Bienvenue dans mon univers!

Egérie de mon blog littéraire, elle sera la pour laisser une trace de poussière de fée au milieu de ma sélection de livres….Ne vous fiez pas à l’aspect enfantin, car mes préférences vont, le plus souvent, vers les thrillers…..

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« Chaque fois que quelqu’un dit: Je ne crois pas aux contes de fées, il y a une petite fée quelque part qui tombe raide morte. « 

J.M.Barrie, Peter Pan

Le diable, tout le temps Donald Ray Pollock

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai vu le nom de cet auteur lors de ma lecture percutante dans Le verger de marbre, et j’avais envie de voir ce que donnait l’écriture de cet auteur qui a l’air de faire sensation.

Synopsis:

De l’Ohio à la Virginie-Occidentale, de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 60, les destins de plusieurs personnages se mêlent et s’entrechoquent. Williard Russell, rescapé de l’enfer du Pacifique, revient au pays hanté par des visions d’horreur. Lorsque sa femme Charlotte tombe gravement malade, il est prêt à tout pour la sauver, même s’il ne doit rien épargner à son fils, Arvin. Carl et Sandy Henderson forment un couple étrange qui écume les routes et enlève de jeunes auto-stoppeurs qui connaîtront un sort funeste. Roy, un prédicateur convaincu qu’il a le pouvoir de réveiller les morts, et son acolyte Théodore, un musicien en fauteuil roulant, vont de ville en ville, fuyant la loi et leur passé.

Les personnages:

Arvin, c’est  le seul personnage qui a su me toucher, mais j’ai eu vraiment du mal avec tous les autres(et pour cause! ). C’est un pari difficile de faire détester ses personnages, de ne proposer que de la noirceur à suivre. Nous avons donc un sacré pataquès de gens qui sont passé de l’autre côté de la faille, sans aucune valeur, ni lumière, souffrant d’absence de culture et douceur…

« Les gens sont comme les chiens: une fois qu’ils ont commencé à creuser, ils n’ont aucune envie de s’arrêter. »

Ce que j’ai ressenti: …Une drôle d’impression incertaine…

Ce livre, c’est un condensé d’horreurs, tout ce que l’humain comprend de dérives et d’immondices, et suivre cette folle aventure laisse juste une perplexité sur l’avenir de l’Homme. Je crois qu’on a dans ses pages , tout ce que la religion peut avoir de travers et d’espoirs vains, une sorte de sombre chemin aléatoire, empreint de sang poisseux, que les humains empruntent, pour on ne sait quelle raison…

Le Diable profite donc de ses âmes perdues, les ramassent dans ses champs immenses, dont seule l’Amérique en possède…Il est là comme une ombre emportant chaque fois plus,  de ses ouailles. On devient spectateur passif de ce continent, nous prenant en pleine face la violence de cette population rurale, en mal de tout.

-Seul le Diable a besoin de trucs.

J’ai dévoré ce livre certes en très peu de temps, mais au final, je remarque que je ne me suis attachée à presque aucun de ses personnages, ressenti quelques trop peu d’émotions, à part un malaise de voir toutes ses horreurs se déroulaient, sans temps mort. J’ai bien conscience que c’est un roman noir, peut être l’était-il trop pour moi…J’ai peut être trop attendu l’ultime lumière qui n’est jamais venue, peut être eu trop d’attente, ou peut être d’être tout le temps à côté du Diable, je ne m’y suis pas trop plu….Donc oui, une qualité sans contexte d’écriture, mais pour mes attentes de lectrice, le contenu est sans doute trop décadent pour que je l’apprécie à sa juste valeur…Mais tant d’autres l’ont aimé, puisqu’il a eu plusieurs distinctions, que je vous invite à vous faire votre avis!

 

 

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 6/10

La divine comédie; L’enfer Dante Alighieri

Couverture La divine comédie, tome 1 : L'enfer

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai vu une Lecture Commune lancée sur le site Livraddict et ça faisait bien longtemps que je voulais enfin lire cette trilogie dont beaucoup d’auteurs (et lecteurs),  en font une référence.

Voir ici l’avis de Tautiton.

Synopsis:

Peut-on encore aujourd’hui aimer Francesca, être troublé par Ugolino, trembler aux tourments des damnés de la Comédie ? L’Enfer de Dante, poétique et médiéval, n’a-t-il pas pâli irréparablement auprès des Enfers tout proches, et actifs, que notre époque n’a pas encore fini, semble-t-il, de susciter ? L’imagination créatrice de Dante est si puissante, et si précise, qu’elle semble décrire par avance, parfois, l’inimaginable horreur moderne.
Le gigantesque entonnoir de l’Enfer, qui se creuse jusqu’au centre de la terre, est dépeint comme le réceptacle de tout le mal de l’univers, comme une sorte de sac où viennent s’engouffrer tous les noyaux, tous les atomes de mal épars sur la planète. Mais nous lisons aussi autre chose dans L’Enfer plus que le catalogue effrayant des péchés et des châtiments possibles, il correspond pour nous au départ de l’exploration, à la première étape du grand roman initiatique d’une civilisation qui est la racine de la nôtre.

Ce que j’ai ressenti:…Une envie de poésie…

« Vous qui entrez, laissez toute espérance. » Chant III

De Florence à la forêt obscure

De décadence à la terre impure

L’Enfer est un lieu sans lumière,

Où la souffrance et les âmes errent…

« Et je viens en un lieu où la lumière n’est plus » Chant IV

De cette tourmente douloureuse,

Naît les vents impétueux,

Des tremblements de terre autant que

Des tempêtes de limbes fangeuses.

« Laissez nous aller, car on veut dans les cieux que je montre à quelqu’un ce chemin sauvage. » Chant XXI

Les blessures et autres bêtes immondes,

Font ressurgir dans ces cercles, les ondes,

Les pires fureurs de ces pauvres pêcheurs,

et les condamnent à leurs plus infectes horreurs.

Ce fut en vain: les ailes ne peuvent aller plus vite que la peur. Chant XXII

Les hérétiques, les coupables lâchent leurs cris,

Joignent leurs voix aux harpies,

Pleurent aux pieds des démons,

Tombent sous le coup de leurs lamentations.

« Que votre souvenir ne s’envole jamais dans le premier monde des esprits humains mais qu’il y vive sous de nombreux soleils. » Chant XXIX

Une lecture toute en poésie

Qui a su à travers le temps,

Laisser sa marque, son feu.

