La Zèbéléhyène, Gropapa/ Sonia Sans

La zèbéléhyène par Gropapa


Synopsis:

Une hyène dépressive cherche la cause de son chagrin dans son apparence. Déterminée à venir à bout de ses complexes, elle bat la savane et tente par tous les moyens de transformer son image. De situation cocasse en rebondissement inattendu, elle découvre que la clé est ailleurs… Et si le bonheur ne dépendait que d’un mot gentil ?
En voilà une belle et drôle d’histoire ! Celle d’une gentille hyène, qui manque cruellement de confiance en elle. La lecture est sportive – vous verrez ! – et les enfants hilares. Essayez donc de prononcer le nom de cet animal hétéroclite ou de ne pas rire devant cette improbable créature ! Sans compter la patte talentueuse et expressive de Sonia Sans, qui fait vibrer cet album haut en couleur. 


Ce que nous avons ressenti:

▪️Une histoire pleine d’humour.

S’il y a quelque chose à retenir, à la première lecture de ce joli album, c’est nos éclats de rires. Il est tellement bourré d’humour et de situations cocasses qui poussent à tourner les pages avec le sourire bien accroché et entre deux fous rires, essayer de lire la définition de ce nouvel animal qui se réinvente à force d’envie et de démesure. Nous allons suivre, au cours de cette histoire, une petite hyène toute chamboulée de rencontrer les animaux de la savane, et chaque rendez-vous animal se termine par un échange incongru. La qualité des illustrations aussi est une merveille: l’improbabilité de la situation laisse à l’artiste, un grand champ pour l’originalité du rendu et c’est très sympa de voir l’évolution de cette zébéléhyène.

▪️Une hyène dépressive…

C’est vrai que c’est une histoire très amusante, mais il y aussi derrière une vraie conscience psychologique pour une meilleure acceptation de soi. Cette petite hyène tachetée souffre d’un cruel manque de confiance en soi. Elle a un réel malaise qui la pousse à vouloir toujours plus, jusqu’à l’absurde…Mais avec le rire et beaucoup d’imagination, cet album montre que le bonheur n’est pas dans cette quête de chimères superficielles. C’est simple mais très efficace, et le message est essentiel. A mettre entre toutes les petites mains! Le petit plus de cette collection: la petite annotation sur la couverture qui parle du thème abordé. Ici L’acceptation de soi/quête d’identité. En un coup d’œil, on sait vers quelle problématique on va, et en tant que maman (ou même les bibliothécaires ou toute personne amenée à conseiller un livre), j’ai trouvé cela pratique et pertinent.

▪️Coup de foudre!

Si je vous dis que ma fille l’a lu 5 fois dans la même soirée… Est-ce que vous pensez, que le pari est gagné?! Et oui forcément, Maman et Fille sont ravies de cette nouvelle histoire du soir, où on peut parler de différences, d’amour et de confiance. A haute voix, c’est une vraie gymnastique, mais c’était génial, parce qu’on n’a pas fini de s’adapter à un nom, qu’il faut déjà intégrer une nouvelle façon de définir cette nouvelle petite hyène, tout en admirant la prouesse artistique.

Un vrai coup de foudre pour cette hyène attachante, et nous aussi, nous sommes tombées sous son charme au premier coup d’œil.

Notre Note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Evalou de leur confiance et l’envoi de ce livre. J’ai trouvé très agréable d’avoir un petit mot personnalisé du directeur de cette maison d’éditions ainsi que le catalogue de présentation.

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Charles Manson par lui même, Propos recueillis par Nuel Emmons.


Synopsis:

« À ce stade, je n’ai rien à perdre ou à gagner en racontant mon histoire. »

Tout semblait avoir été dit sur les crimes de cet été 1969 et leur commanditaire, Charles Manson, devenu l’un des pires cauchemars de l’Amérique… tout, sauf bien sûr la version du criminel. Jusqu’à ce qu’en 1979, Nuel Emmons, l’un de ses anciens compagnons de prison, lui soumette le projet d’une autobiographie où Manson se raconterait sans détour. Le résultat, écrit à la première personne, est le seul récit jamais livré par l’homme de sa furieuse existence : brut de décoffrage, dénué de tout romantisme et presque entièrement crédible. 
« Mec, fallait pas écrire tout ce que je t’ai raconté ! », réalisa plus tard Manson. « Tu me mets à poil, carrément. Tout ce qu’a dit le procureur au monde entier, ça me faisait comme une carapace, ça me protégeait, ça m’immortalisait. » 
Emmons avait donc vu juste en avançant dans son introduction que « le mythe de Charles Manson » ne pourrait survivre à ce livre.
Ce mythe, c’est l’accumulation des chansons, des films, des livres, des pages Web qui, en l’espace de cinquante ans, ont forgé une sorte de légende noire du leader de la « Famille ». Autant de projections fantasmatiques, d’images-écrans superposées au réel, à travers lesquelles Manson – mort en 2017 – court toujours. 
Comment l’un des plus dangereux criminels de l’histoire est-il devenu une icône sombre de la pop-culture ? Qui était vraiment l’homme derrière le masque grimaçant de psychopathe ? Une partie des réponses, à n’en pas douter, se trouve dans le labyrinthe de ces pages glaçantes, longtemps confinées au silence et maintenant traduites en français. 


