Les fantômes de Manhattan, R.J. Ellory.

Couverture Les fantômes de Manhattan

Pourquoi je l’ai choisi:

Ce n’est plus un secret, si vous suivez le blog, chaque nouveau livre de l’auteur R.J.Ellory est un grand événement en Féerie. Cette année encore, l’euphorie était au rendez-vous, peut être plus encore, en découvrant le synopsis…

Synopsis:

Annie O’Neill, 31 ans, est une jeune fille discrète. Elle tient une petite librairie en plein cœur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu’elle. Son existence est bouleversée par la visite d’un nommé Forrester, qui se présente comme un très bon ami de ses parents, qu’elle n’a pratiquement pas connus. L’homme est venu lui remettre un manuscrit. Celui-ci raconte l’histoire d’un certain Haim Kruszwica, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, devenu ensuite une des grandes figures du banditisme new-yorkais. Quel rapport avec l’histoire intime d’Annie ? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité ? Lorsqu’elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu’elle a pu imaginer.

Les personnages:

Annie O’Neil est une libraire paisible, qui voit son quotidien prendre une certaine effervescence et faire resurgir des souvenirs oubliés et de nouvelles passions. Peut être parce que c’est une femme, qu’elle a une certaine sensibilité et une passion pour les livres, j’ai eu un bon feeling avec cette héroïne.

Jack Sullivan est un ami extraordinaire, du genre de ceux, qu’on adorerait avoir dans la vie réelle….L’amitié qu’il éprouve envers Annie est jolie, pleine de tendresse et complètement désintéressée.

J’ai beaucoup aimé aussi les personnages de Harry Rose et son acolyte Johnnie Redbird dans leur duo d’escrocs « dignes »…

Ce que j’ai ressenti:…Hantée de passions…

Je ne me lasserai jamais de lire une histoire, racontée par R.J.Ellory. Tout simplement parce qu’il a l’art et la manière  d’écrire avec une poésie lumineuse de sombres romans noirs. Je suis conquise à chaque fois, parce qu’il a une façon bien particulière de connecter son imagination aux interrogations contemporaines, de faire revivre l’Histoire dans ses tragédies, et de voir encore, toute la beauté du monde et la simplicité de la vie…Les Fantômes de Manhattan est le deuxième roman écrit par cet auteur, et je me fais une joie de voir tous ses romans qui resurgissent de l’ombre, pour que nous puissions nous délecter du plaisir d’être emporté dans ses intenses lectures. Dixième roman de mon auteur favori publié par ma maison d’éditions Chouchou , Sonatine éditions , c’est une coïncidence heureuse puisqu’elle fête ses 10 ans, cette année. Alors, ça se fête en fanfare avec d’aussi belles publications, et je leur souhaite encore un bon anniversaire et pleins d’aussi jolies pépites à leur catalogue, (déjà bien riche!)…

« Elle les accueillait, tous autant qu’ils étaient, parce qu’il lui restait encore assez d’idéalisme pour croire qu’un livre avait le pouvoir de changer une vie. » p16 

Dans Les fantômes de Manhattan, les livres sont là, hantant les lieux, les pages, les personnages…Et puis, il y a les personnages de fiction dans la fiction, dansant autour du feu de l’intrigue…Les livres, encore et toujours, un moyen de mieux comprendre sa vie, de mieux se comprendre, mieux comprendre le monde qui nous entoure…Forrester, cet inconnu mystérieux, en apportant une histoire inachevée et inédite, et sous l’impulsion d’un Club de Lecture, va complètement réorienter le destin de Annie…Il arrive avec des lettres, qui viennent s’échouer sur des plages désertes de souvenirs personnels de cette jeune femme et ce manuscrit qui pèsent plus lourd en conséquences que l’idée de quelques feuilles volantes un peu noircies d’encre : en voilà un très bon départ vers des tourbillons d’émotions…Le pouvoir des mots et des histoires, qui racontent des morceaux d’Histoire, des destins mêlés, des horreurs et des beautés. La lecture au coeur de tout, ou tous nos amours dans les lectures: Annie va le vivre très intensément, à la lumière de la passion….

« Les fantômes s’en sont allés, se dit-elle. Enfin-et peut-être pour toujours-, les fantômes s’en sont allés. »

Ce que j’admire le plus dans les livres de R.J Ellory, et c’est d’autant plus vrai avec ce nouveau livre, c’est sa capacité à relier. Relier les événements, relier le monde, relier les histoires, relier les gens. Dans ses écrits, il s’efforce toujours de connecter ses intrigues dans un contexte historique et ici, on traverse le passé de l’Europe et de l’Amérique, dans ses parts sombres de violence, mais on retrouve également, cette petite étincelle d’espoir qui tend vers l’Autre. Cette Annie orpheline et solitaire, va au cours de ce roman , se rendre compte qu’elle fait partie de ce monde, qu’elle est la somme d’un amour, qu’elle n’est pas qu’un électron lambda, qu’elle est ici et maintenant sur la planète, et qu’il lui faut vivre sa vie, et non pas se laisser porter entre solitude et dépression…Elle n’est pas fantôme, mais bien vivante! C’est inspirant, mais sous la plume de cet auteur, c’est juste renversant…

« La femme que je suis maintenant aspire à un autre genre de vie. »p350

Pour la force de cette histoire et l’ingéniosité de cette intrigue, parce que cet auteur a un talent fou, ce livre est un Coup de Coeur.

« Pourquoi fallait-il que la profondeur de l’amour ne se mesure qu’à l’aune du malheur de la perte? »

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel et les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fut un coup de coeur!

