Rouille, Floriane Soulas.

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Synopsis:

Paris, 1897. De nouveaux matériaux découverts sur la Lune ont permis des avancées scientifiques extraordinaires. Mais tout le monde n’en profite pas ! En dehors du Dôme qui protège le centre urbain riche et sophistiqué, le petit peuple survit tant bien que mal. C’est dans une maison close sur l’un de ces faubourgs malfamés qu’a échoué Violante, prostituée sans mémoire. Alors qu’elle se démène pour trouver son identité dans un monde dominé par les hommes et les puissants, sa meilleure amie disparaît dans d’atroces circonstances. Contre la raison, la jeune femme décide de prendre part aux investigations…

Ce que j’ai ressenti:

Et si par une étrange magie, on se retrouvait en uchronie, dans un Paris revisité du XIXe siècle, au cœur de la misère, à suivre les pas d’une Duchesse, pas tout à fait, comme les autres? Ça vous tente?…Violante, amnésique et rebelle, tente de conquérir sa liberté et son passé, mais rien n’est moins sûr que la minute suivante dans ce monde corrompu et ces quartiers malfamés…Même avec de la détermination, il ne lui sera pas facile de se libérer de ses chaînes, et pourtant, elle devra composer avec ses alliés et ses ennemis, les jalousies et les mystères qui l’entourent, les disparitions soudaines et les meurtres horribles qui font frémir les bas-fonds de la capitale…

Hors des Jardins, elle respirait enfin librement.

C’est avec plaisir que j’ai plongé dans l’univers Steampunk de Floriane Soulas, et j’en ressors avec des saveurs métalliques en bouche. La Rouille faisant sans doute, encore ses ravages…J’ai regardé Les Jardins Mécaniques et son fonctionnement étourdissant pour ses jeunes femmes paumées, j’ai senti la détresse de ces enfants des rues dont tout le monde se fout éperdument, j’ai eu des frissons rien qu’à penser à ce serial killer redoutable qui hante la ville…Bref, j’ai aimé cette ambiance sombre et cette proposition d’enquête originale. C’est un Paris sans paillettes, un Paris peu reluisant, même si on se retrouve à la Belle Époque, certains souffrent dans un silence indifférent, pendant que d’autres regardent vers la lune et ses projets scientifiques d’avenirs. Violante de par sa position de favorite, évolue entre ses deux mondes, et avec sa sensibilité à fleur de peau, on ressent toutes les inégalités des classes sociales.

De la rouille. Ça vient d’arriver sur le marché. Ça a peu ou prou les mêmes effets que l’opium, notamment sur la mémoire. Il paraît qu’avec, on peut se rappeler sa propre naissance. La meilleure came du marché.

Rouille est un roman qui a su m’emporter dans un autre temps, un autre espace… J’ai plutôt bien aimé cette ballade dans ce monde imaginaire. Rouille a un certain potentiel et laisse présager de futurs romans très intéressants dans la même veine. Même s’il m’a manqué dans cette lecture, un certain attachement envers les personnages et un peu de profondeur parfois dans les thèmes abordés, je suis persuadée que Floriane Soulas est une auteure à suivre de près! Elle a su créer une atmosphère riche et captivante entre rétro et futur, qui m’a vraiment happée. Et sinon, je suis absolument convaincue par le talent fou de Aurélien Police: j’adore cette couverture!

La science n’attend pas.

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Charlotte ainsi que les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Autobiographie du rouge, Anne Carson

Synopsis:

L’Autobiographie du rouge est un « roman en vers » d’Anne Carson, inspiré de la figure mythologique de Géryon, présente dans les fragments lyriques du poète grec Stésichore. Traversé par un profond souffle épique, ce « roman en vers » est tout à la fois matière épique, rhapsodie, roman initiatique, journal intime, épopée lyrique et carnet de voyage amoureux. Géryon, jeune garçon et monstre rouge ailé, livre les tourments de son âme dans ce récit autobiographique, qu’il commence à l’âge de cinq ans. Autobiographie d’un être hors norme, à l’apparence monstrueuse et aux fêlures si profondément humaines. En grandissant, Géryon échappe à l’emprise d’un frère abusif, et trouve du réconfort derrière l’objectif de son appareil photo et dans les bras d’un jeune homme nommé Héraclès, un cavalier vagabond, qui embrase son coeur et l’abandonne à son désespoir. Lorsqu’Héraclès resurgit dans sa vie des années plus tard, Géryon s’embarque dans un voyage en Amérique du Sud à ses côtés.

Ce que j’ai ressenti:

➖C’est le moment du volcan➖

Soit je mentirai, soit sinon non.

C’était un monstre rouge avec des ailes

Mais peut-être pas, peut-être qu’il

Était là. À se frotter les ailes.

