Les Limbes, Olivier Bal.

Couverture Les limbes


Synopsis:

Et si quelqu’un contrôlait vos rêves ?

Viêtnam, 1970. Quand l’assaillant a tiré, James Hawkins a vu la mort en face.
Un mois de coma plus tard, c’est un vétéran qui redoute l’heure du sommeil. Car depuis sa blessure à la tête, toutes les nuits James visite, en songe, les rêves des autres. Semble interagir avec eux. Les contrôler, peut-être… Une malédiction, pour lui. Du pain béni pour la CIA, dont la base secrète, en Alaska, lui ouvre ses portes. Là, scientifiques et militaires se sont donnés pour mission d’explorer ce territoire inconnu, au cœur de l’esprit : les Limbes… Au risque d’en ramener d’abominables monstres…


Ce que j’ai ressenti:

▪️Et si Olivier Bal faisait de vous, un Éveillé?

  • Où suis-je?

Dans la Station K27 en Alaska. J’ouvre les yeux. Je vois James Hawkins, un vétéran de la guerre du Vietnam, souffrant de stress post-traumatique et qui craint de dormir. Je vois des images terribles. Ses souvenirs et les failles de son psychisme. Je vois aussi son pouvoir: une arme ou une bénédiction? Je vois un potentiel énorme dans un univers riche et profond. Je sens le froid. Et je ressens le poids du secret.

*Peur.

Ouvrez les yeux. Olivier Bal nous entraîne dans un thriller fascinant. Gardez les bien ouverts surtout, et ne vous endormez jamais! C’est un conseil, parce qu’il se pourrait que sous la surface, et dans le noir absolu, au plus près de votre Moi, lui, Olivier Bal, s’amuse à jouer avec vos peurs et les emmène plus loin encore, dans une zone étrange… Dans une Nef et des couloirs sombres, avec un résident menaçant et quelque peu intrusif. Vous commencez à avoir peur? Ce n’est rien, attendez de vivre l’expérience des Limbes, et essayer d’en revenir indemne, de corps et d’esprit…Frissons garanti!

  • Où vais-je?

J’ouvre les yeux. Je vais dans Les limbes, au plus profond de mes rêves. Explorer les mystères et les cultures qui ont mis en avant, ce Monde intangible. Ces personnes qui en ont fait un royaume de possibles et de conquêtes, la dernière frontière à saisir et à contrôler. Je vais avec James, Caleb et les jumeaux Thomas et Ethan, dans un nouvel espace crée avec la force de l’imagination, lever le voile sur le mystère de La Main de Dieu. Mais si, c’était une terreur sans nom qui guettait les imprudents et les audacieux?

*Rage.

Ouvrez les yeux. Et regardez bien en face, le futur et un des possibles avenirs, si la science tombait entre de mauvaises mains. Ne vous endormez plus, restez conscients! Ils ont dans l’optique de contrôler vos esprits, approcher vos rêves, et transformer le monde à leur image. Voilà trente ans, qu’ils étudient le sommeil, vos temps d’absences et les pouvoirs de votre esprit. Vos pires cauchemars peuvent commencer une fois que vous aurez franchi les pages de ce fantastique roman. J’ouvre les yeux. Je note toute la richesse du travail de recherche et le plaisir d’avoir un thriller aussi bien psychologique que addictif, soigné et documenté, fascinant et mystérieux. Juste ce qu’il faut pour te filer, une frousse terrible…

  • Que faire?

Ouvrir les yeux. Ne pas dormir. Ne pas oublier. Et forcément, courir chercher Le Maître des Limbes, le deuxième tome de ce diptyque parce que ce n’est pas possible de rester sur ce final…Trop de questions sont restées cachées et trop d’adrénaline se sont mêlées à ses pages. Il me faut la suite de toute urgence. Ne pas dormir. Ne plus dormir même, tant que je n’aurais pas mis un point final à cette expérience extralucide. Je veux savoir dans quelle folie va encore basculer notre cher James et vers quel destin, il se précipite, comme ça, les yeux fermés…

*Fascinant.

Olivier Bal m’a captivée avec ce premier tome. L’univers du rêve et ses possibles est un sujet qui me passionne et avec cette histoire, il m’a complètement embarquée. Je veux devenir une Éveillée. J’ai marché dans Les Limbes et j’ai adoré ça. Et vous, allez-vous oser franchir la frontière de vos rêves?

▪️ Et si quelqu’un contrôlait vos rêves?

Le rêve, c’est la dernière frontière. L’homme a conquis la mer, la terre, l’espace… et maintenant, enfin, il conquiert son propre esprit.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10et

Remerciements: 

Je tiens à remercier très chaleureusement toute l’équipe de la Team Pocket. Merci de leur confiance et l’envoi de ce livre!

Ça ne coûte rien de demander,Sara LÖvestam.

