Défriche coupe brûle, Claudia Hernandez

Ce que j’ai ressenti:

« Quand elles ressortirent, son cœur battait très fort. »

Et moi, j’aimerai vous parler d’elles. Elles n’ont pas de noms. Elles sont mères, femmes, sœurs, tantes, filles…Elles sont meurtries, fortes et déterminées. Elles sont guerrières, étudiantes, tristes. Elles sont au foyer, reliées, absentes. Elles se démènent dans un monde d’hommes, toutes résistent. Elles transmettent, cuisinent, subissent. Et tour à tour, on entend leurs souvenirs, leurs espoirs, leurs projets d’avenir. Certaines connaîtront la guerre, d’autres l’après-guerre, mais le sentiment d’injustice reste sur leurs destins comme un mauvais karma. Elles et chacune d’elle prise dans la masse destructrice de cette société patriarcale qui les broie comme du grain. Qu’importe les sacrifices, les luttes ou les exploits qu’elles ont fait, elles ne seront jamais considérées. Mais elles ont un cœur qui bat très fort, à nous lecteur, de les entendre, ces battements…Pour Elles…

« Le passé était un luxe que seuls pouvaient s’offrir ceux qui n’avaient pas été obligés de tirer. »

Trois générations de femmes vont se succéder dans ce roman, mais on ne connaîtra ni les noms ni les lieux de cette guerre. La guerre prend tous les possibles, les avenirs et les histoires. La guerre arrache tout sur son passage, mais quand il est temps de reconstruire c’est souvent, en défaveur du peuple qui a combattu ardemment. Les terres sont confisquées, redistribuées, morcelées, brûlées…Même en temps d’après-guerre, la violence sévit encore et la peur reste présente dans tous les esprits. Défriche Coupe Brûle, c’est comme son titre, des actions plus que des histoires romancées. Les noms et les lieux pourraient tout aussi bien être inter-changés que cela n’y changerai pas, c’est l’horreur et la douleur des gens que l’on reçoit à plein feu.

« La femme lui offre son aide sans condition. »

Toutefois, il y a un certain espoir à voir ces femmes se battre, pour leur avenir, leur famille, leurs terres. Et c’est ce qui m’aura touchée dans ce roman. Elles s’adaptent et veulent se créer un espoir, en prenant leurs vies en main, tout en restant unies jusqu’au bout. Elles sont femmes, mères, filles, tantes, sœurs, et ces mots veulent dire quelque chose dans leur cœur, malgré toute la brutalité du monde, elles ont une force en elles qui les maintient, ensemble. C’est un très beau premier roman que je vous recommande!

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

3 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. belette2911
    Mar 13, 2021 @ 13:21:16

    Non, pas sur la guerre, j’ai besoin d’autre chose que des guerres…. 😉

    Réponse

  2. Yuyine
    Mar 09, 2021 @ 13:44:48

    Premier roman, sororité… je suis évidement intéressée! Merci pour la découverte.

    Réponse

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