L’Outil et les Papillons, Dmitri Lipskerov

outil


Synopsis:

“ Arséni Andréiévitch, nu comme un ver, constata sans équivoque que l’organe le plus important du corps masculin manquait à son reflet. ”

Un beau matin, l’honorable Arseni Andréiévitch Iratov, célèbre architecte de cinquante ans dont le parcours rappelle celui d’un Rastignac soviétique, se réveille pour découvrir qu’il n’a plus de sexe. L’outil le plus essentiel de son anatomie a tout simplement disparu, ne laissant qu’une fente sur un bas-ventre désormais lisse. L’organe perdu réapparaît dans un petit village, où vivent une gamine de treize ans et sa grand-mère alcoolique. Le pénis a pris l’apparence d’un gnome, qui se transforme rapidement en beau jeune homme au visage angélique. La jeune fille décide de le garder comme animal domestique, avant d’en tomber amoureuse, de lui donner un nom français (Eugène) et de l’aider à réaliser son rêve: retrouver son propriétaire Iratov. Avec L’Outil et les Papillons, Dmitri Lipskerov entraîne le lecteur dans un carnaval fantastique échevelé, démoniaque et absurde, une variation hilarante sur Le Nez de Gogol.


Ce que j’ai ressenti:

  • Un seul outil vous manque…Et tout est dépeuplé.

Car à y perdre cette partie là de l’anatomie masculine, Arseni Andreiévitch ne pensait pas qu’il vivrait un tel drame! Mais le pire, c’est que ce manque parait épidémique… Imaginez un peu, un avenir sans testostérone et voyez, l’envol des perspectives…

Mais si en plus, les gnomes s’invitent et prennent la place dans les branle-bas des rendez-vous amoureux, que les diamants reluisent dans les ombres et que la guimauve n’adoucit plus les mœurs, il va en rester quoi de notre monde? Dmitri Lipskerov joue les tailleurs d’anatomie et fait danser les papillons, dans une histoire sucrée/salée aux allures de science-fiction.

-À quelque chose malheur est bon.

  • Une fable délicieuse…

Cette lecture est une friandise, tant par son originalité détonante, que par son absurdité délicieuse. Elle se fait poésie, et parfois délicatesse, comme une aile de papillon posée sur une peau. Et pourtant, c’est bel et bien une fantaisie presque démoniaque qui vient s’inviter dans ces pages! Cette petite pointe de provocation envers cette absence incongrue de sexe masculin, vient gratter quelque peu les clichés de notre société, et la féminité de fleurir avec panache. J’ai trouvé que l’auteur avait une perspicacité bien sentie et une plume rafraîchissante. Derrière un humour complètement décalé, il nous donne à réfléchir sous couvert de fantaisie, sur les modes de vies, l’histoire et les influences de la Russie.

Nous venons dans ce monde pour devenir meilleurs.

  • Un petit OLNI follement pétillant.

J’ai vraiment adoré ce mélange des genres entre contemporain, réécriture et dystopie. C’est à découvrir! Inclassable, intelligent, sensible et hilarant, c’était vraiment un chouette moment de lecture! J’avais vraiment été attirée par cette jolie couverture, et je ne regrette pas cette virée dans Moscou, grâce  cette histoire déjantée. Je suis conquise. Et ce final, tout en finesse et en poésie, c’était génial…En bref, une belle découverte!

-Je ne veux pas que tu gâches ta vie à t’occuper de ma folie!

 

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Agullo de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Babelio

Norilsk, Caryl Férey.

Norilsk par Férey

 

Synopsis:

Norilsk, nord de la Sibérie. La ville de plus de cent mille habitants la plus septentrionale. L’une des plus polluées. Un ancien goulag où les bâtiments soviétiques s’effondrent. Un froid qui l’hiver peut atteindre -60°C. La plus grande mine de nickel au monde, tenue par des oligarques. Une ville fermée, qu’on ne peut rejoindre qu’avec l’autorisation du FSB. Deux mois par an de nuit totale. Une population majoritairement constituée de mineurs. Espérance de vie lamentable. Une ville sans animaux, sans arbres, sans rien. En résumé, la ville la plus pourrie du monde. Mais pour affronter l’enfer sibérien, j’avais ma botte secrète: La Bête.

Ce que j’ai ressenti:…Une rencontre fulgurante!

