Une confession, John Wainwright

Couverture Une confession


Synopsis: 

À cinquante ans, John Duxbury est secrètement déçu par son existence. Son travail est devenu une routine, son mariage sombre dans la grisaille, il ne sait plus comment être heureux.
Bientôt, c’est un drame qui s’abat sur lui. Alors qu’il est en vacances avec sa femme, Maude, celle-ci fait une chute mortelle. Quelques temps plus tard, un homme se présente au commissariat. Il a été témoin des faits et prétend que c’est John qui a poussé sa femme dans le vide. L’inspecteur Harker, chargé de l’enquête, s’engage à corps perdu dans la recherche de la vérité, jusqu’à l’ultime face-à-face.


Ce que j’ai ressenti:

 

  • Les tourments de John Buxbury. 

Avec son journal intime, destiné à son fils Harry, John Buxbury, cinquantenaire moyennement heureux, revient sur sa vie, où il s’épanche sur son mariage qui part à va-l’eau, et son quotidien de routine pépère. Des confidences couchées sur le papier, tout en intimité, un échange interposé entre un père et son fils avec des secrets dévoilés et quelques mots d’amour. Des pages sans prétention, juste pour laisser une trace d’une vie ordinaire. Sauf, que le drame s’en mêle et frappe aussi soudainement qu’une mauvaise chute. Et c’est toute une cellule familiale qui éclate avec ce deuil foudroyant et les accusations qui tombent, comme une mauvaise pluie sur un chemin au bord d’une falaise…D’un point de vue à l’autre, qu’allez-vous penser de cet homme qui se confie à vous?

« Des gens chutent tout le temps d’une falaise. Beaucoup en décèdent. A croire que c’est la raison même des falaises. Elles sont là pour qu’on puisse en tomber. Pour qu’on puisse s’en faire précipiter. » 

  • Le calvaire de Harry Harker.

Toute la tache difficile de cet inspecteur, sera de déterminer si, la chute de Maude, est un accident ou un meurtre. Et là, tout le génie de l’auteur est d’avoir su créer une ambiance électrique, basée sur le doute raisonnable, la présomption d’innocence, la crédibilité des témoins, les inimitiés et Une confession d’un homme veuf. Il marche sur un fil tendu, Harry Harker, mais il a à cœur de faire son boulot, on ne peut lui retirer cette qualité…De fil en aiguille, à force de patience et de colères, il recueille des mots soufflés et des pistes vertigineuses, et j’ai été scotchée par cette récolte de minis cailloux blancs qui le guide vers cette confrontation finale. D’un plan de vue à l’autre, qu’allez-vous penser de cet homme obstiné?

« Tout homme est un perpétuel menteur, un perpétuel acteur. »

  • Le journal d’émotions de Stelphique.

J’ai connu un moment de plaisir. De bonheur, même, à lire Une confession, un roman oublié depuis des années, mais réédité cette année, par la géniale maison d’édition Sonatine. C’était maîtrisé de bout en bout, jusqu’au final étincelant. J’ai été bluffée par l’aspect psychologique et toute la finesse de cette intrigue. L’intelligence dans la simplicité et le petit air rétro délicieux dans cette atmosphère tendue, c’était génial! John Wainwright joue avec nos nerfs, nos certitudes, nos sentiments pour nous déstabiliser et nous emmener au plus près d’une vérité qu’on ne peut voir venir. J’ai adoré! Après une telle chute, qu’allez-vous penser de ce formidable roman inconnu?

Tout ce qui est vivant meurt un jour. Chaque homme. Chaque femme. Dans une immense majorité, ils s’éteignent de mort naturelle. D’autres périssent accidentellement. 

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture électrisante.

Requiem, Tony Cavanaugh.


Synopsis:

Quelques mots prononcés dans la panique au téléphone :  » Darian, il faut que tu viennes. Tu es le seul à pouvoir nous aider. Il y a tant de corps !  » … puis plus rien. L’appel vient d’Ida, une jeune fille que Darian Richards, ex-flic des homicides de Melbourne, a sauvé quelques mois plus tôt d’une sale affaire. Si Richards a décidé d’abandonner un métier trop éprouvant pour ceux qui, comme lui, prennent les choses trop à cœur, il ne peut pas laisser Ida sans réponse. Son appel de détresse ayant été localisé, Darian gagne la Gold Coast, région des plages d’Australie, où les étudiants se retrouvent pour fêter la fin de leurs examens. Il est alors loin de se douter que la disparition d’Ida n’est presque qu’un détail dans une enquête qui va bientôt se transformer en véritable cauchemar. 

On a beaucoup comparé Tony Cavanaugh à Michael Connelly, on compare maintenant de jeunes auteurs à Tony Cavanaugh. Avec ce thriller encore plus sombre que ses précédents, l’auteur de L’Affaire Isobel Vine et de La Promesse confirme tout son talent et sa place de maître absolu du genre. 