Aller toujours plus bas avec les impies

N’est pas anodin, et le sang bouillant,

Vous connaîtrez les vices dangereux,

Grâce à ce poète de Génie:

Dante Alighieri.

 

Stelphique.

 

Là où les lumières se perdent, David Joy

Couverture Là où les lumières se perdent

Pourquoi je l’ai choisi:

Ce livre m’a tapé dans l’œil, avant tout, pour cette sublime couverture et le titre. Il y a dès fois des coups de foudre juste visuel, et j’avais hâte de savoir ce qui se cachait derrière ses lumières…

Synopsis:

L’histoire sombre, déchirante et sauvage d’un jeune homme en quête de rédemption.

Caroline du Nord. Dans cette région perdue des Appalaches, McNeely est un nom qui fait peur, un nom qui fait baisser les yeux. Plus qu?un nom, c’est presque une malédiction pour Jacob, dix-huit ans, fils de Charly McNeely, baron de la drogue local, narcissique, violent et impitoyable. Amoureux de son amie d’enfance, Maggie Jenkins, Jacob préfère garder ses distances. Il est le dauphin, il doit se faire craindre et respecter, régler les affaires de son père de la façon la plus expéditive qui soit. Après un passage à tabac qui tourne mal, Jacob se trouve confronté à un dilemme : doit-il prendre ses responsabilités et payer pour ses actes ou bien suivre la voie paternelle ? Alors que le filet judiciaire se resserre autour de lui, Jacob a encore l’espoir de sauver son âme pour mener une vie normale avec Maggie. Mais cela ne pourra se faire sans qu’il affronte son père, bien décidé à le retenir près de lui.

Ce que j’ai ressenti:…La lueur d’un roman noir…

Jacob est un jeune homme, pris entre deux feux: il va lutter donc contre son sang, son lieu de naissance, sa destinée. Faire mentir coûte que coûte les statistiques qui le condamnent à cette vie entravée par la violence et le désespoir. Il va se prendre à rêver très fort, pour se sortir de son lot de misère de départ, et c’est cette volonté qu’on admire, cette petite lueur qui vacille souvent, mais qui a le mérite de ne jamais disparaître…L’Amour sera son île, son phare, son ultime lieu de repos…

« Le sang est plus épais que l’eau, et je me noyais dedans. Je sombrais dans ce sang, et une fois que j’aurais touché le fond personne ne me retrouverait. » p162

Toutes les lumières ne sont pas perdues, non, dans cette histoire pourtant très sombre…Certaines s’allument dans ce grand tunnel ténébreux entaché de sang poisseux. Personnellement, j’en ai vu deux, de lumières, qui sont très importantes à mes yeux c’est: Poésie et Espoir. L’auteur nous offre quelques jolis moments de douceur et de rêve dans son écriture pourtant abrupte et féroce. Le quotidien dans ces contrées profondes n’est pas à envier, on sent comme un fatalisme indélébile, mais quelque fois, le ciel s’ouvre et on aperçoit une étincelle dans ce roman Noir, à moins que ce ne soit une lumière fantôme qui sorte, inexplicablement du sommet d’une montagne…

David Joy nous fait cadeau d’un roman puissant, avec un personnage qui nous ouvre son intimité, ses doutes, ses attentes. C’est un jeune avec une certaine destinée malléable, il est au seuil de son passage à l’âge adulte et de la voie qu’il est encore en mesure de choisir…La force de ce livre est là, dans cet éventail de possibilités. Son avenir se tient là dans ses lignes, entre nos mains…

Et regarder en arrière vous ralentit. Regarder en arrière vous empêche de voir clairement. Regarder en arrière peut signer votre arrêt de mort.p155

J’ai adoré cette lecture pour ce qu’elle nous emmène à réfléchir. Et je voulais juste dire que le final est juste MAGNIFIQUE. Un auteur à suivre, sans aucun doute, avec un talent déjà certain. Pour un premier roman, j’ai trouvé qu’il en connaissait déjà un rayon sur les âmes en perdition…

Je me disais que certaines âmes n’étaient pas dignes d’être sauvées. Il est des âmes auxquelles même le diable ne veut rien avoir affaire.p162

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Merci de leur confiance ce fut une lecture enivrante!

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L’évangile du serpent, Pierre Bordage

Couverture La Trilogie des Prophéties, tome 1 : L'Évangile du Serpent

Pourquoi je l’ai choisi:

Nous avons suivi avec ma binômette, les bons conseils d’un certain bloggeur influent: Yvan

Synopsis:

 » Et vous, César, Napoléon, Adolphe, Joseph, Bill, Vous les soldats, les conquérants de l’inutile, Qu’avez-vous fait du jardin des hommes ? Des chemins de folie qui retournent à Rome , Des arcs de triomphe, des monuments aux morts, des chaînes, des barbelés, des miradors, Déluge, déluge, déluge…  » Jeune Indien d’Amazonie élevé en Lozère, Vaï Ka’i incarne la sagesse du serpent double, symbole chamanique de l’ADN. Il prône l’abandon des possessions, le respect de la Terre et accomplit des miracles. Quatre évangélistes, Mathias, tueur à gage, Marc, journaliste désabusé, Lucie, strip-teaseuse sur le Net, et Yann, premier disciple, racontent celui que la presse surnomme bientôt le Christ de l’Aubrac… Grand roman contemporain humaniste, aventure littéraire inoubliable, L’Evangile du Serpent transpose le Nouveau Testament dans notre présent.

Les personnages:

Mathias, Marc, Lucie, Yann: un quatuor qui se glisse dans l’air du temps: Notre temps, celui de la violence, des désillusions, de la déchéance…Et Vaï Ka’i de relever le niveau, par sa seule présence…

Un contraste entre cette vie tourbillonnante et le calme serein de ce nouveau Jésus qui a le mérite de nous titiller, de vouloir nous faire voir une autre façon de vivre, de penser, de rêver même.

Chacun de ses personnages a une histoire, un passé. Ils sont aux antipodes dans leur façon de vivre, et malgré cela, on arrive à s’attacher d’une certaine manière à eux, à ressentir leurs émotions et si on ne les aime pas toujours dans leurs imperfections, on suit avec intérêt et compréhension leur cheminement.

