Ténèbre, Paul Kawczak.

Synopsis:

Un matin de septembre 1890, un géomètre belge, mandaté par son Roi pour démanteler l’Afrique, quitte Léopoldville vers le Nord. Avec l’autorité des étoiles et quelques instruments savants, Pierre Claes a pour mission de matérialiser, à même les terres sauvages, le tracé exact de ce que l’Europe nomme alors le « progrès ». À bord du Fleur de Bruges, glissant sur le fleuve Congo, l’accompagnent des travailleurs bantous et Xi Xiao, un maître tatoueur chinois, bourreau spécialisé dans l’art de la découpe humaine. Celui-ci décèle l’avenir en toute chose : Xi Xiao sait quelle œuvre d’abomination est la colonisation, et il sait qu’il aimera le géomètre d’amour. Ténèbre est l’histoire d’une mutilation. Kawczak présente un incroyable roman d’aventure traversé d’érotisme, un opéra de désir et de douleur tout empreint de réalisme magique, qui du Nord de l’Europe au cœur de l’Afrique coule comme une larme de sang sur la face de l’Histoire.

Ce que j’ai ressenti:

Quand et où arrêter cette errance d’art et de sang?

Les pieds dans la boue, les étoiles et le sang, je m’aperçois que tu me découpes, et je t’ai aimé, encore et encore, jusqu’à sortir hors du temps, hors de moi, hors de cette barbarie…J’aurai peut-être dû, moins t’en laisser, du cœur de moi…Parce que, vois-tu, Ténèbre, tu as tatoué des lignes et des mots sur ma chair qui font trop mal, de la poésie qui te balafre en dedans, de l’amour qui t’explose la cage thoracique, de la souffrance qui t’anime un effort de conscience, pour que rien ne soit jamais plus pareil…Ténèbre, tu es une fulgurance. Ma fulgurance. J’aimerai te relire et retrouver à chaque fois, l’étonnement et la fascination, que j’ai eu à te découvrir. Retrouver le plaisir presque charnel de tourner chaque page et d’être toujours aussi époustouflée par cette prouesse littéraire. Je te promets de retrouver les vertiges du désir, les délires de la fièvre, le pouvoir de l’évasion. Je ne craindrai pas le noir des jungles, la malaria ou la cruauté. Je revivrai chaque souffrance, chaque horreur avec le même œil. Je ne me lasserai pas d’essayer de comprendre comment les hommes peuvent en arriver à dépecer un pays, détruire leurs semblables, se perdre dans les affres du racisme, s’abandonner à une violence aussi extrême. C’était un carnage, cette colonisation. La terre du Congo en porte encore les traces. La Haine s’en rappelle encore. Les âmes perdues n’oublieront jamais…Et j’ai regardé ce morceau d’Histoire avec empathie pour toutes ces victimes… J’aurai du regarder moins fort, sans doute. Parce qu’il semble que la Ténèbre gagne mes yeux, ma tête et mon sang. Je voudrais que Xi Xiao me tatoue aussi, des galaxies, pour quitter la réalité abominable de la mutilation de l’Afrique. M’ouvrir aux étoiles comme Pierre Claes, pour supporter cette douleur. Tu vois, je n’ai pas peur de toi Ténèbre, je m’y abandonne, parce que toi, tu as tout donné sans fard, sans filtre et millions de litres de sangs versés. Derrière la boue, les étoiles et le sang, j’ai vu la Beauté. C’était tellement exaltant cette originalité, cette ivresse de sensoriel, cette extase de sensualité, cette transe hallucinatoire. J’aimerai ne pas te cacher, que j’y ai trouvé une parcelle de sublime. Avant que tout ne soit bientôt terminé, avant le silence. Laisse-moi te dire, tu me découpes peut-être, mais je vais toujours t’aimer Ténèbre. Jusqu’au bout. Je vais m’endormir alors, un peu plus morte. Un peu plus démantelée…Je retourne à la nuit….« Adieu mon amour ». J’ai eu un coup de cœur triomphant, souverain.

« Tu me découpes et je t’ai toujours aimé. »

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Bonne Nuit Maman, Seo Mi-Ae.

Synopsis:

Le Silence des agneaux made in Korea

Seonkyeong, criminologue, est sollicitée par un serial-killer qui attend son jugement en prison. Cet homme qui a assassiné une douzaine de femmes veut lui parler, à elle et à personne d’autre. Intelligent, manipulateur, ses motivations restent floues mais tous s’accordent à dire que Seonkyeong devra faire preuve de la plus grande prudence face à ce criminel hors normes.
Dans le même temps, son mari se voit contraint de faire venir chez eux la fille qu’il a eu d’un précédent mariage. Une petite de onze ans qui serre contre elle son ours en peluche, une petite bouleversée par les décès de sa mère et de ses grands-parents maternels. Des décès pour le moins suspects d’ailleurs…Bonne nuit maman est le premier opus d’une trilogie consacrée à Ha-young, jeune criminelle qui incarne les bouleversements vécus par la société coréenne.

