L’archipel du Chien, Philippe Claudel.

Couverture L'archipel du chien

Pourquoi je l’ai choisi:

Ce choix de lecture a tenu aux avis de la blogosphère. J’ai essayé de lire à chaque fois en diagonale pour ne pas me spoiler l’intrigue, mais j’ai vu que ce livre a fait moult Coups de cœur, alors forcément, j’étais curieuse…Et, cette couverture est tellement jolie…

Synopsis:

« Le dimanche qui suivit, différents signes annoncèrent que quelque chose allait se produire. Ce fut déjà et cela dès l’aube une chaleur oppressante, sans brise aucune. L’air semblait s’être solidifié autour de l’île, dans une transparence compacte et gélatineuse qui déformait ça et là l’horizon quand il ne l’effaçait pas : l’île flottait au milieu de nulle part. Le Brau luisait de reflets de meringue. Les laves noires à nu en haut des vignes et des vergers frémissaient comme si soudain elles redevenaient liquides. Les maisons très vite se trouvèrent gorgées d’une haleine éreintante qui épuisa les corps comme les esprits. On ne pouvait y jouir d’aucune fraîcheur. Puis il y eut une odeur, presque imperceptible au début, à propos de laquelle on aurait pu se dire qu’on l’avait rêvée, ou qu’elle émanait des êtres, de leur peau, de leur bouche, de leurs vêtements ou de leurs intérieurs. Mais d’heure en heure l’odeur s’affirma. Elle s’installa d’une façon discrète, pour tout dire clandestine. »

Les personnages: 

Ils sont tous désignés selon leurs fonctions. Le Curé, le Maire, l’Instituteur…Et pourtant, malgré cette absence de personnalisation avec un nom/prénom, ils ont beaucoup de personnalité. Dans chacun, on pourra reconnaître les qualités et défauts des hommes, plus encore de cette manière, m’a t-il semblé, car ils incarnent les espérances dont ils sont tous revenus…Le curé dans sa foi, l’instituteur dans son enseignement, le Maire dans son pouvoir, le Commissaire dans sa mission…

Ils sont tous géniaux, mais j’ai eu une petite préférence cependant pour le Commissaire, parce qu’il est impossible d’être aussi odieux, mais de l’être, avec autant de panache….

Ce que j’ai ressenti:

 » Et je viens en un lieu où la lumière n’est plus. » Chant IV L’enfer de Dante. 

L’Archipel du Chien, c’est toute une poésie sombre, un ensemble d’îles où, l’ombre des poètes se glisse entre les pages et dorment tranquillement sur ses plages désertes et hostiles. Philippe Claudel saisit en plein vol toute une beauté infernale, et nous conte une grande histoire, avec une plume renversante de tremblements émotionnels intenses. Un roman magnifique! L’incipit de ce roman est sublime, vivant, vibrant, tellement bouleversant… Il donnera le ton, avec mystère et efficacité, pour une prise de conscience aiguë sur les maux de nos jours…Si j’ai mis cette citation de Dante, c’est parce que j’ai trouvé qu’il y avait dans cette ambiance, comme une réminiscence des premiers chants de La Divine Comédie. Je suis très sensible à la poésie, j’adore la dénicher dans les œuvres contemporaines, alors forcément, cette lecture est une fulgurante découverte. Elle est imprégnée de courants inspirés, insufflée de vents marins tempétueux, incandescente de vibrations terrestres et poisseuse de sentiments humains égarés…Un imbroglio entre beauté et drame contemporain.

« La plupart des hommes ne soupçonnent pas chez eux la part sombre que pourtant tous ils possèdent. Ce sont souvent les circonstances qui la révèlent, guerres, famines, catastrophes, révolutions, génocides. Alors quand ils la contemplent pour la première fois, dans le secret de leur conscience, ils en sont horrifiés et ils frissonnent. »

Parce qu’elle est intemporelle et perdue dans des mers oubliées, cette histoire peut se lire comme un conte moderne, une fable noire qui met en relief les flux migratoires du désespoir, et dénonce l’indifférence honteuse de ceux qui y en sont confrontés. Triste, sombre, magnifique, nécessaire, universel. Une histoire pour qu’enfin les mentalités changent, pour un devoir de mémoire plus investi, pour que chaque vie compte. L’Archipel du Chien a un environnement inhospitalier, une ambiance qui s’assombrit à l’instar de ses habitants, un lieu de perdition que Philippe Claudel nous décrit à force de tourments venteux et d’éruptions colériques. La Nature même devient le reflet de ses âmes sombres, et elle décide, dans un dernier souffle de rébellion, de déverser ses catastrophes climatiques, vomissant sa lave incandescente sur la lâcheté des hommes…

« Le Chien crache des saisons inhumaines. » 

Ce livre est un véritable coup de cœur, un coup de foudre dont chaque lecteur passionné espère, quand il se perd dans les mers de son imaginaire. L’Archipel du Chien est une belle destination, pour aller s’échouer sur ses plages noircies d’encre lyrique…Il m’a touchée par ses thèmes volcaniques et renversée par sa poésie sensible…Intelligent dans la forme et le fond, il se dégage de ses pages, une intensité sinistre d’avenir teinté de trop d’égoïsme tout autant, qu’un joli espoir utopique…Une lecture entre ombre et lumière, un petit diamant noir étincelant!  Peut être que si, plus de monde écoutait « la voix », on verrait venir un peu plus de clarté sur le squelette du Chien…On peut toujours aboyer, heu, rêver…

« Pourquoi dis-tu que c’est un rêve? » 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Résultat de recherche d'images pour "oh les beaux jours"

J’ai acheté et fait dédicacer ce livre lors de la manifestation littéraire de Oh les Beaux Jours! à Marseille. Il prend encore pus de valeur à mes yeux, ce coup de coeur, parce que cette journée était mon cadeau de fête des mères, et que cette rencontre littéraire, était un moment en famille…Un souvenir inoubliable.

