La panse, Léo Henry.

Couverture La Panse

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai adoré cette couverture et j’avais hâte d’aller voir ce qui se cachait au bout de ce tunnel…

Synopsis:

Bastien Regnault part à la recherche de Diane, sa soeur jumelle, dont la famille n’a plus de nouvelles depuis plusieurs mois. Des indices convergents le mènent très vite à la Défense. Le quartier d’affaires, chargé d’histoire, va, petit à petit, se dévoiler à lui, lui révélant un monde inconnu et souterrain, où, semble-t-il, officie une mystérieuse et très ancienne société secrète : la Panse.

Après Le casse du continuum, Léo Henry poursuit, avec La Panse, son exploration des genres dits « populaires ». Il propose cette fois un thriller d’infiltration lovecraftien ancré dans l’ici et maintenant, un roman remarquable, qu’on ne lâche plus une fois entamé, preuve, s’il en était encore besoin, de son immense talent.

Ce que j’ai ressenti:…Un malaise sous-jacent, dans les profondeurs de Paris…

« J’ai fait un cauchemar. »  Telle est la première phrase de ce thriller inédit de Léo Henry. Et ce cauchemar, il nous le livre en près de 290 pages…

Quand La Panse est à la Défense, je pense à Paris…Qu’elle est improbable cette visite de la capitale, improbable et …mystérieuse. Je serai curieuse maintenant de visiter ses lieux après l’immense traversée nébuleuse de ce quartier dans les yeux de ce Léo Henry…Tantôt dangereuse, tantôt élitiste, la Panse se révèle une secte au pouvoir insoupçonné… Cette invitation à découvrir d’un autre œil , cet amas d’architectures parisien, nous entraîne dans les tripes, de ses légendes urbaines…

« Nous voilà sur le seuil, dit-il encore. Nous sommes devant la porte. Suivez-moi, je vous mène au-delà. »

Je me suis laissée prendre aux jeux des rêves troubles et des réalités floues pour suivre Bastien, héros sans prétention, qui se lance à la recherche de sa sœur. Petit à petit, une nouvelle perspective s’ouvre, et nous plongeons avec lui, vers des souterrains de conscience obscure, et bien dissimulés. Il y a une espèce d’ambiance sourde, presque d’inaction latente, qui vous tombe dessus, et j’ai trouvé cet effet saisissant. Léo Henry a une plume hypnotisante.  Plus que la vérité sur cette étrange disparition, c’est bien toute cette opaque chape de noirceur qui m’a vraiment chamboulée. Lentement, sûrement, les méandres de cette société secrète s’insinue dans la vie de cet personnage un peu paumé, lui enlève presque sournoisement, ses capacités d’actions et de pensées, tout en l’emmenant vers les vertiges du savoir…Double effet, qui est d’autant plus effrayant, que cette menace est presque invisible…

« Le labyrinthe comme le cercle sont des formes d’architecture qui gaspille de l’espace. Ce sont des figures irrationnelles et inefficaces, donc inattendues. Elles déroutent les énergies et piègent les flux. Elles ont le pouvoir de dissimuler et de rendre invisible. »

La Panse est une lecture immersive et dérangeante. Si vous empruntez ses tunnels, faites bien attention à avoir l’estomac bien accroché, car il semblerait que les pires horreurs sont à digérer dans ses souterrains vacillants. La poudre dorée n’est assurément pas de la poussière de fée, même si elle semble ouvrir sur d’autres mondes: je vous conseille donc cette étrange virée dans ce Paris revisité à la sauce imaginaire…

Personne ne revient de cet endroit où tu t’es rendu. Personne ne s’échappe jamais de la Panse.

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les Editions Folio pour l’envoi de ce livre! Merci de leur confiance, ce fut une lecture palpitante!

 

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Lumière, le voyage de Svetlana, Carole Trébor.

Couverture Lumière

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai été très attirée par cette couverture lumineuse, et j’avais vu un très bel avis sur le blog de la géniale: Léatouchbook….

