El Niño de Hollywood, Oscar et Juan José Martinez.

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Synopsis:

Quelle est la relation entre le gouvernement de Ronald Reagan et un membre d’un gang en Amérique centrale qui a assassiné plus de 50 personnes ? Quel est le lien entre la Californie et le fait que le Salvador soit le pays le plus meurtrier au monde ? Comment un groupe d’immigrés à Los Angeles – fans absolus de heavy metal – est devenu l’embryon du gang le plus dangereux de monde ? Dans ce document poignant de réalité, les frères Óscar et Juan José Martínez – l’un reporter, l’autre anthropologue – racontent la vie de Miguel Ángel Tobar, dit El Niño de Hollywood, un tueur sanguinaire appartenant au seul gang faisant partie de la liste noire du département du Trésor aux Etats-Unis, la Mara Salvatrucha 13. Cette histoire brutale du Niño de Hollywood permet surtout aux auteurs de livrer les dynamiques sous-jacentes du phénomène des gangs aux États-Unis et en Amérique centrale, et de montrer comment des processus globaux construisent une infinité d’histoires microscopiques qui ont, elles, des conséquences bien réelles. Entre thriller, récit documentaire et enquête historique, les auteurs nous plongent au cœur des ténèbres – peuplées de mysticisme, codes d’honneur, tatouages et trahisons – pour essayer de déchiffrer les racines d’une violence qui semblerait inexplicable mais qui ne l’est pas. Des mauvaises décisions, des décisions stupides ont été prises et personne ne semble avoir conscience des erreurs. La fin d’une guerre n’est pas nécessairement le début de la paix. A travers des scènes d’une réalité féroce, nourries par des centaines d’heures d’interviews et de terrain, les frères Martínez font honneur à la terrible réponse qu’ils ont donné au Niño de Hollywood lorsque celui-ci leur a demandé pourquoi ils s’intéressaient à lui :  » Parce que, malheureusement, nous croyons que ton histoire est plus importante que ta vie… « 

Ce que j’ai ressenti:

▪️Pour certains, la paix est impossible…

« Je hais donc j’existe. »

Puisque on en est à parler épidémie, il faudrait que je vous parle aussi de celle-ci…L’épidémie du Salvador, le pays le plus meurtrier au monde…Ce livre est un choc. Je suis totalement sortie de ma zone de confort pour découvrir la violence extrême. Avec ce récit documentaire, les frères Martinez nous emmène au plus près du gang le plus dangereux du monde: la Mara Salvatrucha 13, et sur les traces de l’un de ses membres les plus terribles, El Niño de Hollywood. C’est un documentaire édifiant et terriblement choquant. Les chiffres et les statistiques s’affolent et défient tout entendement: autant de morts pour un si petit pays, ça fait froid dans le dos, et c’est pour cela que le mot Épidémie, lui est associé, avec ce nombre ahurissant de victimes. En retraçant ainsi, grâce aux entretiens et au travail d’enquête minutieux de ces deux auteurs sur les origines de la formation de ce gang, on s’aperçoit que pour certains, le mot paix n’a pas de place dans leurs vocabulaires. Miguel Angel Tobar est El Niño de Hollywood et son histoire est importante pour comprendre le fléau qui sévit au Salvador.

Ils naissent et ils meurent comme ça.

Mais ces morts étaient des morts pauvres. Des morts de règlements de comptes entre gangs. Morts de cette guerre entre miséreux.

▪️Sauf que c’étaient des gamins…

J’avais déjà entendu parler du phénomène des « baby-gang » en Italie avec la duologie Roberto Saviano (Piranhas et Baiser Féroce), mais même sur d’autres frontières, ce mal se répand aussi, malheureusement. Utiliser des enfants pour répandre la haine. La misère, bien sûr, a été le terreau de ce phénomène dévastateur…À force de recherches et d’entretiens, les deux frères Martinez nous démontrent que l’embrigadement se fait dès le plus jeune âge, et comme ce sont des « gamins de rien » livrés à eux-mêmes, qu’ils n’ont personne pour les protéger de ces figures manipulatrices, ils tombent vite sous la coupe des gangs…Et dans leurs totales inconsciences, dans leur total dévouement, ils font pire que les « grands », et n’ont de cesse de faire monter cette violence en escalade, jusqu’au bain de sang, pour nourrir la Bête. C’est la haine, leurs moteurs de vie. Parce qu’ils n’ont rien d’autre que ça, ces enfants perdus. Ils dévorent et se font dévorer pour cette idée d’appartenance à un clan. Et ils ne peuvent pas s’en sortir, une fois que La Bête les a marqués, c’est définitif. Aucune échappatoire possible. Souvent, ils prennent alors un nom avec une majuscule, pour faire courir la légende et semer la mort, partout. El Niño de Hollywood est un assassin avec plus de 50 meurtres à son actif. Un enfant-tueur, victime et bourreau de La Bête.

De la chair fraîche et agressive pour faire grossir la Mara Salvatrucha, La Bête.