Ce que j’ai ressenti:

  • Regarde-moi dans les yeux…

Tu ne pourras pas y échapper. Les yeux revolver de Darian. Le regard enflammé de Starlight. Ou les yeux des cadavres. Fais bien gaffe ou tu laisses traîner tes yeux… Plonge avec les C. Admire Vic et ses camarades patchwork. Électrise-toi dans un appart au soixante-dixième. Regarde et vois le charme de ce Requiem. Ne glisse pas sur les courbes, ne tombe pas dans les ténèbres. Laisse moi voir dans le fond de tes yeux, les abîmes…Regarde-moi. Requieme-moi. Re-Aime moi. Relis-moi. Et fais ta prière, il se pourrait que des morts soient de sortie…Je n’ai pas pu lâcher ni les yeux vides, ni les pages de ce nouveau thriller! Quelle énergie! Tony Cavanaugh a une plume efficace et addictive, un humour à tomber et une fin de contes de fées. Un thriller noir comme je les aime, le talent en surbrillance!

« Ne les regarde pas dans les yeux, m’avait-il prévenu. Parce que si tu le fais, tu vas te connecter. »

  • Appelle-moi…

Une jeune fille, Ida, appelle un drôle de chevalier servant: Darian Richards. Est-il possible d’incarner autant le prince que le brigand?! J’ai adoré ce personnage, anti-héros et terriblement attachant, pour son impertinence, son intelligence et son côté « fonceur », mais pas sûr que son côté « ingérable » soit du goût de ses collègues. Pas du tout même. Ce qui donne forcément, des dialogues savoureux. Décalés et cyniques. A mourir de rire. Sauf que c’est bien beau de rigoler, mais des tas de nanas, jeunes et jolies, disparaissent pendant les schoolies, et Darian est déterminé à mettre un peu d’ordre au milieu de ce carnage, à moins de mettre encore plus de chaos. Tout est question de perception…Et Pendant ce temps, les appels et les cadavres tombent en pluie. De jeux à île et de « il » à « je », moi, je suis addict à ce rythme endiablé de lecture et je cherche un numéro dans mon répertoire…D, Darian…

« Darian, il faut venir. Vous seul pouvez m’aider. Il y a tellement de corps… » 

  • Vis un cauchemar éveillé …

Tony Cavanaugh nous plonge dans le décor australien, mais plus encore dans l’envers du décor. Au plus sombre, sous la surface, dans les ténèbres…Et à prendre les pistes du bush, les virages glissants du trafic, ou les lignes de la toile d’araignée, l’auteur nous sensibilise sur les réseaux du Dark Net et c’est encore plus effrayant que ce qu’on pouvait imaginer! Du kidnapping de princesses aux meurtres étouffés, c’est souvent à une transaction près. Pas de repos pour les braves, mais un petit Requiem pour les victimes, c’est toujours appréciable. Il me tarde de retrouver bien vite une autre enquête! Tony Cavanaugh m’a bluffée par son style et son audace! J’ai A-DO-RÉ!

 

« Tu danses avec le diable une fois, tu es marqué pour la vie. »

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture addictive!

Dans la Neige, Danya Kukafka.


Synopsis:

Au milieu de l’hiver glacé du Colorado, ce portrait d’une communauté traumatisée est noir, intense, poignant : une révélation ! Dans cette petite ville du Colorado, on adore ou on déteste Lucinda Hayes, mais elle ne laisse personne indifférent. Surtout pas Cameron, qui passe son temps à l’épier, ni Jade, qui la jalouse terriblement. Encore moins Russ, qui enquête sur sa mort brutale On vient en effet de retrouver le corps de Lucinda dans la neige. 
Chacun leur tour, Cameron, Jade et Russ évoquent la jeune fille, leurs rapports, leurs secrets. Vite, ce drame tourne à l’obsession : tous trois savent en effet que la vérité peut les sauver ou les détruire. Ce tableau d’une petite communauté provinciale en forme de traversée des apparences est un portrait saisissant d’une Amérique bien-pensante travaillée par des pulsions obscures, dont tous les repères sont en train de voler en éclats. 
Avec ce premier roman, salué par une critique unanime comme un véritable tour de force littéraire Danya Kukafka, exprime cette vulnérabilité, avec une grâce et un talent infinis.


Ce que j’ai ressenti:…Sans doute, des signes de l’au-delà…

  • Et sur un tourniquet: l’Image.

Lucinda Hayes est en pleine lumière. Dans la neige. Elle est épiée, jalousée, dessinée, admirée, aimée…Mais surtout: assassinée…L’image: Une colombe fracassée sur un tourniquet…

Voilà, tout ce qu’il reste de cette jeune fille, un crime à élucider, mais la communauté se souvient d’elle, et dans ce roman choral à 3 voix, tente de raviver son lumineux souvenir…Pourtant, l’ombre de Lucinda hante trois personnages: Cameron/ Jade/ Russ, presque obsessionnellement. Une tragédie et trois manières de l’appréhender…Trois façons de revivre le drame entre désir et attraction, amour et répulsion, traumatisme et fascination. Ce thriller psychologique laisse des traces sur le lent chemin blanc de cette intrigue, alors que l’enquête autour de ce meurtre ignoble même, se fait discrète, mais les secrets inavouables veulent sortir de la nuit…Toujours, et en dépit des gènes…

« Mais la vie réelle ne fonctionne pas comme ça, elle ne se déroule pas en vagues dont on peut anticiper les creux et les crêtes. L’amour non plus d’ailleurs. A vrai dire je ne sais pas au juste comment procède l’amour, mais je dirais que c’est de façon bien différente. A la manière d’une avalanche. »

  • Et Dans la neige: le Rêve.