Ce que j’ai ressenti:

▪️La curiosité avant tout…

Je lis très peu de biographie. En revanche, quand j’ai vu celle-ci, j’ai été de suite interpellée. La curiosité d’en savoir plus sur cette personne intrigante, son histoire de gourou à l’esprit dérangé, parce que finalement j’avais déjà vu passer, ici ou là, la folle réputation de Charles Manson, et j’ai voulu aller un peu plus loin, juste pour comprendre comment on en arrive à une telle aura d’horreur.

50 ans après, que peut-il bien rester à dire sur cet homme? Tout simplement, sa vérité. Et ça pourrait bien casser le mythe…Nuel Emmons, un ancien co-détenu devenu journaliste, a récolté ses dires et impressions, en interviewant cet homme incarcéré: Charles Manson. Et de là, nous tenons entre les mains, une autobiographie qui fait froid dans le dos.

Car même le diable, si toutefois il existe, a commencé quelque part.

▪️Une haine profonde…

De par son histoire personnelle, la rage qu’il a en lui, est compréhensible -pas excusable-mais compréhensible. Entre une mère qui n’a, ni les moyens ni l’envie, d’assumer son enfant et le cercle familial dysfonctionnel qui entoure l’enfant Charles Manson, il est compréhensible de saisir la colère qui l’habite. Et de ce terrain de misère et d’absence d’amour, son passage dans les maisons de redressement pour jeunes aura scellé le déséquilibre psychologique de cet adulte en devenir (soit dit en passant il est carrément inconcevable de lire de telles horreurs sur les pratiques au sein de ses murs). Il a passé quasiment toute sa vie dans des prisons, subissant maintes et maintes violences. On comprend donc comment il en arrive à ressentir une telle haine envers le monde qui l’entoure.

Pour rappeler le contexte du drame et le début du mythe: Charles Manson vit en marge de la société, dans un van entouré de jeunes paumés, en pleine période hippie, entre sexe, drogue, et rock’n’roll. Il s’enorgueillit de vivre en harmonie avec la nature , se repentant de ses erreurs de jeunesse, et voulant percer dans le monde de la musique. Il nous raconte donc, comment tout bascule, du jour au lendemain…

C’est terriblement effrayant de lire ses ressentis qui ne parlent que d’amour et d’échanges, de liens forts avec sa communauté basés sur l’entraide, sa « Famille ». On dirait qu’il ne se rend pas compte de ses failles psychologiques et de ses comportements déviants et c’est là que ses confessions deviennent affreusement dérangeantes parce qu’on entre dans sa psyché fragile et complètement détraquée.

C’est tellement choquant, que je n’ai pas pu lâcher ce livre.

▪️L’homme derrière la légende.

Charles Manson, c’est « un des pires cauchemars de l’Amérique » et l’un des « plus dangereux criminels de l’histoire » …Comment en arrive-t-on à de tels titres? En laissant libre cours à la presse à sensations. C’est elle qui a fait naître ce monstre que tout le monde redoute, à force de gros titres toujours plus fort que le précédent. Cette autobiographie est intéressante dans la mesure où elle s’éloigne de ces clichés et autres potins accrocheurs pour nous dévoiler l’homme derrière la légende.

« Les psychiatres de la prison ont diagnostiqué Manson comme paranoïaque et schizophrène, ce qu’il reconnait volontiers. »

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Alina Gurdiel ainsi que les éditions Séguier pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

 

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La Daronne, Hannelore Cayre.


Synopsis:

Patience Portefeux, 53 ans, deux filles, un chien, un fiancé flic et une vieille mère en EHPAD. Patience trime, Patience est traductrice de l’arabe pour le ministère de la Justice. Des milliers d’heures à transcrire des écoutes entre petits dealers et grands bandits. Puis Patience franchit la ligne jaune : elle détourne une montagne de cannabis issue d’un Go Fast. Sans culpabilité ni effroi. Simplement une petite entorse morale. Et encore.

Et Patience devient la Daronne.

GRAND PRIX DE LITTÉRATURE POLICIÈRE

PRIX LE POINT DU POLAR EUROPÉEN


Ce que j’ai ressenti:

▪️L’histoire d’un karma…

« Pour nous, vous n’existez même pas. »

Pour le ministère de la Justice, elle n’existe pas. Traductrice de l’ombre, payée au noir, elle retranscrit de l’arabe au français, les conversations téléphoniques des dealers. Elle, c’est Patience Portefeux. Veuve éplorée , Mère débordée et Fille ingrate, mais c’est surtout une femme de cinquante ans, qui n’arrive pas à joindre les deux bouts, qui subit son karma de descendance véreuse et qui un jour, à force de pression, devient une dealeuse de cannabis. Elle se fait reine d’un réseau de drogue, grâce à sa faculté d’écoute. Elle, c’est la Daronne. Elle n’existe pas pour le ministère mais heureusement pour nous, lecteurs, Elle devient une figure incontournable dans le monde du polar. Et on adore sa langue bien pendue!

-Dans l’immeuble nous appeler vous le fantôme. Mais vous moins fantôme qu’avant. Beaucoup moins. 

▪️Une collectionneuse atypique.

