De Pierre et d’Os, Bérengère Cournut.

Couverture De pierre et d'os

Synopsis:

Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur.
Deux ans après son roman Née contente à Oraibi, qui nous faisait découvrir la culture des indiens hopis, Bérengère Cournut poursuit sa recherche d’une vision alternative du monde avec un roman qui nous amène cette fois-ci dans le monde inuit. Empreint à la fois de douceur, d’écologie et de spiritualité, De pierre et d’os nous plonge dans le destin solaire d’une jeune femme eskimo.
Édition augmentée d’un cahier de photographies.

Ce que j’ai ressenti:

🤍De blanc et de froid…

Le peuple Inuit est un peuple nomade fascinant. Bérengère Cournut nous emmène à leur rencontre par le biais d’une fiction sublime. Nous nous retrouvons sur la banquise, transis de froid, à vivre à l’heure des jours et des nuits sans fin, avec parfois au ventre, des douleurs terribles. La neige à perte de vue, mais dans leurs yeux, des tas de couleurs perdues ou retrouvées dans des failles. Des tas d’émotions laissés dans la blancheur du paysage. En suivant les pas d’une ourse/hermine, la courageuse Uqsuralik, nous apprenons les beautés et tous les dangers de ces terres gelées…À chercher désespérément la nourriture, l’amour, le pardon, des vérités, un petit espace où s’abriter…Une aventure grandeur Nature, entendrez-vous aussi la mélancolie envoûtante du chant De pierre et d’os?

Même si en cette saison la mort n’est jamais très loin, il est bon d’être ensemble et de rire au creux de la nuit. Nous savons qu’il a été des temps plus difficiles que ceux que nous vivons.

❤️De sang et de légendes…

C’est une lecture magnifique, lente et empreinte de magie. C’est aussi une lecture emplie de violence impitoyable. Chaque pas est un pas qui peut faire chuter, un pas qui pourrait emporter soit vers le ciel, soit sous la mer. Et les esprits auraient tôt fait de prendre aussi tous ces égarés…C’est une survie quotidienne dans ce décor, même si la cohésion de groupe est primordiale. Mais dans ce climat de danger permanent, il y a aussi la poésie qui traîne dans les recoins de la banquise, autour des feux de camps, dans la tête et le corps des Inuits, dans la faune et la flore qui se devine, dans les histoires qu’ils se transmettent de génération en génération, dans les traditions de leurs gestes…Un lien puissant pour garder l’union. J’ai été touchée par cette poésie qui émane de cet endroit, Bérengère Cournut arrive à nous transporter jusque là entre songes et réalités bouleversantes, par un travail de recherche que l’on sent minutieux et un vrai contact avec ce peuple.

Nous devons maintenant inventer la nuit qui vient.

💗De force et de féminité…

Uqsuralik, c’est une jeune femme qui va au-delà des limites de son corps et de son esprit. Au-delà des conventions et des lieux communs. C’est une femme qui apprend à se connaître, à survivre seule face à ce climat extrême, à se confronter aux autres. Elle est ourse et hermine, donne la vie à un être ailé, fréquente les esprits, danse avec les siens et apprends chaque jour à respirer au rythme de la nature. C’est ce parcours initiatique enrichissant,violent et énigmatique qui nous tient en haleine pendant ces deux cents pages. Et c’est magnifique, plein de sagesse et d’émerveillements! Je recommande chaudement si vous avez envie d’évasion, cette escapade est captivante!

Tu es déjà quelqu’un d’étrange, à mi-chemin entre l’homme et la femme, l’orpheline et le chasseur, l’ours et l’hermine. …Qui sait ce que tu peux encore devenir?

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

La Voix des Vagues, Jackie Copleton.

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Synopsis:

Lorsque par un froid matin d’hiver, un homme défiguré frappe à la porte d’Amaterasu Takahashi et lui annonce qu’il est son petit-fils, elle ne peut le croire…Tout le passé de la vieille dame pénètre à sa suite. Celui d’avant l’Amérique. Celui d’avant ce 9 août 1945, à Nagasaki où le feu du ciel lui prit sa fille, son petit-fils – cherchés sans répit dans le ruines, et jamais retrouvés.Quarante ans plus tard, l’inconnu au visage brûlé ravive les plaies qu’elle a tant voulu oublier. La culpabilité. Le mensonge. Les secrets. Qu’a-t-il à lui dire ? Qu’a-t-elle encore à lui offrir ?