Ce que j’ai ressenti:…Un projet ambitieux…

Pendant tout ce grand weekend, j’ai marché sur la Toile, emprunté des chemins de croix, assemblé des pièces de puzzles, essayé de visualiser le Grand Œuvre de la vie. J’ai suivi un Serpent, une nouvelle Philosophie, un nouveau Prophète, à moins que je n’ai juste trouvé un vieil Ami, humble et altruiste…

l’amour sincère a le pouvoir immense de réparer les déchirures de la trame. C’est la force la plus puissante dans la Création, infiniment plus puissante que les forces fondamentales qui maintiennent la cohérence de l’univers.

Alors en première impression comme ça, je me dis, que j’ai trouvé que c’était long, mais en le refermant je suis bien obligée de me dire que cet auteur a vraiment du talent! Il pose son intrigue avec intelligence, et en prenant le temps de poser les bases solides de sa trilogie. Il nous fait connaitre, parfois jusque dans leur intimité, les personnages qui seront les pierres angulaires de cette saga prometteuse. C’est une fiction oui, mais je lui ai trouvé de drôles d’accents de vérité contemporaine, d’actualités brûlantes, de sujets sensibles…Et finalement, c’est là qu’est le plaisir, avoir l’opportunité une lecture particulièrement intéressante, aux idées un peu plus poussées que d’habitude…Cette lecture laisse des traces, puisque c’est le regard plus lourd que nous posons sur notre propre perspective dans cet avenir de capitalisation à outrance…

Tout le monde savait que la Terre se réchauffait, tout le monde se doutait qu’elle préparait sa mue, qu’elle n’avait pas d’autres choix que de s’adapter pour survivre, comme n’importe quel organisme vivant , mais tout le monde s’en contrefoutait, tout le monde ne songeait qu’à jouir de ses privilèges, qu’à étendre ses possessions, qu’à s’étourdir en danses macabres sur des scènes de plus en plus branlantes.

Je suis vraiment curieuse de lire la suite des aventures de ses quatre apôtres revisités, car il a bien fallu attendre la toute fin, pour connaitre, enfin, les prémices du second volet, mais là, je veux absolument voir où nous emmène cet auteur! Je veux poursuivre l’aventure humaine et spirituelle de ce roman d’anticipation, je veux encore me régaler des reparties que l’auteur distille ça et là, comme des miettes de lumières jetés dans les collines françaises, je veux savoir si le Serpent va encore continuer sa chorégraphie hypnotisante…

-C’est la liberté de choix qui donne toute sa valeur aux actes.

Premier livre lu (enfin!) de cet auteur, je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin, vu ce que je pense pouvoir deviner de potentiel chez lui…Nous sommes déjà partantes pour lire la suite avec ma chère binôme et j’ai déjà hâte de voir ce que les autres lectures me réservent de bons mots et de réflexions intenses, une fois la dernière page tournée!

« Je préfère de loin les cyniques aux idéalistes. Les cyniques ont un minimum de recul sur les évènements, appelons ça une certaine marge de sagesse. On ne peux pas transiger avec les idéalistes. »

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

Évangile du serpent - Bordage Pierre

Titre : Évangile du serpent – Les Prophéties I

Auteur : Pierre Bordage
Édition : Diable Vauvert (2001) / Folio Gallimard (2003) – 675 pages

Résumé :
Un christ et quatre évangélistes : Pierre Bordage transcrit le Nouveau Testament dans l’univers des médias fous et du XXIe siècle naissant.

Matthieu, Marc, Luc et Jean s’appellent ici Mathias, tueur professionnel manipulé par une police parallèle, Marc, journaliste fatigué par ses propres lâchetés, Lucie, strip-teaseuse sur le Net, et Yann, le disciple des premiers jours jaloux de ses privilèges.

Tous les quatre éclairent de leur trajectoire l’avènement d’un jeune Indien d’Amazonie élevé dans l’Aubrac.

Par la chaleur de sa présence, le jeune homme sauve, guérit et réunit autour de lui des dizaines de milliers de fidèles en quête d’une nouvelle alliance.

Dans la chaleur moite d’une Europe en proie aux dérèglements climatiques, le mouvement se transmet comme une lame de fond qui déverse sur les routes des foules de curieux abandonnant leurs possessions et leurs vêtements.

ADN serpentCritique :
♫ Mes biens chers frères, mes biens chères sœurs ♫ Reprenez avec moi tous en cœur ♪

Ma foi, si Vaï-Ka’i (non je ne suis pas enrhumée), le Maître-esprit, indien Desana de la forêt amazonienne avait présenté la chose ainsi, sans doute que les biens-pensants et ceux à la tête de nos pays lui auraient fichu une paix royale.

Pas de bol, il n’en fut pas ainsi, mais au final, tant mieux ! Ça nous fait une histoire à lire.

Je vous fera mon acte de contrition en vous avouant qu’au départ, j’ai eu du mal à entrer dans le roman sans doute à cause des chapitres en alternance pour les 4 personnages “principaux”. Chapitres présentés comme les Évangiles.

Deux histoires qui s’alternent, c’est motivant, c’est frustrant, mais un véritable plaisir nait de cette frustration, tandis qu’ici, le temps qu’on arrive au 4ème personnage, on a déjà tout oublié du lieu où se trouvait le premier et ce qu’il faisait quand on revient à lui.

Je trimais donc, et puis tout à coup, paf, le Saint-Esprit s’est rappelé qu’il devait m’éclairer et là, plus aucun soucis de lecture et je l’ai terminé en ne le lâchant plus, en le dévorant, en me gorgeant des mots de l’auteur et des vérités qu’il balançait dans ses pages.

Sous le couvert d’un thriller au relents SF (dérèglements climatiques), l’auteur dresse une critique amère mais vraie de notre société de consommation, de l’Occident et de ses squelettes dans les placards, de l’Église (l’institution) et de ses représentants qui représentent très mal Celui qu’ils sont censés servir.

— Les péchés, les règles, les absolutions, les rites, ce sont des inventions des prêtres pour couper chaque être humain de sa source et l’expulser de son jardin.

En tout cas, jamais l’auteur ne tombe dans l’écueil de rendre Dieu et les religions responsables de nos maux, mais donne les noms des véritables coupables puisque, lorsque l’on veut noyer son chien, on l’accuse d’avoir la rage.

— Ici, ce n’est pas toi qui décides de ce qui est bien et de ce qui est mal.
— Non, c’est le prophète, le Coran.
Hakeem hocha la tête d’un air dubitatif.
— Pas le Coran, l’interprétation qu’on en fait.
— J’ai l’impression que tu n’es pas toujours d’accord avec l’interprétation qu’en font certains, avança Mathias.

