Bienvenue dans mon univers!

Egérie de mon blog littéraire, elle sera la pour laisser une trace de poussière de fée au milieu de ma sélection de livres….Ne vous fiez pas à l’aspect enfantin, car mes préférences vont, le plus souvent, vers les thrillers…..

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« Chaque fois que quelqu’un dit: Je ne crois pas aux contes de fées, il y a une petite fée quelque part qui tombe raide morte. « 

J.M.Barrie, Peter Pan

Nos vies en flammes, David Joy

🔥Ce que j’ai ressenti:

« Mais Quelque chose nous a amenés ici, et c’est quelque chose qui nous dépasse, quelque chose que personne peut comprendre. »

Ce quelque chose, je vais vous dire ce que c’est. C’est la passion. Un livre de David Joy est toujours une joie considérable qui nous amène à voir un fait de société sous un autre angle, qui dépasse le simple fait de lire un roman noir brillant, c’est, en fait, mieux comprendre le monde quand il se met à partir en vrille complet. C’est pour ça que j’attend autant ces parutions, parce qu’il y aura derrière la réalité triste de la misère sociale, une petite flamme qui nous fera ce petit « quelque chose » au cœur, un quelque chose qui rallume nos vies: l’espoir…

Et pourtant, ce n’était pas forcément une évidence. Les incendies qui ravagent l’environnement, les jeunes qui se foutent en l’air, les parents démunis, les deuils en pagaille, la police débordée, la justice aléatoire, il y a de quoi, désespérer. Mais, c’est sans compter sur les liens très forts de la famille. Une famille, même brisée, même fragile, fera l’effort pour maintenir ses membres à flot, voire, à se lancer dans une lutte acharnée pour combattre la menace…C’est puissant une famille mais face à un monde qui sombre, est-ce que ce sera suffisant?

«Tout dans ce monde n’était qu’attente. »

Toute cette jeunesse perdue, junkie, bousillée. David Joy, y est sensible, et consacre son talent, à la raconter de différentes manières, avec ses histoires bouleversantes. Dans Nos vies en flammes, il se penche sur le fléau dévastateur de la drogue, les causes et les conséquences de cette addiction terrible, le combat presque vain des autorités de faire face à ce phénomène de masse. Au plus proche des sensations et des états d’âmes de ces jeunes, on prend la pleine mesure de leurs désarrois: peu de perspectives d’avenir, peu de réjouissances, peu d’espaces libres, peu d’entraides, peu d’argent, ils foncent alors, vers une illusion, même éphémère, puisque ils ne restent rien, à quoi s’accrocher. Même les arbres partent en fumée. Et les générations qui précèdent cette jeunesse désenchantée, n’ont que peu de matières et d’actions pour enrayer cet engrenage destructeur…C’est pour cela, que ce nouveau roman, est plus noir, encore plus personnel et brûlant que les précédents. On sent son inquiétude sincère, derrière la fiction, et quelque chose qui ressemble à un cri d’alerte…

« La vie ne peut aller que dans une direction, et ce qui reste derrière est à la fois puissant et permanent. »

Ce qu’il me reste de ces lectures de David Joy, c’est la puissance et la permanence des coups à mon cœur hypersensible. Il y a toujours aussi, cette Joy de connaître, à travers ses écrits, les montagnes Appalaches. La dynamique des relations intra-familiales était très intéressante mais contempler ces feux, m’a vraiment chamboulée. J’espère que Nos vies en flammes, vont trouver une direction plus apaisée, plus luxuriante…Je nous le souhaite, en tout cas. Et vient un moment, où l’on doit dire les choses avec passion et ferveur: je vous recommande cette lecture, pour la beauté des fragments étincelants qui se glissent, tout de même, dans le Noir…

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Nuit de Lumière, Charles Peguy/ Christian Guemy

Ce que j’ai ressenti:

Peut-être, suis-je irrécupérable, aussi. Mais je sais, en revanche, ce qui me tient debout, chaque jour. La Poésie et les enfants.

