Lincoln Au Bardo, George Saunders

Couverture Lincoln au Bardo


Synopsis: 

Washington, nuit du 25 février 1862. Dans le paisible cimetière de Oak Hill, non loin de la Maison-Blanche, quelque chose se prépare… Un peu plus tôt ce même jour, on a enterré un petit garçon prénommé Willie, qui n’est autre que le fils du Président des Etats-Unis. Ce soir-là, Abraham Lincoln, dévasté de chagrin, s’échappe de son bureau pour venir se recueillir en secret sur la sépulture de son enfant.
Il croit être seul – il ne l’est pas. Bientôt, des voix se font entendre, et voici que jaillit des caveaux tout un peuple d’âmes errantes, prises au piège entre deux mondes, dans une sorte de purgatoire (le fameux Bardo de la tradition tibétaine). L’arrivée du jeune Willie va déclencher parmi eux un immense charivari – une bataille épique, reflet d’outre-tombe de la guerre de Sécession qui, au même moment, menace de déchirer la nation américaine.


Ce que j’ai ressenti:

  • Vie et Mort près d’un caisson de souffrances…

A trop vouloir s’ignorer, les êtres en oublient leurs conditions… Le Bardo, lieu d’errance dans la religion bouddhiste, s’anime face à l’inconcevable: la mort d’un enfant. Ce petit être qui arrive comme cela, en ce lieu maudit entre la vie et la mort, déclenche un  cataclysme d’émotions et sème vite une tornade de consciences éclairées. Un phénomène de substanluminéclosion dans une ambiance spectrale. De ces âmes égarées surgissent, des réflexions et des gueulantes féroces, contre les dynamiques de l’existence…George Saunders nous inonde de ressentis fantômes, de peines et d’amours larvées au fin fond d’une crypte, d’espoirs et de mots qui tendent vers une liberté à conquérir, par delà la vie ou bien au delà même de la mort…Un moment rare de lecture, où les suicidés, les amoureux, les célibataires, les torturés, les impolis, les irréprochables, les damnés se retrouvent pour une même cause.

 « Nous sommes prêts, monsieur; nous sommes pleins de colère, et de valeur, le ressort de nos espoirs est si tendu qu’il pourrait bien se révéler fatal, ou sacré: lâcher la détente, monsieur et laissez-nous montrer ce dont nous sommes capables. »  

  •  Audace littéraire…

George Saunders nous offre un roman choral avec une force incroyable. Un récit quelque peu déstabilisant de par sa forme, et pourtant d’une originalité remarquable.  Des cascades de dialogues et des moments de méditations, des ombres vengeance et des lumières rédemption, des passions dévorantes et des amours véritables : des émotions grandioses à saisir, capturées dans la vie de gens simples ou dans les plus hautes sphères…Jaillies d’outre-tombe ou d’ailleurs, elles nous traversent le corps et bousculent les codes d’écritures mais touchent leur point d’impact: nos cœurs! 

« Nul n’a jamais rien accompli qui valait la peine de l’être sans essuyer le feu des critiques. »

  • Un pan d’Histoire qui se dévoile…

En rentrant dans l’intimité du Président des États-Unis,  on touche de près les problématiques de l’époque. Même s’il est dévasté par le chagrin de la perte de son enfant, Abraham Lincoln doit faire face à ses responsabilités et aux menaces diverses de la guerre de Sécession. On sent une très grande tension, faite de violences et de rancoeurs dans ses pages, et pourtant, malgré cette ombre qui pèse sur la nation américaine, Lincoln reste une figure emblématique, un homme inspirant. Sans cesse dans la lumière des projecteurs et soumis aux pires railleries, il ne peut se laisser aller à la douleur, alors la nuit, devient son refuge pour faire le deuil de ce fils adoré, et Lincoln au Bardo apporte une certaine paix bienfaitrice. 

Tout simplement, une pépite de la rentrée littéraire à découvrir! Touchant.

« Amour, amour, je sais ce que tu es. » 

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 9/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier très chaleureusement Alina Gurdiel ainsi que les éditions Fayard pour leur confiance et l’envoi de ce livre! Ce fut une fascinante lecture.

 

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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