Le diable dans la peau, Paul Howarth

Couverture Le Diable dans la peau


Synopsis: 

Australie, Queensland, 1885. Une vague de sécheresse conduit la famille McBride au bord de la ruine. Leur terre est stérile, leur bétail affamé. Lorsque la pluie revient enfin, la famille pense être tirée d’affaire. Mais le destin en a décidé autrement. Un soir en rentrant chez eux, Billy et Tommy, les jeunes fils McBride, découvrent leur famille massacrée. Billy soupçonne immédiatement leur ancien vacher aborigène. Les deux garçons se tournent vers John Sullivan, leur riche et cruel voisin, pour qu’il les aide à retrouver le coupable. Malgré les réticences du jeune Tommy, Sullivan fait appel à la Police aborigène, menée par l’inquiétant inspecteur Edmund Noone. Les frères McBride vont alors être entraînés dans une chasse à l’homme sanguinaire à travers l’outback désertique. Témoin impuissant des ravages que laisse la petite troupe dans son sillage, Tommy ouvrira les yeux sur le vrai visage de la colonisation australienne.


Ce que j’ai ressenti:

 

  • L’Australie, terre rougie de sang…

« Étrange, comme la terre joue des tours à l’esprit. »

Le Bush et ses grands espaces…Paul Howarth nous conte, avec brio, le Queensland des années 1885, un paysage hypnotique de perdition entre sécheresse et violence, dans un western puissant au cœur des déserts australiens. La ségrégation raciale frappe ce pays et, les autochtones subissent la colonisation britannique, à coups et à sang…La couleur des peaux étant un critère pour que la barbarie se déchaîne, la moindre étincelle pouvant déclencher des feux ravageurs, ces espaces de poussières sont, à deux doigts de l’embrasement…

La terre absorbe, en secret, les pires horreurs, les reliefs escarpés dissimulent des cadavres à l’abandon, des vies oubliées sous le soleil brûlant…Noirs étaient les cœurs. Noires étaient les peaux. Noir est ce roman. Le rouge du sang et le roman noir, s’épousent dans une poésie sombre, sur ces terres arides…Et le diable dans la peau se pare de leurs obsessions, de leurs violences, de leurs misères, de leurs drames…

« Les premiers accords du crépuscule tombaient sur la plaine, les ombres s’allongeaient sur le sol. Le coucher de soleil était plein de douceur, ce soir. Des volutes cramoisies dans un ciel d’ouate. Les couleurs tourbillonnaient et devenaient plus profondes à mesure qu’ils avançaient… »

Et pourtant, pourtant, tant de couleurs et d’émotions émergent de ce roman, une symphonie entre noirceur et lumière. Un lieu qui se prête tellement à la poésie et aux folies, aux mirages et aux contemplations…Un roman qui pousse à réfléchir sur toutes les formes de dualités…Ruine et Abondance. Pauvre et Riche. Noir et Blanc. Esclavage et Liberté. Devoir et Droit. 400 pages où, ses contraires se livrent une bataille sans merci.

Fascinante Australie.

  • Une fratrie déchirée…

« Les rêves, c’est ce qu’il y a de pire. Je revis tout, minute par minute. » 

Tommy et Billy, deux frères que la tragédie va bientôt séparer, presque fatalement. Des enfants anéantis dans le chagrin et tiraillés entre le bien et le mal, la liberté et la servitude, la peur et la foi. Et contre toute attente, c’est le plus jeune des deux, qui a le regard le plus avisé sur cette manipulation. Des adultes hantés par une haine, qui tentent de rallier ces deux orphelins à leur cause, les faisant tomber dans les affres de la folie et de l’alcool. Certaines scènes sont très difficiles à lire, tant la violence des propos et des coups portés sont bouleversants.

Du fait, d’avoir le point de vue sain et naïf de Tommy, on prend encore plus conscience des actes abominables de ces hommes lancés dans une vengeance stérile et sanglante. Je me suis énormément attachée à ce jeune homme qui essaye de lutter comme il le peut, contre cette vie de servitude déguisée. Il est touchant dans ses élans d’amour et de main tendue vers son frère. Il est un souffle de fraîcheur dans cette fournaise de rage.

« Le bien et le mal, ça n’existe pas. La seule question, c’est la volonté d’agir de l’individu. Le reste c’est vernis, formalités, perceptions…des mots. »

Un enfant démuni face au racisme, une rivalité entre frères et une innocente sacrifiée, Paul Howarth décrit une famille brisée pour des enjeux politiques et économiques… C’est une histoire qui a le pouvoir de vous hanter, aussi sûrement qu’un diable dans la peau.

J’ai adoré.

« On ne regrette que ce qu’on n’a plus, on n’accorde pas de valeur à ce que l’on a. » 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Denoel de leur confiance et l’envoi de ce livre. Ce fut une lecture fascinante.

 

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11 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Yuyine
    Jan 08, 2019 @ 14:16:47

    Jolie chronique qui, comme toujours, donne envie de lire le livre!

    Réponse

  2. Lord Arsenik
    Déc 30, 2018 @ 07:38:34

    Itou. Dans ma PàL mais pas encore eu l’occasion de le lire… au programme pour 2019.

    Réponse

  3. belette2911
    Déc 29, 2018 @ 17:04:07

    Pas encore lu, mais il est dans ma PAL !!

    « Pauvre et Riche » ? On avait Ricci et Poveri qui chantaient « sarà perque ti amo » ♪

    ♪ Che confusione. Sarà perchè ti amo,
    è un’emozione, che cresce piano piano
    stringimi forte, e stammi più vicino.
    Se ci sto bene, sarà perchè ti amo.
    Io canto al ritmo del dolce tuo respiro, ♫

    Réponse

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