Donc la rencontre avec ce livre est évidente et réussie. En phase avec les lignes et les obscurités qui me tiennent, à l’unisson avec la belle intention de ce projet artistique et littéraire. Je suis une grande admiratrice de C215, mais je ne connaissais pas encore Charles Peguy. Ce fut un coup de foudre. La combinaison de la lecture et des illustrations fait merveille. Autant pour les yeux que pour le cœur. Il y a quelque chose de poétique et de visuel qui insuffle une émotion sincère et vivifiante. Parce que, les actions de ces deux hommes, sont et ont été, pour les enfants. Pour cette lumière qu’ils portent en leurs yeux. Pour ce sourire qui les anime, qu’importe les circonstances…C’est pour les enfants, d’ailleurs, que l’on écrit, que l’on dessine, que l’on porte l’art plus haut, plus loin…C’est un leitmotiv étonnamment régénérateur: pour les enfants. C’est suffisant en lui-même, mais c’est aussi, toujours euphorisant et éternel.

Parce que, les enfants, détiennent l’Espérance. Et c’est ainsi que, on le ressent, dans ces pages, qu’elle nous traverse, durablement. On ressent L’hommage à leurs innocences, à leurs singularités, à leurs beautés, à leurs rires, à leurs émerveillements. Une constance et une impermanence à chérir, puisque, éphémère…C’est tellement puissant. Le texte de Charles Peguy est fort et bouleversant. Il résonne. Les portraits d’enfants de Christian Guemy, sont splendides et lumineux. Un enchantement, cet artbook!

J’ai toujours préféré la nuit, parce que j’ai un temps fécond, précieux pour réfléchir au sens de la vie, à ce qui me fait marcher, à ce qui m’émeut, à ce qui me ramène à l’essentiel, aux traces que je vais laisser…Un enfant et de la poésie, peut-être…Je suis peut-être irrécupérable, mais aujourd’hui, je vais récupérer quelques étoiles et quelques traits, les faire sortir du silence, pour vous dire que ce livre est un magnifique coup de cœur. Je sais que j’ai toujours mis toutes mes attentes dans l’Espérance, sans modération…Et à présent, j’espère juste que vos yeux, vos cœurs, vos pensées bienveillantes, soient pour Nuit de Lumière…

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Elya ainsi que les éditions Kiwi de leur confiance et l’envoi de ce livre.

De l’or dans les collines, C Pam Zhang

🦬Ce que j’ai ressenti:

« J’ai dit que je te raconterai une histoire vraie, et il ne reste peut-être plus le temps. »

Mais le temps, c’est tout ce qu’on a comme mesure, pour réfléchir sur la folle ruée vers l’or du XIXème siècle, et ses conséquences irréversibles sur l’environnement et le destin de certaines populations. De l’or dans les collines, certes, il y en avait. C’est ce qui a motivé un flux migratoire, des histoires terribles, une avarice meurtrière, un déséquilibre sans précédent, et un ravage gigantesque sur la nature. C Pam Zhang raconte une défaite de l’Ouest, une histoire bouleversante à contre-courant du grand rêve américain, un roman flamboyant où deux filles d’immigrants chinois, se cherchent une place sur une terre déjà massacrée, plus ou moins maudite.

« Mort, la mort, est mort. »

Les mots tombent. Dans ces pages, il y a beaucoup de deuils à apprivoiser. Tellement de pertes, que ces collines, sont un lieu hanté de douleurs fantômes. L’or est mort. L’herbe est morte. L’innocence est morte. L’espoir est mort. Les bisons et le tigre sont morts. Les grands espaces, les grands rêves, le père, le lac, le conte de fées, le bonheur, les indiens, le bébé, le passé, les mineurs, tous, sont morts. Et pourtant, il faudra bien que ces deux orphelines vivent, malgré leurs désaccords, leurs choix de vies diamétralement opposés, leurs deuils communs. Vivre, malgré le racisme, le déracinement, la pauvreté. Vivre. Comme une quête, comme un cow-boy, comme une intelligence, comme un rugissement. Vivre pour préserver la richesse qu’il leur reste. Vivre…

« Qu’est-ce qui fait un chez-soi? »

Par une alternance de mots-chapitres, on touche du doigt, le vent, l’eau, le prune, l’or, le sang, la boue, les crânes, la viande. On se questionne, dans ce roman sauvage et magnifique, sur la famille, l’ambiguïté du genre, l’exil, l’appartenance…J’ai été très touchée par cette fratrie, à mi-chemin vers la sororité. Il y a mille et une façons d’explorer les routes de la destinée. Celles vers la Liberté sont les plus escarpées mais les plus intéressantes à suivre, mais est-ce qu’elles les mèneront, Lucy et Sam, vers un genre d’endroit, qui ressemble à un chez-soi?…

Une vraie pépite, à découvrir d’urgence!

