Fille, Femme, Autre Bernardine Evaristo

💐Ce que j’ai ressenti:

« on a tous une âme sœur dans ce monde »

si douze femmes nous racontent leurs vies, leurs émois, leurs combats, leurs intimités, leurs façons de voir la vie, leurs victoires et leurs espoirs

peux-t-on dire qu’on les aime comme des sœurs

est-ce que le mot Sororité va enfin résonner en nous

nous les femmes d’abord, mais nous, surtout humains, dans sa globalité avec ce que ça comporte de tolérance envers l’Autre, les autres

la différence en général

cela fait un moment que ce mot Sororité m’interpelle, m’attire, et que j’y projette de grandes espérances

alors avoir en main cette lecture c’est explorer la pluralité de ce courant féministe, l’afro-féminisme et d’en comprendre les enjeux ainsi que les douleurs de certaines souvent invisibilisées

ce roman est une révélation

un rythme et un poème

une alerte

quelque chose entre un battement de cœur audible et une émotion pure de la souffrance féminine tue

douze versions d’être une Fille Femme Autre c’est mettre en lumière une polyphonie vibrante de mots et d’idées sur un défi prioritaire contemporain

c’est également nous présenter de belles histoires de femmes qui entrecroisent leurs destins, et sont en quête de liberté et d’affirmation de soi

c’est également faire entendre les voix de ces femmes noires qui nous interpellent sur des questions existentielles, humaines et émotionnelles avant même, d’être des courants de pensées engagés

ce livre c’est une vague d’amour

une vague de douceur mais de colères dénonciatrices aussi

une vague d’entraide et d’intentions bienveillantes

une vague magnétique avec des questionnements sur le genre, le rôle et la condition féminine

une vague de poésie très contemporaine et originale qui touche direct les âmes

une lame de fond en Fille Femme Autre

-alors-

si douze femmes entrent dans le cercle de mes sœurs à la fin de cette lecture

est-qu’on peut dire que j’ai trouvé mon Autre?

« si nous ne les aidons pas, qui le fera »

Code 612, Qui a tué le Petit Prince? Michel Bussi

Ce que j’ai ressenti:

« Des énigmes, toujours des énigmes! Ce conte en fourmille. »

Et forcément, pour un auteur de thriller, comme Michel Bussi, c’est incroyablement stimulant! Forcément, irrésistible même! Le Petit Prince est une œuvre mondialement connue, mais et si, en fait, personne ne l’avait véritablement bien comprise, si derrière les énigmes se cachaient bien plus, que la douceur d’un conte de fée?…Code 612, c’est une autre lecture du Petit Prince, une autre manière d’approcher la légende, c’est une enquête passionnante autour du personnage charismatique et de son auteur Antoine de Saint-Exupery. Code 612, Qui a tué le Petit Prince, c’est plonger au cœur de l’histoire, décrypter l’invisible, soulever des mystères et des passions, et puis peut-être, un peu toucher les étoiles…

« On est responsable de ce que l’on apprivoise. »

Je voudrais être sûre que je puisse réellement être responsable de l’amour inconditionnel que je porte à cette histoire, mais on le sait bien, les sentiments sont fluctuants, et puis surtout, « on ne sait jamais qui apprivoise ». Et pourtant, quand je pense au Petit Prince, il me vient au cœur, comme une grande vague de tendresse et de nostalgie qui réconforte. Je voudrais être sûre que si réellement je relisais maintenant Le Petit Prince, après la lecture de Code 612, Qui a tué le Petit Prince, il me restait encore intact, la magie de son enchantement, je sais que j’aurai aussi, il me semble, un œil avisé sur les multiples détails et phrases à double sens qui peuvent m’emmener sur d’autres rives. C’est drôle parce que le chemin du Petit Prince à Marseille, je l’ai emprunté il n’y a pas si longtemps, et encore une fois cette histoire de vagues, est venue faire son écho en moi, la nostalgie et la tendresse mêlée, qui vient et qui repart, à l’instar du roulement de la mer qui aurait emporté cet écrivain emblématique…Mais qu’est-ce qu’il va me rester, à la fin? L’énigme résolue ou la liberté d’y croire? Je préfère encore laisser au vide et au silence, cette réponse…