 

Synopsis:

Hantée par la dernière volonté de sa mère adoptive, Svetlana quitte le Paris des Lumières pour rejoindre la Russie des tsars. Au cours de ce voyage, elle rencontre des êtres mystérieux, Varlaam et Mira, et se découvre d’étonnants pouvoirs…Pour accepter sa véritable identité, Svetlana doit affronter sa part d’ombre. Et qui, de Boris l’officier d’élite, ou d’Aliocha, le paysan rebelle, l’aidera à se révéler à elle-même ?

Ce que j’ai ressenti:…Un dépaysement glacial…

J’ai apprécié ce petit voyage dans le temps et vers des contrées froides: de Paris à la Russie…Rencontrer Diderot et l’impératrice Catherine II dans un même livre, vous montre à quel point, vous allez voyager avec cette Lumière, et tout ça, sur un traîneau…Dépaysement garanti, mais aussi, force de pensés contraires qui vont se confronter par delà les frontières…Science et traditions qui s’opposent, à moins que, pour une fois, elles ne s’allient ; tel est l’intérêt de ce voyage lumineux…

Ce fut une lecture très plaisante, un bon petit moment. J’ai adoré le côté « roman historique », mais c’est aussi un « roman fantastique », et là, j’aurai préféré qu’il soit un peu plus développé. Je pense que pour un « Jeunesse », l’aspect historique avec l’index de fin qui liste les personnalités importantes est un bon tremplin pour pousser plus loin la curiosité de la tranche d’âge,  sur l’Histoire. Je pense que l’aspect mythologie slave aura de bonnes bases pour faire rêver les adolescents en quête de magie . Suivre Svetlana, c’est découvrir une nouvelle forme de pouvoir, et la suivre dans sa quête d’identité, tout autant que le chemin de son cœur, va en passionner plus d’un!

Pour ma part, j’ai juste regretté le fatal triangle amoureux qui apparaît comme toujours dans ce genre de littérature. Ca m’énerve à un point….Mais bon, heureusement il ne prend pas une place prépondérante dans l’histoire, donc ça passe…

Le petit plus à mon sens, en plus, de trouver un index très documenté et explicatif, ce sont les illustrations de Sébastien Pelon qui jalonnent la lecture. J’ai adoré son style entre flou et ombres, tout en monochrome.

En bref, une belle petite histoire à mettre dans le traîneau d’un certain bonhomme rouge, pour illuminer la jeune génération….

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 7/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Babelio et sa masse critique, ainsi que les éditions Rageot pour l’envoi de ce livre! Ce fut une lecture dépaysante!

Feuillets de cuivre, Fabien Clavel

Couverture Feuillets de cuivre

Pourquoi je l’ai choisi:

Alors celui là, il m’a tapé dans l’œil, rien qu’avec sa couverture. Mais à la réception directement de la hotte du père Noel, je peux vous dire que l’objet livre est juste magnifique! Bravo à la maison d’éditions d’en avoir fait un petit bijou pour les yeux et le toucher, avec sa couverture cartonnée, son style d’écriture et de présentation, le titre en surbrillance cuivre….Merci de nous donner un petit trésor en papier, merci pour cette belle édition qui se distingue sur les étals de librairie.

Synopsis:

Paris, 1872. On retrouve dans une ruelle sombre le cadavre atrocement mutilé d’une prostituée, premier d’une longue série de meurtres aux résonances ésotériques. Enquêteur atypique, à l’âme mutilée par son passé et au corps d’obèse, l’inspecteur Ragon n’a pour seule arme contre ces crimes que sa sagacité et sa gargantuesque culture littéraire. À la croisée des feuilletons du XIXe et des séries télévisées modernes, Feuillets de cuivre nous entraîne dans des Mystères de Paris steampunk où le mal le dispute au pervers, avec parfois l’éclaircie d’un esprit bienveillant… vite terni. Si une bibliothèque est une âme de cuir et de papier, Feuillets de cuivre est sans aucun doute une œuvre d’encre et de sang.

