La voie des rois 2, Brandon Sanderson.

Couverture Les archives de Roshar, tome 2 : La voie des rois, partie 2

Pourquoi je l’ai choisi:

Etant donné le coup de cœur pour le tome 1, et comme il s’arrête en plein milieu du développement , il est évident que cette suite était prévue au programme!

Synopsis:

« Je me souviens des jours avant l’Ultime Désolation. Avant que les Hérauts ne nous abandonnent, et que les Chevaliers Radieux se retournent contre nous. Des jours où la magie était encore de ce monde, et l’honneur dans le coeur des hommes. Aujourd’hui nous surveillons quatre personnes. Le premier est un chirurgien qui est devenu soldat dans une guerre brutale. Le deuxième est un assassin qui pleure en tuant. La troisième est une jeune femme dont la robe d’étudiante abrite un coeur de voleuse et de traîtresse. Le dernier est un prince dont les yeux se sont ouverts sur le passé, tandis que son appétit pour la guerre décroît. Le monde changera. La magie des anciens jours sera de nouveau la nôtre. Ces quatre personnes sont la clé. L’un d’entre eux nous aidera. Et l’un d’entre eux nous détruira. »

Ce que j’ai ressenti:…La voie été déjà ouverte vers le Coup de Cœur, il se confirme avec ce tome 2…

« Une histoire ne vit pas tant qu’elle n’a pas été imaginée dans l’esprit de quelqu’un. »

Et autant vous dire que cette histoire est encore en train de vivre dans mon esprit, que les Sprènes jouent encore dans mon imaginaire, que j’ai encore l’éclat vivace de ce personnage si charismatique, Kaladin. Il me faut de toute urgence la suite, car bien sûr, le cliffhanger est beaucoup trop puissant, et je meurs d’envie de savoir la suite…C’est euphorisant ce besoin de vouloir à tout prix lire le prochain tome, bien que ce soit des petits pavés, mais rien qu’en ouvrant ses pages, on est pris dans un tourbillon d’actions, de stratégies et de magie, qui fait que le temps de cette lecture, on est juste hors du temps, tout comme dans les visions de Dalinar, et on admire le spectacle qui se déroule devant nos yeux…

« Le monde entier n’était qu’une pustule d’un vert écœurant, infestée de corruption. »

Bien sûr ce tome 2, est plus dans l’action! Les bases ont été posées dans le tome 1, donc La voie des Rois 2, c’est un déferlement de rebondissements, qui sont autant dans les trahisons que dans des actions d’honneur. Chacun des personnages suit sa voie et leurs chemins remplis d’embûches, mais tous se révèlent enfin, assument leurs valeurs. Kaladin confirme sa place de leader mais un autre sort clairement son épée du jeu dans ce tome ci, et je l’ai adoré tout autant: Dalinar. Shallan et Jasnah en apprenne toujours plus sur l’une et l’autre, tout autant qu’en savoir, et Malice m’a encore régalée de son apparition. Bref, j’aime leur évolution et cette manière d’être des héros dans leur urgence…

« Je refuse de rester planté là tandis que des hommes meurent derrière moi. Nous devons être meilleurs que ça! Nous ne pouvons détourner le regard et faire semblant de ne rien voir. »

L’ombre de la Désolation ajoute à l’ambiance sombre de ce royaume en pleine transformation. Le chaos se fait plus pressant, les enjeux politiques plus énergiques, les alliances plus fortes étant donné la menace qui pointe à l’horizon…La frontière entre le Bien et le Mal devient plus floue et seul, un nouveau guide pourra rétablir l’ordre dans ce monde où tous les coups sont permis. Est-ce le Livre des Radieux qui ralliera les peuples de Roshar? Est-ce que la Voie des Rois sera la réponse à leurs inquiétudes? Tant de questions encore passionnantes à découvrir…

« Parfois, il leur donnait espoir, mais qu’était l’espoir sinon une autre façon d’échouer? Combien de fois un homme pouvait-il tomber avant de ne plus se relever? « 

J’ai pris énormément de plaisir à lire ses 2000 pages, à découvrir un monde réinventé par Brandon Sanderson. Si c’est un coup de cœur, c’est parce que La Voie des Rois valorise l’Honneur, ouvre de jolies portes de réflexions sur la Foi et la Religion, véhicule du respect pour toute forme de Création… L’auteur nous livre en plus, des actions grandioses ainsi que de mini instants magiques et humains qui rendent chaque page, enivrantes…Gros coup de cœur pour cette saga!

« A quoi bon faire le bien si ça ne sert qu’à créer davantage de mal? »

« -L’argent est à la racine de toute guerre, poursuivit Au-nak. La religion n’est qu’un prétexte. Ou peut-être une justification. »

Meilleurs moments du livre:

  • La rencontre entre Malice et Kaladin et que celui ci lui raconte une histoire tout en jouant de la flûte. Un instant de grâce et de poésie dans ce passage. Quand la magie du conte se mélange à l’art de la musique, cela nous donne un magnifique moment de lecture.
  • L’œuvre d’Art et de prière de Navani: une grande place et un profond respect pour l’artistique sont présent dans ce roman. C’est très agréable à lire!

« L’art était une question de création. C’était son âme, son essence. L’ordre et la création. On prenait quelque chose de désorganisé-une tache d’encre, une page blanche- et l’on s’en servait pour bâtir quelque chose. A partir de rien. L’âme de la création. »

Ma note de Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les Editions Le Livre de Poche Imaginaire pour leur confiance et l’envoi de ce livre! Je me suis régalée à suivre les aventures de Brandon Sanderson, et je n’ai qu’une envie me plonger dans Le livre des Radieux!!!

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La cité du futur, Robert Charles Wilson.

Couverture La Cité du futur

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai découvert cet auteur récemment, mais il fait déjà partie de mes chouchous. Je ne pouvais donc pas passer à côté de cette nouvelle sortie du mois!

Synopsis:

Pour cinq ans seulement, jusqu’en 1877, la cité de Futurity dresse ses immenses tours jumelles au-dessus des grandes plaines de l’Illinois. Depuis Futurity, des hommes du futur viennent visiter le XIXe siècle. Et, contre une fortune en métaux précieux, les autochtones peuvent dormir dans la tour n° 1, véritable vitrine technologique d’un incompréhensible XXIe siècle.
C’est dans cette cité, construite à partir d’un futur parallèle, que travaille, comme agent de sécurité, Jesse Cullum, un autochtone. Parce qu’il a sauvé le président Ulysse Grant d’une tentative d’assassinat, Jesse se voit proposer une promotion : assisté d’une femme du XXIe siècle, il va devoir mener l’enquête.
Mais que va-t-il réellement découvrir? Un complot pour tuer le président… ou les inavouables secrets de Futurity?