Ce que j’ai ressenti:

À tous ceux qui liront cette lettre,

Tout d’abord, je dois vous dire que ce livre est une merveille. Un raz-de-marée aussi. Une découverte troublante et une beauté d’ailleurs. C’est l’histoire d’une famille brisée par un drame pulvérisant. Le monde a changé radicalement après « ça ». Jackie Copleton nous donne une vague de douceur en nous contant cette tragédie avec la puissance poétique de cette fiction.

Pikadon, c’est le terme qu’ils emploient pour parler de cette journée. Le jour où le cœur du Japon a explosé. Peu de mots permettent de décrire l’horreur de Nagasaki. Comment mettre des termes pour décrire une telle destruction? Tout ce qui n’a pas été anéanti, réduit en cendres, a fini en miettes. Les édifices, la nature, les peaux. La vie de milliers de gens en bing-bang.

Alors je vous dirai avec humilité, que le chagrin de ces survivants a quelque chose d’admirable. Il est fait de vœux, de donations, d’entraide et de résilience. Une inspiration en somme. Leurs arts comme leurs bontés sont des modèles à suivre…J’ai tellement aimé les définitions en japonais qui ouvrent les débuts de chapitres. C’est une invitation à mieux apprendre cette culture, et je lui trouve une musicalité exquise pour faire résonner la voix de ses vagues de mélancolie et d’amour.

Finalement, en écrivant cette lettre, je me rend compte que j’ai passé un doux moment, même si accompagné de beaucoup de tristesse, avec Amaterasu et sa famille. J’ai lu leurs mots, leurs confidences, leurs secrets inavoués, leurs doutes et leurs rêves…J’ai partagé un parapluie avec eux, le temps de 400 pages. Un rapprochement réconfortant au plus près de leurs intimités. Et même, si ce peuple est doté d’une grande pudeur, j’ai apprécié la force de leurs sentiments. L’amour est au centre de leurs vies. Même maladroit, même dissimulé, même monstrueux, il se lit comme une évidence au fond de leurs cœurs.

Je ne saurai que trop vous conseiller de découvrir à votre tour, cette perle littéraire…Féériquement vôtre, en toute sincérité,

Stelphique.

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Furie, Grazyna Plebanek.

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Synopsis:

Congolaise originaire de Kinshasa, Alia a cinq ans quand elle arrive à Bruxelles. C’est un nouveau monde, hostile, que découvre la petite fille. Son père, un fan de Mohamed Ali, l’initie à la boxe, qui devient pour elle le moyen de réprimer sa colère.
Devenue adulte, elle entre dans la police. Mais c’est un milieu machiste, et où une majorité de ses collègues sont atteints par un racisme viscéral. Car s’ils acceptent la jeune femme comme l’une des leurs, ils veulent éliminer les migrants, qu’ils torturent grâce à une milice de policiers qui ne sont pas d’origine belge. Débarrasser le pays des étrangers grâce aux étrangers, tel est le but de cette organisation. Et Alia en fait partie.
Pour s’imposer dans ce jeu de pouvoir, elle va commettre l’irréparable. Avec Furie, l’écrivaine Grazyna Plebanek nous offre un livre puissant et un inoubliable portrait de femme.

Ce que j’ai ressenti:

C’est l’histoire d’une femme forte, celle d’Alia. C’est moi, Stelphique, conteuse du monde Fairy, qui vous la raconte, cette rencontre avec la Furie Futée…

Un jour, dans un pays pas si lointain, à vrai dire, collé à nous autres, une petite fille a appris le poids des mots et la force de frappe, grâce à son père mais à cause de la vie aussi, qui s’est occupée de la faire grandir avec ses deux puissances au creux de ses mains. À coups de poings dans la gueule, à coups de pieds dans ses rêves, Alia s’endurcit. Elle ne s’est pas laissé abattre, la petite Futée, elle a déjoué les attaques et s’est forgé un mental d’acier…Je n’ai pas son talent à la Furie Futée pour conter ses exploits devant un public médusé, il vous faut donc, absolument l’écouter, parce qu’elle y met des mots sauvages et poétiques sur ces histoires urbaines, et c’est tellement fort que ça vient te frapper direct…Sept fois! Sept fois sous le plexus. Sept et encore sept fois plus. Crochet du droit, crochet du gauche, danses et rugissements, laissant son adversaire, chaos. Et nous, avec.

