La Religion, Tim Willocks.

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Synopsis:

 « La Religion « , c’est le nom que se donne l’ordre des Hospitaliers, mais c’est aussi la bannière sous laquelle se rallie parfois la folie des hommes. En 1565, claustrés sur leur petit archipel au sud de la Sicile, les chevaliers de Malte s’apprêtent à recevoir les furieux assauts de l’armée ottomane. À un contre cinq, les chrétiens tiennent le siège au prix de combats effroyables. Un déchaînement de violence dans lequel se trouve entraîné Mattias Tannhauser, un ancien janissaire qui a connu les deux camps. Pour les beaux yeux de la comtesse Carla La Penautier, le trafiquant d’armes et d’opium embarque pour l’enfer…

Ce que j’ai ressenti:

« Plonge dedans, disait l’obscurité. »

Alors j’ai plongé. J’ai plongé dans les enfers, rencontré quelques démons, et j’ai ressenti à l’intérieur les vents dispersants. Et quelle fabuleuse invitation! A se frotter ainsi, aux guerres de religions qui font rage au cours de l’Histoire, en plongeant justement dans ce thriller noir qui retrace un de ses plus sanglantes batailles, on en revient jusqu’à en avoir l’odeur nauséabonde dans les narines….Tim Willocks, décide de nous faire revivre l’enfer du siège de l’île de Malte en 1565, opposant l’élite des troupes ottomanes aux puissants chevaliers de l’ordre, dans ces moindres détails et il ne nous épargne rien de l’horreur du carnage. D’un côté comme de l’autre, les combattants sont déterminés, acharnés, convaincus jusqu’à la pointe de leurs épées du bien fondé de leurs actions…D’un côté, comme de l’autre, les souffrances seront atroces et les pertes considérables. D’un côté comme de l’autre, ils se battent au nom de dieu. Et, à la frontière de l’un comme de l’autre, un devshirmé, Mattias Tannhauser.

« Sache que tu es en enfer. Et que nous sommes ses démons. »

Et comme l’Histoire se vit aussi, dans les petites histoires, en suivant le parcours semé d’embûches de ce mystérieux héros Tannhauser, on aura notre comptant de passions, d’amours, d’intrigues, de trahisons, d’amitiés, de dangers, d’honneurs, de rébellions, de rédemptions…Tout ce qui fait l’énergie palpitante des bonnes histoires. Tout ce qui nous anime au creux de nos tripes. Impossible de lâcher ses pages, tellement le sort de ces personnages nous importent dans leurs cheminements personnels. Tous autant qu’ils sont, ils nous donnent à ressentir, une émotion différente de par leur sensibilité, en ce temps affreux de guerre impitoyable. Et puis, comme pour sublimer le tout, la beauté s’en vient en musique et en poésie…Et là, c’est comme un souffle de fraîcheur, entre deux respirations dysharmonieuses. Un instant précieux…

« Dans l’éternité, lui dit-il, il n’y a pas de chagrin. »

C’est fascinant, cette faculté de faire transparaître ainsi autant de sensations, autant de sentiments. Tout est démultiplié. On s’en prend plein les yeux, le nez, la bouche, le cœur, l’esprit…C’est tellement intense! Chaque scène est plus grandiose que la précédente, chaque phrase plus percutante que celle d’avant et mérite qu’on s’y arrête pour les relire. Et l’apprécier encore et encore. Méditer dessus, presque. Ce roman est grandiose. Démesurément, grandiose. J’ai déjà eu des coups de cœur, mais celui là, il dépasse tellement en profondeur et en force, que c’est presque difficile de trouver les mots…La plume est tantôt enflammée, poétique, sensuelle, percutante, charmeuse et bouleversante. Ce contexte historique est tellement imprégné de violences, d’urgences, et d’espérances…Tant de passions et de densité dans ce pavé noir, c’est absolument prodigieux. Une lecture sacrément magistrale.

« Dans des temps comme aujourd’hui voués à de si grands maux, lorsqu’on peut entendre et sentir partout les ailes de l’ange de la mort, de petits actes de gentillesses sont comme des joyaux du ciel, et tout autant pour celui qui les réalise que pour celui qui les reçoit (…). »

Ma note Plaisir de Lecture 10/10.

Les disparus de Pukatapu, Patrice Guirao.

Synopsis:

Pukatapu, c’est un paradis de sable blanc, de corail et de cocotiers perdu dans le Pacifique, à des milliers de kilomètres de Tahiti. Le long de ses eaux turquoise, une poignée de maisons colorées abritent quinze hommes, neuf femmes et, étrangement, pas un seul enfant. Lilith, photographe, et Maema, journaliste à La Dépêche de Papeete, y effectuent un reportage sur les conséquences du réchauffement climatique. Elles croient avoir trouvé l’éden, jusqu’au jour où, sur la plage, Lilith découvre une petite main coupée. Mais sur l’îlot, nulle trace d’un cadavre et personne ne manque à l’appel…

Ce que j’ai ressenti:

Ce matin, un ange est venu me parler de la Polynésie. Il m’a dit que je ferai un voyage immersif et passionnant dans ces îles…Je serai sans doute à l’étroit, pas tout à fait confinée, mais que je serai aussi, bien tranquille au soleil…Que j’allais rencontrer de nouvelles personnes, des artistes incroyables, de nouvelles façons de vivre. Alors, j’ai pris la navette vers Pukatapu et je suis allée marcher dans le sable blanc. Époustouflant de beauté. J’aurai voulu lui dire que ça ressemblait étrangement au paradis…

Puis, il y a eu la découverte.