Une atmosphère glaçante et des tempêtes d’émotions adolescentes que l’auteure, dans son premier roman, saisit avec brio. J’étais au cœur de leurs rêves, de leurs sentiments obscurs, de leurs angoisses, de tout ce qu’il vaut mieux cacher aux autres, sous peine de passer vite fait, pour un des suspects…Leurs talents aussi bien que leurs tourments, mis à nu et comme une avalanche, créent des nœuds à l’intérieur de nous… Et le Rêve se fait cauchemar, puisque le mal s’est glissé dans la pureté du décor enneigé…Avec cette sensibilité exacerbée propre à cet âge charnière, les doutes et les suspicions sont omniprésents, et m’ont captivé, parce que tous les possibles sont envisageables…

« Et puis, comme par miracle, la neige . La plus belle façon pour le ciel de pleurer un être humain . »

  • Et au cœur du Royaume: le Symbole.

Danya Kukafka crée un thriller d’ambiance, où la neige s’invite dans le paysage et recouvre sereinement les secrets les plus noirs de ses habitants. Plus les pages tournent, plus les mystères crissent…Plus les ténèbres s’avancent et plus les Nuits-Statues se collectionnent, et plus l’art se modèle, plus les ombres se noircissent de fusain…Le Symbole: un labyrinthe et autant de chemins-Violence et de failles psychologiques à explorer, le temps de 340 pages… J’ai adoré la part de mystères et d’art qui apporte à cette lecture, une tension permanente et une beauté saisissante, qui se maintient tout au long de ce roman…Bravo à cette jeune auteure pour ce coup d’éclat!

« La mémoire du cœur élimine les mauvais souvenirs pour embellir les bons. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et pour l’envoi magique de ce roman accompagné de goodies floconneux. Ce fut une belle surprise!

 

 

Le Pays des oubliés, Michael Farris Smith

Couverture Le Pays des oubliés


Synopsis: 

Une prose intense, lyrique pour le portrait d’une Amérique exsangue et désespérée. 
Plongez avec le nouveau roman de Michael Farris Smith au coeur du delta du Mississipi.

Abandonné à la naissance, Jack est passé d’orphelinats en foyers, avant que Maryann, une lesbienne mise à l’écart par la bonne société de Louisiane, le prenne sous son aile. Aujourd’hui celle-ci vit ses derniers jours et sa propriété est menacée par les banques. Jack, qui veut à tout prix conserver cet héritage, doit trouver l’argent nécessaire. Mais, le corps cassé par une vie de combats, ravagé par de multiples addictions, il ne se sent plus la force d’avancer. D’autant plus qu’il doit aussi affronter Big Momma Sweet, qui règne sur cet empire du vice qu’est le delta du Mississippi.

Michael Farris Smith écrit mieux que personne sur le désespoir américain. Après Nulle part sur la terre, il s’impose ici définitivement comme la voix des exclus, des survivants, des combattants, aussi. Si le portrait est noir, l’écriture est d’une poésie rare, et le lecteur ne peut lâcher ce livre, qui oscille peu à peu de l’ombre vers la lumière.


Ce que j’ai ressenti:

  • Et s’envoler au dessus de la terre des oubliés…

Jack est un accidenté de la vie, meurtri de coups et de désillusions, il mène un quotidien de combats à mains nues. Déglingué et culpabilisant, il avance sur les routes au gré de son étrange gagne-pain, pour sauver tant bien que mal, (plus mal que bien d’ailleurs), la maison de sa mère adoptive. Mais Jack est marqué par le sang et les addictions diverses, oublié des destins heureux, il ne sait que prendre de mauvais chemins…Michael Farris Smith nous éblouit avec ces destins de poussières et de violences, dans un étonnant vol au dessus des terres d’Amérique, Le Pays des oubliés, comme des ténèbres bouillonnantes où les âmes se débattent dans un désert de solitude…

« Je sais que tu as une histoire. Nous avons tous une histoire mais certaines sont meilleures que d’autres, et toi et moi nous savons tous deux qu’il y a un récit caché en toi. »

  • Planer sur des ailes de poésie…

Il y a une poésie envoûtante entre ombre et lumières, une ambiance prégnante qui m’a pris aux tripes. C’était fort et intense. Une plume presque comme une respiration, saccadée, rythmée avec des ratés sous l’émotion… Une solitude et un désespoir transpirent de ces pages, et pourtant, il reste une petite lueur, et c’est ce qui me fait fondre…Michael Farris Smith donne des élans de vie à ses personnages paumés, mais la fatalité les tient ardemment dans son poing…Toutes les volutes d’encre et les gerbes de sang vont courir sur leurs corps écorchés, et c’est au plus près de la nuit, que les démons se réveillent, assoiffés de vices et de culpabilités…A force de combats et de détermination, à coups d’audace et contorsions, l’espoir d’un futur meilleur se profile, mais encore faut-il, pour Jack le Boucher et Annette la splendeur tatouée, fassent enfin les bons choix…

« Et après il passait quelques jours dans la maison. Se rappelait les choses simples qu’elle avait essayé de lui inculquer. Se rappelait les couchers du soleil et les cieux illuminés d’étoiles et le réconfort de l’espace. »

  • Et descendre en piqué vers son coup de cœur…

Ce roman noir est d’une justesse impeccable. Violent, sombre, envoûtant. J’ai été subjuguée par cette histoire. La plume de Michael Farris Smith se fait velours, encore plus dans ce roman-ci. Le titre est peut-être bien, Le Pays des oubliés, mais il est certain, que moi, je ne pourrai oublier cette virée dans l’Amérique profonde. Tant d’humanité dans ces clairs-obscurs, il a vraiment, quelque chose de rare, cet auteur pour nous transcrire ces êtres en perdition.

