Haine, José Manuel Fajardo

🔥Ce que j’ai ressenti:

« Alors tu ne sais rien. Tu crois savoir, ce qui est pire que l’ignorance. »

La haine. Certains sont allés dans son royaume et n’en sont jamais revenus. Certains ont fait des excursions rapides et en ont rapportés des textes sombres et des monstres effrayants. Certains vivent sur ces terres brûlées, et contaminent encore, le monde de son influence. La haine, ce sentiment d’une puissance extrême qui accompagne certaines personnes pour ne plus les lâcher, jusqu’à la fin. La haine est tenace, dévastatrice, maligne, insidieuse. Tu crois savoir mais tu ignores tout de son pouvoir. Tu ne sais rien de sa grandeur. Implacable, la haine. Multiple et fatale. Mais le pire, c’est que tu ne sais pas qui sera le prochain qu’elle va emmener avec elle. Qui va subir son envoûtement, sa domination parce que la haine, s’infiltre partout. Elle n’est pas sélective, pas un brin élitiste, la haine, elle ramasse tout. Tout lui va: les costumes, les bécanes, les accessoires, les manteaux, la nudité, la jeunesse…Elle s’adapte, la haine. Elle prend tout de tes petits et grands défauts, de tes peines, frustrations, conditions, peurs, colères, ressentiments, idées…Tous les objets contondants, canne ou bombe, lui conviennent…Elle s’adapte la haine, à l’époque, aux gens, aux courants, aux nouvelles sources de diffusions, aux anciennes rancœurs. Les histoires sur elle, la font rire la haine. Si toi, tu ne sais rien, elle, en revanche, connaît très bien le cœur sombre des Hommes, et elle se réjouit la haine, parce qu’elle va continuer de régner, la haine. Elle reste Reine depuis que le monde est monde, répandant le Mal, avec ferveur…Elle fera le prochain carnage et tu n’en sauras rien, tu es un ignorant face à elle, tu ne la vois pas, juste, tu constates son passage, par les dégâts qu’elle laisse derrière…Et, elle est déjà ailleurs, de toute façon, à séduire d’autres personnes, à sévir sur d’autres lieux, à prendre d’autres cœurs…La haine est baladeuse. Aujourd’hui, elle s’aide d’une canne de commandement, élégante et solide, superbement travaillée…

Ce court roman est incisif. Haine, c’est deux temps, deux villes, deux personnages, deux manières de comprendre la complexité de son emprise. En miroir, même avec des enjeux et des circonstances différentes, deux siècles de distance, deux cultures distinctes, on suit Harcha et Jack Wildwood se débattre et puis, succomber…Avec de multiples références littéraires, un objet symbolique, une ambiance mystérieuse, et tout ce qui réveille le démon en chacun d’eux, on suit de près la haine, ce sentiment si dévorant, dans une histoire prenante…C’est dérangeant mais l’auteur, José Manuel Fajardo, maîtrise le sujet avec brio, et nous entraine dans des ruelles obscures et des failles psychologiques, où il ne fait pas bon se perdre…Derrière la fiction et ces monstres de Classiques, il montre la réalité de la violence inouïe doublée d’un sentiment ravageur, et on se retrouve, impuissant, devant une telle déferlante furieuse…

Une lecture bouleversante.

Sa haine était devenue aussi naturelle que sa respiration, un sentiment dépourvu de toute connotation morale, une seconde peau dont il n’avait même pas conscience.

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailié de leur confiance et l’envoi de ce livre.

Laissez un peu de poussière de féerie, cela fait toujours plaisir...

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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