Caryl Férey est un aventurier dans l’âme. Il a besoin de se fondre dans le décor, d’en connaître chaque recoin, de se confronter aux mentalités. Et il savait que Norilsk, ne fait pas rêver, au premier abord. Pourtant, en se laissant séduire par l’idée de se frotter au grand froid, ce petit séjour se révélera presque chaleureux…Totale découverte que cette ville polluée, brinquebalante, dangereuse et sécurisée à outrance, qui affiche des températures vertigineuses en dessous de zéro…Mais on le sait le voyage est toujours plus beau, partagé. L’amitié tient une grande place dans ce récit de voyage, et ce duo d’hommes qui n’a pas froid aux yeux, est un régal à suivre…

« Bach emplit bientôt la salle de sa joie triste. La vie puisqu’on en meurt. »

Curieux et totalement Rock, Caryl Férey nous livre un carnet de route survolté qui se lit comme un « shot » d’alcool bien fort. Sans langue de bois, avec une franchise bienvenue qui frôle l’impertinence, on se laisse surprendre par les charmes de la « ville la plus pourrie du monde ». Et ça marche, car l’auteur se consacre à l’humain avant tout, aux valeurs, trouve la beauté enfouie sous les blocs de glace, gratte les croûtes des préjugés. J’ai adoré son aura de globe-trotter, son œil incisif , les notes d’humour et le cœur tendre qu’il nous dévoile presque, avec pudeur…On aurait presque envie d’adopter le leitmotiv « You’re my friend« , tellement on découvre un homme entier, un esprit ouvert au monde et aux échanges véritables…Une bien jolie rencontre!

« La colère qui nous brûlait, on la gardait pour nous. »

S’il est évident, que je ne m’aventurai jamais en terre froide, vers Norilsk, j’ai été enchantée de découvrir, une ville dans son intime brûlant, avec ses écorchures de paysages, ses couleurs réinventées par la pollution, et ses lumineux habitants. Caryl Férey en s’aventurant en ces lieux hostiles, nous dévoile des richesses insoupçonnées, preuve que cette expédition était une bonne idée…

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Paulsen pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture enrichissante!

 

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Lumière, le voyage de Svetlana, Carole Trébor.

Couverture Lumière

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai été très attirée par cette couverture lumineuse, et j’avais vu un très bel avis sur le blog de la géniale: Léatouchbook….

 

Synopsis:

Hantée par la dernière volonté de sa mère adoptive, Svetlana quitte le Paris des Lumières pour rejoindre la Russie des tsars. Au cours de ce voyage, elle rencontre des êtres mystérieux, Varlaam et Mira, et se découvre d’étonnants pouvoirs…Pour accepter sa véritable identité, Svetlana doit affronter sa part d’ombre. Et qui, de Boris l’officier d’élite, ou d’Aliocha, le paysan rebelle, l’aidera à se révéler à elle-même ?

Ce que j’ai ressenti:…Un dépaysement glacial…

J’ai apprécié ce petit voyage dans le temps et vers des contrées froides: de Paris à la Russie…Rencontrer Diderot et l’impératrice Catherine II dans un même livre, vous montre à quel point, vous allez voyager avec cette Lumière, et tout ça, sur un traîneau…Dépaysement garanti, mais aussi, force de pensés contraires qui vont se confronter par delà les frontières…Science et traditions qui s’opposent, à moins que, pour une fois, elles ne s’allient ; tel est l’intérêt de ce voyage lumineux…

Ce fut une lecture très plaisante, un bon petit moment. J’ai adoré le côté « roman historique », mais c’est aussi un « roman fantastique », et là, j’aurai préféré qu’il soit un peu plus développé. Je pense que pour un « Jeunesse », l’aspect historique avec l’index de fin qui liste les personnalités importantes est un bon tremplin pour pousser plus loin la curiosité de la tranche d’âge,  sur l’Histoire. Je pense que l’aspect mythologie slave aura de bonnes bases pour faire rêver les adolescents en quête de magie . Suivre Svetlana, c’est découvrir une nouvelle forme de pouvoir, et la suivre dans sa quête d’identité, tout autant que le chemin de son cœur, va en passionner plus d’un!

Pour ma part, j’ai juste regretté le fatal triangle amoureux qui apparaît comme toujours dans ce genre de littérature. Ca m’énerve à un point….Mais bon, heureusement il ne prend pas une place prépondérante dans l’histoire, donc ça passe…

Le petit plus à mon sens, en plus, de trouver un index très documenté et explicatif, ce sont les illustrations de Sébastien Pelon qui jalonnent la lecture. J’ai adoré son style entre flou et ombres, tout en monochrome.

En bref, une belle petite histoire à mettre dans le traîneau d’un certain bonhomme rouge, pour illuminer la jeune génération….

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Babelio et sa masse critique, ainsi que les éditions Rageot pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture dépaysante!

En Féérie, il brille quelques poussières…

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