Je conseillerais la lecture de ce roman à ceux qui n’ont pas encore compris que Dieu et les religions n’étaient que les boucs émissaires, des excuses, des prétextes utilisés par ceux qui veulent justifier leurs violences et exactions et que dans le fond, tout est politique.

— Ça, ce sont les fables qu’on sert aux médias et aux populations. Les Américains vont toujours là où se trouvent leurs intérêts. Et si leur intérêt est de soutenir une révolution islamique quelque part dans le monde, ils n’ont aucun scrupule à le faire. Les Talibans n’auraient jamais accédé au pouvoir sans l’appui des Pakistanais, donc des Américains. Le contrôle des pipe-lines, de l’acheminement du pétrole, tu comprends ?

On veut tout posséder, on ne veut rien perdre et on a peur de tout, surtout des autres.

— On peut gagner de l’argent sans être corrompu…
— Sans doute, mais il faut être prêt à renoncer à tout. À son confort, à ses habitudes, à ses certitudes. Qui, autour de cette table, accepterait de tout plaquer pour être en totale conformité avec lui-même ?

Entre nous, si Vaï-Ka’i existait vraiment, ou si, par une opération de magie, je me retrouverais transposé dans le roman, je ne le suivrais pas !

Non pas que son enseignement n’est pas bon, il a raison dans le fond, mais premièrement, je déteste les foules, parce que suivre la masse n’est pas mon crédo et deuxièmement, je n’ai nullement l’intention de me promener cul nu !

Un roman coup de poing dans le plexus, même si on savait déjà ce qui est dit, voir que d’autres ont compris, ça fait du bien.

— De tout temps, on s’est servi des extrémismes religieux pour envahir des territoires, pour contrôler les richesses naturelles, les populations, les frontières.
— Avec le risque non négligeable que ceux que vous croyez manipuler échappent à votre contrôle et se retournent contre vous. C’est déjà arrivé dans le passé, les exemples sont légion dans le présent, ça risque de se reproduire dans le futur.

Un roman qui, bien que datant de 2001, est toujours d’actualité, il lui colle bien, même. Un roman où les personnages sont bien distincts (un journaliste, une prostituée du Net, un tueur à gage et un disciple qui aiment ses privilèges) et n’ont rien d’enfants de cœur, mais nos zigotos évoluent, changent, et c’est tant mieux.

S’habillant le plus souvent en écolière, jupe plissée à carreaux, chemisier, couettes, sous-vêtements de coton blanc – un franc succès […]

Un roman écrit avec une plume cynique, amère, une critique bien sentie de notre société et de notre mode de pensées, d’actions, sur nos peurs, le tout sans donner de leçon.

— Sans doute que les stratèges détournent l’attention sur un ennemi fantasmatique pour mieux promulguer certaines lois, pour mieux faire passer les potions amères, tu sais, certaines décisions qu’on dit impopulaires.

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L’évangile de Serpent, Pierre Bordage (LC avec Cannibal Lecteur -Impressions de Lecture 2/2).

Évangile du serpent - Bordage Pierre

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 1 à 335) : Moteur diesel…
Ahlàlà, je dois avouer qu’au départ, j’ai cru qu’Yvan m’avait vendu du vent ! Les 120 premières pages où l’auteur plante son décor me semblaient longues, mais longues, comme si mon esprit était ailleurs. Et puis, tout à coup, paf ! Le moteur diesel était chaud et ce fut l’explosion ! Que les pilotes de F1 dégagent de là, je suis à 400 à l’heure !

Impressions de lecture de Stelphique (pages 1 à 335) : Un serpent serpentant sur le serpentin du monde…
Les Serpents ça serpentent, ça prend son temps, prenant des virages et d’autres angles de vues…. Bref, c’est l’impression que ça donne… Une lecture qui traine, exploite des chemins détournés… On suit ce quatuor de personnages avec leurs quotidiens, leurs espoirs, leurs galères… Bon début de mise en place pour une trilogie qui promet de jolies choses….

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 336 à 675) : Moteur à explosion…
Nom de Dieu que je suis contente d’avoir découvert ce livre qui tape là où ça fait mal mais sur les bonnes personnes, les bons gouvernements… L’auteur jamais ne sombre dans l’écueil d’accuser les religions ou un Dieu, un Être suprême ou l’Architecte du Grand Univers (je ne sais comment le nommer) de tous les maux de la terre. Si les gens pouvaient le comprendre, ce serait un grand pas pour l’humanité.

Impressions de Stelphique (pages 335 à fin) : Une grosse impression de longueurs…
Alors ce n’est pas que je m’ennuie, mais j’ai du mal à saisir où va nous mener cette histoire… Je me demande vraiment au cours de toutes ses pages : “Mais quand Est-ce qu’il vont se rejoindre ???!!!” C’est le seul bémol, car vraiment on sent une qualité d’écriture de et de visions politiques et sociales très intéressantes !

Le verger de marbre, Alex Taylor

Couverture Le verger de marbre

Pourquoi je l’ai choisi:

Je suis inscrite au challenge Gallmeister organisé par l’adorable LéaTouchBook, et ce livre m’a tentée surtout pour l’aspect thriller/polar noir.

Synopsis:

Beam Sheetmire, dix-sept ans, vient de tuer l’homme qui l’avait agressé. Il n’y a plus qu’à se débarrasser du corps sur les berges de cette rivière du Kentucky. Vu les circonstances, Beam devrait s’en tirer dans histoires. Mais il découvre que la victime est le fils du caïd local, Loat Duncan, à la fois puissant trafiquant et redoutable meurtrier. La décision de son père est sans appel : Beam doit fuir, et sur-le-champ. S’engage alors un diabolique jeu du chat et de la souris où chaque mouvement n’est qu’un pas de plus vers l’enfer.

