Ecoute la ville tomber, Kate Tempest.

Couverture Ecoute la ville tomber


Synopsis: 

Becky, Harry, Leon. Ils quittent Londres en pleine nuit, une valise d’argent pour seule ressource, avec la furieuse envie d’échapper à tout et de se réinventer. Comment en sont-ils arrivés là ? Que cherchent-ils à fuir ? Kate Tempest attrape le lecteur à chaque phrase en évoquant ces enfants du désordre, abîmés par la solitude et les déceptions avant même d’avoir trente ans, mais qui s’obstinent à poursuivre leurs rêves. Vendre de la drogue, danser, s’étourdir, ne sont que des manières d’essayer de vivre, intensément, éperdument.


Ce que j’ai ressenti:

  • Entends l’effondrement des rêves…

C’est Becky, Pete, Harry, Léon et Londres…Mais ça pourrait être toi, moi, tes amis, ta ville…Tellement ce roman, il s’inscrit dans la réalité de nos jours. Vibrant, étonnant, puissant…Une réalité de jeunes trentenaires qui se débattent dans un quotidien absurde de superficialité, nimbée d’ombres d’addictions, avec une perspective d’avenir nébuleux…Une génération désenchantée. Ils n’ont pas encore renoncé à leurs rêves, mais ils ne l’ont pas encore touché du doigt non plus, alors ils se fracassent entre drogue et alcool, se drapent de fierté et donnent un dernier élan pour essayer d’atteindre leurs objectifs…Mais regarde les murs se craquellent…Et Ecoute la ville tomber

« La ville bâille, fait craquer ses phalanges. Regarde quelques pauvres âmes sombrer, par sa faute, dans la spirale de la folie. »

  • Entends la voix de Kate…

J’avais déjà eu un coup de foudre pour la plume de Kate Tempest avec Les nouveau anciens, et d’ailleurs elle y fait un très joli clin d’œil à la fin de son premier roman.  Dans Ecoute la ville tomber, on sent encore sa volonté de nous parler de la jeunesse soumise à des désordres affectifs et sociaux, mais avec une rage de vivre étourdissante. Addictif, violent, percutant. Kate Tempest arrive à capturer les états d’âmes écorchés, les ambitions folles, les corps meurtris, les rêves idéalistes, les cœurs brisés et les idées fulgurantes qui animent ses citadins et nous renvoie tout cela, dans une poésie fracassante…Entre le béton, les gris de l’âme, les bleus au corps, l’asphalte sans fin, le sang versé, les illusions perdues, Londres ne reluit pas vraiment, mais que veux-tu? …Ecoute la ville tomber

« Regarde la ville s’écrouler pour se relever à travers la brume et les mains rouges de sang. »

  • Entends le coup de coeur.

C’est le genre de lecture qui ne laisse pas indemne. Tu reçois en pleine figure, un coup de poing de solitude mortifiante et un uppercut de désespoir englué par les conséquences d’une ville vorace, et tu le ressens puissance Poésie, parce que l’écrivaine a un talent fou pour transmettre les mots et les émotions. Elle te rend accro aussi bien que groggy, d’intentions et d’instants suspendus. Je suis touchée par l’énergie qu’elle a d’être aussi à vif, et de le rendre en choc littéraire…Pour moi, même si je ressors un peu KO et bien vacillante à l’issue de cette lecture, je n’ai rien eu de moins, qu’un énorme coup de cœur…

 

« Chacun cherche cette étincelle qui donnera du sens à sa vie. Cette miette de perfection fuyante qui fera peut-être battre leur cœur plus fort. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

 

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Belleville au coeur, Christian Page.

Couverture Belleville au coeur


Synopsis: 

« Je n’étais pas du matin mais, dans la rue, j’ai pris l’habitude de me lever aux aurores. Ça m’évite de croiser les gamins qui partent à l’école. Je ne veux pas qu’ils me voient. Je ne veux pas me voir dans leurs yeux. »

Après trois hivers passés dans la rue, Christian Page, 46 ans, raconte le quotidien d’un SDF. En écrivant le roman de sa vie, il décrit la langueur des jours et le temps qui s’accélère, le regard des autres, les trucs, les clans, la violence, la pitié, les ivresses du bonheur et l’amour.
Chaque jour, en France, un SDF meurt dans la rue.
Belleville au coeur est dédié à ces milliers d’anonymes, ces femmes, ces hommes qu’on a croisés sans doute, mais sans jamais les voir.