Petite fille, c’était la collectionneuse de feux d’artifices…Avec sa sensibilité particulière, elle se met à goûter les saveurs de la misère mais, depuis quelque temps, sa vie devient une telle galère, son avenir un tel néant, qu’elle en est réduite à son âge, à collectionner surtout les emmerdes. Mais le feu de son caractère l’emporte sur un éventuel apitoiement. Et nous lecteurs, nous avons la chance de voir ses explosions d’humeur et d’humour, son point de vue acéré et sa colère face aux incohérences du système politique et social de la France. Et nous aussi, on devient collectionneurs de ses feux de fureur, de ses feux de détresse, de ses feux de compassion, de ses feux de couleurs et d’émotions qui illumine ce polar noir.

« Collectionner les feux d’artifices, et bien ça serait comme être au centre d’un gang bang géant avec tout l’univers.« 

▪️Les couleurs de l’Endless Summer.

La Daronne goûte donc au risque brun, au blanchiment d’argent et à la couleur effacée de l’honnêteté. Si vous ne deviez lire qu’un roman cet été, pensez à celui ci! Il est court, impactant, efficace. En à peine 175 pages, il nous encanaille à passer la ligne jaune, le temps d’une lecture! C’était une chouette découverte, un polar aux mille couleurs et aux saveurs amères et pourtant, il y avait une belle palette d’émotions qui font de cette histoire surprenante et audacieuse, un pur moment de délice!

On devrait carrément manger de l’argent, le hacher et en faire un complément alimentaire de luxe, comme la gélée royale me suis-je dit en me faisant rire toute seule. 

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Léatouchbook ainsi que  les éditions Points de leur confiance. Merci pour l’envoi de ce colis Découvrez Toutes les Couleurs du Noir. Je suis ravie de soutenir la couleur Rose et les romans noirs.

Le cercle Points - Créateurs de lecteurs

 

Rouge Toxic, Morgane Caussarieu.


Synopsis:

Je m’appelle Faruk, et pour subsister, il me faut boire votre sang.
Je vivais tranquillement ma non-vie dans les bas-fonds de San Francisco, quand ce type a débarqué pour me confier une mission difficile à refuser.
Me voilà sur les bancs de Mission High School, à suivre comme une ombre Barbie, une orpheline aussi intrigante que réfractaire à mes charmes. Et croyez-moi, survivre dans la jungle du lycée, ce n’est pas de tout repos, même pour un vampire. Surtout pour un vampire…
Mais d’elle ou de moi, qui sera le plus toxique ?


Ce que j’ai ressenti:

🌹Rouge Sang.

Le rouge, encore et toujours. L’obsession et l’attraction. Le rouge Sang. La peur et le frisson. Il était temps que je retrouve Morgane Caussarieu, car elle a le chic pour nous rendre les vampires, mortellement attrayants. Avec ce nouveau roman, elle implante son décor dans un lycée et les jeunes n’ont qu’à bien se tenir! Un vampire traîne dans les couloirs et il a faim d’attentions et soif de leurs sangs, à moins que ce ne soit lui, la nouvelle attraction…?! Car il semble que ce Faruk est à croquer, et sème le désir partout où il passe….Toujours est-il que avec ce nouvel élève, les codes vont bientôt changer et l’adolescente rebelle Barbara, verra son sang faire des tours, plus d’une fois!

Il avait des yeux pas nets, des yeux de salopard, des yeux de fou. Dans ses iris, je crus distinguer une autre dimension, faite de fractales infinies, de paysages gris ensevelis sous des couches de glace.

❌Rouge Toxique.

Toute cette tension, c’est indécent! Il se passe quelque chose avec les sangs de Barbie et Faruk. Des rendez-vous san(g)s répulsions, des heures de cours san(g)s attractions et des relations toxiques san(g)s déplaisir. En chapitre alterné, nous avons les impressions de ce duo improbable que vont former, bon gré mal gré, Faruk et Barbie. Une jeune fille meurtrie et un jeune vampire meurtrier: nous avons là un duo des plus intéressants avec toutes les palettes émotionnelles de l’adolescence qui se fracassent sur cet âge charnier. La difficulté de devenir adulte en toute conscience mais soumis au poids du passé, Morgane Caussarieu crée deux personnages attachants, mais que tout oppose, jusqu’à leur nature. Et pourtant, l’attirance est là au dépit de la raison. Ils se jettent dans les crocs de l’amour tout en étant au coeur d’une affaire louche, de pouvoir et de scientifique dont ils ne soupçonnent même pas les conséquences effrayantes.

Je suis la mort, je suis l’excès. Je suis les travers des hommes. Je suis leurs addictions. Tu es à mon image. Ton irrépressible soif est un concentré de mes vices. De leurs vices.

❤️Rouge Passion.

Morgane Caussarieu nous embarque dans son univers et revisite les légendes urbaines, réveille les peurs ancestrales en invitant le folklore de la Louisiane et la mauvaise réputation des rues sombres de San Francisco. Elle ajoute quelques petits clins d’œil à ses précédents romans sulfureux, (Dans les veines et Je suis ton ombre), tout en créant une nouvelle saga de Young Adult bien trempée, et c’est délicieusement addictif. J’ai été contente de retrouver l’ombre de Gabriel, tout en étant séduite par le personnage complexe de Faruk. J’ai une passion pour les vampires de cette auteure et au vu de ce final explosif, elle risque d’encore de me surprendre avec sa manière de réinterpréter ce mythe.  Une très belle surprise, avec juste ce qu’il faut de frissons, d’amour et d’adrénaline.

Mes pores gorgés de vie s’ouvraient, le sang murmurait dans mon cerveau, irriguant mes muscles d’une pluie d’étincelles.  

