Trencadis, Caroline Deyns.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est img_6165.jpg

Synopsis:

«Je montrerai tout. Mon cœur, mes émotions. Vert – rouge – jaune – bleu – violet. Haine -amour – rire – peur – tendresse.»

Niki hait l’arête, la ligne droite, la symétrie. A l’inverse, l’ondulation, la courbe, le rond ont le pouvoir de déliter la moindre de ses tensions. Délayer les amertumes, délier les pliures : un langage architectural qui parlerait la langue des berceuses. Aussi vit-elle sa visite au parc Güell comme une véritable épiphanie. Tout ici la transporte, des vagues pierrées à leur miroitement singulier. Trencadis est le mot qu’elle retient : une mosaïque d’éclats de céramique et de verre. De la vieille vaisselle cassée recyclée pour faire simple. Si je comprends bien, se dit-elle, le trencadis est un cheminement bref de la dislocation vers la reconstruction. Concasser l’unique pour épanouir le composite. Broyer le figé pour enfanter le mouvement. Briser le quotidien pour inventer le féérique. Elle rit : ce devrait être presque un art de vie, non ?

Ce que j’ai ressenti:

Ceci est un bonheur possible. Ce n’est pas du faux, du fake, du toc…C’est une grande artiste qui voit le monde en couleurs, qui se pare de ses plus belles émotions, qui défie la norme et les conventions. Alors bien sûr, il te vient des couleurs à toi aussi, des vagues et des ondulations, des arc-en-ciel au cœur, du Trencadis à l’âme. T’as envie de casser de la vaisselle et de t’essayer à la mosaïque, à un autre art de vie, à la créativité sans limite…Parce que Niki de Saint Phalle est une femme remarquable, rebelle, insoumise, avant-gardiste, marginale, féministe, et surtout admirable: tu te surprends à l’aimer, en dépit de tout. C’est à prendre ou à laisser. Comme le bonheur, un peu-Et j’en ai tout pris: Le Vert-rouge-jaune-bleu-violet. Tout ce qui fait la vie, avec ce qu’il faut de Haine-amour-rire-peur-tendresse. J’ai délaissé un temps le noir et le blanc, parce que j’avais mal dedans ces deux couleurs autant qu’elle. Une femme aussi entière, aussi vraie, aussi forte, aussi passionnée dans ses contradictions et ses convictions, c’est tout de même une belle rencontre que je ne suis pas prête d’oublier!

J’y mets du cœur, et de l’ardeur.

Je ne lis que très peu de biographie, mais celle-ci avec cette construction originale et particulière, m’a vraiment captivée. J’ai aimé ce côté fou, déstructuré, émotionnel, fragmentaire. Je ne pensais pas autant m’investir dans l’univers artistique, la chair et le cœur de cette Nana extraordinaire. Caroline Deyns nous offre un portrait de femme passionnant et j’ai hâte maintenant d’aller voir de plus près les œuvres de cette artiste à fleur de peau. J’aimerai me promener dans ce fameux Jardin des Tarots, histoire de voir de mes yeux, cette sensibilité propre à Niki de Saint Phalle. J’ai été conquise par cette façon d’aimer autant la vie et l’imperfection, les courbes et les couleurs, le rire et la liberté. Une femme inspirée et inspirante. L’Art la sauve des traumatismes et l’emmène vers des hauteurs épanouissantes. C’est un bonheur de lire ce Trencadis, d’aller se frotter à son imaginaire, de découvrir la sphère de son rêve. Je vous recommande cette lecture, de tout mon cœur.❤️

Que comprends-tu de moi mon amour?

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Quidam Éditeur pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Ça fait longtemps qu’on s’est jamais connu, Pierre Terzian.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est img_4449.jpg

Synopsis:

Fraîchement débarqué au Québec, un écrivain français se retrouve catapulté dans le monde remuant des garderies montréalaises.
Croisant la route de Lulu l’hyperactif, de Mathieu le Zen Master ou de Tiah la princesse inuit, il apprend à connaître « la Belle Province » à travers ses enfants, ses éducatrices, ses routines et ses grèves.
Galerie de portraits, compilation poétique et mordante de deux cents journées de travail, Ça fait longtemps qu’on s’est jamais connu est la découverte d’un Québec carrefour pacifique de toutes les cultures, où les langues se mêlent dans un joyeux désordre identitaire. Un Québec frappé de plein fouet par l’austérité, qui « ferme sa yeule et s’organise ». C’est aussi le témoignage d’un infiltré parmi des êtres fragiles, bouillonnants. Une déclaration d’amour aux petites gens, résistants magnifiques, excentriques et exaltants.