Je lui ai fait part de mon angoisse quand j’ai vu ce morceau de main putréfiée, mais il m’a dit de ne pas m’en soucier, que le duo Lilith/Maema, allait s’en occuper, en temps voulu…Je n’étais pas vraiment rassurée mais bon, je n’allais pas contredire un ange…Et puis, je connaissais déjà ses deux femmes fortes et déterminées, et je leur faisais confiance pour lever le voile sur les mystères de cette petite île perdue…

Puis un autre morceau de corps est venu s’échouer sur le sable blanc, alors je lui ai parlé de diablerie. Il m’a dit, avec un calme et une sérénité poétique, que ce n’est pas tant la peine de s’en faire, les croyances étaient personnelles et puis de toute façon, je parlais bien aux anges, alors…Je n’ai pas su que répondre à cela, mais enfin, les peurs ont été quelque peu apaisées..

Il m’a raconté, par contre, des choses affreuses qui se déroulent dans l’océan Pacifique, au large, bien à l’abri des regards…Je n’osais croire à de telles horreurs, mais pourtant je sentais dans sa voix qu’il y avait des accents de vérités. Il n’a même pas tenté de me rassurer, il m’a dit tu sais les hommes, de tout temps, ils ont été irrespectueux envers la nature, l’écosystème, les animaux, les traditions culturelles, alors un peu plus ou un peu moins… Alors j’ai un peu chialé en pensant à ces disparitions en tout genre, que l’on cumulent au fil des années. Force est de constater que même au paradis, des larmes tombent, l’espoir en des jours meilleurs, aussi…Il m’a laissé là pourtant, pour que j’intègre bien cette prise de conscience…

Et puis, l’enquête a avancé et les tempêtes se sont déchaînées…Le deuxième soleil s’est levé sur les flots…En bref, ce fut sacrément mouvementé, mais il a fallu tenir le coup face la folie, à l’immonde, aux châtiments divins, à la solitude, aux dangers qui frappent de plein fouet, sans prévenir…

Il est revenu l’ange, et il m’a demandé comment étaient les disparus de Pukatapu…Je lui ai dit, vous savez, Patrice Guirao, votre roman noir azur, il m’a fait chavirer le cœur…Je l’ai tant aimé, tant aimé…

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Babelio ainsi que les éditions La Bête Noire/Robert Laffont de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Le Livre du Trésor, Brunetto Latini/ Rebecca Dautremer.

Le Livre du trésor


Synopsis: 

La Baleine, le serpent à deux têtes, le dragon, le phénix, le caméléon, la licorne, le loup, la lucrote… Dans ces extraits du Livre du Trésor de Brunetto Latini, on savoure la façon dont les bestiaires médiévaux mettaient sur le même plan animaux fabuleux et animaux réels, fantastique et scientifique. Ces représentations parfois étranges et qui peuvent nous paraître farfelues révèlent un imaginaire riche et dense. Par ricochet, elles interrogent les nôtres : comment notre imaginaire et notre savoir actuel sera-t-il perçu dans 700 ans ?


Pourquoi nous l’avons choisi:

Parce qu’il est toujours merveilleux d’inviter dans notre monde, des animaux fabuleux…Alors quand nous avons vu ce bestiaire spécial avec ma fille, nous étions hyper enthousiastes. Notre moment complice de « l’Histoire du Soir » s’est fait Trésor.

Ce que nous avons ressenti:

Je pense qu’en tant que maman, voir son enfant prendre (kidnapper devrais-je dire!) ce livre dès la réception pour le lire, est une sensation formidable. Alors quand je l’ai vu admirer ses animaux plus ou moins connus, et s’étonner de ses légendes plus ou moins vraies, il y a un peu de magie qui emporte mon cœur de maman en la regardant…

Nous avons donc fait cette lecture séparément, au début, mais on se rejoint tellement sur nos pages préférées! 11 animaux à découvrir ou à redécouvrir, avec des illustrations superbes et des descriptions pleines de malices! Comme c’était drôle de voir la surprise dans les yeux de Jazzelfique et me demander « Maman, les licornes, elles ont des pieds d’éléphants?! » Fous rires, bien sûr! On a carrément craqué sur la beauté du phœnix, rigolé en découvrant La lucrote et on a parlé aussi de magie…Bref, toutes les pages ont leurs lots de belles surprises!

La licorne est une bête redoutable, dont le corps ressemble un peu à celui d’un cheval; mais elle a le pied de l’éléphant et une queue de cerf, et sa voix est tout à fait épouvantable.