A Marseille, se déroule un festival de littérature qui compte des manifestations musicales et artistiques, des entretiens avec des auteurs et autres réjouissances autour de la lecture. C’est la deuxième année que se déroule ces frictions littéraires, et cette fois-ci, je tenais à assister au grand entretien Les beaux jours avec Philippe Claudel, dans une des plus belles bibliothèques: L’alcazar.

Ce fût une conférence très intéressante qui nous présentait les problèmes des prisons, des droits et des devoirs de ses hommes condamnés, des migrants et des difficultés des associations à subvenir aux besoins humanitaires depuis la dissolution de la Jungle de Calais…C’était un entretien passionnant!

J’ai passé un super moment à écouter Philippe Claudel, il a une voix captivante. Quand il nous a lu les premières pages de son livre ou même son poème Golden Silence, qu’il a écrit à cette occasion, c’était un moment suspendu, magique. J’ai été ravie d’assister à cet entretien, et j’ai rencontré un homme généreux, tourné vers son prochain, sensible et peut être tout simplement, plein d’humanité.

Je n’ai pu faire qu’un seul rendez-vous sur la cinquantaine de proposés, mais quelle rencontre!  J’essaierai pour l’année prochaine de multiplier ses moments, car c’est toujours plus intéressant de voir et de parler avec des personnes aussi passionnantes que ce Monsieur.

 

Publicités

Hope and Red, Jon Skovron.

Couverture L'empire des tempêtes, tome 1 : Hope & Red

L’empire des Tempêtes 1 

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai adoré cette couverture, en rouge et noir! Les destins troubles et leurs intentions plus intrigantes, encore…

J’ai lu cette lecture en LC avec l’adorable Elodie Universe, et je vous invite à passer voir son avis: ICI!

Synopsis:

Hope est l’unique survivante du massacre de son village, dévasté par les terrifiants biomanciens, serviteurs mystiques de l’empereur. Recueillie par un soldat vinchen, elle a suivi un entraînement secret, faisant d’elle une guerrière qui ne vit que pour la vengeance.
Red est un orphelin adopté par une ancienne mercenaire issue de la pègre. Il est devenu un voleur et un escroc au talent inégalé.
Quand un chef de bande sanguinaire passe un marché avec les biomanciens pour contrôler les bas-fonds de la dangereuse cité de Laven, les destins de Hope et de Red se croisent. Et leur alliance improbable va faire autant d’étincelles que de dégâts…

 

Ce que j’ai ressenti:

  • Hope, où quand tu as bon espoir…

Cela s’est joué dès le premier chapitre, c’est rare, et c’était presque magique…J’ai senti comme une affinité, une connexion entre mon envie d’évasion et cette promesse d’une lecture pleine d’aventures…En même temps, l’univers de la piraterie, j’adore…Donc, en peu de pages et avec la rencontre de Hope, puis de Red, j’ai eu un espoir exaucé…Mais évidemment, le charme ne s’est pas arrêté avec ses deux personnages principaux, qui vont voir leurs destins se croiser, mais bien avec tous! L’auteur réussi le pari de nous les faire tous aimer parce qu’ils ont de l’audace, de la personnalité, des noms originaux, des histoires passionnantes!  On est pris dans leurs tourments, leurs passés douloureux, leurs avenirs incertains, leurs présents dangereux…

« Celui qui est assez brave pour s’aventurer aveuglément dans les ténèbres disparaîtra dans les ténèbres et les ténèbres disparaîtront en lui. »

  • Red, où quand tu vois rouge…

Quand on rêve de vengeance ou de justice, il est comme un fléau qui l’accompagne presque fatalement: le sang versé…Et du rouge et du sang, il y en a dans ces pages: sur la couverture, dans les couchers de soleil, dans les levées d’épées, au fin fond d’une ruelle obscure, sur des pontons lessivés, derrière des portes de monastères, dans les villages isolés…On baigne dans une ambiance rougeoyante, poisseuse où règne de rouges colères et des brasiers de haine qui n’attendent qu’une étincelle pour s’embraser….Ce livre, c’est un condensé de vents et marées, de rébellions et de pudeur, de joies et de peines, de rivalités et d’amitiés, de combats et d’amours. Un diamant Rouge Passion! 

« Les Vinchens pensent qu’il est préférable de perdre avec honneur plutôt que de gagner dans la honte. Parce que si le nectar de la victoire est souillé, il laisse un goût amer dans la bouche. »

  • Hope et Red, où quand ça devient soleil…

C’est un univers Fantasy d’une richesse incroyable. Entre les complots politiques, les batailles en mer, les affronts de rues, les rixes de quartiers, il ne manque pas d’actions dans cet Empire des Tempêtes! Et pourtant, il y a aussi de la douceur, de la tendresse, du respect, de la tolérance et même une parité homme-femme éblouissante! J’aime le dynamisme de l’ensemble, ses personnages qui prennent leurs vies en main envoyant en l’air, les prédestinées étriquées dans lesquelles on a voulu les contraindre… Alors forcément, il souffle des tempêtes de rage, et des étincelles de liberté, et dans ses lignes noires, il en ressort une fantastique aventure!

« Un soupçon de chaos apporte le changement, et le changement est parfois salutaire. »

Les habitants de Cercle Paradis diront certainement que « C’est Soleil », mais moi, j’ajouterai que c’est:  « Coup de Coeur »!

En avant, toute! Foncez, vers Laven La Nouvelle!

 

Ma note plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Léa des éditions Le Livre de Poche Imaginaire! Ce fut une lecture passionnante!