Ce que j’ai ressenti:

🔒Histoire de verrous🔒

« Parfois, je me demande: qu’est-ce qui ne va pas dans ma tête? »

Quand tous les cadenas de ton cerveau sautent,qu’est ce qu’il te reste? Qu’est-ce qu’on peut faire avec des souvenirs trop durs, trop douloureux qui explosent ton esprit? Comment réparer les traumatismes de l’enfance? Avec ce thriller coréen efficace, nous approchons de près les mécanismes de l’esprit perturbé d’un serial-killer et c’est terriblement terrifiant. L’auteure Seo-Mi-Ae nous prépare un petit « date » au plus près de la psychologie d’un criminel multi-récidiviste, avec ce qu’il faut de tension et d’intimité pour saisir les tréfonds ténébreux de l’âme humaine…Un à un, les cadenas s’ouvrent, au prix de mots qui font mal et des images qui déglinguent les perceptions…Et la réalité devient vite cauchemar….Et Bonne Nuit, Maman…

⚡️Bang-Bang. Orages. Maman.⚡️

L’imprévisibilité. Je trouve que c’est le maître mot de ce qui attend, véritablement, Seon-gyeong, cette criminologue coréenne. Ça lui tombe un peu dessus comme ça: le ciel, le tueur et la maternité. Et si l’on n’est pas, un minimum, préparée, ça peut vite devenir déstabilisant… Mais qui peut l’être vraiment? Sait-on jamais quand l’orage va peter? Sait-on pourquoi on se retrouve sous les feux? Sait-on pourquoi on n’est jamais tout à fait prête à être maman? (D’autant plus, si on ne l’a pas décidé?) Alors imaginer qu’elle puisse avoir des nuits sereines, c’est sans compter sur tout ça, mais quand même, Bonne Nuit Maman…J’ai trouvé que cet angle d’approche que choisit l’auteure, pour mettre en avant ces tourments-là, était vraiment réussi. C’est original autant que perturbant. Et forcément, on se retrouve à craindre, avec cette héroïne très sollicitée malgré elle, toute la déferlante de ces éléments…

Quoi de plus effrayant que la réalité?

🤫Silence et Référence🤫

J’ai adoré ce thriller dans sa forme, et l’ambiance sourde qu’il contient. C’est un page-turner sombre et intéressant. Cette lenteur magnétique qui vient te remuer à l’intérieur jusqu’à bouger les verrous d’une des nombreuses portes de l’enfer…En fait, le seul bémol que j’ai ressenti, et c’est étrange parce que c’est bien évidemment ce qui m’a attirée au départ, c’est cette référence au fameux « Le Silence des agneaux ». (Si certains ont des attentes, ça peut dérouter, voire décevoir…) Pour ma part, je suis passée outre, bien vite et je me suis concentrée sur les points forts de l’intrigue…D’ailleurs, puisque c’est le premier tome d’une trilogie, j’ai hâte de découvrir la suite!

Quand on désire quelque chose avec ardeur, rien d’autre ne compte.

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Léa pour ce concours qui m’a permis de découvrir cette lecture. C’était une chouette découverte!

Un certain Paul Darrigrand, Philippe Besson.

Synopsis:

« Cette année-là, j’avais vingt-deux ans et j’allais, au même moment, rencontrer l’insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux. D’un côté, le plaisir et l’insouciance ; de l’autre, la souffrance et l’inquiétude. Le corps qui exulte et le corps meurtri. Aujourd’hui, je me demande si, au fond, tout n’était pas lié. »
Après Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson poursuit son dialogue avec les fantômes de sa jeunesse et approfondit son souci d’exprimer sa vérité intime.

Ce que j’ai ressenti:

« Il y a autre chose: si on n’en parle pas, alors ça n’existe pas. »

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✨Alors peut-être que je vais vous parler un peu de ce fameux Paul…Un certain Paul Darrigrand qui a retourné le cœur du narrateur…C’est une confession émouvante, un morceau de souvenir qui traîne dans sa tête et qu’il nous passe pour qu’on comprenne l’effet d’un coup de foudre. On est saisi par l’éclosion des sentiments de la jeunesse. Les premiers émois, les premiers désirs, les premières réalités désenchantées….