Nous avons là un bestiaire médiéval illustré de toute beauté. J’aimerai beaucoup voir l’original écrit par Brunetto Latini. L’illustratrice, Rebecca Dautremer, a une interprétation particulière de ses représentations imaginaires et réelles, et tourner les pages est un plaisir immense. La Collection parle de « contraintes » imposées, je pense que le défi est relevé haut la main et le rendu est fantastique!

On ne se lasse pas de cette imagination originale et du voyage fabuleux que ce livre nous invite à faire à travers le temps et les légendes! Nous conseillons cette lecture à tous ceux qui n’auraient pas perdu leurs âmes d’enfants et qui cherchent encore des trésors…Éveillez-vous au merveilleux avec cet album en grand format!

Notre note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Valéria et les éditions Grasset Jeunesse de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Tu m’as donné de la crasse et j’en ai fait de l’or, Pacôme Thiellement.


Synopsis:

Pacôme Thiellement a décidé de plonger dans ses douleurs les plus vives pour les transformer et fait appel à son expérience foisonnante mais aussi à sa connaissance des grands maîtres spirituels , des gnostiques, des poètes et des stratèges chinois. Un récit initiatique où l’intime convoque l’universel.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Transformation Alchimique…

Et si je voulais cette lecture, c’était pour ce titre. J’ai eu un coup de foudre, une attirance. Donc je voulais vraiment ce que je veux: ce titre. Pas un autre. Juste lire de l’or. Voir une transformation hors du commun. Sans doute, que la façon de voir et ressentir cette approche du bonheur est visionnaire. En tout cas, Pacôme Thiellement m’a fait forte impression avec cette lecture, parce qu’il y a de l’émotion brute née des malheurs de sa vie. Et il offre avec ce livre, des méthodes pour que malgré les épreuves, on puisse puiser des idées pour s’approcher du bonheur. Il y a un mélange d’intime et d’universel, d’émotions et de méditations, d’autobiographie et d’essai et c’est cet étrange « mix », qui en fait toute la magie. Je n’ai pas pu décrocher de ma lecture, je l’ai lu d’une traite et il m’a fascinée.

Sans malheur, pas de bonheur.(…) Le bonheur, c’est du malheur converti, transmuté, métamorphosé.

▪️Illusion de labyrinthe…

Parce que c’est tortueux la vie, les sentiments, il faudrait peut-être savoir où l’on va, ce qu’on veut, ce qu’on aime, ce qu’on sait, mais dans ce monde infernal, rien n’est moins difficile. La crasse est partout, le malheur est contagieux et le monde, un foutu enfer. Certes. Mais il y aura enfin un livre, qui fera écho dans mon petit monde pour les moments difficiles à passer (deuils, peines, trahisons, douleurs…). Inconsciemment, on sait qu’on sait, et là, je savais que ce que je lisais avait un sens et des résonances dans ma perception de cette vie sur terre, ou mieux encore que j’avais adopté quelques comportements et réfléchis à ceux à venir. J’ai emprunté le labyrinthe de Pacôme Thiellement, et j’ai suivi ces états d’âmes, ses références littéraires, son parcours humain…C’était beau et triste, inspiré et poétique, vivant tout simplement. Et quand je suis arrivée à la fin, il y a eu comme cette étincelle. Je n’ai pu m’empêcher de penser que ce livre est une merveille.

Seuls les êtres généreux sont susceptibles de voir la Beauté dans ce monde. Eux seuls sont capables de vivre une vie réellement poétique. Mais leurs espoirs sont sans cesse mise en pièces par la réalité. Leur joie de vivre se ternit à mesure que la vie s’acharne sur leurs rêves.

▪️Un bijou littéraire.

Et si j’aimais vraiment ce que j’aime, alors je vous dirai que j’ai aimé passionnément cette lecture. Tellement aimé. Aimer Thiellement. J’ai trouvé un trésor, d’or qu’on ne voit pas, mais qu’on ressent. C’est tellement plus puissant et exaltant…J’ai été soufflée par ces pensées altruistes et bienveillantes, j’y ai trouvé du réconfort mais aussi de la force, et une inspiration pour ma vie personnelle. J’aimerai qu’il vous touche au même point. Je le souhaite de tout mon cœur. Que le bonheur vous inonde. Ce livre, c’est de l’or en pages. Magnifique.

Si nous ne sommes pas capables de devenir le magicien de notre vie rêvée, alors personne ne le fera à notre place.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Giulia des éditions Massot pour sa confiance et l’envoi de ce livre. C’est un vrai coup de cœur!

MASSOT ÉDITIONS

L’histoire d’un cœur qui apprit à battre, Allison.L.Kennedy.


Synopsis:

Marie grandit dans une ville merveilleuse où planent des cerfs-volants comme des oiseaux de paradis. Elle a pour ami Lanmò, un serpent doré aux yeux rubis qui terrifient les hommes. Lui n’a jamais aimé que cette enfant. Bientôt, la ville de Marie s’attriste, quand les bombes s’abattent et que le spectre de la guerre la dévore.
Le puissant Lanmò aurait-il commis une imprudence en s’attachant à un être si fragile ? Et si cette humaine au destin vacillant recélait un précieux mystère ?