 

Hier, les oiseaux, Kate Wilhem.

Hier, les oiseaux

 

Synopsis:

La planète est exsangue, ravagée par la pollution, la guerre, la maladie. Les Sumner, de riches propriétaires terriens, pressentent que l’effondrement du monde est proche. Ils décident de construire à Bear Creek, dans leur domaine de Virginie, un centre de recherches scientifiques et d’y organiser la vie en autarcie. Après le cataclysme, les hommes et les femmes se révèlent stériles et disparaissent en quasi-totalité. Créer des bébés par clonage semble pallier la reproduction sexuée. Mais, au fil des générations, les clones sont-ils encore des humains  ? Le retour inflexible de la Nature va-t-il obliger une microsociété à bout de ressources à franchir les frontières pour explorer le monde  ?
Publié en 1976, Hier, les oiseaux, devenu un classique de la science-fiction, interroge avec une implacable acuité un avenir possible de l’humanité.
Prix Nebula et prix Hugo du meilleur roman.

Les personnages: 

Parce qu’ils sont différents, David, Molly, et Mark sont les trois meneurs de cette histoire. Il faut croire que j’ai une préférence pour les marginaux, car ils ont une sensibilité artistique et une manière différente de voir le monde…A tous les trois, ils nous font voir la Nature, les Arts et l’Avenir avec plus de poésie, plus de passion, plus d’intérêt, les possibilités de notre environnement, en allant à chaque fois, au delà du cadre établi, même si eux, le payent en isolement et exil déchirant…

« Eux, ils ne peuvent pas entendre cet autre soi-même qui, sans cesse, murmure. »

Ce que j’ai ressenti:

Hier, les oiseaux est un roman qui nous plonge dans les temps. Publié d’abord en 1977, il nous revient ,enfin, en 2018 avec Le livre de Poche Imaginaire, avec une couverture rouge et inquiétante pour notre plus grand plaisir, car c’est un roman d’anticipation qui a reçu deux prix prestigieux dans le monde de la science-fiction, et pourtant, on dirait presque qu’il est passé inaperçu, depuis…C’est toujours intéressant d’avoir une approche près de 40 ans plus tard, et de voir que cette lecture visionnaire n’a pas vieillie, et heureusement, oserai-je dire, que nous sommes encore loin, d’un avenir aussi sombre…

-Nous sommes tous morts. Aujourd’hui ou demain. Pourquoi prolonger? 

Découpé en trois parties, il m’a semblé, malgré ce thème de clonage en masse, que le schéma traditionnel familial était bel et bien en filigrane, dans ce roman, comme un fil ténu dans l’intrigue. Certes, c’est une toute nouvelle forme de famille et de cellule sociale à cause de cette énigmatique maladie qui frappe l’humanité, mais j’ai ressenti comme dans cette découpe de chapitres, une partie « Père » avec David, « Mère » avec Molly et « Enfant » avec Mark, comme un idéal à atteindre… Trois personnages donc, qui se passent le relais pour appréhender un futur très controversé et des situations difficiles, mais qui éclairent, chacun à leur façon et grâce à leur différence, le nébuleux avenir…

« Un jour, tu monteras ici, et tu poseras ta main sur cet arbre, et reconnaîtras ton ami, exactement comme il a été le mien toute ma vie. »

Dans ce récit post-apocalyptique, on trouve un monde ravagé, sans espoir, sans amour, sans génie, sans passion…Cette lecture, elle nous touche dans toutes les réflexions d’éthiques qu’elles engendrent, plus que dans son histoire, je trouve… De pouvoir se projeter dans cette atmosphère dénuée de richesse culturelle, et complètement déstructurée dans ces structures sociales, est étonnamment dérangeante. C’est cela que j’aime retrouver dans la lecture de la science-fiction, c’est le danger possible des dérives poussées à l’extrême, et ici, Kate Wilhem survole un monde bien triste, ou la liberté n’a plus son envolée inspirante, et si Hier, les oiseaux étaient dans le ciel, dans cette lecture, les piqués sont vertigineux et catastrophiques…Mais, un espoir, même tout petit, pourrait quand même s’élever…

Comme des millions d’autres avant lui, il était impressionné par la complexité de la nature. 

A découvrir!

Pendant quelques minutes, il se permit de rêver, puis il s’assit. 

 

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Léa et les éditions Le Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre.

Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu, Karim Berrouka.

Couverture Celle qui n'avait pas peur de Chtulhu

Pourquoi je l’ai choisi: 

Quand je vois que Karim Berrouka sort un nouveau livre, je n’ai qu’une envie: me précipiter sur cette lecture car je sais à l’avance que je vais passer un super moment entre fous rires et traits d’esprits . Fan de ses univers déjantés, j’avais hâte de savoir où il allait m’emmener cette fois-ci, après Le club des punks contre l’apocalypse zombie et Fées Weed et Guillotines, que j’avais adoré.

Synopsis: 

Qu’est-ce qui est vert, pèse 120 000 tonnes, pue la vase, n’a pas vu le ciel bleu depuis quarante siècles et s’apprête à dévaster le monde ? Ingrid n’en a aucune idée. Et elle s’en fout. Autant dire que lorsque des hurluberlus lui annoncent qu’elle est le Centre du pentacle et que la résurrection de Cthulhu est proche, ça la laisse de marbre. Jusqu’à ce que les entités cosmiques frappent à sa porte… 

Après avoir réalisé une étude sociologique des fées (Fées, weed et guillotines, prix Elbakin.net) et converti les zombies au pogo (Le Club des punks contre l’apocalypse zombie, prix Julia Verlanger), Karim Berrouka revient pour relever un terrible défi : convaincre Ingrid d’aller éclater du Grand Ancien pour sauver l’humanité.

