Belleville au coeur, Christian Page.

Couverture Belleville au coeur


Synopsis: 

« Je n’étais pas du matin mais, dans la rue, j’ai pris l’habitude de me lever aux aurores. Ça m’évite de croiser les gamins qui partent à l’école. Je ne veux pas qu’ils me voient. Je ne veux pas me voir dans leurs yeux. »

Après trois hivers passés dans la rue, Christian Page, 46 ans, raconte le quotidien d’un SDF. En écrivant le roman de sa vie, il décrit la langueur des jours et le temps qui s’accélère, le regard des autres, les trucs, les clans, la violence, la pitié, les ivresses du bonheur et l’amour.
Chaque jour, en France, un SDF meurt dans la rue.
Belleville au coeur est dédié à ces milliers d’anonymes, ces femmes, ces hommes qu’on a croisés sans doute, mais sans jamais les voir.


Ce que j’ai ressenti:

  • Quitter une vie…

Christian Page a perdu son quotidien confortable, sa petite famille, et se retrouve à la rue… Comme ça, un peu par hasard, un peu par inaction, anéanti par le tour du destin venu le foudroyer… Avec Belleville au coeur, il nous confie ses journées grises…Il est difficile de quitter cette histoire de vie, de rester insensible à la galère d’un homme, de s’apercevoir qu’un tel dérapage peut survenir à tout moment…SDF, vivre dans les rues de Paris, survivre chaque heure de chaque jour, il nous sensibilise sur les indifférences et les stigmatisations de la société.

« Dans la rue, on n’a pas droit à l’erreur, on tombe pour un rien. »

  • Quitter la liberté…

« Ma liberté, je vous la laisse…« …Jour après jour, il lutte pour sa vie, tout en tenant à rester un homme digne, avec le peu de moyens qui lui reste, un sac à dos comme compagnon de route. Il se raconte, parle des quotidiens difficiles et des réalités de cette vie de cauchemar, avec quelques fois, des jours chanceux et d’autres, désastreux. La rue, c’est de l’entraide autant qu’un danger permanent…Des gestes simples comme se laver ou dormir, devient une épopée journalière et rythme ses vies de misères…

« Cette nuit-là, il a erré comme un fantôme jusqu’à l’épuisement. »  

  • Laisser une fleur…

La lecture a toujours été la bouée de sauvetage de Christian Page, alors déposer des mots d’espoir dans ce témoignage était comme, une fleur qui pousserai au milieu du béton…Parce qu’il en reste encore, de ces personnes qui vivent sur les pavés, des inconnus qui se perdent dans les rues, des corps que l’on retrouvent, sans vie, au détour d’une intersection…Ce Belleville au cœur est un joli cri du cœur, pour que tous les autres ne soient plus invisibles…J’ai été très touchée par cette lecture.

« La justice ne vous protège pas, nous, les misérables. Elle nous attaque, elle nous traque, elle nous enterre. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les Editions Slatkine et Compagnie pour l’envoi de ce livre.

 

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Seule dans Raqqa, Hala Kodmani

Couverture Seule dans Raqqa


Synopsis: 

Syrie, 2011. Prise en étau entre les exactions d’un dictateur et la barbarie de l’État islamique, Raqqa souffre en silence. Sur Facebook, pourtant, une jeune femme prend la plume. C’est une résistante, une intellectuelle, une amoureuse. Elle raconte l’enfer d’un peuple, son quotidien de combats, de terreurs – son espoir aussi. Le symbole d’une ville, d’un pays tout entier. Antigone moderne, elle en partagera le destin : dénoncée en 2015, elle mourra exécutée dans les geôles de Daech.
Journal de bord et testament, Seule dans Raqqa est plus qu’un témoignage : un chant de liberté.