Ce que j’ai ressenti:

Quand plus aucun cerf-volants ne voleront au-dessus des toits. Quand les rues seront devenues toutes silencieuses. Quand les buildings deviendront des tas de gravats abandonnés. Quand les villes et les nations seront tombées de la main de l’homme…

Alors, s’il te plaît, à ce moment là, raconte-moi une histoire de cœur.

S’il te plaît. Raconte-moi encore L’histoire d’un cœur qui apprit à battre. Je l’écouterai bien encore une fois, ce conte sensible et magnifique qui parle d’une ville empreinte au chaos, on ne sait où elle se trouve, mais quelle importance…C’est cette fable simple et fabuleuse que je voudrais réentendre puisqu’elle nous parle avec douceur, des aléas de la vie.

Parce que cette petite fille Marie et cet immensément beau Lanmò m’ont touché avec leur amitié non-conforme, avec leur exquise complicité, avec leur façon de s’apprivoiser l’un et l’autre, au fil du temps. Ils égayent de leurs présences, cette ville qui se meurt. Ils prennent une telle prestance dans nos cœurs, qui le font battre avec une, plus poétique intention.

Ce n’est pas mon genre de faire des promesses. Mais je promets que je m’arrêterai dans ce petit bout de jardin, je n’y ferai même pas un pas, et je laisserai mes pensées vagabonder encore avec cette adorable enfant et son ami doré. J’apprendrai de leur sagesse et de leur innocence, je lancerai des rêves heureux et je pleurerai sur les écailles des serpents. Je laisserai l’amour terrible me prendre entière, je lui laisserai mon cœur s’il en veut bien. Ça serait étrange mais sait-on jamais, je lui laisserai quand même…Parce que sentir battre son cœur, c’est beaucoup trop extraordinaire pour passer à côté de cette sensation. Peut-être que j’essaierai de réapprendre à aimer les hommes malgré leurs défauts comme l’ont si bien fait Lanmò et Marie…

Et puisque certains mangent à leur faim quand d’autres non. Et puisque certains tuent pour de faux prétextes quand d’autres essayent de survivre avec de faux espoirs. Et puisque les villes ne conviennent qu’aux oiseaux et non plus aux gens…Mais aussi puisque, tant qu’il y aura des enfants pour regarder le monde avec amour. Mais tant qu’il y aura des animaux pour s’entourer à leurs petites mains. Mais tant qu’il naîtra des amitiés hors du commun pour dépasser les torts de la vie…Alors peut être que…

Alors il sera sûrement venu, le temps d’aller apprendre à faire battre son cœur, quand penses-Tu?

Allez, s’il te plaît, raconte-moi L’histoire d’un coeur qui apprit à battre…Juste comme ça. Par pur plaisir. Elle est tellement jolie. Dessine-moi même un monde meilleur, Allison.L. Kennedy avec un serpent qui parle et une petite fille aventurière…Et n’oublies pas d’y mettre ce petit quelque chose de merveilleux, terrible et étrange qui en fait toute la magie.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Je voudrais que la nuit me prenne, Isabelle Desesquelles

Je voudrais que la nuit me prenne par Desesquelles


Synopsis:

Loin du bruit du monde, Clémence grandit auprès de parents rivalisant de fantaisie. Mais elle n’a pas la voix d’une petite fille et ses mots sont ceux d’un mystère cruel. Que s’est-il passé pour que l’innocence se borde ainsi de noir ?
Plongée vertigineuse et poétique dans l’univers de l’enfance, Je voudrais que la nuit me prenne raconte le danger du bonheur. Entre troubles et éclairs de joie, ce roman explore le lien fragile et inaltérable qui nous unit à nos plus proches. Et la redoutable force du souvenir.

Cet ouvrage a reçu le Prix Femina les Lycéens

« Porté par la sublime plume d’Isabelle Desesquelles, ce roman prend aux tripes autant qu’il éblouit. » Amandine Cirez – Version Femina

« Lumineux et fort, d’une gravité bouleversante. » Michel Abescat – Télérama

« Ce roman mystérieux et poétique est une ode à la magie de la littérature, à sa capacité de retenir l’enfance, de ressusciter le passé, de vaincre la nuit. » Claire Julliard – L’Obs


Ce que j’ai ressenti:

 

✨Je voudrais que le vœu ne soit pas malheureux…Et pour toujours.

Clémence, c’est cette petite fille émerveillée par les beautés du jour et sensible aux étincelles de la nuit. Elle a cette capacité à nous conter les souvenirs de sa vie entre poésie et fantaisie. Elle a en elle, ce pouvoir de nous émouvoir au bord des larmes. Une sorte de tendresse qu’elle fait naître dans son néant. Pour jamais. Je voudrais que le voeu me prenne moi aussi.

✨Je voudrais que le jour lui donne…

Encore un peu de lumière pour son Edelweiss. Qu’il éclaire encore son « ombilicoeur » et fasse éclore son « Passionnaliter » dans tous les dictionnaires du monde. Qu’il éblouisse encore les recoins de sa vie et éclater de paillettes toute la fantaisie de son innocence d’enfant. Qu’il traverse l’éternité. Pour jamais. Je voudrais que le jour me prenne moi aussi.

