Bienvenue dans mon univers!

Egérie de mon blog littéraire, elle sera la pour laisser une trace de poussière de fée au milieu de ma sélection de livres….Ne vous fiez pas à l’aspect enfantin, car mes préférences vont, le plus souvent, vers les thrillers…..

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« Chaque fois que quelqu’un dit: Je ne crois pas aux contes de fées, il y a une petite fée quelque part qui tombe raide morte. « 

J.M.Barrie, Peter Pan

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Aby, Histoire d’une LC Halloweenesque. Acte IIII: Coup N’Ame

Après la soupe au potiron partagée entre copines blogueuses, l’auteur vous invite à tester également, les spécialités Louisiane alcoolisées, sucrés et salées…Histoire de partager encore plus que le simple plaisir d’une lecture commune, on se lancerai presque dans un concours de cuisine inspiré par ABY…A vos fourneaux et pages noircies, il est temps de mettre un point final à ce grand Opéra Halloweenesque…

Le « hic » avec les Loas, c’est qu’une fois que l’on est marqué par les esprits, cela devient vite, envahissant…La malédiction n’est plus seulement dans la descendance, mais elle prend vite, et d’une manière inquiétante, les adeptes de cette force magnétique pour n’en faire que des pantins exécuteurs de leurs caprices…Aby n’est pourtant plus que l’ombre d’elle même, mais plus puissante que jamais…Et le quartier maudit de Harlem devient vite son terrain de jeu…Le clap de fin s’annonce et pourtant, son influence va vous hanter comme jamais, car ça y est, elle sort enfin de l’ombre….

Tremblez, maintenant!

Oui, tremblez maintenant!

Aby est à l’aube de sa vie

40 ans se sont écoulés depuis qu’elle est installée à New York

40 ans que le malheur frappe à la porte de l’immeuble aux briques rouges

Harlem change, mais Aby veille toujours sur ses ousmis

Harlem sort doucereusement de la crise

Mais le mal est fait.

Les tensions raciales plus que jamais sont ancrées dans ce quartier.

Aby a peur pour son fils

Aaron, le fruit de ses entrailles.

Aaron le fils du mal.

Aaron qui après Jaja et Aby portera le fardeau de la malédiction familiale.

Car à Harlem comme ailleurs, le passé a un prix

Et l’avenir doit le lui payer.

Il va falloir en finir avec l’éthéré…

Il faut que les Laos aident Aby a rompre ce cercle maléfique.

Tous vont devoir régler leurs comptes avec la vieille prêtresse vaudou.

Le désounien va commencer

Abigail Richardson a toute sa vie porté sa famille à bout de bras.

Aujourd’hui il va falloir en découdre avec cette marque d’infamie.

Et le passé et les éléments vont s’en mêler.

Il faut combattre l’ignominie

Alors Tremblez, les choses vont s’accélérer.

Le dénouement est proche

Et il va être griandiose

 

Bientôt la Fée Stelphique et la magicienne Ge viendront vers vous pour donner les clés de chez ABY.

Elles vous raconteront leur expérience au coté de la prêtresse vaudou.

La grande dame venue du Bayou.

Et si vous avez loupé le début, une séance de rattrapage est encore possible.
Vous trouverez ci desous la questions à vos réponses :

Aby, une histoire de LC haloweenesque

Aby, une histoire de LC haloweenesque :  L’Ouverture

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 1, Aby

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 2 Lwa Racine

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 3 Marinèt Bwa Chech

 

L’oeuf ou la poule, Przemystaw Wechterowicz

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Pourquoi nous l’avons choisi:

Nous avons flashé sur cette couverture pétillante et lumineuse!

Synopsis:

Même un poussin peut se poser une question existentielle : 
Qui est arrivé en premier, 
L’œuf ou la poule ?

Ce que nous avons ressenti:

Pour cette grande question : »Qui de l’œuf ou la poule est arrivé en premier? », nous avons un adorable Poussinet déterminé et curieux, qui va nous guider en suivant les réponses des habitants de la basse-cour. C’est un joli album plein de pep’s avec un petit côté rétro dans les illustrations, un rien d’intemporel s’y glisse, des pointes grainées  parfait cet effet entre ancien et modernité…Le dynamisme des couleurs et les mouvements noircis en pointillisme des pelages d’animaux, c’est un vrai plaisir visuel de tourner les pages et de faire leur connaissance…

Chaque page tournée nous fait rencontrer des personnages , mais surtout des réponses originales et drôles pour une question presque philosophique…Nous avons adoré les tantes caquetantes, la chèvre « Lennon », l’épouvantail aux pensées dorées…C’était très agréable de partager ce moment complice avec Jazzelfique qui essayait de deviner ce secret universel, passant d’une réponse à l’autre, tentant de saisir la FAMEUSE bonne réponse…Ce petit album a même fait un petit tour dans sa salle de classe, et rencontrer un vif succès d’intérêt!

Malgré cette interrogation qui reste en l’air et cette boucle infinie, cette rencontre avec ce poussin tout mignon, fût une très belle découverte et quelques rires bien sentis avec l’humour qui se dégage de ses pages flashy a illuminé notre Histoire du Soir! Mère et fille, on conseille cette nouveauté tout droit sortie du catalogue Balivernes Editions…

Notre note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Balivernes pour l’envoi de ce livre! Ce fût une découverte très amusante!