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Sauvez-moi, Jacques Expert.

Couverture Sauvez-moi

Pourquoi je l’ai choisi:

On ne peut pas résister à un appel pareil…Sauvez-moi…Cette couverture autant que le message, interpelle énormément, et puis, on connaît bien le talent de Jacques Expert, à piéger ses lecteurs avec brio…Alors, forcément, je fonce sur cette nouvelle lecture Sonatine!

Synopsis:

Nicolas Thomas vient de fêter son cinquante-deuxième anniversaire lorsqu’il passe les portes de la centrale de Clairvaux. Après trente ans d’incarcération, il est enfin libre. Personne ne l’attend. Tous ceux qu’il connaissait l’ont abandonné depuis longtemps, depuis le jour où il a été reconnu coupable d’avoir sauvagement assassiné quatre jeunes femmes dans des conditions terribles. Sophie Ponchartrain est commissaire divisionnaire à Paris. Lorsqu’elle apprend la libération conditionnelle de Nicolas, elle se souvient de cette journée harassante de garde à vue où elle lui a arraché des aveux. C’est à elle seule, jeune recrue à la criminelle, qu’il avait confessé ses crimes avant de revenir soudainement sur sa déclaration. C’est en clamant son innocence qu’il a été condamné à la perpétuité. L’affaire ne tarde pas à la rattraper. En effet, quelques jours après sa libération, Nicolas disparaît. Et un nouveau meurtre est commis, en tous points semblable à ceux dont il a été accusé trente ans plus tôt. Sophie reçoit alors une nouvelle lettre de Nicolas, dans laquelle il nie être l’auteur des meurtres. Elle se conclut par ces mots : « Sauvez-moi ! » Au-delà de l’intrigue aux rebondissements saisissants et de personnages d’une terrifiante réalité, Jacques Expert, spécialiste reconnu des affaires judiciaires françaises, nous fait profiter ici d’une expérience qui donne à son récit une authenticité rare.

Les personnages: 

Pas d’histoire intéressante, s’il n’y a pas des personnages pour les incarner, et des chapitres à leur consacrer…Et à ce jeu là, Jacques Expert sait créer son petit lot des personnalités avec lesquelles, on passe par des montagnes russes d’interrogations et de suspicions…6 parties, et 5 personnages-clefs, qui ne cesseront de vous mettre mal à l’aise, avec leurs liens de dominant-dominé: c’est à qui aura le comportement le plus étrange, et à qui cachera le plus derrière le masque, de sombres secrets…Petite présentation en deux mots:

  1. Nicolas Thomas : Innocent ou Coupable?
  2. Sophie Ponchartrain : Téméraire ou Appliquée?
  3. Rachel Bachelard: Curieuse ou Dévouée?
  4. Guillaume Chambaraud: Dangereux ou Malchanceux?
  5. Nicolas Thomas: Coupable ou Innocent?
  6. André Laforgue: Samaritain ou Opportuniste?

 

Ce que j’ai ressenti:

Si vous vous lancez dans ce nouveau thriller trouble et efficace,

Attention, l’addiction et le malaise vous guette…

Un petit tour au cœur de la Justice et ses institutions:

Vous êtes tentés?

Expert Jacques vous a concocté un courrier piégé…

Zut… Vous croyiez détenir la clé? Vous vous croyiez plus malin?

Mais c’est sans compter sur le talent de cet auteur!

Oubliez vos certitudes et vos suppositions

Innocent ou Coupable : A vous de trancher…

Sauvez-Moi…Ou pas…Mais, lisez-moi.

 

Captivée, mais aussi dérangée par cette ambiance tendue, je n’ai pu lâcher ce roman.

Il est captivant, parce que j’ai senti qu’il y a plus profond derrière les évidences, et dérangeant parce que j’ai ressenti qu’il y a plus trouble devant les coïncidences.

« Ici ne peuvent survivre que des gens à la peine. » p125.

Jacques Expert sème le doute dès la première page, et tient son intrigue jusqu’à la fin, pour mieux nous surprendre mais surtout pour nous faire réfléchir plus intensément sur les failles d’un système, sans arrêt, tenu à des résultats…Et, à vouloir tout, trop vite, des grains de sables enrayent la machine judiciaire…

« On avançait, à pas de fourmis géantes. » p301 

Nous voulons tous savoir ce qui se cache derrière les portes des salles d’interrogatoires, connaître les petits secrets des modes opératoires des tueurs en série, déblayer un peu les dessous de ces métiers de la Justice, une curiosité, que Jacques étant un Expert dans ce domaine, assouvit avec une réalité effarante. Il nous glisse des appels et des cris de détresse venus du fin fond des cellules, et fait naître le doute sur ces prétendus innocents et ces reconnus coupables. A tort ou à raison, en présomption ou en conviction, à corps défendant ou à hurlements déchirants, avec ruse ou avec application, l’auteur nous fait explorer des chemins plus sombres, que ce qu’on veut bien nous faire croire, où l’Injustice se tapit dans les recoins.

Pendant toute cette lecture, l’auteur se joue de nous, et maîtrise son engrenage, pour nous faire douter sur les vérités et les coupables:

Qui est coupable de quoi? Qui dit la vérité?

Et toi, lecteur, tu n’as qu’une enveloppe froissée et un message : Sauvez-moi. Il est donc grand temps de te faire tes impressions sur cette lecture…

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture palpitante.

Une femme entre nous, Greer Hendricks/ Sarah Pekkanen

Couverture Une femme entre nous

Plus qu’un roman: un événement!