✨Je voudrais que le bonheur s’emmêle…

Dans ses cheveux, dans ses yeux, dans ses désirs, dans les petits riens qui font tout. Qu’il lui remplisse encore plus ses bras de souvenirs, tous plus heureux, les uns que les autres. Qu’il pousse encore et encore, le bonheur, parce qu’on l’aura planté avec une belle graine, et beaucoup d’attentions. Qu’il la porte jusqu’au rivage, ou rien n’est impossible. Pour jamais. Je voudrais que le bonheur me prenne moi aussi.

✨Je voudrais que l’amour l’inonde…

Qu’il lui fasse pousser des nageoires ou une queue de sirène. Qu’il lui ouvre tellement grand les yeux, que son cœur se remplirait de passions qu’elle devine dans les gestes de Lise et Just ou dans les chants de sa maman folle. Que chaque partage resplendisse dans le creux de ses mains. Qu’il l’a guide dans toutes les vagues de l’enfance vers des plages paisibles. Pour jamais. Je voudrais que l’amour me prenne moi aussi.

✨Je voudrais que le ciel l’illumine…

De mille feux. Qu’il lui montre un chemin d’étoiles pour revenir sur la plage. Qu’il éloigne les orages, et fasse ressortir toute la signification de  la beauté de son prénom. Qu’il scintille de mille espoirs et implose en lueurs d’éternité. Qu’il fasse éclore tous les vœux que tous, ont accrochés candidement, dans le noir. Pour Jamais. Je voudrais que le ciel me prenne moi aussi.

✨Je voudrais que la littérature lui parle…

Encore avec cette immense douceur. Qu’elle lui dise les mots qui apaisent et qu’elle s’amuse avec elle, sur des parterres d’expressions. Qu’elle l’inspire pour chercher toujours à aller plus loin, plus vite et plus confiante encore quand les silences lui viennent. Pour jamais. Je voudrais que la littérature me prenne moi aussi.

✨J’ai fait des vœux, en vain. Des vœux heureux à l’éternité. Parce qu’à attraper la mort, à la soustraire de nos vies, elle nous revient encore plus fort. Je voudrais que la nuit me prenne moi aussi, pour ne jamais avoir à vivre un tel drame. Je voudrais que la nuit s’éloigne maintenant. Pour ne voir plus que la vie. Je veux un edelweiss à mes doigts.

 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Tout ce qui est sur Terre doit périr, Michel Bussi.

La Dernière Licorne


Synopsis:

Une masse sombre, inexpliquée, prise dans les glaces millénaires du mont Ararat.
Un livre interdit, gardé sous clé dans l’enfer du Vatican.
Un animal de bois, énigmatique, portant au front une corne unique.
Les indices sont là, éparpillés. Un gigantesque puzzle à reconstituer pour remonter à l’origine de toutes les religions du monde.
De Bordeaux à Hong Kong, en passant par l’Arménie, Zak Ikabi n’a qu’une obsession : en réunir toutes les pièces. Et trouver ainsi l’arche de Noé.
Embarquée malgré elle dans sa quête, la glaciologue Cécile Serval, aussi érudite que volcanique, se voit bientôt confrontée à un véritable déluge de questions. Et de balles de kalachnikovs…
Car pour garder ce secret, certains sont prêts à tous les sacrifices….
Un thriller ambitieux au rythme effréné. Une intrigue historique diaboliquement séduisante qui embarque le lecteur dans une course folle, de Bordeaux à Erevan en passant par le Vatican et Hong Kong, à la poursuite d’un secret qui n’est rien de moins que celui de l’humanité tout entière.
Tout ce qui est sur Terre doit périr a précédemment paru sous le titre La Dernière Licorne, sous le pseudonyme de Tobby Rolland.


Ce que j’ai ressenti:

▪️À sa plus noire aventure…

C’était la grande révélation de ce mois ci, il y a un nouveau Bussi! Dans un autre style, plus noir et plus mystérieux, publié sous un autre pseudo, mais un roman de Michel Bussi, c’est toujours un rendez-vous lecture très attendu! Alors, un thriller ésotérique, à l’assaut du plus légendaire bateau du monde, l’Arche de Noé, il ne m’en fallait pas plus pour que je sois partante pour l’aventure! Et quelle aventure! Partir comme ça dans des lieux mythiques, au cœur des secrets des religions et des mystères jalousement gardés, c’est vraiment exaltant et je n’ai pas pu lâcher ce petit pavé de plus de 700 pages, tellement c’est terriblement bien orchestré! Une mission périlleuse avec des Nephilim aux trousses, des acharnés des trésors cachés, des enfers étouffants, des guerres sans fin, des tueurs de sang-froid sur-entraînés, et des théorèmes à faire trembler d’effroi, Tout ce qui est sur terre doit périr? Je vous laisse résoudre ce dilemme, La Dernière Licorne m’attend. Vous n’aurez qu’à suivre les fragments de sa corne qu’elle aura laissée en chemin dans ses pages et embarquer avant que le Déluge ne tombe…Un petit conseil féerique: tenez bien la barre, c’est une traversée vertigineuse!

Tel est le véritable objectif des Nephilim, Cécile: protéger un secret qui fait tenir le monde en équilibre. Une clé de voûte. Enlevez cette pierre et tout s’effondre…

▪️À mon seul enchantement.