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Charlotte ainsi que les éditions ActuSF pour l’envoi de ce livre!

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Circé, Madeline Miller.


Synopsis:

Fruit des amours d’un dieu et d’une mortelle, Circé la nymphe grandit parmi les divinités de l’Olympe. Mais son caractère étonne. Détonne. On la dit sorcière, parce qu’elle aime changer les choses. Plus humaine que céleste, parce qu’elle est sensible. En l’exilant sur une île déserte, comme le fut jadis Prométhée pour avoir trop aimé les hommes, ses pairs ne lui ont-ils pas plutôt rendu service ? Là, l’immortelle peut choisir qui elle est. Demi-déesse, certes, mais femme avant tout. Puissante, libre, amoureuse…


Ce que j’ai ressenti:

▪️Circé, femme d’action.

« Quand je suis née, le mot désignant ce que j’étais n’existait pas. »

❤ Circé ❤ . Pas un seul mot pour la désigner, mais plusieurs: Nymphe, Déesse, Magicienne, Sorcière. Tant de féminité et de pouvoir dans cette figure de la mythologie, qu’elle en devient éblouissante. Une héroïne moderne dans un univers de dieux impitoyables et d’hommes assoiffés d’aventures, qui se réinvente et prends en main son destin. Une femme forte, courageuse qui fera plier rien de moins qu’un dieu, un monstre invincible et toute une palanquée d’hommes avides, à la seule force de sa volonté. Circé la rebelle, ne veut pas de ce monde où les dieux déterminent la destinée des mortels, dictent la conduite des demi-divinités, imposent leurs caprices. Circé veut un monde où elle aurait une place, une fonction et elle travaillera à cela, jour et nuit s’il le faut, pour être une Pharmakis. Admirable Circé. Quand je vous le dis, une femme éblouissante…Forte, moderne, éternelle…

Je pensai: Je ne pourrai pas supporter ce monde un instant de plus.
Alors fabriques-en un autre, mon enfant.

▪️Circé ou le pouvoir des fleurs.

Rien qu’avec cette magnifique couverture de chez Pocket, on saisit déjà toute l’importance des fleurs dans cette histoire. En plus, pour ne rien gâcher, il sort au mois de mai, le moment où la nature sort ses plus beaux trésors de terre, et nous inonde de parfums et de couleurs. J’ai pris le temps de lire Circé, beaucoup de temps et de plaisir, à lire et à relire des passages. Durant tout le mois de mai, j’ai redécouvert le charme de l’Odyssée et me suis délectée de cette histoire mythologique revisitée et je n’aurai jamais imaginé meilleur moment pour cette lecture, pour être encore plus dans l’ambiance de ce roman. Une lecture donc au plus proche de l’environnement, entre contemplation et pouvoir magique. Je dirai même envoûtante comme si dans ces lignes, les sortilèges et le pouvoir de la poésie de Madeline Miller, m’avait ensorcelée…Un roman d’aventures et de passions! Un roman aussi qui résonne féministe et prône plus de bienveillance. Circé, ce n’est pas qu’une jolie fleur dans un coin d’histoire, c’est une magicienne audacieuse avec de l’empathie, une mère protectrice, une amante passionnée, une sorcière redoutable, une femme libre. Pour les siens et pour ses choix, elle n’hésite pas défier les dieux, inventer mille sorts, communiquer avec la faune et la flore, risquer sa propre vie…Une fleur qui s’épanouit à force de courage et d’amour, de confiance et de sérénité, Circé, la mauvaise graine, se révèle être la plus éclatante des éclosions de ce mois de mai.

« Il est difficile de décrire ce qui arriva ensuite. Une certitude monta dans les profondeurs de mes veines: elle murmurait que la force de ses fleurs résidait dans leur sève, qui transformerait n’importe quelle créature en son moi véritable. »

 

▪️Circé, une héroïne à découvrir ou redécouvrir.

Madeline Miller nous embarque au cœur de la mythologie grecque, dans les mondanités de l’Olympe, et autres secrets divins. En faisant rejaillir cette belle Circé, on est pris dans les flots des rivalités tragiques, on plonge dans les amours interdits, on nage dans le bonheur de voir revivre toutes ses figures d’un temps passé. Circé n’est pas seulement la femme qui transforme des hommes en porcs, non, elle est une puissante sorcière et une femme inspirante, à l’heure de nos jours. Il m’a été difficile de la quitter, de tourner la dernière page du livre, de poser mon ressenti, tellement j’ai été touchée par cette lecture. Circé est un coup de foudre, un coup de cœur et sans doute, une de mes héroïnes préférées à l’heure actuelle. Mon cœur s’est ouvert pour Circé, et je la garderai, à jamais, dans le jardin de mon imagination.

Y a-t-il un moment où un cœur s’ouvre?

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket pour l’envoi de ce livre! Quel coup de cœur!

L’instant d’une vie, Sylvie Schenk.