Ce que j’ai ressenti:…Quand la ligne du temps se brouille…

 

Retour dans le passé ou Retour vers le futur…On ne saisit plus bien la frontière avec ce nouveau livre de Robert Charles Wilson…Passé,Futur comme des personnages de théâtre où joue le Présent réinventé par un auteur, conteur funambule, qui désire que l’on pose un regard plus vif sur nos acquis, autant matériel que spirituel. Deux tours plantées, là, défrayant ainsi dans le panorama de l’Illinois de 1876. Une cité futuriste du XXIe siècle dans le passé du XIXe…Un Miroir mystérieux, passage entre deux espace-temps…

« Il s’endormit, comme souvent, en réfléchissant à la complexité du voyage dans le temps. C’était un soporifique bien plus efficace que le comptage de moutons. »

Jesse et Elizabeth, agissent main dans la main, agents du passé et du futur dans une mission périlleuse, où le danger vient, bien sur, de cette frontière plus tellement imperméable, au crime et à l’attraction du profit…Fuyant un quotidien qui leur pèse plus que de raison, ce duo improbable va donc se lancer à l’encontre de cette nouvelle forme de recels avec un tel engouement qu’il déboussole leur passé personnel, autant que celui historique…C’est dans cette bulle de Présent qu’ils vont agir et réconcilier le double effet de Futurity, dans un temps très compté…

« Des hommes bien meilleurs que moi ont vécu et sont morts sans laisser de trace. Je ne suis pas en mauvaise compagnie. »

Robert Charles Wilson revient avec une histoire qui joue avec les voyages dans le temps, nous livrant un récit d’aventures futuristes, mais aux questionnements étiques contemporains, tout en gardant à l’œil cette Histoire qui s’est déroulée…Je suis toujours admirative de voir les pistes de pensées qu’il nous ouvre, ces courants de réflexions qu’il peut insuffler à nous, lecteurs. A se balader sur cette ligne du temps, on prend toute la mesure du terme Progrès: Le passé serait-il la nouvelle ruée vers l’Or? Le présent actuel, l’Utopie de nos ancêtres? Le Futur, le guérisseur du Passé? C’est tout l’intérêt de la Science-Fiction, et dans ce royaume très fermé de ce genre si particulier, Robert Charles Wilson est un Roi, humaniste et bienveillant avec ses sujets…

« -Le problème, c’est la dérive historique. »

Je ne peux que vous conseiller de vous enfermer dans un cocon du présent,pour apprécier La cité du Futur.

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Denoël pour l’envoi de ce livre! Merci de leur confiance! Ce fût une lecture intéressante!

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LES EDITIONS DENOËL

 

La voie des rois, Tome 1, Brandon Sanderson.

Couverture Les archives de Roshar, tome 1 : La voie des rois, partie 1

Les archives de Roshar

Pourquoi je l’ai choisi:

C’est le mois Brandon Sanderson chez Le livre de Poche Imaginaire. L’occasion de découvrir un auteur talentueux!

Synopsis:

Roshar, terre de pierres et de tempêtes. Des siècles ont passé depuis la chute des Chevaliers Radieux, mais leurs avatars, des épées et des armures mystiques qui transforment des hommes ordinaires en guerriers invincibles, sont toujours là.
Au cœur des Plaines Brisées, Kaladin lutte depuis dix ans dans une guerre insensée. Dalinar, le chef d’une des armées, est fasciné par un texte ancien, La Voie des rois. Au-delà de l’océan, la jeune Shallan apprend la magie et découvre certains secrets des Chevaliers Radieux…
Avec des romans vendus à plus de cinq millions d’exemplaires dans le monde, récompensés par de nombreux prix et comparés à ceux de G.R.R. Martin (Le Trône de fer) et de Robert Jordan (La Roue du Temps), Brandon Sanderson est un auteur phare de sa génération. La Voie des rois ouvre avec brio sa nouvelle saga-événement.

Les personnages:

Kaladin a un grand charisme, portant autant le pont que ses hommes, il a toute mon attention , et bien sur, ma préférence, car on espère que du fin fond du gouffre d’où il vient, il devienne plus grand que certains Princes….

« -On ne peut pas mettre de prix sur la vie des gens. »

Shallan, intrigante jeune femme, qui s’associe à une autre femme tout aussi mystérieuse, Jasnah. Elles ont le « beau rôle » entre ce qu’elles sont puissantes, et pleines de savoir…

Dalinar : Haut-Prince à l’esprit torturé, il essaye de combattre avec ses fils pour acquérir toujours plus de richesses et de terres, mais ses visions ne lui laissent que peu de répit. Son intuition d’Union est très forte, mais rien ne semble lui donner raison…

Syl, c’est la touche féerique, c’est ma petite chouchou de l’histoire, la Sprène qui essaye de comprendre les hommes…

« -Les gens sont la discorde, déclara Syl. »

Malice, j’ai toujours aimé les fous du roi…Et celui ci, est vraiment génial avec ses jeux d’esprits, sa manière de provoquer, son intelligence beaucoup plus grande qu’il n’y parait…

Ce que j’ai ressenti:…Une voie vers le Coup de Coeur…

« Ne te contente pas des rêves mesquins des autres hommes. »

20 ans d’écriture pour cette histoire et près de 2000 pages, ça force le respect. Surtout que Brandon Sanderson réinvente tout, dans Roshar, même la couleur du vin…Dans ce tome 1, nous voilà avec un petit pavé de 1000 pages, et un grand roman épique…

Chaque personnage est intéressant à suivre: ils ont tous comme une urgence à vivre, une désespérance dans leurs actions, un magnétisme intense qui nous donne mille émotions diverses. Les suivre, c’est se confronter à tout une expérience de vie, et différentes façons de penser…On suit autant les Princes, que les plus insignifiants hommes, les érudites autant que les plus vils assassins. Tout tourne autour d’un Roi assassiné, sa politique et son royaume laissé en plein chaos… Finalement, on pressent la richesse d’un ancien monde mais aussi, celui en devenir dans les regards de ces personnages: on en ressent chaque inspiration, chaque souffrance, autant que leurs espérances…Flashs-backs et Présent actif, rendent ce récit captivant!

« Agissez avec honneur, et l’honneur vous aidera. »

Un roman de Capes et d’épées, où l’honneur est le mot d’ordre et où les personnages sont tous plus intéressants les uns que les autres, voilà tout un beau programme de lecture! Je ne vous dis pas comme il est bon de lire des scènes de combats où le sang ne coule pas, où les monstres s’invitent dans les lieux sombres, où les stratégies se jouent sur les champs de batailles immenses. La magie s’invite aussi dans ses pages ce qui rend d’autant plus fabuleux, le moment, et finalement on ressort de cette lecture, des étoiles pleins les yeux, le cœur palpitant, et déjà avide de lire le prochain tome, car malgré l’épaisseur du livre, on est finalement qu’au milieu de l’action…C’est un fort roman de Fantasy, où tous les bons ingrédients sont réunis, mais comme tout bonne chose se mérite, il faudra prendre le temps de découvrir tout le folklore et les coutumes, pour mieux en apprécier l’inestimable richesse et complexité de cette saga…

« Toutes les guerres sont des jeux. le meilleur jeu qui soit, où les pièces perdues sont des vies véritables, où les trophées valent une véritable fortune! C’est là l’existence à laquelle aspirent les hommes. Se battre, tuer, gagner. »

Je trouve que l’auteur a su rendre son histoire très attrayante de par la construction de son intrigue, mais aussi la force de ses petits détails. Par exemple, je suis totalement sous le charme des Sprènes. Je visualise parfaitement ses menues apparitions. Après la grandeur de ses guerres à l’arme blanche, sont époustouflantes. Les lieux battus par les vents et les tempêtes ravageuses, ajoutent encore à l’épaisseur de cette ambiance à couper à l’épée…Quand on rentre dans cet univers, il est incroyablement difficile d’en sortir! On est pris dans les actions, les tourments intérieurs des personnages, la beauté réinventée de ses terres hostiles. Minutieusement conté, l’auteur gère d’une main de maître, son milieu, en y mettant de très belles valeurs en avant!

