Bienvenue dans mon univers!

Egérie de mon blog littéraire, elle sera la pour laisser une trace de poussière de fée au milieu de ma sélection de livres….Ne vous fiez pas à l’aspect enfantin, car mes préférences vont, le plus souvent, vers les thrillers…..

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« Chaque fois que quelqu’un dit: Je ne crois pas aux contes de fées, il y a une petite fée quelque part qui tombe raide morte. « 

J.M.Barrie, Peter Pan

➖Passage➖

Journal d’un tueur sentimental, Luis Sepúlveda

Chronique Conseil Pour Futur Tueur Sentimental

Jour 1.

Il y a des jours comme ça, où il ne vaudrait mieux ne pas se lever. Ce n’est pas tant la vie qui veut ça, c’est une espèce de karma qui te revient en retour de flammes. On a beau dire, l’argent n’achète pas tout. Même les chèques à six zéros. Et le plomb est efficace.

Note pour toi: ne tombe pas amoureux. (Ça fait mal.)

Jour 2.

Il y a des jours comme ça, où l’on est en pleine ascension. Et d’autres, pas. La philanthropie ne peut décemment pas nous toucher, tous sur cette terre. Les balles, en revanche, si. L’amour aussi. La chaleur peut rendre fou. L’architecture est un art.

Note pour toi: Surveille tes arrières.

Jour 3.

Il y a des jours comme ça, où il faudrait se passer de téléphone. De sociabilité et d’invitations. C’est vrai, qu’un verre de gin peut soulager. Mais ça ne dure pas. Profites plutôt du paysage…Dans quelle capitale es-tu déjà allé? La tristesse est envahissante.

Note pour toi: je t’avais dit, bon dieu, de ne pas tomber amoureux!

Jour 4.

Il y a des jours comme ça, où on te sauve la vie. Et des jours où il faut en prendre parce que c’est le deal. Mais l’entre-deux est mince, et des fois s’inverse. C’est beau la mer. Garde l’équilibre et sois bref.

Note pour toi: Remplis le contrat. Point barre.

Jour 5.

Il y a des jours comme ça, où les visages dévoilent des vérités. Des corps qui se cambrent, et des mensonges qui prennent des territoires conquis…Des jours, où l’on devient cible. Ou l’on peut-être remplacé, caressé, abandonné. Quitté. Des mauvaises journées.

Note pour toi: Ne te laisse pas distraire par les ronronnements. Jamais!

Jour 6.

Il y a des jours où il vaut mieux être exigent. Le chiffre 38 est une belle option. Le 45 aussi. Des jours où tu cherches et ne trouve rien. Ca fait partie du jeu. Des jours maudits et des soirs d’amours, mais tous les jours, des jours pour apprendre. Bonne chance, killer!

Note pour toi: en vrai, ne deviens jamais tueur professionnel. Ni sentimental. Laisse ça aux meilleurs!

Note à moi-même et ceux qui liront cette chronique:

Il y a des jours comme ça, où 80 pages, c’est bien suffisant pour être comblée. Il ne faut jamais, ô grand jamais, mélanger travail et amour: je l’ai appris avec cette nouvelle déjantée! Quel talent Monsieur Sepúlveda! J’ai adoré l’humour, les penchants, le caliente, les virages, le voyage…Une petite pépite!

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Plier Bagage, Daniel Saldaña Paris

Ce que j’ai ressenti:

« Mais ce qui est sûr, c’est que l’origami fut une école de solitude: il m’a appris à passer de nombreuses heures en silence. »