✨Il y a la vie et l’amour, mais il rôde toujours en périphérie, la maladie et la mort…Et cela donne forcément une certaine urgence à vivre. À tout prendre. Même le très peu de l’attention de l’autre, même le trop vertigineux sentiment d’aimer. D’aimer à contre-courant. D’aimer en miettes. Mais il y a aussi une certaine beauté à aimer comme cela. Tout, plutôt que les regrets. Et c’est comme ça que le narrateur aime. Sans réfléchir, à s’abîmer, à se perdre, parce que la mort a tôt fait de se pointer au prochain carrefour de la vie…

✨C’était beau de lire l’amour qui lie ses deux étudiants…Malgré les difficultés, malgré tous les obstacles, ils se sont aimés. Ils auront gagné cela au moins sur la vie et, à la barbe de la faucheuse qui se pointe un peu trop tôt… C’est ce que j’aimerai leur dire: vous avez eu raison. Même peu, même mal, même secret, vous avez eu la chance d’un amour vrai…

✨Une certaine forme d’éblouissement, ce livre. Une plume sensible et quelque chose qui rappelle que la vie est courte. Alors prenez le temps de rencontrer Paul…Les mots de Philippe Besson sauront vous toucher…C’était doux et nostalgique. Un moment de lecture agréable entre tendresse et tristesse…

Il y a des gens comme ça, ils n’ont rien besoin de faire, on ne peut pas s’empêcher de penser à eux, de les désirer.
Ma note Plaisir de Lecture 8/10

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Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

L’étoile du Nord, D.B.John.

L'étoile du nord par John

Synopsis:

Il y a des années, la soeur jumelle de Jenna a disparu subitement, soi-disant noyée. Mais lorsqu’une opération d’enlèvement nord-coréenne est déjouée, Jenna découvre la terrible vérité : sa soeur est vivante, et, à moins d’aller la sauver elle-même en Corée du Nord, elle ne la reverra jamais. Jenna va devoir laisser derrière elle sa vie confortable de chercheuse à Washington DC, afin de se faire recruter par la CIA.
L’Étoile du Nord de D. B. John est un thriller d’espionnage inoubliable et trépidant au sein de l’un des pays les plus dangereux de la planète.

Ce que j’ai ressenti:

⭐️Cauchemar et Étoile…

Certes, on ne naît pas tous sous la même étoile…Du Nord au sud, elles sont là, dissimulées ou en mouvement…Certaines sont lumineuses et promettent des destins d’aventures et de gloires fabuleuses…Mais il y a aussi fatalement, des trous noirs, des étoiles mortes et des comètes incandescentes d’horreurs, et alors que tous les pires cauchemars se réunissent en ces lieux de non-droits, certains payent le poids d’une destinée trop lourde de larmes et de sang versé…La Corée du Nord est un pays totalitaire et sous le joug de Kim Jong-Il, la population souffre dans un silence pétrifié. À travers les yeux et les états d’âmes de trois personnages-clef, Jenna-Moon-Cho, nous prenons conscience du quotidien harassant et oppressant de la vie entre ses frontières. Un cauchemar infernal qu’on tente à tout prix de cacher au reste du monde. Avec ce roman d’espionnage, D.B. John nous plonge au cœur de l’enfer…Avec un travail de recherche et d’enquête que l’on sent minutieux et collé à cette réalité effarante, cette histoire donne de la matière pour alimenter maintenant, nos propres cauchemars…

Le pays entier n’est que silence et obscurité.

🌙Rouge et lune…

Certes, La Lune est source d’inspiration et les femmes de ce roman deviennent lumières malgré les ténèbres et le rouge qui les entourent…Moon et Jenna sont parvenues à envoyer par-delà les frontières hermétiques, l’amour inconditionnel qui les anime…Peut-être parce que le plafond était ouvert, peut-être parce que la solidarité féminine vibre en moi, toujours est-il que, derrière l’aspect haletant d’un thriller parfaitement maîtrisé, la part belle est donné à ces personnages, et c’était beau à lire. En allant espionner d’un peu plus près, la réalité des conditions de camps de concentrations et le poids écrasant des générations passées, on ressent, (malgré toute la peine qui nous submerge à voir de telles atrocités), une force résilience en ces femmes, une force qui dépasse le mal dans toute son horreur. L’auteur a mis dans ces pages quelque chose de beau, qui raconte le pouvoir de ce dépassement. C’est dramatique mais aussi terriblement émouvant…J’ai été éblouie par Moon, émue par Jenna et touchée par le destin de Cho, c’est des personnages que j’ai du mal à quitter…

Moon n’avait jamais vu pareil tableau. Le monde entier tournait à l’envers. L’acier fondait, la pierre se dissolvait, tout semblait possible.