À se calciner sous nos yeux.

♦️L’aube. Le rêve.Le monde♦️

Il s’appellerait Geryon. Il y avait

De la tragédie grecque et un peu

De Troie. Pas d’Helène mais des

Patiences rouges, des aveuglements

Et des désirs encombrants.

♦️Les gouttes. Les auvents. Les brises♦️

Soit Elle était là, soit elle ne l’était

Pas. Mais il nous faut une réaction

Puisque il est parti et qu’il est

Revenu. Peut-être qu’il n’existe pas

Vraiment. Le rouge.

♦️L’assaut. L’intervalle. L’espace♦️

Une réaction en rouge. Rouge Rubis

Rouge-Rouge-rouge dans la nuit

Que ça bouge dans le cœur

Que ça bouge dans les rimes

Que ça s’enflamme au bord des lignes

➖C’est le moment volcan➖

Soit je mentirai, soit sinon non.

Des romances de ce genre, c’est

Follement exaltant. Même si les

Crépuscules se fanent et que

Le temps laisse des interrogations

Il y aura toujours des poèmes

LOVESLAVE

Pour te rappeler que les rêves sont

Flammes -Rouge Lave- immortels.

♦️La poussière. La marque. L’odeur♦️

Soit je serai excoriée dans ma peau

Soit je serai au rebord de ce que je peux

Aimer.

Soit j’aurai le sang qui boue

Et si je te disais ce que ça fait d’être

Une femme qui écoute dans le noir

Soit je te parlerai de mes ailes qui se

Resserrent, resserrent, resserrent

Soit je te dirai que j’ai des brûlures

Mais ne t’inquiète pas

« -C’est juste des brûlures de souvenirs! »

Puisse-tu découvrir l’intensité de

L’autobiographie du rouge

Puisse-tu découvrir l’homme de lave

Puisse-tu découvrir ton cœur brûler

Avec lui.

Soit j’aime ce monstre ailé aux fêlures

Profondément humaines et Rouge.

Soit j’ai la fureur d’aimer l’audace

D’Anne Carson

Soit sinon oui,

J’ai eu un coup de cœur. Rouge.

Avec les éruptions et la lave

Qui coulent dans mes veines.

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Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier L’Arche éditeur pour leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut un coup de coeur vibrant!

Ce lien entre nous, David Joy

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Synopsis:

Caroline du Nord. Darl Moody vit dans un mobile home sur l’ancienne propriété de sa famille. Un soir, alors qu’il braconne sur des terres voisines, il tue accidentellement un homme. Lorsqu’il réalise qu’il s’agit d’un membre du clan Brewer, connu dans cette région désolée des Appalaches pour sa violence et sa cruauté, il craint pour sa vie et celle de ses proches. Une seule personne peut l’aider : son meilleur ami, Calvin Hooper. Mais Dwayne Brewer, à la recherche de son frère disparu, a vite fait de remonter la piste jusqu’à Darl et Calvin. Pour eux, le cauchemar ne fait que commencer. Avec ce roman poignant comme une chanson de Springsteen, David Joy nous livre un nouveau portrait noir et sans concession des Appalaches. Quelle rédemption pour ces régions violentes et magnifiques, bénies par la nature, mais réduites au désespoir ? Seul un grand écrivain est capable de nous donner une réponse.

Ce que j’ai ressenti:

Je m’accroche à la brillance de l’étoile montante David Joy. Il fait partie de mon ciel, de mon univers du Noir dans lequel j’adore me retrouver. Je me consume d’admiration à chaque nouveau roman. Je ne sais pas s’il y a Ce lien entre nous, mais chaque année, je me fais une joie de découvrir l’histoire qui me mènera sur des chemins brumeux, quelque part en pleine nature, où la violence et la beauté se rencontrent et font des étincelles. Les Appalaches ont quelque chose de fascinant, de vraiment fascinant et magique, et grâce à la plume intense de Joy, je saisis un peu de l’ambiance de ces lieux. Ces immensités donnent le vertige et ont une force d’attraction terrible: elles peuvent même faire trébucher les hommes, endurcir leur cœur, les mener sur des pistes animales, les faire prendre les chemins du désespoir…Les Appalaches sont aussi splendides que dangereuses, et avec cette histoire de vengeance, le cadre naturel prend encore plus d’espace et pesanteur. Jusqu’à saisir une certaine conscience…

Il avait toujours été dérouté par le fait qu’une telle cruauté puisse survivre au milieu de tant de beauté. Pourquoi avait-Il imposé au monde une telle souffrance?