Ce que j’ai ressenti:

  • Quitter une vie…

Christian Page a perdu son quotidien confortable, sa petite famille, et se retrouve à la rue… Comme ça, un peu par hasard, un peu par inaction, anéanti par le tour du destin venu le foudroyer… Avec Belleville au coeur, il nous confie ses journées grises…Il est difficile de quitter cette histoire de vie, de rester insensible à la galère d’un homme, de s’apercevoir qu’un tel dérapage peut survenir à tout moment…SDF, vivre dans les rues de Paris, survivre chaque heure de chaque jour, il nous sensibilise sur les indifférences et les stigmatisations de la société.

« Dans la rue, on n’a pas droit à l’erreur, on tombe pour un rien. »

  • Quitter la liberté…

« Ma liberté, je vous la laisse…« …Jour après jour, il lutte pour sa vie, tout en tenant à rester un homme digne, avec le peu de moyens qui lui reste, un sac à dos comme compagnon de route. Il se raconte, parle des quotidiens difficiles et des réalités de cette vie de cauchemar, avec quelques fois, des jours chanceux et d’autres, désastreux. La rue, c’est de l’entraide autant qu’un danger permanent…Des gestes simples comme se laver ou dormir, devient une épopée journalière et rythme ses vies de misères…

« Cette nuit-là, il a erré comme un fantôme jusqu’à l’épuisement. »  

  • Laisser une fleur…

La lecture a toujours été la bouée de sauvetage de Christian Page, alors déposer des mots d’espoir dans ce témoignage était comme, une fleur qui pousserai au milieu du béton…Parce qu’il en reste encore, de ces personnes qui vivent sur les pavés, des inconnus qui se perdent dans les rues, des corps que l’on retrouvent, sans vie, au détour d’une intersection…Ce Belleville au cœur est un joli cri du cœur, pour que tous les autres ne soient plus invisibles…J’ai été très touchée par cette lecture.

« La justice ne vous protège pas, nous, les misérables. Elle nous attaque, elle nous traque, elle nous enterre. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les Editions Slatkine et Compagnie pour l’envoi de ce livre.

 

D’ombre et de silence, Karine Giebel.

Couverture D'ombre et de silence


Synopsis:

Écrire une nouvelle, c’est tenter, en quelques lignes, de donner vie à un personnage, de faire passer au lecteur autant d’émotions qu’en plusieurs centaines de pages.
C’est en cela que la nouvelle est un genre littéraire exigeant, difficile et passionnant. » Karine Giebel 

Si les romans de Karine Giebel sont parmi les plus lus en France et ont fait le tour du monde, celle-ci excelle depuis quelques années dans un genre tout aussi exigeant : la nouvelle, où elle condense en quelques pages seulement toute la force de ses romans. D’OMBRE ET DE SILENCE réunit neuf textes, dont certains sont inédits et d’autres restés jusqu’à aujourd’hui très confidentiels. Voici l’occasion de la (re)découvrir intensément, grâce à ce recueil de nouvelles noires, humaines, engagées…


Ce que j’ai ressenti :

Il faut toujours une part de lumière pour voir mieux les ombres et c’est dans les silences, que les ténèbres emportent les étincelles de vie…Lire ces nouvelles de Karine Giebel, c’est toucher du doigt, le Noir. Sauf qu’évidemment, la fiction rend toujours compte de l’effroyable réalité que si, c’est si noir, c’est d’autant plus effrayant que ce sont des sujets d’actualités très sensibles…Une réalité où la violence peut prendre différentes formes, différents visages: les liens du sang sont troublés, les haines vivaces, les meurtres inévitables…

En deux mots, voilà ce qui vous attend…

  • Aleyna: Famille/Violence.
  • Aurore: Fratrie/Suicide
  • Ce que les blessures laissent au fond des yeux: Mères/Enfer.
  • J’ai appris le silence : Innocence/ Indifférence.
  • L’été se meurt: Admirateur/Folie.
  • L’homme en noir: Enfant/ Déni.
  • L’intérieur: Femme/ Emprise.
  • Le Printemps de Juliette: Amour/ Euthanasie.

8 nouvelles, et autant de coups de poings renversants, une vraie raclée qui se joue en pages et en mots, pour mieux nous atteindre. Et la reine du noir, Karine Giebel a concocté quelques échantillons de clair/obscur, des situations qui basculent, des scènes déchirantes pour que nous prenions conscience des difficultés qu’il y a en ce monde: à être femme au milieu des hommes, à être fragile face à des brutes, à être démuni au sein du chaos. Tellement de chemins à parcourir encore dans les mentalités alors il faut bien des textes chocs pour éveiller les esprits…

D’habitude, avec les nouvelles j’ai un peu plus de mal, mais cette auteure a réussi à me surprendre, et c’est heureux parce que je tenais à connaître mieux les écrits de cette dame que j’ai eu le plaisir de rencontrer sur un salon: elle m’a laissé une impression, si douce…

Ce format là, exige un choix de mots « impacts » et elle le fait avec brio, Karine Giebel. Je ne regrette qu’une infime chose, c’est que j’avais déjà lu certaines de ses nouvelles (dans les recueils 13 à table! au profit des Restaurants du cœur édité par les éditions Pocket que j’ai plaisir à m’offrir chaque année) donc l’effet de surprise a été moins intense, mais cela ne change pas la qualité des textes et, au moins je les retrouverai enfin dans un recueil entièrement dédié à son talent de nouvelliste!