Les personnages:

Beam, un jeune qui va devoir grandir un peu plus vite que prévu, et apprendre la vie à coup de poings et de sang…

Clem et Derna forme un couple des plus bizarres, mais il est à l’image de cette vie de violence sans nom…

Loat Duncan, le caïd du coin, est redoutable dans ses agissements, mais c’est un homme, rien de plus, qui tient trop à la vie…

Ce drôle de quatuor renferme mille et un secrets, non-dits pourrissants, violence latente et la plume de cet auteur a voulu qu’ils se réunissent pour nous imploser le cœur, et un peu du leur, peut être…

« Mais il avait eu son heure de gloire. Des éclairs plein les veines chaque vendredi soir, il avait traversé toutes ses années sur une autoroute de sang. »

Ce que j’ai ressenti:…Le polar en lumière, la lumière du polar…

« -Voyez vous on ne peut jamais prévoir ce que le monde va vous jeter dessus. J’aime être prêt à toute éventualité. »

Le Verger de Marbre est la lumière noire qui éclairera votre rentrée littéraire! Un de ses grands romans dont on ne se remet pas tout à fait tellement, il est intense…Une de ses magnifiques écritures qui vous submergent, et vous met des papillons dans les yeux durant votre lecture…Une de ces histoires qui ne peuvent pas, décemment, s’évaporer…

« On peut pas disparaître dans une ville. (Il agita une main vers la nuit et toute son immensité.) Mais par ici, un type peut juste…s’évaporer. »

Ce n’est pas tant le destin de ce Beam qui vous bouscule, mais c’est l’excellent cadre dans lequel l’auteur dépeint cette cavale aux milles dangers qui vous arrache les viscères…On est immédiatement assailli d’un étrange malaise, qui vous mènera jusqu’au bas fond d’une ville, où la misère sociale déboite les relations, où la violence a plus de force qu’une simple main tendue, où la jeunesse n’a que peu de perspective d’avenir. Chaque situation mène plus profond dans le tourbillon des abîmes, et ce n’est pas parce que vous dormirez, que le reste du monde ne va pas continuer sa danse folle…Beam va l’apprendre à ses dépens…

Il ne savait pas que les ennuis pouvaient réellement poursuivre un homme, mais ça semblait être le cas avec lui, chacun de ses mouvements le plongeant d’autant plus profond dans les sables mouvants des calamités et de la déchéance. Il pensa tout à coup à ce qu’avait affirmé l’inconnu du ferry, que la rivière n’avait pas de fond. A présent, il se demandait si les ennuis avaient un fond, et s’il le trouverait un jour.

J’ai adoré la double de dose de noirceur avec sa robe de poésie. Il a « un je-ne-sais-quoi » qui rend la lecture particulière, l’impression de tenir un trésor de mots, un coffre fort enfoui pour tous lecteurs avides d’émotions et de qualités littéraires. La traversée dans cet étrange enfer se fait en tiraillements intérieurs, mais elle s’accompagne d’une beauté lyrique qui nous ébloui d’autant plus. J’ai lu et relu certains passages, tant je m’imprégnais de cette cambrousse rurale américaine, et de sa douce voix hypnotique, quel voyage!!!Même le titre devient une évidence et d’une implacable vérité et apporte sa touche d’intemporalité à ce récit. Une merveille à lire, à ressentir!

Des spasmes de clair de lune traversaient la cime des arbres.

J’aime ce genre de polar noir, car il contient assez de puissance pour vous marquer au fer rouge, mais là où celui ci se distingue, c’est dans l’habile lumière de son écriture. Touchée en plein cœur par ses mystères qui se dévoilent dans le sang, il restera une des lectures les plus marquantes  de cette année pour moi. Un grand roman que je ne saurai trop vous conseiller lors de sa sortie le 18 aout! Jetez vous dessus si vous le croisez!!!!Coup de cœur !!!!

On pourrait dire ça parce que ça donnerait l’impression que les choses rentrent dans des cases. Mais ce serait négliger la vérité authentique.
-Et c’est quoi cette vérité?
-Le seul genre de vérité qu’il y ait jamais eu. Je parle du fait que le cœur est un mystère.

 

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 10/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Gallmeister pour l’envoi de ce livre. Merci de leur confiance. Merci aussi à Léa pour cette douce collaboration intermédiaire! Je suis aux anges d’avoir pu lire ce livre en avant-première , et ce d’autant plus que c’est un coup de cœur!

 

 

L’Evangile du serpent, Pierre Bordage (LC avec Cannibal Lecteur-Intro).

 

 

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— Aie confiaaaaanssssse !, nous persiffla l’ami Yvan lorsqu’il nous parla de cette « Évangile du Serpent » qui l’avait beaucoup marqué… Tout en nous en proposant une LC.

Oui mais, il nous faut tout de même plus que ça ! De quoi ça cause, cette Évangile ? Et pourquoi du serpent ? C’est l’ami Kaa ?

Déjà que nous avions eu une mauvaise expérience avec autre Évangile, celle des Ténèbres, cette fois-là, faudrait pas que l’Yvan essaie de nous refourguer sa collection d’Évangiles en Alsacien, des fois !

Yvan (serpent) et Cannibal Lecteur (tigre)

Le pitch ? « Pierre Bordage transcrit le Nouveau Testament dans l’univers des médias fous et du XXIe siècle naissant. Matthieu, Marc, Luc et Jean s’appellent ici Mathias, tueur professionnel manipulé par une police parallèle, Marc, journaliste fatigué par ses propres lâchetés, Lucie, strip-teaseuse sur le Net, et Yann, le disciple des premiers jours jaloux de ses privilèges. »

— Hé, Cannibal, regarde un peu, un tueur professionnel ! Une strip-teaseuse… Ça n’a pas l’air mal !

— Mouais… je me tâte, là, ma Stelphique ! « Dans la chaleur moite… [pensées cochonnes] d’une Europe en proie aux dérèglements climatiques ». Si encore cela avait été dans la chaleur moite de la culotte de la strip-teaseuse, on aurait eu Le Bison avec nous, sur ce coup-là !

— Attends, vise un peu la suite ! [Stelphique, décidée et alarmée à l’idée que la LC ne se fasse pas] « D’une construction ambitieuse et remarquablement maîtrisée, L’Évangile du serpent nous fait regretter que la Bible ne soit pas un thriller. « 

— Ma petite Stelphique, tu sais, la Bible, les Évangiles, ben c’est un thriller, une enquête méga-giga-supra énorme que personne, même Sherlock, n’a pas encore résolu (et que personne ne résoudra) ! Avec des personnages pas piqué des vers et des trucs de ouf dedans ! J’ai un faible pour Sodome et Gomorrhe, moi… On fait une LC sur ce passage ??? [air intéressé du Cannibal Lecteur]

— Tu es difficile, toi, ce soir ! Bon, lis ce que l’ami Yvan nous dit sur Babelio : “Bordage ne tombe que rarement dans le piège du donneur de leçon, sait garder le plus souvent la distance nécessaire et injecte la dose suffisante d’action pour nous tenir en haleine tout le long de ces presque 700 pages. Un superbe roman alliant distraction et réflexion, une œuvre profonde et touchante. le début d’une trilogie majeure.” T’en dis quoi, là, Cannibal ?? [sautille sur place telle une fée excitée]

— Que l’animal a oublié sa majuscule lorsqu’il écrit “le début d’une trilogie majeure” et qu’en plus, il nous donne un indice important, vachement important !!