Choisis, petit. Choisis l’été, le côté gauche, la goutte qui glisse, l’action, le papier coloré. Choisis ta propre aventure. Choisis ta vie, sa direction, fais ton propre pli. Parce que le destin, ne te laisse pas choisir ta famille, l’heure à laquelle tu deviens grand, le contexte politique du monde, alors choisis quelque chose. Plier bagage vers quelle destination? Choisis, petit. Je sais bien que comprendre ses parents est ardu, surtout quand ils ont des ombres plus grosses qu’eux. J’imagine que comprendre les combats d’une femme, ou la passivité d’un homme, c’est difficile quand on a que 10 ans, mais tu comprendras plus tard. Sans doute. Je sais comme c’est lourd la solitude, mais je trouve que tu ne t’en sors pas si mal, entre cette Capsule à luminosité zéro, les origamis et la lecture, tu as un potentiel imaginatif qui va t’aider à dépasser les blessures de ce fameux été 1994. Parce qu’on a froissé ton petit carré de confort d’enfance, sans te consulter ni t’expliquer quoi que ce soit, tu te cherches éperdument dans une quête de réponses et de replis, et je t’ai suivi, souvent avec le souffle coupé, mais rassurée parfois, de voir que tes pas te guident aussi vers de jolies personnes bienveillantes…Cette quête d’identité sera semée d’embûches et de révélations complexes mais, te suivre, petit, dans ce voyage, est enrichissant.

Parce que tu as choisi de déplier la lettre, un peu de tes émotions refoulées, et détendre les plis de l’intime, tu es devenu un adulte, qui peut revenir en flash-back, sur les traumatismes et, écrire. Tu choisis d’écrire, de te souvenir, d’outrepasser le déni. Tu choisis de revivre, de réintégrer ton corps, revenir vers l’intérieur pour enfin, repartir…

Plier Bagage avec Daniel Saldaña Paris, c’est faire un bout de chemin avec un gosse très attachant, c’est aussi avoir la sensibilité d’un homme sur les fractures du monde politique et social actuel. J’ai aimé dans ce roman, les nervures, cette acceptation de déplier la souffrance cachée, le candide et la poésie, la métaphore de l’origami et le voyage. Une très belle découverte!

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

1794, Niklas Natt och Dag

« La seule façon de faire face à la douleur, c’est de l’ignorer. »

Il va être difficile d’ignorer, maintenant, ce qui a été fait. Difficile d’ignorer le passé, le sang, l’esclavagisme, la révolution, l’Histoire, les mains salies, les corps mutilés, la souffrance, les atrocités, les drames, l’année 1793, et celle de 1794. Et pour cela, rien de plus efficace qu’une lecture retraçant ce pan d’histoire brûlant, et les injustices qui s’y raccrochent…

Il est, des saisons qui sont plus sanglantes que d’autres, sur terre. Même l’enfer ne paraît pas moins terrible et quelque fois plus enviable… L’hiver 1794, par exemple sur l’île Saint-Barthélémy, sera difficile à ignorer, à la fin de cette première partie. Je ne crois pas pouvoir jamais oublier cette période atroce et le cœur noir de cette île. La folie des hommes paraît sans limites, et j’imagine que j’aurai été considérée aussi peu « fiable » que Erik Tre Rosor…Ce n’est pas la fièvre qui m’a fait pleurer dans ces pages, c’est la marque indélébile de la laideur…

Mais 1794, c’est surtout 4 saisons de fureurs et de bouleversements dans les rues de Stockholm. Niklas Natt och Dag va nous faire revivre cette année à travers une enquête palpitante avec un nouveau duo Winge-Cardell. Ce thriller historique est époustouflant. Dans les bas-fonds de la ville, on s’y croirait presque, et j’adore ces histoires qui mettent en lumière ainsi les invisibles, les abîmés, les laisser-pour-compte parce que malgré le désespoir ambiant, ils luttent. Comme si dans le malheur le plus extrême, il y avait toujours une once d’espoir à préserver, et c’est presque toujours les plus démunis qui ont cette force en eux. Rien ne touche plus que cela, en fait. Et je remercie l’auteur pour ce moment d’émotions fortes, car ils donnent à ces personnages une aura tellement vive, qu’ils nous restent un peu de leurs courages et leurs combats en nos cœurs.