Imaginez un peu ma joie de découvrir un thriller noir teinté de fantaisie…Des licornes et des anges, des géants et des légendes d’antan: je ressors de cette histoire avec des étoiles dans les yeux! Il y a cette touche de merveilleux qui a rendu ce roman, totalement addictif. C’est ce « petit quelque chose » d’enchanteur qui m’a conquise, cette façon d’aller mettre un peu de magie dans notre réalité empreinte de tant de violences, qui m’a tenue tout le long de cette ascension abrupte du mont Ararat, dans une sorte de rêve fabuleux. Et c’était beau autant que enrichissant. Ça déconnecte et puis ça laisse une impression de malice, une complicité d’âme d’enfant qu’on partage avec Michel Bussi, le temps d’une histoire extraordinaire. Mais derrière ce coté enchanteur, l’auteur n’oublie pas de nous rappeler qu’il y a, depuis la nuits des temps, tellement de drames, d’enjeux, de guerres, de profits autour de cette Arche. Une folie des hommes qui n’a hélas rien de bien merveilleux…

-Si vous espérez me faire croire aux légendes des licornes…

▪️À mon seul désir…

C’est avec tous les sens en éveil que l’on est plongé dans l’histoire des religions, et comme c’est ma passion, j’ai adoré faire des recherches supplémentaires autour des thèmes que Michel Bussi abordent, dans ses clins d’œil à la culture et à l’art. C’était instructif. Par le divertissement et une pincée de merveilleux, on est amené à réfléchir sur nos perceptions et nos convictions, et cela quelle que soit notre rapport à la foi parce que ce récit fait partie de la mémoire universelle, et c’est dans cette démarche que se trouve tout le charme de ce genre littéraire. Maintenant mon seul désir, ça serait de continuer de lire ce style de romans, imaginés par l’un de mes écrivains chouchous: Michel Bussi. J’ai passé un agréable moment en revisitant cette histoire de l’Arche de Noé. Captivant de la première à la dernière ligne, c’était une belle découverte autant qu’un voyage dépaysant.

Comment sauver le monde aujourd’hui sans internet?

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

 

L’alchimie de la pierre, Ekaterina Sedia.

L'Alchimie de la pierre


Synopsis:

Une immense et sombre ville-État, dirigée par un duc auprès duquel les sociétés rivales des Mécaniciens et des Alchimistes se livrent une lutte d’influence acharnée, a été construite par les gargouilles, des êtres minéraux menacés d’extinction par un étrange mal. Dans la cité où la révolte gronde, leur unique chance de salut semble venir de Mattie, une automate douée de conscience établie comme Alchimiste, émancipée, mais contrôlée par son ancien maître qui détient la clé lui permettant d’être remontée.
« Roman subtil et d’une belle inventivité, steampunk féministe qui traite tout autant des fondements de la société que de l’avenir de celle-ci. Un très beau livre. » Bifrost


Ce que j’ai ressenti:

▪️L’alchimie comme passion.

En ce Mois de l’Imaginaire, pourquoi ne pas se laisser tenter par une histoire fabuleuse, mélange de Steampunk et de magie? L’univers de ce monde, qui prend vie sous nos yeux grâce à l’imagination débordante de Ekaterina Sedia, est soumis à la dualité des Alchimistes et des Mécaniciens, dans une ville où les gargouilles veillent à travers la pierre et nous parlent en confidences italiques, où le pouvoir fait rage et complots, où la robotique est quotidienne et prend une place prépondérante… C’est une ville peuplée d’ombres et de lumières, de machines et de fantômes, et il y règne un climat électrique de tensions diverses. Mattie est une automate suréquipée et sur le point, d’être émancipée. Elle se passionne pour l’alchimie, et par ce biais, elle sera l’espoir de tant d’âmes. Mais ce ne sera pas du goût de tout le monde…Autant vous le dire maintenant, c’est fantastique et carrément dément de lire une histoire aussi dense dans une ambiance gothique mystérieuse! Quelle imagination et que de beautés dans la plume de Ekaterina Sedia! Elle nous envoûte avec de très jolies descriptions et une poésie voluptueuse. J’ai aimé l’atmosphère prégnante qui se dégage de ce roman, avec toutes les petites touches de fabuleux qui viennent égayer la noirceur de la vie politique de cette cité.

Du coup, je m’interroge: faut-il un désastre pour nous rassembler? Sommes-nous si égoïstes, si recroquevillés sur nos petites vies personnelles? Cette société a-t-elle encore une raison d’exister?

▪️La féminité comme envol.

Mattie, c’est mon atout Cœur. Ni humaine, ni robot écervelé, elle est un personnage qui incarne la différence, l’avant-garde, le féminisme et le renouveau. Tant de qualités dans ce bout de femme, et pourtant, elle n’est à sa place dans aucune dynamique sociale ou politique, elle est une étrangeté qui dérange. Elle est unique. Avec cette sensibilité et cette capacité à ressentir la douleur, que son inventeur, Loharri, lui a programmé, son cœur qui tictacte et sa volonté de fer, Elle comprend le monde mieux qu’une machine, peut être plus intensément qu’une humaine, et de ce fait, elle se révèle être une femme plus forte. Ses atouts sont sa force et sa faiblesse. Et à trop laisser entendre son cœur, certains pourraient avoir envie de le faire taire…A jamais…C’est une jolie rencontre, avant tout. Cette Mattie, c’est le cœur de ce roman, et elle est aussi, mon « crush » du moment.