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La reine du Tearling, Erika Johansen

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Une Chronique faite par Daniella Fantasy. 

La reine du Tearling par Johansen

Synopsis: 

Après la mort de sa mère la Reine Elyssa, Kelsea Raleigh a grandi en exil, loin des intrigues du Donjon royal où son oncle diabolique a pris le pouvoir. Le jour de ses dix-neuf ans, une garde dévouée l’escorte de son repaire à la capitale, où elle devra reconquérir la place qui lui revient de droit et devenir Reine du Tearling.
Kelsea ne s’est jamais sentie aussi peu capable de gouverner. Pourtant, les atrocités qu’elle découvre vont la pousser à commettre un acte d’une incroyable audace, qui jette tout le pays dans la tourmente et déchaîne la vengeance de la Reine rouge.
La quête de Kelsea pour sauver son royaume et aller vers son destin ne fait que commencer. Long périple semé d’embûches, empli de bruit et de fureur, de trahisons et de combats farouches. Une épreuve du feu, qui forgera sa légende… ou la détruira.

Erika Johansen nous entraîne dans une épopée flamboyante où une jeune princesse insoumise devra lutter pour monter sur le trône.

L’avis de Daniella: 

Une TUERIE ce roman !!
La route pour accéder au trône sera semée d’embûches mais récupérer son trône le sera d’autant plus…
Kelsea Raleigh a été exilée par sa mère, la Reine Elyssa, afin de vivre protégée jusqu’au jour où elle atteindra sa majorité et pourra à son tour gouverner. le jour de ses 19 ans, la garde fidèle de la Reine, vient la chercher afin qu’elle accède au trône et s’oppose à son oncle qui a déjà pris ses aises. Mais il va falloir aussi s’opposer à la Reine Rouge et au traité signé il y a bien des années… La princesse Kelsea devra faire ses preuves et surtout réussir à sauver son peuple. Mais des traîtres se cachent et il faudra les débusquer… Une nouvelle Reine est-elle née ou sera-t’elle exécutée comme les autres ?
Erika Johansen a une écriture vraiment captivante et nous entraîne totalement dans son monde en plein coeur du Tearling. Entre alliance, fidélité, trahison, combat tout y est pour passer une agréable moment. Mené d’une main de maître tout est parfaitement enchaîné et suis une logique implacable. On a l’impression d’y être et de vivre le combat de cette jeune fille qui n’a jamais appris à gouverner et qui pourtant va nous épater.
Ce livre se découpe en trois parties. La première étant sa vie avec ces tuteurs et le départ pour le trône. La deuxième étant son arrivée et au trône et ses prises de décisions et la troisième nous rapproche un peu plus de la Reine Rouge…
Élevée par Barthy et Carlin, elle a appris les règles de base d’une bonne Reine. Elle n’a pas été élevée dans la luxure, ni dans la vanité ni dans la cupidité. Elle a suivi un enseignement qui fait d’elle une jeune fille cultivée et réfléchie avec un grand coeur. Elle a certes un caractère bien trempé mais ses tuteurs lui ont donné une très bonne éducation qui se montrera sans faille avec le temps. Puis viendra l’heure pour elle de les quitter et de suivre la garde de la Reine Elyssa afin d’accéder au trône. On suit son parcours avec beaucoup d’intérêt et on s’attache à l’ensemble des personnages qui l’entourent. J’adore le personnage de Massue qui est très fermé mais qui se dévoue corps et âme à la couronne. Mais aussi celui du Fletch qui a une certaine arrogance et donne du piment à l’histoire on espère que lui et Kelsea vont se rapprocher et pourtant le suspense est toujours là jusqu’à la fin. Ses apparitions sont toujours bien remarquées et remarquables. Un régal !!!
Son oncle est détestable et on ne rêve que d’une chose : sa tête au bout d’une pique
Et il y a une série de traître dont notre préféré sera Thorne et qui la joue très finement. On ne saurait se passer d’un personnage comme lui…
Et bien sûr la Reine Rouge, on en entend beaucoup parlé mais on a qu’une seule hâte c’est de la voir à l’action et s’opposer à notre nouvelle Reine.
J’ai donc passé un très agréable moment et j’ai hâte de lire les tomes suivants. Je ne peux que le recommander car vous ne serez pas déçu de ce roman passionnant et captivant.

 

Les perséides, Robert Charles Wilson.

Couverture Les perséides

Pourquoi je l’ai choisi:

Grâce aux bons conseils de Yvan, Robert Charles Wilson est devenu un auteur que j’adore particulièrement. Forcément, quand j’ai vu cette proposition de lecture dans le cadre du Club de l’Imaginaire Folio SF, je n’ai pas hésité un seul instant, ne tenant même pas compte du résumé, tellement je fais confiance à son talent! Je remercie d’ailleurs très chaleureusement les éditions Folio de leur confiance!