« N’aie pas peur de la douleur. »

Elle avait des racines, cette Furie, mais on les lui a arraché…Elle avait l’innocence, mais on le lui a subtilisé. Elle avait la peau noire, mais on lui a inculqué le blanc. Elle avait deux pays dans le cœur, mais on ne lui a laissé de la place, nulle part. Elle avait une famille mais on lui a éclatée aux quatre vents…Alors, il lui est resté, que de la colère…Des gants de boxe et la rue. Parce que dans ce monde qui ne va pas bien, elle a voulu essayer de le changer. Trop furieuse de voir le racisme, la misogynie, l’injustice, la cruauté, elle a laissé la fureur la submerger…Et a réussi à la transformer…Mais une menace plane sur elle, car il est dit qu’elle serait la suivante…

Fais quelque chose, Alia. Oppose-toi à ça!

La Furie est devenue une femme combattante dans un monde d’hommes. Sans artifice avec la rage au ventre, elle a troqué ses atouts de féminité pour se faire respecter sur le ring et dans les rues. Elle avait des multiples possibilités, elle choisit le chemin le plus ardu. Parce que c’est une guerrière, Alya, une petite légende des temps ordinaires qui vous apparaîtra sans doute extraordinaire, une fois, que vous découvrirez, je l’espère, qui se cache derrière les contes de la Furie Futée qui vient de partout…

Vivre dans la séparation, dans les marges, sentir que tu ne correspond à rien, qu’ils n’ont pas besoin de toi…personne ne veut ça.

Ainsi se termine ma rencontre avec la Furie Futée et il n’y a pas de morale à en tirer. Il y avait du mal et il y avait du vrai, tout cela, dans une certaine ébullition d’émotions. C’était tellement dur parfois de lire la violence et ses effets. Il est à découvrir ce roman!

Remerciements:

Je tiens à remercier William et les éditions Le livre de poche pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Le monde entre vos mains

Sauf, Hervé Commère.


Synopsis:

L’année de ses six ans, à l’été 1976, Mat a perdu ses parents dans l’incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n’a survécu aux flammes, pas le moindre objet.
Mat est aujourd’hui propriétaire d’un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congés, il passe en revue les dernières acquisitions. La veille, ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant…
Mat a toujours aimé se raconter des histoires, mais à quarante ans passés, il semblerait que la sienne lui ait échappé. De Montreuil à la pointe du Finistère, cherchant à comprendre quel message la vie veut lui adresser, il traquera les vérités, ses vérités, celles que recèle un album de famille resurgi brutalement des décombres.

Ce que j’ai ressenti:

▪️À brûler des intérieurs…

Mathieu est hanté par de sombres souvenirs. Sauf qu’il essaye de s’en sortir. Bien qu’il est une vie heureuse, il a été marqué par trop de drames et les flammes de la violence. Il lutte depuis, contre cette nature profonde, chaque jour…Jusqu’à ce que le passé se rappelle a lui. Sauf qu’il est virulent, cet impact. Il se glisse dans les pages d’un album photo comme si de rien n’était! Sauf qu’il bouleverse de beaucoup les illusions enfouies et renverse les convictions établies. Avec ses amis et sa douce, le petit Matelot va marcher sur les cendres de ses souvenirs, mais il ne sait pas encore que l’incendie le guette…

Mais nous n’avons plus le choix. Je n’ai plus le choix. Et puis les démons sont là, et bien là, ça n’est pas nous qui les réveillons.

▪️L’amour ou L’argent. Et le chiffre 6.