C’est une histoire d’hommes, ni bon ni mauvais, mais qui prennent des décisions irréversibles. Rien n’est jamais évident dans ces choix, mais ça les fait dévier de leurs destinées de manière irrévocable. Alors, bien souvent il faut jouer avec de nouvelles règles que l’autre nous impose. Des balles perdues aux refuges cachés, de l’amour enfoui à la rage dévoilée, de la volatilité à la fumée, dans leurs quotidiens de misère rien ne sera jamais plus pareil, parce qu’on leur a enlevé leur essentiel. Mais jusqu’où peuvent-ils aller comme ça? Jusqu’à quel enfer vont-ils se confronter? Jusqu’à quel trou vont-ils se regarder? Le face à face est inévitable, puisque chacun à y perdre…Je vous laisse découvrir ce roman noir tout à fait remarquable…

Il y avait de la magie dans ce monde.

J’ai adoré. Encore une fois, David Joy nous fait vibrer, nous emmène avec talent et sensibilité, au plus près de l’âme humaine, dans ce qu’elle a de pire et de meilleur aussi. Vous ne pouvez pas savoir à quel point ça me déchire le cœur, mais comme j’aime cette sensation aussi, profondément. Il nous dévoile la force et la fragilité des hommes, les merveilles de la nature et son éclatante beauté. Je ne me lasse pas de sa manière de nous raconter le monde quand il s’ouvre et se referme, je ne me remets jamais tout à fait de sa façon de nous mettre en lumière avec autant de poésie, le cœur brisé des hommes…Bref, je ne sais pas s’il y a Ce lien entre nous, mais je me fais une Joy, de lire ses romans…

Tout ce qu’il aimait s’était dissous dans ses bras, et le monde était désormais vide.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Croire au fauves, Nastassja Martin.

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Synopsis:

« Ce jour-là, le 25 août 2015, l’événement n’est pas : un ours attaque une anthropologue française quelque part dans les montagnes du
Kamtchatka. L’événement est : un ours et une femme se rencontrent et les frontières entre les mondes implosent. Non seulement les limites
physiques entre un humain et une bête qui, en se confrontant, ouvrent des failles sur leurs corps et dans leurs têtes. C’est aussi le temps du
mythe qui rejoint la réalité ; le jadis qui rejoint l’actuel ; le rêve qui rejoint l’incarné
. »

Ce que j’ai ressenti:

Il n’a pas voulu te tuer, il a voulu te marquer. Maintenant tu es miedka, celle qui vit entre les mondes.

Ça aurait pu être moins violent, mais alors, ça n’aurait pas eu la même résonance. Ça ne m’aurait pas tant affectée. Ça ne m’aurait pas tant « marquée ». Ça ne me disait trop rien avant, cette notion d’animisme. Et là, ça m’a traversée de part en part. Ce n’est pas tant la morsure, c’est plus ce phénomène étrange où tu ressens cette connexion. Une connexion avec le fauve. Ça aurait pu être qu’un doux rêve, mais ça n’aurait pas rempli alors, chaque atome de ton corps, chaque synapse de ton esprit, chaque parcelle de ton âme. Il fallait un choc. Ni un accident, ni un cauchemar, plus de l’ordre d’une nouvelle naissance ou d’un don d’amour féroce. Croire aux fauves est un choc de cette ampleur. Tellement intense que tu ne t’en remets jamais tout à fait, tellement vivant que tu ne peux plus jamais ordonner les limites. C’est un avant-après qui désoriente tout. Et c’est tellement mieux comme ça! Perdre ses repères pour que ça vienne de remuer à l’intérieur comme jamais auparavant, pour te relier au vivant. Te Relier à l’équilibre instable entre la vie et la mort, où l’animal sauvage peut entrer et communiquer dans une langue qui n’a pas de mots, qui a juste des crocs…Il me fallait un choc violent, sinon, tout cela n’aurait pas eu lieu, ce sentiment fort d’avoir lu un livre exceptionnel.

Je veux du sombre, une grotte, un refuge, je veux des bougies, la nuit, des lumières douces et tamisées, du froid dehors, du chaud dedans et des peaux d’animaux pour calfeutrer les murs.

Parce que cette anthropologue a été attaquée par un ours, il nous en reste une expérience unique de lecture… Quelque chose entre la résilience, le pardon, la force et la libération. C’est sensible, poétique, presque intuitif, incroyablement sensoriel, étonnamment instinctif. La plume de Nastassja Martin est puissante. Elle t’arrache de la chair, des pleurs, des mots, des préjugés pour te faire comprendre le pouvoir grandiose de l’esprit animal. Croire aux fauves. Croire à cette interaction. Et puis, la laisser faire son chemin en toi…J’ai fait silence en moi, et je peux vous dire que j’ai pu Croire aux fauves au-delà des limites physiques, et revenir de cette lecture avec l’empreinte d’un ours sur le cœur…Une fusion.