Pourquoi je l’ai choisi: 

Une couverture aussi jolie et un synopsis qui promet d’aussi belles surprises, j’étais déjà impatiente de faire cette lecture! Mais partager ce moment avec une copinaute ElodieUniverse,  aussi passionnée qu’adorable, ça double les plaisirs! Vous pouvez retrouver sa chronique ICI!

Synopsis:

En lisant ce livre, vous allez faire beaucoup de suppositions. Vous allez croire que c’est l’histoire d’une femme jalouse, délaissée par son mari. Vous allez penser qu’elle est obsédée par la maîtresse de celui-ci, une femme plus jeune qu’elle. Vous allez vous dire que vous connaissez déjà toutes les facettes d’un tel triangle amoureux. Un conseil : laissez tomber toutes vos hypothèses. Jamais vous ne pourrez imaginer ce qui se cache derrière les apparences, ni anticiper les multiples rebondissements qui émaillent ce livre. À la façon de Gillian Flynn, Greer Hendricks et Sarah Pekkanen ont élaboré une construction inédite, littéralement diabolique, afin de nous faire éprouver l’espoir et le désespoir des femmes, l’usure du couple, l’amitié féminine, tout cela sous couvert d’une intrigue captivante et de personnages bouleversants. Best-seller depuis sa sortie aux États-Unis, bientôt traduit dans plus de trente pays, en cours d’adaptation cinématographique par la maison de production de Steven Spielberg, plus qu’un roman : un événement !

Ce que j’ai ressenti:…A célébrer! 

Image associée

Un mariage est toujours un grand événement dans la vie…Prenez Rob, tiens, il se marie bientôt… Vous pouvez donc aller vous choisir votre plus belle tenue, et surtout n’oubliez pas vos invitations!!!!Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à une union d’un Prince Charmant des Temps Modernes…Et de sa jeune et jolie Dulcinée…La date est fixée au 24 mai, le cadre est parfait, le moment semble idéal…

Tenez bien votre bouquet de feuilles blanches et rouges, la passion pourrait déferler dans ses pages…Et comme dans tout mariage, vous aurez :

  • Un vin d’honneur avec une commande spéciale de Raveneau…
  • Un parfum de roses flottant, pour stimuler les souvenirs…(avec une légère odeur de fer?!…).
  • Des bijoux étincelants pour briller de mille feux (Et dissimuler un peu de bleu…)
  • Du blanc et des dentelles…(Les femmes aiment trop les robes…C’est bien connu…).
  • Le sourire des familles (et leurs gènes à tendance obsessionnel(le)s…).
  • Une ouverture de bal avec des danses triangulaires…
  • La surprise des jeunes mariés…(Et il y en aura plusieurs, mais le spoiler n’est pas de bon ton…)
  • La tension à son paroxysme…(Ah l’Amour, l’Amour…Ses jalousies, ses obsessions, ses tentations…) ❤
  • Des alliances posées sur un coussin (ou des mésalliances sur l’oreiller).
  • Des twists endiablés, (histoires machiavéliques de vous maintenir éveillés…).
  • Un menu concocté avec soin (quelques mises en bouches sucrées/salées suivi d’un plat copieux de vengeance).
  • Une pièce montée délicatement préparée par Mesdames Hendricks et Pekkanen.
  • Un wedding-cake vertigineux avec des soupçons de sucre glace tombés sur la piste de danse (ou peut être bien un vertige et des soupçons à vous glacer l’ambiance…).
  • Du champagne pour vous étourdir de plaisir…
  • Et le feu d’artifice : Une femme entre nous. 

Du coup, je ne suis pas sûre que ce mariage-là, ait tous les ingrédients pour une longue et sereine longévité…Mais pour ce qui est du thriller, tout juste sorti chez Sonatine Editions, vous pouvez prendre place pour le grand événement! C’est une lecture infernale, rythmée, et addictive! Je n’ai pas réussi à quitter mon livre, tellement on est pris dans ces histoires entrelacées, ses amours contrariés, ses intrigues survoltées…Un page-turner comme on les adore!

Résolument féminin, irrésistiblement surprenant, l’alliance de ses deux écrivaines est une belle réussite!

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre!

Les diables de Cardona, Matthew Carr.

Couverture Les diables de Cardona

 

Synopsis:

1584. Le prêtre de Belamar de la Sierra, un petit village d’Aragon à la frontière avec la France, est assassiné, son église profanée. Sur les murs : des inscriptions en arabe. Est-ce l’œuvre de celui qui se fait appeler le Rédempteur, dont tout le monde ignore l’identité, et qui a promis l’extermination de tous les chrétiens, avec la même violence que celle exercée sur les musulmans ? La plupart des habitants de la région sont en effet des morisques, convertis de force au catholicisme, et qui pratiquent encore l’islam en secret.

À la veille d’une visite royale, Bernardo de Mendoza, magistrat à Valladolid, soldat et humaniste, issu d’une famille juive, est chargé de l’enquête. Très vite, les tensions s’exacerbent entre les communautés, une véritable guerre de religion se profile. Et les meurtres continuent, toujours aussi inexplicables. Entre l’Inquisition et les extrémistes morisques et chrétiens, la tâche de Mendoza va se révéler ardue.