Je virevolte encore, aux côtés d’un faucon, et je suis descendue des cieux infinis, pour vous écrire que ce livre est un coup de cœur.

« Des centaines de kilomètres plats. Des repaires d’esclaves et de soldats. Une terre d’oubliés couverte de cieux infinis. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre!

 

 

L’Empreinte, Alexandria Marzano-Lesnevich

Couverture L'Empreinte


Synopsis:

Etudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu’au jour où son chemin croise celui d’un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l’épouvante et ébranle toutes ses convictions. Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté. Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien tout à fait inattendu entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis. Elle n’aura alors cesse d’enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable. Dans la lignée de séries documentaires comme Making a Murderer, ce récit au croisement du thriller, de l’autobiographie et du journalisme d’investigation, montre clairement combien la loi est quelque chose d’éminemment subjectif, la vérité étant toujours plus complexe et dérangeante que ce que l’on imagine. Aussi troublant que déchirant.


Ce que j’ai ressenti:

  • Entre journalisme et biographie…

Alexandria Marzano Lesnevish ne se contente pas d’un récit journalistique sur un prédateur sexuel, elle nous démontre que L’Empreinte de blessures intimes, peut déterminer nos comportements et nos convictions. Avec cette lecture, on est confronté à regarder de plus près, les histoires et les ressentis de chacun, dans une affaire de pédophilie. A partir d’un meurtre d’un enfant de 6 ans, celui de Jeremy Guillory, l’auteure remonte le fil des causes directes et indirectes d’un tel acte, et nous laisse interpréter les responsabilités de chacun des protagonistes… Et parce qu’il n’y a pas cette froideur de faits établis, et parce qu’il n’est jamais facile de se positionner face à de tels débats d’éthique, cette auteure m’a bluffée, avec ce récit. Elle y apporte une touche personnelle. Très personnelle. Et c’est cette symbiose, qui rend ce livre incroyable.

« Je savais qu’il allait pleuvoir, leur dit-elle. Mais j’aime autant, au fond, parce que c’est comme si les anges dans le ciel pleuraient. »

  • Un récit bouleversant…

J’ai rarement été aussi bouleversée par une lecture…Mais celle ci, elle a quelque chose de très spécial, puisque elle aborde des thèmes difficiles comme l’inceste, la pédophilie ou encore la peine de mort: des sujets très sensibles auxquels il est compliqué de prendre parti, sans une certaine réserve, ou de le lire sans une certaine émotion. C’est une lecture qui laisse des traces, un de celles que l’on n’oublie pas, même une fois, les pages refermées…

D’abord étudiante en droit, Alexandria Marzano se retrouve au cœur de l’affaire Langley, mais des démons se rappellent vite à elle…On le sait, les histoires ont beaucoup de versions selon ceux qui les racontent, mais dans le corps de Alexandria et son ressenti sur cette affaire, une autre histoire va naître: L’Empreinte. Elle mettra plus de 10 ans à l’écrire, tellement le parallèle entre sa vie et celle de Ricky Langley, semble étrangement entremêlé.

C’est un choc littéraire parce que les traumatismes de l’un se reflètent dans l’autre, et il est presque évident qu’un tel livre voit le jour et, qu’il envoie valser toutes les étiquettes des genres qu’on voudrait lui donner…Il est, c’est tout. Parce qu’après les drames, la résilience est nécessaire. Découpé en trois grandes parties (Le Crime, Les Conséquences, Le Procès), ce récit/thérapie est surtout doté d’une sensibilité à fleur de peau. L’Empreinte ne se lit pas seulement, il se ressent, à la puissance de notre empathie…

« Le silence fonctionne de la sorte. Il n’est pas fragile. Il protège les moments resplendissants et aussi les moments perturbants. »

  • Humain, avant tout…

J’ai été  interpellée par les coïncidences entre l’enfance de Ricky et Alexandria, et surtout leur hypersensibilité avec les réminiscences des drames de leurs familles. C’est curieux comme leurs deux histoires vont se mêler, et nous passionner le temps de 470 pages intenses. C’est un tour de force!

« Qui sait pourquoi le passé transparaît aux moments où il transparaît; qui sait pourquoi un secret devient soudain trop lourd à porter? »

Je pense que l’auteure a réussi son pari avec ce livre. Il dérange, autant qu’il questionne. Il a une énergie puissante, parce qu’il y a encore et toujours des secrets à dévoiler, des combats à mener, des histoires à interpréter, des problèmes à régler, des êtres à comprendre…Avec des livres de cette envergure, on prend conscience que nous sommes juste humains, avec nos blessures, nos failles, nos opinions et quelque fois, L’Empreinte. Indélébile.

« Sous la surface de ce qui peut être dit subsiste la vibration d’un monde qui n’appartient qu’aux ténèbres. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour leur confiance. Ce fut une lecture captivante.

Allez tous vous faire foutre, Aidan Truhen.

 

Couverture Allez tous vous faire foutre


Synopsis:

Sauvage, déjanté, sans pitié. On vous présente Jack Price.