Pour continuer à vivre, il ne faut pas penser aux mauvaises choses. Il n’y a que l’amour qu’il faille nous rappeler à nous.

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Ma note Plaisir de Lecture 10/10

La Petite Sonneuse de cloches, Jérôme Attal.

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« J’entendis le bruit d’un baiser, et la cloche tinta le point du jour. »
Cette petite phrase des Mémoires d’Outre-Tombe est peut-être un détail, mais son écho hante encore le professeur Joe J. Stockholm. Qui est donc cette petite sonneuse de cloches de l’abbaye de Westminster qui, lors de l’exil de Chateaubriand à Londres, séduisit l’écrivain ? Existe-t-elle seulement ? Fauché par la canicule, le professeur ne le saura jamais. C’est son fils, Joachim, qui, reprenant le flambeau paternel, grimpera dans l’Eurostar à la poursuite du grand homme, sur les pas vagabonds d’un cœur amoureux…

Ce que j’ai ressenti:

La naissance d’un amour, c’est une faim qui ne se trompe par aucun subterfuge.

L’Amour, l’amour, l’amour…Vaste sujet et toujours autant de mystères et d’encre usée sur des pages oubliées…Mais voilà que s’emmène la mort et un fantôme, un baiser et un fils endeuillé…Et voici, comment s’emmène aussi, les frasques d’amour de Chateaubriand sur les cahiers d’un éminent professeur Joe J. Stockholm..Et voilà que tinte le point du jour….C’est une très jolie poursuite amoureuse qui s’invite en ces pages… C’est un plaisir euphorisant de se jeter précipitamment dans ce voyage dans le temps, au coeur des livres, à la recherche de cette adorable jeune fille, La Petite Sonneuse de cloches de l’Abbaye de Westminster. Bref, c’est de l’amour et c’est joliment raconté. Ça donne des ailes et des envies d’évasions. Ça rend curieux et téméraire les baisers doux, et on se prend d’élan romantique en suivant ainsi Joachim dans ces errances historiques et ses furetages en bibliothèque…Mais existe-t-elle vraiment cette Petite Sonneuse de cloches, ou n’est-ce qu’un délire éphémère d’un poète?

On retient pour toujours ce qui nous échappe à jamais. Quel sombre paradoxe.

On peut carrément parler de magie. Un enchantement même. Je me suis laissée séduire par la tendresse de cette histoire et la plume poétique de Jérôme Attal. Charmée donc, par l’effet de miroir de l’intrigue et ce baiser chargé de mystère, par l’infusion du thé et tout ce qui fait l’élégance des premiers émois amoureux. Je me réjouis qu’un détail aussi infime, au détour des Mémoires d’outre tombe, nous conduise ainsi à Londres, entre passé et présent, sur les traces d’un amour hypothétique à raviver…Juste pour le plaisir. Juste pour retrouver l’émotion d’un commencement et d’une promesse d’avenir radieux. C’était tellement tendre…

Mais un souvenir peut-il seulement être agréable ? Un souvenir n’est-il pas chargé en essence d’une dose de mélancolie qui en corrode obligatoirement le caractère agréable ?

Ce livre, c’est doux comme un baiser. Je ne me lasse pas du romantisme, de la douceur, de la culture, de la poésie…À mon sens, ce sont des impulsions indispensables à nos vies. C’est pourquoi je vous recommande cette lecture! Moi aussi, j’en suis réduite à penser que je ne suis « qu’un corps réduit à un cœur qui bat »… Parce que ce livre, c’est comme un battement de cœur, un souffle de poésie, on ne peux décemment pas y résister, non?!

Rien de plus éternel que de partager un moment vivant.

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement la Team Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre!

Pocket

Hourra l’Oural encore, Bernard Chambaz.

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Synopsis:

L’hiver en train, l’été en car, Bernard Chambaz a parcouru l’Oural, territoire méconnu, frontière entre l’Europe et l’Asie. Un voyage qui doit à son amour de la Russie et de son peuple, mais aussi à la puissance des livres.
Parmi eux, il y a le recueil oublié et décapant d’Aragon, Hourra l’Oural, l’ombre de Pasternak et du docteur Jivago, et enfin l’ombre plus noire de Chalamov et du goulag. On vérifiera avec l’auteur que les statues de Lénine n’ont pas toutes été déboulonnées, loin de là, et que si on a pu évoquer la fin de l’homme rouge, l’homo sovieticus tend à devenir pour les jeunes générations un objet, sinon un sujet de folklore…
Dans ce récit de voyage peu ordinaire, on croisera des météorites, on suivra une enquête sur la disparition étrange de géologues il y a cinquante ans, on échappera à un accident d’avion, on découvrira un jeune Eltsine explorateur sans peur, on verra des camions rouler sur la Kama gelée, on visitera le camp de Perm-36 et les monastères de Verkhotourié, on sillonnera Ekaterinbourg sur les traces des Romanov, on découvrira Tcheliabinsk et son formidable musée des tracteurs à défaut de la centrale nucléaire de Majak, avant d’admirer sous un ciel gris et déjà froid la modernité de la capitale bachkire.