« Il n’y a aucun profit à tirer de la paix. »

Je finis donc ce premier tome, en totale euphorie et très curieuse de découvrir les secrets qui se cache derrière :Porte-Eclat, Lames, Voie des rois, Cœur de-Gemme, Spiricante, Fulgiflamme…Encore donc de belles heures d’aventures que je vais m’empresser de découvrir! Vite le Tome 2!!!!!

Meilleurs moments du livre:

  • La scène Dix battements de cœur. Cette bataille contre le démon des gouffres est sensationnelle, autant au niveau visuel que émotionnel. On est totalement hypnotisé par cet instant de fureur et, synchroniser cette lutte à coup de pulsions organiques, rend un effet encore plus viscéral!
  • Les illustrations: J’ai adoré trouver au détour des pages, et même en début de chaque chapitre, ces dessins. Elles apportent encore du « plus », à la qualité de l’ouvrage.

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Le livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture palpitante!

 

 

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Membrane, Chi Ta-Wei.

Couverture Membrane

Pourquoi je l’ai choisi:

J’aime sortir de ma zone de confort parfois, pour découvrir d’autres univers …

Synopsis:

Momo, une jeune esthéticienne réputée mais solitaire et marginale, vit à T-Ville, cité sous-marine d’un futur proche où la surface de la Terre est devenue inhabitable. Elle propose à ses patients de leur appliquer sur la peau une M-Skin : une membrane extraordinaire qui permet de protéger parfaitement la peau contre les agressions extérieures. Ce que Momo ne révèle pas à ses patients, c’est que grâce à la M-Skin, elle connaît tout de leur intimité la plus profonde et peut vivre leurs expériences charnelles. Momo, atteinte d’une grave maladie, ne sort presque plus de chez elle, jusqu’au jour où sa mère, avec qui les liens avaient été coupés, reprend contact avec elle…
Dans ce monde entièrement artificiel où les corps, les identités et les sexes se métamorphosent et se réinventent, les humains sont-ils encore maîtres de leur mémoire et de leur avenir ? Les prodigieuses membranes dont elle fait usage auraient-elles une fonction insoupçonnée ?

Les Personnages:

Momo, fruit du pêcher, et jeune avant-gardiste de l’esthétisme. Solitaire et passionnée. On se lie forcément à cette jeune fille qui essaye de se construire une réputation, une place dans la société, une identité propre…

Maman, son ombre plane toujours derrière Momo, comme si elles étaient indissociables. Et pourtant…

Cette relation mère-fille laisse place à beaucoup de doutes et mystères, qu’on a plaisir à découvrir, au fur et à mesure des pages écrites, sur des discolivres…

« Ce que l’on appelait « amour maternel » n’était-il pas une idée d’essence culturelle? »

Ce que j’ai ressenti:…Une jolie découverte…

J’ai grandement apprécié L’avant-propos et la Postface qui accompagne ce texte, car il permet de mieux comprendre l’œuvre, de la situer dans le temps et la polémique sociale. Membrane est un petit texte de science-fiction, qui nous fait découvrir un univers alternatif, mais surtout qui nous parle des dérives du progrès scientifique. Près de 20 ans, ce sont écoulées depuis l’écriture de ce texte, et il n’en reste pas moins que ce jeune homme avait déjà pressenti les problématiques du monde à venir, et qu’il a encore des accents de vérités dans notre présent.

« (…) mais les experts étaient très clairs: quand bien même, les humains arriveraient à réduire la pollution atmosphérique , cela ne ferait tout au plus que freiner la dégradation de l’environnement, on ne pouvait pas l’éradiquer… »

Il y a une certaine poésie qui se dégage de ce texte, mais surtout de grands combats qu’on devine derrière ces lignes. C’est toujours intéressant de découvrir dans la littérature, un autre pays, d’autres pensées, la manière de les exprimer. Dans les textes asiatiques, il y a toujours cette douceur, cette pudeur, qui ressort, et ici, les métaphores employées mettent en valeur, la force de l’engagement de cet auteur Taiwanais.

« Pourquoi était-on obligé de grandir?
Pourquoi existait-il dans le monde des hommes des règles de vie aussi tyranniques? »

C’est une lecture qui ouvre sur les frontières, autant virtuelles que réelles, qui nous fait toucher du doigt une membrane flexible, où la tolérance prend toute sa place… Rien n’est plus pareil dans ce monde post-apocalyptique, et pourtant, il se dégage comme un plaidoyer sur l’Identité, la perception de ce qui fait de nous, un humain, comme l’ultime couche d’espoir qu’on étalerait sur nos peaux, à la manière de la M-Skin…

 

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Le livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture très intéressante.

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Le Purgatoire, Dante Alighieri.

Couverture La divine comédie, tome 2 : Le purgatoire

Pourquoi je l’ai choisi:

Je poursuis ma lecture de La Divine Comédie…En lecture commune avec Tautiton, son avis: Ici! Je vous invite à passer voir son ressenti , qui se trouve être un coup de cœur!

Synopsis:

Quand Virgile et Dante, à l’aube du dimanche de Pâques de l’année 1300, débarquent sur la plage de l’Anti-purgatoire, après avoir traversé les cercles infernaux et reparcouru, à travers un boyau obscur, tout l’espace du centre de la terre à sa surface, l’impression de bonheur est intense, quasi paradisiaque… Au contraire, les récits de voyages imaginaires de la même époque décrivent des purgatoires qui sont des sortes d’enfers : mêmes feux, mêmes tortures – seulement écourtées, seulement  » à terme  » Dante rompt brutalement avec cette tradition ; son Purgatoire semble plutôt tendre vers le Paradis. Malgré les tourments racontés, la mémoire du lecteur garde l’image d’une montagne au milieu de la mer, dans la lumière du soleil, habitée par les anges, rythmée par les manifestations de l’art – sculptures, chants, rencontres de poètes, image d’un lieu où devenir bon signifie devenir léger…

Ce que j’ai ressenti:…Comme une envie de poésie…

« Courez vers la montagne et lavez cette croûte
qui cache à vos regards le visage de Dieu. »

« Il ralentit enfin sa marche, car la hâte,
ternit la dignité de tous nos mouvements;
et l’esprit, jusqu’alors content de peu de choses,

ressentit l’aiguillon de la soif de connaître
et me fit diriger le regard vers la cime
qui s’élance des eaux vers le ciel le plus haut. « 

Grimpez sur la montagne du Purgatoire,
Délaissez votre charge de péchés,
En chantant les louanges obligatoires,
Les inscriptions seront bien effacées.