Les vérités sont aussi limpides que évidentes. Avec ce thriller ultra rythmé, on s’aperçoit encore plus que l’amour et l’argent mènent le monde dans une course folle…Mais lequel des deux est le plus fort?! Je vous laisse voir ça, mais sachez qu’il y a beaucoup de mystères et de profits à la clef, d’amours et d’amitiés, de paysages grandioses et le chiffre 6. C’est extrêmement troublant, je l’ai relevé à plusieurs reprises et comme l’auteur m’a posé une question dans sa dédicace, j’aimerai en faire de même pour savoir pourquoi ce chiffre en particulier revient comme une obsession? Pour vous, il vous reste à ouvrir ses pages pour tenter d’approcher les questions soulevées par cette histoire : Est-on prisonnier de son enfance? De son ADN? Des personnes qui nous aiment? Des perspectives d’argent? Mathieu va le découvrir au péril de sa vie et les réponses pourraient bien vous brûler les doigts aussi, comme elles l’ont fait pour moi. Mais j’ai adoré ça!

Il est six heures du matin et je n’ai pas le droit d’être là, il me l’a rappelé dans son bureau, puis dans sa voiture en roulant jusqu’ici.

▪️Sauf, que c’était génial!!!!

J’ai beaucoup aimé cette lecture. Elle est dynamique autant que passionnée, et les secrets s’enchaînent les uns après les autres. À la fin de chaque chapitre, le seul truc que je voulais faire , c’était lire la prochaine page! C’était fou, sauf que c’était génial! Bref, c’est un page-turner très efficace! Hervé Commère a une plume addictive et j’ai aimé les chemins sur lesquels il m’a mené en moto ou dans une vieille voiture, avec des personnages qui ont parfois dépasser les limites, mais qu’on se plait à suivre dans leurs cheminements personnels…J’ai d’ailleurs toujours eu un faible pour les histoires avec les manoirs, et celui-ci avec sa mer de travers et son ombre de mystères a réussi à me faire rêver aux falaises bretonnes et norvégiennes…Jusqu’à la vérité vertigineuse!

J’avais 6 ans quand c’est arrivé.

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Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que toute la Team Pocket. J’ai eu la chance de recevoir ce roman avec une dédicace de l’auteur, j’étais Joie. Merci pour cette douce attention!

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Chez Nous, Louise Candlish.

Synopsis:

Inconnu(e) à cette adresse.
 Fiona et Bram Lawson pensaient s’être séparés « intelligemment ». Ils avaient, en tout cas, trouvé un accord : ils habiteraient à tour de rôle avec leurs enfants dans leur belle demeure de Trinity Avenue, dans le sud de Londres. Mais l’histoire a mal tourné. Très mal tourné.
Un jour d’hiver, en rentrant chez elle, Fiona tombe sur des déménageurs. Tous ses meubles ont disparu, il y a des gens dans sa maison – un couple qu’elle n’a jamais vu lui annonce qu’il en est le nouveau propriétaire. Fiona essaie immédiatement de joindre Bram, mais son numéro est hors service. Et ses enfants, eux aussi, sont introuvables. Cauchemar éveillé ? Cela ne fait que commencer !
Entre Desperate Housewives et Les Apparences, Chez nous est un thriller redoutablement addictif, qui tient son lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Ce que j’ai ressenti:

▪️Un livre de circonstance…

Parce que la nouvelle vient de tomber, il va falloir qu’on reste Chez Nous. Mais ce thriller parle de foyer usurpé, de famille éclatée, le « Chez Nous » n’est plus qu’une illusion qui s’envole…La malchance de ce Vendredi 13 semble s’abattre sur les Lawson! Fi est éjectée de sa belle maison de Trinity Avenue et, elle vit très mal d’être dans cet inconfort. Mais qui lui a volé sa plus belle fierté, qui lui a enlevé ce Chez nous si cher à son cœur?…Et puis, où sont ses enfants? Où est son mari? Et pourquoi une nouvelle famille a pris possession de son Nid? Chez Nous, c’est une ambiance particulière, de faits et dires qui s’étiolent, sans maîtrise aucune, et pourtant il va bien falloir comprendre comment Chez Nous, on va pouvoir déterminer les circonstances de cette perte de leur Chez Eux…Tout est parti en vrille, entre les mensonges et les non-dits, et c’est Fi, La Victime. Et vous, que feriez-vous sans votre Chez-Vous? Vers qui, vous retourniez-vous pour faire face?

La survie aussi provisoire quelle soit, tenait beaucoup à la compartimentation, et je commençais à devenir un expert dans l’art de rendre chaque joint de ces compartiments parfaitement étanche.

