Je suis le fleuve, T.E.Grau.

Je suis le fleuve par Grau


Synopsis:

Subir. Survivre.

Depuis la fin de la guerre du Vietnam, Israel Broussard survit tant bien que mal à Bangkok. Cinq ans plus tôt, il a participé à la mystérieuse opération Algernon, au cœur de la jungle laotienne. Ce qui s’est passé là-bas ? Il ne s’en souvient plus, il ne veut plus s’en souvenir.
Et pourtant, l’heure est venue de s’expliquer…
L’intensité et la crudité dérangeante de sa prose font de Je suis le fleuve une expérience de lecture à nulle autre pareille. Ce voyage halluciné et sans retour à travers les méandres d’une psyché dévastée évoque irrésistiblement Apocalypse Now.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Il est le Cauchemar…

C’est incroyable, le nombre de remords qui voudraient s’immiscer dans ses nuits…Ça prend des formes et des noms étranges, des consonances d’ailleurs et des odeurs de jungle. Je suis le fleuve, est un roman qui parle de soldats, de syndrome-post traumatique, de rancœurs et d’oublis. C’est l’histoire d’un homme hanté par le poids de la culpabilité et les horreurs de la guerre du Vietnam. Et au moment d’en parler, les souvenirs s’effacent, se confondent, de distordent, se superposent parce que la douleur est trop gigantesque. Elle emporte tout sur son passage et elle prend parfois, l’allure d’un fleuve en feu. L’enfer s’ouvre dans ses confidences. Israel Broussard n’est plus le même homme qu’au départ, il tente de réapprendre à vivre mais l’opération Algernon a laissé des impacts dans son esprit…Et le Molosse-Noir veille sa proie…

Tu ne crois pas que j’ai souffert chaque seconde de ma vie, depuis? Les morts ont le beau rôle. Ils se contentent de disparaître dans le néant. Ce sont les vivants qui écopent de toute la souffrance. 

▪️Il est le Noir Sublime…

C’est l’intensité de ce roman qui m’a renversée. Dès les premières pages, j’ai ressenti une force incroyable. Il est « habité » ce roman, non seulement par des fantômes et des anges furieux, mais par une prouesse poétique qui est venue me submerger comme un tsunami, à l’intérieur pour ne plus me lâcher. Ce n’est pas tant l’histoire qui est déjà en soi, est une bouleversante lecture, mais c’est dans la manière de la raconter avec une puissance dans les mots qui frappe au cœur. Il y a des passages absolument magnifiques et pourtant très sombres. Un mélange entre beauté et horreur qui s’entrelacent pour mieux perturber les sensations que j’imaginais dans la violence des combats. Des moments terribles où un enfer sans nom s’ouvre dans l’esprit du héros et rendent une atmosphère saisissante de Noir profond. Il laisse une forte impression ce roman, même une fois refermé, même quelques jours après…Mais au moment de la découverte, à l’instant même où je lisais ses lignes, c’est vraiment cette intensité et la force des mots posées que je retiendrais… Comme un vertige, un abysse sans fond. Qui aurait la fureur de toutes les eaux et de tous les feux du monde…Magnifique.

Ce Fleuve brûlant, à la surface jonchée de flammes.(…). Le voilà. Le noir vient m’emporter, et je suis trop épuisé pour continuer de lutter. Trop fatigué pour me servir encore de la peur. Le Fleuve tumultueux monte et m’engloutit, de plus en plus bruyant tandis que je m’enfonce. Trempé et froid.

▪️Il est la fabrique à émotions…

Vous le savez maintenant, j’ai un amour infini pour la poésie et j’aime quand mes émotions sont mises à l’épreuve, en lecture…Alors évidemment, avec cette expérience de lecture que fut Je suis le fleuve, c’est allé bien au-delà de mes attentes, et je reviens complètement éblouie par cette plume sensationnelle, puissante et imaginative. Mon cœur de ténèbres à moi se trouve là, dans ses pages, dans ce fleuve enflammé…Allier la beauté du noir à tant de lyrisme, c’est juste sublime. C’est un coup de cœur, comme on les espère: gigantesque et démesuré.

Son cœur des ténèbres à lui se trouvait en Afrique, mais nombreux sont les cœurs qui battent à l’intérieur de nombreuses teintes de ténèbres, certaines plus noires et plus froides que tout ce qu’un écrivain  pouvait concevoir ou expérimenter personnellement, pour ensuite y survivre et coucher cela sur le papier.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel et  les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Cauchemar, Paul Cleave.


Synopsis:

Un cauchemar qui va vous tenir éveillé toute la nuit.
Acacia Pine, États-Unis. Une petite fille, Alyssa Stone a mystérieusement disparu. Noah, un des flics du village fait irruption chez le principal suspect. Envahi par la colère, il le séquestre et le torture jusqu’à ce que l’homme lui révèle le lieu où Alyssa est captive. Noah file alors vers une vieille maison abandonnée, la ferme des Kelly, où il la retrouve enchaînée dans la cave, encore en vie. Fin de l’histoire ? Non, début de l’histoire. Dévoiler davantage la suite des événements serait criminel. Sachez seulement que ceux-ci se passent douze ans plus tard. Le jour où Alyssa est à nouveau portée disparue. Et que le cauchemar recommence. L’auteur d’Un Employé modèle et de Ne fais confiance à personne nous revient plus en forme que jamais avec ce thriller d’une efficacité rare, entêtant comme un cauchemar récurrent.