Synopsis:

Toronto. Cité pluriethnique où l’on peut croiser des centaines de personnes tout en restant terriblement seul. Ville tentaculaire que l’on sillonne chaque nuit en faisant de nouvelles découvertes et où l’indicible n’est jamais très loin. 
Au cœur de cette métropole se niche une petite librairie plutôt étrange : Finders. Vous y trouverez sans aucun doute les livres que vous cherchiez depuis toujours et aussi, qui sait?, certains que vous n’imaginiez même pas. Porte ouverte sur des mondes qui n’existent pas, ou pas encore, Finders est un endroit à nul autre pareil. Poussez la porte, si vous l’osez… 

Avec ce recueil de neuf nouvelles liées plus ou moins étroitement les unes aux autres, Robert Charles Wilson nous offre une œuvre très personnelle, ancrée dans le réel et pourtant véritable déclaration d’amour à la science-fiction, laboratoire de tous les possibles.

Ce que j’ai ressenti:…Elargir son horizon étoilé des possibles…

« L’univers mesure-t-il l’intention? »

Neufs nouvelles pour mieux appréhender la science-fiction, et le chemin des étoiles pour aller s’y perdre, avec la jolie plume de Robert Charles Wilson…Inutile de dire que ce livre, j’étais très impatiente de le commencer, car depuis que j’ai découvert cet auteur, je me régale de son imagination foisonnante, je suis admirative des mondes qu’il ouvre à ses lecteurs, et de la portée de ses écrits pour notre perception de la vie. Même le livre refermé, il me reste encore une impression très forte d’avoir confronté mon imaginaire au néant, de lui avoir laissé une chance de rentrer dans un quotidien toujours plus prenant…Étourdissant comme sensation…

« Est-ce que c’est l’univers qui se dilate ou l’observateur qui rétrécit?  » 

Lire des nouvelles est assez exceptionnel chez moi, mais quand c’est un auteur chouchou tel que RC Wilson, je fonce les yeux fermés, et bien sûr, la magie a encore opérée…Il arrive à me transporter à chaque fois, dans un espace parallèle de pure science-fiction avec une pointe de fantastique qui fait de ce moment, une boucle de plaisir de lecture…J’aime sa façon d’exploiter l’étrange, de décrire l’humain dans ses incroyables contradictions, de passer toutes les frontières pour mieux apprendre de notre monde…De l’infiniment grand à l’infiniment petit, des paradoxes possibles et impossibles, avec une finesse d’écriture, il nous réinvente Les Perséides, dans une pluie de mots étincelantes…

« Au bout d’un moment, on apprend à en tirer réconfort. Si nous ne sommes rien, alors il n’y a rien dont avoir peur. Nous n’intéressons pas les étoiles. »

Une ville et une librairie comme point d’ancrage de cette série d’histoires toutes plus intéressantes les unes que les autres, car elle ouvre sur les champs des possibles intangibles, des probabilités anticipées dérangeante, voir même effrayantes. Un envol direct pour l’infini et au delà, avec des théories opaques qui prennent vie dans ses pages. Ce recueil de nouvelles est une plongée vertigineuse dans les rues de Toronto et ses recoins sombres et des portes de mots qui s’ouvrent sur des mondes insoupçonnés qui laisse des traces de vaporeuses angoisses dans nos nuits blanches. On en ressort forcément troublé, car derrière ses petits textes, se cachent les grandes questions existentielles, quand nous tournons notre regard vers le ciel étoilé…

« Les gens de la ville ne comprennent pas. En agglomération, le ciel est gris, vierge comme une ardoise et légèrement lumineux : on dirait un feu d’ordures qui couve. Les quelques corps célestes qu’on parvient à voir briller malgré la pollution sont à peu près aussi excitant qu’un poisson échoué sur la plage. Mais en s’éloignant suffisamment de la ville, on voit encore le ciel de la même manière que nos ancêtres, comme un abîme au-delà du bout du monde dans lequel les étoiles évoluent, aussi implacables et inabordables que les âmes des morts d’antan. »

J’ai bien entendu mes préférences en termes de textes qui m’ont plus touchée que d’autres, (comme La ville dans la ville et L’observatrice) , mais j’ai été agréablement surprise de la cohérence de ce recueil qui propose toujours une ligne conductrice entres ses nouvelles, même infime, dont l’incroyable fascination pour la librairie Finders…Robert Charles Wilson se plaît à prendre carrément l’univers comme espace de jeu, avec toutes les propositions originales ou frissonnantes qui peuvent nous atteindre, pour nous donner quelques matières à penser, lors de nos ballades nocturnes, au clair de lune.

« Au bout d’un moment, on apprend à en tirer réconfort. Si nous ne sommes rien, alors il n’y a rien dont avoir peur. Nous n’intéressons pas les étoiles. »

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

 

 

Trois oboles pour Charon, Franck Ferric.

Pourquoi je l’ai choisi:

Au premier coup d’œil, pour la couverture! Il faut dire aussi que ce synopsis avec cet homme qui dupe les dieux a attisé ma curiosité…

Synopsis:

Pour avoir offensé les dieux et refusé d’endurer ma simple vie de mortel, je suis condamné à perpétuellement subir ce que j’ ai cherché à fuir : l’absurdité de l’existence et les vicissitudes de l’Humanité. Rendu amnésique par les mauvais tours de Charon – le Passeur des Enfers qui lui refuse le repos -, je traverse les âges du monde, auquel je ne comprend rien, fuyant la guerre qui finit toujours par me rattraper, tandis que les dieux s’effacent du ciel et que le sens même de ma malédiction disparaît avec eux. Dans une ambiance proche du premier Highlander de Russel Malcahy, Trois oboles pour Charon nous fait traverser l’Histoire, des racines mythologiques de l’Europe jusqu’à la fin du monde, en compagnie du seul mortel qui ait jamais dupé les dieux.