D’ombre et de Silence frôle quelques ténèbres et des folies contemporaines et réussi son petit effet « Frissons »…8 fois…

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements :

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket pour l’envoi de ce livre! Ce fut une agréable découverte .

On la trouvait plutôt jolie, Michel Bussi.

 


Synopsis: 

On la trouvait plutôt jolie, Leyli. Tout charme et tout sourire. Leyli Maal fait le ménage dans les hôtels à Port-de-Bouc, près de Marseille. Malienne, mère célibataire de trois enfants, Bamby, 21 ans, Alpha, 17 ans, Tidiane, 10 ans, Leyli nourrit un rêve immense et cache un grand secret. Leyli raconte sa vie à qui veut bien l’écouter, mais peut-elle avouer toute la vérité ? Peut-elle empêcher ses enfants de dévoiler ce qu’elle a caché ? Une vengeance ? Un trésor ? Un père ? François Valioni travaille pour une importante association d’aide aux migrants à Port-de-Bouc. Il est retrouvé au petit matin assassiné dans un hôtel. Dans sa poche, un bracelet de couleur et six coquillages. Julo Flores est un jeune lieutenant de police zélé, hyperconnecté. Méfiant envers son commandant et un peu trop sentimental, il ne peut pas croire que Bamby Maal, que tout accuse, soit la coupable. Surtout lorsque survient un second crime. En quatre jours et trois nuits, du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, Michel Bussi nous offre un suspense de haut vol, dans lequel, comme toujours, priment l’humain, l’émotion, l’universel. Jusqu’au stupéfiant twist final.


Ce que j’ai ressenti:

 

  • Et par temps de mistral…

Dans son anémogamie, les bourrasques de vent pourrait bien vous souffler aussi, le récit de Leyli,  l’odeur sucrée de sa peau, la sueur de ses heures de travail, le sel de ses larmes, et le sang de ses rêves évanouis…On la trouvait plutôt jolie, Leyli, mais si on écoute dans les langueurs océanes de la ville de Port-de-Bouc, on pourrait aussi entendre le cri désespéré d’une chouette et les derniers souffles des migrants qui se noient, dans la Méditerranée… Michel Bussi nous offre une poignée de destins qui crissent, comme l’écho des frottements des cauris, et,  il nous fait tenir dans nos mains, près de 500 pages, d’un thriller aux embruns humanistes…

« La poussière se pose plus vite sur nos cœurs que sur les meubles. »

  • Les jours et les nuits se délitent…

On la trouvait plutôt jolie notre paire de lunettes…Mais est-il certain que cela nous cachera la réalité affreuse? Ou encore, nous protégera-t-elle de l’éclat lumineux de nos rêves éveillés? Il y a dans ses pages, un antagonisme fort qui se dispute nos élans du coeur…Les jours sont de sang et les nuits d’ancre, mais la souffrance n’a pas de frontières, elle n’a pas de limites elle se fout bien de vos lignes imaginaires… Elle prend juste différentes couleurs, différents courants, toujours de tragiques chemins qui floutent les regards de ces champions…Et la lumière aveuglante du soleil du désert se frotte à l’obscurité des rues grises de la ville pour déstructurer toutes les attentes…Repères et remous émotionnels dans le tourment des tempêtes, une famille au centre: Leyli, Bamby, Alpha, Tidiane.

« Tu comprends, Bamby, on veut juste notre part de rêve! »

  • …Le sortilège est lancé.

Michel Bussi a le charmant pouvoir de nous surprendre à chaque thriller, dans un dernier twist. C’est son petit tour de magie:  on le trouvait plutôt talentueux, Monsieur Bussi, et il confirme tous ses effets…Je suis, bien sûr attentive à cette connivence de final qu’il a su installer avec ses lecteurs, mais, si j’ai adoré cette lecture, c’est avant tout pour son impact humain. La famille, les secrets bien gardés, les trésors enfouis, l’épopée des migrants, c’est toute une recette d’ingrédients qui a su me toucher, d’une bien chouette manière…

« C’est une sensation étrange, croyez moi, de voir ainsi le monde partir dans le néant, basculer, disparaître alors que vous, vous allez rester. »

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier encore l’équipe formidable du Gang Pocket, pour cette belle soirée et cette  très jolie lecture!

lu-en-part-avec-la-me

pocket

Sympathie pour le démon, Bernardo Carvalho.