L’ange Saint lavera vos fronts, des Capitaux,
A chaque terrasse franchie, marche accomplie,
Pleurant sur vos fautes repenties,
Vous brillerez sûrement aux yeux du Très Haut.

Troquer la colère contre la douceur,
Changer le vice en humilité,
Disparaître l’envie aux joies du cœur…
Ressentez la Sagesse et la Paix.

Dante nous offre une ascension libératrice,
Toute en poésie et joies bienfaitrices,
Nous sensibilisant aux chants et à la piété,
Et délivrer ainsi notre âme de nos vils péchés.

D’où vient que ton orgueil lève si haut la crête,
oubliant que tu n’es qu’un avorton d’insecte,
un vers dont la nature a raté la façon?

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

 

Les damnés de l’asphalte, Laurent Whale.

Couverture Les damnés de l'asphalte

Pourquoi je l’ai choisi:

Etant donné que je me régale bien en ce moment avec la SF, et que je trouve que la couverture est juste géniale, j’ai foncé à toute allure, comme ce bateau sur la route…

Synopsis:

Quinze ans ont passé depuis l’invasion venue du Nord, mais le monde ne s’est pas amélioré, bien au contraire… La misère et la famine règnent sur un pays ravagé. Villes fantômes, bandes organisées, soldats de fortune et sectes d’illuminés en tout genre se partagent la route du Sud. Il faudrait être fou pour l’emprunter. Fou… ou déterminé.
Lorsque son frère est porté disparu, Miki, le jeune mécano, se met en tête de rallier la péninsule ibérique. A ses côtés, Toni, le pilote, et Cheyenne, le hors-mur, reprennent du service !
Commence pour eux un périple à travers un pays en proie aux flammes et au chaos. Et, alors que les survivants se disputent les miettes de la civilisation, une menace resurgit des abysses du monde d’avant. Un cauchemar sans nom qui pourrait bien barrer la route aux damnés de l’asphalte…

Les personnages:

Ce que je retiens essentiellement des personnages, c’est la dynamique de groupe! C’est rare de trouver cette symbiose entre chacun, sans tomber dans le cliché des places pré-attribuées, tout en les voyant s’épanouir individuellement, voire en duo…Miki est un très bon chef, Cheyenne a, mon petit coup de cœur, avec son côté indispensable mais taiseux, les dames qui ne s’en laissent pas compter, et le petit jeune qui se frotte à l’autorité sans anicroche…Ce groupe est plaisant à suivre dans ses péripéties de vie sociale, mais encore plus lorsqu’ils ne forment qu’un bloc indestructible face à l’ennemi…Redoutable, cette association d’errants du béton!

Rien dans ce monde n’est beau. Seuls les sentiments témoignent encore parfois d’une bride d’humanité.

Ce que j’ai ressenti:…Une chevauchée endiablée…

Oui, nous sommes un peuple de la route. Condamnés à transhumer éternellement dans un monde où les pâturages eux-mêmes se déplacent. Troupeau maigre et frénétique, broutant le goudron. Errants qui s’ignorent. Des damnés de l’asphalte.

Quelle lecture!!!! Présenté comme un roman post-apocalyptique, je lui ai trouvé un vent de folie qui fleure bon, l’aventure…Si partir vers l’inconnu, à dos de cheval, sans peur du lendemain, et avec quelques pauvres réserves dans le sac à dos, vous branche: ce livre est fait pour vous!!!L’effet endiablé de cette route interminable et gelée, nous emmène vers une Espagne irrespirable où le fanatisme a pris ces quartiers dans chaque recoin de terre maudite…Au détour d’un virage, on voit se lever cruels dangers et pires immondices, mais aussi quelques imaginaires créatures qui donnent tout le charme de cette  chevauchée de science-fiction! Un régal…

« Mais les spectres n’obéissent pas aux humains, c’est connu. »

Apparemment, suite de Les étoiles s’en balancent, on peut lire ces romans, indépendamment. J’ai hâte de reprendre dès le début ce monde réinventé par Laurent Whale, tellement j’ai apprécié la plume de cet auteur. On sent derrière les mots, un humour, une dérision tout autant qu’un œil avisé sur la nature humaine, et cet entrain ne se dément pas au fil de ce petit pavé! Il a le chic pour décrire des personnages justes et de les intégrer dans un décor ravagé. C’est prenant, on court cheveux crispés au froid, on gémit de douleur, on se réveille courbaturés, bref, on vit ce road-trip avec ce groupe, car ils ont dans leur cœur, la valeur de la vie…

« Tentez le diable et il viendra. »

S’il est vrai que le plus important c’est le voyage et non pas la destination, je regrette juste un peu que la fin se résume en presque deux pages…C’est le seul bémol que je mettrai dans ce ressenti (et encore il est petit…) , mais je pense avoir vu que le clan Costa est prévu pour d’autres aventures, alors ceci peut être, expliquant cela, je serai donc heureuse de repartir avec eux pour d’autres réjouissances….En tout cas, je suis mordue de ce monde entre futur ravagé et le rétro des cavaliers à la sauce Western…Vivement la suite!

Mais le diable a encore des tours dans sa manche.

Et juste comme ça, pour vous montrer un peu de son humour dont il nous régale dans ce livre, j’ai trouvé cela dans ses remerciements:

« Enfin, l’Humanité, dans son ensemble, pour son inépuisable source d’inspiration sur la bêtise élevée au rang d’art. « 

 

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Livraddict pour m’avoir sélectionnée pour ce partenariat, ainsi que les éditions Folio pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture palpitante!

Les chemins de Damas, Pierre Bordage (LC avec Cannibal Lecteur.)

Couverture La Trilogie des Prophéties, tome 3 : Les Chemins de Damas

Pourquoi je l’ai choisi:

On se devait de finir en binôme cette trilogie noire mais très intéressante : une lecture commune de plus qui nous aura bien remuée avec Cannibal Lecteur! On doit être un peu cinglées sur les bords, à se faire peur, toujours plus….

Synopsis:

Après la grande guerre contre les nations musulmanes, l’Europe est dominée par les mouvements évangéliques venus des Etats-Unis. Délocalisations, prolifération des milices et des bandes, misère et corruption généralisées : le vieux continent s’enfonce dans la crise. Divorcée, Jemma vit dans une résidence protégée au cœur de Paris. Un jour, sa fille disparaît, comme des milliers d’autres enfants avant elle. Désemparée, la jeune femme part à sa recherche aux côtés de l’énigmatique Luc, vers ce Moyen-Orient diabolisé, impénétrable…

Les personnages:

Ils sont nombreux, parfois éphémères, mais donnent toujours des petites touches d’éclairages sur les ténèbres de ce monde d’après-guerre.