Les personnages:

Ragon: Quel personnage! Imaginez un  policier obèse au service de sa passion et de son métier, qui résolve ses enquêtes grâce à la littérature! D’un esprit fin à l’inverse de ce corps difforme, il a tous les atouts d’un inspecteur qui laissera sa patte d’originalité et d’intelligence!

« Ragon déplaça son grand corps de plus de deux cents livres avec l’impression d’être un albatros dont on aurait rogné les ailes. »p19

Ce que j’ai ressenti:…une Explosion de saveurs de cuivre et de feuillets…

Avant de vous parler du livre en lui même, je voudrais dire que pour une fois, j’ai lu la préface et la postface, et qu’elles aident grandement à comprendre le style Steampunk de manière générale, mais aussi à voir toutes les qualités que ces aventures recèlent. Merci donc à Etienne Barillier et à Isabelle Perrier pour leur éclairage.

« Une bibliothèque, c’est une âme de cuir et de papier. Il n’y a pas meilleur moyen pour fouiller dans les tréfonds d’une psyché que de jeter un œil aux ouvrages qui la composent. La sélection, le rangement, le contenu, même la qualité de la reliure : tous les détails sont importants. »

2016, nouvelle année et nouvelle découverte pour moi: le Steampunk . Et bien, je ne suis pas déçue du voyage!!!!Entre la découverte de Paris au XIXème siècle, les multiples références aux auteurs de l’époque et la chasse aux criminels retors, je peux vous dire que traverser le temps en valait bien la peine. Le style de l’auteur est à tomber, il retranscrit une ambiance feutrée avec une pointe de science fiction, rend hommage aux plus grands écrivains en s’inspirant de leurs personnages tout en y mettant sa touche personnelle, nous embarque dans un le rétro/moderne qui donne un mélange détonnant inclassable. J’en ai été époustouflée, les ombres des plus Grands écrits viennent hanter ses lignes, les plus grandes légendes côtoient les pires atrocités cadavériques, les rues de Paris sont des plus mal famées, mais ça donne une atmosphère riche et délicieusement sombre.

« N’oubliez jamais cela, Fredouille: tout est dans les livres. Notre vie n’est qu’un feuillet détaché de l’ouvrage gigantesque du monde. « p139

Plus que des Feuillets de Cuivre, je trouve que ses Carnets laissent un gout de sang en bouche. J’ai adoré cette forme de représentation, presque un journal intime, mais en même temps, la continuité d’une carrière policière avec un fil rouge conducteur, la Némésis de Ragon, l’Anagnoste. Leur duel littéraire et meurtrier est juste addictif: c’est à qui aura le plus de culture, le plus de mémoire, le plus de références pour résoudre les mystères. Autant Ragon est doué, mais son adversaire d’autant plus, car il l’emmène notre cher enquêteur,  chaque fois plus loin. Enfin, un « méchant » intelligent et qu’on peut apprécier aussi, c’est assez rare (bon, je ne dis pas que je cautionne ses actes!!), mais c’était relativement surprenant et instructif les pièges qu’il met en place pour la partie adverse!

Premier livre de l’année, et premier coup de cœur!!!Ça promet pour cette année, si ça continue de la sorte!!!!En tout cas, j’avais déjà repéré Fabien Clavel et avait quelques livres dans ma wish, mais avec ce livre, on voit toute l’ingéniosité de son écriture et je suis impatiente de lire d’autres écrits de cet auteur. Grace à lui, j’ai passé un excellent moment de lecture, comme on imagine pouvoir en lire souvent, mais en mettant en valeur des écrivains tels que Jules Verne, Victor Hugo, Baudelaire,etc…: il me donne bien envie de découvrir ou redécouvrir ces chefs d’œuvres de la littérature et ainsi se rapprocher un peu de la finesse de Ragon et son appétit littéraire! Soyons friands de savoir et de lecture!!!!Je vous recommande chaudement cette petite merveille!!!!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 10/10

 

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L’heure des fous, Nicolas Lebel (LC avec Cannibal Lecteur)

Couverture L'heure des fous

Pourquoi je l’ai choisi:

Deux folles qui veulent lire leur dernière heure…..Heu….Deux filles qui souhaitent lire L’heure des fous….Ce titre, c’était comme une évidence pour nous deux, alors on se met à l’heure Lebel, sur vos titres…..