Couverture Ça ne coûte rien de demander


Synopsis: 

« Si la police ne peut rien pour vous, n’hésitez pas à faire appel à moi. » Kouplan, détective sans-papiers. 
Ça y est, l’autoproclamé « détective » Kouplan, immigré iranien à Stockholm, n’a plus un rond. Il en est réduit à collecter des canettes vides pour les revendre contre quelques pièces. 
En fouillant dans les poubelles du quartier huppé de Lidingö, il croise le chemin de Jenny Svärd, conseillère municipale aux dents longues, dont il surprend la conversation : Jenny vient de se faire escroquer par son amante, qui a disparu dans la nature avec deux cent mille couronnes. 
Puisque ça ne coûte rien de demander, Kouplan saute sur l’occasion pour lui proposer ses services d’enquêteur…


Ce que j’ai ressenti:

Il me semble que ça ne coûte rien de dire que j’ai adoré cette deuxième enquête de l’inspecteur Kouplan. Que j’ai été très heureuse de le retrouver, parce que finalement, c’est bien à ce personnage que l’on s’attache. On l’avait laissé sur une révélation inattendue en twist final dans Chacun sa vérité, et Sara Lovestam approfondit plus encore cette identité floue en donnant un caractère plus intime à ce roman. En brouillant ainsi les pistes, cette auteure bouscule les mentalités vers plus de tolérance. Certains passages sont bouleversants, et tout le long de cette intrigue, c’est dans cette fragilité qu’est la grande force de ce polar. Je suis totalement conquise par son style, son engagement pour les problèmes de société actuels, sa sensibilité. Au delà, d’une simple enquête à lire sous nos plaids, je pense que Sara Lovestam peut marquer l’univers du polar grâce à ce personnage atypique.

« Les circonstances nous rendent complexes, songe Kouplan. Comment se catégoriserait-il lui-même? Comment associer son passé, son corps et ses actes sous une seule et unique étiquette? » 

Le détective Kouplan  se voit confier une nouvelle mission dans l’ombre et puisque ça ne coûte rien de demander, il aborde lui même, Jenny Svard qui s’est vue délestée de deux cent mille couronnes par son amante. Toujours la peur et la faim au ventre, et sans doute d’autres bouleversements hormonaux, il avance dans les rues à couvert, et plonge dans le grand bain de la politique. Petit à petit, on est saisi par la force des mensonges énoncés et des vérités tues, par les révélations étranges et les actions volontaires, et par cette vengeance de femmes.

« En se consacrant au faux, on est en contradiction avec la vie qui est dans le vrai. Chaque mensonge est un instant volé à sa propre vie. »

Ça ne coûte rien de demander…la suite des aventures de Kouplan! Je suis tellement impatiente de découvrir l’évolution de ce personnage. Dans ce tome-ci, vérités et mensonges jouent encore sur les failles humaines et tout ce qu’il parait n’est jamais totalement ce qui est. Et c’est ce que j’adore! Etre déstabilisée, ne pas prévoir le prochain rebondissement, me laisser surprendre par des émotions nouvelles. Avec Sara Lovestam, je sais que j’aurai ces moments de doutes délicieux, où chacun peut ressentir sa vérité.

Ça ne coûte rien de demander, Kouplan. Il n’y a qu’à demander, l’univers te répondra. Sois ce que tu veux être, nous sommes les metteurs en scènes de nos propres vies. 

 

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Emmanuelle des éditions Pocket pour sa confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture passionnante!

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pocket

Maura Murray a disparu, James Renner.

Couverture Addict / Maura Murray a disparu


Synopsis:

Imaginez une jeune femme sur une route du Nord. Derrière elle, les montagnes de la Nouvelle-Angleterre et quelques tracas de la vie quotidienne : une rupture, des problèmes d’argent, et maintenant une sortie de route…
Un voisin lui demande si elle a besoin d’aide. La jeune fille refuse, elle a déjà appelé les secours. Saisi d’un doute, il prévient la police qui arrive sept minutes plus tard : la voiture est toujours là mais la conductrice, elle, s’est volatilisée.
Elle s’appelait Maura Murray ; elle avait 21 ans. On ne la reverra plus jamais.
De cette énigme absolue, impénétrable et ordinaire, James Renner va remonter cent pistes, recueillir des témoignages, échafauder des plans, jusqu’à l’obsession…


Ce que j’ai ressenti:

  • Quand un drame devient obsession…

James Renner se prend de passion pour la disparition d’une jeune fille. Il veut aider la famille à retrouver Maura Murray, 21 ans, qui s’est évaporée sur le bas-coté d’une route. 7 minutes pour effacer une jeune adulte de la surface de la terre. 7 minutes qui vont hanter, par contre pendant des années, James Renner, journaliste et addict de true crime. Il y a cette excitation à lever le voile sur ce mystère, et puis il y a un basculement… Celui où l’auteur ne sait plus prendre de recul face à cette affaire, qu’elle devient tellement envahissante, qu’il n’est plus possible de revenir en arrière…Bluffant autant qu’effrayant!