▪️Comprendre la création du gang le plus dangereux du monde…

Bien que le sujet soit très difficile, c’est un livre que je recommande à qui voudrait comprendre l’histoire et la formation du gang de la Mara Salvatrucha 13. J’ai pris le temps de lire avec attention cette lecture. C’est un récit très documenté et fort en émotions parce que l’on voit à travers les yeux et les ressentis de El Niño de Hollywood.

La mort appelle la mort. Pas partout, mais au Salvador, si. La mort a la mort en héritage. Des petites histoires de famille à l’histoire récente du pays, le Salvador est construit sur des morts qui ont généré d’autres morts.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Editions Métailié : en novembre, on lit, on lit ! L'automne s ...

Tu m’as donné de la crasse et j’en ai fait de l’or, Pacôme Thiellement.


Synopsis:

Pacôme Thiellement a décidé de plonger dans ses douleurs les plus vives pour les transformer et fait appel à son expérience foisonnante mais aussi à sa connaissance des grands maîtres spirituels , des gnostiques, des poètes et des stratèges chinois. Un récit initiatique où l’intime convoque l’universel.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Transformation Alchimique…

Et si je voulais cette lecture, c’était pour ce titre. J’ai eu un coup de foudre, une attirance. Donc je voulais vraiment ce que je veux: ce titre. Pas un autre. Juste lire de l’or. Voir une transformation hors du commun. Sans doute, que la façon de voir et ressentir cette approche du bonheur est visionnaire. En tout cas, Pacôme Thiellement m’a fait forte impression avec cette lecture, parce qu’il y a de l’émotion brute née des malheurs de sa vie. Et il offre avec ce livre, des méthodes pour que malgré les épreuves, on puisse puiser des idées pour s’approcher du bonheur. Il y a un mélange d’intime et d’universel, d’émotions et de méditations, d’autobiographie et d’essai et c’est cet étrange « mix », qui en fait toute la magie. Je n’ai pas pu décrocher de ma lecture, je l’ai lu d’une traite et il m’a fascinée.

Sans malheur, pas de bonheur.(…) Le bonheur, c’est du malheur converti, transmuté, métamorphosé.

▪️Illusion de labyrinthe…

Parce que c’est tortueux la vie, les sentiments, il faudrait peut-être savoir où l’on va, ce qu’on veut, ce qu’on aime, ce qu’on sait, mais dans ce monde infernal, rien n’est moins difficile. La crasse est partout, le malheur est contagieux et le monde, un foutu enfer. Certes. Mais il y aura enfin un livre, qui fera écho dans mon petit monde pour les moments difficiles à passer (deuils, peines, trahisons, douleurs…). Inconsciemment, on sait qu’on sait, et là, je savais que ce que je lisais avait un sens et des résonances dans ma perception de cette vie sur terre, ou mieux encore que j’avais adopté quelques comportements et réfléchis à ceux à venir. J’ai emprunté le labyrinthe de Pacôme Thiellement, et j’ai suivi ces états d’âmes, ses références littéraires, son parcours humain…C’était beau et triste, inspiré et poétique, vivant tout simplement. Et quand je suis arrivée à la fin, il y a eu comme cette étincelle. Je n’ai pu m’empêcher de penser que ce livre est une merveille.

Seuls les êtres généreux sont susceptibles de voir la Beauté dans ce monde. Eux seuls sont capables de vivre une vie réellement poétique. Mais leurs espoirs sont sans cesse mise en pièces par la réalité. Leur joie de vivre se ternit à mesure que la vie s’acharne sur leurs rêves.

▪️Un bijou littéraire.

Et si j’aimais vraiment ce que j’aime, alors je vous dirai que j’ai aimé passionnément cette lecture. Tellement aimé. Aimer Thiellement. J’ai trouvé un trésor, d’or qu’on ne voit pas, mais qu’on ressent. C’est tellement plus puissant et exaltant…J’ai été soufflée par ces pensées altruistes et bienveillantes, j’y ai trouvé du réconfort mais aussi de la force, et une inspiration pour ma vie personnelle. J’aimerai qu’il vous touche au même point. Je le souhaite de tout mon cœur. Que le bonheur vous inonde. Ce livre, c’est de l’or en pages. Magnifique.

Si nous ne sommes pas capables de devenir le magicien de notre vie rêvée, alors personne ne le fera à notre place.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Giulia des éditions Massot pour sa confiance et l’envoi de ce livre. C’est un vrai coup de cœur!

MASSOT ÉDITIONS

Basse Naissance, Kerry Hudson.

Basse naissance par Hudson


Synopsis:

Kerry Hudson est née en 1980 dans les quartiers populaires d’Aberdeen, en Écosse, d’une mère vulnérable, isolée et sans emploi, et d’un père alcoolique et absent. De centres d’accueil en bed and breakfast, sa petite soeur, sa mère et elle ont connu pendant près de vingt ans la précarité extrême, les queues le lundi matin aux caisses d’allocation, la détresse et la violence familiale. Aujourd’hui, Kerry est une femme mariée de quarante ans, qui a écrit deux romans et a voyagé de par le monde. Mais elle n’oublie pas l’enfant qu’elle a été.
Dans cette autobiographie, Kerry Hudson revient avec humour et fierté sur les lieux où elle a grandi, puise dans ses souvenirs et pose un regard acéré sur les inégalités de classe actuelles et les moyens de s’élever. S’abstenant de tout jugement et sentimentalisme, elle cherche à comprendre, à donner voix aux exclus et aux invisibles dont elle a un jour fait partie.
Basse naissance est un texte courageux sur la pauvreté, un récit aussi drôle que bouleversant sur l’urgence.