J’ai été touchée par la douleur de Jemma, même si dès fois, elle est assez énervante dans son incapacité à prendre sa vie en main, je me dis que ce n’est pas évident de trouver sa place dans cette configuration d’avenir. Je ne saurai pas quelle serait mes propres réactions, alors je ne la blâme pas, mais je lui aurai bien tendu au moins une arme blanche à travers les pages, ça me semble le minimum…Pacifique, mais pas naïve la fée…^^

Luc garde un poil trop de mystères, on ne sait pratiquement pas ses réelles motivations. C’est peut être le plus intéressant des personnages, mais c’est dommage qu’on en sache pas plus sur lui….

Ce que j’ai ressenti:…Au bout du tunnel enténébré , la lumière, et au-delà….

L’humanité a un besoin urgent de rêveurs.

Nous finissons une trilogie qui nous parle des dangers et dérives que peuvent faire les hommes de la religion et la foi. C’était une lecture visionnaire, actuelle, et riche de pistes sur les enjeux politiques de ce monde. On ressort rincés, plus critique sur notre société. Cet auteur arrive à mettre en fiction, dans un avenir proche, toutes les failles de notre système de lois qui régissent le capitalisme, des aspirations sombres que projettent des dizaines d’années à l’avance les puissants de ce monde, l’immense désarroi auquel les individus lambda de cette planète se retrouve confrontés. Quand on vous disait que cette lecture fait peur, c’est parce qu’elle est trop réaliste, trop prévisible, trop effrayante…

– Je crois que l’Europe n’a plus d’avenir, reprit Flamand. Le libéralisme avait entrepris de démanteler ses structures, la guerre les a définitivement rasées. Il faudrait pour les relever une vraie volonté politique. Des visionnaires. Pas une clique de politiciens vendus aux grandes entreprises. Tant que les intérêts des capitaux l’emporteront sur les intérêts humains, l’Europe poursuivra sa descente aux enfers.

Nous, revoici, dans la chronologie du temps, quelques années après la guerre, et elle n’est pas annonciatrice de glorieuse période…Les hommes sont encore plus esclaves, plus pauvres, plus résignés, plus contrits…L’espoir n’est pas de mise, et en plus, un grand fléau frappe toutes les contrées du monde: la disparition des enfants…Pfiou…. Envolés, sans laisser de traces….Ca laisse perplexe, mais c’est diablement addictif, car c’est bien connu, les enfants sont l’avenir, et sans eux, et déjà que ce présent là est ténébreux, on frôle la catastrophe ultime…

La guerre avait opéré une sélection des espèces à rebours : les meilleurs avaient péri sur le Front, il ne restait plus que les médiocres, les planqués et les crétins.

Avec cette quête désespérée , on est happé dans les routes inhospitalières où chaque pas est un danger sous-jacent et l’horizon qui s’ouvre à nous, pas beaucoup plus nauséabond, que sous la bâche où se trouve ce duo de personnages, déterminés à lever le voile sur un phénomène inexplicable…Là, encore dans ce tome, peu de place, à la lumière, si ce n’est, un peu cette fin, presque surnaturelle, pour essayer de contrer le Mal de notre temps…

L’amour n’est pas un sentiment qu’on marchande, c’est un état, une intelligence en action, la merveilleuse intelligence de l’univers.

Au sortir de cette lecture, je me dis que j’ai grandement apprécié l’univers que sait créer cet auteur, sa façon de voir sans artifices, le monde qui nous entoure… J’ai hâte de lire une autre de ses aventures, et j’espère que j’aurai encore plus de plaisir à lire, le prochain qui m’attend dans ma PAL…Pour une première approche, je pense que ces tomes sont un peu inégaux, mais que dans l’ensemble, ça reste une lecture très instructive! La trilogie des Prophéties porte presque trop bien son nom, et je suis bien contente que ma binôme m’est tenue la main pendant cette traversée chaotique d’un avenir possible…. (La binôme signale qu’elle avait la trouille aussi !!! – Cannibal)

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 7/10

 

Titre : Les chemins de Damas

Auteur : Pierre Bordage
Édition : Le Livre De Poche (2007)

Résumé :
Après la grande guerre contre les nations musulmanes, l’Europe est dominée par les mouvements évangéliques venus des Etats-Unis.

Délocalisations, prolifération des milices et des bandes, misère et corruption généralisées : le vieux continent s’enfonce dans la crise.

Divorcée, Jemma vit dans une résidence protégée au cœur de Paris. Un jour, sa fille disparaît, comme des milliers d’autres enfants avant elle.

Désemparée, la jeune femme part à sa recherche aux côtés de l’énigmatique Luc, vers ce Moyen-Orient diabolisé, impénétrable…

trilogie-des-propheties-t3-les-chemins-de-damas-t3-bordage-pierre-lpCritique :
Et c’est repartit pour un roman où toute la Terre est dévastée ! Toute ? Oui, toute, personne n’a aperçu l’ombre d’un village gaulois qui résisterait encore et toujours… Hélas.

Allez, disons que c’est moins grave dans la patrie de Donald Trump (j’aurais toujours du mal à le dire), mais pour y arriver, c’est Tintin et Milou avec car l’océan Atlantique est gelé, rapport au Gulf Stream en grève…

Bref, la Terre a été dévastée par une guerre imbécile (comme elles le sont souvent) qui a eu lieu entre les différentes religions. La plupart des gens, qui vivent dans la misère ou tirent le diable par la queue, s’en sortent tant bien que mal, vivant de délits, d’expédients ou se laissant glisser dans la misère la plus noire.

Il lui arrivait de plus en plus souvent d’envier les hommes fauchés par la mitraille sous ses yeux, leur étrange sérénité dans la mort, eux dont les traits se tordaient d’épouvante quelques secondes avant l’assaut. Leur vie s’était brisée à l’âge de dix-huit ou vingt ans, mais ils ne subissaient plus la tragique imbécillité humaine, ils flottaient, libres, aériens, au-dessus du cul-de-basse-fosse où les hommes, sous le vernis civilisateur, s’abandonnaient à leurs instincts les plus vils. […] C’était pire depuis que les partis évangéliques avaient conquis l’Europe, de l’amour plein la bouche et de la merde plein le cœur.

Ce troisième roman est différent des deux autres de par le fait que la Guerre est terminée, que les pays tentent, tant bien que mal, de se reconstruire, que les populations sont dans la merde, et ceux qui ont encore de la chance d’avoir un job vivent quasi retranché dans des quartiers ou des cités protégés.

La guerre avait opéré une sélection des espèces à rebours : les meilleurs avaient péri sur le Front, il ne restait plus que les médiocres, les planqués et les crétins.