« J’ai achevé de m’enivrer et j’ai passé la nuit entouré d’ours en peluche, furieux contre moi-même d’avoir cru possible de jouer au plus fin avec l’univers. » 

  • Quand un fait divers devient fascinant…

Comme on dit, ce n’est pas tant la destination qui importe, mais le voyage. Et ici, le voyage-reportage-addiction est intéressant. Il nous parle des heures perdues auprès de sa famille pour récolter des centaines de témoignages, des minutes floues à troquer des vérités obscures, des journées entières à soustraire au bonheur pour s’enfoncer dans des ténèbres glissantes. J’ai aimé la manière dont James Renner mêle cette enquête à son propre quotidien. C’est juste stupéfiant de voir comment cette histoire entre dans sa vie et fout un chaos pas possible. J’ai été touchée par son honnêteté à mettre à nu, ses recherches autant que ses émotions. Journaliste, c’est une vocation, mais être humain, c’est apporter cette part de soi pour que l’on prenne en pleine figure, des raz-de-marrés de sensations auxquelles il est difficile de rester de marbre…Un page-turner fascinant.

Il y a quelque chose d’extrêmement exaltant à regarder un monstre dans les yeux et  lui montrer qu’on n’a pas peur. 

  • Quand un doute devient raisonnable…

J’ai bien compris que dans cette vie, les happy-end sont rares. Quand on referme ses pages, il nous reste des doutes et des questions sans réponses, parce que des disparitions inexpliquées, des meurtres non résolus, des actes honteux, il s’en passe tous les jours, malheureusement sur cette planète. Et même s’ils ne nous concernent pas directement, ils peuvent nous ébranler plus que de raison. La preuve en 400 pages et quelques addictions avec James Renner. J’ai été captivée. Maura Murray a disparu, mais est ce que c’était volontaire ou pas?

« Ça faisait du bien de pleurer. De ressentir les choses. Mais ça faisait peur, aussi. » 

 

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 9/10

Remerciements: 

Je tiens  remercier très chaleureusement Les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

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pocket

 

La Société des Rêveurs Involontaires, José Eduardo Agualusa.


Synopsis: 

Le journaliste Daniel Benchimol rêve de gens qu’il ne connaît pas mais reconnaît dans la mémoire de l’appareil photo qu’il retrouve sur une plage. Moira Fernandez, une artiste mozambicaine habitant Le Cap, met en scène et photographie ses rêves. Hélio de Castro, un neuroscientifique, les filme. Hossi Kaley, le patron de l’hôtel Arco-Iris, ancien guérillero au passé obscur et violent, se promène dans les rêves des autres, vêtu d’un costume violet, ce qui va donner à un service secret l’idée de l’utiliser pour manipuler les rêves de la population lors des élections, mais ne l’empêchera pas malgré tout de connaître un grand amour.
Les rêves rassemblent ces quatre personnages dans un pays totalitaire au bord de la destruction, où se réveillent aussi les rêves de liberté de la jeunesse.
Écrite dans un style éblouissant, cette Société des rêveurs involontaires est une histoire d’amour, un récit fantastique, un polar onirique et une vraie satire politique pleine d’humour, qui questionne la nature de la réalité tout en réhabilitant le rêve comme instrument de transformation du monde.


Ce que j’ai ressenti:

 

  •  J’ajoute à mes nuits, un peu de cette énergie artistique que j’ai saisi dans ces pages, pour peindre des aquarelles d’orchidées bleutées sur des lignes de rêves. J’enfile une veste violette et je vous emmène en Afrique découvrir l’étrange enquête de Daniel Benchimol… Et si des funambules s’invitent dans vos songes pastels, c’est sûrement que vous êtes vous aussi, touchés par cette histoire fantastique. Pour ma part, je l’ai été plus que de raison, et peut être que la folie me guette, mais avant, j’aimerai vous dire que j’ai adoré me perdre dans d’autres ailleurs…Je nage encore dans un océan aérien d’euphorie et je lance des vœux au ciel:

-Exercez-vous à rêver. Croyez à vos rêves. Et maintenant réveillez-vous, mon ami! 

 

  • J’ajoute à mon temps, un moment de lecture particulier, singulier, onirique où les métaphores s’incarnent et se répondent en miroir. L’envol d’un oiseau se reflète dans l’épanouissement d’une jeune femme combative, la naissance d’une fleur à l’instar d’une artiste qui se révèle par son talent, un arbre qui s’enracine contre des souvenirs qui s’étiolent, des observateurs de rêves qui font face à l’œil avisé d’un journaliste engagé. Dans la forme et dans le style, José Eduardo Agualusa réalise une prouesse littéraire où rêves et réalités se réinventent dans une histoire plurielle ou l’amour, l’art et les songes dansent sur les cendres de la barbarie. Derrière l’insoutenable atmosphère d’un pays totalitaire, quelques esprits s’éveillent… Surprendre une jeunesse qui se révolte face à la dictature, dépeindre un pays au bord du gouffre et éclairer nos consciences, c’est le pari fou de La société des rêveurs involontaires.

