Bienvenue dans mon univers!

Egérie de mon blog littéraire, elle sera la pour laisser une trace de poussière de fée au milieu de ma sélection de livres….Ne vous fiez pas à l’aspect enfantin, car mes préférences vont, le plus souvent, vers les thrillers…..

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« Chaque fois que quelqu’un dit: Je ne crois pas aux contes de fées, il y a une petite fée quelque part qui tombe raide morte. « 

J.M.Barrie, Peter Pan

Le Cœur et le Chaos, Jennifer Murzeau

Ce que j’ai ressenti:

Je suis une femme. Je suis une femme qui ne voudrait pas en finir, pour d’excellentes raisons. J’ai encore des choses à vivre, des émotions à ressentir, des horizons à voir et des toits parisiens à fouler du pied, si c’est encore possible…Et puis, j’aimerai relire Le cœur et le Chaos. Parce que la tendresse d’Aurélien, la sensibilité d’Alice et la fragilité d’Iris m’ont cueilli le cœur, malgré le chaos. Ce n’était pas évident, cette alchimie entre ces trois voix qui se racontent, dans un Paris sans dessus-dessous, et pourtant, l’effet est là dans ce joli roman choral. On les écoute dans leurs tourments personnels, et leurs confidences sont touchantes. Le cœur et le chaos font beau mélange dans ces quelques 200 pages… Le chaos de chacun vibre fort, les cœurs de ces trois-là n’ont pas fini de leur en faire voir de toutes les couleurs, que ça leur plaise ou non…Et la vie, parfois est tenace, revancharde et excitante…Mais parfois, dans la vie, c’est compliqué d’y trouver du sens et des raisons de pas vouloir en finir avec elle…

C’est tellement ridicule de creuser sa propre tombe comme ça, de pas s’arrêter.

Les corps, les esprits, la ville, les cœurs, les convictions, les limites, le ciel, les écritures, les attentions, la musique, les gestes de tendresses, les mots que l’on tait: tout ça à la dérive. Tout cela, comme des bouées fatiguées, sur la crue des eaux de Paris. On étouffe dans ces rues, on cherche désespérément l’étincelle de vie, d’éclats, de bonnes vibrations qui pourraient mener à la reconstruction du cœur et du chaos. On cherche un nouvel horizon, clair et grand. Encore faudrait-il dépasser les codes, les humeurs maussades, le vide, la peur…Ce roman de Jennifer Murzeau, m’a émue. Parce qu’il parle d’amour et de tendresse, mais pas seulement, il aborde des thèmes sensibles de sociétés et d’environnement qui poussent à une réflexion méditative sur toutes les dérives de ce monde. La plume est hypersensible et j’ai reçu certains passages de cette histoire, comme des dégringolades de douceur sur mon cœur, mais j’ai parfois eu mal à voir le chaos plus tangible à chaque minute…

C’est désarmant, la sincérité.

Je suis une femme qui n’a pas envie d’en finir. J’ai pourtant, regarder de près les effets dévastateurs de la vieillesse, de la marginalité, du vide intérieur avec Le cœur et le chaos, mais je reste lucide. Je suis peut-être folle remarque, mais je reste persuadée qu’il y a de la beauté partout, et de l’espoir aussi dans cet avenir. La preuve, ce roman! Alors, je vais aller m’assoir sur le seul banc survivant du boulevard, qu’importe le vertige et les débordements, je promets de ne pas bouger. Et j’ouvre encore ces pages qui m’ont foudroyée d’émotions…

« Il n’y a qu’ici qu’existe cette lumière. »

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Alina Gurdiel ainsi que les éditions Julliard pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

La pierre du remords, Arnaldur Indridason.