« On ne signe qu’avec son sang. »

Je signe donc avec le mien de sang, que ce livre est un coup de cœur. Merci Michel Bussi, d’avoir réveillé la passion, l’intérêt, la curiosité, le mystère, toutes ses choses intimes qui nous rappellent que la vie est précieuse. Je voudrais faire partie du Club, rejoindre tous ses passionnés-collectionneurs, être à nouveau émerveillé par la beauté d’une rose ou celle d’une étoile, avoir encore au cœur, la mer qui monte, et savoir dessiner à un enfant, la trace d’un Essentiel…Je suis encore émue par le souvenir et le secret d’Antoine, mais peut-être encore plus, par votre manière de réactiver la magie. Merci encore pour ce petit bonheur que vous nous donnez à lire, la beauté révélée, merci Monsieur Michel Bussi…

Aimer, c’est regarder ensemble

Dans la même direction.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Presses de la Cité de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Haine, José Manuel Fajardo

🔥Ce que j’ai ressenti:

« Alors tu ne sais rien. Tu crois savoir, ce qui est pire que l’ignorance. »

La haine. Certains sont allés dans son royaume et n’en sont jamais revenus. Certains ont fait des excursions rapides et en ont rapportés des textes sombres et des monstres effrayants. Certains vivent sur ces terres brûlées, et contaminent encore, le monde de son influence. La haine, ce sentiment d’une puissance extrême qui accompagne certaines personnes pour ne plus les lâcher, jusqu’à la fin. La haine est tenace, dévastatrice, maligne, insidieuse. Tu crois savoir mais tu ignores tout de son pouvoir. Tu ne sais rien de sa grandeur. Implacable, la haine. Multiple et fatale. Mais le pire, c’est que tu ne sais pas qui sera le prochain qu’elle va emmener avec elle. Qui va subir son envoûtement, sa domination parce que la haine, s’infiltre partout. Elle n’est pas sélective, pas un brin élitiste, la haine, elle ramasse tout. Tout lui va: les costumes, les bécanes, les accessoires, les manteaux, la nudité, la jeunesse…Elle s’adapte, la haine. Elle prend tout de tes petits et grands défauts, de tes peines, frustrations, conditions, peurs, colères, ressentiments, idées…Tous les objets contondants, canne ou bombe, lui conviennent…Elle s’adapte la haine, à l’époque, aux gens, aux courants, aux nouvelles sources de diffusions, aux anciennes rancœurs. Les histoires sur elle, la font rire la haine. Si toi, tu ne sais rien, elle, en revanche, connaît très bien le cœur sombre des Hommes, et elle se réjouit la haine, parce qu’elle va continuer de régner, la haine. Elle reste Reine depuis que le monde est monde, répandant le Mal, avec ferveur…Elle fera le prochain carnage et tu n’en sauras rien, tu es un ignorant face à elle, tu ne la vois pas, juste, tu constates son passage, par les dégâts qu’elle laisse derrière…Et, elle est déjà ailleurs, de toute façon, à séduire d’autres personnes, à sévir sur d’autres lieux, à prendre d’autres cœurs…La haine est baladeuse. Aujourd’hui, elle s’aide d’une canne de commandement, élégante et solide, superbement travaillée…

Ce court roman est incisif. Haine, c’est deux temps, deux villes, deux personnages, deux manières de comprendre la complexité de son emprise. En miroir, même avec des enjeux et des circonstances différentes, deux siècles de distance, deux cultures distinctes, on suit Harcha et Jack Wildwood se débattre et puis, succomber…Avec de multiples références littéraires, un objet symbolique, une ambiance mystérieuse, et tout ce qui réveille le démon en chacun d’eux, on suit de près la haine, ce sentiment si dévorant, dans une histoire prenante…C’est dérangeant mais l’auteur, José Manuel Fajardo, maîtrise le sujet avec brio, et nous entraine dans des ruelles obscures et des failles psychologiques, où il ne fait pas bon se perdre…Derrière la fiction et ces monstres de Classiques, il montre la réalité de la violence inouïe doublée d’un sentiment ravageur, et on se retrouve, impuissant, devant une telle déferlante furieuse…

Une lecture bouleversante.