Ce que j’ai ressenti:

▪️« Tu vas aller dans un endroit d’où tu ne reviendras jamais. »

Un. Deux.Trois. Prépare-Toi. Acacia Pines est une ville dont on ne revient pas indemne: on peut y perdre des morceaux de soi, quelques amis, une réputation, des larmes et du sang. Se révéler aussi. Paul Cleave nous revient avec un nouveau thriller ultra dynamique, dans une nouvelle ville au charme apparent, et c’est bientôt ton prochain Cauchemar qui prend forme dans ses pages. Ce roman a les atouts pour t’enchaîner, jusqu’à la fin de la (torture), heu lecture…Une sombre histoire de séquestration et une promesse difficile à tenir, c’est à peu près le nœud de l’intrigue…Mais Paul Cleave est plus malin que ça, on le sait bien maintenant, et il adore se jouer de nous, pour notre plus grand plaisir. Prêts pour une petite ballade? Une randonnée, ça te branche?!

Il n’y a pas de vrai ou de faux. Il n’y a que le moment présent.

▪️« J’aurai opté pour la mort. »

Noah Harper. L’effet Noah. En voilà un personnage qui n’a pas froid aux yeux. Il a une force de caractère impressionnante. Fougueux, Fort et Brut(e). Un homme qui est animé viscéralement par l’idée de Justice, la justice avec une majuscule, mais qui ne reculera pas devant la Loi, pour avoir un résultat final heureux. Forcément, ça coince entre l’idéalisme et la réalité, à coups de poings et de sang versé. Ce n’est même plus qu’il joue avec les limites , c’est qui les enfreint avec le cœur vaillant. Il se bat héroïquement, quitte à y perdre sa propre vie, pour des causes justes, mais dans une version quelque peu borderline. Un héros des temps modernes, super-héros même parfois, avec des méthodes plus ou moins répréhensibles. Mais face au Mal, comment faire le bien, sans franchir quelques frontières? Il a quoi comme marge de manœuvre, Noah, pour l’orpheline, la femme battue, les pires atrocités qui se passent dans ce monde? Un personnage qu’on aime ou qu’on déteste. Pas de juste milieu. Pas de tiédeur. Même lui, il vit comme ça, sans demi-mesure…Il opterai pour la mort, plutôt que pour l’injustice. Et c’est ce qui rend ce roman d’autant plus intéressant…

Seulement moi, je ne peux pas attendre.

▪️« Vastes cieux, vastes questions. »

Peut être que c’est le ciel, qui a les réponses. Peut-être. Peut-être qu’on aura les explications là-haut. Mais dans ce thriller mené tambour battant et à cœur sanglant, jusqu’à la toute dernière ligne, la réponse arrive à la dernière page…Alors, tiens bon, parce que des retournements de situations aux bastons musclées, ça dépote à tout va! En tout cas, j’ai aimé contempler le panaché des couleurs des cieux, tout en me passionnant, pour les problèmes de sociétés et d’étique que l’auteur nous dépeint dans ce thriller. Parce que tout le long, comme une addiction, la seule question qui nous obsède c’est: Qu’aurions-nous fait à leurs places?

Et j’ai lu et adoré. Dévoré même en deux nuits, donc bye-bye le Cauchemar qui me guettait pendant deux soirs … Cette folle énergie qui se dégage m’a tenue en haleine pendant ses heures de lecture. Le compte à rebours est lancé, je ne savais pas que ça allait nourrir de matière, de matière bien noire et poisseuse, mes futurs cauchemars, maintenant que je l’ai terminé…Je me suis juste laissée glisser dans le nouveau livre de Paul Cleave, et dieu sait comme j’aime cet auteur depuis son tout premier roman… Je le confesse devant vous: j’adore lire ses horreurs. J’A-DO-RE! Et celui-ci, encore plus, parce qu’il m’a mené sur des sentiers de conscience entre clair-obscur. Même s’il est peu probable que je prépare une future virée dans les hauteurs de Acacia Pines, je vous conseille de faire face à un Cauchemar. Celui de Paul Cleave.

-C’est quoi, ce monde où des trucs merdiques arrivent aux gens bien?
-Le seul que nous ayons.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Une famille presque normale, M.T. Edvardsson.

Une famille presque normale par Edvardsson


Synopsis:

Faites connaissance avec la famille Sandell. Le père, Adam, est un pasteur respecté dans la petite ville de Lund, en Suède. Sa femme, Ulrika est une brillante avocate. Leur fille, Stella, dix-neuf ans, s’apprête à quitter le foyer pour un road trip en Asie du Sud-Est. C’est une famille normale, une famille comme les autres. Et comme toutes les autres familles de la ville, les Sandell sont horrifiés quand un important homme d’affaires, Christopher Olsen est retrouvé assassiné. Ils le sont plus encore quand, quelques jours plus tard la police vient arrêter Stella. Comment pouvait-elle connaître Olsen, et quelles raisons auraient pu la pousser à le tuer ? Il ne peut s’agir que d’une erreur judiciaire.
Dans ce récit en trois parties, chacun des membres de la famille tente à son tour de recomposer un puzzle dont il n’a pas toutes les pièces. C’est d’abord Adam qui s’exprime, puis Stella, et enfin Ulrika. Chaque fois, de nouvelles perspectives se font jour, la version précédente est remise en question, la vérité s’échappe. La seule évidence qui s’impose très vite, c’est qu’il n’existe aucune famille « normale ».
Plus qu’un thriller, une découverte exceptionnelle.