Synopsis:

Paris : un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. « Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël », ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard… Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité. L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au cœur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale. Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous…

Les personnages:

Mehrlicht, c’est l’élément fort de cette équipe! Son humour est à tomber! Je me suis régalée de lire chacune de ses répliques, le voir jurer, pour ensuite nous éblouir de phrases de haute voltige: j’ai adoré ce mélange détonnant et je suis impatiente de pouvoir le retrouver très prochainement!!!

Dossantos, il m’a bien plu ce flic, un peu soupe au lait, mais à fond dans son rôle de justicier!!!!

Latour, elle se fait une petite place au milieu de ce groupe de mecs. Petite, mais néanmoins  présente, et nécessaire.

Menard, il m’a fait un peu de la peine à subir les piques de son chef, mais bon il faut bien le mettre au parfum! Je trouve qu’il s’en sort plutôt pas mal ensuite!

Ce que j’ai ressenti:…Une belle virée enrichissante!

« La mort, ça secoue les humeurs, ça bouscule les molécules. »

L’heure des fous….Tic tic et tac….L’heure des vauriens….DiiingDiiiingDooooong…..La Cour des Miracles renait de ses cendres…

« Mais vous policiers, où serez vous quand sonnera l’heure des fous ? »

J’ai adooooooooooooooooooooré ce mélange de rétro/contemporain, Lebel qui nous fait revivre Notre-Dame-de-Paris, avec sa touche personnelle: un grand moment! Napoléon, Victor Hugo traine avec le nouveau terrorisme, les trésors enfouis vont côtoyer la Sorbonne, les petites gens ont un Gouverneur, Les bas-fond de Paris vont enfin avoir une Voix….

 

Si au départ, l’intrigue était simple, elle s’intensifie au fil des pages pour notre plus grand plaisir. On fonce avec ce quatuor dans une enquête au fin fond des rues de la capitale, puis dans ses fameux égouts! Tout un programme!!!!Et moi, juste je kiffe trop ses égouts, parce qu’il y a vraiment l’air d’y avoir tout et n’importe quoi dans ses souterrains!!!!!!Alors bien sur, je rêve pas d’y mettre un pied, mais j’adore l’imagination de certains pour y faire vivre toutes sortes de détraqués, légendes urbaines, ou animaux exotiques…..

 

Ici Lebel remplit sa mission haut la main! J’ai adoré Son Paris, Son équipe d’enquêteurs, Sa façon de nous faire voir enfin en quatre yeux les SDF. On fait un tour de sensibilisation politique, sociale , urbaine, on ne perd aucune miette de suspense, et on prend même en pleine tronche un humour cynique à mourir de rire! Bref, un condensé de réussite, ce petit roman!

« Je regarde pas la télé. Ça rend con. Et puis si c’est pour finir habillé en latex… « 

Court, Intense, Puissant!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

 

Titre : L’heure des fous

Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Marabout (2014)

Résumé :
Paris: un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. « Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël », ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard…

Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité.

L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au cœur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale.

Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous…

Critique de Cannibal Lecteur : 
Kermit la grenouille ! Putain, et moi qui avais imaginé le capitaine Mehrlicht en beau grand blond avec des yeux bleus (et dans ma tête, j’entends Jean-Claude Dusse qui dit « Eh ouais, le nazi quoi ! »).

Ben merde alors, le capitaine Mehrlicht il est petit, moche, porte un costume marron que même celui de Columbo doit être plus neuf, il fume pire que toutes les cheminées d’usine du Londres de Sherlock Holmes et ses yeux globuleux de sa tête de grenouille suffirait à rendre jaloux Marty Feldman, l’acteur fétiche de Mel Brooks.