Ce que j’ai ressenti:

▪️Des perles d’enfants…

On le sait garder des enfants, ce n’est pas de tout repos…Pierre Terzian va l’apprendre, jour après jour, en faisant des remplacements dans des structures de garde d’enfants, tout en essayant de vivre de sa plume. Et quel meilleur sujet que les enfants dans toute la splendeur de leur innocence? En collectant ainsi toutes les perles de ces enfants Québécois, avec leurs expressions bien particulières, leurs syntaxes déstructurées et leurs vocabulaires punchline, ça donne un moment de lecture hilarant et rafraîchissant. Les enfants sont fascinants, ils nous rappellent que le temps se vit à l’instant présent: on ne parle pas de demain, puisque c’est l’heure de la collation, on ne parle pas de futur, parce qu’il faut enfiler maintenant, un costume de super-héros, et hier, est déjà vieux, puisque on ne s’en rappelle même plus…C’est eux, les enfants, qui nous rappellent ses évidences et de profiter de chaque instant. Et l’auteur nous les rappelle aussi, avec ces portraits d’êtres fragiles autant que surprenants.

-Zoé, est-ce qu’on a le droit de crier à la garderie?
-C’est pas moi qui a crié. C’est ma tête.

(Zoé, consigne)

▪️Des adultes dépassés…

Ces journées de travail montrent qu’il y a des failles dans le système. Les adultes sont dépassés par la charge de travail, manquent de moyens et d’écoute, sont souvent négligés en termes de salaires et de considération. Et pourtant, leur investissement est immense. Guider, protéger, faire apprendre, encadrer, soigner un enfant est éreintant, pour tous ceux qui l’ont fait savent bien de quoi il en retourne…Mais les gouvernements, que ce soit au Québec ou ailleurs, rognent les aides, et de ce fait, entament largement l’engouement de ces personnes qui auraient pour vocation ces métiers de l’enfance…Et c’est bien triste. Car les enfants sont notre avenir…Derrière l’humour et la dérision, l’auteur pointe avec finesse et intelligence, tous les tracas de ce secteur d’activité.

Personne n’ose le dire, mais les enfants, en vrai, c’est une bande skins dans une ruelle. Tu te fais marave.

▪️Une lecture pleine de charme…

En fait, cette lecture c’était le fun! On s’attache à cet homme parce qu’il y a quelque chose de touchant dans sa façon d’être attendri par cette jeunesse, on comprend son isolement et on sourie à ses maladresses…Mais surtout, ce livre c’est des éclats de rire assurés, parce que c’est de la bonne humeur à l’état pur. C’est des enfants, avec leurs logiques étranges, leurs jeux farfelus, leurs sensibilités démesurées, leurs phrases déconcertantes…200 pages de rires et de bonheur!

Je recommande vivement!

Aujourd’hui, je suis heureux.

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Quidam Éditeur pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

quidam-logo

Le répondeur, Luc Blanvillain


Synopsis:

Baptiste sait l’art subtil de l’imitation. Il contrefait à la perfection certaines voix, en restitue l’âme, ressuscite celles qui se sont tues. Mais voilà, cela ne paie guère. Maigrement appointé par un théâtre associatif, il gâche son talent pour un quarteron de spectateurs distraits. Jusqu’au jour où l’aborde un homme assoiffé de silence. Pas n’importe quel homme. Jean Chozène. Un romancier célèbre et discret, mais assiégé par les importuns, les solliciteurs, les mondains, les fâcheux. Chozène a besoin de calme et de temps pour achever son texte le plus ambitieux, le plus intime. Aussi propose-t-il à Baptiste de devenir sa voix au téléphone. Pour ce faire, il lui confie sa vie, se défausse enfin de ses misérables secrets, se libère du réel pour se perdre à loisir dans l’écriture. C’est ainsi que Baptiste devient son répondeur. A leurs risques et périls.