« Un témoignage digne de celui d’Anne Franck. » Daniel Cohn-Bendit – Europe 1
« Un livre bouleversant ! Lisez-le ! » Nicolas Demorand – France Inter
« Un témoignage poignant, entre espoir et désillusion, sur lequel Hala Kodmani a su poser les mots justes. » Delphine Minoui – Le Figaro


Ce que j’ai ressenti:

  • Un livre bouleversant…

Seule dans Raqqa. Seule avec un journal intime 2.0, seule avec Facebook comme fenêtre ouverte sur le monde, seule à chroniquer sur un enfer actuel. Difficile de poser les mots sur une telle lecture, parce qu’en fait il y aurait tant à dire, et en même temps si peu, parce que tout cela se passe, au delà des mots…Et pourtant, Nissan Ibrahim, se dévoile sur la toile, en étant aussi révoltée que douce, maladroite et avisée, engagée et prostrée, dans ce nouvel outil qui lui permet de parler de la situation intolérable de Raqqa: Facebook devient alors sa bouteille jetée à la mer, Facebook sera le témoin de son envie de liberté… Une jeune femme qui aiguise sa pensée, au fur et à mesure, que l’obscurantisme prend de l’ampleur…Édifiant!

  • Dans l’air du temps…

Hala Kodmani tisse, autour des posts de Nissan Ibrahim, tout un contexte politique et social, qui rendent compte des revirements des rues de Raqqa, en Syrie. C’est un témoignage en deux temps, puisque cette journaliste retrace le parcours de cette jeune femme, professeur de philosophie, qui lutte pour l’idée de LIBERTE. Mais il reste tout de même, une part de mystère, un voile sous les voiles noirs, des mots encore à décrypter, parce que Nissan est volontairement restée dans un anonymat « sécuritaire »…Pourtant, en une centaine de pages, qu’il est puissant, le choc de ses mots…C’est d’autant plus choquant, que c’est maintenant que ça se passe, maintenant, et sous le joug de la dictature…En 2015, que les messages de Nissan ont été stoppés nets. La démarche de Hala Kodmani s’inscrit dans un souci d’éveil, pour le reste du monde, de la souffrance d’une ville sous l’emprise de la barbarie. Raqqa blessée et Seule dans Raqqa: Un hommage tout en émotions.

…A la merci des loups noirs.

Nissan Ibrahim est à mon avis, une jeune femme admirable, un symbole d’une jeunesse audacieuse. Souffrant du syndrome de la chèvre de Mr Seguin, se jetant dans la gueule du loup, après avoir lutté toute la nuit, enivrée qu’elle était de liberté, Nissam a donné cet espoir, à travers ces chroniques intimement passionnées…Dans ses derniers posts, on sent bien qu’elle est consciente de se sacrifier pour cette idée, elle provoque même ses loups affamés…Et, eux, bien sûr, se sont empressés de la dévorer, à l’aurore…Il nous reste, tout de même, son courage à admirer et ce livre à lire et à recommander…Indispensable!

 

Ma note Plaisir de Lecture  INDISPENSABLE !

 

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Emmanuelle pour son conseil de lecture. Elle nous l’a tellement bien recommandée qu’il était franchement impossible de passer à côté, de cette lecture indispensable. Je remercie toute la Team des  éditions Pocket pour l’envoi de ce livre!

 

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pocket

Ectasy and Me, la folle autobiographie d’Hedy Lamarr.

Ecstasy and me : La folle autobiographie d'Hedy Lamarr par Lamarr

 

Synopsis:

Beauté vénéneuse, filmographie fournie et amants célèbres : Hedy Lamarr avait tout pour figurer au panthéon des reines d’Hollywood. Mais, quoiqu’elle fût sacrée « plus belle femme du monde », tournât aux côtés de Clark Gable et Spencer Tracy, et inventât le système de télécommunications à l’origine du wifi, Hedy Lamarr semble avoir joué de malchance. Sans doute était-elle trop sulfureuse pour l’Amérique des années 1940. Elle accède à la notoriété en mimant pour la première fois un orgasme au cinéma ; fuit son premier époux, déguisée en femme de chambre ; se marie six fois ; revendique sa bisexualité ; prend pour amants les plus grandes stars ; abuse de la chirurgie esthétique ; dilapide sa fortune ; se retire de la vie publique à 40 ans, ne réapparaissant qu’au gré de ses condamnations pour vol à l’étalage. Dans cette autobiographie controversée, elle livre les détails de son ascension spectaculaire, brossant un portrait décadent de l’âge d’or d’Hollywood.

Récit au style incisif, Ecstasy and Me retrace le destin d’une femme qui s’épuisa à essayer d’être libre.