« Ses yeux étaient deux boules sombres que l’on aurait juré indépendantes l’une de l’autre, capables de lorgner l’une la grille de sudoku, l’autre ce qui se passait alentour. Nul n’aurait pu dire s’il avait une langue visqueuse, mais à l’instant où il quittait le bâtiment – ce qui se produisait toutes les demi-heures – on voyait poindre de sa gueule un mégot laiteux qu’il supait avec délectation, s’imbibant de sa teinte cireuse jusqu’au bout de ses doigts-ventouses. Au portrait s’ajoutaient des taches brunes qui ponctuaient chaotiquement son crâne fripé où vacillaient au vent du ventilateur les derniers lambeaux d’une chevelure défunte. »

Quand à son équipe de flics, elle est barrée. Hormis le lieutenant stagiaire Ménard et Sophie Latour qui sont « normaux », on fera aussi la connaissance du lieutenant bodybuildé Dossantos qui vous récite le code pénal comme d’autres vous balancent des proverbes et dont la culture se résume aux séries télés.

Dossantos enfila des gants de latex et se pencha à son tour sur le corps.
— Qu’est-ce que tu fous avec des gants en latex, toi ? lui demanda Mehrlicht, éberlué.
— Je regarde Les Experts sur la Une. Tu devrais.
— Il a raison, reprit Carrel. C’est là que j’ai tout appris. Mehrlicht grogna et aspira une bouffée de sa gitane.
— Je regarde pas la télé. Ça rend con. Et puis, si c’est pour finir habillé en latex…

Il ne m’a pas fallu 10 lignes pour entrer dans le roman. D’ailleurs, j’y étais tellement bien que j’ai lu tout d’une traite. 276 pages, c’est peu, mais l’avantage c’est qu’on reste dans le rythme, sans pour autant faire des excès de vitesse.

Si j’ai trouvé Mehrlicht imbuvable au départ, me disant que si j’avais dû turbiner avec cézigue j’lui aurais ouvert le chou-fleur d’un coup d’surin. On m’aurait même pas embastillée au mitard tellement qu’il est imbuvable… Enfin, je le croyais imbuvable, le gus.

Dans ce roman qui se dévore, si j’ai adopté de suite l’équipe de flic de Mehrlicht, j’ai appris à bosser avec son capitaine, appris à le connaître, appris à l’apprécier, ce Kermit amateur de Sudoku, de bons mots trempés dans l’humour noir et de l’argot.

— Il habite avec sa femme, Jeanne Crémieux, dans le cinquième arrondissement, 34, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève.
— Là, tu peux dire « habitait » parce ce que, en ce moment, il habite dans le douzième arrondissement, 2, place Mazas, à l’institut médico-légal.

Ce que j’ai aimé aussi, dans ce roman, c’est que ce n’est pas qu’un polar où il faut résoudre l’assassinat du Docteur Lenoir et trouver que le coupable est le chandelier dans le Colonel Moutarde avec la biblio (oups, remettez-les dans le bon ordre)… Non, c’est mieux que ça !

On a du contexte social, une critique de notre société, de la culture générale, quelques tours dans Paris et ses bois, le tout servi enroulés dans de l’argot (Mehrlicht) et des répliques cultes d’Audiard (je veux l’appli de Mehrlicht, moi !).

— Arrête ! Ça me défrise, la verdure. Il y a que les toubibs et les cordonniers pour te conseiller un tour en forêt, parce que c’est comme ça que t’attrapes la crève et que tu bousilles tes godasses, putain.

Un roman qui se lit tout seul, des personnages peu habituels et attachants, une critique sociale « pan dans ta gueule, tu l’as pas volée celle-là », de l’humour noir, de l’humour tout court, et un meurtre dont l’enquête les mènera là où ils ne s’y attendaient pas.

Un ronflement irrégulier s’échappait d’un vieil ordinateur dont l’apparence aurait tué Steve Jobs une seconde fois.

Vivement que j’enquille sa suite !

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