Né un mardi, Elnathan John

Couverture Né un mardi

Pourquoi je l’ai choisi:

J’adore partir vers d’autres ailleurs…Né un mardi promettait un dépaysement total…

Synopsis:

Dantala vit dans la rue avec les voyous de Bayan Layi, fume la wee-wee sous le baobab, fait le coup de poing pour le Petit Parti. Souvent, les bagarres tournent mal mais, comme on dit, tout ce qui arrive est la volonté d’Allah. Un soir d’émeutes, pris en chasse par la police, il doit s’enfuir.
Sans famille, il trouve refuge à Sokoto auprès d’un imam salafiste. Il apprend l’anglais avec son ami Jibril, tombe amoureux, psalmodie l’appel à la prière, lit tout ce qu’il peut. Le gamin naïf mais curieux découvre l’étendue de ses contradictions et la liberté de la pensée, et gagne sa place et son nom dans un monde chaotique et violent. Alors que les tensions entre communautés ne cessent de croître, un imam irascible fait sécession et part à la campagne fonder une secte extrémiste.
Loin de l’exotisme et du tiers-mondisme bien-pensant, Elnathan John nous emmène dans une région dont on ignore presque tout : harmattan, poussière des routes, vendeurs de koko, et le goût du dernier morceau de canne à sucre – le meilleur. On brandit des machettes, on assiste à des matchs de lutte, on prend toutes sortes de transports, on marche, on court, on aime, on est Dantala de bout en bout, passionnément. Un formidable roman d’apprentissage, sensible et poignant, dont on sort complètement retourné.

Ce que j’ai ressenti:

Comme le vent soulève le rideau de la couverture, il souffle dans ses pages, un air chaud venu du Nigéria, empreint de ses expressions fulgurantes, de ses tourments sanglants, de ses relents nauséabonds, d’un goût sucré inoubliable…Un vent de passion et de violence qui fait voler en éclat  la poussière rougie de sang, et l’innocence de cette jeunesse désœuvrée. Dans ce premier roman, la fiction prend des airs de réalités troublantes et on vit les petites et grandes histoires de ses terres arides. Elnathan John nous emporte au coeur de l’Afrique, nous la raconte sans fard et artifices, déchirante et survoltée, au plus près de la foi et ses travers tourbillonnants.

Mais Umma disait que parfois les gens qu’on trouve méchants sont simplement idiots et que, s’il est facile de se repentir d’être méchant, il est difficile d’arrêter d’être idiot.

Dantala, c’est un gamin qui traîne dans les rues, et qui pourrait se faire entraîner sur des parkings de haine, mais qui choisit le chemin lumineux de la culture et de l’humilité devant Allah. A force de lire et d’apprendre les langues, à force de prosternations et de confiance, il se forge une opinion, ne se laissant plus guider par une fatalité lâche, mais avance sûrement sur la voie de la bonté et la liberté de penser.  C’est un personnage qui m’a émue dans cette quête noble du savoir, on le voit doucement se transformer au fil des pages et de ses expériences, jusqu’à l’audace de s’écrire : un roman d’apprentissage intense!

-S’il vous plaît, je veux quelque chose pour écrire. 

Elnathan John met dans ce livre une telle richesse, entre les troubles adolescents qu’il caresse avec sa plume, et la force d’une culture qu’il prend à bras le corps, il nous révèle, à travers le regard naïf d’un jeune homme, les dessous de la corruption et les chemins enténébrés de l’extrémisme religieux dans une région, où même la météo devient chaos…Une lecture au rythme des prières, où l’amitié inonde de clarté ces lignes noires, où les émotions nous submergent vers toujours plus de tolérance grâce au talent d’un conteur inspiré…

 

 

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Remerciements:

Je tiens à remercier très chaleureusement Camille et les éditions Métailié de leur confiance! Ce fut une lecture bouleversante!

 

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9 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. belette2911
    Jan 24, 2018 @ 20:11:50

    Pas pour moi ! Mais je ne sais plus quel jour je suis née 🙂

    Réponse

  2. Yuyine
    Jan 22, 2018 @ 16:21:14

    Ce livre a l’air absolument divin. En tout cas j’ai été hypnotisée par tes mots

    Réponse

  3. Lutin82
    Jan 20, 2018 @ 19:49:48

    C’est quand même pas un peu pour ado ou jeunes adultes ?

    Réponse

Laissez un peu de poussière de féerie, cela fait toujours plaisir...

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En Féérie, il brille quelques poussières…

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