Ce que j’ai ressenti:…Sous le charme…

« Hedy: Pour moi, la beauté est avant tout intérieure. La beauté extérieure comme vous le savez, ne dure qu’un temps. Elle vous donne un temps d’avance au départ de la course à l’échalote, mais il faut savoir la conserver. »

C’est rare que je lise des autobiographies mais, celle ci, je l’ai trouvé passionnante! Hedy Lamarr m’a captivée, déjà avec cette photo superbe, en noir et blanc de la couverture, et forcément, je me suis précipitée pour en savoir plus sur le film Extase qui a fait connaître celle qu’on nommera plus tard « La plus belle femme du monde« . Ecstasy and Me, c’est les mémoires d’une femme qui a touché les étoiles, qui a révolutionné son temps, et qui est retournée dans les ombres, un peu, comme une héroïne de cinéma sur toute une vie, s’éteignant silencieusement, après avoir brillé de mille feux…Une star sublime désenchantée…

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Avec cette lecture, j’ai découvert une femme forte, sulfureuse, libre, avant-gardiste, et surtout avec un caractère bien trempé! Elle défraye la chronique avec Extase, bouscule les mentalités, attire tous les regards, et toutes les caméras sont braquées sur elle: et ça tombe bien, parce que Hedy veut devenir actrice et désirable…Déterminée et audacieuse, elle va se faire sa place à Hollywood, tenir la tête aux plus grands de ces lieux mythiques, et tourner aux côtés des plus célèbres acteurs de sa génération…Une vie de strass et paillettes faite de joies étincelantes et de déceptions amères…Une dame qui ne s’en laisse pas compter, qui dépense son énergie sans calculer, qui multiplie les plaisirs, mais qui paye aussi cette image de beauté de marbre, dans sa vie privée et professionnelle…

Être bien informé, être sensible, être conscient sont souvent la source de beaucoup de malheurs. 

En fait, ce que j’ai le plus apprécié, c’est cette sincérité avec laquelle elle écrit sa vie, où l’intimité de son rôle de femme se mélange avec ses rôles de cinéma, où l’effervescence de la célébrité se conjugue avec sa vie familiale. J’ai été surtout stupéfaite par ces entretiens retranscrits avec son psychologue, comme ses mots résonnent encore, et pourraient être écrits de nos jours, alors qu’ils ont été enregistrés il a près de 60 ans. C’est sans doute mon passage préféré, plus que ses frasques maritales, c’est cette pensée libre qui la caractérise: détonante!…Intelligente, belle et sensible, ce livre retrace une partie de sa vie sans faux-semblants, avec quelques levers de rideaux sur les « petits secrets » de cette industrie du cinéma: un regard féminin et acéré dans les coulisses d’Hollywood…

Passionnante et folle autobiographie d’Hedy Lamarr!

J’aime les gens, mais je me rends compte que plus je leur donne, moins je reçois, plutôt que l’inverse.  

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Alina Gurdiel ainsi que les éditions Seguier pour l’envoi de ce livre!

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Prendre Soin, François Chevet.

Prendre soin par Chevet

Synopsis:

« J’avais vingt-trois ans lorsque je fus engagé comme kinésithérapeute dans le centre de réadaptation de Coubert. J’y restai quinze ans. Quinze ans qui résonnent en moi intensément, comme une peine purgée à mon corps défendant. Durant cette période, la blouse blanche m’a placé du côté des matons, libres en apparence, telles des sentinelles dressées face au handicap déferlant ; libres, ou presque.

J’ai dû apprendre à dire que non, ce ne serait plus jamais comme avant. Je me suis protégé. Je me suis fait envahir. J’ai nourri ma vie de trajectoires bouleversantes et de fulgurantes leçons. J’ai mesuré l’infortune, prolongé les efforts, soutenu les regards, ouvert mon être pour tenter de donner un sens aux mots “prendre soin”. »

Ce que j’ai ressenti:

La vie est miracle, la mort est mathématique.

Prendre Soin est un témoignage émouvant et fort d’un kinésithérapeute dans un centre de réadaptation. Un lieu où le handicap sévère est derrière toutes les portes des chambres, alors le personnel soignant se doit d’être encore plus Patients, plus présents, plus intimement liés…En chapitres courts et intenses, il nous présente son quotidien et les personnes qui ont traversé son chemin de vie. C’est très intense niveau émotionnel, parce qu’il nous pousse à voir la vie dans les yeux de ceux qui sont entravés et nous parle de son combat journalier colossal, pour des mini-victoires sur la fatalité…

Ecoutez vos anciens, saluez vos voisins, caressez votre chat.