▪️Nouvelles formes de vies…

Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce thriller, c’est qu’il est très contemporain, tout en ayant un effet très rétro. Des nouvelles formes de communications avec les podcasts, à des confidences Word, le couple Lawson utilise les outils à leurs portées pour se défendre, mais la tourmente est lancée à trop vive allure pour esquiver le drame. Il y a toute une ambiance So British, avec ce charme indéniable de savoir poser une atmosphère lente, mystérieuse. On le sait pour ça, les auteurs anglais savent y faire pour créer un suspense sournois avec peu de choses et Louise Candlish est de cette trempe d’écrivaine qui maîtrise parfaitement ce talent puisque ce roman est complètement addictif! Et puis à côté de ça, il y a également une évolution dans les mœurs.On sent que l’époque a changée que les foyers sont au cœur des préoccupations. A l’heure d’aujourd’hui, être plus à l’écoute des besoins de la famille, gérer au mieux le bien-être des enfants lors d’une séparation comme le met en place Fiona Lawson nous démontre que la société tend vers plus de resserrements des liens familiaux. Et c’est tellement réconfortant de pouvoir lire ce genre d’intelligence protectrice. Mais ce thriller domestique fait éclater les vernis de cette illusion de famille parfaite, et c’est souvent au fond du jardin, que se délite leurs belles alliances…

Ce n’était pas que les mères avaient le monopole de la dévotion parentale, c’était juste qu’elles ressentaient plus profondément les choses.

▪️Keep calm and Restons Chez Nous…

En cette période de confinement, rester Chez Nous est essentiel. Prenez donc un bon livre, comme celui-ci par exemple, et prenez soin de vous et de vos proches. Que l’on soit Chez Nous, ne doit pas nous empêcher de rester vigilants face à ces nouvelles formes d’arnaques, de prendre soin de nos proches et plus particulièrement, les plus vulnérables…Restez dans vos nids. Les apparences peuvent être tellement trompeuses et dans le sud de Londres, près d’un magnolia, j’ai eu tellement de plaisir à passer du temps devant la façade de la belle demeure de Trinity Avenue. Je ne vais pas en dire plus sur cette intrigue efficace et réussie, je vous laisse la découvrir…Je retourne à mon confinement en vous envoyant mes plus douces pensées…

Le cœur a une mémoire comme tous les autres muscles et, je dois l’admettre, le mien s’est serré en le voyant ainsi.

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Trois heures du matin, Gianrico Carofiglio.

Synopsis:

En juin 1983, un Italien de dix-sept ans se retrouve à Marseille avec son père. Pour finaliser un traitement médical, on préconise au jeune homme de ne pas dormir durant quarante-huit heures et de prendre à intervalles réguliers des amphétamines. Son père l’accompagne. Un livre initiatique aussi fin qu’émouvant. La rencontre que vous n’avez jamais eue avec votre père.

Ce que j’ai ressenti:

« Qui se serait douté qu’à Marseille il y avait des endroits aussi beau? a fait remarquer mon père au bout d’un demi heure de navigation.

Avant que le temps ne passe tout seul, avant que les heures de la nuit s’étirent, avant que Trois heures du matin vienne vous prendre, allez voir Marseille et étonne-vous encore du pouvoir d’attraction de cette ville. Marseille, mon amour, ma ville. Alors, il est question de temps, et mieux encore de 48 heures de libertés offertes à un père et son fils, pour apprendre à mieux se connaître, apprendre à devenir un père et aussi un fils, des heures à se perdre dans une ville pour se découvrir enfin. Alors pourquoi dormir?! Profitez plutôt de la douceur de vivre de ces lieux… Je connais trop la folle façon d’aimer à l’italienne, entre ardeur démesurée et pudeur des sentiments avoués, et Gianrico Carofiglio nous le décrit avec tellement de justesse et de simplicité, qu’il nous touche en plein cœur, grâce à ce rendez-vous imprévu qu’un médecin arrive à prescrire. C’était agréable de se perdre avec l’un et l’autre, au cœur de la ville et dans leur intimité- Antonio, parce qu’il se retrouve entre deux âges difficiles tandis que son père s’abandonne à ses rêves oubliés- et cette escapade leur donne la place d’en parler…Et nous, de s’émouvoir dans leurs confidences…

-Il se produit des courts-circuits, dans la tête et dans l’âme des gens, que personne ne parviendra jamais à saisir. Si on essaye de les élucider, on devient fou.