Synopsis: 

Ma vie s’est terminée il y a trois ans, à la veille de mes 53 ans, dans l’entrée d’un théâtre, à Berlin. Du moins, c’est là que j’ai commencé à mourir.” Murmurée à l’oreille d’un homme bardé d’explosifs, dans une chambre d’hôtel juste après un attentat à la bombe, cette phrase donne une idée de la tension qui tisse ce roman du début à la fin.

Envoyé au Moyen-Orient dans une zone de combat pour transporter la rançon d’un mystérieux otage, le Rat affronte les conséquences d’une crise déclenchée par une relation amoureuse destructrice. À la limite de la folie, mais raisonnant avec une rage froide, il essaye de comprendre ce qui a fait de lui la proie d’un amant toxique qui a transformé la soumission en puissante arme de guerre.

Une analyse impressionnante du mal, du pouvoir et du désir.


Ce que j’ai ressenti:

  • Et au milieu des décombres, le chaos…

Il s’ouvre comme cela ce roman, sur un champ de ruines, mais juste devant nous, un homme se tient encore debout…Pour autant, que durera ce moment…Un instant T où un Rat, se retrouve dans une mission suicide au fin fond d’une chambre sordide au Moyen-Orient. Un arrêt sur image de chaos avec un dôme de raisons obscures qui entoure cet homme brisé, à l’instar de cette vision de destruction…Bernardo Carvalho a concoctée une petite bombe littéraire d’une telle énergie violente qu’elle en devient juste fascinante. Attention, on en prend plein les yeux, l’écriture y est dure et sans artifices, mais les feux sont bel et bien là!  Cette lecture dynamite nos coeurs et nos têtes, parce que l’on touche de si près, le Mal, dans toute sa splendeur. Une attirance si destructrice…

L’illusion donne la force de continuer à vivre, pour aussi terrible que soit la vie.

  • …Trio infernal…

Bernardo Carvalho explore toutes les dynamiques qui anéantisse un homme. D’un triangle amoureux masculin, à une mission secrète en terre brûlée, en passant par cette tendance à la folie furieuse, on frôle tous les cercles vicieux des passions qui animent le coeur des hommes. Tant de séduction autour de la violence, tant de toxique autour de l’amour, que Sympathie pour le démon donne le vertige, le vertige des grandes émotions…Le lecteur devra trouver son interprétation face à la perdition, sa voie au milieu de ce fatras de mensonges, tenter de marcher sur les lignes d’ondes négatives sans se brûler aux flammes de l’enfer, se confronter à l’haleine fétide du diable…Lui résister.

« Pourquoi il y a tant de gens qui s’aiment? « 
« Pourquoi? » dit-il en souriant. je ne sais pas, parce que c’est bon, parce que ça fait du bien. »
« C’est tout? »
« Tu trouves que c’est peu? »

  • La passion brute.

Difficile de rester de marbre face à ces moments aussi intenses. Brut. Violent. Explosif. C’est ce que j’aime dans la littérature sud américaine, cette puissance dans les sentiments, l’énergie folle qui passe dans leurs mots, l’ampleur ravageuse que l’on devine derrière les lignes. Je suis bluffée. Même refermé, ce livre il continue de brûler sous les braises de son trop plein de passions. Je viens de me prendre un uppercut, mais là, tout de suite, ce que je voudrais , c’est lire le prochain et les précédents livres de cet auteur, car c’est impressionnant comme Bernardo Carvalho a cette façon très particulière de raconter avec autant perspicacité, la rage de vivre et sa compagne si sympathique, la fatalité de la mort…

Avant le déclic du détonateur, précipitez-vous vers cette lecture!

Alors, la mort ne meurt jamais? »

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Camille ainsi que les éditions Métailié de leur confiance. Ce fut une lecture explosive!

lu-en-part-avec-la-me

 

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Les heures rouges, Leni Zumas

Couverture Les Heures rouges


Synopsis: 

États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l’aube de cette nouvelle ère. Ro, professeure célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d’écrire la biographie d’Eivor, exploratrice islandaise du XIXème. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer – de son renoncement à une carrière d’avocate, des jours qui passent et se ressemblent. Mattie, la meilleure élève de Ro, n’a pas peur de l’avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l’arrière d’une voiture… Et Gin. Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu’elle a voulu aider les femmes.