Entre rire et drame, François Chevet nous parle de ces corps meurtris, mais aussi de ces regards qui ne se résignent pas. Quand il porte sa blouse blanche, il apporte l’espoir et le réconfort à ces personnes qui ont perdu leur autonomie, et on se rend bien compte que c’est l’essentiel, dans une étape de guérison. Le temps d’une période, il les accompagne avec des gestes compétents et des mots encourageants pour tendre vers une certaine forme de liberté:  où les corps et les esprits peuvent bouger…Il y a beaucoup d’échanges positifs, intrinsèques entre les patients et ce kinésithérapeute qui nous montre la beauté de ce métier.

J’ai appris le sens des mots « prendre soin ».

J’ai aimé la douceur et l’allant que cet homme a pour les autres. Sa façon de Prendre Soin, les caresses de ses mots, ses gestes de générosité: c’est une vocation pour lui et ça se ressent dans son écriture. Je dirai qu’en plus, de cet altruisme palpable à travers les lignes, j’ai été charmée par sa plume pétillante de petites étincelles culturelles. C’est un récit vivant, rempli de moments drôles ou douloureux, mais raconté avec un surplus d’humanité.

Et bang, vous changerez le monde.

Meilleurs moments du livre: 

  •  Le slam du para
  • La préface de Grand Corps Malade.

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Muriel ainsi que les éditions Don Quichotte pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture émouvante.

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Les passeurs de livres de Daraya, Delphine Minoui.

Couverture Les passeurs de livres de Daraya

Pourquoi je l’ai choisi: 

La communauté Bookstagram est pleine de bonnes idées et de partages livresques…Ici, j’ai succombé à l’appel du coeur de @Steph_croqueuse_de_livres_ , je ne me voyais pas faire autrement…

Synopsis: 

De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd’hui d’étouffer. Ce récit, fruit d’une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.

Ce que j’ai ressenti:… Un Fulgurant Coup de Coeur…

Je n’entends rien en politique internationale, en conflits mondiaux, et en stratégies planétaires, mais j’ai entendu comme un murmure dans le chaos, un message de paix et d’espoir qui s’est élevé au dessus du bruit des bombes, qui a réussi à passer entre les barils d’explosifs, qui s’est envolé plus haut qu’une attaque au napalm…Ce murmure, il vient de Syrie, et il avait le doux son des pages qui se tournent, la force des mots qui apaisent, le pouvoir de la liberté de penser, la magie d’un livre ouvert…

Quand j’ai lu ce passage, j’ai senti comme un déchirement…(et ce n’était que la page 12…).

« Des heures durant, il évoque en détail ce projet de sauvetage du patrimoine culturel, né sur les cendres d’une cité insoumise. Puis il me parle des bombardements incessants. Des ventres qui se vident. Des soupes de feuilles pour conjurer la faim. Et de toutes ses lectures effrénées pour se nourrir l’esprit. Face aux bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes d’instruction massive. » 

Je suis admirative qu’un tel témoignage ait pu franchir les frontières, la barbarie, l’intolérable…Ce n’est pas une lecture comme les autres, elle est de loin la plus difficile que j’ai pu lire, et pourtant, c’est un coup de coeur violent et nécessaire qui m’a bouleversée plus que ce que je pouvais imaginer…C’est avec une grande émotion que j’écris ce retour de lecture…Malgré l’état de siège asphyxiant, un petit groupe d’hommes décident de privilégier l’amour de la littérature, l’amour des mots, l’amour de la poésie comme un souffle d’espoir… C’était tellement désespéré, désintéressé et fondamentalement altruiste que cet élan vous chavire au plus profond…Au delà des larmes que tu verses au fil des pages, il te vient un respect serein qui t’unit à cette incroyable bibliothèque, petite bulle pacifiste cachée sous les décombres…

Le livre ne domine pas. Il donne. Il ne castre pas. Il épanouit. 

S’il y a des passeurs de livres à Daraya, nous pouvons bien nous, lecteurs et blogueurs, faire passer aussi ce témoignage d’une force et d’une luminosité éblouissante…A vous, maintenant, de faire passer…Pour ma part, c’est fait, et je m’en vais lire encore une fois, L’alchimiste de Paulo Coelho et Le petit Prince de Antoine de Saint-Exupéry mais découvrir aussi La coquille de Moustapha Khalifé puisque ce sont ceux là, qui ont été leur port d’attache au milieu de cet océan déchaîné de violence…Ceux là, et tous les autres, qui les ont tenu debout, et plus fort contre la haine…

Lire pour s’évader. Lire pour se retrouver. Lire pour exister…

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

 

Norilsk, Caryl Férey.