« Ceci n’est pas un polar pour votre grand-mère, avec des gentils et des méchants. C’est un bouquin pour adulte. Et honnêtement, je dois dire qu’il est moralement répréhensible. Vous allez l’adorer, et à cause de cela, vous allez vous sentir coupable. Mieux vaudra ne pas le laisser traîner : les gens vous regarderont comme si quelque chose ne tournait pas très rond chez vous. Le mieux, c’est peut-être de le glisser dans un autre livre, avec des fleurs sur la couverture. Comme ça quand vous rirez personne ne se fera une piètre opinion de l’état de votre âme.

Jack Price est à la cocaïne ce qu’Über est au transport. C’est un criminel en col blanc, parfaitement organisé, avec une force de vente décentralisée et un produit de marque. Quand sa voisine du dessous se fait tuer, façon exécution, Jack doit savoir pourquoi. C’est une simple question de business et de sécurité personnelle, mais quelqu’un n’aime pas qu’il la pose. La preuve : les Sept Démons, probablement les sept personnes les pires de la terre, ont été engagées pour le liquider.
Grosse erreur.
Énorme erreur.
Parce que maintenant Jack n’est plus obligé de se contenir. Il n’a plus aucune raison de faire profil bas, aucune raison d’obéir aux règles.

Cette histoire raconte donc ce qui se passe quand un groupe de mercenaires internationaux s’en prend à un type relax et du genre bavard qui est en fait complètement barje.
Je suis Aidan Truhen. Merci »


Ce que j’ai ressenti :

  • Absolument Déjanté!

Avec une entrée en matière aussi forte, on sent d’avance que ça va être une lecture « spéciale ». Une de celles que l’on adore ou que l’on déteste mais qui ne laisse pas indifférent! Fermez les yeux si ça pique un peu trop, ou ajouter des fleurs, comme le conseille l’auteur…Autant l’annoncer de suite, je serai de celles qui ont A-Do-Ré! Sans doute parce que j’adore l’audace et ici, elle prend une forme bien irrévérencieuse et pourtant… Il y a des pointes bien senties qui dénotent une belle forme d’intelligence à saluer, de cet auteur bien mystérieux…. Mais surtout, cette lecture a un petit côté déjanté absolument mordant, qui a su me cueillir derrière tout le côté fleuri de cette plume…J’étais morte de rire, et rire en lecture: c’est rare et précieux.

« Rien de tout ça n’a d’importance car comme j’ai dit: un homme doit tenir ses promesses sinon le monde brûle, c’est comme ça. » 

  • Absolument génial!

Jack Price a une personnalité…Comment dire…Il est important de savoir trouver ses mots quand lui, te les balance à la figure, sans aucun filtre…Je dirai qu’il est parfois borderline, doublé d’un c***, avec un sérieux problème de la gâchette. Jack Price est un personnage aux antipodes du Charmant, presque détestable, un criminel invétéré, mais contre toute attente, il se pourrait bien que pour une raison obscure, vous allez l’adorer, autant que moi…Jack Price nous confie ses pensées douteuses, ses actes répréhensibles , ses stratégies scabreuses, son énergie débordante, son franc-parler odieux, ses pires attaques destructrices…Et il vaut mieux pour tout le monde, qu’il dirige sa rage sur l’armée de Sept Démons bien déterminés, à lui faire payer sa curiosité…

« Je suis un type qui a saisi le message et j’ai des mots. J’ai des mots et j’ai des réponses et des émotions à exprimer, à formuler, comme de la poésie. » 

  • Absolument addictif!

Il y a certes ce personnage complètement barje qui nous hypnotise mais, il y a surtout, une intrigue qui tient toutes ses promesses. Les pages défilent à toute allure, tout comme ce thriller noir explosif. Aucun temps mort, mais des morts à la pelle, de l’action et des injonctions fleuries, et surtout, surtout, un humour à prendre au deuxième degré, voire plus si affinités…Vous l’aurez compris, ce n’est pas une lecture recommandable, mais bon, je vais le faire quand même: lisez-le! C’est complètement barré, et c’est hilarant!

« je ne suis pas sûr qu’être dans le même espace mental et émotionnel que M. Price soit une victoire. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture addictive!

 

La mort selon Turner, Tim Willocks.

Couverture La Mort selon Turner


Synopsis: 

Après La Religion et Les Douze Enfants de Paris, le nouvel opéra noir de Tim Willocks.

Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s’en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu’il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.

Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu’hypnotique. On retrouve dans ce tableau au couteau de l’Afrique du Sud tout le souffle et l’ampleur du romancier, allié à une exceptionnelle force d’empathie. Loin de tout manichéisme, il nous fait profiter d’une rare proximité avec ses personnages, illustrant de la sorte la fameuse phrase de Jean Renoir : « Sur cette Terre, il y a quelque chose d’effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons. »


Ce que j’ai ressenti: 

  • Rencontre explosive!