Synopsis:

Dans l’Europe d’après-guerre, un amour impossible entre France et Allemagne… Un très beau roman d’émancipation féminine.
L’Instant d’une vie, c’est l’histoire de Louise. 
Née dans un petit village des Alpes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Louise a dix-huit ans lorsqu’elle part s’installer à Lyon, où elle rencontre Henri, pianiste de jazz. Mais, après quelques mois d’amour, Henri et Louise se séparent : Henri, fils de résistants fusillés par les Allemands, reproche à Louise sa naïveté et son manque d’engagement politique.
L’été suivant, Louise se rapproche de Johann, étudiant allemand qu’elle décide de suivre dans son pays. Peu à peu, alors que la vie défile, mariage, années d’enseignements, enfants, décès, Louise est rattrapée par l’Histoire. Son mari parti enterrer son père, elle découvre dans la bibliothèque de son beau-père des livres qui portent le nom du père d’Henri… 
Un beau roman sur l’identité et le sentiment d’appartenance, l’enfance et ses blessures, et le poids du silence dans l’Allemagne de la fin du 20e siècle.


Ce que j’ai ressenti:

  • Quand je découvre l’originalité du Tu, comme pour mieux t’embarquer…

Tu pensais que cette lecture serait douce et sereine comme le bleu de la couverture, et ô combien tu t’es trompée…Parce que tu n’avais pas vu derrière la douceur de la vague de l’enfance, les ravages des premiers amours. Tu n’avais pas compris que les amitiés troubles pouvaient te bousculer plus que ce que tu pouvais imaginer. Mais tu as vu que le temps te rend plus lucide et que la vie réserve bien des surprises…Tu as regardé des jeunes s’éveiller à l’Amour, à la politique, à l’Histoire, à la musique. Et tu as été émue de l’instant d’une vie, des instants de leurs vies, de l’intensité de la vie.

« Ce qui ne trouve pas d’écho en toi n’existe pas pour toi, te dit-elle. »

  • Ouvre tes yeux, Louise…

Louise nous partage sa vie, et dans ces observations, nous dévoile un peu du climat social juste après la Seconde Guerre Mondiale. La place de la femme, surtout, et les débuts de son émancipation. Les tensions sourdes entre la France et l’Allemagne. Les rêves de la jeunesse. Et cette jeune fille, naïve et ignorante de ce poids du passé, qui se jette dans les grandes eaux de l’amour. Et si le début nous parait bien tendre, au fur et à mesure, de son expérience et de ses choix, elle nous partage toutes les difficultés et le déchirement de cette nouvelle vie.

« Il répond qu’on doit réaliser ses rêves, sinon les désirs les plus intimes restent prisonniers à l’intérieur de nous comme un tumeur à l’estomac. » 

  • L’amour n’a pas de frontières…

Une vie, ce sont des instants, et l’instant d’une vie passe tellement vite…Heureusement, il y a l’amour qui dépasse les frontières, les préjugés, les conflits, et les mentalités. Heureusement… Sylvie Schenk nous donne un roman émouvant entre introspection et tendresse, et c’est un instant de lecture doux/amer qui donne matière à réfléchir, sur les conséquences de l’Histoire. Il y a de la fraîcheur et de la poésie dans ses instantanés, mais aussi de cruelles réalités, des souffrances qui suintent encore sous les sourires de ce groupe de jeunes. J’ai été très touchée par la sensibilité de cette auteure et la façon singulière de nous décrire, un amour qui éclot juste après, une grande guerre.

« Doit-on aimer? L’amour est-il un phénomène de civilisation? »

 

 

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Le Chant de l’assassin, R.J.Ellory

Couverture Le chant de l'assassin

Tout le monde a un secret.


Synopsis:

Condamné pour meurtre, derrière les barreaux depuis plus de vingt ans, Evan Riggs n’a jamais connu sa fille, Sarah, confiée dès sa naissance à une famille adoptive. Le jour où son compagnon de cellule, Henry Quinn, un jeune musicien, sort de prison, il lui demande de la retrouver pour lui donner une lettre. Lorsqu’Henry arrive à Calvary, au Texas, le frère de Riggs, shérif de la ville, lui affirme que la jeune femme a quitté la région depuis longtemps, et que personne ne sait ce qu’elle est devenue. Mais Henry s’entête. Il a fait une promesse, il ira jusqu’au bout. Il ignore qu’en réveillant ainsi les fantômes du passé, il va découvrir un secret que les habitants de Calvary sont prêts à tout pour ne pas voir divulguer.
Avec ce retour aux sources qui évoque par bien des aspects Seul le silence, R. J. Ellory nous livre un roman magistral, d’une puissance émotionnelle rare. Un de ses plus humains, un de ses plus sombres aussi.


Ce que j’ai ressenti:

▪️On peut s’aimer, se désaimer…

Le nouveau roman de R.J Ellory est un sombre chant d’amour…L’amour, étant toujours une aventure très compliquée, et d’autant plus entre les deux frères Riggs, Evan et Carson, qu’on se demande bien comment le destin a pu les déchirer à ce point…Mais comme l’amour prend de multiples formes et mille chemins, s’infiltre dans les failles, et que la vie réserve tellement de surprises aussi, notamment des tas d’accidents malencontreux et des rencontres fulgurantes, qu’il ne nous reste plus qu’à se laisser bercer par ce chant envoûtant. L’auteur crée la surprise avec une promesse. Puisque avec une promesse et de la détermination, on peut déplacer des montagnes…Une simple promesse. Henry n’avait pas idée à quel point, ce serment qui le tient à un des frères Riggs, va bouleverser sa vie, et celle des habitants de Calvary…Et d’un chant d’amour aux accords dissonants, en arriver à Le chant de l’assassin…Sublime chant.

« L’amour change le monde, dit-on, autant pour celui qui aime que pour celui qui n’aime pas. »

▪️On peut se construire, se déconstruire….