Ce que j’ai ressenti:

▪️La souffrance d’une famille.

La famille Sandell est Une famille presque normale. Un père pasteur, Adam, une mère avocate, Ulrika, et leur fille Stella. Et tout porte à croire que l’avenir devant eux, sera radieux. Sauf, que…La famille normale, on le sait bien, ça n’existe pas, et leur petit cocon est sur le point d’éclater, après l’arrestation de Stella, pour le meurtre d’un homme d’affaires, Christopher Olsen. Face à leurs désarrois devant cette nouvelle, nous allons entendre la version de chacun, les vérités et les mensonges, qu’ils vont décider de dire pour sauver leur famille. Oui, car la question que l’on peut se poser, et elle tient pour eux, mais elle s’insinue en catimini pour nous, et ce qui rend ce thriller terriblement prenant: jusqu’où seront-ils prêts à aller, pour sauver leur famille? Et là, M.T. Edvardsson joue avec nos nerfs pour notre plus grand plaisir! Cette histoire sous tension permanente, fait grincer toutes nos certitudes, et insinue le doute à chaque révélation…Alors est-ce vraiment une famille normale? Et nous, qu’aurions nous fait à leur place?!

Il faut longtemps pour construire une vie, mais un instant seulement pour la détruire.

▪️La vérité d’un procès.

Justice et Injustices. Défendre ou condamner, c’est tout l’enjeu de ce thriller. En ayant les trois points de vue de chacun, il nous est donné de saisir toutes les nuances des souffrances et des dires de cette famille Sandell. On s’attache à eux forcément, parce qu’elle semble si « normale » cette petite famille, avec leurs petites tracas et leurs petites joies de la vie, qu’il nous paraît complètement fou, que cette jeune fille puisse subir une telle accusation. M.T. Edvardsson maîtrise son sujet et le mène exactement, où il l’a décidé: à cette minute fatidique du jugement. Il nous donne matière à réfléchir sur les failles de la justice, sur le déroulement d’un procès avec les jeux des avocats et surtout, sur les répercussions qu’une telle tension, peut engendrer dans le cœur d’une famille. Toutes les couleurs de la douleur de cellule familiale, du rouge sang à la noire culpabilité. Ne leur restera que la foi face au doute…Et nous, nous sommes plus accro que jamais à lire leurs petits secrets!

Mentir est un art que peu de gens maîtrisent complètement.

▪️L’ingéniosité du thriller.

J’ai dévoré ce roman, littéralement. C’est un pavé de plus de 500 pages, mais il n’a pas traîné. Impossible de le lâcher! Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu cette sensation de frénésie de lecture, et ça c’est la preuve indéniable d’un très bon thriller. Il me fallait savoir. Pendant deux jours, j’ai vécu au cœur de cette famille presque normale, dans leur intimité et leurs émotions. J’ai explosé une de mes nuits de sommeil, pour connaitre la vérité. J’aurai trop peur de dévoiler en vous expliquant encore, pourquoi ce livre est une superbe découverte…Alors je vous donne un petit indice, mais oserez-vous me croire?! La tension est maintenue jusqu’au point final. Du doute raisonnable aux accusations déraisonnables, la vérité ne se dévoile pas aussi facilement. Elle se mérite cette vérité. Mais allez-vous seulement l’imaginer?! A lire de toute urgence! J’ai adoré!

L’amour est la tâche la plus ardue de l’homme.

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

 

Bête Noire, Anthony Neil Smith.


Synopsis:

Noir comme la vengeance.

L’agent du FBI Franklin Rome a juré la perte de Billy Lafitte, ex-shérif adjoint dans le Minnesota. À n’importe quel prix. Il est vrai que, pour un homme de loi, l’existence de Billy ressemble à une insulte perpétuelle. Celui-ci a en effet à peu près tous les vices imaginables. Aussi, après quelques tracas avec sa hiérarchie, Billy a-t-il quitté les forces de l’ordre pour entrer dans un groupe de bikers, comme on entre en religion. Là, sous les ordres de l’impitoyable Steel God, il peut enfin mener une existence à peu près tranquille. Mais s’il pense avoir tiré un trait sur son passé, celui-ci le rattrape lorsque l’agent Rome décide de s’en prendre à son ex-femme et à ses enfants. Tragique erreur : il ne fait pas bon chercher Billy Lafitte. Et l’affrontement entre les deux hommes promet d’être impitoyable.

Après Lune Noire, Anthony Neil Smith nous convie à une véritable équipée sauvage aux côtés de son anti-héros, plus teigneux et plus drôle que jamais.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Une virée à moto, ça vous tente?

J’avais hâte de retrouver Billy Lafitte! Vous savez ce personnage, tout sauf recommandable (mais avec un peu de cœur, si on cherche vraiment bien), que nous avions découvert dans Lune Noire?! Lafitte, l’anti-héros en puissance, victime de malchance, recherché par toutes les polices du pays…Et bien, il nous revient en forme dans un deuxième tome plus déjanté encore, dans une autre nuance: Bête Noire. La vengeance se fait carrément rage, prend de multiples visages et notre héros est en mauvaise posture…Mais vous auriez tort de vous inquiéter, il traîne avec un gang de bikers, avec un chef nommé Steel God- ça en dit long sur le style de ce gang- et puis notre Billy a de la ressource…Frissons, sensualité, bagarres, courses poursuites, carambolages, testostérones et bitume chauffé garantis! Ça envoie les gaz et ça fait un bien fou! Lâchez prise, et foncez vers ce roman 💯% adrénaline!