Ce que j’ai ressenti:…Thriller sous haute tension…

« Souviens-toi de ce jour, petit- c’est à ça que ressemble l’enfer. » 

Matthew Carr m’a captivée de bout en bout, avec son thriller historique parce qu’il a su y implanter une atmosphère forte, imprégnée de caractère et de violence, qui nous emporte en Espagne, au cœur de son Inquisition ravageuse.  Rien qu’avec son premier chapitre, j’ai ressenti une tension palpable, urgente, fébrile qui s’est maintenue, pendant toute la lecture, mais également une beauté sensationnelle dans cette plume, qui nous emporte au cœur des passions, dans les guerres de religion et les amours stratégiques…C’est impressionnant, comme j’ai eu l’impression de presque sentir les odeurs du feu et du sang, les déplacements d’air nimbés de haine, les regards durs sous les tissus, les ventres vides et avides de réconfort…On peut vraiment affirmer que l’auteur a soigné son décor, son intrigue, ses personnages, pour nous rendre cette histoire tellement vivante…

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1584, L’Eglise et l’Etat sont souvent de mèche, et avancent, main dans la main, pour imposer leurs lois, leurs impôts, leurs idéologies…Et s’il prenait l’envie à ses sujets de faire entendre un murmure contraire, on redoublerait d’efforts et de tortures barbares, pour leur faire regretter ses élans de révolte, en invoquant la volonté de Dieu(x) et/ou du Roi…Alors forcément, ce climat de peur est omniprésent dans ses pages, et déjà, qu’il y a cette crainte d’un tueur en série aux intentions floues, il règne une atmosphère encore plus poisseuse à cause de tous ces jeux de pouvoirs implacables et brutaux, ses mensonges calculateurs et ses trahisons cupides… Belamar de la Sierra devient une porte ouverte sur les enfers, un village obscurci par les ombres et la cendre, un territoire étouffé de rage et de désespoir, dévoré de convoitise malsaine…

« -Les gens ont peur, et la peur engendre la haine. »

Cette petite expédition de justice menée par le licenciado Mendoza et son petit groupe de mercenaires, en amont d’un déplacement royal, ne pourra se dérouler que sous tension, étant donné les heurts et la rage dissimulée sous couvert d’oppressions diverses. Ce Rédempteur, ombre insaisissable, qui allumera des feux aussi brûlants que les autodafés, viendra aussi jeter de l’huile sur les mésententes entre morisques et chrétiens, fera couler le sang des vierges, anéantira toute illusion de cordialité entre les parties adverses…Il veut la guerre, et se donne les moyens d’attiser toutes les braises ardentes de la foi. A force de perspicacité et d’approches stratégiques, l’équipe chapeautée par Bernado de Mendoza, paiera très cher, cette danse avec Les diables de Cardona.

« Chez certains hommes, la peur de la mort était inséparable de la peur des enfers, mais l’au-delà ne l’inquiétait pas. »

Non seulement, c’est un thriller impeccable, mené d’une main de maître, avec des rebondissements en retour de flamme avec un assassin bien retors, mais, toute sa force tient à la richesse de son Histoire. Avec un sujet aussi délicat, que la guerre entre les religions monothéistes, l’auteur nous recrée une période sombre du passé avec brio et un travail de recherche qu’on devine jusque dans les moindres détails. En voilà, un page-turner immersif et sacrément époustouflant!

« Chacun d’entre nous doit faire ce choix librement. Si nous n’avions pas ce choix, alors la vertu et le ciel perdraient tout leur sens. »

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance! Ce fut une lecture captivante!

La saison des feux, Celeste Ng.

Couverture La saison des feux

 

Synopsis:

À Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l’image de l’existence parfaitement réglée d’Elena Richardson, femme au foyer exemplaire. Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s’installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d’abord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence commence à mettre en péril l’entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights.

Les personnages:

Mia, j’ai eu un gros coup de coeur pour ce personnage bohème, dans sa manière d’être aussi artiste, aussi passionnée, aussi intense en menant de front sa vie, sa vocation et l’éducation de sa  fille. J’ai adoré sa sensibilité, sa témérité, son esprit libre…

Et du coup, son exact inverse en ce personnage d’Elena, m’a aussi bouleversée puisque elle a aussi sa façon d’être aussi lisse, aussi parfaite, aussi rangée. Certes, opposées en apparence, et pourtant si, femmes, si mères…

Elles sont toutes, en fait, troublantes et attachantes.

Ce que j’ai ressenti:…Instantané de féminité…

Clic!  L’air ambiant est saturé de monoxyde de carbone, et une chaleur suspecte se fait sentir dans la petite ville de Shaker Heights. Le départ de ce feu est une incohérence dans ces lieux idylliques. Ça ne cadre pas avec l’atmosphère si pleine de disciplines et de réglementations utopistes des Shakers. Il est grand temps de déblayer les cendres et les secrets enfouis sous les décombres nés de La saison des feux. L’objectif fait une mise au point, et nous passons en mode zoom pour mettre plus de profondeur à cette scène de désastre carbonisé, grâce à la plume émotionnelle de Celeste Ng. Et nos coeurs de brûler, avec ses instantanés perdus aux flammes…Mais que se passe t-il vraiment dans cette ville où tout y est planifié jusqu’aux moindres détails?