Ce que j’ai ressenti :…Un voyage tourbillonnant de poésie…

 « Toi qui arrives au Froid Pays : trois oboles pour le Passeur, ou bien une éternité de langueur ? »

♫ Il faut laisser le temps au temps ♫… Pour le Géant de cette histoire, il sera sa pire malédiction, sa némésis, sa torpeur… Une éternité à subir les violences, à se retrouver au milieu des pires conflits de l’Histoire, à chercher les réponses à ses questions…Toujours aux frontières de la vie et de la mort, essayant de saisir la déraison ou comprendre la raison d’un tel châtiment, à voguer sur le fleuve de Léthé indéfiniment, à s’acquitter d’une dette de passage mystérieuse…Cet homme aux multiples surnoms se balade sur le fil du temps, retombe chaque fois dans le chaos, et se relève dans un néant sans but…

« Il n’est de punition plus terrible qu’une éternité de travail sans but ni espoir. »

Je fais un petit aparté spécial pour signaler que je préfère le synopsis de Folio, car du coup, j’ai pu apprécier à sa juste valeur, la surprise de l’identité de cet homme maudit par les dieux, et donc encore plus aimé la pertinence de la construction de l’intrigue. Franck Ferric réinterprète la légende d’un personnage de la mythologie grecque, joue des effets de répétition qui sont le propre de cette spirale infernale, mais en plus, il le fait avec une poésie moderne expressive qui fait un joli clin d’oeil à l’oeuvre originale.

Mais attention à vous. La poésie, parfois, ça griffe, ça mord, ça cogne. 
Et c’est même un peu sale.

Nous avons dans ce roman des scènes de bataille époustouflantes, et une compréhension de l’Humanité qui mène à de belles réflexions philosophiques. Une lecture des plus intéressantes avec une beauté lyrique qui nous emporte au sein de l’Histoire, des histoires et des mythes légendaires. Je suis encore admirative de la proposition originale de cet auteur! Un moment suspendu dans le cycle infernal de la vie, une jolie vogue de lecture avec une réinterprétation intelligente, qui en fait, un petit trésor personnel, mais qui ne vous sera d’aucune utilité devant votre passage devant Charon…A moins que…

« Avec nos armes et nos passions nous taillons nos vies à nos mesures. Je crains qu’il ne faille bien plus , à ceux qui viendront après nous, pour élargir les vies qu’on voudra bien leur donner. »

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Folio pour l’envoi de ce livre et de leur confiance pour faire partie de leur Club de l’Imaginaire.

Les harmoniques, Marcus Malte. Défi Cannibelfique.

Les harmoniques : Beau Danube Blues par Malte

Pourquoi je l’ai choisi:

Avec l’énorme coup de cœur pour Le Garçon du même auteur, j’ai voulu découvrir ses précédents romans…Et, bon, j’adore toujours autant déstabiliser le planning de ma binômette, et lui proposer des « oldies » en Lecture Commune…

Synopsis:

Vera est morte assassinée. Brûlée vive. Mister, le pianiste, l’aimait, comme elle aimait sa musique. Il veut comprendre : qui l’a tuée ? Pourquoi ? Avec son ami Bob, chauffeur de taxi philosophe et polyglotte, il cherche, tâtonne, interroge et remonte peu à peu le fil de la jeune vie de Vera, jusqu’aux rives lointaines du Danube, jusqu’aux charniers des Balkans… Rythmée par les grands standards du jazz, l’enquête des deux hommes fera ressurgir les notes cachées de ces crimes dont personne ne veut parler. Plus qu’un roman, c’est une ballade qui se joue ici. Un long blues nostalgique et envoûtant en même temps qu’un poignant chant d’amour et de rage. 

Ce que j’ai ressenti:…Comme le doux son d’un coup de coeur….

« Où se niche le génie? Où se niche la sagesse? Où se niche le merveilleux? »

Jazzy, ou comment la musique envahit l’espace d’écriture, fait des Harmoniques derrière le contexte d’un conflit européen, se retrouve entre les lignes d’une poésie noire envolée dans les esquisses d’un corbeau, se mêle au lent ronronnement d’un moteur lancé sur l’asphalte, se perd dans les arpèges d’une passion platonique…Tu l’entends ce Jazz qui se nourrit de nostalgie, de violence et de beauté?  Marcus Malte nous ballade sur des notes obscures, réveille des douleurs dissimulées et sublime son polar de lyrisme philosophique.