— Heu… Quoi ? Qu’il ne s’est pas relu avant de poster ? Que son doigt n’a pas appuyé assez sur la touche des majuscules ?

— Mais non, Stelph ! Juste que c’est une trilogie et qu’on devra se farcir l’Ancien Testament, le Nouveau et le Coran… Tiens, ce devrait être une tétralogie (quadrilogie pour les incultes) avec la Torah !

— Et bien, ma chère Cannibal, si on aime, on se tapera les trois ! Une partouze de romans, ça devrait te plaire, ça !

[Cannibal qui ne se sent plus] — Oh oui, oh oui !!! Mais je te jure que si l’Yvan nous a menti, mené en bateau, hypnotisé pour qu’on aie confiance en lui et qu’on lise ce roman, je lui tordrai le cou, tel Shere Kahn avec Kaa !

mowgli sherkan

— Tu disais, Yvan, avec cette proposition de lecture ?? [ronronnement félin]
— Gloups, que tu ne le regretterais pas !
— J’espère pour toi, Yvan-Kaa, sinon, je te dévore… Ou je te ferai disparaître définitivement… [Ricanement sadique]

mowgli 3

L'Evangile du Serpent

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee

Couverture Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Pourquoi je l’ai choisi:

Je me suis inscrite à une LC sur Livraddict, quand j’ai vu que ce titre était proposé. Il est des classiques que l’on n’a pas encore lus, ou qui nous effraie d’avance…Je suis contente d’avoir enfin franchi le pas de lire celui ci!

Voir ici l’avis de mes deux copinautes de lecture: Tautiton, Kyradieuse.

Synopsis:

Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.

Ce que j’ai ressenti:…Une douce lecture qui tire au cœur…

  • Il était une foisune petite fille. Les petites filles, c’est souvent naïf mais perspicace. Scoot, est de cette trempe là: une mini sauvageonne, pleine d’effronterie touchante, à la langue bien pendue pour son age, et d’une intelligence fine. Une parfaite héroïne de conte en somme, une de celles qui nous inspire et qui ferait bien d’éblouir le Monde…
  • Il était une foisune petite ville. Les petites villes, c’est souvent bien, tout le monde se connaît. L’air de la campagne fait son grand effet. L’entraide et les mariages rapprochent tout son monde…
  • Il était une fois…un Homme: un Père aimant, un Brave avocat, un Gentleman, un Modèle à suivre, un Combattant…Tant de mots peuvent définir ce personnage, et c’est juste un des plus beaux qu’il m’ait été de rencontrer au cours de mes lectures, Atticus Finch.

Ah mais vous aviez cru que je vous racontais une jolie histoire où tout va bien qui finit bien? Ben non!!! On est dans les années 30, aux Etats Unis durant la Grande Dépression, où les Noirs n’ont aucune espèce d’identité, où les gens sont rangés dans des cases prédestinées, ou les Mensonges sont pléthores…

Une voix d’enfant dans un monde sombre, une vision impertinente d’une gamine dans une société régie par des couleurs, une perception voilée par l’enfance des cruautés commises dans ses rues, une sonorité de valeurs candides dans une salle où l’air y est irrespirable.

Ce texte, c’est une invitation à penser mieux , à garder cette petite flamme de Justice, à revoir avec des yeux d’enfants les absurdités de notre société. Il prend son temps, ce texte, vous fait resurgir des souvenirs d’enfance, vous fait ressentir l’avancée d’un siècle d’intolérance, vous touche au cœur par ces jolies valeurs qui le définissent…

Classé comme chef d’œuvre par certains, j’ai mis un peu de temps à l’apprivoiser, tout comme un oiseau qui ne se laisserait pas approcher si facilement…Et puis j’ai vu sa beauté, et je me suis émue de son chant…Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, ce serait péché…Il est un grand livre, qui marquera mon parcours de lectrice et n’a pas fini d’émouvoir le plus grand nombre, je l’espère…Un beau Classique!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

Le géant enfoui, Kazuo Ishiguro

Pourquoi je l’ai choisi:

Ce livre m’a été recommandé par un Babéliote passionné, Krout. Je le remercie de m’avoir mis sur la voie de ses géants: c’est exactement le genre de livre que j’adore! La passion de lecture se partage, et là, c’était un super conseil!!!!

Synopsis:

Axl et Beatrice vivent un amour constant qui a résisté aux années. Ils décident de faire un voyage pour rejoindre leur fils, parti depuis longtemps. De nombreux obstacles se dressent sur leur chemin, parfois étranges, parfois terrifiants, et mettent leur amour à l’épreuve. Leur parcours est une métaphore de nos vies à tous.
Dix ans après « Auprès de moi toujours », Kazuo Ishiguro revisite, dans « Le Géant enfoui », les thèmes shakespeariens qui traversent son oeuvre : la mémoire et l’oubli, la confiance et la haine, la vengeance et la justice. L’histoire d’Axl et Beatrice, une allégorie du monde moderne, est d’ores et déjà un monument de la littérature.

Les personnages:

Axl et Beatrice sont un couple en fin de vie, qui se sont aimé toute leurs vies dans les joies autant que les tempêtes. Très touchant.

Sire Gauvain, il apporte une touche de chevalerie, une douce flamme presque éteinte, mais indéniablement là, vibrante.

Wistan et Edwin nous rappelle que tout un homme est un guerrier…

Ce que j’ai ressenti:…Une étincelle dans la brume…

En fait, ce livre il vous emporte:

  • Dans la brume électrique…(Non je ne me suis pas trompé de livre, on n’est pas dans celui de James Lee Burke …). Il y a une sorte d’ambiance opaque qui vous happe dès les premiers mots…Cette brume vous enveloppe pour ne plus vous laisser tranquille…Se souvenir ou oublier ? Telle est la grande question dans ce claquement de doigts qu’est notre passage sur Terre…

« C’est bizarre la façon dont le monde oublie les gens et les évènements de la veille ou de l’avant veille. C’est comme une maladie qui nous atteint tous. »

  • Dans la légende Arthurienne…Chevaliers, dragons, géants, elfes…Le fantastique se mêle avec douceur dans ses pages nous offrant un souffle de magie enchanteresse plus qu’appréciable. Le roi Arthur n’a pas fini d’inspirer les auteurs, des centaines d’années après pour notre plus grand plaisir!