Ce que j’ai ressenti:

  • A corps et à cris étouffés, la féminité dans tous ses états d’âmes…

Leni Zumas  bouscule les codes de l’écriture dans ce roman choral déstructuré et vibrant de féminité, pour nous présenter cinq femmes… Roberta, Mattie, Susan, Gin et Eivor. Mais ce n’est pas tant leurs prénoms qui importent, plutôt les rôles que chacune incarne.Des rôles où chacune d’entre nous peut se reconnaître.  Fille, Mère, Grand-Mère, Amie, Épouse, Guérisseuse, Aventurière, Sorcière, Exploratrice, Professeure, Biographe…

Des femmes fortes et fragiles, unies dans un destin flou commun, menant leurs vies comme elles l’entendent… En dépit des lois, des logiques, de la société, des conventions, des menaces. Elles vivent, survivent, luttent, en équilibre précaire de leurs vagues d’émotions déstabilisantes…Une solidarité féminine qui se devine dans un regard, un geste, une attention…Pas toujours évidente, et pourtant présente, bouleversante…

Cette lecture se fait au rythme des humeurs, des coups de sang, des caresses et des douleurs intimes…Des bourrasques que seule, une femme peut ressentir. Leni Zumas les place au fil des chapitres, au gré de ses rencontres, avec une délicatesse respectueuse mais aussi avec un brin d’audace enflammé…Elle n’a pas peur des mots, des symptômes, elle enfonce les portes de l’impudique et n’hésite pas à mettre en avant, le fonctionnement du corps féminin.

Aimer la vie comme elle vient. 

  • A corps et à cris révoltés, la féminité dans un avenir éhonté.

Parce qu’il a une touche rougeoyante de dystopie, les femmes de ce roman, sont confrontées à une loi qui va bafouer les droits même, de pouvoir disposer de leurs propres corps. Une menace qui pèse sur leurs vies, leurs choix, leurs envies, leurs horloges biologiques. Et pendant ce temps-là, Les Heures Rouges s’égrainent, les cycles se poursuivent, le sang continue de couler…Et justement, cette interdiction prochaine va se fracasser sur les attentes de ces femmes, qui vivent à leur manière, leurs corps au féminin. Tantôt lasses, désespérées, heureuses, effrontées, indisciplinées, courageuses: Les femmes dans toutes leurs charmantes contradictions…

Elle est subtile, cette étiquette de science-fiction parce qu’il semble qu’on le touche presque du doigt, ce futur nébuleux. On pourrait bientôt voir les erreurs du passé reprendre forme, revivre  éventuellement une nouvelle chasse aux sorcières version : demain. Alors Leni Zumas, avec sa fiction toute contemporaine, nous interpelle sur une des dérives potentielles susceptibles de se produire. Avec talent et une originalité surprenante. Juste des choeurs de femmes, des temps écarlates échoués sur des pages blanches..Libre à chacune et à chacun, de se faire sa propre idée, de se révolter, de s’engager, de ressentir au féminin: Les Heures Rouges.

Le matin rouge où je partis pour Aberdeen, elle dit : « Allez, débarrassons nous de cette fisa défectueuse. » 

 

  • A corps et à cris libérés, la féminité à faire valoir.

En cette rentrée littéraire et au vu de l’actualité internationale, cette histoire a les atouts nécessaires pour vous séduire. A l’instar de sa luminosité dans cet avenir obscurantiste, cet enjeu de découvrir un roman féminin, fort et engagé va réjouir tout un lectorat qui aurait envie de matière à réfléchir sur nos problèmes de sociétés passés ou à venir.

J’ai beaucoup aimé la sensibilité et la portée psychologique que Leni Zumas apporte dans son premier roman. Il y a comme une urgence dans ces morceaux de vies choisis, une urgence pour que les femmes prennent à cœur leurs libertés, une urgence pour faire changer les mentalités…

Alors, de toute urgence, vous aussi, découvrez Les Heures Rouges! Coup de Coeur!

 

 Et l’écume des vagues vire au rouge.

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Presses de la cité pour l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture captivante!

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Le Sans Dieu, Virginie Caillé-Bastide

Le Sans Dieu


Synopsis: 

En cette année 1709, c’est un hiver cruel qui s’installe, escorté par une famine plus cruelle encore, qui supplicie la Bretagne… Et emporte avec lui le dernier fils d’Arzhur de Kerloguen, brisant la foi dudit Seigneur et la santé mentale de sa femme.
Six ans plus tard, le Sans Dieu écume les mers des Caraïbes, semant la mort et la terreur. À son bord : la plus farouche assemblée de canailles, d’assassins, de réprouvés, menés par celui que ses hommes appellent l’Ombre. La prise d’un galion espagnol et le rapt d’un père jésuite, miraculeusement épargné, vont bientôt faire tanguer le bateau. Car entre l’homme de Dieu et l’incarnation du diable, une joute verbale des plus féroces s’engage…


Ce que j’ai ressenti:

  • Pirates!