« Ensuite pour se persuader que l’humanité n’a pas engendré que des porcs et bouchers et ogres barbares, mais aussi quelques fées ou enchanteurs dotés du pouvoir de transformer le bruit en son, les cris en notes, les rafales en arpèges, les plaintes en mélodies, les sanglots longs en violons- la vie en harmonie. 
Pour continuer à croire qu’il existe autre chose, autre part. »

Cette enquête atypique menée par deux personnages « Black and White » dans une guimbarde jaune est un moment de lecture intense entre humour et drame. Le temps d’une playlist enivrante et de quelques jolies références littéraires, on se plaît à démêler une affaire sombre de meurtre impuni, d’une victime qui aurait pu disparaître de la surface de la terre sans bruit, mais la  passion de Vera pour la musique et l’adoration d’un homme  en voyant ses yeux, aura suffit à lui rendre un peu de son identité et mettre en lumière le temps de 400 pages, les accents slaves.

« Nul autre don que le don de soi. »

Plus que tout, j’adore l’écriture de cet auteur! Je la trouve expressive, sensorielle, magnifique…Elle s’embrase avec panache jusqu’au bouquet final…Encore une fois, je suis totalement conquise…Au delà de son intrigue menée admirablement jusqu’à la dernière note, on sent une volonté dans le style: la force des mots, le plaisir de rendre hommage à la musique et à l’Art. L’intensité qu’il met dans ses descriptions rend cette lecture bouleversante. Comme un air de musique, elle tourne dans ta tête, cette poésie, et tu lis et relis les passages, te délectant de tant de beauté d’écriture et tu t’envoles vers des courants de pensées essentielles… Marcus Malte, en grand géant, orchestre son histoire avec passion,  jouant des basses violentes des canons, d’un tempo plaintif d’un saxophone en mal d’amour, de l’harmonie d’une amitié infaillible…

Flambant Coup de Coeur.

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

 

Titre : Les harmoniques – Beau Danube Blues

Auteur : Marcus Malte
Édition : Gallimard (2013)

Résumé :
Une voiture quitte les rives de l’océan pour Paris à travers la nuit et des nappes de jazz qui s’échappent d’un autoradio.

A son bord, deux hommes. Mister est un pianiste de jazz. Un black amoureux de Trane et de Lady Day. Bob, son complice, son frère de coeur, est un ancien prof de philo reconverti en chauffeur de taxi. Encore plus que Monk ou Getz, lui vénère les classiques grecs et Schopenhauer.

Les deux hommes foncent vers la capitale mus par l’obsession de Mister : Vera, une jeune femme qu’il a récemment rencontrée, vient d’être retrouvée morte, brûlée vive.

Les coupables ont été arrêtés sur le champ, mais Mister ne croit pas à la version officielle. Il décide de mener sa propre enquête. Ses questions et sa curiosité vont les amener à lever le voile sur une histoire qu’il aurait mieux valu garder secrète, et à côtoyer une faune peu recommandable.

Composition virtuose, arpèges narratifs complexes et subtils, envolées lyriques… ce roman éblouissant de Marcus Malte avance, style en avant, sur la corde raide.

Entre l’ombre et la lumière, la violence et la mélancolie, Les harmoniques est un incroyable roman noir – clair-obscur plutôt.

Une mélopée déchirante qui mêle le politique, la passion, la révolte et le sexe. Comme tous les grands standards du blues.

Critique par Cannibal Lecteur  : 
On m’avait dit le plus grand bien de ce livre, notamment Domi, la moitié d’Yvan. Collectif Polar aussi. Bref, des gens à qui je fais confiance niveau littérature !

Alors j’avoue que j’ai été un peu désarçonnée lorsque j’entamai ma lecture et que je me retrouvai face à un meurtre à résoudre…

Heu ? Un simple meurtre à résoudre ? Un banal cas de Whodunit ? Un grand black qui cherche à en savoir plus sur l’assassinat violent d’une gentille fille qui venait s’accouder sur son piano ?

Ça commence ainsi, par un truc banal (si un assassinat par le feu peut être considéré comme banal) : le meurtre de la gentille Vera à qui on a fait le coup de Jeanne d’Arc.

Les flics ont même été super rapides et compétents sur le coup puisque trois jours plus tard (non, elle n’est pas ressuscitée comme l’autre) ils ont arrêté les coupables.

Mais Mister, le grand Black pianiste n’y croit pas du tout et aidé de Bob, son pote chauffeur d’un vieux taxi, il va mener l’enquête.

Oui, on commence avec un truc simple, mais j’avais oublié que nous étions avec Marcus Malte et qu’on n’allait pas se retrouver avec le Colonel Moutarde dans le vieux hangar avec l’essence et le briquet !

La petite histoire va s’inscrire dans la Grande… Rien n’est simple, rien n’est facile, rien n’est acquis, surtout pas la vérité que l’on va nous dévoiler au fur et à mesure que nous tournerons les pages.

De plus, l’écriture de Marcus Malte est toujours aussi poétique, lyrique, ses phrases m’emportent souvent très loin et croyez-moi, c’est le petit Jésus en culotte de velours, sa plume, maniant la philosophie et l’humour, même si elle ne se prive pas d’égratigner.

Oui, sa plume m’enchante, et elle chante car ce roman sent bon les airs de jazz et l’auteur a même inclus la play-list pour le cas où nous voudrions écouter les mêmes chansons que nos deux enquêteurs improbables : le grand noir et le petit blanc.