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions du Seuil de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Felis Silvestris, Anouk Lejczyk

🌳 Ce que j’ai ressenti:

« Tu n’es pas seule, tu vois. Je t’entoure comme je peux, sans les bras. »

Regarde alors, ce lien solide et généreux que je lance vers toi. Toi, la sœur. Toi, qui a fait le choix courageux de défendre la forêt, de te battre sans contrepartie contre le mort-terrain. Tu es la sœur idéalisée, l’éventualité que je peux envisager, la possibilité d’une autre vie. La sororité-boussole. La réorientation urgente et bienveillante. Laisse-moi t’aider, Felis Silvestris à aller explorer ce nouveau chemin de liberté, à rendre ton pied plus léger, à épancher tes trop-pleins de solitudes, à trouver ta pleine mesure…

« Tu n’es pas là, il faut que je me fasse à l’idée. »

Heureusement, qu’il y a l’autre sœur. La narratrice qui t’aime démesurément, qui t’admire, qui te soutient, qui te protège comme elle le peut, des pressions diverses. Et elle nous donne à lire, tes sensations, tes convictions, tes réussites et puis ses craintes. Alors, que l’hiver est bien là, elle crève de peur et d’angoisse pour toi, elle se confronte au froid, aux parents que tu as laissé derrière, aux exigences dévorantes de cette société. Elle est seule pour affronter ça. Elle est désorientée sans toi, mais elle lutte, parce que tu luttes. On ne devrait pas souffrir quand on agit pour une bonne cause, il me semble. Et pourtant, c’est ce que vous faites toutes les deux, vaillantes et déterminées.

« Nous avons cru que tout irait, que nous allions trouver notre voie, sans savoir ce que cela signifiait. »

La tendresse et la force de ce roman m’a foudroyée. En ce moment, c’est vrai que les thèmes de sororité, de nature writing, de liberté me passionnent, mais celui-ci a quelque chose de singulier et d’immédiat qui m’a accrochée. Il m’a permise une évasion sensorielle, puissante, et intime au cœur de la forêt et d’une relation privilégiée entre sœurs, et j’ai adoré cette connexion. J’étais tantôt l’une et l’autre, j’aurai voulu les entourer chacune d’elles pour combler leur manque, j’ai été au centre de la nature. Bien. Alignée. Et vous, vous ne seriez pas intéressé par une sylvotherapie? Parce que ce livre est un gros coup de cœur et un vrai bol d’oxygène!

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions du Panseur de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Cinq dans tes yeux, Hadrien Bels

🖐Ce que j’ai ressenti:

Je tenais à faire une chronique à chaud pour ce livre. Comme si je ne pouvais pas attendre cinq minutes. Ce n’est pas que j’avais rien à faire, c’est parce que je suis Marseille. Cette ville, elle est puissante, elle te reste dans l’ADN, elle est le sang, l’amour, la vie, l’énergie. Alors, ce roman de Hadrien Bels, je le voulais. Je savais qu’il était Marseille. Je présageais que nos souvenirs seraient intrinsèques, authentiques et étrangement similaires. Alors, puisque nous sommes tant Marseille, j’ai lu d’une traite, cet ouvrage qui jette sur ces pages toute la force et le réalisme social de cette ville, semblable à nulle autre pareille…

Bienvenue à Marseille! Faisons ensemble un petit tour, d’abord direction Le Panier. (Oui, après on ira voir la mer, ça va, le sang, oh reste tranquille un peu!). Le Panier, c’était un quartier populaire, multiculturel, vivant. C’était le Marseille melting-pot, bruyant et sauvage, beau et pauvre aussi, mais véritable. Mais avec les Venants, là -gestuelle agacée des mains- ils ont tout changé. Ils ont arraché le cœur, une partie de son essence, la couleur qui les dérangeait. En toute impunité. Sur l’autel de leurs fausses valeurs, la gentrification a transformé un quartier. Et c’est tout le problème que soulève cet auteur. Parce qu’il aime ces rues, ces habitants, ces imperfections, ces rythmes, ces expressions…Avec les deux temporalités, on ressent toute sa tristesse de constater une telle mutation. Ses souvenirs sont invoqués mais ils ne seront plus visibles tellement le quartier a changé de forme, de mentalité, de visage…