Le roi d’un royaume en perdition était tout de même un roi. 

▪️Sur les chapeaux de roues…

La vie n’est jamais une autoroute tranquille, rectiligne, parfaite pour une accélération de vitesse débridée. La vie, c’est autre chose. Elle est pleine de nuances de noir, de chagrins-cambouis, de ruptures de routes, de vengeances sanglantes, de jalousies éhontées, de deuils irréparables et d’aventures musclées aussi, d’expériences inédites à faire. En cela, Anthony Neil Smith sort de ces routes monotones et conventionnelles et emprunte des chemins sulfureux et sombres qu’il est intéressant d’aller voir le temps d’une lecture à toute berzingue. C’est une virée hors norme, juste ce qu’il faut en marge pour rire et s’éclater, et j’ai bien aimé le ton et l’humour décalé de cet auteur. Derrière ce côté déjanté, il aborde des sujets sensibles de manière décomplexée et c’est un petit vent de fraîcheur (nauséabonde) qui souffle dans ses pages, pour mieux nous surprendre et nous divertir. Vrooooooooooooom!

Alors…Pars. Va là où est l’action. Mets les mains dans le cambouis. Plus de temps à perdre.

▪️Et sur un chopper turquoise…

Finalement, après un premier tome avec un avis plutôt mitigé, ce second tome m’a nettement plus convaincue. Sans doute, que l’acharnement contre Lafitte me fait trop rire, et les situations cocasses auront eu raison de mes premières impressions plus nuancées. C’est un tome aussi plus fluide, plus énergique, et la dynamique des personnages est plus intéressante, donc, oui, je vais poursuivre cette saga complètement barge, juste pour le plaisir et le fun.

En bref, c’est donc, cheveux aux vents et avec l’esprit 1%, que j’ai été heureuse de prendre la route sur un chopper turquoise, (de toute beauté et du meilleur goût, qui en doute par ici?! Le turquoise c’est hyper tendance, et je rêve de cette moto…), pour un autre tronçon de route en Noir, avec Anthony Neil Smith…Et j’ai adoré ce moment!

Toujours vivant-c’était déjà ça-, mais à peine. Merde, qu’ils le tuent, ce n’était pas un souci. Il se foutait de crever. Lorsque le moment approchait, vous résistiez, évidemment, mais c’était purement instinctif. Quand il réfléchissait vraiment, mourir en soi n’était pas le problème. Le problème, c’était sa situation dans ce sous-sol. Impuissant était pire que la mort.

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Mon territoire, Tess Sharpe.

 

Chère Harley McKenna,

J’ai trente six ans la première fois que j’ai un coup de foudre pour toi, Harley. Tout comme toi, ma petite Harley, j’aime les bois, regarder le ciel et traîner dans mon jardin pour lire au calme, des romans noirs. Et je ne me remets pas encore de l’impact de Mon territoire, écrit avec brio par Tess Sharpe. Un roman qui continue de tourner en boucle dans Mon Territoire, ici en féerie, à me hanter par son émotion et sa puissance. Je ne m’attendais pas à un tel coup de cœur. C’est qu’il arrive direct. Bam. Comme une des balles que tu tires, Harley, toujours dans le mille. Bang dans ma tête, parce que c’est un Roman Noir intelligent et exaltant. Et bang dans mon cœur, parce que c’est une histoire palpitante et émouvante. Bang-Bang pour Mon Territoire qui bruisse des sons de la forêt, vibre aux coups de feux, et tremble de pures sensations. Bam.

J’aimerai serrer l’enfant en toi, parce que même si je n’ai jamais vu ma mère mourir ou mon père tuer un homme, que je n’ai pas eu un oncle qui a tenté de m’arracher à ce territoire de drogues et d’horreurs en tout genre, tes confidences, Harley, sur ton enfance me sont allées droit au cœur, l’ont un peu broyé mais j’essaierai, comme toi, de ne jamais montrer mes faiblesses.

J’aurai aimé aussi étreindre l’adolescente en toi, qui à force de regarder dans les yeux, la violence faite aux femmes, s’est vu hériter d’un rôle difficile à assumer pour une gamine de seize ans, mais tu l’as bien sûr, relevé, haut la main et les yeux furieux. Et armée jusqu’au dents. Les rubinettes auront donc un avenir plus radieux grâce à toi, ton nom, ta protection sans faille et ta détermination implacable.

Et quand j’ai vu ta manière de voir le monde, de le rendre meilleur, de le mener à ta façon, alors que tout te destinait, avec cet héritage et les liens du sang, à un futur sombre de violence et de dépendance, j’ai eu envie d’embrasser de toute la force de mes bras, la femme que tu es devenue. Forte, révolutionnaire, aimante, féministe, intelligente, époustouflante, tellement plus redoutable que le maître, et 100 fois plus meilleure…Le monde n’a plus qu’à bien se tenir.

Il est évident que je ne suis pas prête de t’oublier ma chère Harley, princesse de North County. Laisse ta marque partout où elle se doit. J’espère même qu’elle sera une inspiration pour d’autres princesses. Attise la confiance de ces âmes meurtries. Détruis la suffisance de ces esprits haineux. Sois la plus redoutable des reines. Construis un monde plus juste, mon Harley.

