Pyongyang 1071, Jacky Schwartzmann.

Pyongyang 1071


Synopsis:

Rien n’était gagné. Il a fallu franchir l’étape de l’inscription, celle de la sélection, puis se préparer au marathon et à un voyage dans la dernière dictature communiste à l’œuvre. Savoir que l’on sera guidé, désorienté, mais aussi très, très encadré. Dans son style imparable, alternant entre humour et cynisme, Jacky Schwartzmann cherche à comprendre ce qui pousse des individus venus du monde entier à participer à l’épreuve sportive certainement la plus abracadabrante de la planète : le marathon de Pyongyang, ouvert aux étrangers. Tout en s’appuyant sur l’expérience de spécialistes du pays et d’anciens expatriés, il va parcourir 42 kilomètres dans l’un des pays les plus fermés au monde et dépasser ses limites. Son dossard : le n° 1 071. Entre rêve fou, défi sportif et envie irraisonnée, Jacky Schwartzmann allie émotion, découverte et curiosité, pour nous proposer une immersion inédite dans un pays qui lui a ouvert ses portes… l’espace d’une course.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Marathon atypique…

Méfiez-vous de vos soirées, vous pourriez prendre des décisions étranges et vous retrouvez à faire un marathon de 42 kilomètres en Corée du Nord, à Pyongyang. C’est ce que s’apprête à faire Jacky Schwartzmann contre toute attente, au grand dam de ses proches, mais surtout de son corps…Il y a des décisions des fois, qui défient toute conscience et logique, mais à lire cette préparation et cette fameuse course auprès de cet auteur, c’est quelque chose! Pour connaître un peu de ses douleurs physiques et du mental qui faut avoir pour courir, j’ai ressenti toutes les émotions de ce « sportif du dimanche » et bien sûr, j’étais le plus souvent explosée de rire, parce qu’il saisit toutes les phases montantes et descendantes de la motivation à un tel effort. Hilarant!

Seul, enfin. C’est dur, mentalement, car Satan me répète inlassablement « mais pourquoi tu t’imposes ça »? Cela dit, je le trouve très pertinent. Pourquoi est-ce que je m’impose ça?

▪️En dictature…

Même s’il est vrai que c’est très drôle, il y a quand même le lieu de cette course qui ramène une tension et des moments de prises de conscience aigües. Il y a un mélange de peur, d’appréhension et d’excitation et sans doute, un peu de folie, à tenter une telle expérience. Il est en train de courir en Corée du Nord, dans un pays qui souffre d’une dictature et ce voyage l’emmène à voir et à comprendre une société régit par le culte de la personne au pouvoir, d’être soumis à un contrôle permanent, d’être exclu de la vie sociale avec les habitants. Je n’endosserai sans doute jamais le dossard 1071, pour ce marathon mais grâce à ce livre, j’ai pu avoir une petite idée de la vie là-bas. Et c’est toujours intéressant de voir d’autres cultures, d’autres manières de vivre. Rien que pour ça, ça valait vraiment le coup de lire cet ouvrage, parce qu’il est nécessaire de se rendre compte que la liberté est si fragile. Il en faut des hommes audacieux pour partir comme ça, et venir raconter ensuite son expérience. C’est très enrichissant.

Lorsque nous pénétrons enfin dans le stade, je prends la claque de ma vie.

▪️Un grand moment de plaisir.

Je l’adore cet auteur. Mais vraiment, je l’adore. Il n’y a que lui, qui me fait pleurer de rire pendant mes lectures et ça fait du bien. Quand je lis ses histoires, j’ai le sourire scotché aux lèvres. Et là, que c’est lui, qui s’implique dans une aventure hors norme, c’est encore plus « punchy ». Il dit avoir un « goût pour la provocation »…Ce n’est plus du goût à ce degré là, c’est plus que ça, c’est un talent! Il a l’art et la manière de faire basculer, au deuxième degré (voire plus si affinités) tout, pour désamorcer la moindre tension…Je le trouve sensationnel de transformer comme ça, par le rire et l’écriture, avec de la bonne humeur et une grande ouverture d’esprit, les situations complexes. Je ne ferai pas de marathon, où que ce soit, mais je vais aller courir me chercher tous les autres romans de cet auteur, juste pour le plaisir de son humour complètement barré.

La course à pied est un sport chiant, il faut le dire. Peut être le moins ludique et certainement le plus crevant, il a tout contre lui. Du coup, c’est un sport de cérébral. Quand vous courez, votre esprit vagabonde…

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Paulsen pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Norilsk, Caryl Férey.

Norilsk par Férey

 

Synopsis:

Norilsk, nord de la Sibérie. La ville de plus de cent mille habitants la plus septentrionale. L’une des plus polluées. Un ancien goulag où les bâtiments soviétiques s’effondrent. Un froid qui l’hiver peut atteindre -60°C. La plus grande mine de nickel au monde, tenue par des oligarques. Une ville fermée, qu’on ne peut rejoindre qu’avec l’autorisation du FSB. Deux mois par an de nuit totale. Une population majoritairement constituée de mineurs. Espérance de vie lamentable. Une ville sans animaux, sans arbres, sans rien. En résumé, la ville la plus pourrie du monde. Mais pour affronter l’enfer sibérien, j’avais ma botte secrète: La Bête.

Ce que j’ai ressenti:…Une rencontre fulgurante!

Caryl Férey est un aventurier dans l’âme. Il a besoin de se fondre dans le décor, d’en connaître chaque recoin, de se confronter aux mentalités. Et il savait que Norilsk, ne fait pas rêver, au premier abord. Pourtant, en se laissant séduire par l’idée de se frotter au grand froid, ce petit séjour se révélera presque chaleureux…Totale découverte que cette ville polluée, brinquebalante, dangereuse et sécurisée à outrance, qui affiche des températures vertigineuses en dessous de zéro…Mais on le sait le voyage est toujours plus beau, partagé. L’amitié tient une grande place dans ce récit de voyage, et ce duo d’hommes qui n’a pas froid aux yeux, est un régal à suivre…

« Bach emplit bientôt la salle de sa joie triste. La vie puisqu’on en meurt. »

Curieux et totalement Rock, Caryl Férey nous livre un carnet de route survolté qui se lit comme un « shot » d’alcool bien fort. Sans langue de bois, avec une franchise bienvenue qui frôle l’impertinence, on se laisse surprendre par les charmes de la « ville la plus pourrie du monde ». Et ça marche, car l’auteur se consacre à l’humain avant tout, aux valeurs, trouve la beauté enfouie sous les blocs de glace, gratte les croûtes des préjugés. J’ai adoré son aura de globe-trotter, son œil incisif , les notes d’humour et le cœur tendre qu’il nous dévoile presque, avec pudeur…On aurait presque envie d’adopter le leitmotiv « You’re my friend« , tellement on découvre un homme entier, un esprit ouvert au monde et aux échanges véritables…Une bien jolie rencontre!

« La colère qui nous brûlait, on la gardait pour nous. »

S’il est évident, que je ne m’aventurai jamais en terre froide, vers Norilsk, j’ai été enchantée de découvrir, une ville dans son intime brûlant, avec ses écorchures de paysages, ses couleurs réinventées par la pollution, et ses lumineux habitants. Caryl Férey en s’aventurant en ces lieux hostiles, nous dévoile des richesses insoupçonnées, preuve que cette expédition était une bonne idée…

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Paulsen pour l’envoi de ce livre! Ce fût une lecture enrichissante!

 

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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