 

« Le pacifisme, mon frère, c’est comme les sirènes: hors de la mer de l’imagination il ne respire pas, il a du mal avec la réalité. Encore moins avec la nôtre, cette réalité si cruelle. » 

 

  • J’ajoute à mes carnets, des dizaines de citations poétiques et de réflexions méditatives. Des échos de mots et des éclats d’images pour nager dans l’infini de l’idée même de Liberté. Elle brillait de mille façons, Liberté dans ses pages: dans la lumière d’un clair de lune, sur les murs des galeries, dans le viseur d’un appareil photo, sur la surface d’un écran, dans l’obscurité d’une cellule, sur la mer imaginaire, dans la profondeur de l’inconscient, sur le crane d’une enfant, dans la grandeur des souhaits. La voir ainsi prendre multiples facettes, cela donne envie de déplier nos ailes et s’envoler vers elle…

« Je suis tombé par terre comme un pétale de fleur. » 

  • J’ajoute à mes coups de cœur, ce livre, La société des rêveurs involontaires, comme un des plus beaux livres que j’ai eu le plaisir de lire, parce qu’il contait à mon inconscient, une vérité intime. Et ce matin, c’est en toute conscience, que je vous dévoile la vague déferlante de mes émotions…Magnifique!

 

« Tous les rêves sont inquiétants, parce qu’ils sont intimes. Ils sont ce qu’on a de plus intime. L’intimité est inquiétante. »

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule10/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Métailié de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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J’irai tuer pour vous, Henri Loevenbruck.

Couverture J'irai tuer pour vous


Synopsis: 

1985, Paris est frappé par des attentats comme le pays en a rarement connu. Dans ce contexte, Marc Masson, un déserteur parti à l’aventure en Amérique du Sud, est soudain rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne… Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d’opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henry Loevenbruck raconte un moment de l’histoire de France qui résonne particulièrement aujourd’hui dans un roman d’une tension à couper le souffle. Pour écrire ce livre, il a conduit de longs entretiens avec « Marc Masson » et recueilli le récit de sa vie hors norme.


Ce que j’ai ressenti:

  • J’irai murmurer des secrets d’états…

Comme vous le savez, la politique et jeux de pouvoir, je n’y entends pas grand chose…Or, j’ai pris mon temps, beaucoup de temps et de concentration même, pour lire le nouveau livre de Henri Loevenbruck. Une attention que j’ai voulu très particulière étant donné le titre choc: J’irai tuer pour vous. Ce n’est pas anodin comme titre. J’étais impatiente de découvrir où il m’emmènerait cette fois-ci, et c’est rien de moins qu’au cœur des services secrets français, dans les années 80, au milieu de la tourmente des attentats terroristes. Alors forcément, c’est un roman qui réveille des douleurs profondes, et il est si intense qu’il ne se lit pas comme un thriller ordinaire, mais avec une certaine appréhension. On y entre à pas de loup, discret comme son héros des enfers, Hadès, pour mieux comprendre certains aspects des stratégies militaires, tout en ayant la crainte de voir resurgir toutes nos blessures. Etre un assassin pour le compte de l’état, c’est la mission de Marc Masson, et c’est une mission périlleuse, et on n’a pas forcément idée à quel point! C’est terrible comme vocation, mais l’auteur arrive à nous faire ressentir l’utilité de tels hommes en marge, pour garantir une certaine forme de sécurité dans un pays. Il nous entraîne donc en coulisses, dans ses métiers de l’ombre, où chaque mission est plus risquée que la précédente, où chaque sourire politique cache un bain de sang, quelque part dans le monde, et où un seul homme peut faire la différence.

Le danger, c’est de la liberté promise.

  • J’irai écrire des carnets d’émotions…

J’ai été touchée par le personnage de Marc Masson et surtout par ses extraits, intime et intense. Ce carnet apporte des bouffées d’humanité entre deux actes immondes. Hadès M.M est un homme empreint de brutalité, mais aussi, habité par une forme rare de justice. C’est plus fort que lui, cette violence, elle le dépasse et régit toute sa vie. Et pourtant, il contrebalance ses penchants noirs par une notion altruiste, celle de vouloir protéger son pays, à tout prix.  Sa vie aux dépens de celles des autres, son acuité au service de la nation. L’auteur s’est inspiré de la vie d’un agent secret, a recueilli ses impressions, et nous donne un personnage tellement attachant et presque fascinant, parce que l’on sent à travers la fiction, des pans de vérités terribles. Quand l’adrénaline est un leitmotiv et la douleur, une nécessité pour se rappeler que l’on est tout simplement vivant, les perspectives de ce métier prennent plus de sens et de profondeur, et on lit presque en apnée, les actions calibrées au millimètre près, on devient aussi tendu que le héros, on vibre à l’unisson face aux menaces. C’est un choix de carrière extrêmement difficile, il me semble: « J’irai tuer pour vous« : il faut avoir une certaine conviction pour accomplir ces demandes…Tuer sans poser de questions, tuer pour son pays, tuer pour maintenir la liberté. Autant de réflexions qui me hante encore…Pour moi, ces carnets ont été très importants dans cette lecture pour comprendre un tel personnage, mais aussi l’apprécier…

Comme un clochard céleste, plus pauvre que jamais, je n’ai pourtant manqué de rien. Quand vous ne rêvez que d’aventure et qu’enfin elle vous tend les bras, vous ne manquez jamais de rien. Tout est là qui vous attend.