« Je suis un simple mortel, je ne le nie pas, mais je suis un chevalier bien entrainé et encouragé durant de longues années de ma jeunesse par le grand Arthur, qui m’a appris à affronter toutes sortes de défis avec enthousiasme, même lorsque la peur s’insinue jusque dans la moelle, car si nous sommes mortels, brillons du moins de tous nos feux aux yeux de Dieu pendant que nous marchons sur cette terre! « 

  • Dans une histoire d’amour…La tendresse de leur amour est touchante, malgré les points noirs qui jalonnent leurs histoires, ils restent ensemble, côte à côte, bravant ensemble les difficultés…Une histoire tout en pudeur, en simplicité et respect de l’autre…

« -Promets moi, princesse, que tu n’oublieras pas ce que tu ressens pour moi en ce moment dans ton cœur. A quoi servirait un souvenir surgi de la brume s’il se contente d’en chasser un autre? »

Il est des livres comme ça, qui vous tombe dessus et qui vous envoûte…Une histoire qui vous laisse une forte impression même en l’ayant refermé depuis des jours… Celui ci, il a une Atmosphère pesante, une Poésie enivrante, une Intention éclairante. Ce texte derrière son empreinte magique, vous torpille l’esprit sans que vous vous en rendiez compte. Il nous montre le Monde, en perpétuel renouvèlement de ses erreurs, de ses attentes, de ses victoires. Le temps n’a pas de prise sur nos envies d’évasions, d’invasions et de découvertes. A y regarder de plus près, les mots sont plus incisifs qu’il n’y parait et prenne une résonnance dans nos quotidiens sombres. Je regrette, juste un peu,  qu’on ne soit plus dans le souffle du dragon…

Les gens devaient accepter avec philosophie de pareilles violences.

Avec ses trois points, je me rend compte que la rencontre avec ce livre était une évidence…Ma mémoire me joue des tours, mais je suis presque certaine , de ne pas oublier cette lecture de sitôt…J’enfouis ce géant légendaire dans mon esprit, en espérant que la haine n’emporte pas tous les cœurs…Très joli conteur que ce Kazuo Ishiguro, il prend son temps, mais il nous offre un fabuleux moment de lecture…

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

Serre Moi Fort, Claire Favan (WRC : Chronique d’une Autopsie Littéraire Annoncée.)

Par THE WOMEN’S READING CLUB (WRC)

Conception et idée originale : Stelphique, Mon féérique blog littéraire !!!

Direction logistique : Belette, The Cannibal Lecteur 

Direction artistique : Nathalie, Sous les pavés la page

Chronique autopsie annoncée

Je soussigné, docteur Jack The Reader, Chef du Service de Médecine Légale; certifie avoir procédé à ce jour, en vertu de la réquisition du Cannibal Lecteur, à l’examen médico-légal du roman “Serre-moi fort” de Claire Favan.

Dossier n°1

Madame Ia Belette Cannibal Lecteur, Suite à votre réquisitoire du 22 juin 2016, en cause j’ai l’honneur de vous faire savoir que j’accepte la mission que vous m’avez confiée.

Je jure de remplir ma mission en honneur et conscience avec exactitude et probité.

serre_moi_fort

Nous avons accompli notre mission et consignons dans le présent rapport, les résultats de nos examens, observations et investigations.

Nous reprenons les éléments importants relevés au cours des examens externe et interne du roman.

Nous les commentons et tentons d’en tirer des hypothèses et/ou conclusions logiques.

Silence on autopsie un livre

Lieu où le roman se trouvait : FN** City 2 – Bruxelles – Rayon polars

Endroit exact : posée sur une table bien en évidence. Sa silhouette a été délimitée par l’équipe des sciences forensics.

Description du roman : à température ambiante, pas trop lourd, prise en main facile, couverture agréable au toucher, titre en rouge et sur la couverture, un origiami représentant un chien hurlant à la mort, devenant, dans l’ombre, un loup.

L’objet sans bon le papier frais, les pages font un beau bruit lors de la manipulation, pas de raideurs mal placées.

L’auteur de cet acte est une certaine Claire Favan, aidée en cela par un dénommé Robert Laffont, sérial éditeur bien connue des services de littératures.

Taille du sujet étudié : 140 x 225 mm. 324 pages, petit gabarit

Date du crime d’édition : février 2016, relativement frais encore, le crime n’est pas vieux

Coût de l’intervention du service : 22€ à tout casser

Arme du crime : Objet littéraire identifié, composé de papier recyclé (on l’espère) et d’encre noire, sans oublier une numérotation des pages, en bas.

La découpe de l’objet s’est révélée assez facile à l’aide de l’outil adéquat mais à eu des conséquences imprévues sur l’objet étudié : j’ai obtenu un puzzle et il a fallu recoudre le sujet ensuite pour pouvoir continuer de l’étudier.

Traumatismes : Importants après la lecture, difficulté à surmonter la deuxième et la troisième partie.

Suspects : Clairement madame Claire Favan, psychopathe bien connue des services littéraires suite à ses fréquentations un peu trop exagérées avec des tueurs en série. Récidiviste notoire. Les forces de police doivent l’appréhender au plus vite avant qu’elle ne récidive avec un autre roman coup de poing.

Attention, le suspect est dangereux ! Ne pas tenter une approche seul.

Arme du crime probable : une plume et ensuite un clavier d’ordinateur. Des mots qui ont l’air innocents pris séparément mais qui deviennent potentiellement dangereux lorsqu’ils se regroupent pour former des phrases et extrêmement assassins au moment de former une masse compacte appelée “paragraphes” avant de muter en chapitres” pour finir, ultime transformation en partie.

Modus operandi du crime : Si le début du crime commence sobrement, on ressent vite de l’empathie pour la souffrance d’un des personnages, pauvre garçon transparent qui tente de vivre sa vie de vivant alors que ses parents veulent faire revivre une disparue.

Ce premier acte posé, on découvre, horrifié, la main de l’auteur qui se pose froidement sur votre épaule. Jusque là, j’ai tenu le choc, j’étais même “chaude comme une baraque à frites” (en français de Belgique)

La seconde partie du jeu meurtrier entre l’auteur/suspect Claire favan et sa victime, le lecteur, est plus perfide et la final m’a fait hurler. J’ai d’ailleurs augmenté ma consommation de café pour tenter de justifier le tremblement de mes mains.

