Le ciel à bout portant, Franco Jorge.

Synopsis:

Si une des grandes questions de la littérature est comment “tuer” le père, que faire quand son propre père a été le bras droit de l’un des plus grands assassins du pays ? Larry arrive à Medellín douze ans après la disparition de son père, un mafieux proche de Pablo Escobar. À son arrivée, ce n’est pas sa mère, l’ex-Miss Medellín, qui l’attend, mais Pedro, son ami d’enfance, qui vient le chercher pour le plonger dans l’Alborada, une fête populaire de pétards, de feux d’artifice et d’alcool où tous perdent la tête. Larry retrouve son passé familial et une ville encore marquée par l’époque la plus sombre de l’histoire du pays. Il ne pense qu’à fuir son enfance étrange liée au monde de la drogue. Mais il cherche aussi une jeune fille en pleurs rencontrée dans l’avion et dont il est tombé amoureux. Entrecroisant des plans différents, Jorge Franco, étonnant de maîtrise narrative, fait le portrait de la génération des enfants du narcotrafic, qui sont de fait les victimes de leurs pères, et nous interroge sur l’importance de la mémoire pour que l’histoire ne se répète pas. Une construction impeccable et des personnages ambigus et captivants : un roman qui ne vous laisse aucune trêve et qu’on dévore, fasciné.

Ce que j’ai ressenti:

▪️Un rendez-vous avec le ciel de Medellín…

Les feux d’artifices explosent, l’Alborada bat son plein, et la Colombie se raconte dans un tourbillon de vie et de mort et Le ciel à bout portant est magnifique…Ce roman noir, c’est des histoires entrelacées, d’amitiés et de familles qui éclatent avec grand bruit dans l’euphorie de cette fête populaire…On prend conscience de la réalité effroyable des cartels, des grammes de drogues qui s’échangent, de la peur au ventre, des litres de sang versés, des plaintes vers le ciel et de l’odeur réconfortante du café, grâce à la plume bouleversante de Jorge Franco. Encore une fois, je me retrouve sous le ciel de Medellín en 2020, et j’aime l’ambiance de cette ville que l’auteur arrive avec brio à faire ressortir. Il a quelque chose de dangereux et en même temps, de profondément vivant qui est venu me toucher, et j’aimerai maintenant voir de mes yeux, ce ciel rempli de ces couleurs explosives!

-Plutôt mourir d’une balle que mourir de tristesse.

▪️A compter chaque minute de chagrin…

À naître comme ça, dans un noyau familial fait violences, on ne peut que récolter des tragédies toutes plus sombres les unes que les autres. Larry est le fils d’un narco-trafiquant redoutable, et sa vie est un champ de ruines qu’il a préféré fuir…Dans l’avion qui le ramène au pays, il rencontre Charlie, elle aussi, toute juste orpheline de père, et dans ce drame qui les réunit simultanément, il entrevoit une possibilité d’amour. Mais que peut bien vouloir dire cette petite étincelle face à la mort? Personne n’imagine l’ampleur de la douleur de perdre un père. Chaque minute de désarroi qu’il faut pour intégrer l’idée de l’absence. Larry tout comme Charlie, comptent chaque minute écoulée sans la figure paternelle. Et c’est dans cette douleur cruelle, que Larry va devoir revivre à travers ses souvenirs, le passé sulfureux de Librario, ce père mafieux. De flash-back en minutes solennelles, on est confronté à la dérive d’une génération broyée par le monde de la drogue. C’est saisissant!

Il ferma les yeux pour réfléchir à la possibilité d’acheter des minutes faites de temps, de passé et de futur,des minutes à garder comme des souvenirs ou à jeter à la poubelle et à oublier complètement. Des minutes sous la main en cas de besoin, pour les utiliser à un moment urgent, pour quand la dernière minute viendra, pensa Larry.

▪️ Quand ton cœur pulse avec les pétards…

J’ai adoré cette nouvelle virée en Colombie, je ne me lasse pas de la plume immersive de Jorge Franco. Je lui trouve une émotion particulière et des moments de poésie qu’il arrache, avec une étrange élégance, à ses vies de violences…J’aime la délicatesse et la puissance qu’il sait mettre dans ses mots pour nous parler de son pays. Je suis totalement sous le charme des vibrations de la littérature sud-américaine, et cette histoire restera là, à briller encore de mille feux dans ma mémoire, comme le charme d’une nuit volée à l’Alborada.

-Au fait, mec, je t’ai souhaité la bienvenue en enfer?

Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Metailie de leur confiance et l’envoi de ce livre.

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10 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. La culture dans tous ses états
    Mar 02, 2020 @ 19:17:17

    Merci pour ce joli retour. Je ne dis pas non à un dépaysement en direction de la Colombie 😉

    Réponse

  2. belette2911
    Fév 25, 2020 @ 15:54:07

    Il n’était pas présent sur Livraddict, mais maintenant, oui :p

    Réponse

  3. belette2911
    Fév 25, 2020 @ 15:48:35

    Lui, je le note de suite ! La Colombie, en littérature, je suis pour le voyage 😉

    Réponse

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