Ce que j’ai ressenti:

Nous avons le temps, nous avons tout le temps devant nous, si l’on peut dire, mais il faut quand même se presser pour ne pas rater l’heure du départ.

Et si on partait voyager un peu différemment, un peu autre part pour une fois? Partir vers la poésie, vers la Russie: faire un voyage semblable à nulle autre pareil?! Alors tentés? Parce que ce livre, c’est exactement ça, un récit de voyage vivant, vivifiant même, fait de multiples détails et de grands espaces à saisir du regard, d’heures gagnées à frôler la frontière entre l’Europe et l’Asie… Une évasion captivante entre paysage, littérature et Histoire. C’est passionnant et bien sûr, qu’on en voudrait encore et encore! J’ai adoré suivre Bernard Chambaz et son amoureuse dans leur excursion au cœur de l’Oural, comprendre ce qui fait la beauté de ces lieux, sentir la richesse d’une culture. Des sensations aux ciels changeants, des monuments aux histoires ravivées, la Russie et son peuple dévoilent ses charmes à ceux qui prennent le temps et empruntent ses chemins méconnus. C’est génial de pouvoir avoir ce genre d’expérience de lecture par un passionné érudit. Tout est rencontres et rendez-vous, manqués ou réussis d’ailleurs, pluvieux ou audacieux, charmants ou poétiques, mais tout y est authentique.

Il n’y a pas de nuit, même pénible, qui ne mène à l’aurore.

Le seul bémol pour moi, mais c’est très personnel, c’est mon manque de culture générale sur l’art et la littérature russe. Il y a des tas de clins d’œil, des allusions, des références et des histoires qui m’ont forcément échappé…Mais, L’avantage, c’est que je sais maintenant ce qu’il me reste à faire: Lire et partir au devant de l’Oural. Et ça tombe bien, j’ai envie de voyage, de froid, d’Histoire et de poésie, d’aller sur les traces d’Aragon…Je veux des émotions liées à ces endroits chargés de mémoire, être attentive à la faune et la flore, me familiariser avec les us et les coutumes de ce pays fascinant. Donc finalement, ce qu’il m’en reste de ce récit de voyage, et c’est joli comme ça, c’est l’ouverture sur un nouvel horizon et la promesse de belles heures à venir…À voyager à travers les images, les légendes et peut-être entreprendre aussi ce voyage…Hourra l’Oural encore, emmène-moi voir tes merveilles!

« A présent, pour savoir ce qu’est la Russie d’aujourd’hui, il faut absolument y voyager soi-même. »

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Paulsen pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Editions Paulsen

Trencadis, Caroline Deyns.

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Synopsis:

«Je montrerai tout. Mon cœur, mes émotions. Vert – rouge – jaune – bleu – violet. Haine -amour – rire – peur – tendresse.»

Niki hait l’arête, la ligne droite, la symétrie. A l’inverse, l’ondulation, la courbe, le rond ont le pouvoir de déliter la moindre de ses tensions. Délayer les amertumes, délier les pliures : un langage architectural qui parlerait la langue des berceuses. Aussi vit-elle sa visite au parc Güell comme une véritable épiphanie. Tout ici la transporte, des vagues pierrées à leur miroitement singulier. Trencadis est le mot qu’elle retient : une mosaïque d’éclats de céramique et de verre. De la vieille vaisselle cassée recyclée pour faire simple. Si je comprends bien, se dit-elle, le trencadis est un cheminement bref de la dislocation vers la reconstruction. Concasser l’unique pour épanouir le composite. Broyer le figé pour enfanter le mouvement. Briser le quotidien pour inventer le féérique. Elle rit : ce devrait être presque un art de vie, non ?