Norilsk par Férey

 

Synopsis:

Norilsk, nord de la Sibérie. La ville de plus de cent mille habitants la plus septentrionale. L’une des plus polluées. Un ancien goulag où les bâtiments soviétiques s’effondrent. Un froid qui l’hiver peut atteindre -60°C. La plus grande mine de nickel au monde, tenue par des oligarques. Une ville fermée, qu’on ne peut rejoindre qu’avec l’autorisation du FSB. Deux mois par an de nuit totale. Une population majoritairement constituée de mineurs. Espérance de vie lamentable. Une ville sans animaux, sans arbres, sans rien. En résumé, la ville la plus pourrie du monde. Mais pour affronter l’enfer sibérien, j’avais ma botte secrète: La Bête.

Ce que j’ai ressenti:…Une rencontre fulgurante!

Caryl Férey est un aventurier dans l’âme. Il a besoin de se fondre dans le décor, d’en connaître chaque recoin, de se confronter aux mentalités. Et il savait que Norilsk, ne fait pas rêver, au premier abord. Pourtant, en se laissant séduire par l’idée de se frotter au grand froid, ce petit séjour se révélera presque chaleureux…Totale découverte que cette ville polluée, brinquebalante, dangereuse et sécurisée à outrance, qui affiche des températures vertigineuses en dessous de zéro…Mais on le sait le voyage est toujours plus beau, partagé. L’amitié tient une grande place dans ce récit de voyage, et ce duo d’hommes qui n’a pas froid aux yeux, est un régal à suivre…

« Bach emplit bientôt la salle de sa joie triste. La vie puisqu’on en meurt. »

Curieux et totalement Rock, Caryl Férey nous livre un carnet de route survolté qui se lit comme un « shot » d’alcool bien fort. Sans langue de bois, avec une franchise bienvenue qui frôle l’impertinence, on se laisse surprendre par les charmes de la « ville la plus pourrie du monde ». Et ça marche, car l’auteur se consacre à l’humain avant tout, aux valeurs, trouve la beauté enfouie sous les blocs de glace, gratte les croûtes des préjugés. J’ai adoré son aura de globe-trotter, son œil incisif , les notes d’humour et le cœur tendre qu’il nous dévoile presque, avec pudeur…On aurait presque envie d’adopter le leitmotiv « You’re my friend« , tellement on découvre un homme entier, un esprit ouvert au monde et aux échanges véritables…Une bien jolie rencontre!

« La colère qui nous brûlait, on la gardait pour nous. »

S’il est évident, que je ne m’aventurai jamais en terre froide, vers Norilsk, j’ai été enchantée de découvrir, une ville dans son intime brûlant, avec ses écorchures de paysages, ses couleurs réinventées par la pollution, et ses lumineux habitants. Caryl Férey en s’aventurant en ces lieux hostiles, nous dévoile des richesses insoupçonnées, preuve que cette expédition était une bonne idée…

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Paulsen pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture enrichissante!

 

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Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu.

Couverture Journal d'un vampire en pyjama

Pourquoi je l’ai choisi:

J’adore la plume et l’univers de cet auteur, quand je l’ai vu à la bibliothèque, je me suis jetée dessus, impatiente de lire son nouveau livre et totalement ignorante de ce qu’il pouvait renfermer…

Synopsis:

« Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue. »

Ce que j’ai ressenti:…Au vent mauvais, un Coup au Cœur…

 » Je viens de traverser l’enfer en stop. Le véritable enfer. Pas celui avec du feu et des types à cornes qui écoutent du heavy métal, non, celui où tu ne sais plus si ta vie va continuer. »

Etre une Fée Lectrice, c’est voleter dans les mondes imaginaires de tous ses auteurs…Aujourd’hui, j’ai traversé l’enfer avec un Vampire en Pyjama, embarquer sur un vaisseau de poésie, et admirer des nymphes guérisseuses…Journal d’un Vampire en Pyjama, c’est un journal de bord tenu par un bout-en-train roux, qui ne connaît pas le repos : un « Dragon qui fait le con en skateboard »…Un témoignage vibrant, émouvant, hypnotisant.

« Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts. Nous abîme aussi parfois. »

Je ne sais pas résister à la poésie de cet auteur, à l’enchantement de ses histoires. Même, ici, alors qu’il se bat contre la maladie, il nous délivre encore du rêve et de la féérie. Rien que pour cela, je me suis promis de ne pas pleurer en lisant ses lignes, parce qu’il combat l’implacable, avec panache! Il continue de créer , voir le monde en couleurs, distribuer de l’espoir…Alors, en tant que ElfeLectrice, on admire cet homme qui a gardé son âme d’enfant, on voudrait lui offrir de la poudre de fée pour qu’il s’envole encore plus haut avec son Œuf, on souhaite juste ne pas perdre cet illusionniste de l’amour!

« Moi qui ai tant rêvé de chimères, géants, monstres amoureux et autres sirènes, me voici au combat pour un retour à la normalité. Le plus intense des contes de fées. « 

« Faire le con poétiquement est un métier formidable. »

Je me rappelle l’euphorie de découvrir Jack et la mécanique du cœur au cinéma, et avoir voulu absolument lire La mécanique du cœur, avant ce visionnage, c’est drôle la vie, quand on y pense, pendant que ce doux rêveur nous donnait un de ses plus jolis cadeaux d’artiste, lui vivait le carcan, presque en revivant comme une prémonition, ses plus intenses histoires…

« Ils ont raison au fond. C’est d’ailleurs exactement parce qu’ils ont raison qu’ils ne prennent pas en compte la passion. »

Quand le corps ne suit plus cet esprit hyperactif, La mécanique de mon petit cœur connaît un petit raté, les larmes coulent dans l’autre sens, mais j’ai encore le sourire aux lèvres car ce Journal, c’est une bouffée d’optimisme, une transfusion de magie, une greffe d’amour…C’est certainement le plus personnel de ces écrits, le plus touchant parce qu’il sonne plus urgent, plus pressant, que l’on sent avec plus d’ardeur que la vie a un compte à rebours fatal…Donner un peu de sang à ce vampire là, et il le transforme en pétillante joie de vivre, nous offre une arme de rage constructive face à cette Dame, nous montre un chemin de paix électrisée au quotidien extraordinaire…

« Je croise mon reflet dans le miroir des toilettes, je suis plus pâle que Dracula. »

Ma note Plaisir de Lecture  10/10

-Etes-vous psychopathe? , Jon Ronson.

Couverture Êtes-vous psychopathe ?

Pourquoi je l’ai choisi:

Au premier coup d’œil, j’ai adoré cette couverture! Je la trouve juste géniale, et j’étais curieuse de voir ce qu’elle cachait derrière!

Synopsis:

Voyage d’un candide au pays des désordres mentaux.
Jon Ronson, l’auteur reconnu des Chèvres du Pentagone s’aventure dans un voyage rocambolesque au pays des désordres mentaux pour essayer de savoir si notre société n’est pas animée au final, plus par la folie que par la raison, par les névroses que par l’intelligence.
Pour ce faire, il rencontre des psychopathes remarquables, des psychiatres un peu cinglés, des hommes d’affaires qui, du narcissisme à l’asociabilité, doivent leur réussite à leurs névroses. Cette épopée aussi loufoque qu’éclairante le conduit chez le célèbre psychologue canadien Robert D. Hare, l’inventeur du test du psychopathe, moyen infaillible de mesurer notre degré de folie.
Entre Woody Allen et Hunter S. Thompson, Jon Ronson se promène dans l’antichambre de la démence avec une autodérision et un humour caustique et pose des questions dérangeantes sur nos désordres. Pouvons-nous échapper à l’un des 374 types de troubles mentaux répertoriés ? Sommes-nous tous fous ? Dans cette exploration aussi désopilante qu’irrévérencieuse, il questionne la notion de normalité dans notre société et la façon dont cette notion floue a donné lieu à une économie florissante.

Ce que j’ai ressenti:…Etonnant voyage au sein de la folie.

