Presqu’îles, Yan Lespoux

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Ce que j’ai ressenti:

C’est presque -Ils nous vous îles-. C’est presque des instants d’Eux, de nous. C’est presque un étrange patchwork de la vie au Médoc. C’est presque de la beauté arrachée à ces terres, qu’ils seront heureux de pouvoir lire. Parce que c’est- Ils étaient en vie-, à ce moment-là, et que Yan Lespoux a capturé cela, dans des nouvelles plus ou moins courtes, plus ou moins violentes, plus ou moins presque-Ils et Elles-dans un coin perdu…Et c’est ce Presqu’îles, qui nous raconte leurs peines et leurs joies de vivre là, si près de l’océan et au cœur de la forêt…Presque invisibles, si on en n’avait pas laisser une trace écrite, et cela, ça en aurait été presque triste…Mais heureusement, il y en a qui prennent la plume pour mettre en lumière les troublantes solitudes de ces vies fantômes…Et c’est Presque fabuleux, ces morceaux rassemblés en un recueil…

Et puis, ça nous rappelle que nous, pendant ce temps-là, on est vivants.

C’est autant de secrets, de chasses et de marées. C’est autant d’éclats, de premiers et de derniers. C’est autant de vies rythmées à des détails, des drames et des saisons. C’est autant de tristesses, de violences et de surnoms. Il transparaît, dans ces textes, un besoin très prégnant, d’exister. D’exister au sein d’une communauté, d’appartenir à une terre, de prendre racine coûte que coûte… Ils essaient, chacun à leurs façons, envers et contre tout, de faire partie de ce lieu très particulier, mais c’est d’autant plus difficile que se glisse partout, le rejet, les amalgames ou le mépris…Rien n’y fait. Comme presque à chaque fois, leurs tentatives sont vaines, parce qu’il ne faudrait pas voler aux « vrais » habitants, leurs coins aux champignons, pas leur prendre leurs parts d’océans, pas leur enlever leurs heures de gloire…C’est autant d’équilibres fragiles qui flottent sur l’humide mélancolie. Mais c’est ce qui en fait tout son charme aussi: le charme étonnant du Médoc, avec les humeurs fortes du climat océanique et de ceux qui s’y adaptent, par la force des choses…

On imagine. On laisse courir son esprit, on forge des mensonges qui deviennent au moins l’espace de quelques instants des vérités.

J’ai aimé ce Médoc, la façon si particulière de nous le raconter, la manière fantastique de Yan Lespoux de mettre en relief, ces tranches de vies. D’en faire ressortir la lutte contre l’ennui et la violence, le silence et les médisances, le fade incommensurable et la beauté implacable. Et puis, d’y ajouter le feu, le froid et quelques vents, pour attiser toutes les passions…C’est intense. Le Médoc ne me sera plus indifférent. Je l’ai aimé pour son authenticité. Rien n’est surfait. Il m’a captivé de bout en bout. C’était beau, simple, et à la fois terrible…C’était des petits bouts de la vie là-bas, et lire la vie, ça a toujours quelque chose de fascinant, parce que la mort n’est jamais trop loin. Elle se pointe toujours. Fatale…Il paraît même que, à l’heure où j’écris ces quelques mots pour que vous puissiez vous aussi vous laisser séduire par ces lieux, les yeux de ces gens, sont tournés vers l’océan…Et ils attendent…Presque, ils espèrent…De toute façon, c’est inévitable, ça commence toujours comme ça, la saison…Et moi, ça me fait de drôles de vagues sur le cœur…Presque trop court, et pour autant magique, je vous recommande vivement ce recueil.

Puis ces pensées commencent à le fuir, elles traversent les bruyères qui encombrent son champ de vision, puis les roseaux, et glissent enfin sur la surface lisse de l’étang jusqu’à la boule de feu qui brûle sur l’autre rive. Il ferme les yeux.

Remerciements:

Je tiens à remercier Muriel ainsi que les éditions Agullo pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

2 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. belette2911
    Jan 24, 2021 @ 14:02:26

    Belle photo, mais je ne lirai pas le livre, pas le temps 🙂

    Réponse

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