Encore une fois, ce tome est très marqué par le sang. Très sensoriel, on en sentirait presque le goût persistant. Que ce soit les liens du sang ou celui qui tombe fatalement sur le sol, il est l’élément récurrent vital de ce polar. Comme si, en étant aussi omniprésent, il nous rappelait l’importance de la vie et de la mort, et le fil ténu entre les deux, peuplé de fantômes et de violences. En fait, l’histoire est si imprégnée qu’elle a le mérite de nous hanter, très longtemps. Que vous recherchiez le frisson, le suspense, l’Histoire ou encore l’intensité, ce thriller est l’excellence. Je reviens de cette année 1794, avec un coup de cœur, et l’envie incandescente de lire le prochain tome de la trilogie…

« Peut-être te faut-il toi aussi voir la terreur dans le blanc des yeux pour t’en libérer? »

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Quelque chose d’intime

(La rose est tombée…)

Journal d’un écrivain, Virginia Woolf

Chère Virginia,

Je vous écris cette lettre, avec peut-être l’espoir que vous vous pencherez sur mon épaule pour la lire. Je ne sais pas si cela est possible, mais sinon, je l’écris pour moi, pour ne pas oublier la sensation de complicité avec vous, chère Virginia, le temps d’une lecture. Un journal intime qui me tient compagnie depuis plusieurs nuits. Vous savez, plus que personne, qu’écrire est difficile, que cela demande de la patience, de la persévérance, et on lit tout cela dans ce journal: cette force incroyable qui vous anime quand vous prenez la plume. Le plaisir et la difficulté de trouver le mot juste, le travail de patience qu’il faut pour en mettre et en enlever, pour que chaque texte soit pertinent. Mais vous savez, également, que l’écriture est une exultation, une fin en soi, et rien ne vous donne plus de bonheur. Et ça, je l’ai ressenti très intensément, dans ce recueil intime.

Avec ce Journal d’un écrivain, vous vous confiez à ces pages. Vous pensez que ces lignes resteront dissimulées au monde, alors vous laissez la plume vous guider vers des contemplations ou des impressions plus que sincères sur la réalité de l’époque, en dépit du « qu’en dira-t-on »… On peut y voir, vos états d’âmes, vos doutes et vos joies. Les lectures qui vous enthousiasment, la poésie qui fait votre « empreinte » d’écrivain, la vie que vous menez au quotidien, le travail acharné que vous abattez, les couleurs du ciel, les ravages de la guerre, les liens que vous nouez avec les vôtres, vos humeurs passagères lourdes ou légères…

Ces fragments de textes nous rapproche de votre être complexe. On voit les vagues d’émotions qui vous traversent, les oscillations contraires, les tempêtes et les calmes qui font de vous, une inspiration et un modèle. Vous êtes une écrivaine appréciée et une critique littéraire reconnue: une référence dans le monde de la littérature. De 1918 à 1941, on partage de votre intimité et on a l’esquisse de votre génie dans ces quelques carnets que vous prenez le temps d’écrire, entre vos grandes œuvres magistrales. 80 ans plus tard, vous gardez tout de votre mystère, et vous fascinez encore par votre originalité, votre avant-gardisme, votre intelligence, vos aspirations.

C’est fabuleux cette effervescence de vie, de mots, de sentiments,de poésie et de sensibilité. Le bouillonnement qu’il y a en vous, est admirable. J’ai été subjuguée. Littéralement subjuguée. Par votre perspicacité, par votre sensibilité, par vos questionnements et les vertiges qui vous assaillent. Par votre passion aussi, d’écrire. On sent l’euphorie, le débordement, le bonheur extrême. Jusqu’où bout, c’est la constante qui vous maintient.

Il était peut-être finalement plus facile de prendre la plume pour vous écrire, que de vous quitter avec quelques mots d’admiration profonde. Ce que je peux vous dire, c’est que ce Journal m’aura donné l’envie de lire votre bibliographie maintenant que je sais l’investissement personnel, émotionnel et professionnel, que cela vous demandait. Je voudrais notamment lire Les Vagues. Dans tous les cas, ce ne sera pas ma dernière lecture, ma chère Virginia Woolf, car vous m’avez touchée en plein cœur avec ce journal intime.

Avec toute mon admiration,

Stelphique.

➖L’une et l’autre➖

➖Par-dessus tête➖

➖Pas encore levée➖

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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