Oyé, Oyé, les aventuriers! Je vous ai trouvé une embarcation orangée, sur laquelle souffle un vent démoniaque,  quelques relents de rudesse, et des cris de rage de vivre… Un navire redoutable, où l’Ombre tient bon la barre, et où son équipage n’a que vénération pour ce capitaine sans foi, ni loi. Il est grand temps de monter à bord de, Le Sans Dieu et de prendre la vie côté pirates, à chercher des trésors enfouis, piller les navires nantis de richesses, grappiller quelques heures douces à terre, se noyer dans des verres de rhum, mais surtout: prendre le large et se retrouver au milieu de l’immensité, démunis devant toute sa beauté grandiose et ses éléments déchaînés…Virginie Caillé-Bastiste nous embarque sur les mers des Caraïbes, avec une plume exquise, un brin rétro et carrément époustouflante, dans un galion rempli de canailles aux surnoms improbables, pour une aventure des plus euphorisantes!

« -Vous n’êtes qu’un misérable écumeur des mers et ne m’effrayez point. Alors, battez-vous! « 

  • Le Sans Dieu, où Dieu et sa présence…

J’ai particulièrement aimé cette virée aquatique, et les douces escales philosophiques. Dieu est là partout, même dans l’absence de foi…L’auteure malmène son capitaine, en lui envoyant des tempêtes d’eaux salines et des vagues de turbulences religieuses, ébranlant ainsi toutes ses convictions et le but même de son projet d’exil…Arzhur est un homme meurtri, cruellement blessé, fatalement athée, mais dans ses affrontements musclés et tactiques avec le Padre, il panse ses blessures purulentes et saccagées par le sel malin…Un duel au sommet des croyances, zébré d’éclairs de colères et d’accalmies ondoyantes, ses deux-là se livrent un combat virulent de mots acérés sur un plateau de noires terreurs et blanches rédemptions…Captivant!

Votre Dieu, mille diables!

  • Le Sans Dieu où la quête de liberté…

Parce qu’elle est pleine de rebondissements, de trahisons et d’amitiés, cette histoire m’a emportée. Virginie Caillé-Bastide, y met tellement de passions contraires, de forces exaltées, de port d’attaches historiques, que lire ce récit de piraterie ravive nos envies d’ailleurs et l’appel de la mer devient, plus que pressant…Même malmenée par des turbulences de grossièretés et des claquements de violences, ces flibustiers m’ont touché en plein cœur…Il y a dans ces vies de pirates, un absolu de liberté qui me fascine…C’est un coup de cœur flamboyant!

 

« Tous étaient devenus hommes du présent. Dès lors, l’action seule importait car leur choix de vie n’oscillait plus qu’entre liberté et potence. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et pour l’envoi de ce livre!

Embruns, Louise Mey

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Synopsis:

Ils sont beaux, sportifs, complices. Mangent local. Achètent cher, mais pour durer. Un bon goût à toute épreuve. Monsieur et Madame Parfait et leurs enfants.
Quand les Moreau prennent possession, pour le week-end, d’une belle maison bretonne, sur cette île perdue en forme de haricot, tout annonce des vacances idéales. C’était compter sans la tempête, la disparition de Marion, le sang sur le couteau… Et l’étrange collaboration des habitants, pour lesquels « les Parisiens » font par-dessus tout un gibier parfait…


Ce que j’ai ressenti:

  • Coincés sur une île…

J’ai toujours adoré les histoires insulaires…Et les huis-clos salés. Embruns avait donc tout pour me séduire…

Louise Mey décide de faire partir la famille Moreau, en weekend détente, dans une maison au charme breton…Idyllique, la cellule familiale et cette perspective de vacances…Paradisiaque, le cadre…A MOINS QUE…

Il se pourrait bien que le charme perde de sa beauté, au fur et à mesure des heures qui passent, que le vent fasse disparaître les fillettes, que la terre avale le sang, que l’océan engloutisse les peurs…Ne laissant que dans le paysage, un brin de carnage…

ll se pourrait bien aussi, que les apparences soient plus que trompeuses, que les failles se craquellent, que les angoisses resurgissent, que les monstres se révèlent…

« -Commence plutôt à te creuser la tête pour trouver un moyen de se barrer d’ici. » 

  • Embruns…

Je reste sceptique sur le choix de ce titre. Avant ma lecture de ce roman, j’ai recherché la définition exacte de ce mot et j’ai entrevu une certaine promesse de poésie…Que je n’ai pas retrouvé dans les pages de ce polar…En revanche, on est vraiment dans un page-turner efficace, aux chapitres courts, tendus et tout aussi cinglants, que les vagues qui frappent cette île-Haricot. Il se lit à l’instar de la tempête qui fait rage, dans une ambiance de tension permanente, à essayer de cerner d’où le danger pourrait advenir…Tu t’en prend plein la figure, tu ne peux te raccrocher à rien, les éléments se déchaînent, les doutes t’emportent, même en tenant bon sur le rivage, la violence des impacts te saisit au fil de ses pages, dans un style sec et tranchant…

« Se cacher. Se cacher n’était pas faire quelque chose.« 

  • Ma doué, ça surprend!