Ce que j’ai ressenti:

On ne peut jamais savoir où mènera une enquête, sur le terrain du hasard, les fantômes du passé peuvent s’inviter autant que les charlatans. On ne peut jamais savoir ce qu’on pourrait observer aux fenêtres de ces voisins, le bonheur ou le drame, lequel viendra frapper l’autre d’en face…On ne peut jamais savoir si dans un recoin de Reykjavik, il y aura une rencontre heureuse ou un destin fauché…On ne peut jamais rien savoir à l’avance, n’en déplaise à certains…Le passé ne dévoile ses mystères que rarement, encore faut-il avoir l’envie de les débusquer…Konrad n’a pas su saisir l’occasion de rendre service à une vieille dame, le temps de son vivant, mais le destin ou le fantôme de celle-ci, a tôt fait de le lui faire (a)voir la pierre du remords…Alors l’ex-policier prend le temps de récolter les témoignages et les faits avérés pour élucider l’énigme du meurtre de Valborg, avec patience et persévérance, comme à son habitude…Mais en allant déterrer certaines choses bien sombres, d’autres, lui reviennent en pleine face, comme un mauvais ressort…

S’il est vrai que les tragédies sont désolantes, il reste plus encore le sentiment écrasant dont on a du mal à bien se défaire: le remord. Et des remords, ils sont multiples dans cette histoire parce que les humains sont imparfaits. De ceux qui provoque la violence, ou de ceux qui la font perdurer, de ceux qui la subissent et de ceux qui la perpétuent, la souffrance qui en résulte, est un véritable fléau. Elles fracassent des vies, des destins, des espoirs, des innocents…Et une fois, que le mal est fait, les années gangrènent cette blessure…Ce n’est pas les dizaines d’années qui se sont écoulées, qui enlèveront la douleur d’une femme, qui effaceront les liens filiaux, qui réduiront la peine…Mais encore faut-il avoir le courage d’aller affronter ces peurs, ces horreurs, ces drames qui détruisent les corps et les cœurs…On suit, donc entre présent et passé, une enquête complexe sur un enfant disparu, un meurtre, une étrange secte et quelques autres secrets plus ou moins avouables…

Konrad est un personnage que j’adore retrouver. Sa mélancolie et sa force tranquille me touche particulièrement. J’ai aimé cette enquête parce qu’encore une fois, il plane une certaine ambiance spectrale et qu’Arnaldur Indridason aborde des thèmes sensibles sur la condition féminine, avec beaucoup d’empathie. Pas besoin de prendre un télescope pour voir que c’est une lecture qui m’a touchée directement aux tripes…Je ne peux que vous conseiller de lire cette série qui vient du froid et j’espère qu’il y aura plus de bonheurs visibles aux fenêtres islandaises à l’avenir…

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Metailie pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

L’Amour, la Mort, Dan Simmons

☠️Ce que j’ai ressenti🌹

Écoutez-moi. Je vais vous dire quelque chose avant que je ne perde le temps et la force, avant que La Mort, ou pire L’amour, se ramène avec ses charmes, j’aimerai vous dire quelque chose…

Ce n’est pas tellement les fous, les cadavres, la salive ou les temps maudits. Ce n’est pas tellement minuit, Bangkok, la drogue, les Sioux ou la guerre. C’est quelque chose en 5 temps, en 500 pages, et ça se lit avec passion…C’est L’Amour, la Mort…C’est l’exigence à les prendre en considération. Plutôt 5 fois qu’une….Parce qu’un jour, tard dans la nuit, il se peut que les deux s’invitent…Au-delà de vos rêves, de vos attentes, de vos fantasmes, ses nouvelles sont là pour vous rappeler que l’heure est venue…L’heure de l’horreur selon Dan Simmons. C’est efficace. Efficace pour pouvoir affirmer, que tous les enfers sont bel et bien sur Terre, mais que si, par malheur, vous laissiez vos esprits ouverts, ils pourraient s’y engouffrer aussi…Et alors monstres, fantômes, vampires, chaos, poètes et Dame prendraient tout l’espace, dans une danse sensuelle…La destination finale est la même pour tout le monde, mais ici, on va pouvoir découvrir l’entropie, la recomposition, des batailles, des légendes, l’effroyable fatalité, l’incontrôlable désir, se mêler de près ou de loin, au pouvoir de séduction irrésistible et fascinant de l’Amour et de sa partenaire, la Mort…Le voyage en valait le détour…

Je ne désire pas la Mort, pas plus l’Amour, mais il me reste moins de huit secondes pour vous dire qu’il faut vous découvriez ce livre! Je ne vais pas pouvoir vous dire quelque chose de plus, Le Grand Amant me fait un sourire, en déclamant son dernier poème…Et comme lui, je peux écrire dans une lettre que je vous adresse, avant la fin,

J’aime la Vie d’amour…

« Croyez-moi si vous voulez, je sais exactement à quoi la Mort ressemble. »

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Laure des éditions Pocket Imaginaire pour sa confiance et l’envoi de ce livre.