Ce que j’ai ressenti:

Ceci est un bonheur possible. Ce n’est pas du faux, du fake, du toc…C’est une grande artiste qui voit le monde en couleurs, qui se pare de ses plus belles émotions, qui défie la norme et les conventions. Alors bien sûr, il te vient des couleurs à toi aussi, des vagues et des ondulations, des arc-en-ciel au cœur, du Trencadis à l’âme. T’as envie de casser de la vaisselle et de t’essayer à la mosaïque, à un autre art de vie, à la créativité sans limite…Parce que Niki de Saint Phalle est une femme remarquable, rebelle, insoumise, avant-gardiste, marginale, féministe, et surtout admirable: tu te surprends à l’aimer, en dépit de tout. C’est à prendre ou à laisser. Comme le bonheur, un peu-Et j’en ai tout pris: Le Vert-rouge-jaune-bleu-violet. Tout ce qui fait la vie, avec ce qu’il faut de Haine-amour-rire-peur-tendresse. J’ai délaissé un temps le noir et le blanc, parce que j’avais mal dedans ces deux couleurs autant qu’elle. Une femme aussi entière, aussi vraie, aussi forte, aussi passionnée dans ses contradictions et ses convictions, c’est tout de même une belle rencontre que je ne suis pas prête d’oublier!

J’y mets du cœur, et de l’ardeur.

Je ne lis que très peu de biographie, mais celle-ci avec cette construction originale et particulière, m’a vraiment captivée. J’ai aimé ce côté fou, déstructuré, émotionnel, fragmentaire. Je ne pensais pas autant m’investir dans l’univers artistique, la chair et le cœur de cette Nana extraordinaire. Caroline Deyns nous offre un portrait de femme passionnant et j’ai hâte maintenant d’aller voir de plus près les œuvres de cette artiste à fleur de peau. J’aimerai me promener dans ce fameux Jardin des Tarots, histoire de voir de mes yeux, cette sensibilité propre à Niki de Saint Phalle. J’ai été conquise par cette façon d’aimer autant la vie et l’imperfection, les courbes et les couleurs, le rire et la liberté. Une femme inspirée et inspirante. L’Art la sauve des traumatismes et l’emmène vers des hauteurs épanouissantes. C’est un bonheur de lire ce Trencadis, d’aller se frotter à son imaginaire, de découvrir la sphère de son rêve. Je vous recommande cette lecture, de tout mon cœur.❤️

Que comprends-tu de moi mon amour?

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Quidam Éditeur pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Soleil de Cendres, Astrid Monet

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Synopsis:

Sept ans après avoir quitté brutalement Berlin, Marika, une Française de 38 ans, revient dans la capitale allemande afin que son fils Solal rencontre son père, Thomas, un célèbre dramaturge. Elle accepte de les laisser seuls pour la nuit mais, le lendemain, leurs retrouvailles sont compromises car un tremblement de terre a coupé la ville en deux. Marika part à leur recherche.

Ce que j’ai ressenti:

Déjà, il y a comme une urgence. Plusieurs urgences, d’ailleurs, dans ce Soleil de cendres, à comprendre, à ressentir, à vivre au travers de cette plume puissante. Une urgence climatique en priorité, mais aussi une urgence respiratoire autant que poétique. Une urgence de beauté avant l’inéluctable. Comme s’il fallait mettre des mots sur l’écrasante canicule qui foudroie cette ville, avant le chaos. Comme s’il fallait mettre du relief dans ce panorama de ruines avant l’extinction. Une urgence à regarder le monde bien en face, à se faire à l’idée qu’il est en souffrance. Un danger imminent se pressent dès les premiers lignes…Ce roman époustouflant a des accents de post-apocalyptique brûlant. On n’y respire pas bien dans ces pages, on manque d’air. Il y a des masques aussi sur les visages, et des cendres qui tombent. Des cendres par milliers. Des cendres et une chaleur à crever. Ça et le manque d’eau. Astrid Monet nous emmène dans un Berlin étouffant, -gris-noir-cendré-, et terrassé par une catastrophe naturelle. Et on sent l’urgence de toutes ces urgences vitales, à travers les yeux de trois personnages. Trois membres d’une famille éclatée mais qui pour trois jours, acceptent de recoller les morceaux. Sauf, qu’il y a ce matin-là, le drame.

La nature maltraitée mugit dans un désarroi infini.

Qu’on se le dise avec sincérité, c’est un coup de cœur. Plus que ça même, puisque j’ai été comme hypnotisée, transpercée, la bouche pleine de cendres mais au cœur, un plein soleil éblouissant…C’est un Berlin que j’ai adoré. Plus intense que ce que j’aurai pu rêver, un brin déchiqueté et noyé sous les décombres certes, mais avec une ambiance orageuse à couper le souffle…En fait, la force de ce roman, c’est cette plume très sensorielle, qui permet une projection dans la faille, au cœur même de cette catastrophe sans nom…Toutes les scènes de vie prennent de la profondeur au milieu de cette atmosphère asphyxiante, tous les petits détails deviennent beauté dans cet enfer de gris cendré. L’écriture de Astrid Monet est évocatrice, vibrante, renversante. Ça tombe sur moi, ça me touche, ça m’ensevelit, ça me submerge, et même encore, sous cette pluie de poésie couleur plomb, j’en voudrais encore des rayons exceptionnels de ce Soleil de cendres.