Et en un rien de temps, tu tournes la dernière page…Captivée par les révélations, remontant les brides du filet que l’auteure a noué spécialement pour un final explosif, en gerbe d’eau et de sang…Spectaculaire.

C’est toujours délicat de parler d’un huis-clos, parce qu’on a peur de trop en révéler, alors je n’en dirai pas plus, sinon que j’ai été agréablement surprise par cette fin en twist. Lisez-le!

Est-ce que vous êtes tous. Aussi. Furieux que moi?

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre! Cette lecture est réalisée dans le cadre du Prix des Nouvelles Voix du Polar 2018. 

 

Les diables de Cardona, Matthew Carr.

Couverture Les diables de Cardona

 

Synopsis:

1584. Le prêtre de Belamar de la Sierra, un petit village d’Aragon à la frontière avec la France, est assassiné, son église profanée. Sur les murs : des inscriptions en arabe. Est-ce l’œuvre de celui qui se fait appeler le Rédempteur, dont tout le monde ignore l’identité, et qui a promis l’extermination de tous les chrétiens, avec la même violence que celle exercée sur les musulmans ? La plupart des habitants de la région sont en effet des morisques, convertis de force au catholicisme, et qui pratiquent encore l’islam en secret.

À la veille d’une visite royale, Bernardo de Mendoza, magistrat à Valladolid, soldat et humaniste, issu d’une famille juive, est chargé de l’enquête. Très vite, les tensions s’exacerbent entre les communautés, une véritable guerre de religion se profile. Et les meurtres continuent, toujours aussi inexplicables. Entre l’Inquisition et les extrémistes morisques et chrétiens, la tâche de Mendoza va se révéler ardue.

Ce que j’ai ressenti:…Thriller sous haute tension…

« Souviens-toi de ce jour, petit- c’est à ça que ressemble l’enfer. » 

Matthew Carr m’a captivée de bout en bout, avec son thriller historique parce qu’il a su y implanter une atmosphère forte, imprégnée de caractère et de violence, qui nous emporte en Espagne, au cœur de son Inquisition ravageuse.  Rien qu’avec son premier chapitre, j’ai ressenti une tension palpable, urgente, fébrile qui s’est maintenue, pendant toute la lecture, mais également une beauté sensationnelle dans cette plume, qui nous emporte au cœur des passions, dans les guerres de religion et les amours stratégiques…C’est impressionnant, comme j’ai eu l’impression de presque sentir les odeurs du feu et du sang, les déplacements d’air nimbés de haine, les regards durs sous les tissus, les ventres vides et avides de réconfort…On peut vraiment affirmer que l’auteur a soigné son décor, son intrigue, ses personnages, pour nous rendre cette histoire tellement vivante…

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1584, L’Eglise et l’Etat sont souvent de mèche, et avancent, main dans la main, pour imposer leurs lois, leurs impôts, leurs idéologies…Et s’il prenait l’envie à ses sujets de faire entendre un murmure contraire, on redoublerait d’efforts et de tortures barbares, pour leur faire regretter ses élans de révolte, en invoquant la volonté de Dieu(x) et/ou du Roi…Alors forcément, ce climat de peur est omniprésent dans ses pages, et déjà, qu’il y a cette crainte d’un tueur en série aux intentions floues, il règne une atmosphère encore plus poisseuse à cause de tous ces jeux de pouvoirs implacables et brutaux, ses mensonges calculateurs et ses trahisons cupides… Belamar de la Sierra devient une porte ouverte sur les enfers, un village obscurci par les ombres et la cendre, un territoire étouffé de rage et de désespoir, dévoré de convoitise malsaine…

« -Les gens ont peur, et la peur engendre la haine. »

Cette petite expédition de justice menée par le licenciado Mendoza et son petit groupe de mercenaires, en amont d’un déplacement royal, ne pourra se dérouler que sous tension, étant donné les heurts et la rage dissimulée sous couvert d’oppressions diverses. Ce Rédempteur, ombre insaisissable, qui allumera des feux aussi brûlants que les autodafés, viendra aussi jeter de l’huile sur les mésententes entre morisques et chrétiens, fera couler le sang des vierges, anéantira toute illusion de cordialité entre les parties adverses…Il veut la guerre, et se donne les moyens d’attiser toutes les braises ardentes de la foi. A force de perspicacité et d’approches stratégiques, l’équipe chapeautée par Bernado de Mendoza, paiera très cher, cette danse avec Les diables de Cardona.