Ce que j’ai ressenti:

▪️Allô? Ici, Le répondeur… Et si vous gagniez du temps pour faire ce que vous aimez? Ne serait-ce pas fabuleux que de ne plus perdre de temps à répondre au téléphone à des gens plus ou moins toxiques et requérant toute votre attention pour des futilités? C’est en tout cas, le rêve de Pierre Chozène, cet écrivain célèbre qui souhaite se dégager du temps pour son nouveau roman…Pour cela, il va faire appel à la faculté impressionnante de Batiste, cet artiste incompris et trop peu reconnu pour son talent. En tant qu’imitateur, Batiste va prêter sa voix et s’immiscer peu à peu dans la vie de cet auteur très apprécié…Forcément, Le répondeur va (se) déclencher quelques appels furieux et des situations rocambolesques pour notre plus grand plaisir!

Il savait bien, en théorie, que tout homme a plusieurs voix, selon les heures, les âges, les émotions, mais, en cet instant, il l’éprouvait avec une intensité rare. 

▪️Allô? Silence et Écoute… Créer requiert du silence, de l’introspection et une tonne d’imagination. Que ce soit Pierre ou Batiste, ils ont besoin d’exercer leurs talents chacun à leur manière, alors leur association paraît une bonne idée, sur le papier…Mais pas sans risques, sur les ondes…J’ai trouvé que l’approche du succès et du processus de création était mené avec beaucoup de subtilité. On ne voit jamais assez tous les tenants et aboutissants de la célébrité, de son bruit incessant, de ses traqueurs sans nom. Faire entendre sa voix dans cet univers impitoyable est-il alors un atout ou doit-on se cacher derrière un silence entendu? Telle est la question à laquelle, l’auteur s’amuse à nous donner une version toute en fraîcheur…. J’ai beaucoup aimé la complicité de Chozène et Batiste, les sentiments qui s’immiscent peu à peu dans cette relation inédite de travail. Le taiseux et le beau parleur m’ont carrément emporté dans leurs déboires, et ‘ai bien ri à leurs cotés. Et puis, il se pourrait même que leur alchimie soit parfaite, puisque chacun y trouve les clefs du succès et l’amour au bout du fil…A moins que…

En fait, à mieux y penser, Batiste voyait mal comment tout cela pourrait ne pas se terminer horriblement mal.

▪️Allô?! Vous attendez quoi pour lire cette petite pépite?! J’ai passé un super moment de lecture avec ce roman! C’était étonnamment drôle et original! C’est bien des fois, de se laisser surprendre et là, pour le coup, j’ai totalement délaissé mon téléphone et autres perturbateurs d’attentions, pour me consacrer à cette histoire pleine de charme. De plus, la plume de Luc Blanvillain était vraiment riche en jeux de mots, vocabulaire recherché, et en même temps, empreint de malice tendre, ce qui ne gâche rien au plaisir! En bref, j’ai adoré!

A défaut de susciter l’amour, il éveillait les regrets. C’était presque mieux.

Ma note Plaisir de lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Quidam Éditeur de leur confiance et l’envoi de ce livre. quidam-logo

Danses du destin, Michel Vittoz.

Danses du destin par Vittoz


Synopsis:

« J’ai tiré, il est tombé dans le caniveau. Je me souviens du bruit. Sourd. Un sac de terre sur le pavé. Je ne savais même pas qui c’était. Après je lui ai encore donné des coups de pied. La haine. Je ne croyais pas que c’était possible, haïr à ce point. Haïr un inconnu qu’on vient de tuer. Haïr un mort. Je ne sais pas combien de fois il aurait fallu que je le tue pour cesser de le haïr.
Mes coups de pied l’ont fait rouler jusqu’au bord du quai. Il est tombé dans le canal entre deux bateaux. Je l’ai vu disparaître dans l’eau noire.»

Je tue mon père sans le savoir. Tu veux comprendre pourquoi. Elle, Il devait la tuer.  Nous n’en savons pas plus. Vous non plus. Ils se demandent ce qui a bien pu se passer.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Je. Tu. Il. Nous. Vous. Ils.