Mais c’est toute la ville qui se vide de sa substance moléculaire, de son âme, tandis que les cendres du volcan continuent de pleuvoir sur les premières ruines du tremblement de terre.

Je voudrai retenir longtemps le souvenir de cette ville, de cette course contre la mort, de cet amour inconditionnel d’une mère pour son enfant. Je voudrai retenir longtemps leurs prénoms. Je voudrai retenir plus longtemps encore, les sensations aussi fortes soient-elle, aussi dévastatrices qu’elles ont pu être sur mon cœur. Juste pour me rappeler encore l’émotion que j’ai ressenti à leurs côtés, je voudrai retenir ce livre. Entre rêve et réalité, entre horreur et douceur, entre l’Allemagne et la France, entre la vie et la mort, entre l’amour et le chaos, il y a une merveille. Soleil de cendres.

Sa voix électrique, hypnotique, transperce le ciel furieux de Berlin pour frapper dans le cœur de Marika. Il faut que ce cœur batte, d’amour, de vie, de colère, de rage.

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Agullo pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Un crime sans importance, Irène Frain.

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Synopsis:

« Les faits. Le peu qu’on en a su pendant des mois. Ce qu’on a cru savoir. Les rumeurs, les récits. Sur ce meurtre, longtemps, l’unique certitude fut la météo. Ce samedi-là, il a fait beau. Dans les commerces et sur les parkings des hypermarchés, on pointait le ciel, on parlait d’été indien. Certains avaient ressorti leur bermuda et leurs tongs. Ils projetaient d’organiser des barbecues dans leur jardin.
L’agresseur, a-t-on assuré, s’est introduit dans la maison de l’impasse en plein jour. On ignore à quelle heure. Pour trancher, il faudrait disposer du rapport du policier qui a dirigé les investigations. Malheureusement, quatorze mois après les faits, il ne l’a toujours pas rendu. ». Face à l’opacité de ce fait divers qui l’a touchée de près – peut-être l’œuvre d’un serial killer –, Irène Frain a reconstitué l’envers d’une ville de la banlieue ordinaire. Pour conjurer le silence de sa famille, mais aussi réparer ce que la justice a ignoré. Un crime sans importance est un récit taillé comme du cristal, qui mêle l’intime et le social dans des pages tour à tour éblouissantes, drôles ou poignantes.

Ce que j’ai ressenti:

Je dois aux livres ma victoire contre le silence.

Je ne suis pas la femme en manteau bleu-noir. Ce n’est même pas encore la rentrée. Il fait beau, juste. Ça sera le point commun avec ce samedi-là. Le beau temps et la tranquillité. Et puis, ça arrive. Le drame…Quelque chose de tellement degueulasse que t’as même pas les mots pour dire autre chose. Mais ça va rester Un crime sans importance. Parce que ça ne fait bouger personne ce « genre de choses ». Ils ne vont pas remuer ciel et terre pour quelques vieilles personnes qui perdent la vie avant l’heure. Ils ne vont pas mobiliser les troupes. Ce n’est qu’un dossier. Alors, sort l’écrivaine de l’ombre, Irène Frain, qui ne peux plus supporter ce silence, cet immobilisme de la justice, ce meurtre impuni…Un stylo contre l’inconcevable, c’est tout ce qu’il lui reste à cette femme au manteau bleu-noir…Ça et tout le chagrin de perdre une sœur dans l’indifférence la plus totale.

On aura les faits. Rien que les faits. Les mots qu’ ils mettent sur ça. Qui bien sûr, ne rend pas compte de la puissance de l’agression. Alors, on aura aussi, Irène Frain, qui va les écrire sur des carnets, en les accolant à ses sentiments. Pour rendre vivant son combat, enfoncer les portes closes, ouvrir des zones d’ombres, faire face aux démons, se consoler avec les revenants, s’investir, dépasser la male mort. Parce qu’ils ne lui laissent pas vraiment d’autres choix, avec leurs attentes interminables, leur travail bâclé, leurs problèmes de rentabilité, leurs petits chiffres à faire coïncider…Ils n’en ont peut-être rien à faire de Denise, mais on ne peut pas décemment pas, nous, ignorer maintenant ce meurtre. Oublier ce crime, ces crimes. Alors, c’est tout ce qu’il lui reste à Irène: un stylo contre le moche de la réalité, des mots forts et justes pour ne plus être entre deux mondes. Remette de l’ordre. Et de ces carnets, de cette douleur, il en ressorti ce livre très émouvant. Un livre qui débarque avec le beau temps. Quelque chose qui a dépassé la rage, la peine, le Noir Instant. Quelque chose qui s’amène comme une réparation.