Le Démon de la Colline aux loups, Dimitri Rouchon-Borie

Ce que j’ai ressenti:

Je vais essayer de ne pas vous cracher dans l’oreille. Vous cracher un souvenir, le souffle du Démon, mais moi je suis là avec le cœur en morceaux qu’est tombé par terre au pied de la Colline aux Loups et moi j’étais pas prête je voulais même pas dire parce que l’indicible ne se dit pas. J’étais impressionnée du matin du soir de la souffrance de la chaleur de la meute. De l’horreur du nid des punitions de la télé et j’étais là je regardais je pensais pas qu’on pouvait faire ça. Ça fait mal au-dedans, la-dessous la sauvagerie le mal à l’état pur, la Colline aux Loups. Et le Démon comme compagnon, c’est pas si incompréhensible, c’est juste une idée dans l’ordre des choses qui prend le dessus, le dessus sur la solitude sur la mort sur l’emprisonnement sur le ciel rose et la grandeur de la nature. Ce n’est pas explicable, j’ai pas le parlement non plus pour dire la compassion qui conquiert l’épiderme. J’ai pas, non, mais la souffrance je l’entends même au travers des lignes, dans les silences de la ponctuation absente, dans le paragraphe blanc qui fait des pauses quand c’est trop lourd…

Je vais essayer de ne pas vous cracher des prénoms, des immondices et la violence à vos oreilles, mais il y a un moment où quand il faut prendre la plume pour raconter la noirceur humaine, des choses sales sortent des ombres…C’est moche, froid, violent. Même tous les feux n’y pourraient rien. Alors, écrire devient le pansement sur la souffrance. Mais t’auras beau appeler les saints Dieu, faire appel aux Écritures, t’auras beau convoquer les prêtres Augustin et la sagesse, si le Démon se pointe, m’étonnerai qu’il laisse sa place aussi facilement. Il paraît que c’est tenace un démon. Celui là, particulièrement. Parce qu’il t’aimante. Parce que même s’il est Démon, il est aussi justice et vengeance et même que tu le voudrais pas, il est là. Il se fait voir dans le chaos qu’il laisse le plus souvent, par terre, éclaté en mille morceaux…

Je ne voudrais pas cracher dans l’oreille de quelqu’un, ni divulgâcher la force de ce roman, mais il vous faudrait lire urgemment cette histoire. J’ai été aimantée, secouée, pulvérisée de l’intérieur…Malgré l’extrême, il reste une minuscule lumière au travers de ses ténèbres: quand l’homme regarde la nature, il est encore émerveillé. Preuve que même les démons ne peuvent enlever la beauté. Il y a encore du sacré, de l’espoir, du sens encore, et c’est là qu’il m’a pris…Alors Dimitri Rouchon-Borie, dans un dernier souffle, j’aimerai me souvenir très longtemps de ce roman. Je souhaite que ce coup de cœur soit un souvenir persistant dans mon étrange solitude féerique. A qui j’écris cette chronique je ne sais pas. Peut-être à moi-même et à vous qui ne connaissez pas encore le Démon.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

La cité de larmes, Kate Mosse

Ce que j’ai ressenti:

« Croyez-vous en la vertu inhérente de l’humanité, ou pensez-vous que nous sommes tous déchus? »

Sur les braises d’une cité de feu, un mariage se profile à l’horizon. La future Reine Margot et Henri de Navarre vont s’unir dans un contexte tendu de guerres de religions et autres jeux complexes de pouvoir…Les feux sont encore dans les esprits, les catholiques et les protestants se déchirent avec ardeur sur le sol français, mais ce mariage royal pourrait peut-être changer la donne…Dans ce conflit, les disparitions, les trahisons, les injustices, les vengeances et les séparations sont multiples…Il y eut aussi beaucoup d’amours perdus dans l’enfer de la Saint-Barthélémy et des tragédies qui marquent pas seulement l’Histoire, mais également, les cœurs à tout jamais…Kate Mosse nous fait revivre ces heures du passé, et c’est tout simplement grandiose! Son talent est tel que même en suivant, la vie d’une famille ordinaire, on ressent toute l’ampleur de l’atmosphère infernale de ces années sombres, tout en voyageant avec eux, au sein de leurs peines, jusqu’à La cité de larmes…

