Les prisonniers de la liberté, Luca Di Fulvio


Synopsis:

1913, trois jeunes gens embarquent pour l’Argentine. La rebelle Rosetta fuit son village italien. A la mort de ses parents, harcelée, elle n’a eu d’autre choix que d’abandonner sa ferme. Rocco, fier et fougueux jeune homme, laisse derrière lui sa Sicile natale. Il refuse de se soumettre à la Mafia locale. Raechel, petite juive russe, a vu sa famille décimée dans un pogrom. Elle n’emporte avec elle que le souvenir de son père. Le nouveau monde les réunira.

Après New York, Luca Di Fulvio nous emmène à Buenos Aires. Un parcours semé d’embuches, où amitié, amour et trahisons s’entremêlent…  Un grand Di Fulvio.


Ce que j’ai ressenti:

▪️3R. pRisonnieRs et libRes.

Les 3R. Rosetta. Raechel. Rocco. Tous épris de liberté et tous attachés aux poids de leurs passés… Par la force des choses et les caprices du destin, ils se retrouvent, tous les trois, à partir vers le Nouveau Monde, direction l’Argentine pour fuir leurs vies, leurs traqueurs, leurs malheurs. Luca Di Fulvio a une plume exceptionnelle, qui donne vie à des émotions extraordinaires, en nous. Il n’y a pas son pareil pour retranscrire avec autant d’intensité la vie des misérables, mais il met aussi tant de candeur dans ses personnages, que l’on s’attache démesurément à eux. Rosetta, comment ne pas admirer ta splendeur? Rocco, comment ne pas être sous le charme de ta détermination? Raechel, comment ne pas succomber à ton audace? Et je vous vois vous envoler vers cette nouvelle terre de promesses, mes 3R, danser, embrasser, vibrer, vous battre pour vos convictions, et je suis touchée en plein cœur. Passionnément. iRRRémédiablement…

Je veux devenir un être humain et rien d’autre.

▪️Buenos Aires, l’insoumise…

Il faut dire aussi que la destination est attirante, comme un aimant. Buenos Aires et sa fougue, son tango, ses éclats, son potentiel, son enfer. Cette ville a quelque chose d’hypnotisant, et pourtant, les drames et les trahisons courent les rues. Elle t’attire, Buenos Aires, pour mieux te fracasser, ensuite. Elle ne se donne pas cette ville, elle embrase les cœurs et broie les élans d’impertinences, elle arrache sans pitié l’innocence des enfants et la ferveur des plus braves. Et pourtant…Pourtant, en se retrouvant sur les quais du port, Raechel, Rocco, Rosetta, vont vite devoir s’adapter à cette ville, coûte que coûte. Apprendre à déjouer les fils du destin qui les poursuivent, tout en ne tombant pas dans de pires conditions de vies qu’au départ…Ils vont devoir changer cette ville et les mentalités ou règne trop de prostitutions, de violences et de corruptions. Une mission périlleuse pour ses trois jeunes gens, et leur détermination ne sera pas du goût de tout le monde… Mais qu’importe seul l’Amour guidera leurs chemins…Et dans leurs poings serrés, parfois, un bout de leur avenir…

Cette ville…engloutit les gens, elle les efface.

▪️Un coup de cœur magistral.

Sans doute, parce que les thèmes me touchent plus, je pense pouvoir affirmer que ce roman sera mon préféré de Luca di Fulvio. En mettant ainsi en avant, le pouvoir de la lecture et de l’écriture, en se positionnant pour la condition féminine, en faisant valdinguer les prédestinées de violence et en prônant dans son idéal, cette idée de liberté, il nous offre un roman flamboyant, illuminé de mille passions, magnifique autant que bouleversant…Un roman magistral!

Cet auteur a déjà emporté mon cœur, 3 fois d’affilée, avec Le Gang des rêves, Les enfants de Venise et Le soleil des rebelles… De par la densité et la richesse de ses histoires, les émotions qu’il transmet aussi à chacun de ses mots, j’étais sous le charme dès le premier roman…. Luca Di Fulvio touche, avec sa plume renversante, toutes les cordes sensibles pour que ça vibre en moi, pendant de longs mois même après, la lecture. Ses personnages nous accompagnent encore longtemps, dans notre imaginaire, parce qu’ils allument des braises incandescentes et des rêves étourdissants. Il est magique cet auteur. Mais avec Les prisonniers de la liberté, quatrième roman que j’ai le plaisir de lire, j’ai eu comme une conviction plus profonde de son talent gigantesque. C’est un auteur qui écrit passionnément, qui raconte la Passion, qui anime toutes les passions, qui leur fait danser tous les tangos du monde. Et moi, devant tant d’émotions, je ne peux que succomber, tomber éperdument en admiration devant la puissance et l’intention de ses messages d’amours et de libertés.