Sa haine était devenue aussi naturelle que sa respiration, un sentiment dépourvu de toute connotation morale, une seconde peau dont il n’avait même pas conscience.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailié de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Feminicid, Christophe Siébert

Une chronique de Mertvecgorod

🩸Ce que j’ai ressenti:

« Comment en est-on arrivé là? »

Comment en est-on arrivé là, à cette indifférence du monde, devant tant de meurtres de femmes? Comment en est-on arrivé à cette vague de Feminicid? Comment expliquer un tel phénomène?

Un homme, Timur Maximovitch Domachev décide de mener une grande investigation, en vue certainement, d’un futur roman pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette série de meurtres atroces à l’encontre des femmes. Parce qu’à un moment, (on l’espère) certains devront répondre de leurs actes, devront rendre des comptes, pour qu’il y est réparation(s). En tout cas, c’est cette noble cause que ce journaliste défendra jusqu’à son dernier souffle. Reste donc, entre nos mains en plus de la question étrange de son « suicide », les pages de son manuscrit incomplet mais déjà fortement subversif, fait de multiples documents, annexes, témoignages, bilans chiffrés qui retrace la complexité d’un phénomène de tueries sans précédents…

Déjà, il faut comprendre que ces horreurs sont commises dans une ville rongée par le Mal. En parcourant Mertvecgorod, on est saisi par tout un engrenage de jeux politiques, de fièvre bestiale, de pauvreté chronique, d’hommes imbus de pouvoirs, de mélange de légendes urbaines et d’actes atroces commis en toute impunité, de corruptions et de misères. C’est aussi tout un réseau d’économies souterraines, de trafics en tout genre, de violences et d’horreurs. Mertvecgorod, c’est une ville pourrie de l’intérieur qui se nourrit, avec férocité, de folklore et d’obscurantisme, de sang et de chair fraîche. Autant vous dire que se promener dans ses rues, c’est se confronter à ce qu’il y a de pire en l’Homme…Et à chaque fois, presque inévitablement, c’est les femmes qui en pâtissent…

Malgré la noirceur et la décadence qui se dégage de ces pages, j’ai aimé l’audace et l’originalité de cette lecture. En effet, c’est une enquête journalistique truffée de textes de différentes natures, mais qui relève d’une véritable envie de justice pour ces femmes. Et puis, l’auteur laisse au lecteur, le choix de faire ses propres conclusions sur la portée de ce manuscrit inachevé. Je regrette de n’avoir pas lu le premier tome, Images de la fin du monde, pour saisir encore mieux de l’ambiance de cette ville soviétique imaginaire et corrompue, mais déjà cette chronique, particulière, accès sur les ravages du Feminicid à Mertvecgorod est fort intéressante. Parce qu’il joue entre passé et anticipation, l’auteur nous entraîne dans une dynamique de réflexions sur les dérives du pouvoir de l’État, sur les dangers du capitalisme, sur les théories du complotisme, sur les courants dévastateurs de la violence, tout en agrémentant des profondeurs de la terre, toutes les croyances surnaturelles qui font revenir la bête en chaque homme…

Et comme on le sait, la réalité dépasse toujours la fiction, j’ai été touchée de voir que ce livre est dédié aux victimes du féminicide de Ciudad Juarez. Comme un hommage et une dénonciation de ce phénomène de société inadmissible, l’auteur sensibilise, avec panache et une imagination débordante, sur un sujet d’actualité brûlant…

Et pour contrer cela, on espère que ce fameux virus imaginé de Christophe Siébert, ce « virus » de la bonté, de l’empathie, de la piété contamine le monde entier. Que la « blagocestie » soit contagieuse et partagée par le plus grand nombre!