Il est différent aussi car il y a une multitude de personnages qui vont croiser notre route, rendant par là un attachement à l’un où l’autre plus difficile, même si, dans l’absolu, nous suivrons plus le périple de Jemma, dont sa fille a disparu mystérieusement et de Luc, venu l’aider. Eux, on risque grandement de s’y attacher, même si j’avais parfois envie de baffer Jemma.

Les autres personnages ne seront que de passage pour nous montrer la vie telle qu’elle est maintenant à Paris où ailleurs : pas rose, morose avec des personnes engluées dans des nouvelles croyances frisant le fanatisme. Ces personnes passeront dans le roman et nous ne saurons pas toujours ce qu’elles sont advenues.

La force du récit se trouve, une fois de plus, dans le réalisme. Lorsque les mots percutent notre esprit, les images arrivent en bloc – souvenirs de films ou de reportages – et de suite, le récit devient plus oppressant car on sait, au fond de nous, que ce genre d’horreur nous pend sans doute au nez…

Avantage aussi, c’est que l’auteur ne sombre pas dans le grand n’importe quoi, il reste cohérent dans ses personnages et dans le message qu’il tente de nous faire passer, message qui n’est jamais que la vérité dans toute sa nudité.

Nous avons beau avoir passé le 20ème siècle et posséder tout sous la main afin de vérifier les infos qu’on nous donne à ruminer, les gens ne possèdent plus (ou pas) d’esprit critique et gobent tout, tel des ânes mangeant leur foin et répétant ce qu’ils ont entendu ou ce qu’on leur a laissé entendre.

— Ceux qui vantent les mérites de la mort sont toujours les derniers à partir, vous avez remarqué ?

Les gens ont toujours tendance à suivre la masse et à crier haro sur le baudet, cherchant plus volontiers des boucs émissaires que les véritables coupables, cherchant plus à apaiser, vite fait bien fait, leurs colères et leurs douleurs que de tenter de comprendre comment cela a pu se produire et QUI nous a manipulé pour tenter de nous emmener là où on voulait que l’on aille. Cherchons à qui profite le crime…

Plus la population serait inquiète, plus elle accepterait les solutions radicales imposées par les extrémistes religieux, le retour à un ordre moral strict, l’abandon de la liberté individuelle, la fin de l’utopie démocratique.

— Les extrémistes que vous, les Européens, appeliez les terroristes islamiques se sont servis de l’islam pour impliquer l’ensemble des populations musulmanes, mais leur but principal était de virer les régimes mis en place par les Occidentaux. La seule façon d’unir le monde arabe et, plus largement le monde musulman, c’était de les agréger autour de la religion et, donc, de faire monter un peu partout dans le monde, le sentiment islamophobe, de séparer l’humanité en deux camps ennemis, de stimuler le vieux réflexe grégaire.

— Il faut toujours chercher à qui profite le crime, n’est-ce pas, et le crime, ici, a fait plus de cinquante millions de morts. Deux puissances ont volé en éclats, l’Europe et la grande nation musulmane en cours de formation, trois, si on classe l’ONU dans la catégorie des puissances. Les bénéficiaires de l’opération : les États-Unis, et j’inclus ici Israël, que je considère comme un État américain, la Chine, qui poursuit tranquillement sa croissance et dont les États-Unis sont devenus les fournisseurs et les clients principaux, l’Inde, qui vient de rompre son autarcie pour signer les accords commerciaux du Trident.

Dans ce roman, la critique de notre société est cruelle, mais véridique. Celle des politiques/politiciens aussi. Ça cogne juste là où il faut, en plein dans le plexus, les médias ne seront pas épargnées non plus, tout comme nos Sociétés bien pensantes qui croient que c’est chez les autres qu’on ne respecte pas l’autre moitié de l’humanité (la femme) ou que c’est l’autre, le barbare…

— Ne croyez pas tout ce que les médias vous chantent, ne confondez pas fanatisme religieux et tactique insurrectionnelle […] Les extrémistes se sont emparés de l’islam parce qu’ils avaient besoin d’une bannière fédératrice, incontestable, mais il s’agissait d’une action politique, d’une lutte d’influence, d’une course au pouvoir. Ils cherchaient avant tout à se débarrasser des dynasties mises en place par les Occidentaux pour ménager les intérêts occidentaux.

Elles la mettaient au défi, elle, la femme européenne, la femme libre, de passer dans l’autre pièce et de rapporter la semence d’un homme sans attirer l’attention des autres. Elles lui signifiaient qu’elles, les femmes condamnées au silence et au secret, faisaient ce qu’elles voulaient des mâles vaniteux et bornés, qu’elles pouvaient aller avec n’importe lequel d’entre eux sans que leur mari ou leur père ne s’en aperçoivent. Les hommes imposaient aux femmes la virginité, la fidélité, la soumission, croyant ainsi garantir leur paternité, marquer leur territoire génétique, mais elles étaient les maîtresses absolues des corps et des plaisirs, elles les trompaient et les bafouaient quand bon leur semblait, c’était leur revanche, la vengeance des ombres.

C’est un récit assez violent, cru, sans concession, réaliste, écrit avec une plume acérée, une plume qui écrit, noir sur blanc, des vérités jamais belles à entendre. On ne sort jamais tout à fait indemne de ces romans aux relents trop réalistes qui nous dresse les poils sur les bras (et partout ailleurs) tant il fiche les chocottes.

La vision cyclique, la perspective historique auraient dû nous enseigner l’humilité, mais l’homme est pétri d’orgueil, il s’estime l’égal de Dieu, il veut immortels les monuments érigés à sa gloire et les frontières de ses empires, il espère dompter la matière et suspendre le temps, il oublie qu’il est aussi éphémère qu’un insecte ou une fleur, un grain de poussière qui retournera à la poussière.

L’auteur ne tire pas à boulets rouges sur les religions, mais sur ceux qui les utilisent à mauvais escient, pour leur besoins personnels, pour des fins politiques, toujours pour leurs profits à eux, jamais pour aider les autres, le tout sous les regards de la masse qui n’a rien compris et hurle sur des textes au lieu de se révolter sur les mauvais utilisateurs.

Mon Dieu, avaient-ils donc oublié que Jésus prônait l’humilité, le renoncement, l’abolition du jugement et l’amour du prochain ? Que le mal qu’on faisait au plus petit de ses frères, c’était au Christ lui-même qu’on le faisait ?

— Christ juger. Christ revenir et décider.
— Si c’est à lui de décider, pourquoi le faites-vous à sa place ?

— […] Dans une église stupide où l’on parle sans cesse du Christ mais où on n’aime pas le Christ !

— Ne croyez pas tout ce que les médias vous chantent, ne confondez pas fanatisme religieux et tactique insurrectionnelle […]

Comme disait l’autre « On ne nous dit pas tout » et j’ajouterai qu’on nous dit ce qu’on veut bien entendre et que la réalité est déformée par un prisme ou par cette course folle de celui qui sera le premier à poster l’info, vraie ou fausse, tout le monde s’en moque.