« Toute sa vie elle avait appris que la passion, comme le feu, était une chose dangereuse. Elle devenait si facilement incontrôlable. Elle escaladait les murs et bondissait par-dessus les tranchées. »

Clic! Intime et féminin, rien ne laissait paraître que ce roman noir partirait vers ses eaux instables des relations Mère/Fille, et j’ai donc été agréablement surprise parce que c’est un thème que j’aime particulièrement retrouvé en lecture.  Au fur et à mesure, les dames prennent les rennes de cette intrigue, et nous emmène à repenser les différentes formes d’éducation, de filiation, d’amour, de schéma familial. Le pouvoir de donner la vie, le devoir de donner de l’affection viennent attiser les feux des liens du sang et c’est toute une couche de mensonges et de sombres mystères que, nous lecteurs, devront observer avec pudeur, derrière les fenêtres de ces maisons à l’apparence si tranquilles…Mères, filles, amantes, amies, voisines, sœurs dans un tourbillon de sentiments souvent déstructuré et volubile, parasite ou fusionnel. Chacune d’entre elles chamboulant la cellule de l’autre, pour donner d’autres vents terribles qui animeront avec plus de force, les passions…

(On en revenait, encore et encore, à la question suivante: qu’est-ce qu’il faisait de quelqu’un une mère? Etait-ce la biologie seule, ou était-ce l’amour?). 

Clic! Il y a toute une dualité électrisante dans La Saison des Feux qui est, comme une braise ardente sur le point de s’embraser… Des pôles d’énergies contraires qui se disputent les regards, entre richesse et pauvreté, liberté et contrôle, entraide et indifférence, superficialité et compassion. Tant de différences, de divergences, de cultures qui se racontent dans les sangs, dans l’oeil de l’artiste, dans les lignes de ce roman noir aux rougeoyantes étincelles de ses phénomènes de sociétés délicats. Celeste Ng, tout comme Mia, aime à toucher aux clichés et les transformer de manière artistique, pour nous faire monter les larmes aux yeux…

Ils ne gâchaient rien, surtout pas leur temps. 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre. Ce fût une lecture bouleversante!

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Possession, Paul Tremblay.

Couverture Possession

Pourquoi je l’ai choisi:

Essentiellement, parce que j’adore ce genre: l’Horreur. J’ai d’ailleurs pu constater que j’ai vu et/ou possède pas mal de la dvdthèque de Merry…Quand je vous dis que j’adore frissonner de peur…Et puis, cette couverture…Elle est juste incroyablement effrayante et réussie, et puisque Stephen King a eu peur, j’en tremblais déjà d’impatience à cette lecture!

Synopsis:

Après Rosemary’s Baby et L’Exorciste, le nouveau classique de l’horreur.
Malgré une mère alcoolique et un père au chômage, la famille Barrett tente de mener une vie ordinaire dans la tranquille banlieue de Beverly, Massachusetts, jusqu’au jour où leur fille de 14 ans, Marjorie, commence à manifester les symptômes d’une étrange schizophrénie. Alors que des événements de plus en plus angoissants se produisent, les Barrett décident de faire appel à un prêtre, qui ne voit qu’une seule solution : l’exorcisme. À court d’argent, la famille accepte l’offre généreuse d’une chaîne de télévision ; en contrepartie, elle suivra la guérison de Marjorie en direct. L’émission connaît un succès sans précédent. Pourtant, elle est interrompue du jour au lendemain sans explications. Que s’est-il passé dans la maison des Barrett ?

Avec ce thriller terrifiant d’une rare intelligence, Paul Tremblay réinvente l’horreur à l’ère des médias, de l’avènement de la télé-réalité et de la culture pop. Possession fait partie de ces quelques livres susceptibles de nous procurer des émotions nouvelles, qui continuent à nous hanter bien après la dernière page.

Ce que j’ai ressenti:

J’ai en ma Possession, un nouveau thriller terriblement addictif et j’aimerai vous assurer qu’il a le pouvoir terrible de faire resurgir vos plus intenses angoisses, de raviver des souvenirs de l’Exorciste, de créer une telle fébrilité quand vous tournez les pages qu’il vaudrait mieux avoir en votre Possession, un coeur bien accroché…

(…) mais nous sommes ferrés. Ferrés de chez ferrés. 

Entre construction d’une bonne frayeur et déconstruction explicite d’une Possession, ce livre tient son lecteur, par une sorte d’hypnose anxiogène sur des lignes troubles entre religion, démons et malheurs. La télé réalité prend une  forme encore plus intrusive et, s’immisce dans les revers des soutanes, où chaque caméra nous montre les reliefs d’un exorcisme…Ce double effet entre ce regard torturé de Marjorie et celui de ces voyeurs mal-intentionnés rajoute un sacré malaise à l’ambiance déjà bien pesante…Et au centre de toutes ces messes basses et hauts cris démoniaques, l’innocence de Merry…

« -Ne vous laissez pas tromper par les mensonges, dit le père Wanderly. » 

Derrière tous les artifices de compassion et autres fébrilités du gain de ce monde d’adulte, il y a deux soeurs qui s’aiment, qui jouent, et qui, surtout, se font confiance…Dans l’oeil de Merry, sa soeur c’est son apaisement. Dans l’oeil de Marjorie, sa soeur c’est sa rédemption. Leur relation est touchante. Même au creux de cette famille dysfonctionnelle, qui perd peu à peu ses piliers, cet amour est solide. Le fait de lire le point de vue de Merry, huit ans, sur cette période de bouleversements, amène un souffle de fraîcheur, mais n’enlève en rien, de l’effet terrifiant de ses pages…

« Des idées. Je suis possédée par des idées. »

Il se pourrait bien que Possession devienne votre nouveau cauchemar préféré , parce que l’ambiance est très réussie, et c’est plutôt intelligent comme proposition dans la forme du récit. Il a un côté « rétro » avec cette idée de Possession et d’exorcisme d’un autre temps, mais il possède aussi un côté très moderne, avec cette idée de telé-réalité de l’Horreur et le Blog d’une passionnée de l’Angoisse…J’ai été conquise par cette lecture horrifique parce que j’ai eu ce moment tant attendu de tremblements, mais en plus, j’ai aimé la manière dont Paul Tremblay laisse le lecteur répondre à ses démons, à ses questions, à ses peurs…

« Tu pourrais presque sentir les choses-qui-poussent se faufiler entre tes doigts de pied. » 

Meilleurs moments du livre:

  • La scène de la cabane. Franchement, elle est excellente…J’ai eu le frisson!