« Il n’est pas facile d’être une femme en temps de guerre, encore moins une fille. »

Ce que j’ai aimé, en plus de cette aventure passionnante dans l’Histoire de France, c’est cette volonté féminine qui transparaît. Les femmes font aussi l’Histoire, les femmes sont l’histoire et elles mènent leurs combats avec détermination, chacune à leurs manières…Bien sûr qu’elles pleurent, et en cela, le titre de ce deuxième tome porte bien son nom, mais elles ont une force en elles qui les poussent à se dépasser. A dépasser le chagrin, la perte, l’horreur…Et puis, il y a l’amour aussi, l’amour qu’elles portent en elles. L’amour pour une ville, pour une sœur, pour une fille, une reine, une famille, une cité…Qu’elles l’écrivent, qu’elles le crient, qu’elles le murmurent, qu’elles s’en fasse un but ultime, elles sont touchantes…Et c’est parce qu’elles s’efforcent de chérir ce qu’il leur reste, qu’elles deviennent, puissantes, malgré les blessures…Et à contrario, certains des personnages masculins manquent cruellement du sentiment d’être aimé, et ils se lancent alors dans des chimères pour essayer de combler ce vide. Quitte à dépasser certaines frontières sacrées, quitte à sombrer dans la déraison, quitte à y perdre même la vie…Et nous, lecteurs, on suit, à tous, leurs trajectoires personnelles en plongeant dans leurs enfers et c’est fou comme des fois, ça peut t’atteindre en plein cœur!

« Désormais, écrire était aussi vital pour elle que respirer. C’était une nécessité, une responsabilité. »

J’ai adoré me plonger dans cette fresque historique, et je suis absolument convaincue par la plume sensible de Kate Mosse. Ce deuxième tome est captivant, et retrouver les personnages de Piet et Minou, fut un grand plaisir. J’attends évidemment le troisième tome avec impatience…Pour l’heure, et comme il faut un temps pour tout, un temps pour le feu, un temps pour les larmes, un temps pour écrire…Je vais prendre le temps d’attendre le crépuscule, comme Minou…Il paraît que les fantômes d’été viennent parfois, et qu’ils nous aident à mieux comprendre le monde, l’humanité, la foi…Je vous écris donc, même si j’ai encore des larmes aux yeux et le cœur tout embrasé, que cette saga est tout simplement fabuleuse! Qu’attendez-vous pour prendre le temps de la lire?!…

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance ainsi que l’envoi de ce livre.

Les Orageuses, Marcia Burnier

Ce que j’ai ressenti:

« désormais on est liées par un truc indéfini. »

Il fallait que cela cesse. La rage qui coule, les démons qui reviennent, la peur tout le temps. Il fallait que cela cesse, la panique, les faux-sourires, la tétanie. Il fallait que cela cesse les cauchemars. Il fallait que ces filles respirent, qu’elles trouvent un nouvel espace où se reconstruire, qu’elles se réparent…Qu’elles se mettent en action, qu’elles reprennent le contrôle…De leurs vies, de leurs corps, de leurs esprits…Rien n’est plus difficile, mais peut-être, qu’en étant unies, réunies et en disséminant partout, leurs messages, elles feront bouger les choses, les mentalités, les mœurs…Mais en attendant, on entend que les bruits de ces jeunes femmes déterminées, qui en ont marre d’évoluer dans un monde d’injustices et de violences fait en l’encontre de leurs sœurs, et, rien que leurs voix qui s’élèvent vers le ciel, c’est déjà bel et bien, une avancée considérable, mais est-ce que ce sera suffisant? Une bande de filles blessées décide que non. Parce qu’ « ils » n’ont pas respecté le leurs. Parce que quand elles disent Non, c’est Non. Mais Eux, en décident autrement…Alors, elles vont devenir, ensemble un gang vengeur…Les Orageuses. Pour que cela cesse.