Ce que j’ai ressenti: 

Karim Berrouka nous revient encore plus déjanté et barré que jamais, et fait une jolie révérence à un monstre de l’univers SF: Cthulhu. Sauf que son héroïne Ingrid, elle ne le voit pas du même oeil, et aurait plutôt tendance à se détourner du grand mythe, au grand dam de ses adorateurs…Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu, se retrouve malgré elle, au centre de ses histoires venues d’ailleurs, voyage en Europe et explore des pointes de pentacles, et pourrait même en songes immergés, sauver l’humanité…Elle dépareille énormément au milieu de tous ses illuminés et « fana » absolus  de Cthulhu, et je reconnais bien là, le style de l’auteur, à prendre à rebrousse-écailles les légendes et les remettre à sa sauce façon « Berrouka ».

Ainsi va le monde, comme les hommes. Ils endurent, ils subissent . Puis, un jour , c’est le chaos.

En ce moment on le voit partout: Lovecraft est à l’honneur dans l’univers livresque, et pourtant, je n’ai pas encore lu une de ses œuvres. En bonne élève studieuse, je me suis procurée vite fait, Les contes et légendes du mythe Cthulhu, et j’ai essayé de lire en parallèle, mais faute de temps et de l’aspect très particulier, j’ai eu du mal à m’imprégner de cet univers. Tout est question de rendez-vous en littérature, et celui ci a sans doute été manqué, mais je retenterai à l’occasion, car je ne doute pas que Lovecraft pourrait envahir ma bibliothèque… Du coup, cela s’est ressenti dans ma lecture de ce nouvel opus de Karim Berrouka, je suis sans doute un peu passée à côté des subtilités et j’ai eu du mal à saisir les tentacules de ces références. C’est une belle introduction pour se familiariser avec cette grosse bête verte des profondeurs, mais ça n’a pas été le coup de foudre avec les abysses marines lovecraftiennes…Pas encore, du moins…

La puissance de l’amour est plus forte que les préceptes des univers, plus puissante que la physique des mondes, plus éternelle que la mort elle même.

Pour autant, Karim Berrouka nous  propose une histoire divertissante, pleine de pep’s et de rebondissements rafraîchissants. Il a une espièglerie enfantine et une intelligence vive dans sa plume, qui fait que chacun de ses livres, est un grand moment de plaisir. Encore une fois, il est arrivé à me faire rire, grâce à ses répliques piquantes, et je suis impatiente déjà de lire son prochain livre, en espérant que je sois plus réceptive à l’univers, que je ne l’ai été pour celui ci…

En bref, je suis fan du style de l’auteur, mais je suis passée à côté de l’ambiance, alors ça ne sera qu’une lecture en demi-teinte, même si je conseille quand même cette lecture.

Meilleur Moment du livre: 

  • Le passage sur la Mélopée. J’ai trouvé que l’auteur parlait avec beaucoup de poésie et de sensibilité sur les artistes…

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Babelio ainsi que les éditions ActuSF pour l’envoi de ce livre. Ce fut une découverte sympathique.

 Babelio 

 

 

Celle qui a tous les dons, M.R. Carey.

Celle qui a tous les dons par Carey

Pourquoi je l’ai choisi: 

J’ai adoré cette couverture, qui attire l’oeil, autant que ce titre intrigant…

Synopsis: 

Tous les dons ne sont pas une bénédiction.
Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu’on l’emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu’elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire.
Melanie est une petite fille très particulière…
Le roman de M. R. Carey a été adapté au cinéma en 2016 sous le titre The Last Girl, réalisé par Colm McCarthy.
Adrénaline et émotion alternent subtilement dans ce thriller d’une redoutable efficacité. La meilleure lecture de l’année. L’Écho.
Un bijou. Joss Whedon.

Ce que j’ai ressenti:…Don de Surprise! 

Le danger, tout le danger, réside dans le fait de l’ignorer. 

Quand l’effet de surprise tient toutes ses promesses. Je ne l’avais vu nulle part ce livre avant, n’en avait rien lu sur la blogosphère, et rien pour influencer ce choix de lecture, sauf peut être, cet attrait de la nouveauté!  C’est juste extraordinaire de mettre la main et se faire les dents pour donner envie aux lecteurs, avides d’émotions intenses, et de les lancer vers cette histoire très originale….Avec un titre pareil, et un synopsis flou, j’ai avancé un peu, à tâtons dans  cette intrigue, plus que curieuse, pour finir carrément ravie d’avoir été bluffée sur mes suppositions de départ…Je vais essayer de garder moi aussi, comme notre adorable personnage Mélanie, une certaine muselière pour ne pas trop laisser échapper  de sa boîte, les petits secrets de cette lecture… Tout ce que je vous dirais, c’est que j’ai dévoré ce livre, avec une sorte de frénésie, et le plaisir d’être repue d’un thriller post-apocalyptique bien appétissant d’adrénaline! Addict et Affam, j’ai juste adoré!

Si c’est là que réside le dernier espoir de l’humanité, mieux vaut sans doute le désespoir.