C’est un roman noir qui distille ses mystères entre les lignes de partitions et des lignes du sang, au cœur des actes honteux et des non-dits hantés jusqu’au final éblouissant. Avec une simple lettre manuscrite, on peut délivrer tant de secrets, mais R.J Ellory ne les lâche pas comme ça. Ils se méritent ces secrets au prix d’un voyage émotionnel étourdissant. Du milieu carcéral aux petites vies tranquilles en campagne, le Rêve d’évasion s’invite et la musique transperce les cœurs. Les balles perdues aussi…Ça paraissait tellement une bonne idée au départ de vivre en harmonie en famille, de tomber amoureux, de faire de la musique et de se construire une vie paisible, mais il y a des faims pressantes qui contrecarrent ses envies…Un triangle amoureux et de folles jalousies, un carré de pouvoir et des actions de violences, cinq doigts qui tiennent un stylo ou un flingue…Ça ne semblait pas une mauvaise idée au départ, mais le cœur des hommes ont des parts d’ombres…Monsieur Ellory éclaire ses histoires d’une poésie vibrante et des touches de mélodies noyées dans le whisky, pour en faire un roman foudroyant…Et si une fille pouvait être l’espoir de leur rédemption?

« On a souvent dit que le mal n’a pas besoin d’autre terreau pour prospérer que le silence et l’inaction des gens de bien. »

▪️On peut adorer et plus encore…

A chaque fois, je suis bluffée par l’intensité des relations, la profondeur des personnages, et cette capacité extraordinaire de R.J Ellory, à nous faire adorer leurs défauts et qualités qui les animent. Chaque fois que je lis ces romans, c’est le coup de foudre. Grâce à sa plume et son humanité, son empathie et son talent, je reviens de ses histoires, toujours plus touchée, toujours plus admirative. Avec ce nouveau roman, il ne fait que confirmer que c’est vraiment un des auteurs préférés, et j’irai bien chanter sur tous les toits, combien Le chant de l’assassin, m’a encore bousillé le cœur…Comment mon cœur aurait-il pu résister à un assaut aussi magnifique? Juste là, dans l’instant, j’aimerai partager avec vous cet énorme coup de cœur.

« Les vérités de l’âme sont celles que l’on ne peut jamais complètement enfouir. »

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut un coup de cœur.

Les Limbes, Olivier Bal.

Couverture Les limbes


Synopsis:

Et si quelqu’un contrôlait vos rêves ?

Viêtnam, 1970. Quand l’assaillant a tiré, James Hawkins a vu la mort en face.
Un mois de coma plus tard, c’est un vétéran qui redoute l’heure du sommeil. Car depuis sa blessure à la tête, toutes les nuits James visite, en songe, les rêves des autres. Semble interagir avec eux. Les contrôler, peut-être… Une malédiction, pour lui. Du pain béni pour la CIA, dont la base secrète, en Alaska, lui ouvre ses portes. Là, scientifiques et militaires se sont donnés pour mission d’explorer ce territoire inconnu, au cœur de l’esprit : les Limbes… Au risque d’en ramener d’abominables monstres…


Ce que j’ai ressenti:

▪️Et si Olivier Bal faisait de vous, un Éveillé?

  • Où suis-je?

Dans la Station K27 en Alaska. J’ouvre les yeux. Je vois James Hawkins, un vétéran de la guerre du Vietnam, souffrant de stress post-traumatique et qui craint de dormir. Je vois des images terribles. Ses souvenirs et les failles de son psychisme. Je vois aussi son pouvoir: une arme ou une bénédiction? Je vois un potentiel énorme dans un univers riche et profond. Je sens le froid. Et je ressens le poids du secret.

*Peur.

Ouvrez les yeux. Olivier Bal nous entraîne dans un thriller fascinant. Gardez les bien ouverts surtout, et ne vous endormez jamais! C’est un conseil, parce qu’il se pourrait que sous la surface, et dans le noir absolu, au plus près de votre Moi, lui, Olivier Bal, s’amuse à jouer avec vos peurs et les emmène plus loin encore, dans une zone étrange… Dans une Nef et des couloirs sombres, avec un résident menaçant et quelque peu intrusif. Vous commencez à avoir peur? Ce n’est rien, attendez de vivre l’expérience des Limbes, et essayer d’en revenir indemne, de corps et d’esprit…Frissons garanti!

  • Où vais-je?

J’ouvre les yeux. Je vais dans Les limbes, au plus profond de mes rêves. Explorer les mystères et les cultures qui ont mis en avant, ce Monde intangible. Ces personnes qui en ont fait un royaume de possibles et de conquêtes, la dernière frontière à saisir et à contrôler. Je vais avec James, Caleb et les jumeaux Thomas et Ethan, dans un nouvel espace crée avec la force de l’imagination, lever le voile sur le mystère de La Main de Dieu. Mais si, c’était une terreur sans nom qui guettait les imprudents et les audacieux?

*Rage.

Ouvrez les yeux. Et regardez bien en face, le futur et un des possibles avenirs, si la science tombait entre de mauvaises mains. Ne vous endormez plus, restez conscients! Ils ont dans l’optique de contrôler vos esprits, approcher vos rêves, et transformer le monde à leur image. Voilà trente ans, qu’ils étudient le sommeil, vos temps d’absences et les pouvoirs de votre esprit. Vos pires cauchemars peuvent commencer une fois que vous aurez franchi les pages de ce fantastique roman. J’ouvre les yeux. Je note toute la richesse du travail de recherche et le plaisir d’avoir un thriller aussi bien psychologique que addictif, soigné et documenté, fascinant et mystérieux. Juste ce qu’il faut pour te filer, une frousse terrible…

  • Que faire?