Je préfère prévenir, c’est un texte qui dérange. Parce qu’il aborde l’intime, l’éthique aussi, et un des problèmes majeurs de nos sociétés actuelles. Donc, ça dérange forcément. Parce que la vengeance n’est pas plus admissible que le viol impuni, il ne reste que les mots, pour parler de ces faits et ses conséquences. Avec ce texte court et percutant, on ressent la souffrance qui déborde, des sentiments qui déchirent, des tonnes de larmes qui se perdent, les trajectoires déviées, et la rage qui fait des vagues…Malgré cela, en fait, j’en reviens avec un ressenti un peu mitigé…C’était prenant, et j’entends bien la nécessité et le vif intérêt d’aborder des thèmes qui bousculent, mais je n’ai pas réussi à m’attacher vraiment à tous ces personnages féminins. Ça n’a pas fait autant de résonances que je l’espérai…J’en attendais sans doute trop, et c’est peut-être cela, qui a joué dans cet effet de flou émotionnel…Mais ça reste une découverte intéressante. À vous, maintenant, d’aller traîner avec Les Orageuses…

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Indice des feux, Antoine Desjardins.

Ce que j’ai ressenti:

Je fais silence. Parce que je veux écouter les oiseaux, le chant des baleines, les déplacements des coyotes. Je veux entendre l’arbre, les feuilles et l’herbe qui pousse. Je veux être sûre que tout est encore là, à faire du bruit. Y prêter attention. Avant les Fins du monde. Parce qu’il y a des urgences qui crient, qui fleurissent ici ou là, Antoine Desjardins nous fait un bouquet de 7 nouvelles où l’Indice des Feux est à son point de bascule. Il fait le lien entre toutes, avec un fil conducteur de chocs et d’émotions fortes, afin de nous donner à lire, une flamboyance.

Ce recueil, c’est une urgence. De multiples urgences cachées dans le banal, dans la vie ordinaire, dans les foyers. Le Maintenant, alerte. Des petites fenêtres, ici ou là, pour ressentir au plus profond, le malaise latent. J’ai peur du suicide à Feux Doux, j’ai peur de la maladie, de la vieillesse, des champignons. J’ai peur quand je vois que tout fout le camp. J’ai peur des game over, du Groenland qui se ramollit, des virus, du manque de lumière…Peut-être que vous allez croire que je suis « chicken », mais qu’importe! Je voudrais Mettre. Mon.Fucking.Cadran enfin à l’heure de nos amours, de notre environnement, du vivant sous toutes ses formes. Je voudrais ressembler à tante Angèle, être un peu de Louis, avoir la patience de Grand, voyager avec Couplet…Parce qu’on ne peut dissocier l’humain de son environnement, l’auteur prend le parti d’intégrer des notions fondamentales de ces dommages irréversibles planétaires, en écrivant avec une empathie d’une tendresse renversante, des histoires de vies ordinaires. Et il me vient comme une déchirure…J’y perds mon souffle, des larmes et des morceaux de chairs, mais j’y gagne en perspicacité, en sensibilité. C’est un impact inouï.

Je ne veux pas devenir zombie, pas laisser mourir le temps, pas plus que regarder crever la faune et la flore de cette planète. Je refuse de m’y résoudre. Je veux retrouver le lien avec le Vivant, -avant la mort-. Parce qu’on le sait que c’est inévitable, autant ne pas être dans une forteresse d’indifférence monstrueuse, autant choisir d’éteindre les feux de la destruction, autant lire ce livre. Parce que je ne veux pas me jeter contre la nostalgie d’un monde que le profit aura déchiqueté, j’aimerai brandir l’Indice des feux devant vos yeux, avant qu’on ne soit submergé d’une déferlante telle qu’on ne pourra même plus boire debout…Et tant que j’y suis, j’aimerai vous dire que je me suis pris 7 « kicks », j’en reviens « Maganée »…Mais…Avec un immense coup de cœur! À vous, maintenant, d’aller toffer les feux!