J’ai toujours détesté la nostalgie. Je trouve que c’est un sentiment qui retient, qui empêche. Mais dans ces pages, c’est important. Parce que le Panier des années 90 qu’il raconte, le Marseille que j’ai arpenté aussi sur la même période, notre jeunesse, est définitivement envolée. Ça fait mal, j’étais prise dans une sorte de mélancolie et de colère, je suis marquée aussi au fer rouge, mais je n’en avais pas pris conscience avant cette lecture, tellement mon amour pour cette ville, est grand et idéaliste…Je ne serai jamais celle, qui dira « C’était mieux avant », mais je comprends parfaitement et j’acquiesce à la démarche de cet auteur, qui se pose justement, la question. Dans ses yeux, il n’y a pas que cette main levée contre le mauvais œil, mais sans doute, plus d’intelligence et de perspicacité qu’il n’y parait au premier abord. Il s’exprime avec les mots et la verve qui caractérise Marseille, mais au fond, on sent bien, que c’est une déclaration d’amour sincère et pudique, pour la plus belle ville du monde.

Bon, alors t’attends quoi pour aller à la mer? Tu crois que j’ai que ça à faire, sans dec’?! J’ai pas le temps moi, je suis Marseille, je te rappelle…Bon, si tu viens pas, j’irai boire un thé avec Fred et Stress, pour parler de poésie et de souvenirs égarés, me mobiliser pour les jeunes, leur remettre ce livre entre les mains, faire quelque chose aussi, pour Marseille…Et dans mes yeux, deux étoiles, et, seule, je ris et je danse dans ces rues…

Ce n’est pas un fleuve, Selva Almada

🌿Ce que j’ai ressenti:

« Parfois les rêves sont des échos du futur. »

À trop croire, à trop se crever, à trop voir les noyés, à trop s’imaginer, on s’y perd. Ce n’est pas un fleuve. Ce n’est pas. Mais qu’est-ce? C’est la jeunesse. La fébrilité, le désir, l’inconsidéré, le feu, la promesse, l’urgence. C’est la nature, la colère, l’imprégnation. C’est des vies qui se croisent, qui se chevauchent, qui se détruisent. C’est des phrases jetées sur l’eau. Et si elles arrivent jusqu’à vous, alors peut-être, que ce ne sera plus une négation, mais une lente montée fluide qui dévastera une réalité aride et désenchantée.

À trop croire aux morts, à trop crever d’espoir, à trop voir les destins brisés, à trop s’imaginer des liens coupés, ils essaient de nager. De sortir de la fange. Mais ce n’est guère fastoche. Déjà parce qu’il faudrait respecter la vie et la mort, l’environnement et sa beauté, la faune et la flore, les anciens et les fœtus…Et si ces quelques considérations arrivent jusqu’à eux, alors peut-être que ce ne sera plus vain, cette embardée que Selva Alamada tente de mettre en mots et en lumières. Peut-être qu’il y aura moins de drames, autour de ce fleuve…Ce n’est pas dit…

« Alors croire ou crever. »

Je ne sais pas trop ce qu’on était, là, les lecteurs, les spectateurs de cette jeunesse violente et désabusée. J’étais fatiguée comme la raie qu’ils avaient enroulé à leurs fils, mais c’est moi qui les regardait se débattre. J’étais là et j’étais aussi la nature, une feuille peut-être ou une goutte d’eau de pluie, mais c’est là, qu’est la prouesse de Selva Almada, celle de nous mettre au cœur de ce paysage, observateurs et étrangers, connectés et distants, sur cette île où le vivant se joue et se perd. Tous sont éblouissants et déjà condamnés, que ce soit la nature ou les personnages, mais à bien y regarder, cela reste, encore et toujours, la beauté fatale de la vie. Et si comme Siomara vous êtes aussi fascinés par le feu, moi par contre, je n’ai pas quitté le fleuve des yeux, parce qu’il me semblait voir de la poésie glisser dessus…Mais dans le titre, il est dit que Ce n’est pas un fleuve…Alors qu’est-ce?

Je crois, le souvenir d’une lecture puissante et mystérieuse qui m’a laissée des échos, des émotions, des éclaboussures et de la braise. Et peut-être, l’envie de ne pas crever, tout de suite…À vous de voir, maintenant.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Ceux d’à côté, M.T Edvardsson

🏘Ce que j’ai ressenti:

« C’est toujours un plaisir d’accueillir de nouveaux voisins dans Bråkmakargatan. »