Malgré tout ce cynisme et celle plume trempée dans de l’acide, tout au fond de ce récit noir, j’ai entrevu une lueur d’espoir… Une belle lueur d’espoir.

Une trilogie qui vaut la peine d’être découverte et que je suis contente d’avoir lue ! Des romans différents, chacun ayant quelque chose à nous apporter.

— Je crois que l’Europe n’a plus d’avenir, reprit Flamand. Le libéralisme avait entrepris de démanteler ses structures, la guerre les a définitivement rasées. Il faudrait pour les relever une vraie volonté politique. Des visionnaires. Pas une clique de politiciens vendus aux grandes entreprises. Tant que les intérêts des capitaux l’emporteront sur les intérêts humains, l’Europe poursuivra sa descente aux enfers.

— […] L’autre nous paraît hostile parce qu’il n’appartient pas à la même race, au même peuple, à la même religion, à la même histoire, au même sexe, au même âge que nous. Nous ne le percevons qu’à travers nos filtres, chrétien, juif, musulman, hindouiste, bouddhiste, animiste, athée, homme, femme, vieux, jeune, beau, laid, nous ne lui accordons pas de vraie légitimité, l’autre nous regarde au travers de ses filtres et ne nous accorde pas de vraie légitimité. [..]

Ceux qui parlent en mon nom voient le diable dans mes œuvres et me voient dans les œuvres du diable.

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Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), , Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (504 pages).

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L’océan au bout du chemin, Neil Gaiman.

Couverture L'océan au bout du chemin

Pourquoi je l’ai choisi:

Il me tentait depuis sa sortie…Quand il est arrivé dans ma PAL grâce au Père Noël/Daniella, je n’avais qu’une hâte: le découvrir…

Synopsis:

« Les adultes suivent les chemins. Les enfants explorent. »
De retour dans le village de sa jeunesse, un homme se remémore les évènements survenus l’année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée. L’obscurité qui monte. Et Lettie, la jeune voisine, qui soutient que la mare au bout du chemin est un océan…

Ce que j’ai ressenti:…La déception au bout de la lecture…

Quand tu te fais toute une attente, tout un plaisir, que tu libères ton planning lecture ultra serré pour faire une place au livre que tu attendais avec impatience depuis des mois…Que tu sautes de joie, quand tu reçois enfin cette pépite… Et que… c’est une déception….Tout s’effondre….Je déteste avoir ce sentiment …

Peut être que c’est parce que j’en avais trop d’attentes, peut être me l’a -t-on trop vendu? Ce qui est sûr, c’est que je suis complètement passée à côté de cette intrigue, la magie ne s’est pas révélée, l’horreur ne m’a pas saisie, le conte ne m’a pas enchantée…Tout le long de cette lecture, j’ai cherché où l’auteur voulait nous mener, les mots et les sens cachés derrière et entre les lignes, je n’y ai rien trouvé…J’ai attendu très longtemps LA révélation, mais en refermant ce livre, il faut croire qu’elle ne m’a pas illuminée, la vague de cet océan ne m’a pas embarquée, et même le cercle des fées ne m’a pas attirée…

Loin de moi, l’idée de critiquer cet auteur mondialement reconnu, donc je me dis qu’il faut absolument que je découvre un autre titre de Neil Gaiman car j’ai adoré les adaptations cinématographiques de ses œuvres, mais pour cette histoire-ci, je n’ai pas compris tout l’enthousiasme des lecteurs, mais bien sûr, ce n’est que mon ressenti, et n’hésitez pas à passer voir toutes les chroniques qui en parlent si bien….

Liens vers les chroniques qui ont aimé cette lecture : Le Bibliocosme , Xapur .

 

 

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette fachee

Le sommeil des géants, Sylvain Neuvel

Couverture Le sommeil des géants

Pourquoi je l’ai choisi:

Quand je craque pour une couverture….Coup de foudre pour cette merveille!!!Je la trouve sensationnelle, et une fois, le livre refermé, on se dit qu’elle colle parfaitement au roman…

Synopsis:

Dakota du Sud. Rose Franklin a onze ans lorsqu’elle chute à vélo dans un trou immense. Quand elle reprend ses esprits, elle se découvre au creux d’une main de métal géante, parcourue de réseaux lumineux.
Dix-sept ans plus tard, l’énigme demeure. Comment la main est-elle arrivée là et à quoi peut-elle bien servir ? La datation au carbone 14 défie l’entendement et l’objet semble doué de vie.
Devenue une physicienne reconnue, Rose se prépare à une aventure d’envergure : diriger une équipe secrète chargée de percer le mystère de la main métallique. Commence alors une quête à la fois passionnante et périlleuse, où temps anciens et avenir pourraient bien être indéfectiblement liés.

Ce que j’ai ressenti:…Quand tu en perds ton sommeil, à cause d’une géante bombe littéraire…

« Opération Fée Clochette, voilà comment on l’appelle. C’était trop facile…voler en laissant une traînée de poudre magique derrière nous. »

Quand tu sais que tu as dans les mains une petite pépite, que tu ne peux lâcher ses pages,( sauf pour obligation), que tu le lis jusqu’aux petites heures de la nuit, voire en mangeant…Tu sais d’avance, tu « pressens », que ça va être un coup de cœur…Explication d’un phénomène palpitant:

L’originalité, d’abord…Cette forme d’entretiens retranscrits est un régal à lire, car il y a ce côté « Dossiers Top secret » et le côté impactant du dialogue. On suit les actions et rebondissements par le biais de ses conversations, mais on ne perd rien de la trame : coup de chapeau pour cet auteur! … Quand c’est la « Voix » le personnage principal, qui mène et qui dirige les entretiens, qui a toujours un coup d’avance sur l’échiquier politique planétaire, et qui doit gérer une équipe aux caractères forts et QI plus développés que la moyenne, mais que bien sûr, elle garde tout son mystère et une impersonnalité insaisissable : ça te donne une curiosité dévorante qui te pousse à lire sans interruption…Mais si en plus, tu te lies avec les protagonistes de l’action, haut en couleurs (Kara Resnik a immédiatement eu ma sympathie car c’est une nana de caractère, et se place dans mon Top Five des personnages préférés!!!!), que tu te passionne pour la quête de ses morceaux éparpillés, et que tu meurs d’envie de connaître tous les mystères de cet Univers réinventé: tu sais que tu ne seras pas satisfaite tant que tu n’auras pas lu toute la trilogie!!!