« En vérité je vous le dis, contaminez-vous les uns les autres. »

Remerciements:

Je tiens à remercier Babelio ainsi que les éditions Au diable Vauvert pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

Replis, Emmanuel Quentin

🔖Ce que j’ai ressenti:

« Et regarde aujourd’hui: tout le monde aspire à l’immortalité mémorielle. »

C’est l’ultime but des Hommes, l’immortalité. Vaincre le temps, vaincre l’existence, vaincre au mépris de tout, cette poignée d’années aléatoires qui nous ait impartis. Quitte à se prendre pour des dieux, quitte à dénigrer le Vivant, quitte à y laisser un champs de ruines sur la planète…La seule raison de tout ça, c’est vaincre l’inéluctable: la mort.

Replis, c’est visionner une approche de cette immortalité plausible grâce au concept de l’Assimilation. Dans un futur proche apocalyptique et ravagé, l’Homme a réussi à contrer la fatalité de la mort, en transférant l’âme du parent dans celle de son enfant. Sauf, que cette fusion n’est pas au goût de tout le monde, et que ce genre de pratique n’est pas sans risques. Daniel Sagnes, refuse catégoriquement de se soumettre à cette expérience, étant donné la haine qu’il voue à son géniteur. Le gouvernement en place, en a décidé autrement, puisque ils ne peuvent se permettre de perdre l’élément-clef de leurs travaux de recherche. La traque peut alors, commencer…

Dans un monde corrompu et totalitaire, sur des terres à feu et à sang, et au milieu du chaos et de la misère, on est projeté au cœur d’une Guerre sans pitié. C’est le monde d’Après, avec un air irrespirable de désespoir et de cendres, des intelligences artificielles et des drones omniprésents, des vidéos virales et des clouds minés, des vérités digitales et des mensonges trafiqués, des secrets Défense et des attaques armées, dans un besoin constant de sensationnalisme et de mille et une théories du complot. « Ne croyez pas tout ce que l’on vous raconte… », c’est le moins qu’on puisse dire, puisque certains s’évertuent à vous balancer des fake news à-tout-va!…

On est vraiment lancé dans une espèce de réalité sombre contaminée par la violence et la tromperie, et ce maigre espoir d’avancée scientifique est un Mal beaucoup plus destructeur que ce qu’on pourrait croire…

C’était une lecture intéressante, qui fait réfléchir sur les valeurs de la transmission, de la liberté et de l’éthique. C’est un thriller énergique avec un héros qui détone, et suscite des sentiments contraires. C’est déstabilisant parfois, cet univers de rage et de paranoïa mais, cette forme de contrôle par l’État est peut-être encore plus flippante…Je vais donc tenter un Repli(s) en terre verdoyante, après cette virée désenchantée, et vraiment, tant pis, pour l’immortalité! N’allez pas croire tout ce que l’on vous raconte, il y en a qui se passerait aisément de cette envie de survivre par-delà le temps, si c’est, à ces conditions…

« Le temps n’adoucit rien. Il s’écoule avec une lenteur assassine. »

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Pocket Imaginaire de leur confiance et l’envoi de ce livre.

La Race des orphelins, Oscar Lalo

🩸Ce que j’ai ressenti:

Ce journal pour comprendre ce qui ne se comprend pas.

Je vous prie de faire silence, parce que certains mots sont plus durs à dire que d’autres, parce que certains souvenirs font plus mal que d’autres. Il faut du silence pour se rappeler, pour entendre la main qui écrit l’innommable, pour se réapproprier une mémoire. Il faut du silence pour faire tomber des murs. Il faut du silence pour les victimes.

Ce livre c’est un effort de mémoire. C’est de l’Histoire. C’est le journal intime de Hildegard Müller. C’est une plaie suppurante de l’Histoire. C’est une histoire de vies brisées. C’est une période de la Seconde Guerre Mondiale. C’est l’horreur. C’est une enfant née dans un Lebensborn. C’est une douleur qui se raconte à mi-voix, une souffrance mise bout à bout sur du papier, un puzzle entier de violences subies. C’est la recherche d’une identité après les ravages de la haine.