  • J’irai crier pour vous, mon coup de coeur!

En cela, c’était un univers passionnant et instructif, j’ai été captivée de bout en bout. Et bien sûr, je note encore une rencontre fulgurante avec un personnage: Hadès a une aura très particulière. La plume de Loevenbruck est tellement exceptionnelle, que j’ai adhéré complètement à cette proposition, (il n’aurait pas un don d’ailleurs pour se réinventer à chaque roman???!) alors que ce sujet me paraissant de prime abord, assez délicat. Je suis totalement sortie de ma zone de confort, mais je ne regrette pas cette virée en ces temps troubles, j’ai appris tellement dans ce thriller…

Si Marc Masson prends les armes pour la France, en revanche, Henri Loevenbruck me désarme complètement. Je finis son roman, avec le sourire, les larmes aux yeux, et le cœur broyé. 630 pages qui m’ont bouleversée. A chaque fois, je suis conquise par les valeurs que met en avant, Henri Loevenbruck, comme l’amitié, la loyauté, le respect, mais surtout, la liberté. J’aime passionnément, sa façon de me conter ses histoires.

Je dois remplir une mission aujourd’hui, elle ne sera sans doute pas secrète mais, J’irai vous dire que j’ai adoré ce roman! Trop. Intensément.

Coup de coeur! ❤

« Néanmoins, chaque fois que j’ai eu un ami, je lui ai tout donné. Tout, comme si c’était une évidence. En amitié, ce qui n’est pas donné est perdu. Cela a toujours été une évidence. »

 

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

Ecoute la ville tomber, Kate Tempest.

Couverture Ecoute la ville tomber


Synopsis: 

Becky, Harry, Leon. Ils quittent Londres en pleine nuit, une valise d’argent pour seule ressource, avec la furieuse envie d’échapper à tout et de se réinventer. Comment en sont-ils arrivés là ? Que cherchent-ils à fuir ? Kate Tempest attrape le lecteur à chaque phrase en évoquant ces enfants du désordre, abîmés par la solitude et les déceptions avant même d’avoir trente ans, mais qui s’obstinent à poursuivre leurs rêves. Vendre de la drogue, danser, s’étourdir, ne sont que des manières d’essayer de vivre, intensément, éperdument.


Ce que j’ai ressenti:

  • Entends l’effondrement des rêves…

C’est Becky, Pete, Harry, Léon et Londres…Mais ça pourrait être toi, moi, tes amis, ta ville…Tellement ce roman, il s’inscrit dans la réalité de nos jours. Vibrant, étonnant, puissant…Une réalité de jeunes trentenaires qui se débattent dans un quotidien absurde de superficialité, nimbée d’ombres d’addictions, avec une perspective d’avenir nébuleux…Une génération désenchantée. Ils n’ont pas encore renoncé à leurs rêves, mais ils ne l’ont pas encore touché du doigt non plus, alors ils se fracassent entre drogue et alcool, se drapent de fierté et donnent un dernier élan pour essayer d’atteindre leurs objectifs…Mais regarde les murs se craquellent…Et Ecoute la ville tomber

« La ville bâille, fait craquer ses phalanges. Regarde quelques pauvres âmes sombrer, par sa faute, dans la spirale de la folie. »

  • Entends la voix de Kate…

J’avais déjà eu un coup de foudre pour la plume de Kate Tempest avec Les nouveau anciens, et d’ailleurs elle y fait un très joli clin d’œil à la fin de son premier roman.  Dans Ecoute la ville tomber, on sent encore sa volonté de nous parler de la jeunesse soumise à des désordres affectifs et sociaux, mais avec une rage de vivre étourdissante. Addictif, violent, percutant. Kate Tempest arrive à capturer les états d’âmes écorchés, les ambitions folles, les corps meurtris, les rêves idéalistes, les cœurs brisés et les idées fulgurantes qui animent ses citadins et nous renvoie tout cela, dans une poésie fracassante…Entre le béton, les gris de l’âme, les bleus au corps, l’asphalte sans fin, le sang versé, les illusions perdues, Londres ne reluit pas vraiment, mais que veux-tu? …Ecoute la ville tomber

« Regarde la ville s’écrouler pour se relever à travers la brume et les mains rouges de sang. »

  • Entends le coup de coeur.