C’est rare, mais je tenais à le dire: je veux revoir, à tout prix, Radebe Turner! Il incarne cette idée de justice dans sa plus noble définition, envers et contre tout, en dépit de tout…Et ça, c’est précisément, tout ce que j’aime. Bref, j’ai adoré ce personnage, j’ai eu un coup de foudre pour cet homme de valeur, de sagesse, et sacrément déterminé. Un héros taillé, démesurément, pour les causes perdues…Un flic qui mène sa propre défense pour les êtres de « rien », ceux qu’on oublie au détour d’un carrefour, ceux qu’on laisse mourir à côté d’une poubelle, ceux dont personne ne se soucie…Lui, il va en faire son « leitmotiv », et je peux vous le dire que cette mission ne se fera pas dans la dentelle, ni dans les sourires entendus et hypocrites pour la hiérarchie …Un feu incroyable anime cet inspecteur, et il brûlera tout sur son passage…

« -Que justice soit faite même si les cieux dégringolent… »

  • A feu et à soif…

Le décor est planté en Afrique, Lankopf, Cap-Nord. L’air est irrespirable de trop de poussière, de trop de pouvoir empoisonné. Entre la chaleur abrutissante et la corruption imprégnée, difficile de se sentir bien sur ce petit bout de terre, à quelques pas d’un no man’s land de perdition…En partant, comme cela, bille en tête pour rendre justice à cette jeune fille sans nom, contre la famille Le Roux, dirigeante sur des kilomètres à la ronde, Turner n’avait pas idée des lourdes conséquences qu’il va engendrer. L’auteur plonge son héros en plein enfer, mais il le fait avec panache,lui donnant une assurance surdimensionnée et une soif de justice incompressible, qui ne va plaire à la reine des lieux…La descente policière n’est qu’un apocalyptique chaos à l’image de l’édifice de puissance de Margot Le Roux:  un western des temps modernes en terre africaine, avec fusillades et actes de violences en tout genre…

« Trouve la force du fer dans ton âme. Si le fer n’est pas là, c’est qu’il n’y a plus rien. »

 

  • Une plume flamboyante!

Tim Willocks m’a conquise dès le premier chapitre…Il a une écriture sensitive, furieuse, poétique, palpitante, empathique, magistrale qui fait que l’on ressent l’intensité de ces drames, la misère de cet environnement, la chaleur extrême, les inégalités honteuses, et la douleur intime de Turner. Je suis restée scotchée dans la scène du désert de sel, c’est presque insoutenable, et cela prouve bien que l’auteur a un immense talent. On a l’impression d’y être, de voir carrément l’horreur sous nos yeux, de sentir les effets de la déshydratation, de goûter le sel de ses scènes de violences, de toucher de près, la poisseuse main mise de la corruption, d’entendre la mort, à pas fracassant…Avec un tel personnage qui pousse cette envie de justice vers son idéal ultime et cette plume incroyablement sensible et bouleversante, j’ai eu un coup de coeur pour ce thriller noir. Stupéfiant, inattendu et puissant, mais vraiment, un énorme coup de coeur!

 

« Je suis donc assis dans une voiture avec un homme mort, mort avec de la poésie aux lèvres. »

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 10/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine, pour leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture addictive!

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Les illusions, Jane Robins.

Couverture Les Illusions


Synopsis: 

Jusqu’où peut-on s’immiscer dans la vie de ses proches ?

Callie a toujours vécu dans l’ombre de sa sœur, Tilda, à qui tout réussit. Celle-ci est actrice et forme un couple heureux avec Felix, un riche banquier, alors que Callie vit seule et végète dans la librairie où elle travaille. Si elle admire toujours autant sa sœur, elle ne peut néanmoins s’empêcher de penser que quelque chose se cache sous ce vernis de perfection. Tilda ne serait-elle pas sous l’emprise de Felix, dont les comportements obsessionnels sont de plus en plus inquiétants ? Ou bien Callie se fait-elle des illusions ? N’est-ce pas plutôt elle qui a un problème avec la réussite de Tilda ? Lorsque Felix décède d’une crise cardiaque, les relations entre les deux sœurs prennent un tour complètement inattendu.

La jalousie, la culpabilité, le remords… dans ce roman au suspense hitchcockien, Jane Robins joue sur tous les registres des liens familiaux. D’une étonnante acuité psychologique, elle dessine des personnages à l’humanité poignante, jusque dans leurs failles et leurs excès, pris dans une intrigue où il est impossible jusqu’à la fin de démêler le vrai du faux.


Ce que j’ai ressenti:

  • Illusions d’enfance…

Callie et Tilda sont deux sœurs jumelles avec une relation fusionnelle…Avec tout ce que cela implique…Un lien tellement fort, tellement intense qui est à la limite de la normalité. L’amour les unit, l’admiration les déchire. Des flash-back disséminés dans ce thriller redoutable, viennent ajouter des touches de frissons désagréables, mais impossible de saisir réellement quelque chose…Tout nous échappe, les souvenirs, les actes déraisonnables…Vent de folie, vent d’adoration, leur fratrie est une bourrasque détonante…

Et puis, entre dans la ronde des sœurs: Félix.

« -Non, petite soeur. Bien sûr que non. Tu es une prolongation de moi-même…Tu le sais bien. »

  • Illusions de couple…

Tilda et Felix ont tout pour eux. Amour Gloire et Beauté. Tellement ressemblants. Tellement lumineux. Attirant tous les regards. Alors forcément, la soeur un peu « collante », Callie, il faut qu’elle laisse place au nouvel amour de sa trop belle jumelle, Tilda…Mais Suspicion vient se glisser dans l’équation, grignotant petit à petit, les ententes, doucement s’immiscer dans chaque rencontre, fracturant le vernis de façade de tout un chacun…Et cela fait des crics et des cracks. Ça raconte beaucoup de cracks, ça explore des forums douteux… Mais le mot Mariage est prononcé…Tilda et Félix vivent un amour passionnel, n’en déplaise aux rumeurs….