☀️Matin et Calme…

C’est vrai qu’au matin, il va me rester les cauchemars…Mais il va me rester aussi des étoiles dans les yeux…Je garderai en tête que de tout temps, l’homme est capable du pire comme du meilleur, et c’est sans doute, dans cette infime frontière entre fiction et Histoire qui les auteurs écrivent le mieux les travers de l’humanité. D.B John réussit avec brio, une histoire dense en trois temps, qui lève , un peu, le voile sur le mystère de ce pays refermé sur lui-même…C’est une destination-lecture qui me plaît beaucoup en ce moment, mais je ne pensais être aussi bouleversée…On peut imaginer le pire souvent, mais là, de ressentir l’horreur d’une oppression permanente, de voir qu’ils sont coincés dans une idéologie obscurantiste, de les regarder souffrir de la faim, sans compter évidemment les violences qu’ils subissent, c’était très fort émotionnellement…Je ne suis pas prête d’oublier L’Etoile du Nord.

Je serai un témoin. Je survivrai pour rapporter la vérité au monde.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Surface, Olivier Norek

Synopsis:

Noémie Chastain, capitaine en PJ parisienne, blessée en service d’un coup de feu en pleine tête, se voit parachutée dans le commissariat d’un village perdu, Avalone, afin d’en envisager l’éventuelle fermeture.
Noémie n’est pas dupe : sa hiérarchie l’éloigne, son visage meurtri dérange, il rappelle trop les risques du métier… Comment se reconstruire dans de telles conditions ?
Mais voilà que soudain, le squelette d’un enfant disparu vingt-cinq ans plus tôt, enfermé dans un fût, remonte à la surface du lac d’Avalone, au fond duquel dort une ville engloutie que tout le monde semble avoir voulu oublier…

Ce que j’ai ressenti:

▪️En tête à tête…

On va devenir proche, toi et moi. Toi c’est No et moi, je ne suis qu’une simple admiratrice de la force qui t’anime. No, tu es une femme, lumineuse, puissante, qu’on devrait connaître, reconnaître, soutenir et même s’inspirer…Une battante malgré les cicatrices, le chaos, l’irréversible…Alors, je t’ai aimé Noémie Chastain, dans tous tes combats, dans ta détermination dans tes vagues à l’âme et vents furieux…Et sous la Surface, il y a une beauté qui ne demande qu’à remonter…

▪️Entre ville et campagne…

Ce n’est pas parce qu’on est plus au 36, que la vie à la campagne est de tout repos…On a voulu t’éloigner de la ville, mais il n’en reste pas moins que tu restes la même: une femme active, une flic passionnée et un soldat paré à toute bataille…Ils sont bizarres ces taiseux de l’Aveyron, mais les zones d’ombres ne te font pas peur, les plongeons non plus…Et on dirait qu’au plus c’est escarpé ou profond, et meilleure tu es, No. La nature t’envoie des signes, tu gagnes des amitiés canines et des regards tendres: cette retraite au vert te va bien au teint, on dirait,No…Mais sous la Surface, il y a des cadavres qui ne demandent qu’à remonter…

▪️Entre rage et tempêtes…

C’étaient des enfants et ce fût le drame…Avec cette nouvelle équipe, tu te démènes en eaux troubles, No, et je te suis dans des profondeurs insoupçonnées… Rien n’est jamais acquis, et c’est la confiance qui est l’ultime but à atteindre…Mais qu’on se le dise tout bas, toi et moi, No, rien n’est plus difficile que cela. Seul le temps te le prouvera, alors cesse d’être aussi impétueuse, et observe les gens…Sous la Surface, il y a des secrets qui ne demandent qu’à remonter…

▪️En coup de cœur…

Alors, forcément, No, entre toi et moi, il y a eu quelque chose…Il y a eu des battements de cœur, des conversations sans mots, des émotions en pagaille et une admiration sans faille. Entre les cicatrices, j’ai vu ta lumière et c’était beau, No. Et maintenant à la Surface, il y a moi, qui écrit que ce livre est un coup de cœur…Il ne demandait qu’à remonter…

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier Emmanuelle ainsi que les éditions Pocket de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Lettres à la Lune, Fatoumata Kebe

Lettres à la Lune par Kébé


Synopsis:

Fatoumata Kebe est astronome. Après le succès de La Lune est un roman (Slatkine & Cie, 2019), qui confronte les découvertes scientifique les plus récentes aux mythologies qui les ont annoncées, la docteure en astronomie a eu l’idée de se livrer à l’exercice inverse. Raconter le roman de la Lune en réunissant les plus belles et les moins connues des légendes de cette planète qui n’en est pas une. Des livres sacrés des Aztèques aux intuitions d’Hergé, en passant par Cyrano de Bergerac et Shakespeare, voici le roman de la Lune par ceux qui l’ont inventée.