Ouvrir les yeux. Ne pas dormir. Ne pas oublier. Et forcément, courir chercher Le Maître des Limbes, le deuxième tome de ce diptyque parce que ce n’est pas possible de rester sur ce final…Trop de questions sont restées cachées et trop d’adrénaline se sont mêlées à ses pages. Il me faut la suite de toute urgence. Ne pas dormir. Ne plus dormir même, tant que je n’aurais pas mis un point final à cette expérience extralucide. Je veux savoir dans quelle folie va encore basculer notre cher James et vers quel destin, il se précipite, comme ça, les yeux fermés…

*Fascinant.

Olivier Bal m’a captivée avec ce premier tome. L’univers du rêve et ses possibles est un sujet qui me passionne et avec cette histoire, il m’a complètement embarquée. Je veux devenir une Éveillée. J’ai marché dans Les Limbes et j’ai adoré ça. Et vous, allez-vous oser franchir la frontière de vos rêves?

▪️ Et si quelqu’un contrôlait vos rêves?

Le rêve, c’est la dernière frontière. L’homme a conquis la mer, la terre, l’espace… et maintenant, enfin, il conquiert son propre esprit.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10et

Remerciements: 

Je tiens à remercier très chaleureusement toute l’équipe de la Team Pocket. Merci de leur confiance et l’envoi de ce livre!

Lune Noire, Anthony Neil Smith.

Lune noire par Neil Smith

Noir. Bien frappé.


Synopsis: 

Une vision toute particulière de la justice et de la morale a valu à Billy Lafitte d’être viré de la police du Mississippi. Il végète aujourd’hui comme shérif adjoint dans les plaines sibériennes du Minnesota, avec l’alcool et les filles du coin pour lui tenir compagnie, les laboratoires clandestins de meth pour occuper ses journées. Si Billy franchit toutes les lignes, on peut néanmoins lui reconnaître une chose : il a un grand cœur. Ainsi, lorsqu’une amie lui demande de tirer d’affaire son fiancé, impliqué dans une sale affaire de drogue, c’est bien volontiers qu’il accepte. Quelques jours plus tard, Billy est arrêté par le FBI, enfermé dans une cellule au milieu de nulle part, et sommé de s’expliquer sur tous ces cadavres qui se sont soudain accumulés autour de lui. 


Ce que j’ai ressenti:

  • Noir, je t’aime…

Anthony Neil Smith nous a préparé une saga dans toutes les nuances du Noir. Ce premier tome, Lune Noire , nous présente Billy Lafitte, un personnage tout sauf, recommandable. Entre ses penchants pour tous les vices que l’humanité porte en elle, et une sacrée dose de malchance dans toutes les actions qu’il entreprend, ce flic déchu cumule les emmerdes, et au plus il en fait, et au plus il en vient…Un cercle vicieux en somme. Saupoudré de répliques incises, avec un style complètement déjanté, dopé de testostérones et de bastons musclées, ce livre est bien frappé! J’ai apprécié cette ambiance tendue à l’extrême et le thème abordé des terroristes, même s’il manquait de nuances et de profondeur. Sous le couvert d’humour noir et de thriller complètement barré, on sentait une dénonciation de toutes ces nouvelles violences qui s’installent dans les coins reculés de l’Amérique. Je ne sais pas si la Lune éclaire ces terres poussiéreuses mais dans Lune Noire, les ténèbres et le sang l’emporte sur tout le reste. Préparez-vous, ça va déménager, entre les courses-poursuites, la justice bafouée, les cadavres accumulés et une violence démesurée: un nouveau phénomène arrive chez Sonatine éditions et c’est du costaud!

Je m’étais fait quelques ennemis, certes, mais je n’étais jamais allé les emmerder chez eux à cette heure de la nuit. Ayez la même putain de courtoisie à mon égard. 

  • Je t’aime, moi non plus…

Même si j’aime les héros, enfin anti-héros plutôt, borderline et surprenant, (et en cela ce Billy Lafitte tient son rôle haut la main), cette lecture n’aura pas été pourtant, des plus fluides. Intéressant mais maladroit. Génial et l’instant d’après, décousu. Survolté puis sans punch. Ce roman noir ne m’a pas laissé de marbre. Nous avons joué à « Je t’aime moi non plus », des passages où je me suis dit, « J’adooooore », et d’autres, « ah non, mais sérieux?! » Je l’ai pris, je l’ai reposé, je l’ai aimé, j’ai détesté…Et puis, j’y suis arrivée, au bout de notre rendez-vous…Et finalement, je me suis dit, que ce que je recherche dans un livre, c’est avant tout l’émotion, les sensations. Alors, oui, je n’ai pas clairement adhéré à tout dans ce roman, mais j’ai aimé certains passages, vraiment hilarants. C’est aussi un premier roman, une certaine indulgence est donc de mise, et dans la mesure où j’ai eu mon éventail de ressentis (bons et mauvais), le contrat est rempli pour ma part. J’ai passé un bon moment.