Si j’ai pris la plume aujourd’hui, ma chère Harley, c’est pour te laisser ce message d’admiration. Tu es un personnage de fiction, mais comme j’aimerai que tu sois vraie. Comme j’aimerai t’écrire ce genre de lettres, pour te persuader de continuer le combat. Tu disais « Je veux un putain de monde meilleur. » Et c’est peut être tout ce qu’on peut souhaiter, se souhaiter, te souhaiter ma chère Harley…Alors continue de toucher les cœurs. Contamine-les de ta ferveur, de ton amour, de ton audace. À cœur et à sang.

Merci pour l’émotion, ❤

Stelphique.

Peut-être que durcir un cœur est le problème . Pas la solution.


Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut un méga coup de coeur!

Avis de décès, Zhou Haohui.


Synopsis:

18 avril 1984. Une série de meurtres inexpliqués dans la ville de Chengdu, incite la police à mettre sur pied une unité spéciale, la 4/18. Parmi ses membres, Zheng Haoming, un flic d’élite et Pei Tao, major de l’académie de police. Échouant à trouver le coupable, l’unité est dissoute.
Vingt-deux ans plus tard, Zheng Haoming est toujours obsédé par cette affaire. Mais au moment où il pense enfin tenir un indice majeur, il est assassiné. L’Unité 4/18 renaît alors de ses cendres. C’est le début d’un jeu du chat et de la souris avec un tueur aussi intelligent qu’insaisissable.
Ce premier tome d’une trilogie consacrée à la police de Chengdu est un véritable phénomène éditorial et à sa lecture, on comprend vite pourquoi. Une ambiance à la Seven, un tueur digne de Keyser Söze dans Usual Suspect… Si Zhou Haohui emprunte toutes les figures traditionnelles du thriller dans le premier tome de sa trilogie, c’est pour mieux les subvertir et déjouer les conclusions trop hâtives du lecteur. Il nous offre, en outre, un portrait de la société chinoise contemporaine inattendu et passionnant.


Ce que j’ai ressenti:

Avis de Lecture

ACCUSÉ: Zhou Haohui

CRIMES: Violence psychologique et abus de tension sur son lectorat.

DATE DU CHÂTIMENT: 19 Juin 2019

EXÉCUTRICE: Stelphique.

 

▪️Je te vois lisant cette chronique. Je te vois lisant prochainement Avis de décès, un thriller chinois impeccablement mené par Zhou Haohui. Je sens déjà ton impatience pour savoir qui est, ce tueur en série qui se permet de narguer la police en envoyant des avis de décès, avec le nom de la future victime, son crime, la date de son châtiment et surtout le fameux Exécuteur: Euménide. Je te vois trembler d’ici. Et tu auras bien raison! Parce que Euménide, c’est l’insaisissable. Un tueur machiavélique et retors échappant à la logique, à la police. Un tueur obligé de contourner la loi pour ses exécutions « justes ». Un tueur en série effroyable défiant le temps et l’espace. Une mission périlleuse pour toute une cellule policière, l’unité 4/18 reformée à l’occasion d’une nouvelle exécution. Cette équipe sera dans l’obligation d’unir leurs forces pour contrer ces menaces écrites en lettres calligraphiées.

Veux-tu danser avec moi, mon vieil ami? Je sais que tu n’as que trop attendu.

▪️Entre sombre histoire de drogue et vengeance tenace, ce thriller nous mène en plein cœur de la délinquance chinoise. Cette virée dans la ville de Chengdu ne sera pas de tout repos. C’est très intéressant de pouvoir suivre une enquête au sein d’un nouvel environnement, avec ses codes, ses existences et le folklore d’une culture. Le plaisir reste le même pourtant, quand c’est un bon thriller, peu importe le lieu, c’est cette sensation qui a le pouvoir de te faire tourner les pages, qui est euphorisante! J’ai adoré la psychologie des personnages, autant les policiers qui se donnent à corps perdu dans cette traque, que le serial-killer, qui garde cette aura de mystère…Et puisque c’est le premier tome d’une trilogie, j’ai hâte d’en connaître la suite! A mon avis, les Avis de décès n’ont pas fini de pleuvoir!

La société a besoin d’une autre forme de justice.
Je rendrai cette justice.
Je purifierai le monde du mal.
La liste des malfaisants, toutefois, reste à écrire.
Vous avez l’occasion d’y participer.

▪️Une vraie bombe à retardement! L’auteur m’aura bien surprise avec ses retournements de situations, ses timings millimétrés, et cette double enquête à plusieurs années d’intervalles. Zhou Haoui nous tient en haleine, du début à la fin, nous entraînant dans des jeux politiques et arrangements aux frontières de la loi, dans les failles du système et l’idéologie de la justice qui font de ce roman, un excellent moment de lecture. Je ne vous enverrai pas un Avis de décès si jamais vous ne le lisiez pas, mais ça ne serait que justice si vous vous laissiez tenter! J’espère que cet Avis de lecture, vous en aura convaincu d’aller voir de plus près l’art du thriller chinois.

 

Allons ensemble au bout de cette dernière manche. Malgré l’élégance des coups précédents, la partie ne sera vraiment belle que si elle se termine sur la note juste.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Le karaté est un état d’esprit, Harry Crews.

Couverture Le karaté est un état d'esprit


Synopsis:

Après avoir vagabondé à travers les États-Unis, John Kaimon arrive en Floride, où il fait la connaissance d’une petite communauté de karatékas fanatiques. Ceux-ci exercent leur art dans la piscine vide du motel désaffecté où ils ont élu résidence.