C’est le genre de lecture qui ne laisse pas indemne. Tu reçois en pleine figure, un coup de poing de solitude mortifiante et un uppercut de désespoir englué par les conséquences d’une ville vorace, et tu le ressens puissance Poésie, parce que l’écrivaine a un talent fou pour transmettre les mots et les émotions. Elle te rend accro aussi bien que groggy, d’intentions et d’instants suspendus. Je suis touchée par l’énergie qu’elle a d’être aussi à vif, et de le rendre en choc littéraire…Pour moi, même si je ressors un peu KO et bien vacillante à l’issue de cette lecture, je n’ai rien eu de moins, qu’un énorme coup de cœur…

 

« Chacun cherche cette étincelle qui donnera du sens à sa vie. Cette miette de perfection fuyante qui fera peut-être battre leur cœur plus fort. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

 

Belleville au coeur, Christian Page.

Couverture Belleville au coeur


Synopsis: 

« Je n’étais pas du matin mais, dans la rue, j’ai pris l’habitude de me lever aux aurores. Ça m’évite de croiser les gamins qui partent à l’école. Je ne veux pas qu’ils me voient. Je ne veux pas me voir dans leurs yeux. »

Après trois hivers passés dans la rue, Christian Page, 46 ans, raconte le quotidien d’un SDF. En écrivant le roman de sa vie, il décrit la langueur des jours et le temps qui s’accélère, le regard des autres, les trucs, les clans, la violence, la pitié, les ivresses du bonheur et l’amour.
Chaque jour, en France, un SDF meurt dans la rue.
Belleville au coeur est dédié à ces milliers d’anonymes, ces femmes, ces hommes qu’on a croisés sans doute, mais sans jamais les voir.


Ce que j’ai ressenti:

  • Quitter une vie…

Christian Page a perdu son quotidien confortable, sa petite famille, et se retrouve à la rue… Comme ça, un peu par hasard, un peu par inaction, anéanti par le tour du destin venu le foudroyer… Avec Belleville au coeur, il nous confie ses journées grises…Il est difficile de quitter cette histoire de vie, de rester insensible à la galère d’un homme, de s’apercevoir qu’un tel dérapage peut survenir à tout moment…SDF, vivre dans les rues de Paris, survivre chaque heure de chaque jour, il nous sensibilise sur les indifférences et les stigmatisations de la société.

« Dans la rue, on n’a pas droit à l’erreur, on tombe pour un rien. »

  • Quitter la liberté…

« Ma liberté, je vous la laisse…« …Jour après jour, il lutte pour sa vie, tout en tenant à rester un homme digne, avec le peu de moyens qui lui reste, un sac à dos comme compagnon de route. Il se raconte, parle des quotidiens difficiles et des réalités de cette vie de cauchemar, avec quelques fois, des jours chanceux et d’autres, désastreux. La rue, c’est de l’entraide autant qu’un danger permanent…Des gestes simples comme se laver ou dormir, devient une épopée journalière et rythme ses vies de misères…

« Cette nuit-là, il a erré comme un fantôme jusqu’à l’épuisement. »  

  • Laisser une fleur…

La lecture a toujours été la bouée de sauvetage de Christian Page, alors déposer des mots d’espoir dans ce témoignage était comme, une fleur qui pousserai au milieu du béton…Parce qu’il en reste encore, de ces personnes qui vivent sur les pavés, des inconnus qui se perdent dans les rues, des corps que l’on retrouvent, sans vie, au détour d’une intersection…Ce Belleville au cœur est un joli cri du cœur, pour que tous les autres ne soient plus invisibles…J’ai été très touchée par cette lecture.

« La justice ne vous protège pas, nous, les misérables. Elle nous attaque, elle nous traque, elle nous enterre. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les Editions Slatkine et Compagnie pour l’envoi de ce livre.

 

D’ombre et de silence, Karine Giebel.

Couverture D'ombre et de silence


Synopsis:

Écrire une nouvelle, c’est tenter, en quelques lignes, de donner vie à un personnage, de faire passer au lecteur autant d’émotions qu’en plusieurs centaines de pages.
C’est en cela que la nouvelle est un genre littéraire exigeant, difficile et passionnant. » Karine Giebel 

Si les romans de Karine Giebel sont parmi les plus lus en France et ont fait le tour du monde, celle-ci excelle depuis quelques années dans un genre tout aussi exigeant : la nouvelle, où elle condense en quelques pages seulement toute la force de ses romans. D’OMBRE ET DE SILENCE réunit neuf textes, dont certains sont inédits et d’autres restés jusqu’à aujourd’hui très confidentiels. Voici l’occasion de la (re)découvrir intensément, grâce à ce recueil de nouvelles noires, humaines, engagées…


Ce que j’ai ressenti :

Il faut toujours une part de lumière pour voir mieux les ombres et c’est dans les silences, que les ténèbres emportent les étincelles de vie…Lire ces nouvelles de Karine Giebel, c’est toucher du doigt, le Noir. Sauf qu’évidemment, la fiction rend toujours compte de l’effroyable réalité que si, c’est si noir, c’est d’autant plus effrayant que ce sont des sujets d’actualités très sensibles…Une réalité où la violence peut prendre différentes formes, différents visages: les liens du sang sont troublés, les haines vivaces, les meurtres inévitables…

En deux mots, voilà ce qui vous attend…

  • Aleyna: Famille/Violence.
  • Aurore: Fratrie/Suicide
  • Ce que les blessures laissent au fond des yeux: Mères/Enfer.
  • J’ai appris le silence : Innocence/ Indifférence.
  • L’été se meurt: Admirateur/Folie.
  • L’homme en noir: Enfant/ Déni.
  • L’intérieur: Femme/ Emprise.
  • Le Printemps de Juliette: Amour/ Euthanasie.

