon avis, bien plus de potentiel pour une histoire époustouflante et vraiment enchantée. À noter quand même, que pour tous les amoureux des livres, c’est un lieu extraordinaire qu’on rêverait de pouvoir arpenter. Mohammad Rabie parle avec passion et douceur, de l’univers du livre et c’était agréable de se balader dans cet imaginaire venu d’ailleurs.

Cela fait longtemps que je me tiens à l’écart du monde.

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 7/10

Angry, Renouveau. Darren Bryte


Synopsis:

Dans une petite ville de l’État de New York, les animaux sont subitement devenus fous, au point d’attaquer les habitants. Jayden, un jeune homme a recueilli Angry, un grand singe échappé d’un laboratoire d’expérimentation et qui communique avec lui par télépathie. Les pensées transmises par Angry ne sont que dévastation et souffrance. Les hommes ont ignoré qu’on ne peut pas ravager impunément la nature et mépriser la souffrance animale… à moins d’en payer le prix, un jour. Jayden comprend qu’il est un « élu » choisi pour mettre fin à ce massacre. Mais par qui et pourquoi ? Dans l’ombre, une mystérieuse confrérie orchestre ce qui ressemble bien à une apocalypse… ou à un renouveau qui reste à construire.

Angoissant, terrifiant, addictif : un thriller d’anticipation dans la lignée de Stephen King.

Ce que j’ai ressenti:

 

▪️La sérénité pour le Recommencement.

Si dans le premier tome d’Angry, on sentait bouillir une colère, dans Renouveau, c’est tout l’inverse qui m’a tenue durant le temps de cette lecture. Une grande sérénité. Mais également un temps précieux de réfléchir au futur de l’humanité. Heureusement, que je ne suis pas dans la peau de Jayden…Tout le poids d’une grande décision sur les épaules d’un seul homme, pour tous les hommes: Choisir de les sauver ou pas…Et vous, qu’auriez-vous fait à sa place? Vaste question et heures de lectures saisissantes, c’est tout le programme de Angry, Renouveau.

Ce deuxième tome nous ouvre sur une aventure palpitante, et pour nous, lecteurs, un temps pour se poser et méditer sur les risques présents et à venir de la surconsommation, le réchauffement climatique, les conséquences désastreuses d’une biodiversité saccagée et vers une attitude plus tolérante en général. Autant de thèmes très intéressants, à ressentir sous un jour nouveau, au cœur de ses pages. Darren Bryte soulève dans ce thriller d’anticipation, des dynamiques sensibles et actuelles, et c’est toujours exaltant d’aller voir au devant de l’Apocalypse…Juste pour le frisson…

C’est toujours plus facile d’insinuer le doute que d’établir la confiance.

▪️Communiquer autrement, pour la Transition.

Jayden doit faire un Choix, un choix dont il ne saisit pas encore toutes les tenants et aboutissants, et ce n’est pas Angry et son Émanation, qui vont lui faciliter la tâche. Il doute énormément, cherche sa place, ne se laisse pas mener par l’évidence, défie les influences, mais quand sera-t-il quand c’est les sentiments qui vont venir s’en mêler?

Une quête plus profonde, plus intense, plus intérieure, avec toujours ce singe inquiétant qui l’accompagne: Angry et son influence négative, mais impitoyablement lucide. Et une nouvelle communauté avec des capacités extrasensorielles sur développées, mais je ne voudrais pas trop en dévoiler, alors faites confiance aux 13, et bonne chance à tous… Autant d’épreuves et de rencontres qui aideront Jayden (ou pas) à faire ce fameux Choix.

Dans le premier tome d’Angry, ce que j’avais adoré, c’était cette interaction entre les hommes et la Nature, et surtout Dame Nature qui reprend ses droits avec fureur, mais dans ce tome, c’est plus diffus, il tend plus vers une conscience plus générale de l’Homme face à son environnement. Le centre de l’intrigue porte sur l’importance des valeurs humaines, dans ce qu’elle a de plus beau et de plus idéal, -encore faut-il que les humains veuillent bien le voir-, et j’ai beaucoup apprécié la tournure que prend cette histoire aux multiples rebondissements. D’abord pour le voyage. qui se révèle magnifique et instructif, des États-Unis au Canada, puis de la France à cette virée en Inde, c’est une belle invitation à voir d’autres façons de vivre et d’autres comportements plus responsables. Et Jayden est un élu qu’on a plaisir à suivre, jusqu’au final surprenant, qui m’a agréablement surprise…

Une folie en vaut une autre.

▪️Gardienne du diptyque.

Je me proposai déjà d’être une Gardienne des pages de Angry, et je réitère encore cette envie pour ce poste avec, le Renouveau. J’ai beaucoup aimé ces deux tomes et ils se complètent, sans pour autant, se ressembler. C’est agréable parce qu’en plus de cela, Darren Bryte a la capacité de se renouveler dans sa propre histoire, en changeant de genre -roman d’aventures/ horreur/ thriller/ science-fiction- et du coup, cela apporte un dynamisme permanent qui font aller le lecteur de surprise en surprise.

J’ai adoré plonger mes yeux dans Angry et me frotter à une Apocalypse anticipée. Une aventure passionnante que je vous recommande de toute urgence…Parce qu’Après, il sera sans doute trop tard…

Le monde est moins moche quand on croit aux belles histoires.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement l’auteur, Darren Bryte, pour sa confiance et l’envoi de ce livre.

 

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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