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine pour l’envoi de ce titre et pour leur confiance!

Jesse le Héros, Lawrence Millman

Couverture Jesse le héros

Pourquoi je l’ai choisi: 

Forcément le synopsis attire…L’irrésistible envie de trouver des trésors passés et la curiosité de voir comment vieilli une oeuvre littéraire…Celle ci garde bel et bien toute sa force et son intensité, une trentaine d’années plus tard…

Synopsis: 

1968, Hollinsford, New Hampshire. Élevé par son père, Jesse a toujours été un outsider au comportement inquiétant, rejeté par les autres enfants du village. Avec l’adolescence, les choses ne s’arrangent pas. On l’accuse aujourd’hui d’avoir violé une jeune fille, on le menace d’un placement en institution spécialisée. Mais tout ce qui préoccupe Jesse, ce sont les images du Vietnam, qu’il suit obsessionnellement à la télévision, celles de cette guerre où est parti son frère Jeff, qu’il idolâtre. Lorsque celui-ci, démobilisé, revient au pays, rien ne se passe comme Jesse l’espérait. Et c’est pour notre héros le début d’une escalade meurtrière à la noirceur extrême.

Entre le Holden Caulfield de L’Attrape-cœur et le Patrick Bateman d’American Psycho, Jesse est difficile à situer. Est-il la victime d’un handicap mental, d’un contexte familial perturbé, d’une société où fleurissent les images violentes, ou bien un tueur en série sans empathie, capable d’éliminer ses contemporains aussi facilement que ces rats sur lesquels il aime tirer ? Lawrence Millman nous abandonne entre ces hypothèses perturbantes, jusqu’aux dernières pages du livre et leur étonnante conclusion.

Un chef-d’œuvre du noir enfin extirpé de l’oubli.

Ce que j’ai ressenti:…Un trouble Noir…

Jesse est un adolescent attardé, mi-enfant mi-adulte mais surtout, il est mi-ange mi-démon : un innocent confronté à trop de violences, trop de mensonges, trop d’images perturbantes que son cerveau n’est pas en mesure de synthétiser, un être doué de pulsions et de mal-être que sa conscience n’intellectualise pas…Jesse le Héros est un anti-héros terrifiant que Lawrence Millman met brillamment en scène dans une quête vaine et trouble de fuite au soleil…

Il se dit que , vu l’heure , les gens étaient sûrement couchés. Seul un fantôme ou un monstre nocturne seraient debout à cette heure-ci. 

Cette lecture est dérangeante, perturbante mais Lawrence Millman a su tellement bien travailler son personnage principal, que j’ai lu son livre sans pouvoir arrêter de suivre cette longue virée en enfer…En étant à l’intérieur du corps et de l’esprit de Jesse, on est plus à même de comprendre ses actes effroyables, mais surtout toutes les influences néfastes de son entourage. Il ne peut pas bien se construire malgré l’amour d’un père et le modèle du frère, parce que l’environnement social tend vers une crise où la violence est le maître mot. Entre l’ombre de la guerre du Vietnam et le manque cruel d’aide à la personne face à toutes les maladies mentales, Jesse n’a pas les armes pour se défendre, mais il les prend quand même, Héros de son inconscient, parce que son intuition instinctive lui dicte que le Mal est bien là, et qu’il faut l’éliminer…Et dans ses rêves, la vengeance fait rage alors que, le carnage,lui, sera bien réel…

C’est tout? Je veux dire, t’es mort et c’est tout. Rien que de la cervelle et du sang, on est rien d’autre. 

C’est un roman noir, très sombre qui m’a bouleversée. C’est un panorama de l’Amérique qui fait froid dans le dos, parce qu’il s’abreuve d’intolérance, de chaos et d’alcool, et fatalement des monstres se lèvent et frappent, presque malgré eux. Psychologiquement, j’ai pris un bel uppercut, mais je suis restée fascinée par tant de maîtrise de ses lignes floues entre bien et mal, entre cet environnement malsain aussi perturbé que l’esprit de ce jeune homme et les culpabilités qui rongent ses hommes…Une lecture intense pleine de noirceur et de malaise saisissant, qui n’a pu me laisser indifférente…

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture fascinante.

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Une autre histoire, Sarah J. Naughton

Couverture Une autre histoire

 

Synopsis:

Élevée par un père violent et une mère soumise, Mags a fui l’Angleterre dès qu’elle a pu pour devenir une brillante avocate à Las Vegas. Lorsqu’elle apprend que son jeune frère, Abe, a été victime d’un accident et se trouve dans le coma, elle revient pour la première fois depuis longtemps à Londres. Là, elle a la surprise de rencontrer sa petite amie, Jody, dont il ne lui avait jamais parlé. Elle est plus surprise encore quand Jody, inconsolable, lui révèle qu’il ne s’agit pas d’un accident mais d’un suicide. Dépressif, Abe s’est jeté par la fenêtre. Peu à peu, la version officielle semble néanmoins présenter d’étranges incohérences. Jody dit-elle toute la vérité ? Était-elle vraiment la petite amie d’Abe ou une experte en manipulation ?
À ce stade du résumé, votre opinion est sans doute déjà faite. Jody est coupable, elle a d’une façon ou d’une autre participé à la chute d’Abe, Mags va découvrir la vérité. C’est du tout cuit : un thriller de plus parmi tant d’autres. Eh bien, détrompez-vous. Si les apparences sont en effet trompeuses, vous n’imaginez pas à quel point. Vous êtes surtout loin de vous douter avec quelle maestria Sarah Naughton vous manipule.