Ce que j’ai ressenti:

💔Des mots qui fracassent les perspectives…

J’imagine que lorsque qu’on avance avec cette farandole de mots dans la tête, tels que « racaille, vaurien, voyou, délinquant déscolarisé, déclassé, basse naissance« , le chemin de sa vie doit être plus escarpé que pour d’autres…Pourtant, Kerry Hudson sort de ce cercle infernal de la pauvreté, non sans quelques blessures indélébiles, mais elle revient nous écrire d’autres mots, d’autres perspectives plus encourageantes avec cette autobiographie bouleversante. C’est touchant cette façon qu’elle a, de s’exposer ainsi entre confidences et souvenirs flous, cauchemars venimeux et douceur. Elle est toute en sensibilité dans chaque phrase, alors que sa vie n’est qu’une succession de traumatismes divers…Elle m’aura touchée par son authenticité et cette puissance dans sa plume.

J’ai échappé au désespoir. 

💔Des mots qui réveillent les souvenirs…

Cette lecture m’a été particulièrement éprouvante. L’auteure en allant chercher au plus profond de ses souvenirs et en s’approchant des lieux de son histoire fait resurgir des traumatismes de son enfance et la somme de ces quotidiens précaires. En allant gratter comme ça, dans ses blessures enfouies, ça a remué en moi, des émotions que je n’avais pas forcément envie de voir réapparaître…Mais cette lecture me laisse penser qu’il y a des chances que je guérisse de mon en-dedans en regard de la victoire personnelle de Kerry Hudson. Dans tous les cas, c’est une lecture qui va me rester en tête pendant un long moment, j’en suis certaine puisque elle a fait bouillir quelques sentiments en sommeil. Pour la première lecture de la rentrée littéraire 2020, c’est un choc émotionnel très fort et elle résonne en moi d’une manière particulière.

« Tu sais ton problème? Tu es trop sensible. Il faut t’endurcir. »

💔Des mots qui bougent les statistiques…

Plus qu’une autobiographie, l’auteure cherche à faire le parallèle, à partir de son expérience, sur les ravages de la pauvreté. La pauvreté, la vraie, celle qui discrimine, celle qui isole, celle qui affame les estomacs des enfants, celle qui détruit la cellule familiale, celle qui dénature les relations filiales…Celle ci, oui, celle qu’on préfère occulter, ne pas regarder, la pauvreté… Et ça fait mal de lire ça. C’est une réalité dont on n’a trop peu conscience, alors qu’elle peut arriver si vite dans nos propres vies. Kerry Hudson met toute une volonté, à contrario,  pour nous montrer que les mots peuvent sauver, que ce livre pourrait sans doute aider à mieux voir et à mieux comprendre ses autres vies en marge. Enfin voir la détresse et peut-être même, tendre la main vers eux. En cela, c’est une lecture lumineuse, Kerry Hudson ne garde aucun ressentiment envers cette inégalité des chances à son départ, au contraire. Elle se fait force et persévérance dans chaque page et c’est d’autant plus éclatant, quand on sait son parcours. C’est évidemment pour la puissance émotionnelle de l’écriture que je vous recommande Basse Naissance.

Et ce ne sont pas seulement les pauvres d’aujourd’hui qui en souffriront car, comme je le sais que trop bien, la pauvreté se transmet de génération en génération, la misère s’hérite par le sang.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Philippe Rey de leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture bouleversante.

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Attraper les nuages, Anne Quéméré.

Attraper les nuages par Quéméré


Synopsis:

Anne Quéméré est devenue une habituée du Grand Nord canadien. Depuis 2014, elle retourne régulièrement dans les Territoires du Nord-Ouest et plus particulièrement à Tuktoyaktuk, petit hameau installé sur les rives de la mer de Beaufort. De ces nombreux séjours là-haut, aux confins du monde elle a rapporté une moisson de photographies. La Nature, la communauté inuvialuit qui y habite, la faune, la flore, tout est sujet à découverte et questionnement.

Les Inuits doivent aujourd’hui faire face à d’importants changements qui aussi bien climatiques que culturels. Les photos et les textes qui les accompagnent nous éclairent sur leur destin, qui est lié au nôtre : « Beaucoup pensent là-bas que Tuktoyaktuk n’existera plus d’ici 15 ou 20 ans… » dit-elle.


Ce que j’ai ressenti:

Tout d’abord, j’aimerai vous dire que j’ai choisi ce livre pour le titre…Avec ma fille qui voulait connaitre leurs noms et mon admiration pour le ciel et ses spectacles journaliers, j’étais curieuse de l’idée de pouvoir saisir un nuage. Je les ai cherché…J’ai essayé de voir si je pouvais maîtriser la technique pour les attraper enfin…Mais finalement, ce titre m’a fait miroiter un mirage que je n’ai pas vu dans ces pages…Une seule phrase pour évoquer l’idée, c’est un peu léger…

Là-haut, j’ai souvent tendu le bras pour attraper les nuages que la magie arctique déposait à portée de ma main.