Faire appel à ces souvenirs, c’est réveiller l’horreur, la peur, l’irracontable, les cauchemars, l’incompréhension, la nuit, la guerre, le totalitarisme, la haine, les fantômes. Ce journal, c’est une envie de réparation, de vérité, de justice, de preuves, de documents officiels. C’est une blessure de sang. Ce journal, c’est un témoignage nécessaire pour ne pas oublier…

Ce livre c’est une prouesse. Un acte de courage. C’est mettre des mots là où certains ont imposé le silence. C’est une trace écrite pour ces enfants malheureux. La Race des orphelins, c’est une bien triste histoire dans l’Histoire de l’humanité.

Ce fut une lecture très éprouvante. Et j’ai pleuré en silence.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

La petite dernière, Fatima Daas

🌷Ce que j’ai ressenti:

Elle s’appelle Fatima.

Elle est femme. Elle est désorientée. Vous savez comme dans l’attraction du Palais des Glaces, cherchant son chemin dans ce labyrinthe des miroirs. Chaque nouvelle page, un nouveau miroir, une nouvelle confrontation entre elle-même et les exigences de la société. Chaque miroir, lui rappelant qu’elle doit se voir telle qu’elle est, tout en correspondant à des critères d’appartenances. Appartenance à un pays, une région, une communauté, une famille, une religion, un genre, un courant de pensée, une façon d’aimer. Et ça cogne. Elle se cogne forcément contre ses miroirs, parce que c’est trop de demandes, trop d’attentes, trop d’incohérences. Les miroirs en plus, déforment alors, elle se cogne, à ce trop-peu d’amour, de tendresse, de reconnaissance.

Elle s’appelle Fatima.

Elle cherche son identité. Son rôle, sa fonction, sa place. Mais ça coince. Au fur et à mesure, de son évolution personnelle, les chemins deviennent plus étroits, plus escarpés, plus éreintants. Il faut faire face aux silences, aux stigmatisations, aux jugements, aux violences, aux traditions, aux cancans, à la réalité. Ça coince la respiration, l’esprit, le cœur, la foi. Donc, on recentre et on réessaie, elle s’appelle Fatima, et en chaque répétition, c’est une manière de réfléchir et de déposer des mots sur des souffrances pour peut-être arriver à s’en libérer….

Elle s’appelle Fatima.

Elle ne savait pas que ça serait si difficile d’être femme, alors elle écrit cherchant dans ses miroirs, le chemin pour être elle-même. Libre, plurielle et aimante. Entre malgré et grace. La délivrance par l’écriture, La Petite Dernière (porte de) sortie de ce labyrinthe vitré oppressant…

« Psartek », Fatima Daas.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement William des éditions Le Livre de Poche pour sa confiance et l’envoi de ce livre.

➖Ils se disent➖

La soustraction des possibles, Joseph Incardona

⚙️Ce que j’ai ressenti:

« Quand ton cœur saigne, arrache-le » Tchekhov

Ceci est une histoire d’argent, heu non, d’amour. D’argent, parce qu’on est en plein essor des « winners ». D’amour, parce qu’il y aura toujours deux êtres un peu naïfs pour y croire encore. D’argent, parce que si on pert cette croyance, elle chute. D’amour, D’argent. De soustractions et de possibles. De gagnants et de perdants. De restes et de dividendes. Bref, un tas de joyeusetés mais surtout, des ambitions démesurées pour s’approprier. Pour s’approprier l’autre, le pouvoir, l’argent, la reconnaissance, l’amour et l’argent. Peu importe le prix. Et cela prend des noms et des concepts qui ressemblent à: corruptions, adultères, trahisons, violences…Car l’argent a ceci de terrible, c’est qu’il prend tout. Il remplit l’espace, le temps, l’air. Sans doute plus efficacement encore que l’amour. Mais Joseph Incardona a voulu quand mème nous raconter, une histoire d’amour dans ce milieu véreux de banquiers, de costumés, de rapaces, de ploucs, de truands, d’entrepreneurs et de voyous aux multiples visages. Une histoire d’amour, malgré cette obsession de l’argent. C’était ambitieux, autant que complètement addictif! Je n’ai pas pu lâcher ce roman! Parce qu’il y insère une pointe d’humour et de génie qui est hautement appréciable, sans compter qu’il y a une part belle de poésie très spéciale, tout en ayant une complicité assumée avec son lecteur. J’étais accro. Pas pour l’argent ou l’amour, non. Pour l’intelligence.