« Chez certains hommes, la peur de la mort était inséparable de la peur des enfers, mais l’au-delà ne l’inquiétait pas. »

Non seulement, c’est un thriller impeccable, mené d’une main de maître, avec des rebondissements en retour de flamme avec un assassin bien retors, mais, toute sa force tient à la richesse de son Histoire. Avec un sujet aussi délicat, que la guerre entre les religions monothéistes, l’auteur nous recrée une période sombre du passé avec brio et un travail de recherche qu’on devine jusque dans les moindres détails. En voilà, un page-turner immersif et sacrément époustouflant!

« Chacun d’entre nous doit faire ce choix librement. Si nous n’avions pas ce choix, alors la vertu et le ciel perdraient tout leur sens. »

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance! Ce fut une lecture captivante!

Coupable[s], Samuel Sutra.

Coupable[s] par Sutra

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai eu une sorte de coup de foudre pour la couverture…Les yeux sans doute…Une couverture vraiment réussie, et encore plus jolie de près avec la finesse des détails…Elle est fascinante.

Synopsis:

HAÏTI. 12 janvier 2010 – 16 h 50.
Le pays est frappé par le plus meurtrier tremblement de terre de son histoire.
L’aide humanitaire afflue de partout.
PARIS. Aujourd’hui.
Une série de meurtres secoue la ville.
Quatre personnes sont retrouvées sauvagement assassinées.
Toutes sont liées à un projet baptisé « Kenscoff » .
Un cinquième individu est recherché.
Pour prêter main-forte à la Brigade criminelle dans cette enquête particulière, un jeune policier rejoint l’équipe.
Haïti, il connaît bien.
Il y est né.

Ce que j’ai ressenti:

Y a eu des morts? Et après. En Haïti , y a toujours des morts. Là-bas, la mort, c’est la vie.

Si la catastrophe de Janvier 2010 a dévasté Haïti, elle a permis aussi aux vautours financiers de tournoyer au dessus de ses terres de chaos, et leurs ombres faites de mensonges et de courses aux profits, ont engendré plus de catastrophes qu’il était encore possible après celle, naturelle, de ce tremblement de terre dévastateur…C’est donc au milieu de ce fatras que Samuel Sutra pose son décor pour un thriller sombre et vibrant aux magnitudes de Richter… Haïti, c’est l’ombre d’une menace sourde mettant en lumière des Coupable[s] sans scrupules et qui réveillera une vengeance effroyable venue de ses décombres…

« Avec les autres, on est toujours au milieu de quelque chose, mais jamais au cœur de rien. »

Dans son rêve de justice, la mythique Brigade Criminelle du 36 Quai des Orfèvres est l’ultime but de ce jeune policier, Jean Raph’, et quand il se voit donner la chance d’intégrer la fameuse équipe à titre de consultant, il ne touche plus terre…Quel plaisir de le suivre dans ses couloirs et cette enquête retorse, où ses racines haïtiennes deviennent une aide précieuse pour mieux comprendre le folklore et les traditions de ce pays lointain…Pour autant, ça ne sera pas une promenade de santé pour ce novice des enquêtes de terrain puisque, les meurtres sont d’une violence inouïe et que ça prend vite la forme d’une frénésie…Au 36, l’équipe de flics est sur les dents et font appel à toutes les branches du métier pour résoudre les mystères, parfois un peu trop empreint de sorcellerie, au goût de certains…

« A dix-sept ans, tu tues pour une cause. A trente pour une femme. Après, y’a que l’oseille qui te fait bouger le cul. »

Efficace, maîtrisé, surprenant. Ce sont les trois mots que j’associe à cette lecture, au delà de l’intérêt d’avoir découvert les dessous des « petites affaires » de l’aide humanitaire…Dans ses pages, on creuse des pistes sanglantes, on déblaie des dossiers terreux, on fouille parmi les décombres poisseuses et on déterre des secrets de famille palpitants…De Paris en Haïti, Samuel Sutra nous façonne un polar noir avec un cœur brûlant entre sang et vengeance…Les dagydes n’ont qu’à bien se tenir, parce que l’envoûtement n’est pas loin avec ses deux cents et quelques pages intenses et captivantes que cet auteur nous a concocté!

« On n’aime pas parler pognon en France, c’est sale. Quand on est pauvre, on est feignant, quand on est riche, on est voleur. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Nathalie des éditions Flamant Noir pour sa confiance et l’envoi de ce livre!

 

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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