Voilà, c’est un nouveau départ pour la petite famille Andersson, Bianca, Micke et leurs enfants emménagent dans une résidence tranquille. Ils ont à cœur d’avoir de bonnes relations avec leur voisinage, de se sentir bien dans leur nouvelle maison, de créer un environnement sain pour vivre sereinement dans leur bulle de bonheur… Or, un drame survient, et les deux temporalités que M.T Evardsson met en place dans ce thriller domestique, montrent que leurs bonnes intentions se heurtent à Ceux d’à côté. Les voisins et leurs secrets…

« Les gens déblatèrent beaucoup trop. Il faut toujours causer, discuter, vider son sac. »

Le voisinage est un microcosme intéressant à décortiquer. Il est fait de différentes cellules familiales, de multiples trajectoires de vies, de faits et d’histoires plus ou moins violentes, de traumatismes sous-jacents et de secrets empoisonnés. Et des fois, la parole libère. Le plus difficile est de savoir détecter la vérité du mensonge, les faux-semblants et les cancans dévastateurs…Tout l’intérêt de ce polar captivant, c’est la lente tension qui s’installe au fur et à mesure, dans les confidences de Ceux d’à côté. Chaque intrusion, chaque discussion, chaque regard distille une bonne dose de mystère pour nous tenir en haleine. Chaque point de vue, chaque chapitre, chaque phrase peut nous faire basculer d’un côté comme de l’autre. Surtout une phrase. C’est ce que j’ai trouvé incroyablement fort. Une seule phrase change la donne, et c’est toutes nos convictions qui s’envolent…

« On ne peut jamais sauver quelqu’un avec seulement de l’amour. »

Encore une fois, cet auteur m’a bluffée. Son thriller aborde l’attachement à Ceux d’à côté, les liens complexes de la famille, la masculinité et ses travers, la jalousie et le désir, les risques et les sacrifices que chacun peut être amené à faire pour maintenir les apparences…Et puis, surtout, jusqu’ou peut-on aller par amour? C’est toujours LA question essentielle, mais chacun peut y répondre de façon étonnante ou troublante, intrinsèquement liés aux failles qui les habitent…Chacun aura sa propre méthode pour pédaler vers son bonheur mais quelle sera le détail qui fera vibrer votre émotion?

Je vous laisse le découvrir par vous-même, mais puisqu’on est encore dans les confidences, je vous rappelle que le précédent roman de MT Edvardsson, a été le lauréat du Prix Nouvelles Voix du Polar 2021, et qu’il n’y a donc pas de fumée san feu, c’est un auteur à suivre!

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Sonatine éditions de leur confiance et l’envoi de ce livre.

La Nuit recomposée, Jocelyn Lagarrigue

💥Ce que j’ai ressenti:

« …une seule et même question: veux-tu vivre ou mourir? »

Antoine va faire le choix de vivre, hésitant entre autodestruction et la recherche d’ascension fulgurante…C’est sa rupture entre la vie et la mort, qui va recomposer sa façon de vivre. Exit les contraintes, les engagements, les règles de la bienséance, il rêve maintenant de grandeur et d’intensité! Sa passion pour le théâtre est immense, et il le sait le rôle de sa vie, c’est cette pièce de Don Juan. Mais en dépassant la frontière invisible, est-ce que son rôle d’acteur ne va prendre pas le dessus sur sa vie réelle? La Nuit recomposée est une lutte acharnée entre la fuite et l’incarnation, entre la passion et l’engloutissement, entre la souffrance et la consécration…

« Que faisons-nous et pourquoi le faisons-nous encore? »

Tant d’interrogations et de pistes de réflexions dans ce livre…Dans l’errance, voire même la déshérence de cet homme, on est emmené à se questionner, comme lui, sur le sens de la vie, sur les contraintes sociales, morales et religieuses qui pèsent sur nos trajectoires. Il est à mi-chemin de la sagesse et du chaos, il est instable, brillant mais aussi terriblement sombre. On le voit peu à peu sombrer mais s’élever aussi, tant il est tenu par la noblesse de la littérature. C’est un personnage complexe, fascinant, égoïste, pris dans les vagues dévorantes de la Ghoula…Et nous, simples spectateurs, nous observons les fluctuations de ses humeurs…

« L’éclat de ton étoile éclipsera toutes les autres »

J’ai été éblouie par ce texte bouleversant. Éblouie par la force des mots, la puissance de l’envolée, la quête de beauté, la poésie vibratoire dans la chute vertigineuse….Éblouie par cette étoile pas comme les autres, cette étoile filante, intense lumière dans La Nuit Recomposée…Je vais juste faire le voeu que vous découvriez cette petite pépite de la rentrée littéraire! Du grand spectacle et de l’émotion à fleur de peau, c’est tout ce que j’espérais, et j’ai été exaucée.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Quidam éditeur de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Circé, Poèmes d’argile Margaret Atwood