Vous l’aurez compris, ce livre est un coup de cœur. Parce que ce n’est pas qu’une histoire d’argent. Parce que ce n’est pas qu’une histoire d’amour. Non, c’est un panorama de l’univers complexe économique et social de la fin des années 80. C’est une observation fine et acérée du monde des finances et des conséquences d’un capitalisme carnassier. C’est les désirs qui font désordre. C’est le chaos dans lequel ils vont tous se vautrer, inévitablement. C’est tout, sauf de l’ennui! C’est aussi de la poétique, de l’espoir avec encore assez de possibles pour ajouter quelques moments rares de lecture exceptionnelle. C’était brillant, et puis ça reste. Pas comme l’argent. Pas comme l’amour…

« Parce que ça ne suffit jamais. (…) Le problème, avec la vie qui avance, c’est qu’elle soustrait les possibles. »

Remerciements:

Je tiens à remercier les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Bellevue, Claire Berest

🌸Ce que j’ai ressenti:

L’élévation est toujours plus difficile que la chute. Elle est pénible, demande des efforts, prend du temps. Tandis que la chute est rapide, facile, éclair, mais aussi séduisante. Affriolante, séductrice, fatale.

Bellevue, C’est l’histoire d’une chute. La chute d’une femme en 48h. J’ai été spectatrice impuissante pendant 160 pages, c’était à la fois dérangeant et frustrant, mais aussi d’une certaine manière, instructif, puisque cela dénonce un problème de société sous-jacent.

Bellevue, c’est une femme de trente ans qui d’auto-détruit, et qui ne cherche aucune aide. Qui ne souhaite ni la compassion, qui se soustrait à la condescendance, qui rejette la bienséance. Pour s’enfoncer dans une douleur sans nom.

Seulement parce que c’est le jour de son anniversaire. La fameuse trentaine.

La société est intransigeante avec les femmes, parce qu’elle prône un culte de la jeunesse, de la performance, du sexe, de la beauté. Des rôles presque impossible à endosser, des objectifs plus ou moins réalisables à atteindre. La charge mentale est monumentale. On peut facilement, y perdre la raison, tellement ses exigences sont impérieuses et contradictoires. Et c’est exactement ça dont il est question dans ce roman, cette multitude d’attentes folles et incompatibles avec le bonheur, qui pèse sur la gente féminine. Alma a une sorte de prise de conscience fulgurante, qui mêlée à une angoisse dévorante, va l’emmener à l’inévitable fracas.

J’ai été très touchée par cette lecture. Parce que c’est une autrice qui parle de la douleur des femmes. C’est un espace ouvert sur la souffrance de leurs corps, de leurs cœurs, de leurs esprits. Je suis femme, une femme dans la trentaine justement, et de ce fait, en voir une, lâcher prise, ça me fait mal. On est toutes concernées, du coup, on se prend la violence de cette chute en pleine tête. Bellevue, c’est un hurlement.

Reste à savoir, qui aura l’oreille attentive…

🌸« Qu’est-ce qu’être une femme de trente ans aujourd’hui? »🌸

Remerciements:

Je tiens à remercier William des éditions Le livre de poche pour sa confiance et l’envoi de ce livre.

Previous Older Entries Next Newer Entries

En Féérie, il brille quelques poussières…

Enter your email address to follow this blog and receive notifications of new posts by email.

Rejoignez 241 autres abonnés