Et puis, entre dans la ronde des amoureux: Fatalité.

« Je suis la presque mort, le précurseur de la mort, et je lui dis de la fermer. »

  • Les illusions, ou le thriller rondement mené!

C’est terriblement bien orchestré. Tu fermes le livre, et tu dis « Elle est douée, cette Jane Robins ». Premier roman et déjà, une réussite! C’est avec beaucoup d’appréhension que je tente d’en parler sans rien dévoiler, car c’est toujours à un détail que se joue souvent tout l’édifice d’un thriller psychologique. Il y a des mots-clefs que je pourrai évoquer, mais cela serait tellement dommage…

En revanche, je peux vous dire que j’ai été bluffée, dérangée, étonnée, fortement surprise…Les thèmes sont actuels, avec toute la nouvelle donne de l’Internet et ses petits lieux de rencontres privées, les nouvelles névroses dû à ce nouvel environnement surexposé: toujours à un clic du basculement, à un clic du drame, à un clic de l’irresponsabilité. Un écran toujours plus présent, toujours plus intrusif, et de là, viennent toutes les failles des illusions…C’est passionnant et très édifiant.

Je vous laisse d’ailleurs méditer sur les mots de notre héroïne resplendissante Tilda, ou même noter dans votre dossier:

« -C’est sur Internet que les tarés se retrouvent. »p18 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre. Merci de leur confiance!

Séance infernale, Jonathan Skariton

Couverture Séance infernale


Synopsis: 

Quelle est la teneur de Séance infernale, film mythique aujourd’hui perdu ? Et qu’est-il arrivé à son réalisateur, le Français Augustin Sekuler, mystérieusement disparu en 1890 lors d’un voyage en train entre la Bourgogne et Paris ? Le film est-il lié à une série de meurtres qui endeuillent la ville d’Édimbourg ?

Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Alex Whitman, chercheur de reliques cinématographiques pour riches collectionneurs, tente de répondre, sans se douter des dangers auxquels il s’expose. De Los Angeles à Genève en passant par Paris, un puzzle diabolique se met en place, sur lequel apparaît peu à peu l’incroyable vérité qui se cache derrière ce film maudit.


Ce que j’ai ressenti:

  • Résultat de recherche d'images pour "clap cinema"Clap de début!

Et commencer dès le premier chapitre, à sentir l’euphorie d’une course contre la montre, une enquête bien spéciale dans le milieu très privé du cinéma, à la recherche d’un film perdu: Séance Infernale. Jonathan Skariton envoie déjà mille étincelles dans nos yeux, pour captiver toute notre attention! Ça a claqué: les avances d’argent sont tombées, le jeu de piste brûlant, et surtout l’enjeu clairement établi. Notre détective Alex Whitman DOIT trouver ce film, envers et contre tout, à n’importe quel risque, (puisque le prix n’est pas un problème… ). Mais a-t-il seulement existé ce film?!…Et nous, lecteurs, on sent qu’on tient sans doute là, un secret historique bien croustillant! Alors prenez vous, un petit paquet de pop-corn à portée de main, et partons dans les coulisses infernales des balbutiements d’une révolution visuelle…

« -aucun ne se rendait compte du trésor qui soupirait non loin d’eux.« 

  • Résultat de recherche d'images pour "clap cinema" Clap ouvert…

Loin de se contenter de mettre la lumière sur des secrets bien enfouis dans les pellicules poussiéreuses, Jonathan Skariton nous balance dans ses pages, une intrigue retorse dans une atmosphère de flou mystérieux. Deux histoires effroyables qui se jouent dans les temps, les instants oubliés, l’innocence perdue, les images subliminales… Une étrange ressenti de rien pouvoir saisir, de capter à peine un détail qu’il est déjà parti, alors forcément ce livre devient vite, une ritournelle obsédante….Tant de questions nous viennent au cours de cette lecture : Où est la vérité? Combien faudra-t-il enlever d’artifices pour la  voir dans toute sa nudité? Combien de feux vont prendre pour étouffer la brillante découverte? Qui est le vrai Prince?

« Tout ce temps passé à écumer l’endroit pour finalement ne pas en saisir la véritable essence. »

  • Résultat de recherche d'images pour "clap cinema"Clap fermé…

A voir ses milieux très fermés, où tous les coups sont permis, on se rend bien compte des dangers que Alex Whitman va essuyer…Il a été touché par la tragédie, et aucune blessure de ce genre ne guérit jamais, mais ici, le piège se referme sur ces plaies, et on sent que chaque attaque est un tourment de plus à son enfer personnel. Donc lancé sur des pistes occultes et autres travers opaques, il se peut qu’il réveille un ou deux démons (Convoitise, Cauchemar ou encore Pouvoir) dans son sillage…En principe, si les secrets sont bien cachés, c’est que des personnes se sont donnés beaucoup de mal pour les dissimuler, surtout dans la course aux brevets des inventions…Alors, aller remuer les cendres froides du passé, est carrément fou…Bravo Jonathan Skariton pour cette passionnante enquête au cœur des rouleaux d’images!