En revanche, ici s’arrête ma déception sur cette attente qui se cachait derrière ce titre puisque je peux vous le dire, j’ai été touchée par cette aventure dans L’Arctique racontée et capturée en image par Anne Quéméré. Mais que de beauté et de sensibilité! Je ne pensais être aussi agréablement surprise par ce livre, et pourtant, il est tout simplement magnifique.

Je suis tombée en amour avec l’Arctique canadien. Un véritable coup de foudre. Inattendu, intense, irrésistible. Le cœur qui commence à battre fort, le regard qui s’illumine et cette soudaine sensation de comprendre que là se trouve enfin mon Graal…

Anne Quéméré entreprend un voyage qui sort complètement de l’ordinaire et nous le raconte entre souvenirs et émerveillement sincère. J’ai adoré sa plume, les citations qui guident son chemin, le cœur qu’elle met dans chacun de ses pas en ce pays froid, son intention de parler d’un peuple qui dépérit fatalement et d’un morceau de terre glacée qui disparaît à vue d’œil. C’est saisissant. Elle nous parle de la nature et ses éclatants dégradés de couleurs et nous fait voir aussi les conséquences du dérèglement climatique. C’est un livre d’aventure, la sienne, celle qu’elle a décidée de vivre dans les silences givrés mais aussi dans un souci de sensibilisation au monde: le grand Nord se métamorphose à une vitesse ahurissante et c’est toute la faune et la flore qui subissent les erreurs des hommes…

Les scènes se succèdent avec lenteur. Plaisir de l’observation, sensation d’une harmonie parfaite, d’un orchestre sans fausse note, devant moi, ce sont des couleurs, des lumières, des sons qui remplissent la spectatrice attentive que je suis. J’étais en quête d’authentique, je suis servie.

C’est un beau livre-objet. Au sens où les photographies sont sublimes et mette en lumière ce continent mystérieux. Quand on pense qu’elles ont été prises dans des conditions difficiles pour capturer un instant de la nature, ça force cet effet de contemplation et d’admiration. Il y a un calme et une magie qui se dégagent de ses photos qu’on sentirait presque le silence à travers le papier glacé.

C’était une belle découverte. Un livre à mettre entre toutes les mains, de l’aventurier en herbe aux fervents écologistes, du curieux aux amoureux de la nature, cette lecture est vraiment passionnante. Je vous le recommande vivement.

Les bouleversements climatiques actuels ne touchent pas uniquement l’environnement. Ils sont une réalité très préoccupante pour tous les Inuits qui voient leur pays fondre sous leurs yeux.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Locus Solus pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Babelio

Bretagne Locus Solus édition Edition éditions

Pyongyang 1071, Jacky Schwartzmann.

Pyongyang 1071


Synopsis:

Rien n’était gagné. Il a fallu franchir l’étape de l’inscription, celle de la sélection, puis se préparer au marathon et à un voyage dans la dernière dictature communiste à l’œuvre. Savoir que l’on sera guidé, désorienté, mais aussi très, très encadré. Dans son style imparable, alternant entre humour et cynisme, Jacky Schwartzmann cherche à comprendre ce qui pousse des individus venus du monde entier à participer à l’épreuve sportive certainement la plus abracadabrante de la planète : le marathon de Pyongyang, ouvert aux étrangers. Tout en s’appuyant sur l’expérience de spécialistes du pays et d’anciens expatriés, il va parcourir 42 kilomètres dans l’un des pays les plus fermés au monde et dépasser ses limites. Son dossard : le n° 1 071. Entre rêve fou, défi sportif et envie irraisonnée, Jacky Schwartzmann allie émotion, découverte et curiosité, pour nous proposer une immersion inédite dans un pays qui lui a ouvert ses portes… l’espace d’une course.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Marathon atypique…

Méfiez-vous de vos soirées, vous pourriez prendre des décisions étranges et vous retrouvez à faire un marathon de 42 kilomètres en Corée du Nord, à Pyongyang. C’est ce que s’apprête à faire Jacky Schwartzmann contre toute attente, au grand dam de ses proches, mais surtout de son corps…Il y a des décisions des fois, qui défient toute conscience et logique, mais à lire cette préparation et cette fameuse course auprès de cet auteur, c’est quelque chose! Pour connaître un peu de ses douleurs physiques et du mental qui faut avoir pour courir, j’ai ressenti toutes les émotions de ce « sportif du dimanche » et bien sûr, j’étais le plus souvent explosée de rire, parce qu’il saisit toutes les phases montantes et descendantes de la motivation à un tel effort. Hilarant!

Seul, enfin. C’est dur, mentalement, car Satan me répète inlassablement « mais pourquoi tu t’imposes ça »? Cela dit, je le trouve très pertinent. Pourquoi est-ce que je m’impose ça?