Mike Carey maîtrise son petit effet à la perfection: la minute d’avant nous sommes dans un thriller fantastique, celle d’après dans une ambiance d’horreur. Tout du long , il s’amuse à bousculer nos attentes… Même avec les personnages, il varie ses effets: N’est pas tout blanc qui veut, alors quand ce quatuor improbable  se retrouve en situation de crise, les monstres ne sont pas toujours ce que l’on croit… Et puis, cette atmosphère de fin du monde en veine d’idées scientifiques  est truffée de petites bombes à retardements en myciculture pour nos esprits, autant que pour ces derniers survivants…. J’ai beaucoup aimé ce cocktail énergique! On est vraiment dans la force d’un page-turner efficace, le but étant de captiver son lecteur par une ribambelle d’actions dynamiques et de dialogues pêchus, mais l’auteur y emmène aussi, par le biais de ces moments de tension extrême, à de jolies réflexions sur notre rapport en société et envers la planète…

« Personne ne sait. Pas plus qu’elle, personne ne sait où il va vraiment. »

En bref, je me suis régalée, mais voulant absolument vous maintenir le plaisir de cette découverte, je n’en dévoile pas plus, mais je suis d’hors et déjà impatiente de lire la suite de cet univers très particulier! Je ne serai jamais Celle qui a tous les dons, mais j’espère avoir eu, un peu le don, de vous orienter vers cette lecture captivante!

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier Léa ainsi que la maison d’éditions Le Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture addictive!

Arckos, tome 1, La reconnaissance. Paolo Postman

Arckos, tome 1 : La reconnaissance par Postman

Synopsis:

Pourriez-vous aider un monde qui n’est pas le vôtre?

Lucas Muller, un jeune garçon passionné par la fiction et le fantastique, vit dans un modeste quartier où rien d’extraordinaire ne se passe jamais. Jusqu’au jour où il fait l’acquisition d’une épée par son vieil ami antiquaire. Il ne se doute pas que cette épée à la lame étrangement dorée va le transporter dans un autre monde où un rôle exceptionnel lui sera attribué. 

Une incroyable aventure où la réalité dépasse nos rêves les plus fous! 

Ce que j’ai ressenti:…Quelle Imagination!

Si jamais, il vous prenait l’envie  de vous perdre dans un autre monde, j’aimerai bien vous inviter à découvrir l’Entre-Faune, un univers rempli d’êtres fantastiques et imaginé par un jeune auteur auto-édité, qui dans ses rêveries, et qui pendant 10 ans a peaufiné les petits détails, de cette fantastique histoire, où un jeune homme fait un voyage initiatique autant que magique…Sensible à ce genre et par une coïncidence féerique, j’ai eu la chance de pouvoir lire ce pavé de 680 pages, et me régaler d’un premier tome d’une trilogie prometteuse qui pourrait bien faire fureur dans les rayons Jeunesse…Voilà, la question ainsi que l’invitation, est posée par Paolo Postman, et j’espère que vous répondre positivement, car c’est une saga qui vaut bien le détour :

Pourriez-vous aider un monde qui n’est pas le vôtre?

Arckos, c’est un jeune homme qu’une mystérieuse épée dorée appelle à la rescousse pour sauver un autre monde bientôt envahi par les Ténèbres…De cette demande désespérée et pressante pour venir à bout du Mal, se cache une Déesse, Labianna,  pleine de ressources et visiblement remplie de confiance envers ce petit héros en devenir…Arckos, la Reconnaissance, c’est un voyage vers un monde inconnu, une formidable aventure faite de jolies rencontres mais surtout, une histoire remplie de magie! Et c’est cet enchantement, qui m’a tenu tout au long de cette lecture, avec aux détours des chemins, ces rencontres avec des êtres hideux autant que beaux, magiques autant qu’ordinaires, divins autant que mauvais…Des Elfes et des Monstres, des Humains et des Géants ainsi que des Nains qu’il faudra rallier à la Cause: la victoire sur les Ténèbres, tous unis derrière une épée aux pouvoirs éblouissants, tous réunis auprès d’Arckos…

« -Ce n’est pas l’apparence qui construit la valeur d’une personne. »

Du moment que Arckos prend son rôle à coeur, et arrive à la Caserne de l’Est,  qui le fera devenir un grand soldat aguerri, je n’ai plus pu m’arrêter de lire ces pages. Ce jeune homme, avec ses doutes et son manque de confiance, m’a touchée, mais c’est cette qualité de rêver les yeux grands ouverts, qui m’a le plus renversée…J’ai adoré cette association d’amitié et d’entraide plus ou moins facile qu’il forme avec Mallate, un petit être Tiboge qui s’ignore aussi en tant que héros d’ailleurs… Ce duo de « roukis » sur ces terres de grands dangers est très intéressante à découvrir…Et bien sûr,  l’Entre-Faune comme terrain de jeux, de guerres, d’affrontements ainsi que de rencontres en tous genres, possède une grande richesse imaginaire qui illumine nos yeux, voire même jusqu’à nous éblouir carrément…Il y a de grandes scènes de batailles prenantes, autant que des petits moments intimes, qui nous montre que ce Lucas/Arckos sera sans doute l’Élu de Labianna, et peut être bien, l’Élu de vos cœurs…Mais cela, seul l’avenir nous le dira…

« Puisse la grâce des Elfes vous protéger et vous guider loin des sentiers sombres. »

Quand j’ai refermé ce livre, j’étais très impatiente de lire la suite, on sent une évolution dans la maturité du héros, autant que dans la plume de cet auteur…Finalement que du bon présage pour la suite…D’ailleurs, la suite est bientôt disponible, et son sous-titre La traque promet encore plus d’actions explosives…J’ai tellement hâte de voir si le Bien triomphera du Mal, et comment Arckos  va se révéler, face à plus d’adversité….

En bref, un premier tome réussi qui pose bien ses bases et une très jolie imagination…C’est tellement prenant et magique qu’on oublierai presque de revenir sur Terre…

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Arckos, tome 1 : La reconnaissance par Postman

Vous pouvez retrouver tout l’univers d’Arckos sur le réseau social Facebook: https://www.facebook.com/PaoloPostman/

N’hésitez pas à y faire un tour, et vous laissez tenter par cette belle aventure fantastique!

Les Ferrailleurs, tome 2 : Le Faubourg, Edward Carey.