Ce que j’ai ressenti:

Ma chère Lune,

Si la dernière fois, j’ai écrit un poème-ressenti quand Fatoumata Kebe m’avait emporté avec La lune est un roman, il me sera cette fois plus facile d’écrire une lettre, ou peut-être pas finalement, parce qu’une lettre c’est tellement personnel, et t’adresser à mon tour, quelques mots après avoir lu ceux des plus illustres écrivains, ça intimide un peu…

Parce que tu vois, ma chère lune, tu es littérature et poésie, tu éveilles les rêveurs et les idéalistes, tu es source inépuisable d’inspiration ma belle, tout en haut, dans le ciel des terriens…Et ça, les plus grands auteurs, comme d’autres bien moins connus mais tout aussi, amoureux de toi, reconnaissent ton grand pouvoir…Toi, si lumineuse dans la nuit…On le voit avec ce recueil, tu as été légende, histoire, science, toujours là, d’une manière imagée, réelle, ou personnifiée dans les écrits des Hommes…Une valeur sûre mais aussi mystérieuse, une boule mouvante mais aussi un repère essentiel dans la vie terrestre…Tu es un objectif autant qu’une muse, tu fais bouger les eaux et les inconscients. Tu es plus qu’un astre, tu es Reine…Et c’est beau de te lire dans les yeux des autres…

Il n’y a qu’à voir la diversité et l’ampleur que mette tous ces artistes à te rendre chaque jour plus sublime encore, plus en valeur que tous les diamants du monde, à travers tous les âges et les temps…Il n’y a qu’à ressentir l’émotion que certains trouvent en te regardant simplement, et l’écrivent avec tant d’amour en leurs cœurs…Il fallait donc bien recueillir toutes ces façons de t’aimer, toutes ces manières de faire couler l’encre pour toi ma chère Lune…Et qui mieux qu’une femme passionnée, prête à fouler ton parterre, aurait pu le faire? C’est encore une très jolie déclaration d’amour que Fatoumata Kebe nous offre avec ce recueil, des Lettres à la lune, comme tu devrais en avoir par milliers…

C’est précieux de les avoir tous ces poètes à portée de main, en te regardant faire ta danse de la nuit…C’était joli de te voir déclinée dans toutes tes couleurs en partant dans leurs imaginaires…Je ne me lasse pas te regarder et de lire ces histoires ou tu deviens majesté…À ce soir, ma chère Lune…Magnifiée par de l’encre ou éblouissante dans le ciel, tu seras toujours au plus près de nos pensées…

Love.

Stelphique.

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Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Marion ainsi que les éditions Slatkine et Compagnie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur, Suzanne Collins.

Synopsis:

Dévoré d’ambition
Poussé par la compétition
Il va découvrir que la soif de pouvoir a un prix
C’est le matin de la Moisson qui doit ouvrir la dixième édition annuelle des Hunger Games. Au Capitole, Coriolanus Snow, dix-huit ans, se prépare à devenir pour la première fois mentor aux Jeux. L’avenir de la maison Snow, qui a connu des jours meilleurs, est désormais suspendu aux maigres chances de Coriolanus. Il devra faire preuve de charme, d’astuce et d’inventivité pour faire gagner sa candidate.
Mais le sort s’acharne. Honte suprême, on lui a confié le plus misérable des tributs : une fille du district Douze. Leurs destins sont désormais liés. Chaque décision peut les conduire à la réussite ou à l’échec, au triomphe ou à la ruine.
Dans l’arène, ce sera un combat à mort
.
Pour assouvir son ambition, Coriolanus parviendra-t-il à réprimer l’affection grandissante qu’il ressent pour sa candidate, condamnée d’avance?

Ce que j’ai ressenti:

Et accompagné d’un air empreint de drame et de mélancolie, avec l’aide complice des geais moqueurs, je vous chanterai avec le souvenir déchirant, une ballade pour ne pas oublier mon excursion dans les Hunger Games, et j’aurai en mes mains, le Cœur de Panem et l’espoir de faire battre le vôtre…

🎼En route pour l’Arène

Collins a pris de l’avance sur la peine

À chercher le vainqueur des Jeux

On pourrait se demander

Où s’en va l’humanité…

Je les rejoindrai dans l’heure condamnée

Mais avant de m’en aller

J’ai des choses à te confier

Ici, près de la neige immaculée

Je partirai avec la Moisson de cette année

Bien avant le dernier couplet

Quand j’aurai fermé le livre, tant aimé,

Posé mes mots dessus, exprimé,

Quand j’aurai tout dit, tout soldé

De mes émotions et des regrets

En 23 raisons et confiance échappée

Ici, près de la neige immaculée

Où Coriolanus et Lucy s’épancheraient…

Je les rattraperai, promis!