Les deux personnages que sont Mister et Bob sont des gens comme on aimerait avoir dans nos amis, surtout Bob qui est toujours là pour vous aider, lui, son vieux taxi, sa philosophie et ses cassettes audios remplies de vieux chanteurs de jazz.

Un roman qui commence de manière simple et qui devient plus dense ensuite, de par son scénario et de par l’Histoire qu’il nous conte, une que nous n’entendons pas souvent et dont nous ne savons pas grand-chose : l’x-Yougoslavie.

Un roman bourré d’émotions, une lecture magnifique, dense, belle, émotive, qui ne m’a pas laissée de marbre. J’en ai eu des frissons partout.

Un grand merci à celles qui me l’ont conseillée et à ma binômette de LC qui me l’a fait sortir de mes étagères surchargées !

— Qu’est-ce qu’il raconte, le centenaire ? siffla le barman.
— Lui, il dit que ours craindre le morsure de la belette, intervint Milosav.
— La belette ?… La belette !… La belette…
Renato testa le mot sur tous les modes, comme un acteur cherchant le ton juste.

Aby, une histoire de LC Halloweenesque :Acte III Marinet Bwa Chech.

Aby, une histoire de LC halloweenesque : Acte 3 Marinèt Bwa Chech

Une fois de plus

Avec La Magicienne Gé nous  vous entraînons à nouveau dans cette opéra grandiose qu’est Aby !

Mais attention Aby a bien changé!

 

Quand nous sommes remontées de la cave avec Aby, nous avons vu cette jeune femme brisée devenir  Marinette Bras Sec. Elle qui petite a perdu son bras, incarne aujourd’hui l’une des plus dangereux, des plus cruels, et des plus imprévisibles des loas du vaudou.

 

Abigail Richardson est au crépuscule de sa vie. Le cérémonial du Desounien vient de s’achever dans son appartement new-yorkais du numéro 19 de la 129ème rue ouest. Au moment où elle s’apprête à se confesser à toi, les fantômes de son passé reviennent la hanter…

Nous sommes à Harlem. Harlem la noire. Abandonnée de tous.

L’Amérique est en guerre, celle du Vietnam. Elle s’embourbe dans un conflit compliqué qui devient une impasse. La jeunesse se révolte. Mais à Harlem, la communauté noire que l’on tient à l’écart, la ségrégation fait toujours rage, la jeunesse noire servira bien de chair à canon là-bas en Asie du sud-est.

A Harlem, les  Black Panther Party sont partout, ils sont sans conteste une des voix les plus écoutées  par la jeunesse noire des ghettos. Le quartier vit une crise sociale et politique sans précédent.

Mais à Harlem, Marinèt Bwa Chech est la voix et l’autorité de sa rue. Elle tient ses sujets sous grande influence. Elle les aide, leur donne de quoi subvenir à leur besoin. Elle est là auprès des familles endeuillées qui ont perdu un enfant dans la jungle vietnamienne. Elle prodigue les derniers sacrements, prie pour l’âme du défunt . Elle, la petite fille méprisée du ghetto. Ignorée de tous. Elle que l’on a jamais aidée, a qui l’on a jamais tendu la main. Elle, de qui on se moquait.

Aby a eu mal, Aby a souffert dans sa chair, dans son âme.

Aujourd’hui Abigail Richardson, lwa Chabine, celle que l’on a repoussée puisque Métisse est devenu Marinèt Bwa Chech.

Aujourd’hui a sonné l’heure de la vengeance.

Alors vous n’avez plus qu’une chose à faire.

Tremblez, car les forces du mal sont en marche.

Tremblez car l’heure des comptes à sonner

Personne ne sera épargné

Même pas vous chers lecteurs

Je vous avais promis un acte 3 dantesque.

Marinet bwa chech va vous l’offrir

Alors

Tremblez et n’y descendez jamais !

Et si vous avez bien suivi nos conseils, nous la Fée Stelphique et la magicienne Ge, on promet de vous protéger et de vous faire vivre le dernier acte de cette histoire dont vous ne ressortirez pas totalement indemnes.

Vous l’aurez compris,

Toujours en Lecture Commune, et tenant en nos mains, la soupe de citrouille, La Fée Stelphique et son amie La Magicienne Gé vous invite pour un spectacle spécial….

Troisième partie dans les profondeurs enténébrées de New-York : Harlem devient l’épicentre d’un tourbillon de folie générationnel…

Et si Marinet Bwa Chech renaissait des entrailles de son ancienne prophétie et vous invitait pour une danse endiablée avec des Loas, mélangeait un peu de son sang impur dans les gènes de sa descendance…Seriez vous prêt pour une ronde avec l’Ethéré, dans une cave où règne un monstre affamé? Parez vous de vos colliers, et laissez vous guider par Petro pour te mener sur le plancher boueux préparé avec soin par cette famille…

Quand le malheur frappe à ta porte, et que tu l’as laissé entrer, tu ne peux t’étonner de le voir toujours s’inviter par les fenêtres…Aby n’en a pas fini de souffrir, et on dirait bien que le destin de prêtresse entache son entourage…

La suite au chapitre 4….