▪️En dictature…

Même s’il est vrai que c’est très drôle, il y a quand même le lieu de cette course qui ramène une tension et des moments de prises de conscience aigües. Il y a un mélange de peur, d’appréhension et d’excitation et sans doute, un peu de folie, à tenter une telle expérience. Il est en train de courir en Corée du Nord, dans un pays qui souffre d’une dictature et ce voyage l’emmène à voir et à comprendre une société régit par le culte de la personne au pouvoir, d’être soumis à un contrôle permanent, d’être exclu de la vie sociale avec les habitants. Je n’endosserai sans doute jamais le dossard 1071, pour ce marathon mais grâce à ce livre, j’ai pu avoir une petite idée de la vie là-bas. Et c’est toujours intéressant de voir d’autres cultures, d’autres manières de vivre. Rien que pour ça, ça valait vraiment le coup de lire cet ouvrage, parce qu’il est nécessaire de se rendre compte que la liberté est si fragile. Il en faut des hommes audacieux pour partir comme ça, et venir raconter ensuite son expérience. C’est très enrichissant.

Lorsque nous pénétrons enfin dans le stade, je prends la claque de ma vie.

▪️Un grand moment de plaisir.

Je l’adore cet auteur. Mais vraiment, je l’adore. Il n’y a que lui, qui me fait pleurer de rire pendant mes lectures et ça fait du bien. Quand je lis ses histoires, j’ai le sourire scotché aux lèvres. Et là, que c’est lui, qui s’implique dans une aventure hors norme, c’est encore plus « punchy ». Il dit avoir un « goût pour la provocation »…Ce n’est plus du goût à ce degré là, c’est plus que ça, c’est un talent! Il a l’art et la manière de faire basculer, au deuxième degré (voire plus si affinités) tout, pour désamorcer la moindre tension…Je le trouve sensationnel de transformer comme ça, par le rire et l’écriture, avec de la bonne humeur et une grande ouverture d’esprit, les situations complexes. Je ne ferai pas de marathon, où que ce soit, mais je vais aller courir me chercher tous les autres romans de cet auteur, juste pour le plaisir de son humour complètement barré.

La course à pied est un sport chiant, il faut le dire. Peut être le moins ludique et certainement le plus crevant, il a tout contre lui. Du coup, c’est un sport de cérébral. Quand vous courez, votre esprit vagabonde…

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Paulsen pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Réparer les femmes, Dr Denis Mukwege / Dr Guy-Bernard Cadière.


Synopsis:

Dans un hôpital au cœur de l’Afrique, deux hommes reconstruisent les femmes. La région du Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, est ravagée par des bandes armées depuis une vingtaine d’années. Pour asservir la population et exploiter les richesses minières, ces hommes cruels ont trouvé une arme monstrueuse : le viol et la mutilation des femmes. Détruites, elles errent dans les ruines de villages éclatés où tout espoir meurt en même temps que leur dignité. Dans son hôpital, le Dr Mukwege s’applique depuis des années à reconstruire le corps de ces femmes. Son ami, le Dr Cadière, vient d’Europe pour lui prêter main forte et nouvelles technologies. Les deux hommes, au-delà des continents, se serrent les coudes pour faire renaître les femmes d’un peuple abandonné à son sort par un monde qui ferme les yeux sur les atrocités qui y sont commises.


Ce que j’ai ressenti:

Ce livre ne se lit pas seulement, il se vit. Le combat contre la barbarie ne s’invente pas, il se poursuit…Réparer les femmes, c’est ce que deux hommes, forts de leurs compétences et fiers de leurs valeurs, accomplissent tous les jours. Des milliers de victimes qu’ils ont guéri avec une nouvelle technique révolutionnaire et beaucoup d’amour pour contrer la violence…Une tonne de bonne volonté, un moral d’acier et une persévérance à toute épreuve. Admirable.

Avec près de 140 pages, on plonge dans un enfer sans nom. Impossible de le quitter, si ce n’est pour reprendre une contenance après mes larmes. Autant je savais que derrière le mot barbarie, il peut se cacher beaucoup d’horreurs, mais je ne pensais pas qu’à notre époque de tels actes puissent encore meurtrir aussi sauvagement des femmes et des enfants. Certains passages sont insoutenables, parce que derrière les mots qu’on ne dit pas, on devine la douleur, le chaos. Ces auteurs/médecins tentent de lever le voile sur la situation atroce des conditions de vie au Congo, et explique leur parcours pour en arriver là, à Réparer les femmes dans l’hôpital de Panzi.

C’était très intéressant de suivre de près, des vocations et les débuts de la laparoscopie. De comment, il faut faire accepter et faire adopter une méthode plus douce et moins traumatisante pour les patients. Chacun de ses médecins arpente des chemins difficiles, connaît de grandes épreuves, mais ils continuent envers et parfois, contre tous…Ils nous prouvent par leur détermination et leur volonté que la médecine a encore des progrès à accomplir, des êtres a révéler et des rêves à soutenir…

Réparer les femmes. C’est tout un programme, un combat au jour le jour, une vie dédié aux autres…C’est un combat qui se déroule à des milliers de kilomètres, mais c’est un cri d’alarme lancé à la planète, pour qu’enfin cesse de telles atrocités. Après la lecture de ce témoignage, c’est avec une grande admiration et un peu plus de foi dans l’humanité que je vous parle de ses deux médecins et de leur livre très émouvant. Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018 et le Dr Guy-Bernard Cadière. Heureusement, que le monde porte encore des êtres de cette trempe: d’une grande générosité et d’un altruisme éblouissant. Heureusement.