« Ce livre traite de la folie. »

Oubliez toutes vos certitudes, branchez-vous sur l’humour et l’auto-dérision, et visitons ensemble, les joies de nos névroses! Voici comme l’auteur aurait pu présenter son nouveau livre, ou plutôt sa passionnante enquête au sein des psychopathes reconnus, (ou pas)…

« Il est terriblement plus difficile, m’a expliqué Tony, de convaincre les gens qu’on est sain d’esprit que de les convaincre qu’on est fou. »

En se basant sur son expérience et ses rencontres, Jon Ronson, parle de maladie mentale. Se basant sur un véritable test de pshychologie, il chemine des prisons, en passant par des hôpitaux psychiatriques, les hautes sphères du pouvoir, et même parfois en introspection pour mieux appréhender, le concept de cette étiquette utilisée à tort et travers: Psychopathe.

« Je me suis demandé si parfois la différence entre un psychopathe en hôpital et un psychopathe à Wall Street était que l’un avait eu la chance de naître dans une famille stable et aisée. »

Le mot est bien souvent lancé, quand un comportement déviant est observé, mais selon le lieu ou le domaine, il ne sera pas perçu de la même manière. C’est cette étrangeté et ses jeux de vocabulaires, autant que d’interprétations hasardeuses que l’auteur veut  mettre en lumière, et c’est bien tout l’intérêt de ce livre, c’est qu’il devient passionnant autant qu’intéressant, car tout est question de perception. La réponse est aux lecteurs: Etes-vous psychopathe? Etes-vous, entouré de, psychopathes? Saurez-vous simplement les reconnaître, si seulement vous en croisiez un?

S’il est vrai que Jon Ronson utilise l’humour dans ce sujet délicat, on s’aperçoit aussi en allant dénicher, les multiples références sur le Net, que l’auteur a fait un sacré travail de recherche! C’est bien plus agréable d’apprendre en s’amusant, et du coup, on admire d’autant plus sa démarche. J’ai été ravie d’en apprendre plus sur la psychologie, la médecine, et les moyens parfois douteux, de guérir des patients.

Une lecture enrichissante!

-Oh, vous savez comment sont les blogueurs. Ils passent leur temps à écrire. Je me demande pourquoi, vu qu’ils ne sont pas payés pour.

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine pour l’envoi de ce livre! Merci de leur confiance, ce fût une lecture passionnante!

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Un fils parfait, Mathieu Menegaux.

Couverture Un fils parfait

Pourquoi je l’ai choisi:

Les éditions Grasset me font encore l’honneur de leur confiance pour lire en avant-première, leur dernière parution: un auteur qui m’avait déjà marquée, par sa plume, Mathieu Menegaux.

Synopsis:

Maxime a tout réussi : de brillantes études, une carrière fulgurante, il est un mari aimant et un père attentionné. Un fils parfait. Un homme au-dessus de tout soupçon. Si bien que, lorsque sa fille, Claire, dénonce ses agissements à sa mère, en la suppliant de la protéger, Daphné tarde à la croire. L’amour qu’elle porte à Maxime la conduit à refuser l’évidence pour préserver sa vie et son confort.
Pourtant les soupçons se confirment, le doute se dissipe et les faits vont pousser Daphné à réagir. Mais il est trop tard. Maxime, fort de cette façade d’homme irréprochable, a manipulé la police et la justice afin de les retourner contre la mère de ses enfants. Daphné livre sa version de l’histoire à sa belle-mère. Elle reprend les éléments un par un, depuis les débuts amoureux avec Maxime, jusqu’à la confrontation sans merci. Jusqu’où une mère doit-elle aller pour protéger ses filles et faire valoir ses droits, lorsque personne n’accepte de la croire ? Quelles épreuves Daphné va-t-elle devoir traverser pour récupérer Claire et Lucie ?

Ce que j’ai ressenti:…L’envers du décor d’une vie parfaite…

Déjà, la lecture de Je me suis tue avait été un choc, mais avec Un fils parfait, Mathieu Menegaux confirme son talent, et me renverse encore une fois, me bouleverse le cœur…Il choisit toujours des sujets difficiles, des personnages féminins, empreints de sensibilité qui subissent un raz-de marée dans leur quotidien, et nous livre avec pudeur, leurs intimes pensées…