8 nouvelles, et autant de coups de poings renversants, une vraie raclée qui se joue en pages et en mots, pour mieux nous atteindre. Et la reine du noir, Karine Giebel a concocté quelques échantillons de clair/obscur, des situations qui basculent, des scènes déchirantes pour que nous prenions conscience des difficultés qu’il y a en ce monde: à être femme au milieu des hommes, à être fragile face à des brutes, à être démuni au sein du chaos. Tellement de chemins à parcourir encore dans les mentalités alors il faut bien des textes chocs pour éveiller les esprits…

D’habitude, avec les nouvelles j’ai un peu plus de mal, mais cette auteure a réussi à me surprendre, et c’est heureux parce que je tenais à connaître mieux les écrits de cette dame que j’ai eu le plaisir de rencontrer sur un salon: elle m’a laissé une impression, si douce…

Ce format là, exige un choix de mots « impacts » et elle le fait avec brio, Karine Giebel. Je ne regrette qu’une infime chose, c’est que j’avais déjà lu certaines de ses nouvelles (dans les recueils 13 à table! au profit des Restaurants du cœur édité par les éditions Pocket que j’ai plaisir à m’offrir chaque année) donc l’effet de surprise a été moins intense, mais cela ne change pas la qualité des textes et, au moins je les retrouverai enfin dans un recueil entièrement dédié à son talent de nouvelliste!

D’ombre et de Silence frôle quelques ténèbres et des folies contemporaines et réussi son petit effet « Frissons »…8 fois…

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements :

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket pour l’envoi de ce livre! Ce fut une agréable découverte .

On la trouvait plutôt jolie, Michel Bussi.

 


Synopsis: 

On la trouvait plutôt jolie, Leyli. Tout charme et tout sourire. Leyli Maal fait le ménage dans les hôtels à Port-de-Bouc, près de Marseille. Malienne, mère célibataire de trois enfants, Bamby, 21 ans, Alpha, 17 ans, Tidiane, 10 ans, Leyli nourrit un rêve immense et cache un grand secret. Leyli raconte sa vie à qui veut bien l’écouter, mais peut-elle avouer toute la vérité ? Peut-elle empêcher ses enfants de dévoiler ce qu’elle a caché ? Une vengeance ? Un trésor ? Un père ? François Valioni travaille pour une importante association d’aide aux migrants à Port-de-Bouc. Il est retrouvé au petit matin assassiné dans un hôtel. Dans sa poche, un bracelet de couleur et six coquillages. Julo Flores est un jeune lieutenant de police zélé, hyperconnecté. Méfiant envers son commandant et un peu trop sentimental, il ne peut pas croire que Bamby Maal, que tout accuse, soit la coupable. Surtout lorsque survient un second crime. En quatre jours et trois nuits, du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, Michel Bussi nous offre un suspense de haut vol, dans lequel, comme toujours, priment l’humain, l’émotion, l’universel. Jusqu’au stupéfiant twist final.


Ce que j’ai ressenti:

 

  • Et par temps de mistral…

Dans son anémogamie, les bourrasques de vent pourrait bien vous souffler aussi, le récit de Leyli,  l’odeur sucrée de sa peau, la sueur de ses heures de travail, le sel de ses larmes, et le sang de ses rêves évanouis…On la trouvait plutôt jolie, Leyli, mais si on écoute dans les langueurs océanes de la ville de Port-de-Bouc, on pourrait aussi entendre le cri désespéré d’une chouette et les derniers souffles des migrants qui se noient, dans la Méditerranée… Michel Bussi nous offre une poignée de destins qui crissent, comme l’écho des frottements des cauris, et,  il nous fait tenir dans nos mains, près de 500 pages, d’un thriller aux embruns humanistes…

« La poussière se pose plus vite sur nos cœurs que sur les meubles. »

  • Les jours et les nuits se délitent…

On la trouvait plutôt jolie notre paire de lunettes…Mais est-il certain que cela nous cachera la réalité affreuse? Ou encore, nous protégera-t-elle de l’éclat lumineux de nos rêves éveillés? Il y a dans ses pages, un antagonisme fort qui se dispute nos élans du coeur…Les jours sont de sang et les nuits d’ancre, mais la souffrance n’a pas de frontières, elle n’a pas de limites elle se fout bien de vos lignes imaginaires… Elle prend juste différentes couleurs, différents courants, toujours de tragiques chemins qui floutent les regards de ces champions…Et la lumière aveuglante du soleil du désert se frotte à l’obscurité des rues grises de la ville pour déstructurer toutes les attentes…Repères et remous émotionnels dans le tourment des tempêtes, une famille au centre: Leyli, Bamby, Alpha, Tidiane.