 

Toute personne, avant d’appartenir à un sexe, une nationalité ou une religion, appartient d’abord à l’humanité. Le vrai combat est la défense des valeurs humaines, des droits de l’homme et de la femme. Il dépasse la religion, la politique, l’identité nationale ou l’appartenance ethnique.

 

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Mardaga pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Babelio

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Maura Murray a disparu, James Renner.

Couverture Addict / Maura Murray a disparu


Synopsis:

Imaginez une jeune femme sur une route du Nord. Derrière elle, les montagnes de la Nouvelle-Angleterre et quelques tracas de la vie quotidienne : une rupture, des problèmes d’argent, et maintenant une sortie de route…
Un voisin lui demande si elle a besoin d’aide. La jeune fille refuse, elle a déjà appelé les secours. Saisi d’un doute, il prévient la police qui arrive sept minutes plus tard : la voiture est toujours là mais la conductrice, elle, s’est volatilisée.
Elle s’appelait Maura Murray ; elle avait 21 ans. On ne la reverra plus jamais.
De cette énigme absolue, impénétrable et ordinaire, James Renner va remonter cent pistes, recueillir des témoignages, échafauder des plans, jusqu’à l’obsession…


Ce que j’ai ressenti:

  • Quand un drame devient obsession…

James Renner se prend de passion pour la disparition d’une jeune fille. Il veut aider la famille à retrouver Maura Murray, 21 ans, qui s’est évaporée sur le bas-coté d’une route. 7 minutes pour effacer une jeune adulte de la surface de la terre. 7 minutes qui vont hanter, par contre pendant des années, James Renner, journaliste et addict de true crime. Il y a cette excitation à lever le voile sur ce mystère, et puis il y a un basculement… Celui où l’auteur ne sait plus prendre de recul face à cette affaire, qu’elle devient tellement envahissante, qu’il n’est plus possible de revenir en arrière…Bluffant autant qu’effrayant!

« J’ai achevé de m’enivrer et j’ai passé la nuit entouré d’ours en peluche, furieux contre moi-même d’avoir cru possible de jouer au plus fin avec l’univers. » 

  • Quand un fait divers devient fascinant…

Comme on dit, ce n’est pas tant la destination qui importe, mais le voyage. Et ici, le voyage-reportage-addiction est intéressant. Il nous parle des heures perdues auprès de sa famille pour récolter des centaines de témoignages, des minutes floues à troquer des vérités obscures, des journées entières à soustraire au bonheur pour s’enfoncer dans des ténèbres glissantes. J’ai aimé la manière dont James Renner mêle cette enquête à son propre quotidien. C’est juste stupéfiant de voir comment cette histoire entre dans sa vie et fout un chaos pas possible. J’ai été touchée par son honnêteté à mettre à nu, ses recherches autant que ses émotions. Journaliste, c’est une vocation, mais être humain, c’est apporter cette part de soi pour que l’on prenne en pleine figure, des raz-de-marrés de sensations auxquelles il est difficile de rester de marbre…Un page-turner fascinant.

Il y a quelque chose d’extrêmement exaltant à regarder un monstre dans les yeux et  lui montrer qu’on n’a pas peur. 

  • Quand un doute devient raisonnable…

J’ai bien compris que dans cette vie, les happy-end sont rares. Quand on referme ses pages, il nous reste des doutes et des questions sans réponses, parce que des disparitions inexpliquées, des meurtres non résolus, des actes honteux, il s’en passe tous les jours, malheureusement sur cette planète. Et même s’ils ne nous concernent pas directement, ils peuvent nous ébranler plus que de raison. La preuve en 400 pages et quelques addictions avec James Renner. J’ai été captivée. Maura Murray a disparu, mais est ce que c’était volontaire ou pas?

« Ça faisait du bien de pleurer. De ressentir les choses. Mais ça faisait peur, aussi. » 

 

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 9/10

Remerciements: 

Je tiens  remercier très chaleureusement Les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

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L’hôtel aux barreaux gris, Curtis Dawkins

L'Hôtel aux barreaux gris


Synopsis: 

Un soir d’Halloween, au milieu des années 2000, Curtis Dawkins a tué un homme alors qu’il était sous l’emprise de la drogue. Condamné à perpétuité, il purge sa peine dans une prison du Michigan. A travers les récits saisissants, empreints de mélancolie et d’humour inspirés de son expérience de la prison, Curtis Dawkins explore les recoins les plus obscurs de l’âme humaine et donne à voir de l’intérieur les conditions de vie des prisonniers.