Après un couplet chanté

En compagnie des Coveys

Avant que ne se jette le serpent

Avant que ne parte l’oiseau chanteur

Avant que ne finisse la ballade

Ici, près de la neige immaculée

Où Coriolanus et Lucy se retiendraient…

Je les retrouverai

Et on ira danser

Et quand nos corps fatigués

Décideront de se reposer

Après les Hunger Games terminés

J’attendrai la gagnante du district

Je resterai suspendue à ses lèvres

Lucy…la rebelle Lucy Gray…

Et Vous ne pourriez rien m’enlever

Ici, près de la neige immaculée

Je serai certaine et apaisée

Je ne possède rien de rien mais

J’aurai enfin aimé cette vérité

Que la neige se pose toujours au sommet…🎼

.

Repartir pour cet univers des années après, c’était un risque…Et si je ne retrouvais pas la sensation, le frisson de la première fois? Et si, et si…Mais tout cela, bien évidemment s’en est allé, une fois, que j’ai compris qu’on allait revenir en arrière avant la fameuse trilogie, sur les traces d’un personnage pour le moins énigmatique, Coriolanus Snow. Et le chant m’a encore envoûté, les geais moqueurs ont encore ce pouvoir sur moi…Cette puissance rebelle qui veille en nous et qui se réveille quand l’injustice des Hunger Games frappe…Ce n’est plus avec Katniss Everdeen que l’on va s’échauffer, mais avec le feu intérieur de Lucy Gray…Elle aussi, vient du District 12…Elle aussi, a un fort potentiel…Et son Mentor compte bien faire de sa protégée, une gagnante et prendre sa revanche sur le Capitole. À n’importe quel prix. À n’importe quel sacrifice…

Avec moins de faste mais toujours autant de violence, on se retrouve dans une Arène décrépite, alambiquée, branlante…A peine, un terrain vague, où se démènent quelques gamins trop faibles…Les intentions de grandioses et d’intérêts médiatiques sont alors soumises à des jeunes étudiants pleins d’ambitions qui ne reculeront devant rien pour arriver au sommet…Ils veulent crever l’écran…Les idées fusent, la violence prend l’espace…C’est le prequel à la trilogie, les coulisses d’un succès prochain, les débuts balbutiants d’un jeu dangereux…

600 pages de feux et d’actions, de musiques et de morsures de serpents, de bruits sourds et de nouveaux geais, de rébellion et de d’amour, de trahisons et d’amitiés…C’est tout le programme de cette lecture, et c’est encore aussi addictif qu’il y a 10 ans! Cette saga est fascinante. Vive les Hunger Games!

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

La liberté au pied des oliviers, Rosa Ventrella

Synopsis:

Teresa et Angelina sont deux soeurs que tout oppose : Teresa est délicate et silencieuse tandis qu’Angelina, sa soeur cadette, est impertinente et curieuse. Toutes deux grandissent dans l’Italie des années 1940, au coeur des Pouilles, entourées de leur père et de leur mère Caterina, à la beauté incomparable.
Lorsque leur père part à la guerre, leur mère comprend que cette beauté sera sa principale arme pour subvenir à leurs besoins. Elle cède alors à un terrible compromis, sans savoir que celui-ci viendra réveiller la malalegna : ce bavardage incessant et empoisonné des commères, véritable malédiction qui tourmente le village depuis la nuit des temps. Le concert de chuchotements qui serpente de porte en porte se propagera alors jusqu’à atteindre ses filles, Teresa et Angelina, déterminant à jamais leur destin.

Ce que j’ai ressenti:

« Je suis l’écho d’un son lointain qui me ramène aux terres de mon enfance. »