Ce n’est pas le genre de lecture dont on ressort tout à fait indemne, on ne peut pas passer à autre chose, car même le livre une fois refermé, il vous reste encore cette sensation de malaise…Lire un livre de Menegaux, c’est ouvrir un témoignage qui a priori, est de la fiction, mais dont on sait qu’il ressemble que trop bien à cette réalité fracassante, et terriblement, fatalement, s’inspire d’un fait réel…Il a juste le pouvoir en tant qu’écrivain de donner une voix pour toutes ses victimes, et peut être une issue plus heureuse…

Avec ce fils parfait, on peut clairement s’apercevoir qu’il y a un certain problème dans la Justice, qu’elle a sans doute la vocation d’être impartiale, mais qu’elle est bien imparfaite, car faite par les hommes…Avec ce témoignage, on se rend compte de ses failles, et il me semble ahurissant que cette femme se retrouve ainsi démunie, face au système judiciaire, dans le combat qu’elle mène. Tout cela, à cause des non-dits, de tabous, elle se retrouve seule contre tous, et cette lettre qu’elle envoie est une bouteille à la mer, l’ultime cri de désespoir pour qu’enfin les mentalités et les lois françaises changent, protègent ce qui il y a de plus précieux en ce monde : l’innocence…

J’ai bien sûr, cru y laisser toutes mes larmes dans ses pages…Daphné croyait vivre un rêve éveillé, mais quand elle se rend compte que sa vie est un cauchemar, on n’a d’autre choix que de lire son expérience face à l’immonde, impossible de lâcher le livre, c’est ce qu’on peut faire de mieux, éviter à tout prix l’indifférence…

Ce livre sera en librairie le 1 février, et je vous conseille fortement, avec la gorge encore serrée, cette lecture, même si elle est bouleversante…

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement les Editions Grasset pour l’envoi de ce livre! Et en plus, je l’ai reçu dédicacé par l’auteur, j’étais aux anges d’avoir cette excellente surprise dans ma boite aux lettres….

 

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Vous n’aurez pas ma haine, Antoine Leiris.

Couverture Vous n'aurez pas ma haine

Pourquoi je l’ai choisi:

Ce titre m’intriguait énormément, mais n’ayant pas Facebook, je n’ai pas vu cette fameuse lettre, mais je ne regrette pas que ce livre soit tombé dans mes mains.

Synopsis:

Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre dernier assassinée au Bataclan. Alors que le pays était endeuillé, à la recherche de mots pour dire l’horreur, il publiait sur les réseaux sociaux une lettre destinée aux terroristes intitulée Vous n’aurez pas ma haine. Dans celle-ci, il promettait à ces « âmes mortes » de ne pas leur accorder sa haine ni celle de leur fils de dix-sept mois, Melvil. Son message fait le tour du monde. Accablé par la perte, Antoine Leiris, journaliste de 34 ans, n’a qu’une arme : sa plume. L’horreur, le manque et le deuil ont bouleversé sa vie. Mais, à l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre, il nous dit que malgré tout, la vie doit continuer. C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre dans ce témoignage poignant.

Ce que j’ai ressenti:…Un coup au cœur, un coup de cœur…

Choisir ce livre alors que l’horreur des attentats est encore une blessure ouverte, n’est-ce pas mettre un peu plus de sel sur nos plaies? Je vous rassure de suite, ce témoignage, c’est un baume au cœur.

Je lis très peu ce genre de récit, car souvent j’y perds trop de larmes. Alors oui, j’en ai donné, ma vue a été plus que brouillée en lisant ses lignes, et pourtant ce n’est pas parce que ce texte est mélodramatique ou qu’il appuie sur les cordes les plus sensibles, non, c’est qu’il est d’une beauté éblouissante.

Vous n’aurez pas ma haine…On peut se poser la question, mais alors, vous aurez quoi?

  • Un texte bouleversant d’un homme qui perd la femme de sa vie, la mère de son enfant. Une déclaration d’amour qui vous chavire d’un homme ordinaire qui aime au delà de tout.
  • Une leçon de vie d’un père qui se battra, sans armes à feu, pour nos plus belles valeurs, qui les fera passer à la future génération.
  • un partage douloureux d’une intimité ravagée par le chagrin, mais jamais ô grand jamais, de haine. Aucune réponse négative ou colérique dictée par une vengeance aveugle. L’Amour contre la Haine. La Liberté contre la Peur.

J’ai admiré cet homme, le père qu’il sera, la force de son courage. C’est un témoignage renversant et une belle ôde à l’Amour et à la Liberté. Magnifique.

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 10/10

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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