Ce que j’ai ressenti:

Une rencontre dans l’envers du décor carcéral…

 

C’est un peu par hasard, que j’ai franchi les portes de la maison d’arrêt de Kalamazoo, L’hôtel aux barreaux gris…Ce n’est qu’à la toute fin et dans les remerciements que j’ai compris que l’auteur de ses pages, était un résident permanent, et alors, cette lecture prend une autre tournure, peut être, un peu plus criante encore…Curtis Dawkins raconte de l’intérieur, la réalité de la prison, entre témoignage et fiction, il ouvre les portes de ces vies enfermées dans l’ombre. Des personnalités étranges et violentes, des scènes de vies encore plus étranges et d’autant plus violentes, et toujours le gris de ses âmes égarées et cette détention qui pèsent sur leurs agissements…Et pourtant, l’auteur arrive à  mettre une certaine empathie dans ses pans de vies, qui nous emmène en tant que lecteur à réfléchir sur les conditions de ces hôtels particuliers…

« À la vérité, je lui enviais cette faculté de fondre en larmes, de cracher sa peine. »

Il y a dans ce livre, une souffrance palpable. Des cris de solitude, des envies d’évasions, des désillusions violentes…J’ai ressenti un puissant désespoir et des ailes froissées… En enfermant ces hommes, on a leur aussi brisé aussi leurs espoirs, leurs envies de vivre, leurs futurs. C’est assez déstabilisant de sentir que la mort ou la solitude, que les mensonges et les coups ne sont plus que leurs boulets à tirer, encore et encore…En 14 chapitres, et autant de prisonniers, on est face à des traumatismes atroces, à des douleurs profondes, qui les poussent très souvent à des actes de désespoir, selon le degré de leurs ressentis…Avec ces témoignages, on passe de l’autre côté du décor, au plus près de l’intime de ces hommes détenus dans des chambres étroites…

« Je savais ce qu’il éprouvait – un jour vient où l’on s’aperçoit qu’on ne craint pas la mort, qu’on la souhaite même, en fait. »

En quelques 200 pages, c’est une lecture qui laisse des traces. Loin de l’idée d’une excuse à leurs actes, Curtis Dawins nous dresse des portraits d’hommes dans un endroit, à part. Ces textes ont traversé les murs, et arrivent jusqu’à nous, teinté d’un éclairage fictif mais brûlant. C’était intéressant d’en savoir plus sur leurs failles psychologiques et le quotidien de ces hommes condamnés à perpétuité, ou dans le couloir de la mort. Juste pour ne pas oublier que même dans L’hôtel aux barreaux gris, il y a eu des êtres humains qui ont rêvé Liberté…

« Ray s’est rendu compte que, dans sa nouvelle vie, on pouvait rêver de mourir. Du coup, il respirait la liberté. »

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier NetGalley ainsi que les éditions Fayard pour leur confiance. Ce fut une lecture intéressante.

 

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L’Empreinte, Alexandria Marzano-Lesnevich

Couverture L'Empreinte


Synopsis:

Etudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu’au jour où son chemin croise celui d’un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l’épouvante et ébranle toutes ses convictions. Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté. Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien tout à fait inattendu entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis. Elle n’aura alors cesse d’enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable. Dans la lignée de séries documentaires comme Making a Murderer, ce récit au croisement du thriller, de l’autobiographie et du journalisme d’investigation, montre clairement combien la loi est quelque chose d’éminemment subjectif, la vérité étant toujours plus complexe et dérangeante que ce que l’on imagine. Aussi troublant que déchirant.


Ce que j’ai ressenti:

  • Entre journalisme et biographie…

Alexandria Marzano Lesnevish ne se contente pas d’un récit journalistique sur un prédateur sexuel, elle nous démontre que L’Empreinte de blessures intimes, peut déterminer nos comportements et nos convictions. Avec cette lecture, on est confronté à regarder de plus près, les histoires et les ressentis de chacun, dans une affaire de pédophilie. A partir d’un meurtre d’un enfant de 6 ans, celui de Jeremy Guillory, l’auteure remonte le fil des causes directes et indirectes d’un tel acte, et nous laisse interpréter les responsabilités de chacun des protagonistes… Et parce qu’il n’y a pas cette froideur de faits établis, et parce qu’il n’est jamais facile de se positionner face à de tels débats d’éthique, cette auteure m’a bluffée, avec ce récit. Elle y apporte une touche personnelle. Très personnelle. Et c’est cette symbiose, qui rend ce livre incroyable.

« Je savais qu’il allait pleuvoir, leur dit-elle. Mais j’aime autant, au fond, parce que c’est comme si les anges dans le ciel pleuraient. »

  • Un récit bouleversant…

J’ai rarement été aussi bouleversée par une lecture…Mais celle ci, elle a quelque chose de très spécial, puisque elle aborde des thèmes difficiles comme l’inceste, la pédophilie ou encore la peine de mort: des sujets très sensibles auxquels il est compliqué de prendre parti, sans une certaine réserve, ou de le lire sans une certaine émotion. C’est une lecture qui laisse des traces, un de celles que l’on n’oublie pas, même une fois, les pages refermées…

D’abord étudiante en droit, Alexandria Marzano se retrouve au cœur de l’affaire Langley, mais des démons se rappellent vite à elle…On le sait, les histoires ont beaucoup de versions selon ceux qui les racontent, mais dans le corps de Alexandria et son ressenti sur cette affaire, une autre histoire va naître: L’Empreinte. Elle mettra plus de 10 ans à l’écrire, tellement le parallèle entre sa vie et celle de Ricky Langley, semble étrangement entremêlé.

