L’hôtel aux barreaux gris, Curtis Dawkins

L'Hôtel aux barreaux gris


Synopsis: 

Un soir d’Halloween, au milieu des années 2000, Curtis Dawkins a tué un homme alors qu’il était sous l’emprise de la drogue. Condamné à perpétuité, il purge sa peine dans une prison du Michigan. A travers les récits saisissants, empreints de mélancolie et d’humour inspirés de son expérience de la prison, Curtis Dawkins explore les recoins les plus obscurs de l’âme humaine et donne à voir de l’intérieur les conditions de vie des prisonniers.


Ce que j’ai ressenti:

Une rencontre dans l’envers du décor carcéral…

 

C’est un peu par hasard, que j’ai franchi les portes de la maison d’arrêt de Kalamazoo, L’hôtel aux barreaux gris…Ce n’est qu’à la toute fin et dans les remerciements que j’ai compris que l’auteur de ses pages, était un résident permanent, et alors, cette lecture prend une autre tournure, peut être, un peu plus criante encore…Curtis Dawkins raconte de l’intérieur, la réalité de la prison, entre témoignage et fiction, il ouvre les portes de ces vies enfermées dans l’ombre. Des personnalités étranges et violentes, des scènes de vies encore plus étranges et d’autant plus violentes, et toujours le gris de ses âmes égarées et cette détention qui pèsent sur leurs agissements…Et pourtant, l’auteur arrive à  mettre une certaine empathie dans ses pans de vies, qui nous emmène en tant que lecteur à réfléchir sur les conditions de ces hôtels particuliers…

« À la vérité, je lui enviais cette faculté de fondre en larmes, de cracher sa peine. »

Il y a dans ce livre, une souffrance palpable. Des cris de solitude, des envies d’évasions, des désillusions violentes…J’ai ressenti un puissant désespoir et des ailes froissées… En enfermant ces hommes, on a leur aussi brisé aussi leurs espoirs, leurs envies de vivre, leurs futurs. C’est assez déstabilisant de sentir que la mort ou la solitude, que les mensonges et les coups ne sont plus que leurs boulets à tirer, encore et encore…En 14 chapitres, et autant de prisonniers, on est face à des traumatismes atroces, à des douleurs profondes, qui les poussent très souvent à des actes de désespoir, selon le degré de leurs ressentis…Avec ces témoignages, on passe de l’autre côté du décor, au plus près de l’intime de ces hommes détenus dans des chambres étroites…

« Je savais ce qu’il éprouvait – un jour vient où l’on s’aperçoit qu’on ne craint pas la mort, qu’on la souhaite même, en fait. »

En quelques 200 pages, c’est une lecture qui laisse des traces. Loin de l’idée d’une excuse à leurs actes, Curtis Dawins nous dresse des portraits d’hommes dans un endroit, à part. Ces textes ont traversé les murs, et arrivent jusqu’à nous, teinté d’un éclairage fictif mais brûlant. C’était intéressant d’en savoir plus sur leurs failles psychologiques et le quotidien de ces hommes condamnés à perpétuité, ou dans le couloir de la mort. Juste pour ne pas oublier que même dans L’hôtel aux barreaux gris, il y a eu des êtres humains qui ont rêvé Liberté…

« Ray s’est rendu compte que, dans sa nouvelle vie, on pouvait rêver de mourir. Du coup, il respirait la liberté. »

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier NetGalley ainsi que les éditions Fayard pour leur confiance. Ce fut une lecture intéressante.

 

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Lincoln Au Bardo, George Saunders

Couverture Lincoln au Bardo


Synopsis: 

Washington, nuit du 25 février 1862. Dans le paisible cimetière de Oak Hill, non loin de la Maison-Blanche, quelque chose se prépare… Un peu plus tôt ce même jour, on a enterré un petit garçon prénommé Willie, qui n’est autre que le fils du Président des Etats-Unis. Ce soir-là, Abraham Lincoln, dévasté de chagrin, s’échappe de son bureau pour venir se recueillir en secret sur la sépulture de son enfant.
Il croit être seul – il ne l’est pas. Bientôt, des voix se font entendre, et voici que jaillit des caveaux tout un peuple d’âmes errantes, prises au piège entre deux mondes, dans une sorte de purgatoire (le fameux Bardo de la tradition tibétaine). L’arrivée du jeune Willie va déclencher parmi eux un immense charivari – une bataille épique, reflet d’outre-tombe de la guerre de Sécession qui, au même moment, menace de déchirer la nation américaine.


Ce que j’ai ressenti:

  • Vie et Mort près d’un caisson de souffrances…

A trop vouloir s’ignorer, les êtres en oublient leurs conditions… Le Bardo, lieu d’errance dans la religion bouddhiste, s’anime face à l’inconcevable: la mort d’un enfant. Ce petit être qui arrive comme cela, en ce lieu maudit entre la vie et la mort, déclenche un  cataclysme d’émotions et sème vite une tornade de consciences éclairées. Un phénomène de substanluminéclosion dans une ambiance spectrale. De ces âmes égarées surgissent, des réflexions et des gueulantes féroces, contre les dynamiques de l’existence…George Saunders nous inonde de ressentis fantômes, de peines et d’amours larvées au fin fond d’une crypte, d’espoirs et de mots qui tendent vers une liberté à conquérir, par delà la vie ou bien au delà même de la mort…Un moment rare de lecture, où les suicidés, les amoureux, les célibataires, les torturés, les impolis, les irréprochables, les damnés se retrouvent pour une même cause.