Bien sûr, que lorsque j’ai vu que cette histoire s’ancrait dans les rues de la belle Massilia, j’ai tout lâché pour partir avec Gianrico Carofiglio et ce duo père/fils. Je m’en suis épuisée de joie et je n’en ai rien laissé: j’ai aimé toutes les sensations que cette ballade a réveillé en moi. Je ne regrette pas cette lecture qui fleure bon le parfum des souvenirs et de la mélancolie, tout cela enrobé dans un doux son de jazz et quelques strophes de poésie. Je vous aurai bien confié d’ailleurs que la pensée magique m’a touchée comme un porte-bonheur grâce à cette belle histoire de complicité, et qu’il y avait plein de petits détails de dates et de petites étincelles qui font que cette lecture sera mon petit « crush » de ce mois-ci…Et puis, surtout, qu’il vous faut absolument visiter Marseille à toutes les heures du jour et de la nuit…C’est une ville incroyablement époustouflante.

il faut épuiser la joie, c’est la seule façon de ne pas la gâcher, après elle disparaît.

Balikwas! À vous, maintenant de bondir sur cette lecture!

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

La tête sous l’eau, Olivier Adam.


Synopsis:

Quand Léa a disparu, ils ont tous arrêté de respirer. La tête sous l’eau. D’un coup.
Elle s’ennuyait à Saint-Lunaire, Léa, c’est sûr. Quitter Paris pour ce bled breton, sur le coup de sang d’un père dépressif, ça n’a fait plaisir à personne. Mais de là à fuguer ? A-t-elle vraiment fugué d’ailleurs ? Son frère, Antoine, n’y croit pas. Ses parents non plus. Ils ont tout envisagé, même le pire.
Et puis comme la marée, Léa est revenue. En ramenant de loin des horreurs et des silences. On a sorti la tête de l’eau. Et la tempête est arrivée. Déferlante sur déferlante. La vie comme un esquif.


Ce que j’ai ressenti:

« Tout le monde a l’air heureux. La mer est belle. Qu’est-ce que j’en ai à foutre? »

Je suis d’humeur déferlante. À me plonger La tête sous l’eau. Ressentir le pouvoir de la mer. D’humeur à lire les mots de Olivier Adam, et découvrir l’histoire de Léa. Et j’écris pour ne pas oublier cette petite. Léa qui se prend une vague de tristesse, et dans son désespoir d’adolescente en mal de vivre, disparaît. Et quand elle revient de ses eaux troubles, son regard est mouillé. Et brisé. Alors j’écris, même si tu n’entends pas, que tu ne réponds pas. Pourquoi d’ailleurs, tu ne réponds pas?! Ça sent la mer et ça, j’adore. Mais tu ne réponds pas.

J’ai regardé Léa, aimer et souffrir. Et puis, j’ai suivi les péripéties d’une famille qui explose. Des liens qui claquent dans le vent. Des paroles de trop et des silences pesants. Et la mer, si belle, comme repère. J’ai même constaté comme le malheur peut frapper plus fort qu’un tsunami. Et puis, un frère face à la détresse et va mettre sa tête sous l’eau. Noyer son regard aussi dans la mer et l’amour. Alors j’ai laissé un peu d’émotions dans la mer. Je voulais me casser en mille morceaux. Et puis les vagues puissantes, ça soulage.

Mais il y a toujours toi qui répond pas. Toi qui obsède, toi que je devine, toi que j’essaye de saisir. Et dans le dernier rouleau de la vague de cette lecture, elle est là, cette vérité. Tranchante. Et puis la mer qui a réponse à tout. La mer qui apaise, la mer que je rêve, la mer qui prend tout.

C’est une histoire d’amour déçu et de drame horrible. C’est la spécialité de cet auteur de nous bousculer ainsi, et à chaque fois, je manque respirer. Mais là, j’ai volontairement mis La tête sous l’eau. Alors je ne vais pas me plaindre. Juste vous dire de ne plus me parler de ces histoires de filles qui disparaissent et qui reviennent avec des yeux éteints. La mer est belle. Et je n’en ai pas rien à foutre…

Kisses,

✨Stelphique✨

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Suzanne, Frédéric Pommier.