C’est un choc littéraire parce que les traumatismes de l’un se reflètent dans l’autre, et il est presque évident qu’un tel livre voit le jour et, qu’il envoie valser toutes les étiquettes des genres qu’on voudrait lui donner…Il est, c’est tout. Parce qu’après les drames, la résilience est nécessaire. Découpé en trois grandes parties (Le Crime, Les Conséquences, Le Procès), ce récit/thérapie est surtout doté d’une sensibilité à fleur de peau. L’Empreinte ne se lit pas seulement, il se ressent, à la puissance de notre empathie…

« Le silence fonctionne de la sorte. Il n’est pas fragile. Il protège les moments resplendissants et aussi les moments perturbants. »

  • Humain, avant tout…

J’ai été  interpellée par les coïncidences entre l’enfance de Ricky et Alexandria, et surtout leur hypersensibilité avec les réminiscences des drames de leurs familles. C’est curieux comme leurs deux histoires vont se mêler, et nous passionner le temps de 470 pages intenses. C’est un tour de force!

« Qui sait pourquoi le passé transparaît aux moments où il transparaît; qui sait pourquoi un secret devient soudain trop lourd à porter? »

Je pense que l’auteure a réussi son pari avec ce livre. Il dérange, autant qu’il questionne. Il a une énergie puissante, parce qu’il y a encore et toujours des secrets à dévoiler, des combats à mener, des histoires à interpréter, des problèmes à régler, des êtres à comprendre…Avec des livres de cette envergure, on prend conscience que nous sommes juste humains, avec nos blessures, nos failles, nos opinions et quelque fois, L’Empreinte. Indélébile.

« Sous la surface de ce qui peut être dit subsiste la vibration d’un monde qui n’appartient qu’aux ténèbres. »

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine pour leur confiance. Ce fut une lecture captivante.

Belleville au coeur, Christian Page.

Couverture Belleville au coeur


Synopsis: 

« Je n’étais pas du matin mais, dans la rue, j’ai pris l’habitude de me lever aux aurores. Ça m’évite de croiser les gamins qui partent à l’école. Je ne veux pas qu’ils me voient. Je ne veux pas me voir dans leurs yeux. »

Après trois hivers passés dans la rue, Christian Page, 46 ans, raconte le quotidien d’un SDF. En écrivant le roman de sa vie, il décrit la langueur des jours et le temps qui s’accélère, le regard des autres, les trucs, les clans, la violence, la pitié, les ivresses du bonheur et l’amour.
Chaque jour, en France, un SDF meurt dans la rue.
Belleville au coeur est dédié à ces milliers d’anonymes, ces femmes, ces hommes qu’on a croisés sans doute, mais sans jamais les voir.


Ce que j’ai ressenti:

  • Quitter une vie…

Christian Page a perdu son quotidien confortable, sa petite famille, et se retrouve à la rue… Comme ça, un peu par hasard, un peu par inaction, anéanti par le tour du destin venu le foudroyer… Avec Belleville au coeur, il nous confie ses journées grises…Il est difficile de quitter cette histoire de vie, de rester insensible à la galère d’un homme, de s’apercevoir qu’un tel dérapage peut survenir à tout moment…SDF, vivre dans les rues de Paris, survivre chaque heure de chaque jour, il nous sensibilise sur les indifférences et les stigmatisations de la société.

« Dans la rue, on n’a pas droit à l’erreur, on tombe pour un rien. »

  • Quitter la liberté…

« Ma liberté, je vous la laisse…« …Jour après jour, il lutte pour sa vie, tout en tenant à rester un homme digne, avec le peu de moyens qui lui reste, un sac à dos comme compagnon de route. Il se raconte, parle des quotidiens difficiles et des réalités de cette vie de cauchemar, avec quelques fois, des jours chanceux et d’autres, désastreux. La rue, c’est de l’entraide autant qu’un danger permanent…Des gestes simples comme se laver ou dormir, devient une épopée journalière et rythme ses vies de misères…

« Cette nuit-là, il a erré comme un fantôme jusqu’à l’épuisement. »  

  • Laisser une fleur…

La lecture a toujours été la bouée de sauvetage de Christian Page, alors déposer des mots d’espoir dans ce témoignage était comme, une fleur qui pousserai au milieu du béton…Parce qu’il en reste encore, de ces personnes qui vivent sur les pavés, des inconnus qui se perdent dans les rues, des corps que l’on retrouvent, sans vie, au détour d’une intersection…Ce Belleville au cœur est un joli cri du cœur, pour que tous les autres ne soient plus invisibles…J’ai été très touchée par cette lecture.

« La justice ne vous protège pas, nous, les misérables. Elle nous attaque, elle nous traque, elle nous enterre. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les Editions Slatkine et Compagnie pour l’envoi de ce livre.

 

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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