Des pronoms pour chapitres. Des pronoms pour des violences sans nom. La folie haineuse de Je. La mission périlleuse de Tu. Il et Elle dans une danse telle, qu’Il valse avec le Serpent. L’intimité parfaite du Nous. Les vérités des clins d’œil du Vous. Ils et Elles qui nous entraînent dans un polar noir des plus singuliers, à travers l’Histoire, au milieu des petites histoires qui se sont déroulées pendant la Seconde Guerre Mondiale. Et Eux, dans les nœuds du Serpent, dans différentes voix, dans plusieurs styles de plumes. Eux, dans la Résistance. Ça siffle et ça persifle dans ce roman au rythme troublant. Il y a des temps de haines et des tempos désynchronisés. Danses du destin nous entraîne dans des dossiers sombres et des manipulations venimeuses, pour une danse qu’on ne risque pas d’oublier parce qu’elle réveille le passé douloureux de la France.

Si c’était ça la vie fallait être fou pour vivre, oui, il fallait que je devienne fou.

▪️Du fils au père…De père en fils.

Un fils qui tue son père par accident. C’est une vague impression de tragédie, et puis, c’est autre chose de plus noir. Des secrets d’histoires qui n’aurait jamais dû sortir des profondeurs, des mémoires et des vengeances qu’il aurait mieux valu laisser au passé, des petits arrangements de famille qui devaient rester dans la sphère privée. Une histoire vieille comme le monde, et des tragédies de notre siècle, par encore guéries. Lowenstein, de père en fils. Et un fils animé par un sentiment si destructeur, et celle d’un père qui laisse sa marque. Et la question qui revient comme un ouroboros: la haine est-elle héréditaire? Et nous, qui sommes spectateurs de ces drames, nous cherchons à savoir qui remue les cendres, qui réanime les braises? C’est qui? Nous? Vous? Ils? Elles sont étranges ces questions…Mais qu’est-ce qu’il est bien mené ce polar! Juste ce qu’il faut d’affect, un beau travail de recherche, et une petite dose de punchline venimeux pour relever le tout! Une lecture particulière et bouleversante quand certains pronoms prennent le pouvoir.

Ils sont nombreux, tous les personnages possibles, les morts et les vivants qui viendront ou ne viendront pas dans cette histoire.

Elles sont nombreuses les histoires qui nous hantent à travers celle ci.

▪️Danse dans le Noir.

Michel Vittoz nous régale d’un roman polyphonique original. En un seul chapitre, il a capté toute mon attention, et ça continue ainsi jusqu’au point final, parce qu’il y a une énergie qu’on veut saisir et un petit quelque chose d’intrigant dans la plume, qui nous pousse à dévorer ces pages. C’est tantôt une enquête rétro avec un certain charme de la lenteur, tantôt un théâtre contemporain plein d’éclats de voix: c’est vivant même si les morts s’invitent. Un mélange doux et empoisonné qui sert une intrigue d’espionnage et c’est tellement prenant parfois, que je me suis surprise à apprécier le personnage le plus fou de cette histoire. À l’attendre sur le quai ou au détour des chapitres, pour lire ses tirades de mal-être et essayer de comprendre cette rage qui l’anime. C’est dire tout le talent de l’auteur, d’avoir su trouver le bon ton, pour que l’on soit ainsi mordu de son histoire.

J’ai dansé sur les lignes, dansé sur les cendres, dansé avec le passé. J’ai aimé les Danses du destin. Et vous? Allez-vous danser maintenant? Oui, Toi. Nous. Vous. Eux. Elles. Danser sur nos mémoires pour ne plus oublier les moments haineux de l’Histoire…

« Nous ne voit rien. Chacun voit. »

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement  Quidam éditeur de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Image associée

 

Oyana, Eric Plamondon.

Oyana par Plamondon


Synopsis: 

« S’il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d’expliquer sa vie. »
Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu’à la rupture. Elle est née au pays Basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore jusqu’où les mots la mèneront, elle écrit à l’homme de sa vie pour tenter de s’expliquer et qu’il puisse comprendre. Il y a des choix qui changent des vies. Certains, plus définitivement que d’autres. Elle n’a que deux certitudes : elle s’appelle Oyana et l’ETA n’existe plus.