« Je commence à me dire que tu es un super-héros.
– Ouais. Et mon pouvoir, c’est de pourrir le monde autour de toutes les personnes que je connais.
– Au moins tu ne t’envoles pas. Là, tu serais un vrai connard. »

  • Poursuivons l’histoire…

S’il est vrai, qu’on a pas eu une symbiose de tous les instants, la note d’émotion sur la fin et ce personnage au grand cœur m’a quand même plu dans son imperfection. Je serai curieuse de lire la suite de ses aventures, d’autant plus que je viens de voir que notre héros badass va se retrouver dans l’univers des bikers. Je serai plus exigeante aussi. Mais j’ai hâte de continuer l’histoire…A noter que le prochain tome est annoncé pour septembre, donc il nous reste peu de temps, avant de voir revenir en grande fanfare, l’énergie palpitante et controversée de Anthony Neil Smith.

Les rêves de zombies étaient les pires. Chaque fois que j’en faisais un, je me réveillais le lendemain en me disant que le monde était plus dangereux que je ne l’avais initialement pensé.

Ma note Plaisir de Lecture sticker-fee-libellule 7/10

Remerciements: 

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Carnets clandestins, Nicolàs Giacobone.

Carnets clandestins par Giacobone


Synopsis:

Le premier roman du scénariste de Alejandro G. Iñárritu : un irrésistible tour de force.Santiago Salvatierra, le plus grand réalisateur d’Amérique latine a kidnappé son scénariste, Pablo Betances, qu’il tient emprisonné dans la cave de sa maison. Il ne le relâchera que lorsqu’il aura écrit un chef-d’œuvre, le film qui va changer l’histoire du cinéma. Provocant, insolent, irrésistible, mais terriblement humain, Nicolas Giacobone nous offre une satire impitoyable du milieu du cinéma et du monde moderne. Rien n’échappe à ce premier roman d’une virtuosité impressionnante.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Un huis-clos entêtant.

Pablo Betances est un homme encavé. Séquestré dans un espace réduit et tenu de rendre un travail d’écriture sous la menace d’un réalisateur complètement barge. Santiago Salvatierra lui demande rien de moins qu’un chef-d’oeuvre qui bouleversera le cinéma mondial. Et pendant ce temps, il le retient prisonnier dans des conditions de vie plus ou moins extrêmes. La date butoir arrive, la pression monte, l’angoisse de la page blanche fait rage, et ses Carnets clandestins, que l’on tient dans nos mains, sont le dérivatif de Pablo, à cet enfermement forcé. Le seul moyen pour lui, de ne pas perdre l’esprit et la petite étincelle d’écrivain. De s’évader par son art. C’est diablement efficace comme thriller. Une tension de tous les instants, une obsession dévorante et cet enjeu démesuré crée une atmosphère délirante, et pour nous, lecteurs, un moment de lecture exceptionnel. Nicolas Giacobone nous a concocté un roman fabuleux, pour tous les amateurs d’adrénaline.

Le cahier est désormais le maître de mes heures solitaires.

▪️Écriture et obsession.

Il se peut que vous ne voyez jamais cette chronique, parce que comme Pablo, j’ai la furieuse envie de tout balancer à la corbeille, une fois que j’aurai aligné sur mon carnet, les mots et les émotions. Mon carnet. Mon obsession. Ou bien la sienne. Parce que finalement, il la raconte si bien cette tension, que tu ne sais plus qui est lui, eux ou nous. Qui est là, plus là, où se situe la réalité et la fiction, le talent ou la médiocrité, où s’en vont les mots et qui les fera vivre…Ne reste que l’envie d’écrire. Le désir brut d’écrire. Pas pour partager, être lu ou admiré, non: écrire pour exister. Mais, cette envie est souvent troublée par une souffrance intérieure et profonde. Et en cela, cette douleur est racontée avec une puissante énergie qui frôle le génie. Insolent et sans compromis. Brillant et sans langue de bois. Juste l’émotion et l’intimité d’un écrivain. On pourrait croire que écrire un scénario pour le cinéma ne soit qu’une petite affaire mais quand l’ambition est grande, démesurée, et bien tout le processus d’écriture devient un cercle infernal, ou doute et confiance viennent foutre un chaos impossible, le temps des mots posés sur le papier. Il se peut que par le plus grand des hasards, vous tombiez sur ses Carnets clandestins, précipitez-vous, ne laissez pas le temps  Pablo de tout caviarder en un seul clic, ça serait tellement dommage.

J’écris parce que c’est la seule chose que je sais faire.
La seule façon d’exister quand on n’existe pas.
Quand j’arrête de taper sur ce clavier, je ne suis rien.

▪️Brillant!

J’ai carrément adoré! Plus que cela même, j’ai été soufflée par le fond et la forme de ce roman. J’ai trouvé qu’il était brillant, juste ce qu’il faut d’insolence, d’impertinence et de génie jusqu’à la dernière page tournée. Addict du style et des vertiges d’émotions que Nicolas Giacobone réussi à implanter dans son thriller. Pendant cette lecture, une envie folle d’écritures, de lectures, de cinéma et de caféine. En bref, juste un coup de coeur!

 

Je n’en ai rien à foutre, de l’argent.
Je n’ai jamais écrit en pensant à l’argent.
Je n’ai jamais imaginé qu’un des trucs que j’écrivais pouvait rapporter de l’argent.
Le bénéfice d’écrire était dans l’acte même d’écrire.

 

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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