Et si vous avez loupé le début, une séance de rattrapage est encore possible.
Vous trouverez ci desous la questions à vos réponses :

Aby, une histoire de LC haloweenesque

Aby, une histoire de LC haloweenesque :  L’Ouverture

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 1, Aby

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 2 Lwa Racine

Et… Bonne lecture à vous avec une fée elfique, une magicienne noire et une prêtresse vaudou.

La mémoire des morts, Eric Berg.

Couverture La mémoire des morts

Pourquoi je l’ai choisi:

Il est arrivé comme par magie dans mon univers….  Je trouve cette couverture en monochrome, très attirante, et j’ai bien fait d’aller me perdre sur ces rives froides…

Synopsis:

Sortie de l’hôpital partiellement amnésique, une jeune femme retourne sur les lieux de son accident. Sa soeur y a perdu la vie à ses côtés.
Sur cette petite île de la Baltique, paradis perdu de leur adolescence, elle mène l’enquête, retrouve un à un ses amis et cherche à reconstituer la bande, le clan des sept. Ils ont changé, vieilli. Et à remuer l’écume des amours enfantines, les souvenirs remontent. Tout ce qu’on a enfoui. Tout ce qu’on aurait dû oublier. La mémoire des morts.

Ce que j’ai ressenti :…Troubles eaux du passé…

J’adore l’ambiance très particulière des îles : petit bout de terre isolé au coeur des mers, vivant de ses habitudes et de ses contraintes dû à cet éloignement…Poel a tout du charme de la Baltique, un lieu où La mémoire des morts hante les ruines d’un « palais » ancien, un bâtiment précieux pour une amitié de gamins à la soif d’échanges…  7 enfants qui forment une bande, partageant délires et amours, joies et peines, drames et réussites. Il se retrouvent une vingtaine d’années après pour essayer de sauver leur lieu d’amitié, essayer de faire renaître ce qu’il reste de souvenirs, se retrouver une nouvelle fois ensemble, dans les vestiges d’un lieu prisé par la pince impitoyable du capitalisme…

« Il était plus facile de se soumettre que de résister, de suivre la pente de la lâcheté plutôt que celle du courage. »

Eric Berg tient les rênes de son thriller psychologique:  il nous balade dans son intrigue en nous faisant tomber dans des trous d’oublis, ravivant les feux d’amour adolescents, frictionnant les étincelles de jalousies enfantines, soufflant sur l’embrasement des échecs adultes…Clairement, on voit au fur et à mesure de l’évolution du récit, s’insinuer, les entrelacs de la discorde, de nouvelles affinités insoupçonnées, la nouvelle donne de cette amitié multiple…En suivant les pas de Léa, amnésique et endeuillée, on revisite avec ses yeux d’artiste et ses flous souvenirs, les miettes de la dynamique de ce groupe d’enfants…Tout le talent de cet auteur, tient à cette montée de suspense et de drames enfouis, qui se réveillent dans les mémoires, et de la fine délicatesse qu’il a de nous les dévoiler au compte goutte…

« Vivre, ce n’était que trimer et vieillir, après quoi on dépérissait lentement ou on tombait raide mort. »

Au risque de trop en révéler du charme et  des mystères qui entourent cette île, je voudrais juste dire que ce thriller est impeccablement mené, de surprises en rebondissements, je me suis laissée surprendre par cette histoire. Je me suis régalée de voir les grains de sable enrayer l’édifice de cette entente idéale, admiré les flots de la turbulence adulte réorganiser les relations passées, fascinée par le souffle de la culpabilité fermentée…En bref, j’ai adoré, et je le recommande bien chaudement!

« Comme toutes les enfances, la sienne s’était enfuie sans bruit, il ne savait quand ni comment. » 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Remerciements: 

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie, de leur confiance et pour l’envoi de ce livre en avant-première! Ce fût une lecture palpitante!

L’essence du mal, Luca D’andrea.

Couverture L'essence du mal

Pourquoi je l’ai choisi:

Abonnée au compte Instagram de la maison d’éditions Denoel, j’avais repéré ce titre avec  les teasing bien accrocheurs! D’ailleurs, un disait : « Surtout n’y allez pas », et comme je ne suis pas du genre à écouter ^^, et que j’ai toute confiance aux parutions Denoel, je me suis précipitée lors de la Masse Critique Babélio, de cocher justement cette destination en Sueurs Froides…Je remercie d’ailleurs le site Babelio et la maison d’éditions Denoel pour l’envoi de ce livre!

Synopsis:

En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement charcutés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l’oeuvre d’un humain ou d’un animal. On se transmet de génération en génération de terribles histoires sur cette forêt de Bletterbach.
Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend cette histoire et décide de partir à la recherche de la vérité. À Siebenhoch, petite ville des Dolomites où ils se sont installés, les habitants font tout — parfois de manière menaçante — pour qu’il abandonne ses recherches. Même son beau-père, Werner, ancien responsable de la brigade de secours alpin, qui a découvert les trois cadavres. Même sa femme, inquiète pour la sécurité de son mari et de leur fille Carla. Le triple meurtre est comme porteur d’une malédiction. 
Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée. Une force aussi ancienne que la Terre elle-même.

Ce que j’ai ressenti:…Jeux de mots et Grands frissons…

Je lisais beaucoup de livres, que diable. Il ne pouvait rien m’arriver de mal. Je croyais que là-haut, au ciel, il existait une divinité qui protégeait les amoureux des livres des malheurs de la vie terrestre.