Je vous jure que ma féminité est aussi enracinée que la vôtre.

▪️Et chercher encore, la clef…

La clef du bonheur se trouve peut être là: dans une histoire hors du commun, avec une héroïne hors-norme, et le plaisir exquis d’avoir une si belle plume au service de cet imaginaire. Mattie court après sa clef, la clef de son indépendance et c’est une quête noble. J’étais de tout cœur avec cette fille mécanique pour qu’elle atteigne ses objectifs et quelle arrive enfin à détenir ce trésor. Un rêve de liberté, c’est toujours beau à lire, surtout s’il est emballé dans une poésie virevoltante. J’ai adoré toute ces étapes de transformations, les chuchotements des gargouilles, le cheminement du personnage principal. J’ai été sous le charme de la première à la dernière ligne.

Faute d’ustensile, elle écrasa tant bien que mal les figues avec ses doigts en murmurant les mots secrets appris d’Ogdéla-des mots qui, selon sa tutrice, guérirait le cœur du monde à condition de les prononcer avec une conviction suffisante.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Charlotte ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

L’écart, Amy Liptrot.

L'Écart


Synopsis:

Dans l’oubli hypnotique des nuits londoniennes, une jeune femme noie sa solitude grâce à l’alcool. Mais au bout de dix ans de fêtes tristes, dix ans d’excès, dix ans perdus, elle est épuisée. Elle retourne alors sur son île natale, au sein de cet archipel des Orcades isolé au nord de l’Écosse. Elle échange la bouteille assassine pour la Thermos de café, la contemplation de la faune interlope pour celle des étoiles et des nuages. Elle se découvre assoiffée de grand large, de grand air, de grande beauté.
Et si le fragile râle des genêts, cet oiseau en voie d’extinction aussi farouche qu’elle, était plus fort qu’il n’y paraît ?

« L’Écart est une oeuvre lumineuse, combative, rocailleuse. Elle tend vers l’espérance. » Marie-Laure Delorme – Le Journal du Dimanche
« Un voyage splendide au bout des nuits blanches de l’addiction, des désirs insatisfaits. » Yann Perreau – Les Inrockuptibles.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Intempéries intérieures.

Je ne connais pas l’ivresse. À peine le goût de l’alcool. Mais avec ce livre, je me suis saoulée jusqu’à plus soif des mots et des sensations d’une alcoolique. Ce n’était pas agréable, loin de là. Ce n’était ni festif, ni cool, et le dérapage paraît si facile. Les tempêtes de ce personnage féminin sont vertigineuses, son manque désarmant, sa détresse étourdissante et elle nous l’envoie avec un « je » rempli d’émotions. En étant comme cela, au plus près de ses tourments, on se prend une claque monumentale. On se rend compte avec cette lecture sensible, que l’on peut perdre comme ça, 10 ans de vie. 10 ans d’errances à se noyer dans un verre, au fin fond des bouteilles à divers degrés. Mais on constate surtout que L’Alcool peut virer à l’obsession: être là, partout, tout le temps, même dans son absence. Amy Liptrot trouve le ton juste pour parler de ce fléau, entre intimité et réalisme, et c’est déstabilisant.

« Que vais-je faire de moi-même, maintenant que je ne bois plus? »

▪️Les Orcades: îles aux merveilles.

En prenant l’initiative de se soigner, elle revient vers son passé, vers plus de conscience et vers la beauté de son île natale. L’Ecosse offre mille merveilles à voir, à ressentir, à faire valoir. On en prend plein les yeux avec les magnifiques descriptions de la faune et la flore des Orcades, à chercher comme ça, l’oiseau rare, la vague fracassante, l’aurore boréale ou encore, le trésor du ciel « tullimentan », dont ses îles regorgent… Et l’héroïne pousse toujours plus loin cette curiosité, elle s’investit dans les mouvements et cycles des saisons, ce qui nous donne des moments magiques où le spectacle de la nature nous éblouit à travers les pages, où l’on sent presque le froid dans nos propres corps, et l’instant suspendu qu’elle veut nous faire partager. Et c’est incroyable. Que de merveilles, que de beautés! À lire, c’est doux et enrichissant. Après le néant et la solitude qu’elle a pu vivre à cause de l’alcool, on assiste à sa résilience et son regard apaisant sur le paysage qui l’entoure. Magnifique.

J’ai pris une profonde inspiration pour emplir mes poumons d’air-et compris qu’il me manquait une partie du ciel.