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions La Peuplade pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Analphabète, Mick Kitson

Ce que j’ai ressenti:

« Ce que tu dois comprendre, ma chérie, c’est que le monde est rempli de cons. Et on n’y peut pas vraiment grand-chose. Essaie juste de ne pas en faire partie. »

Ce n’est pas vraiment un problème. À peine, une gêne. Mais Mary a l’art de la parade, l’instinct de survie et un petit côté « caméléon ». Alors qu’importe qu’elle soit analphabète, elle apprend d’autres choses de la vie, la belle Mary. Par exemple, le mouvement rotatif des pousses de fraises, les ramifications des histoires, les stolons des mensonges, la culture du gain…Elle est irrésistible aussi. Fatalement irrésistible. Et puis, libre. C’est ça, à mon avis, qui les rend dingues. Pas d’attaches, pas de point d’ancrage, pas de papiers d’identités. Rien qui puisse l’entraver dans cette vie. Si ce n’est le désir…Le faire naître, le faire pousser ici ou là, en être la victime ou l’instigatrice. En faire un piège redoutable. C’est cela, le super pouvoir de Mary, alors savoir lire et écrire, est le cadet de ses soucis…Mais dans la course aux désirs, il y en a qui veulent rattraper la belle…Qui arrivera à suivre le mystère de ce moi-fraise que cette femme laisse aux quatre vents?

Analphabète, c’est une poursuite vers la paix. Trois personnages lancés dans leurs quêtes personnelles: un fils qui cherche sa mère, une flic qui enquête sur une gangster, et une femme qui cours après les jolies choses…Mais avant le but ultime de paix de chacun, il faut régler certaines choses…Des promesses brisées, des illusions infectées, des feux inexpliqués, des yeux qui papillonnent, de l’argent envolé, des rendez-vous manqués, des abandons et des colères, des souvenirs douloureux, et des morts. Autant vous dire que toutes ces souffrances doivent trouver apaisement…Et parce que vous, vous savez lire, je vous laisse découvrir pourquoi ce roman aux allures de thriller mais tout en émotions, laisse une impression aussi tenace de charme dévastateur…

Et parce que nous sommes connectés, pendant que j’ai encore le temps et avant, qu’on ne dépérisse, j’ai le désir de vous dire qu’il y a quelque chose de fort et de grand dans cette lecture. Je ne voudrais pas dire trop de mots, mais ils sont vrais. Laissons le petit et les petites choses se perdre dans le néant et, emparons-nous d’une poignée de fraises et de notre lien avec l’infini…Il se pourrait que le feu se délivre d’artifices et que Peace offre, enfin au monde, toute sa beauté…Je vous love.❤️

Ma note Plaisir de lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Ordinary People, Diana Evans

Ce que j’ai ressenti:

Nous sommes juste des gens ordinaires

On ne sait pas quoi faire

Parce qu’on est des gens ordinaires

Peut-être que nous devrions aller lentement

Cette fois, nous irons lentement

Ordinary People, John Legend

Peut-être qu’ils ne sont pas aussi ordinaires que cela, ces deux couples britanniques. Peut-être qu’ils ne savent pas quoi faire de leurs rêves évanouis et leurs quotidiens ternes. Mais ils peuvent nous aider, nous lecteurs, à entrevoir les pièges de la routine. Peut-être qu’ils peuvent nous emmener à réfléchir sur des questions universelles, sur l’amour, sur la parentalité, sur le foyer. Et nous irons découvrir, de ce fait, lentement, l’imprégnation des mœurs et des illusions perdues. Le pouvoir de la musique aussi. Peut-être parce que justement, ils ne sont pas aussi ordinaires que cela, avec leurs passions, leurs métissages, leurs hésitations, leurs mélanges , on se plait à suivre le tempo de leurs intimités. Tout prêts de tomber après la folle ascension de l’amour, ils sont en équilibre, sur le fil, de leurs histoires…Et tout le point fort de Diana Evans, est de raconter, ce moment très particulier. Comment on en arrive là, sur le fil…Et quels risques, ils devront prendre pour sauver ce qu’il reste de raisons, de sentiments, et de désirs…

Parce que des fois, il faut raviver la flamme ou la jeter, ces deux couples dévoilent leurs quotidiens, leurs espérances, leurs pensées profondes. Avec ce qu’il fait qu’ils sont eux, ordinaires et en même temps singuliers, chacun leur tour, on apprend à les comprendre. Que ce soit le couple Mélissa/ Michael ou Stéphanie/Damian, ils tentent d’atteindre une perfection dans leurs rôles respectifs, jusqu’à s’y perdre un peu parfois…De la mère, de la femme et de l’amante, elles essaient de se débrouiller avec la charge mentale, l’effacement de soi avec plus ou moins de facilités. Du père, de l’homme ou de l’amant, ils essaient de faire avec la frustration ou le chagrin avec plus ou moins de réussites…Toujours est-il que cette recherche de la hauteur, ne mène pas forcément vers le bonheur, et que les fantômes n’attendent que ça pour leur tomber dessus…Alors Diana Evans emmène une part de réalisme magique dans ces vies domestiques, pour donner plus d’éclats à l’ordinaire. Et nous, d’en être éblouis…

