Carnets clandestins, Nicolàs Giacobone.

Carnets clandestins par Giacobone


Synopsis:

Le premier roman du scénariste de Alejandro G. Iñárritu : un irrésistible tour de force.Santiago Salvatierra, le plus grand réalisateur d’Amérique latine a kidnappé son scénariste, Pablo Betances, qu’il tient emprisonné dans la cave de sa maison. Il ne le relâchera que lorsqu’il aura écrit un chef-d’œuvre, le film qui va changer l’histoire du cinéma. Provocant, insolent, irrésistible, mais terriblement humain, Nicolas Giacobone nous offre une satire impitoyable du milieu du cinéma et du monde moderne. Rien n’échappe à ce premier roman d’une virtuosité impressionnante.


Ce que j’ai ressenti:

▪️Un huis-clos entêtant.

Pablo Betances est un homme encavé. Séquestré dans un espace réduit et tenu de rendre un travail d’écriture sous la menace d’un réalisateur complètement barge. Santiago Salvatierra lui demande rien de moins qu’un chef-d’oeuvre qui bouleversera le cinéma mondial. Et pendant ce temps, il le retient prisonnier dans des conditions de vie plus ou moins extrêmes. La date butoir arrive, la pression monte, l’angoisse de la page blanche fait rage, et ses Carnets clandestins, que l’on tient dans nos mains, sont le dérivatif de Pablo, à cet enfermement forcé. Le seul moyen pour lui, de ne pas perdre l’esprit et la petite étincelle d’écrivain. De s’évader par son art. C’est diablement efficace comme thriller. Une tension de tous les instants, une obsession dévorante et cet enjeu démesuré crée une atmosphère délirante, et pour nous, lecteurs, un moment de lecture exceptionnel. Nicolas Giacobone nous a concocté un roman fabuleux, pour tous les amateurs d’adrénaline.

Le cahier est désormais le maître de mes heures solitaires.

▪️Écriture et obsession.

Il se peut que vous ne voyez jamais cette chronique, parce que comme Pablo, j’ai la furieuse envie de tout balancer à la corbeille, une fois que j’aurai aligné sur mon carnet, les mots et les émotions. Mon carnet. Mon obsession. Ou bien la sienne. Parce que finalement, il la raconte si bien cette tension, que tu ne sais plus qui est lui, eux ou nous. Qui est là, plus là, où se situe la réalité et la fiction, le talent ou la médiocrité, où s’en vont les mots et qui les fera vivre…Ne reste que l’envie d’écrire. Le désir brut d’écrire. Pas pour partager, être lu ou admiré, non: écrire pour exister. Mais, cette envie est souvent troublée par une souffrance intérieure et profonde. Et en cela, cette douleur est racontée avec une puissante énergie qui frôle le génie. Insolent et sans compromis. Brillant et sans langue de bois. Juste l’émotion et l’intimité d’un écrivain. On pourrait croire que écrire un scénario pour le cinéma ne soit qu’une petite affaire mais quand l’ambition est grande, démesurée, et bien tout le processus d’écriture devient un cercle infernal, ou doute et confiance viennent foutre un chaos impossible, le temps des mots posés sur le papier. Il se peut que par le plus grand des hasards, vous tombiez sur ses Carnets clandestins, précipitez-vous, ne laissez pas le temps  Pablo de tout caviarder en un seul clic, ça serait tellement dommage.

J’écris parce que c’est la seule chose que je sais faire.
La seule façon d’exister quand on n’existe pas.
Quand j’arrête de taper sur ce clavier, je ne suis rien.

▪️Brillant!

J’ai carrément adoré! Plus que cela même, j’ai été soufflée par le fond et la forme de ce roman. J’ai trouvé qu’il était brillant, juste ce qu’il faut d’insolence, d’impertinence et de génie jusqu’à la dernière page tournée. Addict du style et des vertiges d’émotions que Nicolas Giacobone réussi à implanter dans son thriller. Pendant cette lecture, une envie folle d’écritures, de lectures, de cinéma et de caféine. En bref, juste un coup de coeur!

 

Je n’en ai rien à foutre, de l’argent.
Je n’ai jamais écrit en pensant à l’argent.
Je n’ai jamais imaginé qu’un des trucs que j’écrivais pouvait rapporter de l’argent.
Le bénéfice d’écrire était dans l’acte même d’écrire.

 

 

Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:

Je tiens à remercier chaleureusement Muriel ainsi que les éditions Sonatine de leur confiance et l’envoi de ce livre.

19 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Joce
    Juin 04, 2019 @ 18:41:06

    Wahou wahou je ne peux pas resiter à ta super chronique !! Je note ! 👌❤❤😘

    Réponse

  2. Yuyine
    Mai 28, 2019 @ 08:17:22

    J’aime beaucoup ces formes narratives qui mettent l’écriture au coeur. Je note!

    Réponse

  3. Collectif Polar : chronique de nuit
    Mai 21, 2019 @ 11:26:39

    whaou quelle chronique !
    par le plus grand des hasards, je suis tombée sur ses Carnets clandestins.
    Et hop dans ma besace

    Réponse

  4. Lord Arsenik
    Mai 14, 2019 @ 19:41:50

    Je l’avais dans le collimateur… et visiblement j’ai eu du flair sur ce coup.

    Réponse

  5. La culture dans tous ses états
    Mai 13, 2019 @ 19:57:12

    J’ai repéré ce livre et ce que tu en dis me confirme dans cette idée qu’il faut que je le lise absolument. Décidément, Sonatine à le coup pour sortir des livres marquants 🙂 merci pour ce beau partage !

    Réponse

  6. https://evasionpolaretplus.wordpress.com
    Mai 12, 2019 @ 18:11:14

    Oh quel bonheur de te lire, une chronique qui me plaît, un livre qui accroche un autre sur ma list

    Réponse

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