« Quand un homme se sent sur le point de mourir d’une mort absurde, il perd toute notion de bon sens. »

  • Résultat de recherche d'images pour "clap cinema"Clap de fin!

J’ai adoré! Jonathan Skariton nous donne un puissant thriller, où l’on devine un travail de recherche minutieux, et des heures de recensement pour coller au plus près de la réalité, et d’un véritable mystère. J’ai été captivée par cette lecture, et je noterais aussi que j’ai été agréablement surprise par l’originalité  des « effets » de mise en pages qui se sont glissés dans les lignes, notamment la partition.

En bref, allez le voir, partez le lire, collectionnez les petits secrets, et découvrez, peut être, le vrai pionnier du cinéma…

 

♫ la Tempête était là, qu’elle vienne, que vienne la Tempête, qu’elle arrive. Putain, qu’elle arrive maintenant. ♫

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et pour l’envoi de ce livre!

 

 

 

Le poids du monde, David Joy.

Couverture Le Poids du monde


Synopsis:

Après avoir quitté l’armée et l’horreur des champs de bataille du Moyen-Orient, Thad Broom revient dans son village natal des Appalaches. N’ayant nulle part où aller, il s’installe dans sa vieille caravane près de la maison de sa mère, April, qui lutte elle aussi contre de vieux démons. Là, il renoue avec son meilleur ami, Aiden McCall. Après la mort accidentelle de leur dealer, Thad et Aiden se retrouvent soudain avec une quantité de drogue et d’argent inespérée. Cadeau de Dieu ou du diable ?

Après Là où les lumières se perdent (Sonatine Éditions, 2016), unanimement salué par la critique, David Joy nous livre un nouveau portrait saisissant et désenchanté de la région des Appalaches, d’un réalisme glaçant. Un pays bien loin du rêve américain, où il est devenu presque impossible d’échapper à son passé ou à son destin. Plus encore qu’un magnifique « rural noir », c’est une véritable tragédie moderne, signée par l’un des plus grands écrivains de sa génération.


Ce que j’ai ressenti:

  • …Un nuage de désespoir…

Parce que le ciel est d’un gris sinistre et que la pluie de malchance a déjà déversée plusieurs fois son lot de désolations sur le destin de ces deux paumés des Appalaches, tout Le poids du monde m’est tombé dessus, comme un seau d’eau glacée. A vivre ainsi, dans une caravane, au gré des intempéries et des tumultes de la vie, Aiden et Thad, deviennent des frères de misère, pour lutter contre l’acharnement des cieux. Quelle est triste leur vie, à en pleurer des larmes de sang, parce qu’il n’est pas concevable que cette agonie d’immobilité forcée et tous ses rêves étouffés soit, le quotidien de jeunes de 24 ans…

Troublant. Electrique. Désespérant.

On le voit s’amonceler ce mauvais temps, ce maudit karma des laisser-pour-comptes. On aimerait leur tendre un parapluie de mille couleurs, pour contrer un tant soit peu, cette tempête de noirceur qui semble s’accrocher à eux…Mais malheureusement, pour certains, la vie est un rebut de l’enfer…

« La seule chose qui différenciait une personne d’une autre, c’était le fait d’avoir quelqu’un pour sauter à l’eau et vous empêcher de vous noyer. »

  • …Et le ciel s’obscurcit encore…

« L’argent ne fait pas le bonheur, mais il contribue…« …Foutaises, que ce dicton! Si le sang t’a marqué et que l’argent tombe du ciel, il est plus que probable que c’est encore un mauvais tour du destin, une bonne vieille blague du diable, tiens! Déjà qu’ils les accumulaient les emmerdes, Aiden et Thad dans un effet boule de neige dramatique, alors là, ça ne va pas s’arranger de sitôt, avec cette malchance poisseuse…La malédiction du sang entache irrémédiablement leurs galères et même, s’ils sont si près de toucher un peu du doigt cet espoir d’envol, la chute n’en sera que plus lourde, plus fracassante encore que tous les coups de tonnerre du monde.

Éclair de feu. Tempête d’adrénaline. Brouillard de blanche.

Jouer avec les démons n’a jamais été aussi dangereux et ne pas suivre le bon chemin dans ces montagnes, peut vous emmener vite, sur les chemins de la perdition….Il sonne comme une urgence dans ce roman, mais face aux résonances de l’alcool, de la violence et de la drogue, rien ne semble pouvoir laisser entendre les plaintes dissimulées dans les failles de chacun…Et il te reste, à la fin de ses pages, un goût de fer en bouche…

« Au bout du compte , c’est toujours le sang qui parle. »

  • …Pour un roman des plus Noirs…

C’était Le roman que j’attendais avec le plus d’impatience en cette rentrée littéraire! Le roman que je souhaitais lire le plus ardemment, après l’excellent  Là où les lumières se perdent. Et c’est donc Le roman qui m’aura le plus captivée pendant ses derniers jours, tellement il a une aura de désespérance, une noirceur pesante qui annihile tout futur lumineux…Alors, il ne tient qu’à nous de lire ce roman, parce que ensemble et unis, porter Le poids du monde, ne devrait plus être un si lourd fardeau…. Enjoy for David Joy! Faites tourner l’immense talent de cet auteur, portez le aux nues!

« J’essaie juste de survivre chaque jour sans me tirer une balle. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et pour l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture saisissante!

 

 

 

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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