Il se peut que la makara l’avait prédit pour moi: j’aurai des échos. J’aurai des échos lointains de libertés. Des échos qui soufflerait aussi fort qu’un mistral déchaîné, à l’intérieur de moi. À lire, tout doux, tout doux, l’histoire de ces deux sœurs, Teresa et Angelina, ils viendraient faire leurs sonorités si efficaces dans mon en-dedans sensible. De ce fait, j’aurai des échos de sororité, des envies de me jeter à l’eau, des restes d’amour contenu et de grandes aspirations. Elle aurait pu me prédire cela la makara, parce que j’ai l’Italie en moi. Du plus lointain de mes souvenirs, c’est ainsi que je le ressens, cette façon si particulière d’aimer à l’italienne et de reconnaître les miens dans leur façon d’être, d’écrire ou de ressentir. Alors certes, dans ces pages, c’est une Italie des années 40, qui souffre d’un climat de guerre sur fond de pauvreté, mais la vérité des cœurs est toujours la même, quelque soit le temps. Il y a bien évidemment des jours gris et venteux, des heures sombres et quelques éclats de lumière. Et puis, il y a la beauté. Ici, c’est une malédiction. La makara aurait pu vous le dire, si vous y prêtez attention: l’apparence des femmes ramène des échos de médisances et de jalousies…Et les cancans sont terriblement puissants…Cette histoire touche aux liens de la famille, au pouvoir des mots, à cette aspiration démesurée de liberté, et en l’amour qui prend plusieurs formes pour dépasser une situation dont les personnages essayent de s’affranchir…Mais le prix à payer risque d’être plus fort que le rêve…Je vous laisse découvrir cela avec l’histoire de la famille Sozzu…

Dans la vie, j’ai appris que chaque perte est différente, même si les mots d’adieu se ressemblent tous et qu’aucun cœur n’est assez grand pour contenir tous les adieux.

Rien qu’avec le titre, j’ai senti que ça pouvait faire écho…Il y avait les trois mots magiques qui m’attirent irrésistiblement: Liberté/Italie/Oliviers. Je ne regrette pas un seul instant cette lecture. Rosa Ventrella a une plume envoûtante. Je me suis laissée charmer par cette relation fusionnelle entre ces deux sœurs et j’ai aimé cette manière si particulière de décrire les sentiments avec les couleurs du ciel ou la fureur du vent. Dans ces descriptions, on sent un amour plus grand que les éléments et peut être plus fort, que ce que la pudeur peut laisser entendre…Il s’est vraiment passé « quelque chose » que j’aurai sans doute du mal à décrire, mais il y a eu peut-être une histoire de bois similaire…C’était des échos profonds, et quand ça te vient comme ça, c’est difficile à expliquer. J’espère que vous les entendrez à votre tour, Les Échos, et peut-être iriez vous voir de plus près, La liberté au pied des oliviers…

Quand aucun mot n’est mis sur les faits, alors ils ne se sont pas produits.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Emmanuelle, ainsi que les éditions Les Escales pour cette découverte livresque!

La nuit d’avant, Wendy Walker

Synopsis:

Après une rupture difficile, Laura décide de tourner la page en se créant un profil sur un site de rencontres. Un premier rendez-vous est pris. L’homme s’appelle Jonathan Fields, il a 40 ans, il vient de divorcer. Pour le rencontrer, Laura part avec le mini van de sa sœur, Rosie, et l’une de ses robes. Elle sera, promet-elle, de retour le soir même. Le lendemain matin, elle n’est toujours pas rentrée. Que s’est-il passé cette nuit-là ? En raconter plus serait criminel. Disons juste qu’un événement particulièrement traumatisant survenu lors de son adolescence a sérieusement ébranlé l’inconscient de Laura. Alternant entre ses séances de psy, la nuit des faits et l’enquête du lendemain, le récit aborde des zones de la psyché humaine où peu d’auteurs de thrillers psychologiques osent s’aventurer.
Après Tout n’est pas perdu, dont les droits ont été retenus par les producteurs de Gone Girl, Wendy Walker embarque à nouveau le lecteur dans un grand huit émotionnel aussi terrifiant que jouissif.

Ce que j’ai ressenti:

▪️Trouver l’Amour.

Rien n’est plus difficile que de trouver l’amour, mais Laura est bien décidée à mettre toutes les chances de son côté, ce soir, avec rouge à lèvres cerise et petite robe noire…Elle est déterminée et coquette pour ce premier rendez-vous, mais….Avec ces « date » internet, on ne peut être sûr de rien…Et si à la place de trouver l’amour, il y avait un menteur, un risque, un moment foiré…C’est ce que vous allez découvrir dans La nuit d’avant, et ce qu’espère, aussi comprendre Rosie, sa sœur, morte d’inquiétude, de ne pas voir revenir Laura de ce fameux premier rendez-vous…Alors est-ce l’amour ou autre chose qu’aurait trouvé Laura, cette nuit-là?!

Un baiser. C’est ce qui a tout bouleversé.