« Tu comprends, Bamby, on veut juste notre part de rêve! »

  • …Le sortilège est lancé.

Michel Bussi a le charmant pouvoir de nous surprendre à chaque thriller, dans un dernier twist. C’est son petit tour de magie:  on le trouvait plutôt talentueux, Monsieur Bussi, et il confirme tous ses effets…Je suis, bien sûr attentive à cette connivence de final qu’il a su installer avec ses lecteurs, mais, si j’ai adoré cette lecture, c’est avant tout pour son impact humain. La famille, les secrets bien gardés, les trésors enfouis, l’épopée des migrants, c’est toute une recette d’ingrédients qui a su me toucher, d’une bien chouette manière…

« C’est une sensation étrange, croyez moi, de voir ainsi le monde partir dans le néant, basculer, disparaître alors que vous, vous allez rester. »

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

 

Remerciements:

Je tiens à remercier encore l’équipe formidable du Gang Pocket, pour cette belle soirée et cette  très jolie lecture!

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pocket

Sympathie pour le démon, Bernardo Carvalho.


Synopsis: 

Ma vie s’est terminée il y a trois ans, à la veille de mes 53 ans, dans l’entrée d’un théâtre, à Berlin. Du moins, c’est là que j’ai commencé à mourir.” Murmurée à l’oreille d’un homme bardé d’explosifs, dans une chambre d’hôtel juste après un attentat à la bombe, cette phrase donne une idée de la tension qui tisse ce roman du début à la fin.

Envoyé au Moyen-Orient dans une zone de combat pour transporter la rançon d’un mystérieux otage, le Rat affronte les conséquences d’une crise déclenchée par une relation amoureuse destructrice. À la limite de la folie, mais raisonnant avec une rage froide, il essaye de comprendre ce qui a fait de lui la proie d’un amant toxique qui a transformé la soumission en puissante arme de guerre.

Une analyse impressionnante du mal, du pouvoir et du désir.


Ce que j’ai ressenti:

  • Et au milieu des décombres, le chaos…

Il s’ouvre comme cela ce roman, sur un champ de ruines, mais juste devant nous, un homme se tient encore debout…Pour autant, que durera ce moment…Un instant T où un Rat, se retrouve dans une mission suicide au fin fond d’une chambre sordide au Moyen-Orient. Un arrêt sur image de chaos avec un dôme de raisons obscures qui entoure cet homme brisé, à l’instar de cette vision de destruction…Bernardo Carvalho a concoctée une petite bombe littéraire d’une telle énergie violente qu’elle en devient juste fascinante. Attention, on en prend plein les yeux, l’écriture y est dure et sans artifices, mais les feux sont bel et bien là!  Cette lecture dynamite nos coeurs et nos têtes, parce que l’on touche de si près, le Mal, dans toute sa splendeur. Une attirance si destructrice…

L’illusion donne la force de continuer à vivre, pour aussi terrible que soit la vie.

  • …Trio infernal…

Bernardo Carvalho explore toutes les dynamiques qui anéantisse un homme. D’un triangle amoureux masculin, à une mission secrète en terre brûlée, en passant par cette tendance à la folie furieuse, on frôle tous les cercles vicieux des passions qui animent le coeur des hommes. Tant de séduction autour de la violence, tant de toxique autour de l’amour, que Sympathie pour le démon donne le vertige, le vertige des grandes émotions…Le lecteur devra trouver son interprétation face à la perdition, sa voie au milieu de ce fatras de mensonges, tenter de marcher sur les lignes d’ondes négatives sans se brûler aux flammes de l’enfer, se confronter à l’haleine fétide du diable…Lui résister.

« Pourquoi il y a tant de gens qui s’aiment? « 
« Pourquoi? » dit-il en souriant. je ne sais pas, parce que c’est bon, parce que ça fait du bien. »
« C’est tout? »
« Tu trouves que c’est peu? »

  • La passion brute.

Difficile de rester de marbre face à ces moments aussi intenses. Brut. Violent. Explosif. C’est ce que j’aime dans la littérature sud américaine, cette puissance dans les sentiments, l’énergie folle qui passe dans leurs mots, l’ampleur ravageuse que l’on devine derrière les lignes. Je suis bluffée. Même refermé, ce livre il continue de brûler sous les braises de son trop plein de passions. Je viens de me prendre un uppercut, mais là, tout de suite, ce que je voudrais , c’est lire le prochain et les précédents livres de cet auteur, car c’est impressionnant comme Bernardo Carvalho a cette façon très particulière de raconter avec autant perspicacité, la rage de vivre et sa compagne si sympathique, la fatalité de la mort…

Avant le déclic du détonateur, précipitez-vous vers cette lecture!

Alors, la mort ne meurt jamais? »

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Camille ainsi que les éditions Métailié de leur confiance. Ce fut une lecture explosive!

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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