Publié en 1971, Le karaté est un état d’esprit est le quatrième roman d’Harry Crews. On retrouve dans ce récit irrésistible, plein de compassion et d’ironie, les obsessions de l’auteur pour la sexualité carnivore, les freaks, la violence, mais aussi toute sa tendresse pour les âmes perdues qui tentent de survivre dans une société qui leur est contraire.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Respiration Iboki.

Le karaté est un état d’esprit. Rien de plus vrai dans ce titre et cette affirmation. Alors respire et entrevois la sérénité qui se cache derrière l’écriture survoltée de Harry Crews, le karaté comme filet de sauvetage en cas de chute vertigineuse. Cette discipline implique un contrôle de soi et de son esprit, et ses personnages en marge de la société essayent de saisir son pouvoir apaisant. C’est une interprétation très spéciale de cet enseignement ancestral, et dans cette histoire, l’état d’esprit est au dépassement de toutes les limites du corps et des codes de la société. Autant vous prévenir tout de suite, il vous faudra maîtriser votre respiration pendant cette lecture…Violent. Déjanté. Sulfureux. Il ne vous laissera pas indemne…

La respiration.Tout est dans la respiration. Inspirez le monde et expirez-le…

▪️Pousser un kiai.

John Kaimon en a, des cris à pousser, et il se jette donc à corps perdu dans cette petite communauté de karatékas, au fin fond de cette piscine vide, pour essayer de calmer ses ardeurs et la puissance de ses souffrances. Tous les personnages de ce roman énergique, sont des êtres torturés, abîmés, des Freaks, des marginaux, tellement en souffrance, que plus qu’un choix de vivre autrement, c’est une destinée. Une destinée de losers, chaotique et sublimée par une poésie vibrante que Harry Crews nous déploie pour nous faire apprécier ces monstres humains, en trop plein de fractures diverses. L’auteur met de l’intensité violente et une passion dévorante dans ces mots. Tellement qu’il m’a été difficile de quitter ses pages. Il y a des cris qu’on pousse, des larmes qu’on perd, des obsessions qu’on gère plus ou moins, et du sang qu’on est obligé de laisser couler dans cette piscine…A vous de voir, jusqu’où vous irez à suivre cette communauté… »Rai! »

-Pour croire ce qui est ici, vous devez cesser de croire le reste du monde.

▪️Frapper le makiwara.

Avec ce roman inédit, les éditions sonatine frappe fort! Je découvre un nouvel auteur avec une plume forte, poétique et torturée. Très torturée. Il n’a pas peur des mots et des étiquettes, il les fait saigner à coup de poing, les brise dans un cri de fureur, pour en sortir tout un mal-être d’une génération, celle des seventies, et cela donne une lecture karaté-ment intense!

Avez-vous déjà mis le nez dans un livre? Je veux dire vraiment mis le nez? Tous ses petits mots qu’il y a dedans. Toutes ses lettres. Vous êtes-vous jamais demandé ce que ça implique pour un homme?

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel et les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre!

Le Chant de l’assassin, R.J.Ellory

Couverture Le chant de l'assassin

Tout le monde a un secret.


Synopsis:

Condamné pour meurtre, derrière les barreaux depuis plus de vingt ans, Evan Riggs n’a jamais connu sa fille, Sarah, confiée dès sa naissance à une famille adoptive. Le jour où son compagnon de cellule, Henry Quinn, un jeune musicien, sort de prison, il lui demande de la retrouver pour lui donner une lettre. Lorsqu’Henry arrive à Calvary, au Texas, le frère de Riggs, shérif de la ville, lui affirme que la jeune femme a quitté la région depuis longtemps, et que personne ne sait ce qu’elle est devenue. Mais Henry s’entête. Il a fait une promesse, il ira jusqu’au bout. Il ignore qu’en réveillant ainsi les fantômes du passé, il va découvrir un secret que les habitants de Calvary sont prêts à tout pour ne pas voir divulguer.
Avec ce retour aux sources qui évoque par bien des aspects Seul le silence, R. J. Ellory nous livre un roman magistral, d’une puissance émotionnelle rare. Un de ses plus humains, un de ses plus sombres aussi.


Ce que j’ai ressenti:

▪️On peut s’aimer, se désaimer…

Le nouveau roman de R.J Ellory est un sombre chant d’amour…L’amour, étant toujours une aventure très compliquée, et d’autant plus entre les deux frères Riggs, Evan et Carson, qu’on se demande bien comment le destin a pu les déchirer à ce point…Mais comme l’amour prend de multiples formes et mille chemins, s’infiltre dans les failles, et que la vie réserve tellement de surprises aussi, notamment des tas d’accidents malencontreux et des rencontres fulgurantes, qu’il ne nous reste plus qu’à se laisser bercer par ce chant envoûtant. L’auteur crée la surprise avec une promesse. Puisque avec une promesse et de la détermination, on peut déplacer des montagnes…Une simple promesse. Henry n’avait pas idée à quel point, ce serment qui le tient à un des frères Riggs, va bouleverser sa vie, et celle des habitants de Calvary…Et d’un chant d’amour aux accords dissonants, en arriver à Le chant de l’assassin…Sublime chant.

« L’amour change le monde, dit-on, autant pour celui qui aime que pour celui qui n’aime pas. »

▪️On peut se construire, se déconstruire….