Les Ferrailleurs, tome 2 : Le faubourg par Carey

Pourquoi je l’ai choisi:

Je vous l’avais dit, j’étais très impatiente de lire la suite de cette saga fantastique des Ferrailleurs, et l’attente va être longue, pour la suite et fin de cette trilogie…

Synopsis:

Rien ne va plus depuis que le Château de l’extravagante famille Ferrayor a croulé sous l’assaut des objets rendus à la vie. Le jeune Clod, ayant perdu forme humaine, erre de ruelles en échoppes dans une ville ravagée par la crasse et la pauvreté ; sa complice Lucy Pennant, elle, est ensevelie sous les décombres du manoir, où elle fait la rencontre d’une créature aussi monstrueuse qu’attachante. Pourchassés, nos deux héros vont devoir se réunir pour déjouer les plans de Grand-Père Umbitt, qui règne en tyran sur le peuple asservi du Faubourg.

Ce que j’ai ressenti: Changement de décor, mais toujours autant de charme obscur…

Quand j’ouvre ce deuxième tome de la trilogie, je retrouve immédiatement cette ambiance sombre et délicate, ce style inimitable de Edward Carey…Et la magie fonctionne encore, parce qu’il a cette grâce de savoir créer un vrai monde à part, avec ses règles et ses étrangetés. Avec Le Faubourg, il nous ouvre encore un peu plus son univers, lui conférant un autre aspect que la vie de Château, étend notre regard sur d’autres horizons encore moins reluisant de ce Londres revisité. Et quelle fantaisie grisâtre dans ces rues qui se balade encore allègrement! C’est étourdissant d’immondices et de rencontres insalubres…

« Vivace est la beauté, elle ne se laissera jamais enterrer. »

Lucy Pennant et Clod Ferrayor ne sont pas au bout de leurs peines, pour tenter de comprendre et d’infléchir la volonté du maître des lieux…A coups de tentatives infructueuses et de rencontres chanceuses, ils se découvrent plus enhardis, moins insignifiants, et nous lecteurs,  de les suivre dans leurs folles aventures, on découvre deux adolescents étranges et attachants avec leurs doutes, leurs failles et leurs tracas. Leur passage à l’âge adulte se fait dans la lutte pour les autres dans une obscure farandole d’objets doués de paroles, et ils en sortent grandis, et plus proche que jamais, tout en étant à chaque fois séparés…Chapitre après chapitre, leur histoire d’amour s’inscrit dans cette intention de faire bouger les choses… Heu, les objets… Heu pardon, les gens…*Veuillez m’excuser, je suis encore dans les brumes d’un rêve…Pourquoi ai-je un demi-souverain dans la poche?!*

Les hommes dans les guerres perdent leur âme, elle est foulée aux pieds, je l’ai vu, il n’y a plus d’individus, rien qu’une masse, une grande masse qui court à son anéantissement.

Je craque carrément pour cette plume poétique et gothique, et ces moments de lectures me sont précieux car cette plongée dans un imaginaire si prégnant, devient un délice de découverte. On ne sait jamais à quoi s’attendre, puisque c’est totalement loufoque, plein de folie douce, délicieusement inventif…Et puis, ces jeux de mots, cette qualité de métaphores, c’est juste fantastique! Vous l’aurez sans doute compris, j’ai plus que hâte de lire La Ville, tome 3 de cette trilogie pleine de surprises….

« Je suis sujette à des rêves incroyables. Nanny me dit que je ne devrais pas lire autant de livres, que si je continue à ce rythme, ils finiront par me tuer. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Le livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture fascinante.

Les Ferrailleurs, tome 1: Le Château, Edward Carey.

Couverture Les ferrailleurs, tome 1 : Le château

Pourquoi je l’ai choisi:

J’avais repéré ce livre depuis sa sortie, parce que je me doutais qu’avec les avis de la blogospère, il pourrait vraiment me plaire…En plus, j’adore cette couverture, avec son coté monochrome et le relief gondolé au toucher.

Synopsis:

Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, assemblage hétéroclite d’objets trouvés et de bouts d’immeubles prélevés à la capitale, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, dont il devra prendre soin toute sa vie. Clod, notre jeune héros, a ainsi reçu une bonde universelle – et, pour son malheur, un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets, qui ne cessent de répéter des noms mystérieux…
Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît ; les murmures des objets se font de plus en plus insistants ; dehors, une terrible tempête menace ; et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…

Ce que j’ai ressenti:…Un univers incroyablement fascinant!…

Dès les premières pages, j’ai été envoûtée par cette ambiance sombre et originale…Tous ses mystères autour de ses objets qui parlent, ses deux adolescents qui se racontent, tour à tour, au sein de cette décharge, la puissance de l’imagination de l’auteur…Bienvenue dans une nouvelle saga : les Ferrailleurs! En plein dans un Londres revisité et très empreint de dangers grisâtres, on explore un lieu atypique fait de bric et broc. Totalement dépaysant et surprenant, on se perd avec un certain plaisir dans cette avalanche d’immondices, de montagnes de noms, de destins parlants qui régissent les Ferrayor.

« Nous étions comme des puces, des abeilles, des moucherons ou des scarabées bourdonnant, des cancrelats, des fourmis-scarabées, des phalènes cornues, qui tous vivent peu de temps, battent des ailes, s’affolent, rampent, mangent, vivent, aiment puis meurent, un petit tour et puis s’en vont, tout ce petit monde périt, et il n’en reste qu’une salissure. »

J’ai lu ce livre en plein mois de décembre, autant dire que j’étais dans l’ambiance de noël, et voir une bonde ou encore un sofa murmurer, ça force la magie…Il y avait ce qu’il faut de gothique et de féerie pour que je sois emportée dans cette tempête bien particulière, que je veuille découvrir tous les recoins sombres du Château, et que je m’émeuve devant la naïveté touchante de Lucy et Clod. Clairement, il y a des rendez-vous réussi, et cette lecture en périodes de fêtes, c’était le bon timing…

As-tu jamais désiré jouer le rôle principal dans ta propre histoire?