ADDICTIF…(8 lettres), Ça faisait un moment que la sensation Thriller Page-Turner irrépressible ne m’avait pas saisie…Il aura fallu une Montagne et la Bête, pour sentir monter la vertigineuse envie de dévorer les pages captivantes de ce premier roman d’un auteur italien Luca D’andrea. Presque deux soirées pour m’imprégner de blanc et de sang… Il souffle dans ses lignes un froid saisissant, et une peur sourde se réveille du fin fond de nos inconscients, car là-haut, perdu au milieu de ce lieu hostile, l’effroi prend bien des formes…L’originalité de ce roman tient à cette exploitation sensorielle de toutes nos pires tourments intérieurs. L’auteur prend un malin plaisir à nous pétrifier, et on se laisse volontiers entraîner vers le son guttural d’un monstre rugissant…

C’est toujours comme ça. Dans la glace, d’abord on entend la voix de la Bête, ensuite on meurt.

CRAPAHUTER...(10 lettres). Si « la montagne, ça vous gagne », il semblerait que dans le Bletterbach, elle fasse perdre la raison ou la vie à certains de ses habitants. Jeremiah, étranger à peine toléré dans ce village inhospitalier , décide de lever le voile sur ces paysages enneigés, à ses risques et périls, jusqu’à l’obsession dévorante…30 ans de mystères autour d’un massacre, ça en fait des années de lourds secrets pour cette petite communauté et ce lieu reculé…L’ambiance entre silence et glace, devient un incroyable décor pour faire rejaillir L’essence du Mal, comme si le temps n’avait pas de prise sur le pire, comme si une bulle spacio-temporelle sanglante était là, comme si nous étions Dans le ventre de la Bête

-La folie stratifie et ensuite la haine la griffe jusqu’à faire naître une soif de sang. Un processus lent et froid.

ADORE…(5 lettres). Au delà, d’un thriller mené impeccablement, c’est l’atmosphère maléfique que j’ai le plus apprécié. Que ce soit les personnages touchants, taiseux, unis dans la tourmente, ou le charme électrique de la Montagne du Tyrol du Sud, on allie la douceur de vivre à l’adrénaline énergique des sauvetages de l’extrême,  l’idée de la recherche vers l’essentiel à L’essence du mal, tout en se laissant surprendre par l’intense frisson du danger enfoui dans les entrailles de la terre…Il y a un certain alliage pour cette ascension vers le summum de nos peurs et l’auteur a une plume résolument cinématographique et époustouflante qui rende ce moment de lecture juste hypnotisant…

Un père ne peut offrir que deux choses à sa fille : le respect d’elle-même et de bons souvenirs.

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

La forêt en mon coeur, Adolfo Serra

Synopsis:

Un enfant entreprend un voyage dans la forêt, accompagné par un ami énigmatique. Ils atteignent la ville où tous deux se transforment, puis retournent à la forêt. Quelle est la place de chacun dans la Nature ? Car dans nos villes, chaque jour, nous l’oublions alors qu’elle nous rend plus humain. Et parce qu’un texte peut parfois être un chemin trop étroit limitant le lecteur dans sa découverte du livre, des sensations et des sentiments qu’il peut apporter, il n’y en a pas ici. 
Cette absence laisse toute liberté à chacun de compléter et faire sienne cette histoire, devenant ainsi un auteur-partenaire guidé par le parti pris très fort des illustrations à l’encre, eau et aquarelle inspirées par la Nature, ses formes et ses couleurs.

Ce que nous avons ressenti:

L’art se passe de mots, il se ressent, il se regarde…L’expérience de La forêt en mon cœur nous le fait en quelques pages, juste des scènes peintes, sans mots, sans explications, et ce fût une découverte intéressante. En ouvrant ce petit album, on plonge dans un monde en monochrome, entre ombres et lumières, au cœur de la forêt, en suivant un enfant et une ombre massive dans une expédition qui nous ouvre le chemin entre Nature et Ville. C’est un album aux illustrations magnifiques, tellement intenses….

Du fait, de ce non-texte , notre imagination devient actrice dans ses pages, et Maman et Fille de se raconter dans ses sombres dessins, une possible interprétation, devient création et un moment encore plus complice, puisque l’on peut tout en dire, et en rire…Pour Jazzelfique, la magie s’est maintenue pendant la moitié du livre, mais il semblerait que la fin lui soit trop insaisissable, tandis que Maman a adoré la ritournelle du temps qui se joue. Mais toutes deux s’accordent sur la beauté féerique de ces illustrations, et d’ailleurs, le côté artistique de Princesse s’est réveillé puisque elle s’est lancée dans l’aquarelle…

C’était une totale découverte que cette lecture sans mot, pourtant le plaisir a été de la partie. Nos yeux en ont pris plein la vue, les sens sont tous en éveil, et le message passe aussi bien que s’il avait été écrit…La Forêt en mon cœur, c’est un appel pour cet espace de vie et de merveilles visibles ou invisibles, selon les heures de la journée, et pourtant, toujours là, Essentielles. Indispensables.

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Balivernes pour l’envoi de ce livre! Ce fût une très jolie découverte!

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