C’est un roman noir qui distille ses mystères entre les lignes de partitions et des lignes du sang, au cœur des actes honteux et des non-dits hantés jusqu’au final éblouissant. Avec une simple lettre manuscrite, on peut délivrer tant de secrets, mais R.J Ellory ne les lâche pas comme ça. Ils se méritent ces secrets au prix d’un voyage émotionnel étourdissant. Du milieu carcéral aux petites vies tranquilles en campagne, le Rêve d’évasion s’invite et la musique transperce les cœurs. Les balles perdues aussi…Ça paraissait tellement une bonne idée au départ de vivre en harmonie en famille, de tomber amoureux, de faire de la musique et de se construire une vie paisible, mais il y a des faims pressantes qui contrecarrent ses envies…Un triangle amoureux et de folles jalousies, un carré de pouvoir et des actions de violences, cinq doigts qui tiennent un stylo ou un flingue…Ça ne semblait pas une mauvaise idée au départ, mais le cœur des hommes ont des parts d’ombres…Monsieur Ellory éclaire ses histoires d’une poésie vibrante et des touches de mélodies noyées dans le whisky, pour en faire un roman foudroyant…Et si une fille pouvait être l’espoir de leur rédemption?

« On a souvent dit que le mal n’a pas besoin d’autre terreau pour prospérer que le silence et l’inaction des gens de bien. »

▪️On peut adorer et plus encore…

A chaque fois, je suis bluffée par l’intensité des relations, la profondeur des personnages, et cette capacité extraordinaire de R.J Ellory, à nous faire adorer leurs défauts et qualités qui les animent. Chaque fois que je lis ces romans, c’est le coup de foudre. Grâce à sa plume et son humanité, son empathie et son talent, je reviens de ses histoires, toujours plus touchée, toujours plus admirative. Avec ce nouveau roman, il ne fait que confirmer que c’est vraiment un des auteurs préférés, et j’irai bien chanter sur tous les toits, combien Le chant de l’assassin, m’a encore bousillé le cœur…Comment mon cœur aurait-il pu résister à un assaut aussi magnifique? Juste là, dans l’instant, j’aimerai partager avec vous cet énorme coup de cœur.

« Les vérités de l’âme sont celles que l’on ne peut jamais complètement enfouir. »

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut un coup de cœur.

Lune Noire, Anthony Neil Smith.

Lune noire par Neil Smith

Noir. Bien frappé.


Synopsis: 

Une vision toute particulière de la justice et de la morale a valu à Billy Lafitte d’être viré de la police du Mississippi. Il végète aujourd’hui comme shérif adjoint dans les plaines sibériennes du Minnesota, avec l’alcool et les filles du coin pour lui tenir compagnie, les laboratoires clandestins de meth pour occuper ses journées. Si Billy franchit toutes les lignes, on peut néanmoins lui reconnaître une chose : il a un grand cœur. Ainsi, lorsqu’une amie lui demande de tirer d’affaire son fiancé, impliqué dans une sale affaire de drogue, c’est bien volontiers qu’il accepte. Quelques jours plus tard, Billy est arrêté par le FBI, enfermé dans une cellule au milieu de nulle part, et sommé de s’expliquer sur tous ces cadavres qui se sont soudain accumulés autour de lui. 


Ce que j’ai ressenti:

  • Noir, je t’aime…

Anthony Neil Smith nous a préparé une saga dans toutes les nuances du Noir. Ce premier tome, Lune Noire , nous présente Billy Lafitte, un personnage tout sauf, recommandable. Entre ses penchants pour tous les vices que l’humanité porte en elle, et une sacrée dose de malchance dans toutes les actions qu’il entreprend, ce flic déchu cumule les emmerdes, et au plus il en fait, et au plus il en vient…Un cercle vicieux en somme. Saupoudré de répliques incises, avec un style complètement déjanté, dopé de testostérones et de bastons musclées, ce livre est bien frappé! J’ai apprécié cette ambiance tendue à l’extrême et le thème abordé des terroristes, même s’il manquait de nuances et de profondeur. Sous le couvert d’humour noir et de thriller complètement barré, on sentait une dénonciation de toutes ces nouvelles violences qui s’installent dans les coins reculés de l’Amérique. Je ne sais pas si la Lune éclaire ces terres poussiéreuses mais dans Lune Noire, les ténèbres et le sang l’emporte sur tout le reste. Préparez-vous, ça va déménager, entre les courses-poursuites, la justice bafouée, les cadavres accumulés et une violence démesurée: un nouveau phénomène arrive chez Sonatine éditions et c’est du costaud!

Je m’étais fait quelques ennemis, certes, mais je n’étais jamais allé les emmerder chez eux à cette heure de la nuit. Ayez la même putain de courtoisie à mon égard. 

  • Je t’aime, moi non plus…

Même si j’aime les héros, enfin anti-héros plutôt, borderline et surprenant, (et en cela ce Billy Lafitte tient son rôle haut la main), cette lecture n’aura pas été pourtant, des plus fluides. Intéressant mais maladroit. Génial et l’instant d’après, décousu. Survolté puis sans punch. Ce roman noir ne m’a pas laissé de marbre. Nous avons joué à « Je t’aime moi non plus », des passages où je me suis dit, « J’adooooore », et d’autres, « ah non, mais sérieux?! » Je l’ai pris, je l’ai reposé, je l’ai aimé, j’ai détesté…Et puis, j’y suis arrivée, au bout de notre rendez-vous…Et finalement, je me suis dit, que ce que je recherche dans un livre, c’est avant tout l’émotion, les sensations. Alors, oui, je n’ai pas clairement adhéré à tout dans ce roman, mais j’ai aimé certains passages, vraiment hilarants. C’est aussi un premier roman, une certaine indulgence est donc de mise, et dans la mesure où j’ai eu mon éventail de ressentis (bons et mauvais), le contrat est rempli pour ma part. J’ai passé un bon moment.