 « Nous sommes prêts, monsieur; nous sommes pleins de colère, et de valeur, le ressort de nos espoirs est si tendu qu’il pourrait bien se révéler fatal, ou sacré: lâcher la détente, monsieur et laissez-nous montrer ce dont nous sommes capables. »  

  •  Audace littéraire…

George Saunders nous offre un roman choral avec une force incroyable. Un récit quelque peu déstabilisant de par sa forme, et pourtant d’une originalité remarquable.  Des cascades de dialogues et des moments de méditations, des ombres vengeance et des lumières rédemption, des passions dévorantes et des amours véritables : des émotions grandioses à saisir, capturées dans la vie de gens simples ou dans les plus hautes sphères…Jaillies d’outre-tombe ou d’ailleurs, elles nous traversent le corps et bousculent les codes d’écritures mais touchent leur point d’impact: nos cœurs! 

« Nul n’a jamais rien accompli qui valait la peine de l’être sans essuyer le feu des critiques. »

  • Un pan d’Histoire qui se dévoile…

En rentrant dans l’intimité du Président des États-Unis,  on touche de près les problématiques de l’époque. Même s’il est dévasté par le chagrin de la perte de son enfant, Abraham Lincoln doit faire face à ses responsabilités et aux menaces diverses de la guerre de Sécession. On sent une très grande tension, faite de violences et de rancoeurs dans ses pages, et pourtant, malgré cette ombre qui pèse sur la nation américaine, Lincoln reste une figure emblématique, un homme inspirant. Sans cesse dans la lumière des projecteurs et soumis aux pires railleries, il ne peut se laisser aller à la douleur, alors la nuit, devient son refuge pour faire le deuil de ce fils adoré, et Lincoln au Bardo apporte une certaine paix bienfaitrice. 

Tout simplement, une pépite de la rentrée littéraire à découvrir! Touchant.

« Amour, amour, je sais ce que tu es. » 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 9/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier très chaleureusement Alina Gurdiel ainsi que les éditions Fayard pour leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une fascinante lecture.

 

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Le prince charmant , c’est vous! Isabelle Saporta.

Couverture Le prince charmant, c'est vous !

Pourquoi je l’ai choisi:

Une belle surprise, arrivée sur son destrier dans mon petit monde féerique…Une bien charmante attention de Sylvie Pereira et des éditions Fayard que je remercie très chaleureusement!

Synopsis:

Elle vient d’avoir quarante ans. Elle est journaliste et sillonne la France pour ses enquêtes. Elle a deux adorables petites filles. Et un mari qui, bien heureusement, ne travaille pas et s’occupe de leurs enfants. Enfin, « bien heureusement », c’est ce qu’elle se raconte à elle-même, parce qu’au fond elle est au bord du burn-out. « Mais comment ça ? lui clame son entourage. Tu as tout pour être heureuse ! Des enfants fabuleux, un mari attentionné, un travail passionnant ! » Oui, mais voilà. Shiva en a plein les bras. De ce mari adorable mais glandeur. De sa culpabilité abyssale de mère qui travaille. De la pression qu’elle se met sur les épaules pour faire bouillir la marmite. Sans compter les mille et une choses du quotidien qui incombent toujours aux femmes… Elle n’en peut plus et rêve d’une nouvelle vie. Sous le regard attentif de son psy à l’érudition désuète, de son meilleur ami homosexuel rosse et drôle, de sa tante sexagénaire gentiment indigne et d’une copine un peu loufoque, elle met tout en œuvre – et souvent le pire ! – pour s’en sortir. Elle se cogne contre tous les murs et rêve d’un être miraculeux seul capable, croit-elle, de la sauver. Jusqu’au jour où, enfin, elle comprend que… le prince charmant, c’est elle.

Ce que j’ai ressenti:…Un humour bien charmant…

Une lecture pleine de pep’s! Notre héroïne est dynamique et survoltée, et cette lecture l’est tout autant! Grâce à l’humour, Isabelle Saporta pose une petite couronne bien charmante sur nos têtes de femmes modernes, et ça fait plaisir à lire!Une plume bien enjouée pour une comédie où le prince charmant prend une autre forme et envoie valser un peu plus loin, les discours culpabilisants. Être femme, maman et avoir une jolie carrière professionnelle, c’est possible, si on sait jongler avec tous ses rôles, et qu’on arrive à dénicher un peu d’aide de l’entourage…Un psychologue compréhensif, un ami gay attentionné, une amie adorable et une famille unie…Sauf, qu’eux leurs rôles, ils vont vite en changer, et du coup, ça sera d’autant plus dur à gérer pour cette dame carrément débordée….

« Lui seul sait que la femme prétendument forte qui lui fait face n’est qu’un bric-à-brac instable de névroses. »

De fous rires en situations cocasses, cette auteure nous régale de situations improbables qui s’accumulent autant que les petits soucis de cette quadragénaire. Et pourtant, derrière cet incessant jeu de zygomatiques, Isabelle Saporta nous parle de sujets sensibles tels que la charge mentale et des nouveaux rôles au sein de la cellule familiale, de cette pression que la société impose à ses femmes bosseuses, des attentes plus ou moins claires et restrictives de l’entourage. Une jolie façon de dire en souriant, qu’il est grand temps que ça change dans les mentalités, pour équilibrer et tendre vers plus de parité.

« Ben, ma foi, on a connu des psychopathes heureux, non? Si, si, cherche, il doit bien y en avoir. Chez les artistes, non…? »

Un chick-lit agréable à découvrir, avec des personnages drôles et décalés, mais surtout, terriblement toxiques…Alors forcément, Le prince charmant, c’est vous!  Puisque dans la vraie vie, les princes ça ne court plus les rues, les chevaux blancs non plus, Hissons donc nos couronnes, Mesdames, Isabelle Saporta, nous souffle un rafraîchissement bleuté de pages hilarantes!

 

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

 

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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