Synopsis:

Suzanne est ma grand-mère, ou la vôtre. Suzanne est un symbole. Du haut de ses 95 ans, elle en a des choses à dire. Toute une vie bien remplie, dans la guerre ou la paix, dans les deuils ou la joie. Bébé, petite fille, adolescente, jeune mariée, femme, mère et maintenant vieille dame, elle raconte à son petit-fils ses souvenirs, mais aussi son quotidien. Elle lui dit que jamais elle n’a dérogé à son principe « SQM », Sourire Quand Même. Et ce n’est pas toujours simple. Surtout ces derniers temps. Alors elle veut du champagne, pour trinquer au temps qui passe, et au temps qui reste.
Sous la plume de Frédéric Pommier, entre rires et larmes, Suzanne devient une déclaration d’amour, une ode au respect, un plaidoyer pour faire de la vie une fête. SQM.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Sourire…

Suzanne, c’est la tendresse des lignes d’un sourire. Ce livre, c’est de la douceur et des instants de vie que cette héroïne vole au temps…Une vie avec des temps forts et surtout des moments heureux. Suzanne est une femme captivante et pleine d’énergie, qui sourie à la vie en toute circonstance. SQM. C’est beau de sourire comme ça, avec la famille, les amis et les rêves qui dansent. Sourire de connivence avec cette féministe dans l’âme, et belle dans les rôles que sa vie de 96 ans lui donne à jouer…De bébé à vieille dame, elle est une femme qui surprend son entourage et nous lecteurs, évidemment, par son caractère bien trempé. Une histoire de vie ordinaire, mais le sourire aux lèvres en plus sur son visage! Une femme à suivre et à connaître: Suzanne

« Je crois qu’on ne peut pas lutter contre un coup de foudre. »

▪️Quand même…

Parce que la vie, c’est aussi, remplie de drames et de larmes. Des actes ignobles et des manquements cruels. Des périodes sombres et des pas lents vers la vieillesse. Suzanne, c’est aussi une dénonciation des conditions de vie dans les Ehpad…Et c’est triste. D’une tristesse à pleurer. SQM, devient forcément plus dur à appliquer. Il faudrait sourire à quoi? Hein? À l’inhumanité? À cette fin de vie dans la souffrance et l’indifférence? À ce corps qui dépérit? Donc, oui, il faudrait sourire quand même…Même si, même si…Une histoire de vie ordinaire, mais le sourire défait quand même sur nos visages quand on lit ces pages…

« Vous pouvez me dire ce que c’est que ça? »

▪️Ainsi, va la vie…

En alternant, ces instants de vie entre joies et peines, nous avons une peinture de vie très émouvante, un portrait de femme intéressant. Frédéric Pommier arrive à mettre de la douceur et du drame avec une juste dose de mots, des petits bouts de quotidien qui brillent ou assombrissent nos impressions. C’est court et poignant. Quelque chose qui te fait sourire quand même, parce que ça ressemble étrangement à nos vies, à nos grands mères qui ont sur-vécues en ce siècle, et qui auraient tant à nous dire, si nous prenions le temps de les écouter…J’ai entendu celle de Suzanne, la tendresse de son petit-fils qui la raconte, ici, avec une délicatesse admirative.

Elle lui a appris que les livres, parfois, peuvent sauver la vie.

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Aslak et les gloutons, Florence Marguerie.


Synopsis:

Embarquement immédiat pour Rovaniemi, l’incroyable ville du Père Noël en Laponie finlandaise !
Avec ses amis Sunniva et Aslak, Victor y découvre un monde féerique et peuplé d’animaux où le soleil brille à minuit. Des rennes sauvages, un raton-laveur, des ours bruns et de redoutables gloutons, les rencontres étonnantes ne vont pas manquer.
Es-tu assez intrépide pour te joindre à eux ? Comme Aslak, ce voyage pourrait bien te transformer…
Ce roman te propose de découvrir la culture des Sames, éleveurs de rennes en Laponie. Des explications te permettront d’en savoir plus sur ce peuple et sa langue. Tu auras même la recette d’un plat à déguster en famille !


Ce que j’ai ressenti:

J’ai toujours rêvé de partir en Laponie, pour aller voir les paysages enneigés et surtout la maison du Père Noël. En choisissant cette lecture, j’espérais accentuer « l’effet magique » de ces périodes de fêtes avec notre complicité Mère/Fille, autour de cette aventure au Grand Froid avec Aslak, Sunniva et Victor. Et quelle belle surprise!