« Si j’étais vous, je m’inquiéterais plus de la prochaine catastrophe qu’on va causer. »

Ensuite, le thème entre Science fiction et Thriller politique, rend l’ensemble aussi captivant que intelligent. On est face à la petitesse humaine face à la Grandiose Construction Extraterrestre, aux petites « guéguerres « planétaires face à l’Infini Inconnu, aux minuscules sentiments intérieurs face à l’Immensité Intelligence inaccessible…Pourtant, nous avons comme interlocuteurs, les têtes pensantes de ce monde, et les éminences du service secret, mais quand on ne connaît rien de l’ennemi qui se profile et de la grandeur du danger, nous avons une impression d’être aussi insignifiants que des poissons au fond d’un aquarium, ouvrant la bouche que pour ne faire que des bubulles…Et perdre ainsi ses certitudes, ça a quelque chose de déstabilisant, mais fructifiant pour l’esprit…

« J’étais là, petite chose au fond du trou, allongée sur le dos, dans la paume d’une gigantesque main métallique. »

Enfin, l’extraordinaire avec cette Géante, qui nous rappelle beaucoup les films hollywoodiens, et d’ailleurs, on ne s’étonnera pas qu’il est déjà en cours d’adaptation cinématographique…. On cite World Ward Z et Seul sur Mars, moi je lui ai plus trouvé l’effet: « Transformers« . J’ai beaucoup aimé cette belle guerrière lumineuse , j’ai hâte de voir ce que cette robotique a dans le ventre, pour l’instant, elle n’a qu’une allure de prêtresse radiocommandée, et un parfait mystère l’entoure, mais je suis très curieuse de voir ce que cette aura turquoise renferme….Cette Grande Dame a un charme fou, sans parler des éventuelles capacités qu’on lui prête: la vie « ailleurs » n’a pas fini d’inspirer les auteurs terriens, et ici, Sylvain Neuvel nous délivre une riche intrigue empreinte d’une pointe d’opacité étrange presque inconcevable, mais avec une très élégante représentation…

C’est un premier tome bien construit, génialement addictif, et scientifiquement imaginatif! Il pose bien les bases d’une fulgurante trilogie qui, à mon avis, sera prometteuse et pleine de surprises, au vu de cette fin bien intrigante….J’ai hâte, j’ai très très hâte de pouvoir lire la suite, c’est bien la première fois que je suis aussi impatiente, d’ailleurs…Par son originalité, son dynamisme et cette touche de mystère fantastique, ce roman, d’un genre nouveau, est un gros Coup de Cœur Interstellaire …

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 10/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Le livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre! J’ai été heureuse de leur confiance pour lire cet inédit qui m’a tout simplement subjuguée….Le Sommeil des géants a été une lecture captivante !

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La fille qui tomba sous Féérie et y mena les festoiements, Catherynne M.Valente.

 

Pourquoi je l’ai choisi:

Je vous l’avais dit, j’avais eu un énorme coup de cœur pour La fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains, et ce livre a reçu la très jolie récompense du Meilleur Roman Jeunesse Prix Imaginales 2016, donc j’étais ultra impatiente de repartir voir ce petit bout’chou dans ses belles aventures…

Synopsis:

Septembre rêve de repartir en Féérie. Car rien n’a changé depuis son retour : son père est toujours à la guerre en Europe, sa mère doit travailler de longues journées à l’usine.

Mais un jour, allongée dans un champ, une barque voguant sur les herbes la dépasse. Lancée à sa poursuite, elle trébuche et tombe… en Féérie, enfin. Très vite, elle découvre que bien des choses ont changé : la magie de Féérie-du-Dessus s’épuise alors que ses habitants perdent leurs ombres désireuses d’aller en Féérie-du-Dessous. Et ce monde a une nouvelle reine : Halloween qui n’est autre que l’ombre abandonnée de Septembre. Elle organise des Festoiements pour toutes les ombres enfin libérées de leur alter ego du Dessus.

Septembre retrouvera ses anciens amis, non seulement leurs ombres (c’est-à-dire eux sans être tout à fait eux). Elle s’en fera de nouveaux dans ce monde étrange : Aubergine, la Dodo Nocturne, la Vice-reine du Café, le prince endormi Myrrhe, … Septembre se sent responsable de la situation et ne veut pas que Féérie disparaisse, mais les ombres veulent rester libres et continuer à aller aux fêtes données par leur Reine…

Dans la lignée d’Alice au pays des Merveilles ou le pays d’Oz, cette série plaira aux jeunes et aux adultes. Septembre est une enfant intelligente et très logique avec pourtant une forme de naïveté que nous voudrions garder toute notre vie, dans un monde plus complexe qu’il n’y paraît où tout n’est pas que soleil et magie, que ombre et liberté.

Ce que j’ai ressenti:…FairyLand, second coup de cœur!

« Il était une fois une fille appelée Septembre qui gardait un secret. »

Encore, la formule magique qui fonctionne à merveille « Il était une fois… » et encore une fois, je suis conquise, et j’affirme encore haut et fort, mon coup de cœur pour ce livre, enfin pour cette saga, et il me tarde le prochain tome!!!

Ce second opus nous propose toujours plus de magie, plus de Féérie, et des rencontres décoiffantes….Je suis admirative du talent de cette auteure, elle est sensationnelle!!!!!Elle nous ouvre un monde peuplé d’êtres étranges, de folles aventures et de drôles de situations….Sa plume est enchanteresse: elle transforme le quotidien en Merveilleux, les objets en personnages Utiles, les sentiments en quête chevaleresque…. J’adore l’étendue de son imagination, la force de son écriture, la douceur de ses intentions envers cette petite fille et son drôle de prénom….Je suis fan!

« Les rêves gardent le cœur en vie, de même que les vieux soupers  ennuyeux gardent le corps en vie. »

Si Féérie-du-dessus, nous avait enchanté , Féérie-du-dessous n’a rien a lui envier!!!! Ce tome est certes plus sombre, plus loufoque, mais également beaucoup plus empreint de libertés…L’obscurité recèle de mille bonheurs qui ne tient qu’à nous de connaître, et Septembre se sent prête à affronter la pénombre et ses inquiétudes, pour renverser la tendance et l’étrange malheur de Féérie. On sent que notre petite héroïne a pris en assurance, et on entend bien ses petites colères, ses plus grands Désirs, et on voit son petit cœur grandir au fur et à mesure des pages tournées…C’est un personnage qu’on adore suivre car elle accomplit ce qui lui semble juste, et non pas une Destinée pré-établie, elle est si adorable dans ses doutes, ses faiblesses, ses questionnements, mais quand elle se révèle, elle est lumineuse! Même en Fée Noire, elle resplendit…

« Bien des lumières, douce enfant, naissent dans la pénombre. »

Je pense que mon passage préféré du livre est sans aucun doute la tirade que se livre le Duc du Thé et la Vice-Reine du Café. Elle est juste excellente et tout amateur de ses deux boissons sera ravi de voir défendre ses saveurs si particulières!!!

Je ne saurai que trop vous conseiller de vous lancer dans ce monde magique, où les fées, un Vouivre, une Dodo, une Robe, deux corbeaux, et toutes sortes de Régnants, sans oublier les ombres, mènent la danse et surtout un Festoiement frugal et lyrique réjouissant!!! Une pépite dans la littérature Jeunesse!

« Naturellement, une bibliothèque n’est jamais complète. C’est ça la beauté de la chose! Nous cherchons toujours un livre à ajouter à notre collection. »

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Balivernes pour l’envoi de ce livre! Merci de leur confiance, ce fut encore une lecture Coup de Cœur!

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