Ce que j’ai ressenti:

  • Et s’échouer sur la page…

Oyana se livre et se délivre pour écrire une lettre d’adieu à l’homme qui a partagé sa vie pendant plus de 23 ans. Entre roman épistolaire et documentaire , Eric Plamondon nous emmène dans les remous politiques de l’ETA et les eaux troubles du cœur d’une femme. De par sa forme originale, j’ai été surprise par cette proposition de roman, peut être encore plus intime que Taqawan avec cette femme qui cherche à trouver les mots pour raconter ce passé trop lourd, les fautes et les erreurs de jeunesse. Une femme déboussolée qui essaye de se pardonner un peu, sur le papier, afin d’apaiser la culpabilité mordante…

« J’ai simplement besoin de t’écrire, d’écrire, de parler avec quelqu’un. Maintenant que je t’ai quitté, il ne reste plus que toi. »

  • Vivre en apnée…

Suite à la dissolution de l’ETA, Oyana revient sur ses souvenirs, ses origines et cette partie sombre qui la lie à ce groupe révolutionnaire. Parler de terrorisme et d’idéologies, souffrir d’appartenance et de fuites, ressentir l’exil et les amours perdus…C’est très sensible de par son sujet, et aussi parce que c’est vécu de l’intérieur, par une femme qui s’est noyée dans un océan de remords…En apprenant cette nouvelle, Oyana ressent comme une puissante envie de remonter à la surface, de faire jaillir celle qui s’est cachée trop longtemps dans les profondeurs… Elle brûle d’un besoin de reprendre son souffle, quitte à se mettre à nue sur ses agissements…

« A chacune son séisme. »

 

  • Et voir, le cycle de la vie…

Ce qui est extraordinaire avec cet auteur, c’est qu’avec une simplicité étonnante mais une intelligence fine, il nous parle des tourments de la vie, de la douleur du deuil et de la beauté de la nature. J’adore sa manière de présenter ses sujets, avec des chapitres courts et intenses, certains instructifs et d’autres plus romancés. Avec Oyana, Eric Plamondon nous sensibilise sur un phénomène dramatique de l’environnement: la pêche et l’exploitation des cachalots. En faisant un parallèle avec la violence faite à ses animaux et ces actes de terrorismes, c’est toute une vague d’émotions qui viennent nous submerger. Un très joli moment de lecture!

« Il y a des moments dans la vie où la question du choix ne se pose pas. On ne choisit pas: on agit. »

Le petit plus: La couverture est superbe!

 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Muriel ainsi que Quidam éditeur pour  leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture très intéressante.

Résultat de recherche d'images pour "quidam éditeur"

 

 

 

Ma voix est un mensonge, Rafael Menjivar Ochoa

Couverture Ma voix est un mensonge

Synopsis:

Après une carrière dans le feuilleton radiophonique, un comédien se retrouve au chômage. Il est approché par des services spéciaux de la police. Contre une somme importante, on lui demande de reconstituer, à partir de quelques documents, la voix d’un prisonnier politique mort sous la torture et d’endosser le rôle de celui-ci dans une fausse conférence de presse justifiant un meurtre politique… Avec cette mise en scène de la dialectique de la vertu et de la corruption dans trois secteurs d’activité interconnectés —police, politique et journalisme —, Rafael Menjívar Ochoa donne à voir, de l’intérieur, un monde désabusé, cynique, où tous les acteurs, manipulés ou manipulateurs, jouent une pièce dont ils ignorent ce qu’elle signifie.
Efficacité narrative du roman noir dans toute sa plénitude, Ma voix est un mensonge est le premier volume de la «trilogie mexicaine» d’Ochoa, De certaines façons de mourir.

Ce que j’ai ressenti:

La voix. La voix du Méchant, qui plus est…On the radio…Entendre et ne pas voir, développe l’imagination, énergisant l’esprit et c’est tout un monde de possibilités qui s’ouvre dans ce mystère : qui se cache vraiment derrière? Propre à chacun, mais pouvant prendre mille petites intonations trompeuses, elle peut aussi avoir dans ses cordes, toutes les façons pour mieux vous manipuler…Mais une voix a t-elle le pouvoir d’aller jusqu’à tuer?

La mort est un acte intime. 