▪️J’aimerai faire un Écart…

J’aimerai maintenant me faire une promesse, faire un écart dans mon quotidien. J’ai une envie nouvelle de voyage pour découvrir : Les Orcades. La vie des insulaires m’a toujours fascinée, mais là, il y a eu comme un coup de foudre avec ses terres froides et sauvages et un désir soudain d’aller voir par moi-même toute cette splendeur que Amy Liptrot a fait rejaillir de ce roman magnifique. Elle m’a convaincue que l’Ecosse pouvait être une destination extraordinaire et j’ai savouré chaque élément authentique qu’elle m’a donné à lire dans une poésie exceptionnelle. Je rêve de voir de mes yeux, des nuages « noctulescents » et les mirages supérieurs. Je veux tout voir de ce qu’elle a vu, je veux tout voir des vertiges qu’elle m’a décrit, je veux les secousses et la sérénité, je veux voir les secrets des Orcades et ce qu’elle a compris dans les silences, puis le ressentir…

Je me promets L’écart dans l’archipel des Orcades…Merci Amy Liptrot, pour l’ivresse de ce beau roman.

 

N’est-il pas merveilleux de vivre constamment au bord du monde?

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle pour ce super conseil lecture, et toute la Team Pocket pour leur confiance.

La bibliothèque enchantée, Mohammad Rabie

Couverture La Bibliothèque enchantée


Synopsis:

Chaher, jeune fonctionnaire du ministère des “Biens de mainmorte”, se voit confier une mission inhabituelle : rédiger pour la forme un rapport sur une bibliothèque oubliée du Caire que l’État veut raser pour faire passer une nouvelle ligne de métro. Il se décide pourtant à mener sérieusement son enquête et, peu à peu, tout un monde mystérieux et labyrinthique s’ouvre à lui dans cette bâtisse délabrée et poussiéreuse où les ouvrages sont entassés sans cotation ni indexation et où l’on trouve des traductions dans toutes les langues imaginables. Fasciné par l’étrange bibliothèque, il ne l’est pas moins par la poignée d’originaux qui la fréquentent, comme Ali, célèbre traducteur ayant perdu toute foi en son métier, ou “Jean le copiste”, homme mutique ayant passé sa vie à photographier des livres page après page et, surtout, Sayyid, vieil intellectuel nihiliste, cynique et truculent, qui connaît la bibliothèque comme sa poche mais n’est pas prompt à divulguer ses secrets.
Dans ce roman surprenant, Mohammad Rabie tisse d’une main de maître une double trame narrative. Entre la voix de Chaher et celle de Sayyid, son récit dévoile des franges de marginalité, loin de l’étau suffocant de la bureaucratie, et des strates de rêves et de légendes sous l’épiderme racorni de la ville.


Ce que j’ai ressenti:

  • Un lieu charmant…

Qu’on ne me demande pas pourquoi ce titre m’a interpellée…Tout est là: La Bibliothèque Enchantée. Une invitation en somme et la curiosité de lire de la littérature égyptienne, je l’ai attrapé avec un certain plaisir dans les rayons de la bibliothèque. Et le voyage fut agréable…

Entrer dans « La bibliothèque de Kawkab Ambar », c’est sentir les odeurs des livres, se reposer dans le puits de lumière et découvrir un rangement loufoque. Un lieu avec une empreinte forte, que l’on découvre dans les yeux de Chaher, qui se retrouve à faire, un peu par hasard, un rapport sur son utilité, sa fonction et son influence avant sa destruction. Et l’enchantement opère bien sur, sur nous lecteurs, comme s’il était possible de découvrir un tel endroit aussi fabuleux…

« (…)elle demanda à son époux de bâtir une bibliothèque portant son nom et de la doter d’ouvrages qui en feraient le point de mire de tous les férus de savoir et de culture. Rien d’autre n’eût pu la satisfaire. (…) Et il la baptisa selon son souhait: « La bibliothèque de Kawkab Ambar « .

  • Mais qui ne se dévoile pas totalement…

Bien sûr, que le cadre est dépaysant et cette bibliothèque intrigante, et c’est ce qui m’a tenue pour lire et finir ce roman. Je regrette qu’il n’y ai pas eu plus de reliefs dans l’histoire. C’est très contemplatif et finalement, il ne se passe pas grand-chose au niveau de l’intrigue. Et puis, sur la fin…On saisit la magie. Elle était là, bien planquée. Encore fallait-il pousser la curiosité un petit peu plus loin, aller tout au bout de ces pages sans flancher, y croire, tout simplement. Le détour en valait la peine…Et puis déambuler dans les rayons d’une bibliothèque n’est pas désagréable, alors j’ai suivi sans déplaisir, cette petite communauté cairote.

Reste que, dans l’histoire de l’humanité, toutes les bibliothèques ont fini dans l’eau ou dans les flammes.

  • Retour à la réalité…

En bref, c’était une jolie découverte. Surtout pour La Bibliothèque, mais ce lieu avait, à mon avis, bien plus de potentiel pour une histoire époustouflante et vraiment enchantée. À noter quand même, que pour tous les amoureux des livres, c’est un lieu extraordinaire qu’on rêverait de pouvoir arpenter. Mohammad Rabie parle avec passion et douceur, de l’univers du livre et c’était agréable de se balader dans cet imaginaire venu d’ailleurs.

Cela fait longtemps que je me tiens à l’écart du monde.

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 7/10

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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