🌿Ce que j’ai ressenti:

« …et l’histoire est sans pitié. »

L’histoire est sans pitié, pour les femmes. Sans pitié, pour leurs corps, leurs cœurs, leurs âmes…Alors peut-être qu’avec un peu d’argile, on pourrait la réécrire, nous, les femmes…Réécrire nos histoires, nos légendes, nos déesses, nos enchanteresses…Redonner du relief, du pouvoir, de la magie, à ces récits mythologiques pour que transparaisse de nouvelles héroïnes à admirer, à suivre, à aimer.

« Regarde-moi et vois ton reflet. »

Circé, est un personnage féminin cher à mon cœur. Elle est multiple, femme, magicienne, sorcière, déesse, promesse…Donc imaginez ma joie, quand elle va prendre vie sous la plume de Margaret Atwood! J’étais euphorique! Parce que Poèmes d’argile la redéfinit, la remodèle sous l’angle de vue féminin et rebelle, Circé devient superbe, libre et pleinement elle-même. Une femme aimante, avertie, intransigeante, proche de la nature et détentrice de mille mots et magies…Une femme dangereuse en somme, pour les hommes qui écrivent l’Histoire…Mais ne vous en laissez plus conter, Circé va vous émerveiller, métamorphosée par ces vers em«pouvoir »és!

« Vois par toi-même. »

Pour l’audace, pour la poésie, pour Circé, ce recueil de poèmes est un coup de cœur! Cette réécriture de la légende est admirable. Quel plaisir de voir tout le génie de Margaret Atwood et de lire des poèmes aussi bouleversants et profondément ancrés dans la terre, puisés dans la passion, épris de liberté! Et comme l’argile favorise la cicatrisation, atténue les douleurs, il me semble que ces quelques pages sont un vrai baume réparateur à ce que l’Histoire a fait de mal, à cette femme si complexe et incomprise, Circé, la magicienne…

« …aussi intense que l’amour. »

Voyage au bout de l’enfance, Rachid Benzine

Ce que j’ai ressenti:

Ce livre est un déchirement

Rachid Benzine donne

Une voix, un espace

Pour les enfants comme Fabien

Un enfant qui aime le foot

Et écrire des poèmes

Un enfant désemparé aussi

Face à la violence des adultes

Face à la folie des hommes

C’est difficile mais nécessaire

C’est courageux et salvateur

Merci pour ces 80 pages.

Je vais maintenant

Écrire un poème libre

Pour Fabien qui les aime tant

Un cri silencieux pour panser

De la poésie qui ne raconte

Pas de conneries

De la poésie pour les enfants

J’ai huit ans ou trente-huit

Mais ça ne change rien

À mon envie, à mon intention

Je vais ouvrir grand les bras,

Le cœur et les yeux, puisque

On entrevoit avec cette lecture

L’Engloutissement, l’anéantissement

De cette jeunesse prometteuse

Aimante, joyeuse, ardente.

Avec les mots d’un enfant, Fabien,

Mais on le sait qu’il n’est pas le seul,

Il est tous,

Tous les autres, qui sont Partis

Tous ceux à qui on a volé l’innocence

Tous ceux qu’on a bousculé, mutilé

Tous ceux qui ont été endurcis

Tous ceux qui ont compris trop tôt

La brutalité, la privation, la haine

Tous ceux qui ont accompli le

Voyage au bout de l’enfance

Je voudrais proposer

À tous ceux-là, à ces enfants

Un havre de paix, un État Poétique

Un endroit où leurs poésies

Leur donneraient des ailes

Pour fuir de leurs camps, de l’enclave

Je voudrais leur donner

Des craies de toutes les couleurs

Un ballon de foot, et des tonnes

De joies, de rêves et d’espaces heureux

Je voudrais leur écrire des mots

Pour leur redonner le sourire

La poésie c’est pas fait pour

Écrire des conneries

La poésie c’est une main

Qui se tend, vers eux.

Ce livre est une entrée

Dans le cœur d’un enfant

Un enfant qui croit en la poésie

Qui en fait son bouclier

Contre la terreur

C’est extraordinaire.

Puisse-t-il être apaisé

Maintenant,

J’en ai fait mon étoile,

Mon petit poète…

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Alina ainsi que les éditions Seuil de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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