Je suis vraiment étonnée de la richesse de ce livre pour enfants, car on a vraiment une mine d’informations sur les habitants de la Laponie Finlandaise, avec leurs cultures, leurs croyances, leurs faunes et flores et même leurs cuisines. C’était très intéressant d’en apprendre plus sur le peuple des Sames et de découvrir un animal que nous ne connaissions pas encore: le glouton. Et puis, il y a aussi une sensibilisation sur les dérèglements climatiques, je trouve que c’est vraiment super de pouvoir en parler, avec des mots simples, à nos enfants.

C’était une lecture douce avec trois enfants qui se découvrent, chacun avec une histoire personnelle, et qui se voient vivre un moment exceptionnel de communion avec la nature. Il reste encore de l’émerveillement à se confronter à un paysage, une scène privilégiée avec un animal dans son environnement naturel, à comprendre le cycle de la vie, à attendre patiemment, le spectacle que nous offre ces terres du froid. Et bien sûr, le petit tour dans le village du Père Noël, avec ses lutins et ses sculptures de glaces, est un petit plaisir exquis!

Je recommande cette histoire pour rajouter de la féerie en attendant, Rudolphe au nez rouge et ses copains volants dans le ciel…

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions In Octavo ainsi que Babelio et sa Masse critique.

Babelio

Anamnèse, Salvatore Minni


Synopsis:

ANAMNESE, n.f. (du grec anamnêsis)      1° Psychiatrie : Évocation de son passé par le patient 2° Liturgie : Prières à la mémoire.

Chaque nuit, elle fait le même rêve d’une femme en sang qui la supplie. Le lendemain, elle reçoit ses patients. Marie est psychanalyste. En écoutant l’inconscient des autres, elle tente de convoquer son passé. Mais quel est ce secret qu’elle ne veut plus entendre ? Un polar glaçant, aux frontières de l’inconscient.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Dans l’obscurité…

Fais tes prières avant de dormir, parce que c’est toujours au cœur de la nuit que l’on affronte ses plus grands démons. Marie, Jack, Paul, Rosalie, Sophie vont l’apprendre à leurs dépens. C’est la nuit qui révèle les peurs et les traumatismes enfouis et ces personnages ont quelques soucis de sommeil qui ne vont cesser de s’empirer…Les cauchemars commencent à empiéter sur les jours, l’obscurité gagne du terrain et les inconscients se réveillent. Jour et Nuit deviennent de plus en plus mouvementés et étrangement hantés. Anamnèse de Salvatore Minni explore les limites de l’inconscient et nous balance de sanglants cauchemars à faire ou à refaire, chaque nuit…

▪️ »N’oublie jamais qui tu es… »

Oui, c’est vrai, n’oubliez pas qui vous êtes. Il se pourrait que la folie ou l’horreur viennent perturber vos perceptions. Mais s’il ne faut pas oublier qui nous sommes, en revanche, je me suis un peu perdue dans la multitude de personnages et de liens qui interagissent dans cette histoire bien sombre. Les twists-révélations m’ont semblé quelque peu maladroits. Alors que l’idée de départ était prometteuse, que c’est vraiment ce genre particulier de thriller psychologique que j’affectionne habituellement, je me dis que mes attentes étaient sans doute trop fortes, et je regrette de ne pas avoir plus accroché à l’univers de Anamnèse.

▪️Et à la fin, le bout du tunnel?

Heureusement, j’ai trouvé que la fin venait relever un peu cette sensation de demi-teinte. C’est un domaine tellement intéressant et plein de possibles, et sur les dernières pages, l’auteur a réussi à me surprendre avec ces revirements de l’esprit. J’ai compris quelques ombres qui s’étaient glissées dans ses pages, mais il y en a encore qui m’ont laissée perplexe. Le mieux étant de vous en faire votre propre avis, d’aller voir de plus près si des envies de cauchemars vous tenteraient, et si vous aimez réveiller votre passé à coups de sang…A vos prières, maintenant! Je m’en vais voir si j’arrive maintenant à dormir sereinement…

Ma note Plaisir de Lecture 6/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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