Un comédien se raconte et nous fait trembler aux vibrations chorales de son organe. Et toute la beauté de ce polar se tient dans ce mystère: les ondes chaudes de cette voix aux multiples capacités face à ces acteurs de l’ombre mis en scène derrière un rideau noir de corruptions. On est captivé par cet homme qui nous conte ses ennuis, mais qui va vite se retrouver dans une panade, encore plus vertigineuse…Et son talent d’orateur suscite les plus éhontées des convoitises: des mains avides qui veulent s’arracher son timbre caméléon, et des liasses de billets qui chantent une comédie malhonnête…Prenez donc place dans vos fauteuils, la radio vous livre son dernier show, plus vrai que nature. Vous pouvez appuyer sur le bouton rouge On Air pour le lancement de cette comédie cynique orchestrée par des pantins de scènes politiques et laissez-vous charmer par ces échanges brouillés d’ondes mensongères, et saturés de sourires carnassiers…

La langue est plus puissante que l’épée. 

J’ai beaucoup aimé ce roman noir pêchu, à l’allure un peu rétro avec cet homme désabusé par la vie. Efficace et tendu jusqu’à la dernière page, j’ai aimé les failles et la sensibilité qui se cachait derrière cette voix, cette illusion d’homme violent torturé de bons sentiments. Rafael Menjivar Ochoa nous prouve dans ces pages, que les apparences sont toujours trompeuses dans les enjeux politiques. Il se plaît à nous enchanter de faux-semblants criants, et nous laisse vibrer au doux son des pièges meurtriers. Elle ne te fait pas rêver cette diffusion d’un bon moment de lecture?

Ma note Plaisir de lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens chaleureusement à remercier Muriel ainsi que les éditions Quidam Editeur pour l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture passionnante!

Résultat de recherche d'images pour "quidam éditeur"

Taqawan , Eric Plamondon

Taqawan par Plamondon

 

Synopsis:

« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »
Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Emeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort.
Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source…
Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits.

Ce que j’ai ressenti:…Une très bonne pêche…

En langue mi’gmaq, on nomme taqawan un saumon qui revient dans sa rivière natale pour la première fois. 

J’ai remonté la rivière du temps, tel un taqawan pour m’imprégner d’un conflit qui a fait de moult remous sanguinolents, dans les années 80 au Québec. Avec cette lecture, j’ai redécouvert la culture indienne, ressenti la puissance de ses transes, entendu la Nature me parler à travers leurs traditions, mais plus que tout, j’ai vu tout ce sang versé et des droits bafoués…A frétiller ainsi dans ses eaux troubles, on ressent tellement d’injustices, tellement de violences, elles nous frappent aussi sûrement que des flèches en plein coeur. L’Homme Blanc encore et toujours dans sa folle conquête en vient à vouloir rayer toute une communauté de ses terres, à bannir tout un savoir générationnel, à tuer envers et contre toute logique. Un peuple parqué, déraciné, humilié: les Indiens d’Amérique. Des lois biscornues, des ordres incohérents, des actes impardonnables…Eric Plamondon redessine la toile de cet affrontement en un patchwork de textes, et d’histoires qui nous explique les causes et les conséquences des émeutes de la réserve de Restigouche.

Avec elle, Océane avait commencé à comprendre que le pouvoir des uns reposait sur la résignation des autres.

Ce polar original dans sa forme est aussi une très belle histoire humaine avec des personnages  en marge de ces deux cultures qui s’affrontent…J’ai trouvé ce quatuor touchant, avec chacun leurs passés, leurs failles, leurs différences mais qui choisissent l’Essentiel avant leurs cultures, les valeurs de la Vie avant le sang dans les veines, la Protection avant les batailles…Derrière tous les points de vues politiques et sociaux, l’auteur nous montre que les frontières entre les deux opposants sont parfois floues, et c’est ce qui rend ce récit si bouleversant : il laisse le lecteur, se faire sa propre opinion, tout en lui faisant ressentir une flopée d’émotions…

« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »

J’ai lu cette nouveauté quasiment d’une traite, tellement le sujet était passionnant! J’ai adoré partir en ces lieux, découvrir les petites habitudes et astuces de la pêche aux saumons, m’enivrer encore de ses grands espaces de nature, comprendre ce conflit. Instructif et à la fois sensible, Eric Plamondon a su m’emporter dans ses filets de pages!

 

Ma note Plaisir de lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Muriel ainsi que les éditions Quidam pour l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture très intéressante!

quidam-logo

 

En Féérie, il brille quelques poussières…

Enter your email address to follow this blog and receive notifications of new posts by email.

Rejoignez 236 autres abonnés