« Je commence à me dire que tu es un super-héros.
– Ouais. Et mon pouvoir, c’est de pourrir le monde autour de toutes les personnes que je connais.
– Au moins tu ne t’envoles pas. Là, tu serais un vrai connard. »

  • Poursuivons l’histoire…

S’il est vrai, qu’on a pas eu une symbiose de tous les instants, la note d’émotion sur la fin et ce personnage au grand cœur m’a quand même plu dans son imperfection. Je serai curieuse de lire la suite de ses aventures, d’autant plus que je viens de voir que notre héros badass va se retrouver dans l’univers des bikers. Je serai plus exigeante aussi. Mais j’ai hâte de continuer l’histoire…A noter que le prochain tome est annoncé pour septembre, donc il nous reste peu de temps, avant de voir revenir en grande fanfare, l’énergie palpitante et controversée de Anthony Neil Smith.

Les rêves de zombies étaient les pires. Chaque fois que j’en faisais un, je me réveillais le lendemain en me disant que le monde était plus dangereux que je ne l’avais initialement pensé.

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 7/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Carnets clandestins, Nicolàs Giacobone.

Carnets clandestins par Giacobone


Synopsis:

Le premier roman du scénariste de Alejandro G. Iñárritu : un irrésistible tour de force.Santiago Salvatierra, le plus grand réalisateur d’Amérique latine a kidnappé son scénariste, Pablo Betances, qu’il tient emprisonné dans la cave de sa maison. Il ne le relâchera que lorsqu’il aura écrit un chef-d’œuvre, le film qui va changer l’histoire du cinéma. Provocant, insolent, irrésistible, mais terriblement humain, Nicolas Giacobone nous offre une satire impitoyable du milieu du cinéma et du monde moderne. Rien n’échappe à ce premier roman d’une virtuosité impressionnante.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Un huis-clos entêtant.

Pablo Betances est un homme encavé. Séquestré dans un espace réduit et tenu de rendre un travail d’écriture sous la menace d’un réalisateur complètement barge. Santiago Salvatierra lui demande rien de moins qu’un chef-d’oeuvre qui bouleversera le cinéma mondial. Et pendant ce temps, il le retient prisonnier dans des conditions de vie plus ou moins extrêmes. La date butoir arrive, la pression monte, l’angoisse de la page blanche fait rage, et ses Carnets clandestins, que l’on tient dans nos mains, sont le dérivatif de Pablo, à cet enfermement forcé. Le seul moyen pour lui, de ne pas perdre l’esprit et la petite étincelle d’écrivain. De s’évader par son art. C’est diablement efficace comme thriller. Une tension de tous les instants, une obsession dévorante et cet enjeu démesuré crée une atmosphère délirante, et pour nous, lecteurs, un moment de lecture exceptionnel. Nicolas Giacobone nous a concocté un roman fabuleux, pour tous les amateurs d’adrénaline.

Le cahier est désormais le maître de mes heures solitaires.

▪️Écriture et obsession.

Il se peut que vous ne voyez jamais cette chronique, parce que comme Pablo, j’ai la furieuse envie de tout balancer à la corbeille, une fois que j’aurai aligné sur mon carnet, les mots et les émotions. Mon carnet. Mon obsession. Ou bien la sienne. Parce que finalement, il la raconte si bien cette tension, que tu ne sais plus qui est lui, eux ou nous. Qui est là, plus là, où se situe la réalité et la fiction, le talent ou la médiocrité, où s’en vont les mots et qui les fera vivre…Ne reste que l’envie d’écrire. Le désir brut d’écrire. Pas pour partager, être lu ou admiré, non: écrire pour exister. Mais, cette envie est souvent troublée par une souffrance intérieure et profonde. Et en cela, cette douleur est racontée avec une puissante énergie qui frôle le génie. Insolent et sans compromis. Brillant et sans langue de bois. Juste l’émotion et l’intimité d’un écrivain. On pourrait croire que écrire un scénario pour le cinéma ne soit qu’une petite affaire mais quand l’ambition est grande, démesurée, et bien tout le processus d’écriture devient un cercle infernal, ou doute et confiance viennent foutre un chaos impossible, le temps des mots posés sur le papier. Il se peut que par le plus grand des hasards, vous tombiez sur ses Carnets clandestins, précipitez-vous, ne laissez pas le temps  Pablo de tout caviarder en un seul clic, ça serait tellement dommage.

J’écris parce que c’est la seule chose que je sais faire.
La seule façon d’exister quand on n’existe pas.
Quand j’arrête de taper sur ce clavier, je ne suis rien.

▪️Brillant!

J’ai carrément adoré! Plus que cela même, j’ai été soufflée par le fond et la forme de ce roman. J’ai trouvé qu’il était brillant, juste ce qu’il faut d’insolence, d’impertinence et de génie jusqu’à la dernière page tournée. Addict du style et des vertiges d’émotions que Nicolas Giacobone réussi à implanter dans son thriller. Pendant cette lecture, une envie folle d’écritures, de lectures, de cinéma et de caféine. En bref, juste un coup de coeur!

 

Je n’en ai rien à foutre, de l’argent.
Je n’ai jamais écrit en pensant à l’argent.
Je n’ai jamais imaginé qu’un des trucs que j’écrivais pouvait rapporter de l’argent.
Le bénéfice d’écrire était dans l’acte même d’écrire.

 

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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