Tout ce qui est solide se dissout dans l’air, Darragh McKeon

Couverture Tout ce qui est solide se dissout dans l'air

Pourquoi je l’ai choisi:

J’avais très envie de découvrir un pan de l’Histoire sous forme romancée. Ce livre de la rentrée littéraire était tout indiqué!

Synopsis:

Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins.
Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne et tente de faire oublier son passé de dissidente.
Dans un hôpital du même quartier, un chirurgien s’étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé.
Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières lueurs de l’aube, une aube rouge, magnifique, presque inquiétante de beauté.
Nous sommes le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer. La vie de ces quatre personnages va changer. Le monde ne sera plus jamais le même.

Les personnages:

S’il est vrai que Maria, Grigori ou encore Evgueni étaient des personnages intéressants, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à eux. Il m’a manqué ce petit geste d’émotion, un petit côté un peu trop froid qui font qu’on passe à coté de ce lien. Ca n’enlève rien à la qualité du texte, mais j’aurais aimé avoir plus de connexion avec tous ses personnages.

Ce que j’ai ressenti…Une immense tristesse…

Le mot est faible: tristesse.  J’ai ressenti une vague de désarroi devant cet évènement catastrophique qu’a été Tchernobyl. Les bras m’en sont tombés, quand on voit la gérance de cette catastrophe planétaire. J’ai pensé à cette image, de poussières reléguées sous le tapis, espérant qu’on n’y voient que du feu. Mais le feu, avait cette ampleur que jamais auparavant on avait vu, les conséquences pires que ce qu’on pouvait imaginer.

L’auteur nous transmet tout cela dans ses pages, cette envie d’étouffer cette explosion de la part du gouvernement, et rend hommage à ses tas d’innocents qui y sont morts, condamnés,  par ses jeux de pouvoirs et d’incompétences politiques. C’est avec émotion et cœur serré qu’on plonge dans ses pages. L’impact de ses mots rend encore plus vibrante, la déferlante qu’on se prend en pleine poire, comme si elle reprenait vie une seconde fois.

Encore trop jeune à l’époque des faits et malgré tout ce qu’on peut entendre ça et là, j’ai fait beaucoup de recherches personnelles, grâce à cette lecture,  sur cet évènement, et j’ai été contente de voir que l’auteur s’en tenait aux faits réels, essayait de nous donner derrière la fiction, la teneur d’une vérité effroyable. J’y ai vu une volonté de donner aux générations de maintenant, un regard nouveau, mais aussi un regard éclairé vers ce passé, pour que plus jamais un tel cataclysme arrive encore.

S’il est vrai que le sujet ne manque pas de noirceur, il y a une chose qui se dégage de ce livre: c’est la poésie qu’elle renferme. Milles explosions de couleurs et de sonorités vous abreuvent pour donner une beauté sans pareille. L’écriture de cet homme est belle, imagée, profonde, magnifique. J’ai apprécié de connaître sous ses mots, un site époustouflant: Les Sept Géants de l’Oural.

Nous sommes des masses liquides avec nos marées, nos tourbillons, nos courants sous-marins. p41

En bref, j’ai énormément apprécié cette lecture. La délicatesse de la plume en duel avec l’horreur de cette histoire. L’antagonisme permanent de la beauté qui côtoie toujours la laideur. Tout un monde de contraire sur une seule planète.

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Babélio et sa Masse Critique, ainsi que les éditions Belfond pour cette lecture bouleversante!

En Féérie, il brille quelques poussières…

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