À Londres, il y a de la vie et des gens fabuleux qui tente d’enrayer l’usure, le renoncement, les drames et les manigances spectrales du 13 Paradise Raw…Pendant une année, avec des dates-clefs du monde moderne, avec en fil conducteur de la musique et de quelques mots de poésie, Diana Evans nous dépeint un portrait social d’une génération de personnes simples qui veut encore croire que leurs chaussures touchent le ciel…So High. Des personnes, comme vous et moi, qui espèrent toucher la lune et les étoiles, au seuil de leurs quarantièmes anniversaires…Et c’est incroyablement émouvant, cette prise de risque à y rêver, le temps d’une lecture…

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Les Lamentations du coyote, Gabino Iglesias

Ce que j’ai ressenti:

« Parfois, la douleur est la seule voie vers la délivrance. »

Je suis allée aux abords de la frontera. Et j’ai écouté. Le sang, les fantômes et le sourire du diable. De part et d’autre de cette frontière, j’ai écouté l’énergie du désespoir. Ce sont autant de chants qui s’entrecroisent, se mêlent, s’emmêlent, se répondent, s’apprivoisent et puis s’éteignent. Un envahissement. À rendre fou. Mais tant qu’à être vivant, même entourés par la mort, il faut comprendre que cette frontera, est un lieu d’angoisses, de contrebandes, de trafics et de banditisme. Un territoire de dissymétries où le chaos s’insère impunément. Un carrefour de capital, de services, de croyances et de cultures qui s’affrontent avec fureur. J’étais là, fragile, au milieu des cadavres, des cris et des vengeances, à les regarder se livrer une guerre sans merci sur le seuil de l’enfer. J’aurai voulu que le chant de la Mère me traverse moins fort, que Les lamentations du coyote me laissent un peu d’espace, que l’Inmaculada desserre son étreinte sur mes os, que Alma fasse un bruit plus diffus, que les pleurs des enfants s’envolent…Mais c’était sans compter sur la plume puissante de Gabino Iglesias qui encore une fois, décide de rien nous épargner de l’horreur de la violence à la frontière nord-sud américaine, dans ce Barrio noir survolté. Il nous fait entendre dans ce roman choral, les voix des indésirables qui s’y pressent jusqu’à y perdre, au mieux, la raison. C’est ce qui va m’empêcher de dormir désormais, les cauchemars qui se glissent dans les fissures, ces âmes perdues qui, fondamentalement convaincues de la force du Bien, se battent pour la justice envers et contre tout. Malgré les loups, la politique, l’homme orange, la Muerte qui traînent leurs maléfices, ils continuent, ces indésirables, leurs combats contre le Mal, dans l’indifférence totale du monde, et c’est ce qui va me briser le cœur, assurément…J’aurai beau discuter avec le diable, il paraît qu’il ne veut rien entendre du trafic d’enfants, j’aurai beau prier la Santeria ou la Virgencita, les créatures assoiffées de sang continueront d’affluer, j’aurai beau rire, pleurer, chanter, la mort va quand même rendre son parfum caractéristique sur les abords de la frontera. En fait, j’aimerai délivrer, comme le coyote, des mots et des enfants, avant que le silence ne recouvre tout. Ça sera un espoir. Quitte à être en souffrance, autant que j’en éprouve au moins le désir, ça sera ma manière d’être une onde d’énergie, en lançant un cri vers le ciel. Donc, il me reste à vous écrire que Gabino Iglesias a réussi un chaos splendide, empreint d’émotions, de vibrations et de lamentations qui vous retournent les tripes. Je vais aller m’assoir maintenant et fermer les yeux, écouter mon sang, écouter la mort, faire une ou deux prières pour eux. Les indésirables qui suivent leurs cœurs et donne à l’avenir, un mélange de lumières scintillantes malgré le tableau noir…

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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