La troisième et dernière partie du crime est la pire, oppressante, on sent que le sujet a souffert et autopsier le personnage est plus difficile car on s’est attaché à lui et ceci est incompatible avec le métier.

Belette légiste

Verdict du médecin légiste Jack ? Je supporte mieux les crimes de 1888 que ceux commis par la suspecte dangereuse Claire Favan. Le traumatisme dû à la lecture était encore là lorsque je tapais mon rapport. Un putain de bon crime, ce roman !

Verdict du détective Cannibal ? La suspecte Favan, dangereuse auteur, n’a pas assez couvert sa piste et moi, fin limier, biberonné aux romans mettant en scène un célèbre détective anglais résidant au 221b, Baker Street, je n’ai pas été dupe et j’ai senti de suite qu’il y avait “une frite dans la bière”…

Cela aurait pu me gâcher le final de la partie mais j’ai choisi de mettre ça de côté et le talent de l’auteure aidant, j’ai occulté ce que je me doutais et profité de ma lecture. Avant de me faire massacrer dans la partie 3 parce que mon cerveau brillant ne voulait pas croire ce que tous les indices convergents me hurlaient. Je redoutais que ma théorie collent avec les faits, mais hélas, j’avais raison.

Une bien belle enquête qui ne laisse pas son enquêteur de lecteur indemne.

Je  jure avoir rempli ma mission en honneur et conscience, avec exactitude et probité.

Jack The Reader, médecin légiste pour cette autopsie littéraire et Belette Cannibal Lecteur, consultant detective.

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Veuillez trouver ci-joint le rapport de mes autres collègues :

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Stelphique prend son objectif et fait un méga zoom :

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La photo instantanée: L’origami…

Nous avons enfin une preuve ! Les petites ailes et notre invisibilité nous ont permis de saisir cette photo instantanée !! Mais que se cache réellement derrière ce pliage ? Cet origami est un indice de malheur: faites gaffe à vos filles, si jamais elles le recevaient…

La rédaction ne peut par contre pas vous fournir, le contenu de ce pliage sous peine de gêner l’enquête en cours….

De source sûre, il semble que La Bête Noire et Robert Laffont soit de mèche pour vous faire hurler de peur, à la lune…

serre

Le gros zoom: Serre moi fort, ou comment les groupes de soutien peuvent soutenir les victimes…

Claire Favan semble avoir saisi l’importance de ces groupes qui se réunissent dans le malheur, dans la tragédie. Elle nous offre une mise en lumière d’un phénomène de société dans son Serre Moi Fort, on ressent tout l’importance de ce soutien, cette main tendue vers ces humains qui ont subi un choc émotionnel fulgurant.

Peu d’informations sur ce qui fait vraiment leurs forces et leurs influences, mais la police craint leur ardeur mordante, semble ne pas tout saisir de leur hargne, mais en fait, ce ne sont que des êtres humains blessés et la souffrance qu’ils ressentent les mènent dès fois, à court-circuiter l’enquête en cours, autant qu’elle pourrait la font avancer.

On partage leurs peines autant que leurs petites victoires, et finalement, si c’était juste cela la magie de ce regroupement: ressentir de l’empathie ???…

loup 2

 Le panorama: L’ombre des prédateurs…

Les prédateurs de la Nature se cachent et étudient le meilleur moment pour attaquer leurs proies… Il semblerait que ce comportement animal soit observable chez les humains.

Tueurs de l’ombre, tueur dans l’ombre ou l’ombre d’un tueur, voici donc toutes les possibilités qui se multiplient à l’infini dans ses pages, mais tout cette somme d’éventualités, est bel et bien fatale pour leurs victimes…

Le Sérial Killer prend ses quartiers dans toutes les aspérités sombres, le spectacle fatal est donc en place, des coulisses à la mise en scène, rien ne nous sera épargné : le Mal est en marche et pourrait être capable de vous paralyser et faire de vous son petit pantin asservi….

En conclusion, Serre Moi fort est un roman qui se place autant du coté des victimes, des enquêteurs et d’une certaine âme dérangée, et nous espérons que ses trois zooms vous auront éclairé sur ce qui sera sans doute votre prochaine lecture… Affaire à suivre….

LOGO-NATH-3

justice-gavel-and-bookMonsieur le Président, Mesdames et messieurs les Membres du jury, Cher auditoire,

Je me tiens devant vous afin d’évoquer cette folie de Claire Favan, cette propension à faire couler le sang, encore et encore, cet acharnement à assassiner d’innocentes victimes ! Car oui, Mesdames et Messieurs les jurés, Claire Favan est dangereuse et son dernier crime le prouve à nouveau !

Jugez par vous même et relisez le rapport d’autopsie du Dr Jack The Reader ! La perfidie de cette auteure atteint des sommets lorsqu’elle oblige ses lecteurs a aimer ses personnages et ce, pour mieux leur assener le coup final !

La presse s’enflamme et les articles de la journaliste Stelphique ( pièce à conviction n°32) sont à votre disposition pour prouver que les lecteurs ne sont que des marionnettes ! J’accuse Claire Favan de les attirer avec de l’empathie! Elle leur donne un point de vue original dans ce dernier opus, celui de l’enfant survivant… mais ne soyez pas dupes !

favanRegardez cet air angélique, ces yeux innocents, ce sourire enjôleur…

Cette femme nous manipule depuis le début Mesdames et Messieurs les jurés car voyez tous ces meurtres qu’elle a à son actif depuis les prémices de sa sanglante carrière !

En réalité, c’est pourquoi je m’adresse à vous, Monsieur le Président et Mesdames et Messieurs les jurés et vous implore de déclarer cette auteure coupable !

Coupable d’avoir écrit un très bon thriller malgré quelques raccourcis que j’estime préjudiciables à la qualité de l’intrigue. Coupable d’imagination cruelle. Coupable d’immersion dans l’esprit de ses assassins. Coupable de talent!

Enfin, l’accusée Claire Favan renoue avec ses premiers forfaits, elle avoue là son évidente culpabilité et je laisse à votre appréciation les multiples indices de son modus operandi.

Mon réquisitoire touche à sa fin et au fond de moi, je n’ai qu’une seule certitude, celle que vos délibérations se feront de la plus objective des façons.

Cependant, Mesdames et Messieurs les jurés, n’oublions jamais qu’à la barbarie du crime ne doit pas répondre la barbarie du châtiment.

De ma plaidoirie, je l’espère, dépendra votre clémence.

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