Je suis d’ors et déjà impatiente de poursuivre les aventures de ces lieux lugubres, et de ressentir les envolées lumineuses de nos deux héros maladroits et voir s’épanouir les paraboles de Edward Carey. J’ai été très touchée par la sensibilité que l’auteur met dans cet océan de vies et de déchets, enchantée par l’étincelle qu’il peut faire jaillir pour ses vies effacées, troublée par la douceur candide de cet amour naissant.

 Mais elle, c’est une pensée, la plus belle des pensées. Les meilleures pensées que j’aie jamais eues sont mes pensées pour Lucy Pennant.

Le petit Plus: Les illustrations de l’auteur en début de chapitres. 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Le Livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture fascinante.

Battle Royale, Koushun Takami

Couverture Battle royale

Pourquoi je l’ai choisi:

Considéré comme une référence, je tenais absolument à découvrir cet ouvrage. Depuis la folie Hunger Games, je l’avais vu maintes fois cité comme le précurseur du genre, et puis je l’ai vu en coup de coeur recommandé par Le livre de Poche Imaginaire…J’ai succombé à la tentation….

Synopsis:

Dans un pays asiatique imaginaire existe un programme gouvernemental connu sous le nom de « Battle Royale ». Chaque année, une classe de 3ème est choisie au hasard, emmenée sur une île coupée du monde, et les collégiens doivent combattre entre eux jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un survivant…
Ceci afin de servir d’exemple à la population, à la jeunesse particulièrement, et aussi de recueillir des statistiques sur le temps mis par le champion à éliminer ses camarades.

Les personnages:

42 élèves. 42 enfants. 21 filles. 21 garçons.

Image associée

 

Le lieu :

Résultat de recherche d'images pour "battle royale"

Ce que j’ai ressenti:…Foudroyante Battle de coeurs battants…

 

Image associée

Au final, il n’en restera qu’un…

Ceci n’est pas une mauvaise blague, ni la bande annonce de « The Voice »… Les « Battle » sont bel et bien mortels, cruellement réels, sauvagement sanglants. Cette classe de 3ème n’aurait jamais pensé être l’élue du Programme, et pourtant, il va falloir à ses jeunes gens beaucoup de courage et de détermination, pour ce réveil effroyable sur cette île retirée, terrain de jeu miné, il faudra survivre… Survivre aux autres.

« Aujourd’hui, mes petits amis, vous allez vous amuser à vous entre-tuer! »

Quand tu tiens en main ce beau volume de quelques 800 pages et que tu devines par avance, que ça ne va pas être de la guimauve: prévois-toi dans ton planning, une sacrée plage de moments dans lequel tu vas pouvoir te confronter à l’ignoble, à l’éventuel monde imaginaire de violence extrême , et appréhender une nouvelle façon de jouer. Je te mets juste en garde, ô toi le lecteur curieux,  parce que ça envoie niveau émotions diverses ainsi que mises en scènes atroces…Et pourtant, il y a une certaine addiction qui se crée, car tu ne peux laisser à leur triste sort, ses enfants…Jusqu’à la dernière page, tu espères : que le jeu s’enraye, que l’humanité triomphe…

Ni peur, ni doute, jamais…

Koushun Takami ne se contente pas de livrer une histoire morbide sans morale, non, il nous livre dans cette trame d’horreur, une étude psychologique de la peur, avec en exemple, des adolescents pleins de sentiments contraires dû à leur âge difficile, sur une aire prédéterminée, avec une règle du jeu implacable. Il nous fait réaliser à quel point le doute peut envahir les esprits fragiles, comme il s’insère insidieusement dans les comportements, jusqu’à quel point, il peut rendre fou…Une classe entière de gamins, plus ou moins unis dans le quotidien va être contrainte d’éliminer, un à un, ses camarades, au dépit de l’amitié, au détriment de l’amour…Il suffit d’une étincelle, parfois, pour que le carnage se déclenche…L’auteur réussit le pari à créer cette atmosphère de tension très particulière de confiance bafouée, au delà des volontés premières des participants. C’est le Jeu, parce que l’Autre le joue. C’est l’Instinct de survie qui domine parce que les règles sont ainsi. Toute l’horreur se tient là, toute l’intensité se joue là. Dans cet unique sentiment: la peur…

Parce que si tu commences à douter, alors oui, tu peux douter de tout, absolument de la moindre petite chose, tu peux douter. Mais si tu doutes de tout, il faudra que tu t’entoures de tellement de précautions que tu ne pourras bientôt plus bouger le petit doigt.

Si les minutes et l’espace de jeu se réduisent inexorablement pour ces petits héros malgré eux, pour toi aussi, lecteur, le temps prend soudain une autre forme, il s’étire aux souffles de vie qui se perdent… Te voilà confronté à un régime politique totalitaire, à une hécatombe d’innocents, à l’horreur de Battle Royale. J’ai lu ses pages, avec la gorge serrée, heureusement qu’il y avait des notes de douceur auxquelles se raccrocher parfois, mais clairement ce livre te hante. Cette folie t’accompagne dans ton espace intérieur, te déstabilise dans cette illusion de jeunesse candide, te frappe aussi sûrement que le plus déterminé des joueurs, t’atteint en plein cœur de tes convictions utopistes…

S’il n’en restait qu’une, pour vous convaincre de lire ce livre, je serai celle là…

Ma note Plaisir de Lecture  10/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier Ninon, adorable attachée de presse chez Le Livre de Poche Imaginaire, qui m’a fait parvenir cet ouvrage que j’ai cherché partout en librairie sans pouvoir mettre la main dessus. Merci de sa confiance, merci pour cette attention!