▪️Réparer un cœur brisé…

Laura est revenue dévastée par une histoire d’amour et c’est auprès des siens qu’elle espère redécouvrir l’amour, la confiance en les hommes, l’espoir d’une relation durable…Mais il y a eu tellement de nuits avant La nuit d’avant, tellement de cassures et de trous béants dans son cœur…Alors, il faut réparer tout ça…J’adore les thrillers de Wendy Walker, parce qu’elle ne se contente pas de mener un suspense chronométré, elle va au plus près de l’intime, dans les pensées et le cœur de ses personnages…Elle me bluffe à chaque fois, dans cette manière de raconter avec autant d’intensité, les blessures internes…

Laura: (…) Mon cœur serait brisé?

Dr Brody: C’est une façon de parler, Laura. Les cœurs ne se brisent pas.

Laura: Evidemment. Mais les gens,si, n’est-ce pas?

▪️Thriller Puzzle.

Wendy Walker nous revient avec encore un thriller psychologique efficace et prenant. À partir d’un simple rendez-vous, elle va nous emmener dans les zones d’ombres des personnages et retracer une nuit pas tout à fait comme les autres…La nuit d’avant...À vous de coller, retracer, comprendre, remettre en place les pièces du puzzle qu’elle vous a écrit avec les poings serrés pour encore plus d’impact sur vos attentes d’addicts aux lectures bien noires…Et y’a rien à dire de plus, c’est excellent!

Amour.

Le voici donc. Ce mot insaisissable.

Le problème, c’est qu’il n’est pas pour moi. Il n’est jamais pour moi.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

L’ossuaire, Fiona Cummins.

Synopsis:

Cela fait cent jours que la petite Clara Foyle, cinq ans, a été enlevée sur le chemin de l’école. Clara est atteinte d’ectrodactylie, une maladie également appelée syndrome des mains en » pince de crabe « . Le principal suspect, Brian Howley, surnommé » Le boucher de Bromley « , est toujours en fuite, après avoir échappé à la surveillance de la police. Jakey Frith, six ans, a aussi été la victime de Howley. Lui souffre du terrible syndrome de » l’homme de pierre » : une maladie génétique responsable du dédoublement de ses cartilages. Il a été secouru dans la maison des Howley quelques instants seulement avant que celle-ci ne soit détruite par un incendie. Hélas, malgré la tenacité de l’inspectrice Ella Fitzroy, Clara Foyle demeure introuvable. Une terrible chasse à l’homme commence. Avec son style au scalpel, Fiona Cummins dissèque l’âme du psychopathe, nous plonge dans l’attente des familles et questionne nos responsabilités.

Ce que j’ai ressenti:

Rappelez-vous Le Collectionneur…Je n’ai pas pu l’oublier, personnellement, après cette lecture bouleversante…Il revient pour compléter sa collection bien particulière et hanter nos nuits…Mais il doit la jouer plus fine et même s’il change de nom, il n’en reste pas moins redoutable…Un deuxième tome que j’ai littéralement dévoré, puisqu’on retrouve l’ambiance flippante et les personnages tourmentés par un nouveau drame: la disparition de Clara Foyle, cinq ans, atteinte du syndrome de « pince de crabe »…Le temps est compté, le ciel en est témoin, et le craquement des os se fait entendre dans l’atmosphère…Cric-crac, le temps se gâte…Tic-Tac, le temps s’affole…Et Bloody Bones rôde…

Que valait la vie sans risques?

Le problème avec une collection, c’est qu’il en faut toujours plus, il lui faut aussi un lieu sûr, loin des convoitises et quelque fois, un gardien pour veiller sur le trésor…C’est puissant une collection. Elle peut occuper tout ton temps. Être une obsession. Ça déclenche toute sortes de passions, une collection…On n’a pas idée comme parfois, une collection, ça t’emmène à faire des choses terribles…Et toi, tu collectionnes quoi? Parce que si tu voyais la collection de Brian Howley, à mon avis, tu collectionnerais des frissons d’effroi…

Dans le cœur du Collectionneur, le bonheur bat des ailes et prend son envol.

Fiona Cummins m’a encore bluffée avec son nouveau thriller. C’est une suite à la hauteur du premier tome et c’est tout à fait le genre de saga dont on devient accro, tant pour son serial-killer que pour son inspectrice tenace Fitzroy…Si la dernière fois, j’avais adoré la trame autour de la maternité, cette fois-ci, l’aspect psychologique de la transmission filiale est tout aussi intéressante. J’aime l’efficacité de la plume de cette auteure, le timing millimétré de l’enquête, le côté retord et intime du tueur en série et la poésie du ciel qui vient se glisser dans cette sombre histoire, ça donne un mélange étonnamment atypique et terriblement addictif. En bref, à découvrir sans tarder!!

La mort, proprement administrée, ne prend pas beaucoup de temps.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Slatkine et Compagnie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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