Je danse de joie d’avoir pu lire encore une si belle aventure, de connaitre une ville aussi pleine de vie, j’ai maintenant des nœuds dans le cœur et des rêves incroyables de liberté, et j’irai bien dire aux anges de continuer à inspirer cet auteur que j’adore passionnément…

Si les anges acceptent de s’en occuper, tu trouveras un nœud quelque part.

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie de leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut un gigantesque coup de cœur!

Les dieux du tango, Carolina De Robertis.

Couverture Les Dieux du tango

Pourquoi je l’ai choisi:

J’ai été séduite immédiatement par le synopsis, et j’avais hâte de connaître les débuts du Tango…Je remercie d’ailleurs chaleureusement Babélio ainsi que les éditions Cherche Midi pour l’envoi de ce livre! J’ai trouvé la couverture magnifique!

Synopsis:

Février 1913. Leda a dix-sept ans. Elle quitte son petit village italien pour rejoindre en Argentine son cousin Dante, qu’elle vient d’épouser. Dans ses maigres bagages, le précieux violon de son père.
Mais à son arrivée, Dante est mort. Buenos Aires n’est pas un lieu pour une jeune femme seule, de surcroît veuve et sans ressources : elle doit rentrer en Italie. Pourtant, quelque chose la retient… Leda brûle d’envie de découvrir ce nouveau monde et la musique qui fait bouillonner les quartiers chauds de la ville, le tango, l’envoûte. Passionnée par ce violon interdit aux femmes, Leda décide de prendre son destin en main. Un soir, vêtue du costume de son mari, elle part, invisible, à travers la ville.
Elle s’immerge dans le monde de la nuit, le monde du tango. Elle s’engage tout entière dans un voyage qui la mènera au bout de sa condition de femme, de son art, de la passion sous toutes ses formes, de son histoire meurtrie. Un voyage au bout d’elle-même.

Les personnages:

Leda, jeune fille timide, seule dans un autre pays par la force du Destin, elle prendra son courage à deux mains et son instrument pour faire de son rêve une réalité…Elle aurait pu être un coup de cœur par la force de son courage et sa détermination, mais finalement, je l’ai trouvé un peu trop effacée, il m’a manqué un tout petit quelque chose pour qu’elle soit chère à mon cœur…Pour autant, elle nous ouvre avec délicatesse, ce monde d’hommes…

Ce que j’ai ressenti:…Une danse en demi-teinte…

« Dans le plus grand des silences, elle jeta ces pensées à la face de la nuit.
Et la nuit dressa une barricade d’étoiles. « 

Quand j’ai vu ce titre et cette couverture avec ces fleurs rouges énormes, je m’attendais à plus de musique, plus de divin, plus de rougeoyante robes…C’est vrai que ce livre retrace la naissance du Tango, avec diverses influences, et multiples adaptations, mais j’attendais peut être qu’il prenne plus, le devant de la scène, plus de résonances, plus de légendes…Que ce violon de Naples joue avec plus d’intensité…

« On fait avec ce qu’on a pour tenir le chaos à distance, disait La Strega. Et le chaos est partout. On en a jamais fini avec ça. »

Carolina De Robertis a une plume délicate, féminine, poétique. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire certains passages aux envolées musicales et lyriques, mais surtout très sensuelle, à l’image du Tango…En nous faisant vivre à travers son héroïne non conventionnelle, sa passion pour cette musique, on retrace les origines même de cette danse des conventillo, son imprégnation des bas-fonds de Buenos Aires, sa force dans cet esprit de liberté…Les nuits en Argentine sont muy caliente en ce début de siècle

« Toutes les créatures sur Terre dorment le jour ou la nuit, mais Buenos Aires ne dormait jamais. C’était donc une créature qui n’était pas de ce monde. »

Ce roman parle de déracinement, de la recherche perpétuelle de son identité. Leda jouera tous les codes, prendra tous les chemins de traverses pour essayer de trouver sa place dans ce pays en plein essor, où trop d’étrangers voient trop grand, ce rêve des Amériques…Dans la musique, et par son instrument, elle aura l’impression qu’elle pourrait bien faire entendre un son qui mettrait tout le monde d’accord, qui réunirait sur la piste tous les corps, qui ferait pourquoi pas danser Les Dieux du Tango, eux même…

 « La musique était une flèche qui transperçait les murs les plus épais. La musique faisait oublier les inégalités. La musique transcendait les siècles. C’était le nectar des démons, l’ambroisie de Dieu. »

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

En Féérie, il brille quelques poussières…

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