Vous croyez lire une histoire et c’en est une autre, bien plus captivante, qui va se dévoiler.

Les personnages:

Un trio de choc féminin: Mags, Jody, Mira. Elles veulent la vérité, voire des vérités, mais se cachent derrière des portes de mensonges. Entre force et faiblesse, intimité et paraître, elles vont se dévoiler tour à tour, et nous montrer toutes leurs failles secrètes. Des histoires de femmes, des blessures internes bien dissimulées sous des couches de paroles. Bouleversantes, chacune à leur façon. Des personnages très réussis.

« -On ne peut pas trop aimer quelqu’un. » p122

Ce que j’ai ressenti:…Véritablement surprenant! 

« Par contre, je crois aussi que les histoires peuvent nous aider à comprendre l’incompréhensible. » p163

Un corps étendu par terre, en sang, et trois possibilités: accident,  tentative de meurtre ou suicide.Il est là ce Abe, corps inanimé, entre la vie et la mort, sans pouvoir parler, sans pouvoir raconter sa version des faits donc notre imagination, et surtout celle de Mags sa soeur, galope vers ses trois hypothèses… Sarah J. Naughton nous pousse de ce quatrième étage à aller voir plus loin que nos certitudes, à aller jusqu’au bout des secrets inavouables de ces locataires mystérieux, pour sans doute, toucher de près Une Autre Histoire.

Durant toute la lecture, tu es attentif, car le synopsis te l’a annoncé, tu vas te faire avoir… Et en lecture, c’est terriblement exaltant d’être surpris…Donc, tu lis, et plus tu lis, plus cette sensation prend toute sa signification, car tu le pressens qu’il y a des secrets, des mensonges, des non-dits, mais tu te fais piéger comme le bleu de la couverture, perdu aux milieux de ses rebondissements incessants et intrusifs, car Sarah J Naughton l’a bien préparé son intrigue, et une fois la dernière page tournée, tu te rends encore plus compte de l’étendue de sa toile arachnéenne de suspense qu’elle s’est échiné à dresser pour te laisser, sans voix…Et c’est bien ça, les nœuds du problème, c’est entendre ce qui est dit, comprendre ce qui ne l’est pas, avoir le poids des mots, saisir la crédibilité d’un témoignage. Sarah Naughton te donne les frissons et te fait arracher quelques cheveux, tellement il est difficile de discerner le vrai du faux, en ces voix entremêlées…

La vérité n’est jamais là où on l’attend.

Toute vérité n’est pas bonne à dire, et dès fois, les mensonges valent mieux que certaines vérités…Les lignes entre les deux faits sont extrêmement ténues, et l’auteure a su maîtriser avec brio, toutes les petits points de discordances faisant de ce thriller psychologique, un bon moment de lecture ! Orchestrées de scènes déstabilisantes à peine murmurées dans un souffle et de petits rouages crantés criants qui prennent leur place pour un final grandiose, l’heure a sonné de vous dire de vous précipiter vers ce thriller rondement bien mené, Une Autre Histoire pourrait fortement vous surprendre!

« Toute une industrie qui s’appuie sur le malheur d’autrui pour tâcher de rendre ses lecteurs fiers de leurs petites vies minables et de leurs relations ternes. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture électrisante!

Emma dans la nuit, Wendy WalKer

Couverture Emma dans la nuit

Pourquoi je l’ai choisi:

J’avais tellement été bluffée par son tout premier roman, que j’étais très impatiente de découvrir ce nouveau titre!

Synopsis:

Deux sœurs disparaissent. Trois ans plus tard, une seule revient. Dit-elle toute la vérité ?

Emma, 17 ans, et Cass, 15 ans, sont les sœurs Tanner, devenues tragiquement célèbres depuis leur inexplicable disparition. Après trois ans d’absence, Cass frappe à la porte de chez ses parents. Elle est seule. Elle raconte comment sa sœur et elle ont été victimes d’un enlèvement puis retenues captives sur une mystérieuse île. Emma y serait toujours. Mais la psychiatre qui suit cette affaire, le Dr Abigail Winter, doute de sa version des faits et s’intéresse de plus près aux Tanner. Elle finit par découvrir, sous le vernis des apparences, une famille dysfonctionnelle. Que s’est-il réellement passé trois ans auparavant ? Cass dit-elle toute la vérité ?

Passée maître dans l’art de tisser sa toile psychologique, l’auteur de Tout n’est pas perdu réussit une fois encore à nous emporter avec ce récit sombre et fort. Chaque personnage livre peu à peu sa personnalité, fascinante, trouble et complexe, et les liens familiaux deviennent bientôt comme un bâton de dynamite dont on aurait allumé la mèche.