À chaque fois, elle me touche cette auteure. Elle sait mêler réalité, imaginaire, intimité et force reconstructrice. À chaque fois, elle m’emporte avec elle. Où qu’elle aille. Je suis allée cette fois-ci, auprès de ses fantômes, un peu plus près de sa vie personnelle. Et j’ai été ébranlée. Fort. Et je piétine d’impatience pour que justice soit rendue. À Denise.

J’étais prise dans les rets de la male mort.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Alina Gurdiel, ainsi que les éditions du Seuil pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Ténèbre, Paul Kawczak.

Synopsis:

Un matin de septembre 1890, un géomètre belge, mandaté par son Roi pour démanteler l’Afrique, quitte Léopoldville vers le Nord. Avec l’autorité des étoiles et quelques instruments savants, Pierre Claes a pour mission de matérialiser, à même les terres sauvages, le tracé exact de ce que l’Europe nomme alors le « progrès ». À bord du Fleur de Bruges, glissant sur le fleuve Congo, l’accompagnent des travailleurs bantous et Xi Xiao, un maître tatoueur chinois, bourreau spécialisé dans l’art de la découpe humaine. Celui-ci décèle l’avenir en toute chose : Xi Xiao sait quelle œuvre d’abomination est la colonisation, et il sait qu’il aimera le géomètre d’amour. Ténèbre est l’histoire d’une mutilation. Kawczak présente un incroyable roman d’aventure traversé d’érotisme, un opéra de désir et de douleur tout empreint de réalisme magique, qui du Nord de l’Europe au cœur de l’Afrique coule comme une larme de sang sur la face de l’Histoire.

Ce que j’ai ressenti:

Quand et où arrêter cette errance d’art et de sang?

Les pieds dans la boue, les étoiles et le sang, je m’aperçois que tu me découpes, et je t’ai aimé, encore et encore, jusqu’à sortir hors du temps, hors de moi, hors de cette barbarie…J’aurai peut-être dû, moins t’en laisser, du cœur de moi…Parce que, vois-tu, Ténèbre, tu as tatoué des lignes et des mots sur ma chair qui font trop mal, de la poésie qui te balafre en dedans, de l’amour qui t’explose la cage thoracique, de la souffrance qui t’anime un effort de conscience, pour que rien ne soit jamais plus pareil…Ténèbre, tu es une fulgurance. Ma fulgurance. J’aimerai te relire et retrouver à chaque fois, l’étonnement et la fascination, que j’ai eu à te découvrir. Retrouver le plaisir presque charnel de tourner chaque page et d’être toujours aussi époustouflée par cette prouesse littéraire. Je te promets de retrouver les vertiges du désir, les délires de la fièvre, le pouvoir de l’évasion. Je ne craindrai pas le noir des jungles, la malaria ou la cruauté. Je revivrai chaque souffrance, chaque horreur avec le même œil. Je ne me lasserai pas d’essayer de comprendre comment les hommes peuvent en arriver à dépecer un pays, détruire leurs semblables, se perdre dans les affres du racisme, s’abandonner à une violence aussi extrême. C’était un carnage, cette colonisation. La terre du Congo en porte encore les traces. La Haine s’en rappelle encore. Les âmes perdues n’oublieront jamais…Et j’ai regardé ce morceau d’Histoire avec empathie pour toutes ces victimes… J’aurai du regarder moins fort, sans doute. Parce qu’il semble que la Ténèbre gagne mes yeux, ma tête et mon sang. Je voudrais que Xi Xiao me tatoue aussi, des galaxies, pour quitter la réalité abominable de la mutilation de l’Afrique. M’ouvrir aux étoiles comme Pierre Claes, pour supporter cette douleur. Tu vois, je n’ai pas peur de toi Ténèbre, je m’y abandonne, parce que toi, tu as tout donné sans fard, sans filtre et millions de litres de sangs versés. Derrière la boue, les étoiles et le sang, j’ai vu la Beauté. C’était tellement exaltant cette originalité, cette ivresse de sensoriel, cette extase de sensualité, cette transe hallucinatoire. J’aimerai ne pas te cacher, que j’y ai trouvé une parcelle de sublime. Avant que tout ne soit bientôt terminé, avant le silence. Laisse-moi te dire, tu me découpes peut-être, mais je vais toujours t’aimer Ténèbre. Jusqu’au bout. Je vais m’endormir alors, un peu plus morte. Un peu plus démantelée…Je retourne à la nuit….« Adieu mon amour ». J’ai eu un coup de cœur triomphant, souverain.

« Tu me découpes et je t’ai toujours aimé. »

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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