Les perséides, Robert Charles Wilson.

Couverture Les perséides

Pourquoi je l’ai choisi:

Grâce aux bons conseils de Yvan, Robert Charles Wilson est devenu un auteur que j’adore particulièrement. Forcément, quand j’ai vu cette proposition de lecture dans le cadre du Club de l’Imaginaire Folio SF, je n’ai pas hésité un seul instant, ne tenant même pas compte du résumé, tellement je fais confiance à son talent! Je remercie d’ailleurs très chaleureusement les éditions Folio de leur confiance!

Synopsis:

Toronto. Cité pluriethnique où l’on peut croiser des centaines de personnes tout en restant terriblement seul. Ville tentaculaire que l’on sillonne chaque nuit en faisant de nouvelles découvertes et où l’indicible n’est jamais très loin. 
Au cœur de cette métropole se niche une petite librairie plutôt étrange : Finders. Vous y trouverez sans aucun doute les livres que vous cherchiez depuis toujours et aussi, qui sait?, certains que vous n’imaginiez même pas. Porte ouverte sur des mondes qui n’existent pas, ou pas encore, Finders est un endroit à nul autre pareil. Poussez la porte, si vous l’osez… 

Avec ce recueil de neuf nouvelles liées plus ou moins étroitement les unes aux autres, Robert Charles Wilson nous offre une œuvre très personnelle, ancrée dans le réel et pourtant véritable déclaration d’amour à la science-fiction, laboratoire de tous les possibles.

Ce que j’ai ressenti:…Elargir son horizon étoilé des possibles…

« L’univers mesure-t-il l’intention? »

Neufs nouvelles pour mieux appréhender la science-fiction, et le chemin des étoiles pour aller s’y perdre, avec la jolie plume de Robert Charles Wilson…Inutile de dire que ce livre, j’étais très impatiente de le commencer, car depuis que j’ai découvert cet auteur, je me régale de son imagination foisonnante, je suis admirative des mondes qu’il ouvre à ses lecteurs, et de la portée de ses écrits pour notre perception de la vie. Même le livre refermé, il me reste encore une impression très forte d’avoir confronté mon imaginaire au néant, de lui avoir laissé une chance de rentrer dans un quotidien toujours plus prenant…Étourdissant comme sensation…

« Est-ce que c’est l’univers qui se dilate ou l’observateur qui rétrécit?  » 

Lire des nouvelles est assez exceptionnel chez moi, mais quand c’est un auteur chouchou tel que RC Wilson, je fonce les yeux fermés, et bien sûr, la magie a encore opérée…Il arrive à me transporter à chaque fois, dans un espace parallèle de pure science-fiction avec une pointe de fantastique qui fait de ce moment, une boucle de plaisir de lecture…J’aime sa façon d’exploiter l’étrange, de décrire l’humain dans ses incroyables contradictions, de passer toutes les frontières pour mieux apprendre de notre monde…De l’infiniment grand à l’infiniment petit, des paradoxes possibles et impossibles, avec une finesse d’écriture, il nous réinvente Les Perséides, dans une pluie de mots étincelantes…

« Au bout d’un moment, on apprend à en tirer réconfort. Si nous ne sommes rien, alors il n’y a rien dont avoir peur. Nous n’intéressons pas les étoiles. »

Une ville et une librairie comme point d’ancrage de cette série d’histoires toutes plus intéressantes les unes que les autres, car elle ouvre sur les champs des possibles intangibles, des probabilités anticipées dérangeante, voir même effrayantes. Un envol direct pour l’infini et au delà, avec des théories opaques qui prennent vie dans ses pages. Ce recueil de nouvelles est une plongée vertigineuse dans les rues de Toronto et ses recoins sombres et des portes de mots qui s’ouvrent sur des mondes insoupçonnés qui laisse des traces de vaporeuses angoisses dans nos nuits blanches. On en ressort forcément troublé, car derrière ses petits textes, se cachent les grandes questions existentielles, quand nous tournons notre regard vers le ciel étoilé…

« Les gens de la ville ne comprennent pas. En agglomération, le ciel est gris, vierge comme une ardoise et légèrement lumineux : on dirait un feu d’ordures qui couve. Les quelques corps célestes qu’on parvient à voir briller malgré la pollution sont à peu près aussi excitant qu’un poisson échoué sur la plage. Mais en s’éloignant suffisamment de la ville, on voit encore le ciel de la même manière que nos ancêtres, comme un abîme au-delà du bout du monde dans lequel les étoiles évoluent, aussi implacables et inabordables que les âmes des morts d’antan. »

J’ai bien entendu mes préférences en termes de textes qui m’ont plus touchée que d’autres, (comme La ville dans la ville et L’observatrice) , mais j’ai été agréablement surprise de la cohérence de ce recueil qui propose toujours une ligne conductrice entres ses nouvelles, même infime, dont l’incroyable fascination pour la librairie Finders…Robert Charles Wilson se plaît à prendre carrément l’univers comme espace de jeu, avec toutes les propositions originales ou frissonnantes qui peuvent nous atteindre, pour nous donner quelques matières à penser, lors de nos ballades nocturnes, au clair de lune.

« Au bout d’un moment, on apprend à en tirer réconfort. Si nous ne sommes rien, alors il n’y a rien dont avoir peur. Nous n’intéressons pas les étoiles. »

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

 

 

Previous Older Entries

Enter your email address to follow this blog and receive notifications of new posts by email.

Rejoignez 198 autres abonnés