Ce que j’ai ressenti:

Un thriller psychologique cuisiné aux petits oignons, des couches et des couches de mystères qui se dépiautent sous les confidences, une saveur salée qui se révèle en milieu de dégustation, et il vous restera en bouche, cet arrière goût amer de mensonges…Mais prenez place, la cuisinière vous prévoit une soirée de page-turner  réjouissant, et on en redemande de ses histoires qui nous prennent aux tripes, et brouillent nos nuits de sommeil…

« La vie est trop puissante en nous pour se retirer sans aucune souffrance. »

Deux sœurs disparues sans laisser de traces. Une seule revient, et lance un SOS pour l’autre. Emma Tanner, ce n’est plus qu’un cri lancé en l’air dans la nuit… Est-ce que vous l’entendrez cet appel ultime venu d’une île mystérieusement dissimulée? Il y a Cass aussi, l’autre soeur Tanner, pour nous murmurer des faits de trois ans de rapt, mais aussi des secrets de vie familiale…Il y a des surfaces qui se craquellent, où les cris et les murmures prennent leur place, dans les fissures d’une famille dysfonctionnelle… Des attirances et des répulsions qui, sans mot dire, font leurs torpilles venimeuses au sein de la cellule recomposée. Abigail Winter, psychologue au FBI, entend bien tous les sons des relations compliquées entre mère et fille, et se fait violence, pour saisir tous les grains qui enrayent la belle image de parfaite entente familiale. Étourdissant!

« Je pense qu’il a deux sortes de personnes: celles qui ont un cri à l’intérieur et les autres.(…). Si vous n’avez pas le cri, vous ne pouvez pas comprendre. »

…Peut-être que j’ai le cri en moi, peut être que c’est pour cela que j’ai compris…

J’ai tant aimé, tant vibré aux voix de ses femmes… J’ai encore passé un super moment avec cette auteure de talent et j’aurai peur encore de trop vous en révéler, Wendy Walker sait y faire pour me captiver… J’adore sa manière de rendre ces romans toujours aussi palpitant, mais aussi dans sa manière bien à elle, de nous faire comprendre les failles psychologiques de l’esprit humain. Derrière l’aspect des jeux des vérités et mensonges à déceler au sein de l’intrigue, elle explore un comportement trouble et c’est irrésistiblement fascinant…J’ai adoré regarder au delà de la surface de l’étang, me perdre dans cette légende grecque revisitée à la sauce contemporaine, et voir l’eau se troubler de tant d’amour maternel toxique…

Mais à quoi ça sert de connaître l’avenir si on n’a pas le pouvoir de le changer? 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! ce fût une lecture bluffante!

 

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La Honte! Jon Ronson.

La Honte ! par Ronson

Synopsis:

Un tweet malheureux, un plagiat, une remarque de mauvais goût qui vous échappe et, avec les réseaux sociaux, c’est désormais le monde entier qui peut vous tomber dessus. En quittant ainsi la sphère personnelle, la honte a depuis quelques années connu une promotion inespérée.
Grand reporter d’un genre très particulier, Jon Ronson a rencontré quelques honteux célèbres malgré eux. Au-delà de ces portraits, parfois dramatiques, parfois désopilants, il s’interroge sur cette nouvelle forme insidieuse du contrôle social. Derrière son écran, la majorité silencieuse s’en donne en effet à coeur joie pour pointer les fautes des autres, et s’en réjouir. 
Et aujourd’hui, une journée où personne n’est désigné du doigt sur la Toile finit par être ennuyeuse, sinon décevante. Seraient-ce les nouveaux jeux du cirque ?

Ce que j’ai ressenti:…Un reportage instructif!

Rappelez-vous, j’avais adoré la passionnante enquête de Jon Ronson au sein de la folie : « Etes-vous psychopathe? », cette année, il sort aux éditions Sonatine La Honte!, un voyage au pays de la honte qui fait froid dans le dos…Tout aussi intéressant que son prédécesseur, ce livre traite de toutes les formes de honte, et surtout de ses détracteurs, sans compter l’effet exponentiel des réseaux sociaux qui viennent enflammer les feux de l’embarras…Les actions, l’apparence, les émotions, les propos:  tout devient prétexte à un nouveau jeu de regards désapprobateurs et de cinglantes répliques…. Rien n’arrête plus le fléau des humiliations puisqu’il est dissimulé dans la foule indistincte…

La honte, comme le froid, est par essence, le manque de chaleur. Et quand elle atteint une intensité écrasante, elle est vécue comme le froid, comme une sensation d’engourdissement ou d’inertie. » James Gilligan.

De nos jours, la façade internet est un tremplin pour nos activités, mais elle peut vite devenir le gouffre de nos pires cauchemars. Certains ont payé au centuple, leurs erreurs sorties de la sphère privée, leurs sautes d’humeurs ont été mise au pilori, leurs mots ont pris d’autres interprétations…Le divertissement a un prix, dès fois, celui d’une vie saccagée…Jon Ronson revient sur ses histoires qui ont créé la polémique, rencontrant les personnes qui ont subi la griffe de la honte et tente de comprendre un phénomène dévastateur qui prend toujours plus d’ampleur derrière les écrans…

Nous sommes une masse de vulnérabilités, et qui sait ce qui va les déclencher? 

J’aime beaucoup l’approche de cet auteur, toujours dans l’empathie et sans jugement hâtif. J’aime ses pérégrinations pour essayer de comprendre un phénomène de société actuel, sa façon de mettre en relief que tout est une question de perceptions, et encore plus dans ce sentiment si particulier, qu’est la honte…C’est parfois vertigineux, les relents de ces conséquences, mais Jon Ronson nous donne les cartes pour passer au delà des passions des anonymes, replaçant ses personnes dans leur statut de victimes du tourbillon malfaisant du Net… Il se penche avec humanité, sur la nouvelle distraction mondiale à la mode et c’est drôlement édifiant!

-Soignez votre caractère! Il détermine votre destinée! 

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture passionnante!

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